SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES CULTURES ET DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES DANS LA PROVINCE DU KOSOVO SOUS ADMINISTRATION DES NATIONS UNIES

14 août 2001

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1. APERÇU GÉNÉRAL

Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires s'est rendue dans la province du Kosovo sous administration des Nations Unies entre le 1er et le 7 juillet, afin: i) d'évaluer les perspectives de production agricole en 2001; ii) de passer en revue l'ensemble de la situation et des perspectives en matière d'approvisionnements alimentaires, et iii) de réévaluer le degré de vulnérabilité.

Les conclusions de la mission s'appuient sur les données concernant les cultures et le bétail recueillies, tout au long de l'année, par l'Unité FAO/PAM de surveillance de la sécurité alimentaire (FSSU), données que la mission a vérifiées au moyen de discussions et d'entretiens avec des agences bilatérales et des organismes des Nations Unies, des ONG, le Département de l'agriculture de la Mission des Nations Unies au Kosovo (MINUK) nouvellement formé ainsi que les directions municipales de l'agriculture. Parmi les informateurs clés avec lesquels ont été conduites des entrevues détaillées semi-structurées, figurent les minotiers, les commerçants et les agriculteurs, dont certains avaient déjà commencé la récolte au moment de la mission. Des échantillonnages par coupe transversale effectués à travers 20 des 30 municipalités du Kosovo ont permis d'examiner en détail les cultures, de faire des recoupements et de produire des observations générales concernant la situation de l'agriculture et du bétail.

La mission a constaté que la détermination et l'optimisme manifestés par les opérateurs agricoles au cours du redressement rapide qui s'est opéré l'an dernier ont persisté durant la campagne agricole 2000/01.

Selon les prévisions de la mission, la production de blé s'établirait, en 2001, à 271 000 tonnes cultivées sur 81 953 ha. Ce chiffre représente une augmentation de 33 pour cent par rapport aux estimations d'après-récolte de l'an dernier effectuées par les directions municipales de l'agriculture, et un progrès de 17 pour cent par rapport aux estimations de la Mission FAO/PAM de l'an dernier. Cependant, il représente un recul de 40 pour cent relativement aux niveaux de production atteints au début des années 90, alors que les applications d'engrais étaient trois fois supérieures à celles effectuées actuellement. L'amélioration réalisée cette année par rapport à la récolte de l'an dernier s'explique par les conditions optimales au moment des semis, une utilisation accrue des semences certifiées, la disponibilité en temps opportun d'engrais composés durant l'automne ainsi que la restauration du parc de tracteurs, disposant de quantités suffisantes de carburant. Les conditions de végétation ont été favorables durant la campagne, qui s'est également déroulée sans invasion de ravageurs ni apparition de maladies. Les perspectives concernant la production de maïs sont également favorables et l'on prévoit, à titre provisoire, une production de 340 000 tonnes cultivées sur environ 87 000 ha, soit un résultat nettement supérieur à celui de l'an dernier, pourvu que les conditions favorables se maintiennent pendant encore quelques semaines.

Selon les observations réalisées, la production animale a augmenté cette année grâce à des coupes de fourrage plus volumineuses et plus fréquentes, ainsi qu'à l'absence d'épizooties. Cependant, les éleveurs de bétail des régions montagneuses qui ne disposent pas de cultures céréalières ne sont toujours pas en mesure de reconstituer leurs troupeaux car, indépendamment du rendement du cheptel, les conditions socio-économiques qui prévalent les contraindront encore à vendre les bêtes destinées au remplacement afin de répondre aux besoins alimentaires intérieurs.

Sur la base du bilan actuel de l'offre et de la demande de blé pour la campagne de commercialisation 2001/02 (juillet-juin), les besoins en importations devraient s'établir à 112 000 tonnes, dont environ 27 000 tonnes sous forme de semences certifiées en provenance de la Serbie pour la prochaine campagne de semis.

Par suite de l'application de la stratégie de retrait de l'aide alimentaire au cours de la prochaine année, il est probable que les importations se feront principalement par le biais de canaux commerciaux, extrêmement expérimentés dans l'importation de tels volumes de blé - principalement sous forme de farine de blé - en provenance des régions voisines.

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2. LE CONTEXTE SOCIO-ÉCONOMIQUE1

2.1 Le cadre général

Le Kosovo est richement doté en terres agricoles fertiles et possède une excellente base de ressources minérales et naturelles (plomb, charbon, zinc, etc.). Au cours des années 70 et 80, en tant que région autonome de la République fédérale de Yougoslavie, il a bénéficié d'initiatives importantes en matière d'investissement et de développement, notamment dans les industries d'extraction. La part de l'industrie, secteur minier compris, en grande partie centrée sur la production de matières premières et de produits semi-finis, est passée d'un tiers à la moitié de la production totale. Cependant, la situation a évolué de façon marquée à partir de 1989, lorsque le Kosovo a perdu son statut de région autonome. Cet événement a eu de graves répercussions sur tous les secteurs de l'économie, y compris le secteur rural, et le PIB s'est contracté de 50 pour cent, tombant à moins de 400 dollars E.-U. par habitant entre 1989 et 1995. Parallèlement, le chômage devait augmenter de façon très marquée au cours des années 90, avec le licenciement systématique des Kosovars albanais travaillant dans le secteur public, principale source d'emplois. Au cours de cette période, l'économie du Kosovo s'est transformée de façon radicale, pour devenir étroitement tributaire du secteur tertiaire, mais aussi des envois de fonds de l'étranger.

Au début de juin 1999, alors que des centaines de milliers de personnes avaient fui vers les pays voisins ou avaient été déplacées par suite des hostilités intenses, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté la résolution 1244 mettant fin officiellement au conflit et autorisant le déploiement d'une force internationale de maintien de la paix (KFOR) au Kosovo. Cette résolution instaurait également une administration civile sous gestion de l'ONU, la mission des Nations Unies au Kosovo (MINUK), administration transitoire habilitée à adopter des règlements. Lors d'une phase ultérieure, les réfugiés entreprirent spontanément de revenir chez eux en grand nombre et, fin août 1999, environ 90 pour cent des Kosovars albanais qui avaient fui la province au début de l'année avaient réintégré le territoire, alors que la grande majorité des Kosovars serbes vivant au Kosovo avant le conflit quittaient rapidement la province.

2.2 La situation actuelle

Depuis sa création à la fin du conflit, la MINUK s'est consacrée aux tâches urgentes consistant à fournir les services publics essentiels au Kosovo (administration, éducation, santé, agriculture, etc.) et a ressuscité l'activité économique en stabilisant les conditions macro-économiques, en mettant sur pied d'institutions fiscales, budgétaires et bancaires, et en fixant une hiérarchie de priorités pour les politiques à moyen terme.

