SENEGAL
1. GENERALITES
La Direction de la Santé et des Productions Animales dépend actuellement du Secrétariat d'Etat aux Ressources Animales lui-même sous la tutelle du Ministère du Développement Rural (MDR).
L'Institut Sénégalais de Recherches Agricoles (ISRA) qui dépend également du MDR est subdivisé en 6 Départements dont 3 s'intéressent à l'élevage: un Département appui à la recherche, un Département de recherches sur les systèmes de production et le transfert de technologie en milieu rural et un Département de recherches sur la santé et les productions animales dont dépendent les Centres de recherches zootechniques de Kolda et de Dahra ainsi que le Laboratoire National d'Elevage et de Recherches Vétérinaires (LNERV) de Dakar-Hann.
Les données les plus récentes sur le pays et la zone d'étude sont présentées dans le tableau 1.
Tableau 1. Données récentes sur le Sénégal
| Pays | zone d'étude | |
| Population humaine (1983) | ||
| nombre | 6.038.000 | |
| densité | 30,7 /Km2 | |
| Population animale (1983) | ||
| bovins | 2.200.000 | 1.210.000 |
| ovins | 1.967.000 | |
| caprins | 983.000 | 1.245.000 |
Source: Pour la population humaine, projections (+2,8%) basées sur un recensement effectué en 1976, Direction de la Santé et des Productions Animales (DSPA), 1985.
Pour la population animale, Ministère du Développement rural, Statistiques du service de l'Elevage, 1985 (cité par LY, 1985).
En 1979, l'aire de distribution des tsétsé au Sénégal couvrait 70.000 km2 sur une superficie de 196.200 km2 soit 36% du territoire (TOURE, 1979).
En 1982, une nouvelle carte de répartition des glossines a été dressée par LAVEISSIERE et TOURE (1982). Selon celle-ci, la Casamance, la plus grande partie du Sénégal Oriental, la bande sud du Sine Saloum le long de la frontière gambienne et le long de la côte, les régions de Dakar et Thiès sont infestées par les glossines. Toute la zone décrite est infestée par G. p.gambiensis. G.m.submorsitans occupe toute la Casamance, le sud du Sine Saloum et le sud, sud-est et nord-est du Sénégal Oriental tandis que G.longipalpis se retouve dans les zones nord-ouest, ouest et sud-ouest de la Casamance (LAVEISSIERE et TOURE, 1982). Les effets conjugués de la sécheresse et de la surexploitation forestière ont conduit, ces dernières années, à d'importants changements dans la distribution des tsétsé dans le centre-est du pays. G.morsitans submorsitans que l'on trouvait jusqu'à 14o40'de longitude nord il y a seulement une dizaine d'années a maintenant pratiquement disparu au-delà de 13o50' (DIAITE, 1984).
2. EFFECTIFS ET REPARTITION GEOGRAPHIQUE DU BETAIL
Les effectifs bovins dans les départements des trois régions étudiées sont présentés par race (N'dama, Djakoré et zébu Gobra) dans le tableau 2 pour l'année 1983. Le N'dama représente 53% de la population bovine dans la zone d'étude et environ 30% des effectifs bovins totaux. Le Djakoré représente 33% de la population bovine dans la zone d'étude et 18,5% des effectifs bovins totaux.
En ce qui concerne les ovins et caprins, les statistiques ne distinguent toujours pas systématiquement ces deux espèces. Il reste généralement admis que les 2/3 des effectifs sont des ovins et le 1/3 restant des caprins. Les résultats par espèce, quand ils sont connus sont présentés dans le tableau 2.
Tableau 2. Effectifs du bétail dans la zone d'étude au Sénégal, en 1983
| BOVINS | OVINS | CAPRINS | ||||
| Départements et région | total | N'dama | Djakoré | Zébu | ||
| CASAMANCE | ||||||
| Ziguinchor | 12700 | 12700 | - | - | 9050 | 12750 |
| Oussouye | 8000 | 8000 | - | - | 2510 | 3350 |
| Bignona | 77000 | 77000 | - | - | 54700 | 23070 |
| Sedhiou | 84000 | 84000 | - | - | 53370 | 47000 |
| Kolda | 158400 | 158400 | - | - | 91870 | 129930 |
| Velingara | 108700 | 108700 | - | - | 40000 | 45700 |
| sous-total | 448800 | 448800 | - | - | 252500 | 261800 |
| SENEGAL ORIENTAL | ||||||
| Tambacounda | 151470 | 106000 | 37900 | 7570 | 139740 | |
| Bakel | 162580 | 1600 | 157680 | 3300 | 18760 | |
| Kedougou | 22550 | 22550 | - | - | 65700 | |
| sous-total | 336600 | 130150 | 195580 | 10870 | 224200 | |
| SINE SALOUM | ||||||
| Fatick | 57406 | - | 14352 | 43054 | 118850 | |
| Foundiougne | 46451 | 18580 | 27871 | - | 140093 | |
| Gossas | 52225 | - | 13225 | 39000 | 33732 | |
| Kaffrine | 126615 | 4700 | 80370 | 41545 | 67839 | |
| Kaolack | 49848 | - | 26918 | 22930 | 64135 | |
| Nioro du rip | 92055 | 41455 | 50600 | - | 82706 | |
| sous-total | 424600 | 64735 | 213336 | 146529 | 507400 | |
| TOTAL (zone d'étude) | 1210000 | 643685 | 408916 | 157399 | 1244900 | |
Source: DSPA, 1983.
3. LES BOVINS
3.1 DESCRIPTION DES RACES
3.1.1 Le N'dama
La robe fauve reste la plus recherchée par les stations d'élevage et les ranches car cette robe est la plus appréciée par les pays qui importent du N'dama. Une autre raison invoquée pour préférer cette robe fauve est qu'elle serait liée à une plus grande résistance à la trypanosomiase. Cependant, les résultats d'une étude réalisée par TOURE et al.(1981) ont montré que les N'dama de couleur fauve ne sont ni plus ni moins trypanotolérants que ceux à robe blanche, noire ou pie.
3.1.1.1 Paramètres de production. Une étude complète des performances de la race N'dama élevée en station a été réalisée par l'ISRA avec l'assistance du CIPEA en 1982 (CIPEA, 1982). Des informations détaillées sur les paramètres de reproduction, les mortalités, les poids, les mesures linéaires et la productivité sont données dans ce document.
Les principaux résultats de la station pour la période 1974–1981 sont:
- un âge au premier vêlage de 39,8 mois ±0,8 mois avec un coefficient de variation (CV) de 14,1% ; un intervalle entre vêlages de 495 ± 16 jours avec un CV de 26 p.100 et une carrière moyenne de la vache dans le troupeau de reproduction de 7,5 années soit une longévité de 10,8 ans.
- chez les veaux, les taux de mortalité sont : de la naissance au sevrage à 6 mois de 9,6% et de 1,3% pour la période allant du sevrage à l'âge de 12 mois. Le taux de mortalité des vaches reproductrices est de 2,9% par an et la moyenne de l'intervalle entre générations de 6,7 ans.
- le gain de poids journalier des veaux est de 0,36 kg de la naissance au sevrage à 6 mois et de 0,21 kg par jour de la naissance à l'âge de 30 mois. Le poids corporel moyen des vaches est de 234 kg.
- les trois mesures linéaires de l'animal : la hauteur au garrot, la longueur scapulo-ischiale et le périmètre thoracique ont été analysées et mises en corrélation avec le poids corporel.
- les paramètres de reproduction, la viabilité et les poids corporels des vaches et des veaux ont été combinés pour élaborer des index de productivité.
3.1.1.2 Index de productivité. Le Tableau 3 présente les estimations de la productivité du N'dama selon l'index défini dans le volume 1 de cette étude qui est défini comme le poids total de veaux d'un an plus l'équivalent en poids vif de lait trait par vache élevée par an ou par 100 kg de vache élevée par an.
Tableau 3. Estimations de la productivité du N'dama au CRZ de Kolda
| Viabilité des femelles adultes (%) | 97 |
| Taux de vêlage (%) | 75 |
| Viabilité des veaux jusqu'à 1 an (%) | 80 |
| Poids des veaux d'l an (kg) | 111 |
| Index de productivité par vache par an (kg) | 67,6 |
| Poids des femelles adultes (kg) | 232 |
| Index de productivité par 100 kg de vache élevée par an (kg) | 29,1 |
Source: Index calculé par les auteurs
Dans l'étude CIPEA (1982), des index de productivité calculés de façon légèrement différente ont été présentés. Il s'agit de:
| index 1 | poids de veaux de 9 mois par vache et par an. Calculé pour chaque vêlage comme étant le produit du poids du veau âgé de 9 mois × 365 + l'intervalle de temps jusqu'au vêlage suivant. |
| index 2 | poids de veaux de 9 mois par 100 kg de vache et par an. Calculé comme étant l'index 1 + le poids moyen de la vache × 100. |
| index 3 | poids total de veaux de 9 mois par 100 kg de poids métabolique par vache et par an. |
| Calculé comme étant l'index 1 + le poids moyen de la vache élevé à la puissance 0,73 × 100. |
La valeur de ces index calculés à partir de 280 groupes de données sont respectivement de 70,1 kg, 29,1 kg et 127 kg pour les index I, II et III.
Depuis la parution de cette étude, le CRZ de Kolda a débuté un programme de recherches en milieu villageois et le tableau 4 présente les premières données comparatives entre les poids des N'dama élevés au CRZ de Kolda et en élevage traditionnel.
Tableau 4. Comparaison des poids moyens des N'dama élevés au CRZ de Kolda et en élevage traditionnel.
| Age | Effectifs | Poids moyen (kg) |
| CRZ de Kolda | ||
| Femelles naissance | 66 | 16,33 |
| 3 mois | 52 | 46,42 |
| 6 mois | 38 | 71,86 |
| 9 mois | 14 | 78,08 |
| Mâles | ||
| naissance | 69 | 16,49 |
| 3 mois | 48 | 44,44 |
| 6 mois | 38 | 86,13 |
| 9 mois | 10 | 89,9 |
| Elevage traditionnel | ||
| Naissance | 69 | 14,05 |
| 3 mois | 1 | 22,0 |
| 6 mois | 2 | 37,02 |
| 9 mois | 6 | 46,66 |
Sources: CRZ de Kolda, 1984.
3.1.2 Le Djakoré
Le Djakoré commence à faire l'objet de recherches de productivité comparée de la part de l'ISRA, notamment dans le cadre de l'étude des systèmes de production, mais aucune information supplémentaire n'est actuellement disponible.
