FAO/SMIAR - Cultures et Pénuries alimentaires No.5, 11/02

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RAPPORTS PAR PAYS1/

1/ Sont indiqués en caractères gras les pays dont les perspectives de récolte pour les cultures en cours sont mauvaises et/ou ceux dont les approvisionnements alimentaires sont déficitaires pendant la campagne en cours et qui nécessitent une assistance exceptionnelle ou d'urgence. Les pays qui sont victimes ou menacés de mauvaises récoltes ou de pénuries alimentaires pendant plusieurs campagnes de suite sont signalés par un astérisque (*).

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AFRIQUE DU NORD

ALGÉRIE (5 novembre)

Les semis des céréales d'hiver qui doivent être récoltées en juin 2003 viennent seulement de commencer avec des conditions météorologiques normales. La production céréalière totale de 2002 est estimée à 1,5 million de tonnes, contre un chiffre record de 2,6 millions de tonnes pour 2001, la moyenne des cinq dernières années étant de 1,9 million de tonnes. Cette baisse est principalement due à la réduction de la superficie emblavée en raison de l'arrivée tardive des pluies au moment des semis, et aux rendements bien plus faibles que la normale à cause d'un déficit d'humidité exceptionnel dans la plus grande partie du pays pendant la période de végétation. La production de blé a été de 45 pour cent inférieure à celle de l'année précédente et celle de céréales secondaires, surtout d'orge, de près de 37 pour cent.

Selon les prévisions, les importations de la campagne commerciale 2002/03 (juillet/juin) passeront de 7,2 millions de tonnes, l'année précédente, à 7,7 millions environ, à la suite surtout de la baisse de production.

ÉGYPTE (5 novembre)

Les récoltes de maïs et de sorgho de 2002 se sont terminées récemment, tandis que celle de riz est bien avancée. L'état des cultures est normal selon les rapports. La production de blé, en 2002, a été de 6,6 millions de tonnes, chiffre légèrement supérieur à la moyenne. Celle de maïs, la principale céréale secondaire, est provisoirement estimée à 6,6 millions de tonnes, soit inférieure de 4 pour cent à celle de 2001, mais moyenne. On prévoit également, à titre provisoire, une production de riz de 6 millions de tonnes, largement au-dessus de la moyenne de 5,4 tonnes des cinq dernières années. Les semis des cultures irriguées de blé, à récolter en avril 2003, viennent seulement de commencer.

Les importations de blé de la campagne 2002/03 (juillet/juin) devraient atteindre environ 6,3 millions de tonnes, soit 7 pour cent de moins qu'en 2001/02. Celles de maïs, selon les prévisions, devraient aussi diminuer légèrement.

MAROC (5 novembre)

Les semis de céréales d'hiver ont commencé en bénéficiant des conditions météorologiques normales. Des mesures d'incitation aux agriculteurs, en particulier des crédits avantageux, ont été appliquées par le gouvernement pour assurer une bonne campagne 2003. D'autres mesures sont adoptées, comme la mise à la disposition des agriculteurs de semences de variétés résistant à la sécheresse et d'engrais. La production céréalière totale de 2002 a atteint le chiffre record de 5,3 millions de tonnes, de 11 pour cent supérieur à celui de 2001 qui était lui-même supérieur à la moyenne. L'augmentation de la production d'orge a été particulièrement importante, puisqu'elle est passée d'environ 1,1 million de tonnes en 2001 à 1,7 million de tonnes cette année. Les cultures ont bénéficié de précipitations supérieures à la normale et bien réparties depuis avril.

Selon les prévisions, les importations de blé en 2002/03 (juillet/juin) devraient baisser, tombant de 3 millions de tonnes pendant la campagne commerciale 2001/02 (juillet/juin) à 2,95 millions de tonnes, tandis que celles de maïs devraient passer de 800 000 tonnes à quelque 900 000 tonnes et celles d'orge devraient tomber de 700 000 tonnes à 500 000 tonnes.

TUNISIE (5 novembre)

Les semis de céréales d'hiver, surtout de blé et d'orge à récolter au printemps 2003, ont commencé. La production céréalière totale, en 2002, a été de 515 000 tonnes, volume faible par rapport à la production moyenne de 1,4 million de tonnes de l'an dernier. La production de blé est tombée de 1,1 million de tonnes en 2001 à 423 000 tonnes, et celle d'orge de 233 000 tonnes à 90 000 tonnes. Cette baisse est essentiellement due à la longue période de temps sec et à l'arrivée tardive des pluies.

Les importations de blé devraient passer de 1,2 million de tonnes pendant la campagne commerciale 2001/02 à quelque 1,8 million de tonnes en 2002/03. Celles d'orge devraient également augmenter, alors que les importations de maïs devraient rester à peu près stables.

AFRIQUE DE L'OUEST

BÉNIN (9 novembre)

Les récoltes de céréales de 2002 s'annoncent bonnes car les conditions météorologiques ont été favorables dans l'ensemble pendant la saison de croissance. Dans le sud, la première récolte de maïs a été moissonnée, et la seconde a atteint le stade de la floraison ou de l'épiage. Dans le nord, la récolte de mil et de sorgho est en cours, et celle de riz va bientôt commencer.

Grâce à la bonne production de l'an dernier et à l'arrivée sur le marché de la récolte de la première campagne, les disponibilités alimentaires restent satisfaisantes. On estime qu'il faudra importer 144 000 tonnes de denrées alimentaires (compte tenu de la réexportation de 30 000 tonnes de riz et de blé), dont 14 000 tonnes au titre de l'aide alimentaire en 2002.

BURKINA FASO (9 novembre)

La récolte de céréales s'annonce bonne pour 2002 en dépit du début irrégulier de la saison de végétation qui a retardé les semis dans la plupart des régions. Les pluies régulières généralisées d'août à octobre ont amélioré l'état des cultures dans tout le pays, à l'exception du nord et du Sahel. Les pâturages sont satisfaisants dans le sud et l'ouest, mais insuffisants dans le nord et le Sahel. Les criquets ne se sont pas manifestés, à part quelques attaques de cantharides et d'autres insectes qui ont été combattues convenablement.

Une mission mixte FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, qui a visité le pays récemment, a estimé la production céréalière totale de 2002 à 3,28 millions de tonnes (riz en équivalent paddy), chiffre de 5 pour cent supérieur au niveau de l'an dernier et nettement au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. Comparée à celle de 2001, la production de maïs a augmenté de 14 pour cent, celle de riz de 5 pour cent, et celle de sorgho et de mil de 4 pour cent et de 3 pour cent, respectivement.

Dans l'ensemble, les disponibilités alimentaires sont restées satisfaisantes pendant la période de soudure, entre juillet et septembre. Grâce aux bonnes récoltes de cette année, les approvisionnements vont s'améliorer également dans les zones où ils étaient difficiles avant les moissons en raison de la faiblesse de la production, de l'épuisement des stocks et d'une forte augmentation des prix des céréales sur le marché, qui limitait l'accès aux produits alimentaires.

CAP-VERT (9 novembre)

En raison du début tardif de la saison des pluies qui a retardé les semis et des précipitations irrégulières qui ont suivi, les cultures de maïs, seule céréale produite dans le pays, sont en mauvais état dans la plupart des îles.

Une mission mixte FAO/CILSS/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a récemment estimé que la récolte de maïs, qui sera rentrée jusqu'en décembre, sera de 5 000 tonnes, provenant essentiellement de l'île de Santiago (54 pour cent) et de l'île de Fogo (35 pour cent). Elle ne représente ainsi que le quart de la production de l'année dernière et retombe au niveau des mauvaises récoltes de 1997 et 1998. La production de haricots et de pommes de terre sera, elle aussi, inférieure à la normale.

La mission a estimé à 108 518 tonnes les besoins d'importations de céréales pour la campagne 2002/03. Compte tenu des importations prévues de 33 250 tonnes de céréales aux conditions commerciales et de contributions annoncées d'aide alimentaire à hauteur de 37 300 tonnes, il reste à couvrir, pour cette campagne, un déficit total d'environ 37 900 tonnes. Bien que le pays importe déjà la plus grande partie des denrées alimentaires nécessaires à sa consommation quand la production est normale, la population rurale, en particulier dans les zones semi-arides, pourrait être gravement affectée.

CÔTE D'IVOIRE (9 novembre)

La moisson de la première récolte de maïs est terminée, ainsi que les semis de la seconde. La moisson des autres céréales, surtout du riz, est en cours et se poursuivra jusqu'en décembre. Il est possible, néanmoins, que l'insuffisance des pluies de septembre et d'octobre, bien inférieures à la normale, ait affecté la deuxième récolte de maïs. Une baisse de la production de maïs et des autres céréales est prévue cette année en raison des conditions météorologiques défavorables et des troubles qui ont obligé de nombreux agriculteurs à quitter leur terre et perturbé les activités commerciales.

La production de céréales de 2001 a, selon les estimations, atteint 1,8 million de tonnes (riz en équivalent paddy), à peine plus que la récolte moyenne de l'année précédente.

Le 19 septembre, un conflit a éclaté, dans les villes d'Abidjan, de Bouaké et de Korogho, entre un groupe de militaires rebelles et les forces gouvernementales. À Abidjan, des milliers d'habitants des bidonvilles ont été déplacés quand les forces gouvernementales à la recherche des rebelles ont brûlé des maisons. La plupart de ces gens n'ont pas les moyens de satisfaire leurs besoins de base, y compris alimentaires. À Bouaké, l'aggravation de la situation, notamment le manque d'approvisionnements alimentaires, a fait fuir de nombreux habitants. Selon la Croix-Rouge, entre 150 000 et 200 000 personnes ont quitté la ville qui comptait environ 600 000 habitants.

La situation alimentaire est grave pour les populations vulnérables dans les zones contrôlées par les rebelles et pour les personnes déplacées hébergées dans les centres de transit. Le PAM a lancé une opération régionale d'urgence de trois mois pour porter assistance à 94 000 personnes touchées par le conflit en leur faisant parvenir 4 145 tonnes de denrées alimentaires. Cette opération se situera pour l'essentiel en Côte d'Ivoire, mais concernera aussi les pays voisins (Burkina Faso, Mali et Ghana).

GAMBIE (9 novembre)

Selon les estimations d'une mission mixte FAO/CILSS/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, qui a visité le pays, du 20 au 26 octobre, la production totale de céréales de 2002 avoisinera les 150 000 tonnes, soit à peu près 25 pour cent de moins que celle de l'an dernier, qui était supérieure à la moyenne, et légèrement moins que la moyenne des cinq années antérieures. L'importante récolte de mil précocea diminué de 10 pour cent (89 000 tonnes), tandis que celle de riz, estimée à environ 20 000 tonnes, a été inférieure à celle de l'an dernier et à la moyenne de 45 pour cent et de 35 pour cent, respectivement. La production d'arachides, principale culture de rapport, a baissé de plus de la moitié (73 500 tonnes) en raison d'une réduction des superficies cultivées. Cette baisse est due à une période de temps sec qui a duré trois à cinq semaines de la fin de juin au début d'août.

