SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES EN RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE

26 octobre 2001

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    FAITS SAILLANTS

      • Il y a eu cette année un redressement sensible de la production vivrière en RPD de Corée après la récolte réduite de l'an dernier, malgré les effets de la sécheresse du printemps sur les cultures encore aux premiers stades de croissance.
      • Les facteurs déterminants d'une telle reprise ont été notamment l'arrivée de pluies favorables à partir de la mi-juin et jusqu'en août, la livraison d'engrais dans le cadre de l'aide internationale, une disponibilité accrue de machines et autres intrants agricoles au moment voulu, l'intensification des efforts nationaux avec en particulier l'accroissement des allocations budgétaires en faveur de l'agriculture, et la mobilisation de la population.
      • Selon les prévisions, la production céréalière de 2001 devrait atteindre un volume de 4,26 millions de tonnes (3,54 millions de tonnes en céréales usinées), soit le meilleur résultat depuis 1995/96 et une avancée de 38 pour cent par rapport à la récolte réduite de l'année précédente.
      • Malgré une amélioration sensible en 2001, la production intérieure restera largement inférieure aux besoins alimentaires minimaux, de sorte que l'an prochain le pays, dont la capacité d'importation par les voies commerciales demeure très limitée, sera encore fois largement tributaire de l'aide alimentaire extérieure.
      • Le déficit céréalier pour 2001/02 (novembre/octobre) est estimé à 1,47 million de tonnes, contre 2,2 millions de tonnes l'année précédente. Avec un volume d'importations commerciales estimé à 100 000 tonnes, il sera nécessaire de couvrir un déficit de 1,37 million de tonnes par le truchement de l'aide alimentaire et d'importations de produits vivriers à des conditions de faveur.
      • Sur la base de l'analyse de la vulnérabilité et des capacités de ciblage actuelles, la mission recommande la mobilisation en 2001/02 de 525 000 tonnes d'aide alimentaire en céréales et de 85 000 tonnes d'autres denrées, en faveur des groupes de population les plus à risque.
1. VUE D'ENSEMBLE

Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires s'est rendue dans le pays du 25 septembre au 5 octobre, pour évaluer les récoltes de 2001, établir des prévisions concernant les cultures d'hiver/printemps de blé, d'orge et de pommes de terre de 2002, et étudier les perspectives touchant les disponibilités alimentaires pour la campagne de commercialisation 2001/02 (novembre-octobre), y compris les besoins d'aide alimentaire.

Suivant la procédure d'évaluation habituelle, les membres de la mission se sont entretenus avec les autorités gouvernementales et les représentants des comtés et des coopératives agricoles, et ils ont observé les cultures sur pied dans les champs et les produits récoltés, effectué des coupes-échantillons pour évaluer les rendements, visité des écoles et des pépinières, contrôlé les centres publics de distribution de produits alimentaires et interrogé les familles. La mission a couvert sept des 12 provinces du pays, d'où provient plus de 80 pour cent de la production céréalière nationale. Les principales provinces visitées ont été Pyongan sud et Pyongan nord, Hwanghae nord et Hwanghae sud, Pyongyang (municipalité), Kangwon, et Hamgyong sud. La mission a également eu des entretiens avec le personnel des institutions des Nations Unies, des ONG et des missions diplomatiques basées à Pyongyang. Elle a par ailleurs utilisé les images à haute résolution du satellite SPOT-4 pour comparer l'état de la végétation en 2001 à celui des années précédentes.

Les précipitations relativement bonnes et bien réparties enregistrées à partir de la mi-juin et jusqu'à la fin du mois d'août, après le temps sec du printemps 2001, ont été favorables aux principales cultures de 2001, compensant ainsi dans une large mesure les effets potentiellement néfastes de cette sécheresse. Les réservoirs se sont également remplis et bien que dans la plupart d'entre eux, le niveau de l'eau soit encore faible, il est néanmoins supérieur à celui qui était enregistré en début d'année, ce qui permet une meilleure irrigation. D'autre part, déterminé à accroître autant que possible la production vivrière, le gouvernement a procédé à une véritable mobilisation des efforts, au niveau national et de la population. Selon les indications, il aurait augmenté de 10 pour cent la dotation budgétaire du secteur agricole par rapport à l'an dernier, ce qui s'est traduit par un renforcement des importations d'engrais, de tracteurs, de pneus, de pièces détachées et de carburant. L'aide internationale, et notamment la livraison d'engrais, a également été très précieuse. Les intrants agricoles ont été distribués aux coopératives au moment voulu. En outre, lorsqu'il le fallait, toute la population, jusqu'aux écoliers, s'est investie, procédant à l'irrigation manuelle des cultures et participant notamment aux opérations de repiquage et autres activités agricoles essentielles.

Ces facteurs positifs se sont traduits par un rendement accru des cultures, avec la meilleure récolte céréalière depuis la campagne 1995/96, supérieure d'environ 2 pour cent au record précédent (1998/99) et de 38 pour cent à la production réduite de l'an dernier. Il faut toutefois signaler que les estimations relatives à la production s'appuient sur des prévisions en ce qui concerne les cultures d'hiver/printemps de blé, orge et pommes de terre de 2001/02, qui représentent entre 10 et 15 pour cent de la production céréalière totale et dont les semis n'ont pas encore été effectués. Les estimations de production pourraient donc être révisées lorsque le volume de ces récoltes sera connu.

Malgré les bons résultats obtenus, la production céréalière de 2001 demeurera toutefois inférieure aux besoins minimaux de consommation du pays. Selon les estimations, la production céréalière intérieure totale disponible pour la campagne de commercialisation 2001/02 atteindrait 3,54 millions de tonnes (grains usinés/équivalent céréales1). Les besoins pour la consommation alimentaire, établis sur la base d'une population estimative de 23,5 millions d'habitants, et d'autres utilisations, sont estimés pour 2001/02 à 5,01 millions de tonnes. Il reste ainsi un déficit de 1,47 million de tonnes, dont 1,37 million à couvrir par le biais de l'aide alimentaire et d'importations à des conditions de faveur. Face à de tels besoins, l'aide alimentaire annoncée et en voie d'acheminement s'élève à 331 000 tonnes. Sur la base de l'analyse de la vulnérabilité et des capacités de ciblage actuelles, la mission propose la mobilisation d'une aide alimentaire directe de 525 000 tonnes de céréales et de 85 000 tonnes d'autres denrées, à livrer en 2001/02 aux populations les plus démunies.

La situation des approvisionnements alimentaires s'est sensiblement améliorée en 2001, principalement grâce à une aide internationale volumineuse fournie à la fois à titre de dons et sous forme d'importations à des conditions de faveur. Si le volume de l'aide alimentaire et de ces importations n'est pas suffisant, la situation alimentaire se détériorera à nouveau en 2001/02, avec de graves conséquences en termes de sécurité alimentaire, en particulier pour les groupes vulnérables.

Il est certain qu'une famine généralisée n'a été conjurée en RPD de Corée que grâce à la mobilisation nationale et au volume sans précédent de l'aide alimentaire humanitaire offerte par la communauté internationale au cours des six dernières années. La mission souligne que le précieux filet protecteur de l'aide alimentaire doit être maintenu tant qu'une sécurité alimentaire durable n'aura pas été assurée à travers le redressement économique et la remise en état du secteur agricole, pour lesquels un soutien international substantiel sera nécessaire.

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2. LA SITUATION ÉCONOMIQUE GÉNÉRALE ET L'AGRICULTURE EN RPD DE CORÉE

La forte régression économique que la RPD de Corée enregistre depuis le début des années 90, a été aggravée par une série de catastrophes naturelles à partir de 1995. En effet, ces sept dernières années, le pays a été victime quasiment tous les ans et à des degrés divers, de la sécheresse ou d'inondations, dont les effets néfastes sur la production vivrière sont allés s'ajouter à ceux des graves pénuries d'engrais, de produits agrochimiques, de films plastique et de machines agricoles. Le repli économique et les contraintes financières qu'il comporte - en ressources intérieures et en devises - ont gravement compromis l'approvisionnement nécessaire en intrants agricoles.

