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SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET
L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL |
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Divers facteurs, dont la mauvaise récolte de 2000/2001, le très faible niveau des stocks de maïs, la hausse rapide du prix des produits alimentaires, l’arrivée tardive des pluies de semis de la campagne 2001/2002, des inondations dans plusieurs districts et une période de sécheresse au début de 2002, annonçaient l’apparition d’une crise alimentaire au Malawi. C’est pourquoi, à la fin de février, le gouvernement a déclaré un état de catastrophe nationale et a demandé à la FAO et au PAM de réaliser une évaluation de la situation alimentaire du pays. Une mission FAO/PAM d’évaluation des cultures et des disponibilités alimentaires s’est donc rendue au Malawi du 21 avril au 11 mai 2002. Elle avait pour mission d’évaluer la production agricole de la campagne 2001/2002, d’estimer le niveau des stocks alimentaires existants, d’examiner la situation d’ensemble des disponibilités alimentaires, et de préparer un bilan alimentaire au niveau du pays indiquant l’ampleur du déficit vivrier. Un représentant du Service régional d’alerte rapide de la SADC participait à la mission en tant qu’observateur.
A Lilongwe, la mission s’est entretenue avec le personnel de divers départements du Ministère de l’agriculture et de l’irrigation (MAI), de l’Agence nationale des réserves alimentaires (NFRA), de la Société de développement de la commercialisation des produits agricoles (ADMARC), de la Banque du Malawi, d’organismes de l’ONU, d’autres organisations internationales et bilatérales et d’ONG. En outre, la mission a reçu une importante documentation préparée par le gouvernement et d’autres agences non-gouvernementales sur les conditions météorologiques, les dernières évaluations et prévisions de récolte et les pénuries alimentaires déclarées. Surtout, elle a eu accès à la deuxième série d’estimations de la production agricole préparée en mars 2002 par le MAI.
Après cette première mise au courant, la mission s’est scindée en deux équipes pour visiter la partie sud du pays, et en trois équipes pour la partie nord. Entre elles, ces équipes se sont rendues dans les huit Divisions de développement agricole (DDA) et les 26 districts du pays. Dans chaque siège de DDA et de district, elles se sont entretenues avec les fonctionnaires du MAI et d’autres organes du gouvernement afin de déterminer si la deuxième série d’estimations était toujours valide ou non. Elles ont passé beaucoup de temps sur le terrain pour observer et évaluer les cultures sur pied et discuter avec les exploitants de l’expérience de la campagne d’été, des perspectives de la campagne d’hiver et la manière dont ils envisageaient leur sécurité alimentaire actuelle et au cours des 12 mois à venir. Elles se sont rendues sur les marchés pour observer la disponibilité et le prix des produits de base et elles ont discuté de la campagne actuelle avec les petits négociants et les propriétaires des petites minoteries de maïs. Elles se sont aussi entretenues avec des fonctionnaires de services de santé afin d’avoir une idée des conséquences des récentes pénuries vivrières sur la santé de la population.
A son retour à Lilongwe, la mission a présenté ses conclusions préliminaires au gouvernement et aux organismes donateurs.
Le maïs est l’aliment de base préféré de la vaste majorité des Malawiens et toute pénurie de maïs est considérée comme une pénurie alimentaire. La mauvaise récolte de maïs de la campagne 2000/2001 a créé de graves pénuries vers la fin de 2001 et pendant les trois premiers mois de 2002. Les espoirs d’une récolte meilleure en 2001/2002 ont été réduits à néant par des inondations dans plusieurs régions, suivies par une longue période de sécheresse sur pratiquement l’ensemble du pays pendant les mois critiques de février et mars. De plus, on prévoit que la récolte réelle sera inférieure aux estimations de la deuxième série du fait de l’ampleur de la consommation avant récolte de riz sur pied, conséquence des pénuries causées par la mauvaise récolte de l’an dernier. Sans pratiquement aucun stock de report et une récolte prévue de seulement 1,54 million de tonnes de maïs, la production intérieure ne pourra satisfaire la demande de maïs, de 1,72 million de tonnes pour la seule consommation humaine (chiffre fondé sur le taux de consommation de 151 kg/personne/an). Si l’on tient compte de tous les besoins en céréales (semences, nourriture animale, pertes, etc.), les besoins d’importation du pays se montent à quelque 485 000 tonnes. La production de racines et de tubercules a sensiblement augmenté ces dernières années et ces cultures sont acceptées comme contribuant à la sécurité alimentaire des ménages. Elles contribueront à réduire le déficit céréalier. On estime que les importations commerciales de céréales se monteront à 277 000 tonnes et l’aide alimentaire à 207 687 tonnes pour satisfaire les besoins de quelque 3,2 millions d’individus affectés par la baisse combinée de la disponibilité des produits alimentaires et de leur pouvoir d’achat.
