SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D’ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES AU CAP-VERT

3 décembre 2002

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Faits saillants

  • Le retard d’installation de l’hivernage et la mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies ont compromis les récoltes de maïs, l’unique production céréalière du Cap-Vert.
  • La production de maïs en 2002/2003 n’a été que de 5 067 tonnes contre 19 500 tonnes l’année dernière et 24 300 tonnes en 2000/2001. Elle est en forte baisse (74 pour cent) par rapport à la production 2001/2002 et se situe parmi les plus faibles récoltes du pays au cours des dix dernières années.
  • Le marché céréalier est bien approvisionné et les prix sont en dessous du niveau plafond fixé par le gouvernement. Pour favoriser l’accès des populations rurales aux denrées alimentaires, des travaux d’investissement à haute intensité de main d’œuvre ont été mis en place, créant des emplois pour elles. Suite à l’échec des récoltes 2002/2003 les populations les plus affectées demandent que ces chantiers démarrent plus tôt cette année. Le nombre d’emplois devra également augmenter compte tenu du nombre important de personnes affectées.
  • Pour assurer un niveau adéquat d’alimentation, une importation de 108 518 tonnes de céréales sera nécessaire. Avec des importations commerciales anticipées de 33 250 tonnes et des aides alimentaires annoncées de 37 380 tonnes il subsistera un déficit de 37 888 tonnes nécessitant une assistance alimentaire supplémentaire.
  • Les populations qui seront les plus affectées par la baisse de production sont les populations pauvres, majoritaires dans les zones de Santa Cruz et Tarrafal sur l’île de Santiago et dans la zone de Porto Novo à Santa Antao. Les producteurs des zones semi-arides de toutes les îles et surtout ceux des îles de Bao Vista et de Maio où il n’y aura pas de récoltes se trouvent également dans une situation critique. Le PAM prévoit d’assister 28 000 personnes entre le 1er avril et le 30 septembre 2003.
  • La mission recommande qu’une assistance en intrants agricoles notamment de semences soit apportée aux agriculteurs affectés afin qu’ils puissent recommencer leurs activités la campagne prochaine.

1. RÉSUMÉ

Une mission conjointe FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a séjourné du 19 au 26 octobre 2002 au Cap-Vert. La mission a travaillé en étroite collaboration avec les services du Ministère de l’Agriculture, de l’Environnement et de la Pêche chargé du suivi de la campagne agricole; les membres de la Commission Nationale pour la Sécurité Alimentaire (CNASA) et la Direction Générale de la Coopération Internationale. Elle a rassemblé des informations auprès des sociétés impliquées dans la commercialisation des produits alimentaires et rencontré les responsables des agences de coopération intéressées par les questions de sécurité alimentaire dans le pays. La mission a effectué une visite de terrain dans l’île de Santiago, la principale île agricole, pour apprécier l’état des cultures et discuter avec les agriculteurs et les agents de vulgarisation sur le déroulement de la campagne et les perspectives de récoltes.

La mission a trouvé que la production de maïs (seule céréale produite dans le pays) de la campagne 2001/2002 a été évaluée à 19 500 tonnes, en baisse de 20 pour cent par rapport à celle 2000/2001 qui était déjà inférieure de 33 pour cent à la production record de 36 400 tonnes enregistrée en 1999/2000. Ces baisses successives de production se sont traduites par une réduction des disponibilités alimentaires particulièrement dans les zones rurales. Néanmoins, la régularité des approvisionnements et la création de milliers d’emplois par les programmes d’investissement à haute intensité de main d’œuvre «FAIMO» financés par les fonds de contrepartie de l’aide alimentaire ont permis aux populations de maintenir un niveau d’alimentation adéquat dans l’ensemble. Des distributions gratuites d’aide alimentaire ont été également faites aux vieilles personnes et aux handicapés qui ne pouvaient pas travailler sur les chantiers. En début de campagne 2002/2003 une assistance en semences de maïs et de haricots a été nécessaire pour permettre à beaucoup d’agriculteurs de reprendre leurs activités.

Le retard important dans le démarrage de la campagne 2002/2003 et la mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies a compromis cette année encore les récoltes. A l’issue de ses travaux la mission estime à 5 067 tonnes la récolte de maïs de la campagne 2002/2003. Cette récolte est en baisse forte de 74 pour cent par rapport à celle de l’année passée. Elle se situe parmi les plus mauvaises récoltes du pays sur ces dix dernières années. Cette production provient essentiellement de l’île de Santiago (54 pour cent ) et de celle de Fogo (35 pour cent ). Environ 34 pour cent des superficies emblavées ne seront pas récoltées; les productions y seront nulles. Les récoltes de haricots et de patates douces varieront de faibles à moyennes selon les zones. En revanche, les productions de cultures irriguées notamment maraîchères pourraient être bonnes grâce à la recharge des nappes phréatiques due aux pluies enregistrées pendant les mois de septembre et octobre.