Alors qu'elle devait faire face à des catastrophes naturelles répétées, l'économie de la RPD de Corée s'est également trouvée dans un contexte extérieur défavorable. De grands pas en avant ont été faits dans le secteur industriel, agricole et des services jusqu'à la fin des années 80, grâce aux relations économiques du pays avec l'ex-URSS et les pays du bloc de l'Est. Leur effondrement a marqué la fin de ces liens pour la RPD de Corée, entravant l'accès du pays aux ressources et aux marchés, et enclenchant un processus de récession économique qui se poursuit depuis sans signe de fléchissement.

Le secteur industriel est dans un état précaire, doté d'équipements obsolètes et affligé par de graves pénuries de pièces détachées et de matières premières, tandis que l'agriculture se ressent du manque d'intrants aggravé par des conditions météorologiques adverses. La production céréalière qui s'était améliorée en 1998/99 (restant néanmoins inférieure à la récolte de 1995/96) après avoir constamment fléchi dans les années précédentes, s'est effondrée en 2000, produisant un déficit vivrier considérable (besoins d'importations) dépassant les 2 millions de tonnes. Les estimations font état d'un redressement de la production en 2001, à un niveau proche de celui de 1998/99; sans la grave sécheresse du printemps 2001, la récolte aurait été meilleure. Le gouvernement, les coopératives agricoles et les fermes d'État ont en effet déployé cette année des efforts considérables pour accroître la production vivrière. Selon les indications, le gouvernement aurait augmenté de 10 pour cent la dotation budgétaire de l'agriculture, par rapport à l'an dernier, et de meilleurs approvisionnements en intrants agricoles ont ainsi pu être assurés au moment voulu. Un soutien international substantiel sous forme d'engrais a été apporté. Ces facteurs ont bien entendu été précieux pour pallier dans une large mesure les effets néfastes de la sécheresse du printemps et pour déterminer une reprise sensible de la production céréalière en 2001.

Pour améliorer la situation actuelle et favoriser un renversement de la tendance à la baisse de l'économie, des efforts substantiels doivent être mis en _uvre avec l'appui de la communauté internationale pour remettre en état les industries, l'infrastructure et l'agriculture. Dans le secteur agricole, les machines obsolètes et en mauvais état, et les systèmes d'irrigation hors d'usage doivent être restaurés, tandis qu'il est nécessaire d'assurer un approvisionnement régulier et adéquat en engrais, produits agrochimiques et films plastique.

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3. LA PRODUCTION VIVRIÈRE EN 2001/02

3.1 Climat

La RPD de Corée bénéficie d'un climat continental. La pluviosité annuelle moyenne est de 1 054 mm, avec une tranche pluviométrique allant de 616-979 mm dans les régions du Nord et du Nord-Est (Changang, Ryanggang, Hamgyong nord et sud) à 880-1 302 mm dans le Centre, le Sud-Ouest et le Sud-Est (Pyongan nord et sud, Nampo, Pyongyang, Hwanghae nord et sud, Kaesong et Kangwon). Environ 85 pour cent des précipitations totales sont enregistrées au printemps et en été, à raison de 60 pour cent entre juin et septembre. Les températures moyennes oscillent entre - 19°C en hiver (Ryanggang, en janvier, le mois le plus froid) et 25°C en été (Hwanghae sud, en août, le mois le plus chaud). La période sans gelée dure entre 160 et 190 jours, ce qui limite dans une certaine mesure la durée de la campagne agricole.

En 2000/01, les pluies ont démarré lentement dans l'ensemble du pays et sont restées faibles tout au long du printemps, avec au niveau national une pluviosité mensuelle nettement inférieure à la moyenne à long terme. La sécheresse a persisté jusqu'à la mi-juin. Toutefois, comme la plupart des stations météorologiques l'ont signalé, le cumul des précipitations entre mi-juin et septembre a été bien supérieur au très mauvais résultat enregistré durant la campagne agricole précédente. Dans la plupart des régions, la pluviosité a été égale ou supérieure à la moyenne sur longue période. À Hwanghae sud, Pyongan sud et Kaesong, les bonnes pluies enregistrées depuis la mi-juin ont fait place à des fortes précipitations à partir de juillet et jusqu'à la mi-août, pour s'interrompre ensuite jusqu'à la fin du mois de septembre. La grave sécheresse du printemps qui a considérablement réduit les doubles récoltes d'hiver et de printemps 2000/01, a également nui aux cultures de maïs de 2001, alors au début de leur cycle végétatif, rendant ainsi nécessaires de nouveaux semis. Du fait de la pénurie de semences de qualité, l'amélioration du rendement est restée limitée. Les pluies insuffisantes et les disponibilités réduites en eau d'irrigation ont également retardé le repiquage du riz dans bien des régions, causant ainsi une légère contraction de la superficie ensemencée totale. Cela n'a toutefois affecté que marginalement la production rizicole, sauf dans les régions victimes de graves pénuries d'eau ou qui, pour des raisons diverses, n'ont pas été en mesure d'extraire de l'eau d'irrigation. Le graphique 1 représente les précipitations de 2001 par comparaison avec celles de la campagne précédente et avec la moyenne sur longue période, selon les données fournies par quatre stations représentatives situées dans les principales régions productrices du pays.

En 2001, les températures minimales moyennes enregistrées par l'ensemble des stations ont été supérieures aux valeurs de la moyenne à long terme respective. De même, on signale des températures maximales supérieures à la moyenne sur longue période à partir d'avril et même nettement au-dessus de la moyenne (de 3 ou 4 degrés Celsius) en septembre. Cette année, dans la plus grande partie des principales régions productrices, les températures (et selon les indications, les heures d'ensoleillement) ont été favorables aux cultures de riz et de maïs aux stades décisifs de leur cycle végétatif (germination et floraison).

Les 9 et 10 octobre, après le départ de la mission, de fortes pluies et des inondations ont causé d'importants dégâts aux biens, à l'infrastructure et aux cultures, avec des pertes de vie humaine dans les provinces orientales de Kangwon et de Hangyong sud.

Graphique 1. RPD de Corée - Précipitations dans certaines provinces, campagne agricole 2000/01

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3.2 Superficie ensemencée

La RPD de Corée a une superficie totale de 12 254 300 hectares, les terres cultivées représentant selon les estimations moins de 20 pour cent du total, soit quelque 2 millions d'hectares. Environ 1,4 million d'hectares sont considérés comme propices aux cultures céréalières, 300 000 hectares sont consacrés aux cultures légumières et les 300 000 hectares restants aux cultures permanentes. Les possibilités d'augmenter la superficie cultivée sont très limitées. Le gouvernement a étudié la possibilité de mettre en valeur quelque 300 000 hectares de zones intercotidales et de récupérer 200 000 hectares supplémentaires en aménageant en terrasses certaines zones montagneuses. En raison des coûts élevés que de telles interventions comportent, les progrès réalisés jusqu'à présent restent limités et concernent principalement les travaux de terrassement.

Le riz est cultivé essentiellement dans le centre, le sud-ouest et le sud-est du pays. Les cultures de maïs sont réparties de manière plus égale dans toutes les provinces, les principales zones de production étant Pyongan sud et nord, Hwanghae sud et nord, et Hamgyong sud et nord. On cultive également du blé, de l'orge, du sorgho, du mil, des pommes de terre, du soja et des légumes, auxquels s'ajoutent des plantations d'arbres fruitiers et de mûriers. La courte durée de la campagne agricole limite la rotation des cultures et favorise la monoculture céréalière dans le pays.

