FAO/SMIAR: Rapport sur l'Afrique No.2, août 2002 p.5

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DEUXIÈME PARTIE : SITUATION PAR SOUS-RÉGION


La récolte des céréales secondaires de 2001/02 est pour ainsi dire terminée en Afrique australe. Dans plusieurs pays d'Afrique de l'Est, les récoltes de la campagne principale sont en cours ou en terre. Les semis des cultures de la campagne principale ont toutefois été engagés en Éthiopie, en Érythrée et au Soudan. Les cultures de céréales secondaires arrivent à maturité dans certaines zones des pays côtiers d'Afrique de l'Ouest ou parviennent au stade de la floraison ou de la grenaison dans certaines régions d'Afrique centrale. Dans les pays du Sahel en Afrique de l'Ouest, les céréales de la campagne principale viennent d'être semées.

Calendrier des cultures céréalières

Sous-région Cultures céréalières
Semis Récolte
Afrique de l’Est 1/ mars-juin août-décembre
Afrique australe octobre-décembre avril-juin
Afrique de l’Ouest    
Régions côtières (première campagne) mars-avril juillet-septembre
Région du Sahel juin-juillet octobre-novembre
Afrique centrale 1/ avril-juin août-décembre

1/ À l'exception du Burundi, du Rwanda et de la République démocratique du Congo qui ont deux campagnes principales, et la Tanzanie, dont la campagne principale suit le calendrier des semis de l'Afrique australe. Pour le Soudan, les semis des céréales secondaires se font en juin-juillet et la récolte a lieu entre octobre et décembre.

En Afrique de l'Est, les premières prévisions concernant les récoltes de 2002 ne sont guère encourageantes car la pluviométrie est insuffisante dans la majeure partie de la région jusqu'à présent. En Érythrée, les perspectives pour la campagne agricole de cette année, qui vient juste de commencer, sont pessimistes en raison de l'échec de la saison des courtes pluies (azmera). La sécheresse qui a continué de régner au cours des premiers mois importants de la campagne principale (kiremti) a aggravé la situation. En Éthiopie, une forte sécheresse dans les régions d'élevage de l'est et du nord-est a gravement touché les éleveurs et fait périr un grand nombre de têtes de bétail. L'absence partielle de la saison des courtes pluies de la campagne secondaire (belg) et la persistance d'un temps sec durant les premiers mois de la campagne principale (meher) ont également terni les perspectives d'approvisionnements alimentaires. Au Kenya, les "longues pluies", dont la saison est en cours, ont été peu abondantes dans plusieurs zones, ce qui nuit aux prévisions de disponibilités alimentaires pour 2002/03. La situation des approvisionnements alimentaires est très alarmante dans les districts de Mandera, de Moyale, dans les secteurs sud du fleuve Tana, à Pokot Ouest, à Koibatek, à Marakwet et à Baringo. En Somalie, en revanche, les perspectives de la campagne principale ("Gu"), en cours, sont encourageantes. La persistance de l'insécurité et la recrudescence de la guerre civile dans certaines régions, qui s'accompagnent de déplacements de populations, sont sources de vives préoccupations. Au Soudan, les premières prévisions de récoltes sont ternes car les pluies sont en retard et le niveau de l'eau des principales rivières est bas, ce qui risque d'affecter les cultures irriguées. En Tanzanie et en Ouganda, la situation alimentaire est satisfaisante dans l'ensemble. Un grand nombre de personnes victimes de l'insécurité alimentaire sont cependant tributaires de la distribution de vivres en raison des troubles qui règnent par endroits (Ouganda) et de pertes de récoltes localisées (Tanzanie).

Les besoins d'importations céréalières des pays de la sous-région sont estimés, au total, à 4,1 millions de tonnes pour 2002. Les importations commerciales prévues devraient atteindre 3,1 millions de tonnes et les besoins d'aide alimentaire, un million de tonne. Le volume d'aide alimentaire annoncé au SMIAR fin juillet s'élevait à 0,5 million de tonnes, dont 0,45 ont déjà été livrées.

