No.1  février 2007  
   Perspectives de récoltes et situation alimentaire

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Faits saillants

Pays en crise ayant besoin d’une aide extérieure1

Le point sur les crises alimentaires

Dossier sur la production céréalière dans le monde

Aperçu général de la situation des disponibilités vivrières dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier

Examen par région

Terminologie

Examen par région

Afrique

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Afrique du Nord

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Les perspectives concernant les céréales d'hiver de 2007 sont favorables en Égypte, mais il faut qu'il pleuve davantage ailleurs

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En Afrique du Nord, les perspectives préliminaires concernant le blé d'hiver et les céréales secondaires de 2007, à récolter à partir de juin, sont mitigées. La préparation des sols et les semis ont être retardés par les précipitations inférieures à la normale enregistrées en octobre et novembre en Algérie, au Maroc et en Tunisie. Des précipitations sont bien tombées en décembre, ce qui a quelque peu amélioré les conditions d'humidité des sols, mais il est essentiel qu'il pleuve au cours des quelques prochains mois pour assurer une bonne reprise des cultures après le mauvais démarrage de la campagne dans ces pays. En Égypte, qui est le principal pays producteur de la sous-région et où les cultures sont irriguées, les conditions météorologiques auraient été en général favorables et les superficies consacrées au blé et à l'orge seraient en progression, selon les estimations. La situation des disponibilités alimentaires est satisfaisante dans la sous-région, grâce aux bonnes récoltes rentrées en 2006.

Tableau 3. Production céréalière de l'Afrique ( en millions de tonnes)

  Blé Céréales secondaires Riz (paddy) Total céréales
  2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
Afrique 22.4 21.2 26.1 90.0 99.1 101.7 19.2 20.4 21.7 131.5 140.7 149.4
Afrique du
Nord
17.2 15.4 18.7 12.9 11.7 12.2 6.4 6.2 6.6 36.5 33.2 37.4
Égypte7.28.28.37.88.77.76.46.16.521.323.022.5
Maroc5.53.06.33.01.32.70.00.00.08.64.39.0
Afrique de
l'Ouest
0.1 0.1 0.1 35.2 39.9 41.7 7.9 8.8 9.3 43.2 48.7 51.0
Nigéria0.10.10.120.922.424.13.33.63.924.326.028.1
Afrique
centrale
0.0 0.0 0.0 2.9 3.0 3.1 0.4 0.4 0.4 3.3 3.5 3.5
Afrique de
l'Est
3.2 3.6 4.9 21.2 26.1 28.7 1.2 1.4 1.6 25.6 31.1 35.1
Éthiopie2.22.73.78.410.311.80.00.00.010.613.015.5
Soudan0.40.40.63.15.16.00.00.00.03.55.66.6
Afrique
australe
1.9 2.2 2.4 17.7 18.4 16.1 3.3 3.7 3.8 22.9 24.2 22.3
Madagascar0.00.00.00.40.40.33.03.43.53.43.83.8
Afrique du Sud1.71.92.210.312.37.30.00.00.012.014.29.5
Zimbabwe0.10.10.11.10.71.40.00.00.01.20.81.5
Note: Total obtenu à partir de chiffres non arrondis.

Afrique de l'Ouest

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Les perspectives de l'alimentation sont dans l'ensemble favorables pour 2007

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En Afrique de l'Ouest, les activités agricoles sont actuellement pratiquement inexistantes, à l'exception de quelques cultures de récession ou de contre-saison, pour lesquelles les perspectives sont globalement favorables. Toutefois, au Tchad, la culture de berebere (mil de contre-saison), pratiquée essentiellement dans la partie orientale et qui doit être récoltée en janvier-février, risque d'être compromise par la dégradation des conditions de sécurité et l'accroissement des déplacements de population dans l'est du Tchad. La production de berebere représente en temps normal environ un cinquième de la production céréalière totale.

Les perspectives de l'alimentation pour 2007 sont généralement bonnes dans la sous-région, suite aux récoltes supérieures à la moyenne ou record rentrées dans la plupart des pays du Sahel et aux résultats satisfaisants enregistrés ailleurs. Au Nigéria, plus grand producteur de la sous-région, dont l'agriculture peut avoir un impact important sur la situation des disponibilités vivrières des pays du Sahel voisins, les prix des céréales sont toujours bas, selon les rapports, du fait de la récolte abondante rentrée en 2006. Le faible niveau des prix s'explique aussi par les effets dévastateurs de la peste aviaire l'an dernier sur la filière volaille, laquelle absorbe une part importante de la production intérieure de maïs. La réapparition de la peste aviaire ces dernières semaines dans le nord du pays a mis fin à l'espoir d'une forte reprise du secteur de la volaille dans un futur proche. Le gouvernement a l'intention d'acheter 150 000 tonnes de maïs en 2007 afin de soutenir les prix à la production, qui ne cessent de baisser, mais le redressement durable du secteur céréalier dépendra en grande partie de l'évolution de l'épidémie de peste aviaire au Nigéria et dans la sous-région.

Perspectives de récoltes et situation alimentaire

 

En dépit des perspectives dans l'ensemble favorables en ce qui concerne les approvisionnements vivriers dans la sous-région, des problèmes localisés de sécurité alimentaire persistent dans la plupart des pays. En Mauritanie, les précipitations irrégulières ont de nouveau entraîné des pertes de récolte localisées en 2006, ce qui ne laisse guère espérer une amélioration de la sécurité alimentaire à court terme pour une grande partie de la population, qui a déjà vu diminuer ses revenus et ses actifs après plusieurs années consécutives de mauvaises récoltes. Au Burkina Faso, au Mali et au Niger, les rendements de 2006 ont nettement diminué en plusieurs endroits en raison de l'arrivée tardive des pluies ou des inondations, et certaines populations pourraient connaître des pénuries alimentaires. En Guinée-Bissau et au Sénégal, des problèmes de commercialisation de la noix de cajou et de l'arachide, qui sont les principales sources de revenus en espèces des ménages ruraux, continuent de compromettre la sécurité alimentaire. Des missions conjointes CILSS/FAO/FewsNet d'évaluation après récolte doivent se rendre au Tchad, en Guinée-Bissau, en Mauritanie et au Sénégal en février-mars afin d'évaluer la situation alimentaire.

Afrique centrale

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La deuxième récolte de maïs de 2006 a été satisfaisante

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Au Cameroun et en République centrafricaine, la récolte du maïs de la deuxième campagne de 2006 est terminée. Des images satellite montrent que les pluies ont été abondantes tout au long de la campagne agricole et selon les prévisions, la production de 2006 devrait être proche de la moyenne. En République centrafricaine, toutefois, toute amélioration de la sécurité alimentaire continue d'être perturbée par l'insécurité persistante et le manque d'intrants agricoles, notamment dans le nord. L'an dernier, 20 000 personnes environ ont fui le pays en direction du sud du Tchad, portant ainsi le nombre des réfugiés centrafricains au Tchad à plus de 45 000. En outre, 50 000 personnes sont déplacées à l'intérieur du pays.

Afrique de l'Est

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La récolte céréalière a atteint un niveau record en 2006, mais les conflits et les mauvaises conditions météorologiques qui sévissent en certains endroits continuent d'affecter la sécurité alimentaire d'un grand nombre de personnes

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La moisson des céréales de la campagne principale 2006/07 est terminée dans le nord de la sous-région tandis que la récolte de la campagne secondaire est sur le point de commencer dans le sud. Selon les prévisions, la production céréalière totale de la sous-région pour 2006/07 (campagnes principale et secondaire) atteindrait 34,6 millions de tonnes, soit une hausse de 13 pour cent par rapport à l'année précédente, due principalement aux récoltes abondantes enregistrées en Éthiopie et au Soudan, qui sont les principaux producteurs de la sous-région (figure 2). En dépit de ces résultats favorables, les pluies violentes et les inondations qui ont sévi au deuxième semestre 2006 ont causé des ravages en plusieurs endroits d'Afrique de l'Est, entraînant des pertes de vie humaine et de biens et des dégâts aux cultures et au cheptel. Selon les estimations, jusqu'à 1,8 million de personnes ont été touchées par les inondations, en particulier en Somalie, au Kenya et en Éthiopie.

