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RAPPORT SPÉCIAL: PAKISTAN - 11 juillet 2001
SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES AU PAKISTAN

11 juillet 2001

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Fait saillants

  • Une sécheresse prolongée s'étendant peu à peu à des régions de plus en plus vastes du Pakistan a décimé le bétail et sérieusement affecté la production de fruits et les cultures céréalières pluviales.
  • Le Béloutchistan et certaines régions du Sindh et le Cholistan au Punjab, qui connaissent une troisième année consécutive de sécheresse ont été les secteurs les plus sinistrés, le nombre de têtes de bétail, dans certains districts, ayant diminué dans des proportions atteignant parfois 60 pour cent par rapport à 1999.
  • Les horticulteurs, dans certains secteurs de la province du Béloutchistan, sont menacés par la ruine, d'innombrables arbres étant presque desséchés et le reste ne produisant pas par suite du grave manque d'eau.
  • La production des cultures pluviales de blé (Barani) a diminué d'environ 70 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années et de 62 pour cent par rapport à la récolte de l'an dernier, déjà réduite.
  • La production totale de blé est estimée à environ 18,7 millions de tonnes, soit 11 pour cent de moins qu'en 2000, tandis que celle de riz ne devrait atteindre que 3,9 millions de tonnes, soit quelque 24 pour cent de moins que l'an dernier.
  • Le déficit de la production céréalière devrait être couvert par les importants stocks de céréales constitués lors de la récolte record de l'an dernier, mais des importations de blé pourront s'avérer nécessaires pour reconstituer les stocks.
  • Jusqu'à présent, l'action entreprise par le gouvernement pour atténuer les effets de la sécheresse a permis d'épargner la majeure partie de la population. Cependant, quelque 349 000 personnes affectées par la sécheresse, dont des cultivateurs qui ont perdu la majeure partie de leurs arbres fruitiers, des pasteurs et des ménages ruraux sans terre, se trouvent dans une situation particulièrement préoccupante et ont besoin de secours d'urgence.
  • Des secours d'urgence sont nécessaires aussi pour pallier la grave pénurie d'eau dans certaines régions et distribuer des aliments et des vaccins pour les animaux et des semences pour la prochaine campagne agricole.

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1. APERÇU GÉNÉRAL

Une sécheresse prolongée, manifestation d'un phénomène météorologique qui a affecté plusieurs pays du sud de l'Asie et du Proche-Orient, a sérieusement compromis les récoltes et l'élevage au Pakistan. L'an dernier, le Béloutchistan, certaines régions du Sindh et le Cholistan, dans la province du Punjab, ont été particulièrement touchés, ce qui a eu de graves conséquences sur la sécurité alimentaire de vastes secteurs de la population. Les efforts considérables déployés par le gouvernement pour atténuer l'impact de la sécheresse grâce à la distribution d'aliments pour le bétail, de rations de vivres, d'eau et de fournitures vétérinaires, ont jusqu'à présent permis d'éviter une catastrophe humanitaire. La persistance de la sécheresse pendant le premier semestre de cette année a cependant accru l'ampleur et la sévérité du problème et créé des problèmes humanitaires qui doivent d'urgence retenir l'attention.

Ainsi, une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, financée par le PNUD, a été envoyée dans le pays du 23 mai au 18 juin 2001 pour analyser l'impact de la sécheresse et déterminer quelles sont les perspectives de l'agriculture et des disponibilités alimentaires pour l'année de commercialisation en cours. La mission s'est entretenue avec les autorités fédérales, provinciales et de district et les représentants des organismes des Nations Unies et des ONG qui opèrent dans le pays et s'est rendue dans toutes les provinces, plus particulièrement dans les secteurs affectés par la sécheresse dans les provinces du Béloutchistan, du Sindh et du Cholistan, dans le Punjab.

La mission a constaté que, pendant la dernière campagne d'hiver (janvier-mars), les précipitations, essentielles aux cultures aussi bien pluviales qu'irriguées, ont été inférieures de 50 à 80 pour cent par rapport à la normale dans la plupart des régions du pays. Les moussons de l'an dernier (juillet-septembre) ont elles aussi été inférieures de plus de 40 pour cent à la normale. De ce fait, l'agriculture pluviale et la végétation sur les terres de parcours ont été sérieusement affectées. La production pluviale de blé, estimée à environ 541 000 tonnes cette année, est inférieure de plus de 70 pour cent à la moyenne des cinq dernières années et de 62 pour cent à la récolte de l'an dernier, déjà réduite. Toutefois, comme plus de 90 pour cent des cultures de blé sont irriguées, la sécheresse a eu un impact marqué mais non catastrophique. À la mi-juin, les dernières estimations de production totale de blé étaient d'environ 18,7 millions de tonnes, c'est-à-dire 11 pour cent de moins que la récolte record de 2000. La récolte de riz, semée à partir de mai, ne devrait se monter en 2001 qu'à 3,9 millions de tonnes par suite du manque d'eau pour l'irrigation, alors qu'elle avait atteint le chiffre record de 5,2 millions de tonnes l'an dernier et que la moyenne des cinq dernières années était de 4,5 millions de tonnes. Si l'on considère que les récoltes de céréales secondaires représenteront environ 1,9 millions de tonnes, la production céréalière totale en 2001/02 est donc estimée à près de 24,6 millions de tonnes.

Au plan national, les disponibilités totales seront tout juste suffisantes pour faire face aux besoins de consommation pendant l'année de commercialisation 2001/02. La production de l'année et les importants stocks de blé constitués à la suite des bonnes récoltes de l'an dernier permettront de couvrir la consommation intérieure et les autres utilisations. Certaines quantités de blé, pour lesquelles des contrats avaient été conclus précédemment, seront également exportées. Les exportations de riz seront sans doute inférieures aux 2 millions de tonnes qu'elles ont atteint l'an dernier. Toutefois, la sécheresse prolongée a sérieusement affecté la sécurité alimentaire d'un grand nombre d'agriculteurs, particulièrement dans le Béloutchistan et dans certaines régions du Sindh et du Cholistan, dans le Punjab.

Du fait de la sécheresse prolongée, le nombre de têtes de bétail a apparemment diminué de plus de 60 pour cent dans certains districts du Béloutchistan et du Sindh. Le secteur de l'élevage joue un rôle extrêmement important dans l'économie du pays et constitue la principale source de revenus pour de nombreux ménages. En outre, de vastes régions pastorales reculées n'ont guère accès à d'autres sources d'alimentation, voire aucun, et les animaux jouent un rôle vital dans la sécurité alimentaire des ménages, apportant la viande et le lait indispensables à un régime alimentaire équilibré. Selon les estimations disponibles, l'élevage produit, pour l'ensemble du pays, environ 20 kg de viande et près de 160 kg de produits laitiers par habitant et par an. Dans les régions agropastorales, la contribution de l'élevage au régime alimentaire est sans doute bien plus importante encore. Les graves pertes qui ont été enregistrées auront par conséquent un impact direct et sérieux sur la sécurité alimentaire des ménages, surtout de ceux qui vivent dans les régions reculées du pays.

Les ventes forcées d'animaux ont saturé les marchés, particulièrement durant le second semestre de l'an dernier, ce qui s'est traduit par un net fléchissement des prix. Les prix moyens de mouton, par exemple, ont diminué de près de 90 pour cent, tombant de 2 400 roupies en novembre 1999 à 285 roupies en novembre 2000 dans le district de Pishin, dans le Béloutchistan. Des baisses semblables ont été constatées dans presque toutes les régions du Béloutchistan et dans certaines régions du Sindh. Les prix ont remonté depuis lors au Béloutchistan par suite de la forte diminution des troupeaux et des espoirs suscités par quelques pluies éparses en mars et avril 2000, mais ils ne sont pas encore revenus à ce qu'ils étaient avant la sécheresse. Dans certaines régions du Sindh, toutefois, les prix demeurent déprimés, les anticipations étant à une persistance de la sécheresse et à une diminution prononcée des revenus disponibles.

