SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D’ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES DISPONIBILITÉS
ALIMENTAIRES EN RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE

29 juillet 2002

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1. APERÇU GÉNÉRAL

La FAO et le PAM ont envoyé une mission conjointe d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires en RPD de Corée du 22 juin au 3 juillet pour estimer les récoltes d’hiver/ printemps de la campagne 2002 (blé, orge et pommes de terre), suivre la récolte de la campagne principale de 2001, actualiser la situation des approvisionnements alimentaires pour la campagne de commercialisation 2001/02 (novembre-octobre), y compris les besoins d’aide alimentaire, et évaluer les premières perspectives des principales cultures de 2002.

La mission s’est entretenue avec les autorités gouvernementales, le personnel des coopératives agricoles et de comités locaux; elle a effectué plusieurs visites sur le terrain afin d’observer l’état des cultures sur pied, visité des crèches, des écoles et des centres publics de distribution, et interrogé des familles. La mission s’est rendue dans 5 des douze provinces du pays, qui assurent près de deux tiers de la production agricole nationale, à savoir: Pyongan Nord et Sud, Hwanghae Nord et Sud, et Pyongyang. Des entretiens ont également été réalisés avec des institutions des Nations Unies, des ONG et des missions diplomatiques basées à Pyongyang. Par ailleurs, la mission a utilisé les images prises par le satellite SPOT-4 à haute résolution afin de comparer l’état de la végétation en 2002 par rapport aux années précédentes.

Contrairement à l’année précédente, la mission a noté que l’hiver 2001/02 avait été relativement doux. Les mois de février et de mars ont été assez secs jusqu’à l’arrivée de pluies bénéfiques en avril et début mai, en général bien réparties. En dépit du début légèrement précoce du printemps, les températures nocturnes ont été inférieures à la moyenne. Une vague de sécheresse, longue de plusieurs semaines, a précédé les premières averses d’été en juin.

Par contraste à 2001, le niveau d’humidité des sols a été satisfaisant et la capacité des réservoirs d’irrigation était d’environ 59 pour cent. Les cultures d’hiver/printemps ont donné de bons résultats. Les rendements de blé et d’orge ont avoisiné les 2 tonnes/hectare, alors que pour les pommes de terre, la productivité n’a été que de 10 tonnes/hectare (2,5 tonnes/hectare en équivalent céréales). La production totale des cultures d’hiver/printemps, estimée à 441 000 tonnes, était deux fois et demi moins élevée que l’an dernier (172 000 tonnes) mais 34 pour cent de plus de la moyenne des quatre dernières années (328 000 tonnes). La production totale de céréales et de pommes de terre, en équivalent céréales, pour la campagne de commercialisation novembre 2001-octobre 2002 devrait atteindre 3,66 millions de tonnes, soit une hausse de 3 pour cent par rapport à l’estimation avancée par la mission précédente de la FAO et du PAM en octobre 2001. Ce résultat traduit cependant une progression de 42 pour cent par rapport à la production de dernière campagne de commercialisation, établie à 2,57 millions de tonnes. La croissance de la production est surtout attribuable à la hausse des rendements résultant de l’amélioration des conditions météorologiques, cette année n’ayant pas été marquée par une forte sécheresse, contrairement à 2000/01.

Malgré les bonnes récoltes engrangées et au vu des importations céréalières prévues par contrat et de l’aide alimentaire déjà reçue et annoncée, la mission a calculé que le nouveau déficit alimentaire non couvert de la RPD de Corée s’établissait à 382 000 tonnes pour les quatre mois résiduels de la campagne de commercialisation 2001/02. Compte tenu de la faible capacité du pays à effectuer des importations par voie commerciale, il faudra renforcer les livraisons d’aide alimentaire pour éviter que les groupes sociaux les plus défavorisés ne soient confrontés à de nouvelles privations dans les prochains mois.

Dans l’ensemble, l’accroissement de la production a permis de renforcer la sécurité alimentaire des ménages. Pendant la campagne de commercialisation 2001/02, les rations acheminées par le Service public de distribution (SPD) à plus de 15 millions de consommateurs non agricoles ont augmenté de 48 pour cent par rapport à l’année précédente et les marchés des petits producteurs sont mieux achalandés dans la majeure partie du pays. Le gouvernement a aussi décidé d’accroître légèrement les allocations de vivres des agriculteurs pour les porter à 219kg par personne et par an. Malgré ces mesures positives, la mission s’est toutefois inquiétée des disparités sensibles qui continuent à exister au niveau de l’accès à la nourriture, notamment pour les populations urbaines en général, les personnes vivant dans les régions à déficit vivrier du nord et du nord-est, et certains groupes plus particulièrement vulnérables, comme les enfants, les femmes enceintes, les mères allaitantes et les personnes âgées. La mission nourrit de vives inquiétudes quant à la diminution récente des contributions d’aide alimentaire sélective. En mai, le PAM n’a pas été en mesure d’assurer les distributions alimentaires indispensables aux personnes âgées et aux fournisseurs de soins dans les institutions pendant la période de soudure, et a dû réduire celles destinées aux enfants des établissements secondaires dans les six provinces les plus touchées par l’insécurité alimentaire. Le PAM devra faire de nouvelles coupes dans ses programmes à moins que la communauté des donateurs ne se mobilise de toute urgence pour réunir des ressources supplémentaires. La mission souligne que le filet protecteur de l’aide alimentaire ciblée ne peut être retiré à ce stade sans que cela ne se traduise par une forte augmentation de la malnutrition et par d’extrêmes difficultés pour les segments les plus pauvres et les plus vulnérables de la population.

Au lendemain de la mission, le gouvernement a modifié les barèmes de prix et de salaires. La mission n’a pas été bien renseignée sur ces changements mais le système des Nations Unies en RPD de Corée se charge actuellement de recueillir des informations sur la portée des modifications et analyse leurs implications éventuelles.

Les cultures de la campagne principale en cours risquent de se ressentir des conditions météorologiques, moins qu’idéales au printemps et en début d’été. Bien que les premiers semis aient été effectués à temps, les cultures se sont développées lentement, du fait de la faiblesse des températures. Le repiquage du riz et du maïs a commencé à la mi-mai, mais certains comtés se sont plaints d’un manque d’eau d’irrigation. La capacité d’approvisionnement du système d’irrigation du pays continue à être l’un des principaux obstacles à la croissance de la production. La mission a noté qu’une partie du riz seulement avait été transplantée dans les zones confrontées à des problèmes d’irrigation. Le résultat final de la production dépendra considérablement de l’adéquation des pluies en juillet et août, période où le pays enregistre d’ordinaire la majeure partie de ses précipitations annuelles. Compte tenu de l’importance des pénuries d’intrants essentiels et de la détérioration continue de l’équipement agricole, les perspectives demeurent peu encourageantes pour les campagnes ultérieures.