Les prix du mil ont beaucoup augmenté au cours des six derniers mois (de 245 pour cent entre mai et octobre 2002), et ont dépassé ceux du riz pour la première fois depuis cinq ans. Bien que les prévisions laissent penser que l'insuffisance de la production de céréales sera compensée par des importations commerciales de riz et de blé, les prix du mil resteront vraisemblablement élevés en raison de la mauvaise récolte qui s'annonce en Gambie pour 2002/03, ainsi que dans tout le Sahel occidental. Il convient de surveiller de près l'impact sur la sécurité alimentaire des foyers vulnérables.

GHANA (9 novembre)

Dans le sud, les précipitations ont été généralement inférieures à la moyenne en septembre et octobre, ce qui a peut-être eu des répercussions sur la croissance de la deuxième récolte de maïs. Les perspectives des récoltes, par conséquent, sont médiocres.

Au début de février, une mission mixte FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a visité le nord du Ghana où la production céréalière a été affectée par le temps exceptionnellement sec. Cette mission a estimé la production de céréales de 2001 à 1,525 million de tonnes (en équivalent grains usinés), tonnage inférieur à la moyenne. Toutefois, la situation des approvisionnements alimentaires est à peu près normale, car la baisse de la production céréalière des régions du nord sera compensée par la mise sur le marché d'autres produits locaux en quantités suffisantes, les importations commerciales prévues et les contributions déjà annoncées d'aide alimentaire.

La mission a estimé les besoins d'importations céréalières pour 2002 (janvier/décembre) à 461 200 tonnes, dont 89 000 tonnes d'aide alimentaire. Les besoins, pour les zones les plus touchées et les groupes vulnérables, sont estimés à environ 5 000 tonnes destinées à compenser la diminution des récoltes.

GUINÉE (10 novembre)

Comme les précipitations ont été en général inférieures à la moyenne jusqu'à la fin d'octobre, les perspectives des récoltes sont incertaines. Néanmoins, la situation générale des approvisionnements alimentaires est satisfaisante en raison des bonnes récoltes de 2000 et de 2001. Les marchés sont bien fournis.

La présence d'une importante population de réfugiés et la persistance de l'instabilité dans la sous-région pèsent fortement sur l'économie du pays. Selon le PAM, quelque 30 000 réfugiés libériens sont entrés en Guinée depuis le début de la guerre, dont 80 pour cent de femmes et d'enfants. En raison des affrontements armés à l'intérieur et autour du pays entre septembre 2000 et mars 2001, il y a encore quelque 82 000 personnes déplacées sur le territoire national, qui sont concentrées dans les préfectures de Kissigougou, Macenta et Gueckedou. Environ 45 000 réfugiés libériens reçoivent actuellement une aide du PAM dans les camps, et 5 000 hors des camps dans des zones proches de la frontière libérienne, en attendant de pouvoir être transférés dans des camps par le HCR. De nouveaux réfugiés, venus de Côte d'Ivoire, ont pénétré en Guinée, dans les régions de Kankan et de N'Zérékoré.

Selon les estimations, le pays a besoin d'importer 331 000 tonnes de céréales pour la campagne commerciale 2002.

GUINÉE-BISSAU (10 novembre)

Après les fortes pluies de la mi-juin, les précipitations ont diminué en juillet, retardant le repiquage du riz dans les zones marécageuses. Les pluies ont repris au début d'août et sont restées abondantes jusqu'en octobre, permettant au repiquage du riz de se poursuivre.

Selon les estimations d'une mission mixte FAO/CILSS d'évaluation des récoltes qui a visité le pays du 21 au 26 octobre, la production céréalière totale pour 2002 sera de quelque 147 000 tonnes (riz en équivalent paddy), chiffre inférieur de 11 pour cent à la production de l'an dernier et de 5 pour cent à la moyenne des cinq années antérieures.

Grâce à l'arrivée sur les marchés des récoltes de la première campagne, la situation générale des approvisionnements alimentaires reste satisfaisante. Cependant, la situation alimentaire des populations qui vivent dans les zones à déficit structurel le long de la frontière avec le Sénégal doit être surveillée de près.

LIBÉRIA* (9 novembre)

En raison des précipitations généralement plus faibles que la moyenne reçues jusqu'à la fin du mois d'octobre, les perspectives des récoltes sont incertaines.

En raison des affrontements armés qui se poursuivent, quelque 184 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays, en provenance des régions du nord, du nord-ouest et du centre du pays, vivent actuellement dans des camps situés dans d'autres régions. Le PAM, qui s'est dit préoccupé par le nombre croissant des personnes déplacées, continue de leur apporter une aide alimentaire, ainsi qu'à plus de 22 000 réfugiés de Sierra Leone qui demeurent encore en Guinée. Alors que l'accès aux populations vivant dans les zones sous contrôle du gouvernement s'est amélioré, la situation reste incertaine pour celles qui sont dans les zones d'affrontement où l'insécurité et la violence continuent de faire obstacle à la fourniture d'une aide humanitaire.

Les rapport récents indiquent que 40 000 Libériens se sont réfugiés en Sierra Leone, 117 000 en Guinée et quelque 75 000 en Côte d'Ivoire.

MALI (9 novembre)

Après les pluies irrégulières et peu abondantes de mai et juin, une amélioration générale s'est dessinée dès le début de juillet pour se maintenir jusqu'au début de septembre, mais la dernière décade du mois a été nettement moins favorable.

Selon les estimations d'une mission mixte FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, qui s'est rendue dans le pays du 7 au 11 octobre, la production totale de céréales de 2002 atteint quelque 2 500 000 tonnes (riz en équivalent paddy), ce qui la situe à égalité avec celle de l'an dernier et dans la moyenne des cinq dernières années. Par rapport à celle de l'an dernier, la production de riz devrait, selon les prévisions, diminuer de 13 pour cent pour atteindre 816 000 tonnes, tandis que celle de céréales secondaires, estimée à environ 1 700 000 tonnes, augmenterait de 4 pour cent.

La situation alimentaire est satisfaisante de façon générale. Dans l'ensemble, les prix des céréales ont commencé à baisser. Pour remettre le stock de sécurité national à son meilleur niveau de 35 000 tonnes, il faudra acheter 15 000 tonnes en 2002/03.

MAURITANIE (10 novembre)

Des périodes de temps sec et la mauvaise répartition des précipitations pendant la saison de végétation de 2001 ont provoqué une sérieuse diminution de la production de céréales. Selon les estimations définitives des services nationaux de statistiques, la production atteindra quelque 122 177 tonnes, inférieure de 32 pour cent à celle de l'année précédente et de 27 pour cent à la moyenne des cinq dernières années. En outre, des orages imprévisibles éclatant du 9 au 11 janvier ont causé la mort de 120 000 bovins, moutons et chèvres, et la destruction de 25 pour cent des céréales déjà récoltées, sans compter les victimes humaines et les dégâts aux biens. Les prix des céréales ont considérablement augmenté sur la plupart des marchés, tandis que ceux des animaux baissaient beaucoup. La crise alimentaire a été amplifiée par l'insuffisance des précipitations pendant la saison de croissance, qui a entraîné l'échec de la plupart des cultures 'dieri' (pluviales), suscitant la menace d'une grave crise alimentaire. Le 1er septembre, le gouvernement a décrété l'état de catastrophe nationale et demandé une aide alimentaire d'urgence.

Une mission mixte FAO/CILSS/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, qui a visité le pays du 20 au 26 octobre, a estimé la production totale de céréales de 2002 à quelque 100 000 tonnes, soit 40 pour cent de moins que la moyenne des cinq années précédentes et 18 pour cent de moins que la production médiocre de l'an dernier. Les cultures 'dieri', qui occupent plus de 80 pour cent des terres cultivées et fournissent 60 pour cent de la production céréalière totale les années normales, ont fourni une récolte qui se monte à 8 000 tonnes, ce qui représente une diminution de 80 pour cent.

Selon les estimations de la mission, les besoins d'importations de céréales pour la campagne commerciale 2002/03 (novembre/octobre) sont de 322 534 tonnes, dont presque 200 000 tonnes de blé. Compte tenu des importations commerciales prévues, de 228 000 tonnes et d'annonces de contributions à hauteur de 11 000 tonnes, le déficit non couvert en céréales pour cette année se situe aux alentours de 95 000 tonnes. Environ 400 000 personnes, sur l'ensemble du territoire mauritanien, auront besoin d'aide alimentaire. Il est recommandé de fournir d'urgence des intrants agricoles, comme les semences pour permettre aux familles touchées par cette catastrophe de reprendre la production dès la prochaine saison des semis qui commence en juin 2003.

L'existence de la malnutrition est démontrée par de nombreux signes: épuisement et perte de poids, héméralopie , scorbut, déshydratation et diarrhée, ainsi que décès liés à la faim.

En mars 2002, le PAM a lancé une opération d'urgence d'un coût évalué à 7,5 millions de dollars EU (16 230 tonnes de denrées alimentaires) pour venir en aide à 250 000 personnes particulièrement menacées par de graves pénuries alimentaires. À la fin de septembre, en raison d'une réponse limitée des donateurs, 46 pour cent seulement des besoins du PAM pour les secours alimentaires d'urgence avaient été couverts. De nouvelles annonces de contributions, toutefois, sont arrivées en octobre. Outre l'aide d'urgence du PAM, des contributions bilatérales ont été offertes par la France (600 tonnes de blé par l'intermédiaire de la Croix-Rouge française) et de l'Italie (environ 920 tonnes de riz). Une réserve de sécurité alimentaire de 6 000 tonnes de blé financée par les États-Unis doit arriver en octobre. En outre, le gouvernement de Mauritanie a distribué 10 000 tonnes de blé sur ses ressources propres.

NIGER (10 novembre)

Des précipitations généralisées et régulières sont tombées dans les principales zones productrices depuis la fin de juillet, pendant tout le mois d'août et se sont poursuivies en septembre. Selon une estimation provisoire d'une mission mixte FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, la production totale de céréales se situera aux alentours de 3 millions de tonnes, soit au même niveau que l'an dernier et au-dessus de la moyenne.

Les moissons ont commencé dans la plupart des régions, permettant d'améliorer l'approvisionnement en céréales et de faire baisser les prix sur les marchés. Les agriculteurs devraient être en mesure de reconstituer leurs stocks et le gouvernement de porter la réserve nationale de sécurité à son niveau optimal de 35 000 tonnes.

NIGÉRIA (10 novembre)

Après les pluies généralisées et régulières qui sont tombées depuis le mois de juillet, les précipitations ont diminué dans le nord en septembre et cessé à la mi-octobre. De fortes pluies ont été signalées dans le sud en octobre, et ont favorisé la deuxième récolte de maïs. La moisson des céréales secondaires est en cours dans le nord. En raison des conditions généralement favorables pendant la saison des pluies, on prévoit que la production sera égale ou supérieure à la moyenne. Les approvisionnements alimentaires sont satisfaisants dans l'ensemble. Certains groupes de population, toutefois, restent vulnérables à cause des conflits locaux, en particulier dans les États de Benue, Nasarawa et Taraba. Entre avril et juin, plus de 85 000 personnes déplacées à l'intérieur du pays ont été réinstallées dans leur village d'origine dans la région centrale.

