SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO

ALERTE  SPÉCIALE

No. 324

RÉGION: CORNE DE L'AFRIQUE

DATE: 14 FÉVRIER 2008

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LA SITUATION ALIMENTAIRE S'ANNONCE PRÉCAIRE EN
CERTAINS ENDROITS DE LA CORNE DE L'AFRIQUE

Le déroulement des précipitations de mars à mai sera déterminant pour éviter une crise de grande ampleur

Les conflits et les troubles civils en plusieurs endroits de la Corne de l'Afrique, qui sont en recrudescence ces derniers mois, ont rendu des millions de personnes tributaires de l'aide alimentaire et détruit les moyens de subsistance de beaucoup d'autres. Il est très probable que des ménages qui jusqu'à présent étaient en général en situation de sécurité alimentaire connaîtront l'insécurité alimentaire chronique, tandis que les déplacements massifs se poursuivront. L'insuffisance des précipitations saisonnières tombées récemment en certains endroits a aggravé les difficultés vivrières auxquelles des millions de personnes sont confrontées.

La saison des pluies - qui va de mars à mai - est imminente en Afrique de l'Est. Ces précipitations sont déterminantes pour les parties équatoriales de la région et marquent l'établissement de la campagne agricole principale dans des pays tels que la Somalie, le Kenya et l'Ouganda. Le Forum sur les perspectives climatiques pour la Corne de l'Afrique n'a pas encore annoncé ses prévisions concernant la pluviosité pour la campagne. Toutefois, l'Office météorologique national de l'Éthiopie a déjà prédit des précipitations inférieures à la normale en mars et en mai dans le sud-est du pays. Ces pluies ont un caractère essentiel dans ces zones pastorales de la région Somali et les basses-terres voisines de Borena, Guji et Bale dans la région d'Oromiya, où les ménages sont déjà exposés à une grande insécurité alimentaire du fait de l'insuffisance des pluies "gu" de 2007 ainsi que des récentes pluies "deyr" (d'octobre à décembre). Si les précipitations saisonnières ne se matérialisent pas dans ces pays, celà pourrait avoir de vastes répercussions, à moins que des stratégies appropriées ne soient déjà en place pour faire face à la crise et intervenir.

En Somalie, où sévit ce qui est considéré comme la pire crise humanitaire, le Groupe d'évaluation de la sécurité alimentaire dans le pays a indiqué que la situation globale de la sécurité alimentaire s'est dégradée au cours des six derniers mois. Selon les estimations, entre 1,8 et 2 millions de personnes, dont environ 1 million de personnes déplacées à l'intérieur du pays (PDI) ont besoin d'une aide humanitaire et d'un appui aux moyens de subsistance au moins pendant les six prochains mois. Sur le plan humanitaire, la situation s'est dégradée au cours des six derniers mois dans les régions de Shabelle, d'Hiran et du Centre, du fait de l'augmentation considérable du nombre de PDI qui ont fui Mogadiscio et de la sécheresse grandissante dans les régions d'Hiran et du Centre. Cette crise est accentuée par la mauvaise récolte céréalière de la campagne principale “gu” de 2007 et par la récolte de la campagne secondaire "deyr" tout juste moyenne qui vient d'être rentrée. En outre, l'hyperinflation qui touche les denrées alimentaires et les articles non alimentaires de base dans tout le pays entraîne des problèmes d'accès à la nourriture pour les populations urbaines, notamment les citadins pauvres.

Au Kenya, les troubles politiques qui ont suivi les élections, dont le résultat est contesté, ont entraîné le déplacement d'environ 600 000 personnes et fait près d'un millier de morts, tout en accroissant la probabilité de graves difficultés d'approvisionnements vivriers parmi les agriculteurs et les citadins pauvres qui jouissent normalement d'une sécurité alimentaire. En outre, la crise a perturbé les marchés, détruit les commerces et mis un frein au tourisme. Du fait des précipitations insuffisantes enregistrées d'octobre à décembre, la récolte céréalière de la campagne secondaire rentrée en janvier dans le sud-est a été mauvaise, et l'insécurité alimentaire s'est accrue dans les zones pastorales au nord et au sud du pays. Le coût des intrants agricoles aurait augmenté, ce qui aura une incidence néfaste sur les superficies cultivées pendant la campagne agricole principale de 2008. Toute nouvelle réduction de la production vivrière dans le grenier céréalier du nord du Rift en 2008 aggraverait la situation de la sécurité alimentaire dans le pays plus tard dans l'année et au début de 2009.

En Éthiopie, en dépit d'une production agricole record lors de la récente campagne principale “meher” 2007/08, 8 millions de personnes en situation d'insécurité alimentaire chronique ont besoin de vivres et de transferts en espèces dans le cadre du dispositif de sécurité productif. En outre, plus de 2 millions de personnes auront besoin de secours d'urgence, principalement en raison des troubles et de l'insécurité civile dans la région Somali, mais aussi plus généralement du fait de l'inflation des prix des denrées alimentaires et de l'insuffisance des pluies en certains endroits. L'insuffisance des précipitations d'octobre à novembre dans la région Somali et en certains endroits de Borena, Guji et Bale dans la région d'Oromiya, ont aussi entraîné l'épuisement prématuré des parcours et des ressources en eau.

Le conflit et l'insécurité qui règnent depuis la mi-juin dans le sud-est de la région Somali continuent de limiter les déplacements et les échanges transfrontaliers, ce qui entrave gravement la subsistance des populations pastorales et agro-pastorales, en particulier dans les zones de Gode, Korahe, Degehabur, Warder et Kebridehar. De récents rapports indiquent que ces populations dépendent fortement de la consommation de lait et de viande provenant de leur propre bétail, situation qui n'est pas tenable, ainsi que de nourritures sauvages. Malgré les légères améliorations signalées quant à la circulation de céréales aux fins de commercialisation dans ces zones, les exportations de bétail, principale source de revenus de la plupart des populations dans ces régions, restent très limitées.

Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d’informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s’adresser, pour tout complément d’information au Bureau du Chef, SMIAR, FAO; Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: giews1@fao.org)

Prière de noter que le présent rapport est disponible sur Internet sur les serveurs World Wide Web de la FAO à l’adresse suivante: http://www.fao.org/giews/.

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