Toutes les terres agricoles disponibles sont organisées et cultivées au sein des coopératives agricoles (environ 38 000) et des fermes d'État (environ 180). Les pénuries alimentaires persistantes des sept dernières années ont conduit le pays à prendre des mesures de parade, avec la mise en culture de sols fragiles à très forte inclinaison et aux potentialités réduites. De ce fait, le processus de déboisement et de dégradation du sol s'est souvent accentué, de même que l'envasement des cours d'eau et des réservoirs. Le gouvernement s'est attaqué à ce phénomène en déclarant le déboisement illégal et en dissuadant les agriculteurs de cultiver des céréales en colline ou en montagne. La mission a noté la cessation des cultures sur certaines terres dégradées dans les principales provinces productrices. Le reboisement et la replantation des terres de pâturage méritent toutefois une plus grande attention.

Le maïs est cultivé en sec ou sur des terres faiblement irriguées. Jusqu'en 1998, les cultures de maïs s'étendaient sur quelque 630 000 hectares. Depuis, le gouvernement a toutefois abaissé les objectifs de semis pour cette céréale afin d'éviter l'expansion des cultures sur des sols à faible potentiel et pour favoriser la conversion des terres à d'autres cultures. Sur les sols peu fertiles, des céréales et des légumineuses moins gourmandes en eau ont remplacé le maïs, tandis que sur les terres plus productives, des légumes et les pommes de terre de la campagne principale sont entrés dans la rotation des cultures. La superficie consacrée au maïs en 2001, estimée à 496 390 hectares, est donc restée stationnaire par rapport aux deux années précédentes.

Le riz est cultivé dans les plaines alluviales ou sur des terres aménagées en terrasses et équipées de systèmes de maîtrise de l'irrigation. La superficie cultivée est restée à peu près constante au cours de la décennie écoulée. Néanmoins, en raison des graves pénuries d'eau enregistrées durant la dernière campagne, les cultures de paddy ne couvraient plus que 535 000 hectares en 2000, quelque 45 000 hectares ayant été convertis à d'autres cultures céréalières moins gourmandes en eau et à faible rendement, comme le sorgho, le mil, etc.

En 2001, la superficie consacrée au riz aurait atteint 572 030 hectares, selon les indications. En raison du retard des opérations de repiquage dans certaines zones et de la conversion de 8 000 hectares à d'autres cultures, l'objectif de 580 000 hectares n'a pu être réalisé. D'après la mission, il pourrait y avoir à l'avenir une diminution tendancielle des cultures de paddy sur les terres irriguées marginales. Cette évolution pourrait également intéresser les zones où l'irrigation n'est possible qu'au prix d'opérations de pompage intensives qui sont devenues extrêmement difficiles dans les conditions actuelles. Dans ces zones, la substitution des cultures de riz par du maïs est probable.

Le programme de double culture lancé en 1996 par les institutions des Nations Unies et le gouvernement de la RPD de Corée, est considéré dans la situation actuelle comme une stratégie efficace pour augmenter la production vivrière. L'objectif de ce programme est de consacrer les terres agricoles à de nouvelles cultures céréalières et de pommes de terre entre octobre et juin, puis de les remplacer par du maïs et du riz de juin à septembre. La superficie sous double culture de blé d'hiver et de printemps, d'orge de printemps et de pommes de terre de printemps est passée de 38 000 hectares en 1997 à quelque 191 500 hectares pendant la campagne agricole hiver 2000-printemps 2001. Les semis de blé d'hiver se déroulent de fin septembre à mi-octobre, immédiatement après la récolte des cultures de la campagne principale. Les facteurs qui déterminent l'étendue de la superficie emblavée sont donc la disponibilité de semences au moment voulu, un temps humide en automne et des disponibilités adéquates en énergie et en main-d'_uvre agricole lorsque la demande de travailleurs pour la récolte et le battage du paddy et du maïs est forte. Un ensemencement rapide est nécessaire pour avoir des plantes de 4 ou 5 feuilles avant l'arrêt de la croissance en hiver. Une nouvelle expansion de la superficie sous double culture est donc peu probable dans les conditions actuelles. La superficie consacrée aux cultures d'hiver/printemps pour la campagne 2001/02 devrait atteindre 57 270 hectares pour le blé d'hiver et 35 630 hectares pour l'orge de printemps. Environ 98 744 hectares devraient également être cultivés en pommes de terre de printemps. Les responsables de coopératives agricoles interrogés ont indiqué qu'à leur avis aucune expansion future de la superficie sous double culture n'était techniquement possible dans les conditions actuelles.

Les pommes de terre sont traditionnellement cultivées dans les hautes terres du nord. En double culture elles sont semées en avril et récoltées en juin, tandis qu'en culture principale les semis ont lieu en mai-juin et la récolte en août-septembre. Parallèlement au fléchissement de la production et des disponibilités des principales céréales ces dernières années, la pommes de terre a pris de l'importance dans toutes les grandes zones de culture. La disponibilité de semences constitue le principal facteur limitant à l'expansion des cultures de pommes de terre. Le mildiou a gravement nui aux cultures dans certaines régions. Dans les conditions actuelles, l'étendue maximale des cultures de printemps et de la campagne principale est d'environ 190 000 hectares. Selon les estimations, la superficie consacrée aux pommes de terre de la campagne principale atteindrait cette année 89 031 hectares.

La superficie totale consacrée aux céréales mineures telles que le sorgho et divers types de mil, et au blé et à l'orge de contre-saison dans les régions montagneuses, est estimée à environ 60 000 hectares. Les céréales mineures ont remplacé le maïs dans les zones peu propices à cette culture en termes de disponibilité en eau, de fertilité et d'inclinaison du sol. Ces cultures moins gourmandes en eau ne requièrent pas ou peu d'intrants pour leur croissance. La mission a noté que des terres précédemment consacrées au maïs avaient été converties au sorgho, avec une augmentation des cultures de soja le long des rizières, intercalées avec du maïs ou du sorgho, et cultivées individuellement. D'après les indications, la superficie consacrée à ces cultures au cours de la campagne agricole 2001/02 atteindrait 61 854 hectares.

3.3 Moyens de production et intrants

Matériel végétal

En RPD de Corée, les variétés de riz à haut rendement et celles de qualité traditionnelle, ainsi que les semences de maïs hybride sont remplacées chaque année et livrées aux unités de production par le biais du système de distribution actuel. La multiplication des semences de qualité est assurée par des coopératives agricoles ou des fermes d'État spécialisées, dans chaque comté. Cette année, les semences ont été remplacées comme de coutume et distribuées en temps voulu. Les opérations d'ensemencement se sont donc généralement déroulées aux dates prévues, pour toutes les cultures.

Toutefois, en raison de la sécheresse prolongée du printemps, la germination des semences de maïs a en bonne partie échoué et il a fallu procéder à deux reprises à de nouveaux semis sur quelque 35 à 40 pour cent de la superficie cultivée. Pour la replantation des pépinières et les semis directs, comme des semences de maïs hybride n'étaient généralement pas disponibles, l'on a utilisé des semences de deuxième génération à faible rendement (du fait de la ségrégation des caractères génétiques). La dose de semis oscille entre 40 et 50 kg/hectare, avec une densité de 35 000 à 50 000 plants environ par hectare.2

Malgré le repiquage, la densité de semis du riz 3 est exceptionnellement élevée en RPD de Corée, variant entre 140 et 160 kg par hectare. Comme la mission a pu le constater au moyen de coupes-échantillons, le taux de plants se situe lui aussi dans une fourchette supérieure, entre 300 000 et 400 000 plants par hectare. La diminution de la fertilité des sols contraint les coopératives agricoles à augmenter la dose de semences utilisée. En raison du faible taux de tallage moyen des variétés dominantes, une stratégie agronomique d'adaptation centrée sur une forte densité de semis s'avère nécessaire pour accroître les rendements. Toutefois, les faibles applications d'engrais sur des sols peu fertiles se traduisent par une forte compétition entre les plants pour les éléments nutritifs, au détriment du potentiel de rendement. De nouvelles recherches s'avèrent nécessaires pour étudier la corrélation entre les doses de semis, la densité des plants, la consommation d'engrais et les rendements.