Pour la campagne commerciale 2002/2003, les disponibilités internes de céréales sont estimées à 16 949 tonnes contre 125 467 tonnes requises, d’où un besoin d’importation de 108 518 tonnes. Les importations commerciales anticipées sont de 33 250 tonnes et l’aide alimentaire annoncée de 37 380 tonnes. Il subsiste un déficit céréalier de 37 888 tonnes nécessitant une assistance alimentaire supplémentaire.

Malgré la baisse de production en 2001/2002 la situation alimentaire est restée assez bonne grâce à la régularité des approvisionnements et à la création d’emplois dans le cadre des FAIMO, ce qui a favorisé l’accès aux denrées alimentaires pour un grand nombre de ruraux. Cette année, la demande pour ces emplois sera encore plus grande. Déjà, plusieurs personnes souhaitent la reprise plus tôt des chantiers afin d’y travailler pour nourrir leurs familles.

Le gouvernement devrait d’une part ouvrir ces chantiers le plus tôt que possible et d’autre part engager dès à présent les actions nécessaires pour assurer la régularité des approvisionnements en denrées alimentaires du pays. Il devrait en particulier revoir à la hausse le programme des importations commerciales ou entreprendre dès maintenant des négociations avec les partenaires afin d’obtenir des aides complémentaires. Le PAM prévoit déjà d’assister 28 000 personnes les plus affectées, pendant 6 mois, entre le 1er avril et le 30 septembre 2003.

Par ailleurs, un soutien en semences sera nécessaire la campagne prochaine notamment dans les zones semi-arides et dans les îles de Boa Vista et de Maio où les récoltes seront nulles cette année.

2. ÉCONOMIE ET AGRICULTURE

2.1 Population

Selon les résultats du recensement général de la population de juin 2000, la population du Cap-Vert est estimée à 434 812 habitants au moment du recensement avec un taux d’accroissement annuel de 2,4 pour cent. Environ 55 pour cent de la population vit sur l’île de Santiago et 25 pour cent à Praia, la capitale du pays. Elle est marquée par une longue tradition d’émigration. On estime à 500 000 au moins les capverdiens vivant à l’étranger principalement aux Etats États-Unis, en Europe et dans d’autres pays africains. Cette communauté est plus importante que la population résidante et contribue beaucoup à l’essor économique du pays.

2.2 Quelques indicateurs macro-économiques1

Malgré l’adversité de son climat et l’absence de ressources naturelles, le Cap-Vert connaît une croissance économique régulière depuis son indépendance en 1974 grâce à l’aide publique au développement et à l’importance des transferts de fonds des émigrés. Selon les estimations de la Banque Mondiale le taux de croissance réelle du Produit Intérieur Brut (PIB) a été en moyenne de 8 pour cent entre 1974 et 1985 et de 4 pour cent entre 1986 et 1992. Cette croissance a été nettement supérieure à celle de la population qui se situait autour de 2,5 pour cent pendant ces périodes. A partir de 1993, la croissance du PIB a été en moyenne de 7,1 pour cent par an mais est tombée à 3 pour cent en 2001 à cause de la faiblesse des recettes fiscales (cf. tableau 1). Pour la période 2002-2004 on prévoit une reprise économique qui permettra une croissance de 4 pour cent en 2002, et de 5 pour cent en 2003 et 2004.

Le produit intérieur brut par habitant estimé à 1 290 dollars des États-Unis en 2000 est l’un des plus élevés d’Afrique.

L’économie est dominée par le secteur tertiaire, essentiellement les transports, le commerce fonctionnant en grande partie grâce aux capitaux constitués par les émigrés et les services publics. En 2000, ce secteur a contribué pour 71,6 pour cent au produit intérieur brut dont 14,9 pour cent pour les émigrés, l’industrie pour 17,6 pour cent, l’agriculture et la pêche pour seulement 10,9 pour cent.

Ces dernières années, l’inflation a été relativement bien contenue. Elle est passée de 4,4 pour cent en 1998 et 1999 à 3 pour cent en 2001. Suite aux accords monétaires conclus avec le Portugal en juillet 1998, une parité fixe existe désormais entre l’Escudo capverdien (CVEsc) et l’Escudo portugais. Cet accord a été également maintenu lors de l’entrée du Portugal dans la zone Euro. En octobre 2002 l’euro s’échangeait contre 110 CVEsc.

Au niveau budgétaire, les équilibres reposent en partie sur l’aide publique au développement dont 90 pour cent est non remboursable. En 2000, cette aide représentait 21,5 pour cent des ressources budgétaires de l’État. Le déficit alimentaire structurel du pays fait que l’aide alimentaire est la seconde grande composante de l’aide publique au développement après les investissements. Cette aide a beaucoup contribué à réduire le déficit budgétaire entre 1990 et 1998 qui est passé d’un niveau de plus de 10 pour cent du PIB en 1990 à environ 4,3 pour cent en 1998. En 2001, il était remonté à 6,1 pour cent du PIB.

