SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D’ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES EN RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE

28 octobre 2002

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Faits saillants

  • En RPD de Corée, la reprise de la production agricole engagée l’an dernier s’est poursuivie. La production vivrière a connu cette année une légère amélioration par rapport à celle de l’année passée, qui était elle-même plus élevée que celle de l’année précédente.
  • Cette reprise s’appuie sur divers facteurs: pluviométrie favorable, apports d’engrais et de pesticides grâce à l’aide internationale, disponibilité de semences en temps voulu et affectation prioritaire des ressources au secteur agricole par les pouvoirs publics.
  • La production céréalière pour 2002/03 (y compris les pommes de terre en équivalent céréales) devrait atteindre 3,84 millions de tonnes, soit la meilleure récolte depuis les résultats exceptionnels de 1995/96. On enregistrerait donc une progression de 4,9 pour cent par rapport aux estimations révisées de l’an dernier.
  • Malgré la reprise en 2001 et 2002, la production intérieure se situe encore bien au-dessous des besoins alimentaires minimaux et le pays sera encore tributaire d’une aide alimentaire extérieure substantielle car ses capacités d’importations commerciales demeurent fortement limitées.
  • On a estimé qu’en 2002/03 (novembre/octobre) le déficit était de 1 084 millions de tonnes. Les importations commerciales sont évaluées à 100 000 tonnes, les importations à des conditions de faveur à 300 000 tonnes et l’aide alimentaire à 126 000 tonnes. Il reste un déficit non couvert de 558 000 tonnes qui nécessite une aide alimentaire et des importations à des conditions de faveur complémentaires.
  • Depuis 1995/96, le déficit alimentaire en RPD de Corée dépasse chaque année 1 million de tonnes. Pour faire face à cette pénurie chronique, outre l’aide alimentaire d’urgence, il est recommandé aux pouvoirs publics et à la communauté internationale d’engager un dialogue afin d’établir un cadre approprié permettant de mobiliser l’aide économique, financière et autre requise pour favoriser une production vivrière durable et la sécurité alimentaire générale.
  • Sur la base des analyses de la vulnérabilité, la Mission recommande la mobilisation de 512 000 tonnes d’aide alimentaire (environ 429 000 tonnes en céréales) destinée à 6,4 millions de personnes vulnérables, pour l’année à venir.

1.  VUE D’ENSEMBLE

Une Mission FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires s’est rendue dans le pays du 24 septembre au 5 octobre pour estimer la récolte de 2002, établir des prévisions concernant la production de blé d’hiver et de printemps, d’orge et de pommes de terre pour 2003, et évaluer les besoins d’importations céréalières pour la campagne commerciale 2002/2003 (novembre/octobre) y compris les besoins d’aide alimentaire.

La mission s’est entretenue avec les autorités gouvernementales et le personnel des coopératives. Elle a aussi examiné les récoltes sur pied ou après la moisson, mais encore dans les champs, pour évaluer les rendements. Elle a visité des écoles, des crèches et des hôpitaux, des centres publics de distributions de vivres et a interrogé des familles à la fois dans les villes et en milieu rural. La mission s’est rendue dans sept des douze provinces du pays, qui assurent plus de 80 pour cent de la production nationale de céréales et de pommes de terre, à savoir Pyongan Nord et Sud, Hwanghae Nord et Sud, Pyongyang (districts et cantons ruraux), Kangwon et Hamgyong Sud. Des entretiens avec des organismes des Nations Unies, des ONG et des missions diplomatiques résidant dans le pays ont également eu lieu. Par ailleurs, la mission a utilisé des relevés pluviométriques et de températures ainsi que des images à haute résolution prises par le satellite SPOT-4, afin de comparer l’état de la végétation en 2002 et celui des années précédentes.

Les précipitations relativement abondantes et bien réparties de cette année, ont été reçues en juillet et août, après un mois de juin sec et peu pluvieux en début de campagne. Ces précipitations ont été favorables aux principales cultures, en 2002, et ont compensé les effets négatifs de la vague de sécheresse. Dans diverses régions toutefois, des inondations ont eu des répercussions négatives sur la production. Les réservoirs ont également été remplis, ce qui a permis d’améliorer l’irrigation, reposant principalement sur la force de gravité. L’aide internationale, concernant surtout la fourniture d’engrais et de pesticides, a également permis d’obtenir de meilleurs rendements. Les autorités ont affecté des ressources aux secteurs fortement prioritaires et ont distribué des intrants agricoles aux coopératives, au moment voulu.

De ce fait, la récolte de céréales dépassait cette année d’environ 4,9 pour cent celle de l’an dernier. Il s’agit du meilleur niveau atteint depuis les résultats exceptionnels de 1995/1996; il est supérieur d’environ 49 pour cent à la production réduite de 2000/2001, mais reste supérieur de 6 pour cent environ à celui de 1995/1996. Il convient de noter que les estimations de la production portent aussi sur les prévisions relatives aux récoltes de 2002/03 pour le blé d’hiver et de printemps, l’orge et les pommes de terre à récolter en avril/ mai, qui représentent environ 10 pour cent du total de la production céréalière. Il pourrait être nécessaire de réviser les estimations de la production lorsque l’on connaîtra les résultats de la récolte pour ces cultures.

Malgré les bons résultats obtenus, la production de céréales de 2002 est encore bien inférieure aux besoins minimaux de consommation du pays. La production totale estimative de céréales (y compris les pommes de terre en équivalent céréales) disponible pour la consommation au cours de la campagne commerciale 2002/2003 (novembre/octobre) s’élève à 3,84 millions de tonnes. La consommation vivrière calculée pour une population d’environ 23,3 millions d’habitants, et les autres besoins d’utilisation sont estimés à 4,92 millions de tonnes. Il y a donc un déficit de 1,084 million de tonnes. Les importations commerciales s’établissent, d’après les estimations, à 100 000 tonnes seulement du fait de la faible capacité d’importation du pays, alors que les importations à des conditions de faveur sont évaluées à 300 000 tonnes et l’aide alimentaire dans la filière, à 126 000 tonnes. Cela laisse un déficit non couvert de 558 000 tonnes qui nécessite une aide alimentaire supplémentaire et des importations à des conditions de faveur.

Les récoltes ont été plus abondantes en RPD de Corée, mais un nombre important de familles ne parvient toujours pas à couvrir leurs besoins alimentaires. Les fortes disparités qui existent dans le pays entre le Sud et l’Ouest qui sont excédentaires et le Nord et le Nord-Est qui sont déficitaires sont cruciales pour les questions de sécurité alimentaire, tout comme l’écart marqué entre les villes et les zones rurales et il faudra en tenir dûment compte dans les programmes d’aide alimentaire en 2003.

Il est encore trop tôt pour avoir une idée précise des répercussions des réformes économiques mises en œuvre en juillet 2002. Toutefois, la mission est préoccupée par le taux élevé d’inflation récemment enregistré sur les marchés agricoles et par le poids d’une main d’œuvre excédentaire qui pourrait se faire sentir du fait des efforts déployés dans le secteur industriel et les entreprises publiques pour accroître la productivité et l’efficacité. Il est indispensable d’organiser un suivi précis de ces facteurs au cours des mois à venir. En outre, une enquête nutritionnelle conjointe RPD de Corée/UNICEF/PAM est actuellement en cours, et une fois que les résultats seront connus, ils permettront certainement de mieux comprendre la nature et les causes de la malnutrition, ce qui pourrait se traduire par des modifications des programmes. Une approche très souple et novatrice est nécessaire pour les programmes d’aide alimentaire en 2003, afin que l’aide humanitaire puisse répondre de manière appropriée à l’évolution de la situation économique et du profil de la vulnérabilité.

2. CADRE ÉCONOMIQUE GÉNÉRAL ET AGRICULTURE EN RPD DE CORÉE

2.1 Situation macroéconomique

Dans l’ensemble, la situation macroéconomique n’a guère évolué depuis le dernier rapport. La RPD de Corée, comme cela a été indiqué dans le Rapport spécial de juillet 2002, connaît encore des difficultés économiques qui remontent au début des années 90, époque à laquelle les échanges avec ses partenaires traditionnels de l’ex-Union soviétique et des pays d’Europe orientale se sont détériorés. Les chiffres officiels montrent que de 1993 à 1996, le produit intérieur brut (PIB) a baissé de 50 pour cent pour s’établir à 481 dollars E.-U. par habitant1. En 1998, le PIB a encore fléchi, tombant à 457 dollars E.-U2. Des catastrophes naturelles de grande ampleur ont touché la production agricole du pays en 1996, 1997 et 2000. Une légère reprise économique a été enregistrée en 1999 et en 20003 (croissance de 6,2 et 1,3 pour cent respectivement). Les exportations totales de marchandises sont tombées de 1 025 millions de dollars E.-U. en 1997 et à 597 millions de dollars E.-U. en 1999 mais elles ont légèrement progressé pour atteindre 708 millions de dollars E.-U. en 20004. En revanche, les importations ont augmenté plus rapidement entre 1996 et 2000, entraînant un déficit commercial qui n’a cessé de se creuser pour atteindre 978 millions de dollars E-U. en 2000. Les échanges entre les deux Corées ont progressé de 28 pour cent en l’an 2000 par rapport à l’année précédente5. Toutefois, cette évolution positive ne suffit pas à résoudre les problèmes actuels d’insécurité alimentaire qui touchent la population dans son ensemble.