Les vergers ont été très touchés aussi et des dommages irréversibles se sont produits dans de vastes secteurs, particulièrement dans la partie nord du Béloutchistan. Les exploitants sont menacés par la ruine, d'innombrables arbres ayant été desséchés et/ou rendus improductifs par suite du grave manque d'eau. La nappe phréatique étant déjà très basse et diminuant à un rythme alarmant, il se peut que les vergers aient été irrémédiablement condamnés dans les régions en question. Il y aura donc lieu d'élaborer des stratégies à moyen et à long terme pour permettre aux exploitants de s'adapter à ces nouvelles circonstances.

En outre, le pouvoir d'achat d'un grand nombre de man_uvres dans les régions affectées par la sécheresse a été sérieusement érodé. Les salaires ont beaucoup diminué, parfois de plus de 50 pour cent par rapport à 1999, par suite du nombre accru de chômeurs causés par la disparition des possibilités d'emploi dans les cultures et dans les autres secteurs. La mission a estimé que quelque 349 000 personnes affectées par la sécheresse, dont des petits exploitants, des pasteurs et des ménages ruraux sans terre, particulièrement dans certaines régions du Béloutchistan, du Sindh et du Cholistan, dans le Punjab, auront besoin de secours d'urgence jusqu'à la prochaine récolte, en avril 2002.

Les perspectives pour la saison des moussons de 2001, qui vient de commencer, sont favorables et les précipitations devraient être proches de la normale dans la plupart des régions arrosées. Dans celles qui se trouvent à l'extérieur de la ceinture des moussons, principalement dans le Béloutchistan et dans certains secteurs du Sindh, l'on ne s'attend guère à une amélioration de la situation jusqu'au début de la saison d'hiver, vers la fin de l'année. D'une manière générale, cependant, il faudra plusieurs années de précipitations abondantes pour atténuer l'impact de la longue sécheresse et reconstituer les eaux souterraines.

Pour remettre sur pied la capacité de production pour la prochaine campagne d'hiver, il faudra d'urgence soutenir le secteur de l'agriculture et en particulier distribuer des semences, des enveloppes de secours aux horticulteurs, en particulier ceux qui ont perdu leurs vergers, distribuer du fourrage et des aliments concentrés pour alimenter le bétail ainsi que des blocs de minéraux et de vitamines pour enrichir l'alimentation du bétail, distribuer des vaccins pour parer à l'apparition éventuelle de maladies causées par le stress et former le personnel de vaccination et, enfin, faciliter l'accès au crédit pour aider les agriculteurs à se procurer les intrants et les services d'appui nécessaires.

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2. BILAN DE L'ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE1

Au Pakistan, pays d'une superficie d'environ 800 000 km2, les températures sont extrêmes, allant de plus de 50_ C, voire davantage, dans les régions désertiques du Sindh et du Béloutchistan, à -50_ C, en hiver, dans les chaînes de montagne du nord du pays. La population, estimée à 140,5 millions d'habitants au début de 2001, est principalement rurale. Selon les dernières estimations, le taux d'accroissement démographique est tombé à 2,1 pour cent cette année contre 2,4 pour cent en 1998 et 3,1 pour cent pendant la période 1972-81. Le Pakistan est aujourd'hui le septième pays le plus peuplé du monde.

Le taux de croissance du PIB du pays s'est ralenti pendant les années 90 pour tomber à 5 pour cent en moyenne pendant la première moitié et à 4 pour cent pendant la deuxième moitié de la décennie, contre un taux moyen de 6 pour cent pendant les années 80. En 2000/01, la croissance a été sérieusement affectée par la pire sécheresse depuis une dizaine d'années ainsi que par la chute des prix des produits primaires d'exportation et par la persistance de cours élevés sur les marchés internationaux du pétrole. Pour 2000/01, le taux de croissance du PIB réel est estimé à 2,6 pour cent, contre 3,9 pour cent l'an dernier. L'agriculture représente une large part du PIB: environ 25 pour cent en 1999/2000. Elle emploie quelque 44 pour cent de la population active et est à l'origine des moyens de subsistance d'environ 75 pour cent de la population. L'an dernier, la superficie totale des terres arables était estimée à 31,1 millions d'hectares, soit approximativement 38 pour cent de la superficie totale du pays, ces terres étant concentrées surtout dans la plaine de l'Indus. En 1999/2000, la superficie totale des terres cultivées était estimée à près de 22 millions d'hectares, soit 70 pour cent de la superficie des terres arables, dont 21,3 millions d'hectares de récoltes annuelles et de quelque 700 000 hectares de cultures permanentes.

Au cours des dix dernières années, le taux de croissance du secteur agricole a été en moyenne de 4,5 pour cent par an, avec certaines fluctuations dues principalement aux conditions météorologiques. Cependant, la croissance du secteur agricole a connu un sérieux coup d'arrêt en 2000/01 par suite d'une sécheresse sans précédent et du manque d'eau d'irrigation, la production ayant diminué de 2,5 pour cent par an alors qu'elle avait augmenté au rythme impressionnant de 6,1 pour cent l'année précédente. Selon la définition de la pauvreté fondée sur l'apport calorique (ratio numérique), l'incidence de la pauvreté, qui avait nettement diminué pour tomber de 46,5 pour cent en 1970 à 17,3 pour cent en 1988, a beaucoup augmenté pendant les années 90, passant de 17,3 pour cent en 1988 à 31 pour cent en 1997. Selon des estimations récentes, il semble que l'incidence de la pauvreté ait augmenté à nouveau pour atteindre 33,5 pour cent en 2000.

L'inflation, telle que mesurée par l'évolution de l'Indice des prix à la consommation (IPC), a été en moyenne de 9,7 pour cent par an pendant les années 90: 11,5 pour cent pendant la première moitié (1990-95) et 7,9 pour cent pendant la seconde moitié (1996-2000) de la décennie. Au cours des dix premiers mois (juillet-avril) de l'exercice budgétaire en cours, la hausse de l'IPC est estimée à 4,7 pour cent, contre 3,4 pour cent pendant la période correspondante de l'an dernier. Les prix des denrées alimentaires et des produits non alimentaires ont généralement suivi les tendances générales de l'inflation. Les prix des produits alimentaires ont augmenté au rythme de 4,1 pour cent pendant cette période, contre 2 pour cent pendant la période correspondante de l'an dernier. La hausse plus rapide enregistrée pendant l'exercice en cours est sans doute imputable surtout au relèvement des prix administrés par l'État, comme les prix du pétrole et les tarifs du gaz et de l'électricité, et à l'augmentation du prix de certaines denrées comme le sucre, le lait, les légumineuses et le thé. Les pressions sur la monnaie pakistanaise, la roupie, se sont également intensifiées par suite, pour l'essentiel, de la nécessité d'acheter des dollars pour assurer le service de la dette extérieure et régler la facture des importations pétrolières. Depuis le début de l'exercice budgétaire en cours, la roupie s'est dépréciée d'environ 20 pour cent, tombant de 52,5 roupies par dollar en juillet 2000 à 63,9 roupies par dollar en mai 2001.

Pendant les années 90, les taux de croissance des exportations ont été très variables, les exportations augmentant de 23,8 pour cent en 1990/91 et reculant de 9,8 pour cent en 1998/99 avant de reprendre de quelque 10 pour cent en 1999/2000. Ces fluctuations prononcées sont imputables surtout à la concentration des exportations dans un petit nombre de produits et de marchés. Cinq catégories de produits, les fils de coton, l'habillement, les tissus de coton, le coton brut et le riz représentent plus de 60 pour cent des recettes d'exportations. Les importations ont beaucoup fluctué aussi pendant les années 90, augmentant de 21,4 pour cent en 1991/92 par suite, principalement, d'énormes importations de machines et de blé ou chutant brutalement de 14,9 pour cent en 1997/98. Cette contraction a été due aux politiques de gestion de la demande effective qui ont été suivies pour rétablir la stabilité macroéconomique et qui ont comprimé la demande d'importation. Une nouvelle diminution d'environ 6,8 pour cent a été enregistrée en 1998/99 par suite de mesures de restriction des importations. Elles ont repris de quelque 9,3 pour cent en 1999/2000 par suite, pour l'essentiel, d'une forte hausse des prix du pétrole brut et des produits pétroliers.