On signale une pénurie générale de films en matière plastique, qui se traduit par un prolongement de la période de croissance en pépinière et par des opérations de repiquage tardives. Cette année, les cultures de paddy n'ont bénéficié que par endroits d'une disponibilité accrue de films plastique qui sont nécessaires pendant l'établissement des plantes en pépinière pour atténuer les effets des basses températures enregistrées en mars.

Concernant les pommes de terre, les semenceaux disponibles étaient de qualité médiocre et la densité d'ensemencement a été faible (de l'ordre de 0,8 à 1 tonne par hectare, contre une recommandation de 3-4 tonnes par hectare). Du fait de la pénurie de semences, les tubercules sont généralement coupés en quatre. Une telle pratique a non seulement pour effet d'affaiblir les rendements, mais elle favorise également la contamination des plants par les maladies. Cette année, le mildiou a gravement infesté les cultures de pomme de terre dans plusieurs régions. Un certain volume de semenceaux de qualité provient d'exploitations spécialisées ou est importé de Chine; selon les indications, les exploitations familiales restent les principales sources de pommes de terre de semence.

Engrais et pesticides

En 2001, les disponibilités d'engrais se sont élevées à quelque 190 000 tonnes en équivalent NPK, soit environ 17 pour cent de plus qu'en 2000. Toutefois, le volume d'engrais réellement disponible et les taux d'application de NPK ne représentent encore qu'un tiers de ceux qui étaient enregistrés avant 1989 (graphique 2).

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Les disponibilités d'engrais du pays étaient constituées pour l'essentiel (71 pour cent) par des dons de la communauté internationale (principalement de la République de Corée), aide qui avec d'autres facteurs complémentaires, a sensiblement contribué à améliorer les rendements. Toutefois, la capacité de production des trois usines d'engrais du pays (Namhung, Hungnam et Aoji) qui se ressentent non seulement de leur obsolescence, mais aussi d'une grave pénurie de matières premières et de pièces détachées, a continué de fléchir. Ces unités de production qui en 1999 produisaient encore 30 pour cent environ des engrais utilisés, ont contribué à hauteur de moins de 14 pour cent aux approvisionnements totaux en 2001.

Le tableau 1 représente la ventilation par province des engrais utilisés, exprimés en équivalent NPK.

Tableau 1. RPD de Corée - Utilisation d'engrais par province,en milliers de tonnes

Province / Municipalité

N

P

K

Pyongyang

4.7

1.1

1.2

Pyongan sud

19.3

3.6

4.5

Pyongan nord

22.3

4.1

5.2

Changang

5

1

1.1

Hwanghae sud

28.5

5.6

6.6

Hwanghae nord

14.3

2.9

3

Kangwon

8.6

2

2.1

Hamgyong sud

13.7

2.6

3.2

Hamgyong nord

8.5

1.8

2

Ryanggang

2.4

0.6

0.6

Kaesong

2.2

0.7

0.6

Nampo

2.7

0.6

0.6

Total

132.2

26.6

30.7

Équivalent NPK

190

 

Le taux de fertilisation des cultures de riz et de maïs a augmenté en 2001grâce à une meilleure disponibilité d'engrais. Selon les estimations, quelque 70 à 80 kg (équivalent azote) par hectare ont été appliqués cette année aux principales cultures céréalières sous forme de sulfate d'ammonium, d'urée et de diverses combinaisons de NPK. On estime également que 15 à 20 pour cent du rendement obtenu cette année est attribuable à des applications accrues d'engrais NPK aux stades décisifs de la croissance des plantes. Les coopératives agricoles ont également consacré de plus grands efforts à la production d'engrais organiques, avec quelque 20 à 30 tonnes de fumier de ferme par hectare. L'utilisation d'engrais organiques et de pesticides biologiques produits à la ferme est vivement encouragée par les responsables des exploitations en raison de leurs effets bénéfiques de longue durée et en remplacement des engrais importés.

La mission a noté que des efforts considérables ont été consacrés cette année dans le pays, à divers niveaux, à la production d'engrais et de pesticides organiques, notamment pour leur impact bénéfique sur l'environnement. Elle a souligné que ces efforts doivent être soutenus et renforcés pour stopper et renverser l'épuisement tendanciel des éléments nutritifs des sols de ces dix dernières années, causé par la pratique de la monoculture, des applications insuffisantes de NPK et un mauvais apport en micro-nutriments.

Énergie agricole


Les tracteurs sont largement employés pour la préparation du sol en vue des semis de riz, tandis que pour les cultures de maïs en pente ils sont utilisés conjointement avec les animaux de trait. Environ 55 pour cent des 64 000 tracteurs existants dans le pays sont utilisables cette année (soit 2 tracteurs pour 100 hectares); par rapport à la campagne agricole précédente, il s'agit d'une progression d'environ 15 pour cent du nombre de tracteurs en état de marche. Les livraisons de pneus et de pièces détachées aux coopératives ont été augmentées. De plus, environ 500 tracteurs neufs ont été importés. Cela a permis d'effectuer un plus grand nombre de labours de la profondeur voulue. Cette année, l'approvisionnement des coopératives en carburant et en énergie électrique a été meilleur (avec une augmentation de 10 à 15 pour cent). Les exploitations agricoles ont été livrées en temps voulu, de sorte que les travaux agricoles ont pu être organisés et programmés de manière plus efficace.

Irrigation

Le pays a un potentiel hydrique élevé, mais des disponibilités en terres agricoles réduites. Il faut toutefois rappeler que les fortes pluies et les raz de marée enregistrés en 1995-96 ont causé des inondations désastreuses qui ont à leur tour endommagé le réseau d'irrigation. Par ailleurs, les systèmes d'irrigation sont grands consommateurs d'énergie (pour le pompage de l'eau), tandis qu'une bonne partie des installations et des infrastructures touchent à la fin de leur vie économique.

En RPD de Corée, le système d'irrigation est tributaire de l'eau disponible dans les réservoirs et dans les cours d'eau. En raison du temps défavorable du printemps, après la sécheresse de l'année précédente, le niveau de l'eau dans les réservoirs est resté faible jusqu'en juin (à environ 40 pour cent de leur capacité) et il n'a pas été possible d'irriguer les cultures de maïs pendant la période d'implantation. Toutefois, grâce à des précipitations abondantes et bien réparties à partir de la mi-juin et jusqu'en août, la plupart des réservoirs d'irrigation se sont à nouveau remplis. En septembre 2001, on enregistrait dans les dix principales stations un niveau de l'eau égal en moyenne à la moitié de la capacité des réservoirs (graphique 3).

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En 2001, les principales cultures céréalières ont été irriguées de la manière suivante.

Tableau 2. RPD de Corée - Irrigation des principales cultures céréalières, 2001

Configuration
Riz
Maïs
  (ha) (%) (ha) %
Irrigation totale 320 000 56 155 000 31
Irrigation partielle 150 000 26 115 000 23
Irrigation insuffisante 102 000 18 226 000 46
Total 572 000 100 496 000 100

3.4 Rendement et production

Riz: Cette année, la production de riz irrigué est estimée à 2,06 millions de tonnes, environ 22 pour cent de plus que la maigre récolte de 1,69 million de tonnes engrangée l'an dernier et un volume à peu près égal au bon résultat obtenu en 1998/99.

Comme indiqué plus haut, 56 pour cent pour cent seulement des rizières ont pu être totalement irriguées et 26 pour cent d'entre elles de manière partielle, tandis que le restant des cultures a bénéficié d'une irrigation insuffisante. L'abaissement du niveau de l'eau dans les réservoirs, dû à la sécheresse prolongée du printemps, a coïncidé avec la période de repiquage des cultures. De juin à la mi-août, la configuration des pluies a été favorable pour les phases les plus délicates du cycle végétatif des plantes. Dans certaines régions, une nouvelle vague de sécheresse en septembre a affecté les cultures au stade de la formation du panicule et du remplissage des grains. Bien que dans l'ensemble il y ait eu cette année une meilleure disponibilité d'eau d'irrigation par rapport à l'an 2000, l'irrigation a été insuffisante au début du cycle végétatif et, dans certains cas, au stade de la formation du panicule. Globalement, toutefois, le résultat des cultures de riz a été nettement supérieur à celui de l'an dernier grâce à une meilleure fertilisation, à une préparation plus adéquate du sol et des conditions météorologiques favorables, ainsi qu'en raison de la faible incidence des ravageurs et des maladies.