3.2 SITUATION SANITAIRE
Les années 1983–84 ont vu la réapparition de 13 foyers de fièvre aphteuse dans les régions de Louga et Diourbel (DSPA, 1983). Le rapport le plus récent de la Direction de la Santé et des productions animales (FAO, 1986) révèle que le tableau sanitaire des années 1984–85 a été surtout marqué par la menace persistante de la peste bovine aux frontières, l'absence de la péripneumonie contagieuse bovine, la persistance des foyers de charbon (58 foyers pour le charbon symptomatique et 23 foyers pour le charbon bactéridien), la stabilisation des cas de botulisme (25 foyers) et la stabilisation des foyers de pasteurellose bovine (25 foyers).
Le Sénégal a reçu en 1983 et pour une durée d'un an, une aide de la FAO au titre du projet “Campagne d'urgence contre la peste bovine et renforcement du laboratoire de Dakar” et en 1985 pour un projet “Lutte contre la peste bovine”.
3.3 MODES D'ELEVAGE
La culture attelée se développe rapidement au Sénégal et on estime en 1985 à 130.000 le nombre de paires de bovins de culture attelée (STARKEY, communication personnelle, 1986).
Lhoste (1986) attire l'attention sur l'importance croissante que prend l'utilisation des femelles pour la culture attelée. Ainsi, au Sine Saloum, le nombre de paires de vaches en 1974 était de 325 (pour 9039 paires de boeufs) et en 1981 de 8051 (pour 23054 paires de boeufs). Depuis 1978, le quart des attelages est constitué de vaches. La principale difficulté de cette pratique est de faire concorder le calendrier de reproduction des deux femelles avec celui des travaux agricoles. Il faut en effet ménager un repos de 3 à 4 mois pour la vache lors du vêlage (fin de gestation et début de lactation). Les attelages de vaches sont également moins forts et moins résistants que les attelages de mâles. Néanmoins, les agropasteurs reconnaissent beaucoup d'avantages à l'utilisation des femelles pour la culture attelée:
- la carrière de travail plus longue pour la femelle,
- le dressage des femelles facile et l'allure rapide,
- la production de lait et de veaux.
4. LES OVINS ET CAPRINS
Une étude complète des performances de la race Djallonké élevée en station a été réalisée par l'ISRA avec l'assistance du CIPEA en 1982 (CIPEA, 1982). Des informations détaillées sur les paramètres de reproduction, les mortalités, les poids, les mesures linéaires et la productivité sont données dans ce document.
Les principaux résultats de la station pour la période 1974–1981 sont:
- un âge au premier agnelage de 575 jours et un intervalle entre agnelages de 495;
- chez les agneaux, les taux de mortalité sont : de la naissance au sevrage à 4 mois de 33% et de 19% pour la période allant du sevrage à l'âge de 12 mois. Le taux de mortalité des brebis reproductrices est de 14,8% par an;
- le gain de poids journalier des agneaux est de 0,06 kg de la naissance au sevrage à 4 mois et de 0,04 kg par jour de la naissance à l'âge de 12 mois. Le poids corporel moyen des brebis est de 23,5 kg;
- les trois mesures linéaires de l'animal : la hauteur au garrot, la longueur scapulo-ischiale et le périmètre thoracique ont été analysées et mises en corrélation avec le poids corporel;
- les paramètres de reproduction, la viabilité et les poids corporels des brebis et des agneaux ont été combinés pour élaborer des index de productivité ;
4.1 INDEX DE PRODUCTIVITE
Le Tableau 5 présente les estimations de la productivité du mouton Djallonké selon l'index défini dans le volume 1 de cette étude qui est le poids total d'agneaux de 5 mois par brebis élevée et par an ou pour 10 kg de brebis élevée par an.
Tableau 5. Estimations de la productivité du mouton Djallonké
| Viabilité des brebis (%) | 85,2 |
| Taux d'agnelage (%) | 115 |
| Viabilité des agneaux jusqu'à 1 an (%) | 48 |
| Poids des agneaux à 5 mois (kg) | 10 |
| Index de productivité par brebis par an (kg) | 5,96 |
| Poids des brebis (kg) | 23,5 |
| Index de productivité par 10 kg de brebis élevée par an (kg) | 2,54 |
Source: index calculé par les auteurs
De la même façon que pour l'étude des bovins, de nouveaux index de productivité ont été calculés pour les petits ruminants (CIPEA, 1982). Il s'agit des index suivants:
| index 1: | poids total d'agneaux sevrés de 4 mois par brebis par an. Calculé pour chaque agnelage de la brebis comme étant le produit du poids total d'agneaux sevrés × 365 + l'intervalle de temps jusqu'à l'agnelage suivant. |
| Index 2: | le poids total d'agneaux sevrés par kg de brebis élevée par an. Calculé comme étant l'index 1 + le poids moyen de la brebis. |
| index 3: | poids total d'agneaux sevrés par kg de poids métabolique de brebis élevée par an. |
| Calculé comme étant l'index 1 + le poids moyen de la brebis élevé à la puissance 0,73. |
Les résultats obtenus pour 397 groupes de données sont de 11,5 kg pour l'index I, 466 g pour l'index II et 1103 g pour l'index III.
4.2 SITUATION SANITAIRE
Les années 1983–84 par rapport aux années 1982–83 ont vu une nette amélioration de la situation en ce qui concerne la Peste des petits ruminants (6 foyers au lieu de 13) (FAO, 1986).
Le tableau sanitaire des années 1984–85 par rapport aux années 1983–84, a été marqué par une augmentation des foyers de Pasteurellose ovine et caprine (37 foyers au lieu de 33) et la stabilisation des foyers de Clavelée (2 foyers).
5. ACTIVITES DE RECHERÇHE ET DE DEVELOPPEMENT
5.1 CENTRES DE RECHERCHES
Les quatre Centres de recherches du Sénégal qui travaillaient sur la trypanotolérance ou avec des animaux trypanotolérants sont présentés ci-dessous.
- Le Laboratoire national de l'Elevage et de Recherches vétérinaires (LNERV) continue ses activités de production de vaccins et ses travaux de recherches sur les trypanosomoses, la trypanotolérance et le bétail trypanotolérant (bovins et petits ruminants) (LNERV, 1985). Une assistance technique est fournie par l'IEMVT (France) et récemment par la Banque Mondiale via l'ISRA.
- Le CRZ de Kolda possède en 1985, 450 bovins N'dama et 200 moutons Djallonké. Chaque année, une dizaine de géniteurs sont envoyés dans la zone d'emprise et l'opération sera étendue à toutes les zones écologiques où le N'dama est présent (LY, 1985).
La vocation du Centre est de diffuser le progrès génétique obtenu en station et un programme de prévulgarisation a débuté en 1978. Ce programme vise à encadrer un certain nombre de troupeaux appartenant à des villages voisins du Centre, en vue de préparer et de suivre les conditions de l'accueil et de l'utilisation de géniteurs issus de la station, puis d'évaluer leur impact sur la productivité des troupeaux. Treize troupeaux appartenant à 7 villages et regroupant environ 1.300 têtes sont actuellement encadrés (LANDAIS, 1985).
Ces deux organismes sont appelés à collaborer avec le Centre International sur la trypanotolérance de Gambie dans le cadre du réseau africain d'étude du bétail trypanotolérant.
- Le CNRA de Bambey oriente de plus en plus ses recherches sur les cultures. Sa composante élevage (sélection de bétail trypanotolérant et création de métis) a été supprimée et le cheptel distribué aux stations de Kaolack et de Casamance.
Enfin, le programme des Unités Expérimentales (UE) de Kaolack dans le Sine Saloum a été repris par l'équipe de recherche sur les systèmes de production de l'ISRA. Les programmes de recherche de l'ISRA, relatifs à l'élevage, pour l'année 1985, sont les suivants (ISRA, 1985):
- Systèmes de production dans le Sine-Saloum (Kaolack et Fatick): enquêtes, suivis, et essais zootechniques;
- Systèmes de production en Basse-Casamance: systèmes d'élevage et suivi zootechnique, traction animale;
- Recherches d'appui aux systèmes de production dans le Sine-Saloum (régions de Kaolack et Fatick): matériel de culture attelée.
5.2 PROJETS DE DEVELOPPEMENT
De nombreux projets de développement impliquant le bétail trypanotolérant ont vu le jour depuis l'étude précédente.
Le Projet de Développement de l'Elevage au Sénégal Oriental (P.D.E.S.O) est géré par la Société de Développement des fibres textiles (SO.DE.FI.TEX). Il a débuté en 1976 avec un financement de la Banque mondiale, de la BADEA et du Koweit. Il avait pour objet dans une première phase d'assurer la promotion de l'élevage dans le nord du Sénégal oriental soit au nord de la ligne de chemin de fer Dakar-Bamako, ce qui représentait 1.300.000 ha et 132.000 têtes de bovins. Une seconde phase est prévue pour la période 1985–1989 (Kane A.et KA A., 1986 et Agri-Afrique, 1985).
En 1984, le P.D.E.S.O a démarré un volet élevage zone sud du Sénégal oriental et Haute Casamance. Les activités de ce projet sud étaient d'assurer une couverture sanitaire satisfaisante et un encadrement correct du cheptel productif en insistant particulièrement sur l'alimentation du bétail. Le cheptel ainsi encadré représentait en 1984, 456.000 têtes de bovins et 260.000 têtes d'ovins-caprins. La durée du projet est de 5 ans (SO.DE.FI.TEX, 1986 et Agri-Afrique, 1985).
Le Projet de Developpement Rural du Sénégal Oriental et de la Haute Casamance (P.D.R.S.O) est également géré par la SO.DE.FI.TEX et a notamment des activités portant sur la diffusion de la culture attelée (15.000 attelages). Ce projet d'une durée de 5 ans a débuté en 1985 et est financé par la CCCE, l'IDA, le FAC, le Koweit et le gouvernement sénégalais (AGRI-AFRIQUE, 1987).
La Société de Mise en valeur de la Casamance (SOMIVAC) a également un volet développement de l'élevage par l'intermédiaire d'un nouveau projet, le Projet intégré de développement agricole en Basse Casamance (PIDAC). Le PIDAC a vu son volet élevage naître en 1979 avec le signalement et le suivi sanitaire des boeufs de labour du “programme agricole” de la SOMIVAC. Les activités devaient s'élargir à partir de 1981 par création de petits projets ruraux. Le programme de production animale du PIDAC comprend plusieurs volets qui sont: gestion de troupeaux bovins, gestion de bergeries, produits et matériel vétérinaires, pharmacies vétérinaires villageoises, formation, etc… (PIDAC/SOMIVAC, 1986).