Au cours des vingt dernières années, le Malawi a dû faire face à deux grands défis économiques : réduire le niveau de la pauvreté absolue et résorber le déficit budgétaire. Les stratégies de lutte contre la pauvreté ont inclus la libéralisation des marchés intérieurs, l’assouplissement des dispositions de commercialisation des produits agricoles, la privatisation des entreprises parapubliques et la mise en route de programmes de développement rural précis. Dans l’ensemble, la base de production ne s’est pas sensiblement diversifiée, l’agriculture restant de loin le secteur le plus important. Entre 1981 et 2001, la croissance réelle du PIB a été en moyenne de 3 pour cent par an.
En décembre 2000, le FMI a approuvé une facilité triennale pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance qui officialisait l’objectif de réduction de la pauvreté et mettait l’accent sur les réformes de la politique fiscale et la promotion du développement du secteur privé et de l’investissement.
L’instabilité macro-économique a été un problème majeur ces dernières années. Le gouvernement a tenté de maîtriser les dépenses publiques en introduisant un cadre à moyen terme des dépenses mais on pense qu’il ne sera pas en mesure d’atteindre son objectif, de ramener le déficit budgétaire à 1,9 pour cent du PIB en 2001/2002. De 60 à 70 pour cent des dépenses du gouvernement sont financées par des sources extérieures, sous forme de dons et de prêts. On a vu une croissance rapide des disponibilités monétaires et de l’inflation et la Banque du Malawi a couvert le déficit de budget du gouvernement par des crédits internes. Les autorités ont eu recours à des opérations sur le marché ouvert, avant tout des émissions de bons du trésor, pour essayer de minimiser l’effet inflationniste des emprunts du secteur public et pour étayer la monnaie nationale, le kwacha malawien. Elles se sont traduites par une hausse des taux d’intérêt réel et nominal.
Dans le passé, l’inflation élevée a rendu le kwacha vulnérable aux dépréciations mais en 2001, une rare appréciation de la monnaie a causé des inquiétudes aux négociants qui avaient signé des contrats à terme en dollars E.-U. On s’attend à ce que les recettes d’exportation du tabac augmentent cette année après le passage à la production de tabac séché en carneau, à plus forte valeur, et l’amélioration de la qualité de la récolte de tabac Burley. Cependant, la baisse des cours internationaux du café et du thé va réduire les recettes d’exportations de ces cultures.
La dette publique et garantie par l’État à long terme se montait à 2 596 millions de dollars E.-U. à la fin de 1999 et le service de la dette était de 44 millions de dollars E.-U. A la fin de 2000, le montant total des réserves en devises était de 248 millions de dollars, soit moins de six mois d’importations de marchandises et services.
La production agricole, avant tout de tabac, génère plus de 90 pour cent des recettes d’exportation et 30-40 pour cent du PIB. Le secteur agricole est dualiste, avec d’un côté les petits exploitants et de l’autre les grands domaines. Traditionnellement, ces deux secteurs se distinguent sur la base des règles juridiques et institutionnelles qui régissent leur régime foncier, leurs cultures et leurs arrangements de commercialisation. Le sous-secteur des petits exploitants repose sur le système foncier traditionnel et se caractérise par une production de subsistance, générant la plus grande partie de la production alimentaire. La principale culture alimentaire est le maïs, suivi par le riz, le sorgho, les légumineuses, le manioc et les patates douces. Depuis le milieu des années 90, les petits exploitants ont le droit de produire des cultures industrielles/d’exportation, ce qui a amené une forte augmentation de la production, notamment de tabac. Les autres cultures de rapport sont le coton, les arachides et les légumineuses. Le sous-secteur des grands domaines comprend environ 14 700 propriétés couvrant quelque 850 000 ha de terres louées. Les principales cultures sont le tabac, le thé et la canne à sucre. Le sous-secteur des petites exploitations emploie environ 80 pour cent de la main d’œuvre, les grandes propriétés 11 pour cent.