Dans ce contexte, l'utilisation du Mark allemand (DM) pour la quasi-totalité des transactions a contribué de façon efficace à protéger le Kosovo de l'inflation qui a sévi dans le reste de la FRI en 2000. S'agissant du budget, on prévoit que les recettes de 2001 s'établiront à 344 millions de DM, soit une augmentation de 45 pour cent relativement à 2000, visant à réduire l'étroite dépendance à l'égard du financement par les donateurs, qui couvrait près de la moitié des dépenses publiques en 2000. On prévoit que l'augmentation des recettes se fera grâce à l'adoption, début juillet, d'une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) destinée à élargir l'assiette fiscale et à couvrir la production intérieure de biens et de services. Ce nouveau système, plus simple, conduira également à l'abolition du barème douanier actuellement en vigueur, afin d'éliminer les distorsions connexes.

De manière générale, en dépit de la pénurie de données sur la production et sur l'investissement, il semble que l'économie du Kosovo se soit vigoureusement redressée en 2000 et début 2001. Avec l'appui de la communauté internationale, les dommages causés par le conflit aux réseaux communautaire et social ainsi qu'à l'infrastructure ont été rapidement réparés, et les experts confirment que l'on assiste à une forte reprise des activités des entreprises autochtones, alimentée par l'épargne locale ainsi que par les fonds envoyés à l'étranger et qui se traduit par la création de nouvelles perspectives d'emplois dans tous les secteurs, y compris l'agriculture et le secteur agro-alimentaire.

2.3 Le secteur agricole

Depuis 1989/90, le déclin des entreprises publiques ainsi que l'éclatement des coopératives ont donné naissance à un secteur agricole principalement constitué de petites exploitations privées, qui produisent des cultures vivrières et des cultures d'alimentation animale destinées à la consommation de subsistance ainsi qu'à la vente locale au comptant destinée à couvrir les besoins fondamentaux. De ce fait, l'utilisation intensive d'intrants, largement répandus dans toutes les entreprises agricoles au cours des années 80, est beaucoup moins courante, et cette situation a pesé sur les rendements au cours de la dernière décennie.

Parallèlement, on a assisté à un recul des cultures industrielles telles que la betterave à sucre, les graines oléagineuses et le tabac. Le déclin très accentué du sous-secteur public a atteint son étiage en 1999, par suite des effets de la guerre et, depuis, la majeure partie des terres du secteur public sont en friche et les installations de transformation agro-alimentaires sont pour la plupart oisives.

Étant donné que les principaux ouvrages d'irrigation créés durant les années 70 et 80 se sont ressentis des conditions inadéquates de réparation et d'entretien, les cultures vivrières, à l'exception de moins de 10 000 ha de cultures de légumes, de luzerne et de maïs dans certaines localités bien précises, se font principalement par voie pluviale.

Étant donné que le Kosovo est presque complètement encerclé par les montagnes, les principales terres arables se trouvent dans la plaine centrale ainsi que dans deux grandes vallées qui s'étirent vers le nord et vers l'est. Parmi les systèmes de production, tels que définis en fonction du type de sol et des précipitations, figurent les céréales dans la plaine, les céréales mixtes et la viticulture dans les régions centrales et périphériques au pied des montagnes, ainsi que le pâturage extensif et la foresterie dans les montagnes. On trouvera, au graphique 1, le calendrier des campagnes agricoles.

Les semis d'automne de blé ainsi que les semis de printemps de maïs, les deux céréales principales, bénéficient des précipitations qui commencent en septembre/octobre, se poursuivent tout au long de l'hiver sous forme de pluie ou de neige en fonction de l'altitude, pour se conclure en mai. Ces pluies sont suivies de chutes irrégulières qui durent tout l'été et se prolongent généralement jusqu'au mois de septembre. En règle générale, les précipitations augmentent à mesure que l'on se déplace d'est (500 mm) en ouest (1 000 mm).

La campagne agricole 1999/2000 a donné lieu à un redressement très vigoureux faisant suite aux pertes provoquées par la guerre en 1999. Cette reprise devait non seulement illustrer la volonté et les capacités des agriculteurs, mais traduire également l'octroi d'une assistance opportune et pertinente de la part de la communauté internationale. Cette assistance a eu pour effet d'améliorer l'accès aux intrants et de réhabiliter un large éventail d'équipements mécaniques, notamment d'unités à deux roues et de tracteurs légers (35 à 50 cv) à quatre roues, utilisés comme sources d'énergie polyvalente pour le transport et le trait dans les régions rurales aussi bien que pour l'agriculture. Le redressement de l'an dernier a largement contribué au progrès continu des petites entreprises du secteur privé. On trouvera, au tableau 1, une série chronologique illustrant la production publique et privée de blé et de maïs au Kosovo depuis 1991. On y observe de façon évidente la disparition du sous-secteur étatique et le redressement du sous-secteur privé, évoqués plus haut.

Tableau 1: Série chronologique - Surface ensemencée (ha) en blé et en maïs par les sous-secteurs étatique et privé

Année 
Blé
Maïs
État
Secteur privé
Total
État
Secteur privé
Total
1991
12 973
90 048
103 021
1 176
96 723
97 899
1993
11 860
91 155
103 015
834
93 134
93 968
1995
7 129
84 521
91 650
1 323
95 243
96 566
1997
2 296
83 948
86 244
407
89 166
89 573
1999
-
42 840
42 840
-
20 810
20 810
2000
-
82 752
82 752
-
71 715
71 715

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3. PRODUCTION VIVRIÈRE ET PERSPECTIVES D'APPROVISIONNEMENT EN 2000/01

3.1 Généralités

Au cours de l'année écoulée, la création du Département de l'agriculture, de la MINUK et des directions municipales de l'agriculture a constitué le pivot du déploiement des activités agricoles. Cependant, le processus de redressement n'a pas couvert les activités de collecte d'informations au niveau local. En effet, l'absence d'archives, de relevés cadastraux et de déclarations annuelles formalisées des activités agricoles a contraint les responsables municipaux à se rabattre sur les agents et sur les volontaires au niveau communautaire comme principale source d'information. Les données recueillies au niveau local constituent la source d'information privilégiée de la mission, parallèlement aux enquêtes effectuées par la Mission FAO/PAM tout au long de l'année, qui ont actualisé les estimations de 1999/2000 et considérablement enrichi le processus d'évaluation des cultures et des approvisionnements alimentaires. La Mission a pu, de la sorte, se concentrer sur la vérification croisée des données recueillies précédemment. Elle a pu, à ce titre, visiter 20 municipalités et, dans 16 d'entre elles, conduire des entrevues semi-structurées détaillées avec des informateurs clés. En outre, les membres de la Mission ont également discuté des progrès accomplis et obtenu des données auprès des minotiers, des agences basées à Pristina, des instituts de la MINUK et des administrateurs et spécialisés de la MINUK à propos des mouvements de céréales, des conditions climatiques et de la conjoncture agro-économique.

