SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL |
1. VUE D'ENSEMBLEUne mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires s'est rendue au Soudan - dans le sud du pays du 8 au 30 octobre, puis dans le nord du 16 novembre au 6 décembre 2001 - pour évaluer la production céréalière de la campagne en cours, établir une prévision de la production de blé des superficies préparées pour les semis, et estimer les besoins d'importation de céréales pour la campagne de commercialisation 2001/2002 (novembre/octobre). La mission a pu se rendre dans 24 des 26 États que compte le pays et accéder aux zones sous contrôle gouvernemental comme à celles passées aux mains des rebelles. L'envoi de cette mission a été en grande partie motivé par les graves pénuries alimentaires dues à la sécheresse qui ont touché le Soudan l'an dernier et qui ont nécessité d'importantes interventions humanitaires. La mission a bénéficié de l'entière collaboration du Ministère fédéral de l'agriculture et de la Commission chargée de l'aide humanitaire (HAC) qui ont désigné certains de leurs hauts fonctionnaires pour l'accompagner. Le Ministère de l'agriculture et les périmètres d'irrigation ont fourni à la mission des données avant-récolte sur les superficies et les rendements pour l'ensemble des cultures céréalières de tous les États du Nord. La mission a pu comparer ces données à celles qu'elle a recueillies au cours de ses visites sur le terrain et lors d'entretiens avec des agriculteurs et des négociants. Les collectivités locales, les organismes des Nations Unies et les ONG ont également fourni des informations essentielles. Dans le sud du Soudan, l'accès aux régions passées sous le contrôle des rebelles s'est fait par le Kenya. Les éléments d'appréciation ont été fournis par les services d'appui technique et d'analyse et cartographie de la vulnérabilité du PAM (VAM), le système d'alerte rapide en cas de famine (FEWSNET) de USAID et par plusieurs ONG, dont l'Organisation de secours et de relèvement du Soudan (SRRA), l'Association de secours du Soudan méridional (RASS), CONCERN, CRS, Save the Children (Royaume-Uni), TEARFUND et MSF. Faute d'infrastructure et de collecte systématique des données, la mission a établi ses prévisions concernant les superficies et les rendements en s'appuyant sur les estimations fournies par la population. S'agissant de la dimension des exploitations et de la répartition des cultures, elle s'est fondée sur les données existantes. Dans les régions tenues par les rebelles, les données ont été fournies par les ministères d'État de l'agriculture et le service d'alerte rapide de la HAC. D'autres informations ont pu être obtenues auprès d'autres ONG, dont ACCORD, Action contre la faim, l'organisation humanitaire de l'Église de Norvège (NCA), Women's Self Help (WSH), Ben International Foundation (BIF), le Croissant rouge soudanais et le Conseil des églises du Soudan. Malgré quelques inondations et vagues de sécheresse dans certaines régions, la campagne agricole au Soudan a bénéficié de conditions météorologiques généralement favorables. Dans le nord du pays, la bonne production de cette année s'explique surtout par l'accroissement des superficies cultivées. De bonnes conditions météorologiques, le prix relativement élevé des céréales au moment des semis et les mesures incitatives du gouvernement, favorable au développement des cultures céréalières - en particulier dans les périmètres d'irrigation - ont encouragé les agriculteurs à accroître les semis. De ce fait, la superficie ensemencée en céréales a augmenté en 2001 de 30 pour cent par rapport à 2000. Par rapport à l'an dernier, la production de céréales a augmenté de 32 pour cent dans les périmètres d'irrigation, de 36 pour cent dans les exploitations agricoles mécanisées et de 41 pour cent dans le secteur traditionnel. Dans le sud du pays, la guerre civile et l'insécurité ont continué à freiner les activités agricoles. Les précipitations ont cependant été favorables sur une grande partie de la région méridionale en 2001, d'où une meilleure production que l'an dernier, surtout dans l'Équatoria Ouest. Un meilleur accès aux régions agricoles - à l'exception notable de Raga, de certaines régions de l'État de l'Union et du couloir de la Sobat dans l'État du Haut Nil - a permis d'accroître les superficies ensemencées. Les ravageurs et les maladies ont été rares, ce qui a également contribué au bon déroulement de la campagne. Les pluies ont eu un effet favorable sur les parcours, et le bétail est pour l'instant en bonne condition. Le respect durable de l'accord de paix entre les Dinka et les Nuer laisse augurer un meilleur avenir pour les éleveurs dans une importante partie de la région méridionale. La mission prévoit une production totale de céréales avoisinant les 4,81 millions de tonnes, dont 3,77 millions de tonnes de sorgho, 579 000 tonnes environ de mil, 315 000 tonnes de blé (dont la récolte aura lieu en avril et mai 2002), et à peu près 146 000 tonnes d'autres céréales. Ces chiffres indiquent que la production céréalière est supérieure de 38 pour cent environ au résultat moyen de l'an dernier et d'à peu près 9 pour cent à la moyenne des cinq dernières années. Grâce à cette récolte supérieure à la moyenne, à laquelle il faut ajouter les stocks de report et les importations commerciales prévues (il s'agira essentiellement de blé), l'approvisionnement en céréales sera soutenu en 2002, ce qui permettra d'augmenter la consommation et de constituer des stocks. Ce bon résultat s'est traduit par une baisse importante du prix des céréales dans les grandes régions productrices du pays, dans le centre et dans l'est. Dans le Gedaref, le prix du sorgho en novembre/décembre était nettement plus bas que l'an dernier et