Entre 1980 et 1993, la production agricole a augmenté au rythme annuel de 2,1 pour cent, soit une baisse par rapport au niveau record de 4,4 pour cent par an enregistré entre 1970 et 1980. Cela s’explique par la réduction brutale des achats de l’ADMARC en 1986/87: les achats de maïs sont tombés de 271 000 tonnes en 1985 à 59 500 tonnes en 1987, du fait des stocks excédentaires et des contraintes budgétaires de l’État. En outre, les prix garantis à la production ont été tenus pour réduire les dépenses du gouvernement et le prix du maïs est resté constant pendant trois ans de suite, jusqu’en 1997. Il en est résulté une baisse sensible des quantités commercialisées de maïs et un retour des pénuries alimentaires après de nombreuses années d’excédents.
Pendant les années 90, la production agricole a connu d’importantes fluctuations, causées avant tout par les sécheresses. La production de maïs qui avait chuté en 1996/97 a sensiblement rebondi en 1998/1999 et 1999/2000, fait que l’on attribue à l’utilisation accrue des intrants modernes (semences améliorées et engrais) dans le cadre du programme Starter Pack et à l’augmentation des superficies emblavées. Pendant la campagne 2000/2001, la distribution des intrants a été drastiquement réduite du fait de la faible participation des bailleurs de fonds au financement du programme et de la baisse de la disponibilité de crédits, suite aux importants défauts de paiement des agriculteurs en 1999/2000, causés par la faiblesse des prix du maïs.
La taille de la population du Malawi est un sujet de dispute et elle a des répercussions importantes sur l’évaluation de la sécurité alimentaire du pays. Le chiffre utilisé par le MAI, de 11,44 millions d’habitants, se fonde sur un taux de croissance annuelle de 2,7 pour cent depuis le recensement de 1998, qui est plus élevé que le taux de croissance inter-recensement de 1,9 pour cent enregistré pendant la période 1989-1998. D’un autre côté, la US Center Intelligence Agency (CIA) qui prend explicitement en compte les effets de la forte mortalité attribuable au sida, prend comme base un taux de croissance annuelle de 1,5 pour cent seulement. Elle arrive donc à un chiffre de 10,6 millions d’habitants en 2001.
Aux fins du calcul des besoins vivriers du pays, la mission a retenu le chiffre de population donné par le gouvernement, de 11,44 millions d’habitants.
Les crédits à la disposition des petits exploitants ont été moins importants cette année à cause des mauvais remboursements des prêts en 2000/2001. Cette pénurie de crédit s’est traduite par une moindre capacité d’achat de semences et autres intrants.
Pour étudier les précipitations de la campagne agricole 2001/2002, la mission a examiné les récentes statistiques de l’ensemble du pays ainsi que les images satellite des trois campagnes d’été 1999/2000, 2000/2001 et 2001/2002. Ses membres se sont également entretenus avec les exploitants et les agents de vulgarisation des effets des pluies de la campagne sur la production agricole.
Sur la plus grande partie du territoire, la pluviosité a été le déterminant le plus important de la production agricole de la campagne 2001/2002. Les pluies de la mi-novembre ont encouragé de nombreux exploitants à faire des semis précoces, surtout dans les régions du centre et du sud où elles semblaient annoncer le début de la campagne. Dans de nombreux cas, cela s’est révélé faux et lorsque la levée s’est trouvée arrêtée par la sécheresse de la fin novembre et du début décembre, surtout dans les régions du centre et du nord, les exploitants se sont trouvés obligés de replanter plus tard. Des conditions plus sèches que la norme ont prévalu dans les régions du centre et du nord jusqu’à la mi-décembre – et les semis avaient déjà été sensiblement retardés dans une bonne partie du pays. A la fin de décembre et au début de janvier, des précipitations anormalement abondantes ont causé des inondations et des pertes de récolte dans certaines parties des trois régions du pays. Les pluies ont retrouvé leur rythme normal en janvier, laissant espérer qu’en dépit de tout, la récolte de maïs serait satisfaisante. Puis, vers la fin de février, alors que le maïs tardif entamait sa floraison, les précipitations ont brutalement diminué sur presque l’ensemble du pays. Les régions du centre et du sud ont été les plus touchées mais toutes les régions ont connu des précipitations inférieures à la norme jusqu’à la fin mars, lorsqu’elles sont redevenues normales ou supérieures à la norme. Les exploitants ont connu un nouveau revers pendant la deuxième semaine d’avril lorsque les précipitations se sont arrêtées brusquement dans presque tout le pays et surtout dans les régions du sud et du centre. Le maïs tardif a encore souffert.