3.2 La production céréalière

Nous proposons une comparaison entre les prévisions de production de blé et de maïs concernant cette année et ventilées par municipalité, et les estimations d'après-récolte de l'an dernier effectuées par les directions municipales de l'agriculture. Compte tenu du stade précoce de la campagne de maïs au moment de la mission - certaines cultures étaient à peine au stade de la floraison - les prévisions concernant la superficie qui sera effectivement récoltée et sur les rendements sont purement indicatives. Les prévisions de la Mission, présentées au tableau 2, font état d'une récolte de blé de 271 000 tonnes pour une superficie de 81 953 ha, soit près de 33 pour cent de plus que l'évaluation d'après-récolte de l'an dernier à partir d'une surface comparable; précisons toutefois que cette production est inférieure de 40 pour cent à celle du début des années 70.

S'agissant du maïs, et sous réserve du maintien des conditions favorables pendant le reste de la campagne, les estimations provisoires de la mission (tableau 3) indiquent une amélioration marquée de la production, avec un volume prévu de récolte d'environ 345 000 tonnes à partir de 87 302 ha, ce qui représente une augmentation de 41 pour cent de la production et une extension des emblavures de 22 pour cent par rapport à l'an dernier.

Tableau 2: Kosovo - Superficie cultivée en blé, rendement et production (par municipalité)

Municipalité
Estimations concernant
la campagne 20001/
Prévisions de la mission
pour 2001
Langue
serbe
Langue albanaise
Surface (ha)
Rendement (tonnes/ha)
Production (tonnes)
Surface (ha)
Rendement (tonnes/ha)
Production (tonnes)
Decani
Decan
1 020
3.5
3 570
800
3.7
3 000
Djakovica
Gjakove
4 200
2.8
11 760
4 185
3.7
15 485
Glogovac
Gllogoc
5 050
2.0
10 100
3 960
3.5
13 860
Gnjilane
Gjilan
3 800
2.6
9 880
4 200
3.3
13 860
Gora
Dragash
400
2.8
1 120
250
3.5
875
Istok
Istog
900
2.0
1 800
750
3.0
2 250
Kacanik
Kacaniku
1 350
3.5
4 725
1 260
3.5
4 410
Klina
Kline
3 100
2.5
7 750
3 320
3.0
9 960
Kosovo Polje
Fushe Kosove
1 300
2.8
3 640
1 500
4.0
6 000
Kosovska
Kamenica
4 170
2.0
8 340
3 600
3.5
12 600
Kosovska
Mitrovice
1 170
2.8
3 276
1 000
3.0
3 000
Leposavic
Leposavic
2 000
3.0
6 000
2 000
3.0
6 000
Lipljan
Lipjan
5 015
2.2
11 033
5 610
3.4
19 074
Novo Brdo
Novo Berde
205
1.9
390
200
3.2
650
Obilic
Obiliq
900
2.2
1 980
1 050
4.0
4 200
Orahovac
Rahovec
3 423
2.0
6 846
3 900
3.2
12 675
Pec
Peje
1 700
2.8
4 760
1 800
3.5
6 300
Podujevo
Podujevo
6 000
2.8
16 800
6 000
3.2
19 200
Pristina
Prishtine
2 898
2.3
6 665
2 447
2.8
6 852
Prizren
Prizren
5 100
2.7
13 770
4 830
3.2
15 456
Srbica
Skenderaj
4 128
2.0
8 256
4 550
2.7
12 285
Stimilje
Shtime
1 200
2.0
2 400
1 200
3.7
4 500
Strpce
Shtrepce
200
2.0
400
200
3.0
600
Suva Reka
Suhareke
3 708
2.5
9 270
4 250
3.2
13 813
Urosevac
Ferijaz
4 375
3.0
13 125
4 680
4.0
18 720
Vitina
Viti
5 400
2.5
13 500
6 342
3.5
22 197
Vucitrn
Vushtrii
4 266
2.3
9 812
4 000
3.0
12 000
Zubin Potok
Zubin Potok
170
3.0
510
180
3.5
630
Zvecane
Zvecan
280
3.0
840
225
3.2
720
Malisheva
Malisheve
5 324
2.3
12 245
3 664
2.8
10 259
TOTAL
82 752
2.5
204 563
81 953
3.3
271 430
1/ Directions municipales de l'agriculture.

Tableau 3: Kosovo - Surface ensemencée en maïs (par municipalité)

Municipalité
Estimations concernant
la campagne 2000 1/
Prévisions de la mission
pour la campagne 2001
Langue
serbe
Langue albanaise
Surface
(ha)
Rendement
(tonnes/ha)
Production
(tonnes)
Surface
(ha)
Rendement
(tonnes/ha)
Production
(tonnes)
Decani
Decan
2 800
5.0
14 000
2 520
4.0
10 080
Djakovica
Gjakove
4 250
2.6
11 050
4 300
4.0
17 200
Glogovac
Gllogoc
1 750
3.5
6 125
1 700
3.5
5 950
Gnjilane
Gjilan
3 800
2.8
10 640
4 500
4.0
18 000
Gora
Dragash
80
2.5
200
65
3.0
195
Istok
Istog
2 100
2.8
5 775
2 241
3.5
7 844
Kacanik
Kacaniku
1 365
2.8
3 822
1 390
3.5
4 865
Klina
Kline
3 481
2.5
8 703
3 458
3.0
10 374
Kosovo Polje
Fushe Kosove
1 400
5.0
7 000
1 320
4.0
5 280
Kosovska
Kamenica
Kamenica
2 430
5.5
13 365
2 250
4.0
9 000
Kosovska
Mitrovica
Mitrovice
500
2.5
1 250
700
3.5
2 450
Leposavic
Leposavic
1 800
6.0
10 800
1 800
4.5
8 100
Lipljan
Lipjan
5 136
3.5
17 976
7 650
4.5
34 425
Novo Brdo
Novo Berde
145
1.4
203
84
3.0
252
Obilic
Obiliq
850
7.0
5 950
950
4.0
3 800
Orahovac
Rahovec
2 245
4.5
10 103
4 300
4.0
17 200
Pec
Peje
3 215
4.5
14 468
3 370
4.5
15 165
Podujevo
Podujevo
3 600
3.5
12 600
6 600
4.0
26 400
Pristina
Prishtine
3 536
3.8
13 437
4 000
4.0
16 000
Prizren
Prizren
3 250
3.2
10 400
3 980
4.0
15 920
Srbica
Skenderaj
3 539
2.8
9 732
3 994
3.5
13 979
Stimilje
Shtime
610
3.0
1 830
1 100
3.5
3 850
Strpce
Shtrepce
300
2.7
810
300
3.5
1 050
Suva Reka
Suhareke
3 200
3.0
9 600
4 350
4.5
19 575
Urosevac
Ferijaz
3 827
3.3
12 629
4 180
4.0
16 720
Vitina
Viti
6 800
2.0
13 600
6 500
4.0
26 000
Vucitrn
Vushtrii
1 772
4.0
7 088
4 500
3.8
16 875
Zubin Potok
Zubin Potok
700
3.3
2 310
700
4.0
2 800
Zvecane
Zvecan
300
3.3
990
300
4.0
1 200
Malisheva
Malisheve
2 934
3.0
8 802
4 200
3.5
14 700
TOTAL
71 715
3.4
245 257
87 302
4.0
345 249
1/ Directions municipales de l'agriculture.

