SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D’ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES APPROVISIONNEMENTS ALIMENTAIRES AU SÉNÉGAL

3 décembre 2002

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Faits saillants

  • La production de céréales pour la saison 2002/2003 est estimée à 901 500 tonnes, en incluant les cultures de contre-saison. Cette production prévisionnelle est en baisse de 6 pour cent par rapport à la campagne 2001/02 et inférieure de 3 pour cent à la moyenne des cinq dernières années. Cette chute s’explique surtout par une pause pluviométrique de trois à cinq semaines de fin juin jusqu’à fin juillet.
  • La disponibilité offerte par la production nationale de céréales de 2002 est, par conséquent, plus réduite que celle de la saison agricole de 2001, laquelle a été à l’origine des difficultés alimentaires que le Sénégal a connues en 2002.
  • La production de mil est en baisse significative pour la deuxième année consécutive, ce qui devrait exercer une pression sur les prix de cette céréale encore cette année et avoir un impact négatif sur le pouvoir d’achat des ménages pauvres.
  • Les besoins en importations de céréales pour la campagne 2002/2003 (novembre-octobre) s’élèvent à 1 056 440 tonnes. Les importations commerciales anticipées de céréales pour cette période vont couvrir largement le déficit. Toutefois, le déficit en céréales sèches, notamment le mil, pourrait s’avérer plus difficile à combler au regard de la faible disponibilité et des transactions limitées de cette céréale dans la sous-région. Par contre, le potentiel d’augmentation des importations de riz est bien réel. Il pourrait s’en suivre une substitution encore plus grande de la consommation du mil vers le riz.
  • Les zones à déficit prononcé sont situées dans la moitié Nord du pays (Diourbel-Tivouane-Louga-Darou Mousty), dans le triangle Dara-M’babane-Revane, dans l’est et le sud du bassin arachidier et dans les trois départements de la région de Ziguinchor, compte tenu de l’insécurité qui rend plus difficile les déplacements.

1. RÉSUMÉ

Une mission conjointe FAO/PAM d’évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires a séjourné du 14 au 20 octobre 2002 au Sénégal. La mission a eu des entretiens avec le Ministre de l'agriculture et de l’élevage, représentant le Gouvernement au début et à la fin de son séjour pour l’informer de son mandat et des conclusions préliminaires. Elle a aussi rencontré les services techniques du gouvernement, les bailleurs de fonds, les importateurs de riz et autres représentants du secteur privé.

La mission a effectué des visites de terrain afin de recueillir les appréciations des producteurs, des opérateurs du marché des produits agricoles et des services de vulgarisation sur la campagne agricole et la situation alimentaire.

La mission est parvenue aux conclusions suivantes :

La sécurité alimentaire du Sénégal repose sur des approvisionnements céréaliers provenant en quantités pour moitié du marché international, principalement les importations de riz, et pour l’autre moitié de la production nationale.

La saison agricole 2002/2003 s’est déroulée dans un contexte caractérisé par les déterminants ci-après : (a) une baisse de 7 pour cent de la production céréalière en 2001 par rapport à l’année 2000 ; la chute étant plus accentuée pour le mil (-21,7 pour cent) (b) un marché céréalier qui a connu un renchérissement sans précédent des prix du mil en réaction à la baisse de la disponibilité et d’événements conjoncturels de nature climatiques (pluies diluviennes de janvier 2002 et la pause pluviométrique en juillet/août 2002), (c) les dysfonctionnements de la commercialisation dans la filière arachide qui auraient privé les producteurs de rémunérations équitables et en temps opportun, (d) un accès des producteurs aux approvisionnements en intrants agricoles limité par les conditions restrictives d'octrois de crédits, suite à d'importants impayés.

La production céréalière est estimée à 901 500 tonnes arrondies pour la saison agricole 2002/2003 y compris la contribution des cultures de contre saison (66 500 tonnes), soit une baisse de 6 pour cent par rapport à l’année 2001/2002 et de 3 pour cent par rapport à la production des cinq dernières années. Le mil a enregistré à nouveau une chute de 10 pour cent par rapport à 2001/2002, après celle déjà importante par rapport à 2000.

Les perspectives alimentaires en 2003 s’inscrivent dans la nécessité d'un besoin d'importation de l’ordre de 1 056 440 tonnes de céréales pour couvrir les besoins. Par ailleurs, des mesures s'imposeraient en direction des groupes vulnérables dans les zones à déficits de production. Des zones à risque alimentaire ont été identifiées dans la moitié Nord du pays (Diourbel-Tivouane-Louga-Darou Mousty), dans le triangle Dara-M’babane-Revane, dans l’est et le sud du bassin arachidier et dans les trois départements de la région de Ziguinchor, compte tenu de l’insécurité qui rend plus difficile les déplacements.

Enfin l'amélioration de l'accès des producteurs agricoles aux intrants agricoles appelle que des solutions appropriées soient mises en œuvre par le gouvernement et les organisations professionnelles agricoles sur le crédit agricole, en particulier les impayés.