Le projet Amélioration de l'élevage et des pâturages dans le département de Bakel créé en 1975 avait pour but l'encadrement des activités de l'élevage (350.000 ha et 40.000 bovins encadrés). Il en est à sa deuxième phase (1985–1989) dont le financement est apporté par l'USAID (Agri-Afrique, 1985).
Le Projet Rizicole de Sedhiou (PRS) en Casamance, encadre les paysans pour l'utilisation de la traction animale et favorise l'élevage et l'embouche de bétail trypanotolérant.
Depuis l'étude précédente, un projet de développement de l'élevage ovin a été implanté au Sine Saloum. Il s'agit du Projet de Développement de l'Elevage Ovin dans les régions de Kaolack et de Fatick (PRODELOV) qui encadre les zones de Gossas, Guinguinéo-Gandiaye et Mbar soit une superficie de 3.000 ha. Une deuxième phase pour la période 1985–1989 est prévue et sera financée par le FAC (LY B., 1985 et Agri-Afrique, 1985).
Au niveau des études, il faut indiquer que le PNUD en a effectué une, en 1982, pour le compte de L'Autorité du Bassin de la Rivière Gambie. Cette étude prévoyait pour l'élevage des ruminants trois projets de développement :
- Développement intégré de l'élevage dans le Département de Kedougou au Sénégal Oriental (durée 6 ans à partir de 1981);
- Interventions favorisant le secteur de l'élevage en Casamance (durée de 5 ans à partir de 1981);
- Projet d'engraissement du bétail au Sine Saloum, développement d'unités pilotes de production intensive de viande (durée de 2 ans à partir de 1981) (UNDP, 1982);
Mais ceux-ci sont encore à l'état de projet.
Enfin, pour terminer il faut signaler que la nouvelle politique agricole du Sénégal encourage l'injection de capitaux privés dans la réalisation des projets identifiés. En ce qui concerne l'élevage trypanotolérant quelques structures privées sont, d'après LY (1985), en train de se mettre en place. Il s'agit notamment de:
Ranch de réélevage pour la boucherie au Sénégal Oriental. Production prévue de 4.000 têtes par an. Coût: 800 millions CFA.
Société d'embouche (SABEVI). Il est prévu la production de 4.000 à 6.000 têtes par an. Coût: 850 millions CFA.
Centre de multiplication de N'dama de la SOPELA à Missira. Coût: 200 millions CFA.
Centre de multiplication de N'dama de la Vetafric à Diouloulou. Coût: 200 millions CFA
De plus, il semble que certaines sociétés privées s'intéressent à la création d' un ranch de bétail trypanotolérant dans le Département de Kédougou.
6. BIBLIOGRAPHIE SPECIFIQUE
AGRI-AFRIQUE (1985) Dossier Sénégal. Les prévisions du Vllème Plan (1985–1989) pour l'élevage. 3 décembre 1985, № 228.
AGRI-AFRIQUE (1987) Sénégal: Evolution du programme SODEFITEX de Développement rural du Sénégal Oriental. 10 mars 1987 № 256.
CENTRE DE RECHERCHES ZOOTECHNIQUES DE KOLDA, Sénégal (1984) - Rapport d'activité.
CIPEA (1982) Evaluation des productivités des ovins Djallonké et des taurins N'dama au centre de recherches zootechniques de Kolda, Sénégal. Rapport de recherches № 3. Septembre 1982, CIPEA, Addis Abeba.
DIAITE A. (1984) Rapport sur la République du Sénégal présenté à la première réunion de coordination des activités en Afrique de l'Ouest du programme de lutte contre la trypanosomiase animale africaine et de mise en valeur des zones concernées, tenue à Bobo-Dioulasso. FAO, Ouagadougou.
DSPA (1982) Etude sectorielle de l'élevage au Sénégal (situation et perspectives). Ministère du Développement Rural, DAKAR.
DSPA (1983) Notes succintes sur la situation sanitaire et les méthodes de prophylaxie appliquées au Sénégal pendant l'année 1983. Ministère du Développement Rural, DAKAR.
DSPA (1985) Sous-secteur Elevage, VIIème Plan. Ministère du Développement rural.
FAO (1986) Rapport d'une consultation d'experts sur l'amélioration des services de santé animale dans les pays du CILSS. Vol II - Rapports par pays et propositions de projets. Consultation tenue à Banjul en Gambie du 23 au 27 juin 1986. FAO, Rome.
FARMING SYSTEM SUPPORT PROJECT (1985) Animal Traction in a Farming Systems Perspectives. Network Report № 1
ISRA (1985) Orientation et programmes de recherches du Département systèmes et transfert. ISRA, Dakar-Hann.
KANE A., KA A. (1986) Responsabilisation des agropasteurs ou le dépérissement d'une structure d'encadrement: le Projet de développement de l'élevage au Sénégal-Oriental (P.D.E.S.O) Tambacounda. Rapport présenté lors de l'atelier “Méthodes de recherche sur les systèmes d'élevage en afrique intertropicale” tenu du 2 au 8 février 1986 à Mbour. ISRA, DAKAR.
LABORATOIRE NATIONAL DE L'ELEVAGE ET DE RECHERCHES VETERINAIRES (1985) Rapport sur le fonctionnement pour l'année 1984.
LANDAIS E. (1985) Eléments pour la préparation du programme de recherches sur les systèmes de production et le transfert de technologie en milieu rural. Haute Casamance et Sénégal Oriental. ISRA, DAKAR.
LAVEISSIERE C., TOURE S.M. (1982) La répartition des glossines au Sénégal. ORSTOM, Paris.
LHOSTE P. (1986) L'utilisation de l'énergie animale en Afrique Intertropicale. Rapport présenté lors de l'atelier “Méthodes de recherche sur les systèmes d'élevage en afrique intertropicale ”tenu du 2 au 8 février 1986 à Mbour. ISRA, DAKAR.
LHOSTE P. (1986) L'association agriculture-élevage. Evolution du système agropastoral au Sine Saloum (Sénégal). Thèse présentée à l'Institut National Agronomique Paris-Grignon.
LY B. (1985) Mission de consultation sur le commerce et la multiplication du bétail trypanotolérant, Projet FAO GCP/RAF/190/ITA. Ouagadougou.
PIDAC/SOMIVAC (1986) Les actions de développement de l'élevage entreprises par le projet intégré de développement agricole en Basse-Casamance (PIDAC/SOMIVAC). Rapport présenté lors de l'atelier “Méthodes de recherche sur les systèmes d'élevage en afrique intertropicale” tenu du 2 au 8 février 1986 à Mbour. ISRA, DAKAR.
SODEFITEX (1986) Le volet élevage sud du projet de développement rural du Sénégal-Oriental et de la Haute-Casamance. Rapport présenté lors de l'atelier “Méthodes de recherche sur les systèmes d'élevage en afrique intertropicale” tenu du 2 au 8 février 1986 à Mbour. ISRA, DAKAR.
TOURE S.M. (1979) Evaluation des projets de lutte contre les glossines et les trypanosomes. 5 - La situation sanitaire en République du Sénégal, pp 47–53. Actes du colloque de Khorogo, Côte d'Ivoire, 6–9 novembre 1979, publication GTZ, République fédérale d'Allemagne.
TOURE S.M, SEYE M., GUEYE E., DIAITE M. (1981) Etudes comparatives sur les bovins N'dama de Haute-Casamance pour évaluer leur trypanotolérance en fonction de la couleur de leur robe. Rev.Elev.Méd.Vét.Pays trop., 1981, 34. (3): 281–287.
UNITED NATIONS DEVELOPMENT PROGRAMME (1982) Development of the Gambia River Basin Preinvestment action plan. In support of country development strategies. New York, USA.
7. PRINCIPAUX CHANGEMENTS INTERVENUS DEPUIS 1977
Au cours de la période étudiée les effectifs bovins ont légèrement diminué, tant au niveau national (-10%) que dans la zone d'étude (-8%). Les populations ovines et caprines ont, quant à elles, légèrement progressé (+ 11% pour l'ensemble du pays et + 20% dans la zone d'étude). La population bovine trypanotolérante (N'dama et Djakoré) maintient son importance dans le pays (48% des effectifs totaux en 1983 et 47% en 1976) mais la proportion de N'dama au sein de celle-ci diminue de façon inquiétante (746.000 têtes en 1976 et 644.000 têtes en 1983 soit - 14%). L'analyse des données entreprise conjointement par l'ISRA et le CIPEA a permis de mieux connaître les performances des N'dama et des ovins Djallonké élevés en station et les nouveaux programmes de recherches de l'ISRA avec l'appui d'un projet de la Basique mondiale devraient fournir des résultats précieux au niveau villageois.
Enfin, au cours de ces dernières années des efforts importants ont été consacrés tant au niveau de la recherche que du développement de l'élevage dans les trois régions de Casamance, Sine-Saloum et Sénégal oriental. Le gouvernement encourage d'ailleurs l'initiative privée dans ce domaine et quelques ranches privés de N'dama devraient être implantés dans les années à venir. Avec, en plus, la mise en place d'une collaboration étroite avec le Centre International sur la Trypanotolérance (ITC) de Gambie, des progrès significatifs devraient être réalisés dans le domaine de l'élevage du bétail trypanotolérant au Sénégal au cours des prochaines années. Il ne faut pas oublier que le Sénégal est un des principaux pays exportateurs de reproducteurs N'dama.
GAMBIE
1. GENERALITES
Toutes les activités de l'élevage continuent de dépendre du Animal Health and Production Department (AHPD), qui dépend du Ministry of Agriculture and Natural Resources. Ce département comprend maintenant 7 divisions dont quatre s'intéressent à l'élevage: le Directorate, la Animal Health Division, la Animal Husbandry and Production Division et la Animal Industries Division.
Des données récentes sur le pays sont présentées dans le tableau 1.
Tableau 1. Données récentes sur la Gambie
| Population humaine (1983) | |
| nombre | 695.886 |
| densité | 61,6/km2 |
| Population animale (1983) | |
| bovins | 305.000 |
| ovins | 162.000 |
| caprins | 175.000 |
Source: Pour la population humaine:
recensement 1983
Pour la population animale:
projections à partir du recensement effectué de 1978 à 1979 par le Animal Health and
Production Department
(AHPD) (0% pour les bovins, 2,5 à 3% pour les ovins et caprins).