SÉNÉGAL (10 novembre)

Après la période de temps sec de juillet qui a durement frappé les cultures et les a même détruites dans de nombreuses régions, les précipitations ont repris au début du mois d'août et sont restées générales et bien réparties jusqu'à la mi-septembre. Certaines cultures qui avaient dépéri sont reparties. Toutefois, les pluies ont beaucoup diminué au cours de la dernière décade de septembre, avant de reprendre en octobre

D'après les estimations d'une mission mixte FAO/CILSS/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires qui a visité le pays du 14 au 20 octobre, la production céréalière de 2002 s'établit à quelque 900 000 tonnes, soit 7 pour cent de moins que celle de l'an dernier, qui était moyenne, et 2 pour cent de moins que la moyenne des cinq années précédentes. L'importante production de mil va probablement diminuer (pour la deuxième année consécutive) de 10 pour cent, pour atteindre quelque 425 000 tonnes et celle de riz est évaluée à environ 219 000 tonnes, chiffre égal à la moyenne des cinq dernières années, mais inférieur de 10 pour cent à celui de l'an dernier. La production d'arachides, principale culture de rapport, fléchira de 35 pour cent, pour tomber à 533 000 tonnes.

Les prix du mil ont beaucoup augmenté entre octobre 2001 et septembre 2002 pendant la dernière campagne commerciale, montant de 70 pour cent. Bien que les besoins d'importations de céréales, estimés à 1 056 440 tonnes, doivent être entièrement couverts, selon les prévisions, par les importations commerciales de riz et de blé, les prix du mil resteront vraisemblablement élevés, étant donné que la production est en baisse pour la deuxième année consécutive et que l'offre sera limitée dans tout le Sahel occidental pendant la campagne commerciale 2002/03. Il va falloir surveiller de près l'impact de ces événements sur la sécurité alimentaire des foyers ruraux vulnérables.

SIERRA LEONE* (10 novembre)

Les pluies ont généralement été inférieures à la moyenne, cette saison. Cependant, les perspectives concernant des récoltes sont globalement favorables en raison de l'amélioration de la sécurité, d'un accroissement des superficies ensemencées grâce au retour des réfugiés et des personnes déplacées, grâce aussi à une relative amélioration des conditions de distribution des intrants agricoles. La production de céréales de 2001 est estimée à 348 000 tonnes.

Dans le cadre des efforts déployés pour continuer à aider le pays, un appel commun des Nations Unies a été lancé le 26 novembre 2001; il comprenait un volet agricole avec cinq projets proposés par la FAO pour faciliter la reprise de la production vivrière et réduire la dépendance du pays à l'égard de l'aide alimentaire.

Les troubles qui ont repris au Libéria ont poussé au moins 40 000 Libériens à franchir la frontière pour pénétrer en Sierra Leone depuis le début de l'année, tandis que 39 000 ressortissants de Sierra Leone installés dans des camps au Libéria et 15 000 autres qui vivaient hors des camps sont rentrés chez eux lorsque les combats se sont intensifiés.

Selon les estimations, la Sierra Leone a besoin d'importer 225 000 tonnes de céréales, dont 40 000 tonnes au titre de l'aide alimentaire, en 2002.

TCHAD (9 novembre)

Après les pluies irrégulières et inférieures à la normale du début de saison, qui ont retardé les semis de céréales de 2 à 6 semaines, les conditions météorologiques se sont améliorées à partir du mois de juillet, surtout dans la zone soudanienne. Les pâturages sont assez abondants dans les zones soudanienne et sahélienne. Toutefois, le manque de pâture dans les départements de Dadaba, Baguirmi et Hadjer Lamis, a entraîné des pertes de bétail en juillet. On a signalé des attaques de sauterelles et des invasions de chenilles processionnairesdans plusieurs régions en début de saison. En septembre, les sauterelles ont endommagé les cultures dans plusieurs secteurs de la zone sahélienne.

Selon l'estimation provisoire d'une mission mixte FAO/CILSS d'évaluation des récoltes, qui a visité le pays à la mi-octobre, la production totale de céréales atteindra 1,12 million de tonnes, ce qui la situera à 15 pour cent au-dessous du niveau de l'an dernier (1,31 million de tonnes), qui était supérieur à la moyenne, et très légèrement au-dessous de la moyenne des cinq années précédentes.

En dépit de la baisse de production de cette année, les disponibilités alimentaires sont satisfaisantes. Cependant, les populations qui se trouvent dans la zone affectée précédemment par les inondations et celles qui vivent dans les zones de déficit structurel de Karem et de Bahr El Ghazel continueront à avoir besoin d'aide alimentaire. Les prix des céréales sont restés essentiellement stables cette année par rapport à ceux de 2001, et ont commencé à baisser lors de l'arrivée des nouvelles récoltes sur le marché.

TOGO (10 novembre)

Les précipitations, qui avaient été généralisées pendant la saison des pluies, ont cessé à la fin d'octobre dans la moitié nord du pays. Dans le sud, la deuxième récolte de maïs pousse de manière satisfaisante. Dans le nord, la moisson des céréales secondaires est en cours.

Grâce à la production moyenne de céréales de 2001, estimée à environ 0,7 million de tonnes, la situation alimentaire d'ensemble est satisfaisante.

AFRIQUE CENTRALE

CAMEROUN (10 novembre)

Après une période de pluies généralisées abondantes, les précipitations ont cessé dans le nord à la fin d'octobre, tout en restant abondantes dans le sud. La moisson des céréales secondaires a déjà eu lieu dans le nord. Les cultures de maïs se développent bien dans le sud.

La situation d'ensemble des disponibilités alimentaires est satisfaisante. Selon les estimations, les importations (y compris les réexportations) de la campagne commerciale 2002 devraient atteindre 310 000 tonnes.

CONGO, RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU* (6 novembre)

La situation alimentaire demeure critique en raison de la guerre civile qui sévit toujours. L'intensification de l'activité militaire dans la région orientale du Kivu, en particulier autour de la ville d'Uvira, a provoqué de nouveaux déplacements de populations fuyant les combats et rend encore plus difficile l'accès des organismes humanitaires aux populations concernées. La situation alimentaire des populations déplacées sur le territoire national est extrêmement préoccupante. Les évaluations récentes indiquent que 10 à 30 pour cent des habitants des régions orientales du pays souffrent de malnutrition aiguë. La situation alimentaire et nutritionnelle est également très critique dans les zones urbaines, par exemple, la capitale Kinshasa et sa banlieue, où la pauvreté est très répandue, et dans la province du Katanga où, cette année, la production de haricots a été considérablement réduite à cause de la sécheresse qui a sévi en Afrique australe. Les prix des denrées alimentaires de base ont beaucoup augmenté, dans cette province depuis le mois de juin, limitant l'accès à la nourriture d'une bonne partie de la population.

CONGO, RÉPUBLIQUE DU* (10 novembre)

La reprise des combats dans la région du Pool (autour de la capitale Brazzaville), à la fin de mars, a provoqué de nouveaux déplacements de populations. Environ 50 000 personnes déplacées à l'intérieur du territoire sont signalées dans la région. Certaines zones sont coupées de l'aide humanitaire depuis la fin de mars. Les déplacements de populations et l'interruption des activités commerciales ont eu de fortes répercussions sur les approvisionnements alimentaires. À la fin de mai, le PAM a commencé à porter secours à 20 000 personnes déplacées sur le territoire national, tout en étant de plus en plus préoccupé par le sort de milliers d'autres bloquées dans les zones de conflit inaccessibles aux organismes d'aide. L'opération d'urgence d'aide aux réfugiés de la République démocratique du Congo au nord du Congo Brazzaville, qui devait prendre fin le 31 mai 2002, a été prolongée jusqu'en décembre.

Selon les estimations, les importations de céréales, surtout blé et riz, pendant la campagne commerciale 2002 doivent se monter à 125 000 tonnes.

GABON (10 novembre)

Après une période de temps sec, de saison en juillet et en août, les pluies ont repris au début de septembre et sont devenues plus abondantes et généralisées en octobre. Les cultures vivrières de base sont le manioc et les plantains, mais le pays produit aussi un peu de maïs (31 000 tonnes). Il importe, aux conditions commerciales, l'essentiel des céréales dont il a besoin, quantité estimée à 88 000 tonnes pour 2002.

GUINÉE ÉQUATORIALE (10 novembre)

Après une période de temps sec, de saison en juillet et août, les pluies ont repris au début de septembre et sont devenues plus abondantes et généralisées en octobre. Les cultures vivrières de base sont les patates douces, le manioc et les plantains. Les besoins d'importations de céréales du pays sont estimés à 15 000 tonnes (10 000 tonnes de blé et 5 000 tonnes de riz) pour 2002.

RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (10 novembre)

Après les pluies irrégulières et inférieures à la moyenne qui ont freiné le développement des cultures dans certaines régions, les récoltes s'annoncent médiocres. Cependant, grâce à la production de 2001, qui a été supérieure à la moyenne, la situation d'ensemble des disponibilités alimentaires reste satisfaisante.

À la fin d'octobre, la reprise des combats entre les forces gouvernementales et les troupes rebelles à Bangui a provoqué de nouveaux déplacements de population. Le PAM a distribué 45 tonnes de denrées alimentaires à 10 000 personnes particulièrement touchées dans les quartiers nord de Bangui.

SAO TOMÉ-ET-PRINCIPE (10 novembre)

Les cultures vivrières de base sont les racines, les plantains et les tubercules. Selon les estimations, le pays a besoin d'importer 12 000 tonnes de céréales en 2002.

AFRIQUE DE L'EST

BURUNDI* (6 novembre)

Les récoltes de la première campagne de 2003, qui doivent être rentrées à partir de la fin de décembre, s'annoncent mauvaises. Les pluies, qui sont tombées en quantité satisfaisante au début de septembre, ont ensuite diminué pour devenir plus faibles que la moyenne dans la plupart des régions jusqu'à la mi-octobre, ce qui a eu des conséquences défavorables sur les semis qui commencent normalement à la mi-septembre. Le temps sec a entraîné une réduction des semis de haricots et de maïs et fait baisser le rendement des premières cultures mises en terre, ainsi que des patates douces plantées en avril. La plupart des zones touchées se trouvent dans les provinces du nord de Ngozi et Kayanza. Même si les pluies s'intensifient au cours des mois à venir, la situation laisse prévoir une diminution des récoltes dans les provinces rurales de Ngozi, Kayanza, Gitega, Ruyigi et Bujumbura. Dans l'ensemble, la production sera inférieure à celle de la première campagne de 2002 qui a été bonne.