2. ÉCONOMIE ET AGRICULTURE1

Depuis l’indépendance, la croissance réelle a fluctué sensiblement, reflétant l’évolution de la production agricole, dépendante de la pluviométrie. Suite à la dévaluation du Franc CFA, intervenue en janvier 1994, et malgré des conditions défavorables (déficit pluviométrique en 1997/98 et coupures sévères de courant en 1999), la croissance réelle du PIB s’est établie entre 5.2 pour cent et 5.7 pour cent depuis 1995. Ce rythme de croissance a permis une légère augmentation du niveau de vie de la population.

Sauf pour les deux années qui ont suivi la dévaluation, en 1994 et 1995, l’inflation est demeurée à 1.5 pour cent, en moyenne, sur la période 1996-2000. Cette inflation maîtrisée, propre à tous les pays de la zone Franc (UEMOA et CEMAC), s’explique par la politique monétaire restrictive menée par la Banque des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Le Gouvernement du Sénégal prévoit pour 2002 un déficit budgétaire de l’ordre de 21 milliards FCFA en 2002, soit 0,6 pour cent du PIB, en nette amélioration par rapport à 2001 (déficit équivalent à 3,8 pour cent du PIB). A compter de 2003, le Gouvernement devrait adopter une politique fiscale expansionniste, compte tenu des ressources additionnelles résultant de l’entrée en vigueur de l’initiative pour les «Pays Pauvres Très Endettés», prévue vers la fin de 2002.

Le Commerce extérieur du Sénégal est traditionnellement déficitaire. Le tableau 1 en atteste.

Tableau 1. Sénégal: Un certain nombre d’indicateurs, période 1997- 2001

  1997 1998 1999 2000 2001
PIB (milliards FCFA) 2 556 2 761 2 925 3 114 3 406
Croissance réelle PIB (%) 5.0 5.7 5.1 5.5 5.8
Inflation IPC (%) 1.6 1.1 0.9 0.7 3.1
Population (millions) 9.0 9.3 9.5 9.8 10.0
Exportations (milliard $E.-U.) 905 968 1 027 920 1 017
Importations (milliards $E.-U.) 1 176 1 281 1 373 1 339 1 335
Balance courante des paiements (milliards $E.-U.) -185 -248 -320 -401 -259
Taux de change (FCFA/$E.-U.) 584 590 617 712 733
Source: EIU, Country Profile 2001.

Les principales exportations du Sénégal sont reliées aux produits de la pêche, aux phosphates et engrais, enfin, aux arachides et produits dérivés (tableau 2). Les produits alimentaires, notamment le riz, constituent la principale importation.

Tableau 2. Sénégal: Principales exportations et importations, année 2000 (en millions $E.-U.)

Exportations Importations
Poissons et produits de la pêche 222 Produits alimentaires 326
Phosphates et engrais 101 Biens de capital 216
Arachides et dérivés 84 Produits pétroliers 341
Source: EIU, Country Report, July 2002.

L'agriculture demeure encore un des secteurs les plus importants de l'activité économique. Elle occupe plus de la moitié de la population, contribue pour 10 pour cent à la formation du produit intérieur brut et absorbe en moyenne environ 10 pour cent du programme d'investissements publics. Le secteur agricole joue également un rôle majeur dans l'économie par son apport à l'amélioration de la sécurité alimentaire, par la fourniture de nombreuses matières premières à l’agro-industrie (arachide, coton, etc.), par l'absorption d'une partie de la production du secteur industriel et semi-industriel et de l’artisanat (engrais, pesticides, matériel agricole, etc.).

Cependant, depuis le milieu des années 80, le secteur traverse une crise profonde. La production de mil, céréale principale produite localement, est stagnante alors que la population augmente de 2,7 pour cent par an. La production rizicole, qui constitue 20 pour cent de la production céréalière, connaît des problèmes de compétitivité par rapport au riz importé. Quant à la principale culture de rente, l’arachide, le secteur connaît des difficultés de commercialisation depuis que le gouvernement a décidé la liquidation de la SONAGRAINES en décembre 2001, structure chargée, jusque là, de la commercialisation de l’arachide. De plus, la demande européenne pour ce produit tend à stagner.

L’accès difficile aux engrais et l’endettement croissant des populations rurales, la dégradation des sols et la faible disponibilité de semences de qualité ont un impact négatif sur les rendements et constituent des facteurs limitant pour l’intensification agricole.

Par contre, la filière horticole est en croissance. En 2000/2001, la filière a généré près de 6000 emplois dont 72 pour cent en milieu rural, parmi lesquels 60 pour cent étaient occupés par des femmes rurales. Ainsi, à mesure que les contraintes (notamment le déficit en infrastructures, une faible capacité des opérateurs et un accès difficile aux capitaux et aux technologies spécifiques) qui entravent son développement seront levées, la filière horticole pourrait offrir une opportunité pour diversifier les revenus et réduire la pauvreté en milieu rural.

En ce qui concerne l’élevage, on estime à 300 000 le nombre de ménages qui s’y adonne, toutes filières confondues. Au-delà du fait que l’élevage représente une épargne sur pied très importante, il participe également, de façon très efficace, à la réduction de la vulnérabilité des ménages ruraux. En 2001, le nombre de bovins s’établissait à près de 3 millions de têtes, le nombre d’ovins à 4,2 millions et le nombre de caprins à 3,6 millions.

