SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

 

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES EN ANGOLA

1er juillet 2002

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Faits saillants

  • L'accord de cessez-le-feu signé en avril dernier par l'UNITA et le gouvernement angolais a permis de mesurer l'étendue des souffrances endurées par les populations prises au piège du conflit dans les zones rurales. Un nombre considérable de personnes souffrant de malnutrition ont afflué vers les centres d'accueil et de transit. La situation nutritionnelle de 500 000 d'entre elles est considérée comme extrêmement préoccupante.
  • L'accord de paix est survenu trop tard pour permettre une augmentation sensible des superficies consacrées aux cultures vivrières pendant la campagne 2001/02.
  • Malgré l'arrivée tardive des précipitations, l'Angola n'a pas été touché par la sécheresse qui a sévi sur une grande partie de l'Afrique australe en 2001/02. La récolte céréalière de 2002, en léger recul par rapport à celle de l'an dernier, est estimée à 549 000 tonnes. La production de manioc devrait enregistrer une hausse de 7 pour cent par rapport à l'an dernier et atteindre environ 5 620 000 tonnes.
  • Les besoins d'importation de céréales pour 2002/03 sont estimés à 725 000 tonnes, dont 504 000 tonnes d'importations commerciales et 221 000 tonnes d'aide alimentaire d'urgence.
  • On estime à 1,4 million le nombre de personnes qui doivent bénéficier d'une aide alimentaire dans les plus brefs délais. Le PAM a prévu d'apporter son soutien à 1,24 million de personnes, notamment les personnes déplacées à l'intérieur du pays qui n'ont pas ou peu de terres, les familles des soldats de l'UNITA, les populations vulnérables résidant dans des régions jusque-là inaccessibles et les réfugiés de retour en Angola. D'autres organisations humanitaires devront pourvoir aux besoins des autres personnes en difficulté.
  • Des 4 millions de personnes qui ont été déplacées depuis 1998, 2 millions ont reçu un lopin de terre et ne sont plus tributaires de l'aide alimentaire

1. VUE D'ENSEMBLE

Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des approvisionnements alimentaires s'est rendue en Angola du 15 mai au 6 juin 2002 pour estimer, comme lors des années précédentes, la production agricole de 2002 et les besoins d'importation de céréales - aide alimentaire y compris - pour la campagne de commercialisation 2002/2003 (avril/mars). Après quelques séances d'information organisées par le Ministère de l'agriculture et du développement rural (MINADER), la mission a visité, sur une période de deux semaines, 10 des 18 provinces du pays. Des responsables de l'Unité de sécurité alimentaire du MINADER et des observateurs de la Communauté du développement de l'Afrique australe (SADC) et de USAID se sont joints à elle.

Les visites sur le terrain ont été réparties entre deux groupes; au premier ont été attribuées les provinces de Malange, Kwanza Norte, Kwanza Sul et Lundal Sul, au second celles de Bié, Huambo, Benguela, Moxico et Huila. L'accord de cessez-le-feu signé avec l'UNITA le 4 avril 2002 a été bien respecté, ce qui a permis aux équipes de parcourir de longues distances et de couvrir une zone plus vaste que les précédentes missions. L'Unité de la sécurité alimentaire du MINADER, le PAM/VAM et les ONG actives dans le pays ont fourni à la mission des informations sur la situation des autres provinces.

L'aggravation du conflit survenue en 2001/02 a intensifié l'exode rural; entre juin 2001 et mars 2002, les villes ont vu affluer plus de 400 000 nouveaux arrivants. On ignore cependant le nombre exact de ces personnes déplacées, dont une grande partie n'ont pas signalé leur arrivée aux autorités.

On estime à 4 millions au total le nombre de personnes qui, depuis 1998, ont été contraintes de quitter leur foyer. Deux millions d'entre elles environ ont reçu des terres et certaines - celles qui sont maintenant dans leur deuxième campagne agricole - ne sont plus tributaires de l'aide alimentaire. Le gouvernement et les ONG déploient de vastes efforts pour fournir suffisamment de terres et d'intrants à la population rurale déplacée. Le MINADER a signalé que 211 758 hectares ont été attribués à 392 386 familles de personnes déplacées, ce qui représente en moyenne 0,54 hectare par famille. On estime à 1,4 million le nombre de personnes qui auront besoin d'une aide alimentaire entre mai 2002 et avril 2003. La population locale qui possède des terres ne court aucun risque majeur en matière de pénurie alimentaire, mais le manque de diversité dans le régime alimentaire pourrait toutefois occasionner des problèmes de malnutrition chez la population enfantine, d'autant plus que la récolte de haricots semble peu prometteuse. Les difficultés semblent en revanche inévitables dans les mois à venir pour les familles déplacées, dont les petits lopins de terre ne sont guère productifs et dont le régime alimentaire est encore moins diversifié.

Le retour de la paix, survenu trop tardivement, n'a eu aucun effet notable sur l'importance des superficies mises en culture pendant la campagne de 2001/02. Celles-ci sont estimées 2,24 millions d'hectares, ce qui représente une progression de 6 pour cent par rapport aux 2,11 millions d'hectares de l'an dernier. Les superficies consacrées au sorgho et au mil ont été accrues du fait que les principales régions de culture de ces deux plantes ont été relativement épargnées par le conflit. Cette expansion a toutefois été limitée par des pénuries de semences: au cours de la campagne 2001/02, 4 612 tonnes de semences au total ont été distribuées à 374 335 familles - contre 5 472 tonnes et 294 880 familles l'an dernier.

L'Angola a été épargné par la sécheresse qui a frappé une grande partie de l'Afrique australe. Les précipitations sont arrivées tardivement mais ont été satisfaisantes par la suite. Toutefois, suite à une mauvaise répartition des précipitations et à des retards dans les semis, les rendements de l'ensemble des cultures sont généralement restés inférieurs au potentiel réel. La plus grande partie du manioc semé à l'arrivée des premières pluies (en octobre/novembre) a été touchée par le virus de la mosaïque. Dans les secteurs les plus durement touchés par le conflit, les dégâts infligés aux cultures par les opérations militaires ont également entraîné une baisse des rendements.

La mission prévoit pour 2002 une production céréalière de 549 000 tonnes (céréales usinées y compris), ce qui représente une baisse de 5 pour cent par rapport à l'an dernier. La production de manioc - denrée de première importance dans le nord de l'Angola - devrait enregistrer une hausse de 7 pour cent par rapport à l'an dernier et s'établir à quelque 5 620 000 tonnes (poids frais).

Les besoins d'importations céréalières sont estimés à 725 000 tonnes pour la campagne de commercialisation 2002/03 (avril/mars). Le volume des importations commerciales devrait s'élever à 504 000 tonnes, les 221 000 tonnes restantes devant être fournies au titre de l'aide alimentaire.

L'arrêt des hostilités survenu au début du mois d'avril a également permis de mesurer l'ampleur des souffrances endurées par la population prise au piège du conflit dans les zones rurales. Un nombre considérable de personnes - principalement les familles des soldats de l'UNITA - souvent gravement malades et souffrant de malnutrition ont depuis regagné les principales villes de province et les centres d'accueil mis en place à leur intention. La situation nutritionnelle de la population serait extrêmement préoccupante dans certaines des régions qui sont à nouveau accessibles.

Certaines personnes déplacées ont déjà commencé à regagner leur foyer afin de préparer les terres pour la prochaine campagne et de semer les cultures de saison sèche dans les zones de terres humides. On signale également le retour de réfugiés, dont la progression sera toutefois lente: le trajet à parcourir est long et semé d'obstacles (pénuries de vivres et de semences, mines terrestres, ponts effondrés, fleuves infranchissables). Les agriculteurs de retour sur leurs terres doivent recevoir une aide alimentaire et être approvisionnés en intrants agricoles dans les plus brefs délais.

2. CONTEXTE SOCIO-ÉCONOMIQUE

La superficie totale de l'Angola est de 1,247 million de kilomètres carrés. Sa population est estimée, en 2001, à 13, 8 millions d'habitants. Le pays est richement doté en ressources naturelles et possède notamment de vastes réserves de pétrole, de gaz et de minéraux précieux (en particulier des diamants). De nombreux fleuves lui assurent également un important potentiel hydroélectrique. L'agriculture est également favorisée par la fertilité des sols dans le nord du pays ainsi que dans les montagnes du centre - zones où la hauteur annuelle des précipitations dépasse 1 000 mm. Le cheptel est concentré principalement dans la région du sud, moins arrosée et moins peuplée que les autres régions. L'Angola dispose également d'importantes ressources marines et fluviales (en particulier les pêcheries) et d'un secteur forestier florissant.

Malgré ces richesses, une grande partie de la population angolaise vit au-dessous du seuil de pauvreté. La guerre civile, qui a commencé en 1975 - après l'accession du pays à l'indépendance - et s'est poursuivie jusqu'en avril 2002, a été l'une des causes principales de l'instabilité sociale et du marasme économique qui ont régné dans le pays. Les effets conjugués de la guerre et de politiques économiques inadaptées ont entraîné une hausse de l'inflation (estimée à 115 pour cent à la fin 2001).

Le taux de croissance du PIB réel a enregistré une baisse continue entre 1996 et 1999, passant de 11,7 à 2,7 pour cent, pour remonter à 4,1 pour cent en 2001. Il devrait atteindre 10,5 pour cent en 2002, grâce principalement à la production pétrolière, estimée à 920 000 barils par jour1. Le secteur agricole, dont la contribution au PIB est relativement moins importante (moins de 7 pour cent) que celle des secteurs pétrolier (61 pour cent) et minier (9 pour cent), constitue une importante source d'emplois pour la population rurale et permet d'assurer l'approvisionnement en denrées alimentaires. Avant l'accession du pays à l'indépendance, en 1975, la production alimentaire était élevée et l'Angola était un gros exportateur de maïs et de café.

