SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL
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RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES EN ÉTHIOPIE

7 frévrier 2002

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Faits saillants

  • Les perspectives alimentaires pour 2002 se sont nettement améliorées grâce à la récolte exceptionnelle de la campagne principale (meher) en 2001.
  • La production de céréales et de légumineuses de la campagne Meher est estimée à 12,33 millions de tonnes, soit 9 pour cent environ de plus que la moyenne des cinq dernières années mais 4 pour cent en deçà des estimations après récolte de l'année dernière.
  • Les prix des céréales sur les marchés, particulièrement du maïs, ont fortement chuté dans les principales régions productrices, ce qui risque d'entraîner de graves difficultés financières pour les agriculteurs et une diminution des superficies ensemencées la saison prochaine.
  • Les exportations vers les pays voisins seront limitées du fait d'un accroissement de la production au Kenya et au Soudan, notamment.
  • En dépit d'une récolte satisfaisante, quelques 5,2 millions de personnes, dont des agriculteurs et des éleveurs nomades au sud et à l'est _ auront besoin de près de 560 000 tonnes d'aide alimentaire, dont 130 000 pourront être puisées dans les stocks de report.
  • Les donateurs sont instamment priés de profiter des disponibilités locales de céréales pour couvrir une partie de l'aide alimentaire.

1. VUE D'ENSEMBLE

Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a séjourné en Éthiopie du 11 novembre au 8 décembre 2001 pour estimer la production de céréales et de légumineuses de la campagne meher, préparer les prévisions pour la campagne belg 2002, évaluer l'ensemble de la situation alimentaire pour cette année et quantifier les besoins.

La mission, à laquelle se sont joints des spécialistes du Ministère fédéral de l'agriculture, était divisée en six équipes et s'est rendue dans toutes les régions. En même temps que les équipes d'évaluation des récoltes mais sur une plus longue période, 17 groupes dirigés par la Commission nationale de prévention et de planification des interventions en cas de catastrophe (DPPC), et comprenant des personnels du PAM, d'organismes donateurs bilatéraux et d'ONG, sont allés évaluer la situation alimentaire actuelle et future des localités isolées ainsi que des zones et woredas vulnérables.

Les équipes d'évaluation ont obtenu des bureaux de zone les données sur les superficies et les rendements de toutes les grandes cultures vivrières. Elles les ont ensuite rapprochées des informations communiquées par des agriculteurs, des négociants, des ONG et des représentants de donateurs, les comparant aussi aux données de télédétection fournies par les systèmes d'alerte rapide. Sur le terrain elles ont examiné les récoltes, fait des coupes-échantillons, réalisé des enquêtes de marché et observé l'état du bétail. Ces données plus fraîches et plus complètes ont permis aux évaluateurs d'affiner les premières prévisions de rendement.

Dans l'ensemble, les rendements agricoles en 2001 ont été bons grâce à des conditions de croissance favorables. En effet, après les généreuses pluies de la campagne secondaire belg en avril/mai, qui ont donné une récolte estimée à 450 000 tonnes de céréales et de légumineuses, la majeure partie des hautes terres du centre du pays ont reçu de bonnes pluies meher. Dans le sud-est, toutefois, les précipitations ont été irrégulières, en plus de débuter tard et de cesser tôt.

Les semis de céréales et de légumineuses se sont effectués sans interruption et les opérations agricoles ont suivi leur cours normal aussi bien dans les sous-secteurs traditionnels que mécanisés. À l'échelle du pays, on a noté que les surfaces consacrées au blé et à l'orge ont diminué au profit du sorgho et du mil tandis que les superficies sous céréales ont cédé 25 000 hectares aux légumineuses. Dans la région du sud (SEPAR)1, les limites des zones et des woredas spéciaux ont été redéfinies, ce qui a rendu les comparaisons plus difficiles. On sait cependant que les semis de céréales ont diminué en 2001 par rapport à l'année précédente, principalement en raison des incertitudes entourant les politiques de crédit et la disponibilité des engrais au moment des semis. On a épandu, dans l'ensemble du pays, environ 20 000 tonnes d'engrais de moins qu'en 2000, une baisse de 6 pour cent.

Les rendements céréaliers sont inférieurs d'environ 4 pour cent aux prévisions après récolte finales des bureaux de zone pour l'année 2000, surtout en raison d'applications d'engrais réduites (en particulier de phosphate diammonique) dans les principales zones productrices d'Oromiya, d'Amhara et du SEPAR. Les migrateurs nuisibles ont été absents cette année et les dommages causés par les maladies et ravageurs non migrateurs dépassent à peine la normale. Aussi la mission estime-t-elle à 12,33 millions de tonnes au total la production meher de céréales et de légumineuses, dont 11,3 millions de tonnes de céréales produites sur 9,79 millions d'hectares et 1,03 millions de tonnes de légumineuses sur 1,53 millions d'hectares _ la deuxième en importance depuis 1995. Sur la base de la récolte meher courante et d'une récolte belg 2002 estimée à 250 000 tonnes, on prévoit des besoins d'importations céréalières de 379 000 tonnes en 2002, dont environ 239 000 tonnes d'aide alimentaire.

Les bonnes pluies ont également profité aux autres cultures: café, racines et tubercules, banane Ensete. L'état des pâturages s'est en général amélioré, sauf dans certaines régions du sud-est où la situation demeure précaire. Ailleurs, le bétail se porte mieux et l'accès aux pâturages est meilleur qu'en 2000; les prix sont plutôt stables ou bien en hausse, ce qui indique que le cheptel se maintient et que les achats présentent plus d'intérêt.