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3. PRODUCTION VIVRIÈRE, 2000/01

3.1 Précipitations

En 2000/01, la sécheresse qui sévissait dans certaines régions depuis 1999 s'est encore étendue, affectant presque toutes les provinces et devenant ainsi la plus longue sécheresse de mémoire d'homme. Dans certaines régions du Béloutchistan, du Sindh et du Punjab, la sécheresse dure depuis plus de trois ans. Pendant la dernière campagne d'hiver (janvier-mars), les précipitations ont généralement représenté la moitié seulement de la moyenne à long terme. Dans le Béloutchistan, province la plus sérieusement touchée, les pluies d'hiver ont été inférieures de 63 pour cent à la moyenne à long terme. Comme la plupart des régions de la province ne sont pas arrosées par les moussons, une amélioration ne sera sans doute possible que vers la fin de l'année.

En dépit des perspectives favorables attendues pour la campagne d'été (Kharif) dans les régions arrosées par les moussons, les premières prévisions météorologiques portent à penser que la disponibilité d'eau d'irrigation diminuera de 55 pour cent et 65 pour cent au début de la campagne du Kharif (avril-juin) et de 16 pour cent à 26 pour cent pendant la deuxième partie de la campagne (juillet-septembre) par suite des effets cumulés de plusieurs années de faibles pluies, y compris pendant la principale saison des moussons.

3.2 Production agricole

L'on trouvera au tableau 1 une comparaison de la production agricole de 2000/01 par rapport aux années précédentes. Au cours des six dernières années, la superficie totale des terres ensemencées et la répartition entre les cultures ont peu varié, tandis que la production a été variée par suite, principalement, de la sécheresse qui sévit depuis trois ans.

Tableau 1 - Pakistan: Production agricole en 1995/96-2000/01 (superficie en milliers d'hectares - Production en milliers de tonnes)

Cultures
1995/96
1996/97
1997/98
1998/99
1999/00
2000/01
SUPERFICIE TOTALE DES TERRES ENSEMENCÉES
22 590
22 730
23 040
22 860
22 760
22 760
Pourcentage des terres cultivées de:
           
- Céréales alimentaires
55
53
55
55
56
55
- Cultures commerciales
18
18
17
18
18
18
- Autres
27
29
28
27
26
27
TOTAL, CÉRÉALES1/
           
- Superficie
12 473
12 112
12 617
12 598
12 734
12 184
- Production
22 968
22 960
25 161
24 774
28 380
24 581
BLÉ
           
- Superficie
8 376
8 109
8 355
8 230
8 463
8 430
- Production
16 907
16 630
18 694
17 857
21 079
18 735
RIZ
           
- Superficie
2 162
2 251
2 317
2 424
2 515
2 060
- Production
3 966
4 305
4 333
4 673
5 155
3 900
COTON
           
- Superficie
2 997
3 149
2 959
2 923
2 983
2 560
- Production (en milliers de balles)
10 595
9 374
9 184
8 790
10 600
9 700
CANNE À SUCRE
           
- Superficie
963
964
1 056
1 155
1 010
860
- Production
45 229
41 998
53 104
55 191
44 000
35 000
FRUITS
           
- Superficie
622
629
640
646
657
596
- Production
6 091
6 187
6 295
6 345
5 846
5 564
ALIMENTS POUR LE BÉTAIL
           
- Superficie
2 715
2 651
2 680
2 646
2 556
1 917
- Production
60 383
60 518
61 300
60 500
58 414
43 810
PRODUCTION DE L'ÉLEVAGE
           
- Viande (b_uf, mouton, volaille)
588
602
617
633
649
510
- Lait (en milliers de litres)
28 577
29 930
30 126
30 948
31 804
24 976
- OEufs (en millions)
5 927
5 757
6 015
8 261
8 464
6 660
Source: Ministère de l'alimentation, de l'agriculture et de l'élevage, Agricultural statistics of Pakistan, 1999-2000.
1/ Y compris les céréales mineures comme sorgho, mil, maïs et orge.

Les prévisions de la production céréalière de 2000/01 en comparaison de celles de l'an dernier sont résumées au tableau 2, dont il ressort que la production globale devrait diminuer d'environ 13 pour cent par rapport à l'an dernier.

Tableau 2 - Pakistan: Production céréalière en 2000/01 en comparaison de l'an dernier (en milliers de tonnes)

Céréales
Moyenne
1995/96-1999/00
1999/00
2000/01
Pourcentage de variation entre 1999/00 et 2000/01
Blé
18 238
21 079
18 7351
- 11
Riz (usiné)
4 487
5 155
3 9002
- 24
Maïs
1 565
1 652
1 4892
- 10
Autres céréales
559
494
4572
- 8
Total
24 849
28 380
24 581
- 13
1/ Estimations révisées du gouvernement.
2/ Selon les prévisions de la mission, fondées sur la superficie des terres ensemencées et les discussions qu'elle a eues avec les représentants du secteur, la production devrait être d'environ 3,9 millions de tonnes. La mission a également établi les prévisions de la production de céréales secondaires sur la base des discussions qu'elle a eues dans le pays et de ses observations sur le terrain.

Parmi les principales récoltes vivrières, la production de blé est estimée à 18,7 millions de tonnes contre 21,1 millions de tonnes l'an dernier, soit une contraction de 11 pour cent. Cette année, la production de riz devrait diminuer de 24 pour cent pour tomber à 3,9 millions de tonnes, contre environ 5,2 millions de tonnes l'an dernier. L'objectif initialement fixé pour la production de riz était de l'ordre de 4,2 millions de tonnes, mais le manque d'eau d'irrigation qui a affecté les premiers repiquages dans les principales régions productrices du Punjab et du Sindh ont conduit à le réviser à la baisse.

Tableau 3 - Pakistan: Production céréalière par province, 2000/01* en comparaison de la moyenne (en milliers de tonnes )

Céréale
Total pour le Pakistan
Punjab
Sindh
PFNO
Béloutchistan
Blé
         
Moyenne sur 5 ans
18 238
13 660
2 625
1 183
770
Cultures irriguées
16 598
12 670
2 544
685
699
Cultures pluviales
1 640
990
81
498
71
2000/01
18 735
15 500
2 005
730
500
Cultures irriguées
18 194
15 130
1 982
600
482
Cultures pluviales
541
370
23
130
18
Riz
         
Moyenne sur 5 ans
4 487
2 054
1 911
127
395
2000/2001
3 900
1 785
1 660
110
345
Maïs
         
Moyenne sur 5 ans
1 565
738
5
818
4
2000/01
1 489
700
5
780
4
Autres céréales **
         
Moyenne sur 5 ans
559
313
103
66
77
2000/01
457
290
80
50
37
Toutes céréales
         
Moyenne sur 5 ans
24 849
16 766
4 643
2 194
1 245
Part, en pourcentage
100
67
19
9
5
2000/01
24 581
18 275
3 750
1 670
886
Part, en pourcentage
100
74
15
7
4
Pourcentage de variation par rapport à la moyenne en 2000/01
-1
+9
-19
-24
-29
Source: Ministère de l'alimentation, de l'agriculture et de l'élevage, Agricultural statistics of Pakistan, 1999-2000.
* Estimations pour 2000/2001 fondées sur les prévisions révisées, les discussions que la mission a eues avec les représentants du secteur de l'agriculture et ses visites sur le terrain.
** Les autres céréales comprennent le sorgho, le mil et l'orge.

Comme l'indiquent les tableaux ci-dessus, les estimations de la production d'autres céréales mineures (maïs, sorgho, mil et orge) ont également été réduites par la sécheresse de 2000/01 par rapport aussi bien à la production de l'an dernier qu'à la moyenne des cinq années précédentes.