Maïs: Selon les prévisions, la production de maïs atteindrait 1,48 million de tonnes, soit un volume supérieur d'environ 42 pour cent à la récolte de 2000 et 20 pour cent de plus qu'en 1999.

Les conditions de sécheresse du printemps ont nui à la germination des cultures là où il n'a pas été possible d'irriguer, même de manière marginale, et il a donc fallu procéder à de nouveaux semis sur environ 45 pour cent de la superficie cultivée. La plupart des cultures replantées ont germé à la suite des nouveaux semis, tandis que 5 à 10 pour cent ont eu besoin d'un troisième ensemencement. Ainsi, les cultures qui avaient germé après les premiers semis ont souffert du manque d'eau au moment de la floraison et de la pollinisation, ce qui a affaibli le rendement, avec dans la plupart des cas un nombre de grains par rafle inférieur à la moyenne. En revanche, les cultures de maïs qui avaient été replantées en mai et juin ont moins souffert au stade végétatif, bénéficiant de conditions météorologiques plus favorables pendant les phases décisives du cycle de croissance.

La production de pommes de terre de la campagne principale devrait s'établir à 1,28 million de tonnes, soit environ 320 000 tonnes en équivalent céréales. En 2000, la récolte de pommes de terre avait été fortement réduite par la sécheresse.

Les prévisions concernant la production en double culture à la mi-2002 sont basées sur les moyennes des quatre dernières années.

Le tableau 3 indique les prévisions relatives à la répartition au niveau national et par province des superficies cultivées et de la production en 2001/02, tandis que l'on trouve au tableau 4 une synthèse de la superficie cultivée, du rendement et de la production, par céréale. Le graphique 4 représente la production céréalière totale entre 1995/96 et 2001/02 (y compris le riz en équivalent usiné et les pommes de terre en équivalent céréales).

Tableau 3. RPD de Corée - Superficie et production des cultures de la campagne principale (2001) et prévisions relatives à la production en double culture par province, 2001/02 (superficie en milliers d'hectares et production en milliers de tonnes)

 
Cultures principales
Double culture hiver-printemps
Province
Riz
Maïs
Pommes de terre (culture principale)
Autres céréales
Blé d'hiver
Orge de printemps
Pommes de terre de printemps
  Superficie Production Superficie Production Superficie Production Superficie Production Superficie Production Superficie Production Superficie Production
Pyongyang1/ 26.3 105.2 14.0 43.4 0.8 8.9 0.5 0.6 3.0 6.2 2.7 4.5 1.1 7.2
Pyongan sud 96.7 367.3 61.2 183.7 6.7 78.0 3.1 4.0 7.7 15.8 6.1 10.4 14.7 89.5
Pyongan nord 101.2 384.4 87.0 261.1 11.0 109.3 6.2 6.8 3.5 7.2 3.7 6.2 11.8 72.3
Changang 7.0 21.7 36.7 110.0 1.4 17.4 5.2 5.9 0.1 0.2 0.9 1.4 2.8 17.2
Hwanghae sud 147.2 588.9 80.0 248.0 16.1 202.5 5.7 7.4 18.7 38.3 10.8 18.4 20.9 127.2
Hwanghae nord 47.0 141.0 69.4 208.2 5.2 57.4 1.7 2.0 9.6 19.7 5.8 9.9 14.0 85.6
Kangwon2/ 34.7 76.2 36.6 99.0 2.7 24.6 2.4 3.1 4.7 9.6 1.8 3.1 8.9 54.4
Hamgyong sud2/ 59.2 201.3 48.0 144.0 7.4 120.5 9.5 12.8 4.0 8.2 1.7 2.9 20.9 127.2
Hamgyong nord 24.5 73.4 47.0 136.3 11.9 195.4 3.8 4.3         1.7 10.7
Ryanggang 1.9 5.7 3.4 9.6 22.5 436.6 22.0 25.4            
Kaesong 11.6 41.7 6.0 17.4 0.6 6.0 0.7 0.7 2.7 5.4 0.7 1.1 0.7 4.3
Nampo 14.8 53.4 7.0 20.9 2.5 23.5 1.1 1.1 3.3 6.8 1.6 2.7 1.1 6.9
Total 572.0 2 060.2 496.3 1 481.6 89.0 1 280.0 61.9 74.3 57.3 117.4 35.6 60.6 98.7 602.3
1/ Municipalité.
2/ Chiffres indiqués par la mission et corrigés compte tenu des dégâts causés aux cultures par les inondations les 9 et 10 octobre.

Tableau 4: RPD de Corée - Céréales: superficie et production, 2001/02

  Superficie
(en milliers d'ha)
Rendement
(t/ha)
Production
(en milliers de tonnes)
Riz paddy 572 3.6 2 060
Équivalent usiné1/     1 339
Maïs 496 3.0 1 482
Pommes de terres, total
dont:
188 10.0 1 882
- Pommes de terre, culture principale 2001 89 14.4 1 280
- Pommes de terre de printemps
(double récolte 2002)
99 6.1 602
- Équivalent céréales2/     471
Blé et orge, double culture 2001/02 93 1.9 178
Autres céréales 62   74
Production céréalière totale (riz usiné, pommes de terre en équivalent céréales) 1 411   3 544
1/ Taux d'usinage de 65 pour cent.
2/ Taux de conversion des pommes de terre en équivalent céréales de 25 pour cent.

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3.5 Production animale

Face aux graves pénuries alimentaires, la politique du gouvernement dans ce secteur tend à décourager l'élevage des monogastriques, qui requièrent une alimentation à base de céréales, au profit des ruminants, et notamment des chèvres et des lapins.

Après un net fléchissement du cheptel en 1997 dû à des inondations catastrophiques, les estimations officielles indiquent un renversement positif de tendance pour toutes les espèces, b_ufs et moutons exceptés (tableau 5).

Tableau 5. RPD de Corée - Population animale, 1996-2001 (en milliers de têtes)

  1996 1997 1998 1999 2000 2001 Evolution 2001/1996 en %
Boeufs 615 545 565 577 579 570 -7.3
Porcs 2 674 1 859 2 475 2 970 3 120 3 137 17.3
Moutons 248 160 165 185 185 189 -23.8
Chèvres 712 1 077 1 508 1 900 2 276 2 566 260.4
Lapins 3 056 2 740 2 795 5 202 11 475 19 455 536.6
Poulets 8 871 7 547 8 965 10 371 14 844 15 804 78.2
Canards 1 098 822 1 372 1624 2 078 3 158 187.6
Oies 554 357 462 829 889 1 090 96.8
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4. PERSPECTIVES CONCERNANT L'OFFRE ET LA DEMANDE DE PRODUITS ALIMENTAIRES, 2001/02 (novembre/octobre)

4.1 Mécanismes de parade

La capacité de la RPD de Corée d'assurer un approvisionnement alimentaire adéquat à sa population, demeure entravée par les difficultés économiques persistantes du pays, qui en limitent considérablement la capacité d'importation de produits vivriers, et par les mauvais résultats que le secteur agricole continue d'enregistrer en raison du manque d'intrants agricoles auquel s'ajoutent des conditions météorologiques irrégulières ou défavorables. Du fait de leur gravité et de leur persistance, les pénuries alimentaires de ces dernières années ont quasiment réduit à néant les possibilités de parade à tous les niveaux - national, provincial et familial. À moins d'une amélioration notable de la situation économique générale du pays, la RPD de Corée restera dans l'incapacité d'importer les denrées alimentaires ou les machines agricoles et autres intrants qui permettraient au système agricole grand consommateur d'intrants du pays d'améliorer sensiblement ses résultats. Face aux pénuries alimentaires persistantes des six dernières années, les autorités nationales, les administrations locales et les coopératives agricoles ont cherché à mobiliser toutes les ressources humaines et autres disponibles, et les possibilités encore ouvertes dans ce domaine sont désormais réduites au minimum. Les ménages ont exploité au mieux les minuscules parcelles familiales en cultivant des légumes, des pommes de terre, etc. et en élevant des lapins, des cochons, des poulets, des chèvres, et autre petit bétail. On peut dire que la limite a été atteinte dans quasiment toutes les directions. Les pénuries alimentaires continues ont accentué la vulnérabilité du pays à la famine et aux privations sur grande échelle.