En ce qui concerne la répartition des glossines, un rapport récent (FAO, 1986) confirme que l'on trouve G.morsitans submorsitans en savane sèche arborée dans tout le pays, sauf à l'ouest de la Western province. G.palpalis gambiensis est généralement répartie sur les deux rives du fleuve Gambie dans les populations naturelles de palmiers à huile, les mangroves, la zone forestière marécageuse intermédiaire et les rives abruptes de la région de l'Upper River. G.longipalpis n'a pas été signalée récemment.
Dans le cadre du programme de recherche de l'International Trypanotolerance Centre (ITC), une étude détaillée de la répartition des glossines est en cours de réalisation. Au cours de la première année de leurs travaux, Snow et Rawlings (1986) ont mis en évidence la présence de G.palpalis dans les régions de Gunjur (faible densité) et Pirang (forte densité) et de G.morsitans dans les régions de Keneba (forte densité), de Nioro et de Sare Ngai (faible densité).
2. EFFECTIFS ET REPARTITION GEOGRAPHIQUE DU BETAIL
Les résultats définitifs du recensement effectué en 1978–1979 qui n'étaient pas connus au moment de la parution de l'étude précédente sont repris dans le tableau 2. Celui-ci présente les effectifs et la densité du bétail par division administrative.
Tableau 2. Effectifs et densités du bétail par division administrative, en 1979.
| Division | POPULATION | DENSITES par km2 | ||||
| administrative | bovine | ovine | caprine | bovine | ovine | caprine |
| Western | 39700 | 23484 | 32429 | 21,5 | 12,7 | 17,6 |
| Lower River | 30800 | 14307 | 13451 | 20,1 | 9,4 | 8.8 |
| McCarthy | 96700 | 48185 | 44996 | 34,0 | 16,9 | 15,8 |
| Upper River | 86000 | 33045 | 40437 | 42,9 | 16,5 | 20,2 |
| North Bank | 51850 | 26938 | 26782 | 23,5 | 12,2 | 12,2 |
| Total | 305000 | 145959 | 158095 | 26,9 | 12,9 | 13,9 |
Source: AHPD, 1979.
densités calculées par les auteurs.
La Gambie a donc toujours une des densités bovines les plus élevées d'Afrique. Les effectifs bovins semblent relativement stables: ils étaient de 25,5 têtes par km2 en 1973, de 27 têtes par km2 en 1975, de 26,2 têtes par km2 en 1978 et de 26,8 têtes en 1979.
Les plus grandes concentrations en bétail se retrouvent dans les Upper River et McCarthy Divisions. Ces deux Divisions qui couvrent 47% du territoire, possèdent 44% du cheptel bovin national, 55% du cheptel ovin national et 54% du cheptel caprin national.
3. LES BOVINS
Le cheptel bovin en Gambie est presqu'exclusivement représenté par du bétail trypanotolérant de race N'dama. Dans l'est du pays, on trouve des métis N'dama × Zébu et des zébus. Pour l'ensemble du pays les N'dama, les métis N'dama × Zébu et les zébus représentent en 1985 respectivement 95% (290.000 têtes), 3% (9.000 têtes) et 2% (6.000 têtes) de la population totale (QUARTEY, 1984 et SHAW, 1985).
3.1 DESCRIPTION DE LA RACE N'DAMA
Une méthodologie d'enquêtes et de suivis zootechniques a été mise en place par l'ITC dès sa création en 1984. Les premiers résultats présentés au cours des deux premières réunions du conseil d'administration de l'ITC (ITC, 1985 et 1986) sont repris ci-après mais des données plus complètes sur les paramètres de production de la race N'dama élevée en milieu villageois en Gambie seront publiées prochainement par le Centre.
3.1.1 Paramètres de production
En ce qui concerne les paramètres de reproduction, Clifford (CLIFFORD, 1986a) après une enquête réalisée entre 1974 et 1979 situe l'âge au premier vêlage entre 40 et 66 mois et le taux de fécondité entre 50 et 60% dans des zones de faible infestation glossinienne.
Une étude récente sur la répartition des vêlages dans l'année (calculée sur 83 naissances) effectuée sur 15 troupeaux situés à Keneba, Manduwarr, Karantaba et Burong (ITC, 1985) montre que 44,6% des naissances ont lieu au cours des mois de novembre, décembre, janvier et février.
Clifford en 1986 (CLIFFORD, 1986b) cite les poids observés, par classe d'âge sur 21 troupeaux du District de Kombo (élevage traditionnel sous faible risque d'infection trypanosomienne). Ces données sont reprises dans le tableau 3.
Tableau 3. Poids par classe d'âge observés dans le district de Kombo
| Femelles | Age | effectif | Kg | Extrêmes |
| 8 D | 523 | 230 | (165–345) | |
| 6 D | 53 | 199 | (130–275) | |
| 4 D | 52 | 177 | (100–290) | |
| 2 D | 61 | 151 | ( 80–220) | |
| 1–2 an | 82 | 110 | ( 50–160) | |
| 0–1 an | 179 | 66 | ( 25–130) | |
| sous-total | 1010 | |||
| Mâles | ||||
| 8 D | 20 | 283 | (200–350) | |
| 6 D | 19 | 205 | (150–250) | |
| 4 D | 33 | 190 | (140–265) | |
| 2 D | 40 | 161 | ( 85–220) | |
| 1–2 ans | 61 | 121 | ( 60–175) | |
| 0–1 an | 156 | 69 | ( 30–145) | |
| sous-total | 329 | |||
| Total général | 1339 |
Source: CLIFFORD, 1986b.
L'ITC (1985) remarque que les taux d'infection trypanosomienne varient avec l'âge des animaux et que les poids sont également influencés par le taux d'infection. Les premiers résultats de ces études sont présentés à titre indicatif dans le tableau 4.
Tableau 4. Influence de l'âge sur le taux d'infection trypansomienne et du taux d'infection trypanosomienne sur la croissance.
| Taux d'infection et âge | âge | taux inf (%) | poids moyen (kg) | |
| 0–1 an | 2,1 | 44,5 | ||
| 1–3 ans | 7 | 128 | ||
| 3–6 ans | 6,8 | 216 | ||
| > 6 ans | 6,5 | 248 | ||
| SITE | ||||
| Taux d'infection et poids | GUNJUR | KENEBA | ||
| Taux d'infection | ||||
| tryp. (%) du bétail | 2,3 | 9,1 | ||
| Poids moyen (kg) | ||||
| - | au présevrage | 47 | 42 | |
| - | après le sevrage | 130 | 127 | |
| - | des femelles reproductrices (> 4 ans) | 242 | 222 | |
Source:. ITC, 1985.
L'ITC a également commencé à étudier le potentiel laitier de la race N'dama en Gambie (ITC, 1986). 400 lactations de 85 vaches (53 vaches à Keneba et 32 à Gunjur) ont été suivies. Les résultats basés sur 4 mois de collecte avec une collecte par vache tous les 25 à 35 jours montrent que la quantité de lait produite par vache et par jour à Keneba est en moyenne de 1,6 kg alors qu'à Gunjur, elle n'est que de 1,2 kg. Ceci expliquerait, d'après les auteurs, la supériorité des gains moyens quotidiens des veaux à Keneba par rapport à ceux de Gunjur (0,21 kg/jour contre 0,16 kg/jour).
3.2 SITUATION SANITAIRE
Depuis la campagne conjointe (P.C.15) menée de 1966 à 1969, aucun foyer de peste bovine n'a été enregistré. Depuis lors, tous les veaux sont soumis chaque année à des campagnes de vaccination.
En 1981 et 1983, la Gambie a reçu une aide de la FAO au titre du projet “Campagne d'urgence panafricaine contre la peste bovine” qui a fourni des véhicules, des vaccins, du matériel de réfrigération et du matériel vétérinaire, ainsi qu'une assistance technique pour la formation du personnel.
La péripneumonie contagieuse bovine constitue toujours une menace permanente et la vaccination annuelle est obligatoire.
Les charbons symptomatique et bactéridien ainsi que la septicémie hémorragique apparaissent sporadiquement. La tuberculose et la brucellose ont été signalées mais leur incidence reste faible.La streptothricose sévit chez les jeunes veaux durant la saison des pluies.
La fasciolose est présente au bord des cours d'eau et dans les zones marécageuses mais son incidence est pour l'instant inconnue.
En ce qui concerne la babésiose et l'anaplasmose, ces deux affections sont communes mais leur importance est faible (FAO, 1986).
Une enquête menée en 1985–86 par l'ITC dans les régions de Gunjur et de Keneba a mis en évidence des taux d'infection trypanosomienne chez les bovins de respectivement 2,3% et 9,1%.
3.3 MODE D'ELEVAGE
L'aspect le plus important du système d'élevage pratiqué en Gambie est le fait que les animaux ne sont pas regroupés dans des parcs mais sont liés par les cornes à des poteaux en bois. Après le pâturage, le troupeau retourne au site d'attache pour la nuit où chaque animal est attaché par les cornes à son poteau. Ceci est intéressant dans le cadre du suivi et des recherches individuelles sur la complémentation alimentaire.
En ce qui concerne la composition des troupeaux celle-ci a été analysée, dans le tableau 5, pour deux régions dans lesquelles travaille l'ITC.
Tableau 5. Composition des troupeaux dans deux régions
| Villages | Kombo | Kiang West | ||
| Femelles | 8 | D | 43,5 % | 29,9 % |
| 6 | D | 4,0 % | 5,3 % | |
| 4 | D | 3,9 % | 5,7 % | |
| 2 | D | 4,6 % | 4,3 % | |
| 1–2 | an | 6,1 % | 8,1 % | |
| 0–1 | an | 13,4 % | 9,5 % | |
| sous-total effectif | 75,4 % | 62,8 % | ||
| 1010 | 450 | |||
| Mâles | 8 | D | 0 % | 7,4 % |
| castrés | ||||
| Mâles | 8 | D | 1,5 % | 3,1 % |
| 6 | D | 1,4 % | 2,1 % | |
| 4 | D | 2,5 % | 3,1 % | |
| 2 | D | 3,0 % | 3,9 % | |
| 1–2 | an | 4,6 % | 8,1 % | |
| 0–1 | an | 11,7 % | 9,5 % | |
| sous-total effectif | 24,6 % | 37,2 % | ||
| 329 | 266 | |||
| Total général | 100 % | 100 % | ||
| Effectif total | 1339 | 716 | ||
Source: TOURAY et CLIFFORD, 1985.