Alors qu'au niveau de la sous-région, une récolte céréalière record a été rentrée en 2006, la situation varie d'un pays à l'autre.

Perspectives de récoltes et situation alimentaire

 

En Érythrée, la récolte de la campagne principale “Kiremti” de 2006 est terminée. On ne dispose pas encore de chiffres officiels, mais selon des estimations préliminaires, les résultats seraient bons. Toutefois, même dans les bonnes années, l'Érythrée ne produit qu'une petite partie de la nourriture dont elle a besoin et dépend largement des importations. L'amélioration de la production devrait quelque peu assouplir la situation des disponibilités vivrières qui est tendue du fait des mauvaises récoltes consécutives enregistrées ces dernières années, des effets encore sensibles de la guerre avec l'Éthiopie voisine, ainsi que des graves déséquilibres macro-économiques.

En Éthiopie, les premiers résultats d'une Mission conjointe FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires qui s'est rendue dans le pays à la fin de l'an dernier indiquent que la production céréalière de la campagne principale de 2006 a atteint un niveau record. Cette situation est due aux pluies abondantes tombées pendant la campagne de végétation, à l'utilisation accrue d'engrais et de semences améliorées, à la faible incidence des ravageurs et des maladies, ainsi qu'à l'expansion de la superficie cultivée. La production céréalière de 2006 représente la troisième récolte exceptionnelle consécutive. Le rapport de la Mission FAO/PAM devrait être publié prochainement.

En dépit de plusieurs récoltes céréalières abondantes et de la situation globalement satisfaisante des disponibilités alimentaires, des évaluations préliminaires du Bureau de la sécurité alimentaire (FSB) indiquent qu'environ 7,3 millions de personnes exposées à l'insécurité alimentaire chronique (environ 9 pour cent de la population totale) seront tributaires de l'argent liquide ou de l'aide alimentaire fournis par le Programme de protection sociale fondé sur les activités productives. En outre, 2,3 millions de personnes auront besoin de secours alimentaires d'urgence, suite aux mauvaises récoltes ou aux pertes de bétail dues au temps sec et aux inondations. Les conclusions d'une évaluation interinstitutions des besoins humanitaires pour la campagne "meher”, menée sous l'égide du gouvernement, devraient donner des chiffres actualisés en ce qui concerne le nombre de personnes ayant besoin d'aide en 2007. En particulier, dans la région des Somalis, les pluies violentes et les graves inondations qui ont sévi en octobre, après les inondations enregistrées précédemment en juillet et août, ont aggravé la crise humanitaire dans les zones pastorales. En tout, 700 personnes environ auraient été tuées par les inondations et plus de 500 000 seraient durement touchées. Les eaux ont baissé, mais les ménages pastoraux qui ont perdu leurs troupeaux mettront un temps considérable à se remettre et une aide humanitaire reste nécessaire dans l'immédiat.

Malgré trois bonnes récoltes consécutives, les prix des céréales restent fermes ou grimpent sur les principaux marchés (voir encadré). Plusieurs facteurs seraient à l'origine du comportement inhabituel constaté ces dernières années, notamment l'injection de liquidités due aux allocations en espèces versées au titre des programmes de protection sociale; le fait que les agriculteurs échelonnent sur toute l'année le remboursement des crédits (par opposition à un règlement juste après la récolte); l'appui financier accordé aux "woreda" (districts); l'accroissement des échanges transfrontaliers de céréales, formels et informels; les achats locaux effectués par les coopératives et les organismes d'aide; et la croissance globale de l'activité économique, notamment la construction de routes et de logements dans les zones urbaines. Du fait des prix élevés qui prévalent, les ménages pauvres ont plus de mal à se procurer des quantités suffisantes de vivres.

Les prix des céréales sont élevés en Éthiopie, malgré plusieurs récoltes abondantes consécutives

L'Éthiopie a enregistré trois années consécutives de production céréalière supérieure à la moyenne de 2004 à 2006, du fait principalement de la bonne pluviosité, mais aussi de l'utilisation accrue d'engrais et de semences améliorées, ainsi que de l'expansion de la superficie cultivée. Normalement, des récoltes supérieures à la moyenne sont suivies d'une chute radicale des prix des céréales, avec des effets potentiellement néfastes pour les producteurs, en particulier les petits exploitants qui sont contraints de vendre précocement pour régler leurs dettes et acheter des biens de consommation. Ces trois dernières années, toutefois, les prix des céréales ont grimpé et nettement dépassé leurs niveaux moyens, ce qui est inhabituel. Le graphique montre les tendances des prix des principales céréales à Addis-Abéba. Des hausses plus marquées sont constatées pour le teff et le blé et à la fin 2006, les prix réels de gros enregistrés chaque mois pour la plupart des céréales sur le marché d'Addis-Abéba ont atteint des niveaux record, en hausse de 20 à 30 pour cent par rapport à l'année précédente, où ils étaient déjà supérieurs à la moyenne. Le comportement des prix constaté à Addis-Abéba s'est reproduit dans tout le pays, dans les zones tant déficitaires qu'excédentaires.

Plusieurs facteurs seraient à l'origine du comportement inhabituel constaté ces deux à trois dernières années.S'agissant de la demande, ces facteurs sont notamment les suivants:
- Injection de liquidités dans l'économie due aux allocations partielles en espèces versées au titre des programmes de protection sociale qui s'adressent à plus de 5 millions de personnes vulnérables, l'aide en produits alimentaires étant simultanément réduite, et l’accroissement de l'appui financier accordé aux districts (woreda), y compris le paiement des traitements des fonctionnaires;
- Accroissement des recettes en raison de la forte croissance économique enregistrée ces quelques dernières années, qui a à son tour entraîné une augmentation de la consommation de céréales par habitant;
- Accroissement des dépenses consacrées à la lutte contre la pauvreté, notamment dans les domaines de l'éducation, de l'agriculture et de la construction routière; - Développement des échanges transfrontaliers, en particulier à destination de la Somalie et de Djibouti;
- Relèvement des prix du bétail, ce qui s'est traduit par un accroissement du pouvoir d'achat des pasteurs et des agro-pasteurs. Selon l'Autorité éthiopienne des douanes, les exportations officielles d'animaux sur pied sont passées d'environ 3 000 tonnes en 2003/04 à 21 000 tonnes en 2004/05 et à 33 000 tonnes en 2005/06. En outre, un grand nombre d'animaux sont exportés par des circuits informels dans le cadre d'échanges transfrontaliers, à destination de la Somalie, de Djibouti, du Kenya et du Soudan. Dans une moindre mesure, les exportations de viande ont aussi doublé depuis 2003/04, passant à 8 000 tonnes en 2005/06;
- Achats locaux par diverses institutions, telles qu'organismes publics, coopératives agricoles et grands organismes de secours; ces achats sont toutefois limités en volume par rapport à l'excédent commercialisable de céréales.S'agissant de l'offre:
- Les agriculteurs ont étalé les ventes de produits agricoles suite à l'assouplissement des conditions de remboursement des crédits, qui leur permettent de reporter les versements et d'éviter ainsi d'être contraints de vendre tout de suite après la récolte. Conséquences:
- Les prix soutenus et relativement élevés des céréales, bien que favorables aux foyers dont la production est excédentaire, auront une incidence négative sur les foyers les plus démunis qui sont acheteurs nets de céréales et n'ont peut-être pas profité de l'expansion économique.

Au Kenya, la récolte de la campagne secondaire, qui représente environ 20 pour cent de la production céréalière annuelle totale, est sur le point de commencer. Les perspectives sont dans l'ensemble favorables, les "petites pluies" ayant démarré à temps et étant adéquates. Selon les premières estimations, la production de maïs des "petites pluies" atteindrait environ 270 000 tonnes, ce qui est un bon résultat. La récolte de maïs des "longues pluies", qui s'est poursuivie jusqu'à novembre dernier, a aussi été supérieure à la moyenne. Par conséquent, la situation globale des disponibilités alimentaires est satisfaisante et les prix du maïs n'ont cessé de reculer ces derniers mois.