2.2 Secteur agricole

En 20006, l’agriculture, y compris les forêts et les pêches, représentait environ 30 pour cent du PIB. Au cours des huit dernières années des catastrophes naturelles, plus ou moins graves, sous forme de sécheresse, d’inondations, de raz-de-marée, de tempêtes de grêle, de typhons et d’hivers extrêmement rigoureux ont pesé sur l’agriculture presque tous les ans et réduit la production vivrière. La situation précaire du marché des changes n’a pas permis d’importer par voie commerciale des quantités nécessaires d’intrants agricoles comme les engrais, les pesticides, les bâches plastiques, les pièces de rechange des machines, les pneus de tracteurs et de camions, le carburant, etc. Au cours des années, la production nationale d’engrais est tombée à environ 10 pour cent des besoins totaux, rendant le pays de plus en plus tributaire des engrais. Les rendements de la culture principale (riz), qui s’élevaient à près de 7 ou 8 tonnes de paddy par hectare dans les années 80, ont aujourd’hui diminué de moitié environ, du fait de la raréfaction des intrants agricoles. Afin d’accroître la production vivrière totale du pays, chaque parcelle de terre disponible est cultivée mais l’exploitation des terres marginales a pour effet pervers d’éroder les sols et donc de réduire encore leur productivité. Au cours des huit dernières années, le déficit vivrier est passé de 1,04 million de tonnes en 1998/99 à 2,2 millions de tonnes en 2000/01. Il est donc impératif d’accroître la productivité.

Environ 50 pour cent des tracteurs sont en panne du fait du manque de pièces de rechange, de pneus et de carburant. Les machines agricoles et les moyens d’irrigation, détériorés ou vieillis, ont besoin d’être remis en état ou systématiquement remplacés. Les installations d’irrigation doivent être rationalisées, et reliées de préférence à d’importants réseaux utilisant la force de gravité. Afin que la production agricole s’accroisse de façon durable, il ne suffit pas de fournir une plus grande quantité d’engrais, il faut également introduire d’autres techniques agricoles novatrices et respectant l’environnement (comme l’amélioration de la fertilité des sols avec de l’engrais vert, des produits de substitution des engrais chimiques, la rotation des cultures, la protection intégrée, des réformes des politiques, etc.). Une double récolte de blé et d’orge, après le riz et le maïs (succession de céréales) sur des sols déjà épuisés n’est pas envisageable à long terme. L’introduction de légumineuses dans la rotation des cultures est essentielle. Ainsi, une aide accrue de la communauté internationale est nécessaire pour la remise en état des industries, de l’infrastructure et du secteur agricole.

2.3 Ajustement des politiques économiques7

En juillet 2002, les pouvoirs publics ont annoncé une augmentation substantielle des salaires, des prix et du taux des changes, qui étaient auparavant fortement subventionnés ou maintenus artificiellement à un faible niveau. Les produits agricoles ont aussi été touchés par cet ajustement des politiques économiques. De ce fait, les cours du riz et du maïs dans les centres publics de distribution sont respectivement de 44-46 won (selon la qualité) et de 24 won/kilo, contre environ 0,9 et 0,68 won/kg auparavant. Les prix à la production devraient être d’environ 40 won/kg pour le riz et de 20 won/kg pour le maïs. Toutefois, la plupart des agriculteurs ne semblent pas savoir exactement le prix qu’ils percevront pour leurs produits. On ignore encore pour l’instant quelle sera l’évolution des prix des divers intrants comme les semences, les engrais, les pesticides, le carburant, l’électricité, etc. Ainsi, les agriculteurs réagiront à cet ajustement en fonction de la rentabilité des diverses cultures et cela prendra un certain temps. La plupart des agriculteurs interrogés par la mission ont déclaré qu’ils aimeraient accroître la superficie des terres en double culture. Toutefois cette pratique est limitée par de nombreuses contraintes matérielles. La réforme des prix devrait en principe avoir une influence incitative et leur ajustement périodique, des répercussions favorables sur la production agricole à moyen terme. Si l’on autorise les marchés agricoles8 dans le pays, leur rôle pourrait être important dans ce nouveau système reposant sur des incitations. Il est aussi recommandé que les pouvoirs publics et la communauté internationale ne se bornent pas à fournir une aide alimentaire d’urgence mais engagent un dialogue politique pour créer un cadre facilitant la mobilisation d’une aide économique, financière et d’autre nature en vue d’encourager une production alimentaire durable et une sécurité alimentaire générale.

2.4 Zone administrative spéciale de Sinuju

En septembre 2002, il a été annoncé que la ville de Sinuju; capitale de la province du Pyongan Nord, située sur la frontière, près de Dandong (Chine), bénéficierait du statut de zone économique spéciale. La zone de Sinuju devrait être redéfinie en tant qu’enclave économique de libre échange, comme cela existe déjà plus ou moins, dans l’extrême Nord-Est de la RPD de Corée (zone de Rajin-Sonbong). Pendant de nombreuses années, la ville de Dandong a été l’un des endroits le plus économique pour se procurer des pièces de rechange, du matériel, des intrants agricoles, etc. pour les projets mis en place en RPD de Corée. Dandong bénéficie de liaisons routières, ferroviaires et aériennes fiables avec le reste de la Chine et représente actuellement le nœud routier et ferroviaire le plus stratégique pour transporter des marchandises en RPD de Corée. Vers le Sud, les transports ont été améliorés en rétablissant les liaisons routières et ferroviaires vers Séoul, en République de Corée. Ainsi l’on s’attend à une croissance économique à Sinuiju, avec la politique de libéralisation économique contrôlée.

3. LA PRODUCTION VIVRIÈRE EN 2002/03

3.1 Climat

La péninsule coréenne a un climat continental, la moyenne annuelle des précipitations en RPD de Corée étant de 1054 mm, avec une fourchette de 616 à 979 mm dans le Nord et le Nord-Est (Provinces de Jagang, Ryanggang, Hamgyong Nord et Sud) et de 880 à 1302 mm dans le Centre, le Sud-Ouest et le Sud-Est (Pyongan Nord et Sud, Nampo, Pyongyang, Hwanghae Nord et Sud, Kaesong et Kangwon). Environ 85 pour cent des précipitations sont reçues au cours du printemps et en été, et 60 pour cent de juin à septembre. Les typhons sont fréquents et leurs répercussions se font sentir au moins une fois au cours de la période de végétation, en général à la fin de l’été ou au début de l’automne. Les températures moyennes varient de moins 19°C en hiver (Ryanggang, janvier étant le mois le plus froid) à 25° C en été (Hwanghae Sud, août étant le mois le plus chaud). Le nombre de jours sans gelée oscille de 160 à 190 jours, selon l’altitude et détermine la durée de la campagne agricole et, bien sûr, le choix des cultures.

Pendant l’hiver 2001/2002, il y a eu moins de neige que l’année précédente. Le printemps est arrivé plus tôt qu’à l’ordinaire dans les plaines et les basses terres. Des précipitations se sont abattues sur l’ensemble du pays de mi-avril à mi-mai. Il y a eu ensuite une période de sécheresse relative de plusieurs semaines avant le rétablissement d’une situation normale pour les précipitations en juillet et août, dûment confirmée par les rapports des stations météorologiques. De fortes précipitations au mois d’août ont été signalées dans une zone allant de Nampo, Pyongyang, Pyongan Sud, Hwanghae Nord et Sud, à Kaesong et à Kangwon. D’importantes inondations ont été signalées à Anju et dans les cantons avoisinants dans le Pyongan Sud. En septembre des typhons ont frappé la péninsule coréenne plus au sud, mais les effets ont été surtout ressentis à Kangwon et dans certaines zones côtières de la mer du Japon.

Bien que la RPD de Corée ait été épargnée par les deux typhons qui ont frappé la péninsule plus au Sud, des précipitations violentes ont été enregistrées de juillet à septembre 2002, au moment du passage de ces typhons et des dépressions. Les cultures ont été endommagées trois fois par des précipitations violentes. Une part réduite de maïs a été couchée, ce qui a obligé les agriculteurs à le récolter vert comme fourrage pour le bétail. Les cultures de riz n’ont été que peu ou modérément touchées au cours de la même période, les rizières étant submergées ou parfois détrempées. C’est dans les provinces de Pyongan Sud et de Kangwon que l’on a relevé les inondations les plus importantes. Toutefois, Hwanghae Sud, Pyongyang, Kaesong, Pyongan Nord et Hamgyong Nord ont été touchés par les précipitations, la grêle et les vents violents.

La figure 1 illustre les données relatives aux précipitations de 2002 par rapport aux moyennes à long terme, pour quatre stations représentatives situées dans les principales zones de production vivrière en RPD de Corée.

Figure 1: Précipitations dans diverses provinces de RPD de Corée
(2002 et moyenne à long terme)

Sources: 2002 – Ministère de l’agriculture, moyenne mensuelle des précipitations par province. Données moyennes: FAOCLIM2 – Base de données mondiales agroclimatiques.

Les quantités d’eau disponibles pour l’irrigation sont dans l’ensemble considérées comme suffisantes, toutefois, des problèmes liés à l’énergie (électricité, carburant) ont entravé le pompage et ont provoqué des retards pour le repiquage du riz en maints endroits. Cela n’a affecté que légèrement les rendements du riz. Maintenant que la nouvelle voie d’eau de Pyong-Nam (148 km de Kaechon au Lac Taesong) est achevée, détournant l’eau à travers la province de Pyongan Sud, en direction du Sud-Ouest vers Nampo, les possibilités de renforcer le réseau d’irrigation basé sur la force de gravité sont bien meilleures.

