SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DES DISPONIBILITÉS ALIMENTAIRES

AU SWAZILAND

23 mai 2007

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Faits saillants

  • Des vagues de sécheresse prolongées et des températures élevées au stade critique du développement ont dévasté les cultures de maïs au Swaziland, d'où la plus faible récolte annuelle jamais enregistrée.
  • La production de maïs de 2006/07 est estimée à 26 000 tonnes environ, soit près de 60 pour cent de moins que le volume de l'an dernier.
  • Les estimations établissent les besoins d’importations céréalières pour la campagne commerciale 2007/08 (avril/mars) à environ 173 800 tonnes au total, dont 129 000 tonnes seront probablement importées par des voies commerciales.
  • Environ 4 800 tonnes d'aide alimentaire se trouvaient dans les réserves et dans la filière au 1er avril 2007, ce qui laisse un déficit non couvert estimatif de 40 000 tonnes, pour lequel une aide internationale est nécessaire.
  • La persistance du temps sec et les pénuries d'eau qui en dérivent ont quelque peu affecté le bétail, mais les pluies tombées tardivement ont amélioré l'état des parcours et du cheptel dans la plupart du pays. La production animale devrait contribuer à compenser, dans une certaine mesure, l'incidence des pertes de cultures.
  • Du fait du mauvais état de santé, de l'inégalité des revenus et de la pauvreté qu'il suscite, le taux de prévalence élevé du VIH/SIDA viendra probablement accentuer l'incidence déjà très néfaste du mauvais temps.
  • Il est nécessaire de cibler l'aide alimentaire, en s'attachant à atténuer les effets néfastes sur les ménages les plus vulnérables et à accorder un soutien direct à ceux qui n'ont pas accès à des quantités suffisantes de nourriture et aux intrants agricoles.
  • Il est aussi recommandé d'apporter un soutien en temps voulu en fournissant des intrants agricoles, y compris des semences, des engrais, des facilités de crédit et des tracteurs, de manière à revitaliser la capacité de production à temps pour la campagne agricole 2007/08.
  • Du fait du schéma de précipitations irrégulières et tardives qui semble s'être établi ces quelques dernières années, il est nécessaire d'adopter plus rapidement des stratégies et des techniques agricoles appropriées.
  • Au total, environ 407 000 personnes exposées à l'insécurité alimentaire et vulnérables nécessiteront approximativement 40 000 tonnes de vivres pour répondre à leurs besoins de consommation de base et préserver leurs moyens de subsistance.

1. VUE D'ENSEMBLE

Le Swaziland continue d'enregistrer une production de maïs inférieure à la moyenne et en constante diminution en raison de l'irrégularité des précipitations, qui accentue l'incidence du chômage croissant et de la pauvreté toujours plus répandue. Le schéma des précipitations pendant la campagne agricole 2006/07 s'est dans l'ensemble caractérisé par un démarrage tardif en novembre et une période de sécheresse prolongée, associée à des températures élevées dans la plupart du pays, ce qui a compromis le maïs au stade critique du développement et de la floraison entre janvier et mars. Préoccupé par l'impact potentiel de la vague de sécheresse sur la production de l'aliment de base qu'est le maïs, le Gouvernement du Swaziland a demandé l'aide de la FAO et du PAM pour évaluer les récoltes et la situation alimentaire globale pour la campagne commerciale 2007/08 (avril/mars).

Par conséquent, une mission FAO/PAM d'évaluation des récoltes et des disponibilités alimentaires s'est rendue au Swaziland du 8 au 22 avril 2007 pour estimer la récolte de maïs de 2006/07 et les besoins d'importations - y compris sous forme d'aide alimentaire - pour la campagne commerciale 2007/08 (avril/mars).

Les conclusions de la mission reposent sur des consultations tenues avec des services gouvernementaux pertinents, notamment divers départements du Ministère de l'agriculture et des coopératives, du Bureau central de statistiques (CSO), des Services météorologiques nationaux (NMS), de l'Agence pour la gestion des catastrophes naturelles (NDMA), de la Banque centrale du Swaziland, de l'équipe des Nations Unies dans le pays, des ONG, des organismes para-étatiques tels que la National Maize Corporation (NMC) et le National Agricultural Marketing Board (NAMBOARD), de grandes minoteries telles que Ngwane Mills, et le Comité d'évaluation de la vulnérabilité du Swaziland.

Quatre équipes se sont rendues sur le terrain dans toutes les Zones de développement rural des quatre régions du pays. Les rapports et documents pertinents disponibles ont été passés en revue et la pluviosité estimative et les indices différentiels normalisés de végétation ont été analysés. Le CSO a fourni des données recueillies avant la récolte et des estimations préliminaires établies en fonction de modèles de rendement ont ensuite été communiquées par le NMS. La mission a alors recoupé les données et les a ajustées, si nécessaire, suite à inspections sur le terrain, des entretiens avec des agriculteurs, des agents de vulgarisation et des responsables de la vulgarisation ainsi que des mesures ponctuelles des récoltes, lorsque cela était possible. Se sont joints à la mission sur le terrain des fonctionnaires du Ministère de l'agriculture et des coopératives, du CSO, du NMS, du Ministère de la santé et du travail social, du Conseil pour une riposte urgente au VIH/SIDA (NERCHA), de la NDMA; des représentants de World Vision International (WVI), Lutheran Development Service (LDS), Africa Cooperative Action Trust (ACAT); ainsi que des représentants de l'UNICEF et de l'OMS. Des membres de l'équipe des Nations Unies dans le pays ont également rejoint la mission à divers endroits.