Toutefois, dans les zones pastorales avoisinant la Somalie et l'Éthiopie, qui ont été dévastées par des pluies torrentielles et des inondations d'octobre à décembre 2006, une grande partie de la population reste en proie à l'insécurité alimentaire. Dans l'ensemble, on estime que 41 personnes sont mortes dans les inondations et que 300 000 ont été touchées. Ces populations ont enregistré de graves pertes de bétail et d'actifs et ont toujours besoin de secours d'urgence et d'une aide à la remise en état. En outre, la récente flambée de fièvre de la Vallée du Rift, maladie virale aiguë qui provoque de la fièvre tant chez les animaux domestiques que chez les humains, a accentué le niveau déjà extrême d'insécurité alimentaire dans les zones pastorales. Cette maladie a déjà fait une centaine de morts, et les restrictions imposées pour freiner sa propagation ont perturbé le marché du bétail.

En Somalie, le conflit qui oppose le gouvernement de transition soutenu par l'Éthiopie et l'Union des tribunaux islamiques à la frontière entre la Somalie et le Kenya, associé à la propagation probable de la fièvre de la Vallée du Rift, suscite des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire, notamment dans les zones pastorales et agro-pastorales du Juba inférieur. Dans la plupart des districts, en particulier ceux d'Afmadow et de Badhadhe, la situation alimentaire serait alarmante, du fait de chocs multiples, parmi lesquels le conflit latent qui sévit depuis 16 ans, la sécheresse de 2005-2006, la mauvaise récolte de la mi-2006 et les inondations d'octobre-novembre qui ont poussé une grande population à se réfugier dans des camps au Kenya. Selon les estimations actuelles, 450 000 personnes se seraient déplacées à la suite des inondations, et jusqu'à 900 000 personnes seraient directement touchées par des pertes de logement, de récolte et de bétail.

Selon les prévisions, la récolte de la campagne secondaire “deyr”, qui commencera à partir de février, devrait être inférieure à la moyenne, car une grande partie des céréales cultivées au bord des fleuves ont été détruites par les inondations. Toutefois, l'état des parcours (pâturages, jeunes pousses et ressources en eau) s'est amélioré, ce qui a eu un effet positif sur l'état du bétail, la production animale et les prix. Dans les zones méridionales les plus touchées par la grave sécheresse qui a sévi au premier semestre de 2006, toutefois, les pasteurs ne tireront pas pleinement parti de ces gains, en raison des pertes de bétail qu'ils ont subi précédemment. Le rapport d'une évaluation de la campagne "deyr" de 2006/07, menée par l'Unité d'évaluation de la sécurité alimentaire (UESA) en Somalie devrait être publié prochainement. La récolte de céréales de la campagne principale "gu" de 2006, rentrée en août dernier, a aussi été réduite du fait de la pluviosité insuffisante. Selon les estimations de l'UESA la production céréalière "gu”, qui représente quelque 70 à 80 pour cent de la production annuelle, s'élève à environ 113 000 tonnes, soit une amélioration par rapport au volume réduit de l'année précédente mais toujours 29 pour cent de moins que la moyenne. L'UESA a estimé que 1,8 million de personnes dans tout le pays connaîtraient de graves problèmes d'approvisionnement alimentaire du fait de la diminution de la récolte céréalière de la campagne principale. Des renseignements et une analyse plus détaillés peuvent être consultés à l'adresse suivante: www.fsausomali.org.

Au Soudan, une Mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires qui vient de se terminer indique que la récolte céréalière de 2006 s'élève à 6,64 millions de tonnes, niveau record qui marque une hausse de 19 pour cent par rapport aux bons résultats de l'an dernier et représente 32 pour cent de plus que la moyenne des cinq années précédentes. Cette bonne récolte, composée de 78 pour cent de sorgho, s'explique par les précipitations favorables et l'incidence relativement faible de ravageurs et maladies. La bonne production céréalière, associée aux stocks de report abondants, devrait entraîner un important excédent de céréales en 2007. Compte tenu des vastes disponibilités de céréales, la mission a recommandé des achats locaux par l'Autorité des réserves stratégiques et pour les programmes d'aide alimentaire. Cela permettra d'appuyer les marchés et de garantir que les variétés de céréales sont acceptables pour la population locale. En outre, il convient d'aider à la remise en état du secteur agricole, en accordant notamment un appui d'urgence aux rapatriés et autres communautés d'agriculteurs vulnérables. Cette aide devrait être fournie avant le début des prochaines campagnes agricoles, à savoir en avril/mai dans le sud du Soudan, et en juin-juillet dans le nord.

Du fait de la récolte exceptionnelle, les prix du sorgho ont commencé à baisser sur les marchés des principales zones productrices, ce qui devrait améliorer l'accès à la nourriture des catégories à faibles revenus; toutefois, l'abondance des disponibilités suscite des inquiétudes quant à un recul constant des prix, ce qui pourrait entraîner des difficultés financières pour les agriculteurs et une diminution de la superficie ensemencée pendant la prochaine campagne. L'état du bétail et des parcours est également bon dans la plupart du pays et les niveaux d'eau dans les points d'eau (hafirs) sont dans l'ensemble satisfaisants. En outre, l'accroissement des recettes d'exportation tirées du pétrole, qui sont passées à 4,2 milliards de dollars EU en 2005, a continué de stimuler l'activité économique globale.

En dépit des bonnes disponibilités vivrières et de la forte croissance économique, les problèmes d'accès matériel et financier à la nourriture dus à la guerre, aux déplacements de population, à l'insuffisance de l'infrastructure, aux lacunes du réseau de commercialisation et à l'isolement économique continuent de rendre les populations vulnérables tributaires de l'aide alimentaire. La récente escalade du conflit dans le Darfour a, à elle seule, entraîné des pertes considérables de terres cultivées et le déplacement d'environ 1,6 million de personnes.

En République-Unie de Tanzanie, la récolte de la campagne des courtes pluies "vuli" de 2006/07 dans les zones à régime pluvial bimodal du nord va commencer et les perspectives sont favorables. Dans les zones à régime unimodal du centre et du sud, les cultures de la campagne des longues pluies “msimu” de 2007, à récolter à partir de mai-juin, sont à différents stades de développement. Selon les prévisions, la production céréalière totale de 2006 (campagne des longues pluies et des courtes pluies) s'élèverait à 5,6 millions de tonnes, soit environ 4 pour cent de plus que la bonne récolte de l'année précédente, en raison des précipitations favorables. Ce bon résultat a entraîné des disponibilités vivrières globalement satisfaisantes, avec des quantités accrues de céréales sur tous les marchés. Les disponibilités d'autres cultures, essentiellement plantes-racines et légumineuses, se sont aussi accrues.

En 2006, des pluies violentes sont tombées en plusieurs endroits du pays. Les pluies torrentielles enregistrées à la mi-décembre dans le district de Misungwi, dans la région septentrionale de Mwanza, ont laissé près de 900 personnes sans abri et détruit près de 5 000 hectares de terres agricoles. Les pluies violentes tombées précédemment ont entraîné de graves inondations localisées, en particulier dans la région de Shinyanga, au centre du pays. Des secours ont été distribués à environ 1 500 personnes chassées par les inondations.

Les prix de gros du maïs sont restés bas sur la plupart des marchés tanzaniens, en raison de l'accroissement des disponibilités intérieures et des restrictions imposées par le gouvernement en ce qui concerne les exportations de produits agricoles. Le Kenya importe habituellement environ 55 000 tonnes de maïs en provenance de la Tanzanie entre juin et novembre, mais sur la même période en 2006, les importations se sont élevées à environ 40 000 tonnes.

En Ouganda, la préparation des sols est en cours pour les cultures de la campagne principale de 2007, qui seront mises en terre au cours des prochaines semaines. La récolte de la campagne secondaire de 2006/07 est pratiquement terminée. Les pluies violentes ont entravé la moisson et le séchage des cultures de la campagne secondaire en certains endroits. Dans l'ensemble, cependant, une récolte moyenne à supérieure à la moyenne est escomptée pour la campagne secondaire.