Les températures enregistrées cette année dans la plupart des principales zones de production ont été dans l’ensemble assez favorables au riz et aux cultures de maïs au cours des phases critiques de leurs cycles de croissance (germination et floraison). Toutefois, dans certains cantons, on a enregistré des températures nocturnes inférieures à la normale en juin-juillet, de longues périodes de ciel nuageux, et des périodes d’ensoleillement quelque peu réduites. Cela s’est traduit, comme l’ont signalé les responsables régionaux et agricoles, par une maturation tardive des deux principales récoltes, notamment du riz. Au cours des visites effectuées sur le terrain par la mission, il a été constaté que pratiquement tout le maïs, mais seulement une partie du riz, avaient déjà été rentrés.

3.2 Superficie ensemencée

La superficie totale des terres en RPD de Corée est de 122 543 km2 dont 17 à 18 pour cent sont cultivés, soit un peu plus de 2 millions d’hectares. On estime qu’environ 1,4 million d’hectares sont considérés comme propices à la culture des céréales ; 300 000 hectares sont affectés à la culture des légumes, quelques 160 000 hectares sont des vergers et une superficie importante est consacrée à diverses autres cultures vivrières et commerciales, comme le mûrier, le ginseng et le tabac. Il existe très peu de possibilités d’expansion des superficies cultivées. Les pouvoirs publics ont cherché à bonifier quelque 300 000 hectares de terres soumises à la marée ainsi que 200 000 hectares dans les zones de montagne, en aménageant des terrasses. Du fait des coûts élevés de cette opération, peu de progrès ont été réalisés, essentiellement en montagne. La démarche en cours pour remodeler les parcelles de terre a augmenté la superficie cultivée en riz d’environ 2 pour cent.

Riz

Il s’agit de la principale culture, surtout dans les régions du Centre, du Sud-Ouest et du Sud-Est qui correspondent aux zones de plaines de Pyongan Nord et Sud, de Hwanghae Nord et Sud, de Pyongyang, de Nampo et de Kaesong (connues sous le nom de «grenier à céréales») et à une étroite bande côtière comportant une partie des provinces de Kangwon et Hamgyong Nord et Sud. Des parcelles plus petites sont aussi cultivées dans les provinces de Jagang et de Ryanggang.

Le riz est cultivé dans les plaines alluviales ou en terrasses équipées de systèmes d’irrigation. La superficie cultivée en riz est restée plus ou moins stable au cours de la dernière décennie. Les parcelles de riz varient en forme et en taille. Toutefois, une opération d’uniformisation, province par province, a été engagée au cours des trois dernières campagnes, afin d’améliorer leur tracé. La superficie des parcelles varie maintenant de 0,25 à 0,5 hectare. Elles ont été transformées pour former des lots réguliers, bien délimités, d’une profondeur uniforme, dans de nombreuses plaines des provinces de Pyongan Nord et Sud, du Pyongang, de Nampo, de Kangwon et de Hwanghae Sud. Selon le Ministère de l’agriculture, le réalignement des terres a permis d’accroître la superficie totale cultivée en riz de 4 969 hectares, parvenant ainsi à 74 pour cent du réajustement prévu pour la superficie cultivée. On a remarqué toutefois que pendant des périodes de fortes pénuries d’eau, la superficie rizicole diminuait et était ensuite ensemencée avec du soja, ou avec des cultures plus résistantes comme le sorgho et le mil.

En 2002, la superficie cultivée en riz était de 582 857 hectares, soit une augmentation de 2 pour cent par rapport aux années précédentes, une partie ayant été soustraite à d’autres cultures. Compte tenu des difficultés liées à l’énergie, du fait des quantités importantes d’eau pompées au cours de la présente campagne, il se pourrait bien qu’à l’avenir la culture du riz diminue sur certaines terres irriguées, à moins qu’un système d’irrigation par gravité ne puisse être installé. Dans ces régions il est probable que la culture du maïs se substitue à celle du riz.

Maïs

La culture du maïs est répartie plus uniformément dans toutes les provinces. Il s’agit principalement de maïs pluvial. Jusqu’en 1998, les cultures de maïs occupaient environ 630 000 hectares; depuis, les pouvoirs publics ont abaissé les objectifs en vue d’éviter que cette culture soit pratiquée sur des terres à faible potentiel. Sur ces sols peu fertiles, des céréales ayant moins besoin d’eau et des légumineuses ont remplacé le maïs alors que dans les zones plus productives, les légumes et les pommes de terre de la campagne principale sont maintenant intégrés dans la rotation des cultures. Ainsi la superficie cultivée en maïs en 2002, estimée à 496 390 hectares, est donc restée stationnaire par rapport aux trois années précédentes.

Pommes de terre

Les pommes de terre sont cultivées au printemps (double récolte) dans la région du « grenier à céréales », et comme culture d’été, principalement dans les régions montagneuses du Nord (Jagang, Ryanggang) où la période végétative est plus courte. En culture double, les pommes de terres sont semées en avril-mai et récoltées en juin, alors qu’en culture principale elles sont semées en mai-juin et récoltées en août-septembre. Comme la production et la disponibilité des principales céréales ont diminué ces dernières années, les pommes de terre ont gagné de l’importance dans toutes les principales régions agricoles. La disponibilité de semences de pommes de terre est le facteur le plus limitant pour l’expansion de la superficie cultivée, du fait des difficultés liées au stockage des semences pendant l’hiver. Le mildiou de la pomme de terre a aussi fortement affecté les récoltes dans certaines régions, tout comme les invasions de pucerons. La zone cultivée en pommes de terre de printemps et pour la culture principale représente actuellement 190 000 hectares. Cette année, la zone cultivée en pommes de terres de culture principale était de 89 000 tonnes. Toutefois les semis devraient augmenter de 10 pour cent, le printemps prochain, du fait de l’accent mis par les pouvoirs publics sur les doubles cultures.

Blé et orge

Le blé d’été est cultivé sur les zones de montagne de Jagang, Ryanggang, Hamgyong Nord et Sud où la période de végétation est plus brève. Le blé d’hiver et l’orge de printemps sont produit dans toutes les provinces sauf dans le Ryanggang et le Hamgyong Nord et sont les principales céréales du programme de double culture engagé en 1996 conjointement avec la FAO et le PNUD, dans le cadre d’un programme de relèvement de l’agriculture. Dans les conditions actuelles on considère que ce programme est une stratégie efficace d’accroissement de la production vivrière. L’objectif de ce programme est de consacrer une partie des terres agricoles aux cultures céréalières et aux pommes de terre, entre octobre et juin, et de les remplacer par des cultures de maïs et de riz, de juin à septembre. Les doubles cultures pratiquées dans toutes les provinces, à l’exception de Jagang, Ryanggang et Hamgyong Nord, prenaient encore plus d’importance.

La superficie en double culture de blé d’hiver et de printemps, d’orge de printemps et de pommes de terre de printemps a augmenté, passant de 38 000 hectares en 1997 à 191 644 hectares au cours de la période de végétation hiver 2001/printemps 2002. Le blé d’hiver est semé de la fin du mois de septembre à la mi-octobre, immédiatement après la récolte des cultures de la campagne principale. Les facteurs qui déterminent les superficies cultivées en blé d’hiver sont les pluies d’automne, la disponibilité en temps voulu des semences et la fourniture de main d’œuvre adéquate à un moment où la demande de main d’œuvre est élevée pour nombre d’autres travaux. Les semis d’orge de printemps ont lieu en mars. Une nouvelle expansion de la superficie en double culture est donc prévue dans le cadre des réformes économiques en cours. La superficie prévue devrait augmenter de 10 pour cent pour les cultures hiver/printemps 2002/03 pour atteindre 211 000 hectares dont 63 000 hectares de blé d’hiver, 39 000 hectares d’orge de printemps et 109 000 hectares de pommes de terre de printemps.

Autres cultures

Parmi les autres cultures, on peut citer le blé d’été et l’orge, le sorgho, le mil, le soja, le sarrasin, les légumes (surtout les choux, les épinards, les radis, les concombres, les aubergines et les tomates) et les fruits (principalement les poires, les pêches, les abricots et les kakis). De nombreuses exploitations ont également d’importantes plantations de mûriers. Dans le pays, la brièveté de la période de végétation, réduit les possibilités de rotation des cultures et favorise la monoculture céréalière.

Toutes les terres agricoles disponibles sont organisées et cultivées par 3 295 coopératives et fermes d’État. Ces dernières années, les pénuries alimentaires persistantes ont conduit le pays à adopter des mécanismes d’adaptation et notamment la mise en culture des zones de collines et de montagnes pour étendre la superficie cultivée aux sols fragiles. Les cultures pratiquées sur ces fortes pentes faiblement productives ont mis en péril l’écosystème existant en endommageant la couverture naturelle végétale d’arbustes et de buissons. Ainsi la couche arable fertile s’amenuise car elle est entamée et transportée par les processus d’érosion et de dégradation dans les rivières et les réservoirs où elle se dépose. Les pouvoirs publics ont lutté contre cette avancée en déclarant le déboisement illégal et en décourageant la culture des céréales sur les versants des montagnes. La mission a appris que les terres de montagne sont cultivées principalement par des travailleurs urbains sans terre mais aussi par de nombreux agriculteurs. Il s’agit aussi de travailleurs du secteur des forêts et de l’environnement, chargés du reboisement mais qui ont l’autorisation temporaire de cultiver de petites parcelles. Dans certaines provinces la culture des terres dégradées a diminué mais n’a pas encore cessé.