La balance commerciale du pays est chroniquement déficitaire. Le déficit s’est accru entre 1989 et 1995. Il est passé de 100 millions de dollars E.-U. en 1989 à 217 millions de dollars en 1995 soit 44 pour cent du PIB. Grâce à des efforts engagés pour limiter les importations le déficit à été ramené à 15,8 pour cent du PIB en 2000. Par ordre d’importance, les principales importations sont les biens d’équipement, les produits alimentaires et les hydrocarbures. En effet, le pays a recours au marché international pour satisfaire pratiquement tous ses besoins alimentaires. En 2000 il a importé pour environ 78,3 millions de dollars E.-U. de produits alimentaires. Les exportations concernent surtout le textile, les cuirs et les produits de la pêche. En 2000, les textiles, les cuirs et les chaussures ont contribué pour 87 pour cent aux recettes d’exportation et la pêche pour 7 pour cent seulement.

Tableau 1 : Évolutions de quelques indicateurs économiques (millions $E.-U.)

  1998 1999 2000 2001 2002
PIB nominal (millions $E.-U.) 539,7 588,1 558,2 553,3 639,6
Taux de croissance réel(%) 7,6 7,9 6,8 3,0 4,0
Inflation (%) 4,4 4,4 -2,5 3,0 3,0
Exportation fob (millions $E.-U.) 32,7 35,0 23,9 27,3 30,0
Importation fob (millions $E.-U.) 218,3 223,0 217,6 218,0 220,0
Dette extérieure (millions $E.-U.) 246,5 327,4 327,2 344,0 325,0
Réserves de devises (or non compris) 8,3 43,5 28,2 27,2 63,2
Taux de change moyen (CVEsc: $E.-U.) 98,2 102,7 115,9 122,9 114,9
Sources: The Economist Intelligence Unit, Country Report, July 2002.

2.3 Agriculture et pêche

Environ 53 pour cent de la population active du pays travaille dans l’agriculture et la pêche. Cependant, ces deux secteurs n’ont contribué que pour 10,9 pour cent seulement au produit intérieur brut du pays en 1998. La production agricole est handicapée par les conditions climatiques arides et une pluviométrie erratique. Elle est marquée par une très grande variabilité et couvre rarement plus de 15 pour cent des besoins du pays. Les principales cultures sont le maïs (la seule céréale cultivée dans le pays), les haricots, les cultures maraîchères et fruitières notamment la banane dont une partie de la production est exportée. Le pays est largement dépendant de l’extérieure pour ses approvisionnements alimentaires. Depuis 1990 l’aide alimentaire constitue l’un des principaux instruments de gestion de la sécurité alimentaire du pays. Environ 30 000 à 40 000 tonnes de vivres sont octroyés chaque année au pays par la communauté internationale.

Les données sur l’élevage sont relativement vieilles. Le cheptel était estimé en 1995 à 143 370 têtes comprenant: 21 823 bovins, 112 331 caprins et 9 216 ovins.

La pêche constitue une ressource non négligeable du pays et contribue pour environ 1 pour cent au produit intérieur brut. Les exportations de poissons, principalement du thon sont estimées à 35 000 tonnes par an.

3. PRODUCTION ALIMENTAIRE DE LA CAMPAGNE 2002/2003

3.1 Situation pluviométrique

Le mois de juillet marque habituellement le début de l’hivernage au Cap-Vert. Mais cette année, ce mois a été sec, malgré quelques «pluies occultes» enregistrées en zones d’altitude. Le cumul pluviométrique a été partout déficitaire par rapport à celui de l’année dernière et à la moyenne 1981-1990.

Ce n’est qu’à partir des journées des 8 et 9 août 2002 que des pluies significatives ont été relevées dans certaines localités de l’île de Santiago (Assomada, Curralinho, Ribeirao Manuel, S. Jorge Orgaos, Serra Malagueta), de l’île de Fogo (Galinheiro, Ponta Verde), de l’île de Santo Antao (Agua Das Caldeiras, Faja Domingos Benta, Passagem, PeroDias, Pico Da Cruz), et de l’île de S. Nicolau (Cachaço, Cabecalinho (Baixo)).

Au cours de la deuxième décade d’août, les pluies ont été faibles à nulles, sauf dans certaines localités de l’île de Fogo qui ont bénéficié de pluies significatives en fin de décade (Cocho avec 40 mm et Ribeira Ilheu avec 48 mm le 20 août 2002). Mais globalement, les cumuls pluviométriques sont restés très déficitaires par rapport à ceux de l’année dernière et à la moyenne 1981-1990.