2. SITUATION ÉCONOMIQUE ET AGRICOLE EN RPD DE CORÉE

Aujourd’hui encore, les difficultés économiques que continue d’éprouver la RPD de Corée remontent au début des années 90, époque à laquelle les échanges avec ses partenaires traditionnels de l'ex-URSS et de l’Europe de l’Est se sont détériorés. Les chiffres officiels montrent que de 1993 à 1996, le produit intérieur brut (PIB) a baissé de 50 pour cent, pour s’établir à 481 dollars E .-U1 par habitant. En 1998, le PIB a encore fléchi, tombant à 457 dollars E.-U.2. L’économie a enregistré une légère reprise grâce à une croissance de 6,2 pour cent en 1999 et de 1,3 pour cent en 20003. Le total des exportations commerciales a fléchi de 1 025 millions de dollars E.-U. en 1997 à 597 millions de dollars E.-U. en 1999, mais a légèrement progressé en 20004 pour se chiffrer à 708 millions de dollars E.-U. En revanche, les importations se sont accrues plus rapidement entre 1996 et 2000, entraînant un déficit commercial qui n’a cessé d’augmenter et qui s’est élevé à 978 millions de dollars E.-U. en 2000. Les échanges entre les deux Corée ont enregistré une hausse de 28 pour cent en 2000 par rapport à l’année précédente5. Toutefois, comme l’indique l’appel commun interinstitutions des Nations Unies pour 2002, ces changements positifs ne suffisent pas à résoudre les problèmes d’insécurité alimentaire qui touchent l’ensemble de la population. Le taux élevé de sous-emploi a provoqué une chute des revenus et réduit la sécurité alimentaire des ménages. D’après les rapports officiels, l’espérance de vie était de 60,4 ans en 2001, contre 66,8 ans en 1993.

En 20006, l’agriculture, y compris les forêts et les pêches, représentaient environ 30 pour cent du PIB. Dans la mesure où les échanges extérieurs de produits agricoles (notamment les importations commerciales) sont très limités, la production vivrière intérieure est cruciale pour assurer la sécurité alimentaire du pays. Au cours des sept dernières années, des catastrophes naturelles, plus ou moins graves, sous forme de sécheresses, d’inondations, de raz de marée, de tempêtes de grêle, de typhons et d’hivers très rigoureux par exemple, ont pesé sur l’agriculture presque tous les ans et réduit la production alimentaire. La situation précaire du marché des changes ne permet pas d’importer par voie commerciale la quantité nécessaire d’intrants agricoles, comme les engrais, les pesticides, les films plastiques, les pièces de rechange des machines, les pneus de tracteurs et de camions, le carburant, etc. Au fil des années, la production nationale d’engrais a baissé, portant à environ 8 pour cent le niveau de l’épandage total en 2001/02, ce qui a renforcé la dépendance à l’égard des importations. Les rendements de la culture principale (paddy), qui s’élevaient à près de 7 à 8 tonnes l’hectare dans les années 80, ont aujourd’hui diminué de moitié en raison de la raréfaction des intrants agricoles. En vue d’accroître la production alimentaire totale du pays, chaque parcelle de terre disponible est mise en production, mais la culture des terres marginales a pour conséquence non voulue d’éroder les sols et donc, de réduire encore leur productivité. Au cours des sept dernières années, le déficit alimentaire est passé de 1,04 million de tonnes en 1998/99 à 2,2 millions de tonnes en 2000/01. Il est donc impératif d’accroître la productivité.

Le gouvernement accorde la plus haute priorité à l’agriculture et le budget agricole aurait augmenté de 12 pour cent cette année par rapport à l’an dernier. D’après les estimations, la production aurait marqué une légère reprise en 2001/02. Pour que ce redressement puisse s’inscrire dans la durée, une aide substantielle de la communauté internationale est indispensable au niveau de l’approvisionnement en engrais.

L’équipement agricole et le système d’irrigation, détériorés ou vieillis, ont besoin d’être rénovés et les intrants indispensables doivent être distribués en quantité suffisante et en temps voulu, de manière régulière. Afin que la production agricole s’accroisse de façon durable, il ne suffit pas uniquement de fournir une plus grande quantité d’engrais; il faut également introduire d’autres techniques agricoles novatrices, non destructrices de l’environnement, comme une gestion complète de la fertilité des sols à l’aide de l’énergie verte, des produits de substitution aux engrais chimiques, des rotations de cultures, etc. À cet égard, il est nécessaire que la communauté internationale renforce son soutien pour aider à remettre sur pied les industries, l’infrastructure et le secteur agricole.

3. PRODUCTION VIVRIÈRE EN 2001/02

3.1 Généralités

En RPD de Corée, la production agricole est limitée, entre autres facteurs, par le manque de sols arables (moins de 20 pour cent des superficies totales selon les sources du Ministère de l’agriculture) et par une période de végétation de courte durée. Dans les principales provinces du grenier à céréales de Hwanghae Nord et Sud, de Pyongan Nord et Sud, et de Pyongyang – et dans une moindre mesure de Nampo, Kangwon et Hamgyong Sud -, on compte environ 180 jours sans gelée de mai à octobre, ce qui laisse une certaine flexibilité pour effectuer des cultures associées alors que dans les autres provinces, où l’on enregistre 150 jours sans gelée, la possibilité d’obtenir des récoltes doubles est réellement réduite.

La production agricole ne peut progresser que si la productivité s’accroît, à condition que toutes les terres arables adaptées soient déjà cultivées. Les doubles cultures, qui permettent d’obtenir deux récoltes par an sur une même terre, sont l’un des principaux moyens d’élever la productivité.

Comme il est indiqué sur le graphique 1, les estimations de production sur le long terme montrent une tendance négative entre 1995/96 et 2000/01, puis une légère reprise en 2001/02.

La mission a visité neuf coopératives agricoles dans la principale région du grenier à céréales et observé l’état des cultures sur pied, bien que l’essentiel des doubles cultures aient été déjà récoltées. Environ 10 pour cent du blé et de l’orge étaient encore en terre, ce qui a retardé l’achèvement du repiquage du maïs et du riz. Sur une même parcelle, le maïs suit le blé et le riz, l’orge.

3.2 Facteurs affectant la production vivrière

Précipitations et températures

En octobre 2001, de violentes pluies, des inondations et des raz de marée sur la côte Est de la Corée ont provoqué des dégâts considérables à l’infrastructure et aux récoltes dans les provinces de Kangwon et dans certains secteurs de Hamgyong Sud. Ces phénomènes ont été les plus marquants de la fin de 2001. Les inondations ont été préjudiciables au riz, prêt à être récolté, ainsi qu’au blé et à l’orge d’hiver, récemment semés, une partie des semences ayant été emportées.