4.2 Bilan de l'offre et de la demande de céréales, 2001/02 (novembre/octobre)

Pour dresser le bilan de l'offre et de la demande de céréales pour 2001/02, on a utilisé les hypothèses et les paramètres suivants:

    • une population d'environ 23,5 millions d'habitants au milieu de la campagne de commercialisation 2001/02, calculée en appliquant un taux de croissance annuel de 1,5 pour cent à la population recensée l'année précédente (23,18 millions);
    • un besoin de consommation de 100 kg de riz et de 67 kg de maïs par personne et par an, fournissant environ 1 600 Kcal, soit 75 pour cent des besoins caloriques journaliers, qui sont de 2 130 Kcal par personne;
    • les besoins en semences pour les cultures de 2002 ont été estimés sur la base des hypothèses suivantes:
    • - -Paddy: 150 kg/ha (97,5 kg de riz) pour 580 000 hectares = 56 550 tonnes
    • -Maïs: 45 kg/ha pour 496 000 hectares = 22 320 tonnes
    • -Pomme de terre: 1 000 kg/ha (200 kg en équivalent céréales) pour 187 700 hectares = 46 925 tonnes
    • -Blé et orge: 200 kg/ha pour 93 000 hectares = 18 600 tonnes;
    • des pertes après récolte égales à 15 pour cent, du fait de la persistance de problèmes au niveau du transport, du battage et des installations de stockage, qui ont été aggravés cette année par de fortes pluies au début d'octobre;
    • une consommation pour d'autres utilisations équivalant à 3 pour cent des disponibilités totales;
    • bien que le cheptel soit globalement en augmentation, cette progression intéresse plus les caprins que les bovins. Le cheptel bovin semble pourtant être resté à peu près stationnaire par rapport à l'an dernier; ces animaux jouent actuellement un rôle plus important dans les opérations agricoles auparavant mécanisées comme le labour et le transport. Il est donc nécessaire de faire des provisions adéquates pour l'entretien du cheptel. De ce fait, l'utilisation de céréales pour l'alimentation du bétail est estimée à 300 000 tonnes, comme calculé par la mission de l'an dernier.
    • un taux de conversion du paddy en riz usiné de 65 pour cent, comme indiqué par les missions FAO/PAM précédentes; l'équivalent en céréales des pommes de terre est calculé à 25 pour cent du volume des tubercules;
    • au vu de la pénurie chronique de devises, qui a réduit les importations commerciales de céréales à quelque 43 000 tonnes à peine en 2000/01, on estime que les importations de produits alimentaires par les voies commerciales atteindront 100 000 tonnes en 2001/02, grâce à quelques signes de reprise économique.

Le bilan céréalier pour la campagne de commercialisation 2001-2002 (novembre-octobre), établi sur la base des calculs énoncés ci-dessus, figure dans le tableau ci-après.

Tableau 6. RPD de Corée - Bilan céréalier pour 2001/02 (novembre/octobre)

 
(en milliers de tonnes)
DISPONIBILITÉS INTÉRIEURES
3 544
Prélèvements sur les stocks
-
Production intérieure
3 544
UTILISATION TOTALE
5 011
Alimentation humaine
3 929
Alimentation animale
300
Besoins en semences
144
Autres utilisations et pertes après récolte
638
BESOINS D'IMPORTATION
1 467
Capacité d'importations commerciales
100
Déficit à couvrir
1 367
dont aide alimentaire d'urgence annoncée
331 0001/
1/ L'aide en voie d'acheminement pour livraison en novembre et décembre 2001, s'élève à 131 000 tonnes, tandis que la Chine a annoncé la fourniture de 200 000 tonnes en 2001/02.

Les besoins d'importation de céréales en 2001/02 sont estimés à 1,47 million de tonnes au total, laissant ainsi présager un déficit de 1,37 million de tonnes, même en cas de confirmation des importations commerciales prévues. L'aide alimentaire annoncée et non confirmée s'élève à ce jour à 331 000 tonnes. Le déficit à couvrir est important et doit être considéré très sérieusement. Il faut souligner que sans une réponse positive et substantielle de la communauté internationale, les habitants de la RPD de Corée, et notamment de nombreux enfants, personnes âgées, femmes enceintes et mères allaitantes, seront des millions à souffrir de la faim pendant des périodes prolongées, avec de graves conséquences pour leur santé et leur bien-être.

Le tableau 7 présente le bilan céréalier par province. Une seule province sur un total de 12, enregistre un certain excédent, tandis que les onze autres connaissent pour la plupart de graves pénuries alimentaires.

Tableau 7. RPD de Corée - Excédent/déficit céréalier par province, 2001/02 (en milliers de tonnes)

Province Riz (usiné) Maïs Autres Céréales Pommes de terre
Équivalent céréales
Total Céréales Production céréalière pour la consom-mation alimentaire 1/ Population (en milliers d'habitants) 2/ Consomma-tion céréalière 3/ Excédent/ Déficit
Pyongyang 68 43 11 4 127 89 3 175 530 -441
Pyongan sud 239 184 30 42 495 344 3 234 540 -196
Pyongan nord 250 261 20 45 577 400 2 738 457 -57
Changang 14 110 8 9 140 97 1 285 215 -118
Hwanghae sud 383 248 64 82 777 539 2 390 399 140
Hwanghae nord 92 208 32 36 367 255 1 809 302 -47
Kangwon 50 99 16 20 184 129 1 530 256 -127
Hamgyong sud 131 144 24 62 361 251 3 058 511 -260
Hamgyong nord 48 136 4 52 240 167 2 323 388 -221
Ryanggang 4 10 25 109 148 102 733 122 -20
Kaesong 27 17 7 3 54 38 403 67 -29
Nampo 35 21 11 8 74 51 849 142 -91
Total 1 340 1 482 252 471 3 544 2 462 23 527 3 929 -1 467
1/ Production céréalière disponible après déduction des céréales destinées à l'alimentation animale, des semences, des pertes après-récolte et d'autres utilisations.
2/ Chiffres officiels concernant la population à mi-campagne 2001/02, estimés sur la base d'un taux de croissance annuel officiel de 1,5 pour cent.
3/ À raison de 167 kg de céréales par personne et par an.
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5. BESOINS ET RÔLE DE L'AIDE ALIMENTAIRE

5.1 Accès des ménages à la nourriture

La plus grande partie de la population du pays a conservé un accès raisonnable à la nourriture au cours des sept dernières années, grâce à une aide alimentaire massive et aux mesures de parade prises par le gouvernement et les habitants. On enregistre toutefois des écarts en termes d'accès à la production vivrière entre les régions déficitaires, ainsi que des disparités au niveau de l'accès économique du fait de l'existence de marchés parallèles pour les produits alimentaires. Au niveau national, le déficit vivrier reste considérable et la sécurité alimentaire demeure critique pour de nombreux ménages, surtout en milieu urbain.

Les ménages ruraux bénéficient d'une situation alimentaire relativement plus favorable que ceux des villes, ces familles disposant officiellement de 210 kg par personne et par an (soit 260 kg en céréales non usinées), un volume qui couvre largement les besoins alimentaires de base. Les ménages ruraux ont également un meilleur accès à des approvisionnements supplémentaires grâce aux produits qu'ils cultivent sur les parcelles privées et à l'élevage du petit bétail.