A la fin de la troisième décade d’août, seules certaines localités des îles de Santiago et de Fogo ont enregistré des pluies significatives par endroit: 21,2 mm le 30 août à Mato Limao, 24,5 mm et 34,8 mm respectivement à Galinheiro et à Ponta Verde le 31 août 2002.

Au début de la première décade du mois de septembre, des pluies ont été enregistrées dans une grande partie de l’Archipel notamment dans l’île de Santo Antao. Elles ont été abondantes dans les zones d’altitude surtout à Cova avec plus de 90 mm le 2 septembre 2002. Des pluies plus abondantes sont également tombées en milieu de deuxième décade avec des valeurs journalière maximales de 130,0 mm et 180,0 mm le 15 septembre respectivement à Ribeira Prata dans l’île de S. Nicolau et à Cocho dans l’île de Fogo. De même en début de troisième décade, des pluies importantes ont été recueillies dans la quasi-totalité de l’archipel, atteignant 152,5 mm et 146,5 mm le 21 septembre à Pombas dans l’île de S. Nicolau et à Ribeira Ilheu dans l’île de Fogo. Le 22 septembre, les valeurs pluviométriques journalières ont atteint 157,0 mm et 120,0 mm respectivement à Cha de Arroz dans l’île de S. Antao et à Monte Velha dans l’île de Fogo.

La première décade du mois d’octobre a été marquée par de faibles pluies dans l’île de Santiago et une absence de précipitations dans les autres îles à vocation agricole (Santo Antao, S. Nicolau et Fogo). Pendant la deuxième décade, l’ensemble des îles à vocation agricole notamment celles de Santo Antao et de S. Nicolau ont enregistré des pluies significatives les 11, 12 et 13 octobre. Le graphique 1 ci-dessous présente la pluviométrie dans les différentes îles agricoles du pays.

Graphique 1 : Pluviométrie 2002 dans les différentes îles du pays

Graphique 2 : Pluviométrie comparée 2002, 2001 et moyenne 1981-1990

A la date du 20 octobre 2002, le cumul pluviométrique saisonnier dans les stations des îles de Santiago et de Fogo était globalement déficitaire par rapport à celui de 2001 et au cumul de la moyenne 1981-1990. Par contre, dans les îles de Santo Antao et de S. Nicolau ce cumul est excédentaire en comparaison avec les mêmes périodes de référence (cf. graphique 2).

A l’image de la pluviométrie enregistrée cette année, la situation hydrologique a été également préoccupante en début de saison. Aucun écoulement significatif n’a été relevé en juillet et en août. Des écoulements significatifs n’ont été enregistrés qu’en septembre et octobre avec les abondantes pluies tombées. EIles ont contribué au remplissage des barrages et à relever le niveau des nappes phréatiques. Ceci favorisera le développement des cultures irriguées (maraîchères et fruitières de contre saison) et l’approvisionnement en eau des populations et du bétail.

Sur le plan agricole, le retard et l’insuffisance des pluies n’ont pas permis d’effectuer des semis en humide qu’à partir de la première décade du mois d’août notamment dans les zones d’altitude des îles de Fogo, Santo Antao, Santiago et Brava. Le graphique 1 illustre cette situation. Des ressemis ont été nécessaires dans presque toutes les zones semi-arides. Ceux-ci se sont poursuivis parfois jusqu’en début septembre.

L’amélioration des conditions hydriques depuis les deux dernières décades de septembre et jusqu’à la mi-octobre a permis aux cultures dans les zones humides et sub-humides de satisfaire leurs besoins en eau sur toutes les îles. Cette situation a été moins profitable pour les cultures dans les strates semi-arides qui se trouvaient à cette période dans un état de stress hydrique irréversible suite à la longue pause pluviométrique intervenue fin septembre début octobre.

Au regard de l’état phénologique des cultures et du niveau d’humidité résiduelle des sols en fin octobre, les perspectives de productions par strate seraient les suivantes:

Dans les strates humides2, les cultures sont en phase avancée de reproduction. Compte tenu des possibilités de bénéficier de «pluies occultes», les productions y seront moyennes.

Dans les strates sub-humides, les cultures sont en phase de reproduction et risquent de ne pas bénéficier d’autres apports pluviométriques. Leur état végétatif est hétérogène. Les productions y seront faibles à moyennes.

Dans les strates semi-arides, les cultures sont en phase de croissance et n’ont aucune chance de terminer leur cycle. Les productions y seront médiocres à nulles.

3.2 Approvisionnement en intrants agricoles

Le marché des intrants agricoles est libre au Cap-Vert. Les producteurs s’approvisionnent donc directement auprès des commerçants privés de la place. L’État n’intervient surtout que dans le domaine de la protection des plantes en cas d’infestations graves.