Contrairement à l’an dernier, l’hiver 2001/02 a été relativement doux. La pluie s’est transformée en neige en décembre-janvier et les températures ont dépassé les niveaux enregistrés à la même époque en 2000/01 (Graphique 4). Les mois de février et de mars ont été assez secs, époque du démarrage des semis d’orge et de pommes de terre de printemps.

Les précipitations de printemps, relativement bien réparties, se sont étalées de la mi-avril à la mi-mai 2002 (Graphique 2) et ont été suivies par une vague de sécheresse qui a duré plusieurs semaines avant l’arrivée des pluies d’été en juin. Ces précipitations atteignent d’ordinaire leur intensité maximale en juillet-août. Le tableau 1 indique le calendrier normal des cultures en RPD de Corée.

Tableau 1. RPD de Corée : Calendrier des cultures dans la Région du grenier à céréales
(Pyongan   Nord et Sud, Pyongyang, Hwanghae Nord et Sud)

Culture/mois Oct. Nov. Déc. Jan. Fév. Mars Avril Mai Juin Juil. Août Sept.
Blé/orge d’hiver S G G G G G G G H H    
Blé/orge de printemps         S G G G H H    
Pommes de terre de printemps           P G G H H    
Riz           S G T T G G H
Maïs           S G T T G G H
Patate douce H             P G G G H
Soja                 S G G H
Pommes de terre, campagne principale H             P P G G G
S = Semis; P = Plantation; T = Repiquage; G = Période de végétation; H = Récolte.

Le repiquage du riz et du maïs a été en général effectué à temps, bien que certains districts aient signalé manquer d’eau d’irrigation pour inonder les champs. La capacité d’approvisionnement du système d’irrigation continue à être l’un des principaux facteurs de limitation de la production.

Disponibilité d’eau

La sécheresse de 2000 et 2001 se répercute encore sur les disponibilités en eau. En 2001, le niveau des rivières était encore très bas et la capacité des réservoirs est dangereusement inférieure à la moyenne. Malgré l’abondance des pluies de l’été et de l’automne 2001 qui a permis d’atténuer la situation, la fonte des neiges au printemps 2002 n’a pas été assez importante pour remplir les réservoirs. Selon les chiffres avancés aujourd’hui par le gouvernement, la capacité effective des six réservoirs d’irrigation de province dépassait 60 pour cent et s’établissait à 59 pour cent au niveau national à la mi-juin 2002. La mission a inspecté un réservoir de secteur de taille moyenne, à savoir le lac Unpa dans la province de Hwanghae Nord, et a été informé du fait qu’il n’atteignait que 26 pour cent de sa capacité habituelle. Il a été également signalé que le niveau des réservoirs annexes à celui de Unpa était faible.

Source: Ministère de l’agriculture, RPD de Corée

Au cours de la mission, le personnel responsable de la gestion des coopératives agricoles et des comités locaux qui a été interrogé dans les diverses provinces a confirmé le manque d’approvisionnement en eau et fait part de ses difficultés à pomper l’eau des canaux d’irrigation pour l’amener aux champs de riz – notamment aux rizières en terrasses depuis le niveau inférieur – en raison de la pénurie de carburant et/ou d’électricité.

Conditions de semis

Dans l’ensemble de la région du grenier à céréales, les responsables de la gestion des coopératives agricoles et des comités locaux ont confirmé que le niveau d’humidité des sols avait été en général suffisant pour effectuer les semis des doubles cultures (orge et pommes de terre de printemps) en mars. Malgré le manque de films plastiques servant à couvrir les lits de semences, l’arrivée tardive des engrais promis, la pénurie de carburant et la détérioration de l’équipement, les semis paraissent avoir été engagés à temps.

En 2001, la sécheresse avait engendré des difficultés majeures pour le repiquage tant du maïs que du riz. En conséquence, nombre de coopératives agricoles ont décidé, pour la campagne 2002, de semer directement une partie du maïs, plutôt que de le replanter à partir de semences en pépinière.

Intrants

Étant donné que la RPD de Corée pratique une agriculture gourmande en intrants, il est important de disposer à temps des intrants nécessaires (engrais, semences, pesticides, films plastiques, pièces de rechanges pour l’équipement et carburant, par exemple). La persistance des mesures d’austérité ont rendu difficile l’approvisionnement de ces intrants en quantité suffisante.

Les semences des cultures d’hiver/printemps (blé, orge, pommes de terre) et des cultures de la campagne principale (riz, maïs, pommes de terre) auraient été distribuées à temps. Les fermes d’État et les instituts/coopératives agricoles spécialisés se chargent de la multiplication des semences. Les semis ont été réalisés aux dates spécifiées dans le calendrier des cultures.

Les superficies consacrées au riz sont officiellement fixées tandis qu’une plus grande souplesse est autorisée pour les emblavures de maïs, d’orge, de blé et de pommes de terre. La pomme de terre se substitue lentement à l’orge et des efforts ont été faits pour promouvoir la triticale, culture d’hiver de plus courte durée, en association avec le blé.

Une grande quantité de films plastiques est nécessaire pour couvrir les lits de semences (riz, maïs et légumes) en début de printemps lorsque le risque de gelée est encore très élevé. La production intérieure est limitée, par manque de matières premières, et la majeure partie de ces films sont importés, par l’intermédiaire essentiellement d’organisations humanitaires.

Les engrais (NPK et urée) sont importés en grande quantité chaque année, la production locale de trois usines de fabrication étant insuffisante pour répondre à la demande. Comme il est indiqué au tableau 2, la production nationale de N, P et K était de 14 050 tonnes, à laquelle il faut ajouter 23 164 tonnes d’importations. Environ 131 483 tonnes ont été fournies au titre de l’aide humanitaire, notamment par la République de Corée, l’Union européenne, le FIDA, divers donateurs bilatéraux et des ONG. Cependant, ces chiffres officiels ne comprennent pas 200 000 tonnes d’engrais consenties par la République de Corée et reçues en mai 2002.

Tableau 2. RPD de Corée: Disponibilités nationales d’engrais, septembre 2001-juin 2002

  N P K Total (tonnes)
Stocks de report de l’année 2001 144     144
Production intérieure 9 963 387 3 700 14 050
Importations 22 476 344 344 23 164
Aide humanitaire 82 513 22 565 26 405 131 483
Disponibilités totales 115 096 23 296 30 449 168 841
Utilisations agricoles 113 584 23 296 30 449 167 329
En voie d’acheminement 0 0 0 0
Stocks en juin 2002 1 512 0 0 1 512
Source: Ministère de l’agriculture, juin 2002.