Alors que le maïs est la denrée de base dans les régions montagneuses du centre, le mil et le sorgho sont les principales cultures dans les régions méridionales, plus sèches. Dans le nord, c'est la culture du manioc qui l'emporte. L'élevage joue un rôle essentiel, surtout dans le sud. Dans la plupart des secteurs touchés par le conflit, on est quasiment passé à une agriculture de subsistance - pas (ou peu) d'excédents exportables, activités commerciales réduites au minimum. N'ayant qu'un accès limité aux terres, insuffisamment approvisionnées en semences, les populations déplacées peuvent rarement subvenir à leurs propres besoins.

Du fait de la guerre, le pays a pendant de nombreuses années été tributaire des importations de denrées alimentaires - importations commerciales de blé et de riz, et d'aide alimentaire (constituée principalement de maïs et de haricots).

3. PRODUCTION ALIMENTAIRE EN 2001/02

3.1 Répartition des cultures

La proportion de terres consacrées aux principales cultures vivrières - maïs, mil/sorgho et manioc - varie du nord au sud du pays. Les écarts entre les provinces, parfois très marquées, s'expliquent par les différences en matière de durée des périodes de végétation, d'altitude, de qualité des sols et de traditions locales. Les autres grandes cultures vivrières sont les haricots, les arachides et les patates douces. Le riz et les pommes de terre occupent une place importante dans certaines régions où les conditions de croissance sont favorables.

La polyculture constitue la norme et l'on voit fréquemment des cultures de maïs et de haricots associées à des cultures d'arachides, de manioc et de patates douces. Le maïs n'est pas toujours consommé comme céréale, en particulier dans les provinces du nord où la culture du manioc prédomine, où il se consomme traditionnellement vert et n'est pas stocké. En raison d'une période de végétation qui s'étend sur presque deux ans (entre 18 à 24 mois) le manioc n'est pas entièrement récolté pendant l'année où il est semé; selon les estimations, les rendements obtenus au cours de la première année correspondent à 30 pour cent de la production. Une grande partie de la récolte de sorgho sert à la fabrication de la bière et de boissons non alcoolisées.

La production horticole (tomate, oignon, chou, ocra, poivron, carotte, potiron) est importante, en particulier dans les régions de basses terres humides ainsi que dans celles où l'on peut trouver de l'eau d'irrigation pendant la saison sèche. Parmi les fourrages verts importants, on peut citer les feuilles de manioc, de potirons, d'hibiscus, de pommes de terre douces, de haricots, de niébé et d'amarantes, qui peuvent aussi être séchées. La banane, la mangue, l'ananas, les agrumes, le fruit de la passion, le tabac et la canne à sucre sont à la fois des cultures vivrières et des cultures de rapport. La banane constitue un aliment d'appoint précieux dans les régions bien arrosées.

3.2 Pluviométrie

La hauteur annuelle des précipitations, qui peut atteindre 20 mm sur la côte méridionale et 2 000 mm dans certains secteurs du nord-est, oscille entre 1 200 et 1 400 mm dans les principales régions productrices du centre de l'Angola. C'est dans le nord du pays que les pluies arrivent le plus tôt - dès le mois de septembre - et se prolongent le plus longtemps - jusqu'à la mi-mai. Elles sont interrompues par une période sèche qui commence à la mi-décembre et s'achève au milieu du mois de janvier lorsque la Zone de convergence intertropicale (ZCIT) se déplace vers le sud, puis de nouveau vers le nord. La région du centre n'a qu'une seule saison des pluies, qui commence environ avec un mois de retard mais dure plus longtemps. La région méridionale n'a elle aussi qu'une seule saison, relativement courte, lorsque la ZCIT l'effleure avant de remonter vers le nord.

Comme l'an dernier, les pluies sont arrivées tardivement et ont été mal réparties. Malgré tout, l'Angola a été épargné par la sécheresse qui a touché une grande partie de l'Afrique australe en 2001/02.

Dans le nord, les semis de la plupart des cultures céréalières ont été décalés d'un mois (octobre/novembre au lieu de septembre/octobre). De ce fait, les cultures n'étaient pas assez développées pour pouvoir résister à la vague de sécheresse du mois de décembre, qui, malgré le renouvellement fréquent des semis, a occasionné une baisse globale des rendements. Le manioc a cependant pu s'implanter dès les premières pluies. Après un départ tardif, les précipitations ont été normales dans la région du centre et abondantes dans l'ensemble des régions en mars/avril. Lorsque la mission était sur place, au mois de mai, les agriculteurs des provinces du nord étaient encore en train de se consacrer activement aux derniers semis de manioc. La plupart des provinces méridionales n'ont pas été suffisamment arrosées pour que les semis puissent débuter avant la fin du mois d'octobre, mais les cultures se sont par la suite bien développées, malgré quelques dégâts occasionnés en mars et en avril par de violentes précipitations qui ont touché en particulier les plantations de haricots. Malgré le caractère incomplet des relevés pluviométriques des provinces, on peut estimer à 800-900 mm la hauteur moyenne des précipitations sur les grandes zones de culture entre novembre 2001 et fin avril 2002.

3.3 Approvisionnements en intrants

La fourniture de semences, d'outils et d'engrais aux personnes déplacées et à quelques résidents a encore été l'une des principales activités au cours de la campagne agricole 2001/02. Les ONG ont essentiellement distribué - quoiqu'en moindre quantité cette année - des semences de maïs, de haricots, de niébé, de mil, de sorgho, d'arachides et de légumes. Au total, 4 612 tonnes de semences ont été distribuées à 374 335 familles, (contre 5 472 tonnes et 294 880 familles l'an dernier). L'approvisionnement a eu lieu tardivement dans toutes les régions (ce qui n'est qu'un demi-malheur, ce retard ayant permis d'éviter un gaspillage de semences: les premiers semis auraient en effet été perdus en raison de l'insuffisance des précipitations au début de la campagne). Ce retard serait dû en partie à des problèmes de dédouanement, à propos desquels il faudra solliciter l'intervention du gouvernement angolais. Il a également été difficile de trouver les variétés adaptées aux spécificités de chaque zone agro-écologique: de fait, on a souvent imputé les mauvaises récoltes à un choix de semences inadéquat, d'où la nécessité d'apporter à l'avenir une attention toute particulière à cette question.

On commence dans les provinces à développer des variétés de plantes améliorées et adaptées aux caractéristiques locales. A Luanda, l'Unité de coordination des opérations d'urgence de la FAO, travaillant en coopération avec des ONG, est en train de mettre en place un programme de multiplication de semences de patates douces et de boutures de manioc pour la campagne agricole 2002/03.

Les ONG ont également distribué 1 247 tonnes d'engrais. Le MINADER a quant à lui fourni 10 652 tonnes d'engrais dans le cadre du programme d'assistance en cas d'urgence (PNEAH) mis en place par le gouvernement.

3.4 Superficies cultivées

Les tableaux 1, 2 et 3 indiquent les estimations de la superficie des principales cultures vivrières. La superficie totale de 2001/02 est estimée à 2,24 millions d'hectares, ce qui représente une hausse de 6 pour cent par rapport aux 2,11 millions d'hectares de l'an dernier. Les superficies cultivées en maïs, en sorgho/mil et en manioc ont augmenté respectivement de 8, 25 et 6 pour cent par rapport à l'an dernier. Les superficies consacrées aux haricots et aux arachides sont en revanche restées identiques.

Tableau 1: Superficie cultivée en 2000/01 et 2001/02 (en hectares)

 
2000/01
2001/02
 
Résidents
Personnes déplacées
Total
Résidents
Personnes déplacées
Total
NORD
           
Cabinda
31 039
0
31 039
31 660
0
31 660
Zaïre
50 267
6 633
56 900
62 973
2 865
65 838
Uige
221 126
16 295
237 421
284 589
6 402
290 991
Bengo
36 192
6 261
42 453
33 619
7 654
41 273
Luanda
9 436
0
9 436
10 898
6 885
17 783
Kwanza Norte
75 638
8 662
84 300
72 495
6 232
78 727
Malange
147 233
15 826
163 059
137 592
19 499
157 091
Lunda Norte
24 337
18 833
43 170
45 861
14 266
60 127
Lunda Sul
27 669
13 562
41 231
42 416
8 681
51 097
Total partiel
622 937
86 072
709 009
722 103
72 484
794 587
CENTRE
           
Kwanza Sul
140 816
5 100
145 916
83 256
24 070
107 326
Benguela
170 358
36 422
206 780
171 833
30 006
201 839
Huambo
387 078
31 471
418 549
415 056
23 769
438 825
Bie
185 658
14 960
200 619
202 873
11 402
214 275
Moxico
58 655
14 884
73 538
40 404
8 953
49 357
Total partiel
942 565
102 837
1 045 402
913 422
98 200
1 011 622
SUD
           
Namibe
12 724
1 319
14 043
8 026
2 600
10 626
Huila
197 127
28 719
225 846
225 762
35 442
261 204
Cunene
71 144
1 822
72 966
75 041
1 271
76 312
Kuando Kubango
22 063
28 907
50 970
85 403
1 761
87 164
Total partiel
303 058
60 767
363 825
394 232
41 074
435 306
GRAND TOTAL
1 868 560
249 676
2 118 236
2 029 757
211 758
2 241 515

3.5 Rendements des cultures

Les rendements de l'ensemble des cultures ont été inférieurs aux potentiels réels en raison de l'arrivée tardive des précipitations et des délais occasionnés de ce fait pour les semis. La faible fertilité des terres surexploitées situées à proximité des villes a également contribué à cette baisse des rendements, notamment sur les terres attribuées aux personnes déplacées. Les rendements du maïs, du sorgho et du mil ont été inférieurs à ceux de l'an dernier, mais ce sont les cultures de haricots qui ont le plus souffert de la mauvaise répartition des précipitations et des invasions de pucerons. On peut également imputer cette baisse de la production céréalière aux dégâts subis par les cultures lors d'opérations militaires.