En culture pluviale, les engrais sont peu utilisés à cause d’une part de la topographie des terres marquée par des pentes fortes et une grande érosion et d’autres parts, du caractère aléatoire de la production dû à l’irrégularité et à l’insuffisance des pluies. En général, chaque producteur constitue son stock de semences en prélevant une partie de sa récolte.

Cette année, dans le cadre du projet FAO, TCP/CVI/2801«assistance d’urgence aux populations affectées par la sécheresse», 60,3 tonnes des semences de maïs, 41 tonnes de semences de haricots et d’arachide et 960 kg de pesticides ont été distribués à plus de 7 300 familles.

En culture irriguée par contre, l’utilisation d’engrais et de semences améliorées est très courante. Lors de la campagne agricole 2000/2001 on estime la quantité de semences maraîchère utilisée à 2,1 tonnes en 2000/2001 et à 2,55 tonnes en 2001/2002. La quantité d’engrais utilisée en culture maraîchère et fruitière lors de la campagne 2001/2002 a été évaluée à 279 tonnes.

3.3 Production céréalière 2002/2003

La production céréalière au Cap-Vert est constituée uniquement de maïs. L’évaluation de cette production et des autres cultures (haricots et cultures maraîchères) est faite à travers l’enquête agricole annuelle. Cette année, l’enquête a commencé avec beaucoup de retard à cause de l’installation tardive de la saison des pluies. Lors du passage de la mission, le service des statistiques agricoles collectait toujours les fiches d’enquête. Elles n’ont donc pu être traitées pour les prévisions de récoltes. La mission et les membres du groupe technique de suivi de la campagne (GTP) ont fondé les prévisions sur les données antérieures pour estimer les superficies. Pour les rendements, ils ont eu recours à une méthode combinant plusieurs éléments : observations de terrain (état végétatif des cultures, hygrométrie du sol, etc.), informations recueillies lors de la visite de terrain auprès des producteurs et des agents de vulgarisation, analyse de données antérieures.

Ces travaux ont abouti aux principaux résultats suivants:

Superficies

Les superficies en maïs de la campagne 2001/2002 estimées à 30 674 ha ont été reconduites pour 2002/2003. L’examen des données antérieures montre en effet que les superficies varient peu dans le temps. Cette superficie est du même niveau que celle de la campagne 2000/2001 (30 626 ha) et seulement de 2 pour cent inférieure à celle de 1999/2000 (31 358 ha). Selon les strates agro-climatiques elle se répartit ainsi qu’il suit: humide 5 381 ha, semi-humide 14 352 ha, semi-aride 10 941 ha (cf.tableau 2).

Rendements

Les rendements estimés varient d’une strate agro-climatique à une autre et d’une île à une autre. Ils varient de 200 à 800 kg/ha en zone humide et de 150 à 370 kg/ha en zone semi-humide (cf. tableau 2). Ils seront nettement plus faibles que ceux de la campagne dernière. Dans les zones semi-arides, il n’y a aucune perspective de récolte; les rendements y seront nuls. Il en est de même pour les zones humides de Santao Antao et Praia. A Boa Vista et à Maio il n’y aura pas de récoltes. Au total 10 445 ha soit 34 pour cent des superficies emblavées ne seront pas récoltées. Les plantes serviront néanmoins de fourrage.

Production

La production totale de la campagne 2001/2003 est évaluée à 5 067 tonnes de maïs (cf.tableaux 2 et 3). Elle connaît une baisse importante de 74 pour cent par rapport à celle de l’année passée estimée à 19 549 tonnes qui étaient déjà inférieure de 19 pour cent par rapport à la production 2000/2001. Elle est proche des productions de 1997 et 1998 (4 900 et 4 883 tonnes respectivement) mais plus élevée que celles de 1994 et 1996 qui étaient respectivement de 3 163 tonnes et 1 300 tonnes. La récolte 2002/2003 se situerait donc parmi les plus mauvaises ces dix dernières années (cf. graphique 3)

Cette production provient essentiellement des îles de Santiago (54 pour cent) et de Fogo (35 pour cent).

Elle est insignifiante dans les îles de San Nicolau et de Brava et nulle dans celles de Maio et de Boa Vista.