L'offre étant abondante, les cours de la plupart des céréales ont chuté brutalement; le maïs est tombé à 50 birr pour 100 kg (environ 59 dollars E.-U. la tonne) en octobre/novembre 2001 dans certaines zones excédentaires, perdant la moitié de sa valeur en un an. D'une manière générale, les cours de toutes les céréales sur presque tous les marchés locaux sont restés bas en 2001 à la suite de la bonne récolte meher de 2000. La situation financière des agriculteurs devrait en souffrir considérablement et il se pourrait que la superficie cultivée soit réduite l'année prochaine.

Ces bons rendements agricoles peuvent faire oublier les déficits vivriers qui subsistent un peu partout en Éthiopie en raison de sécheresses localisées, de déplacements de population et de l'absence d'accès ou de droits à la nourriture disponible. En outre, les gens que plusieurs années consécutives de sécheresse ont rendus vulnérables et ceux que les récents conflits ont empêchés de rentrer chez eux auront besoin d'une assistance alimentaire.

Les secours alimentaires d'urgence nécessaires en 2002 devraient être inférieurs à ceux de 2001. On devra venir en aide à environ 5,2 millions de personnes, environ la moitié du chiffre de 2000, au pire de la sécheresse. Comme les stocks de report et les contributions de 2001 couvriront vraisemblablement les besoins jusqu'à la mi-mars 2002 seulement, promesses et livraisons d'aide par les donateurs sont requises d'urgence pour soulager les groupes vulnérables.

La mission recommande fortement aux donateurs qui souhaitent secourir les groupes ciblés de commencer par effectuer localement les achats d'aide alimentaire.

2. CONTEXTE SOCIO-ÉCONOMIQUE

2.1 Situation macro-économique2

L'économie de l'Éthiopie est fortement tributaire de l'agriculture, qui assure environ 45 pour cent de son PIB, contre 12 pour cent pour l'industrie et 43 pour cent pour les services. L'essentiel du secteur agricole est entre les mains des petits exploitants de lots individuels. On estime à 85 pour cent la proportion d'habitants qui tirent leur subsistance, directement ou indirectement, de l'agriculture alors que, dans les villes, l'activité économique relève essentiellement du secteur non structuré. Les céréales _ les principales étant le maïs, le teff, le blé, l'orge et le sorgho _ représentent 80 pour cent de la production vivrière. On cultive également beaucoup de légumineuses et de graines oléagineuses. Les céréales sont en grande partie destinées au marché intérieur tandis que les légumineuses, les graines oléagineuses et, dans une moindre proportion, les fruits, sont pour une large part exportés. Le premier produit d'exportation est le café, qui assure plus de 60 pour cent de l'apport en devises étrangères. Malgré la hausse de la qualité et de la quantité du café exporté, l'instabilité des prix internationaux, qui sont par ailleurs très faibles ces temps-ci, a accentué les soubresauts de la croissance économique.

Outre l'agriculture, l'élevage et la foresterie, l'Éthiopie possède des ressources minérales encore sous-exploitées. Depuis cinq ans, l'investissement étranger dans les gisements d'or et d'autres métaux précieux progresse, de même que l'exploration pétrolière et gazière, mais ces initiatives n'ont pas encore eu d'incidence marquée sur le PIB.

Le programme de réforme économique, lancé en 1992, a contribué à accroître la stabilité; en effet, la dévaluation du birr, forte mais progressive, n'a pour ainsi dire pas attisé l'inflation. La croissance du PIB s'est établie à 5 pour cent par année en moyenne entre 1995/1996 et 1999/2000, et l'on prévoit qu'elle atteindra 7 pour cent en 2001 et 2002. Après l'abondante récolte de 2000, les prix des céréales ont fléchi durant la première moitié de 2001, ce qui a facilité l'accès à la nourriture et amélioré la sécurité alimentaire.

Les réformes économiques ont eu pour principal effet de déréglementer presque complètement les marchés des produits agricoles. S'il est vrai que la libéralisation a conduit à l'adoption de meilleurs incitatifs à la production et à des pratiques de marketing plus efficaces, le recours aux engrais, aux pesticides et aux semences améliorées demeure insuffisant et l'infrastructure de commercialisation très largement déficiente. La construction et la réfection des routes sont au c_ur du programme national de redressement économique. Plus de 20 pour cent du budget d'investissements y sont consacrés depuis quelques années; toutefois, cela n'a pas encore effacé les disparités de prix entre les régions excédentaires et les régions déficitaires.

Les perspectives économiques pour le court et le moyen termes sont encourageantes pour l'Éthiopie. La reconstruction d'après guerre et l'élargissement des réformes, que les donateurs ont appuyés et qui ont permis la reprise des prêts multilatéraux, devraient recevoir une attention prioritaire en 2002. En mars 2001, le FMI a autorisé un prêt initial de 121 millions de dollars E.-U. sur une ligne de crédit affectée à la réduction de la pauvreté et à la croissance. Cette somme s'ajoute au prêt de 400 millions de dollars E.-U. consenti en décembre 2000 par la Banque mondiale au titre de la reconstruction. La politique économique sera principalement axée sur la modernisation et la diversification du secteur de l'agriculture; en effet, on considère que la meilleure façon de réduire la pauvreté et d'accroître les revenus d'exportation consiste à améliorer les rendements et l'efficacité des pratiques agricoles. Cependant, les perspectives ne sont pas prometteuses à court terme pour les exportations de café, la première source de devises étrangères du pays.