Le démarrage tardif de la campagne, les inondations, les sécheresses de février-mars, et la fin précoce des précipitations en avril ont contribué à réduire la production de maïs cette année, alors même que la quantité totale de pluie mesurée jusqu’à la fin de mars n’était pas sensiblement différente de la normale. Les racines et les tubercules ont été relativement peu touchées et les précipitations supérieures à la normale du début avril dans de nombreuses régions ont facilité les semis de ces cultures. Cela devrait contribuer à réduire l’impact de la faible production de maïs sur la sécurité alimentaire du pays et des ménages. La figure 1 montre trois profils typiques de précipitation d’octobre 2001 à mars 2002 (dernier mois pour lequel la mission a pu recueillir des statistiques de précipitation).
La superficie plantée en maïs en 2001/2002 – estimée à 1,49 million d’ha – est légèrement inférieure à celle de 1999/2000 ou de 2000/2001 – environ 1,51 million d’ha. Cette perte peut avoir été en partie compensée par une légère expansion des superficies en tabac, qui sont passées de 114 000 ha en 2000/2001 à 122 000 ha en 2001/2002, les exploitants espérant (à tort) une rentabilité financière accrue. De même, les superficies en arachides, qui sont considérées en partie comme une culture de rapport, ont augmenté ces dernières années. Les superficies en riz ont aussi progressé, passant de 44 000 ha en 1999/2000 à 57 000 ha en 2001/2002. Enfin, les superficies cultivées en racines et tubercules ont connu une expansion régulière ces dernières années, passant d’un total de 351 000 ha en 1999/2000 à 394 000 ha en 2000/2001 et à 431 000 ha en 2001/2002. (Ces chiffres ne sont cependant peut-être pas entièrement fiables, dans la mesure où ils peuvent inclure des superficies en cultures intercalaires mais ils n’en montrent pas moins une expansion régulière. Voir plus bas, la section Racines et tubercules pour plus de détails). Le Tableau 1 et la Figure 2 montrent l’évolution récente des superficies des principales cultures.
| Maïs | Riz |
Racines et tubercules 1/ |
Arachides | Tabac | |
| 2001/2002 | 1 488 | 57 | 431 | 209 | 122 |
| 2000/2001 | 1 507 | 50 | 394 | 189 | 114 |
| 1999/2000 | 1 507 | 44 | 351 | 176 | 119 |
1/ Les chiffres pour les racines et tubercules peuvent ne pas être fiables (voir texte).
Dans de nombreuses régions, la faiblesse de la production de maïs est attribuée à la pénurie de semences, les semences de report ayant souvent été mangées du fait de la mauvaise récolte de la campagne précédente. Dans les régions où la saison des pluies avait connu un faux départ suivi par une période de relative sécheresse pendant laquelle les plants qui commençaient à sortir avaient séché sur pied, la nécessité de replanter a constitué un autre problème: les exploitants ne sont souvent trouvés sans semences après leurs premier semis. En 2001, le programme ciblé d’intrants de la DIFD avait été sensiblement réduit et de nombreux exploitants qui dépendaient de ce programme pour leurs semis d’été se sont trouvés déçus. D’un autre côté, la distribution tardive de semences d’hiver dans le cadre de ce programme a encouragé certains exploitants à les conserver pour les semis d’été de la campagne 2001/2002.
Une importante partie des superficies en maïs est plantée en hybrides – bien que le MAI encourage maintenant l’utilisation à plus grande échelle de variétés composites et à pollinisation libre – et il semblerait que dans de nombreux cas, les exploitants, dans l’incapacité d’acheter de nouvelles semences, aient planté les semences conservées de leur récolte d’hybrides, avec une baisse prévisible des rendements.
