SYSTEME MONDIAL D'INFORMATION ET D'ALERTE RAPIDE SUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE DE LA FAO
PROGRAMME ALIMENTAIRE MONDIAL

RAPPORT   SPÉCIAL

MISSION FAO/PAM D'ÉVALUATION DES RÉCOLTES ET DE LA SÉCURITÉ ALIMENTAIRE

EN RDP LAO

18 mars 2011

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Faits saillants

  • La plus grande partie de la RDP Lao a subi une longue période de sécheresse au début de la campagne principale de paddy 2010, ce qui a contraint les riziculteurs à effectuer d’importants nouveaux semis et retardé le repiquage. Plus tard durant la campagne, des inondations localisées ont entraîné des pertes de récolte, notamment dans le sud du pays.
  • On estime qu’en 2010/11 (saison humide 2010 et saison sèche 2010/11) la production nationale de paddy sera de 3 millions de tonnes, inférieure environ de 6 pour cent à celle de 2009/10. La superficie consacrée au paddy et les rendements ont également été moindres cette année par rapport à l’an dernier.
  • On considère que durant la campagne de commercialisation 2011 (de janvier à décembre) les besoins en riz d’importation seront de 38 000 tonnes, soit environ la même quantité que l’année dernière, ce qui ne représente qu’un faible pourcentage de la consommation intérieure. Ils seront essentiellement couverts par la voie commerciale.
  • Le riz a atteint des niveaux de prix anormalement élevés en août et en septembre, craignant une faible production aux niveaux national et régional; après la récolte, ceux-ci sont restés supérieurs aux attentes. Cette situation suscite des inquiétudes quant à l’accès à l’alimentation des groupes de population à faibles revenus.
  • La vulnérabilité et l’insécurité perdurent à cause de chocs de faible envergure, extrêmement localisés, qui pourraient avoir une incidence très négative sur diverses communautés et districts. Le redressement entamé après le passage du typhon Ketsana à la fin 2009 et les sécheresses et inondations de 2010 n’étant pas achevé, l’insécurité alimentaire perdure, essentiellement dans les régions centrales et méridionales du pays.
  • Les populations touchées, estimées à 111 918 personnes, auront ainsi encore besoin de soutien extérieur avant la récolte principale de riz de la saison humide (en octobre 2011). On estime globalement qu’en 2011 les besoins d’aide alimentaire dépasseront les 4 000 tonnes de riz.

VUE D’ENSEMBLE

Le Ministère de l’agriculture et des forêts (MAF), préoccupé par les très faibles précipitations enregistrées au début de la saison des pluies dans plusieurs zones de la RDP Lao (ainsi que dans une grande partie de la région), suivies, durant la saison, d’inondations dans plusieurs endroits, a demandé à une Mission conjointe FAO/PAM d'évaluation des récoltes et de la sécurité alimentaire d’estimer la récolte principale 2010, d’établir des prévisions pour les cultures irriguées de 2011 et d’évaluer la situation alimentaire globale ainsi que les éventuels besoins d’importation et d’aide alimentaire pour la campagne de commercialisation 2010/11 (janvier à décembre). La dernière mission de ce type avait eu lieu en 2001, suite aux graves inondations dans la région.

Les membres internationaux de cette nouvelle Mission sont arrivés à Vientiane le 16 novembre. Ils ont passé les deux premiers jours en réunions et à collecter les informations communiquées par le Département de l’agriculture du MAF, l’Organisation nationale de gestion des catastrophes, ainsi que par les bureaux régionaux de la FAO et du PAM. L’itinéraire des équipes de terrain a été fixé, et leurs membres ont reçu des instructions au sujet de leur travail de collecte de données. Afin de couvrir le plus vaste terrain possible, la Mission a été confiée à quatre équipes, les trois premières chargées de quatre provinces chacune, et la quatrième plus spécifiquement de la municipalité de Ventiane. Chacune comprenait un représentant de la FAO, du PAM et du MAF. Une d’entre elles comptait également un représentant du Ministère du travail et des affaires sociales. Leurs membres ont travaillé 12 jours sur le terrain. Les bureaux provinciaux du Ministère de l’agriculture et des forêts et au moins deux bureaux de district dans chaque province leur ont communiqué un certain nombre d'informations de base sur la situation. Ils ont interrogé des cultivateurs et des ménages représentatifs, ont observé les cultures qui n’avaient pas encore été récoltées, se sont rendus sur les marchés afin d'y constater les niveaux d’approvisionnement et les prix, et, lorsque cela était possible, se sont renseignés auprès de minotiers sur les prix à la sortie des exploitations et les quantités de paddy reçues par les rizeries. Les équipes ont également demandé aux ONG compétentes œuvrant dans ces provinces quelle était leur perspective sur la campagne agricole et la sécurité alimentaire. Il s’agit de CARE, Vredeseilanden (VECO), German Agro-Action (GAA), Deutsche Welthungerhilfe (DWHH), Christian Relief et World Vision.