2.2 Population

Le Bureau de la Commission de recensement de la population et des logements de l'Office central de statistiques a publié en juin 1998 les résultats du recensement de 1994. D'après ce rapport, l'Éthiopie comptait alors 53,48 millions d'habitants, dont 86 pour cent de ruraux et 14 pour cent de citadins. L'Office estime, en extrapolant, que la population s'élèvera au milieu de l'année 2002 à 67,22 millions d'habitants _ 10,31 millions dans les campagnes et 56,91 millions dans les villes. L'Éthiopie est, après le Nigeria, le pays le plus peuplé de l'Afrique subsaharienne.

La confédération fédérale actuelle confère aux ethnies et aux groupes linguistiques un rôle politique explicite. Elle reconnaît neuf nationalités, qui ensemble constituent l'État fédéral.

3. LA PRODUCTION VIVRIÈRE EN 2001

3.1 Précipitations

La production agricole en Éthiopie est fortement tributaire des pluies annuelles et donc sujette à de fortes variations selon leur régime et leur quantité. Les précipitations influent tant sur les superficies ensemencées que sur les rendements. En 2001, les pluies de la campagne secondaire belg, qui dans les bonnes années contribue à 5 pour cent de la production totale de céréales et légumineuses, sont arrivées à temps; elles ont été bien réparties et plus généreuses que la moyenne dans les dix zones de forte production belg. Dans dix autres zones, elles ont favorisé les cultures, incitant les cultivateurs à entamer tôt les travaux de préparation du sol en vue de la campagne principale (meher). Dans les hautes terres du centre du pays, les pluies belg ont été suivies de pluies meher qui ont bien démarré, se sont poursuivies à un rythme régulier en quantités modérées ou même élevées mais ont cessé prématurément dans beaucoup de zones dès la dernière décade d'août ou les premiers jours de septembre. À plus haute altitude, les pluies ont été généralement satisfaisantes; cependant, dans les régions agricoles plus basses ("kola"), elles ont commencé tard, ont continué de façon intermittente et, selon la plupart des rapports, ont cessé tôt. Cette situation a touché en particulier le sud-est, nuisant à la production. Du côté des basses terres de l'ouest, les disparités entre régions sont nombreuses cette année, ce qui rend les généralisations pour la campagne hasardeuses. Néanmoins, il semblerait qu'après des pluies belg tardives _ elles ont rejoint le début des pluies meher _ et des précipitations irrégulières pendant la campagne principale, les pluies se soient arrêtées trop tôt dans le nord-ouest alors que, dans le sud-ouest, elles ont suivi leur cours normal ou même se sont prolongées. De tout cela on peut conclure que, même si le régime des précipitations à l'échelle du pays a paru dans l'ensemble plus favorable que dans les dernières années, ses hauts et ses bas ont frappé plusieurs localités où les cultures ont pâti ou bien d'un excès ou bien d'une pénurie d'eau. La mission estime qu'à tout prendre, les indicateurs positifs l'emportent largement sur les signes négatifs mais qu'il faut par contre voir à améliorer la gestion de l'eau sur le terrain, particulièrement dans les plaines argileuses. Là où les pratiques agricoles sont bonnes, par exemple dans le Choa Nord où l'on cultive les céréales en platebandes selon la méthode traditionnelle pour les sols argileux, on tire pleinement profit des fortes pluies; ailleurs, dans des conditions comparables, il arrive que l'engorgement des sols fasse diminuer les rendements.

Les cultures vivaces comme la banane Ensete, l'eucalyptus, le café et le khat semblent aussi avoir bénéficié de la bonne répartition et de la qualité des pluies cette année. Partout dans le pays, les pâturages seraient en bon état. La mission estime cependant, étant donné l'arrêt précoce des pluies meher et le démarrage tardif des pluies de novembre-décembre, qu'il importe de suivre étroitement la situation dans les zones pastorales du sud- est pour être en mesure de bien définir les options de pacage.

3.2 Superficies ensemencées (campagne meher)

À l'échelle nationale, les superficies sous céréales et légumineuses pendant la campagne meher sont restées stables, à 11,3 millions d'hectares. Ce chiffre masque toutefois une réduction de 25 000 hectares des céréales en faveur des légumineuses et, ce qui est plus important, des réductions des surfaces ensemencées en céréales dans la SEPAR et le Tigré de 3 et 8 pour cent respectivement. Les 39 000 hectares en moins dans la SEPAR sont en partie imputables au fait qu'on a semé moins de céréales et légumineuses meher _ orge, blé et pois chiches en particulier _ étant donné les 12 000 hectares supplémentaires consacrés aux semis belg. Les surfaces ensemencées en céréales ont également diminué en raison de l'incertitude entourant la commercialisation des excédents de la récolte meher et de la lenteur du processus d'autorisation de crédit. On a signalé que la création dans la SEPAR de nouvelles zones cette année, soit Keffa, Sheka, Wolaita, Kembata-Tembaro, Gamo-Gofa et Dewuro découpées dans les woredas et kabelles de Keficho-Shekicho, Gurage, Hadiya, K.A.T., Omo Sud, Omo Nord et Sidama, de même que l'émergence de trois nouveaux woredas spéciaux (Alaba, Konta et Basketo), avaient compliqué la préparation des séries chronologiques qu'utilise habituellement la mission, et qu'il était de ce fait très difficile d'établir des comparaisons fiables d'une année sur l'autre.