La plus grande partie du manioc semé en octobre/novembre 2001, à l'arrivée des premières pluies, a pu résister à la sécheresse. Les rendements devraient toutefois être limités en raison de l'importance des dégâts provoqués par le virus de la mosaïque, de la faible densité des cultures et de la précocité des récoltes, effectuées parfois avant la maturation des cultures. Les prévisions de rendement des principales cultures vivrières pour la campagne agricole 2001/02 sont indiquées dans les tableaux 2 et 3.

3.6 Prévisions concernant la production agricole en 2001/02

Les estimations concernant la production agricole sont indiquées dans les tableaux 2 et 3. La production de maïs devrait atteindre 426 000 tonnes, niveau pratiquement identique à celui de l'an dernier. La production de sorgho et de mil a reculé de 20 pour cent, tandis que celle du manioc a enregistré une hausse de 7 pour cent.

Tableau 2: Superficies, rendements et production des principales cultures céréalières en 2001/02

PROVINCE
Maïs
Mil et sorgho
Ensemble des céréales secondaires
 
Superficie
Rendement
Production
Superficie
Rendement
Production
Superficie
Production
 
(ha)
(t/ha)
(tonnes)
(ha)
(t/ha)
(tonnes)
(ha)
(tonnes)
NORD
               
Cabinda
6 015
0,65
3 910
0
0,00
0
6 015
3 910
Zaïre
7 901
0,65
5 135
0
0,00
0
7 901
5 135
Uige
34 918
0,65
22 697
0
0,00
0
34 918
22 697
Bengo
6 191
0,65
4 024
0
0,00
0
6 191
4 024
Luanda
9 283
0,50
4 641
0
0,00
0
9 283
4 641
Kwanza Norte
10 235
0,30
3 071
0
0,00
0
10 235
3 071
Malange
23 563
0,45
10 604
0
0,00
0
23 563
10 604
Lunda Norte
8 418
0,50
4 209
0
0,00
0
8 418
4 209
Lunda Sul
7 154
0,50
3 577
0
0,00
0
7 154
3 577
Total partiel
113 678
0,54
61 868
0
0,00
0
113 678
61 868
CENTRE
               
Kwanza Sul
50 443
0,40
20 177
1 073
0,40
429
51 516
20 606
Benguela
104 957
0,30
31 487
30 276
0,40
12 110
135 233
43 597
Huambo
285 236
0,50
142 618
48 271
0,50
24 136
333 507
166 754
Bie
104 995
0,45
47 248
14 999
0,60
9 000
119 994
56 248
Moxico
16 781
0,50
8 391
1 481
0,40
592
18 262
8 983
Total partiel
562 412
0,44
249 921
96 100
0,48
46 267
658 512
296 188
SUD
               
Namibe
4 569
0,40
1 828
3 400
0,50
1 700
7 969
3 528
Huila
107 094
0,90
96 384
83 585
0,25
20 896
190 679
117 280
Cunene
1 526
0,40
610
72 497
0,40
28 999
74 023
29 609
Kuando Kubango
26 149
0,60
15 689
42 711
0,50
21 356
68 860
37 045
Total partiel
139 338
0,82
114 511
202 193
0,36
72 951
341 531
187 462
GRAND TOTAL
815 428
0,52
426 300
298 293
0,40
119 218
1 113 721
545 518

Tableau 3: Superficies, rendements et production des autres grandes cultures en 2001/02

 
Haricots
Arachides
Manioc
Patates douces
PROVINCE
Super-
ficie
(ha)
Rende-ment
(t/ha)
Produc-
tion
(tonnes)
Super-
ficie
(ha)
Rende-
ment
(t/ha)
Produc-
tion
(tonnes)
Super-
ficie
(ha)
Rende-
ment
(t/ha)
Produc-
tion
(tonnes)
Super-
ficie
(ha)
Rende-
ment
(t/ha)
Produc-
tion
(tonnes)
                         
NORD
                       
Cabinda
3 799
0,40
1 520
3 166
0,30
950
15 513
11,50
178 403
1 900
4,50
8 548
Zaïre
7 242
0,40
2 897
5 267
0,50
2 634
39 503
9,50
375 279
4 609
4,50
20 739
Uige
26 190
0,45
11 784
20 369
0,40
8 147
183 325
11,00
2 016 566
17 459
4,50
78 567
Bengo
3 302
0,45
1 486
2 889
0,30
867
23 526
10,00
235 256
4 127
4,50
18 573
Luanda
1 693
0,35
593
0
0,00
0
5 280
10,50
55 439
1 344
4,50
6 050
Kwanza Norte
9 447
0,15
1 417
7 873
0,20
1 575
43 300
11,00
476 302
5 511
4,50
24 799
Malange
15 709
0,14
2 199
10 996
0,30
3 299
91 112
10,00
911 124
7 855
4,50
35 345
Lunda Norte
7 215
0,30
2 165
1 804
0,30
541
36 677
10,00
366 772
3 006
4,00
12 025
Lunda Sul
3 577
0,40
1 431
3 066
0,40
1 226
30 147
10,00
301 470
4 599
4,00
18 396
Total partiel
78 174
0,3261
25 492
55 430
0,35
19 239
468 383
10,50
4 916 611
50 410
4,42
223 042
CENTRE
                       
Kwanza Sul
13 952
0,16
2 232
7 513
0,30
2 254
20 392
7,50
152 940
6 440
5,00
32 198
Benguela
24 221
0,20
4 844
6 055
0,40
2 422
22 203
3,50
77 708
10 092
4,00
40 368
Huambo
52 659
0,20
10 532
4 388
0,20
878
4 388
6,50
28 524
13 164
4,00
52 659
Bie
34 284
0,20
6 857
6 428
0,50
3 214
29 998
6,50
194 990
6 428
4,00
25 713
Moxico
3 455
0,20
691
2 468
0,30
740
20 236
7,00
141 655
1 481
4,50
6 663
Total partiel
128 571
0,1957
25 156
26 852
0,35
9 508
97 217
6,13
595 817
37 605
4,19
157 601
SUD
                       
Namibe
850
0,15
128
0
0,00
0
0
5,00
0
956
3,00
2 869
Huila
26 121
0,20
5 223
2 612
0,40
1 045
20 896
4,00
83 585
7 836
3,50
27 426
Cunene
1 526
0,10
153
0
0,00
0
0
0,00
0
0
0,00
0
Kuando Kubango
4 358
0,40
1 743
872
0,20
174
6 102
4,00
24 406
3 487
3,50
12 203
Total partiel
32 855
0,2206
7 247
3 484
0,35
1 219
26 998
 
107 991
12 279
3,46
42 498
GRAND TOTAL
239 600
0,24
57 895
85 766
0,35
29 966
592 598
9,48
5 620 419
100 294
4,22
423 141

Le tableau 4 met en regard la production estimée de céréales secondaires et les résultats des dernières années.

Tableau 4: Production de céréales secondaires de 1996/97 à 2001/02 (en milliers de tonnes)

Province
1996/97
1997/98
1998/99
1999/00
2000/01
2001/02
Benguela
65
84
83
106
83
44
Bie
84
98
57
39
58
56
Huambo
112
159
115
88
180
167
Huila
49
70
95
98
128
117
Kwanza Sul
21
48
49
38
21
21
Malange
11
21
13
13
10
11
Moxico
21
21
13
12
11
9
Autres provinces
68
93
105
106
86
121
Production totale
431
594
530
500
577
546
Superficie totale
(en milliers d'ha)
782
862
865
884
995
1 114

3.7 Élevage

La guerre ayant décimé une grande partie du cheptel, il faudra des années pour que le secteur de l'élevage - florissant avant le conflit - puisse se relever. La mission a pu constater que seules les régions méridionales, où l'élevage est le pilier de l'économie des ménages, disposent encore d'un cheptel important. Les statistiques nationales ne sont pas à jour, et, pendant sa visite d'inspection, la mission a rassemblé les estimations des effectifs du cheptel dans les importantes provinces de Huila et de Cunene. Ces données, ainsi que les estimations du MINADER, sont présentées dans le tableau 5.

La fin de la guerre, l'ouverture des routes et la libre circulation dans le pays devraient permettre aux provinces du sud d'accroître les ventes de bétail destinées aux régions du nord. Le commerce du bétail devrait également être favorisé par l'augmentation des besoins en animaux de trait - de nombreuses terres abandonnées devront en effet être remises en état pour la prochaine campagne.

Tableau 5: Estimation des effectifs du cheptel en 2001/02

Région
Pays
Total
Bovins
Ovins
Chèvres
Porcs
Volaille
   
1 977 500
45 000
725 000
64 000
171 000
 
Nord
 
 
Luanda
6 500
N.D.
N.D.
N.D.
30 000
 
Kuanza Norte
500
2 500
11 500
14 500
25 000
 
Malange
500
500
500
1 000
N.D.
 
Uíge
N.D.
N.D.
N.D.
N.D.
25 000
 
Total partiel
7 500
3 000
12 000
15 500
80 000
 
Centre
 
Kuanza Sul
54 000
33 500
74 000
27 000
25 000
 
Benguela
38 000
7 500
21 500
6 000
35 500
 
Huambo
12 000
500
3 000
N.D.
N.D.
 