Dans de nombreuses régions, les exploitants ont eu des difficultés à obtenir des boutures de manioc et des lianes de patate douce. Cependant, les superficies en culture ont augmenté pour ces deux produits et le MAI encourage – avec succès – la création de pépinières capables de produire des plants.
Les petits exploitants malawiens achètent relativement peu d’engrais pour leurs cultures vivrières parce que leur prix, qui n’est plus subventionné, est souvent trop élevé pour eux. (Les prix actuels d’un sac de 25 kg d’urée, de 23.21.0 et de CAN sont environ de 1 060, 1 260 et 960 kwacha respectivement). Un grand nombre d’exploitants dépendent toujours des engrais distribués soit gratuitement soit dans le cadre du programme ciblé d’intrants ou du programme d’investissement dans la productivité agricole de la CE. La réduction de ces programmes en 2001 a eu un effet préjudiciable sur l’emploi des engrais et sur la production totale de maïs. Le MAI encourage activement le compostage.
Cette année, les plantes adventices ont sensiblement contribué à la baisse des rendements, étant donné que de nombreux exploitants, plus occupés que d’habitude à trouver de la nourriture en dehors de leurs fermes, ont passé moins de temps à désherber. Des infestations très localisées de striga ont été signalées, mais elles n’ont pas été très graves.
Des foyers de chenilles en troupe ont également été signalés dans un certain nombre d’endroits mais ils ont été maîtrisés. Les rendements du sorgho et du millet ont souffert des attaques de quélea, notamment dans la Shire Valley, mais la gravité de ces attaques n’a pas été exceptionnelle.
Pendant la campagne d’été, les maladies les plus graves du maïs ont été celles des taches et des striures noires qui ont causé des baisses sensibles de rendement dans certaines régions. Le sorgho a été victime du charbon et des cas de mildiou duveteux ont été enregistrés sur le millet d’Afrique mais, dans les deux cas, les niveaux d’incidence étaient proches de la norme.
Après examen des observations de la mission, la deuxième série d’estimations de la production agricole a fait l’objet de quatre ajustements différents pour ce qui concerne le maïs.
Etant donné que l’ampleur de la consommation de maïs avant la récolte pendant le mois de mars n’avait pas été prise en compte dans la deuxième série d’estimations, on a jugé nécessaire d’ajuster le chiffre de la production. On a considéré raisonnable de penser que 40 pour cent des 143 000 tonnes de maïs requis chaque mois pour la consommation avaient été consommés directement dans les champs en mars. On a donc appliqué un facteur de 4 pour cent au chiffre de la récolte d’été de chaque DDA, tel qu’il était donné dans la deuxième série d’estimations, ce qui a amené une réduction de 59 380 tonnes de la production nationale. (La consommation avant la récolte pendant le mois d’avril est considérée comme faisant partie de la production pour la campagne de commercialisation 2002/2003).
Etant donné que la deuxième série d’estimations avait été réalisée avant la fin précoce des pluies d’avril, on a jugé nécessaire de faire un deuxième ajustement pour prendre en compte ce facteur. D’abord, on a évalué la proportion de la récolte affectée par la fin précoce des précipitations: elle varie d’un DDA à l’autre en fonction des différences de date de maturation des récoltes et de la fin des pluies. On a ensuite évalué dans quelle mesure le rendement de la partie affectée des cultures a été déprimé par la fin précoce des pluies. On a enfin appliqué ces deux facteurs aux récoltes toujours sur pied dans les champs au début de mars, c’est à dire après l’ajustement pour la consommation avant la récolte de mars. Les estimations totales ont donc été réduites de 42 133 tonnes supplémentaires.
Du fait de la fin précoce des pluies en avril, le sol s’est trouvé plus sec que d’habitude au début de la campagne d’hiver. La deuxième série d’estimations se fondant sur l’hypothèse que les conditions d’humidité du sol au début de la campagne seraient normales, la mission a jugé nécessaire de réduire les chiffres de production du MAI pour le maïs d’hiver de 10 pour cent, soit de 14 148 tonnes.