Avant les années 90, les engrais chimiques/minéraux, faciles à obtenir, étaient amplement diffusés. Toutefois, en raison de la carence actuelle d’engrais, les rendements ont baissé. Le NPK et l’urée sont surtout utilisés pour le riz et le maïs de la campagne principale. Pendant la campagne principale de 2002, près de 120 kg/ha ont été épandus pour le riz et 95kg/ha pour le maïs, conformément aux taux d’application prescrits par le Ministère de l’agriculture en place. Nombre de coopératives agricoles ont également répandu environ 15 tonnes/ha d’engrais de ferme/compost, pour la production de pommes de terre principalement.

À l’heure actuelle, le pays ne produit pas de pesticides, de fongicides ou d’herbicides. Grâce aux importations et à l’aide humanitaire, les stocks disponibles s’élèvent, au total, à 61 447 tonnes.

Au cours des années, l’utilisation intensive d’engrais et de pesticides sur des monocultures n’a pas seulement réduit les éléments nutritifs du sol mais a également contribué à renforcer le nombre de ravageurs. Quelques études s’intéressent à la production locale de pesticides biologiques, dont l’utilisation est limitée. La technologie de protection intégrée contre les ravageurs est actuellement diffusée au niveau national.

Le parc national s’est enrichi d’un nombre modeste de tracteurs et de véhicules qui ne suffit pourtant pas à compenser le matériel vieillissant.

3.3 Production d’hiver et de printemps 2001/02

Les cultures de printemps ont donné d’assez bons résultats, malgré la légère irrégularité du régime pluviométrique. Les taux de germination n’ont été réduits que dans les provinces de Kangwon et dans certains secteurs de celle de Hamgyong Sud, du fait des inondations et des pertes de semences associées. Ailleurs, les cultures ont bien germé et le niveau d’humidité des sols a été satisfaisant. Les températures relativement douces de l’hiver ont contribué à la multiplication des parasites et l’on a signalé des pucerons de pommes de terre et des chenilles sur plusieurs cultures. Les rendements ont été néanmoins bien meilleurs qu’en 2001, même au volume décevant de 2 tonnes/hectare pour les deux céréales et de 10 tonnes/hectare (2,5 tonnes en équivalent céréales) pour la pomme de terre. Le tableau 3 indique les zones et le niveau de production.

Blé d’hiver

Les emblavures ont représenté 57 270 hectares, dont près de 74 pour cent dans la région du grenier à céréales, y compris celles sous blé de printemps intégrées au programme des doubles cultures. La principale variété de blé d’hiver est le Jing-Dong 8, mais il existe également des variétés locales. La mission a estimé que la production totale du pays s’établirait à 123 866 tonnes, avec un rendement moyen de 2,16 tonnes/hectare.

Orge de printemps

Les superficies sous orge de printemps s’élèveraient à 35 630 hectares, dont 84 pour cent dans la région du grenier à céréales en tant que double culture de printemps, une partie d’orge d’hiver étant également comprise. Les principales variétés d’orge de printemps sont RedSun-3, Haeju-4 and OL-4. Selon la mission, la production intérieure se chiffrerait, au total, à 69 638 tonnes, avec un rendement moyen de 1,95 tonne/hectare.

Pommes de terre de printemps

Les superficies ensemencées en pommes de terre couvriraient 98 744 hectares, dont 73 pour cent dans la région du grenier à céréales en tant que double culture de printemps. Les estimations de la mission font état d’une production nationale totale de 247 253 tonnes, les rendements moyens s’établissant à 2,5 tonnes l’hectare, en équivalent céréales.

Tableau 3. RPD de Corée: Superficies et production des cultures d’hiver/printemps en 2001/02
(superficies en hectares et production en tonnes)

Province Blé d’hiver Orge de printemps Pommes de terre de printemps1/ Total
Superf. Production Superf. Production Superf. Production Superf. Production
Pyongyang 3 000 7 095 2 650 5 393 1 182 3 172 6 832 15 660
Pyongan Sud 7 700 16 881 5 950 12 081 14 675 38 513 28 325 67 475
Pyongan Nord 3 500 7 749 3 650 7 332 11 849 30 073 18 999 45 154
Jagang 120 239 850 1 339 2 816 6 505 3 786 8 083
Hwanghae Sud 18 700 43 403 10 800 21 859 20 852 54 591 50 352 119 853
Hwanghae Nord 9 600 20 381 5 800 11 675 14 025 35 483 29 425 67 539
Kangwon 4 700 8 982 1 830 3 113 8 910 20 863 15 440 32 958
Hamgyong Sud 4 000 7 140 1 800 2 835 20 859 50 374 26 659 60 349
Hamgyong Nord - - - - 1 748 3 671 1 748 3 671
Ryanggang - - - - - - - -
Kaesong 2 650 5 482 700 1 323 700 1 580 4 050 8 385
Nampo 3 300 6 514 1 600 2 688 1 128 2 428 6 028 11 630
Total 57 270 123 866 35 630 69 638 98 744 247 253 191 644 440 757
1/ En équivalent céréales, 4 tonnes de pommes de terre correspondent à 1 tonne de céréales.

3.4 Autres sources d’alimentation

Outre les céréales, les tubercules et les légumineuses déjà citées, la mission a noté que les coopératives diversifiaient la production en incluant d’autres catégories d’aliments, notamment les légumes et les fruits, le poisson et le bétail. Il n’a pas été possible d’obtenir des chiffres de production, mais il est recommandé aux futures missions de suivre l’évolution de ce type de production.

Fruits et légumes

Chaque coopérative agricole consacre en permanence une parcelle de terre à la production maraîchère. Les légumes sont cultivés au printemps, en été et à l’automne, et parfois en hiver, sous des serres. Le chou, les radis, les épinards, le concombre, les tomates, l’aubergine et les piments constituent les principales cultures. Les coopératives utilisent environ 20 pour cent de leurs produits et vendent en ville les 80 pour cent restants.

Chaque coopérative réserve également de 20 à 40 hectares à la production fruitière. Pommes, poires, pêches, prunes, abricots, kakis et raisin sont récoltés tous les ans, les excédents étant écoulés en ville. Les chiffres de production ne sont pas disponibles.

Élevage

Depuis le début des années 90, la pénurie d’intrants a contribué au déclin de la production alimentaire nationale. À une certaine époque, la production céréalière avait chuté de moitié et les troupeaux avaient dû être abattus en très grand nombre, en particulier le bétail se nourrissant d’aliments à base de céréales. Compte tenu de la rareté des terres arables, les pâturages permanents/aménagés ne représentent que 0,3 pour cent de la masse continentale, reflétant la contribution relativement faible de l’élevage à la production alimentaire intérieure.