La superficie totale consacrée aux céréales secondaires comme le sorgho, divers types de mil et le blé et l’orge de contre saison dans les zones montagneuses, est estimée à environ 54 000 hectares. Ces cultures moins gourmandes en eau sont cultivées en utilisant peu ou pas d’intrants achetés. La mission a relevé que des terres précédemment consacrées au maïs auraient été affectées au sorgho. Elle a aussi noté une expansion du soja semé en bordures des rizières, intercalées de plus en plus avec du maïs ou du sorgho et consacrée seulement à l’occasion à la culture exclusive du riz.

3.3 Moyens de production et intrants

Matériel végétal

En RPD de Corée, les semences des variétés de riz à haut rendement et des variétés traditionnelles, ainsi que de maïs hybride, sont remplacées chaque année et livrées aux unités de production des coopératives agricoles, par le système actuel de distribution. La multiplication des semences de qualité se fait dans les coopératives ou dans les exploitations d’État spécialisées. Cette année, les semences ont été comme d’habitude remplacées et distribuées en temps voulu. Les semis de toutes les cultures se sont donc déroulés, dans l’ensemble, aux dates prévues.


Du fait de la sécheresse prolongée du printemps 2001, la germination des semences de maïs a échoué en grande partie, et il a fallu procéder à deux reprises à de nouveaux semis. De nombreuses exploitations ont décidé de semer directement au printemps 2002, plutôt que d’utiliser des plants. La mission a constaté que les semences de maïs hybride pour les semis directs dans les champs étaient en général disponibles. Le taux d’ensemencement varie de 40-50 kg/hectare et la densité est d’approximativement 35 000 à 50 000 plants par hectare9.

Malgré le repiquage, la densité des semis de riz10 est exceptionnellement élevée en RPD de Corée (140-160 kg par hectare). La Mission a estimé que le nombre de plants à l’hectare est également élevé (de l’ordre de 300 000 à 400 000). La diminution de la fertilité des sols contraint les coopératives à augmenter leurs taux d’ensemencement. Le faible labourage pour les variétés les plus communes, nécessite une stratégie agronomique d’adaptation centrée sur l’amélioration des rendements, comme cela a été précédemment signalé par la mission de juillet 2001. Toutefois, les faibles applications d’engrais sur des sols peu fertiles se traduisent par une concurrence entre les plantes pour les éléments nutritifs, au détriment du potentiel d’amélioration des rendements. De nouvelles recherches s’avèrent nécessaires pour établir une corrélation entre les taux d’ensemencement, la densité des plants, la consommation d’engrais et les rendements.

On signale une pénurie générale de films en plastique utilisés pour couvrir les semis, ce qui se traduit par un prolongement de la phase des semis et des opérations de repiquage tardives. Cette année les cultures de riz n’ont bénéficié que dans certaines zones de la disponibilité des films de plastique, nécessaires pendant les semis afin d’atténuer les effets des basses températures du mois de mars, associées au vent, aux gelées et aux effets de la «poussière jaune» en provenance de Chine.

Pour ce qui est des pommes de terre, les semences étaient de qualité médiocre et les taux d’ensemencement ont été faibles (1 tonne par hectare, alors que les recommandations font état de 3-4 tonnes par hectare). Du fait de la pénurie de semences, les pommes de terre sont normalement coupées en quatre (yeux). Une telle pratique a non seulement pour effet d’affaiblir les rendements mais elle favorise aussi les maladies. Cette année, le mildiou n’a heureusement pas gravement touché les cultures, même si l’on a signalé des infestations des pucerons.

Engrais et pesticides

Selon le Ministère de l’agriculture, les disponibilités d’engrais en 2002 se montaient à quelque 189 000 tonnes en équivalent de NPK, soit environ 1 000 tonnes de moins qu’en 2001. En outre, comme il est indiqué dans le document de l’Appel commun des Nations Unies (CAP 2002), les dons de 200 000 tonnes de la part de la République de Corée et de 123 785 tonnes de la part de l’Union européenne ont été reçus et affectés aux cultures de la principale campagne de 2002. On ne comprend pas très bien si ces montants ont été pris en considération dans le calcul du Ministère de l’agriculture, ni s’il existe des «stocks bilatéraux» disponibles pour les récoltes 2002/03 d’hiver et printemps ou pour les cultures d’été. On prévoit encore 100 000 tonnes en provenance de la République de Corée pour la campagne agricole de 2003.

La figure 2 montre que l’utilisation des engrais a constamment baissé, passant d’environ 650 000 tonnes en 1989 à environ 117 000 tonnes en 1998. On a relevé une certaine amélioration au cours des quatre dernières années.

Les disponibilités (73 pour cent) d’engrais sont constituées pour l’essentiel par des dons, aide qui associée à d’autres méthodes de fertilisation (avec des matières organiques, des légumineuses et des engrais verts), a contribué de manière significative à l’accroissement des rendements. Toutefois, la capacité de production intérieure des trois usines d’engrais (Namhung, Hungmam et Aoji) qui souffrent encore non seulement de l’obsolescence, mais aussi des fortes pénuries de matières premières et de pièces de rechange, a continué de fléchir. En 1999, ces unités de production d’engrais ont pu encore produire quelque 30 pour cent des éléments nutritifs, mais en 2002 leur contribution représentait moins de 10 pour cent.

Le taux de fertilisation des cultures de riz et de maïs a augmenté en 2002, du fait d’une disponibilité accrue. Une partie de l’accroissement des rendements de la présente campagne peut être attribuée au renforcement des applications d’engrais, effectuées au moment opportun. Les exploitations coopératives poursuivent leurs efforts de production d’engrais organiques (quelque 25-30 tonnes/hectare de fumier). L’utilisation d’engrais organique, et de pesticides biologiques produits à l’exploitation est fortement encouragée par les responsables des exploitations. Leurs effets sont bénéfiques à long terme et ils se substituent aux importations d’engrais.

Bien que l’on ait fréquemment relevé la présente d’ennemis des cultures au printemps et au début de l’été (foreurs de tiges, cicadelles et charançons du riz), l’épidémie a pu être contrôlée par l’utilisation de pesticides biologiques et de pièges réalisés avec des lampes à huile. On relève un intérêt dans les techniques de protection intégrée, bien que les exploitations coopératives préfèrent utiliser des pesticides chimiques importés pour lutter contre les infestations. Il n’existe pas actuellement de production nationale de pesticides, d’herbicides ou de fongicides chimiques. Selon le Ministère de l’agriculture, en 2002, les importations et/ou l’aide provenant de sources internationales concerne le Deltamethrine (61 000 L) le Nubacuron (200 tonnes), le Mancozeb (140 tonnes), le Carbosulfan (96 tonnes), le Butachlor (55 tonnes), le Quin Chloride (22 tonnes) et le NC‑311 (5 tonnes). Les pesticides biologiques produits sur l’exploitation sont à base de résidus de tabac et contiennent des extraits d’absinthe et d’autres ingrédients, auxquels on ajoute de la Deltaméthrine et d’autres substances toxiques. Les principaux pesticides importés sont ceux à large spectre: nocifs à la fois pour les ravageurs et leurs prédateurs, y compris les ennemis naturels des ravageurs.

Énergie agricole

La préparation des terres pour le riz est encore mécanisée. Toutefois, les animaux de trait (bœufs) sont de plus en plus utilisés, au fur et à mesure que les tracteurs se détériorent. Les animaux de trait ainsi que les tracteurs sont aussi utilisés pour cultiver le maïs. On estime que la moitié seulement des 64 000 tracteurs existants sont opérationnels. Des pneus et des pièces de rechange ont été livrés aux coopératives agricoles. Toutefois, nombre des tracteurs utilisés sont vieux et dans certains cas ils sont affectés exclusivement au transport des marchandises et ne servent pas dans les champs. Bien que la fourniture de carburant et d’énergie électrique aux coopératives agricoles ait été maintenue au niveau de l’an dernier, les agriculteurs signalent une carence de ces sources d’énergies, surtout pour l’irrigation.

Irrigation

Le pays a un potentiel hydrique élevé mais des disponibilités en terres agricoles réduites. Il convient de rappeler toutefois qu’en 1995-96, de fortes pluies et des raz-de-marée ont provoqué des inondations désastreuses qui ont considérablement endommagé le réseau d’irrigation. En général, le réseau d’irrigation utilise une grande quantité d’énergie (principalement pour le pompage électrique) et les usines électriques et les infrastructures arrivent au terme de leur durée de vie économique. La situation à court terme s’est toutefois améliorée avec la réalisation récente des 148 km de voie d’eau de Pyong-Nam, dans la province de Pyongan Sud. La construction de deux voies d’eau similaires (Pyongan Nord, Hwanghae Nord-Kangwon) est également envisagée. Il s’agit de systèmes d’irrigation par gravité, qui seront reliés au réseau existant, ce qui permettra une réduction du nombre des stations de pompage.

En RPD de Corée, le système d’irrigation est tributaire de l’eau disponible dans les réservoirs et dans les fleuves. En 2000 et 2001, le niveau de l’eau dans les réservoirs était bien inférieur à la capacité normale. Toutefois, d’abondantes précipitations bien réparties au cours de l’été 2001 et cette année, de la mi-avril jusqu’au mois de septembre, a permis d’avoir des niveaux satisfaisants dans la plupart des réservoirs d’irrigation. En septembre 2002, le niveau de l’eau dans huit des principales stations dépassait de 50 pour cent la capacité normale (59 pour cent à l’échelle du pays - figure 3).

