0394-B2

Gestion durable des mangroves sous pression démographique et paupérisation

Ndongo DIN[1] & François BLASCO[2]


Résumé

La protection et la réhabilitation des écosystèmes de mangrove constituent une préoccupation majeure et permanente à travers le monde. La gestion des ressources naturelles dans les pays à démographie galopante est confrontée au facteur anthropique défavorable en plus des conditions du milieu. L’ignorance et les faibles revenus des populations riveraines, associés à l’implication de plusieurs structures dans l’utilisation des ressources, accélèrent la dégradation de l’écosystème. La complexité des mangroves nécessite une gestion participative. Une équipe pluridisciplinaire d’experts doit être chargée d’élaborer un plan global de gestion des écosystèmes marins et côtiers au niveau régional ou national. Elle définit le rôle de chaque intervenant et propose des stratégies efficaces pour l’orientation des activités socio-économiques. Les principaux résultats attendus concernent l’inventaire de la biodiversité et les relations étroites entre, d’une part les diverses composantes et, d’autre part, entre ces dernières et les paramètres de l’environnement. Un accent particulier doit être mis sur les activités anthropiques et leur évolution en relation avec la croissance démographique. La formation, l’éducation des populations et la vulgarisation des connaissances sur le rôle de cet écosystème dans la production des pêcheries côtières sont des priorités pour impliquer les communautés voisines dans la conservation des mangroves. Un comité local permanent de gestion, avec obligation de résultats, assure le suivi et l’application effective des résolutions avec l’aide du gouvernement et de la communauté internationale.

Mots-clés: activités anthropiques, démographie, gestion durable, mangroves, paupérisation.


1. Introduction

Les écosystèmes forestiers de mangrove subissent quasiment partout dans le monde, des dégradations anthropiques de toutes sortes et de diverses amplitudes (FAO 1994; Ellison and Farnsworth 1996; Valiela et al. 2001). La pression démographique provoque leur destruction et son influence s’accentue dans des zones non protégées, surtout aux voisinages des agglomérations où les problèmes fonciers et la pauvreté poussent les populations à occuper des espaces libres à faibles coûts.

Les mangroves se développent à plus de 90% de leur superficie dans des pays pauvres ou émergents dans lesquels l’Etat est le seul administrateur des ressources naturelles. La confusion dans la gestion des ressources favorise leur dégradation à la suite d’une exploitation abusive et très souvent incontrôlée et frauduleuse. En effet, plusieurs autorités sont souvent théoriquement compétentes pour l’administration d’une même ressource. Les communautés locales ne semblent même pas concernées par les lois qui régissent la gestion du patrimoine dont elles sont les garantes.

Le bois, principale ressource sensible des mangroves hautes des régions côtières d’Afrique, est fortement affecté par la croissance démographique urbaine et la dégradation du secteur moderne qui accentuent la pauvreté en augmentant non seulement le nombre de coupeurs de bois, mais aussi le nombre de consommateurs incapables de payer les sources d’énergie modernes (Nicole et al. 1994; Saenger and Bellan 1995; Din 2001).

A la fin du siècle dernier, plusieurs pays africains ont été frappés par une grave crise économique qui a peuplé leurs villes de nombreux chômeurs. Dans les villes côtières, le commerce du bois provenant des mangroves est apparu comme une activité florissante. Un autre facteur accélérateur fut la modernisation du matériel de coupe par introduction de tronçonneuses et parfois de grosses pirogues propulsées par des moteurs hors bord (Din and Blasco 1998).

La gestion des mangroves, en tant qu’écosystème forestier, doit trouver son cadre juridique dans la politique forestière avec pour objectif général la pérennisation et le développement des fonctions économiques, écologiques et sociales de cet écosystème, dans un cadre de gestion intégrée qui assure de façon soutenue et durable la conservation et l’utilisation de ces ressources. L’implication et l’éducation des populations riveraines sont des actions indispensables pour la conservation et la réhabilitation des mangroves (ISME 1993; Hamilton and Snedaker 1994).