Le gouvernement encourage les fermes d’État et les coopératives agricoles ainsi que les ménages ruraux à élever des petits ruminants, bien adaptés aux conditions difficiles. Priorité est donnée aux chèvres et dans une moindre mesure, aux lapins. Les chèvres s’adaptent très facilement et peuvent se nourrir d’une grande variété de plantes, ce qui rend leur élevage facile et peu onéreux. Les chèvres et les hommes n’entrent pas en concurrence pour l’alimentation en céréales, et les chèvres jouent un rôle de plus en plus important dans l’alimentation qu’elles complètent par leur viande et le lait, ainsi que dans les revenus qu’elles génèrent. Les chèvres de race locale donnent de 200 à 250kg de lait pendant les 200 jours de lactation. Des races améliorées, récemment introduites, ont des rendements qui peuvent atteindre 500kg pendant les 200 jours que dure la lactation. Les coopératives agricoles convertissent une partie des terres en pâturages.

Les lapins sont surtout élevés sur les parcelles des ménages. Le nombre de bœufs reste assez stable, ce qui semble être également le cas des porcs. Le nombre de moutons aurait augmenté, mais aucun des membres de la mission n’en a vu. L’élevage de volaille (poulets, canards et oies) progresse rapidement.

La pisciculture est encouragée et de nombreuses exploitations gèrent au moins 1 à 2 étangs contenant des carpes, des poissons-chats et divers poissons se nourrissant de végétaux. Étant donné les problèmes d’approvisionnement en eau des rizières, certaines exploitations n’accordent qu’une moindre priorité aux étangs. Aucun chiffre de production n’est disponible.

4. SITUATION DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE DE PRODUITS ALIMENTAIRES EN 2001/02 (NOVEMBRE-OCTOBRE)

4.1 Disponibilités intérieures

À l’instar des dernières années, les stocks de céréales vivrières devraient être négligeables. La production constitue donc la seule source d’approvisionnement intérieure. La production totale de céréales et de pommes de terre, en équivalent céréales, pour la campagne de commercialisation 2001/02 (novembre-octobre) est maintenant estimée à 3,66 millions de tonnes, contre l’estimation de 3,54 millions de tonnes avancée par la précédente mission FAO/PAM d’octobre 2001. Cette augmentation de 3 pour cent du volume estimatif résulte de la forte augmentation des rendements des cultures d’hiver/printemps (blé, orge et pommes de terre) par rapport aux prévisions en début de la campagne de commercialisation. La production des cultures d’hiver/printemps a dépassé de 34 pour cent la moyenne des quatre dernières années présumée dans le rapport d’octobre 2001. Ce résultat ne représente cependant que 12 pour cent de la production annuelle totale. Les estimations de la mission précédente concernant le riz, le maïs et les autres cultures de la campagne principale de 2001 n’ont pas été modifiées.

La révision de la production de céréales et de pommes de terre, en équivalent céréales, indique cette année une hausse de 42 pour cent par rapport à la campagne de commercialisation précédente (novembre 2000-octobre 2001), dont le volume était de 2,57 millions de tonnes. Le total des emblavures a légèrement progressé en 2001/02 par rapport à l’an dernier, du fait surtout de l’accroissement des superficies sous riz. L’essentiel de l’élévation de la production provient toutefois de l’amélioration des rendements résultant de conditions météorologiques plus clémentes cette année qu’en 2000/01, marquée par une sécheresse aiguë.

Ce sont sur les parcelles privées des ménages, les flancs de coteaux et des terres non utilisées que se développe la production complémentaire. Aucune estimation précise n’a pu cependant être donnée. Considérée d’ordinaire comme temporaire et négligeable par les autorités et non comprise dans les statistiques officielles, cette forme de production mérite toutefois d’être étudiée, estimée et prise en compte non seulement pour des raisons méthodologiques, mais aussi pour donner plus de précision aux estimations concernant la production.

Le tableau 4 indique la superficie, le rendement et la production de céréales et de pommes de terre, en équivalent céréales, pour la campagne de commercialisation 2001/02 (novembre-octobre) en comparaison à l’année précédente.

Tableau 4. RPD de Corée: Superficies ensemencées, rendements et production 2001/02 par rapport à 2000/01
(superficies en milliers d’hectares, rendements en tonnes/hectares et production en milliers de tonnes)

Culture 2001/02 2000/01
Superf. Rend. Production Superf. Rend. Production
Riz1/ (campagne principale)2/ 572 2.34 1 339 535 2.05 1 099
Maïs (campagne principale) 496 2.99 1 482 496 2.10 1 041
Autres céréales (campagne principale) 62 1.20 74 65 1.00 65
Pommes de terre3/ (campagne principale/printemps) 188 3.03 567 188 1.54 290
Blé et orge (hiver/printemps) 93 2.08 194 93 0.85 79
Total des superficies ense-mencées et de la production 1 410 - 3 656 1 377 - 2 574
1/ Riz paddy en équivalent riz usiné (taux de conversion : 65 pour cent).
2/ Les superficies ensemencées, les rendements et la production des cultures de la campagne principale sont indiquées dans le rapport d’octobre 2001.
3/ Pommes de terre en équivalent céréales (taux de conversion : 25 pour cent).

4.2 Importations

Le graphique 6 ci-dessous indique les besoins estimés des importations céréalières, année par année, de 1995/96 à 2001/02. Au cours de cette période, les besoins d’importations céréalières, qui correspondent au déficit alimentaire national, ont toujours dépassé 1 million de tonnes et ont même atteint plus de 2 millions de tonnes en 2000/01, année où les récoltes avaient été catastrophiques. D’après les autorités nationales, aucune importation par voie commerciale n’a été effectuée de novembre 2001 à juin 2002, bien qu’il soit prévu d’importer 10 000 tonnes de céréales avant septembre 2002. Le gouvernement a reçu 41 000 tonnes de soja sous forme d’un prêt de la Chine et la mission a été informée de l’importation commerciale éventuelle de riz en provenance de la Thaïlande. Sur cette base, la mission a décidé de maintenir la capacité d’importations commerciales du pays à 100 000 tonnes, comme il a été spécifié dans le rapport d’octobre 2001.

4.3 Bilan de l’offre et de la demande de céréales en 2001/02 (novembre-octobre)

Le bilan de l’offre et de la demande de céréales pour 2001/02 a été établi sur la base des hypothèses et des paramètres qui suivent.