3.3 Production de fruits

Le Pakistan produit des agrumes, des pommes, des abricots, des amandes et des mangues, entre autres. La production totale au cours des cinq dernières années a été en moyenne de 6,2 millions de tonnes par an, dont 2 millions de tonnes d'agrumes, 900 000 tonnes de mangues et approximativement 532 000 tonnes de pommes. Les chiffres pour 2000/01 ne sont pas encore disponibles, mais l'on pense que la sécheresse a sans doute réduit la production de pommes d'au moins 50 pour cent. Les exploitants de vergers, particulièrement dans certaines régions du nord du Béloutchistan, sont menacés par la ruine, d'innombrables arbres ayant été desséchés et étant abattus pour être utilisés comme bois de feu. La nappe phréatique étant déjà très basse et diminuant à un rythme alarmant, les vergers risquent d'être irrémédiablement condamnés dans ces régions. Il y aura donc sans doute lieu d'élaborer des stratégies à moyen et long terme pour aider les agriculteurs à s'adapter à ces nouvelles circonstances.

3.4 Horticulture

La production totale de légumes au cours des cinq dernières années a représenté en moyenne 4,3 millions de tonnes par an mais en 2000/01, elle a diminué de 6 à 10 pour cent. En comparaison de la production de l'an dernier, la production d'oignons s'est contractée de 9,2 pour cent et celle de pommes de terre de 7,6 pour cent. La production de piment, en revanche, a augmenté de 42 pour cent, tandis que celle de haricots mango et de haricots mash au augmenté de 10 pour cent et de 8 pour cent respectivement.

3.5 Élevage

L'élevage joue un rôle important: il occupe une large place dans l'économie nationale et il constitue le principal moyen de subsistance pour de vastes secteurs de la population, en milieu aussi bien rural qu'urbain, dans toutes les provinces. Normalement, l'élevage est à l'origine de près de 9 pour cent du PIB, d'environ 37 pour cent de la production du secteur agricole et de 10 pour cent du total des recettes d'exportation du pays. Selon les estimations disponibles, au niveau du pays dans son ensemble, l'élevage produit environ 20 kg de viande et près de 160 kg de produits laitiers par habitant et par an. La contribution qu'il apporte au régime alimentaire dans les régions agropastorales est encore plus marquée. En outre, de vastes régions pastorales reculées n'ont guère accès à d'autres sources d'aliments, voire aucun, et les aliments jouent un rôle vital dans la sécurité alimentaire des ménages, la viande et le lait apportant un complément essentiel à la nutrition. Les pertes considérables que la sécheresse a causées auront par conséquent un impact direct et sérieux sur la sécurité alimentaire des ménages, en particulier de ceux qui vivent dans les régions reculées et inaccessibles.

Le nombre total de têtes - boeufs, buffles, moutons, chèvres, chameaux, chevaux, ânes et mulets - est estimé à 55 millions, dont environ 23 millions, soit près de 42 pour cent, dans la province du Béloutchistan, 15 millions dans la Province de la frontière du nord-est, 12 millions dans le Punjab et près de 5 millions dans le Sindh. Sur ce chiffre, l'on estime que la sécheresse a affecté environ 43 pour cent du cheptel au Punjab, 40 pour cent au Béloutchistan et dans la PFNO et 66 pour cent dans le Sindh. Le tableau 3 résume la situation de l'élevage dans l'ensemble du pays et dans les provinces. Les pertes cumulées enregistrées au cours des trois dernières années de sécheresse sont estimées à 43 pour cent du nombre total de têtes. Partout, l'on a enregistré des pertes considérables par suite de l'augmentation du taux de mortalité parmi les animaux, de la diminution de la production et de la vente forcée d'animaux.

Tableau 4 - Pakistan: Impact de la sécheresse sur le cheptel, par province (en millions)

 
Pakistan
Punjab
Sindh
PFNO
Béloutchistan
Total
54,91
11,89
4,67
15,05
23,30
Cheptel affecté
23,53
5,12
3,08
6
9,32
Pourcentage du total
43
43
66
40
40
Pertes enregistrées dans le secteur de l'élevage (en millions de roupies)
         
Pertes directes
1 332
329
161
366
476
Baisse de production
13 843
5 266
1 471
4 060
3 046
Total
15 175
5 595
1 632
4 426
3 522
Pourcentage
100
37
11
29
23

3.6 Appui requis d'urgence dans le secteur de l'agriculture

Étant donné la situation décrite ci-dessus, il y aura lieu d'envisager sérieusement d'adopter les mesures d'urgence ci-après:

Un exposé détaillé des ressources à prévoir pour le relèvement de l'agriculture, des dépenses connexes et d'autres mesures à adopter, y compris pour la mise en place d'un système d'alerte rapide, sera publié dans un rapport distinct du Service des opérations spéciales de secours de la FAO.

3.7 Premières perspectives concernant la production de la campagne d'été (des moussons) en cours

Bien que les projections concernant les récoltes de la campagne des moussons de 2001 actuellement semées ne puissent être que provisoires, les précipitations favorables qui sont prévues devraient contribuer dans une certaine mesure à la reprise de la production. Selon les premières prévisions du Service météorologique, les précipitations devraient être normales ou supérieures à la normale dans la plupart des régions arrosées par les moussons. Cependant, le manque d'eau a déjà obligé à réduire les superficies ensemencées de riz, de sorte que les prévisions de la production de paddy ont dû être revues à la baisse. De même, dans les régions qui ne sont pas arrosées par les moussons, principalement dans le Béloutchistan et dans une partie du Sindh, la situation ne pourra s'améliorer - si tant est qu'il y ait amélioration - qu'au début de la saison d'hiver, vers la fin de l'année. D'une manière générale, toutefois, il faudra plusieurs années de précipitations abondantes pour atténuer l'impact d'une sécheresse prolongée et reconstituer les eaux souterraines.

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4. SITUATION DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES

4.1 Mesures adoptées par le gouvernement pour faire face à la sécheresse

Étant donné la sévérité de la sécheresse qui sévit cette année, le gouvernement a adopté un certain nombre de mesures d'urgence, parmi lesquelles il y a lieu de citer les suivantes:

En 1999/2000, le gouvernement a également distribué plus de 160 000 hectares de terres agricoles à quelque 54 000 familles sans terre dans les quatre provinces du pays. Il a également été organisé une distribution de terre aux familles pauvres dans la région de Tharparker, sérieusement affectée par la sécheresse, dans la province du Sindh.

4.2 Importations et exportations de céréales

Les importations de denrées alimentaires, et en particulier d'huile comestible, de sucre et de céréales, occupent une large place dans le total des disponibilités alimentaires au Pakistan. Les importations de céréales se composent surtout de blé. Le Pakistan a toujours été importateur net de blé et, à la fin des années 90, les importations de blé étaient en hausse, dépassant plus de 4 millions de tonnes en 1997/98 (graphique 1). L'on estime que ces importations couvrent de 10 à 20 pour cent de la consommation nationale. En 2000/01, toutefois, une récolte record de blé, estimée à quelque 21 millions de tonnes, a plus que couvert les besoins nationaux et il n'a donc pas été importé de blé2. En 2001/02, les représentants du gouvernement considèrent qu'il ne sera pas nécessaire d'importer du blé malgré la baisse de 11 pour cent de la production en raison de l'ampleur des stocks disponibles.

Bien que les exportations de blé soient généralement interdites, il en passe certaines quantités, qui ne sont pas connues, en Afghanistan. Cette année, le gouvernement a approuvé des ventes de blé à l'Afghanistan pour régulariser la situation. Les exportations totales de blé déjà approuvées vers l'Afghanistan et d'autres pays, dont une partie a déjà été expédiée, sont estimées à quelque 500 000 tonnes.