La pêche procure une activité rémunératrice à près de 17 pour cent de la population active, soit environ 600 000 personnes. La pêche maritime et ses activités connexes jouent un rôle important dans le processus de création de richesses. C’est ainsi qu’en 1999, le chiffre d’affaires global du secteur a atteint 293 milliards de FCFA, dont plus de 108 milliards au débarquement et 185 milliards de FCFA de recettes d’exportation. La sur-pêche constitue une menace réelle. A la fin des années 90, les prises annuelles totales (450 000 tonnes) ont dépassé le niveau considéré comme soutenable (420 000 tonnes)

3. PRODUCTION ALIMENTAIRE EN 2002/2003

3.1  La pluviométrie

Les premières pluies utiles ont affecté, dès la mi- mai, le Sud-Est (Kédougou), puis se sont étendues et accrues en importance durant la première quinzaine du mois de juin dans les Sud (Kolda, Ziguinchor), Est (Tambacouda, Bakel) Centre-Sud (Kaolack).

Au cours de la seconde quinzaine de juin, les pluies se sont étendues au Centre (Djourbel), au Nord (Louga, Linguere, Ranerou, Matam).

En juillet, la zone sahélienne (Saint Louis, Podor) à son tour, recevait les premières pluies.

Une pause pluviométrique est intervenue à partir de fin juin-début juillet, pour une durée de trois à cinq semaines selon les régions. Elle a été plus longue dans l’extrême Nord (Saint Louis, Podor) et le centre Ouest (Dakar, l’Ouest du département de Thiès, les départements de Mbour et Fatick).

A la fin de la première décade d’août (9-10), les précipitations reprirent et les bonnes conditions hydriques pour le développement des cultures ont prévalu jusqu’à la deuxième décade de septembre.

Une seconde pause pluviométrique s’installa durant la troisième décade de septembre et la première moitié de la première décade du mois d’octobre.

A la fin de la première décade d’octobre (7-10), un retour de la pluviométrie est observé et qui intéresse l’ensemble du pays.

Les régions qui ont accusé les déficits pluviométriques les plus importants sont : Saint Louis, Matam, Louga et Thiès. Au 10 octobre 2002, les stations pluviométriques de ces régions ont enregistré les hauteurs d’eau suivantes :

3.2  Les approvisionnements en intrants agricoles

Les quantités d’engrais utilisées dans l'agriculture sénégalaise sont en baisse sur les cinq dernières années, passant de 45 500 tonnes pour la saison agricole 1997/98 à 25 000 tonnes en 2001/2002. Pour une superficie cultivée de 2,2 millions ha en moyenne par an, l'application est au niveau de 11,36 kg/ha

Les engrais sont utilisés surtout pour l’arachide, le coton, le riz; les céréales sèches (mil, sorgho, maïs) qui occupent en moyenne 50 pour cent de la superficie cultivée reçoivent une part infime, mal estimée par les services de vulgarisation.

Le recul de l'emploi des engrais s'expliquerait par les limitations de l'accès au crédit, car seuls les producteurs ayant un taux de remboursement de 100 pour cent sont éligibles au bénéfice des crédits intrants (semences et engrais).

Le taux élevé des impayés du crédit court terme sur les intrants alloués au cours des campagnes passées auprès des producteurs ruraux n’a pas incité les banques et l’état à répondre favorablement aux producteurs au titre de la saison agricole 2002/2003.

Les semences pour les cultures céréalières proviennent des réserves propres des producteurs ou d’achats sur le marché d’espèces tout venant au détriment de la pureté variétale offerte par des semences sélectionnées.

L’État a mis en place à partir de 1996 des mesures d’allégement de la fiscalité sur le matériel agricole pour une durée de trois ans. Il a aussi libéralisé le commerce des intrants agricoles qui connaît des dysfonctionnements dans le processus en cours du désengagement de l’état et de la privatisation.

Au titre de la saison agricole 2002/2003 les producteurs n’ont pas eu accès à des semences d’arachide suffisantes, la principale culture d’exportation et de revenus monétaires. L’opérateur privé ne possédait pas les capacités de satisfaire la demande de 35 000 tonnes.

3.3 Les superficies emblavées en céréales

La saison agricole 2002/2003 se caractérise par trois phases de semis dictées par les fluctuations de la pluviométrie.

Première phase de semis

Les pluies utiles de la première quinzaine de juin déclenchent les semis de mil, de l’arachide, du maïs et de sorgho, du riz, du coton dans le Sud (Kolda, Ziguinchor), le Centre-Sud (Kaolack, Fatick), Sud-Est et l’Est (Kédougou, Tambacounda).

Seconde phase de semis

Elle intervient à la faveur de la progression des pluies en direction du Centre-Nord (Djourbel, Thiès) et du Nord (Louga, Saint Louis) du pays au cours de la deuxième quinzaine de juin. Les semis concernaient les cultures de mil, maïs, de l’arachide.