Total partiel
104 000
41 500
98 500
33 000
60 500
 
Sud
 
Namibe
106 000
500
500
500
500
 
Huíla
160 000
N.D.
14 000
15 000
30 000
 
Cunene
1 600 000
N.D.
600 000
N.D.
N.D.
 
Total partiel
1 866 000
500
614 500
15 500
30 500

4. SITUATION PAR PROVINCE

La mission s'est rendue dans 10 des 18 provinces de l'Angola - Malange, Kwanza Norte, Kwanza Sul, Lunda Sul, Bié, Huambo, Benguela, Moxico, Cunene et Huila. Les informations concernant ces provinces sont présentées ci-dessous.

Malange

Trois quarts au moins de cette province auraient été touchés par le conflit, en particulier dans le sud, qui est la principale région de production du maïs. On estime qu'au cours de la campagne 2001/02 le secteur agricole a mobilisé approximativement 140 000 familles sur une surface d'exploitation de quelque 157 000 hectares. La denrée de base est le manioc; la population consomme habituellement le maïs (plus des trois quarts de la production) encore vert, avant la fin du mois de décembre. Les productions de manioc et de patates douces sont estimées respectivement à environ 911 000 et 35 000 tonnes. L'arrivée tardive des pluies a occasionné une forte baisse des rendements des cultures de haricots et d'arachides; en revanche, la culture du manioc a bénéficié de meilleures conditions que celles de l'an dernier, grâce notamment à l'importante quantité de boutures provenant des précédentes campagnes. Les semis du manioc ont commencé en octobre/novembre et les cultures se sont développées normalement.

La mission a recueilli des témoignages faisant état de pénuries d'outils et de distributions tardives et insuffisantes de semences. Certaines de ces dernières auraient par ailleurs été de mauvaise qualité (notamment celles de haricots) ou inadaptées (en particulier celles de maïs). L'insuffisance des rendements, en particulier sur les lopins attribués aux personnes déplacées, s'explique également par la réduction de la fertilité des terres situées à proximité des principales agglomérations et sur lesquelles l'essentiel des cultures ont été concentrées en raison de l'insécurité qui régnait dans le pays. Le manioc planté pendant la campagne 2000/2001 était en train de mûrir et la récolte a commencé. Certains champs auraient été détruits par l'armée au cours de ses offensives contre l'UNITA.

Aucun problème majeur ne semble devoir menacer la sécurité alimentaire des agriculteurs dans les secteurs où le manioc est l'aliment de base. On peut cependant craindre que le manque de diversité du régime alimentaire ne provoque des cas de malnutrition chez les jeunes, d'autant plus que l'on prévoit une production médiocre d'aliments riches en protéines (haricots et arachides). Les personnes déplacées qui ne possèdent pas de terres et les populations vulnérables des zones touchées par les conflits auront encore besoin d'aide en 2002/03.

Kwanza Norte

La moitié de la province environ a été touchée par le conflit. Selon les estimations, les activités agricoles occupent 69 000 familles, travaillant sur 79 000 hectares. On prévoit pour la campagne 2001/02 une production de 3 071 tonnes de maïs, 1 417 tonnes de haricots et quelque 476 000 tonnes de manioc. L'arrivée tardive des précipitations a été défavorable aux semis - notamment de maïs - de la première campagne. En revanche, les cultures de maïs, d'arachides, de patates douces et de niébé de la deuxième campagne se sont bien développées. Les cultures de haricots de la deuxième campagne ont été endommagées par les pluies abondantes tombées en avril et l'on s'attend à une réduction de la production. Bien que la superficie cultivée ait été réduite en raison des difficultés survenues lors des semis de la première campagne, les rendements devraient être supérieurs à ceux de l'an dernier, sauf en ce qui concerne la production de haricots.

Le paysage de la province de Kwanza Norte se caractérise par des collines herbeuses, séparées par des vallées couvertes d'un dense manteau forestier qui offre un cadre protecteur favorable à la croissance des cultures. La mission a observé que de nombreuses personnes quittaient chaque matin la capitale, Ndalatando pour aller travailler sur leurs terres et rentraient le soir avec un chargement de produits agricoles. Elle a également noté la remise en état partielle des vastes plantations de café et l'importance de la canne à sucre, des melons et des ignames, produits partout visibles. Le palmier est également une source importante d'huile comestible, de vin de palme et de revenus.

Les familles d'agriculteurs pour lesquelles le manioc est la denrée principale disposent de réserves alimentaires satisfaisantes. Le maïs se consomme généralement encore vert.
Lunda Sul

La moitié occidentale de la province de Lunda Sul a été fortement touchée par le conflit. On estime à quelque 45 000 le nombre de familles d'agriculteurs pour la campagne agricole 2001/02, et à environ 51 000 hectares la superficie cultivée, essentiellement en manioc. Le maïs est destiné à la consommation et se mange vert. La campagne agricole a été plus satisfaisante que l'an dernier et la production de manioc devrait, malgré le retard généralisé des précipitations, atteindre environ 302 000 tonnes. Les productions de maïs et des autres cultures, notamment les patates douces, ne devraient pas être très importantes. Une vague de sécheresse survenue au mois de décembre a détérioré les cultures de maïs poussant sur les sols légers. Le maïs déjà établi avant le stade de la floraison mâle aurait dû pouvoir résister à cette agression, et les agriculteurs ont laissé entendre aux membres de la mission que la variété utilisée n'était peut-être pas la bonne.

Les cultures d'arachides, de patates douces, de pois bambarra et de melons de la seconde campagne (semées en avril 2002) étaient en bon état dans les secteurs où les sols sont plus fertiles. Toutefois, seuls les agriculteurs résidents ont eu suffisamment de semences. La FLM a signalé des retards dans l'approvisionnement en semences des personnes déplacées. Les outils n'ont pas été distribués en quantités suffisantes pour répondre aux véritables besoins.

On signale d'importants mouvements de retour de personnes déplacées. La FLM a signalé à la mission que la moitié de la population d'un camp de personnes déplacées (à Luemba) avait pu rentrer chez elle. La province reste cependant coupée de Luanda, le pont qui permet de franchir le fleuve ayant été bombardé pendant la guerre.

La situation alimentaire est stable pour les familles d'agriculteurs pour lesquelles le manioc constitue la principale denrée. La situation est en revanche plus préoccupante pour les familles de personnes déplacées qui auront peu d'autres choses à manger.

Kwanza Sul

Une bande côtière représentant approximativement 20 pour cent de la superficie de la province a été épargnée par la guerre. Pour la campagne agricole 2001/02, les estimations font état de 100 000 familles d'agriculteurs et d'une superficie cultivée de 107 000 hectares. La principale culture vivrière de cette province du centre est le maïs, qui occupe environ la moitié de la superficie cultivée, le manioc n'en occupant quant à lui qu'un cinquième. Les autres cultures vivrières sont les haricots, les arachides, les patates douces, les pommes de terre, les bananes, la papaye et la canne à sucre. Les cultures commerciales - café et coton - sont également importantes.

Les régions côtières ne connaissent généralement qu'une seule campagne agricole. Pendant la saison sèche, (à partir du mois de mai), les cultures maraîchères irriguées constituent cependant un secteur très dynamique. Les premières pluies de la campagne 2001/02 se sont fait attendre, puis ont ensuite généreusement arrosé la région. Les personnes déplacées ont cultivé quelque 400 hectares de maïs dans la zone côtière proche de Sumbe, principale ville de la province. Les rendements sont estimés à environ 0,4 tonne par hectare. Les autres cultures ont été défavorisées par des pénuries de semences. Dans les plaines situées à l'intérieur des terres, les cultures de maïs des agriculteurs résidents, implantées sur de bonnes terres, semblaient être en bien meilleur état, avec des rendements estimés par la mission à 1,5 tonne par hectare. Les rafles étaient cependant de très petite taille, phénomène qui s'explique par les pratiques culturales apparemment caractéristiques de l'ensemble du secteur septentrional: les exploitants ont l'habitude de semer plusieurs semences (entre 4 et 20) dans chaque trou de plantation et de ménager un espace de 1 mètre entre les trous.

Les productions de maïs (que les agriculteurs laissent généralement parvenir à maturité et conservent sec) et de manioc sont respectivement estimées à quelque 20 000 et 153 000 tonnes. Les agriculteurs résidents pour qui le maïs est la denrée de base ne devraient pas connaître de difficulté majeure en termes de sécurité alimentaire. La situation des personnes déplacées - leurs rendements sont faibles et leurs réserves de vivres seront épuisées avant la prochaine récolte - est en revanche plus préoccupante; elles n'ont guère d'autres ressources alimentaires et ne possèdent pas - ou peu - de cultures de manioc, contrairement à de nombreux résidents qui cultivent un peu de manioc et peuvent en outre diversifier leur régime alimentaire grâce à diverses cultures fruitières pérennes.
Benguela

La province de Benguela - notamment les régions intérieures éloignées de la côte orientale - a été fortement touchée par le conflit. Pour cette campagne, on estime à 166 000 le nombre de familles d'exploitants et à 202 000 hectares la superficie cultivée. La province possède trois zones agro-écologiques: une zone côtière, une zone intermédiaire et une zone de montagnes. La récolte de maïs a été pratiquement inexistante sur la zone côtière, mais la culture du sorgho a donné d'assez bons résultats. Les récoltes de la seconde campagne ont été satisfaisantes dans les deux autres zones. Les productions de maïs, de sorgho/mil et de manioc devraient s'établir respectivement à 31 487, 12 110 et 78 000 tonnes. Les ONG ont déploré des retards dans la fourniture des semences et la mauvaise qualité germinative des semences importées - en particulier de la variété de maïs «Matuba».