Tableau 2. Prévisions de superficies, rendements et productions de la campagne 2002/2003

Îles/
Conseils
Superficie (ha)   Total
(ha)
Rendement
(kg/ha)
Production
(tonnes)
Total
(tonnes)
Humide Sub-
humide
Semi-
aride
  Humide Sub-
humide
Semi-
aride
Humide Sub-
humide
Semi-
aride
 
Fogo 840 3 438 2 319 6 597       511 1 272   1 782
S. Filipe 538 2 452 2319 5 309 500 370 0 269 907 0 1 176
Mosteiros 302 986 0 1 288 800 370 0 241 365 0 606
                       
S. Nicolau 214 240 556 1 009 400 0 0 86 0 0 86
                      0
Sto. Antão 493 2 106 1 475 4 074       0 376 0 376
Porto Novo 295 173 976 1 444 0 0 0 0 0 0 0
Paúl 111 54 203 367 0 0 0 0 0 0 0
Rra. Grande 88 1 879 296 2 263 0 200 0 0 376 0 376
                      0
Santiago 3 603 8 353 5 983 17 939       1 653 1 170 0 2 759
Praia 0 0 839 839 0 0 0 0 0 0 0
S.Cruz 2 046 180 2 000 4 226 350 300 0 716 54 0 770
Tarrafal 97 1 687 109 1 893 200 150 0 19 253 0 272
S.Catarina 1 146 4 316 1 437 6 899 600 200 0 688 863 0 1 551
S. Domingos 201 1 119 164 1 484 600 0 0 121 0 0 121
S. Miguel 113 1 052 1 434 2 599 400 0 0 45 0 0 45
                      0
Brava 230 215 87 532 280 0 0 64 0 0 64
Maio 0 0 362 362 0 0 0 0 0 0 0
Boa Vista 0 0 160 160 0 0 0 0 0 0 0
TOTAL 5381 1 4352 1 0941 30 674       2 249 2 818 0 5 067

Tableau 3. Superficie et productions de maïs campagne 2002/2003 au Cap-Vert

  Fogo S.Nicolau S. Antao Santiago Brava Maio Boa Vista Total
Superficies (ha) 6 597 1 009 4 074 17 939 532 362 160 30 674
Productions (tonnes) 1 782 86 376 2 759 64 0 0 5 067

Graphique 3 : Évolution de la production de maïs au Cap-Vert de 1992 à 2002 (tonnes)

3.4 Autres productions agricoles

Ces productions concernent essentiellement les haricots, les cultures maraîchères et fruitières. Les haricots sont cultivés en association avec le maïs et constituent la seconde denrée alimentaire de base en milieu rural après le maïs. A l’instar de celle du maïs, la production de haricots est très variable d’une année à l’autre. Au cours des dix dernières années elle a passé de 3 297 tonnes en 1992 à 137 tonnes en 1994, puis à 3 008 tonnes en 1998, 7 832 tonnes en 1998 et 7 768 tonnes en 1999. L’année dernière elle était de 5 340 tonnes. Comme dans le cas du maïs, cette grande fluctuation de la production fait qu’une production moyenne a peu de signification au Cap-Vert. Au regard de la situation pluviométrique de la campagne 2002/03 et son effet sur le maïs, la production de haricots atteindra difficilement son niveau de l’année dernière.

En revanche, les productions maraîchères et fruitières seront moyennes à bonnes. Les conditions de production pour ces cultures sont plus favorables avec le remplissage des barrages et le relèvement des nappes phréatiques intervenus suite aux pluies tombées en fin septembre et début octobre.

3.5 Productions animales

L’absence de pâturage jusqu’au mois d’août dans les zones arides et semi-arides a beaucoup affecté le bétail. Le recours à des aliments concentrés à base de maïs a été nécessaire pour entretenir les animaux. En fin de saison, la situation s’est nettement améliorée dans toutes les zones particulièrement dans les zones humides et sub-humides avec un assez bon développement des pâturages. Cependant en zones semi-arides et arides ces pâturages ne seront pas suffisants pour la campagne. Des compléments alimentaires seront encore nécessaires cette année pour assurer une bonne production animale.

3.6 Productions halieutiques

Tout en constituant une source importante de devises pour le pays, les produits de pêches (poissons et crustacées) sont les principales sources de protéines animales pour les Capverdiens. Les exportations sont évaluées à près de 35 000 tonnes de poisson par an.

4. SITUATION DE L’OFFRE ET DE LA DEMANDE ALIMENTAIRE

4.1 Accès aux denrées alimentaires

Jusqu’en 1998, l’approvisionnement du marché en denrées alimentaires de base était essentiellement assuré par le gouvernement à travers deux sociétés parapubliques : l’EMPA pour le maïs, le riz et les autres produits de grande consommation (haricots, sucre, lait essentiellement) et MOAVE en ce qui concerne le blé. Ces deux sociétés approvisionnaient le marché via des importations commerciales et assuraient la distribution à l’intérieur du pays. Ils étaient également responsables de la gestion de l’aide alimentaire en nature qu’elles vendaient au profit des fonds de contre partie d’aide alimentaire que le gouvernement utilise pour financer les activités en matière de sécurité alimentaire en accord avec les donateurs.

Un système de fixation de prix plafond a été mis en place pour les denrées de première nécessité. Les prix fixés servent également de baromètre pour juger de la qualité des approvisionnements du marché permettant ainsi de déclencher le processus d’importation en cas d’insuffisance et assurer la régularité des approvisionnements.