3.3 Les facteurs qui affectent la production

Les précipitations

Dans un contexte où prédominent les cultures pluviales, les précipitations ont une incidence fondamentale sur la production. Cette année, les pluies ont été extrêmement favorables dans l'ensemble du Kosovo. Le graphique 2 indique le volume et la répartition des pluies dans deux localités du centre du Kosovo. L'automne, plutôt sec, a été suivi par des ondées de faible volume mais régulières tout au long de l'hiver, avec de bonnes pluies de printemps qui ont contribué au développement du blé et à l'établissement du maïs. Parallèlement, les températures n'ont pas atteint des niveaux extrêmes cette année, ce qui a réduit l'évapotranspiration. Les pluies, qui se sont poursuivies jusqu'à juillet, ont également permis un développement satisfaisant de toutes les autres cultures ensemencées au printemps, y compris l'orge de malt, les légumes, une superficie limitée de graines oléagineuses, ainsi que toutes les cultures fourragères et les prés et pâturages.

Note: pour juin 2001, les données disponibles portent sur deux décades seulement.

Superficie et rendement du blé

Comme nous l'avons déjà vu, les conditions météorologiques ont été favorables aux semis de blé, et le parc de tracteurs, renforcé mais aussi plus vétuste d'une année, a été en mesure de réaliser davantage de semis de blé à la période optimale du mois d'octobre. Le carburant était disponible en abondance, au prix de 0,94 DM à 1,1 DM/litre, et l'on pouvait obtenir des semences traitées auprès des commerçants. Les pratiques agricoles ont été conformes à la tradition de labourage, de hersage à disques, de semis manuels et de d'enfouissement des semences. Sur la base d'un taux d'ensemencement de 330 kg/ha, les estimations donnent 27 000 tonnes de semences utilisées, dont 1 500 tonnes seulement ont été fournies par les donateurs, contre 15 626 tonnes distribuées l'an dernier dans le cadre de la campagne combinée FAO/ONG. En outre, la part occupée par les semences de report des agriculteurs eux-mêmes a été nettement inférieure cette année, car la plupart des agriculteurs ont acheté des semences certifiées.

Dans 14 des municipalités, les surfaces ensemencées en blé ont été inférieures à celles de l'an dernier, le solde ayant probablement été remplacé par le maïs, qui présente des besoins en semences plus abordables - 15 à 20 kg/ha. Lors du passage de la mission, la récolte de l'orge avait commencé et, si le temps reste favorable, on peut prévoir que l'ensemble de la récolte de blé sera rentrée d'ici la mi-août au moyen des moissonneuses-batteuses du parc restauré. Cette année, certains agriculteurs ont été pris de court par les tarifs appliqués pour les moissonneuses-batteuses, qui atteignaient 200 DM/ha, sans aucune subvention par les ONG. Selon les calculs effectués par la mission, le point de rendement d'équilibre pour une production entièrement traitée selon le mode contractuel était de 3,5 tonnes/ha, au prix de 250 DM/ha2.

Cette année, les rendements de blé ont été supérieurs à ceux de l'an dernier. Les conditions optimales, associées à la disponibilité de semences et de carburant, ont permis de bien préparer les terres en temps opportun. Par ailleurs, les commerçants entretenant des liens avec la Vojvodine en Serbie tenaient à la disposition de tous les agriculteurs des semences traitées des variétés appropriées au prix de 25 DM/50 kg ou 165 DM/ha. L'utilisation des engrais a été variable. L'engrais composé NPK 15-15-15 a été disponible à temps dans toutes les municipalités et appliqué comme fumure de fond à des taux variant de 200 kg à 400 kg/ha, en fonction du budget des agriculteurs3. Les engrais à l'azote étaient moins facilement disponibles au printemps pour l'application de la fumure de superficie, conséquence des retards causés par les contrôles liés au conflit à la frontière avec l'ex-République yougoslave de Macédoine. Les engrais au nitrate d'ammonium étaient disponibles à meilleur marché auprès d'un éventail de sources commerciales, et il étaient utilisés par unités de 100 kg pour l'application d'une ou deux couches de fumure de superficie, encore une fois en fonction du budget des agriculteurs. Selon les calculs de la mission et de l'Unité FAO/PAM de surveillance de la sécurité alimentaire, environ 22 250 tonnes de NPK et 9 500 tonnes d'engrais à l'azote ont été utilisées pour le blé d'hiver, sur un volume importé estimé à 68 000 tonnes. On peut en déduire une utilisation combinée d'engrais de 387 kg/ha, quantité inférieure à la pratique recommandée, ce qui explique probablement pourquoi les rendements de blé sont inférieurs à ceux des années 80.

S'agissant de l'utilisation des autres intrants agricoles, seuls les herbicides ont été utilisés pour l'épandage chimique sur blé d'hiver, notamment le 2.4D. On estime que le niveau d'utilisation a été, cette année, de 10 à 15 pour cent de la surface ensemencée. Du fait que les agriculteurs ainsi que les conseillers avaient des doutes quant au prix et à la qualité des produits offerts, les herbicides ont été moins utilisés cette année. En conséquence, les adventices ont probablement constitué le principal obstacle à la croissance des cultures au cours de la campagne 2000/01. Par chance, en dépit d'un hiver assez doux et d'un printemps relativement humide, aucun problème d'envergure lié aux ravageurs ou aux maladies des cultures céréalières n'a été signalé cette année.

En conséquence, les rendements moyens, supérieurs à ceux de l'an dernier, se situent entre 2,7 et 4 tonnes/ha, en fonction de la municipalité, du type de sol, de l'altitude, de la distribution locale des pluies et des pratiques agricoles. Le rendement moyen global pour le blé a été estimé à 3,3 tonnes/ha.

Superficie et rendement du maïs

Le maïs couvre généralement une surface supérieure à celle du blé et il est traditionnellement cultivé par des exploitants privés; c'est pourquoi les surfaces ensemencées n'ont pas décliné avec la disparition du secteur étatique. Cette année, la surface ensemencée a été d'environ 87 000 ha, soit 22 pour cent de plus que la surface récoltée l'an dernier; en effet, du fait de la sécheresse qui a sévi l'été dernier, les surfaces affectées ont été fauchées pour faire du fourrage ou mélangées à la terre, en fonction de la période d'ensemencement. Par ailleurs, la pénurie de maïs destiné aux animaux ainsi que les prix élevés au cours du printemps ont également encouragé les agriculteurs à planter davantage de maïs en avril. Malheureusement, l'échec de la germination des semences de maïs, lesquelles provenaient sans doute des quantités distribuées l'an dernier et non utilisées, a rendu nécessaire de réensemencer environ 8 pour cent des surfaces à Djakovica. À Leposavic, la germination du maïs acheté auprès des commerçants locaux a également échoué, ce qui a rendu nécessaire de nouveaux semis; cependant, pour les champs ensemencés avec les graines obtenues directement de Vojvodine, l'établissement du maïs était satisfaisant. Les conditions de semis ont été favorables dans l'ensemble du Kosovo, ce qui a permis de préparer pleinement la terre; en outre, les précipitations d'après semis ont été satisfaisantes jusqu'au passage de la mission, au mois de juillet, favorisant une bonne croissance végétative.