Les prix des haricots ont augmenté de 25 à 50 pour cent selon les endroits au cours des deux derniers mois, en raison de la baisse de production enregistrée pour la deuxième campagne de 2002. Cependant, les prix des autres denrées de base (patate douce, manioc et bananes) restent stables, ou baissent grâce à de bonnes récoltes. Dans l'ensemble, la dévalorisation de 20 pour cent de la monnaie nationale à la fin du mois d'août a fait diminuer le pouvoir d'achat dans les zones urbaines.

La dégradation de la sécurité au cours des derniers mois a provoqué de nouveaux déplacements de populations fuyant les violences, en particulier dans les provinces du centre et de l'est. La situation alimentaire et nutritionnelle des populations déplacées est très préoccupante. Il est nécessaire de fournir une aide alimentaire d'urgence supplémentaire.

ÉRYTHRÉE* (6 novembre)

Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, qui a séjourné dans le pays entre le 19 août et le 1er septembre, a constaté que les pluies de la deuxième saison azmera ont été absolument nulles et que celles de la principale saison kremti ont été en retard dans la plus grande partie du pays. Cette mauvaise campagne agricole se produit au plus mauvais moment. Le pays commence à peine à se remettre d'une guerre dévastatrice avec l'Éthiopie, sa voisine. Un grand nombre de personnes, dont des agriculteurs, sont encore déplacées et des milliers de militaires ne sont pas encore démobilisés. En outre, la réinstallation des réfugiés érythréens qui reviennent du Soudan représente un poids supplémentaire pour les ressources du pays.

Dans ce contexte défavorable, la mission a estimé que la récolte de céréales ne serait que de 74 000 tonnes, soit près de 60 pour cent de moins que la moyenne des dix dernières années. L'insuffisance des précipitations a également eu de graves répercussions sur le bétail dont une partie a été victime de la sécheresse dans plusieurs régions. Selon les estimations, le pays doit importer 413 000 tonnes de céréales pendant la campagne commerciale 2003 (janvier/décembre). En raison des graves difficultés économiques, on prévoit que 20 pour cent seulement de ces besoins seront couverts aux conditions commerciales. Avec 60 000 tonnes de contributions d'aide alimentaire attendues pour la fin de 2002, il reste un déficit estimé à 273 000 tonnes que l'aide internationale est appelée à combler. Le gouvernement de l'Érythrée a récemment lancé un appel pour solliciter une aide alimentaire pour 1,4 million de personnes.

ÉTHIOPIE* (6 novembre)

La production agricole a été gravement compromise, dans plusieurs régions, par l'insuffisance des pluies de la saison secondaire ('belg') et l'irrégularité des pluies de la saison principale ('meher'). Selon les estimations, des millions de personnes ont maintenant besoin d'aide alimentaire d'urgence. Pour faire face à cette situation alarmante, le gouvernement a récemment renouvelé son appel pour que la communauté internationale apporte une aide alimentaire à près de 6 millions de personnes d'octobre à décembre 2002; les premières prévisions pour le début de 2003 devraient faire état de besoins considérablement plus importants. Il y a lieu de s'inquiéter, dans l'immédiat, pour les éleveurs Afar et Kereyu de l'est et du nord-est du pays. On signale la perte de nombreuses têtes de bétail et des migrations inhabituelles de pasteurs à la recherche d'eau et de pâturages. Les autres zones dont la situation est préoccupante sont celles des plaines de Bale et d'Hararghe dans la région d'Oromia et de Shinile, Fik, Dagahbour et Jijiga dans la région des Somalis. Une partie beaucoup plus importante du pays sera touchée par les pénuries alimentaires en 2003.

À la chute des prix des céréales, à la suite de la récolte record de la campagne principale 'meher' en 2001, succède maintenant une augmentation brutale dans certaines régions, en raison de la baisse de production qui s'annonce. Une opération d'aide alimentaire d'urgence, d'une durée de 12 mois (du 1er avril 2002 au 31 mars 2003), en faveur des petits agriculteurs et éleveurs touchés par la sécheresse, approuvée conjointement par la FAO et le PAM, est actuellement élargie pour répondre aux besoins supplémentaires. Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires parcourt actuellement le pays pour évaluer la production de la campagne meher, ainsi que les besoins d'assistance alimentaire pour 2003.

KENYA* (6 novembre)

La dernière récolte de maïs dans les principales provinces productrices a permis d'améliorer la situation générale des approvisionnements alimentaires. La baisse des prix des produits alimentaires constatée dans les zones clés de production et sur les marchés avoisinants est bienvenue, en particulier pour les foyers agricoles marginaux touchés précédemment par la sécheresse. Toutefois, les premières estimations concernant la récolte de maïs de la campagne des grandes pluies se chiffrent à environ 1,89 million de tonnes, contre 2,32 millions de tonnes en 2001.

Les pluies bénéfiques qui sont tombées dans plusieurs zones pastorales précédemment touchées par la sécheresse font espérer une amélioration générale des approvisionnements alimentaires. Néanmoins, la sécurité alimentaire reste précaire dans les districts de Mandera, Trkana, Samburu, Marsabit, West Pokot et Baringo.

OUGANDA (6 novembre)

L'arrivée tardive des pluies de la saison secondaire, associée à une forte intensification des combats dans le nord de l'Ouganda, a eu de graves conséquences sur les approvisionnements alimentaires de plus d'un demi-million de personnes qui ont besoin d'une aide humanitaire d'urgence. La mauvaise récolte dans la région nord-est de Karamoja, due à de longues périodes de temps sec, au cours de la campagne unique de la région qui vient de se terminer, a également contribué à aggraver la situation.

L'état des pâturages, dans plusieurs districts - Mbarara, Ntungamo et Rakai dans le sud-ouest, et Kotido, Moroto et Nakapiripirit dans le nord-ouest - s'est dégradé en raison du stress hydrique. Néanmoins, les migrations de troupeaux en direction des pâturages de saison sèche semblent très limitées. Les pluies récentes qui sont tombées sur le 'corridor du bétail' du sud-ouest ont permis aux réserves d'eau de se reconstituer et aux pâturages de se régénérer.

La stabilité générale des prix des produits vivriers continue de faciliter l'accès des ménages à la nourriture. Toutefois, l'aggravation des troubles et de l'insécurité dans les régions du nord a provoqué le déplacement de nombreuses personnes qui sont venues grossir le nombre déjà important des personnes déplacées sur le territoire national. Près de 1,5 million de personnes reçoivent actuellement une aide du PAM dans plusieurs régions.

RWANDA (5 novembre)

Les semis de haricots et de maïs de la première campagne de 2003 ont été retardés par la période de temps essentiellement sec qui a duré de septembre à la mi-octobre, en particulier dans les zones de plaine et de moyenne montagne, et qui a entraîné une réduction des superficies ensemencées. Les cultures non saisonnières, les patates douces surtout, ont également souffert du temps sec. Le volume effectif de la récolte, qui doit normalement être rentrée vers la fin de l'année, dépendra des pluies des prochaines semaines, mais il est probable que la production n'atteindra pas le bon niveau de l'an dernier en raison du retard des semis et de la réduction des superficies.

Grâce aux bonnes récoltes de la deuxième campagne de 2002, les marchés sont bien approvisionnés en denrées essentielles, sorgho, manioc et bananes, et les prix restent stables. Par contre, ceux des haricots, dont la production avait baissé lors de la dernière campagne, ont beaucoup augmenté au cours des derniers mois. Bien que la situation générale des approvisionnements alimentaires soit satisfaisante, une récente évaluation de vulnérabilité entreprise par le PAM et d'autres organismes internationaux a révélé que 274 000 personnes particulièrement vulnérables, dans les régions où le déficit alimentaire est chronique, ont besoin d'aide alimentaire pendant la période de soudure, de novembre et décembre.

SOMALIE* (6 novembre)

Les bonnes précipitations de la deuxième quinzaine d'octobre, particulièrement abondantes dans les principales zones de cultures, ont favorisé la préparation des terres et permis d'effectuer tôt les semis de la campagne secondaire 'deyr' de 2002/03. Des inondations soudaines ont été récemment signalées dans certaines régions, mais n'ont causé que des dégâts limités aux cultures.

La récente récolte de céréales de la campagne principale 'gu', dans le sud de la Somalie, est estimée à environ 209 000 tonnes (80 000 tonnes de sorgho et 129 000 tonnes de maïs). Malgré la bonne récolte de la campagne gu qui va sans doute permettre d'améliorer la situation générale des approvisionnements alimentaires dans certaines régions du sud de la Somalie, la situation reste très difficile dans d'autres régions à l'issue de plusieurs années successives de sécheresse et d'insécurité.

Dans le nord-ouest (Somaliland), malgré les pluies récentes, la situation alimentaire est critique dans les régions de Sool, Sanag et Nugal où les cultures et le bétail ont souffert de l'insuffisance des précipitations de la dernière saison 'gu'. L'interdiction qui frappe toujours les importations de bétail en provenance d'Afrique de l'Est dans les pays de la Péninsule arabique a fait diminuer les recettes de devises et compromet les moyens de subsistance des éleveurs. Toutefois, les nouvelles possibilités d'exporter de la viande surgelée dans certains pays du Moyen-Orient ont contribué à atténuer cet impact négatif sur les éleveurs et à créer des emplois pour les pauvres des zones urbaines.

SOUDAN* (6 novembre)

Les récoltes de 2002, qui sont actuellement rentrées, s'annoncent généralement médiocres. Dans le sud, elles sont compromises par les déplacement incessants de populations dus à l'aggravation récente des troubles, associés à l'arrivée tardive de pluies faibles dans certaines régions. La région de West Equatoria fait exception; les récoltes de la première campagne ont eu lieu en août et les semis de la deuxième campagne sont en cours, comme de coutume dans cette région.

L'aggravation des conflits dans certaines parties du sud du pays est appelée à faire empirer une situation de sécurité alimentaire qui est déjà mauvaise en raison de la guerre qui se poursuit et des conditions météorologiques défavorables. Les personnes déplacées sont très nombreuses et des centaines de milliers de personnes ne peuvent être atteintes par les organismes humanitaires. Selon les estimations, il y a déjà trois millions de personnes déplacées sur le territoire national, de personnes touchées par la sécheresse et de personnes vulnérables, dans différentes régions du pays, qui sont tributaires de l'aide humanitaire. Une mission mixte FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a terminé son travail sur le terrain dans le sud du Soudan, et se trouve actuellement dans le nord pour évaluer l'ensemble de la production de cette année et les perspectives des approvisionnements alimentaires pour la campagne commerciale 2002/03.

TANZANIE (6 novembre)

Les semis des cultures de la petite campagne 'vuli' de 2002/03 dans les zones à régime bimodal du nord-est sont en cours. La production totale de céréales (maïs, riz, blé, sorgho et mil) pour 2002, qui est de 4,3 millions de tonnes (en équivalent usiné) est supérieure d'environ 10 pour cent à celle de l'an dernier grâce à des précipitations favorables. Selon les rapports, la production des cultures non céréalières (légumineuses, pommes de terre, manioc et plantains) est bonne.