De retour à Vientiane, les équipes ont rassemblé leurs données et observations, et se sont rendues dans deux bureaux du gouvernement – le Centre de statistiques et d’informations du MAF et le Centre national de statistiques. Une réunion de compte rendu a été organisée le 6 décembre 2010 à l’intention du gouvernement et des organisations internationales.

Dans la RDP Lao, la campagne principale de paddy 2010 a généralement été affectée par la faiblesse des précipitations. La plupart des régions ont bénéficié d’une pluviométrie légèrement inférieure à la normale mais suffisante lors de la plantation (de la fin avril à mai), suivie d’une longue période de sécheresse, qui a très souvent contraint les riziculteurs à procéder à de nouveaux semis, retardant considérablement le repiquage. La gravité de cet épisode sec n’a pas été géographiquement uniforme. Si dans certaines régions le retard n’a pas été très important, dans d’autres il a duré jusqu'en août, contraignant les cultivateurs à effectuer plusieurs nouveaux semis. Parfois, dans les hautes terres, les riziculteurs, qui ne disposaient que d’une quantité de semences limitée, ont purement et simplement été contraints d’abandonner leurs champs. Si, de façon générale, la partie méridionale du pays a souffert davantage que la partie septentrionale, la répartition irrégulière de la sécheresse s’est également manifestée dans des zones géographiques relativement restreintes partout dans le pays. Certaines régions du sud, qui pouvaient habituellement bénéficier d’une irrigation supplémentaire, n’ont pas pu le faire cette année à cause du faible débit des cours d’eau. En fin de campagne, de fortes précipitations, notamment dans certaines zones centrales et méridionales, ont occasionné des dommages limités et des inondations ainsi que quelques pertes de récolte.

Généralement, cette année, les attaques de ravageurs et la fréquence des maladies n’ont pas été supérieures à la normale. Les dommages occasionnés par les rongeurs, particulièrement importants en 2008 et 2009, notamment dans les rizières des hautes terres du nord du pays, ont été moins sévères.

Au niveau national, durant cette campagne, les surfaces et les rendements rizicoles ont été moindres que l’année dernière. La Mission estime à 2,3 millions de tonnes la récolte de paddy pour la saison humide 2010, soit 7 pour cent de moins que lors de la même campagne de 2009. On estime cependant que les récoltes des cultures irriguées de saison sèche, actuellement non encore rentrées, seront légèrement supérieures à celles de 2009. Au total, on considère qu’en 2010/11 (saison humide de 2010 et saison sèche de 2010/11) la production atteindra 3 millions de tonnes, soit environ 6 pour cent de moins qu’en 2009/10.

Le maïs, cultivé surtout commercialement pour l’alimentation des animaux et exporté en très grande partie, a vu sa production fortement augmenter au cours des dernières années, encouragée par les contrats avec des négociants chinois et vietnamiens. Cette céréale a moins souffert de la sécheresse que le riz et l’on estime que sa production lors de cette campagne sera à nouveau en hausse du fait de l’augmentation des surfaces cultivées, entraînée par la hausse du prix du maïs.

L’année dernière, le cheptel s’est développé, de même que les exportations de buffles et de bovins, en particulier vers la Chine. Si son état sanitaire est globalement satisfaisant, on a observé des taux de mortalité inquiétants, notamment en ce qui concerne la peste porcine, particulièrement dans le nord. Il semble également que la maladie de l’oreille bleue du porc se répande. La vaccination du cheptel reste limitée; il est vraisemblable que les taux de mortalité pourraient être considérablement réduits par l’intensification des programmes vétérinaires.