2. Problèmes majeurs

Les écosystèmes côtiers sont placés sous le contrôle des autorités terrestres et maritimes. L’implication exacte des différentes structures administratives dans la gestion des mangroves est difficile à déterminer. Les indices sur le terrain sont rares et les informations disponibles toujours parcellaires. La présence des militaires est forte dans les régions frontalières (Angola, Cameroun, Gambie, Nigeria, Sénégal, etc.) dans lesquelles la situation est devenue particulièrement délicate pour la recherche et les autres activités civiles.

Plusieurs organismes étant impliqués dans l’utilisation des ressources des mangroves, l’intervention de l’Etat devrait être forte pour la régulation des activités des différents partenaires. A cause de la faible mobilisation des ressources humaines, les actions les plus intéressantes visant à préserver ces écosystèmes sont insensibles sur le terrain.

Dans plusieurs pays africains, les mangroves continuent à être gérées comme un écosystème forestier pauvre, dépourvu de bois d’œuvre ou n’ayant pas suffisamment de qualités susceptibles d’intéresser les exploitants forestiers et augmenter le PIB. Ce désintéressement des décideurs, renforcé par des expertises d’environnementalistes peu crédibles, fait croire que cet écosystème n’a aucune valeur économique et que les activités anthropiques traditionnelles n’ont pas de conséquences majeures sur sa structure, son fonctionnement ni sur son évolution (Landesmann 1994; Spaninks and van Beukering 1997; Black 2002).

La pêche constitue l’activité principale des communautés côtières traditionnelles dans lesquelles elle est perçue d’abord comme une activité culturelle avant les besoins économiques. Malgré le rôle primordial que les mangroves et les systèmes connexes jouent dans les pêcheries (Robertson and Duke 1987; Primavera 1998), les autorités qui gèrent les pêches n’apportent pas beaucoup de solutions sur la protection et la conservation de ces écosystèmes.

Dans les régions africaines à climat contrasté (Mauritanie, Côte d’Ivoire, Sénégal, Sierra Leone, etc.), l’agriculture est un facteur important de dégradation des mangroves (Nicole et al. 1994; Saenger and Bellan 1995). En Afrique centrale, les surfaces de mangrove cultivées sont négligeables. Les mangroves reçoivent cependant d’importantes quantités de déchets provenant des activités agricoles qui les jouxtent.

L’extension portuaire, les élevages de crevettes, les rizières et autres cultures maraîchères signalées dans plusieurs mangroves (Hong and San 1993; FAO 1994; Field 1996; Black 2002) sont parfois des projets étatiques ou des investisseurs privés qui nécessitent des moyens importants et la prise de décision est toujours plus proche des aspirations économiques qu’environnementales. En terme de superficie, ces activités causent plus de dégâts que les activités anthropiques traditionnelles.

Les textes d’applications des lois sont souvent inexistants ou ne sont pas appliqués. Les autorités sont tentées d’improviser pour assurer le maintien de l’ordre. En traversant plusieurs circonscriptions administratives, on peut être soumis à des lois différentes sur un même territoire. La principale conséquence est l’accroissement du nombre de trafiquants avec incorporation d’agents qui sont supposés lutter contre le fléau.

La forte croissance démographique intensifie la pression sur les ressources et les mesures de contrôle deviennent indispensables. L’exploitation du bois dans les mangroves est une activité dévastatrice dès lors que les lois du marché supplantent les besoins ordinaires de consommation des populations. L’amélioration des revenus étant une quête permanente de l’homme, l’exploitation libre et gratuite des ressources naturelles conduit toujours à leur dégradation totale et à celle de l’écosystème à moyen terme.

L’absence d’utilisation des ressources peut aussi devenir un inconvénient. La dynamique naturelle progressive des mangroves peut aboutir à l’obstruction des voies d’eau, perturbant ainsi la navigation et éloignant les zones de pêche. La préservation des mangroves ne signifie pas forcément une protection intégrale exempte de toute activité anthropique.

