FAO GLOBAL INFORMATION AND EARLY WARNING SYSTEM ON FOOD AND AGRICULTURE
WORLD FOOD PROGRAMME

RAPPORT  SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE EN ÉTHIOPIE

(Phase 1)

24 janvier 2008

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Faits saillants

La production de céréales et de légumineuses de la campagne meher 2007/08 en Éthiopie est estimée à 21,25 millions de tonnes pour une superficie de 12,25 millions d'hectares, soit une augmentation de 7 pour cent par rapport aux estimations après la récolte de 2006, et la quatrième récolte abondante consécutive. Ces résultats exceptionnels sont dus à la bonne répartition générale des précipitations qui sont tombées en temps voulu, à l'utilisation accrue d'engrais et de semences améliorées, à la très faible incidence des ravageurs et des maladies et à l'expansion de la superficie cultivée. Les prix des céréales et du bétail sont restés stables ou ont augmenté dans tout le pays, stimulés par plusieurs facteurs combinés: croissance économique et demande effective, échanges formels et informels, augmentation des prix du pétrole, achats locaux par les coopératives et les organismes de secours et attente d'une nouvelle envolée des prix. L'état du bétail et des parcours est généralement bon dans la plupart du pays, et les prix du bétail sont stables ou en hausse, stimulés par l'augmentation de la demande intérieure et l'amélioration des exportations vers les pays du Moyen-Orient.

1, VUE D'ENSEMBLE

Une Mission d'évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire s'est rendue du 19 novembre au 12 décembre 2007 en Éthiopie afin d'évaluer la production de céréales et de légumineuses de la campagne principale meher de 2007, de réviser les estimations finales après récolte de la campagne principale meher de 2006 et de la campagne secondaire belg de 2007, de formuler des prévisions concernant la campagne belg de 2008, et d'évaluer la situation globale des approvisionnements alimentaires pour la campagne commerciale de 2008 (janvier-décembre). Accompagnée d'experts du Ministère de l'agriculture et du développement rural et de l'Autorité centrale de statistiques (CSA), ainsi que par des observateurs de l'USAID et de la Commission européenne, la Mission, divisée en sept équipes, s'est rendue dans 63 zones et woredas (districts) sur plus de 18 jours, dans toutes les régions céréalières ainsi que les zones marginales. Contrairement aux années précédentes, la mission d'évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire s'effectue en trois phases: - phase 1 (novembre-décembre): évaluation des récoltes et de la situation générale des approvisionnements alimentaires (FAO essentiellement); phase 2 (novembre-décembre): évaluation de la sécurité alimentaire de la campagne meher (gouvernement/PAM); phase 3 (début février): synthèse et rédaction de rapports (FAO/PAM).

La Mission a obtenu des bureaux agricoles des woredas des zones et des régions, des données relatives à la superficie ensemencée et aux rendements de toutes les principales cultures vivrières et les a rapprochées des renseignements recueillis auprès des agriculteurs, des négociants, du personnel de projet des ONG ainsi que des données de télédétection fournies par les systèmes d'alerte rapide. L'Unité VAM du PAM a fourni des graphiques de précipitations sur dix jours au niveau des zones, ainsi que des cartes concernant l'indice de satisfaction des besoins en eau (WRSI) pour toutes les céréales.

Dans les zones visitées et certains woredas, 280 entretiens avec des interlocuteurs clés (dont 127 avec des familles d'agriculteurs, assimilables à des études de cas rapides) ont été menés, associés à des inspections des cultures comprenant notamment des coupes-échantillons. Les équipes ont réalisé des enquêtes de marché, observé l'état du bétail et noté l'état des cultures sur des transects sur les 23 000 kilomètres qu'elles ont parcourus, en faisant appel à l'outil d'évaluation graphique pour normaliser les relevés. Ces renseignements ont servi de toile de fond aux équipes pour vérifier les données sur les résultats dont elles disposaient et, lorsque cela a été jugé nécessaire, les prévisions des bureaux de l'agriculture et du développement rural concernant les rendements ont été ajustées pour tenir compte de renseignements plus variés et plus récents qu'elles avaient recueillis.

Dans l'ensemble, les résultats de la campagne meher de 2007 sont jugés meilleurs que ceux de l'année précédente, du fait de l'amélioration des rendements et de la légère progression de la superficie cultivée tant dans les principales régions productrices que dans les zones marginales. La Mission estime que cette amélioration des rendements est due directement à l'influence bénéfique de la bonne répartition des précipitations, à l'augmentation des profits des céréaliculteurs - qui ont ainsi accru leurs investissements dans les intrants -, au démarrage en temps voulu des travaux des champs et enfin à la disponibilité opportune, en règle générale, d'engrais, de semences améliorées et de crédit. Ces intrants n'ont toutefois pas été suffisants face à la demande toujours croissante de semences améliorées, d'engrais et d'herbicides des petits agriculteurs à vocation commerciale dans les zones productrices excédentaires.