La situation alimentaire reste satisfaisante dans l'ensemble, grâce aux stocks agricoles plus importants et au meilleur approvisionnement des marchés. Toutefois, les prix de gros du maïs dans les principales régions productrices (dont celles de Rukwa, Mbeya et Iringa sur les hautes terres du sud et de Dodoma dans la région du centre) étaient plus élevés, ce mois-ci, que la moyenne des cinq dernières années. Sur certains autres marchés comme ceux du Kilimandjaro et de Tanga (nord de la Tanzanie), les prix de gros du maïs ont déjà commencé à monter plus tôt que d'habitude par rapport aux cinq dernières années.

Le PAM a distribué plus de 3 900 tonnes de denrées alimentaires entre la fin d'octobre et le début de novembre à près de 529 000 réfugiés dans les camps de Ngara, Kibondo, Kasulu et Lugufu.

AFRIQUE AUSTRALE

AFRIQUE DU SUD (1er novembre)

Les récoltes de la campagne d'hiver de 2002 sont bien avancées et les semis des céréales secondaires de l'été 2003 ont commencé. Les dernières prévisions relatives à la récolte de blé de 2002 ont été révisées à la baisse pour atteindre le chiffre de 2,3 millions de tonnes, qui est inférieur de 8 pour cent à celui de la bonne récolte de l'an dernier, mais reste dans la moyenne. La baisse de production est essentiellement due à une diminution des rendements. Par contre, la production d'orge, qui est moins importante, augmentera sans doute de 15 pour cent grâce à l'accroissement des superficies ensemencées et des rendements.

Les perspectives concernant les semis de maïs pour 2003 sont favorables en raison des pluies abondantes tombées dans les principales zones de culture au cours de la troisième décade d'octobre et d'un accroissement des superficies. Les rapports officiels relatifs aux premiers projets de culture font état d'un accroissement de 9 pour cent de la superficie des terres sous maïs, qui devrait atteindre 3 081 millions d'hectares, l'évolution opérée entraînant une augmentation de 19 pour cent de la superficie des semis de maïs blanc et une diminution de 7 pour cent de celles de maïs jaune. Le développement de la culture du maïs est provoqué par l'augmentation attendue des prix, les pratiques d'assolement et l'accroissement de la demande de maïs blanc dans d'autres pays d'Afrique australe. Les cultures secondaires de sorgho vont sans doute augmenter de 14 pour cent par rapport à la superficie de l'an dernier, qui atteignait 86 000 hectares.

ANGOLA* (7 novembre)

Après des pluies particulièrement abondantes en octobre, qui ont été très bénéfiques pour les semis et pour la croissance du maïs planté tôt pour la campagne de 2003, le temps sec qui s'est généralisé pendant la première décade de novembre a retardé les semis de mil et de sorgho dans les régions du sud. Les précipitations sont encore insuffisantes.

La situation alimentaire de nombreuses personnes déplacées est très préoccupante. À la suite de l'accord de cessez-le feu qui est intervenu entre le gouvernement et les forces de l'UNITA en avril cette année, les mouvements massifs de populations rentrant dans leur région d'origine se poursuivent. Le nombre de personnes ayant besoin d'une aide alimentaire d'urgence est passé à 1,9 million, alors que la mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires l'avait estimé à 1,42 million en mai 2002. Les rapports récents indiquent que, bien que les taux de malnutrition aient baissé depuis que l'accès aux populations dans le besoin s'est amélioré, ils restent tout de même élevés. Dans la plupart des zones où les populations reviennent, il n'y a pas de services sanitaires de base. En dépit de l'amélioration progressive de l'accès aux provinces, le mauvais état des routes, les ponts détruits et les mines terrestres continuent de faire obstacle à l'élargissement des opérations de secours, ainsi qu'aux activités commerciales intérieures.

BOTSWANA (6 novembre)

Les semis de céréales pour 2003, en particulier de sorgho, vont commencer. Les premières prévisions sont favorables en raison des pluies abondantes de la troisième décade d'octobre qui ont permis une bonne préparation de la terre.

La production de céréales de 2002 a été estimée à environ 25 000 tonnes, ce qui constitue une progression importante par rapport aux 12 000 tonnes de l'année dernière. Néanmoins, le pays couvre habituellement l'essentiel de ses besoins en céréales grâce à des importations commerciales. Le déficit céréalier pour la campagne commerciale 2002/03 (avril/mars) est estimé par la FAO à 266 000 tonnes. La situation des disponibilités alimentaires est stable car les quantités importées sont suffisantes pour le moment.

LESOTHO (6 novembre)

Les pluies abondantes reçues pendant la troisième décade d'octobre et la première semaine de novembre, dans les régions du sud et du centre, ont été bénéfiques pour les semis des récoltes de 2003, en particulier maïs.

La situation des approvisionnements alimentaires reste difficile à la suite de deux récoltes médiocres consécutives. Quelque 650 000 personnes ont besoin de 36 000 tonnes d'aide alimentaire en céréales pour la période allant de septembre 2002 à mars 2003. Les districts les plus touchés sont ceux de Mokhotlong, Qacha's Nek, Quthing et Thaba Tseka. Le pays a reçu quelque 23 000 tonnes d'aide alimentaire jusqu'à la fin d'octobre. Les prix des céréales sont en hausse alors que les réserves de la moitié des foyers ruraux s'épuisent.

MADAGASCAR (7 novembre)

Les semis de céréales de la campagne 2003, en particulier ceux de riz, ont commencé. Les perspectives sont favorables en raison des bonnes précipitations de la fin d'octobre et du début de novembre, qui ont amélioré la teneur en humidité du sol avant les travaux des champs. Cependant, de nouvelles précipitations sont nécessaires dans le nord où a régné un temps anormalement sec pendant la première semaine de novembre.

Selon les estimations, la récolte de riz atteint le chiffre moyen de 2,4 millions de tonnes de paddy. La situation de l'offre alimentaire est stable mais, en raison du temps sec, les récoltes sont beaucoup moins importantes dans le sud, qui est sujet à la sécheresse. On estime que quelque 183 000 personnes dans 13 districts (sur 89) de la région du sud ont besoin d'une aide alimentaire à la suite de la deuxième mauvaise récolte consécutive. La situation alimentaire est également difficile pour de nombreuses personnes vulnérables à cause des effets prolongés de la crise politique du premier semestre de l'année, qui a gravement perturbé les activités économiques, été cause de chômage et entraîné une forte hausse des prix des denrées alimentaires dans les zones urbaines. À la suite d'un appel à l'aide internationale lancé par le gouvernement, le PAM distribuera 18 000 tonnes d'aide alimentaire, d'ici au mois de mars, à 394 250 personnes, y compris celles qui ont été le plus touchées par la crise politique et celles dont les récoltes ont été mauvaises dans les districts du sud et dans les régions de l'est frappées par le cyclone Kesiny au début de l'année.

MALAWI (7 novembre)

Le temps en général sec d'octobre et de la première semaine de novembre, en particulier dans les régions du centre et du nord, retarde les semis de la campagne de céréales de 2003, qui sont normalement effectués à partir de la deuxième quinzaine d'octobre. La distribution gratuite d'intrants agricoles - surtout des engrais - est en bonne voie.

La situation des approvisionnements alimentaires reste difficile à la suite de deux mauvaises récoltes de céréales consécutives. Une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a estimé le déficit céréalier à 433 000 tonnes, en avril-mai 2002.

Les annonces de contributions faites à la fin d'octobre, en réponse à l'appel lancé par le PAM afin d'obtenir une aide alimentaire de 171 000 tonnes de céréales pour le Malawi dans le cadre de l'opération régionale d'urgence pour l'Afrique australe, ont été suffisantes et 83 000 tonnes sont déjà arrivées dans le pays. Le PAM a intensifié sa distribution en octobre, pour atteindre le chiffre approximatif de 2,3 millions de bénéficiaires, qui représente une augmentation de plus de 100 pour cent par rapport à septembre. Le gouvernement a pris des dispositions pour importer 351 000 tonnes de maïs (225 000 tonnes seront importées aux conditions commerciales, selon l'estimation d'une mission FAO/PAM en avril-mai), et reconstituer, entre autres, la réserve de sécurité alimentaire. Quelque 71 000 tonnes étaient arrivées dans le pays à la mi-septembre. Les prix du maïs, qui avaient baissé après avoir atteint leur point culminant en mars, sont repartis à la hausse en août mais, au début d'octobre, ils étaient généralement encore au-dessous de leur niveau de l'an dernier.

MOZAMBIQUE (6 novembre)

Les pluies excessives de la première semaine de novembre dans le sud, surtout dans la province de Inhambane, faisant suite à deux cyclones dans l'océan Indien, ont causé des inondations locales, mais ont généralement amélioré l'état du sol pour les semis des céréales pour 2003. Par contre, le temps sec a prédominé dans les principales régions productrices de maïs, au nord, où il faudrait qu'il pleuve encore. Dans l'ensemble, les perspectives sont favorables pour les semis, en raison des bonnes précipitations dans l'ensemble du pays au cours de la troisième décade d'octobre et du prix élevé du maïs.

La situation d'ensemble des disponibilités alimentaires reste stable à la suite de la bonne récolte de céréales de 2002 qui a permis de réaliser, dans le nord, des excédents exportables. Les prix du maïs, qui ont beaucoup augmenté depuis le mois d'août, se sont stabilisés en octobre, tout en étant, néanmoins, au-dessus de leur niveau d'il y a un an dans la capitale Maputo. Cette hausse des prix traduit une demande interne stable et des exportations importantes vers des pays voisins en déficit.

La situation alimentaire reste difficile dans les provinces du sud et dans certaines parties des provinces du centre et du nord, où la production céréalière a diminué de 34 pour cent par rapport à son niveau déjà faible de l'année précédente, et 590 000 personnes, selon les estimations, ont besoin de secours. Les besoins d'aide alimentaire d'urgence pour la période septembre 2002-mars 2003 sont estimés à quelque 49 000 tonnes. Les produits déjà dans la filière du PAM suffisent à répondre aux besoins jusqu'en février. Toutefois, les distributions ont été retardées en raison des faibles capacités des organismes partenaires chargés de l'exécution.

NAMIBIE (7 novembre)

Les pluies abondantes de la troisième décade d'octobre et de la première semaine de novembre dans les zones de cultures du nord ont favorisé la préparation du sol en vue des semis de la campagne de 2003 prévus pour fin novembre.

La situation alimentaire est difficile pour de nombreuses personnes dans les zones rurales à la suite de deux récoltes médiocres de céréales. La plus grande partie du déficit de la campagne commerciale 2002/03 (mai/avril), estimé à 156 000 tonnes, sera vraisemblablement couvert par des importations commerciales, mais quelque 345 000 personnes particulièrement vulnérables sont touchées par des pénuries et auront besoin d'aide alimentaire jusqu'à la prochaine récolte. Le gouvernement envisage de distribuer 30 000 tonnes de céréales à la population concernée et a affecté 14 millions de dollars EU à l'opération d'urgence.