L’estimation du nombre d’habitants, portée à 23,5 millions dans le rapport d’octobre 2001, a été révisée, de nouveaux chiffres ayant été fournis à la mission. La nouvelle évaluation, établie maintenant sur une population à 23,078 millions d’habitants au milieu de la campagne 2001/02, a été obtenue en appliquant un taux de croissance annuelle de 1 pour cent (contre 1,5 pour cent précédemment) aux 22,963 millions d’habitants estimés au 1er novembre 2001. La mission a utilisé les chiffres de population fournis par le gouvernement en 1999 et 2001 pour calculer le taux d’accroissement démographique.

Les autres paramètres ne changent pas par rapport au bilan précédent d’octobre 2001.

Le bilan céréalier actualisé pour la campagne de commercialisation 2001/02 (novembre/octobre) figure dans le tableau 5.

Tableau 5. RPD de Corée: Bilan céréalier pour 2001/02 (novembre/octobre)

  (en milliers de tonnes)
DISPONIBILITÉS INTÉRIEURES 3 656
Prélèvement sur les stocks 0
Production nationale 3 656
- Campagne principale 3 215
- Récoltes d’hiver/printemps 441
UTILISATION TOTALE 4 957
Utilisation pour l’alimentation humaine 3 855
Utilisation pour l’alimentation animale 300
Autres besoins et pertes après récolte 144
Importations commerciales 658
BESOINS D’IMPORTATION 1 301
Importations commerciales 100
Aide alimentaire d’urgence (livrée ou en cours d’acheminement 1/ 819 2/
Déficit restant à couvrir 382
1/ Riz, maïs, blé, farine de blé et mélange maïs-soja en équivalent céréales inclus. Légumineuses, huiles végétales et autres produits non compris.
2/ Dont 387 000 tonnes fournies au titre de contributions bilatérales.

Le total des besoins d’importations céréalières en 2001/02 a été révisé et s’établit maintenant à 1,30 million de tonnes, 100 000 tonnes devant être couverts par des importations commerciales ou à des conditions de faveur. Les importations céréalières déjà livrées ou prévues à ce jour dans le cadre de l’aide alimentaire s’élèvent à 819 000 tonnes. Il reste donc à couvrir un déficit alimentaire de 382 000 tonnes pour la campagne de commercialisation en cours. Compte tenu de la capacité très réduite du gouvernement à effectuer des importations commerciales, les livraisons d’aide alimentaire doivent être renforcées pour éviter que les catégories les plus pauvres de la population ne soient confrontées à de très pénibles difficultés dans les prochains mois, avant la prochaine récolte.

5. PREMIÈRES PERSPECTIVES DES RÉCOLTES DE LA CAMPAGNE PRINCIPALE DE 2002

Les premières perspectives des récoltes de la campagne principale de 2002 sont plus encourageantes qu’en 2001, année caractérisée par une forte sécheresse. Le niveau d’humidité des sols a été satisfaisant et les premiers semis ont été engagés en temps voulu, malgré le retard de distribution des intrants. Certains comtés ont signalé que l’approvisionnement en eau d’irrigation était assez abondant tandis que d’autres éprouvaient des difficultés à maintenir un niveau constant dans les rizières.

Riz

Les canaux gravitaires n’ont pu fournir le niveau d’eau requis dans les rizières des provinces de Pyongan Nord et Sud et il a été difficile de pomper l’eau des rivières. Le repiquage du riz devrait cependant se terminer début juin. Certains plants de riz présentaient des signes de jaunissement et d’attaques de foreurs des tiges. Le gouvernement s’est fixé pour objectif de consacrer 583 000 hectares au riz, dont près de 73 pour cent dans la région du grenier à céréales. Ce chiffre est en augmentation par rapport à l’objectif, déjà élevé, de 580 000 hectares en 1999. Quatre provinces sont actuellement encouragées à accroître les surfaces sous riz. Le gouvernement a fourni du matériel de terrassement et de la main d’œuvre pour les aménagements nécessaires qui modifieront l’architecture traditionnelle des rizières en parcelles uniformes rectangulaires, bien ordonnées.

Maïs

Le maïs était déjà en partie parvenu au stade de la panicule, notamment dans les provinces méridionales, mais se développait de manière irrégulière. La mission a observé que des plants robustes en côtoyaient d’autres, rabougris. L’objectif du gouvernement est d’ensemencer 497 000 hectares, dont quelque 63 pour cent dans la région du grenier à céréales. Les emblavures, ciblées à 496 000 hectares en 2000 et 2001, sont donc en légère progression. Le maïs est toutefois largement cultivé à flanc de coteaux et sur les terres marginales, ce qui permet ainsi aux ménages de compléter la production de leurs parcelles privées, officiellement limitées à 30 pyongs (soit 97,2m²) par famille. On ne dispose pas de chiffres de production pour les familles individuelles, les cultures à flanc de coteau et les terres non utilisées. Le soja, intercalé au maïs, est aussi amplement cultivé le long des talus de rétention des rizières.

Pommes de terre

L’objectif officiel est d’emblaver 89 031 hectares en pommes de terre pour la campagne principale de 2002, dont près de 49 pour cent dans la région du grenier à céréales. Les pommes de terre sont maintenant cultivées dans toutes les provinces. Bien connue en Corée – depuis 1824 à Hamgyong Nord et depuis 1857 dans la province de Kangwon, la pomme de terre est à nouveau populaire depuis les cinq dernières années, sous l’effet de la politique gouvernementale. Les superficies s’accroissent tous les ans dans la région du grenier à céréales ainsi que sur les flancs de coteau et dans les montagnes. La mission a également remarqué que des pommes de terre étaient cultivées dans de nombreux potagers (parcelles privées) adjacents aux coopératives agricoles des ménages, soit en monoculture, soit en culture intercalée au maïs et aux haricots.

Autres cultures

Près de 20 000 hectares devraient être consacrés à la patate douce, au sorgho, au sarrasin et au soja. La région du grenier à céréales produit environ 63 pour cent de ces cultures. Selon le Ministère de l’agriculture, la production de triticale, en tant que culture céréalière d’hiver, est actuellement limitée à 750 hectares. Il semble possible d’obtenir des variétés à maturation rapide. La triticale résisterait mieux à la sécheresse que l’orge et le blé et pourrait représenter une option à plus haut rendement pour le programme des doubles cultures prévu pour la campagne 2002-03. Pour la première fois, la triticale figure dans l’appel consolidé pour 2002, en cours, afin de pouvoir importer une quantité suffisante de semences pour emblaver 2 500 hectares.