Les observateurs ont noté une moindre utilisation d'engrais composé (NPK 15-15-15) que pour le blé, mais avec un emploi à une période optimale. Les agriculteurs avaient fait les achats nécessaires en automne, alors que la disponibilité était illimitée. L'application de la fumure de superficie n'a pas été entièrement satisfaisante, les engrais ayant été retenus à la frontière de l'ex-République yougoslave de Macédoine; en outre, les prix étaient plus élevés que l'an dernier et les conditions météorologiques favorables ont incité les paysans pratiquant l'agriculture de subsistance à renoncer à la dépense supplémentaire. L'utilisation globale a été estimée à environ 25 000 tonnes, soit une moyenne de 286 kg/ha. Une quantité supérieure d'engrais a été utilisée dans les champs irrigués de la plaine de Prizren et dans les municipalités de l'ouest, ce qui pourrait donner, dans ces secteurs, des niveaux de production plus élevés relativement à l'an dernier.

Compte tenu d'une densité universelle de semis atteignant 50 000 plants à l'hectare, mais aussi de la quantité d'engrais utilisé, de l'arrachage régulier des mauvaises herbes à la main et de l'absence d'invasions par les ravageurs de maladies à ce jour, la mission pronostique un rendement moyen de 3,9 tonne/ha. S'agissant du maïs, étant donné que les plants étaient à peine au stade de la floraison sur les petites parcelles familiales, les estimations de rendement de la mission se doivent d'être extrêmement prudentes et soumises à révision au cours des deux prochains mois, de même que pour les surfaces qui seront récoltées et celles qui seront fauchées pour faire du fourrage.

La mission a estimé que 60 pour cent de la surface cultivée en maïs a fait l'objet de cultures intercalaires avec les haricots, avec une densité allant de un à cinq plants par mètre carré. Les haricots sont des haricots de Lima, que l'on appelle localement haricots blancs. Sur la base d'un rendement moyen de 0,37 tonne/ha, la récolte de haricots devrait donner environ 19 300 tonnes, utilisées pour la consommation des ménages ou la vente locale des excédents.

Autres cultures de printemps

Les céréales de printemps, essentiellement l'avoine et l'orge, sont cultivées respectivement pour la production de fourrage et de malt. L'avoine est fauchée à l'état vert après l'écimage et les tiges émincées sont données comme fourrage et les tiges émincées sont données comme fourrage. Cette année, la surface cultivée en orge a augmenté, passant à 2 200 ha; au moment du passage de la mission, la récolte était en cours avec des rendements de 3 à 4 tonnes/ha. La brasserie située à Pec fournit la totalité des intrants et des semences, et elle verse le solde dû aux agriculteurs contractuels après réception de la récolte au silo. Cette brasserie est l'une des rares unités d'industrie agro-alimentaire à fonctionner - au demeurant à une fraction seulement de son ancienne capacité. Le tableau 4 donne une ventilation des cultures de semis de printemps par municipalité, selon les données disponibles au moment du passage de la mission. Ce tableau confirme l'importance des légumes et leur réapparition comme produit principal de l'agriculture commerciale à Orahovac, Pec, Prizren and Podujevo. Il semble toutefois que, dans ces localités, les semis de légumes aient été davantage motivés par les espoirs entretenus que par l'expérience de la difficile campagne précédente, marquée par des difficultés dues aux importations bon marché, qui avaient provoqué une chute des prix et entraîné l'enfouissement de nombreuses cultures.

La culture du tournesol est destinée à alimenter les installations de traitement des oléagineux d'Urosevac, lesquelles devraient reprendre bientôt leur activité. En dépit du manque d'informations concernant les surfaces ensemencées en pommes de terre, la mission pense que les emblavures seront inférieures aux prévisions, par suite du retard imposé au printemps, à la frontière avec l'ex-République yougoslave de Macédoine, à 86 camions transportant des semences de pommes de terre, ce qui a réduit de 1 000 tonnes le volume des semences disponibles. Les emblavures d'avoine, estimées à 3 0118 ha, sont déjà supérieure aux chiffres enregistrés l'an dernier, et l'on pense qu'il s'agit d'une sous-estimation, notamment dans les municipalités du nord. Compte tenu des pluies prolongées de cet été, la mission a observé, de la part de certains agriculteurs, une tendance à faucher l'avoine de façon précoce, c'est-à-dire à l'état vert, pour pouvoir planter une deuxième récolte, de féveroles sur la même surface. Compte tenu des bonnes conditions météorologiques, de l'utilisation probable de 12 000 tonnes d'engrais, de l'absence d'invasions de ravageurs et de maladies, toutes les cultures de semis de printemps sont déclarées en bonnes conditions dans toutes les municipalités, et l'on prévoit des rendements supérieurs à ceux de l'an dernier.

Tableau 4: Kosovo - Autres cultures de printemps1/

Municipalité
Légumes
(ha)
Avoine
(ha)
Orge de
malt (ha)
Tournesol
(ha)
Pomme de
terre (ha)
Langue
serbe
Langue
albanaise
Decani
Decan
   
45
   
Djakovica
Gjakove
930
 
160
   
Glogovac
Gllogoc
   
170
   
Gnjilane
Gjilan
17
       
Gora
Dragash
       
310
Istok
Istog
698
520
131
100
 
Kacanik
Kacanik
         
Klina
Klina
334
332
112
   
Kosovo Polje
Fush Kosova
290
30
268
   
Kosovska
Kamenica
Kamenica
220
 
18
 
120
Kosovska
Mitrovica
Mitrovica
 
300
     
Leposavic
Leposavic
285
 
300
 
300
Lipljan
Lipjan
470
350
150
780
 
Novo Brdo
Novo Berde
32
     
29
Obilic
Obiliq
         
Orahovac
Rahovec
3 500
260
 
100
 
Pec
Peje
4 200
 
150
 
1 100
Podujevo
Podujeve
2 500
1 000
   
2 000
Pristina
Prishtine
220
395
66
 
120
Prizren
Prizren
1 368
20
265
200
 
Srbica
Skenderaj
   
37
   
Stimilje
Shtime
120
   
40
 
Strpce
Shtrepce
         
Suva Reka
Suhareke
500
 
90
 
150
Urosevac
Ferijaz
   
115
600
680
Vitina
Viti
   
102
 
310
Vucitrn
Vushtrri
   
50
 
970
Zubin Potok
Zubin Potok
         
Malisheva
Malisheve
         
TOTAL
15 6841/
3 207
2 229
1 820
6 089

1/ Données incomplètes. Légumes: emblavures probablement supérieures à 16 000 ha, y compris les parcelles familiales.
Note: Le tableau ne comprend pas les cultures de printemps de luzerne, de clous de girofle et d'herbes diverses, qui pourraient représenter 8 000 ha ou 20 pour cent des cultures ensemencées de fourrage sur rotation quinquennale.