Troisième phase de semis

Elle se situe à la fin de la première décade du mois d’août après une pause pluviométrique qui a duré de vingt à quarante jours selon les zones, de fin juin /début juillet au 9 août environ.

Les semis sont effectués en fonction de diverses stratégies de compensation des semis qui n’ont pas résisté au stress hydrique prolongé, de substitution des cultures dont l’achèvement du cycle n’était plus probable au regard de la durée de la saison humide.

Les effets de la longue pause pluviométrique sur les superficies

L’ensemble des emblavures est en accroissement de 4 pour cent par rapport à l’année précédente, attestant des semis répétés et d’une volonté des producteurs ruraux de renforcer leurs disponibilités alimentaires.

Les semis de mil ont montré une capacité de reprise de la croissance étonnante en particulier sur les sols légers et riches en matière organique. Les emblavures sont en hausse de 2 pour cent par rapport à 2001 et pratiquement équivalentes à la moyenne des cinq années précédentes.

Le maïs a été la culture qui a subi les pertes les plus significatives au point que certains producteurs ont fait le choix de la substitution par d’autres cultures (pastèque, fonio, sésame, légumes, sorgho). Cependant les efforts d´emblavures ont été de 21 pour cent supérieures à 2001 et de 54 pour cent supérieures à la moyenne des cinq années antérieures.

Les semis de sorgho dans le centre Sud et le Sud ont été légèrement affectés. Les emblavures sont en hausse de 14 pour cent par rapport à 2001 et de 8 pour cent à la moyenne des cinq ans passés.

Les semis en riz ont régressé de 12 pour cent avec le déficit en eau pour le remplissage des casiers rizicoles.

3.4  Les rendements en céréales

Les conséquences de la longue pause pluviométrique, de la mauvaise distribution spatiale ont été encore plus sévères sur les rendements lesquels sont en baisse pour toutes les céréales par rapport à l’année 2001 ainsi que comparés aux moyennes des cinq dernières années.

Les baisses sont respectivement de -54 pour cent pour le riz, -45 pour cent pour le maïs, - 34 pour cent pour le sorgho et -22 pour cent pour le mil.

Par rapport à la moyenne 1997-2001, les réductions de rendements sont de : riz (-53 pour cent), maïs (-40 pour cent), sorgho (-24 pour cent ), mil (-22 pour cent).

L'impact négatif de la mauvaise distribution des précipitations est manifeste, les cultures de riz et le maïs ont montré en général la plus grande sensibilité au stress hydrique.

3.5  Les prévisions des productions céréalières en 2002/2003

Les prévisions sont basées essentiellement sur les résultats de l’enquête agricole organisée annuellement par le Ministère de l’agriculture et de l’élevage. Cette dernière est basée sur un échantillon de 3100 exploitations agricoles établi à partir du recensement agricole de 1998. La mission a procédé à la validation des chiffres à travers l'analyse des données historiques. De plus, elle a interviewé le personnel des services techniques et les producteurs sur leurs appréciations des rendements et niveaux des récoltes, de même que sur leur appréciation de l’état des cultures. Enfin elle a fondé ses conclusions sur la qualité du déroulement de l'enquête annuelle, des fiches reçues et dépouillées.

Niveaux de production

La production en pluvial des principales céréales cultivées (mil, sorgho, mais, riz, fonio) est estimée à 835 000 tonnes. La contribution des cultures de contre saison est estimée à 66 500 tonnes. Le total prévisionnel s'élève à 901 500 tonnes de céréales.

La production en pluvial (835 000) de céréales de la saison agricole est en chute de 13 pour cent par rapport à l'année 2001 et si l'on prend en compte l'apport des cultures de contre saison, la baisse est de 6 pour cent. Le recul est de 3 pour cent comparé à la moyenne des cinq dernières années.

La production nationale 2002/2003 procure un disponible brut de 87,8 kg/habitant de céréales soit moins de 50 pour cent de la ration brute. La disponibilité offerte par la production nationale de céréale en 2002 est par conséquent plus réduite que celle de la saison agricole 2001 laquelle a été à l’origine des difficultés alimentaires que le Sénégal a connues en 2002.

Au plan de l'évolution par céréale, le mil, la seconde en importance dans la consommation sénégalaise enregistre l’un de ses niveaux le plus bas des quatre dernières années, soit depuis 1999, en recul de 10 pour cent par rapport à l’année 2001 et de 13 pour cent par rapport à la moyenne des productions sur cinq ans (1997-2001). Par conséquent, la disponibilité limitée du mil risque de marquer le comportement du marché céréalier en 2003. Toujours par rapport à l’année 2001, la production de riz est en recul de 10 pour cent. La production de maïs est en baisse de 3 pour cent comparée à la production de 2001 et, par contre, en accroissement de 37 pour cent sur la moyenne de cinq ans. La production de sorgho est la seule culture qui soit en hausse de 10 pour cent par rapport à 2001 et par rapport à la moyenne des cinq années (+15 pour cent).

