SYSTÈME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE
SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE

ALERTE  SPÉCIALE

No. 329

RÉGION: SAHEL            DATE: 19 MAI 2010

 

LA SITUATION ALIMENTAIRE EST PARTICULIÈREMENT PRÉOCCUPANTE DANS
PLUSIEURS ZONES DU SAHEL, NOTAMMENT AU NIGER


En 2009, la production agricole a été sérieusement compromise dans plusieurs zones du Sahel en raison des pluies tardives, d’épisodes prolongés de sécheresse et d'une infestation importante par les ravageurs. Les zones les plus touchées ont été le centre et l'est de la sous-région où, selon les estimations, la production de céréales a baissé de 30 pour cent au Niger, de 17 pour cent au Burkina Faso et de 11 pour cent au Tchad par rapport à 2008. Malgré des conditions de croissance favorables qui ont stimulé la production céréalière dans la majeure partie de la zone occidentale, une pluviosité irrégulière a provoqué une chute de 24 pour cent de la production céréalière en Mauritanie.


A cette baisse de la production de céréales, s'ajoute une forte dégradation des pâturages dans les zones pastorales et agro-pastorales du Sahel. Les estimations indiquent par exemple que la production de biomasse dans les zones pastorales du Niger a été, en 2009, inférieure de 62 pour cent au niveau requis à l’échelon national. Ce déficit est trois fois plus important que celui observé l’année précédente. Au Tchad, les rapports indiquent un taux de mortalité d'environ 31 % du cheptel dans les zones du centre-ouest, alors qu'au Mali, une mortalité importante du cheptel a été observée dans les régions de Tombouctou, Gao, Ségou et Kidal.


La chute de la production céréalière et des pâturages dans ces pays s'inscrit dans le contexte d'une envolée des prix des produits alimentaires. Les prix des céréales sont restés nettement supérieurs aux niveaux antérieurs à la crise des prix des produits alimentaires d'il y a deux ans, en particulier dans les pays de l'Est et du centre du Sahel. Malgré un fléchissement des prix des céréales secondaires qui avaient atteint un maximum en août - septembre 2008, les prix du millet en avril 2010 sur les marchés du Burkina Faso (Ouagadougou), du Mali (Bamako) et du Niger (Niamey) étaient encore supérieurs, respectivement, de 28 pour cent, 27 pour cent et 12 pour cent par rapport à la même période de 2008. Si les approvisionnements abondants observés dans les pays riverains du Golfe de Guinée expliquent que les prix des céréales secondaires y sont moins élevés, on peut s'attendre à ce que le raffermissement récent du Naira (la monnaie du Nigéria) par rapport au franc CFA, ainsi que la hausse des prix des carburants dans certains pays se traduisent à court terme par une nouvelle flambée des prix des aliments. En revanche, les prix du bétail ont connu une forte baisse, ce qui implique une dégradation importante des termes de l’échange pour les groupes pastoralistes.

La combinaison entre la baisse de la production céréalière, les mauvaises conditions des pâturages, ainsi que l’association persistante entre la pauvreté et les prix encore élevés des produits alimentaires pourrait conduire à une forte insécurité alimentaire et à une aggravation de la malnutrition dans les pays touchés. Au Niger, le gouvernement a demandé une aide d'urgence massive au début du mois de mars pour éviter une crise alimentaire qui menace de larges secteurs de la population. Quelque 2,7 millions de personnes vivant principalement dans les régions de Maradi, Zinder et Tahoua requièrent une aide alimentaire cette année et on estime à 5,1 millions le nombre de personnes qui pourraient être aussi touchées par l’insécurité alimentaire. Au Tchad, les mauvais résultats des récoltes de céréales et des pâturages concernent environ 2 millions de personnes qui ont besoin d'une aide alimentaire en 2010. Au Mali, les estimations indiquent que 629 000 personnes sont confrontées à l'insécurité alimentaire dans les régions de l'ouest, du nord et du nord-est du pays. Toujours au Mali, cette insécurité menace particulièrement 258 000 personnes distribuées dans 23 communes de Kayes dans la région occidentale, Tombouctou dans le centre - nord, et Gao et Kidal  dans le nord et le nord-est. Au Burkina Faso, des milliers de personnes ont besoin d'aide dans le Sahel, dans les régions du centre-nord, de l'est et du centre-est où les pâturages ont été gravement compromis. Quelque 370 000 personnes ont également besoin d'assistance en Mauritanie.

Au Niger, qui est le pays le plus gravement touché, plusieurs interventions d'urgence ont déjà été entreprises, notamment la vente de céréales à des prix subventionnés par le gouvernement, une alimentation générale fournie par l'Unicef et le PAM, ainsi que la distribution, par la FAO, de fourrage pour les animaux, de semences et d'engrais. Des intrants sont également distribués aux groupes pastoralistes au Burkina Faso, au Tchad et au Mali. Cependant, début avril, les opérations des Nations Unies n'étaient financées qu'à concurrence de 30 pour cent. Il est urgent de disposer de fonds plus importants pour pouvoir répondre à la gravité de la situation alimentaire, agricole et pastorale. Qui plus est, la région du Sahel, où les plantations sont prévues pour le mois de juin, connait encore des conditions de sécheresse correspondant à la saison. S'il ne commence pas à pleuvoir dans les délais normaux, les familles qui se consacrent à l'élevage vont avoir besoin d'une aide d'urgence supplémentaire pour éviter une aggravation de la mortalité du cheptel.




Le présent rapport a été établi sous la responsabilité du Secrétariat de la FAO à partir d’informations provenant de sources officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s’adresser, pour tout complément d’information au Bureau du Directeur adjoint, EST/SMIAR, FAO; Télécopie: 0039-06-5705-4495, Mél: giews1@fao.org

Prière de noter que le présent rapport est disponible sur Internet sur les serveurs World Wide Web de la FAO à l’adresse suivante: http://www.fao.org/giews/.

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