Pour le Tigré les chiffres ont baissé parce que les relevés émanant des woredas se sont affinés, entraînant une révision à la baisse des estimations pour les surfaces cultivées dans les zones orientale et centrale. Ces relevés améliorés cachent d'autre part une faible augmentation des superficies sous céréales dans les deux zones, imputable à la reprise des travaux agricoles par la majorité des familles qui ont été rapatriées dans la région transfrontalière après trois années de guerre avec l'Érythrée.
Toujours à l'échelle nationale, la mission a noté une réduction de 4 pour cent des surfaces ensemencées en orge, et une augmentation correspondante des cultures de sorgho et de mil. Les emblavures de maïs ont diminué de 1,7 pour cent depuis l'année dernière du fait de la réduction des semis dans les zones excédentaires entraînée par la précarité des prix.

Dans l'ensemble, on n'a pas signalé de changements importants dans les perspectives ou les façons culturales. En ce qui concerne le secteur mécanisé, combustible et pièces étaient disponibles en quantité suffisante, bien que dans le deuxième cas les retards de livraison aient pu nuire à la qualité des travaux dans le nord-ouest du Tigré. Ailleurs, dans les 90 pour cent de terres cultivées où l'on a encore recours à la traction animale, les b_ufs de trait, principale force motrice, sont en bonne santé. Les cultivateurs peuvent se procurer une paire de bêtes pour leur usage propre ou poursuivre la coutume traditionnelle du partage (un b_uf par exploitant) et du métayage.

3.3 Rendements de la campagne meher

Pour le pays, les rendements en céréales s'établissent en moyenne cette année entre 200 et 2 000 kg/hectare selon les régions et les cultures. Ils ont été calculés au niveau de chaque zone et woreda spécial à l'aide des données fournies par les bureaux de zone, puis rapprochées des informations communiquées par les agriculteurs, les négociants, les ONG et le personnel de la mission mandaté sur le terrain. Ils tiennent compte des types de semences, des quantités d'engrais utilisées, de la nature des pratiques agricoles, comme de la présence de plantes adventices, ravageurs et maladies et des pertes de récolte.

Cette année, environ 97 pour cent des semences utilisées étaient d'origine locale, les cultivateurs les ayant mises de côté après la dernière récolte ou encore échangées ou obtenues sur les marchés locaux. Seulement 20 000 tonnes de semences améliorées provenaient de fournisseurs officiels comme l'Ethiopian Seed Enterprise, la société Pioneer et les services de multiplication de semences secondaires à la ferme. Il s'agit là d'un net recul par rapport aux 35 000 tonnes vendues par l'entremise de ces mêmes services l'année dernière, recul qui s'explique par le fait que les cultivateurs se sentent moins pressés d'accepter les colis livrés par les services de vulgarisation agricole, que le crédit pour l'achat d'intrants s'est resserré et que, dans un contexte où les prix des céréales dans les zones excédentaires se sont effondrés, ils cherchent avant tout à réduire leurs coûts.

Les 630 000 autres tonnes de semences requises pour les semis étaient d'origine locale; elles se composaient d'espèces indigènes traditionnelles ainsi que de produits stabilisés, à pollinisation libre, mis en circulation par les services gouvernementaux d'élaboration de semences. Grâce à la bonne récolte de l'année dernière et au niveau raisonnable des prix, on n'a observé aucune pénurie de bonnes semences. À signaler aussi qu'il n'a pas été nécessaire de réensemencer sur une grande échelle. Toutefois, la disproportion des semences artisanales ou locales par rapport aux semences traitées a de quoi inquiéter.

Les applications d'engrais ont reculé dans l'ensemble de 6 pour cent cette année pour s'établir à 273 000 tonnes, soit seulement 75 pour cent environ des quantités disponibles. Si l'utilisation d'urée est demeurée stable, en revanche celle du phosphate diammonique a décru dans les deux principales régions céréalières, l'Oromiya et l'Amhara, de 10 et 7 pour cent respectivement, inversant la tendance à la hausse notée l'année dernière. Dans la SEPAR, le recul est encore plus grave et s'établit à 60 pour cent. Selon les observateurs, ce revirement est attribuable aux dettes impayées qui ferment la porte au crédit, aux arrangements de crédit tardifs (conclus seulement après la période de semis la plus favorable pour les cultures à cycle long) et à l'idée ancrée chez les cultivateurs que les engrais n'amélioreront pas sensiblement la rentabilité de leurs opérations. À cela il faut ajouter les prix très bas du maïs, du blé et de l'orge dans les régions excédentaires. La mission note que les applications d'engrais ont diminué dans 29 zones, sont restées stables dans 11 et ont augmenté dans sept autres. Là où elles ont progressé, ou bien les prix ont chuté comme dans les zones méridionale, occidentale et centrale du Tigré, ou bien des réformes administratives ont facilité les achats d'engrais au comptant comme ce fut le cas dans les nouvelles zones et les nouveaux woredas spéciaux de la SEPAR. Là où la consommation est demeurée stable, les engrais ont été employés en quantités faibles et pour des cultures autres que les céréales, par exemple les légumes et le khat.

Pour ce qui est des ravageurs et des maladies, le quéléa migrateur a été repoussé par traitement de pulvérisation sur ses sites de nidification dans le Jigjiga, le Harari Est et l'Oromiya. Le seul autre ravageur migrateur qu'on ait observé est la chenille processionnaire, apparue précocement dans plusieurs zones mais que les bonnes pluies ou les campagnes locales organisées par les bureaux de zone ont réussi à enrayer. Parmi les ravageurs non migrateurs habituels, le hanneton du sorgho pose problème dans l'Amhara Est et le Tigré Sud, où on le combat localement avec des pulvérisations chimiques et des trappes appâtées traditionnelles. Des invertébrés nuisibles communs _ foreurs de tiges, termites, vers de maïs, mouches de la tige et pucerons _ ont été signalés un peu partout mais dans les limites de tolérance acceptables compte tenu des conditions économiques et technologiques prédominantes. On a également noté la présence de vertébrés nuisibles: oiseaux, rats, phacochères, babouins et singes. Les animaux nuisibles autres que les rongeurs ont posé un problème de taille près des régions boisées ou protégées, où le groupe familial a dû travailler d'arrache-pied pour éviter de lourdes pertes durant la période précédant la récolte.