Le conflit et l'insécurité, auxquels il faut ajouter la récolte réduite par la sécheresse rentrée à la fin de l'an dernier, continuent de compromettre la sécurité alimentaire de la population dans le Karamodja, au nord-est du pays. Selon les estimations, au moins 40 pour cent de la population ne dispose pas de stocks de vivres adéquats, ou n'en a pas du tout, et est de plus en plus exposée à l'insécurité alimentaire. Le Programme alimentaire mondial (PAM) prévoit de venir en aide à quelque 500 000 personnes. Ailleurs dans le nord de l'Ouganda, l'amélioration des conditions de sécurité a permis à un grand nombre de PDI d'accéder plus largement à la nourriture et à d'autres ressources productives. La lenteur du processus de paix continue toutefois d'empêcher ces PDI de retourner dans leurs foyers.

Augmentation constante des importations de blé du Soudan

Le blé représente la deuxième céréale la plus importante au Soudan, pour ce qui est tant de la production que de la consommation, en particulier dans les zones urbaines. La quasi-totalité des cultures de blé sont irriguées. Les superficies consacrées au blé ont reculé par rapport au sommet atteint en 1991/92, suite à la décision du gouvernement de concentrer cette culture dans les zones les plus productives. Dans les entreprises agricoles publiques (périmètres d'irrigation de Gezira, du Nil Blanc, de Rahad et de New Halfa), qui représentaient environ 70 pour cent de la production de blé totale, les zones peu fertiles, ayant des problèmes d'irrigation ou donnant de faibles rendements, ont été délaissées. Le gouvernement a décidé d'appuyer l'expansion de la production de blé dans le nord, où les températures sont plus fraîches et les rendements plus élevés. La superficie récoltée dans les États du Nord et du Nil a augmenté de manière correspondante suite aux programmes publics visant à accorder un soutien financier pour la remise en état des pompes et l'expansion des emblavures, notamment en octroyant aux agriculteurs de ces États une subvention par hectare consacré au blé.

Globalement, toutefois, la superficie consacrée au blé a fortement chuté depuis 1998 suite à la libéralisation de la production de blé (figure i). De nombreux agriculteurs sont passés à des cultures plus rentables (légumes et graines oléagineuses) ou ont laissé les terres en jachère pour plusieurs raisons, parmi lesquelles: la levée de l'obligation, par le gouvernement, de consacrer une partie de leurs terres au blé, la suppression des programmes d'appui dans les grands périmètres de Gezira, Rahad, et New Halfa, et l'abolition des dispositions en vue du remboursement des semences et engrais utilisés. Néanmoins, en 2006, pour tenter, semble-t-il de revenir sur la libéralisation de la production de blé, le gouvernement a lancé un «Programme national du blé» qui prévoit des mesures d'incitation en faveur des agriculteurs qui cultivent le blé. Au titre de ce programme, l'urée, dont le prix au détail s'élève normalement à 4 500 dinars soudanais (DS) le sac, coûte 3 500 DS; le diesel, qui au détail atteint approximativement 24 000 DS le baril coûte 13 000 DS. Par conséquent, une progression de la superficie sous blé a été constatée en novembre dernier; la récolte ne sera pas rentrée avant mars-avril 2007, mais l'on prévoit une hausse de près de 50 pour cent de la production de blé par rapport à l'année précédente. Du fait de la demande soutenue de blé dans les zones urbaines, le volume importé n'a cessé d'augmenter au cours de la dernière décennie et devrait encore progresser en 2007, en dépit de l'accroissement de la production qui est prévu. L'accroissement considérable des importations est destiné en partie à compenser le recul de la production intérieure depuis 1998, mais reflète également l'évolution du goût des consommateurs suscitée par l'urbanisation et la hausse des revenus dans certaines couches de la société.

À mesure que la richesse progresse lentement, la demande de produits à base de blé (par opposition aux produits à base de sorgho, qui est la céréale de base du Soudan) s'est accrue. De 1990 à 2006, les importations de blé ont pratiquement septuplé (figure ii). La tendance constante à la hausse des importations de blé est apparente même les années qui suivent une abondante récolte de sorgho. Une autre céréale dont des volumes relativement minimes mais toujours plus grands sont importés est le riz: de 5 600 tonnes seulement en 1990, les importations sont passées à près de 60 000 tonnes en 2006.

 

Afrique australe

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Les récoltes céréalières de 2007 en Afrique australe s'annoncent en général bonnes, mais les perspectives sont incertaines dans certains pays

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Alors que la campagne agricole 2006/07 arrive à mi-parcours en Afrique australe, des pluies violentes ont été signalées dans la quasi-totalité de la région pendant la troisième décade de décembre et les deux premières décades de janvier; elles ont entraîné des inondations localisées en Namibie, au Botswana, en Zambie, au Zimbabwe, au Malawi, au Mozambique et à Madagascar. Malgré les dégâts aux cultures enregistrés dans certaines des zones touchées, les précipitations abondantes de décembre et janvier ont amélioré globalement les conditions de végétation. Toutefois, elles sont peut-être arrivées trop tard pour éviter des diminutions des semis et des rendements dans les zones touchées par les pluies irrégulières et les vagues de sécheresse depuis le début de la campagne en octobre, notamment le nord-ouest de l'Angola, le centre et le sud du Mozambique, l'ouest de la Zambie et le centre du Zimbabwe. En ce qui concerne les précipitations cumulées, la situation s'est considérablement améliorée grâce aux pluies abondantes tombées depuis la fin décembre, en particulier dans les zones orientales. La variation des précipitations cumulées par rapport à la moyenne des huit dernières années, pour les trois premiers mois de la campagne (troisième décade d'octobre à deuxième décade de janvier) montre que les précipitations ont été normales ou supérieures à la normale dans l'est et le centre de la région et dans la plus grande partie de Madagascar mais inférieures à la normale dans le nord de l'Angola et le nord et le centre du Mozambique (figure 3). La croissance végétative, à la deuxième décade de janvier 2007, telle qu'indiquée par la variation de l'indice de végétation par différence normalisée par rapport à la moyenne à long terme, semble aussi meilleure dans toute la région, sauf en certains endroits du centre et du sud du Mozambique et du nord de l'Angola. En dépit des pluies généralement satisfaisantes tombées dans la région pendant la campagne, les prévisions pour la deuxième moitié de la campagne laissent entrevoir un temps plus sec que la normale, principalement dû aux conditions El Niño, et il convient de surveiller de près la situation dans les prochaines semaines.

Perspectives de récoltes et situation alimentaire

 

Au niveau régional, les perspectives préliminaires sont également bonnes, du fait de la progression de la superficie consacrée au maïs de la campagne principale. Cette situation s'explique principalement par la progression des semis en Afrique du Sud, où les dernières estimations officielles indiquent que la superficie consacrée au maïs commercial a augmenté de 68 pour cent par rapport au bas niveau de l'an dernier, pour passer à quelque 2,7 millions d'hectares, en réponse aux prix élevés. Dans l'ensemble, la disponibilité d'intrants à l'époque des semis a été normale dans la plupart des pays. De grands programmes de subventions des intrants ont été mis en oeuvre en Zambie et au Malawi, ce qui a permis aux agriculteurs d'utiliser des semences de qualité et des engrais et devrait avoir un effet positif sur la récolte totale de maïs cette année. Toutefois, au Zimbabwe, les pénuries persistantes et/ou le prix élevé d'intrants essentiels (engrais, carburant, traction animale et pièces détachées) devraient se traduire par de faibles rendements, comme les années passées. Au Lesotho et dans plusieurs districts agricoles du Cap-oriental et de l'État-libre en Afrique du Sud, une invasion de criquets bruns a touché le maïs et d'autres cultures en décembre. Des pulvérisations aériennes ont été effectuées dans ces deux pays pour lutter contre les grands essaims. Au Mozambique, une flambée de trypanosomiase, maladie parasitaire causée par la mouche tsé-tsé, aurait touché le bétail dans le centre du pays, notamment dans les provinces de Manica, Sofala, Zambezia et Tete.