3.4 Rendements et production

Riz

Cette année, la production de riz irriguée est estimée à 2,19 millions de tonnes (riz non usiné) soit environ 6,2 pour cent de plus que l’an dernier et quelque 29 pour cent de plus que les résultats médiocres obtenus en l’an 2000. Toutefois, elle est encore d’environ 9 pour cent inférieure à la production de 1996/97 (meilleure récolte de riz en RPD de Corée depuis 1995/96). Les rendements de la campagne principale en 2002 sont d’environ 4,2 pour cent supérieurs aux rendements de l’année précédente.

L’irrigation a été fournie de manière régulière à la plupart des rizières. Les précipitations, au cours de la période juin-août ont été favorables pendant les périodes de végétation les plus délicates pour les cultures, toutefois, la Mission a appris qu’au cours de la même période les températures ont été souvent inférieures à la normale, en particulier les minima nocturnes, tout comme d’ailleurs les heures d’ensoleillement. Dans l’ensemble on a enregistré cette année un accroissement de l’ensemble des disponibilités en eau d’irrigation par rapport à 2000 et 2001 mais des difficultés techniques relatives au pompage de l’eau ont en fait retardé le repiquage en mai-juin. Les résultats sont globalement plus satisfaisants que l’an dernier du fait d’une application accrue d’engrais, d’une meilleure préparation des terres et de la faible incidence des ennemis des cultures et des maladies.

Maïs

Selon les prévisions, la production annuelle de maïs devrait atteindre 1,65 million de tonnes, soit une progression de 11 pour cent environ par rapport à l’an dernier. La germination a été dans l’ensemble satisfaisante, environ 50 pour cent des cultures ayant été semées directement et non replantées. Des pluies de printemps favorables ont eu lieu au moment de la floraison et de la pollinisation. Certains champs de maïs ont été couchés et/ou gorgés d’eau dans certaines zones de la province de Pyongan Sud et de Kangwon) au cours de brèves périodes pendant lesquelles on a enregistré de fortes précipitations, en août et en septembre. Le maïs endommagé, récolté vert, a été utilisé comme fourrage.

Pommes de terre

La production d’été de pommes de terre est estimée à 1,14 millions de tonnes, (environ 284 000 tonnes en équivalent céréales). Elle est inférieure d’environ 11 pour cent à celle de l’année passée, du fait, principalement, de la mauvaise qualité des semences.

Les prévisions de production pour la double récolte (mi-2003) indiquent que les rendements devraient être dans la moyenne des cinq dernières années. La superficie devrait augmenter de 10 pour cent par rapport aux niveaux de cette année, du fait de l’accent mis sur la double récolte au titre du programme d’ajustement de la politique économique actuelle des pouvoirs publics.

Le tableau 1 montre la répartition prévue des superficies cultivées (nationales et par province) et la production envisagée pour 2002/03, alors que le Tableau 2 donne la superficie, le rendement et la production des céréales et des pommes de terre (en équivalent céréales) pour la campagne de commercialisation novembre 2002-octobre 2003 et établit des comparaisons avec l’année précédente. Selon les prévisions, la production des cultures d’hiver et de printemps à récolter en 2003 devrait correspondre aux indications données plus haut.

Tableau 1: RPD de Corée – Superficie et production des cultures de la campagne principale (2002) et prévisions relatives à la production en doubles cultures, par province, 2002/03 (superficie en milliers d’hectares, production en milliers de tonnes)

Province Cultures principales Double récolte hiver/printemps Total annuel des
récoltes
Riz 1/ Maïs Pommes de
terre
(équivalent
céréales)
2/
Autres
céréales
Total Blé d’hiver Orge de
printemps
Pommes de
terre de
printemps
(équivalent
céréales)
2/
Total Total général
Sup. Prod. Sup. Prod. Sup. Prod. Sup. Prod. Sup. Prod. Sup. Prod. Sup. Prod. Sup. Prod. Sup. Prod. Sup. Prod.
Pyongyang 3/ 26.5 72.3 14.0 52.7 0.8 2.5 0.3 0.5 41.6 127.9 3.3 7.0 2.9 5.1 1.3 2.4 7.5 14.5 49.1 142.4
Pyongan Sud 98.0 238.8 61.2 214.9 6.7 20.1 1.8 2.2 167.7 476.0 8.5 17.6 6.5 11.6 16.1 28.1 31.2 57.3 198.9 533.3
Pyongan Nord 103.1 261.7 87.0 321.9 11.0 31.5 5.2 6.2 206.3 621.4 3.9 8.0 4.0 7.0 13.0 22.6 20.9 37.6 227.2 659.1
Jagang 7.0 15.0 36.7 119.2 1.4 5.0 5.2 9.0 50.3 148.2 0.1 0.3 0.9 1.5 3.1 5.2 4.2 7.0 54.5 155.2
Hwanghae Sud 150.3 393.8 80.0 307.9 16.1 49.7 4.5 5.4 250.9 756.7 20.6 43.3 11.9 21.0 22.9 39.9 55.4 104.2 306.3 860.9
Hwanghae Nord 48.0 117.1 69.4 228.0 5.2 14.7 0.7 0.8 123.3 360.6 10.6 21.8 6.4 11.3 15.4 26.7 32.4 59.8 155.7 420.3
Kangwon 35.8 69.5 36.6 95.4 2.7 6.5 1.3 1.7 76.4 173.2 5.2 10.4 2.0 3.5 9.8 16.6 17.0 30.5 93.4 203.6
Hamgyong Sud 60.0 128.9 48.0 153.6 7.4 21.2 8.7 15.4 124.1 319.1 4.4 8.8 2.0 3.3 22.9 39.0 29.3 51.1 153.4 370.2
Hamgyong Nord 24.9 51.4 47.0 104.3 11.9 34.3 3.4 6.2 87.1 196.3         1.9 3.2 1.9 3.2 89.1 199.5
Ryanggang 1.9 2.9 3.4 9.9 22.5 91.1 22.0 46.4 49.9 150.3                 49.9 150.3
Kaesong 12.0 29.8 6.0 18.9 0.6 1.5 0.3 0.3 18.9 50.6 2.9 5.9 0.8 1.3 0.8 1.3 4.5 8.4 23.4 59.0
Nampo 15.4 39.5 7.0 24.3 2.5 6.4 0.5 0.5 25.4 70.7 3.6 7.4 1.8 3.0 1.2 2.1 6.6 12.5 32.1 83.2
Total 582.9 1 420.7 496.4 1 651.0 89.0 284.5 53.9 94.6 1 222.1 3 450.9 63.0 130.5 39.2 68.4 108.6 187.2 210.8 386.1 1 432.9 3 837.0
1/ Taux d’usinage de 65 pour cent.
2/ Taux de conversion des pommes de terre en équivalent céréales de 25 pour cent.
3/  Ville et districts ruraux et cantons.

Tableau 2: RPD de Corée – Superficie, rendements et production en 2002/03, par rapport à 2001/02  (superficie en milliers d’hectares, rendement en tonnes/hectares et production en  milliers de tonnes)

Culture 2002/03 2001/02 Variation 2002/03 par rapport
à 2001/02 (%)
Sup. Rend. Prod. Sup. Rend. Prod. Sup. Rend Prod.
Cultures de la campagne
principale
:
                 
Riz 1/ 583 2.44 1 421 572 2.34 1 338 1.9 4.2 6.2
Maïs 496 3.33 1 651 496 2.99 1 483 0.1 11.2 11.3
Autres céréales 2/ 54 1.76 95 62 1.20 74 -13.1 46.4 27.3
Pommes de terre 3/ 89 3.20 284 89 3.60 320 0.0 -11.2 -11.2
Total 1 222 - 3 451 1 219 - 3 216 0.3 - 7.3
Cultures d’hiver/printemps:4/                  
Blé 63 2.07 130 57 2.16 124 10.0 -4.3 5.3
Orge 39 1.75 69 36 1.95 70 10.0 -10.5 -1.5
Pommes de terre 3/ 109 1.72 187 99 2.50 247 10.0 -31.3 -24.5
Total 211 - 386 192 - 441 10.0 - -12.5
Superficie totale récoltée
et production
1 433 - 3 837 1 411 - 3 657 1.6 - 4.9
1/ Taux d’usinage de 65 pour cent.
2/ Y compris le sorgho, le mil ainsi que le blé et l’orge d’été.
3/ Taux de conversion des pommes de terre en équivalent céréales de 25 pour cent.
4/ Repose sur des prévisions pour la campagne de double culture de 2002/03.

La figure 4 indique la production totale de céréales (y compris le riz usiné et les pommes de terre en équivalent céréales) de 1995/96 à 2002/03. On relève une tendance négative pour les niveaux de production à long terme, de 1995-96 à 2000/01, avec une certaine reprise en 2001/02 et 2002/03.

Figure 4 – RPD de Corée – Riz, maïs et production céréalière totale

3.5 Production animale

À la suite des graves pénuries alimentaires, la politique des pouvoirs publics dans ce secteur tend à décourager l’élevage des monogastriques qui ont une alimentation à base de céréales, au profit des ruminants, notamment des chèvres, et des lapins.

Après un net fléchissement du cheptel en 1997, dû à des inondations catastrophiques, les estimations officielles indiquent un renversement positif de tendance pour toutes les espèces, bovins et ovins excepté (tableau 3).