Par ailleurs, il a fallu livrer une lutte acharnée contre les plantes adventices, que les pluies propices ont encouragées à se développer en même temps que les cultures. Toutes les cultures ont été désherbées, à la main, sauf dans le Weghamra et le Wollo Nord, où on laisse pousser les mauvaises graminées pour en tirer du fourrage. L'utilisation d'herbicides a augmenté partout, la rareté de la main-d'_uvre ayant fait grimper les salaires. Les plantes adventices particulièrement problématiques portées à l'attention de la mission sont l'absinthe bâtarde répandue sur toutes les terres cultivées des zones orientales, et les plantes parasites Striga (qui infeste le sorgho dans toutes les zones peu fertiles) et cuscute (signalée sur le nouq dans le Godjam Ouest).

Au regard de toutes ces données, la mission estime que le rendement national moyen de blé, de maïs et dans une moindre mesure de teff sera plus faible cette année que l'an dernier. Pour l'orge, le mil et le sorgho, qui sont cultivés sans engrais, il sera équivalent ou même plus fort. Comme le teff, le blé et le maïs accaparent ensemble quelque 60 pour cent des superficies céréalières, le rendement céréalier moyen pour le pays fléchira de 4 pour cent, à 1,15 tonnes/hectare, le niveau de 1996 et de 1999. Du côté des légumineuses, il s'établit à 0,67 tonnes/hectare en moyenne, soit l'équivalent de l'an dernier mais moins qu'en 1999 où il a grimpé jusqu'à 0,69 tonnes/hectare.

3.4 Autres cultures

Les cultures contribuant au revenu des ménages ne sont pas les mêmes dans le nord que dans le sud, dans l'est que dans l'ouest. Dans le nord, les principales sont les graines oléagineuses, nouq et sésame en tête, avec le carthame et le tournesol qui progressent d'année en année. Cette année la superficie sous sésame a continué d'augmenter; les prix dans le Tigré Ouest ont fléchi de 43 pour cent par rapport à 2000 et se situent à 230 birr/quintal. C'est dans le sud que poussent le plus grand nombre de cultures autres que les céréales et légumineuses. Dans l'Oromiya et la SEPAR, elles occupent en effet 12 et 32 pour cent respectivement des terres agricoles, contre 3 et 7 pour cent pour l'Amhara et le Tigré. La banane Ensete ou fausse banane, la plus importante, qui pousse dans l'Oromiya et la SEPAR, représente la principale source d'hydrates de carbone pour environ 8 millions de personnes et un apport alimentaire important pour 4 millions d'autres. La production d'Ensete a augmenté par rapport à l'année dernière grâce à de très bonnes pluies et à l'absence de poussées graves de flétrissement bactérien. La production de racines et de tubercules devrait aussi être en hausse dans les mêmes zones.

Toujours dans l'Oromiya et la SEPAR, on a noté de bonnes performances pour les deux principales cultures commerciales, le café et le khat. Des pluies belg favorables et un bon début de la campagne meher ont fait bondir la récolte de grains de café de quelque 12 à 20 pour cent par rapport à l'année 2000, qui avait été marquée par des périodes de sécheresse prononcée en campagne belg et en début de meher. L'anthracnose des drupes continue de ralentir la production dans la plupart des zones à l'exception de celles où l'on a entrepris de planter des variétés résistantes de caféiers. Quant aux cultures industrielles comme la canne à sucre et le coton, elles n'ont pas été évaluées, les données à leur sujet étant soit incomplètes soit inexistantes dans les bureaux de zones.

3.5 Élevage

À la suite des pertes de bétail rapportées l'an dernier dans les régions pastorales, on a mis en route des programmes d'aide alimentaire d'urgence, procédé à la remise en état ou à l'aménagement de points d'eau et instauré des mesures de soutien à l'élevage telles des campagnes de santé animale et des plans de reconstitution des cheptels. Divers organismes non gouvernementaux et internationaux ont participé à cet effort, en particulier dans les régions les plus touchées de Somali et d'Afar et dans les zones Borena et Bale de l'Oromiya. L'année dernière, la mission a rapporté la perte de quelque 50 pour cent des bovins des éleveurs nomades, 20 à 30 pour cent des ovins et caprins et 10 à 15 pour cent des chameaux. Ces bêtes auraient péri ou alors auraient été vendues ou abattues. On a également signalé des pourcentages de parturition faibles pour tous les cheptels _ 2 à 12 pour cent pour les bovins, 20 à 40 pour cent pour les ovins et les caprins _, ce qui a réduit l'offre sur les marchés et les possibilités de reconstitution des troupeaux. Les pâturages régénérés cette année par les bonnes pluies meher et belg semblent toutefois avoir fait remonter les nombres, sans doute en attirant de nouveaux troupeaux ou en faisant revenir ceux qui s'étaient déplacés. Pour des raisons de logistique et de sécurité, la mission n'a pas pu visiter les régions du Somali cette année. On n'a donc pas une image claire de la situation mais on peut affirmer que les pertes subies par les ménages n'auraient pu être compensées sans le recours à des achats ou à des échanges de bétail à grande échelle. Par ailleurs, les pluies de fin d'année ont été tardives dans le Somali; il y a donc lieu, pendant quelques mois, d'y surveiller étroitement les niveaux de production obtenus par les ménages ainsi que les disponibilités de pâturages et de brous.