Ce tableau montre qu'il existe à Kombo une forte différence entre les animaux de la classe 0 à 1 an et ceux de la classe 1 à 2 ans que ce soit chez les mâles ou les femelles. Ceci indiquerait une forte mortalité au cours de la première année d'existence.
En ce qui concerne la culture attelée, la FAO (1980) cite le chiffre de 17672 boeufs (5,8 % du cheptel bovin national) pour 1978 alors qu'en 1970, il était de 300 à 400.
Ces chiffres montrent bien l'intérêt manifesté ces dernières années par les paysans pour la traction animale. Les boeufs de culture attelée sont généralement attelés vers l'âge de 5 ans et travaillent habituellement pendant 5 ans. Il faut toutefois signaler que malgré l'engouement pour les boeufs, un grand nombre de travaux sont encore faits en utilisant la traction asine.
4. LES OVINS et CAPRINS
Les nouvelles informations disponibles actuellement pour les ovins et caprins concernent la situation sanitaire.
Le dernier rapport de l'Animal Health and Production Department présenté au cours d'une réunion FAO/CILSS (FAO, 1986) révèle que la principale maladie qui frappe les ovins et caprins est la Peste des petits ruminants qui fait de nombreuses victimes et oblige à organiser des campagnes de vaccination. La Streptothricose et les parasitoses internes se rencontrent souvent et entraînent des pertes économiques importantes.
5. ACTIVITES DE RECHE RCHE ET DE DEVELOPPEMENT
5.1 CENTRES DE RECHERCHES
L'élement le plus important survenu au cours de la période étudiée est la création du Centre International pour la Trypanotolérance (ITC) qui reprend et développe de façon très importante le “programme de recherches sur la trypanosomise en Gambie”. Ce centre ainsi que la station de Yundum sont présentés dans le tableau 6.
Tableau 6. Centres et programme de recherches en Gambie
| Nom | : | International Trypanotolérance Centre |
| Situation | : | Trois principaux sites du projet: Abuko, à 10 km de Banjul; Bansang à 310 km de Banjul et Keneba à 170 km de Banjul. |
| Taille | : | 35 ha pour Abuko, 200 ha pour Bansang et 200 ha pour Keneba. |
| Races et effectifs | : | N'dama |
| Le sous-projet production et développement (cf ci-dessous) assure le suivi continu de 50.000 têtes de N'dama et le sous-projet recherche entreprend un suivi rapproché sur 2000 têtes. Le Centre possèdera également des animaux de reproduction et d'expérimentation. | ||
| Objectifs | : | Les buts du projet sont de promouvoir une meilleure utilisation du bétail trypanotolérant et d'augmenter par tous les moyens possibles la productivité des troupeaux villageois. Le Centre a trois composantes: |
| - un sous-projet de production et développement qui a pour objectif de réduire les mortalités de 50%, de faire descendre l'intervalle entre vêlages en dessous de 24 mois et d'améliorer les croissances annuelles de plus de 50 kg grâce à la complémentation alimentaire. Ce sous-projet devra également faciliter la production annuelle de 2000 génisses de reproduction pour l'exportation et de 2500 bouvillons pour le marché local, de plus, il assure un appui aux services vétérinaires. | ||
| - un sous-projet de recherche qui mène des études de terrain et en laboratoire sur la nature de la trypanotolérance et la productivité du N'dama dans les conditions villageoises. | ||
| - un sous-projet formation qui devrait débuter en 1987. | ||
| Aide | : | Le sous-projet production et développement est financé par un prêt de la BAD sur 50 ans avec un différé d'amortissement de 10 ans. |
| Le sous-projet recherche est financé par la CEE à travers l'ILCA et l'ILRAD pour le volet sur la productivité, par l'ODA pour le volet tsétsé et trypanosomiase et par la Belgique. La durée de la première phase de ce sous-projet est de 3 ans et la deuxième phase est en préparation. Le sous-projet formation devrait être financé par le PNUD et géré par la FAO. Sa première phase serait de 4 ans. | ||
| Le Centre a commencé ses activités en 1984 et son inauguration officielle est prévue pour début 1987. | ||
| Nom | : | Station expérimentale de Yundum et projet de développement concernant les moutons et chèvres. |
| Situation | : | Yundum, 25 km de Banjul et Yoroberi Kunda. |
| Organisation responsable | : | Animal Health and Productivity Department Banjul. |
| Taille | : | 200 ha |
| Race et effectifs | : | 120 N'dama et un premier troupeau de 16 moutons. |
| Objectifs | : | Recherches sur les performances et les paramètres de reproduction du N'dama. Intensification de la production des moutons et des chèvres. |
| Aide ext. | : | Recherche d'un financement auprès du PNUD. |
Source: SHAW, 1985; TOURAY, 1985.
5.2 ACTIVITES DE DEVELOPPEMENT
Le Gambia Mixed Farming and Resources Management project prévu dans l'étude précédente a été implanté en 1980 avec l'assistance de l'USAID pour une période de 5 ans. Ce projet avait essentiellement pour objet la production de maïs pour la consommation humaine mais possédait une composante traction animale.
De 1985 à 1987, la Gambie a bénéficié d'un financement PNUD pour la réalisation d'un projet intitulé: Assistance to the Department of Animal Health and Production. Ce projet, géré par la FAO, avait pour but de réorganiser l'administration et les services de terrain du Department of Animal Health and Production.
Le Livestock Marketing board (LMB) est chargé de la commercialisation et de 1 exportation de reproducteurs trypanotolérants. Le LMB possède des capacités de stockage de 300 têtes à Pirang; de 300 têtes à Farabasuta; de 600 têtes à Kabokor et de 100 têtes à Sikunda. Ces infrastructures servent de lieux de rassemblement des animaux achetés dans les villages avant leur abattage ou leur expédition vers les pays demandeurs (SHAW, 1985).
Dans le domaine plus spécifique de l'élevage, la FAO a effectué en 1980 une mission d'étude dans le cadre du programme international de développement du secteur de la viande. 4 projets avaient été identifiés mais aucun n'a encore été financé. Il s'agit de:
| - Amélioration de la santé animal | |||
| Institution | : | AHPD | |
| situation | : | différentes localisations dans le pays | |
| durée | : | 4 ans | |
| coût | : | 2.450.000 US$ | |
| - Recherche appliquée sur la trypanotolérance et l'élevage du bétail trypanotolérant | |||
| Institution | : | AHPD | |
| situation | : | à préciser plus tard | |
| durée | : | 4 ans | |
| coût | : | 2.100.000 US$ | |
| - Centre de multiplication et d'amélioration du N'dama | |||
| Institution | : | AHPD | |
| situation | : | Yoro Beri Kunda | |
| durée | : | 5 ans | |
| coût | : | 2.500.000 US$ | |
| - Projet pilote sur l'élevage des ovins | |||
| Institution | : | AHPD | |
| situation | : | Yundum | |
| durée | : | 1 an | |
| coût | : | 50.000 US$ | |
On peut toutefois considérer que les projets 2 et 3 sont couverts par les activités de l'ITC.
L'autorité du Bassin de la Rivière Gambie prévoyait également pour l'élevage des ruminants un projet d'amélioration du bétail N'dama et l'augmentation du nombre de centres de reproduction de N'dama (UNDP, 1982) mais rien n'a encore été mis en oeuvre dans ce sens.
6. BIBLIOGRAPHIE SPECIFIQUE
CLIFFORD D. (1986a) Reproductive performance of N'dama Cattle in the Gambia. Second International Trypanotolerance Centre Council meeting, February 1986. The Gambia.
CLIFFORD D. (1986b) Weights by age in 21 Kombo districts herds. Second International Trypanotolerance Centre Council meeting, February 1986. The Gambia.
FAO (1980) International meat development scheme: Report on a mission to the Gambia. FAO, Rome.
FAO (1986) Rapport sur la consultation d'experts sur l'amélioration des services de santé dans les pays du CILSS. Vol.II-Rapports par pays et propositions de projets. Banjul, Gambie.
ITC (1985) First International Trypanotolerance Centre Council meeting, February 1985.
ITC (1986) Second International Trypanotolerance Centre Council meeting, February 1986.
QUARTEY S.B. (1984) Première réunion de coordination des activités en Afrique de l'Ouest du programme de lutte contre la trypanosomiase animale africaine et de mise en valeur des zones concernées, tenue à Bobo-Dioulasso, Burkina Faso. FAO, Ouagadougou.
SHAW A. (1985) Rapport d'une mission de consultation sur le commerce et la multiplication du bétail trypanotolérant. Projet FAO GCP/RAF/190/ITA, Ouagadougou.
SNOW W.F. et RAWLINGS P. (1986) Entomology component of the International Trypanotolerance Centre, The Gambia. A summary of observations made during the first year. Second International Trypanotolerance Centre Council meeting, February 1986, The Gambia.
DEPARTMENT OF HEALTH AND PRODUCTION. THE GAMBIA, MINISTRY OF AGRICULTURE AND NATURAL RESSOURCES (1979) Annual report for 1979. Banjul.
TOURAY B.N. (1985) On-going activities of the ITC First International Trypanotolerance Centre Council meeting, February 1985.
TOURAY B.N. , CLIFFORD D. (1985) The National N'dama herd in the Gambia. First International Trypanotolerance Centre Council meeting, February 1985.
UNITED NATIONS DEVELOPMENT PROGRAMME (1982) Development of the Gambia River Basin. Preinvestment action plan. In support of country development strategies. New York, USA.
7. PRINCIPAUXCHANGEMENTS INTERVENUS DEPUIS 1977
En Gambie la population bovine est considérée comme stable depuis plusieurs années et la densité de bovins au km2 reste la plus forte d'Afrique. En revanche, l'ensemble des populations ovines et caprines a légèrement augmenté au cours de la période (+ 12%) mais cette croissance est exclusivement due à la population ovine qui semble se développer au détriment de la population caprine qui reste stationnaire. Au cours de ces dix dernières années la traction animale s'est très fortement développée et l'effectif des boeufs de traction est actuellement estimé à près de 5,8% du cheptel national.
L'évènement le plus important dans le domaine de l'élevage est la création en 1984 du Centre International sur la trypanotolérance (ITC) et la mise en place de ses programmes de recherche et de développement. Ce centre est non seulement important pour l'élevage national gambien mais également pour tous les pays concernés par l'élevage du bétail trypanotolérant.