Tableau 3: RPD de Corée – Cheptel  1996-2002 (milliers de têtes)

  1996 1997 1998 1999 2000 2001 2002 Variation
en % en
2002 par
rapport à
1996
Bœufs 615 545 565 577 579 570 575 -6.5
Bovins n.d. n.d. n.d. n.d. n.d. 9 9 -
Porcins 2 674 1 859 2 475 2 970 3 120 3 137 3 152 17.9
Ovins 248 160 165 185 185 189 170 -31.5
Caprins 712 1 077 1 508 1 900 2 276 2 566 2 693 278.2
Lapins 3 056 2 740 2 795 5 202 11 475 19 455 19 482 537.5
Poulets 8 871 7 547 8 965 10 371 14 844 15 804 17 259 94.6
Canards 1 098 822 1 372 1 624 2 078 3 158 4 189 281.5
Oies 554 357 462 829 889 1 090 1 247 125.1

4. PERSPECTIVES CONCERNANT L’OFFRE ET LA DEMANDE DE PRODUITS ALIMENTAIRES  2002/03 (novembre/octobre)

Bilan de l’offre et de la demande de céréales (2002/03)

Pour dresser le bilan de l’offre et de la demande de céréales pour la campagne 2002/03 (novembre/octobre), on a retenu les hypothèses et les paramètres suivants:

Le bilan céréalier pour la campagne commerciale 2002/03 (novembre/octobre) figure au tableau 4.

Tableau 4: RPD de Corée – Bilan céréalier pour 2002/03 (novembre/octobre, en milliers de tonnes)1/

DISPONIBILITÉS INTÉRIEURES 3 837
Prélèvements sur les stocks
Production intérieure
0 3 837
  - Production de la campagne principale 3 451
  - Production d’hiver/de printemps 386
UTILISATION TOTALE 4 921
Alimentation humaine 3 893
Alimentation animale 178
Besoins en semences 160
Autres utilisations et pertes après-récolte 691
BESOINS D’IMPORTATIONS 1 084
Capacité d’importations commerciales 100
Importations à des conditions de faveur 2/ 300
Déficit à couvrir 684
  dont aide alimentaire d’urgence annoncée/prévue 3/ 126
1/ Y compris les pommes de terre en équivalent céréales.
2/ Riz importé prêté par la République de Corée (400 000 tonnes moins 100 000 tonnes consommées en octobre 2002 avant la nouvelle campagne commerciale).
3/ Comprend une estimation prudente de 100 000 tonnes en provenance de Chine.

Les besoins totaux d’importations de céréales en 2002/03 sont estimés à 1,084 million de tonnes, comme le montre rétrospectivement la figure 5. Au cours des sept dernières années, les besoins d’importation de céréales (ou déficit alimentaire national) ont dépassé un million de tonnes, atteignant même plus de 2 millions de tonnes en 2000/01, année où la récolte a été la plus désastreuse. Au cours des deux dernières années, l’écart se réduit mais il est encore supérieur au niveau le plus bas (1,04 million de tonnes) de 1998/99. Pour l’année à venir, le déficit vivrier à couvrir est estimé à 684 000 tonnes, en supposant que les importations commerciales et que les importations à des conditions de faveur se concrétisent. La République de Corée a offert un prêt de 400 000 tonnes de riz, dont 100 000 tonnes devraient être consommées avant le début de la prochaine campagne de commercialisation. De ce fait, les 300 000 tonnes restantes figurent dans le bilan alimentaire comme importations à des conditions de faveur pour l’année à venir. L’aide alimentaire qui devrait être en stock ou arriver après le 1er novembre 2002, est estimée à 126 000 tonnes de céréales. Ainsi le déficit à couvrir est important et doit être examiné sérieusement. Il convient d’insister sur le fait que si la communauté internationale ne répond pas de manière positive, des millions de personnes, y compris un grand nombre d’enfants, de personnes âgées, de femmes enceintes et de mères allaitantes connaîtront en RPD de Corée de graves difficultés qui se traduiront par la malnutrition et un mauvais état de santé.

Compte tenu des crises alimentaires chroniques qu’a connues la RPD de Corée au cours des huit dernières années, la mission a recommandé que les pouvoirs publics et la communauté internationale ne se bornent pas à fournir l’aide alimentaire d’urgence nécessaire, mais s’engagent en outre à établir un dialogue pour mobiliser l’aide économique, financière et toute autre forme d’assistance nécessaire en vue d’encourager une production vivrière durable et une sécurité alimentaire générale.

Le tableau 7 fournit des bilans céréaliers par province. Dans trois provinces seulement (Pyongan Nord, Hwanghae Nord et Sud) sur douze, il y a un léger excédent, alors que dans les neuf autres, on enregistre de graves pénuries (allant de 14 000 tonnes dans le Ryanggang à 434 000 tonnes dans le Pyongyang).

Tableau 5: RPD de Corée - Excédent/déficit par province en 2002/03 (en milliers de tonnes)

Province Riz Maïs Pommes de
terre (en
équivalent
céréales)
Autres
céréales
Total
céréales
Production
céréalière
disponible
pour
l’alimen-
tation
1/
Population 2/
(en milliers)
Consomma-
tion de
céréales
3/
Excédent/
Déficit
Pyongyang 72 53 5 13 142 105 3228 539 -434
Pyongan Sud 239 215 48 31 533 391 3193 533 -142
Pyongan Nord 262 322 54 21 659 487 2741 458 30
Jagang 15 119 10 11 155 115 1297 217 -101
Hwanghae Sud 394 308 90 70 861 631 2327 389 242
Hwanghae Nord 117 228 41 34 420 309 1732 289 19
Kangwon 70 95 23 16 204 148 1472 246 -98
Hamgyong Sud 129 154 60 27 370 268 3066 512 -244
Hamgyong Nord 51 104 38 6 199 146 2325 388 -243
Ryanggang 3 10 91 46 150 106 719 120 -14
Kaesong 30 19 3 7 59 43 380 63 -20
Nampo 40 24 8 11 83 60 829 138 -78
Total 1 421 1 651 472 294 3 837 2 809 23 309 3 893 -1 084
1/ Après déduction des quantités nécessaires, l’alimentation animale, des pertes et des autres utilisations.
2/ Chiffres révisés de la population projetés pour la mi 2002/03 en utilisant des taux de croissance révisés de 1 pour cent.
3/ 167 kg de céréales par habitant/an.

5. BESOINS ET RÔLE DE L’AIDE ALIMENTAIRE

5.1 Sécurité alimentaire des ménages

Des récoltes assez satisfaisantes, pour la deuxième année consécutive, permettront de soutenir les progrès effectués dans le domaine de la sécurité alimentaire au niveau national, depuis les récoltes désastreuses de 1997/98 et 2000/01. Au niveau des ménages toutefois, la situation est très différente et pour la population urbaine surtout il reste de graves problèmes à résoudre (pouvoir d’achat, disponibilités insuffisantes sur les marchés) ce qui se traduira souvent par une alimentation non diversifiée. Il est encore trop tôt pour prévoir l’incidence, à moyen et à long termes, que le processus d’ajustement économique aura sur la sécurité alimentaire des ménages. Toutefois, il est à peu près certain que cela changera le profil de la vulnérabilité dans le pays, ce qui nécessitera un degré élevé d’innovation et de souplesse dans les programmes d’aide humanitaire.

Au cours de la campagne de commercialisation 2002/03, les pouvoirs publics maintiendront l’allocation en vivres pour la population agricole au niveau substantiel de 600 gr par jour, pour chaque membre de la famille, indépendamment de l’âge (219 kg par an). Cela couvre largement les besoins quotidiens en céréales des familles. Les agriculteurs peuvent compléter ces rations par la production de leurs potagers11 et celle des cultures effectuées sur les collines. Depuis un ou deux ans, ils ont augmenté leurs troupeaux. Ils obtiennent également des revenus supplémentaires par la vente de la production excédentaire sur les marchés agricoles. En général, cela leur permet d’avoir une alimentation plus riche et diversifiée et de bénéficier d’une plus grande sécurité alimentaire que celles de la population urbaine. Cela vaut aussi pour les agriculteurs des exploitations d’État qui reçoivent une allocation en vivres mais qui en même temps perçoivent des salaires bien plus élevés que nombre d’ouvriers urbains et cultivent en outre des potagers d’une superficie non négligeable. Ces familles disposent probablement de la moitié de leur revenu mensuel après avoir couvert leurs besoins alimentaires de base.

Il est encore difficile d’évaluer les répercussions des réformes économiques sur l’économie des coopératives agricoles puisque les prix des intrants agricoles, comme les semences, les engrais, les pesticides, le carburant et les pièces de rechange, n’ont pas encore été fixés. Toutefois, compte tenu de la politique adoptée par les pouvoirs publics, selon laquelle les personnes qui produisent des vivres pour le pays devraient être encouragées, il est fort improbable que la situation des familles dans les coopératives agricoles se détériore (le loyer gratuit dont bénéficient aussi bien les agriculteurs des exploitations d’État que ceux des coopératives en fournit déjà un bon élément d’appréciation).

En général, les populations urbaines sont encore plus vulnérables que les populations rurales. Malgré un léger accroissement des récoltes, les pouvoirs publics ont annoncé qu’ils ne disposeront que d’un peu plus de 270 g de céréales par personne et par jour, par le biais du SPD, l’année prochaine (soit un recul de 7,5 pour cent par rapport à la campagne de commercialisation en cours)12. Cette ration de céréales ne couvre que 45 pour cent des besoins énergétiques quotidiens de la population urbaine. La capacité de la famille de couvrir les 55 pour cent restants est un facteur décisif et critique qui détermine la sécurité alimentaire urbaine.