L’examen de l’évolution de la production agricole par région indique que les régions de Thiès, Saint Louis, Matam, Louga et Fatick ont connu les chutes de production les plus importantes. La situation de Ziguinchor (-59 pour cent) par rapport à l’année 2001 est à relativiser en raison du biais d'information qui découle de la problématique d'insécurité. Les conditions météorologiques corroborent cette situation régionale.

Tableau 3. Évolution de la production céréalière par région comparée avec 2001/2002 et la moyenne   1997-2001 (milliers de tonnes)

  1997/98 1998/99 1999/
2000
2000/01 2001/02 moyen.
1997-01
2002/03 moyen.
(%)
2001
(%)
Dakar 0,1 0,1 0,4 0,9 0,6 0,4 0,1 -76 -83
Diourbel 33,2 48,5 44,9 77,0 52,2 51,2 55,3 5 6
Fatick 61,6 67,8 90,2 84,0 106,0 81,9 77,7 -5 -26
Koalack 269,5 240,0 237,0 287,0 213,0 249,4 259,1 4 21
Kolda 113,1 99,6 136,0 138,0 152,0 127,6 138,2 8 -9
Louga 10,9 18,1 50,2 53,6 41,5 34,9 22,5 -35 -46
St. Louis/
Matam
168 97,6 177,0 169,0 144,0 151.1 107.3 -29 -25
Tamba 69,9 88,9 111,0 106,0 113,0 97,8 113,3 16 0
Thiés 43,3 46,0 82,0 65,0 48,1 56,9 24,3 -57 -49
Ziguinchor 47,9 64,0 80,0 80,0 90.8 72,5 36,9 -49 -59
Sénégal 817,5 770,6 1 008,7 1 060,5 961,2 923,7 901,5 -3 -6
NB: Le total de 901 500 tonnes pour 2002/2003 inclut la production céréalière de contre-saison estimée à 66 500 tonnes.

L'évolution de la production par céréale montre l’enjeu du mil. La deuxième céréale en importance de la consommation alimentaire sénégalaise après le riz accuse à nouveau une baisse pour la seconde année consécutive : en 2001 (-21,7 pour cent) et en 2002 (-10 pour cent). L'indisponibilité des semences sélectionnées, les limitations d’accès au crédit pour l'acquisition des fertilisants sont autant de contraintes à l'augmentation de la production d’une culture qui a montré une extraordinaire résistance au stress hydrique durant la longue pause pluviométrique.

3.6  Les autres cultures

Les superficies, les rendements et la production des arachides sont en baisse par rapport à la moyenne des cinq années et par rapport à l’année 2001. Au-delà des caprices de la pluviométrie, les limitations dans l'obtention des intrants (semences, engrais), les dysfonctionnements de la commercialisation sont les facteurs principaux des aléas de la production.

Tableau 4. Production des principales cultures de rente, 1997/98- 2001/2002 (en tonnes)

  Arachide Coton Niébé
1997/98 551 394 40 279 19 335
1998/99 579 067 11 628 40 620
1999/00 1 014 247 14 616 68 000
2000/01 1 067 951 20 383 47 290
2001/02 959 859 34 238 31 720
Moyenne 1997-2001 84 504 24 229 41 393
2002/2003 532 936 n.d. 1 2 087
1/ Non déterminé.
Source: DAPS

3.7  Les productions animales

A près de 3 millions de têtes, le cheptel bovin semble stagner sur les cinq dernières années. Les cheptels ovin et caprin, avec respectivement 4,5 millions et 3,9 millions de têtes sont en légère progression. En fait, ce sont les effectifs avicoles qui sont en nette progression depuis cinq ans. Compte tenu du fait que le maïs soit un aliment pour la volaille, l’augmentation de la production avicole a un impact sur les disponibilités de cette céréale pour la consommation humaine.

Tableau 5. Évolution des effectifs du cheptel sénégalais, 1997-2000 (en milliers de têtes)

Bovins 2 898 2 912 2 927 2 986
Ovins 4 198 4 345 4 497 4 542
Caprins 3 578 3 703 3 833 3 879
Porcins 191 214 240 269
Équins 444 445 446 471
Asins 375 376 377 299
Camelins 3,87 3,87 3,87 3,87
Volaille traditonnelle 13 118 15 055 18 277 18 900
Volaille indutrielle 4 956 5 287 4 710 5 595
Source: DAPS

3.8  Les productions halieutiques

En 2001, la pêche artisanale a généré des mises à terre de l’ordre de 332 000 tonnes dont la valeur commerciale était de près de 60 milliards FCFA.

Tableau 6. Sénégal: Indicateurs sur la pêche artisanale en 2001

Régions PD* Nb pirogues Mises à
terre
(tonnes)
VCE**
(milliers
FCFA)
Mareyage
(tonnes)
Consom-
mation
locale
(tonnes)
Produits
transformés
(tonnes)
Fleuve Mer
Dakar 16 - 2 187 33 929 16 572 5 180 14 280 1 942
Thiès 16 - 2 627 235 606 25 262 122 698 23 447 29 757
St-Louis 15 149 1 670 32 751 6 202 18 835 6 362 2 389
Fatick 65 988 646 11 267 4 007 6 266 1 585 1 146
Ziguinchor 72 1 943 420 15 519 6 508 1 545 2 729 3 371
Louga 8 - 66 2 532 602 659 328 479
Kaolack 3 11 - 757 303 249 491 2
Total 2001 186 3 091 7 616 332 360 59 456 155 429 49 222 39 086
Rappel 2000 186 3 091 7 616 338 209 54 345 182 353 44 016 36 857
Évolution en % 0,9% 0,0% 0,0% -1,7% 9,4% -14,8% 11,8 6,05
Source : Commissariat à la Sécurité alimentaire.
* Nombre de points de débarquements.
** Valeur commerciale estimée.