3.4 La production animale

Selon les calculs effectués par la mission l'an dernier (1999/2000), en 1996, 178 000 ha de pâturages, 87 000 ha de prés et 36 000 ha de cultures fourragères complétés par des aliments pour animaux, ont servi à nourrir 361 200 équivalents-vaches à un taux de 1,2 équivalents-vaches par hectare4. Sur la base des sondages effectués par la FSSU de la FAO/PAM et des relevés de programmes de vaccination au lendemain de la guerre, l'ensemble du cheptel était tombé par suite du conflit à 187 000 équivalents-vaches, soit une chute d'environ 50 pour cent. Le dépouillement de sondages effectués ultérieurement par le même groupe, au cours de l'an dernier, indique que le cheptel pourrait compter actuellement 243 000 équivalents-vaches, ce qui traduit une progression de 30 pour cent, principalement sous forme de veaux et d'agneaux qui ont été conservés, ainsi que de vaches achetées sur place, soit 56 000 et 23 000 têtes respectivement. L'augmentation du cheptel s'est produite alors que, l'an dernier, les conditions de pâturage étaient défavorables, avec, parallèlement, une réduction substantielle du taux de charge. La mission a noté la présence de réserves anciennes de fourrage, ce qui confirme une bonne disponibilité de fourrage au cours des deux dernières années, même si la qualité laisse à désirer.

Cette année, non seulement les pluies ont amélioré la production de fourrage dans les pâturages, les prés et les prairies artificielles de montagne, mais l'accès aux pâtures est devenu plus facile dans toutes les régions, à l'exception de la région frontalière avec l'ex-République yougoslave de Macédoine. En outre, les éleveurs continuent de louer les terres en jachère des fermes étatiques aujourd'hui disparues, ce qui augmente la disponibilité de pâturages non aménagés dans la plaine centrale. L'augmentation du cheptel par le biais d'initiatives individuelles des ménages compense plus que largement les interventions des donateurs, qui ont permis d'acheter environ 5 000 vaches pour un montant de 15 millions de dollars E.-U. Cependant, le fait que les ménages conservent leurs jeunes bêtes est en contradiction directe avec les conditions socio-économiques du moment. Au cours de la dernière décennie, le cheptel est tombé à des niveaux de subsistance dans la plupart des ménages. Les éleveurs occupant les collines et sans accès direct aux céréales ont été obligés de vendre leurs jeunes bêtes aux abattoirs plutôt que de les utiliser pour remplacer le cheptel bovin et ovin5. Étant donné que les conditions de création de revenus n'ont pas beaucoup changé pour les éleveurs des collines, les incitations à se défaire des animaux reproducteurs sont probablement aussi fortes qu'auparavant; il conviendra donc de les atténuer afin d'encourager une reconstitution rapide du cheptel national d'ovins et de bovins.

S'agissant de la production bétaillère en général, les conditions favorables qui ont prévalu cette année, permettant de faucher des volumes plus importants de foin et à des intervalles plus fréquents, ont entraîné une amélioration des conditions physiques ainsi que des performances des animaux dans les unités basées sur la consommation d'herbe. Sur la base d'une estimation d'après récolte de 245 000 tonnes, la production de maïs en 1999/2000 n'aurait pas couvert le besoin intérieur, à savoir 260 000 tonnes. Compte tenu du volume restreint des échanges portant sur le maïs, du fait de la tradition d'autosuffisance des exploitations, il est probable que les vaches de rendement supérieur ont été sous-alimentées, avec des répercussions sur les stocks étrangers importés et employés dans les systèmes à forte teneur en intrants. Cependant, la majeure partie du cheptel local ne tombe pas dans cette catégorie, si bien que les rendements enregistrés ce printemps sont supérieurs à ceux de l'an dernier.

D'après les sondages effectués par la FSSU de la FAO/PAM, la population des non ruminants a été estimée à environ 50 000 porcs et 1,2 million de têtes de volaille, ce qui correspond à une augmentation de 25 pour cent de ces dernières sous forme de pondeuses, mais sans augmentation en ce qui concerne les porcins, par suite des conditions qui ont prévalu dans les enclaves serbes - où sont élevés la plupart des porcs.

S'agissant des profils de santé, la mission n'a pas observé d'incidence majeure d'épizooties, et des programmes de vaccination ont été appliqués cette année sous les auspices de l'MINUK.

Sur la base des chiffres cités plus haut, et d'une ration minimale pour les vaches et les taureaux de 3 kg par jour; de 2 kg par jour pour les jeunes bovins; de 0,25 kg par jour pour les ovins; de 0,001 kg par jour pour les pondeuses et enfin de 4 kg par jour pour les porcs, le besoin global en compléments alimentaires des animaux pour la campagne commerciale 2000/01 est de 381 714 tonnes. Étant donné que l'on dispose de 68 000 tonnes de son de blé, il est probable que les besoins en alimentation animale à base de maïs seront de l'ordre de 314 000 tonnes. Si l'on y ajoute des pertes en entreposage de 12 pour cent ainsi qu'un besoin de semences de 2 000 tonnes, le besoin intérieur en maïs se trouve porté à 353 000 tonnes, soit 2 pour cent de plus que l'estimation tout à fait provisoire de la récolte cette année proposée par la mission, à savoir 345 000 tonnes.

Recommandations concernant le secteur agricole

La démarche basée sur des appréciations rapides adoptée par la mission au cours des quatre visites effectuées durant les deux dernières années permet de tirer des conclusions générales concernant le processus de redressement. Les performances d'ensemble tendent à retrouver les niveaux précédant la guerre, mais elles restent nettement en dessous des résultats obtenus avant l'entrée en vigueur des sanctions. Les restrictions applicables aux intrants, notamment les engrais, portent atteinte aux rendements potentiels. Étant donné l'absence de services analytiques, l'utilisation des engrais se fait de façon indifférenciée plutôt que suivant des prescriptions. Parallèlement, du fait de l'absence d'une variété de produits agrochimiques de pulvérisation spécifiques, les agriculteurs doivent se limiter à utiliser une gamme restreinte d'herbicides de provenance et de qualité douteuses. En outre, il est difficile de se procurer des insecticides et des pesticides à un prix abordable, de même que d'obtenir des équipements de pulvérisation, et ces deux facteurs augmentent la vulnérabilité des agriculteurs aux agressions des ravageurs.