SWAZILAND (6 novembre)

Les pluies abondantes de la dernière décade d'octobre et de la première semaine de novembre ont été bénéfiques pour les semis de céréales de 2003, qui avaient commencé.

La situation des approvisionnements alimentaires est difficile à la suite de trois années consécutives de récoltes inférieures à la moyenne. Quelque 265 000 personnes, selon les estimations, auront besoin d'une aide alimentaire jusqu'aux prochaines récoltes. Sur les 20 000 tonnes de céréales d'aide alimentaire nécessaires, le pays avait reçu 11 500 tonnes au début d'octobre. Par ailleurs, le gouvernement a distribué 500 tonnes.

ZAMBIE (7 novembre)

Les pluies abondantes qui sont tombées dans les régions du sud et du centre au cours de la troisième décade d'octobre et de la première semaine de novembre ont été bénéfiques pour les semis de céréales de 2003, essentiellement maïs. Il faudrait cependant qu'il pleuve encore dans les régions du nord-est qui connaissent actuellement un temps anormalement sec pour la saison. Afin d'appuyer la production de maïs de la campagne en cours, après deux mauvaises récoltes consécutives, le gouvernement a mis en œuvre un programme de distribution de 48 000 tonnes d'engrais, à des prix subventionnés, à 120 000 petits agriculteurs.

La récolte de maïs d'hiver, estimée provisoirement à 15 000 tonnes, permet d'améliorer pour un temps la situation difficile des approvisionnements alimentaires à la suite de la médiocre production de maïs de la campagne principale en 2002 et du retard des importations commerciales et des distributions d'aide alimentaire. Les importations commerciales prévues, qui sont assurées par des minotiers privés se montent à 150 000 tonnes, alors que les besoins en maïs importé, pour l'année 2002/03 (mai/avril), sont de 575 000 tonnes; le gouvernement a en outre lancé des appels d'offre auprès de négociants privés pour 300 000 tonnes de plus.Cependant, les importations livrées dans le pays sont loin d'atteindre ces chiffres et, au début de novembre, se limitaient à environ 50 000 tonnes - essentiellement dans le cadre d'échanges commerciaux informels avec le Mozambique et la Tanzanie. Les prix du maïs, qui ont augmenté modérément depuis juin, sont restés stables au cours du mois d'octobre. La situation pourrait néanmoins se dégrader rapidement car les stocks des minotiers ne dureront probablement que jusqu'au début de l'année prochaine.

Selon les estimations, le nombre des personnes ayant besoin de secours est de 2,9 millions, soit le quart de la population. La situation alimentaire est particulièrement préoccupante pour les groupes vulnérables dans les zones reculées où les réserves de denrées alimentaires sont épuisées. Les besoins d'aide alimentaire du PAM sont de 21 000 tonnes par mois, mais la moitié seulement de la population ciblée avait pu être touchée en octobre en raison du manque de produits dans la filière d'aide alimentaire. Les distributions de denrées alimentaires seront sans doute encore retardées par la décision prise à la fin d'octobre par le gouvernement de refuser les produits alimentaires fabriqués à partir d'organismes génétiquement modifiés. Le PAM utilise actuellement des contributions en espèces pour acheter des produits non transgéniques dans la région, tout en évacuant 15 000 tonnes de ces produits déjà arrivés dans le pays et en les affectant à d'autres pays de la sous-région qui acceptent les céréales transgéniques. Il faut d'urgence trouver d'autres sources de denrées alimentaires.

ZIMBABWE* (7 novembre)

Grâce aux précipitations supérieures à la normale d'octobre et de la première semaine de novembre, en particulier dans les régions du centre et de l'est, le taux d'humidité du sol a été suffisant pour les semis de la campagne de céréales de 2003, qui ont commencé. Les perspectives, cependant, sont médiocres en raison de la désorganisation des activités agricoles provoquée par les acquisitions de terres et en raison des prix élevés des semences qui dépassent les moyens de bon nombre d'agriculteurs.

La situation alimentaire, qui est grave, est en train d'empirer à la suite de la forte réduction de la récolte de maïs qui s'ajoute à la crise économique que traverse le pays. On signale des pénuries de denrées de base, comme le pain, le maïs, le lait et le sucre dans les zones urbaines et agricoles, et les boulangeries sont obligées de fermer en raison de la pénurie de blé. Un accroissement du nombre de cas de malnutrition est signalé en différents endroits. Près de la moitié de la population, soit 6,7 millions de personnes, a besoin d'une aide alimentaire d'urgence jusqu'en mars prochain, surtout dans les zones agricoles. Pour compenser le déficit exceptionnel de céréales de quelque 1,7 million de tonnes pour la campagne commerciale 2002/03 (mai/avril), le gouvernement a annoncé des contrats d'importation se montant à près d'un million de tonnes à la fin de septembre, mais à la fin d'octobre, 480 000 tonnes seulement avaient été livrées. La quantité d'aide alimentaire reçue est de 167 000 tonnes. Les distributions d'aide alimentaire ont été retardées par des controverses avec le gouvernement relatives à la politisation de l'assistance et à l'exclusion de plusieurs partenaires d'exécution du PAM. Le PAM a suspendu toutes les distributions dans plusieurs zones en octobre. Dans les zones urbaines, une flambée des prix qui a atteint 137 pour cent à la fin de septembre et la détérioration continue de l'économie ont rendu encore plus difficile l'accès à la nourriture pour la plus grande partie de la population.

Il est urgent d'accélérer les importations commerciales et la livraison d'une aide alimentaire supplémentaire pour éviter que la situation de la sécurité alimentaire du pays ne s'aggrave encore.

ASIE

AFGHANISTAN* (6 novembre)

La campagne culturale d'hiver a démarré sous des conditions climatiques favorables. De récentes chutes de pluie et de neige dans plusieurs régions devraient faciliter la préparation des terres. Selon la mission conjointe FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires, qui s'est rendue en Afghanistan du 15 juin au 13 juillet 2002, la production céréalière totale de 2002 devrait être de l'ordre de 3,59 millions de tonnes (en céréales usinées), dont 2,69 millions de tonnes de blé, 345 000 tonnes d'orge, 298 000 tonnes de maïs et 260 000 tonnes de riz usiné. À ce niveau, la production céréalière est en augmentation de près de 82 pour cent par rapport à la récolte réduite par la sécheresse de l'an dernier mais reste inférieure d'environ 4 pour cent aux bons résultats de 1998. Les besoins d'importations céréalières pour la campagne commerciale 2002/03 (juillet/juin) sont donc évalués à 1,38 million de tonnes, soit une baisse d'environ 38 pour cent par rapport aux deux années précédentes. Les importations commerciales sont estimées à 911 000 tonnes, ce qui équivaut au niveau moyen des trois années précédentes. Les secours alimentaires d'urgence dans la filière et les annonces de contributions représentent 219 000 tonnes, de sorte qu'un déficit non couvert d'environ 249 000 tonnes subsiste.

Toutefois, en dépit du redressement de la production agricole cette année, des millions d'Afghans, notamment les éleveurs Kuchis, ont difficilement accès à la nourriture du fait de la baisse sensible de leur pouvoir d'achat et/ou de la perte de leurs moyens de production. Les conséquences de plusieurs années de sécheresse successives, la dégradation des réseaux d'irrigation et des autres infrastructures, l'impossibilité pour les agriculteurs d'obtenir les intrants agricoles nécessaires, le manque d'emplois tant dans le secteur agricole que dans les autres, ainsi que l'ampleur de l'endettement rural confirment l'importance d'intervenir sans délai et de manière efficace. Il est crucial de continuer à investir dans le secteur agricole, en particulier pour remettre en état, améliorer et entretenir les infrastructures d'irrigation afin de relancer rapidement l'économie afghane.

ARABIE SAOUDITE (6 novembre)

Les semis du blé, qui sera récolté en avril/mai l'année prochaine, sont en cours. La production de blé en 2002 est estimée à 1,8 million de tonnes, comme l'an dernier, volume qui, avec les réserves, suffira à couvrir les besoins du pays. Les importations de céréales de 2002/03 (juillet/juin) sont actuellement estimées à environ 7,5 millions de tonnes, dont quelque 5,1 millions de tonnes d'orge.

ARMÉNIE (4 novembre)

La production céréalière cette année devrait s'établir à 414 000 tonnes, ce qui est analogue au volume, en très nette progression, de la campagne commerciale 2000/2001. Selon les estimations, la récolte se composerait de 340 000 tonnes de blé, 62 000 tonnes d'orge et 6 000 tonnes de maïs. Les besoins d'importations céréalières pour 2002/03 sont estimés à 344 000 tonnes, volume inchangé par rapport à l'an dernier, soit 280 000 tonnes de blé, 27 000 tonnes de maïs et 12 000 tonnes de riz.

AZERBAÏDJAN (4 novembre)

La moisson touche à sa fin et la production céréalière devrait cette année dépasser 2,4 millions de tonnes, ce qui représente une hausse de près de 400 000 tonnes par rapport au niveau de l'année 2000/2001; elle se compose de 1,9 million de tonnes de blé, de 292 000 tonnes d'orge et de 150 000 tonnes de maïs. Les superficies emblavées ont augmenté, passant de 690 000 hectares pour la campagne commerciale 2000/2001 à 804 000 hectares cette année. Les besoins d'importations céréalières, estimés à 629 000 tonnes pour la campagne commerciale 2002/03, seront pour l'essentiel couverts par des importations commerciales. Les populations les plus vulnérables et les personnes déplacées à l'intérieur du pays continueront toutefois à être tributaires d'une aide alimentaire ciblée.

BANGLADESH (14 novembre)

En dépit des dommages subis par les rizières à la suite des inondations de juillet et d'août, les perspectives restent favorables pour les récoltes de paddy Aman qui sont actuellement moissonnées. En raison des conditions de végétation favorables en général, d'une utilisation accrue des intrants et d'une hausse du prix à la production, les estimations provisoires font état d'une récolte de 16 millions de tonnes, ce qui est analogue à la récolte de riz Aman de l'an dernier. Avec la récolte de paddy Aus d'août estimée à 3 millions de tonnes, et la récolte de riz irrigué boro, dont les semis seront effectués de la fin du mois de novembre au mois de janvier, et qui estimée provisoirement à 19,5 millions de tonnes, la production totale de paddy pour l'année 2002/03 devrait, selon les estimations provisoires, atteindre le chiffre record de 38,5 millions de tonnes (25,7 millions de tonnes de riz usiné). Les semis de blé, qui sera récolté en mars/avril 2003, sont sur le point de commencer.