La deuxième série d’estimations avait été réalisée avant la fin du programme ciblé d’intrants pour le maïs d’hiver et ne prenait donc pas en compte la production supplémentaire attendue du fait de ce programme. Le rendement moyen du maïs d’hiver, fondé sur les estimations du MAI de la superficie et sur les chiffres de production corrigés pour tenir compte du faible niveau d’humidité dans le sol au début de la campagne, est de 1,53 tonne/ha. Le programme ciblé d’intrants porte sur 30 000 ha et le rendement moyen dans les parcelles du programme est de 2,5 tonnes/ha. On attend donc une augmentation de la production de 0,97 tonne/ha sur 30 000 ha, soit un total de 29 060 tonnes. (Les organisateurs du Programme ciblé prévoient une augmentation de 75 000 tonnes, se fondant sur l’hypothèse que toutes les parcelles couvertes par le programme sont des terrains qui soit ne seraient pas cultivés soit seraient plantés en une culture autre que le maïs. Or, la mission a conclu de ses entretiens avec les exploitants que la vaste majorité des parcelles couvertes par le programme étaient déjà destinées à recevoir du maïs d’hiver). Les chiffres incorporant ces ajustements sont donnés au Tableau 2.
La production de riz pour la campagne 2001/2002 est estimée à 94 400 tonnes; elle provient avant tout des DDA de Machinga et Salima et, sur l’ensemble du pays, le rendement moyen est de 1,67 tonne/ha. On prévoit que la récolte de sorgho et de millet sera de 37 800 et 20 500 tonnes, respectivement; au plan national, les rendements moyens sont de 0,69 et 0,60 tonne/ha.
Le blé pousse dans quelques parcelles des hautes terres, avant tout dans le DDA de Blantyre. En 2001/2002, on prévoit que sa contribution au solde vivrier sera de 2 400 tonnes.
On estime donc la production céréalière totale du Malawi à 1,69 millions de tonnes pour la campagne 2001/2002, comme le montre le Tableau 3. La Figure 3 illustre les tendances de la production des principales cultures vivrières pour les trois dernières années.
Il est particulièrement difficile d’évaluer la production de manioc sur de grandes superficies. Les deux variétés de manioc, doux et amer, sont cultivées au Malawi et leurs périodes de maturation vont de huit mois à deux ans. Par conséquent, à tout moment donné, la superficie en culture ne peut donner qu’une idée très approximative de la quantité de manioc qui sera disponible dans les douze mois suivants. Dans le nord du pays et près du lac Malawi, notamment à Nkhata Bay, la population cultive surtout le manioc amer qu’elle considère comme son aliment de base. Mais dans la majorité des autres régions où le riz est considéré comme l’aliment de base, on cultive le manioc doux qui est consommé sous forme de «snack». Les chiffres officiels de la production de manioc de ces dernières années sont extrêmement élevés. Par exemple, les estimations de 2002 (deuxième série d’estimations de la production agricole) mettent la production totale du pays à plus de 3,5 millions de tonnes de poids frais, avec des rendements par DDA allant de 12 tonnes/ha (Shire Valley et Machinga) à 23 tonnes/ha (Mzuzu). Bien que le Malawi soit un bon producteur de manioc, ses conditions de culture notamment pour les variétés à cycle court plantées à la fin de la campagne d’été (réduction de la durée de l’ensoleillement au moment des semis, nuits fraîches et sécheresse au moment de son grossissement) ne sont pas idéales. Une grande partie du manioc est aussi cultivée en culture intercalaire. Compte tenu de ces facteurs, et aussi du fait que 3,5 millions de tonnes de manioc représentent plus de 300 kg de manioc par personne et par an, la mission considère, avec de nombreux agronomes malawiens, que les projections de la production pour la campagne 2001/2002 sont considérablement surestimées. Ce qui semble irréfutable, c’est que les superficies cultivées en manioc augmentent régulièrement et que les populations qui sont traditionnellement consommatrices de mais mangent de plus en plus de manioc. Cela est particulièrement évident cette année, après les pénuries de 2000/2001.
