SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO

ALERTE SPÉCIALE

No. 317

(Série diffusée uniquement pour les pays dans lesquels l'état des cultures vivrières ou la situation des approvisionnements alimentaires sont préoccupants)

PAYS: AMERIQUE CENTRALE

3 septembre 2001

DES PÉNURIES ALIMENTAIRES APPARAISSENT DANS LES RÉGIONS D'AMÉRIQUE CENTRALE TOUCHÉES PAR LA SÉCHERESSE

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Une sécheresse a récemment aggravé la précarité de la situation alimentaire dans les régions rurales d'Amérique centrale. Cette précarité est due aux effets, toujours perceptibles, du passage de l'ouragan Mitch en octobre 1998, à une vague de sécheresse survenue l'an dernier, aux tremblements de terre qui se sont produits au début de l'année, et à la disparition des emplois due à la fermeture de plantations de café. Les pays les plus touchés par la sécheresse sont El Salvador, le Honduras, le Nicaragua et le Guatemala, mais ses effets se font également sentir au Costa Rica et s'étendent jusqu'aux régions côtières du golfe de Panama. Ces catastrophes naturelles ont entraîné une forte augmentation du nombre - estimé pour l'heure à 1,6 million - de personnes qui ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence.

La saison des pluies a commencé avec d'importantes précipitations au mois de mai, et il fallait une récolte exceptionnelle pour compenser les mauvais résultats imputables aux catastrophes de ces dernières années. Une vague de sécheresse pendant les mois de juin et de juillet a toutefois remis en cause les premières prévisions, qui annonçaient une production totale de céréales supérieure de 13 pour cent à celle - diminuée par la sécheresse - de l'an dernier. Les dernières estimations font état, pour les pays concernés, d'une production céréalière totale de 2,3 millions de tonnes, soit un recul de 8 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les pays touchés sont généralement des importateurs net de maïs et de haricots. Leurs besoins d'importation de céréales - aide alimentaire y compris - devraient atteindre, comme l'an dernier, le volume important de 2,3 millions de tonnes. Cette quantité devrait permettre de maintenir une consommation par habitant identique à celle de l'an dernier, mais des importations supplémentaires seront nécessaires pour améliorer l'état nutritionnel de la population souffrant de sous-alimentation.

La vague de sécheresse du mois de juin a touché les cultures au tout début de leur croissance. L'irrégularité et la mauvaise répartition des pluies tombées en juillet et en août ont été à l'origine, localement, d'une perte totale des cultures dans l'ensemble de la sous-région. La sécheresse a entraîné une importante réduction de la production des céréales et des légumes cultivés dans les jardins privés et les parcelles communautaires. On sait pourtant l'importance de ces cultures, non seulement pour l'alimentation, mais aussi comme source de revenus pour les familles les plus pauvres. Les stocks alimentaires des agriculteurs qui ont perdu leurs cultures s'amenuisent et devraient être épuisés dans les semaines à venir. Pour faire face à ce type de difficultés, les agriculteurs les plus pauvres et la population rurale qui ne possède pas de terres utilisent généralement diverses stratégies, et se procurent notamment des revenus d'appoint en travaillant dans les plantations de café et de bananes avoisinantes. Les effets de la sécheresse conjugués au bas niveau des prix internationaux ayant entraîné la fermeture de nombreuses usines de transformation et de nombreuses plantations, une partie importante de la population se déplace actuellement dans l'ensemble de la sous-région à la recherche d'un nouvel emploi.

Les gouvernements de la région ont adopté - à titre individuel ou dans le cadre d'une action collective - un certain nombre de mesures visant à atténuer les conséquences de la sécheresse, en prévoyant notamment de recourir aux réserves stratégiques pour nourrir la population en détresse et de fournir des intrants agricoles pour les semis de la deuxième campagne. Lors d'une récente réunion des ministres de l'agriculture à El Salvador, il a également été question des mesures à prendre pour atténuer les effets de la sécheresse actuelle et des catastrophes qui pourraient se produire à l'avenir dans la sous-région.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) et les autres organisations humanitaires nationales et internationales fournissent déjà une aide alimentaire à la population touchée. Si, cependant, la sécheresse continue à sévir pendant la deuxième campagne ou si des ouragans détruisent les cultures, la sécurité alimentaire des agriculteurs ayant fait une mauvaise récolte au cours de la première campagne sera extrêmement préoccupante au début de l'année prochaine.

La moisson des cultures de la première campagne se déroule au mois d'août et permet normalement aux petites familles d'agriculteurs de se nourrir jusqu'à la fin de l'année, c'est-à-dire jusqu'à la récolte de la deuxième campagne. Elle leur fournit également les semences nécessaires pour cette seconde campagne. Les agriculteurs touchés, qui pourraient essayer de surmonter les effets de la sécheresse en augmentant les emblavures, en sont empêchés par le manque de semences. L'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) collabore avec les gouvernements, les organisations internationales et les organisations de la société civile pour fournir les intrants agricoles nécessaires aux semis des cultures de la deuxième campagne.