La mission a constaté que la campagne agricole 2006/07 était caractérisée par des précipitations irrégulières (démarrage tardif, pluies violentes en novembre et décembre, suivies d'une vague de sécheresse prolongée pendant la période cruciale allant de janvier à mars) et des précipitations cumulées inférieures à la moyenne. Des températures anormalement élevées ont accompagné les vagues de sécheresse, ce qui a accru les pertes d'humidité des sols. Le facteur qui a le plus nui à la production agricole de 2006/07 est la vague de sécheresse prolongée qui a sévi pendant la deuxième moitié de la campagne agricole (janvier-mars 2007), période essentielle pour le développement du maïs.

Dans l'ensemble, la mission a estimé la production de maïs de 2006/07 à 26 170 tonnes, soit environ 60 pour cent de moins que le volume de l'année précédente. D'autres cultures importantes - tant vivrières que de rapport - telles que le chou, les haricots, les pommes de terre, le coton et la canne à sucre, ont été également observées dans les champs. Toutefois, à l'exception des légumes cultivés là où les pluies tardives ont encouragé la production, des diminutions de rendement et un recul de la production ont été signalés pour ces autres cultures. Les périodes de sécheresse prolongées et les pénuries d'eau qu'elles ont provoqué ont quelque peu affecté le bétail, mais les pluies tombées tardivement ont amélioré l'état des parcours et du cheptel dans la plupart du pays. La production animale devrait compenser, dans une certaine mesure, l'incidence des mauvaises récoltes. Toutefois, les prix du bétail, bien que stables, pourraient amorcer un recul lorsque les ventes s'intensifieront pour acheter des céréales.

Les prix des principales céréales ont considérablement augmenté en raison des pénuries, au niveau local, et du fait des hausses importantes du prix du maïs en Afrique du Sud, qui est le principal exportateur à destination du Swaziland. Cette tendance à la hausse devrait se poursuivre pendant le reste de l'année, car les disponibilités tant intérieures que régionales pourraient être assez limitées suite à l'insuffisance des précipitations en Afrique du Sud et dans les pays voisins.1 Selon les estimations, il faudra importer 173 800 tonnes de céréales pendant la campagne commerciale 2007/08 (avril/mars), dont environ 129 000 tonnes par des voies commerciales. L'aide alimentaire dans les réserves et dans la filière est estimée à 4 800 tonnes environ, ce qui laisse un déficit non couvert estimé à 40 000 tonnes, pour lequel une aide internationale est nécessaire.

Des observations sur le terrain ont confirmé que les ménages les plus démunis ne disposent actuellement pas de réserves de céréales, ou juste assez pour un mois. Les ménages agricoles qui produisent normalement suffisamment pour se nourrir risquent de connaître des pénuries alimentaires avant la prochaine récolte. Les marchés réagissent déjà à la diminution des disponibilités, et les personnes vulnérables devraient avoir beaucoup de mal à accéder à la nourriture. La mission recommande donc de prévoir une assistance pour au total 407 000 personnes environ en situation d'insécurité alimentaire et vulnérables qui ne peuvent pas couvrir leurs besoins alimentaires de base. Environ 40 500 tonnes de vivres seraient nécessaires pour satisfaire leurs besoins de consommation de base et préserver leurs moyens de subsistance.

Parmi les recommandations d'ordre général formulées par la mission, il convient de citer le renforcement de la surveillance de la situation sanitaire et nutritionnelle. À court terme, il faudrait accroître l'aide alimentaire ciblée, qui pourrait devoir cette année inclure certaines zones du Middleveld et du Highveld, lesquelles n'avaient jamais été concernées auparavant. Il est essentiel de lier ces interventions à la création d'actifs et d'un plus-value au sein des communautés, par exemple des projets de récupération de l'eau.

En outre, il faut apporter une aide en temps voulu pour appuyer la production agricole pendant la prochaine campagne, en fournissant des intrants agricoles, notamment des semences, des engrais et des facilités de crédit pour réduire au minimum toute nouvelle érosion d'actifs précieux tels que le bétail et les outils agricoles. Compte tenu des précipitations irrégulières constatées actuellement, il est nécessaire de rechercher activement des techniques appropriées, par exemple l'irrigation à petite échelle et la récupération de l'eau, ainsi que de diversifier les cultures.

Le présent rapport a été établi par Shukri Ahmed, Romina Woldemariam, Clare Mbizule et Wondimagegn Shiferaw, sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour un complément d'informations, le cas échéant.

Henri Josserand
Chef, SMIAR, FAO
Tlcopie: 0039-06-5705-4495
Ml: giews1@fao.org
Amir Abdulla
Directeur régional, ODJ, PAM
Fax: 0027-11-5171642
Ml: Amir.Abdulla@wfp.org

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1. La récolte de maïs en Afrique du Sud devrait reculer en 2006/2007 en raison de l'insuffisance des précipitations.