continuait à baisser. Cette baisse des prix, jointe à l'augmentation du coût de l'essence, a eu un effet dissuasif sur les agriculteurs qui, dans certaines localités, n'ont pas récolté les cultures sur pied. Avec des perspectives d'exportation limitées en 2002 - du fait, essentiellement, de meilleures récoltes dans les pays avoisinants - on s'attend à ce que des réserves aussi importantes entraînent les prix vers le bas. Le gouvernement, soucieux de stabiliser les prix, a l'intention d'adopter une politique interventionniste en confiant à l'autorité chargée de gérer les stocks de denrées stratégiques (SCRA) le soin d'établir un prix minimum. Le Programme alimentaire mondial (PAM) a également fait quelques achats sur place pour poursuivre son programme d'aide alimentaire dans le pays. Il faudra acheter de grandes quantités dans les régions excédentaires pour venir en aide aux agriculteurs et aux consommateurs des régions déficitaires. Dans le nord du pays, le bétail est généralement en bonne condition. On s'attend toutefois à ce que la médiocre productivité des pâturages de certaines régions, notamment dans certaines zones du Kordofan et du Darfour, se solde dans les mois à venir par d'importantes pénuries d'aliments du bétail, qui contraindront les troupeaux à se déplacer. Cette situation, qui en elle-même n'a rien d'inhabituel, est aggravée cette année par les très bas prix du bétail, conséquence de l'embargo imposé par certains pays de la péninsule arabique sur les importations en provenance de la Corne de l'Afrique et justifié par la présence possible de la fièvre de la vallée du Rift. Des rapports récents indiquent que l'Arabie saoudite - de loin le plus gros importateur - a levé l'embargo, mais il faudra du temps avant que les effets de cette mesure bénéficient aux éleveurs. Entre-temps, les troupeaux devraient, faute de débouché commercial, rester trop importants pour que les pâturages disponibles puissent assurer correctement leur subsistance. La situation alimentaire est dans l'ensemble satisfaisante, mais cette perspective globale cache d'importantes pénuries au niveau régional et local. Malgré la hausse de la production, plusieurs zones dans le sud du Soudan, notamment Kapoeta et Torit dans l'Équatoria Est, les comtés d'Aweil Est et Aweil Ouest, Gogrial, les comtés de Twic et Abyei dans le nord de Bahr-el-Ghazal, Raja dans l'ouest de Bahr-el-Ghazal, les États de Jonglei et de l'Unité, enregistreront un déficit céréalier à cause des déplacements de populations et de l'insécurité. L'excédent de céréales prévu dans les États de l'Équatoria Ouest, des lacs et du Haut Nil ne pourra pas être transféré dans les régions déficitaires à cause du cloisonnement du marché ou du démantèlement des voies commerciales habituellement utilisées et de l'infrastructure. Même dans les États excédentaires, l'incapacité des couches défavorisées de la population - urbaine aussi bien que rurale - à accéder aux vivres disponibles rendra nécessaire la fourniture d'une aide alimentaire en 2002. Dans le nord du Soudan, certaines régions dans le nord et l'ouest du Kordofan, le Darfour Sud et Nord et l'État de la mer Rouge ont engrangé de piètres récoltes en raison des caprices de la météorologie. Pour la plupart de ces États, il s'agit de la troisième mauvaise récolte consécutive. Ceci explique que le prix des céréales - en particulier du mil, culture vivrière de base - soit resté inhabituellement élevé, sapant le pouvoir d'achat d'une population dont une grande partie est tributaire de l'aide alimentaire. Il faudra par conséquent distribuer une aide alimentaire ciblée dans ces régions. Il importe tout particulièrement de faciliter l'achat en temps utile de céréales et leur transfert des régions excédentaires aux régions déficitaires afin de venir en aide aux producteurs et aux consommateurs. On estime qu'il faudra 78 000 tonnes de céréales pour assurer les diverses interventions prévues dans les régions des États du Kordofan, du Darfour et de la mer Rouge touchées par la sécheresse. Dans le Sud-Soudan, les besoins d'aide alimentaire - dus principalement à l'insécurité - sont estimés globalement à 52 000 tonnes. Il faudra en outre prévoir approximativement 25 000 tonnes pour couvrir les besoins dans les monts Nouba (au nord comme au sud). En tout, 155 000 tonnes d'aide alimentaire seront nécessaires en 2002 pour venir en aide à environ 2 millions de personnes déplacées dans le pays, victimes de la sécheresse ou en situation de vulnérabilité. 2. ÉVOLUTION RÉCENTE DE L'ÉCONOMIEL'agriculture reste le secteur le plus important de l'économie soudanaise, aussi bien en termes de contribution au PIB (42 pour cent en 2000) que d'emploi (elle occupe plus de deux tiers de la population). La place de l'agriculture dans l'économie tend cependant à devenir moins prépondérante à mesure que s'accroissent les exportations de pétrole. Les produits pétroliers ont en effet été le principal produit d'exportation du pays en 2000 (1,3 milliard de dollars E.-U., soit 75 pour cent de la totalité des exportations), suivi par le sésame (147 millions de dollars E.-U.) et les produits animaux (66 millions de dollars E.-U.) Le coton et l'or, qui ont rapporté respectivement 52 et 46 millions de dollars E.