Le Pakistan est un important exportateur de riz, et tout le commerce relève du secteur privé. Le riz est exporté surtout vers l'Afghanistan, le Bangladesh, Sri Lanka et les pays du Moyen-Orient. Pendant les années 90, les exportations de riz ont varié entre approximativement 1 million de tonnes en 1993/94 et plus de 2 millions de tonnes en 1997/98 et 2000/01. En 2001/02, les exportations devraient se contracter par suite de la baisse de la production.

4.3 Situation actuelle des marchés

Au Pakistan, les marchés du blé et du riz, entre autres, sont réglementés afin de stabiliser les prix à la production, à la consommation et au commerce de gros. Les prix d'achat des récoltes sont fixés chaque année par le gouvernement sur la recommandation de la Commission des prix agricoles. Le prix d'achat est habituellement annoncé avant les semis. Tel est le prix reçu par les agriculteurs et les négociants privés qui vendent leurs stocks aux centres d'achat de l'État. Les prix d'achat constituent un prix plancher au-dessous duquel ne peuvent pas tomber les prix sur le marché libre.

Tableau 5 - Pakistan: Prix de soutien et prix sur les marchés du blé et du riz, 1996/97-2000/01 (en roupies par 40kg)

Année
Blé
Riz (Paddy basmati)
Prix de soutien
Prix sur le marché
Prix de soutien
Prix sur le marché
1996/97
240
273
255
296
1997/98
240
259
310
297
1998/99
240
261
330
362
1999/00
300
297
350
358
2000/01
300
315
385
390
Sources: Agricultural Statistics of Pakistan 1999-00; Pakistan Journal of Agricultural Economics Vol. 4 No. 1.

L'an dernier, les prix intérieurs de la farine et du pain ont beaucoup augmenté par suite d'un relèvement de 25 pour cent du prix de soutien (prix d'achat) du blé et d'une réduction des subventions à la consommation.

Comme indiqué ci-dessus, la grave sécheresse qui a sévi dans le pays a eu un impact dévastateur sur la végétation des terres de parcours ainsi que sur la disponibilité d'aliments pour le bétail provenant de résidus des récoltes de céréales et d'autres cultures, spécialement dans les régions pluviales. La chute brutale des quantités disponibles d'aliments pour le bétail a décimé le cheptel. En outre, les ventes forcées d'animaux ont saturé les marchés, spécialement pendant le second semestre de l'an dernier, ce qui a entraîné une forte baisse des prix (graphique 2). En comparaison des années précédentes, par exemple, le prix moyen d'un mouton a chuté de près de 90 pour cent, tombant de 2 400 roupies en novembre 1999 à 285 roupies en novembre 2000 dans le district de Pishin, dans le Béloutchistan. Des baisses semblables ont été enregistrées dans presque toutes les régions du Béloutchistan et dans certaines régions du Sindh. Les prix se sont raffermis depuis lors dans le Béloutchistan par suite de la contraction marquée du cheptel et des espoirs suscités par quelques pluies éparses en mars et avril 2000, mais ils ne sont pas encore revenus à ce qu'ils étaient avant la sécheresse. Dans certaines régions du Sindh, toutefois, les prix demeurent déprimés, les anticipations étant à une persistance de la sécheresse et à une diminution marquée des revenus disponibles.

En outre, le pouvoir d'achat d'un grand nombre de man_uvres dans les régions affectées par la sécheresse a été sérieusement érodé. Les salaires ont beaucoup diminué, dans certains cas de plus de 50 pour cent par rapport à 1999, par suite de l'augmentation du nombre de chômeurs entraînée par la disparition de possibilités d'emploi dans le secteur agricole et dans les autres secteurs.

4.4 Équilibre entre l'offre et la demande de céréales en 2001/02 (mai/avril)

Le bilan céréalier pour 2001/02 (mai/avril) indiqué au tableau 6 est fondé sur une population estimée à 141 millions d'habitants au milieu de l'année de commercialisation et sur les hypothèses ci-après:

Tableau 6 - Pakistan: Bilan céréalier pour 2001/02 (mai/avril) (en milliers de tonnes)

 
Céréales
Blé
Riz (usiné)
Maïs
Autres céréales
Disponibilités
28 433
22 287
4 100
1 564
482
- Stocks d'ouverture
3 852
3 552
200
75
25
- Production
24 581
18 735
3 900
1 489
457
Utilisation
28 433
22 287
4 100
1 564
482
- Alimentation
22 560
19 458
1 974
846
282
- Autres utilisations (semences, aliments pour le bétail, pertes)
3 082
1 874
390
643
175
- Exportations*
2 200
500
1 700
0
0
- Stocks de clôture
591
455
36
75
25
Besoins d'importations
0
0
0
0
0
* Les estimations des exportations de blé sont fondées sur les engagements.

Avec une production céréalière estimée à environ 24,58 millions de tonnes, le déficit céréalier du pays pendant l'année de commercialisation 2001/02 (mai/avril) devrait être couvert par les importants stocks constitués par la récolte record de l'an dernier. Il se peut toutefois que des prélèvements sur les stocks de céréales aussi importants que ceux qui sont indiqués dans le tableau, particulièrement pour le blé, ne soient pas acceptables pour le gouvernement et qu'il soit par conséquent nécessaire d'importer du blé pour maintenir les stocks à des niveaux plus élevés.

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5. AIDE REQUISE D'URGENCE

5.1 Mesures adoptées par le gouvernement jusqu'à présent

Tout en étant conscient des besoins immédiats de la population, le gouvernement a également mis l'accent, dans sa stratégie d'atténuation de la sécheresse pour 2000/01, sur la mise en _uvre d'activités à moyen et à long terme. Cette stratégie continuera de guider les activités de secours en 2001/02. Étant donné la sécheresse généralisée qui continue de sévir en 2001, le gouvernement a demandé à toutes les autorités provinciales de procéder à une évaluation de la situation dans leurs provinces respectives et de lui soumettre des propositions de financement. Des centres de secours et de gestion de la crise ont été établis pour coordonner les activités de lutte contre la sécheresse dans toutes les provinces. Il a été constitué des groupes de travail aux niveaux des districts et des provinces et au niveau fédéral pour évaluer les pertes causées par la sécheresse, et les régions les plus durement touchées ont été déclarées zones sinistrées. Le Gouvernement fédéral a créé au sein du Cabinet une cellule pour les secours d'urgence chargée de coordonner les activités de toutes les cellules provinciales.

En 2000, le Gouvernement central a versé 900 millions de roupies à la province du Béloutchistan et 1 milliard de roupies à la province du Sindh pour les opérations de secours. Les Gouvernements du Japon, de la Turquie, du Koweït, du Qatar, des Émirats arabes unis, de l'Arabie saoudite et du Nigéria ont fourni une assistance en espèces et en nature au Gouvernement pakistanais pour les provinces du Béloutchistan et du Sindh.

Province du Béloutchistan

Outre les 900 millions de roupies reçus du Gouvernement fédéral, le Gouvernement provincial a alloué pour 245 millions de roupies de crédit prélevés sur son propre budget pour les opérations de lutte contre la sécheresse en 2000. D'autres dons en nature et en espèces ont été reçus directement des Gouvernements provinciaux du Punjab et de la PFNO, et la province a également bénéficié d'un appui financier extérieur de pays comme le Japon, la Turquie, le Koweït, le Qatar, les Émirats arabes unis, l'Arabie saoudite et le Nigéria.

Il a été créé en 2000 une commission de secours chargée de coordonner les opérations de lutte contre la sécheresse au nom du Gouvernement provincial. Il a également été constitué une structure parallèle dans l'armée, le centre de gestion de la crise provoquée par la sécheresse, pour coordonner les opérations des éléments militaires et en particulier appuyer les opérations logistiques. Ces deux organes se tiennent constamment en contact pour échanger des informations et planifier ensemble les activités. En 2000, pendant les opérations de secours, il a été créé dans 22 districts 35 centres de secours chargés de la distribution de vivres à la population et d'aliments pour les animaux. Aux premiers stades du programme de secours, il a été aménagé huit camps pour regrouper les familles à la recherche de vivres et d'eau. Par la suite, le gouvernement a changé de politique et a décidé d'encourager les populations à rester dans leurs villages en leur y fournissant des vivres, de l'eau et des services médicaux.