4. SITUATION DE L'OFFRE ET DE LA DEMANDE

4.1 Accès aux aliments et prix

Environ la moitié des besoins céréaliers du Sénégal est importée. Le prix du riz importé dépend du taux de change entre le FCFA et le dollar, ainsi que du prix mondial du riz. Le Sénégal s’approvisionne surtout en brisures de riz auprès du Pakistan, de la Thaïlande et du Vietnam. D’un point de vue macro-économique, l’accès aux aliments pour les Sénégalais passe aussi par la capacité à exporter du pays et à générer des devises. L’autre moitié de l’offre céréalière provient, pour l’essentiel, des cultures pluviales, particulièrement aléatoires dans un climat surtout sahélien comme celui du Sénégal.

Dans l’ensemble, les marchés continuent à être bien approvisionnés, compte tenu d’un système de commercialisation bien rodé. Depuis 1996, l’importation du riz a été complètement libéralisée. Le marché est occupé par trois principaux importateurs qui importent environ 80 pour cent du total. Ces derniers revendent à des grossistes par lot de 3 000 à 4 000 tonnes. Les grossistes revendent, à leur tour à des demi-grossistes par lot de 5 à 10 tonnes, et ainsi de suite jusqu’aux détaillants.

Pour les céréales sèches (mil, maïs et sorgho), le marché est aussi libéralisé, mais il s’agit d’un commerce beaucoup plus atomisé, se négociant en petites quantités par des collecteurs qui rassemblent et remontent la filière jusqu’au grossistes.

Si les marchés sont bien approvisionnés, les prix se comportent différemment selon qu’il s’agit du riz ou du mil. En ce qui concerne le riz, les prix sont restés stables comme peut en attester le tableau 8. A Dakar et à Tambacounda, les prix du riz ont même légèrement baissé sur la période octobre 2001 - septembre 2002. Cette stabilité des prix du riz s’explique par la remontée du FCFA par rapport au dollar en 2001 et par la bonne disponibilité sur le marché mondial du type de riz consommé au Sénégal (riz brisé).

Tableau 7. Sénégal: Prix du riz sur quatre marchés, FCFA/kg (octobre 2001-septembre 2002)

  Oct. Nov. Déc. Janv. Fév. Mars Avril Mai Juin Juillet Août Sept.
Dakar 207 205 209 204 203 203 202 202 202 203 203 203
Kolda 199 207 202 169 197 199 215 216 213 215 222 223
Louga 200 191 193 194 189 189 190 197 202 199 198 200
Tamba* 230 210 213 179 210 210 210 210 222 220 217 210
Source: CSA
*Tambacounda

Par contre, le prix des céréales sèches, en particulier le mil, s’est sensiblement apprécié depuis mars 2002 (graphique 2). A Dakar, par exemple, le prix du mil est passé de 149 FCFA/kg, en octobre 2001, à 253 FRCA/kg, en septembre 2002, soit une augmentation de 70 pour cent en un an. Ce chiffre doit être comparé avec le taux d’inflation de 3,1 pour cent en 2001. En fait, les prix ont évolué normalement jusqu’en mars 2002, puis ont décollé par la suite pour atteindre des niveaux qui ont dépassé les prix du riz, événement rarissime au Sénégal. Cette flambée des prix à compter du mois de mars est inhabituelle, comme en témoigne le graphique 3 qui compare les prix du mil sur le marché de Thiès pour les trois dernières années. On voit que les prix du mil ont augmenté beaucoup plus à partir de mars 2002 que pour la période correspondante en 1999/00 et en 2000/01. Un certain nombre de raisons peuvent expliquer cette hausse inhabituelle, mais deux causes particulières peuvent être avancées :

a) faible production de mil en 2001/02

La production de mil en 2001/02 a été de 470 000 tonnes, soit bien en deçà de l’année précédente (600 221 tonnes) et inférieure à la moyenne de la production sur la période 1997/98-2001/02 (511 914 tonnes). Cette faible production de mil en 2001/02 a fait en sorte que la période de soudure 2002 a débuté plus vite qu’en année normale.

Tableau 8. Sénégal: production de mil, période 1997/98-2001/02 (en tonnes)

Année 1997/98 1998/99 1999/00 2000/01 2001/02 Moyenne
Production 426 481 557 096 505 728 600 221 470 005 511 914

b)  la campagne arachidière connaît des difficultés

Le secteur privé n’ayant pas été préparé suffisamment pour prendre la relève de la SONAGRAINES, liquidée en décembre 2001, la commercialisation de l’arachide, principale culture de rente des producteurs agricoles au Sénégal, a connu des problèmes. Il s’en est suivi des retards dans le paiement des producteurs qui ont dû vendre une partie de leurs stocks de céréales, notamment de mil, dès la récolte, pour subvenir à leurs besoins de liquidités. Le déstockage de mil, d’après la récolte, est venu exacerber le fait que la récolte 2001/02 était inférieure à la moyenne.