GUINEE BISSAU
1. GENERALITES
En 1984, la Guinée Bissau a créé un Ministère du Développement Rural qui regroupe diverses Directions dont la Direction Générale de l'Elevage. Celle-ci est subdivisée en trois Départements : un Département de la santé animale (comprenant 9 Secteurs vétérinaires sous-divisés en 13 postes vétérinaires, les abattoirs et les postes d'abattage), un Département de la production animale (comprenant les Stations d'Elevage) et un Département de recherche vétérinaire (comprenant le Laboratoire central et les antennes régionales) (TACHER, 1985).
Des données récentes sur le pays sont présentées dans le tableau 1.
Tableau 1. Données récentes sur la Gunée Bissau
| Population humaine (1985) | |
| nombre | 870.000 |
| densité | 24/km2 |
| Population animale (1985) | |
| bovins | 300.000 |
| ovins | 110.000 |
| caprins | 230.000 |
Source: Pour la population humaine:
projections (+2,2%) à partir du recensement de 1979.
Pour les
populations animales: projections (+3%) à partir du recensement de/1980, TACHER,1985,
Chardonnet (1983) cite une ancienne enquête sur la répartition des glossines effectuée par PINTO en 1951 qui donne plus d'informations que la carte de l'OUA/STRC (1977) mais qui mériterait certainement d'être actualisée. Selon cette enquête. G.palpalis se trouve le long de presque toute la côte et dans les îles en face des estuaires. Les régions du sud Gabu et de Bafata sont fortement infestées par G.morsitans ainsi que les régions au nord du Rio Cowbal et quelques poches dans la région d'Oio. Le reste du pays a une infestation à G.morsitans plus faible et l'on trouve G.longipalpis dans la plupart des régions et G.fusca dans la partie sud du pays.
2. EFFECTIFS ET REPARTITION GEOGRAPHIQUE DU BETAIL
Le tableau 2 présente la répartition des bovins, ovins et caprins par région pour l'année 1980, dernière année au cours de laquelle un recensement a eu lieu.
Tableau 2. Effectifs du bétail par région en Guinée Bissau, en 1980
| Régions | Bovins | % | Ovins | % | Caprins | % |
| Cacheu | 25.565 | 9,8 | 4.926 | 5,2 | 31.607 | 16,1 |
| Bissau | 1.111 | 0,4 | 1.141 | 1,2 | 4.644 | 2,3 |
| Oio | 34.060 | 13,1 | 12.619 | 13,4 | 47.912 | 24,5 |
| Bafata | 74.283 | 28,6 | 45.669 | 48,3 | 58.650 | 30 |
| Gabu | 105.225 | 40,4 | 28.145 | 29,7 | 36.507 | 18,6 |
| Bolama | 1.718 | 0,7 | 549 | 0,6 | 3.956 | 2 |
| Biombo | 7.376 | 3.6 | 122 | 0,1 | 2.771 | 1,4 |
| Quinara | 2.996 | 1,1 | 741 | 0,8 | 4.049 | 2 |
| Tombali | 5.914 | 2,3 | 699 | 0,7 | 5.333 | 2,7 |
| Total | 258.248 | 100 | 94.614 | 100 | 195.429 | 100 |
Source : Ministerio do desenvolvimento rural, 1985
3. LES BOVINS
3.1 DESCRIPTION DES RACES
Le cheptel bovin de Guinée Bissau est presqu'exclusivement composé d'animaux de race N'dama, soit 300.000 têtes, mais ceux-ci ne sont pas du type N'dama classique. Cette population est relativement hétérogène et le service de l'Elevage continue à faire la distinction entre Boenca ou N'dama classique et Foula en se basant sur des critères phénotypiques tels que taille, couleur de la robe, forme des cornes, etc… La race Manjaca n'existe plus qu'à l'état de traces et peut être considérée comme disparue (FAO, 1985).
3.1.1 Le N'dama
3.1.1.1 Paramètres de production.
Pour les secteurs de Bafata et Gabu, constitués principalement de bovins de type FOULA les paramètres de reproduction sont les suivants (FAQ, 1985):
| - | âge à la première mise-bas | : | 4 ans |
| - | sevrage | : | 10–12 mois |
| - | taux. de fécondité | : | 50 % |
| - | âge de réforme | : | environ 10 ans |
Le faible taux de fécondité s'expliquerait par des intervalles entre mise-bas assez longs liés en particulier à une alimentation déséquilibrée. De plus, certaines enquêtes récentes conduites dans le secteur de Gabu laissent entrevoir un déficit important en taureaux mis à la saillie. Il semblerait que de nombreux éleveurs comptent sur le taureau du voisin pour accomplir la saillie en période de divagation. Les mises-bas sont plus ou moins regroupées de septembre à novembre; la majorité des saillies se produit donc en janvier et février. Tacher (1985), dans son rapport pour la Banque mondiale, confirme ces chiffres et cite un âge à la première mise-bas de 4 ans 4 mois, un âge au sevrage de 9 mois et un taux de vêlage de 49,5%.
L'étude FAO (1985) indique pour le N'dama de type FOULA des taux de mortalité des veaux de 28,2% entre 0 et 1 an et 16,85% entre 1 et 2 ans tandis que TACHER (1985) pour l'ensemble du pays et sans distinction de types d'animaux rapporte un taux de mortalité entre 0 et 1 an de 15% et un taux global de mortalité de 8%.
Les paramètres de production relevés pour le FOULA (FAO, 1985) seraient:
| - | poids à la naissance | : | 10–12 kg |
| - | poids carcasse à l'abattage | : | 90 kg environ |
| - | production laitière | : | 0,6 kg de lait trait par jour en saison des pluies (ce qui correspond approximativement à 1/3 de la production, les 2/3 restants étant pris par le veau). A la station de Bissora, une lactation de 150 jours permet d'obtenir environ 120 kg de lait trait. |
3.2 SITUATION SANITAIRE
L'inventaire pathologique repose sur un petit nombre d'enquêtes épizootologiques ou de diagnostics cliniques rarement appuyés par des examens de laboratoire ( FAO, 1986).
La situation sanitaire peut être considérée comme assez bonne en raison de l'absence des grandes épizooties meurtrières telles que la peste bovine (PB) et la péripneumonie contagieuse bovine (PPCB). Le dernier foyer de PB déclaré, remonte à 1967. Toutefois, en raison des brassages possibles avec les animaux des pays voisins à la recherche de pâturages, l'explosion de la maladie est à craindre. En 1984/85, la Guinée Bissau a reçu une aide de la FAO au titre du projet “Protection sanitaire du bétail” qui a fourni des vaccins contre la peste bovine et des équipements nécessaires pour la campagne de vaccination (FAO, 1985).
En ce qui concerne les maladies bactériennes, le charbon symptomatique provoque une forte mortalité des bovins de 1 à 2 ans. D'autres maladies dont l'incidence est mal connue sont signalées; il s'agit du charbon bactéridien (qui atteint toutes les classes d'âge), de la brucellose (28,4% d'animaux positifs pour la zone Nord-Est), de la pasteurellose (surtout sur les veaux en fin de saison des pluies), du tétanos et de la tuberculose (2% des carcasses examinées) (TACHER, 1985).
La trypanosomiase est généralisée. Une enquête réalisée sur des veaux de 0 à 1 an a permis d'observer que plus du tiers de ceux-ci est infecté à un âge moyen de 43 jours. La répartition des trypanosomes se caractérisait par une forte proportion de T.vivax(64%) suivi par T.congolense(28%) et T.Brucei(7%). Les autres protozooses sanguines (babesiose et anaplasmose) se rencontrent sous forme de cas isolés (ANSUMANE, 1986).
De nombreux cas de polyparasitismes gastro-intestinaux existent: l'ascaridiose, la coccidiose et la strongylose est commune chez les veaux de 0 à 4 mois . Chez les adultes, les cas de strongylose sont fréquents surtout en saison des pluies.
En ce qui concerne les parasitoses externes, l'infestation par les tiques, la gale, la teigne et les puces est commune. La streptothricose apparaît épisodiquement mais sans gravité sur les taurins (TACHER, 1985).
3.3 MODES D'ELEVAGE
Les modes de conduite des troupeaux sont décrits par TACHER (1985). L'élevage est partout extensif. Il coexiste plus qu'il ne s'intègre avec l'agriculture sauf là où la culture attelée est en train de se développer. Il n'y a pas de cultures fourragères, pratiquement pas de conservation des sous-produits agricoles ou des fourrages. Il y a peu d'utilisation des déchets alimentaires familiaux et des sous-produits agro-industriels (exception faite pour les drêches de brasserie et les graines de coton).
L'élevage pratiqué en Guinée Bissau peut être divisé en un élevage de type sédentaire et un élevage de type transhumant et est bien décrit par TACHER (1985) auquel on peut se reférer pour plus d'informations. Le développement de la culture attelée est relativement récent. On dénombre actuellement entre 2000 et 4000 paires de boeufs de labour. Un projet pour le développement de la traction animale est en cours dans les secteurs de Bafata et Gabu. Ce projet, financé par le FED et le FAC, a entre 1978 et 1984 dressé 2960 paires. L'objectif de ce projet était de dresser et placer 3000 paires de boeufs et d'en assurer le suivi sanitaire et le contrôle. Son financement arrive à échéance (FAO, 1985).
La composition des troupeaux a été estimée à partir d'un recensement de 1980 et est présentée dans le tableau 3.
Tableau 3. Composition des troupeaux
| Femelles | 70,8 | Mâles | 29,2 | |
| Vaches | 46,3 | Taureaux | 6,9 | |
| Génisses | 13,8 | Taurillons | 4,2 | |
| Veau | 10,7 | Jeunes mâles | 9,4 | |
| veaux | 8,7 |
Source: recensement effectué en 1980 par le Ministerio do desenvolvimento rural (1985).
La. taille des troupeaux a fait l'objet d'une étude par le Ministério do desenvolvimento rural en 1984. Les résultats de celle-ci sont présentés dans le tableau 4.
Tableau 4. Taille des troupeaux bovins dans les neuf régions de Guinée Bissau
| Nombre de troupeaux | ||||||||
| Région | nbre têtes | 0–50 | 51–100 | 101–150 | 151–200 | 201–250 | 251–300 | 301 |
| Cacheu | 1579 | 1503 | 56 | 15 | 5 | - | - | - |
| Bissau | 188 | 188 | - | - | - | - | - | |
| Oio | 1919 | 1779 | 117 | 20 | 2 | 1 | - | - |
| Bafata | 1085 | 492 | 390 | 131 | 42 | 16 | 7 | 7 |
| Gabu | 1566 | 874 | 616 | 40 | 13 | 8 | 15 | - |
| Bolama | 308 | 308 | - | - | - | - | - | - |
| Biombo | 1232 | 1223 | 8 | 1 | - | - | - | - |
| Quinara | 228 | 225 | 3 | - | - | - | - | - |
| Tombali | 326 | 326 | - | - | - | - | - | - |
| Total | 8431 | 6918 | 1190 | 207 | 62 | 25 | 22 | 7 |
| % | 100 | 82,1 | 14,1 | 2,5 | 0,7 | 0,3 | 0,2 | 0,1 |
Source: Ministerio do desenvolvimento rural, 1985
Pour le pays, le nombre moyen de bovins par foyer est d'environ 37 mais ce nombre varie fortement selon la région comme le montre le tableau 5.