Conformément à la politique gouvernementale, la plupart des activités de secours au Béloutchistan ont été entreprises dans le cadre de projets à court, moyen et long terme. Ces projets ont porté notamment sur l'installation et la remise en état de systèmes d'approvisionnement en eau, la construction de routes, l'amélioration des terres de parcours, l'extension des services vétérinaires, la constitution de stocks d'aliments pour le bétail, la distribution de semences de blé et l'octroi aux agriculteurs de prêts bonifiés. Cette année, le gouvernement de la province du Béloutchistan a déclaré 23 districts sinistrés par la sécheresse et il est prévu pour l'exercice 2001/02 pour 4,3 milliards de roupies de projets d'atténuation de l'impact de la sécheresse.

Province du Sindh

Dans le Sindh, les activités de secours ont commencé en septembre 1999, lorsque le district de Thar a été déclaré zone sinistrée. En 2000, les autorités provinciales ont fourni un appui à quatre districts, la sécheresse s'étant étendue. Le Gouvernement provincial a suspendu le recouvrement de l'impôt foncier, accordé une période de grâce pour le remboursement des prêts et, pendant deux mois, vendu à la population des zones déclarées sinistrées du blé subventionné, à la moitié du prix pratiqué sur le marché. Des équipes de médecins et de vétérinaires ont été constituées pour traiter les personnes et les animaux malades. Du fourrage a été distribué gratuitement aux ménages d'éleveurs et des puits tubulaires ont été installés pour améliorer l'approvisionnement en eau potable. En outre, il a été réalisé de larges activités à court, moyen et long terme comme construction de routes, installation de systèmes d'adduction d'eau et programmes d'électrification et de travaux publics. Ces projets de travaux publics ont créé quelques possibilités d'emploi pour les populations locales et ont dans une certaine mesure mis les ménages mieux à même de faire face aux pertes provoquées par la sécheresse dans les secteurs de l'agriculture et de l'élevage.

Cette année, le Gouvernement provincial a déclaré zones sinistrées les districts de Tharparkar, de Mirpukhas et de Sanghar ainsi que les régions de Kachho et du Kohistan des districts Dadu et Thatta et a alloué un montant de 312,16 millions de roupies aux différentes activités de secours. Ces zones sinistrées sont exonérées des droits d'eau et des impôts fonciers et le remboursement des prêts a été suspendu. En outre, le Gouvernement provincial subventionnera l'achat de 40 kg de blé par famille pendant trois mois et fournira également des subventions pour l'achat de fourrage. Le Gouvernement du Sindh a l'intention de continuer à mettre l'accent sur les activités à moyen et à long terme.

Province du Punjab

Le Gouvernement du Punjab a annoncé pour 2001 un programme de secours tendant à atténuer les effets de la sécheresse dans 10 des 34 districts les plus affectés. Ce programme prévoit notamment l'exonération des impôts sur les revenus agricoles, des impôts fonciers et de droits d'eau, l'octroi d'un délai de grâce pour le remboursement des prêts agricoles, la distribution gratuite de blé aux familles affectées, la fourniture de soins vétérinaires et l'amélioration des systèmes d'approvisionnement en eau. La province du Punjab, d'où proviennent près de 75 pour cent de la production totale de blé du pays, a fourni une aide alimentaire et des aliments pour les animaux aux provinces du Sindh et du Béloutchistan en 2000.

Province de la frontière du Nord-Ouest

Comme les Gouvernements des provinces du Punjab et du Sindh, la province de la frontière du Nord-Ouest a l'intention de suspendre le recouvrement des impôts sur les revenus agricoles, des impôts fonciers et des droits d'eau, de remettre le remboursement des prêts agricoles, de distribuer du blé subventionné aux familles affectées, de fournir des soins vétérinaires et d'améliorer les systèmes d'approvisionnement en eau dans les districts affectés par la sécheresse. Les activités prévues pour atténuer l'impact de la sécheresse mettent l'accent sur les interventions à moyen et à long terme.

5.2 Programmes du PAM

Le Programme alimentaire mondial fournit une assistance au Pakistan depuis 29 ans environ, notamment en s'attachant à améliorer la gestion des ressources naturelles, à promouvoir l'éducation primaire des filles en améliorant leurs taux de scolarisation et leur assiduité, en encourageant les femmes enceintes à consulter les dispensaires pour percevoir des soins prénatals et une éducation en matière de santé et de nutrition et en fournissant des secours d'urgence aux réfugiés afghans.

Le PAM commencera en juillet 2001 à exécuter un programme de pays d'une valeur total de 8 millions de dollars par an comportant trois volets:

Outre ces trois activités de développement, le PAM réalise actuellement une opération d'urgence dans le cadre de laquelle il fournit des secours d'urgence à quelque 65 000 réfugiés afghans récemment arrivés dans la province de la frontière du Nord-Ouest.

Bien qu'il n'ait pas organisé d'opérations de secours d'urgence pour lutter contre la sécheresse, le PAM a distribué 400 tonnes de blé et 72 tonnes d'huile à 105 000 habitants du Béloutchistan affectés par la sécheresse et 352 tonnes d'huile à 62 000 familles du Sindh.

5.3 Mécanismes de survie des ménages

Près d'un Pakistanais sur quatre, soit 33 millions de personnes, vivent dans les régions Barani (de cultures pluviales), semi-arides, arides, désertiques ou exposées à la sécheresse. Ces régions du Béloutchistan, du sud du Sindh et de certaines parties de la province de la frontière du Nord-Ouest et du Punjab sont essentiellement tributaires des pluies pour l'agriculture et l'élevage. Ces deux dernières années, les précipitations y ont été inférieures à la moyenne. En comparaison des zones irriguées où sont cultivées deux ou trois récoltes, les régions Barani et régions arides n'en permettent qu'une seule. Dans ces régions, les sources de revenus sont moins diversifiées et les revenus sont inférieurs à ce qu'ils sont là où les terres sont irriguées.

Au Béloutchistan, l'élevage constitue le principal moyen de subsistance, 70 pour cent environ des ménages ayant des animaux. Il existe trois systèmes d'élevage: 1) les nomades, qui sont presque entièrement tributaires de l'élevage; 2) les populations qui pratiquent la transhumance, qui dépendent surtout de l'élevage mais qui cultivent également des récoltes pluviales; et 3) les populations sédentaires, qui sont essentiellement des cultivateurs et qui ont aussi des animaux et qui ont parfois accès à l'irrigation. Chacun de ces groupes représente de 30 à 35 pour cent de la population. Dans le nord du Béloutchistan, les bergers constituent également une importante source de revenus. Dans les zones arides du Sindh, l'élevage constitue la principale source de revenus, mais la plupart des ménages qui ont des animaux sont sédentaires.

Normalement, les pasteurs vendent des animaux et des produits laitiers, le produit de l'opération étant utilisé pour acheter du blé pour la consommation et les autres besoins du ménage. Les animaux apportent également de la viande, du lait et du yoghourt à la consommation familiale. L'on estime que, pour les populations nomades, les animaux sont à l'origine de 70 à 80 pour cent des revenus. La vente de la production, tout en entretenant les reproducteurs, d'un troupeau d'une vingtaine d'animaux, bien que considérée comme modeste, suffit à subvenir aux besoins essentiels d'une famille.

Pendant la sécheresse qui a sévi en 1999/2000, les ménages ont perdu de 40 à 45 pour cent de leur cheptel. L'eau manquant et les pâturages étant appauvris, les éleveurs n'ont pas croisé leurs animaux et n'ont donc pas eu d'animaux à vendre, ce qui, joint à la diminution du nombre de têtes, a privé les ménages d'une importante source de revenus. Les ménages les plus durement touchés sont les petits pasteurs qui ont normalement moins d'une vingtaine de moutons et de chèvres, mais qui n'en ont aujourd'hui qu'une dizaine à peine.