Le tableau précédent montre une tendance à la stagnation pour la production de mil. Or, la population augmente au rythme de 2,7 pour cent par an. Cette croissance démographique, alors que la production de mil stagne risque d’entraîner des pressions de plus en plus importantes sur les prix, à moins que le Sénégal ne parvienne à accroître sa production ou à importer du mil des pays voisins.

4.2 Les perspectives alimentaires et des marchés céréaliers en 2003

Les récoltes de céréales en 2002 sont inférieures à la moyenne et à celles de l’année passée. Mais, elles sont bonnes au Sud, Centre Sud et Est. Les excédents qui se dégageront seront sollicités pour les zones Nord et Centre Ouest du pays où les récoltes s'avèrent médiocres. Des déficits localisés importants sont prévisibles.

Deux céréales dominent la consommation alimentaire au Sénégal, le mil et le riz. La production locale sécurise la demande de mil tandis que les importations jouent ce rôle pour le riz.

Comme chaque année, le cycle de la consommation alimentaire du mil en 2002/2003 aura deux composantes:

  1. une forte demande en mil durant les six premiers mois de la période post-récoltes, novembre 2002-mars 2003, suscitée par l'accroissement de la consommation au regard des événements sociaux (carême, noël, fête de la "korité", "magal", "mouloud");

  2. une seconde période avril 2003 - octobre 2003, dominée par la demande rurale en soutien à la conduite de la saison agricole.

Ces différents événements auront cette année encore un effet inflationniste sur les prix, compte tenu du fait qu’ils se déroulent tout juste après les récoltes et qu’ils pourraient engendrer une forte consommation dans le contexte de deux années consécutives de baisses de la production nationale de mil.

Par ailleurs, les perspectives de récoltes de l'arachide en 2002 ne sont pas favorables de même que des incertitudes sur une meilleure commercialisation ne sont encore levées. Ainsi la baisse attendue signifierait une réduction des revenus monétaires pour les ruraux. Leurs comportements pourraient être dictés par une mise en marché de grandes quantités de céréales en vue de compenser le manque à gagner en ressources monétaires, ce qui les transformerait encore cette année en demandeurs nets de céréales au moment de la soudure.

De telles attitudes auront pour conséquences une offre plus importante de céréales locales, le mil principalement, entraînant une baisse des prix durant la première période du cycle de la demande (novembre-mars). Cependant, la seconde période (avril- novembre), pendant laquelle une partie des producteurs ruraux serait acheteurs nets pour préparer la saison agricole 2003, connaîtrait une hausse probable de prix supérieure à la moyenne saisonnière, compte tenu que l’offre de céréales sur le marché risque de s'avérer réduite.

Des mesures doivent être envisagées en vue de faire face à d’éventuels problèmes de hausse de prix et à une faiblesse de disponibilités alimentaires et de semences.

4.3 Le bilan céréalier prévisionnel 2002/2003

Les prévisions en ce qui concerne la situation de l’offre et de la demande pour l’année 2002/03 (novembre-octobre) sont fondées sur les hypothèses suivantes.

Tableau 9. Sénégal: Bilan céréalier pour 2002/03 (en milliers de tonnes)

Riz Blé Céréales
secondaires
Total céréales
DISPONIBILITÉS 402,31 20,94 703,25 1 126,50
Stocks initiaux 182,95 20,94 21,10 224,99
Production nationale 219,36 - 682,15 901,51
TOTAL UTILISATION 990,83 277,74 914,37 2 182,93
Consommation humaine 719,04 256,80 790,94 1 766,78
Semences, pertes et autres 88,84 - 102,32 191,16
Stocks finaux 182,95 20,94 21,10 224,99
BESOINS D’IMPORTATION 588,52 256,80 211,12 1 056,44

Les besoins d’importation pour couvrir le déficit entre les disponibilités nationales et les utilisations totales sont de 1 056,44 tonnes. Les importations commerciales et l’aide alimentaire déjà programmée couvriront largement les besoins en riz et en blé. Les importateurs de riz anticipent même que les importations de cette céréale pourraient atteindre 650 000 tonnes au cours de l’année 2002/03. Le potentiel d’augmentation des importations de riz est bien réel. Toutefois, le déficit en céréales sèches, notamment le mil, pourrait s’avérer plus difficile à combler au regard de la faible disponibilité et des transactions limitées de cette céréale dans la sous-région. Il pourrait s’en suivre une substitution de la consommation du mil vers le riz. Ce déficit pourrait aussi être en partie comblé par les importations informelles des pays voisins.