-U., ont également été d'importants produits d'exportation. En mars 2001, le gouvernement a instauré de nouvelles réformes agricoles, dont la suppression ou la réduction de la plupart des impôts directs ou indirects sur les produits agricoles et leur commercialisation, ainsi qu'une réduction de 35 à 10 pour cent de l'impôt sur les bénéfices de toutes les sociétés de production, de transformation et de commercialisation des produits agricoles. Pour compenser la perte de revenue subie par les États régionaux, la taxe sur l'essence a été rehaussée de 12,5 pour cent en octobre 2001. Cette augmentation est toutefois survenue pendant la période des récoltes, imposant aux agriculteurs une hausse sensible des coûts de production. Ce facteur, conjugué au bas prix du sorgho dans les grandes régions de production disposant d'excédents, a contraint certains agriculteurs à réduire, voire à complètement abandonner la récolte de leurs cultures. En septembre 2000, le gouvernement a créé l'autorité chargée de gérer les stocks de denrées stratégiques (SCRA) pour faire face aux pénuries alimentaires dont souffraient certaines régions suite à une longue période de sécheresse. Cet organe est notamment chargé de la stabilisation du marché - surtout celui des céréales de base - par des importations et des achats locaux, ainsi que de la distribution gratuite ou subventionnée de vivres aux groupes vulnérables en situation d'urgence. En 2000/2001, la SCRA a importé environ 70 000 tonnes de céréales pour combler le déficit alimentaire du pays. On prévoit actuellement d'acheter d'importantes quantités de céréales aux agriculteurs qui ont été incités à accroître les semis de céréales pour la campagne en cours. Malheureusement, l'allocation de fonds à la SCRA a été différée, et ce retard a provoqué une perte de temps préjudiciable au soutien des agriculteurs et à l'assainissement du marché. Au moment où la mission était sur place, le prix du sorgho était en chute libre dans toutes les grandes régions productrices, y compris l'État du Nil Bleu et l'État de Gedaref. 3. PRODUCTION CÉRÉALIERE EN 20013.1 Les principaux facteurs relatifs à la production en 2001PrécipitationsAu Soudan, les précipitations annuelles sont très variables: presque nulles dans le nord du pays, elles peuvent atteindre 1 800 mm dans l'état méridional d'Équatoria Ouest. Cette année, les pluies ont généralement commencé à temps dans le nord, ce qui laisse augurer une production agricole supérieure à celle de l'an dernier. On constate que tel est le cas un peu partout, surtout dans l'importante région du centre. A Gezira et Kassala, les précipitations ont été nettement plus favorables que l'an dernier. Il a beaucoup plu dans les régions de Gedaref et du Nil Bleu en juin et juillet. Une période de sécheresse est ensuite survenue, mais elle a fait place à d'abondantes précipitations en août. En septembre et octobre, les pluies, bien réparties, ont continué à tomber en quantité suffisante. Dans l'État de Sennar, après un départ tardif de la campagne agricole, les précipitations ont été bien réparties dans les mois suivants. Il faut cependant relever que dans certaines régions de l'ouest du pays, où les cultures pluviales traditionnelles fournissent la quasi-totalité de la production céréalière, les pluies prometteuses tombées au début de la campagne ont manqué de constance. Certaines régions ont connu de longues périodes de sécheresse, d'autres un arrêt inhabituellement précoce des précipitations. La région située à l'extrémité occidentale du Darfour Ouest constitue une exception notable, avec une quantité et une distribution des précipitations supérieures à la normale laissant présager une bonne production céréalière. L'État de la Mer rouge a connu sa troisième année consécutive de sécheresse, sauf sur la bande côtière où les précipitations semblent devoir être favorables à la campagne d'hiver. Compte tenu de l'importance des précipitations tombées dans de nombreuses régions et de l'appréciable quantité de pluie tombée en amont, le niveau du Nil a, cette année, été plus élevé qu'à l'accoutumée, ce qui a permis - malgré quelques inondations localisées qui ont provoqué des dégâts au mois d'août - d'accroître la superficie consacrée aux cultures de riz. Le niveau élevé du fleuve a également été propice à la production de légumes. Dans le sud, le volume annuel des précipitations augmente lorsqu'on passe du nord au sud et de l'est à l'ouest. Cette année, les pluies ont commencé à temps dans la plupart des régions et ont été bien réparties dans l'ensemble; selon la plupart des agriculteurs, elles étaient plus favorables qu'au cours des dernières années. Des précipitations trop abondantes ont cependant abîmé quelques cultures, surtout à Bahr-el-Ghazal, et empêché les derniers semis de sorgho dans certaines zones de Jonglei où les sols sont restés gorgés d'eau pendant plusieurs semaines. Intrants agricolesAu Soudan, les agriculteurs qui pratiquent les cultures sous irrigation sont les principaux utilisateurs d'engrais, de pesticides, d'herbicides et de semences améliorées. Parmi les variétés améliorées de sorgho cultivées cette année figurent "Wad Ahmed", "Tabet", "White Dwarf" and "Gadam Hamam" L'engrais - en règle générale il s'agit d'urée - est normalement fourni par les sociétés qui gèrent les périmètres irrigués. Il peut arriver que les applications soient insuffisantes, parce que les agriculteurs ont vendu une partie ou la totalité des quantités qui leur étaient attribuées. Les pesticides restent peu utilisés pour les céréales, les agriculteurs en réservant l'usage aux cultures de rapport comme le coton. Dans le secteur pluvial et mécanisé, les agriculteurs sont de plus en plus convaincus des avantages potentiels de certains intrants comme les semences améliorées. "Tabet" and '"eterita" sont des variétés couramment utilisées. Les résultats ne sont cependant pas toujours convaincants, car ils sont tributaires de toutes les autres pratiques culturales et d'une bonne répartition des précipitations. S'il est vrai que la grande majorité des agriculteurs du secteur traditionnel continuent à utiliser les semences provenant de la précédente récolte et ne recourent pas à des intrants commercialisés, le nombre, pour l'instant peu élevé, de ceux