Pour les ménages urbains, l'allocation de base était de 72 kg par personne pendant la campagne de commercialisation 2000/01 (novembre/octobre). Selon le gouvernement, cette ration était complétée une aide alimentaire de 52 kg fournie par le truchement du Système public de distribution, malgré des écarts dans la distribution de ces denrées entre les individus et les ménages selon les critères de ciblage appliqués. Il semble qu'aujourd'hui les coopératives agricoles fassent moins souvent appel à la main-d'_uvre urbaine pour les travaux de récolte, d'où une diminution des paiements en nature de ces travailleurs. Le citadin moyen semble toutefois avoir eu une consommation supérieure aux 124 kg par an indiqués par les chiffres officiels, sans quoi la plus grande partie de la population présentait des signes de famine, ce qui n'est pas le cas.

Les chiffres moyens basés sur les estimations officielles et les chiffres prévisionnels masquent le fait que l'accès à la nourriture demeure difficile pour de vastes groupes de population, soit parce qu'ils vivent dans des régions sous-approvisionnées, soit parce qu'ils n'ont pas accès à des sources d'approvisionnement spéciales ou ne bénéficient pas d'un soutien familial ou de programmes d'aide alimentaire directe. Il est peu probable que les exploitants agricoles utilisent la totalité de leur allocation, surtout lorsqu'ils complètent l'approvisionnement du ménage par leur propre production de légumes et de petit bétail.

La mission considère qu'un tiers environ de la population des villes vit à proximité de zones rurales et bénéficie de ce fait d'un meilleur accès à des ressources vivrières supplémentaires. D'autre part, 3 à 4 millions de citadins peuvent avoir droit à des allocations alimentaires supplémentaires officielles, au titre de leur catégorie d'emploi (selon le gouvernement, quelque 767 000 travailleurs exerçant une activité particulièrement pénible, reçoivent 256 kg par personne et par an).

Il resterait ainsi entre 6 et 8 millions de personnes, dont l'approvisionnement annuel en céréales de sources officielles pourrait être bien inférieur aux besoins minimaux. Une grande partie de ces populations particulièrement vulnérables vivent dans les régions industrielles à déficit vivrier du nord du pays, où l'activité industrielle a souvent cessé et où les possibilités de cultiver des parcelles privées ou de se procurer des vivres par des opérations de troc sont très limitées. Ces populations mettent en _uvre des mécanismes de parade comme la récolte de produits sauvages, le cas échéant, ou la coupe du bois de feu pour la vente ou le troc. Leur situation alimentaire est particulièrement critique en période de soudure, lorsque les distributions publiques se raréfient en raison de l'absence de disponibilités locales et que des produits et légumes de remplacement ne sont pas disponibles. Les besoins de ce groupe, ainsi que les besoins additionnels des groupes nutritionnellement vulnérables, doivent être couverts en priorité par une aide alimentaire ciblée, l'aide alimentaire bilatérale et les importations à des conditions de faveur couvrant principalement le déficit vivrier national.

5.2 Évaluation des besoins nutritionnels

Pour l'évaluation des besoins alimentaires, le critère utilisé par la mission conjointe FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires actuelles et les précédentes, lors de leurs visites en RPD de Corée, a été celui de 167 kg de denrées alimentaires par personne et par an pour couvrir 75 pour cent des besoins caloriques minimaux, établis à 2 130 Kcal. Toutefois, pour les opérations d'urgence, l'OMS et le PAM calculent en général les besoins en calorie en appliquant la règle qui consiste à ajouter 100 Kcal tous les 5 degrés centigrades en-dessous des 20 degrés4. La température en RPD de Corée étant en moyenne de l'ordre de 11 degrés centigrades, les besoins supplémentaires se chiffreraient donc à 200 Kcal, ce qui porterait le total à 2 300 Kcal. Les besoins pour le rétablissement nutritionnel des enfants et des femmes en âge de procréer, pourraient être supérieurs. Une enquête sur la nutrition fournirait les bases pour établir de tels jugements. Le gouvernement a reconnu la nécessité de donner suite à l'enquête de 1998 en réalisant une étude conjointe PAM/UNICEF/Gouvernement sur la nutrition. Les modalités de cette enquête, qui sera réalisée en 2002, seront fixées d'ici la fin de l'année.

Selon l'UNICEF, les chiffres indiquant une malnutrition grave se sont légèrement améliorés. Toutefois, en RPD de Corée, environ 40 pour cent des enfants de moins de cinq ans souffrent encore de malnutrition. C'est la raison pour laquelle, avec le taux de malnutrition élevé observé chez les mères, le PAM destine environ 90 pour cent de son aide aux femmes et aux enfants.

5.3 Besoins d'aide alimentaire et ciblage de l'aide pour la campagne agricole 2001/02

Le déficit vivrier global calculé par la mission atteint environ 1,47 million de tonnes de céréales, dont un maximum de 100 000 tonnes pourraient être couvertes par des importations commerciales. L'aide alimentaire directe, qui correspond au déficit vivrier total des ménages particulièrement vulnérables, est estimée par le PAM à 546 000 tonnes de céréales et 51 000 tonnes d'autres produits alimentaires. Le solde devra être couvert par une aide bilatérale et des importations alimentaires à des conditions de faveur.

En matière d'aide alimentaire directe, le PAM entend fournir un soutien nutritionnel aux enfants, aux femmes enceintes et mères allaitantes, et aux personnes âgées. Grâce à l'amélioration de la production vivrière intérieure, la nécessité de venir en aide aux populations rurales sera moins marquée en 2001/02. La priorité sera donc donnée aux populations urbaines et plus particulièrement à celles qui vivent dans les régions du pays en situation d'insécurité alimentaire.

Le PAM continue de recourir à divers mécanismes de ciblage - catégories de bénéficiaires, critères géographiques et saisonniers. Parmi les catégories de bénéficiaires, on trouve les femmes enceintes et mères allaitantes, les enfants âgés de six mois à six ans et les enfants des écoles primaires. Une aide leur sera fournie tout au long de l'année. Les enfants des écoles secondaires, âgés de 11à 16 ans, dans les zones urbaines des six provinces particulièrement frappées par l'insécurité alimentaire recevront aussi une aide alimentaire tout au long de l'année. Environ 50 pour cent des personnes âgées dans les centres urbains de ces six provinces bénéficieront elles aussi d'une aide alimentaire pendant les cinq mois de la période de soudure, lorsque les disponibilités du Système public de distribution se raréfient considérablement. Des activités vivres-contre-travail sont prévues pendant quatre mois de l'année pour les travailleurs urbains sous-employés ou au chômage lorsqu'il existe des possibilités de travail extérieur et que la demande de main-d'_uvre est faible, ce qui permet ainsi d'éviter le bouleversement du calendrier habituel des travaux agricoles. Des activités d'urgence, prévues pour une période de trois mois, sont destinées à couvrir les besoins d'assistance lors des catastrophes naturelles périodiques, comme les inondations. De ce fait, il est probable qu'une partie relativement plus importante de l'aide du PAM soit directement acheminée vers le Nord-Est du pays. Un ciblage plus pointu, répondant à des problèmes nutritionnels spécifiques, ne sera possible que lorsque l'enquête sur la nutrition proposée aura été réalisée.

Le nombre estimatif des bénéficiaires est indiqué au tableau 8.

Tableau 8. RPD de Corée - Bénéficiaires de l'aide alimentaire

Catégorie Nombre estimatif
Enfants de 6 mois à 4 ans 1 400 000
Enfants des écoles maternelles, 5-6 ans 650 000
Enfants des écoles primaires, 7-10 ans 1 400 000
Enfants des écoles secondaires, 11-16 ans 675 000
Personnes âgées 365 000
Femmes enceintes et mères allaitantes 350 000
Participants aux activités "vivres contre travail"1/ 300 000
Autres bénéficiaires pendant la période de soudure (fournisseurs de soins) 145 000
Interventions d'urgence 250 000
TOTAL 5 535 000
1/. En comptant les membres de la famille, le nombre total des bénéficiaires s'élève à 1,2 million de personnes.