Huambo

Bien que cette province ait été presque entièrement touchée par le conflit, elle a relativement moins souffert que les régions orientales du pays. Elle compterait 278 000 familles d'agriculteurs exploitant 439 000 hectares de terres. Les chiffres prévisionnels de la production de la campagne agricole 2001/02 sont les suivants: 143 000 tonnes de maïs, 24 000 tonnes de sorgho/mil, 29 000 tonnes de manioc et 53 000 tonnes de patates douces. Les cultures de sorgho - plante relativement nouvelle dans cette région - étaient en bon état, mais les exploitants ont signalé les mauvais résultats de deux variétés de maïs - Matuba et Kalahari. Les agriculteurs commençaient à effectuer dans les terres humides les semis des cultures qui parviendront à maturité pendant la saison sèche. La quasi-totalité de la province a été touchée par la guerre, mais l'accès à la côte est de nouveau possible: il faudra toutefois tenir compte du risque constitué par les mines terrestres sur certaines routes secondaires.

Bié

La moitié environ de la province de Bié a été gravement touchée par la guerre. Le nombre de familles d'agriculteurs est estimé à 173 000, pour une superficie cultivée de 214 000 hectares. Les résultats prévisionnels de la production de la campagne 2001/02 sont les suivants: 47 000 tonnes de maïs, 9 000 tonnes de sorgho/mil, 195 000 tonnes de manioc et 26 000 tonnes de patates douces. Là encore, la variété de maïs «Matuba» n'a guère donné satisfaction - cette variété exige apparemment beaucoup d'intrants ainsi que des terres plus fertiles que la moyenne. Les cultures de haricots poussant dans les terres humides semblaient prometteuses, contrairement au sorgho cultivé dans les zones montagneuses. Pour des raisons de pénurie alimentaire, la plus grande partie du maïs avait été consommée avant d'être parvenu à maturité et seule une petite quantité de maïs sec a été conservée. Les agriculteurs ont signalé qu'une grande partie des semences qui leur avaient été fournies étaient de mauvaise qualité, vraisemblablement de faible capacité germinative, et qu'ils préféraient par conséquent les consommer.

Moxico

Cette province a été profondément éprouvée par la guerre. Le nombre d'agriculteurs est estimé à 70 000, la surface cultivée à 49 000 hectares. Les productions de maïs, de sorgho/mil et de manioc sont estimées respectivement à 8 391, 592 et 142 000 tonnes. La mission a appris qu'une grande partie des cultures avait été détruite par l'armée pour empêcher le ravitaillement des forces de l'UNITA. Les combats ont profondément marqué la quasi-totalité de la province et la réinstallation de la population nécessitera d'importants efforts (notamment les travaux de déminage).

Huila

La province de Huila a moins souffert de la guerre et la production est relativement normale dans le secteur méridional. On compterait, pour la campagne 2001/02, 148 000 familles d'agriculteurs cultivant 261 000 hectares. La production est estimée à environ 96 000 tonnes de maïs, 21 000 tonnes de mil/sorgho, 84 000 tonnes de manioc et 27 000 tonnes de patates douces. Le maïs est la principale denrée et la variété Kalahari s'est bien adaptée aux conditions locales. La mission a toutefois constaté que les plans de maïs et de mil étaient très petits et semblaient peu prometteurs en termes de rendement. L'élevage joue un rôle important dans cette province; les effectifs du cheptel se seraient accrus l'an dernier en raison des flux migratoires provenant des provinces avoisinantes.
Cunene

La province de Cunene est l'une de celles qui n'ont pas été directement touchées par le conflit. Selon les estimations, 91 pour cent de la population sont encore occupés dans le secteur agricole. Faiblement arrosée, cette région vit essentiellement de l'élevage et de la culture du sorgho/mil. Pour la campagne agricole de 2001/02, le nombre d'agriculteurs est estimé à 49 000, la superficie cultivée à 76 000 hectares. La production de sorgho/mil est estimée à 29 000 tonnes. Le cheptel compterait 1,6 million de bovins et 600 000 chèvres. Les campagnes de vaccination des bovins menées l'an dernier ont permis de vacciner 500 000 bêtes.

5. SITUATION DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES

5.1 Denrées alimentaires: accès et prix

Pays déchiré par la guerre au cours des dernières années, l'Angola a été le cadre d'importants mouvements migratoires qui ont considérablement freiné la production agricole et perturbé l'approvisionnement de la population en denrées alimentaires. Le conflit a paralysé l'ensemble des activités commerciales et désorganisé le système des prix. Entre mars 2001 et l'arrivée de la mission, la monnaie nationale a subi une dépréciation de 100 pour cent, tandis que le taux d'inflation atteignait 115 pour cent en 2001. Les opérations militaires ont rendu les réseaux routiers inutilisables et contribué de ce fait à accroître l'irrégularité des approvisionnements (mais également leur coût, le transport des marchandises se faisant généralement par voie aérienne).

L'exode rural, en particulier en direction de la capitale surpeuplée, Luanda, ne s'est pas accompagné de l'essor concomitant de l'emploi. Le taux de chômage est élevé, et il n'est pas de rue ni de quartier de la ville qui ne serve de cadre aux activités de l'économie dite «informelle». Cette absence de débouchés rémunérateurs frappe également les principales villes de province de l'intérieur du pays.

Le coût de l'assortiment alimentaire2 a baissé après la signature de l'accord de paix, en raison de l'amélioration des perspectives touchant les échanges commerciaux entre les provinces. La figure 1 ci-dessous indique le prix (en dollars) d'un assortiment alimentaire dans la province de Moxico, profondément meurtrie par le conflit.

Figure 1: Angola - Prix de l'assortiment alimentaire dans la province de Moxico

On constate généralement d'importantes différences de prix, liées aux dysfonctionnements du marché évoqués plus haut. Sur la base du prix de l'assortiment alimentaire, on peut distinguer trois groupes de provinces, respectivement caractérisées par:
- un accès facile et des prix bas (provinces de Benguela et Huila);
- un accès relativement facile et des prix moyens (provinces de Bié, Kuanza Norte, Malange, Uige et Huambo);
- un accès difficile et des prix élevés (provinces de Moxico et de Lunda Sul).

5.2 Situation de l'offre et de la demande de céréales en 2002/03

Le tableau ci-dessous indique les prévisions de l'offre et de la demande de céréales pour la campagne de commercialisation 2002/03 (avril/mars). Les données concernant le manioc y figurent également, afin de souligner l'importance relative de cette plante, aliment de base dans les provinces du nord dont la culture s'étend rapidement dans les autres provinces.

Tableau 6: Bilan alimentaire pour la campagne de commercialisation 2002/03 (en milliers de tonnes)

 
Céréales secondaires
Riz (usiné)
Blé
Ensemble des céréales
Manioc
RÉSERVES DISPONIBLES DANS LE PAYS
546
3
0
549
5 620
Production de 2002
546
3
0
549
5 620
Prélèvements sur les stocks
0
0
0
0
0
UTILISATIONS
834
160
280
1 274
5 620
Consommation alimentaire
725
160
280
1 165
3 934
Autres utilisations
109
0
0
109
1 686
BESOINS D'IMPORTATION
288
157
280
725
0
Importations commerciales
67
157
280
504
0
Aide alimentaire
221
0
0
221
0

 

Comme ce fut le cas au cours des dernières années, la situation économique et militaire du pays a empêché la constitution de stocks dans les zones rurales, qui ne disposent donc pratiquement d'aucune réserve. Faute d'informations sur les stocks nationaux de blé et de riz (consommés principalement dans les zones urbaines), on suppose que les volumes sont les mêmes.

Le volume de céréales nécessaire pour les besoins de la consommation nationale a été calculé sur la base d'une estimation démographique (la population compterait 14 896 005 habitants au milieu de la campagne de commercialisation) et d'une consommation annuelle de 78,2 kg de céréales par habitant - chiffre qui tient compte des rations qui seront distribuées au cours de la campagne de commercialisation 2002/03 à 1 417 500 personnes entièrement tributaires de l'aide alimentaire. L'estimation de la consommation moyenne par habitant a été réalisée en divisant le volume des importations prévues au titre de l'aide alimentaire (soit 221 000 tonnes) par le nombre de bénéficiaires puis en agrégeant le résultat obtenu à la consommation moyenne qui est de 70 kg. La rubrique «autres utilisations» comprend les céréales utilisées comme semences ou destinées à l'alimentation animale ainsi que les pertes après récolte, soit un volume estimé à 20 pour cent de la production totale pour les céréales secondaires, 8 pour cent pour le riz et 30 pour cent pour le manioc.

Sur la base des précédents calculs, les besoins d'importation de céréales sont estimés à 725 000 tonnes. Le volume des importations commerciales devrait atteindre 504 000 tonnes, dont 280 000 tonnes de blé, 157 000 tonnes de riz et 67 000 tonnes de maïs. Cette prévision tient compte de l'accroissement des importations enregistré au cours des dernières années, mais reste peut-être trop prudente compte tenu de la reprise prévisible de l'économie et des activités commerciales. Les importations commerciales laissent un déficit de 221 000 tonnes qui correspond à l'aide alimentaire qui sera livrée à 1 417 500 personnes particulièrement vulnérables. Le PAM va fournir 191 491 tonnes de céréales à 1 240 500 personnes; l'approvisionnement des 177 000 personnes restantes sera assuré par d'autres organisations humanitaires travaillant en Angola.