qui utilisent les semences améliorées s'accroît progressivement dans les régions qui bénéficient des divers programmes de distribution mis en place par le gouvernement, les ONG et les organisations internationales. Les résultats sont en général encourageants. Dans l'État de la Mer Rouge, par exemple, les variétés de sorgho "Arfa Gadamek", "Aklamoy" et "Hamashin" ont été distribuées. La distribution de semences est particulièrement importante dans les régions touchées par des sécheresses répétées où les agriculteurs n'ont pas pu en stocker à cause de récoltes médiocres ou inexistantes. La hausse du prix du pétrole en octobre 2001, qui semble n'avoir guère influé sur les semis de sorgho et de mil, s'est fait ressentir pendant la récolte et devrait peser sur la production de blé de la campagne d'hiver en cours. Plusieurs États qui prévoyaient une forte production céréalière n'ont pas été approvisionnés comme il l'aurait fallu en sacs vides. Adventices, ravageurs et maladiesEn 2001, les cultures céréalières n'ont pas été fortement affectées par les ravageurs ou les maladies. Dans les régions où la production a été médiocre, ce sont plutôt des problèmes de répartition des pluies qui sont à l'origine des mauvais rendements. Dans la plupart des zones productrices, on a cependant noté la présence localisée de la cécydomie du sorgho (Contarinia sorghicola), qui a été responsable d'une baisse des rendements. Certains indices semblent indiquer que la variété "Tabet" serait plus vulnérable que d'autres. Le phénomène est cependant resté sans gravité et bien en-deça de l'ampleur qu'il avait eue il y a deux ans, où il avait provoqué la destruction des cultures dans les États de l'est du pays. On a parfois signalé la présence du ver américain dans certaines régions du centre et de l'est. Le charbon du sorgho a endommagé quelques cultures, mais les dégâts ont généralement été peu importants; le secteur traditionnel est à cet égard plus vulnérable en raison de l'utilisation de semences non traitées. On a noté quelques occurrences de mildiou du mil dans quelques régions du Darfour Nord. Les oiseaux se sont souvent attaqués aux cultures de sorgho et de mil dans les localités où les terres boisées offrent des sites de nidification, mais les dégâts ont généralement été atténués par une campagne de pulvérisation à grande échelle et efficace menée contre le Quelea quelea, espèce considérée comme un fléau national. Les sauteriaux ont attaqué le mil et le sorgho (ce dernier a été moins touché) dans de nombreuses régions, surtout dans l'ouest. On a signalé la présence du ver du mil dans plusieurs territoires de l'ouest. Les rendements, déjà faibles dans ces régions touchées par une mauvaise répartition des pluies, ont par conséquent enregistré une baisse encore plus sensible. De nombreux champs de sorgho ont été touchés par le striga, mais il ne semble pas que les dégâts soient importants. Dans certaines régions - notamment certaines parties du Kordofan - l'arrivée progressive des pluies permet normalement de procéder au désherbage. Cette année, les pluies ont commencé d'un seul coup, empêchant de désherber correctement une part importante des terres cultivées. L'herbe du Soudan et le chiendent ont été les plantes adventices qui ont posé le plus de difficultés. Les ravageurs et les maladies des cultures non céréalières n'ont généralement pas provoqué de dégâts notables cette année, exception faite de la punaise de la pastèque qui a dévasté des centaines de milliers d'hectares de pastèques dans l'ouest du pays. Une campagne "vivres-contre-travail" a été lancée l'an dernier, dont le but était d'offrir des vivres en échange du travail consistant à enlever ces punaises à la main. Malgré l'efficacité avérée de l'opération, il ne semble pas que l'expérience ait été renouvelée cette année. PrixLe prix élevé des céréales en 2001 - résultat de la mauvaise récolte de 2000 - et les faibles quantités de céréales engrangées ont favorisé une reprise accrue de la production céréalière dans les secteurs mécanisés et irrigués du nord du Soudan. Le prix de détail du sorgho, par exemple, variant entre 45 000 et 50 000 LSd par sac de 90 kg au début de la campagne agricole (de mai à juillet 2001) a largement dépassé le prix d'équilibre, évalué pour la production pluviale à 20 000 LSd. Le mil s'est quant à lui vendu à un prix pouvant atteindre 100 000 LSd par sac de 100 kg dans les régions de production chroniquement déficitaires. 3.2 Prévisions de la production céréalièreLe tableau 1 indique les prévisions de la production céréalière du Soudan pour 2001/2002 et les met en regard des données de 2000/2001. On trouvera dans le tableau 2 des estimations des superficies cultivées, des rendements et de la production, par culture et par région, pour les cinq années de la période 1997/1998-2001/2001. La production totale de céréales de chacune des régions du nord pour 2001/2001 et 2001/2002 figure dans le tableau 3. La production de céréales du Soudan est cette année d'environ 4,81 millions de tonnes. Elle est supérieure d'approximativement 38 pour cent à celle de l'an dernier et de 9 pour cent à la moyenne des cinq dernières années, mais reste encore loin des 5,8 millions de tonnes produits en 1998/1999. La hausse de la production de cette année s'explique plutôt par une augmentation sensible des emblavures que par l'amélioration des rendements. Dans le nord, par exemple, les superficies ensemencées en sorgho et en mil ont été respectivement supérieures de 33 et de 31 pour cent à celles de l'an dernier. Tableau 1. Soudan: prévision de la production céréalière pour 2001/2002 et estimations de celles de 2000/2001 (en milliers de tonnes)
Source: Prévisions du Ministère de l'agriculture et estimations de la mission.