Les chiffres officiels du MAI pour la production de patates douces (plus de trois millions de tonnes de poids frais, avec un rendement moyen de 14 tonnes/ha) sont, comme ceux du manioc, considérés comme considérablement surestimés. (3,5 millions de tonnes de manioc et 3 millions de tonnes de patates douces donneraient plus d’une demi-tonne de plantes racines par habitant et par an, dans un pays où plus de 30 pour cent de la population a moins de 10 ans). La mission soupçonne que les superficies en culture et les rendements ont été surestimés, notamment du fait de l’inclusion dans les calculs des parcelles en cultures intercalaires. Cependant, comme dans le cas du manioc, les superficies cultivées en patates douces ont considérablement augmenté ces dernières années, de même que l’acceptabilité du produit comme aliment intéressant dans une population qui consomme avant tout du maïs.
Pour essayer d’estimer les quantités de manioc et de patates douces qui seront disponibles pendant la campagne de commercialisation en cours, la mission a déterminé qu’il serait réaliste de diviser les chiffres de production du MAI pour le manioc par 3,5 (en prenant en compte la surestimation possible des superficies en culture, la surestimation probable des rendements et la non-disponibilité pour l’année en cours des chiffres de production des variétés à cycle long). Pour les patates douces, elle a décidé de diviser les chiffres par 1,5 (pour prendre en compte la surestimation possible des superficies en culture et la surestimation probable des rendements). On arrive ainsi à une production de un million de tonnes de manioc et de deux millions de tonnes de patates douces.
Les pommes de terre sont cultivées en haute altitude dans certaines régions, notamment dans les Dedza Hills du DDA de Lilogwe mais aussi dans le DDA de Blantyre. Le MAI estime la production nationale à quelque 337 000 tonnes pour la campagne 2001/2002, soit une augmentation de plus de 50 000 tonnes par rapport à l’année précédente.
Les chiffres du MAI portant sur la production de racines et de tubercules pour les campagnes 2000/2001 et 2001/2002 sont donnés au Tableau 4.
La production d’arachides de 2001/2002, estimée à plus de 175 000 tonnes, est supérieure à celle de chacune des deux années précédentes (155 000 tonnes en 2000/2001 et 122 000 tonnes en 1999/2000). La production estimée de légumes secs (avant tout haricots et pois cajan) de 2001/2002, légèrement supérieure à 300 000 tonnes, est similaire à celle de 2000/2001. Ce chiffre montre cependant une progression marquée par rapport à celui de 1999/2000, d’environ 267 000 tonnes.
Tableau 2. Production de maïs, 2001/2002, ajustée pour tenir compte de la consommation avant la récolte, de la fin précoce
des pluies en avril, de la faible humidité des sols au début de la campagne d’hiver et du Programme ciblé d’intrants d’hiver.
(Superficie en milliers d’hectares, rendement tonnes/hectares, production en milliers de tonnes)
| DDA |
Estimations MAI Deuxième série (S 2) |
Production d’été | Production d’hiver |
Produc- tion 2001/2002 ajustée Programme ciblé d’intrants |
||||||||||
| Total | Été | Hiver | S 2 moins consommation avant récolte |
% affecté par la sécheresse tardive |
Produc-tion. d’été affectée | % de réduc- tion pour cause sécheres-se tardive |