6. AIDE ALIMENTAIRE NÉCESSAIRE POUR LES SITUATIONS D'URGENCE ET POUR LE REDRESSEMENT DU PAYS

Contexte: On estime que suite à la reprise du conflit à la fin de 1998, quatre millions d'Angolais environ ont été déplacés et n'ont plus été en mesure de participer au cycle normal de la production agricole. La paix est de nouveau revenue dans le pays le 4 avril 2002, date de la signature du cessez-le-feu entre l'UNITA et les forces du gouvernement. Les activités humanitaires prévues pour les douze prochains mois se dérouleront par conséquent dans un contexte radicalement différent de celui qui a marqué les interventions du PAM depuis la reprise du conflit en 1998. Les organisations humanitaires pourront notamment intervenir dans de nombreuses régions qui étaient inaccessibles avant le mois d'avril dernier.

C'est dans ces régions à nouveau accessibles que des institutions des Nations Unies, des ONG et des représentants du gouvernement ont réalisé conjointement une série d'évaluations rapides des besoins essentiels afin de connaître les conditions de vie de populations entièrement ou partiellement privées depuis de nombreux mois de l'accès aux produits de base, alimentaires et autres. Plusieurs cas graves de malnutrition nécessitant une aide alimentaire d'urgence ont déjà été observés; de fait, il est probable que la sécurisation et l'ouverture progressive du pays vont découvrir aux organisations humanitaires un nombre croissant de personnes victimes de la famine. Il faudra en outre fournir une aide alimentaire aux familles des soldats de l'UNITA vivant dans des zones de cantonnement réparties aux quatre coins du pays (il en existait 36 lors de la visite de la mission).

Les besoins en aide alimentaire présentés dans cette section, soigneusement examinés et dûment approuvés par la mission conjointe d'évaluation, sont fondés sur les résultats des évaluations rapides des besoins essentiels ainsi que sur ceux des enquêtes effectuées en mars et en avril dernier dans chaque province devant recevoir une aide alimentaire par les groupes chargés de l'évaluation de la vulnérabilité. Les membres regroupent des ONG, le PAM, des instances gouvernementales et des institutions des Nations Unies. Dans chaque province, les membres de la mission se sont entretenus avec diverses ONG et responsables gouvernementaux à propos des résultats de ces enquêtes.

Présente sur place pendant trois semaines (du 25 mai au 5 juin), la mission a pu examiner avec les instances gouvernementales concernées, des organisations humanitaires ainsi qu'un grand nombre d'informateurs-clé et de bénéficiaires tous les aspects de la situation actuelle en matière de sécurité alimentaire ainsi que les perspectives pour les douze mois à venir.

Accès aux denrées alimentaires et groupes cibles: Bien qu'un grand nombre de personnes déplacées aient pu accéder aux terres au cours des deux dernières campagnes agricoles, seule une petite partie d'entre elles sont parvenues - et il leur a fallu pour cela trouver d'autres sources de revenus que leur production - à subvenir à leurs propres besoins.

L'insécurité alimentaire continue de menacer la plupart des personnes déplacées: les parcelles qui leur sont allouées sont trop petites, les intrants agricoles sont de mauvaise qualité, et les récoltes ne peuvent, par conséquent, assurer la subsistance des familles. Les autres secteurs de l'économie sont languissants et ne leur offrent pratiquement aucun débouché susceptible de constituer une source complémentaire de revenus. La situation alimentaire risque d'être particulièrement difficile pour les 300 000 personnes qui, contraintes de fuir après le début du mois d'octobre 2001, n'ont pas pu gagner les zones sécurisées suffisamment tôt pour pouvoir être prises en compte dans les programmes de distribution de terres et d'intrants.

Bien que l'on puisse s'attendre à ce que le réseau de distribution commerciale atteigne au cours des douze prochains mois la plupart des régions demeurées jusque-là inaccessibles, il est hautement probable que les échanges porteront, non pas sur les denrées alimentaires de base, qui sont des marchandises commercialisées en grandes quantités et dont le coût unitaire est peu élevé, mais sur des produits industriels de consommation relativement chers, tels que vêtements, cigarettes, sel, sucre, savon, etc. Il faudra par conséquent assurer un approvisionnement en denrées alimentaires et autres produits propres à permettre une reprise dans les régions redevenues accessibles après de longues périodes d'instabilité militaire et à conforter la situation des résidents, des personnes déplacées et des familles des soldats de l'UNITA qui n'ont pas pu participer à la campagne agricole en cours.

D'une manière générale, la production agricole de la campagne 2001/02 a été paralysée par les opérations militaires dans toutes les zones instables. La carte 1 ci-dessous tente de rendre compte de l'impact du conflit armé sur la production agricole de ces régions.

Les régions désignées comme «fortement touchées» sont celles qui n'ont pu être approvisionnées en intrants agricoles, dont les superficies cultivées ont été fortement réduites et où les cultures vivrières ont souvent été détruites par les militaires. La mission n'a pas été en mesure de s'y rendre en raison d'importantes difficultés d'accès, mais les évaluations rapides qui y ont été effectuées révèlent des symptômes évidents de malnutrition - chronique et aiguë - chez les populations de la plupart de ces régions. Certaines personnes ont dû parcourir 50 ou 60 km pour récolter les restes de leurs cultures de patates douces ou de manioc.

Les régions désignées comme « touchées » sont celles où un approvisionnement insuffisant en intrants agricoles, les problèmes de sécurité et le mauvais fonctionnement du réseau commercial ont contraint la majorité de la population à cultiver des parcelles plus petites qu'en temps normal. Ces régions sont également celles où la distribution des terres aux personnes déplacées s'est heurtée à de graves difficultés.

Accès aux terres: Les résidents vivant dans les secteurs sécurisés ont généralement accès aux terres et cultivent par conséquent de plus grandes parcelles que les personnes déplacées. Dans les provinces septentrionales et méridionales, la superficie cultivée est d'environ 1 hectare dans les régions peu sûres et de 2 à 3 hectares dans les secteurs plus sécurisés.

Les personnes déplacées qui ont réussi à s'installer dans les zones sécurisées ont plusieurs moyens de se procurer des terres. Ces dernières peuvent leur avoir été octroyées par le MINADER au cours des dernières années, par des membres de leur famille ou dans le cadre d'accords relevant de coutumes locales. Ils peuvent également travailler pour des résidents locaux qui leur octroient en échange un lopin de terre. Il est peu probable que les personnes déplacées arrivées récemment aient eu le temps de se procurer suffisamment de terres pour pouvoir subvenir à leurs besoins alimentaires. En revanche, les groupes qui sont arrivés avant octobre 2001 ont pu bénéficier d'une distribution de parcelles (généralement d'un peu moins de 0,5 hectare) et cultiver quelques plantes vivrières. Rien, en revanche, n'a été officiellement prévu pour les personnes déplacées arrivées après octobre/novembre 2001; il se peut toutefois que certaines d'entre elles, dans les provinces du nord, aient pu participer aux activités agricoles de la seconde campagne (entre janvier et avril).

Selon les normes touchant la réinstallation des populations déplacées, les terres distribuées doivent pouvoir garantir la subsistance d'une famille moyenne, mais cette exigence - qui vise aussi bien la quantité que la qualité des terres - n'a pas été respectée dans de nombreuses régions. Qui plus est, les parcelles distribuées sont souvent des terres que la population locale considère comme impropres aux activités agricoles, ou alors des terres vierges, ou encore des terres qui sont restées en jachère pendant de nombreuses années et qu'il est difficile de labourer assez profondément pour assurer une bonne croissance des cultures.

Nutrition: Dans les régions accessibles aux organisations humanitaires et bénéficiant de programmes de nutrition thérapeutique et complémentaire, les enquêtes sur la situation nutritionnelle des enfants de moins de cinq ans réalisées dans le cadre des évaluations de la vulnérabilité révèlent des taux de malnutrition relativement stables.

Le nombre d'admissions dans les centres de ravitaillement a cependant considérablement augmenté: a) dans les régions dans lesquelles sont arrivées récemment des personnes déplacées en mauvaise santé et souffrant de malnutrition; b) dans les secteurs qui regroupent une population importante de personnes déplacées; c) dans les zones où l'on signale un accroissement des taux de morbidité et de mortalité. Entre novembre et janvier, l'augmentation du nombre d'arrivées a été la conséquence directe des opérations militaires, notamment dans les provinces de Huambo, Huila, Bié et Moxico; entre mars et avril, elle s'explique par l'afflux de populations en provenance de régions jusque-là inaccessibles à la recherche d'une aide humanitaire - de nombreuses personnes, après avoir parcouru de longues distances, sont arrivées malades (tuberculose, anémie et diarrhée étant les maladies les plus courantes).

Les évaluations rapides des besoins critiques effectuées dans les régions de nouveau accessibles par des ONG - agissant pour leur propre compte ou en collaboration avec des institutions des Nations Unies et des instances gouvernementales - ont révélé une situation nutritionnelle parfois extrêmement critique. Les résultats des opérations de sélection du MUAC indiquent que les taux de malnutrition dépassent dans l'ensemble 20 pour cent dans les provinces de Bié (Chitembo, Cuemba et Chindumba), de Uige (Sanza Pombo), de Huambo (Chilembo et Londuimbali) et de Huila (Bunjei, Chipindo et Cusse). Dans ces régions nouvellement accessibles, la sécurité alimentaire des individus et des ménages est menacée par les difficultés d'accès à l'eau potable et aux services de santé pour le traitement des maladies qui perturbent l'absorption des éléments nutritifs.

Il faut également rappeler l'existence de ces «zones de cantonnement» où les familles des anciens combattants de l'UNITA vivent dans des conditions extrêmement précaires. Il arrive parfois que l'on doive transporter les cas graves de malnutrition de ces zones jusqu'au centre d'aide humanitaire le plus proche.

