1006-A3

Plaider pour une protection des bois sacrés en Afrique noire.

Esoh Elamé 1


Résumé

Notre réflexion qui s'inscrit dans le cadre du patrimoine forestier de l'Afrique noire en général, s'intéressera plus particulièrement aux bois sacrés que nous définissons ici comme étant constitués de bois, d'îlots de forêts, de savanes, de steppes ou de déserts, réservés aux cérémonies traditionnelles y compris aux rituels magico-religieux. Ils sont un héritage des générations fondatrices des communautés autochtones africaines et ont une valeur qui les rendent dignes de protection à n'importe quel prix. Les cultures de l'Afrique noire tirent en grande partie leur vitalité, leur richesse spirituelle et non matérielle, de la relation qu'elles entretiennent avec la nature et en particulier avec ces lieux sacrés. Parce qu'ils remplissent plusieurs fonctions: espaces de méditation pour les populations autochtones, lieux de réunions des notables où se prennent des grandes décisions qui concernent la Communauté, lieux de cultes et d'initiation, cimetières des ancêtres, lieu de recueillement, ils représentent pour les communautés autochtones, des lieux permettant de maintenir la solidarité intra et intergénérationnelle, dimension importante du développement durable.

Nous constatons cependant que les politiques menées jusqu'ici par les pays africains, les Etats occidentaux et les institutions internationales dans le cadre de la gestion du patrimoine forestier en Afrique noire ne prennent pas en considération comme il se doit la dimension culturelle des forêts. Il existe pourtant des exemples en Afrique noire (Kenya, Côte d'Ivoire) qui montrent que la réhabilitation des bois sacrés conduit de manière efficace à la protection et à la valorisation de la biodiversité des forêts.

Dans notre mémoire, nous essaierons de présenter les éléments culturels et interculturels à prendre en considération pour comprendre la sacralité de la forêt en Afrique noire. Nous proposerons également quelques idées concrètes qui pourront aider à définir un nouveau paradigme de la gestion forestière en Afrique noire.


1 - Contexte

Si le nouveau millénaire montre les signes d'un important tournant social et politique en ce qui concerne les questions environnementales, il met aussi en évidence les difficultés de traduire les propositions en faits susceptibles de vraiment faire changer le monde. Cette remarque vaut notamment pour la gestion du patrimoine forestier mondial, où l'on note une absence de prise en compte de leurs dimensions culturelle et interculturelle dans les stratégies et actions menées sur le terrain.

Notre réflexion qui s'inscrit dans le cadre du patrimoine forestier de l'Afrique noire en général, s'intéressera plus particulièrement aux bois sacrés que nous définissons ici comme étant constitués de bois, d'îlots de forêts, de savanes, de steppes ou de déserts, réservés aux cérémonies traditionnelles y compris aux rituels magico-religieux. Les bois sacrés sont un héritage des générations fondatrices des communautés autochtones africaines et ont une valeur qui les rendent digne de protection à n'importe quel prix. Les cultures de l'Afrique noire tirent en grande partie leur vitalité, leur richesse spirituelle et non matérielle de la relation qu'elles entretiennent avec la nature et en particulier avec ces lieux sacrés. Tels que nous les définissons ici, les bois sacrés font parties des sites naturels sacrés de l'Afrique noire qui incluent tous reliefs sensés être l'habitat des divinités tels les îlots de desserts, les fleuves et rivières, les lacs. Parce qu'ils remplissent plusieurs fonctions: espaces de méditation pour les populations autochtones, lieux de réunions des notables où se prennent des grandes décisions qui concernent la Communauté, lieux de cultes et d'initiation, cimetières des ancêtres, lieu de recueillement, les sites naturels sacrés représentent pour les communautés autochtones, des lieux permettant de maintenir la solidarité intra et intergénérationnelle.

Les idées que nous présentons ici, interpelle en premier lieu les gouvernements des pays de ce continent, les bailleurs de fonds internationaux, les chercheurs, les Ongs et toutes sortes d'organisations impliquées dans les projets d'aide au développement qui touchent le patrimoine forestier africain. Notre contribution renforce la thèse que nous défendons consistant à dire que la prise en compte de la dimension culturelle de l'environnement n'est pas encore intégrée dans la notion de développement durable. Ce dernier, doit permettre non seulement une intégration des questions environnementales dans les stratégies de développement, mais également les problématiques interculturelles (E.Elamé, 2001, 2003).

2 - Quelques éléments culturels et interculturels pour comprendre la sacralité de la forêt en Afrique noire.

En Afrique noire, les populations autochtones ont des représentations symboliques et magico-religieuses de la forêt. Elles ne la perçoivent pas seulement comme un gisement de ressources. Cela s'explique par la place importante accordée aux aspects non matériels et à la nature dans les cultures de l'Afrique noire.