Les programmes de crédit mis en oeuvre à ce jour, officiellement tournés vers l'industrie agro-alimentaire, ne répondent pas au problème concret de manque de liquidités au niveau de l'exploitation agricole. Du fait de l'absence de programmes d'assurance des récoltes ou du cheptel, les exploitants, qui sont financés par des envois de fonds, sont moins enclins à étendre leurs entreprises et à investir dans de nouvelles initiatives. Parallèlement, l'introduction d'incitations dans le but de conserver le cheptel reproducteur local contribuerait de façon substantielle à accélérer la régénération du secteur de l'élevage, car elle permettrait aux petits entrepreneurs de reconstituer leur cheptel avec des bêtes appropriées. Actuellement, les éleveurs vendent leurs génisses, leurs jeunes brebis ainsi que leurs truies pour se procurer de l'argent, ou ils les abattent pour en consommer la viande afin de survivre; la mise en oeuvre des mesures évoquées plus haut leur permettrait de recouvrer leur statut d'unités génératrices de revenus.

Tout redressement du secteur agricole doit s'appuyer sur l'existence de débouchés pour les produits du secteur. Or, rappelons que l'an dernier, il a fallu enfouir la production du sous-secteur des légumes, et, compte tenu de l'excédent actuel de pommes et de prunes dans les municipalités du nord, il semble nécessaire, si l'on veut que le redressement se poursuive, d'assurer de nouveaux marchés pour les petits producteurs.

Enfin, sans une compréhension approfondie de la situation actuelle, on risque de se lancer dans des interventions non justifiées, voire aux effets pervers. Des améliorations substantielles s'imposent pour remédier à la situation insatisfaisante mentionnée dans le rapport de l'an dernier, relative à la collecte et à l'analyse des informations par le biais des bureaux agricoles locaux. Il convient de former le personnel de ces bureaux, de l'équiper et d'en assurer la mobilité6. Il faut en outre reconnaître la valeur des réseaux de travailleurs agricoles communautaires et récompenser leurs services par des primes ou en rémunérant leurs prestations.

3.5 Marchés et prix

Le pain est l'aliment de base traditionnel au Kosovo, c'est pourquoi il est essentiel, pour la sécurité et le bien-être alimentaire des ménages, d'assurer l'approvisionnement en blé ou en farine de blé. Bien que le Kosovo soit une région chroniquement déficitaire, assurer les disponibilités alimentaires n'a pas constitué un problème aigu, étant donné que les déficits ont été, de manière générale, largement comblés par les transferts à partir de la Vojvodine, région de la Serbie qui est la première productrice de céréales de la FRY. Or, ces échanges se sont poursuivis au cours des dernières années en dépit des perturbations causées au marché par le conflit, comme la fermeture de frontières, car le blé et ses dérivés étaient souvent transportés par des voies informelles et transitaient par le Monténégro.

Grâce à des entretiens avec des commerçants et négociants de Pristina, principal marché des denrées alimentaires, la mission a appris que d'importantes quantités de farine de blé sont transférées journellement depuis la Serbie; selon des estimations prudentes, ces transferts porteraient sur environ dix camions de 25 tonnes "par nuit", soit près de 100 000 tonnes par an. Étant donné l'absence virtuelle de droits - lesquels sont remplacés par une taxe officieuse qui s'établirait entre 1 000 DM et 1 500 DM par chargement de camion -, les commerçants sont d'avis que les autres sources d'approvisionnement en blé et en farine telles que la Bulgarie et l'Albanie pratiquent des prix trop élevés pour concurrencer les fournisseurs serbes.

Il n'en demeure pas moins que les minotiers, dont les activités sont gravement perturbées par ce commerce, déplorent l'importance occupée par la farine de blé dans les transferts en provenance de Serbie. Étant donné que ces minotiers ne peuvent compter que sur un approvisionnement local en blé de faible volume, on signale un excédent important de capacités de moulinage et d'entreposage au Kosovo.

Afin d'illustrer la disponibilité d'approvisionnements importants de produits en blé et dérivés au Kosovo au cours des deux dernières années, rappelons que le prix moyen de la farine de blé à Pristina, principal marché de consommation, est resté stable à environ 0,5 DM le kg entre juillet 1999 et juin 2001, comme l'indique le graphique 3 ci-dessous. Les commerçants, qui ont confirmé à la mission qu'ils n'avaient pas eu de difficulté à approvisionner de façon régulière les marchés en farine de blé à des prix abordables en passant par les canaux informels, ont également observé le rôle important joué par la distribution d'aide alimentaire dans la stabilisation des prix du marché. Parallèlement, le graphique 3 indique que les cours de l'huile de tournesol ont été très stables à Pristina au cours des 12 derniers mois, à environ 1,5 DM le litre, après avoir accusé un net déclin au cours du deuxième semestre de 1999 et début 2000.

Source: FAO - FSSU Database. Pristina.
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4. OFFRE ET DEMANDE DE BLÉ

On trouvera, au tableau 5, le bilan estimatif de l'offre et de la demande au Kosovo pour la campagne de commercialisation allant de juillet 2001 à juin 2002. Ce bilan a été calculé au moyen des paramètres suivants:

Tableau 5: Kosovo - Bilan de l'offre et de la demande de blé pour 2001/2002 (tonnes)

Disponibilité intérieure
286 430
Stocks d'ouverture
15 000
Production
271 430
Besoins intérieurs
432 197
Consommation alimentaire
376 340
Semences
30 000
Pertes
10 857
Stock de clôture
15 000
Besoins en importation
145 767
Aide alimentaire dans la filière jusqu'à mars 2002
7 335
Importations commerciales de semences depuis la Serbie
27 000
Estimation des importations commerciales de blé destiné à l'alimentation
111 432

Les volumes prévus d'importations commerciales de blé destiné à l'alimentation, soit 111 432 tonnes ou près de 84 000 tonnes de farine, correspondent au volume habituel d'importations depuis la Serbie. Le volume de 27 000 tonnes de semences certifiées laisse prévoir l'utilisation de 3 000 tonnes de semences conservées par les agriculteurs.

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5. SECOURS ALIMENTAIRES

5.1 Généralités

Comme le décrit en détail le rapport précédent, établi en juillet 2000 par la Mission d'évaluation des cultures et des approvisionnements alimentaires, l'intervention visant à apporter une aide alimentaire au Kosovo a été planifiée et mise en oeuvre, à ce jour, dans le cadre de cinq phases dont la première a commencé en août 1999, après la conclusion du conflit au Kosovo suivie du retour massif des réfugiés. L'aide alimentaire, qui avait commencé par une distribution générale à l'intention de 1,7 million de personnes habitant le Kosovo, devait se conclure par une série de programmes d'élimination progressive, au terme desquels le nombre des bénéficiaires se trouvait réduit à environ 680 000 personnes au début de l'été 2000 (tableau 6).

Au cours du deuxième semestre 2000 et du premier trimestre 2001, on est passé de l'aide alimentaire à l'assistance en argent, suite à la constitution d'un régime d'assistance sociale financé par les donateurs au cours du deuxième trimestre 2000. Au cours de cette période, l'aide alimentaire a encore été réduite, tombant de 680 000 à une moyenne de 300 000 bénéficiaires. La réduction se poursuit, avec comme objectif 100 000 récipiendaires.