Ailleurs, en ce qui concerne l'élevage sédentaire et transhumant dans les hautes terres centrales et les basses terres de l'ouest, on a observé un meilleur état de santé des bêtes, une hausse du nombre de tête et un minimum de maladies endémiques, par ailleurs contrôlées par des traitements ponctuels ou des vaccins.
Seule la dermatose nodulaire (dans le nord d'Amhara) et la peste équine (Awi) ont fait problème. Aussi s'attend-on pour le secteur de l'élevage à de meilleurs rendements qu'au cours des dernières années. Il n'est cependant pas possible de formuler de commentaires plus détaillés à ce propos étant donné l'absence généralisée de données sur les intervalles entre les vêlages, les pourcentages de parturition, les taux de mortalité des animaux, adultes ou jeunes/nouveau-nés, les rendements laitiers, les taux de croissance et les taux de conversion alimentaire, et le fait qu'on n'a pas recensé les populations animales depuis 1995.

3.6 Prévisions de production de céréales et de légumineuses

La mission estime (tableau 1) que la production nationale de céréales et de légumineuses de la campagne meher en 2001 s'établira à 11,30 millions de tonnes et 1,03 millions de tonnes respectivement, soit un total de 12,33 millions de tonnes. On trouvera au tableau 2 des chiffres comparatifs, par région pour les quatre dernières années. D'après ces données, la présente campagne meher est deuxième pour la production depuis 1995. La campagne belg 2001 ayant fourni 451 000 tonnes de céréales et légumineuses, on croit que les stocks détenus à la ferme, chez les négociants et par les entreprises d'État sont importants, ce qui se traduit par des prix bas dans toutes les régions excédentaires.

Tableau 1. Éthiopie: Superficie (milliers d'ha), production (milliers de tonnes) et rendement (tonnes/ha) de céréales et des légumineuses pour la campagne meher 2001/02

Région/culture
 
Teff
Blé
Orge
Maïs
Sorgho
Mil
Autres
Total des
céréales
Total des légumineuses
Céréales et légumineuses
                       
TIGRÉ
Superficie
170,6
71,1
88,7
66,7
209,3
106,9
51,0
764,3
47,3
811,6
 
Rendement
0,63
0,97
0,84
1,11
1,09
0,77
0,88
     
 
Production
107,7
69
74,7
74,1
227,1
81,8
44,7
679,1
24,5
703,6
AFAR
Superficie
6,7
   
6,3
1,9
   
14,9
0,5
15,4
 
Rendement
0,99
   
1,08
0,42
         
 
Production
6,6
   
6,8
0,8
   
14,2
0,4
14,6
AMHARA
Superficie
1 043,1
496,1
491,3
385,6
581,6
256,3
40,7
3 294,7
651,1
3 945,8
 
Rendement
0,79
1,19
1,01
1,85
1,35
1,15
0,93
     
 
Production
823,7
592,7
496,9
715,0
788,0
294
37,7
3748
432,1
4 180,1
OROMIYA
Superficie
1 124,4
896,5
601,7
977,2
646,8
89,5
22,8
4 358,9
614,8
4 973,7
 
Rendement
0,76
1,54
1,24
1,66
0,98
0,85
0,46
     
 
Production
852,8
1 384,7
748,1
1 624,8
634,5
75,8
10,4
5 331,1
419,5
5 750,6
SOMALI
Superficie
 
9,8
17,5
32,6
37,1
   
97
2,9
99,9
 
Rendement
 
0,32
0,43
0,32
0,36
         
 
Production
 
3,1
7,6
10,3
13,4
   
34,4
0,3
34,7
BENSHANGUL
Superficie
24,6
4,0
2,7
33,3
54,1
22,6
0,5
141,8
18,3
160,1
 
Rendement
0,33
0,60
0,59
1,11
0,93
0,30
0,40
     
 
Production
8,0
2,4
1,6
37,1
50,5
6,8
0,2
106,6
12,4
119,0
SEPAR
Superficie
220,9
1 75,9
123,3
456,3
93,3
5,0
0,8
1 075,5
187,8
1 263,3
 
Rendement
0,57
1,31
1,00
1,68
1,05
0,98
0,69
     
 
Production
125,3
2 31,2
123,5
766,4
98,0
4,9
0,56
1 349,9
136,3
1 486,2
GAMBELLA
Superficie
0,044
 
0,02
12,1
7,0
0,31
0,07
19,5
1,1
20,6
 
Rendement
0,23
 
0,50
1,18
0,89
0,97
2,00
     
 
Production
0,01
 
0,01
14,3
6,2
0,3
0,14
21,0
0,94
21,9
HARARI
Superficie
 
0,98
 
2,4
6,8
   
10,2
0,1
10,3
 
Rendement
 
0,66
 
0,64
0,78
         
 
Production
 
0,6
 
0,6
5,3
   
6,5
0,03
6,5
ADDIS-ABEBA
Superficie
4,4
3,3
0,1
0,02
0,03
   
7,85
1,8
9,7
 
Rendement
1,11
 
1,50
2,50
1,67
         
 
Production
4,9
4,6
0,15
0,05
0,05
   
9,8
1,2
11,0
DIRE DAWA
Superficie
     
0,22
11,0
   
11,3
 
11,3
 
Rendement
     
0,91
0,51
         
 
Production
     
0,2
5,6
   
5,8
 
5,8
TOTAL
Superficie
2 595
1 658
1 325
1 973
1 649
481
116
9 796
1 526
11 322
 
Rendement
0,74
1,38
1,10
1,65
1,11
0,96
0,81
     
 
Production
1 929
2 288
1 453
3 250
1 829
464
94
11 306
1 028
12 334

 