3. Méthode

La vulnérabilité particulièrement prononcée des mangroves exige l’intervention d’experts d’horizons divers. La création d’un groupe constitué de tous les représentants des secteurs identifiés dans leur exploitation est indispensable à leur gestion. Les spécialistes préparent les documents qui servent de bases de discussions pour l’établissement d’un plan directeur. Cette approche participative doit être intégrée dans un programme global de gestion des écosystèmes marins et côtiers du pays qui est chargé d’élaborer un plan global de gestion des mangroves.

Le rôle de chaque partenaire, l’orientation des activités socio-économiques, l’application de la législation, la sensibilisation et l’éducation des populations concernées, l’initiation des programmes de recherche, la place des ONG, etc. sont autant de points qu’il faut définir afin de déterminer des stratégies efficaces pour des résultats fiables. Une politique de gestion durable doit s’organiser autour d’une équipe pluridisciplinaire pour orienter les diverses activités dans cet écosystème.

Après la concertation nationale, il convient de créer un comité de gestion qui est chargé de l’exécution et de l’application des résolutions sur le terrain en vue de la préservation des mangroves dans tous les sites actuels, quelle que soit la taille des peuplements. Il doit comprendre des agents permanents et des bénévoles à coopter pour leur passion dans la conservation et la réhabilitation des mangroves. Un cahier des charges doit être établi pour une évaluation périodique et efficiente. Des accords de collaboration avec des autorités administratives et du maintien de l’ordre doivent être prioritaires, surtout au début du fonctionnement effectif.

Une législation doit préciser le statut juridique de ces écosystèmes. Elle doit tenir compte de la protection de ses valeurs économiques de marché, et surtout des valeurs qui ne sont pas commercialisables. Elle doit expliquer les conditions d’exploitation en excluant toute possibilité d’activités industrielles qui sont difficiles à réprimer à cause du chantage éventuel sur l’augmentation du chômage. Elle doit transférer certains pouvoirs et prérogatives de gestion de l’environnement des ministères au comité.

Les ONG doivent avoir une place de choix dans l’organigramme du comité de gestion. La vulgarisation des textes et l’éducation environnementale doivent leur être confiées. Elles devront disposer d’un personnel relativement qualifié et le comité se chargera de la formation des formateurs par le biais de séminaires. Dans chaque campement elles devront identifier, parmi les populations, des leaders qui se chargeront du suivi au niveau local.

Le plan de gestion définit un programme de recherche dont l’objectif général est la préservation et la réhabilitation des mangroves. Des chercheurs seront appelés à proposer des projets de recherche dans tous les domaines scientifiques et socioculturels. Des sites d’expérimentation doivent être identifiés et mis à la disposition de la recherche. Le comité se chargera de trouver des financements auprès du gouvernement et des bailleurs de fonds.

La coopération internationale devra être impliquée à travers les organisations des Nations Unies chargées de la protection de l’environnement et du développement. Les organisations comme la Banque Mondiale, l’union mondiale pour la nature (IUCN), l’organisation internationale des bois tropicaux (OIBT), le World wide fund for nature (WWF), l’international waterfowl and wetlands research bureau (IWRB), etc. et surtout l’international society for mangrove ecosystems (ISME) peuvent être sollicitées pour l’élaboration de programmes qui orientent les diverses activités mais surtout pour peser de tout leur poids et influencer les décisions gouvernementales vers la gestion durable des mangroves.