Le prix du riz gluant, qui représente quelque 85 pour cent de la consommation totale de riz, a atteint un pic entre août et octobre 2010 du fait de préoccupations quant à l’éventualité d’une réduction des approvisionnements après le mauvais démarrage de la campagne. À partir de ce pic, la baisse du début de récolte est restée limitée et, à partir du mois de février 2011, le prix du riz était plus élevé que l’année précédente, de 26 à 58 pour cent selon les marchés. Il a également été tiré vers le haut par la forte augmentation du prix du riz thaï d’exportation de même type, qui sert de référence. Au cours des 12 derniers mois, les termes de l'échange riz/bétail ont également évolué en faveur du riz, son prix ayant sensiblement augmenté tandis que la hausse de ceux du bétail restait très limitée. Ces prix élevés du riz, l'aliment de base en RDP Lao, suscitent des inquiétudes pour l’accès à l’alimentation des groupes à faibles revenus, particulièrement ceux qui ont souffert de pertes de récoltes durant la campagne.

Étant donné la longueur de la frontière qui sépare la RDP Lao de la Thaïlande et du Vietnam, le commerce de riz reste actif dans les deux sens. Au vu de la moindre production de paddy attendue cette année, non seulement en RDP Lao mais également dans la région, le gouvernement a ordonné aux riziculteurs et aux minotiers de ne pas en exporter dans les pays voisins. Cependant, au vu de la longueur des frontières du pays par rapport à sa superficie, cela pourrait être difficile à réaliser.

En 2011, les besoins en importations nécessaires pour maintenir la consommation alimentaire aux niveaux historiques actuels sont estimés à 38 000 tonnes, soit environ la même quantité qu’en 2010. Sur celle-ci, 30 000 tonnes devraient être couvertes par des importations commerciales, officielles ou non, principalement en provenance de la Thaïlande. De façon générale, et en tenant compte de la moindre demande intérieure de la RPD Lao par rapport à celle de la Thaïlande et du Vietnam – respectivement premier et deuxième exportateurs mondiaux de riz – tout déficit national devrait pouvoir être comblé par des importations commerciales, pour autant que la demande reste forte dans le pays.

En ce qui concerne les populations en situation d’insécurité alimentaire, le processus de redressement après le passage du typhon Ketsana a été contrarié par l’insuffisance et l’irrégularité des précipitations durant cette campagne, ainsi que par les inondations localisées dans les provinces de Khammouan et de Savannkhet. Ces conditions de sécheresse devant se prolonger jusqu’à la fin de la saison sèche (mai), on s’attend à une aggravation de la vulnérabilité et de l’insécurité alimentaires dans la partie centrale et méridionale de la RDP Lao durant la saison des pluies, et ce jusqu’à la récolte de la campagne principale 2011. On estime que 111 918 personnes auront besoin d’une aide alimentaire extérieure de 4 029 tonnes de riz. Des événements catastrophiques locaux de faible intensité continueront d’avoir une très forte incidence sur les communautés et aggraveront partout l’insécurité alimentaire des ménages vulnérables.

Le présent rapport a été établi par Liliana Balbi et Swithun Goodbody pour la FAO et Michael Sheinkman, Matthieu Tockert, Jannie Armstrong, Vilon Viphongxay et Ruangdech Poungprom pour le PAM, sous la responsabilité des secrétariats de la FAO et du PAM à partir d’informations officielles et officieuses. La situation pouvant évoluer rapidement, prière de s’adresser aux soussignés pour un complément d’informations le cas échéant.

Liliana Balbi
Économiste principal,
EST/SMIAR

Télécopie: 0039-06-5705-4495
Courriel: giews1@fao.org

Kenro Oshidari
Directeur régional et Représentant de pays, PAM/OMB
Télécopie: 0066-2659-4115
Courriel: kenro.oshidari@wfp.org

Veuillez noter qu’il est possible d’obtenir le présent Rapport spécial sur le site Internet de la FAO (www.fao.org) à l'adresse suivante: http://www.fao.org/giews/ et http://www.wfp.org/foodsecurity/reports/CFSAM

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