Les importations de denrées alimentaires sont atones mais devraient s'intensifier pendant la période de soudure

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Alors que la plupart des pays de la région ont enregistré une augmentation de la production en 2006, les besoins d'importations céréalières pour la campagne de commercialisation 2006/07 (avril/mars dans la plupart des cas) ont été ramenés à 6,3 millions de tonnes, soit environ 13 pour cent de moins que l'année précédente. Si l'on ne tient pas compte de l'Afrique du Sud et de Maurice, la baisse des importations céréalières nécessaires dans la sous-région est plus marquée, passant d'importations effectives de 5 millions de tonnes en 2005/06 à environ 3,5 millions de tonnes en 2006/07 (tableau 4). Les besoins d'aide alimentaire en 2006/07, estimés à environ 547 000 tonnes, sont aussi inférieurs à l'aide alimentaire fournie en moyenne chacune des cinq années précédentes, à savoir 700 000 tonnes environ. Les chiffres disponibles à la fin décembre 2006 ou à la fin janvier 2007 montrent que jusqu'à présent, seulement quelque 56 pour cent de la totalité des céréales devant être importées et environ 54 pour cent du maïs ont été reçus et/ou promis. Toutefois, les importations céréalières, sous forme d'aide alimentaire, représentent près des trois quarts de la totalité des besoins estimatifs pour 2006/07. Les importations devraient s'intensifier pendant le trimestre en cours, qui se caractérise par des pénuries alimentaires.

Tableau 4. Besoins d’importations et situation effective des importations (fin janvier 2007) pour l’Afrique australe, non compris l’Afrique du Sud et Maurice, 2006/07*

  Besoins
d’importations
Importations couvertes
  (milliers de
tonnes)
(milliers de
tonnes)
(%)
Total des céréales
Total3 4891 89954%
Achats
commerciaux
2 9851 51451%
Aide
alimentaire
50438576%
Maïs 
Total1 23662250%
Achats
commerciaux
1 00354654%
Aide
alimentaire
2337633%
* Les données d’importation disponibles varient de novembre 2006 à la fin janvier 2007.
Année commerciale avril/mars pour la plupart des pays.
Source: Estimations FAO/SMIAR.

 

Les prix des denrées de base sont plus bas que l'an dernier mais donnent des signes de hausse saisonnière

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Dans la plupart des pays déficitaires de la sous-région, les prix du maïs, principale denrée alimentaire de base, sont actuellement nettement inférieurs aux niveaux correspondants enregistrés un an auparavant, alors que des pénuries alimentaires sévissaient dans plusieurs pays. Par exemple, comme le montre la figure 4, en Zambie et au Mozambique, les prix de gros du maïs blanc sur les marchés des capitales s'élevaient, à la mi-janvier 2007, à environ 200 dollars EU et 232 dollars EU la tonne, contre respectivement 345 dollars EU et 385 dollars EU la tonne à la même époque un an auparavant. Toutefois, les prix semblent suivre une tendance saisonnière à la hausse depuis septembre, après avoir constamment reculé pendant longtemps par rapport aux 354 dollars EU et 390 dollars EU la tonne respectivement atteints au plus fort de la période de disette en février 2006. En revanche, en Afrique du Sud, principal pays exportateur de la région, les prix du maïs, exprimés en dollars EU, sont actuellement supérieurs à ceux pratiqués à la même époque l'an dernier, du fait de la récolte réduite de 2006 et des moindres disponibilités de maïs. Le prix SAFEX n'a cessé d'augmenter depuis septembre 2005. Cette hausse devrait se poursuivre jusqu'à l'arrivée de la nouvelle récolte en avril 2007.

L'évolution des prix du maïs en monnaie locale a été légèrement plus marquée par rapport à l'évolution en dollars EU en raison de l'affaiblissement du rand en Afrique du Sud, mais moins prononcée en Zambie en raison du raffermissement du kwacha par rapport au dollar EU. Au Mozambique, la variation des prix en métical a plus ou moins reflété la fluctuation des prix en dollars EU, en raison de la stabilité relative de cette monnaie pendant la période considérée.

Perspectives de récoltes et situation alimentaire

 

Les disponibilités alimentaires sont bonnes au niveau régional, mais la situation de la sécurité alimentaire des populations vulnérables reste préoccupante dans plusieurs pays

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Dans l'ensemble, les disponibilités vivrières de la région pour la présente campagne commerciale ont été assez bonnes. En Afrique du Sud, principal exportateur de la région, les disponibilités de maïs blanc ont été estimées à 6,3 millions de tonnes au début de la campagne commerciale en mai; l'utilisation intérieure s'élevant à 4,3 millions de tonnes, il restait donc un excédent d'environ 2 millions de tonnes. À supposer que les réserves stratégiques s'élèvent à environ 600 000 tonnes, l’Afrique du Sud pourrait dégager un excédent exportable de maïs blanc d’environ 1,4 million de tonnes. En outre, des quantités exportables assez importantes sont prévues au Malawi (de 200 000 à 350 000 tonnes), en Zambie (de 180 000 à 280 000 tonnes) et au Mozambique (de 150 000 à 250 000 tonnes) après la reconstitution des stocks dans ces trois pays à un niveau d'environ 100 000 tonnes. Ainsi, au total, l'excédent régional suffit largement à couvrir les besoins d'importations commerciales des autres pays de la sous-région où le déficit de maïs est estimé à un peu moins de 1 million de tonnes. Toutefois, selon les données officielles concernant les exportations sud-africaines à la fin décembre, 318 000 tonnes seulement de maïs blanc ont été exportées depuis mai 2006. Des quantités importantes sont disponibles pour les achats locaux et régionaux en vue des distributions d'aide alimentaire dans la région.

Asie

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Extrême-Orient

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Les perspectives concernant les céréales d'hiver de 2007 sont bonnes

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Les perspectives sont en général bonnes en ce qui concerne les céréales d'hiver de 2007 (essentiellement blé) qui ont été mises en terre de septembre à décembre 2006. En Chine, la récolte de blé d'hiver, qui représente environ 95 pour cent de la production totale de blé du pays, est encore au stade de dormance. La superficie ensemencée est estimée à 21,3 millions d'hectares, soit une baisse de quelque 2 pour cent par rapport à l'an dernier mais toujours plus que la moyenne sur cinq ans. Un temps sec et doux a prévalu dans la plupart des zones consacrées au blé d'hiver, et les conditions d'hivernage ont donc été propices. Compte tenu des estimations concernant la superficie sous blé d'hiver et à supposer que les conditions restent normales pour le reste de la campagne, la production de blé de 2007 atteindrait, selon des prévisions provisoires, quelque 100 millions de tonnes, soit environ 3 millions de tonnes de moins que le bon résultat de l'an dernier. En Inde, la superficie consacrée au blé d'hiver aurait progressé de 6,7 pour cent par rapport à l'an dernier, le gouvernement ayant relevé de 15 pour cent le prix de soutien pour la récolte de blé de 2007. Dans le nord de l'Inde, les pluies et les chutes de neige en décembre ont accru les réserves d'eau d'irrigation pour le blé d'hiver déjà en terre. Dans le centre et le sud du pays, le temps sec qui a régné à la fin 2006 a été bénéfique pour la moisson à la fin de l'été (campagne kharif) ainsi que pour les semis tardifs de céréales d'hiver. Au Pakistan, les perspectives concernant la récolte de blé de 2007 se sont améliorées grâce aux précipitations et aux chutes de neige de décembre, qui ont accru les réserves d'eau d'irrigation. Selon les premières indications, la production de 2007 pourrait égaler la récolte abondante de l'an dernier.

Dans la plupart des pays producteurs de riz de la région, la récolte du paddy de la campagne principale est déjà terminée ou touche à sa fin. La production de paddy de 2006 de la sous-région est estimée à 563,6 millions de tonnes, volume proche de la production record de l'année précédente, tandis que la production céréalière totale de la sous-région s'établit toujours à 986 millions de tonnes, niveau record en hausse de quelque 7,5 millions de tonnes par rapport au résultat précédent, principalement du fait des abondantes récoltes de blé et de maïs.