Afin de couvrir ses besoins alimentaires de base, une famille urbaine moyenne est obligée de dépenser de 75 à 85 pour cent de ses revenus pour la nourriture, y compris les achats effectués auprès du SPD, dans les magasins d’État 13 et sur les marchés agricoles14. Par comparaison les agriculteurs des exploitations d’État n’affectent à ce poste que 20 à 35 pour cent de leurs revenus et les agriculteurs des coopératives agricoles encore moins.

Un autre point fondamental est que les familles urbaines sont fortement tributaires des marchés agricoles pour compléter la ration du SPD, certaines devant acheter de 25 à 30 pour cent de leur nourriture sur ces marchés, selon la composition de leur famille. Le renforcement récent de la monétisation de l’économie a donné lieu a une importante inflation sur les marchés agricoles, les prix du riz ayant augmenté de 50 pour cent en trois mois seulement. Les conséquences de ce phénomène sont évidentes pour ceux qui sont fortement tributaires des marchés et qui ont de plus en plus de mal à acheter suffisamment de nourriture pour couvrir les besoins de leurs familles. Cette situation est observée dans toutes les régions du pays et s’aggrave encore pendant la période de soudure (qui peut durer 5 mois). Toutefois le problème risque de toucher davantage les provinces du Nord et du Nord-Est, où les disponibilités en vivres des marchés agricoles devraient être inférieures du fait d’une disponibilité plus réduire de terres arables d’une productivité moindre de ces terres, et des possibilités plus limitées d’exploiter un potager rentable dans les exploitations.

Les réformes des prix auront probablement une incidence positive sur l’économie d’un certain nombre de ménages urbains. Les plus avantagés sont ceux qui effectuent des travaux pénibles, comme les mineurs. Ces groupes recevaient déjà un traitement de faveur dans l’ancien système, mais l’augmentation récente des salaires est proportionnellement plus élevée pour eux. Les habitants des villes «non productifs» sont les moins favorisés (femmes au foyer, personnes âgées et personnes employées dans les secteurs moins productifs). Ces groupes ont vu disparaître les avantages dont ils bénéficiaient avec l’ancien système des coupons et ont vu se creuser l’écart entre leurs revenus et leur niveau de vie, et ceux de leurs voisins plus «productifs».

Le PAM a pu récemment, pour la première fois, effectuer des analyses rudimentaires sur l’économie alimentaire des ménages en RPD de Corée. Elles ont été possibles grâce aux quantités importantes de données rassemblées par le personnel du PAM lors d’entretiens de groupes tenus à la fois avec des familles rurales et avec les familles urbaines. Cela illustre aussi le nouveau niveau de partenariat ouvert dont bénéficie le PAM avec les pouvoirs publics en RPD de Corée. Les données sur les salaires et les retraites, les prix des produits dans les magasins du SPD et de l’État et sur les marchés agricoles, les loyers, les coûts des services et des transports ont permis d’établir le profil économique des ménages, pour des familles de différentes tailles et composition et dans diverses situations. On voit aussi la manière dont chaque ménage essaie de couvrir ses besoins alimentaires de base en utilisant toutes les possibilités (vivres et revenus) dont il dispose.

Ces analyses ont confirmé à la fois les objectifs et l’ampleur du programme du PAM pour 2003. Elles ont également confirmé que certains sous-groupes de la population urbaine sont très vulnérables, indépendamment de l’endroit où ils vivent. Les mères et les enfants restent le groupe le plus vulnérable, compte tenu de leurs besoins alimentaires spécifiques qui ne peuvent pas être couverts, dans le contexte actuel, sans une aide alimentaire extérieure. Les mères et les enfants sont particulièrement vulnérables en milieu urbain, puisqu’ils ont accès à des quantités de nourriture moindre par rapport aux populations rurales et à une alimentation beaucoup moins diversifiée, notamment pour ce qui est des sources de protéines et de micronutriments.

Dans les villes, un grand nombre de familles nombreuses sont frappées par l’insécurité alimentaire. Même lorsque le mari et la femme travaillent et qu’ils disposent des revenus supplémentaires d’une retraite, les familles nombreuses (de 4 à 6 personnes) ont énormément de mal à joindre les deux bouts, du fait surtout des quantités importantes de céréales qu’elles doivent acheter pour compléter la ration du SPD. La plupart doivent consacrer plus de 80 pour cent de leurs revenus à l’alimentation. Elles dépendent beaucoup des marchés agricoles, certaines ayant besoin de se procurer de 15 à 50 kg de céréales par mois, même si elles disposent d’un jardin potager. Ces familles sont vulnérables tout au long de l’année et seront parmi les plus durement frappées si l’inflation persiste sur les marchés agricoles. Elles ne parviendront pas du tout à s’en tirer pendant la période de soudure, lorsque les disponibilités de céréales et autres vivres diminuent sur les marchés agricoles et dans les magasins d’État.

Certaines personnes âgées sont également frappées. Les plus vulnérables (les veuves vivant seules ou les couples n’ayant qu’une retraite) ne peuvent couvrir que 60 à 70 pour cent de leurs besoins alimentaires avec leur retraite; ils ne peuvent acheter qu’une quantité réduite de légumes dans les magasins d’État et n’ont pas les moyens de s’approvisionner sur les marchés agricoles. D’autres ont recours aux marchés agricoles pour les achats additionnels de vivres, ce qui signifie qu’ils connaîtront des difficultés pendant les mois de soudure si l’inflation persiste. Les ménages âgés de ce type sont durement frappés, dans toutes les régions du pays, puisque leur problème tient moins à la disponibilité de vivres sur les marchés qu’au manque de liquidités pour accéder à ces marchés, après avoir acheté de leur ration de SPD et payé le loyer, le chauffage et les services.

Dans le cadre de la réforme économique, la main d’œuvre excédentaire dégagée lorsque les usines tentent d’augmenter leur productivité et leur efficacité est affectée par les autorités publiques à d’autres entreprises ou à des programmes de travaux publics. Ainsi, ces personnes peuvent encore percevoir un salaire qui - en fonction du nombre de jours de travail effectués et de la production dans les programmes de travaux publics – devrait en théorie être pratiquement identique à celui qu’elles percevaient auparavant. Dans les régions du Nord et du Nord-Est, où il existe une forte concentration d’industries qui périclitent ou qui sont improductives, les programmes de travaux publics risquent de ne pas pouvoir absorber une main d’œuvre excédentaire trop importante.

Pour conclure, on peut donc dire que les réformes économiques et les progrès réalisés en RPD de Corée devraient avoir un effet positif à long terme, mais qu’en même temps, de nombreuses familles ont encore beaucoup de mal à couvrir leurs besoins alimentaires de base. Pour certaines, cela est même impossible. Les possibilités d’accès à la nourriture varient selon les régions, le Nord et le Nord-Est étant fortement touchés, du fait de leur faible potentiel agricole, de la plus forte concentration de personnes qui sont tributaires du SPD et du recul des activités économiques. Toutefois, l’écart entre les villes et les campagnes est encore plus marqué que les disparités géographiques, un certain nombre de familles urbaines souffrant de graves problèmes de sécurité alimentaire. Une aide alimentaire, destinée à certains groupes spécifiques très vulnérables doit donc être maintenue pendant l’année prochaine pour éviter de graves problèmes.

5.2 Besoins et ciblage de l’aide alimentaire

Du fait des progrès continus réalisés dans le domaine de la sécurité alimentaire de la population agricole et de la marginalisation de nombre de familles urbaines, la mission recommande que le PAM centre de plus en plus son action sur les zones urbaines et notamment, sur les groupes vulnérables ayant des besoins spécifiques.

Plus de 50 pour cent du programme du PAM concerne les enfants de 6 mois à 10 ans des crèches, des écoles maternelles et des écoles primaires ou des diverses institutions telles qu’orphelinats et hôpitaux. La santé des mères continue à être fortement prioritaire. Seules les femmes enceintes et les mères allaitantes des villes tributaires du SPD sont ciblées, compte tenu du régime alimentaire plus riche et varié dont bénéficient les femmes rurales. Les analyses récentes du PAM effectuées sur la situation économique des ménages ayant confirmé la vulnérabilité des personnes âgées, la mission recommande que le PAM élargisse son assistance à ce groupe, du point de vue géographique, mais la rende plus sélective. Les recommandations relatives au nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire sont indiquées ci-après.

Tableau 6:  RPD de Corée – Recommandations relatives au nombre de bénéficiaires de l’aide alimentaire en 2003

Orphelinats  
- Enfants 7 144
- Personnel d’encadrement 1 539
Crèches  
- Enfants (6 mois-4 ans) 1 148 217
- Personnel d’encadrement 107 194
Écoles maternelles  
- Enfants (5-6 ans) 577 335
- Personnel d’encadrement 41 367
Écoles primaires  
- Enfants (7-10 ans) 1 268 696
- Personnel d’encadrement 80 834
Femmes enceintes/ mères allaitantes 207 999
Personnes âgées 550 887
Hôpitaux/services pédiatriques  
- Enfants (6 mois à 16 ans) 81 304* -
- Mères qui les accompagnent 21 739
- Personnel d’encadrement 1 436
Vivres-contre-travail  
- Participants 725 000
- Personnes à charge 1 450 000
Interventions d’urgence 246 913
TOTAL 6 436 300
* Les enfants hospitalisés ne sont pas compris dans le total car ils sont pris en compte dans les groupes par classe d’âge (crèches, maternelles, écoles).

On estime que les besoins d’aide alimentaire destinées à ces groupes, pour la période allant de janvier à décembre 2003, sont de l'ordre de 512 000 tonnes.