6. BESOINS ET RÔLE DE L’AIDE ALIMENTAIRE

Sécurité alimentaire des ménages

La campagne principale 2001/02, plus favorable, et l’augmentation sensible des récoltes d’hiver/printemps ont eu des retombées positives sur la sécurité alimentaire des familles tant urbaines que rurales, ce qui s’est traduit par une augmentation des allocations alimentaires des agriculteurs et par une distribution plus importante et plus régulière des rations acheminées par le SDP. Dans les villes comme dans les campagnes, et en comparaison aux dernières années, on trouve une plus grande quantité et une plus grande variété de denrées non céréalières ainsi que de la volaille et des produits animaux.

En dépit de ces changements positifs, il reste de fortes disparités au niveau de l’accès à la nourriture entre les citadins et les ruraux, entre les diverses régions du pays et dans le cas de certaines catégories sociales. Ces disparités se reflètent dans le nombre élevé d’enfants souffrant de malnutrition et par le régime alimentaire très pauvre sur lequel survivent de nombreuses familles urbaines. Compte tenu de la dégradation des conditions de vie et des soins de santé qui pèse sur la situation alimentaire, déjà précaire, de nombreuses familles ont encore des difficultés à sortir du cercle vicieux mauvaise santé - mauvaise alimentation.

La population rurale est en général mieux lotie que les habitants des villes, leur alimentation étant beaucoup plus abondante et plus variée. Pour la campagne de commercialisation 2001/02, les allocations alimentaires des agriculteurs ont été portées à 219 kg pour chacun des membres de la famille et par an (contre 210 kg l’an dernier). Les agriculteurs tirent des revenus de la vente de leurs excédents. De plus, la plupart d’entre eux disposent de jardins potagers de taille relativement importante et cultivent les coteaux, ce qui permet, en sus des allocations officielles, de nourrir directement leur famille. L’élevage de volaille et de bétail a également augmenté, aussi bien dans les coopératives agricoles que dans les ménages individuels. Les exploitations collectives fournissent des aliments (céréales, légumes et lait) aux écoles de leur région.

En ce qui concerne la population urbaine, l’accroissement de la production intérieure et l’aide bilatérale, consentie surtout par la Chine, ont permis au gouvernement d’augmenter les rations distribuées par l’intermédiaire du Système public de distribution à 292g, en moyenne, par personne et par jour durant la campagne de commercialisation 2001/02, soit une progression de 48 pour cent par rapport à l’an dernier. De plus, alors que de graves pénuries alimentaires contraignent souvent le gouvernement à réduire les rations d’avril à août, celles-ci n’ont été que légèrement diminuées en mai cette année et le gouvernement annonce qu’il entend les maintenir à 300g par personne et par jour de juillet à septembre. Il est maintenant plus facile d’accéder à la nourriture et de ne plus dépendre uniquement du SPD puisqu’il est possible d’acheter des céréales et des légumes supplémentaires dans les magasins d’État et sur les marchés des villes. Les personnes bénéficiant de revenus plus élevés peuvent acheter de la viande, bien que la majeure partie des citadins ont peu ou pas accès aux produits carnés. On estime également que près de 30 pour cent de la population urbaine, notamment les habitants des petites villes ou ceux vivant en périphérie des grandes villes, cultive des jardins potagers ou de petites parcelles.

Si, dans l’ensemble, ce tableau est plus positif, il faut toutefois souligner que les rations du SPD – même aux niveaux plus élevés de cette année – couvrent encore moins de 50 pour cent des besoins énergétiques minimaux. Pour de nombreuses familles, les autres sources de nourriture mentionnées précédemment ne suffisent pas à couvrir le déficit alimentaire, notamment pendant les mois d’hiver et de printemps, lorsque les produits se raréfient sur les marchés urbains. Pendant les mois d’été, chaque espace disponible en zones urbaines est cultivé, ce qui prouve l’insécurité alimentaire. Les familles les plus pauvres continuent à se nourrir principalement de produits de cueillette (plantes de montagnes comestibles, par exemple) qui dégénèrent le système digestif, notamment des enfants. La mission considère que le PAM doit continuer à venir en aide aux groupes les plus vulnérables.

Outre les contrastes notables entre villes et campagnes au niveau de l’accès à la nourriture, des disparités régionales préoccupantes sont clairement apparentes. Les zones à dominante industrielle du nord et du nord-est continuent à être les plus touchées par l’insécurité alimentaire, malgré les efforts déployés par le gouvernement pour transférer les excédents vers ces régions déficitaires. Ces zones, où se regroupent un nombre beaucoup plus élevé de personnes dépendantes du SPD, sont encore fortement victimes du ralentissement de l’activité économique. Situées sur des terres relativement pauvres, elles disposent aussi de marchés moins bien achalandés et sont moins adaptées aux cultures potagères. Afin de nourrir leur famille, certains ménages désespérés parcourent à pied plusieurs kilomètres pour se rendre dans les montagnes où ils ont trouvé de petites parcelles (souvent infertiles) à cultiver. Le PAM, sachant que les zones jusqu’à maintenant inaccessibles aux organisations humanitaires jouxtent des secteurs déjà eux-mêmes victimes de l’insécurité alimentaire, se soucie également de la situation des personnes qui y vivent. Il faut espérer que le PAM sera de plus en plus en mesure de venir en aide à tous les Coréens gravement menacés par l’insécurité alimentaire.

La sécurité alimentaire de certaines catégories sociales demeure très précaire. Une enquête réalisée par l’UNICEF et le PAM sur la situation nutritionnelle en 1998 a indiqué des taux élevés de malnutrition chronique parmi les enfants, notamment ceux âgés de 6 mois à 3 ans. Malgré l’amélioration de la situation alimentaire cette année, les mauvaises conditions de vie, l’inadéquation des soins de santé, la précarité de la santé des mères et l’insuffisance d’accès à la nourriture, ensemble réunis, continuent de mettre en péril un grand nombre d’enfants, en particulier dans les familles disposant de faibles revenus ou ayant peu d’autres sources de nourriture. L’impact de ce phénomène se reflète au niveau de l’insuffisance pondérale des nouveau-nés, du retour fréquent des mêmes enfants dans les services pédiatriques et du manque de concentration en classe. L’aide du PAM demeure un intrant critique pour ces enfants et leur mère.

Il est également évident que de nombreuses personnes âgées souffrent d’une grande insécurité alimentaire. Celles qui vivent au sein de leur famille jouissent d’un assortiment alimentaire relativement plus diversifié que les personnes seules qui, hormis les rations du SPD, ont très peu d’autres sources de nourriture. Il faut donc continuer à accorder une haute priorité au maintien d’une aide alimentaire ciblée aux membres les plus pauvres de cette catégorie de population.