En Afrique australe, la récolte des céréales de la campagne principale 2002 est achevée. Les cultures ont souffert de la longue vague de sécheresse qui a sévi dans de vastes secteurs de la sous-région de janvier en mars, ou de la surabondance des pluies dans certaines zones. La production a baissé pour la seconde année consécutive dans la majeure partie des pays, sauf en Afrique du Sud, au Mozambique et en Angola. La production de maïs, denrée de base de la sous-région, devrait s'élever à 13,6 millions de tonnes, volume à peine supérieur seulement à celui de 2001. Cette année, la sécheresse dans la sous-région n'a pas touché les principales zones de production en Afrique du Sud et la production de maïs devrait atteindre 9,09 millions de tonnes, soit 22 pour cent de plus que la faible récolte de l'an dernier. En revanche, au Zimbabwe, les conséquences conjuguées d'une sécheresse généralisée et d'une contraction des semis réalisés par le secteur commercial en raison des activités liées à la réforme foncière se sont traduites par un recul de la production de maïs, qui ne représente qu'un quart du niveau normal obtenu il y a deux ans. En Zambie, une longue vague de sécheresse dans cinq des neuf provinces a fait sensiblement baisser les rendements. La production de maïs est estimée à 606 000 tonnes, soit un fléchissement de 24 pour cent par rapport au volume, réduit, de 2001 et de 42 pour cent par rapport au niveau normal de 2000. Au Malawi, la production de maïs a reculé de 10 pour cent par rapport au résultat, médiocre, de l'an dernier, pour s'établir à environ 1,5 million de tonnes, en raison principalement du temps sec qui a sévi en février et mars, et de l'arrêt précoce des pluies en avril. La gravité des pénuries alimentaires en début d'année a parfois contraint la population à consommer du maïs vert avant la récolte, ce qui a également contribué au repli de la production. Le Swaziland, le Botswana et la Namibie, victimes eux aussi d'un temps sec, ont enregistré une réduction de la production de céréales secondaires. Au Lesotho, des pluies excessives à l'époque des semis, puis de la grêle et de la gelée, ont entraîné une baisse d'un tiers de la production de maïs par rapport au volume, déjà faible, de l'an dernier. Par contre, au Mozambique, la production de maïs a augmenté cette année de huit pour cent par rapport à l'année précédente, pour se chiffrer à 1,2 million de tonnes. La production a toutefois sensiblement diminué dans les provinces méridionales. En Angola, la production de mil et de sorgho a accusé un recul de six pour cent du fait du retard des pluies et des activités militaires, mais la production de maïs de la campagne principale est restée inchangée. À Madagascar, la surabondance des précipitations, suite au passage d'un récent, a nui au paddy de 2002 dont on doute aujourd'hui de la quantité et de la qualité de la récolte. La production de paddy devrait s'établir à 2,4 millions de tonnes, soit 200 000 tonnes de moins qu'en 2001.

Les besoins d'importations céréalières de la sous-région pour la campagne de commercialisation 2002/03 (mai/avril) devraient s'établir, au total, à 7,1 millions de tonnes. Étant prévu que les importations commerciales atteindront 4,7 millions de tonnes, 2,4 millions de tonnes devront être couverts au titre de l'aide alimentaire. Fin juillet, les annonces d'aide alimentaire communiquées au SMIAR s'élevaient à 300 000 tonnes.

En Afrique de l'Ouest, la saison des pluies dans les pays côtiers se déroule normalement jusqu'à présent, sauf en Guinée, en Sierra Leone et au Libéria où la pluviométrie a été inférieure à la moyenne jusqu'au début du mois de juillet. De plus, les travaux agricoles ont été perturbés au Libéra par la reprise du conflit depuis janvier, ce qui se traduira par une contraction de la production rizicole cette année. La production céréalière de 2001 pour les huit pays situés le long du golfe de Guinée (Bénin, Côte d'Ivoire, Ghana, Guinée, Libéria, Nigeria, Sierra Leone et Togo) devrait être de l'ordre de 29,5 millions de tonnes, contre 29,4 millions de tonnes en 2000. Des récoltes d'un volume moyen, voire supérieur à la moyenne, ont été rentrées dans tous les pays côtiers, sauf au Ghana et en Sierra Leone.

Dans le Sahel, le temps sec qui a régné pendant plusieurs mois dans la majeure partie de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de la Mauritanie et du Sénégal a dégradé les perspectives de récoltes et suscité de grandes inquiétudes sur les perspectives d'approvisionnements. Après les premières pluies de juin, une vague de sécheresse a sévi à partir de la fin du mois de juin et en juillet, ce qui a nui aux cultures en croissance. Des semis ont dû être réalisés à nouveau dans plusieurs zones mais le potentiel de rendements a été en général gravement compromis. Au Cap-Vert, les perspectives de maïs, semé d'habitude à partir de juillet, sont défavorables, en raison du retard des pluies. L'amélioration des prévisions dépendra fortement de la pluviométrie en août. En revanche, les conditions de végétation se sont améliorées dans les zones du centre et de l'est du Sahel, grâce à des précipitations plus abondantes et mieux réparties dans la majeure partie des régions agricoles de la Burkina Faso, du Tchad, du Mali et du Niger. Une grande partie des semis ont dû toutefois être effectués à nouveau.