Dans le nord du Béloutchistan, environ 60 pour cent des arbres fruitiers se sont desséchés et il est peu probable que le reste survive, la nappe phréatique continuant de reculer. Les hautes terres sont les régions les plus touchées: à Loralai, Killa Saifulla et Pishin, de 60 à 100 pour cent des arbres fruitiers se sont desséchés.

C'est également dans ces hautes terres du nord du Béloutchistan que le cheptel a le plus souffert. Normalement, les ménages pauvres de ces régions ont une dizaine ou une quinzaine d'arbres fruitiers et une dizaine de chèvres ou de moutons, ce qui, par le passé, produisait un revenu suffisant pour acheter des aliments et les autres articles de première nécessité. Les petits exploitants ayant moins de 2 000 m2 de terres ont perdu tous leurs arbres fruitiers, ne pouvant pas les irriguer au moyen de puits tubulaires. Ils ont donc commencé à vendre les arbres desséchés comme bois de feu à un prix de 25 à 40 roupies le kilo, ce qui représente le dernier revenu que produiront les arbres fruitiers, qui généraient précédemment un revenu brut d'environ 5 000 roupies par arbre tous les deux ans. Beaucoup de familles envisagent d'aller chercher du travail en ville, où les emplois se raréfient par suite du ralentissement de l'activité économique.

Avant la sécheresse, le travail occasionnel était une source secondaire de revenus très satisfaisante pour les ménages ruraux, les hommes travaillant normalement dans les agglomérations voisines et/ou dans des exploitations irriguées lorsque leurs occupations à la ferme le permettaient. Dans le Béloutchistan, par exemple, ils travaillaient comme salariés dans les mines de charbon et dans la construction. En outre, les vergers donnaient du travail aux agriculteurs sans terre et aux pasteurs nomades et transhumants.

Dans les régions Barani et les régions désertiques du Sindh, du Punjab et de la PFNO, les principales sources d'emploi lorsque l'agriculture tourne au ralenti sont les agglomérations et/ou les exploitations irriguées, particulièrement les grandes agglomérations proches de Karachi et les régions agricoles du Punjab.

À Killa Abdulla, dans le Béloutchistan, par exemple, les autorités du district ont estimé que de 25 à 30 camps de nomades se sont installés près des vergers irrigués (un camp comptait une trentaine de ménages). La majorité des nomades de ces camps sont arrivés il y a deux ans, mais la mission a constaté qu'il y avait eu aussi quelques nouveaux arrivés. Le schéma normal des migrations des nomades semble avoir été perturbé. Ils restent plus longtemps au même endroit, nombre d'entre eux ayant perdu leurs troupeaux l'an dernier. Cette situation a provoqué quelques conflits sociaux.

Trois années consécutives de sécheresse ont intensifié la dépendance à l'égard du travail salarié migrant. Dans tous les villages visités, les ménages ont dit avoir envoyé les jeunes hommes ailleurs à la recherche d'un emploi. Du fait de ce surcroît de main-d'_uvre, toutefois, le salaire journalier est tombé de 100 roupies par jour en juin 2000 à 40 ou 60 roupies par jour en 2001. En 1999, les prix des animaux ont diminué de 90 pour cent par rapport à 1998. Ils ont remonté en 2001, les animaux étant en meilleure santé du fait que les troupeaux sont moins nombreux, mais ne sont pas revenus à ce qu'ils étaient en 1998. Dans le Sindh, les prix des animaux ont continué de diminuer et sont plus bas en 2001 qu'en 2000. ainsi, les ménages affectés par la sécheresse non seulement ont perdu une partie de leurs troupeaux mais encore perçoivent moins que la vente de leurs animaux.

D'une manière générale, le prix nominal du blé est resté stable, étant réglementé. Cependant, comme les salaires ont baissé de 50 pour cent et les prix des animaux de 90 pour cent, les ménages affectés par la sécheresse sont confrontés, en termes réels, à une augmentation considérable des prix du blé et des autres produits de première nécessité, ce qui a sérieusement érodé leur capacité de faire face.

Au cours des deux dernières années (voire des quatre à six dernières années dans certaines régions), les ménages ont absorbé le choc en vendant des animaux, en prenant un travail salarié et en empruntant et en demandant à bénéficier des programmes de secours mis en place par les autorités provinciales. Durant maintenant depuis trois ans, la sécheresse a mis les ménages dans une situation très difficile, leurs mécanismes de survie étant presque épuisés. De plus, dans les régions irriguées, les communautés locales refusent d'accueillir plus de travailleurs migrants, qui sont plus nombreux qu'il le faudrait et dont le séjour se prolonge plus qu'à l'accoutumée.

De plus, les précipitations ont été inférieures à la moyenne dans certaines des régions d'irrigation, et il y a très peu de possibilités d'emploi et d'eau à partager. De plus, l'afflux de populations dans les régions irriguées est une source potentielle non seulement de conflits mais aussi d'épidémies.

Les ménages ont signalé que leur régime alimentaire avait changé dès l'an dernier au Béloutchistan et il y a déjà deux ou trois ans dans le Sindh. Nombre d'entre eux ont dit avoir supprimé les légumineuses, la viande et le lait de leur alimentation, laquelle se compose désormais surtout de pain et parfois de riz, les autres aliments étant trop chers. Dans le Sindh, l'on mangeait surtout des piments, des oignons et du pain et, dans certaines régions du Thar, il n'y avait pas de légumes, l'eau étant trop saumâtre pour l'horticulture.

La baisse de la consommation d'aliments importants comme le lait, la viande et les légumes est très préoccupante pour les femmes et les enfants, qui souffrent déjà de taux élevés de malnutrition et d'anémie dans ces deux provinces. Environ 42 pour cent des enfants souffrent de malnutrition, 45 pour cent des femmes enceintes et des mères allaitantes sont anémiques et 10 pour cent des femmes très anémiques. La malnutrition et l'anémie sont plus fréquentes parmi les ménages ruraux que parmi les ménages urbains.

Dans tous les villages visités, les familles ont dit que le plus grave problème de leurs communautés était le manque d'eau. Cette situation a alourdit le travail des femmes et des enfants dans certaines régions du Sindh et du Béloutchistan, car il faut aller chercher l'eau plus loin, les sources d'eau souterraine ayant reculé et les sources superficielles s'étant desséchées. Les sources étant moins nombreuses et l'eau se faisant plus rare, les points d'eau sont de plus en plus surpeuplés. Les autorités provinciales ont signalé qu'au Béloutchistan et dans certaines régions du Sindh et du Punjab, les abandons scolaires s'étaient multipliés par suite des migrations, du manque de vivres et de la nécessité d'envoyer les enfants travailler en ville. Dans certaines régions, spécialement à Dadu, la vente des produits de l'artisanat des femmes devient une source de revenus de plus en plus indispensable. Dans certaines familles, elle constitue même la seule source de revenus, les hommes ne pouvant souvent pas trouver de travail.

Bien que les perspectives concernant les pluies de la mousson de 2001 (juin-septembre) soient favorables, nombreux sont les districts sérieusement affectés par la sécheresse qui ne sont pas arrosés par les moussons, mais seulement par les pluies d'hiver, entre décembre et avril. Les pâturages, la disponibilité d'eau et la sécurité alimentaire s'amélioreront donc pas avant décembre au plus tôt, et il faudra attendre avril pour les récoltes. Dans les districts arrosés par les moussons, les pâturages devraient s'améliorer en juillet, date prévue pour l'arrivée des pluies. Même dans ces dernières régions, toutefois, les semis des cultures Kharif (cultures d'été) sont terminés en partie. Le tableau 7 et la carte ci-dessous illustrent le classement des districts affectés par la sécheresse établi par les autorités provinciales dans les quatre provinces du pays.