Tableau 2. Éthiopie: Production de céréales et de légumineuses: Comparaison de la campagne meher 1996/97 - 2001/02

RÉGION
Campagne Meher
(année)
Céréales
Légumineuses
Céréales et légumineuses
   
Superficie
Production
Superficie
Production
Superficie
Production
   
(milliers d'ha)
(milliers de tonnes)
(milliers d'ha)
(milliers de tonnes)
(milliers d'ha)
(milliers de tonnes)
Tigré
1996/97
840,0
638,1
70,2
36,3
910,2
674,4
 
1997/98
889,1
505,2
56,5
17,7
945,6
522,9
 
1998/99
907,1
774,5
53,8
26,9
960,9
801,4
 
1999/2000
830,0
606,8
49,1
25,6
879,1
632,4
 
2000/01
827,4
667,9
50,5
25,2
877,9
693,1
 
2001/02
764,3
679,1
47,3
24,5
811,6
703,6
Afar
1996/97
n.p.
n.p.
n.p.
n.p.
n.p.
n.p.
 
1997/98
n.p.
n.p.
n.p.
n.p.
n.p.
n.p.
 
1998/99
19,3
7,7
 0,9
 0,1
20,1
7,8
 
1999/2000
10,6
8,4
1,3
0,6
11,9
9,0
 
2000/01
11,1
8,8
1,3
0,6
12,4
9,4
 
2001/02
14,9
14,2
0,5
0,4
15,4
14,6
Amhara
1996/97
3 192,2
3 412,8
645,2
430,6
3 837,3
3 843,3
 
1997/98
3 216,5
2 503,1
692,4
325,7
3 908,9
2 828,8
 
1998/99
3 354,3
3 567,9
692
464,2
4 046,3
4 032,1
 
1999/2000
3 247,8
3 603,7
668,9
476,2
3 916,7
4 079,9
 
2000/01
3 301,9
3 792,0
655,5
427,9
3 957,4
4 219,9
 
2001/02
3 294,7
3 748,0
651,1
432,1
3 945,8
4 180,1
Oromiya
1996/97
4 034,1
5 354,7
552,7
386,9
4 586,8
5 741,6
 
1997/98
4 001,0
3 846,9
582,6
266,8
4 583,6
4 113,6
 
1998/99
4 181,2
4 664,5
545,1
374,0
4 726,2
5 038,5
 
1999/2000
3 931,8
4 990,3
655,5
401,0
4 587,2
5 391,4
 
2000/01
4 308,9
5 667,9
582,7
413,3
4 891,6
6 081,2
 
2001/02
4 358,9
5 331,1
614,8
419,5
4 973,7
5 750,6
Somali
1996/97
85,3
27,3
0
0
85,3
27,3
 
1997/98
82,4
17,8
0
0
82,4
17,8
 
1998/99
172,1
19,2
5,5
 0,4
177,5
19,6
 
1999/2000
75,7
45,1
1,2
0,6
76,9
45,6
 
2000/01
73,4
41,1
2,7
1,0
76,1
42,1
 
2001/02
97,0
34,4
2,9
0,3
99,9
34,7
Benshangul Gumuz
1996/97
97
87,6
7,9
4,1
104,8
91,7
 
1997/98
124,5
110,2
6,8
3,6
131,3
113,8
 
1998/99
109,4
100,2
7,6
5,8
117
106
 
1999/2000
104,2
131
9,9
6,8
151,1
137,8
 
2000/01
145,0
113,6
15,0
10,0
160,0
123,6
 
2001/02
141,8
106,6
18,3
12,4
160,1
119,0
SEPAR
1996/97
1 154,0
1 277,4
198,6
137,3
1 352,6
1 414,6
 
1997/98
1 136,5
1 092,4
185,1
87,5
1 321,6
1 179,9
 
1998/99
1 026,1
1 231,1
181,8
123
1 207,9
1 354,1
 
1999/2000
934,5
1 082,2
171,4
116
1 105,9
1 198,2
 
2000/01
1 104,1
1 449,8
193,5
137,9
1 297,6
1 587,7
 
2001/02
1 075,5
1 349,9
187,8
136,3
1 263,3
1 486,2
Gambella
1996/97
8,7
10,9
0
0
8,7
10,9
 
1997/98
13,3
10,0
0
0
13,3
10
 
1998/99
11,8
9,2
0
0
11,8
9,2
 
1999/2000
15,9
17,6
0,8
0,7
16,7
18,3
 
2000/01
15,4
17,1
1
0,9
16,4
18
 
2001/02
19,5
21,0
1,1
0,94
20,6
21,9
Harari
1996/97
11,2
11,3
 0,3
 0,2
11,5
11,6
 