Perspectives à moyen terme: Les nombreuses familles déplacées vivant dans les grandes villes des provinces et les principales municipalités ainsi que nombre de réfugiés angolais se trouvant actuellement en Zambie, en Namibie et au Congo vont vraisemblablement rentrer chez eux avant le début de la prochaine campagne agricole (octobre/novembre 2002). En fonction des ressources disponibles, les organisations humanitaires vont aider les personnes concernées en distribuant un lot de produits alimentaires et autres qui permettra aux familles de réorganiser leur vie et leur assurera une sécurité alimentaire.

Les familles de retour au pays peuvent adopter diverses stratégies, voire les combiner entre elles. Certaines consacreront par exemple une partie de leur temps à se réinstaller sur leurs terres, et consacreront l'autre à des démarches dans les centres urbains - où les possibilités de travail sont plus nombreuses, l'accès aux centres de santé plus facile et où les enfants peuvent suivre leur scolarité. D'autres familles peuvent se séparer provisoirement, certains membres allant évaluer la situation dans leur région, tandis que d'autres essaient d'obtenir de l'aide. Un facteur important dans le choix de la stratégie sera la distance entre le lieu d'installation et les centres où les services sont disponibles.

Les personnes déplacées qui ne retourneront pas vers les régions d'où elles sont originaires vont sans doute profiter de la saison sèche pour choisir l'une des activités qui se proposent généralement pendant cette période: travaux occasionnels, ramassage et vente du bois de chauffage, fabrication de briques, etc. Ces possibilités d'emploi vont sans doute se multiplier - mais aussi se disperser - avec le renforcement progressif de la sécurité. La forte pression qui s'exerce actuellement sur les ressources naturelles va se relâcher; le retour des familles dans leurs foyers va sans doute relancer les activités commerciales et, corrélativement, les possibilités de trouver un emploi occasionnel dans les grandes villes des provinces et les principales municipalités.

Populations ayant besoin d'une aide alimentaire: La mission qui s'était rendue en Angola en mai 2001 avait estimé à 1,34 million environ le nombre de personnes qui auraient besoin d'une aide alimentaire en 2001/02. Selon les premières estimations de la mission, ce chiffre est passé à 1,42 million pour 2002/03. Cet écart va sans doute s'accentuer au fur et à mesure que les organisations humanitaires progresseront dans le pays.

Les interventions du PAM vont répondre au double objectif: apporter les secours et assurer le relèvement du pays. Les tableaux suivants présentent les effectifs estimatifs des bénéficiaires, qui sont répartis en cinq catégories. Il importe de rappeler que l'année à venir (de mai 2002 à avril 2003) verra l'apparition de nouvelles catégories de populations vulnérables nécessitant une aide alimentaire.

Au nombre des nouveaux bénéficiaires figurent i) les familles des soldats de l'UNITA démobilisés et celles qui vivent dans les zones de cantonnement (11,4 pour cent); ii) les populations vulnérables vivant dans des régions restées inaccessibles aux organisations humanitaires jusqu'en avril/mai 2002 (26,2 pour cent); iii) les angolais réfugiés dans les pays voisins qui vont bientôt regagner leur pays (3,1 pour cent). Ces trois catégories représentent 41 pour cent de l'ensemble des personnes devant bénéficier d'une aide et constituent un nouveau groupe qui était resté exclu des possibilités d'intervention des organisations humanitaires jusqu'en mai 2002. Les effectifs des personnes relevant de ces diverses catégories vont sans doute êtres sensiblement différents de ceux de l'an dernier. L'aide sera répartie en opérations de secours (destinées à environ 41 pour cent des personnes concernées) et en activités de relèvement (visant les 59 pour cent restants). Ces estimations reposent toutefois sur une double hypothèse: une amélioration continue de la situation en termes de sécurité et le retour, dans les délais prévus, d'une grande partie des personnes déplacées.

Le tableau 7 indique le nombre total de personnes qui auront besoin d'une aide humanitaire en 2002/03, réparties par province et par catégorie d'intervention.

Tableau 7: Nombre total des personnes devant bénéficier d'une aide alimentaire, par province et par catégorie d'intervention en 2002-03

Province
Aide d'urgence
Activités de relèvement
Zones de canton-nement
Régions nouvellement
accessibles
Personnes revenant de l'étranger
TOTAL
Cunene
1 500
8 000
6 500
2 500
0
18 500
Huila
53 500
51 500
16 000
37 500
0
158 500
Kuando Kubango
25 500
4 500
14 000
20 500
12 500
77 000
Namibe
500
6 500
0
0
0
7 000
Benguela
44 000
33 500
27 000
29 500
0
134 000
Bié
100 000
21 500
11 000
81 500
0
214 000
Huambo
28 500
21 000
32 000
111 000
0
192 500
Moxico
39 000
35 000
10 000
19 000
25 000
128 000
Bengo
12 500
71 000
5 000
18 500
0
107 000
Kuanza Norte
14 500
20 500
3 000
4 000
0
42 000
Kuanza Sul
28 500
11 000
1 500
12 500
0
53 500
Luanda
14 000
2 500
0
0
0
16 500
Lunda Sul
17 500
4 000
5 000
6 500
0
33 000
Malange
24 000
87 000
13 000
13 500
0
137 500
Uige
12 000
37 500
16 000
13 500
500
79 500
Zaïre
2 000
7 500
1 500
1 500
6 500
19 000
Total
417 500
422 500
161 500
371 500
44 500
1 417 500

 

L'effectif mensuel moyen des bénéficiaires de l'aide humanitaire au cours de l'année à venir est de 1 417 500 personnes.

Le tableau 8 indique l'assortiment alimentaire complet nécessaire pour la fourniture de l'aide. Le volume total des céréales (essentiellement du maïs) s'élève à 221 016 tonnes.

Tableau 8: Besoins alimentaires pour l'ensemble des bénéficiaires par catégorie

Catégorie
Céréales
Légumi-neuses
Huile
Mélange maïs-soja
Sucre
Sel
Total
Aide d'urgence
71 334
7 754
5 324
3 846
920
780
89 958
Aide visant le redres- sement
55 350
5 791
3 825
950
190
692
66 799
Zones de cantonnement
27 287
2 903
1 742
0
0
290
32 222
Régions nouvellement accessibles
59 494
6 431
3 859
683
205
643
71 314
Personnes revenant de l'étranger
7 551
803
482
0
0
80
8 916
TOTAL
221 016
23 682
15 232
5 479
1 315
2 485
269 209

 

Le PAM devrait pouvoir fournir une assistance à un effectif mensuel moyen de 1 240 500 personnes, soit 87 pour cent du nombre total de personnes ayant besoin d'une aide d'urgence. D'autres organisations, comme le CICR, la Commission européenne et l'AAA prendront en charge les autres bénéficiaires.

Compte tenu du changement radical du contexte dans lequel se dérouleront les interventions humanitaires au cours des prochains mois, le PAM réexamine ses projets à la lumière des données recueillies par la mission et de ses propres observations. Le tableau ci-dessous présente les effectifs des bénéficiaires de l'aide du PAM par province et par type d'intervention.

Tableau 9: Estimation du nombre moyen des bénéficiaires de l'aide alimentaire du PAM en 2002/03, par province et type d'assistance

Province
Aide d'urgence
Activités de relèvement
Zones
de canton-
nement
Régions nouvellement accessibles
Personnes revenant de l'étranger
TOTAL
Cunene
1 500
7 500
6 500
2 500
0
18 000
Huila
38 000
54 000
16 000
50 000
0
158 000
Kuando Kubango
25 500
4 500
14 000
20 500
12 500
77 000
Namibe
500
6 500
0
0
0
7 000
Benguela
33 500
31 000
27 000
29 500
0
121 000
Bié
152 000
21 500
11 000
26 000
0
210 500
Huambo
28 500
22 500
32 000
65 500
0
148 500
Moxico
29 000
50 000
10 000
7 000
22 500
118 500
Bengo
12 000
4 000
5 000
18 500
0
39 500
Kwanza Norte
14 500
20 500
3 000
4 000
0
42 000
Kwanza Sul
21 000
11 000
1 500
0
0
33 500
Luanda
12 500
4 000
0
0
0
16 500
Lunda Sul
17 500
4 000
5 000
5 500
0
32 000
Malange
24 000
79 500
13 000
13 500
0
130 000
Uige
12 000
27 500
16 000
13 500
500
69 500
Zaïre
2 000
7 500
1 500
1 500
6 500
19 000
Total
424 000
355 500
161 500
257 500
42 000
1 240 500

 

Le tableau 10 ci-dessous indique un exemple d'assortiment alimentaire complet permettant d'assurer la fourniture de l'aide. Le volume total des céréales secondaires (principalement du maïs) s'élève à 191 491 tonnes.

Tableau 10: Estimation des besoins totaux d'aide alimentaire pour le programme du PAM en 2002/03, par produit et par type d'intervention (en tonnes)

Catégorie
Céréales
Légumi-neuses
Huile
Mélange maïs-soja
Sucre
Sel
Total
Aide d'urgence
63 828
6 949
4 841
3 801
906
699
81 024
Aide visant le redressement
50 631
5 292
3 525
950
190
641
61 229
Zones de cantonnement
27 287
2 903
1 742
0
0
290
32 222
Régions de nouveau accessibles
42 617
4 626
2 776
622
187
463
51 291
Personnes revenant de l'étranger
7 128
758
455
0
0
76
8 417
TOTAL
191 491
20 528
13 339
5 373
1 283
2 169
234 183

Le tableau 11 présente le détail de l'aide prévue par le PAM, par province et par produit.