Tableau 7 - Classification par les gouvernements provinciaux des districts affectés par la sécheresse dans chaque province

Béloutchistan
Sindh
PFNO
Punjab
Impact
sérieux
Impact modéré
Impact
sérieux
Impact
sérieux
Impact modéré
Impact
sérieux
Impact modéré
Régions à très
faibles
précipitations

Pishin
Killa Abdulla
Chagai
Kharan
Quetta
Kalat
Mastung
Loralai
Killa Saifulla
Panjgoor
Dera Bugti
Kohlu
Lesbella

Régions
arrosées par
les moussons

Khuzdar
Sibi
Awaran
Musakhail
Barkhan
Badin
Thatta
Singha
Tharparker
Umar Kot
Dadu
D.I Khan
L. Marwat
Karak
Swabi
Bannu
Chitral
Shangla
Low Dir
Buner
Haripur
Miawali
Attock
D.G. Khan
Chakwal
Jhelum
Rawapindi
Gujrat
Bhakkar
Cholistan
B/walpur
Khushab
Sheikupura
4
14
6
4
6
10
4

5.4 Aide alimentaire d'urgence requise en 2000/01

À la différence de la province du Punjab, les Gouvernements des provinces du Sindh, du Béloutchistan et de la PNFO ont l'intention de distribuer du blé subventionné à la moitié du prix marchant pendant les trois mois d'été, ce qui permettra à la majorité de la population d'acheter du blé moins cher, mais les ménages les plus pauvres ont très peu d'argent pour acheter du blé, particulièrement après la période de trois mois que doit durer le programme de subventionnement. Une aide alimentaire ciblée devra être fournie aux ménages les plus vulnérables qui ont perdu leurs troupeaux et leurs arbres fruitiers ainsi qu'aux familles sans terre qui vivent dans les régions les plus affectées du Béloutchistan et du Sindh, qui ne bénéficient pas de la mousson et où la sécheresse dure depuis trois ou quatre ans. En effet:

Bien que le gouvernement considère que 45 districts ont été affectés par la sécheresse, la mission recommande qu'une assistance soit fournie aussi dans les hautes terres de Pishin, de Killa Saifulla, de Kharan et de Chagai dans le Béloutchistan et dans le Sindh ainsi qu'aux ménages vulnérables dans les districts de Dadu, de Badin et de Thatta. Bien que le district de Tharpakar ait été proclamé zone sinistrée, la mission a constaté qu'il y opère un grand nombre d'ONG qui fournissent déjà plus d'assistance que dans les autres districts affectés. Ce district n'a donc pas été inclus parmi ceux qui devraient recevoir une aide alimentaire. En outre, le PAM doit commencer en juillet 2001 des activités vivres-contre-travail dans le cadre de son programme de création d'avoirs pour les femmes rurales, et les ménages vulnérables participant au programme recevront alors des bons d'alimentation.

La mission a, dans les communautés, interrogé les personnes bien informées pour identifier les groupes les plus vulnérables et en évaluer le nombre. Sur la base de ces discussions, la mission estime que de 5 à 10 pour cent des ménages vivent dans la misère et de 15 à 20 pour cent de plus dans la pauvreté. Les misérables sont surtout les ménages sans terre qui gagnent leur vie en gardant les troupeaux et/ou travaillant dans les vergers mais qui ne peuvent plus travailler du fait que les vergers se sont desséchés et qu'il y a moins d'animaux à garder. Les 15 à 20 pour cent de ménages pauvres sont les types de ménages ci-après qui n'ont pas les moyens de s'alimenter, même avec le bénéfice du programme mis en place par le gouvernement:

Dans le Sindh, le Gouvernement provincial a identifié les villages les plus durement touchés et a estimé le nombre de leurs habitants. Les effectifs de la population à laquelle il est recommandé de fournir une aide alimentaire ciblée sont fondés sur les chiffres communiqués par les gouvernements et sur les estimations données par les personnes bien informées des populations les plus vulnérables.

Le tableau 8 indique le nombre estimatif de personnes ayant besoin d'une assistance, par district, ainsi que les quantités totales de produits alimentaires requises pendant la période allant d'octobre 2001 à mars 2002. Dans les districts de Pishin et de Killa Saifulla, les régions ciblées sont les hautes terres, où vit environ 70 pour cent de la population. Dans le Sindh, les districts ciblés sont ceux de Dadu, de Thatta et de Badin, où une aide sera fournie à 20 pour cent de la population des villages déclarés sinistrés par les autorités gouvernementales.

Tableau 8 - Pakistan: Nombre de personnes ayant besoin d'une aide alimentaire et quantités de blé, de mélange blé-soja, de légumineuses et d'huile requises pour l'aide alimentaire, octobre 2001-mars 2002

Province/District Population Population rurale Population vivant dans des régions sérieusement affectées Pourcentage de la population ayant besoin d'assistance Effectifs de la population ciblée Tonnes de blé, pour six mois Tonnes de mélange blé-soja Tonnes de légumineuses Tonnes d'huile
Béloutchistan
                 
Chagai
218 265
179 755
179 755
0,3
54 000
2 916
54
292
292
Kharan
209 995
182 278
182 278
0,3
55 000
2 970
55
292
292
Pishin
407 857
385 046
269 532
0,2
54 000
2 916
54
292
292
K. Saifulla
184 688
162 258
113 580
0,2
23 000
1 242
23
124
124
Réfugiés vulnérables *
       
6 000
324
6
32
32
Total partiel
1 020 805
909 337
745 145
 
192 000
10 368
192
1 032
1 032
Sindh
                 
Dadu
1 850 585
1 458 739
260 000
0,2
52 000
2 808
52
281
281
Thatta
1 169 576
1 038 930
300 000
0,2
60 000
3 240
60
324
324
Badin
1 165 889
972 800
227 146
0,2
45 000
2 430
45
243
243
Total partiel
4 186 050
3 470 469
787 146
 
157 000
8 478
157
848
848
Effectifs totaux de la
population ciblée
5 206 855
4 379 806
1 532 291
 
349 000
18 846
349
1 880
1 880
* Estimation du HCR (Béloutchistan).

5.5 Considérations concernant la nutrition

La mission recommande qu'il soit fourni à 349 000 personnes (58 000 ménages) une aide alimentaire ciblée composée de 300 g de farine de blé, de 30 g de légumineuses et de 30 g d'huile enrichie en vitamine A par jour, ce qui représentera un apport de quelque 1 400 calories par jour, soit 67 pour cent des besoins énergétiques journaliers. S'il est recommandé de ne distribuer qu'une ration partielle, c'est pour éviter une dépendance totale à l'égard de l'aide alimentaire. De plus, les ménages auront besoin d'autres aliments, comme légumes et produits laitiers, pour garantir un régime alimentaire équilibré. L'aide alimentaire libérera une partie du revenu limité dont disposent les ménages, ce qui leur permettra d'acheter les aliments supplémentaires actuellement absents de leur régime et de réduire leur endettement. Il est recommandé en outre de distribuer 100 g de mélange blé-soja enrichi aux ménages ciblés ayant des enfants de moins de 5 ans ou des femmes enceintes pour empêcher que la situation nutritionnelle des femmes et des enfants, déjà mauvaise, ne continue de se dégrader.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour un complément d'informations le cas échéant.
Abdur Rashid
Chef, SMIAR, FAO, Rome
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Khaled Adly
Directeur régional, OMN, PAM, Rome
Télécopie: 0020-2-7547614
Les alertes spéciales et les rapports spéciaux peuvent aussi être reçus automatiquement par courrier électronique dès leur publication, en souscrivant à la liste de distribution du SMIAR. A cette fin, veuillez envoyer un courrier électronique à la liste électronique de la FAO à l'adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org sans remplir la rubrique sujet, avec le message ci-après:

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1 Les sources sont notamment les suivantes: Pakistan Economic Survey 2000-2001, Agricultural statistics of Pakistan 1999-00, Economist Intelligence Unit, Monthly Statistical Bulletin, Vol.49 No.5.

2 Les importations de blé en 2000/01 ont consisté en dons du PAM pour les réfugiés afghans au Pakistan et en Afghanistan.