Les besoins d'aide alimentaire de ces groupes de bénéficiaires sont estimés à environ 610 000 tonnes au total, dont quelque 525 000 tonnes de céréales.

Les jardins d'enfants et les écoles maternelles bénéficieront de livraisons directes. Pour la plupart des autres bénéficiaires, les distributions de vivres seront effectuées par l'intermédiaire des Centres publics de distribution. Environ 40 pour cent de l'aide livrée aux écoles primaires et secondaires sera constituée de biscuits, produits dans le cadre d'un programme de fabrication locale d'aliments enrichis, parrainé par le PAM.

La production locale d'aliments enrichis au titre du programme du PAM, est encore inférieure à sa capacité potentielle, en raison principalement de difficultés au niveau de l'approvisionnement en énergie et en matériel d'emballage, et de problèmes logistiques propres au secteur industriel en RPD de Corée. On estime qu'en 2002, il sera possible de produire:

Biscuits 17 000 tonnes
Aliments composés 18 000 tonnes
Pâtes enrichies 8 500 tonnes

5.4 Suivi

L'aide du PAM est distribuée dans 167 des 211 comtés auxquels il a accès pour évaluer les besoins et assurer un suivi. Quatre comtés se sont donc ajoutés à ceux qui étaient desservis l'an dernier. Le PAM a six bureaux en RPD de Corée, avec un bureau principal à Pyongyang et cinq bureaux auxiliaires dans d'autres provinces, y compris les plus reculées du Nord-Est. Il dispose sur place de 56 fonctionnaires internationaux, dont plus de 30 s'occupent de la programmation et du suivi de l'aide. Une moyenne de 350 à 400 visites d'inspection sont assurées chaque mois. Ces visites sont effectuées auprès des bureaux locaux de contrepartie, des centres publics de distribution, des institutions pour enfants, des écoles et des familles bénéficiaires, ainsi que sur les sites des activités vivres-contre-travail. Le PAM a mis en place un système de suivi simplifié qui utilise des indicateurs qualitatifs et permet de mieux évaluer la situation de la sécurité alimentaire dans le pays. Ce nouveau système prévoit l'intégration d'une évaluation permanente des besoins dans les activités quotidiennes de suivi.

Des progrès considérables ont été faits au fil des années au niveau du suivi de la distribution de l'aide du PAM. Toutefois, pour une ultérieure amélioration de ce suivi, il est nécessaire que les restrictions imposées par le gouvernement au PAM dans ce domaine soient assouplies. Le gouvernement a convenu de fournir au PAM une liste complète de toutes les institutions bénéficiaires. D'autre part, pour chaque visite d'inspection à l'intérieur d'un comté, le PAM établira une liste préliminaire d'institutions au nombre desquelles se trouveront celles qui feront ensuite effectivement l'objet des visites. Cela permettra de donner un caractère plus aléatoire au processus de suivi. Ces mesures seront mises en _uvre dans le cadre temporel de l'opération. Cet arrangement représente un nouveau pas en avant dans les mécanismes de suivi concordés avec le gouvernement.

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6. MESURES À MOYEN ET À LONG TERME

Des difficultés chroniques, dues aux problèmes économiques et aux catastrophes naturelles récurrentes, continuent d'affaiblir considérablement la production intérieure et la sécurité alimentaire dans le pays. La sécurité alimentaire durable de la RPD de Corée est étroitement liée à la reprise de l'économie et de la remise en état du secteur agricole. Le développement économique global, y compris la relance de l'agriculture, doit donc être mis au premier plan et facilité, pour permettre au pays de renforcer sa capacité d'améliorer, puis de garantir, la sécurité alimentaire de tous ses citoyens. Cet objectif n'est bien entendu pas réalisable à brève échéance et requiert la formulation et la mise en _uvre de perspectives et de mesures à moyen et à plus long terme. Ce processus doit démarrer sans plus attendre, étant donné que le pays est désormais en proie à la récession économique depuis plus de dix ans et qu'il est chaque année, depuis le milieu des années 90, tributaire d'une aide alimentaire internationale de grande envergure pour couvrir son déficit vivrier.

La mission recommande toutes les interventions et mesures pertinentes qui permettront d'améliorer la situation économique de la RPD de Corée et sa sécurité alimentaire, et notamment les suivantes:

    • Aide au développement ciblée pour la remise en état des industries d'avenir, notamment pour la fabrication d'engrais, de machines agricoles et de pièces détachées, et des industries d'exportation.
    • Gestion intégrée de l'eau, centrée sur les différentes utilisations de cette ressource, notamment l'irrigation, l'industrie et la consommation, ainsi que sur la maîtrise des inondations et la réduction des effets de la sécheresse.
    • Remise en état de l'environnement et gestion durable des ressources naturelles, y compris la protection et l'amélioration de la qualité des sols, le reboisement et la promotion de la production d'engrais biologiques.
    • Diversification et rotation des cultures pour réduire les effets néfastes de la monoculture et éviter les pertes de récolte dues à des conditions météorologiques défavorables.
    • Recherche et développement de systèmes de culture et d'élevage intégrés.
    • Une étude détaillée sur l'utilisation des sols est nécessaire pour une mise à jour des disponibilités en terres à des fins diverses.
Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser, pour tout complément d'information, à:
Abdur Rashid
Chef, SMIAR, FAO
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél: GIEWS1@fao.org
John M. Powell
Directeur régional, ODB, PAM
Télécopie: 0066-2-6554414
Mél: John.Powell@WFP.ORG
Il est également possible de recevoir automatiquement, par messagerie électronique, les Alertes spéciales et les Rapports spéciaux, dès leur publication, en souscrivant à la liste de distribution du SMIAR. À cette fin, veuillez envoyer un message électronique à l'adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org , sans rien écrire dans la ligne "sujet" et en indiquant le message suivant:
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1 Riz usiné et pommes de terre en équivalent céréales.

2 Le cycle végétatif des variétés de maïs cultivées en RPD de Corée varie entre 90 et 150 jours, une durée de 120 jours étant le cas le plus fréquent. Il s'agit généralement de variétés hybrides, tandis que des variétés à pollinisation libre sont cultivées dans les zones de montagne. Les variétés hybrides les plus répandues sont Hwasong 1, Hwangzu 3, Unsan 5 et Pyongan 6. Dans des conditions météorologiques et culturales favorables, ces variétés sont en mesure d'assurer un rendement moyen de 5 à 6 tonnes.

3 En RPD de Corée, on cultive traditionnellement des variétés de riz issues de croisements entre O. japonica et Japonica, dont le cycle végétatif oscille entre 130 et 180 jours, la plupart ayant un cycle d'environ 150 jours. Les principales variétés de paddy sont: Pyongyang 4, 15, 18, 21, 22 et Hamju 3. Les variétés hybrides n'ont été mises au point qu'au niveau de la recherche. Actuellement 70 pour cent des variétés cultivées sont des variétés à haut rendement, tandis que pour le restant il s'agit de variétés améliorées traditionnelles. Des rendements moyens de 6 à 7 tonnes par hectare sont considérés comme viables, dans une fourchette de 4 à 10 t/hectare. Les variétés à cycle court (120-130 jours) utilisées en RPD de Corée ont un rendement inférieur et les disponibilités de semences sont réduites. Des variétés à cycle court adéquates sont donc nécessaires alors que la pression pour la double culture s'accentue. Il y a dans ce domaine de vastes possibilités de recherche.

4 Rapport technique n. 724 de l'OMS "Energy and Protein Requirements", rapport d'une consultation d'experts FAO/OMS/UNU publié en 1985. Réf.OMS "The Management of Nutrition in Major Emergencies", 2000.