4. Résultats attendus

La détermination des potentialités réelles des mangroves africaines et l’exploitation rationnelle des ressources passe par l’analyse de leur composition biologique, la compréhension de leur fonctionnement et leur évolution. Les principaux résultats à atteindre sont entre autres:

- l’identification des principales caractéristiques physico-chimiques et biologiques qui conditionnent la dynamique des mangroves;

- l’inventaire de la biodiversité dans les diverses stations de mangrove;

- la détermination des relations entre les paramètres physico-chimiques des sites et la variabilité globale de la végétation;

- la connaissance des affinités entre les espèces caractéristiques des mangroves et les espèces de forêts voisines qui envahissent l’espace mangrove lorsque la salinité et l’inondation le permettent;

- la détermination de l’amplitude de dégradation aux environs des agglomérations et le sens de l’évolution dans les autres peuplements;

- l’évaluation de l’impact des activités anthropiques sur l’évolution des écosystèmes côtiers et particulièrement sur les mangroves;

- l’identification des taxa ayant des potentialités morphologiques et écologiques en vue de la reforestation des espaces dégradés;

- l’évaluation des besoins des populations en relation avec une utilisation durable des ressources et la garantie des réserves adéquates destinées à la préservation;

- la détermination des zones d’utilisation, de conservation et de réhabilitation en fixant des critères ou normes d’exploitation;

- la définition des stratégies nécessaires à l’utilisation et la préservation des ressources.

5. Discussions

La création d’un comité national d’études sur la gestion durable des mangroves nécessite absolument la participation du Gouvernement parce qu’il est le seul capable de créer des espaces protégés et des structures responsables du contrôle et du suivi de l’application des recommandations sur le terrain.

L’utilisation de l’espace mangrove demeure le problème fondamental dans ce sens qu’elle provoque toujours des perturbations irréversibles et dans plusieurs cas, la destruction est totale. Les surfaces de mangrove ne cessent de diminuer; c’est la conséquence la plus directe de l’urbanisation. Viennent s’y ajouter l’élargissement des infrastructures portuaires et routières en plus de l’accroissement démographique et des pressions anthropiques qui revêtent de multiples formes.

Aussi, doit-on admettre dans les zones de mangrove des populations de pêcheurs ou des marchés de poissons qui nécessitent la proximité de cet écosystème pour leurs activités. Toute autre activité ou installation de populations urbaines doit être limitée au moins à 500 m de sa zone pionnière. En fonction de la progression de cette formation, on pourra récupérer au terme de chaque décennie par exemple, une petite portion de terre ferme pour les populations les plus démunies sans délivrer des titres de propriétés définitifs.

L’identification des zones exploitables pour une période donnée est une solution intéressante pour la conservation des écosystèmes. L’application des cycles de rotation en fonction des ressources disponibles et de la demande maintient les fonctions de l’écosystème dans plusieurs sites «mis en jachères». Les connaissances biologiques et écologiques de chaque site à exploiter seront clairement déterminées et analysées par rapport à l’ensemble des peuplements. L’exploitation des espèces rares sera interdite par mise sous protection systématique des sites les renfermant.

Tous les campements actuels doivent être recensés et considérés comme les lieux d’habitations fixes. Toute autre installation en dehors de ceux-ci doit être strictement prohibée et sanctionnée. La formation, l’éducation des populations et la vulgarisation des connaissances concernent notamment le rôle de cet écosystème dans la production des pêcheries côtières, donc dans l’amélioration de leur rendement et dans la protection des côtes.

Cette éducation ferait des pêcheurs non seulement des protecteurs et des gardiens contre les atteintes portées par des bûcherons venant des villes, mais réduirait aussi l’abattage inutile des arbres parfois pour de faibles besoins. La finalité de cette action serait de responsabiliser les principaux acteurs ou, tout au moins de limiter les activités destructrices par des actions répressives. Les stratégies à mettre en place dépendront de la participation ou non des autorités au niveau local.

Les pertes dans l’exploitation du bois de mangrove dues essentiellement à l’abandon des houppiers sur le terrain sont de l’ordre de 50% au Cameroun (Din, 2001). Tous les arbres abattus devront être désormais entièrement enlevés pour la consommation des ménages. Les bûcherons s’organisent en deux groupes en fonction de leurs capacités matérielles et physiques. Au lieu que les moins nantis abattent de jeunes arbres dans les zones pionnières, ils seront orientés pour récupérer les parties abandonnées par les utilisateurs possédant des moyens plus performants.