Une réforme progressive de l’ensemble du dispositif de sécurité alimentaire a été engagée en 1998 avec l’appui des bailleurs de fonds notamment l’Union européenne. Cette réforme devra aboutir à la libéralisation complète du secteur dans les années à venir. Actuellement, le processus de privation de MOAVE est achevé et celui de EMPA est très avancé. Une société privée a également vu le jour. Il s’agit de la «Cereal Investment Company». Afin d’assurer la régulation du marché, le gouvernement a créé une agence : l’Agence Nationale pour la Sécurité Alimentaire (ANSA). Cette agence dispose déjà d’un stock financier d’un million d’euros octroyé par l’Union européenne pour intervenir en cas de difficultés sur le marché. Cette agence sera également responsable du suivi de l’aide alimentaire et de faire des propositions au gouvernement en matière de fixation des prix plafonds, système encore en vigueur.

En 2001/2002 le marché a été régulièrement approvisionné et l’accessibilité des populations aux denrées alimentaires jugée bonne. Les prix sont restés nettement en dessous des prix plafonds dans tout le pays. Les importations commerciales se sont élevées à 37 370 tonnes de céréales et l’aide alimentaire à 36 607 tonnes. Le pays étant structurellement déficitaire (produisant à peine 15 pour cent de ses besoins en céréales), l’aide alimentaire a toujours été un élément important dans le dispositif de sécurité alimentaire du pays. Les volumes d’aides sont souvent plus élevés que les importations commerciales. L’année dernière, des distributions gratuites ont été faites aux vieilles personnes et aux handicapés qui ne sont pas en mesure de travailler. Pour faciliter l’accès aux vivres par les personnes affectées par l’insuffisance de la production, un programme d’investissement à haute intensité de main d’œuvre financé par les fonds de contre partie d’aide alimentaire existe pour leur offrir des emplois rémunérés. On évalue entre 15 000 et 20 000 le nombre d’emplois temporaires créés chaque année à travers ce programme.

Graphique 4: Structure des importations de céréales au Cap-Vert de 1991 à 2002
(milliers de tonnes)

4.2 Bilan céréalier prévisionnel 2002/2003

Le bilan céréalier 2002/2003 figure au tableau 4. Il est fondé sur les hypothèses suivantes:

Le bilan céréalier dégage un besoin d’importation totale de 108 518 tonnes de céréales. Les importations commerciales anticipées sont de 33 250 tonnes et l’aide promise 37 380 tonnes. Un besoin complémentaire de 37 888 tonnes de céréales reste à couvrir

Tableau 4. Bilan céréalier 2002/2003

  Riz Blé Maïs Total
DISPONIBILITÉS 3 847 2 682 10 420 16 949
Production - - 5 067 5 067
Stocks initiaux 3 847 2 682 5 353 11 882
UTILISATION TOTALE 35 084 26 925 63 458 125 467
Consommation humaine 31 237 24 243 57 345 112 825
Semences, pertes et autres - - 760 760
Stocks finaux 3 847 2 682 5 353 11 882
BESOINS D’IMPORTATION 31 237 24 243 53 038 108 518
Commerciales 17 400 4 600 11 250 33 250
Aides annoncées 6 500 10 000 20 880 37 380
BESOINS À COUVRIR 7 337 9 643 20 908 37 888

5. BESOINS D’AIDE ALIMENTAIRE D’URGENCE EN 2002/03

Face à la baisse attendue de la production de maïs en 2002/03, la réponse du gouvernement devrait comprendre la mise en œuvre des mécanismes traditionnels (notamment les activités de haute intensité de main-d’œuvre, FAIMO) avec l’appui de la communauté internationale. Cependant, l’ampleur de la chute de production et le contexte de pauvreté qui règne en milieu rural, devraient inciter à un meilleur ciblage des populations affectées.

Le PAM compte apporter une réponse ciblée si le gouvernement en fait la demande. Déjà, dans le cadre de son intervention régulière de développement, le PAM appuie, à travers un projet «Cantines scolaires», 350 écoles primaires (enseignement de base) et 280 jardins d’enfance (enseignement préscolaire) correspondant à près de 120 000 enfants de 3 à 12 ans chaque année et pendant 9 mois. Près de 3 000 tonnes de vivres sont ainsi distribuées aux enfants sous forme de repas chaud à midi et de collation pendant les pauses des jours de classe. Le projet dure 4 ans de 2000/01 à 2003/04 et couvre tout le territoire national.