Pendant cette période critique de transition économique, trois facteurs pourraient avoir des répercussions graves sur les programmes d’aide alimentaire, en 2003. D’abord, si la hausse des prix sur les marchés agricoles réduit encore le pouvoir d’achat des consommateurs, une aide supplémentaire pourrait être nécessaire pour les familles marginales, notamment dans les zones urbaines. En outre, si des études ultérieures révèlent qu’une plus forte stabilité des prix serait souhaitable, la mission recommande que le PAM, en accord avec les pouvoirs publics, envisage des interventions directes sur le marché, afin d’assurer un approvisionnement régulier tout au long de l’année de limiter les fluctuations des prix.

Ensuite, les structures publiques risquent de ne pas réussir à absorber la main d’œuvre excédentaire dégagée par les secteurs industriels en voie de restructuration. La Mission recommande donc un développement des programmes vivres-contre-travail, surtout dans les régions économiquement défavorisées du Nord et du Nord-Est. Ces programmes pourraient fournir une protection essentielle, tout en permettant aux communautés, au-delà des problèmes humanitaires, de s’engager sur la voie d’une sécurité alimentaire à long-terme. En outre, il faudra suivre de près ce phénomène et réévaluer constamment les besoins d’aide humanitaire supplémentaire.

Enfin, l’Enquête nutritionnelle de 2002 permettra de mieux connaître la situation des femmes et des enfants au point de vue de la malnutrition et pourrait donner lieu à des recommandations en faveur du programme du PAM pour affiner encore le ciblage de l’aide alimentaire.

Ces facteurs obligeront le PAM à conserver une grande souplesse, à adopter une démarche nouvelle et novatrice pour ses interventions et à se réserver une marge de manœuvre pour ajuster la portée et la nature de son programme en 2003, compte tenu de l’évolution de la situation économique et des changements concernant les groupes vulnérables.

Il convient enfin de remarquer que les progrès effectués dans le domaine de l’analyse de la vulnérabilité par le PAM, permettront en 2003 de mieux cibler l’aide alimentaire et de la réserver aux personnes dont la survie en dépend. Il est donc absolument essentiel d’éviter des ruptures dans la filière alimentaire. Cela pourrait en effet avoir des répercussions graves et étendues sur la santé des femmes, des enfants et des personnes âgées en particulier. La Mission exhorte la communauté des donateurs à faire tout ce qui est en son pouvoir pour maintenir une protection fondamentale en fournissant une aide alimentaire ciblée par l’intermédiaire du PAM et à éviter d’aggraver la crise humanitaire dans laquelle se trouve la population en RPD de Corée.

Suivi

Le PAM devrait conserver sa structure opérationnelle actuelle: un bureau central situé à Pyongyang, dont dépendent cinq bureaux décentralisés à Sinuiju, Wonsan, Hamhung, Chonggjin et Hyesan. Ces structures permettent au PAM d’avoir, parmi les organisations internationales travaillant en RPD de Corée, la couverture du pays la plus étendue, ce qui lui permet d’opérer dans toutes les provinces accessibles dans le pays, y compris les provinces éloignées du Nord et du Nord-Est. Il dispose d’une cinquantaine de fonctionnaires affectés en grande partie à la programmation et au suivi de l’aide alimentaire. Il peut accéder à 163 des 206 cantons du pays. Le personnel du PAM y effectue des visites dans les bureaux locaux de contrepartie, les centres publics de distribution, les centres pour l’enfance, les écoles, les hôpitaux, les familles bénéficiaires, et les sites des opérations vivres-contre-travail.

En 2002, le PAM a encore accru l’intensité de son suivi – au cours de la période allant de janvier à septembre 2002 il a effectué 444 visites chaque mois en moyenne, contre 323 au cours de la même période l’an dernier. En outre, depuis la mi-2002, les suivis et les missions du PAM ont permis de recueillir auprès des pouvoirs publics et des bénéficiaires une plus grande quantité de données notamment sur les salaires et les retraites, les coûts des loyers et des services et les prix des produits alimentaires. Cela a permis d’améliorer la qualité du suivi du PAM et a permis d’effectuer des analyses économiques concernant les aliments de base pour étayer les décisions de programmation.

Parmi les autres progrès réalisés en 2002, on peut citer l’engagement pris par les pouvoirs publics de mener une enquête nutritionnelle, l’introduction d’un système médical d’évacuation (essais et tests); une plus grande mobilité du personnel des bureaux locaux dans des régions isolées et l’autorisation d’installer des communications satellitaires dans le bureau central et dans les bureaux locaux.

Ces progrès s’inscrivent dans un courant d’amélioration à long terme des conditions de fonctionnement. Toutefois, au cours de cette période critique de transition économique, d’autres progrès sont encore nécessaires pour que la communauté internationale puisse être à même d’aider et de soutenir le processus de réforme et les personnes qui seront concernées. Le PAM demeure très préoccupé par la situation des populations des cantons inaccessibles, car il n’y a aucun moyen d’évaluer dans ce cas l’incidence de la réforme économique. Il est également nécessaire de disposer d’informations plus complètes sur les magasins d’État et les marchés agricoles pour améliorer les analyses de la vulnérabilité et suivre l’évolution des prix et des disponibilités, au fur et à mesure que la transition économique progresse. En août 2001, les pouvoirs publics se sont engagés à fournir au PAM une liste complète d’institutions bénéficiaires, mais ne l’ont pas encore fait, malgré des assurances répétées. Le PAM s’inquiète car ces retards pourraient compromettre le financement futur du programme par les donateurs.

Au cours des mois à venir, le travail se poursuivra avec les pouvoirs publics pour améliorer l’accès à un nombre accru de cantons et de famille bénéficiaires et pour permettre des visites inopinées aux familles, sur les marchés locaux et auprès des institutions. Il est fondamental en cette période critique, que la communauté internationale et les pouvoirs publics travaillent sans répit, de concert, pour renforcer la confiance des donateurs, en montrant des améliorations sensibles des conditions dans lesquelles le PAM opère, surtout pour ce qui est du suivi et de l’accès. Ce n’est que de cette façon qu’il sera possible de fournir toutes les quantités d’aide alimentaire dont ont besoin les personnes les plus nécessiteuses dans le pays.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO et du PAM à partir d’informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s’adresser aux soussignés pour un complément d’informations le cas échéant.
Henri Josserand
Chef, SMIAR, FAO
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél: giews1@fao.org
M. J. Powell
Directeur régional, ODB, PAM
Télécopie: 0066-2881046
Mél: John.Powell@wfp.org
Veuillez noter que le présent rapport spécial peut être obtenu sur l’Internet dans le site Web de la FAO à l’adresse URL ci-après: http://www.fao.org/giews
Les alertes spéciales et les rapports spéciaux peuvent aussi être reçus automatiquement par courrier électronique dès leur publication, en souscrivant à la liste de distribution du SMIAR. A cette fin, veuillez envoyer un courrier électronique à la liste électronique de la FAO à l’adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org sans remplir la rubrique sujet, avec le message ci-après:

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1. UNICEF, décembre 2000.

2. Nations Unies, Appel commun interinstitutions de 2002.

3. Banque de Corée, Séoul.

4. Economist Intelligence Unit (EIU), 2002.

5. Service des douanes de la République de Corée.

6. EIU ; et Banque de Corée (Séoul).

7. Dans le cadre de ces politiques, les salaires ont été multipliés par 20 selon le type de travail, et le taux de change est passé de 2,15 won/dollar E.-U. à 151 won/dollar E.-U.

8. Dans une coopérative agricole chaque ménage est autorisé à cultiver une parcelle individuelle, attenante à l’habitation pouvant atteindre au maximum 30 pyongs (environ 97,2 m2). La production de ces jardins potagers (légumes, pommes de terre, maïs) est censée compléter l’alimentation des familles, toutefois, un part de cette production est vendue ou échangée sur les marchés qui se tiennent à intervalle régulier, dans les comtés et dans les provinces.

9. La période de végétation, pour les variétés de maïs cultivées en RPD de Corée, varie de 90 à 150 jours. Elle est le plus souvent de 120 jours. On cultive essentiellement du maïs hybride, les variétés à pollinisation libre étant réservés aux zones de montagne. Les variétés hybrides, lorsque le temps est favorable et les conditions de culture le permettent, peuvent rendre 5-6 tonnes à l’hectare en moyenne.

10. A présent, 70 pour cent des variétés cultivées sont à haut rendement, le reste étant des variétés traditionnelles améliorées. Pour les variétés ayant un cycle de 150 jours des rendements moyens de 6-7 tonnes/hectare sont réalisables, la fourchette allant de 4 à 10 tonnes/hectare. Les variétés à cycle court (120-130 jours) utilisées en RPD de Corée ont un rendement inférieur et les disponibilités de semences sont rares. Des variétés adaptées, à cycle court, sont donc nécessaires du fait de l’accroissement de la pression pour l’adoption des doubles cultures. Des recherches devraient donc être effectuées pour accroître les rendements.

11. Les jardins potagers  sont des parcelles de terrain situées autour des maisons ou des appartements et qui sont cultivées par chaque  ménage.

12. Par l’intermédiaire du SPD, les pouvoirs publics fournissent une ration de céréales (maïs, blé, orge, riz, pommes de terre, selon la  saison) que la population peut acheter au prix fixé par les autorités.

13. Les magasins d’État vendent des produits autres que les céréales comme les légumes, les fruits, la viande, les œufs et l’huile à des  prix fixés par les pouvoirs publics.

14. Les marchés agricoles permettent aux agriculteurs d’écouler leur production excédentaire. Les prix évoluent en fonction de l’offre et  de la demande.