2.1 - La dimension spirituelle des forêts: un élément culturel d'importance majeur

En Afrique noire, il existe des religions traditionnelles qui se caractérisent par un ensemble de croyances locales, fortement ancrées dans les mythes fondateurs des communautés et accordant une place importante aux esprits, aux ancêtres et à certains vivants. Les bois sacrés qui sont un instrument de la spiritualité traditionnelle, sont le lieu de cosmogonie suprême, le trait d'union entre l'ici et l'ailleurs spirituel, le lieu de transition entre le monde des humains et celui des non humains. Le caractère sacré des bois concerne sa dimension spirituelle et le lien que cette dernière permet de nouer avec les bons ancêtres. Chez les Fang par exemple, le culte des Esprits «Ngui» se déroule essentiellement en pleine forêt et interpelle les initiés, qui sont supposés être détenteurs de pouvoirs mystiques. Cette pratique spirituelle, qui conduit à une reconnaissance symbolique et spatio-temporelle de la place que les bons ancêtres ont occupée dans la communauté, sert d'intermédiaire entre les humains autochtones et le Dieu créateur. On comprend donc que l'espace où se déroule le culte des Esprits chez les Fangs est un lieu sacré comme l'est par exmple la Basilique de San Francesco à Assise (Italie). Pour renforcer et témoigner la sacralité du lieu où se déroule le culte des Esprits chez les Fangs, «le chef du Ngui est considéré comme le gardien de la forêt et des lieux sacrés aménagés. Il est le seul habilité à s'y rendre au nom des individus, familles et du village dans la recherche des réponses aux problèmes quotidiens de la vie en société (maladies, sorcellerie, non respect des interdits alimentaires relatifs à certaines ressources naturelles, etc). Continuateur et représentant vivant des œuvres des ancêtres dans le village, le chef de Ngui veille au respect des coutumes, des traditions et valeurs sociales tout en assurant la formation et l'intégration des jeunes membres de la communauté dans la vie sociale. Il jouit d'un double pouvoir: celui de prêtre religieux et de chef de village entouré des initiés...Le chef de Ngui est communément appelé nôm Ngui ce qui veut dire en Fang le plus vieux des gorilles. Ce symbolisme de gorille utilisé ici renvoie aux idées de force, d'autorité et de protection dont est porteur le nôm Ngui dans le village à l'instar de cet animal auprès des autres dans la forêt"( Z. Mogba.,1999).

Globalement, même s'il existe quelques différences de représentations spatio-temporelles et fonctionnelles, dans l'ensemble, toutes les populations autochtones riveraines des forêts voient en celles-ci une partie intrinsèque de leur identité culturelle.

2.2 - La dimension culturelle de la fonction commémorative des forêts en Afrique noire

Les forêts en Afrique noire ont aussi un rôle commémoratif. Certaines forêts sont le domicile des divinités. D'autres sont des cimetières de chefs traditionnels, de hauts dignitaires, de notables, et parfois même de simples personnes comme chez les Pygmées Aka de la République centrafricaine. En effet chez ces derniers, lors du décès, le défunt est enterré dans le campement. La communauté abandonne définitivement cet espace afin que l'esprit du défunt puisse bien se régénérer dans la forêt. Cet endroit devient donc symbolique et riche d'histoire (Bahuchet, S.,1985). Pour les communautés autochtones africaines, l'abattage des arbres dans une forêt abritant les morts est une profanation.

2.3 - La dimension culturelle de la fonction pharmacologique des forêts en Afrique

Il existe une diversité de pratiques traditionnelles en Afrique noire sur la manière d'appréhender le mal, la douleur et la maladie. L'ensemble de ces pratiques sont fortement liées aux représentations que les populations ont de la maladie, qui sont à le plus souvent liées aux aspects magico-religieux. La forêt joue une fonction pharmacologique de grande importance. Mais les capacités et attitudes pour identifier les ressources naturelles de la forêt ayant une vertu médicinale, sont transmises de génération en génération, à travers une rigoureuse initiation accompagnée de rituels afin d'acquérir les aptitudes à communiquer avec le cosmos. L'usage des ressources naturelles de la forêt comme les écorces d'arbres, les racines, les plantes, les feuilles, la sève pour une finalité pharmacologique suivant les types de maladies, peut nécessiter des rituels particuliers faisant appel aux divinités ancestrales. L'accessibilité à la connaissance pharmacologique traditionnelle répond à des critères culturels spécifiques qui peuvent nécessiter dans bien des cas l'appartenance aux sociétés secrètes.