Les lieux d’exploitation doivent respecter le sens de la dynamique locale. La mangrove étant essentiellement vulnérable dans sa zone pionnière (front de colonisation de nouveaux espaces), toute autre activité à l’exception de la recherche scientifique doit se faire au-delà de cette zone. Le problème reste la détermination de la limite interne de cette zone qui est un paramètre strictement local et très variable. On pourra par exemple, la matérialiser grossièrement comme la partie ou débute le mélange d’espèces à partir de la principale voie d’alimentation en eau.

Les formes d’exploitation qui garantissent la régénération des ressources sont des stratégies de premier choix dans la gestion durable des écosystèmes forestiers. La régénération est importante dans les mangroves et presque toutes les espèces produisent des propagules et les exportent grâce aux mouvements des marées. Le taux de mortalité de plantules dans les mangroves est cependant parmi les plus élevés au monde (cas d’Avicennia germinans), mais le nombre et la fréquence des graines permettent d’obtenir toujours suffisamment de «rescapés» capables non seulement de maintenir les fonctions de l’écosystème, mais souvent aussi de l’étendre (Din et al. 2002).

La plantation des espèces forestières doit être engagée dans les espaces émergés à la limite externe de la zone pionnière qui ne possèdent encore aucune végétation. La restauration utilise des espèces locales et les opérations tiennent compte du taux de mortalité élevé qui affecte toutes les espèces colonisatrices de nouvelles ressources ou espaces (Field 1996). Le nombre de propagules doit par conséquent être suffisamment élevé et les cycles de végétation préalablement déterminés par des études scientifiques. Cette stratégie indispensable à la survie des mangroves en zones de saison sèche marquée sera malheureusement confrontée à leur faible production de propagules. Il faudra envisager le transfert des plantules des mangroves voisines en maintenant leur pouvoir germinatif. Ces techniques sont aujourd’hui convenablement maîtrisées (JAM 1997).

Conclusion

Les problèmes que pose la gestion des mangroves sont particulièrement multiples en Afrique et aucune autorité administrative n’est capable seule à répondre aux exigences de développement durable de cet écosystème. L’absence de concertation entre les différents organismes étatiques et le manque de personnels sur le terrain d’une part, l’ignorance et la pauvreté des populations riveraines d’autre part, apparaissent comme des facteurs défavorables à leur gestion durable.

La gestion d’un écosystème complexe comme la mangrove dépend de la participation de la communauté scientifique nationale, en collaboration avec des experts et organismes internationaux reconnus. La conservation et la réhabilitation des mangroves au voisinage des populations pauvres est maîtrisable par un comité local de gestion, révocable, mis en place avec obligation de résultats, grâce à l’intervention de l’Etat et de la coopération internationale.

Références bibliographiques

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Din, N., R.J. Priso, M. Kenne, D.E. Ngollo and F. Blasco, 2002. Early growth stages and natural regeneration of Avicennia germinans (L.) Stearn in the Wouri estuarine mangroves (Douala-Cameroon). Wetlands, Ecology and Management 10 (6): 461-472.

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Valiela, I., J.L. Bowen, and J.K. York, 2001. Mangrove forest: one of the world’s most threatened major tropical environments. Biotropica 51 (10): 807-816.


[1] Université de Douala, Faculté des Sciences, Département de Biologie des Organismes Végétaux, B.P. 8948 Douala Cameroun; Tél. (237) 340 75 69; Fax (237) 40 64 15 e-mail: ndongodin@yahoo.com.
[2] Centre de télédétection, CESBIO-LADYBIO, Université Paul Sabatier, B.P. I 2801 - 31041 Toulouse cedex 4, (France); e-mail: françois.blasco@cict.fr.