D'après les estimations de production définitives publiées pour 2001 dans la plupart des pays membres du CILSS, la production totale de céréales (riz usiné compris) devrait atteindre près de 12 millions de tonnes, soit une augmentation d'environ 30 pour cent par rapport à 2000 et de 24 pour cent par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Des récoltes exceptionnelles ont été enregistrées au Burkina Faso, en Gambie et au Niger, et la production a dépassé la moyenne au Tchad, au Mali et au Sénégal. Au Cap-Vert, la production a été inférieure à l'an dernier, mais toutefois supérieure à la moyenne.

Dans les pays riverains du Golfe de Guinée, la situation des approvisionnements alimentaires devrait continuer à être satisfaisante pendant toute la durée de la campagne de commercialisation 2002, à l'exception du Libéria, de la Guinée et de la Sierra Leone où la production et les activités de commercialisation se ressentent des troubles intérieurs, qu'il s'agisse des conflits actuels ou plus anciens. Dans le Sahel, la situation des disponibilités alimentaires devrait être stable jusqu'à la prochaine récolte qui débutera à partir d'octobre, sauf en Mauritanie où des milliers de personnes sont confrontées à de graves pénuries alimentaires. Ailleurs dans le Sahel, les agriculteurs ont pu reconstituer les stocks et les marchés sont bien approvisionnés. Certains segments de la population pourraient toutefois avoir des difficultés à se procurer de la nourriture en raison des prix des céréales, plus élevés que d'habitude dans la majeure partie des pays. Plusieurs zones internes aux pays risquent également de connaître des pénuries alimentaires et d'avoir besoin d'une aide, notamment au Cap-Vert, au Niger et au Sénégal. Des déficits localisés peuvent être couverts par des transferts de zones excédentaires ou par des opérations triangulaires.

Les besoins d'importations céréalières de la sous-région sont estimés à 7,4 millions de tonnes pour la campagne de commercialisation 2001/02. Les importations commerciales devraient représenter 7 millions de tonnes et les besoins d'aide alimentaire, 0,4 million de tonnes, essentiellement de blé et de riz.



SITUATION CONCERNANT LES ACRIDIENS

En ce qui concerne les criquets pèlerins, la situation est restée calme en juillet. La pluviométrie a été en général réduite dans les zones de reproduction d'été du Sahel en Afrique de l'Ouest, mais des ailés, en petit nombre, sont probablement présents dans quelques zones du sud-est de la Mauritanie et du nord du Mali Lorsque les pluies s'intensifieront, des pontes à échelle réduite devraient se produire dans le sud de la Mauritanie, le nord du Mali et au Niger. Quelques criquets adultes épars ont été signalés dans les zones de reproduction d'été au Soudan en juillet.

En Afrique centrale, des récoltes moyennes, voire supérieures à la moyenne, ont été engrangées en 2001 dans la majeure partie des pays, à l'exception de la République démocratique du Congo, touchée par des troubles intérieurs. À l'heure actuelle, les cultures bénéficient en général de bonnes conditions de croissance au Cameroun et en République centrafricaine. Toutefois, en République démocratique du Congo, le regain des combats dans la région de Pool (autour de Brazzaville, la capitale) fin mars a entraîné de nouveaux déplacements de population et perturbé le déroulement des travaux agricoles et des activités de commercialisation. En République démocratique du Congo, la persistance des affrontements se traduit par de nouvelles vagues de populations déplacées et par une augmentation de l'insécurité alimentaire. Fin juillet, il a été signalé que près de 350 personnes nouvellement déplacées étaient arrivées dans la ville de Kindu pour fuir les combats dans les zones environnantes, victimes de graves pénuries alimentaires.

Pour la campagne de commercialisation 2002, les besoins d'importations céréalières pour les sept pays de la sous-région devraient être de l'ordre de 826 000 tonnes et presque entièrement couverts par des importations commerciales.

Le tableau ci-dessous détaille, par région, les besoins d'importations céréalières et d'aide alimentaire de l'Afrique subsaharienne.

Tableau II - Afrique subsaharienne: besoins d'importations céréalières et d'aide alimentaire par sous-région (en milliers de tonnes)

Sous-région Production 2001
2001/02 ou 2002
Besoins d'importations céréalières
Importations commerciales prévues
Besoins d'aide alimentaire
Afrique de l'Est
24 043
4 071
3 087
984
Afrique australe
19 402
4 340
3 989
351
Afrique de l'Ouest
38 811
7 368
6 965
403
Afrique centrale
2 849
826
749
77
TOTAL
85 105
16 605
14 790
1 815


FAO/SMIAR - août 2002

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