Dans l'ensemble, la Mission estime la production totale de céréales et de légumineuses de la campagne meher de 2007 à environ 21,5 millions de tonnes, soit 7 pour cent de plus que les estimations après récolte de l'année précédente, et la quatrième bonne récolte consécutive.

La Mission prévoyant que la récolte belg de juillet-août 2008 s'élèvera à 600 000 tonnes, les disponibilités totales de céréales et de légumineuses pour 2008 sont estimées à 22 millions de tonnes, ce qui devrait couvrir les besoins intérieurs.

Comme dans le précédent rapport d'évaluation de 2006 sur l'Éthiopie, le bilan des céréales et des légumineuses est fourni avec une ventilation par céréales principales. Il comprend les données CSA pour a) la croissance démographique jusqu'en 2008 et b) l'augmentation prévue de l'utilisation des céréales au niveau national.

Les quatre dernières années se sont caractérisées par une croissance régulière de l'économie éthiopienne, avec un taux de croissance moyen du PIB réel de 11,8 pour cent par an. Comme en 2006, les bons résultats obtenus dans le secteur agricole associés aux efforts soutenus du gouvernement en matière d'investissement axé sur la lutte contre la pauvreté, notamment dans la construction des routes, l'enseignement et l'agriculture, ont contribué à une croissance économique à grande échelle. Les recettes tirées des exportations ont aussi nettement augmenté ces dernières années, tant du fait de la croissance en volume que de la flambée des prix des principales exportations sur le marché international. Toutefois, les importations ont également décollé, entraînant un déficit commercial sans précédent de 3,9 millions de dollars EU, soit environ 10 pour cent de plus que l'année précédente.

Depuis la fin 2004, les prix des principales céréales tendent à augmenter régulièrement, sans diminution notable après la récolte, et ils sont restés supérieurs à la moyenne tout au long de 2007. Cette tendance est attribuée à une combinaison de facteurs économiques qui ont influencé la demande et l'offre effectives de céréales, ainsi qu'à l'augmentation des prix du pétrole et à l'apport monétaire croissant. Les bons résultats obtenus au niveau national en 2006, grâce à la croissance des investissements en faveur des pauvres et de la consommation privée, à l'injection de liquidités dans l'économie rurale - par le biais du Programme de protection sociale fondé sur les activités productives -, et à la récente augmentation des salaires et des pensions des fonctionnaires, ont stimulé la demande en céréales et en bétail. Parallèlement, en dépit des bonnes récoltes obtenues, les céréales disponibles sur les marchés n'ont probablement pas augmenté comme prévu, ou du moins, les ventes ont probablement été mieux réparties sur l'année, au lieu d'être concentrées au moment des récoltes. L'amélioration des capacités financières des agriculteurs à économiser et à stocker les céréales grâce à l'accès au micro-crédit, l'augmentation des achats locaux effectués par les institutions gouvernementales chargées de la sécurité alimentaire les coopératives agricoles et par les organismes de secours, ainsi que l'augmentation des flux commerciaux intérieurs et extérieurs, semblent être la cause sous-jacente de la diminution des disponibilités sur le marché. Bien que dans l'ensemble, l'impact des nouvelles récoltes sur les marchés en 2007 ne soit pas encore bien défini, la Mission a relevé quelques signes avant-coureurs d'une réduction du prix nominal du maïs et, dans une moindre mesure, de celui du blé, tandis que celui du teff - dont la récolte ou le battage est en cours - semble demeurer stable.

Comme en 2006, il semble que la situation générale des approvisionnements alimentaires soit très favorable, car les disponibilités vivrières ont augmenté et un grand nombre de groupes vulnérables peuvent accéder à la nourriture. Si les prix des céréales reculent début 2008, les consommateurs dans les zones urbaines et les ménages ruraux qui sont acheteurs nets bénéficieront de la bonne récolte. Globalement, le pays est en mesure de couvrir la totalité de ses besoins en céréales. Les réserves devraient augmenter et une quantité relativement importante de céréales pourrait également être exportée.

En conclusion, pour mieux comprendre la situation de l'offre et de la demande dans le pays, la Mission propose d'entreprendre des études approfondies dans les quatre domaines ci-après: 1) analyse de la demande alimentaire effective dans les zones urbaines et rurales à la suite de la croissance économique et des changements structurels intervenus récemment; 2) analyse des flux et de l'ampleur des échanges transfrontaliers de produits et de bétail; 3) analyse des marchés et des prix en vue d'évaluer les effets des ventes de gros début 2008 (éventuellement entre mars et avril); 4) évaluation de la récolte de la campagne belg pour vérifier les données nationales qui s'écartent progressivement de la tendance/moyenne historique.

Le présent rapport a été établi par Mario Zappacosta et Ian Robinson sous la responsabilité des Secrétariats de la FAO à partir d'informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s'adresser aux soussignés pour un complément d'informations, le cas échéant.

Henri Josserand
Chef, SMIAR, FAO
Télécopie: 0039-06-5705-4495
Mél: giews1@fao.org

Veuillez noter qu'il est possible d'obtenir le présent Rapport spécial sur le site Internet de la FAO à l'adresse suivante: http://www.fao.org/giews/

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