1997/98
11,9
12,4
 0,3
 0,2
12,2
12,6
 
1998/99
8,8
8,0
0
0
8,8
8
 
1999/2000
10,5
21,9
0
0
10,5
21,9
 
2000/01
9,2
5,0
0
0
9,2
5,0
 
2001/02
10,2
6,5
0,1
0,03
10,3
6,5
Addis-Abeba
1996/97
8,8
10,9
2,1
1,6
11
12,6
 
1997/98
7,3
5,6
2
 0,5
9,3
6,1
 
1998/99
7,5
6,7
1,8
1,1
9,3
7,8
 
1999/2000
7,4
9,7
1,8
1,7
9,2
11,5
 
2000/01
7,8
11,6
2,5
1,8
10,3
13,4
 
2001/02
7,9
9,8
1,8
1,2
9,7
11,0
Dire Dawa
1996/97
11,2
11,1
0
0
11,2
11,1
 
1997/98
2,0
 0,8
0
0
2
 0,8
 
1998/99
9,5
9,6
0
0
9,5
9,6
 
1999/2000
10,4
6,6
0
0
10,4
6,6
 
2000/01
9,7
5,8
0
0
9,7
5,8
 
2001/02
11,3
5,8
0
0
11,3
5,8
Total
1996/97
9 442,5
10 842,2
1 477,0
996,9
10 919,4
11 839,1
 
1997/98
9 484,4
8 104,5
1 525,7
701,8
11 010,1
8 806,3
 
1998/99
9 807,0
10 398,6
1 488,4
995,5
11 295,3
11 394,1
 
1999/2000
9 290,0
10 706,1
1 504,9
1 039,0
10 794,9
11 745,1
 
2000/011/
9 813,9
11 780,6
1 504,7
1 018,6
11 318,6
12 799,2
 
2001/02
9 796,0
11 306,4
1 525,7
1 027,7
11 321,7
12 334,0

4. LA SITUATION DE LA PRODUCTION PAR RÉGION

4.1 Tigré

Le Tigré, la région la plus septentrionale de l'Éthiopie, située à la frontière du Soudan et de l'Érythrée, est maintenant divisé en cinq zones administratives. Au moment de la mission, on n'avait retenu aux fins de l'enquête que les quatre zones jugées opérationnelles du point de vue agricole: l'ouest, le centre, l'est et le sud. Avec une superficie cultivée de l'ordre de 0,8 à 0,9 million d'hectares, exploitée par quelque 775 000 ménages, le Tigré contribue normalement aux alentours de 5 pour cent à la production nationale de céréales et de légumineuses. En raison d'une forte densité démographique et de faibles précipitations, c'est habituellement une région à déficit vivrier. Néanmoins, les zones de l'ouest et du sud dégagent des excédents la plupart des années. Cette année-ci, à la suite d'une révision de la taille des exploitations agricoles, qui a eu pour effet de faire respectivement baisser de 22 pour cent et de 11 pour cent les évaluations de la superficie cultivée dans les zones du centre et de l'est, les bureaux agricoles de zone ont estimé que la superficie cultivée dans l'ensemble de la région serait inférieure de 8 pour cent à celle de l'année dernière. En revanche, comme les hostilités avaient cessé dans la région contiguë à l'Érythrée, environ 50 000 familles déplacées à l'intérieur même de l'Éthiopie ont regagné leurs foyers. Du fait de leur retour, la superficie cultivée a, selon les évaluations, augmenté approximativement de 32 000 hectares. Malgré de bonnes intentions, la plupart des programmes conçus pour aider ces familles et qui prévoyaient la distribution d'intrants ont été trop modestes ou ont démarré trop tard pour favoriser la production cette année. Des évaluations détaillées des besoins sont en cours à l'intérieur de ces communautés pour déterminer le degré où les familles en question ont réussi à se réintégrer.

Contrairement aux tendances habituelles, les précipitations ont été cette année proportionnellement plus satisfaisantes dans les zones de l'est et du sud qu'à l'ouest. En valeur absolue, leur volume a été supérieur à l'ouest, mais leur répartition dans le sud et à l'est a été la meilleure depuis beaucoup d'années. Les pluies bénéfiques de la saison "belg", qui ont eu dans une certaine mesure un effet propice sur la production dans le sud du Tigré et qui ont favorisé les semis dans l'est du Tigré, ont été suivies en temps voulu par les pluies de la saison "meher». Les précipitations ont continué sans interruption importante dans la plupart des endroits jusqu'à la fin août/début septembre, ce qui a eu des résultats positifs.

Les précipitations dans la zone centrale ont été trop tardives pour les cultures à cycle long, puis elles sont tombées en abondance depuis les dix derniers jours de juin jusqu'à la mi-août, où elles ont cessé assez brusquement. Ces pluies excessives , conjuguées à la présence de sols argileux et à des déficits hydriques qui survenaient au mauvais moment sur les sols plus sablonneux, ont eu un effet préjudiciable sur les récoltes. Dans la zone de l'ouest, les pluies ont commencé trop tardivement et les résultats ont été variables tout au long de la campagne, qui a eu tendance à prendre fin prématurément.

Quant aux intrants, l'utilisation de semences améliorées a été très faible -- environ une centaine de tonnes de blé -- ce qui reflète la préférence des agriculteurs pour les semences produites localement. L'utilisation des engrais a augmenté dans les zones de l'ouest, du centre et du sud, mais a légèrement diminué à l'est, atteignant une hausse globale de 8 pour cent par rapport à l'année dernière, mais ne représentant que 89 pour cent de la demande escomptée. Cet accroissement est dû à une baisse du prix du phosphate diammonique qui est tombé de plus de 300 birr à 287 birr en moyenne par quintal (100 kg). La distribution dans les villes "woreda" a eu lieu avec l'aide des bureaux agricoles de zone et des coopératives -- ce qui a permis de livrer aux agriculteurs les quantités requises en temps voulu.

On a signalé que les méthodes suivies pour la préparation