Tableau 5. Effectifs bovins par foyer
| Régions | nombre de bovins | Nombre de bovins par foyer |
| Cacheu | 25565 | 16,2 |
| Bissau | 1111 | 5,9 |
| Oio | 34060 | 17,7 |
| Bafata | 74283 | 68,4 |
| Gabu | 105225 | 67,1 |
| Bolama | 1718 | 5,5 |
| Biombo | 9376 | 7,6 |
| Quinara | 2996 | 13,1 |
| Tombali | 5845 | 17,9 |
Source: Ministerio do desenvolvimento rural ,1985
4. LES OVINS et CAPRINS
Pour les ovins, l'étude FAO (1985) cite les paramètres de production suivants: taux de fécondité de 167%, taux de mortalité entre 0 et 6 mois de 15 à 20% et un poids moyen adulte de 25 à 30 kg.
Pour les caprins, la même étude estime le taux de fécondité à 250–300%, le taux de mortalité entre 0 et 6 mois à 10–12% et le poids moyen adulte à 18–21 kg.
5. ACTIVITES DE RECHERCHE ET DE DEVELOPPEMENT
5.1 Centres de recherches
Les deux fermes gouvernementales d'élevage qui dépendent toutes deux de la Direction des services vétérinaires continuent leurs activités.
La Station de Bissora possède en 1985 environ 150 N'dama et 10 Gir plus 5 veaux métis N'dama × Gir obtenus par insémination artificielle de femelles N'dama. Son objectif est d'améliorer les performances de production de viande et de lait de la race N'dama. Des croisements avec le Zébu Nelore sont envisagés. La station s'occupe également de vulgariser la culture attelée. Elle reçoit une aide financière extérieure de la Suisse.
La Station de Bissau poursuit ses activités dans le domaine de l'amélioration de la production laitière (LY, 1985).
Le Projet de la station de Pradis n'a selon les informations disponibles pas encore trouvé de financement.
5.2 Projets de développement
Des données récentes sur les Projets de développement agricole intégré riz et coton (Bafata), arachide (Bafata) et sur le Projet de multiplication de semences de riz (Contuobel) ne sont pas disponibles mais à priori, ceux-ci continuent leurs activités.
Les nouveaux projets de développement dans le domaine de l'élevage ont été présentés à une réunion du CILSS en 1986 (FAO, 1986).
- Projet PNUD d'aide en matériel de laboratoire, médicaments et vaccins (exécuté en 1985);
- Projet FAO de protection sanitaire du bétail par l'organisation d'une campagne de vaccination conjointe contre les 2 charbons et de renforcement du service de l'élevage;
- Projet intégré de la zone I (Biombo, Cacheu et Oio): soutien du service de l'élevage de cette zone et développement de la traction animale (financé par la Suède);
- Projet intégré de la zone II (Bafata et Gabu): il a permis la diffusion de près de 3000 paires de boeufs d'attelage (assistance financière du FED et du FAC).
En 1985, une mission de la FAO a. séjourné dans le pays en vue de proposer des projets de développement rural avec des composantes élevage. Les projets retenus sont:
- Appui à la station d'élevage de Bissora;
- Création d'un Centre de recherches zootechniques à Bissora:
- Création d'une antenne de Recherche sur les petits ruminants à Gabu;
- Etude du système de production traditionnel;
- Campagne de prévention de la mortalité des veaux de 15 jours à 4 mois;
- Etude épizootiologique des contraintes pathologiques nationales;
- Etude socio-économique sur les méthodes pour augmenter la production animale;
- Amélioration de la commercialisation du bétail et de la viande.
Ces projets sont soumis à l'attention des bailleurs de fonds par le gouvernement mais il est encore trop tôt pour savoir s' ils seront tous financés.
6. BIBLIOGRAPHIE SPECIFIQUE
ANSUMANE B. (1986) Compte rendu sur la Guinée Bissau présenté lorsde l'atelier de travail sur les nouvelles techniques de lutte contrela trypanosomiase animale africaine tenue à Bamako du 9 au 11 décembreet organisé par la FAO.
CHARDONNET P. (1983) Approche de l'élevage et de la pathologie bovine en Zone Est. Ministère du développement rural.
DIRECTION DES SERVICES D'ELEVAGE (1977) Rapport annuel, 1977.
FAO (1985) Programme international de coordination du développement laitier et programme international de développement du secteur des viandes. Projet de rapport: République de la Guinée Bissau. FAO, Rome.
FAO (1986) Rapport de la consultation d'experts sur l'amélioration des services de santé animale dans les pays du CILSS. Vol II-Rapports par pays et propositions de projets. FAO, Rome.
LY B. (1985) Rapport d'une mission de consultation sur le commerce et la multiplication du bétail trypanotolérant, Projet FAO GCP/RAF/190/ITA. Ouagadougou.
MINISTERIO DO DESENVOLVIMENTO RURAL, DIRECCAO DOS SERVICOS PECUARIOS, (1985) Boletim de Pecuaria, jan.1985.
TACHER, G. (1985) Etude sectorielle de l'élevage en Guinée Bissau effectuée pour le compte de la Banque mondiale. IEMVT, Maisons-Alfort, France.
7.PRINCIPAUX CHANGEMENTS INTERVENUS DEPUIS 1977
Les effectifs présentés dans cette étude sont très nettement supérieurs à ceux mentionnés antérieurement, tant pour la population humaine que pour les populations animales. Les chiffres cités sont basés sur des recensements qui ont eu lieu après la parution de l'étude précédente et doivent être considérés comme plus proches de la réalité. Il faut donc se garder de faire des comparaisons entre les deux séries de données.
Un regain d'intérêt pour l'élevage est apparu au cours de ces dernières années et le gouvernement donne la priorité à ce secteur. Quelques projets de développement sont en cours de réalisation, une étude exhaustive de tout le secteur a été entreprise en 1985 et de nombreux projets sont prêts à être financés.
Toutes ces activités devraient permettre de mieux connaître le potentiel de l'élevage de Guinée Bissau et favoriser son développement au cours des années à venir.
GUINEE
1. GENERALITES
Le Ministère du Développement Agricole a été subdivisé, en 1984, en un Secrétariat d'Etat pour l'élevage et les pêches, un Secrétariat d'Etat pour la promotion rurale et artisanale et un Secrétariat d'Etat pour les eaux et forêts.
Des dennées récentes sur le pays sont présentées dans le tableau 1.
Tableau 1. Données récentes sur la Guinée
| Population humaine (1983) | |
| nombre | 6.000.000 |
| densité | 24,4 /km2 |
| Population animale (1984) | |
| bovins | 2.307.000 |
| ovins | 1.026.000 |
| caprins | 914.785 |
Source: Pour la population humaine:
recensement national 1983.
Pour la
population animale: estimations de la Direction Générale de l'Elevage, 1984 (FAO, 1985).
Une étude récente effectuée par SANDE (1984) montre que le pays est presque entièrement infesté de glossines. G.fusca se trouve en Guinée maritime et forestière, G.longipalpis et G. morsitans submorsitans en Moyenne et Haute Guinée, G.tachinoîdes en Haute et Basse Guinée, G.pallicera et G.tabaniformis en Guinée forestière et G. palpalis gambiensis dans tout le pays.
2. EFFECTIFS ET REPARTITION GEOGRAPHIQUE DU BETAIL
2.1 EFFECTIFS BOVINS ET REPARTITION GEOGRAPHIQUE
Le tableau 2 indique la répartition des bovins par région et pour l'ensemble du pays pour l'année 1984.
Tableau 2. Répartition des bovins par région, en 1984
| Région | Superficie | Bovins | Densité bovine moyenne/ km2 | ||
| km2 | région/ pays (%) | effectif | % du cheptel national | ||
| B.Guinée | 45000 | 18 | 299910 | 13 | 6,5 |
| M.Guinée | 54900 | 22 | 1084290 | 47 | 19,7 |
| H.Guinée | 100000 | 41 | 761310 | 33 | 7,7 |
| Guinée F | 46000 | 19 | 161490 | 7 | 3,4 |
| Total | 245900 | 100 | 2307000 | 100 | 9,4 |
Source: Direction Générale de l'Elevage, 1984 cité par LY, 1985.
Ce tableau indique que le plateau du Fouta Djallon, en Moyenne Guinée, possède environ 47% du cheptel national. En Basse Guinée, on observe 13% du troupeau national avec une densité bovine inférieure à la moyenne nationale (9,4%). La zone côtière, possède moins de bétail et de vastes étendues sont vides de bovins. En Moyenne Guinée, le bétail est très dispersé. Le cheptel de Haute Guinée représente le tiers du cheptel national mais la densité est environ 2,5 fois plus faible que la densité de la Moyenne Guinée et la répartition du bétail est plus irrégulière. En Guinée Forestière, les effectifs sont les plus faibles du territoire.
2.2 REPARTITION GEOGRAPHIQUE DES OVINS ET CAPRINS
Le tableau 3 indique la répartition des ovins et caprins par région et pour l'ensemble du pays pour l'année 1984.
Tableau 3. Répartition des ovins et caprine par région, en 1984
| Région | Ovins | % | densité/km2 | Caprins | % | densité/km2 |
| B.Guinée | 196.660 | 19 | 4,3 | 170.600 | 19 | 3,8 |
| M.Guinée | 440.710 | 43 | 8,0 | 489.595 | 53 | 8,9 |
| H.Guinée | 278.630 | 27 | 2,8 | 127.295 | 14 | 1,3 |
| Guinée F. | 110.000 | 11 | 2,4 | 127.295 | 14 | 2,8 |
| total | 1.026.000 | 100 | 4,2 | 914.785 | 100 | 3,7 |
Source: Direction générale de l'élevage, 1984 cité par LY, 1985.
Ce tableau confirme que l'on trouve des ovins et caprins sur l'ensemble du territoire mais principalement en Moyenne Guinée.