* Y compris le maïs produit essentiellement dans les États méridionaux, et de petites quantités de riz.
Tableau 2. Soudan: superficies, rendements et prévisions de production par culture et par région pour 2001/02 par rapport aux années précédentes
Source: Estimations du Ministère de l'Agriculture et prévisions de la mission.
* Chiffre incluant le maïs, cultivé principalement dans les États du sud, et de petites quantités de riz.
3.3 Autres culturesLa superficie sous riz a augmenté cette année suite à la hausse du niveau des eaux fluviales. D'après les prévisions, environ 20 000 feddans (8 260 hectares) seront récoltés dans l'État du Nil Blanc, avec un rendement d'environ 10 sacs de 50 kg par feddan (1,2 t/ha). Les superficies cultivées dans certaines secteurs du Bahr el Ghazal sont plus restreintes. Le niveau généralement satisfaisant des précipitations de l'année a également permis une augmentation de la production maraîchère dans le secteur nord, particulièrement dans les zones fluviales qui ont bénéficié des niveaux d'eau supérieurs à la moyenne. Dans l'ensemble, les rendements d'arachides ont été meilleurs que l'an dernier, tout comme ceux du sésame et du karkadé; d'après les prévisions, les rendements de coton devraient s'établir au niveau de l'an passé. Néanmoins, la superficie sous sésame a diminué cette année par rapport aux deux dernières années, la tendance étant un retour à davantage de sorgho. Dans le sud, les superficies sous arachides ont été légèrement inférieures à l'an passé mais les rendements ont été satisfaisants. Pour le manioc, on prévoit des rendements semblables à l'an dernier mais une augmentation des superficies cultivées. Le prix de la farine de manioc est actuellement très bas. La pastèque joue un rôle important dans une grande partie du Soudan occidental. Elle représente une source d'eau et d'éléments nutritifs facile à conserver, utilisable aussi bien par les hommes que par le bétail. Dans le Kordofan Nord et Ouest, on estime que cette année deux millions de feddans (826 000 hectares) de cultures de pastèques ont été entièrement détruites en raison d'une infestation de punaises. Le grand Darfour a été moins touché, mais les pertes ont malgré tout été considérables. 3.4 ÉlevageDans le secteur nord, le bétail se porte actuellement bien. Moins sensibles que les cultures à la répartition des pluies, les pâturages sont généralement en bon état suite à des précipitations totales satisfaisantes sur presque tout le pays. Cependant, dans certaines parties du Darfour Sud où les troupeaux sont très nombreux, les parcours sont déjà sérieusement épuisés et les pasteurs se préparent à déplacer leurs troupeaux vers le sud et l'ouest. Ces déplacements forcés peuvent être source de conflit dans les zones où les pâturages font l'objet de concurrence. Plus au nord, dans certaines zones du Darfour Nord, une pénurie d'eau pourrait avoir lieu dans quelques mois. Les niveaux sont déjà bas dans de nombreux réservoirs et certains seraient restés à sec pendant toute la saison des pluies. Dans le sud, l'amélioration des pâturages est générale cette année, suite à un bon régime de pluies et au nombre limité de grosses inondations, ce qui a éliminé en grande partie la surcharge pastorale et ses conséquences souvent conflictuelles. Le bétail est en bonne condition et grâce au programme annuel de vaccination, la peste bovine reste bien maîtrisée, sans foyers confirmés au cours de ces six dernières années. 4. SITUATION DE L'AGRICULTURE PAR RÉGION4.1 Secteur septentrionalD'après les estimations, la production céréalière totale du Soudan septentrional en 2001/02 devrait être en augmentation de 38 pour cent par rapport à l'an dernier, comme indiqué au Tableau 3. Cette augmentation est due en grande partie au sorgho, plus largement ensemencé cette année. Tableau 3. Soudan septentrional - Production céréalière totale en 2001/02 et 2000/01(milliers de tonnes)
Région du nord (Nord, Nil)Les populations de la Région septentrionale, qui comprend les États du Nord et du Nil, sont principalement installées sur les rives du Nil. La production céréalière est en grande partie basée sur l'irrigation, avec des cultures de maïs et de sorgho pendant l'été et de blé pendant les mois d'hiver. Les céréales d'été sont cultivées le long du Nil dans des périmètres irrigués équipés de pompes et dans les terres basses ou demiras (zones de décrue). Grâce à ses hivers relativement frais et à son accès à l'irrigation, la Région septentrionale est la principale région productrice de blé. D'après les estimations, la production de sorgho de la région devrait cette année être supérieure de plus de 60 pour cent à celle de l'an dernier en raison principalement de l'expansion des terres arables de l'État du Nil: les superficies récoltables ont pratiquement doublé par rapport à l'an dernier. Bien que les prévisions indiquent pour la région des rendements de sorgho assez satisfaisants cette année, de l'ordre de 1,9 t/hectare, la productivité sera inférieure à celle réalisée l'an dernier sur une plus petite superficie. Les températures hivernales ont été inférieures à la normale l'an dernier, et à en juger par les températures de début décembre, cette situation est en passe de se reproduire cette année. Les températures basses de décembre favoriseront l'établissement des cultures de blé et, si ces conditions se maintiennent jusqu'en février, on peut espérer une bonne récolte. Sur la base de ce début de saison favorable, on prévoit des rendements semblables à ceux de l'an dernier, de 1,2 à 1,3 t/hectares. Une