Tableau 6: Kosovo - Résumé du Programme d'aide alimentaire au Kosovo, juillet 1999 - juillet 2001

Juillet-août 1999
~ 1,7 million de bénéficiaires
Distribution générale de nourriture en attendant le rétablissement des approvisionnements commerciaux.
Septembre 1999- mars 2000
~900 000 bénéficiaires
Distribution ciblée à près de la moitié des familles incapables de subvenir à leurs besoins minimums de subsistance.
Avril-juin 2000
~680 000 bénéficiaires
Distribution ciblée à environ un tiers des familles, avec une réduction progressive de l'assistance rendue possible par l'amélioration de l'activité économique et de l'emploi au cours du printemps.
Juillet 2000-mars 2001
~300 000 bénéficiaires
Élimination progressive des distributions générales dans les régions rurales à mesure que les récoltes sont rentrées, parallèlement au passage de l'aide alimentaire à un régime d'assurance sociale en argent, dans les régions rurales comme dans les zones urbaines.
Avril 2001- juillet 2001
~ 100 000 bénéficiaires
Phase de suppression de l'aide alimentaire au profit du régime d'assurance sociale, et création d'un programme de protection des populations vulnérables non incorporées au régime d'assurance sociale.

5.2 Programme d'aide alimentaire depuis avril 2000

Entre avril 2000 et mars 2001, le PAM a coordonné la réduction progressive de son aide alimentaire avec la mise en oeuvre du régime d'assurance sociale de l'MINUK sous forme d'aide en liquidités.

Afin de venir en aide aux familles vulnérables non incorporées au régime d'assurance sociale, le PAM a créé, en avril 2001, un système de protection de la sécurité alimentaire. Ce programme, dont l'élimination progressive se terminera en mars 2002, fournit un soutien intérimaire aux ménages qui, bien que nécessiteux, ne répondent pas pour autant aux critères assez rigides du régime d'assurance sociale. Au cours des prochains mois, on prévoit un assouplissement de ces critères, ce qui devrait permettre l'élargissement du nombre des familles couvertes. En outre, les mécanismes d'aide complémentaire orientée vers les ménages pauvres seront mis en place par les organismes de l'État et de la société civile, ce qui devrait permettre la poursuite de l'élimination de l'aide du PAM. Le programme de protection du PAM vise également à renforcer la capacité des ONG locales et, ce faisant, le secteur d'assistance sociale de la société civile au Kosovo.

5.3 Évaluation des besoins en aide alimentaire

En février 2001, le PAM a conduit une évaluation interagences des besoins alimentaires. Cette évaluation devait déboucher sur la fixation d'un seuil d'intervention, à savoir d'un « seuil de pauvreté » permettant de prévoir le volume d'aide nécessaire au cours des prochains mois. Le pourcentage de la population ne bénéficiant pas du régime d'assurance sociale et continuant de nécessiter une aide alimentaire a été estimé à 40 pour cent, soit une population de 45 000 bénéficiaires après avril 2001. Il a été décidé de réduire en deux phases le nombre des récipiendaires, qui s'établissait alors à 232 000 personnes, avec conclusion du processus en septembre 2001. Des critères de ciblage appropriés, élaborés à cette occasion, sont appliqués en collaboration étroite avec les partenaires de mise en oeuvre, dans le cadre de l'effort de renforcement des capacités.

Le PAM a mis sur pied un système d'enregistrement automatisé appuyé par une base de données, de manière à pouvoir comparer la liste des bénéficiaires du régime d'assurance sociale et celle des récipiendaires de l'aide alimentaire du PAM durant la période de réduction progressive et de transition.

5.4 L'aide alimentaire aux groupes minoritaires

Afin de pouvoir suivre le volume de l'assistance distribuée aux enclaves minoritaires du Kosovo, le PAM a entrepris deux évaluations, à savoir une évaluation qualitative rapide avec l'UNHCR en novembre 2000, et une enquête portant sur les ménages habitant dans les enclaves au cours de l'évaluation conjointe des besoins alimentaires de février 2001. Sur la base des résultats, le PAM a révisé le plan d'assistance pour la période ultérieure à mars 2001, avec une légère réduction basée sur le ciblage géographique des villages et débouchant sur un ciblage en fonction de la vulnérabilité des villages entrepris par les partenaires de mise en oeuvre au cours des derniers mois. Ces activités ont permis de déterminer l'importance de la population minoritaire nécessitant une aide.

Le projet initial visait à appliquer les mêmes procédures et critères que pour l'aide alimentaire aux groupes vulnérables majoritaires du Kosovo; cependant, les particularités des enclaves minoritaires, notamment le caractère extrêmement variable de la situation sécuritaire, seront appelées à déterminer des révisions ponctuelles du programme en fonction des exigences observées sur le terrain.

À l'heure actuelle, le PAM vient en aide à 35 297 personnes vivant dans les secteurs minoritaires du Kosovo, en collaboration avec trois autres agents d'exécution (MCI, CARE et Children's Aid Direct).

5.5 L'aide alimentaire entre juin 2001 et juin 2002

Il est prévu que l'intervention sous forme d'aide alimentaire du PAM au Kosovo devrait se conclure après réduction progressive en mars 2002.

Bien que la crise faisant suite au conflit soit à présent terminée, la situation n'est guère stable au Kosovo et un suivi constant et détaillé reste nécessaire Plusieurs facteurs pourraient modifier les conditions de subsistance au cours des prochains mois, à savoir:

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à:
Abdur Rashid
Chef, SMIAR, FAO
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél: GIEWS1@fao.org
Saeed Malik
Directeur régional, ODR, PAM
Télécopie: 0039-06-6513-2851
Mél: Saeed.Malik@WFP.ORG
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1 Les sources comprennent notamment: Kosovo 2001-2003.....*

2 Coût contractuel intégral: 150 DM/ha pour le labourage, plus 100 DM/ha x 2 pour le hersage à disques, plus 170 DM/ha pour le moissonnage-battage, plus 198 DM/ha pour l'application d'engrais et 165 DM/ha pour les semences, soit un total de 883 DM/ha. Lorsque les agriculteurs utilisent leurs propres tracteurs, le coût est de 573 DM à l'ha ou pour 2,3 tonnes.

3 Aucun crédit n'est offert pour les opérations ou les intrants agricoles.

4 Équivalent de vaches: vache de 350 kg = 1; veau* = 0,5; mouton = 0,21; agneau = 0,1.

5/ Les échantillonnages de troupeaux relevés par la mission reflètent cette situation, notamment avec une structure polarisée de vaches âgées (10 ans) à une extrémité de l'éventail, et de génisses et de veaux à l'autre extrémité.

6/ En l'occurrence, fournir des bicyclettes ou des motocyclettes aux inspecteurs locaux, et des véhicules automobiles aux agents du secteur agricole.