La situation des approvisionnements alimentaires demeure dans l'ensemble satisfaisante grâce aux stocks céréaliers suffisants détenus par le gouvernement et aux perspectives de récolte favorables. Si l'objectif de production céréalière record est atteint, les besoins d'importations pour 2002/03 (juillet/juin) devraient continuer à baisser, comme les années précédentes, pour s'établir à 1,5 million de tonnes (1,3 million de tonnes de blé et 0,2 million de tonnes de riz). Toutefois, les victimes des inondations et les groupes vulnérables ont toujours besoin d'une aide alimentaire tandis qu'une assistance pour la fourniture des semences est également nécessaire pour la campagne boro en vue de relancer la production vivrière.

CAMBODGE (19 novembre)

Il est difficile de se prononcer sur la récolte de paddy (non irrigué) de la campagne principale, qui représente normalement 80 pour cent de la production annuelle de riz. En juin, les précipitations ont été inférieures à la normale et en juillet la plupart des régions ont été frappées par la sécheresse, les cultures des régions méridionales et centrales ayant été les plus touchées. Les pluies du milieu du mois d'août ont un peu redressé la situation, mais les derniers rapports indiquent que les superficies ensemencées en paddy de la campagne principale sont environ 7 pour cent en deçà du niveau de l'an dernier et que la production devrait baisser dans les mêmes proportions. Les récoltes de certaines rizières ensemencées plus tôt sont actuellement rentrées mais la récolte principale est prévue pour décembre et janvier. Pour ce qui concerne la saison sèche, dont les semis auront lieu de la fin de novembre à la fin de janvier, le gouvernement apporte son appui à une extension de 200 000 hectares de la superficie irriguée. Une production de cette saison, au-dessus de la moyenne devrait compenser en partie la baisse de la récolte de paddy de la campagne principale. Selon les estimations provisoires, la production de paddy destiné à la consommation en 2003 devrait s'élever à un total d'environ 3,8 millions de tonnes (2,4 millions de tonnes de riz usiné), soit environ 7 pour cent de moins que la récolte record de l'année précédente. La production des autres cultures vivrières comme le maïs, les légumineuses, les racines et les tubercules devrait être égale ou légèrement inférieure à celle de l'an dernier.

Cette production suffira à assurer un approvisionnement alimentaire approprié au niveau national. Toutefois, le gouvernement signale que la sécheresse et les inondations de 2002 ont touché environ 650 000 personnes qui auraient besoin d'une aide alimentaire. En outre, on estime que, même les années où les conditions météorologiques sont normales, 36 pour cent de la population vit au-dessous du seuil de pauvreté et souffre d'insécurité alimentaire chronique, et a donc besoin d'aide alimentaire.

CHINE (14 novembre)

Les semis de blé d'hiver 2002/03 ont eu lieu en septembre/octobre dans des conditions favorables sauf dans l'importante province céréalière de Shandong. Cette province, qui a fourni 17 pour cent de la production nationale de blé en 2002, a souffert d'un temps anormalement sec, pendant les mois d'août et de septembre 2002, à l'origine d'une faible humidité des sols au moment des semis. Selon les estimations provisoires, la superficie ensemencée en blé d'hiver au niveau national serait de 20,9 millions d'hectares, soit 2,8 pour cent au-dessous de celle de l'année précédente. Par ailleurs, la production de blé de 2002 a été révisée à la hausse pour s'établir à 89,3 millions de tonnes contre 88 millions de tonnes selon la précédente estimation. Cette évolution traduit une production plus importante que prévu de blé d'hiver moissonné en mai/juin, désormais estimée à 83 millions de tonnes, tandis que celle du printemps demeure inchangée, soit 6,3 millions de tonnes. Néanmoins, la production totale de 2002 reste inférieure de 5 pour cent à celle de 2001, et de 17 pour cent à la moyenne des cinq dernières années.

La moisson du maïs s'est terminée au début du mois d'octobre. L'estimation provisoire de la récolte a été légèrement rabaissée (125,2 millions de tonnes) en raison de la vague de sécheresse qui a frappé la province de Shandong en août et septembre. Même si les chiffres de cette estimation font apparaître une hausse d'environ 10 pour cent par rapport à l'année précédente en raison du climat favorable dans les autres provinces et des récoltes exceptionnelles attendues dans les provinces de Jilin et du Heilongjiang, la production finale pourrait être encore plus élevée et peut-être égaler la récolte record de 133,2 millions de tonnes rentrée en 1998. En raison des perspectives de récoltes favorables et des prix élevés à l'exportation, les exportations de maïs en 2002 devraient augmenter et pourraient se rapprocher de 10 millions de tonnes.

La récolte de riz de la campagne tardive dans les régions méridionales est en cours. À la suite d'une réduction des superficies ensemencées et de rendements légèrement inférieurs, la récolte de paddy tardif est estimée à 36 millions de tonnes, environ 9 pour cent de moins que l'année précédente. La récolte de riz précoce était également inférieure à celle de l'an dernier. Il en a été de même pour la production de paddy dans la province chinoise de Taiwan. Toutefois, ces diminutions de récoltes ont été en partie compensées par une hausse de 4 pour cent par rapport à l'an dernier de la récolte principale moissonnée entre septembre et le début d'octobre. Ainsi, la dernière estimation de la production de paddy en 2002 s'élève au total à 177,5 millions de tonnes (121,7 millions de tonnes de riz usiné), soit un peu moins que l'an dernier et 9 pour cent de moins que la moyenne des cinq dernières années.

CHYPRE (6 novembre)

Les semis de blé et d'orge à récolter en 2003 ont démarré. Selon les estimations provisoires, la production céréalière totale de 2002 serait de 82 000 tonnes, soit à peu près la moyenne des cinq années précédentes.

Selon les prévisions, les importations de blé en 2002/03 (mai/avril) seraient de 100 000 tonnes, tandis que celles d'orge et de maïs s'élèveraient à un total de quelque 540 000 tonnes, comme l'an dernier.

CORÉE, RÉPUBLIQUE DE (8 novembre)

La récolte de paddy de 2002 touche à sa fin. Selon les estimations provisoires du gouvernement, la récolte serait de 6,8 millions de tonnes (environ 5 millions de tonnes de riz usiné), soit une baisse de 8 pour cent par rapport aux 7,5 millions de tonnes récoltées en 2001. Due en partie aux conditions météorologiques défavorables, cette baisse traduit également les mesures de limitation des superficies rizicoles visant à réduire les excédents de production et les importants stocks de riz, lesquels pourraient s'élever à 1,9 million de tonnes à la fin de l'année 2002. Le pays produit également un peu de céréales fourragères, en premier lieu de l'orge, comme culture d'hiver. La production annuelle de ces céréales est estimée à 0,4 million de tonnes.

Les importations de céréales pour la campagne commerciale 2002/03 (octobre/septembre) sont estimées à 3,9 millions de tonnes de blé, 8,2 millions de tonnes de maïs et 0,5 million de tonnes d'autres céréales, ce qui représente une baisse globale de 4 pour cent par rapport à l'année précédente.

CORÉE, RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE* (19 novembre)

Les semis de blé et d'orge d'hiver pour 2002/03 ont été menés à terme en octobre. En raison d'une extension prévue de quelque 10 pour cent de la superficie ensemencée, la récolte de juin 2003 devrait augmenter par rapport à l'an dernier en dépit d'une légère baisse des rendements prévisionnels.

Une mission conjointe FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires s'est rendue dans le pays du 24 septembre au 5 octobre afin d'y évaluer la récolte de céréales de la campagne principale de 2002, de faire une prévision provisoire des récoltes d'hiver/printemps 2002/03 et d'estimer les besoins d'importations céréalières pour la campagne commerciale 2002/03 (novembre/octobre), y compris l'aide alimentaire nécessaire. La mission a évalué à 3,45 millions de tonnes la production tirée de la récolte de céréales de la campagne principale de 2002, en y intégrant le riz usiné et les pommes de terre en équivalent-céréales. Compte tenu d'une estimation de la récolte d'hiver/printemps de juin 2003, la production céréalière disponible pour la campagne commerciale 2002/03 (novembre/octobre) est estimée à titre préliminaire à 3,84 millions de tonnes (céréales usinées), soit une hausse de 4,9 pour cent par rapport à la dernière compagne en raison principalement de précipitations relativement favorables, de l'irrigation amélioré, d'une aide internationale fournissant engrais et pesticides, et de la priorité donnée par le gouvernement à la distribution en temps voulu de semences et d'autres intrants au secteur agricole.

En dépit des progrès enregistrés dans les récoltes de 2001 et 2002, la production alimentaire nationale ne parvient toujours pas à répondre aux besoins minimums du pays. Pour 2002/03 (novembre/octobre), le déficit est estimé à 1,08 million de tonnes de céréales, alors que la capacité d'importations commerciales est estimée à seulement 100 000 tonnes. Il faudra donc prévoir 0,98 million de tonnes au titre de l'aide alimentaire afin de satisfaire les besoins en céréales pour les 12 prochains mois. Ces besoins sont en partie déjà couverts par des importations à des conditions de faveur équivalant à 300 000 tonnes, ainsi que par des annonces d'aide alimentaire correspondant à 126 000 tonnes; il reste un déficit non couvert de 558 000 tonnes qui devra être comblé par des annonces d'aide alimentaire et/ou des importations à des conditions de faveur supplémentaires. Sur la base d'analyses de vulnérabilité, la mission a recommandé la mobilisation de 512 000 tonnes d'aide alimentaire (429 000 tonnes de céréales et 83 000 tonnes d'autres produits) à l'intention de 6,4 millions de personnes pour l'année à venir. Actuellement, les stocks de l'aide alimentaire du PAM sont pour ainsi dire épuisés et seulement 27 000 tonnes de contributions sont dans la filière. Si l'on veut prévenir une aggravation de la faim et de la malnutrition déjà largement répandues, il est urgent que les donateurs accordent quelque 126 000 tonnes d'aide alimentaire afin de couvrir l'opération du PAM pour le reste de l'année 2002 et les trois premiers mois de 2003.

GÉORGIE (4 novembre)

Selon les derniers rapports, la récolte céréalière pour la campagne commerciale 2001/02 est quelque peu décevante et s'établit à 677 000 tonnes, ce qui équivaut à une baisse de 40 000 tonnes par rapport à la piètre récolte de l'année précédente. Les récoltes céréalières de cette année comprennent 216 000 tonnes de blé et 400 000 tonnes de maïs. La production de maïs a quelque peu augmenté en raison d'une amélioration des précipitations durant l'été. Une aide alimentaire serait de nouveau nécessaire pour combler le déficit de l'offre par rapport à la demande.

Le PAM a distribué environ 3 101 tonnes de vivres à 43 782 bénéficiaires dans le cadre de 151 projets «vivres-contre-travail» entre le mois d'août et le mois de septembre de cette année. Ces projets avaient pour objet la bonification de terres et la remise en état des systèmes d'irrigation dans 31 districts. L'Intervention prolongée de secours et de redressement (IPSR) en cours devrait s'achever en mars 2003. À la suite de la destruction des récoltes dans le district de Mestia en Géorgie occidentale, le PAM projette de distribuer environ 250 tonnes de nourriture à 11 000 personnes gravement touchées.