augmentation importante des emblavures était prévue pour cette année mais d'après l'état d'avancement constaté début décembre, il semblerait que les objectifs fixés ne puissent être atteints. Les superficies récoltées devraient être du même ordre que l'an dernier. Région orientale (Gedaref, Kassala, mer Rouge)Dans la région orientale, on trouve le principal périmètre irrigué (New Halfa), 45 pour cent d'un autre grand périmètre (Rahad), un périmètre irrigué en expansion(Kassala), deux périmètres d'irrigation de décrue (Gash et Tokar) et la plus grande zone de cultures pluviales mécanisées du pays. Cette année, en progression marquée par rapport à 2000/01, la région a produit environ 17 pour cent de la récolte céréalière totale du nord. Les pluies ont en général été favorables dans les principales zones de production et l'on a enregistré une augmentation générale des superficies récoltées par rapport à l'an dernier. Les superficies sous sorgho de Gedaref, zone de cultures pluviales mécanisées, dépassent les trois millions de feddans (1,3 millions d'hectares), soit une augmentation de 20 pour cent par rapport à l'an dernier. Par contre les rendements, de l'ordre d'un sac et demi par feddan en moyenne, ont été inférieurs à ceux de l'an passé, ramenant ainsi le total de la production juste en dessous du niveau de l'an dernier. On a également enregistré une augmentation des superficies sous sorgho dans les périmètres de New Halfa, Gash et Rahad, tandis que celles de Tokar ont légèrement diminué. Les rendements de New Halfa, Gash et Rahad ont tous été meilleurs que l'an passé et par conséquent la production dans les quatre périmètres a été supérieure à celle de l'an dernier. Malgré une augmentation importante des superficies sous sorgho irrigué (de 1000 à 32 000 feddans), le périmètre de Kassala a enregistré des rendements très faibles, de moins d'une demi-tonne par hectare. Selon les prévisions, la production de blé de New Halfa devrait être semblable à 2000/01, de l'ordre de 20 000 tonnes. La baisse des rendements enregistrée dans le Gedaref pour le sorgho pluvial mécanisé, et ceci en dépit de précipitations généralement favorables, peut être une manifestation de la perte de fertilité du sol à laquelle il a souvent été fait allusion pour cette zone de monoculture du sorgho où ne sont utilisés ni engrais ni semences améliorées. Les ravageurs, maladies et plantes adventices ont été généralement peu importants cette année, avec une incidence mineure de striga et seulement quelques cas localisés signalés de ver américain du cotonnier. Avec la perspective d'une production satisfaisante, les prix du sorgho ont commencé à baisser en septembre, passant de 50 000 LSd par sac de 90 kg à 25 000 LSd en novembre. Cette situation fait craindre qu'une partie de la récolte encore sur pied ne soit pas moissonnée, le faible niveau des rendements et des prix ne justifiant pas la dépense. Dans le nord de l'État de la mer Rouge, les pluies d'hiver ont bien débuté le long du littoral, mais les zones situées plus à l'intérieur subissent leur troisième année consécutive de sécheresse. Région centrale (Gezira, Sennar, Damazin, Nil Bleu, Nil blanc)Selon les prévisions, la Région centrale devrait produire cette année presque 50 pour cent de céréales en plus par rapport à l'an dernier, ce qui représentera environ 40 pour cent de la production céréalière totale du nord du Soudan. La région englobe quatre grands périmètres irrigués (Gezira, Nil Bleu, Nil Blanc et Suki), 55 pour cent du périmètre d'irrigation de Rahad et de vastes étendues de cultures pluviales mécanisées et traditionnelles. Dans les zones de cultures pluviales, les précipitations ont été très satisfaisantes cette année à la fois en quantité et en distribution: on a enregistré 850 mm de précipitations à Damazin. En fait, les quelques retards signalés dans les semis étaient dus le plus souvent à la violence des pluies. Les hausses importantes de la production dans la région peuvent s'expliquer, dans la grande majorité des cas, par l'augmentation des superficies cultivées, aussi bien dans les périmètres irrigués que dans les zones de cultures pluviales. Les rendements sont restés à peu près semblables à ceux de l'an dernier. En raison du niveau relativement élevé des eaux du Nil cette année, la production de riz dans l'État du Nil Blanc a beaucoup augmenté passant d'environ 5 000 feddans l'an dernier à 20 000 cette année. La production maraîchère a également bénéficié de ce régime de hautes eaux. Les ravageurs, maladies et adventices ont été généralement peu importants cette année, avec une incidence mineure de striga et seulement quelques cas localisés signalés de ver américain du cotonnier. Les prix du sorgho dans la région à la fin de novembre étaient comparables à ceux de la zone du Gedaref, laissant craindre là aussi que le sorgho encore sur pied tard dans la saison ne soit pas récolté, par manque d'incitation. Le bétail se porte bien. La saison des pluies ayant été satisfaisante, les conditions des pâturages sont excellentes et selon les prévisions, les disponibilités en eau des troupeaux devraient être assurées. Kordofan (Nord, Sud et Ouest)Les précipitations ont été satisfaisantes cette année sur la majeure partie du Grand Kordofan, à la fois en quantité et en distribution, à l'exception cependant de certaines zones septentrionales du Kordofan Nord. Dans ces zones, les premières pluies ont été éparses, nécessitant en général un réensemencement, et elles se sont arrêtées tôt. Sur les grandes étendues où les pluies ont été plus abondantes, le