Besoins et ciblage de l’aide alimentaire

Au titre de l’opération d’urgence 10141.0, le PAM a sollicité 611 602 tonnes d’aide alimentaire pour 2002. Grâce au soutien généreux de la communauté des donateurs, le PAM a pu mobiliser 85 pour cent des secours nécessaires jusqu’à fin juin 2002. En mai, du fait l’insuffisance des produits dans la filière, le PAM n’a pu toutefois commencer à distribuer les vivres indispensables aux personnes âgées et aux fournisseurs de soins dans les institutions durant la période de soudure, et l’a contraint à réduire les distributions aux enfants des établissements secondaires.

De juillet à décembre, le PAM estime que les besoins d’aide alimentaire ciblée s’élèveront à 317 564 tonnes, dont 274 314 tonnes de céréales. Par rapport à ces besoins et au vu des stocks nationaux et des livraisons prévues, il manquera 127 518 tonnes. L’assistance du PAM vise les groupes sociaux les plus vulnérables qui n’ont pas les moyens de satisfaire eux-mêmes leurs besoins alimentaires. Il faut donc agir de toute urgence pour couvrir le déficit de l’aide alimentaire ciblée au cours de cette période et éviter de nouvelles privations.

Compte tenu de l’état nutritionnel précaire de nombreux enfants, le PAM continuera à apporter des secours alimentaires à ceux âgés de six mois à dix ans tout au long de l’année. Cette assistance transitera par les crèches, les jardins d’enfants, les écoles primaires, les hôpitaux pédiatriques et autres institutions. En complément des rations du SPD, les femmes enceintes et les mères allaitantes recevront également des aliments enrichis afin d’aider à consolider leur santé, à réduire l’insuffisance pondérale à la naissance et à améliorer leur capacité d’allaitement.

En 1999, le PAM a commencé à adopter un ciblage géographique qu’il continuera à appliquer aux zones les plus en difficulté. Dans les zones urbaines des six provinces les plus touchées par l’insécurité alimentaire, et sous réserve de la mobilisation de vivres suffisants, le PAM relancera les programmes d’alimentation destinés aux écoles secondaires, aux fournisseurs de soins dans les institutions et à environ 50 pour cent des personnes âgées les plus démunies vivant en ville. Les personnes âgées continueront à bénéficier d’une aide jusqu’à la fin de la période de soudure (soit fin septembre), priorité étant accordée aux personnes seules ou vivant dans des conditions particulièrement précaires. Par ailleurs, à condition de recevoir des contributions supplémentaires de la part des donateurs, le PAM entend accroître les projets vivres-contre-travail qui sont soigneusement conçus pour couvrir non seulement la période où les travailleurs ont peu d’autres activités, mais aussi les comtés les plus touchés par l’insécurité alimentaire et situés principalement dans les zones industrielles du nord et du nord-est du pays.

L’estimation du nombre de bénéficiaires est indiquée ci-après :

Enfants en orphelinat, 0-16 ans 7 100
Enfants en crèche, 6 mois-4 ans 1 356 400
Enfants en maternelle, 5-6 ans 649 600
Enfants en école primaire, 7-10 ans 1 394 100
Enfants en école secondaire, 11-16 ans 676 000
Personnes âgées 365 000
Enfants accueillis dans les hôpitaux pédiatriques de province 24 400* -
Plus mère les accompagnant 24 400
Enfants souffrant de malnutrition avancée dans les services pédiatriques des hôpitaux nationaux 60 000* -
Femmes enceintes et mères allaitantes 357 000
Participants aux programmes vivres-contre-travail et leur famille 1 200 000
Période de soudure supplémentaire 144 000
Intervention en cas de catastrophe 250 000
TOTAL 6 423 600
* Les enfants hospitalisés ne sont pas inclus dans le total, leur nombre étant réparti entre les groupes d’âge respectifs (crèches, maternelles, écoles).

Le PAM affine encore ses critères de ciblage. Des progrès ont été réalisés dans l’analyse de la vulnérabilité, ce qui a permis au PAM d’identifier les comtés plus particulièrement victimes de l’insécurité alimentaire. Une enquête de l’UNICEF et du PAM réalisée en 2002 devrait également permettre à la communauté humanitaire de beaucoup mieux comprendre non seulement la situation nutritionnelle mais celle aussi de la sécurité alimentaire et les raisons sous-jacentes de la malnutrition. Les résultats devraient servir à préciser le ciblage sur la base de solides critères nutritionnels.

Suivi

Le PAM continue à gérer ses activités à partir de cinq bureaux auxiliaires couvrant toutes les zones accessibles du pays. À la mi-2002, plus de la moitié des 50 membres du personnel du PAM se consacrait à la programmation et au suivi de l’aide alimentaire. Près de 2 462 visites sur le terrain ont été effectuées de janvier à juin 2002, soit 28 pour cent de plus qu’à la même époque l’an dernier.

Les progrès réalisés au niveau du suivi sur le long terme sont encourageants et permettent au PAM de cerner plus clairement la situation de la sécurité alimentaire des ménages et d’améliorer ses programmes. La communauté internationale peut aujourd’hui accéder à 163 des 206 comtés du pays et le personnel chargé du suivi peut recueillir et analyser un plus large éventail de données que dans le passé. En dépit de ces améliorations, le PAM s’inquiète, comme il a été mentionné précédemment, de ne pouvoir évaluer la sécurité alimentaire dans les comtés inaccessibles qui regroupent très certainement les populations les plus vulnérables. Le PAM attend que le gouvernement lui remette très prochainement une liste d’institutions bénéficiaires, ce qui devrait permettre d’introduire un caractère aléatoire plus important dans les mécanismes de suivi. Le PAM continuera à coopérer avec le gouvernement afin d’accéder à un plus grand nombre de comtés et de familles bénéficiaires, et, sans que cela soit planifié, d’interroger des familles et de visiter des marchés locaux et des institutions. Cette évolution devrait développer la confiance des donateurs et renforcer le ciblage de l’aide alimentaire à l’intention des personnes les plus défavorisées en RPD de Corée.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des secrétariats de la FAO et du PAM à partir d’informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s’adresser aux soussignés pour un complément d’informations le cas échéant.
Bureau du Chef
SMIAR, FAO, Rome
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél: GIEWS@FAO.ORG
Mr. J. Powell
Directeur régional, ODB, PAM
Télécopie: 0066-2881048
Mél: John.Powell@wfp.org

Veuillez noter que le présent rapport spécial peut être obtenu sur l’Internet dans le site Web de la FAO à l’adresse URL ci-après: http://www.fao.org/giews

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Table des matières Retour au menu

1. UNICEF, Décembre 2000.

2. NU, Appel commun interinstitutions, 2002.

3. Banque de Corée, Séoul.

4. Economist Intelligence Unit (EIU), 2002.

5. Services douaniers de la République de Corée.

6. EIU et Banque de Corée, Séoul.