5. BESOINS D'AIDE ALIMENTAIRE D'URGENCE

Zones à déficit vivrier

Au regard des anomalies constatées dans le déroulement de la campagne, des poches de production insuffisante sont identifiées dans plusieurs régions du pays. Il s’agit tout particulièrement:

Toutefois, il convient de signaler que ces zones à production déficitaire ne sont pas toutes vulnérables. Dans certaines de ces zones , il peut exister d’autres sources de revenus comme l’horticulture, par exemple, qui permettront aux ménages d’atténuer les conséquences d’une hausse des prix du mil.

Stratégies d’intervention

En parallèle aux engagements du Gouvernement en faveur du Monde Rural (15 milliards de FCFA ont été dégagés pour la distribution de 53 000 tonnes de riz comme vivres de soudure 2002-2003 à raison de 10 Kg par personne), le PAM a procédé à des distributions en tenant compte des difficultés de la soudure dans le cadre de l’activité «Prévention des crises» de son Programme de Pays 2002-2006. Sur 864 tonnes de denrées distribuées en septembre 2002, 10 pour cent ont été distribuées en urgence parmi les groupements villageois qui ne pouvaient remplir les engagements de leur plan de travail annuel contrairement aux 90 pour cent distribués selon la stratégie de «vivres-contre-travail». Ces tonnages impliquaient les départements de Kolda, Vélingara, Kédougou, Tambacounda et Kaffrine.

En ce qui concerne la soudure 2003, en prévision à de nouveaux engagements de l’État pour des distributions gratuites, trois stratégies sont préconisées.

A la demande et de concert avec la Primature et le Ministère de l’Agriculture et de l’Élevage, la réactualisation de la cartographie de la vulnérabilité au Sénégal est en préparation (atelier, enquêtes de terrain, analyse des données secondaires actualisées, ect.). Cet outil permettra de savoir quelles sont les capacités et stratégies alternatives des ménages pour faire face à un déficit céréalier important, permettra un meilleur ciblage lors des distributions de l’État et permettra une meilleure coordination des interventions à mener par les différents intervenants (Gouvernement, bailleurs et partenaires au développement). Le document avalisé devrait être disponible au plus tard en mai 2003.

État général de la vulnérabilité

Dans les départements de Tambacounda, Vélingara et Kaffrine, l’étude a montré que 10 pour cent des 223 ménages enquêtés sont actuellement en insécurité alimentaire, 16 pour cent vulnérables, et 11 pour cent potentiellement vulnérables. Les zones vulnérables se concentrent au centre ouest de Tambacounda et de Vélingara, constituant un fer à cheval autour des frontières Nord Est, Est et Sud Est de la Gambie. Dans ces zones, près de 30 pour cent des villages sont affectés par la vulnérabilité courante, avec des proportions de 15 pour cent des ménages en insécurité alimentaire et 18,5 pour cent des ménages vulnérables.

Caractéristiques des ménages vulnérables

L’analyse des sources de revenus montre que la contribution de l’agriculture a été très affectée, passant de 45 pour cent en année normale à 19 pour cent cette année. Cette baisse drastique touche plus particulièrement les ménages actuellement en insécurité alimentaire et les ménages vulnérables pour lesquels l’agriculture assurait, en année normale, plus de 70 pour cent de leurs revenus. La conséquence la plus directe de cet état de fait est l’obligation pour ces ménages de diversifier leurs sources de revenus et ce, dans des conditions où ils ne disposent pas des actifs productifs nécessaires à cet effet.

État nutritionnel des groupes vulnérables

La situation nutritionnelle des groupes vulnérables présente des indicateurs nutritionnels élevés. Ainsi, le taux de la malnutrition aiguë tourne autour de 15 pour cent pour les enfants de 0 à 5 ans. Selon l’âge et le sexe des enfants, les taux relevés sont tous largement supérieurs aux taux enregistrés par l’enquête MICS2 de 2000.

Assistance du PAM

Au Sénégal, le PAM assistera 23 300 bénéficiaires des départements de Kaffrine, de Tambacounda, de Kédougou, de Vélingara et de Kolda. L’objectif est d’apporter des compléments nutritionnels pour éviter une dégradation de l’état nutritionnel des populations et préserver les actifs productifs. La ration correspond à environ 1 700 kcal par personne et par jour ou 475 grammes sous forme de céréales (400 g), de légumineuses (50 g) et d’huile (25 g). La distribution sera faite sous forme gratuite ou sous forme de vivres contre travail pendant une période de 6 mois du 1er avril au 30 septembre.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO et du PAM à partir d’informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s’adresser aux soussignés pour un complément d’informations le cas échéant.

Henri Josserand
Chef, SMIAR, FAO
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél : giews1@fao.org
Aranda da Silva
Directeur régional, ODD, PAM
Télécopie: 00221-8223798
Mél : Manuel.ArandadaSilva@wfp.org

Veuillez noter que le présent rapport spécial peut être obtenu sur l’Internet dans le site Web de la FAO à l’adresse URL ci-après: http://www.fao.org/giews

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1. Les informations contenues dans ce chapitre sont tirées essentiellement des publications du «Economist Intelligence Unit, Country Profile 2001 and Country Report», July 2002.

2. "Multi-Indicator Cluster Survey".