démarrage uniforme plutôt qu'échelonné des précipitations a souvent provoqué une pénurie de main d'_uvre pour la culture et les semis. La fertilité réduite de certains sols plus légers a été imputée aux fortes pluies du début de saison. D'après les prévisions, la production céréalière du Grand Kordofan pourrait être plus de deux fois supérieure à celle de l'an dernier, principalement en raison d'un fort accroissement des superficies de sorgho récoltées. La production de sorgho devrait s'établir bien au-dessus de la moyenne des cinq dernières années et se rapprocher des niveaux très satisfaisants de 1998/99. En raison d'une pluviométrie généralement meilleure, on attend pour le Grand Kordofan une production céréalière bien supérieure cette année à celle de l'an 2000, reflet à la fois d'une augmentation des superficies et d'une hausse générale des rendements. Cette embellie masque cependant de graves déficits locaux, particulièrement dans certaines zones du Kordofan Nord où les pluies ont été insuffisantes. Malgré les pulvérisations de zones importantes de nidation, les oiseaux ont posé problème dans certaines parties du Kordofan Sud et Ouest. Peu d'autres ravageurs céréaliers importants ont été signalés, même si le ver du mil a causé quelques dommages localisés. Les bonnes pluies du début de saison ont souvent eu un effet néfaste sur la production de sésame avec une croissance végétale trop importante par rapport à la production de graines. Dans les secteurs du Kordofan Nord où l'on enregistre de nouveau des pertes de récolte de mil après la germination, les agriculteurs ont souvent commencé le mil tard dans la saison, mais les résultats n'ont pas été satisfaisants. Dans le Kordofan Nord et Ouest où la pastèque contribue de manière notable à la sécurité alimentaire des ménages, les récoltes cette année ont été presque totalement détruites par les punaises ainsi que par d'autres facteurs non identifiés. La situation de la partie septentrionale de l'État du Kordofan Ouest est comparable à la partie septentrionale de l'État du Kordofan Nord, régions considérées toutes deux comme poches de déficit alimentaire dans le Grand Kordofan. Darfour (Nord, Sud et Ouest)Les précipitations dans le Grand Darfour ont considérablement varié selon les endroits pendant l'année 2001, et il en a été de même pour la production agricole. La production agricole a été très satisfaisante cette année dans le Darfour Ouest après une saison où les pluies ont été bien distribuées, avec un total de précipitations situé entre 320 et 750 mm. Les superficies récoltées pour le sorgho et le mil ont été bien supérieures à celles de l'an passé, avec en particulier des rendements de sorgho bien plus élevés ; les rendements de mil ont aussi été légèrement supérieurs à ceux de 2000. La production agricole du Darfour Nord est semblable à celle de l'an dernier, malgré une augmentation très marquée des superficies sous mil. Le total des rendements de mil a cependant été réduit de manière importante par des résultats très médiocres sur les sols sableux du nord et de l'est de l'état. La pastèque a également souffert dans ces régions, victime principalement d'infestations de punaises. Certains secteurs du Darfour Sud ont été particulièrement touchés cette année par un arrêt précoce des pluies. Après un début encourageant pour la culture du mil, il y a eu de longues périodes de temps sec en juillet et août, et septembre n'a souvent connu que des averses sporadiques, ce qui a permis l'épiaison et la floraison mais pas le remplissage des grains. Des superficies importantes n'ont pu être moissonnées suite au manque total de précipitations après cette période. Des secteurs au nord du Kordofan Nord et du Darfour Nord ont également souffert de précipitations peu abondantes cette année. Dans le Darfour Nord, on a enregistré une période de temps sec de trois à six semaines de la fin juillet à début septembre, et, contrairement à la plupart des autres régions du pays, le Kordofan Nord n'a pas reçu de pluies valables pour l'agriculture avant juillet. Après cette date, l'arrêt des pluies a été rapide. La production d'arachides a été bonne cette année. On a enregistré des superficies particulièrement importantes dans le Darfour Sud où, selon les prévisions, les superficies récoltées devraient être supérieures à celles du mil. De grandes étendues ont été ensemencées en sésame, avec des rendements contrastés partant de 25 kg/feddan dans le Darfour Nord pour atteindre presque 100kg/feddan dans d'autres zones. Le bétail se porte bien et, à l'heure actuelle, les pâturages sont dans l'ensemble en bon état mais des problèmes vont apparaître prochainement dans certains secteurs. Dans certaines zones à l'est et au nord du Darfour Nord, les niveaux d'eau dans les réservoirs sont bas et plusieurs d'entre eux sont restés à sec cette saison. Dans ces secteurs, les troupeaux sont déjà moins nombreux après les mauvaises conditions de pâture de l'an dernier, et les cours sont bas pour le bétail. Dans certains secteurs du Darfour Sud, les pâturages ont déjà été broutés et les pasteurs s'apprêtent à déplacer leurs troupeaux plus au sud ou plus à l'ouest à la recherche de meilleurs pâturages. Les troupeaux sont nombreux dans ces secteurs, risque potentiel de conflit si la concurrence pour les pâturages se fait sentir plus tard dans la saison sèche. 