INDE (14 novembre)

La saison kharif 2002 a été marquée par des précipitations irrégulières de la mousson du sud-ouest à l'origine d'inondations dans de nombreuses régions et d'une vague de sécheresse dans les États du nord-ouest, qui ont gravement affecté la production agricole. La moisson des céréales kharif se poursuit actuellement. Les estimations provisoires du gouvernement font apparaître une baisse de 18 pour cent par rapport à l'année précédente de la production des cultures kharif qui tombe ainsi à son niveau le plus bas depuis 14 ans. Selon les estimations provisoires, la production de paddy serait de 106 millions de tonnes, ce qui, avec la récolte de paddy rabi estimée à 19 millions de tonnes dont la moisson est prévue en mars/mai 2003, donne une production de paddy provisoirement estimée à 125 millions de tonnes (83,3 millions de tonnes de riz usiné) pour la campagne commerciale 2002/03. La production de céréales secondaires kharif devrait être encore plus gravement touchée, accusant une chute de 24 pour cent par rapport à la production de l'an dernier de 27,1 millions de tonnes et tombant à 20,6 millions de tonnes (9,8 millions de tonnes de maïs, 3,9 millions de tonnes de sorgho et 6,9 millions de tonnes de mil). Les semis des cultures de riz rabi et de blé d'hiver, qui seront récoltées en mars/mai 2003, sont en cours et bénéficient des pluies d'octobre qui ont été supérieures à la moyenne.

À la suite des inondations qui ont dévasté plusieurs États, les organisations locales et internationales, en collaboration avec le gouvernement, continuent à apporter une aide alimentaire et médicale aux populations sinistrées, tandis que des projets «vivres-contre-travail» à l'intention des personnes victimes de la sécheresse sont actuellement mis en œuvre par les pouvoirs publics des États concernés.

En dépit de la baisse de la production céréalière et des déficits alimentaires enregistrés dans de nombreuses régions, les disponibilités alimentaires au niveau national restent de manière générale satisfaisantes, le pays disposant d'importants stocks de céréales grâce aux bonnes récoltes des années précédentes. Afin de compenser les charges financières qu'impliquent ces stocks importants, le Gouvernement continue à promouvoir les exportations de blé et de riz qui, pour l'année 2002/03, sont estimées respectivement à 4,7 millions et 4,5 millions de tonnes. Ces chiffres font de l'Inde le second exportateur de riz et le sixième exportateur de blé du monde. En outre, l'Inde a fait don d'un million de tonnes de blé dans le cadre de l'opération d'aide d'urgence mise en œuvre en Afghanistan par le PAM, qui manque de ressources; il s'agit de la plus forte annonce de la contribution de toute l'histoire du PAM.

INDONÉSIE (11 novembre)

Les semis de riz et de maïs de la campagne principale, qui seront récoltés à partir de mars 2003, sont en cours. En dépit de faibles précipitations récentes, les superficies ensemencées devraient se maintenir au même niveau que l'an dernier. En vue d'encourager la production intérieure de riz, principal produit alimentaire du pays, et de freiner les importations, le Ministère de l'agriculture a proposé de relever les droits de douane sur les importations de riz, il est également question d'accroître le prix plancher du paddy.

Selon les dernières estimations, la production totale de paddy de 2002 s'élèverait à 50,8 millions de tonnes (32 millions de tonnes de riz usiné), un niveau légèrement au-dessus des 50,5 millions de tonnes de 2001, tandis que la production de maïs est estimée à 9,8 millions de tonnes. Pour la campagne commerciale 2002/03 (avril/mars), le pays prévoit d'importer 3,2 millions de tonnes de riz, soit 1 million de tonnes par l'intermédiaire du BULOG (Office national de planification de la logistique) et environ 2,2 millions de tonnes par des importateurs privés. On estime que les importations de blé, céréale non cultivée en Indonésie, s'élèveront à 4 millions de tonnes destinées principalement à la production de pâtes alimentaires, mais également à la satisfaction de la demande croissante de pain. En outre, il sera nécessaire d'importer 1,4 million de tonnes de maïs pour compléter la production nationale, estimée à 9,8 millions de tonnes en 2002, de manière à faire face à la demande croissante de l'élevage de volailles.

En dépit de disponibilités alimentaires satisfaisantes dans l'ensemble, un grand nombre d'Indonésiens, parmi les plus démunis, les personnes déplacées à l'intérieur du pays et les réfugiés, souffrent de la faim et de la malnutrition. Afin de répondre partiellement à leurs besoins, le PAM offre une aide à 2,1 millions de personnes particulièrement touchées jusqu'à la fin de 2003.

IRAN, RÉPUBLIQUE ISLAMIQUE D' (8 novembre)

Les semis du blé d'hiver, qui sera récolté en juin/juillet 2003, touchent à leur fin. Compte tenu des récentes précipitations et de réserves d'eau suffisantes pour l'irrigation, la superficie ensemencée devrait être légèrement supérieure à celle de l'année précédente. Les semis d'orge d'hiver sont en cours et se poursuivront jusqu'en décembre. On prévoit d'accroître la production de paddy de 30 pour cent en 2003 grâce à la promotion de l'emploi de semences hybrides et améliorées.

En raison des conditions de végétation favorables, la production céréalière devrait atteindre 17,3 millions de tonnes, selon les dernières estimations (11,8 millions de tonnes de blé, 3,3 millions de tonnes de céréales secondaires et 2,2 millions de tonnes de paddy), ce qui correspond à une hausse de 25 pour cent par rapport aux 13,8 millions de tonnes produites en 2001. Ainsi, les importations céréalières de la campagne commerciale de 2002/03 (avril/mars) devraient diminuer par rapport à leurs niveaux élevés des trois dernières années (environ 10 millions de tonnes) et tomber à quelque 5,8 millions de tonnes.

IRAQ* (6 novembre)

Les semis de céréales de 2003, qui débutent en général pendant la seconde quinzaine d'octobre, sont en cours. La production céréalière (principalement blé et l'orge) de 2002 est estimée à 1,4 million de tonnes, soit une hausse de 15 pour cent environ par rapport à l'an dernier grâce à l'amélioration des précipitations par rapport aux trois années précédentes.

Le 14 mai 2002, le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté une nouvelle résolution prévoyant d'importantes modifications destinées à accélérer le traitement et l'approbation des biens civils pouvant faire l'objet de contrats conclus dans le cadre du programme pétrole-contre-vivres.

ISRAËL (6 novembre)

Les semis des cultures de blé et d'orge de 2003, qui seront récoltées en avril/mai de l'année prochaine, sont en cours. La production de blé de 2002 est estimée à 180 000 tonnes, près de 75 pour cent au-dessus de la moyenne des cinq années précédentes. Les importations de céréales en 2002/03 (juillet/juin) sont estimées à quelque 2,7 millions de tonnes.

JAPON (4 novembre)

La moisson de paddy de 2002 est presque entièrement rentrée. En raison de conditions de végétation favorables, des rendements supérieurs à la normale sont prévus dans la plupart des régions. On estime toutefois que la production de paddy devrait baisser de 1 pour cent par rapport à 2001 pour s'établir à 11,2 millions de tonnes (8,1 millions de tonnes de riz usiné) en raison des mesures prises par le gouvernement pour réduire les superficies cultivées en riz. Les semis de blé d'hiver, qui sera récolté en juin/juillet 2003, sont en cours.

Les besoins d'importations de 2002/03 sont estimés provisoirement à 26,5 millions de tonnes, soit 19,9 millions de tonnes de céréales secondaires, 5,9 millions de tonnes de blé et 0,7 million de tonnes de riz, pratiquement autant que pour la dernière campagne.

JORDANIE (6 novembre)

Les semis des cultures de blé et d'orge pour 2003, qui seront récoltées en mai/juin de l'année prochaine, sont en cours. La production totale de blé et d'orge de 2002 est estimée à 133 000 tonnes, soit presque le triple de la faible récolte de l'an dernier, en raison principalement des précipitations favorables. La production intérieure céréalière ne couvre habituellement qu'une fraction des besoins de consommation du pays, et doit être complétée par des importations. Les importations de blé de 2002/03 (juillet/juin) sont estimées à 840 000 tonnes, ce qui représente une légère baisse par rapport à la dernière campagne.

KAZAKHSTAN (5 novembre)

La moisson des céréales touche à sa fin et est estimée à plus de 14,4 millions de tonnes pour la campagne commerciale 2002/03 contre 15,9 millions de tonnes pour la campagne précédente. La récolte de cette année se compose de 11,6 millions de tonnes de blé, de 1,9 million de tonnes d'orge et de 300 000 tonnes de maïs. Les exportations de céréales pour la campagne commerciale 2002/03 sont estimées à environ 6 millions de tonnes contre 4,2 millions de tonnes pour la campagne précédente. Ces exportations se composent de 5,5 millions de tonnes de blé, 387 000 tonnes d'orge et 16 000 tonnes de maïs. Les principaux pays clients sont les pays voisins de la CEI et, de plus en plus, les marchés du Moyen-Orient.

LAOS (15 novembre)

Le riz de saison humide de 2002, semé de la mi-mai jusqu'au début du mois de juillet, est actuellement moissonné. Cette récolte, produite pour l'essentiel dans le bassin du Mékong, représente environ 85 pour cent de la production céréalière annuelle. Le reste est cultivé sous irrigation pendant la saison sèche, c'est-à-dire semé de la mi-novembre à janvier et récolté en avril. Au cours de ces dernières années, la proportion de variétés à rendement élevé a augmenté, d'où une tendance à la hausse de la production. Selon les estimations provisoires, la production de paddy destiné à la consommation pendant l'année civile 2003 serait de 2,4 millions de tonnes (1,4 million de tonnes de riz usiné), volume légèrement supérieur à la bonne récolte de l'an dernier. Le pays produit aussi une faible quantité de maïs.

Le tiers de la population du pays reste à l'écart de l'économie monétarisée et 85 pour cent des habitants vivent de l'agriculture de subsistance. Ainsi, en dépit d'une hausse sensible de la production céréalière ces dernières années. Les approvisionnements alimentaires restent précaires pour une partie importante de la population, particulièrement dans les hautes terres. Ces groupes vulnérables continuent à souffrir d'insécurité alimentaire chronique et ont besoin d'approvisionnements supplémentaires. Leurs besoins sont en partie satisfaits par l'aide alimentaire offerte par le PAM.

LIBAN (6 novembre)

Les semis de blé et d'orge sont actuellement en cours. Toutefois, la production céréalière intérieure couvre en général seulement 10 pour cent environ de la demande. La production de blé et d'orge de 2002 est estimée au total à 86 000 tonnes, à peu près comme l'an dernier. Les importations de blé pour 2002/03 (juillet/juin) sont estimées à environ 0,5 million de tonnes, volume inchangé par rapport à l'an dernier.

MALAISIE (7 novembre)

Le paddy de la campa