Tableau 5. Production céréalière de l'Asie ( en millions de tonnes)

  Blé Céréales secondaires Riz (paddy) Total céréales
  2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
Asie 255.6 263.2 271.4 232.7 246.8 249.9 549.5 571.2 569.3 1 037.8 1 081.1 1 090.6
Extrême-Orient 187.6 191.5 198.2 208.1 221.0 224.1 544.5 565.9 563.6 940.2 978.4 985.9
Bangladesh1.31.11.00.30.50.537.739.840.539.341.442.0
Chine92.097.4103.0140.4150.4153.0180.5182.1182.2412.9429.9438.2
Inde72.268.669.533.634.634.3124.7136.6135.0230.4239.8238.8
Indonésie0.00.00.011.212.512.154.154.254.765.366.766.8
Pakistan19.521.622.03.33.83.87.58.38.130.333.733.9
Thaïlande0.00.00.04.43.74.028.530.329.433.034.033.5
Viet Nam0.00.00.03.43.83.836.235.835.839.639.539.6
Proche-Orient 46.2 48.2 47.7 19.9 21.5 21.1 4.3 4.6 5.0 70.4 74.3 73.8
Iran (République
islamique d’)
14.014.514.54.44.45.23.13.33.621.522.223.3
Turquie21.020.520.512.613.412.50.50.50.634.134.533.6
Pays asiatiques
de la CEI
21.7 23.3 25.4 4.6 4.2 4.7 0.7 0.6 0.7 26.9 28.2 30.9
Kazakhstan9.911.513.72.42.22.60.30.30.312.614.016.6
Note: Total obtenu à partir de chiffres non arrondis.

 

Des difficultés d'approvisionnements vivriers persistent dans plusieurs pays

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Alors que la situation des disponibilités alimentaires est globalement satisfaisante dans la sous-région, les populations vulnérables d'un certain nombre de pays sont toujours aux prises avec de graves difficultés d'approvisionnement. Au Sri Lanka, en dépit de la récolte record rentrée l'an dernier, la sécurité alimentaire est durement touchée dans le nord-est par la dégradation de la situation sur le plan politique et de la sécurité. Dans les districts du centre, du sud et de l'est, en particulier Nuwara Eliya et Hambantota, la production agricole a été affectée par des pluies de mousson inhabituelles. Selon les rapports, jusqu'à 90 000 personnes seraient touchées, dont 60 000 personnes déplacées, et des secours alimentaires d'urgence sont nécessaires. Au Timor-Leste, malgré la stabilisation de la situation sur le plan politique et de la sécurité suite au déploiement de forces internationales à la fin du mois de mai dernier, la situation de la sécurité alimentaire reste préoccupante, notamment en ce qui concerne les personnes déplacées qui ne peuvent pas rentrer chez elles. En janvier, les Nations Unies et le gouvernement du Timor-Leste ont lancé un appel pour mobiliser 16,6 millions de dollars EU en vue de la réinstallation de 100 000 PDI. Au Népal, la production céréalière a chuté en 2006, reculant de 5 pour cent par rapport à la moyenne récente, en raison de la sécheresse et des inondations qui ont sévi pendant la campagne agricole d'été. Selon les rapports, la situation des disponibilités vivrières est tendue dans le pays, notamment dans les districts situés à l'est du Terai, à savoir Siraha et Saptari, où les pertes de paddy ont été extrêmement élevées et où le prix au détail du riz en janvier dépassait de plus de 40 pour cent le prix constaté à la même époque l'année précédente. Aux Philippines, en dépit d'une situation des approvisionnements vivriers globalement satisfaisante après la récolte record de 2006, des centaines de milliers de personnes dans la région de Bicol et dans d'autres régions qui ont été dévastées par quatre typhons consécutifs, restent tributaires d'une aide d'urgence, notamment sous forme de vivres. Quelque 100 000 personnes réparties dans trois provinces bénéficieraient actuellement de l'aide alimentaire du PAM, avec le concours d'organisations non gouvernementales (ONG).

En République populaire démocratique de Corée, la récolte céréalière de 2006 est provisoirement estimée à quelque 3,8 millions de tonnes (en équivalent riz usiné), soit quelque 300 000 tonnes de moins que le volume record de l'année précédente mais néanmoins une bonne récolte, supérieure à la moyenne. Du fait du redressement constant de la production céréalière ces quelques dernières années, le volume de céréales importé (principalement sous forme d'aide alimentaire et en partie par des circuits commerciaux) a diminué. Toutefois, en dépit d'améliorations, la production intérieure ne suffit toujours pas à couvrir les besoins alimentaires de base et selon les estimations, il faudra importer quelque 1 million de tonnes de céréales en 2006/07. Le recul rapide des livraisons d'aide alimentaire dans le pays depuis l'été dernier suscite quelques inquiétudes quant à la possibilité de couvrir les besoins d'importation pour l'année en cours. Depuis le début de la campagne commerciale actuelle en novembre dernier, quelque 8 000 tonnes de céréales seulement ont été importées (y compris l'aide alimentaire).

Perspectives de récoltes et situation alimentaire

 

Proche-Orient

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Amélioration des conditions d'humidité des céréales d'hiver en décembre et janvier

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Au Proche-Orient, les précipitations et les chutes de neige enregistrées dans plusieurs grandes régions productrices en décembre et janvier ont eu un effet bénéfique sur les céréales d'hiver de 2007 après le temps sec qui a régné au début de la campagne. En Afghanistan, en République islamique d'Iran et en Iraq, des conditions agro-météorologiques défavorables ont été signalées au moment de la préparation des sols et des semis de la campagne d'hiver, en raison de l'humidité insuffisante. En revanche, en Turquie, les conditions à l'époque des semis ont été propices, mais un temps sec a ensuite régné de manière persistante, ce qui a nui à l'établissement et au développement précoce des cultures. Ailleurs dans la sous-région, parmi les petits producteurs, les conditions de semis ont été dans l'ensemble favorables, selon les rapports, et l'état des cultures qui avaient levé avant l'hiver était généralement meilleur que l'année précédente.

Pays asiatiques de la CEI

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Perspectives favorables pour la récolte de céréales d'hiver de 2007

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Les perspectives restent dans l'ensemble favorables en ce qui concerne les céréales d'hiver de 2007, les conditions ayant été optimales à l'époque des semis en automne dernier et depuis favorable dans une large mesure. Les céréales d'hiver (blé, essentiellement) représentent les cultures les plus importantes de la sous-région, sauf au Kazakhstan, où la plupart des céréales sont semées au printemps. La production céréalière de 2006 de la sous-région est estimée désormais à 30,9 millions de tonnes au total, ce qui est nettement supérieur à la moyenne des cinq dernières années. Le Kazakhstan, qui est le principal pays producteur de la région, a rentré une abondante récolte de blé, ce qui devrait stimuler les exportations; selon les prévisions, celles-ci avoisineraient 5 millions de tonnes pendant la campagne commerciale 2006/07. Toutefois, alors que les récoltes de 2006 ont été bonnes dans la plupart des pays, une sécheresse localisée a affecté l' Arménie et la Géorgie pendant une partie de la campagne, ce qui a eu une incidence néfaste sur les rendements des cultures. Par conséquent, l'Arménie, tout particulièrement, devrait dépendre plus largement des importations de blé (principale céréale vivrière) pendant la campagne commerciale 2006/07 et les besoins estimatifs d'aide alimentaire du pays pour l'année dépassent largement les livraisons effectives enregistrées ces quelques dernières années.

Tableau 6. Production céréalière dans les pays asiatiques de la CEI (en milliers de tonnes)

  Blé Céréales totales
  2004 2005 2006 2004 2005 2006
Arménie296305210380378244
Azerbaïdjan1 6251 5661 6652 0421 9052 082
Géorgie186190 177670688673
Kazakhstan9 94211 54013 70012 63614 00216 645
Kirghizistan9981 0751 0651 7181 7481 729
Ouzbékistan5 3705 3205 2405 8485 7445 671
Tadjikistan635747730862954942
Turkménistan2 6002 6002 6502 7902 7822 877
Pays asiatiques de la CEI 21 652 23 343 25 437 26 947 28 201 30 863

 

Perspectives de récoltes et situation alimentaire

 

Amérique latine et Caraïbes

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Amérique centrale et Caraïbes

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Les perspectives préliminaires sont favorables en ce qui concerne la récolte de blé de 2007 et selon les estimations, la production de céréales secondaires de 2006 serait supérieure à la moyenne

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Les semis du maïs d'hiver de la campagne 2007, qui est importante, touchent à leur fin au Mexique, seul pays producteur de la sous-région. Les intentions de semis ont laissé entrevoir un niveau supérieur à la moyenne, à savoir environ 578 000 hectares et, si les conditions météorologiques restent favorables pendant la campagne de végétation, les prévisions officielles établissent la production à 2,9 millions de tonnes, résultat très proche du bon niveau obtenu pour la même campagne en 2006.