4.2 Secteur méridionalLe Soudan méridional, avec une superficie de 640 000 km2 et une population estimée à 6,3 millions d'habitants en 2001 est en état de conflit permanent depuis 1983. Les diverses ressources qui, par tradition sont le support de systèmes économiques complexes où se mêlent agriculture, pêche, pastoralisme, chasse et commerce, sont devenues inaccessibles à des degrés divers selon les endroits, en raison de la guerre civile, des rivalités entre les différentes factions, des pillages, des vols de bétail, et des tactiques alliant terreur et politique de la terre brûlée. Les conséquences du conflit et la désintégration du droit et de l'ordre public ont mis en pièce l'intégrité de la région. Il en résulte une série de bourgades sous contrôle gouvernemental, accessibles seulement par voie aérienne ou par convois ferroviaires ou fluviaux protégés, situées dans une région divisée, contrôlée par les forces rebelles. Sur le plan administratif, il existe trois régions distinctes qui englobent les zones contrôlées par le Gouvernement du Soudan, les zones sous contrôle de l'APLS (Armée populaire de libération du Soudan) et les zones du ALSS (Armée de libération du Soudan Sud). Le Gouvernement divise le Soudan méridional en dix états, groupés en trois régions. La partie du pays tenue par les rebelles est divisée en six régions, subdivisées maintenant en 34 comtés. Le système agro-écologique complexe du sud se caractérise par une période de croissance variant de 150 jours au nord à 300 jours au sud, permettant au nord le réensemencement en cas de pertes de récoltes précoces et la culture sur la même superficie d'au moins deux cycles de récoltes dans la « Ceinture verte » de l'Équatoria Ouest, du Yei et du KajoKeji. Les politiques de développement antérieures, un accès plus facile et l'amélioration de la sécurité pour les investissements ont permis la mise en place d'exploitations mécanisées à grande échelle dans les plaines argileuses septentrionales de la région du Haut Nil, région fournissant généralement 25 pour cent de la production céréalière. Ailleurs, à part quelque 2000 hectares de cultures mécanisées autour des villes de Juba et de Wau, la production agricole provient de quelque 900 000 foyers pratiquant à la main une agriculture de subsistance ou de quasi-subsistance. Les paysans cultivent différentes variétés locales de sorgho accompagnées de cultures moins importantes de mil chandelle, d'éleusine cultivée et de riz. Les autres cultures pratiquées varient selon la zone agro-écologique. Dans le nord, les cultures d'arachides contribuent de manière très importante à l'alimentation des ménages, complétées par de petites cultures de sésame, de tabac, de courges et de haricots. Dans les régions du sud et du centre, la culture principale est le manioc qui dans l'Équatoria Ouest, le Bahr el Ghazal ouest, le Bahr el Jebel et les Lacs peut fournir, selon les zones, jusqu'à plus de la moitié des besoins en glucides. En conséquence, le régime alimentaire varie de manière sensible entre les différentes zones agro-écologiques. D'après les estimations du PAM concernant l'alimentation des ménages, la consommation annuelle de céréales varie de 60 à 110 kg par personne. Production céréalière en 2001La désorganisation des services administratifs a provoqué l'effondrement complet du système officiel de recueil de statistiques agricoles. Dans les zones sous contrôle gouvernemental, les bureaux des Ministères de l'Agriculture des États, bien qu'existants, manquent de personnel et de fonds, et n'ont accès qu'à des périmètres limités autour des villes. Ils ne disposent pratiquement d'aucun moyen de fonctionnement. Dans les zones contrôlées par la rébellion, les coordinateurs agricoles des comtés, attachés aux bureaux du SRRA et du RASS, sont également privés de moyens. Ils dépendent en grande partie des renseignements fournis par les agents de vulgarisation agricole bénévoles qui manquent de formation en matière de relevé et de traitement des données sur les ressources naturelles.
De plus, même si les opérations de suivi de l'aide et d'évaluation annuelle des besoins menées conjointement par l'OSS et le PAM fournissent des estimations utiles en matière de réserves alimentaires, de conditions et de résultats, toutes ces estimations ont peu de choses à voir avec les relevés cadastraux et les estimations de rendement nécessaires à une évaluation précise de la production. Estimations de superficiesEn ce qui concerne l'estimation des superficies, la Mission utilise donc des calculs basés sur les estimations de population les plus probables corrigées par différents facteurs. Cette année, l'Enquête par grappes multi-indicateurs de l'UNICEF a été utilisée, corrigée par des informations du Ministère de l'Agriculture de l'État en provenance de Juba et de Renk (Haut Nil) et des mises à jour de 2001 de l'Unité de Soutien Technique du PAM. Différents facteurs ont été utilisés selon les endroits en matière de a) composition familiale b) taille des exploitations et c) céréales cultivées, pour déterminer les superficies cultivées figurant au Tableau 4. Les facteurs ont été mis à jour grâce aux observations terrestres et aériennes de la Mission et les rapports conjoints OSS/PAM/ONG/Ministère de l'Agriculture. Dans la plupart des régions, à part le Jonglei par suite d'engorgement des terres, le Raga à cause des conflits importants et l'Union en raison de l'insécurité, les surfaces cultivées sont restés stables ou ont augmenté. Le Bahr el Ghazal Nord enregistre une superficie cultivée beaucoup plus élevée par suite de l'inclusion dans cette zone du Tonj (Warrab) en 20011 . Tableau 4. Estimations de la population et des superficies au Soudan méridional en 2001
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