En réponse à l’appel lancé par le gouvernement à l’issue de la campagne 2001/02, le PAM avait également mis en place un projet d’intervention d’urgence de 2 700 tonnes de vivres pour 30 000 bénéficiaires. Les bénéficiaires sont constitués pour 82 pour cent de femmes chefs de ménages et d’autres groupes vulnérables affectés par la diminution de la production de maïs ou en situation de précarité extrême des conditions de vie. Le projet dure de juillet à décembre 2002. Il est ressourcé aujourd’hui à 60 pour cent et les vivres sont déjà distribués dans 6 des 10 îles du pays.

Dans le cadre d’une opération plus globale au Sahel Ouest du fait du déroulement chaotique de la saison pluvieuse 2002-03 en Mauritanie, au Sénégal, en Gambie et au Cap-Vert, le PAM entend donc focaliser son intervention sur les groupes vulnérables les plus affectés par la chute de production agricole. Pour ce faire, un ciblage précis des bénéficiaires sera réalisé. Cette mission a été précédée par une enquête VAM (Cartographie et analyse de la vulnérabilité) et une enquête nutritionnelle sur les enfants de 5 à 59 mois. L’opération d’urgence régionale couvrira les mois de janvier à septembre 2003 incluant ainsi la période de soudure 2003 qui est le moment où les populations affectées souffrent le plus de l’insécurité alimentaire.

Au Cap-Vert, on a prévu de cibler particulièrement les femmes rurales chefs de ménages avec des familles nombreuses en charge. D’autres groupes vulnérables pourraient être pris en charge après une identification très précise. Les zones d’intervention seront localisées essentiellement dans les 4 îles à vocation agricole (Santiago, Fogo, San Antao, S. Nicolau).

Le Gouvernement a demandé l’assistance pour 80 000 personnes. L’aide du PAM, sur la base des résultats de l’enquête de vulnérabilité pourra assister 28 000 personnes

Les modalités de mise en œuvre de l’opération comprendront des appuis alimentaires aux activités communautaires des populations et aux actions d’éducation et d’alphabétisation destinées aux populations en situation d’insécurité alimentaire. Des collaborations avec des ONG locales et internationales, des associations de base, des partenaires techniques et le gouvernement seront recherchées et établies pour la mise à disposition des vivres aux bénéficiaires.

L’enquête VAM a montré que dans l’île de Santiago, deux zones, Santa Cruz et Tarrafal ont des niveaux élevés de ménages pauvres (respectivement 16,5 et 12,5 pour cent). A Santa Antao, seule la zone de Porto Novo présente une forte prévalence de la pauvreté des ménages (13 pour cent). Dans les deux autres îles ayant des productions agricoles (San Niclao et Fogo), les pourcentages des ménages pauvres tournent autour de 7 pour cent.

Zones Ménages pauvres
Santa Cruz 7 313
Tarrafal 3 393
Porto Novo 3 377
San Niclao 1 544
Fogo 3 685
Total 19 312

Au Cap-Vert, le PAM assistera 28 000 bénéficiaires des îles de Santiago, de Fogo, de Santo Antao et de San Nicolau avec une ration équivalente à 1 800 kcal par personne et par jour constituée de céréales (400g), légumineuse (60 g) et huile (30g). La distribution sera gratuite et durera 6 mois, du 1er avril au 30 septembre 2003, soit 180 jours.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO et du PAM à partir d’informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s’adresser aux soussignés pour un complément d’informations le cas échéant.

Henri Josserand
Chef, SMIAR, FAO
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél : giews1@fao.org
Aranda da Silva
Directeur régional, ODD, PAM
Télécopie: 00221-8223798
Mél : Manuel.ArandadaSilva@wfp.org

Veuillez noter que le présent rapport spécial peut être obtenu sur l’Internet dans le site Web de la FAO à l’adresse URL ci-après: http://www.fao.org/giews

Les alertes spéciales et les rapports spéciaux peuvent aussi être reçus automatiquement par courrier électronique dès leur publication, en souscrivant à la liste de distribution du SMIAR. A cette fin, veuillez envoyer un courrier électronique à la liste électronique de la FAO à l’adresse suivante: mailserv@mailserv.fao.org sans remplir la rubrique sujet, avec le message ci-après:

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1. Les informations sont tirées de: «The Economist Intelligence Unit ; Country Report, July 2002».

2. Les zones de cultures sont réparties en trois principaux groupes en fonction de leur situation géographique par rapport au niveau de la mer. Ce niveau est déterminant pour le climat de la zone. La strate humide regroupe les zones de haute altitude. Cette strate est plus arrosée que les autres. De plus elle bénéficie d’une humidité relative plus importante à cause surtout d’une abondante rosée couramment connue sous le nom de «pluies occultes». C’est la strate la plus favorable pour la production. La seconde est la strate semi-humide. C’est la strate intermédiaire entre la strate humide et la strate semi-aride qui est la plus sèche et la moins favorable pour la production. Elle est beaucoup plus une zone de pâturage que de production agricole.