3. LESBOVINS
3.1. DESCRIPTION DES RACES
La race N'dama constitue 95% du cheptel soit 2.192.000 têtes. Les métis Zébu × N'dama qui représentent les 5% restants soit 115.000 têtes sont principalement localisés dans la partie Nord-est du pays à la frontière du Mali.
3.1.1 Le N'dama
3.1.1.1 Paramètres de production
Les paramètres de production récents disponibles proviennent de la Direction Générale de l'Elevage (BDPA, 1984) et sont repris dans le tableau 4. Ils concernent l'élevage villageois traditionnel.
Tableau 4. Paramètres de production du N'dama
| Taux de fécondité | 54 % | |
| Taux de mortalité | de 0 à 1 an | 35 % |
| de 1 à 2 ans | 12 % | |
| de 2 à 3 ans | 10 % | |
| plus de 3 ans | 3 à 5 % |
Source: BDPA, 1985.
Le centre de Sélection et de multiplication du N'dama de Boké possède également un certain nombre de données mais compte tenu des difficultés d'installation qu'a connu ce centre, on ne peut considérer ces paramètres comme représentatifs de l'élevage du N'dama en station en Guinée.
3.1.2 Les métis Zébu × N'dama ou “Méré”
Aucune donnée récente sur les métis n'est disponible.
3.1.3 Bovins importés
Tous les programmes de recherches basés sur le croisement avec des races importées ont été arrêtés.
3.2 SITUATION SANITAIRE
La péripneumonie est bien contrôlée quoique, de temps en temps, des foyers périodiques soient enregistrés.
Les charbons bactéridien et symptomatique sont en diminution car les vaccinations sont devenues systématiques.
Une campagne de vaccination contre la peste porcine est envisagée le long des frontières car les pays limitrophes seraient menaçants .
En 1983/84 la Guinée a reçu une aide de la FAO au titre du projet “Campagne d'urgence contre la Peste bovine” (LY, 1985).
La trypanosomiase ne constitue pas un problème majeur en Guinée en raison de la trypanotolérance du bétail N'dama. Les pertes sont surtout enregistrées le long des frontières Est et Ouest du pays où le métissage entre le N'dama et le Zébu est incontrôlé. Les principaux foyers de trypanosomiase sont observés en Haute Guinée (Mandiana, Siguiri, Kérouané, Kankan, Kouroussa) et en bordure du Fouta Djallon (Kounolara, Gaoual, Tougué, Mali, Koubia, Dinguirage et Dabola) (SANDE, 1984).
3.3 MODES D'ELEVAGE
3.3.1 Description
Les. différents modes d'élevage pratiqués en Guinée ne se sont pas modifiés ces dernières années.
3.3.2 Taille et composition des troupeaux
On trouve en général une proportion élevée de taureaux et taurlllons dans les troupeaux traditionnels. Un “troupeau” d'animaux aperçu au parc ou au pâturage est en général constitué de plusieurs troupeaux élémentaires appartenant chacun à un propriétaire.
Dans les troupeaux importants, de plusieurs centaines de têtes, les taureaux ont un meilleur développement, et l'on note la présence d'un nombre plus élevé de boeufs, parfois assez âgés (jusqu'à 7–8 ans). Ce phénomène indique probablement une volonté de retirer certains mâles de la reproduction et constitue également un moyen d'épargne sur pied.
Les propriétaires de grands troupeaux choisissent comme taureaux de remplacement des mâles bien conformés, fils de vieilles vaches de troupeau ayant conduit jusqu'au sevrage un grand nombre de veaux. Il s'agit d'une sélection empirique sur ascendance et cette méthode simple permet de sélectionner sur l'adaptabilité, sur la rusticité, sur la trypanotolérance et sur la conformation (DEVILLARD, 1985). La Direction Générale de l'Elevage (FAO, 1985) indique la composition moyenne des troupeaux pour l'ensemble du pays. Celle-ci est reprise dans le tableau 5.
Tableau 5. Composition des troupeaux bovins
| Age | Mâle | Femelle |
| 0–1 an | 10% | 10% |
| 1–2 ans | 8% | |
| 2–3 ans | 25% | |
| 3–4 ans | ||
| > 4 ans | 6% | 41% |
| total | 24% | 76% |
Source: FAO, 1985.
3.3.3 Culture attelée
La culture attelée constitue une activité importante et ancienne en Guinée. Elle a été introduite et adoptée dès 1925 en Moyenne Guinée. Aujourd'hui, elle est surtout développée en Haute Guinée où 9% des bovins sont des boeufs de trait alors que pour l'ensemble du pays, cette proportion est de 4.2 %. Le tableau 6 présente les effectifs et la répartition géographique des boeufs en Guinée.
Tableau 6. Effectifs et répartition géographique des boeufs de trait en 1983.
| Région | Nombre de bovins | % de boeufs | nombre de boeufs (1) |
| B.Guinée | 292.920 | 1 % | 2.900 |
| M.Guinée | 1.084.801 | 2 % | 21.700 |
| H.Guinée | 770.587 | 9 % | 69.350 |
| Guinée F. | 157.721 | 3 % | 4.700 |
| total | 2.306.029 | 4,2 % | 98.650 |
Source: Guinée, Direction Générale de l'Elevage, 1983.
4. LES OVINS ET CAPRINS
Il n'existe pas d'informations récentes sur les petits ruminants.
5.ACTIVITES DE RECHERCHE ET DE DEVELOPPEMENT
5.1 CENTRES DE RECHERCHE
Actuellement, les recherches sont exclusivement consacrées à l'amélioration génétique de la race N'dama, pour la production de viande, de lait, et pour la traction. Toutes les opérations de croisement avec des races exotiques telles que la Rouge des Steppes ont été arrêtées après constat d'échec. Il est également entrepris des recherches sur les pâturages naturels au niveau des centres de recherche qui sont indiqués dans le tableau 7.
Tableau 7. Centres de recherche de Guinée
| Nom | : | Ferme d'Etat de Ditinn |
| Organisation responsable | : | Secrétariat d'Etat pour l'Elevage et les Pêches |
| Taille | : | 1000 ha de pâturages naturels. |
| Races et effectifs | : | En 1987, il y a 87 têtes de N'dama et 50 métis avec la Rouge des Steppes mais ceux-ci sont en voie d'élimination. |
| Objectifs et activités | : | Amélioration génétique des N'dama pour la production de lait, de viande et la traction. Ce centre a été sélectionné par la Mano River Union (MRU) pour le Programme d'amélioration génétique du bétail trypanotolérant. |
| Aide extérieure | : | une étude de faisabilité est prévue pour la recherche d'un financement auprès de la CEE . |
| Nom | : | Ferme d'Etat de Famoyla |
| Organisation responsable | : | Secrétariat d'Etat pour l'Elevage et les Pêches. |
| Taille | : | 1600 ha dont 75 ha pour l'agriculture et 80 ha de pâturages améliorés. |
| Races et effectifs | : | les croisements sont arrêtés, reconversion avec des N'dama purs. En 1984, il y a 60 têtes de bovins dont 2/3 de N'dama et 1/3 de métis en voie d'élimination. |
| Objectifs et activités | : | ce sont les mêmes que pour la Ferme d'Etat de Ditinn. |
| Nom | : | Institut National de Recherches agronomiques de Foulaya (INRAF) |
| Organisation responsable | : | Secrétariat d'Etat à la Recherche |
| Races et effectifs | : | Les croisements sont arrêtés, reconversion avec des N'dama purs (en 1983, 50 têtes). Ce centre a été sélectionné par la MRU pour le Programme d'amélioration génétique du bétail trypanotolérant. |
Source: LY, 1985 et SANDE, communication personnelle, 1987.
Ces trois centres de recherche ne reçoivent plus d'aide extérieure.
5.2 TROUPEAUX DE MULTIPLICATION ET PROJETS DE DEVELOPPEMENT
La nouvelle stratégie de développement de l'élevage est basée sur la sélection du N'dama et passe par le Centre de sélection et de multiplication du N'dama situé à Boké (côte nord de la Basse Guinée). Ce centre qui a commencé ses activités en 1981 avec un financement PNUD/FAO dépend du Secrétariat d'Etat pour l'Elevage et les Pêches. En 1987, il posséde 282 têtes de bovins N'dama. Ses objectifs sont l'amélioration génétique du N'dama pour la production de lait, de viande et la force de traction. Il assure également l'encadrement sanitaire et zootechnique des élevages privés traditionnels.
Il est prévu une deuxième phase qui démarrera en juillet 1986 dont les activités seront principalement orientées vers le milieu paysan (extension et intensification de la protection sanitaire, amélioration des conditions d'élevage et de commercialisation). Le Centre de Boké servira alors de centre d'appui et de démonstration. Le cheptel concerné sera de 250.000 bovins environ (MOUSTAPHA, 1986 et SANDE, communication personnelle, 1987).
De 1984 à 1986, la Guinée a bénéficié d'un financement FENU (218.000 US$) pour la construction et l'équipement de 5 centres vétérinaires et d'un petit laboratoire en Haute Guinée.
Un très important projet de modernisation et de développement du secteur de l'élevage est en cours d'installation. Ce projet, d'une durée de 4 ans, a pour objectifs d'augmenter d'ici vingt ans la production de viande de 75% et la production de lait de 95%. Il comporte plusieurs volets, dont l'amélioration de l'actuel service public de l'élevage et l'introduction du secteur privé dans le développement de l'élevage. Ce projet envisage également la mise en place d'une équipe d'assistants techniques expatriés, d'un centre de formation et d'une unité de fabrication de vaccins. Le coût total du projet est estimé à 22 millions US$ et le financement sera assuré par la Banque Mondiale , le FÀC, la CCCE, la BADEA, le gouvernement guinéen et par une contribution directe des bénéficiaires (AGRI-AFRIQUE, 1986a et 1986b; MARCHES TROPICAUX, 1986).
Il faut également souligner que, dans le cadre de son programme d'amélioration génétique des bovins trypanotolérants, la Mano River Union a retenu, pour faire partie du réseau, le Centre de sélection et de multiplication du N'dama de Boké, la Ferme d'Etat de Ditinn et l'Institut National de Recherches agronomiques (FAO, 1983).
Enfin, la CEDEAO a retenu Famoyla comme un des huit centres de production de bovine sélectionnés pour la région et une étude préliminaire de ces centres a déjà été réalisée par un consultant. On appel d'offre pour une étude de faisabilité de ces centres vient d'être lancé par la CEDEAO fin 1986.
6. BIBLIOGRAPHIE SPECIFIQUE