Tableau 7. Production céréalière de l’Amérique latine et des Caraïbes ( en millions de tonnes)

  Blé Céréales secondaires Riz (paddy) Total céréales
  2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
Amérique latine
et Caraïbes
27.7 23.7 22.2 108.3 103.4 105.6 25.7 26.4 24.9 161.7 153.4 152.8
Amérique
centrale et
Caraïbes
2.4 3.0 3.2 33.5 30.2 31.4 2.3 2.3 2.4 38.2 35.6 37.1
Mexique2.43.03.229.726.227.50.30.30.332.429.531.0
Amérique
du Sud
25.3 20.7 19.0 74.8 73.1 74.2 23.3 24.1 22.5 123.5 117.8 115.7
Argentine16.012.613.718.724.518.21.11.01.235.738.033.0
Brésil5.84.72.444.937.744.812.813.211.663.555.658.8
Colombie0.00.00.01.61.71.62.72.52.34.44.23.9
Note: Total obtenu à partir de chiffres non arrondis.

La récolte des céréales secondaires et des haricots de la deuxième campagne de 2006 vient de s'achever. En dépit de pertes localisées dues au temps sec qui a régné pendant la deuxième campagne au Belize, dans le nord du Guatemala et dans certaines régions centrales du Honduras et du Nicaragua, la production de céréales secondaires de 2006 est estimée à 31 millions de tonnes. Ce résultat s'explique principalement par la bonne production de maïs d'été au Mexique, laquelle s'établit à 16,2 millions de tonnes, soit 19 pour cent de plus que pour la même campagne en 2005, année où la récolte avait été considérablement réduite en raison de l'insuffisance des pluies pendant la campagne de végétation. Ailleurs en Amérique centrale, des récoltes de céréales secondaires moyennes ou supérieures à la moyenne ont été rentrées en 2006 en El Salvador, au Guatemala et au Honduras, tandis que la production a accusé un net recul au Nicaragua, en raison du temps sec, ainsi qu'au Costa Rica, où la superficie ensemencée a diminué suite aux politiques de libéralisation des échanges. Dans les pays des Caraïbes, la production de céréales secondaires, de riz et de haricots de 2006 a été supérieure à la moyenne, du fait des pluies modérées et bien réparties tombées pendant la saison des ouragans (de juin à octobre).

Amérique du Sud

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Bonnes perspectives pour la récolte de maïs de 2007 mais la récolte de blé de 2006 est réduite

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Les semis du maïs de la campagne principale de 2007 viennent de s'achever. Selon les estimations préliminaires, la superficie ensemencée n'aurait pas changé par rapport à 2006, mais l'on escompte d'excellents rendements, car les grandes régions productrices de l'Argentine et du Brésil jouissent de précipitations abondantes. Dans les pays andins, en dépit d'inondations localisées au Pérou et en Bolivie, les perspectives concernant les récoltes céréalières de 2007 sont bonnes, car les pluies abondantes améliorent les réserves d'humidité des sols pour le blé, le maïs et le riz à récolter à partir de la mi-mars.

La moisson du blé d'hiver de 2006 est terminée dans les grandes zones productrices du sud. Les estimations établissent la production de blé de 2006 à 19 millions de tonnes, soit une baisse de 8 pour cent par rapport à 2005 et 13 pour cent de moins que la moyenne des cinq dernières années. Ce bas niveau s'explique principalement par les très faibles résultats obtenus au Brésil, où la production a atteint seulement 50 pour cent environ de la moyenne sur cinq ans, la superficie ensemencée et les rendements ayant tous deux reculé d'un quart. Ces reculs sont dus à la faiblesse des prix et au temps sec qui a régné à l'époque des semis, ainsi qu'à des gelées aux stades de floraison et de maturation. En revanche, en Uruguay, la production de blé a atteint près de 570 000 tonnes, niveau record qui s'explique par une progression considérable des emblavures. En Argentine, plus grand producteur de la sous-région, la production de blé s'est redressée par rapport au niveau réduit de l'année précédente, tout en restant nettement inférieure à la moyenne en raison des vagues de sécheresse enregistrées pendant la campagne.

Amérique du Nord, Europe et Océanie

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Amérique du Nord

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Aux États-Unis, la superficie consacrée au blé d'hiver de 2007 progresse par rapport à l'an dernier

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Aux États-Unis, la superficie consacrée au blé d'hiver, à récolter en 2007, est officiellement estimée à 17,8 millions d'hectares, ce qui représente une progression de 9 pour cent par rapport à l'année précédente et la superficie la plus importante depuis 2003. Les prix sont élevés, ce qui a incité les agriculteurs à accroître les semis, même en de nombreux endroits des Grandes Plaines où un temps sec a prévalu mais où les producteurs ont parié sur l'arrivée de précipitations plus tard dans la campagne. L'état des cultures à la fin novembre, tel qu'indiqué dans le Rapport de 2006 sur l'évolution des cultures, a été jugé bon à excellent dans 53 pour cent des cas, comme cela avait été le cas l'année précédente à la même époque; les indications depuis laissent entrevoir une amélioration des conditions dans les plaines du centre et du sud, où les précipitations tant attendues sont tombées en décembre. Compte tenu de l'état satisfaisant des cultures à l'entrée de l'hiver, et le froid n'ayant pas causé jusqu'à présent de pertes importantes dans les grandes régions productrices, une nette augmentation de la récolte de blé semble s'annoncer en 2007 dans le pays, après les résultats inférieurs à la moyenne enregistrés l'an dernier. La récolte de maïs de 2006 (principale céréale secondaire) s'est achevée à la fin novembre, soit un peu plus tard que la normale. À cette époque, les estimations laissaient entrevoir un net recul de la production pour l'année, du fait du temps sec et chaud peu propice qui avait régné dans certaines grandes régions productrices. Les estimations définitives publiées dans le bulletin officiel de janvier sont encore plus basses que les chiffres annoncés précédemment, passant à 267,6 millions de tonnes, soit 5 pour cent de moins que la récolte de l'année précédente.

Tableau 8. Production céréalière de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Océanie ( en millions de tonnes)

  Blé Céréales secondaires Riz (paddy) Total céréales
  2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
2004 Estim.
2005
Prév.
2006
Amérique du
Nord
84.6 84.1 76.6 346.6 325.4 304.0 10.5 10.1 8.8 441.7 419.6 389.4
Canada25.926.827.326.726.323.60.00.00.052.653.050.9
États-Unis58.757.349.3319.9299.1280.410.510.18.8389.1366.5338.5
Europe 219.5 207.4 191.3 245.5 214.4 209.4 3.4 3.4 3.4 468.5 425.1 404.1
UE 137.5123.8118.2152.2134.3128.02.82.72.6292.5260.8248.9
Roumanie7.87.35.316.811.59.90.00.00.024.518.915.3
Serbie2.82.01.97.17.56.20.00.00.09.99.58.1
Pays européens de
la CEI
64.8 68.5 60.6 60.3 53.4 57.5 0.6 0.7 0.8 125.6 122.5 118.9
Fédération de
Russie
45.447.744.930.328.331.10.50.60.776.276.576.7
Ukraine17.518.713.923.118.720.10.10.10.140.737.434.1
Océanie 22.2 25.4 10.1 12.7 15.0 7.7 0.6 0.3 1.1 35.4 40.8 18.8
Australie21.925.19.712.114.57.10.50.31.034.639.917.9
Note: Total obtenu à partir de chiffres non arrondis.