Tableau 11: Détail de l'aide prévue par le PAM, par province et par produit (en tonnes)

Province
Céréales
Légumi-neuses
Huile
Mélange maïs-soja
Sucre
Sel
Total
Cunene
2 622
278
184
49
10
31
3 174
Huila
25 628
2 718
1 701
273
58
279
30 656
Kuando Kubango
12 677
1 346
830
88
18
136
15 096
Namibe
877
92
69
37
7
12
1 095
Benguela
18 647
1 998
1 302
591
145
211
22 893
Bie
33 540
3 588
2 284
832
208
368
40 818
Huambo
21 708
2 325
1 655
1 324
306
243
27 560
Moxico
18 703
2 013
1 237
417
118
212
22 701
Bengo
6 510
694
430
49
11
71
7 765
Kuanza Norte
6 563
716
447
221
61
75
8 083
Kuanza Sul
5 197
552
344
85
21
60
6 259
Luanda
1 967
233
176
179
43
28
2 627
Lunda Sul
4 938
525
350
142
31
54
6 040
Malanje
18 154
1 985
1 391
814
179
232
22 755
Uige
10 697
1 140
738
241
59
123
12 999
Zaïre
3 063
325
201
31
8
34
3 662
Total
191 491
20 528
13 339
5 373
1 283
2 169
234 183

 

Stratégie et méthodes d'intervention du PAM

Malgré de probables difficultés d'accès imputables à la destruction des infrastructures de transport, à la présence de mines, etc., les organisations humanitaires devraient pouvoir intervenir progressivement dans l'ensemble des régions.

Le PAM va continuer à veiller à ce que la fourniture d'aide alimentaire s'insère dans une série d'activités de relèvement, notamment par le biais de programmes du type «vivres contre travail» ou «vivres-contre-actifs». Les opérations de secours vont toutefois se poursuivre afin d'assurer la survie des personnes souffrant de malnutrition et d'aider les personnes déplacées qui, arrivées récemment, ne seront pas en mesure de retourner chez elles avant le début de la campagne agricole 2002/03. L'identification et le ciblage des groupes menacés par l'insécurité alimentaire seront renforcés par la mise en place d'un système d'évaluation de la vulnérabilité encore plus performant.

Le maintien de la stratégie actuelle visant à réduire les distributions gratuites de vivres et à favoriser l'accès des bénéficiaires à l'autonomie devrait permettre aux populations bénéficiaires i) d'éviter de devenir dépendantes de l'aide alimentaire et ii) de reconstituer un cadre de vie acceptable à long terme.

L'aide du PAM comportera deux volets:

a) Les opérations de secours destinées aux groupes suivants:

Les personnes déplacées arrivées dans les zones sécurisées après octobre 2001 et qui ne pourront pas rentrer chez elles dans le courant de l'année 2002. Elles devront recevoir une aide pendant une période correspondant à deux campagnes agricoles au maximum; par la suite, la plupart d'entre elles devraient avoir trouvé les moyens de s'assurer un revenu, en travaillant dans le secteur agricole ou grâce à des emplois saisonniers.
Les familles des anciens combattants de l'UNITA regroupées dans les zones de cantonnement3.
Les personnes souffrant à des degrés divers de malnutrition qui se trouvent dans les centres de nutrition thérapeutique et supplémentaire. Ce groupe comprendra notamment les enfants de moins de cinq ans plus ou moins gravement sous-alimentés, les enfants de un à cinq ans qui risquent de mourir ainsi que les femmes enceintes ou les mères allaitantes menacées par la malnutrition. En cas de nécessité, les enfants de plus de cinq ans bénéficieront également d'une aide.
Pendant la période de famine survenant entre deux récoltes, les familles des enfants qui fréquentent les centres de ravitaillement d'appoint recevront des rations alimentaires qui leur permettront de maintenir un bon état nutritionnel et d'assurer un apport nutritionnel suffisant aux enfants qui ne seront plus pris en charge par le centre.
Des cantines populaires seront mises en place pour venir en aide aux enfants de moins de cinq ans menacés de malnutrition.
Des cantines populaires également seront mises en place pour les enfants de plus de cinq ans menacés de malnutrition. Les cas seront sélectionnés par le MUAC.

b) Les activités de relèvement

Organisation de l'aide au retour des familles déplacées et des réfugiés angolais.
Organisation de l'aide pour les familles déplacées souhaitant s'installer dans une autre région que celle dont elles sont originaires.
Distribution de semences visant à assurer la protection des familles qui seront particulièrement exposées au risque d'insécurité alimentaire pendant la période des semis.
Mise en place de projets «vivres-contre-travail» en faveur des familles menacées par l'insécurité alimentaire et exclues des programmes de secours alimentaires dans les régions considérées comme dangereuses sur le plan de la sécurité alimentaire.
Mise en place de projets visant à aider les communautés à créer des ressources humaines et matérielles durables, et axés particulièrement sur les besoins des femmes en matière de formation et de développement des compétences.

Logistique

Le PAM possède en Angola (Luanda y compris) une douzaine d'antennes par le biais desquelles il gère et contrôle un important réseau logistique permettant la distribution de l'aide alimentaire dans l'ensemble du pays.

L'essentiel des importations de denrées alimentaires transite par les trois principaux ports maritimes (Luanda, Lobito et Namibe). De petites quantités de céréales, de sel et de poisson séché sont achetées localement dans les provinces de Benguela et de Huila. Pendant la prochaine intervention prolongée de secours et de redressement, les ports de Lobito, Luanda et Namibe devraient assurer respectivement 56, 30 et 14 pour cent des importations de denrées alimentaires. Les vivres sont généralement acheminés des ports aux entrepôts temporaires du PAM à Luanda, Lobito et Lubango; environ 10 pour cent des denrées alimentaires sont directement transportées des ports aux points de livraison avancés des diverses provinces.

Les entrepôts de Luanda, Lobito et Lubango sont loués; leur capacité respective est de 19 000, 24 000 et 6 000 tonnes. Les installations d'entreposage des 12 bureaux de province du PAM sont louées ou mises à disposition par le gouvernement. Le PAM possède un ensemble d'unités de stockage démontables qui peuvent être installées facilement en tout lieu où les capacités de stockage doivent être augmentées.

Pour les provinces qui ne sont accessibles que par avion, le PAM dirige des opérations aériennes à partir de l'aéroport de Luanda et de Catumbela (près de Lobito), dans la province de Benguela. En cas de nécessité, l'aéroport de Lubango sert également de base de pont aérien.

L'approvisionnement en poissons et en sel est assuré par la production locale. Le pays a également produit localement de petites quantités de céréales.

Depuis le 4 avril 2002, date officielle de l'arrêt des hostilités entre l'UNITA et les forces du gouvernement, pratiquement toutes les régions de l'Angola sont accessibles dans de bonnes conditions de sécurité. Le réseau routier qui relie les principales villes côtières et les grandes villes de province est utilisable sur une moitié du pays environ, mais son mauvais état n'est pas sans poser de nombreuses difficultés.

Les quatre provinces périphériques - Cuando Cubango, Moxico, Lunda Sul et Lunda Norte, ainsi que certaines régions de celle de Bié, qui représentent plus de la moitié du territoire du pays - restent encore inaccessibles, que ce soit par réseau routier ou ferroviaire. Le PAM pense pouvoir acheminer entre 75 et 80 pour cent environ de l'aide alimentaire par voie terrestre et les 20 à 25 pour cent restants par avion. Cette estimation tient compte des travaux de réfection des principaux axes routiers que le gouvernement devrait entreprendre d'ici à la fin de l'année 2002. Pendant la saison sèche, les transports routiers seront utilisables mais avec des difficultés, qui s'aggraveront pendant la saison des pluies.

Plusieurs facteurs vont continuer à perturber les liaisons entre les grandes villes de province et les municipalités: le manque de moyens de transports commerciaux, le mauvais état du réseau routier, la destruction des ponts et le danger que représentent les mines terrestres. Il est peu probable que les programmes de reconstruction accordent la priorité à la réfection des routes secondaires et tertiaires, celles-ci n'étant pas placées sous la responsabilité des autorités routières.

Le PAM prévoit à moyen terme une diminution du coût des transports de longue distance. Ses frais de transport secondaires vont cependant augmenter, car il va devoir approvisionner en vivres les populations qui sont en train de se réinstaller dans leurs municipalités, souvent éloignées des grandes villes de province.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des secrétariats de la FAO et du PAM à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour un complément d'informations le cas échéant.

Bureau du Chef
SMIAR, FAO
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél:
giews1@fao.org

Holdbrook Arthur
Directeur régional, ODY, PAM
Télécopie: 00237-223-5907
Mél: Holdbrook.Arthur@wfp.org

Les alertes spéciales et les rapports spéciaux peuvent aussi être reçus automatiquement par courrier électronique dès leur publication, en souscrivant à la liste de distribution du SMIAR. A cette fin, veuillez envoyer un courrier électronique à la liste électronique de la FAO à l'adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org sans remplir la rubrique sujet, avec le message ci-après:

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1 Les données et les estimations économiques figurant dans ce chapitre proviennent de l'«Economist Intelligence Unit».

2 L'assortiment alimentaire comprend, au minimum, du maïs, des haricots, de l'huile et du sel et assure un apport de 2 100 calories par jour à une famille de cinq personnes.

3 Les tableaux 7 à 10 classent les «zones de cantonnement», les «régions de nouveau accessibles» et les «personnes revenant de l'étranger» dans des catégories distinctes. Les bénéficiaires rentrant dans ces catégories recevront une aide qui, selon les besoins, relèvera plutôt des opérations de secours ou des activités de relèvement.