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SITUATION PAR PAYS

EL SALVADOR

Le pays a été touché par de violents tremblements de terre en janvier et en février, mais les cultures ont peu souffert, les séismes ayant eu lieu après la récolte des cultures de la deuxième campagne. En revanche, l'infrastructure des transports et les habitations ont été fortement endommagées, ce qui a empêché les agriculteurs d'acheminer et de commercialiser leurs produits et a considérablement réduit les ressources nécessaires à la mise en route, en janvier et en février, des cultures de la troisième campagne. La FAO, en collaboration avec le gouvernement, a fourni des intrants agricoles pour les semis des cultures de la première campagne, effectués en mai et en juin. Les premières estimations concernant la récolte de maïs de la première campagne - la plus importante - ont cependant été revues à la baisse de 18 pour cent. La communauté internationale fournissait déjà, avant que la sécheresse ne sévisse, une aide alimentaire à 200 000 victimes du tremblement de terre. Le PAM collabore avec le gouvernement pour venir en aide à 25 000 familles touchées par la sécheresse dans 31 districts, et se prépare, avec la collaboration des ONG, à porter secours à 10 000 familles supplémentaires dans 29 districts.

HONDURAS

Le Honduras est le pays qui a le plus souffert du passage de l'ouragan «Mitch» en 1998, et, au mois de juin de cette année, quelque 250 000 personnes recevaient encore une aide alimentaire. Les vagues de sécheresse survenues en juin ont nui aux cultures dans le premier stade de leur développement. Quelque 28 000 agriculteurs vivant dans le centre et le sud du pays ont subi des pertes importantes. Selon les estimations, 42 000 hectares de maïs (soit 20 pour cent de la superficie totale) ont été perdus et la production devrait enregistrer une chute de 38 000 tonnes. A cette perte s'ajoute celle de 20 000 hectares de sorgho et de 8 000 hectares de haricots. Le gouvernement a utilisé ses réserves stratégiques de maïs et de haricots pour améliorer l'approvisionnement du marché en céréales de base, et le PAM a distribué plus de 1 000 tonnes de vivres à la population touchée par la sécheresse.

NICARAGUA

L'ouest du Nicaragua, déjà touché en octobre par l'ouragan «Mitch», est aussi la région qui a le plus souffert de la dernière vague de sécheresse. Quelque 45 000 agriculteurs auraient perdu au moins la moitié de leurs cultures dans les départements de León et de Chinandega. Les premières estimations concernant la récolte de maïs - pour l'ensemble du pays - ont été revues à la baisse de 15 pour cent. La situation est en outre aggravée par la fermeture de plantations de café; la production de cette denrée n'est plus rentable en raison de son prix peu élevé sur le marché international et de perspectives de rendement défavorables. Les stratégies d'adaptation mises en _uvre comprennent le déplacement temporaire de la population vers les villes, où les femmes proposent leurs services comme employées de maison et où les hommes cherchent une activité indépendante dans le secteur informel. Le PAM fournit une aide alimentaire à 9 000 victimes de la sécheresse, mais ce nombre devrait croître au cours des prochaines semaines. La FAO, en collaboration avec le gouvernement du Nicaragua, fournit des intrants agricoles à 7 000 agriculteurs pour les cultures de la deuxième campagne, dont les semis sont en cours.

GUATEMALA

Les précipitations ont été inférieures de 60 pour cent à la normale au mois de juin, et 8 pour cent environ de la superficie cultivée en maïs et en haricots dans les départements du centre et de l'est du pays ont été perdus. Quelque 12 000 exploitations agricoles pratiquant une agriculture de subsistance auraient perdu au moins 80 pour cent des cultures de la première campagne. Si les prix des denrées alimentaires semblent devoir se stabiliser avec l'arrivée sur le marché des récoltes de la première campagne, une augmentation de la demande de maïs et de haricots de la part d'El Salvador et du Costa Rica pourrait entraîner leur hausse avant la fin de l'année.

Bien qu'au cours des dernières semaines les pluies soient tombées plus abondamment sur de nombreuses zones de la sous-région, ce qui laisse présager une récolte normale pour la deuxième campagne, la situation alimentaire reste précaire et son évolution devra être suivie avec attention dans les mois à venir, d'autant plus qu'il faut tenir compte de la recrudescence de l'activité cyclonique en septembre et en octobre.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à: M. Abdur Rashid, Chef, SMIAR, FAO; Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: GIEWS1@FAO.ORG).
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