Au Canada, exception faite d'une petite quantité de blé d'hiver cultivé dans l'Ontario, les semis se déroulent au printemps, en mars-avril. Dans le document sur les perspectives publié en janvier, Agriculture et Agroalimentaire Canada prévoit pour 2007 une nette diminution, de l'ordre de 10 pour cent, de la superficie consacrée au blé (blé dur excepté). Les intentions de semis des agriculteurs canadiens devraient être influencées par la relative amélioration de la rentabilité d'autres cultures qui est escomptée en 2007/08, et par le besoin technique d'alterner les cultures (la superficie sous blé autre que le blé dur ayant considérablement augmenté en 2006). La superficie consacrée au blé d'hiver de la campagne secondaire dans l'Ontario a reculé d'environ 25 pour cent par rapport à l'année précédente, baisse qui est attribuable à un automne pluvieux et aux retards concernant la récolte de soja. En revanche, la superficie sous blé dur, qui représente normalement 20 pour cent environ de la superficie totale, devrait augmenter de 15 pour cent, hausse considérable qui s'explique par le recul des réserves nationales et par les profits plus élevés escomptés par rapport à ceux tirés des variétés de blé autres que le blé dur. De même, les superficies consacrées aux céréales secondaires de la campagne principale (orge, avoine et maïs) devraient augmenter, car leur rentabilité s'annonce meilleure que celle du blé.

Europe

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De vastes superficies seront consacrées aux céréales d'hiver de 2007 mais le temps anormal pour la saison est peu propice aux cultures

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Dans l'Union européenne, la campagne de semis a été dans l'ensemble bonne et la superficie consacrée aux céréales d'hiver a progressé dans la plupart des grands pays producteurs. Les cultures sont bien établies un peu partout dans le nord mais le manque d'humidité a compromis leur développement précoce dans le sud de l'Italie et de l'Espagne. En raison du temps anormalement doux pour la saison qui a prévalu jusqu’à la fin 2006 et pratiquement tout au long de janvier 2007, les cultures se sont développées plus tôt que d’habitude; elles ne bénéficient donc pas d'une résistance au froid, pas plus que d'une couverture neigeuse suffisante, et seront donc plus vulnérables que d'habitude en cas de gel. Selon les rapports, l'incidence des ravageurs et des maladies est également supérieure à la normale en raison du climat exceptionnellement doux. Les tempêtes d'hiver qui ont été enregistrées à la fin janvier dans presque toute l'Europe occidentale, tout en étant bénéfiques pour les réserves d'humidité des sols, en particulier dans les régions méridionales, ont suscité des inquiétudes quant à d'éventuels dégâts aux cultures dus au gel.

L'entrée de la Bulgarie et de la Roumanie dans l'UE le 1er janvier 2007 (portant le nombre de pays membres à 27) se traduira par une augmentation importante de la production céréalière du groupe. De récentes données indiquent que la Bulgarie et la Roumanie ajouteront 10 pour cent environ à la production céréalière totale de l’Europe des 25, sous forme de blé et de maïs essentiellement. On trouvera au tableau 9 une comparaison de la production céréalière des deux pays au cours des trois dernières années avec celle des principaux producteurs parmi les 25 pays de l’UE. Il convient toutefois de noter que les rendements céréaliers des deux nouveaux pays membres sont relativement faibles par rapport à la moyenne enregistrée dans les 25 pays de l’UE (figure 7). Cette situation s'explique en grande partie par une irrigation insuffisante (dans le cas du maïs) et par l'utilisation limitée d'engrais et de produits de phytoprotection.

Tableau 9. Production céréalière de l’UE, moyenne 2004-2006 ( millions de tonnes)

  Blé Maïs Autres Total
France37.314.213.865.3
Allemagne23.93.819.246.9
Pologne8.61.915.726.1
Royaume-Uni15.00.06.321.3
Italie7.810.63.321.7
Autres33.920.032.2111.9
UE 25 126.5 50.4 90.5 267.4
Roumanie6.811.11.619.6
Bulgarie3.51.71.06.2
UE 27 136.9 63.3 93.1 293.2

 

Perspectives de récoltes et situation alimentaire

 

Dans les pays européens de la CEI et ailleurs dans la région, la première partie de l’hiver s'est également caractérisée par un temps anormalement doux pour la saison. Par conséquent, les cultures sont à un stade de développement en général plus avancé que d'habitude, mais elles ont moins de résistance au froid. En l’absence de couverture neigeuse protectrice suffisante, cette situation suscite de graves préoccupations, car la chute brutale de la température pourrait causer des dégâts considérables. Une autre conséquence de l'hiver exceptionnellement doux et de la croissance précoce des cultures devrait apparaître au printemps, époque à laquelle le feuillage plus touffu et la prolifération probable de mauvaises herbes pourraient favoriser une recrudescence des maladies et des infestations de ravageurs.

Compte tenu de ce qui précède, la situation pourrait considérablement évoluer d'ici à la fin de l'hiver, mais les renseignements disponibles concernant les semis indiquent une forte progression de la superficie totale consacrée aux céréales d'hiver dans la région et donc une hausse considérable de la production. En Fédération de Russie, la superficie sous blé d'hiver aurait augmenté d'environ 10 pour cent, tandis qu'en Ukraine, on signale une expansion de 9 pour cent.

Océanie

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La récolte de céréales d'hiver de 2006 rentrée en Australie a été la plus faible des dix dernières années

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Selon les estimations officielles, la récolte de céréales d'hiver de 2006 (blé et orge essentiellement) rentrée récemment en Australie, qui représente l'essentiel de la production céréalière annuelle, a perdu plus de 60 pour cent en raison de la sécheresse extrême et des températures élevées. Les dernières estimations (tableau 8) remontent à début décembre, époque à laquelle une grande partie de la récolte avait déjà été rentrée, et les dernières révisions prévues en février ne devraient pas apporter de changements significatifs. Les perspectives sont également pessimistes en ce qui concerne les céréales d’été de la campagne secondaire de 2007 (sorgho, maïs et riz essentiellement), car l’humidité des sols et les réserves d'eau d'irrigation sont au plus bas dans les principales régions productrices du Queensland et du nord de la Nouvelle-Galles du Sud.

L'Australie, qui figure parmi les cinq grands exportateurs mondiaux de céréales, exporte normalement quelque 60 pour cent de sa production annuelle. Les exportations de céréales pour la campagne commerciale 2006/07 devraient être inférieures à la moyenne, mais l'impact de la mauvaise récolte de 2006 sur le volume des expéditions du pays sera légèrement compensé par les importantes réserves accumulées ces trois dernières années.

Perspectives de récoltes et situation alimentaire

 

Système de classification par niveaux administratifs (GAUL) du poste de travail du SMIAR

L'équipe du poste de travail du SMIAR du Programme CE-FAO sur la sécurité alimentaire a lancé la version 2007 du Système de classification par niveaux administratifs (GAUL). Cette initiative vise à recueillir et à diffuser des données spatiales extrêmement fiables indiquant les limites des unités administratives de tous les pays du monde. Le GAUL tient à jour la délimitation géospatiale des niveaux administratifs à l'aide d'un système de codage pour le pays, le premier niveau (par exemple, régions) et le deuxième niveau administratifs (par exemple, districts). En outre, si les données sont disponibles, il indique les niveaux inférieurs (troisième, quatrième, etc.). L'initiative GAUL permet de suivre les modifications apportées aux unités administratives et une version à jour du système paraît chaque année. Les modifications apportées aux limites sont enregistrées dans un segment différent du GAUL, ce qui permet de garder la trace des changements au fil du temps. Dans la dernière version (GAUL 2007), les données concernant 26 pays ont été mises à jour, pour le pays, la province ou le district, soit parce que des données plus fiables et plus précises sont devenues disponibles, soit parce que les unités administratives ont changé.

Les utilisateurs autorisés1 peuvent télécharger les données à partir du site Geonetwork de la FAO à l'adresse suivante:
http://www.fao.org/geonetwork/srv/en/main.search

Autres liens utiles:Poste de travail du SMIAR: http://www.fao.org/giews/workstation/
Programme CE-FAO sur la sécurité alimentaire: http://www.foodsecinfoaction.org/News/news_06_06.htm

Personnes à contacter:
Fabio Grita: fabio.grita@fao.org
Michela Marinelli: michela.marinelli@fao.org
_____1Les utilisateurs autorisés sont notamment la communauté des Nations Unies et diverses institutions et organismes internationaux et nationaux. Prière de contacter le poste de travail du SMIAR pour de plus amples renseignements.

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