Réduc- tion produc-tion d’été |
Produc- tion d’été ajustée |
S 2 moins 10% pour cause sécheres-se terre |
Augmen- tion pour cause Programme ciblé d’intrants |
Produc- tion d’hiver affectée |
|||
| Karonga | Superficie | 35,90 | 33,50 | 2,40 | 33,50 | 2,40 | 1,50 | 2,40 | 35,90 | |||||
| Rendement | 1,33 | 1,32 | 1,47 | 1,26 | 1,32 | 1,18 | 2,06 | 1,31 | ||||||
| Production | 47,70 | 44,20 | 3,50 | 42,40 | 5 | 2,10 | 10 | 0,20 | 42,20 | 3,20 | 1,8 | 4,90 | 47,20 | |
| Mzuzu | Superficie | 143,60 | 139,40 | 4,20 | 139,40 | 4,20 | 5,00 | 4,20 | 143,60 | |||||
| Rendement | 1,15 | 1,13 | 1,88 | 1,07 | 1,69 | 0,81 | 2,65 | 1,12 | ||||||
| Production | 165,50 | 157,60 | 8,00 | 151,30 | 10 | 15,10 | 10 | 1,50 | 149,80 | 7,20 | 4,00 | 11,20 | 161,00 | |
| Kasungu | Superficie | 270,60 | 253,30 | 17,30 | 253,30 | 17,30 | 4,00 | 17,30 | 270,60 | |||||
| Rendement | 1,31 | 1,26 | 2,00 | 1,16 | 1,80 | 0,70 | 1,96 | 1,21 | ||||||
| Production | 354,20 | 319,70 | 34,60 | 306,90 | 30 | 92,10 | 15 | 13,80 | 293,10 | 31,10 | 2,80 | 33,90 | 327,00 | |
| Salima | Superficie | 115,30 | 110,10 | 5,20 | 110,10 | 5,20 | 2,30 | 5,20 | 115,30 | |||||
| Rendement | 1,07 | 1,05 | 1,43 | 0,97 | 1,29 | 1,21 | 1,82 | 1,01 | ||||||
| Production | 122,90 | 115,50 | 7,40 | 110,90 | 20 | 22,20 | 20 | 4,40 | 106,50 | 6,60 | 2,80 | 9,40 | 115,90 | |
| Lilongwe | Superficie | 285,40 | 269,60 | 15,80 | 269,60 | 15,80 | 4,60 | 15,80 | 285,40 | |||||
| Rendement | 1,07 | 1,02 | 1,89 | 0,94 | 1,70 | 0,80 | 1,94 | 0,99 | ||||||
| Production | 304,90 | 275,00 | 29,90 | 264,00 | 30 | 79,20 | 15 | 11,90 | 252,20 | 26,90 | 3,70 | 30,60 | 282,70 | |
| Blantyre | Superficie | 236,00 | 232,90 | 3,00 | 232,90 | 3,00 | 3,00 | 3,00 | 236,00 | |||||
| Rendement | 1,11 | 1,10 | 1,80 | 1,05 | 1,62 | 0,88 | 2,50 | 1,06 | ||||||
| Production | 261,80 | 256,40 | 5,40 | 246,10 | 10 | 24,60 | 10 | 2,50 | 243,70 | 4,90 | 2,70 | 7,50 | 251,20 | |
| Machinga | Superficie | 301,10 | 289,50 | 11,70 | 289,50 | 11,70 | 5,40 | 11,70 | 301,10 | |||||
| Rendement | 0,90 | 0,86 | 1,76 | 0,80 | 1,58 | 0,92 | 2,01 | 0,85 | ||||||
| Production | 269,60 | 249,20 | 20,50 | 239,20 | 20 | 47,80 | 15 | 7,20 | 232,00 | 18,40 | 5,00 | 23,40 | 255,40 | |
| Shire Valley | Superficie | 98,90 | 75,30 | 23,60 | 75,30 | 23,60 | 4,50 | 23,60 | 98,90 | |||||
| Rendement | 1,00 | 0,89 | 1,37 | 0,84 | 1,23 | 1,27 | 1,47 | 0,99 | ||||||
| Production | 99,20 | 67,00 | 32,30 | 64,30 | 10 | 6,40 | 10 | 0,60 | 63,60 | 29,00 | 5,70 | 34,80 | 98,40 | |
| Malawi | Superficie | 1 486,80 | 1 403,70 | 83,20 | 1 403,70 | 83,20 | 30,30 | 83,20 | 1 486,80 | |||||
| Rendement | 1,09 | 1,06 | 1,70 | 0,99 | 1,53 | 0,94 | 1,87 | 1,03 | ||||||
| Production | 1 626,00 | 1 484,50 | 141,50 | 1 425,10 | 289,60 | 42,10 | 1 383,00 | 127,30 | 28,40 | 155,70 | 1 538,70 | |||
| DDA | Maïs | Riz | Sorgho | Mil | Blé | Total céréales | |||
| Karonga | Superficie | 35,90 | 9,70 | 0,30 | 2,20 | - | 48,10 | ||
| Rendement | 1,30 | 1,68 | 0,36 | 0,74 | - | ||||
| Production | 47,20 | 16,30 | 0,10 | 1,60 | - | 65,10 | |||
| Mzuzu | Superficie | 143,60 | 2,00 | - | 8,60 | 0,10 | 154,3 | ||
| Rendement | 1,10 | 2,04 | - | 0,67 | 1,02 | ||||
| Production | 161,00 | 4,20 | - | 5,70 | 0,10 | 171,00 | |||