2.4 - La dimension interculturelle des forêts en Afrique noire

La dimension interculturelle de la forêt réside dans le fait que plusieurs communautés autochtones peuvent partager ensemble une forêt. La notion de frontière est très fluide. Les lieux de mémoire de chaque communauté sont bien respectés. Les communautés qui partagent ensemble une forêt collaborent, communiquent et coopèrent pour sa bonne gestion. Le principe de cogestion est donc privilégié. Mais cette dimension interculturelle n'est plus suffisante aujourd'hui. Elle a servi par le passé aux communautés locales pour préserver, pendant de centaines d'années, la forêt pour le bien de la communauté internationale. Aujourd'hui, de nouveaux problèmes émergent. Les prédateurs de la forêt (à savoir les grandes entreprises occidentales, les multinationales), les agents de coopération et même certaines organisations de défense de l'environnement ne respectent pas l'espace sacré des populations locales riveraines des forêts. On pénètre la forêt des autres comme si elle était la forêt de tout le monde. Les normes et les croyances locales qui ont pourtant gouvernées pendant des centaines d'années les forêts tropicales africaines empêchant les populations locales de faire du pillage des biens sont aujourd'hui violées.

3 - Pour un nouveau paradigme de la gestion forestière en Afrique noire

Nous proposons ici un ensemble de questionnements qui peuvent servir de pistes de recherche. Quel rôle doivent jouer les populations autochtones riveraines dans la gestion des forêts? Comment est-il possible d'intégrer l'identité culturelle des populations autochtones dans les programmes de gestion intégrée des forêts? Quelle importance accorder aux bois sacrés dans les stratégies nationales de gestion des forêts? Nous proposons également quelques idées de solutions pertinentes, qui, si elles sont appliquées, permettront d'avoir une politique efficace de gestion du patrimoine forestier africain qui tienne compte des traditions locales.

3.1 - Considérer les bois sacrés comme un patrimoine culturel et naturel

Il faut désormais considérer les bois sacrés d'abord comme des patrimoines culturels et naturels. En tant que tels, ils doivent être inclus dans les listes indicatives du patrimoine des pays africains. Ainsi, ils seront légitimés, et le rôle des chefs traditionnels comme personnes ressources garantes de la valorisation de l'identité culturelle locale sera validé. Par là-même, la valorisation des sites sacrés comme moyen efficace pour parvenir à la conservation des forêts, sera considérée. L'exemple des populations autochtones du district de Kwale au Kenya est assez révélateur. En effet, «en 1997, dans ce district, des sables minéralisés renfermant jusqu'à 6% de minerai ont été découverts par la société canadienne Tiomin. Cette dernière est depuis ce jour, au centre d'une terrible polémique: le district de Kwale est une Kaya c'est-à-dire une forêt sacrée où les habitants se recueillent pour prélever herbes et plantes médicinales et demander aux esprits d'éloigner la maladie. Exploiter une mine à cet endroit revient à déplacer des milliers de personnes et à souiller ce lieu saint. Même si la société Tiomin propose de payer les habitants, comment estimer le montant d'un tel dédommagement? En outre, se demande une femme kenyane - après tout en Europe, Tiomin envisagerait-elle d'exploiter une mine où se trouve une cathédrale?» (Courrier international., 2002).

Il existe déjà des exemples en Afrique qui montrent qu'il est possible de sauvegarder les forêts par une valorisation des bois sacrés. En pays Sénoufou (Côte d'Ivoire), les bois sacrés appelés Sinzang, sont réservés aux cérémonies initiatiques du Poro. Il est interdit de créer des champs dans les bois sacrés, d'y abattre des arbres, d'y pénétrer avec des machettes (J. Zoundjihékpon.,1999).

3.2 - Faire un inventaire de l'ensemble des bois sacrés en Afrique noire

Les bois sacrés constituent des références identitaires pour les populations autochtones. Ils sont les témoins de l'histoire de nos peuples, et portent tous les signes qui accompagnent le changement. Ce sont nos monuments et nos musées. Certains restent pour autant hermétiquement fermés au regard externe car ils symbolisent toute la compréhension du monde visible et invisible, selon nos traditions.

Une politique efficace pour les administrations des pays de l'Afrique noire devrait permettre de faire une rigoureuse identification des bois sacrés dans les zones forestières. Certains pays comme la Côte d'Ivoire, le Kenya, le Ghana, le Bénin ont déjà entrepris cette démarche. Cependant, un pertinent inventaire des bois sacrés doit tenir compte du concept de «paysage culturel qui comprend trois catégories: les paysages clairement définis conçus et créés par l'homme; les paysages évolutifs qui peuvent être fossiles (témoignages de civilisations disparues) ou vivants (poursuivant leur évolution); les paysages associatifs qui font une large part aux croyances, traditions et éléments spirituels associés à un espace donné». (Unesco, 1992). L'utilisation de cette nomenclature permetde valoriser toutes les typologies de bois sacrés, en activité ou non. L'inventaire des bois sacrés en Afrique noire doit se faire suivant des critères ethnologique et paysagique en tenant compte de leur caractère magico-religieux qui suppose une forte implication des gardiens de ces lieux et de l'ensemble de leurs communautés.

3.3 - Mettre sur pied au niveau national, africain et mondial des programmes de préservation des bois sacrés.

Il serait indispensable que chaque pays de l'Afrique noire dispose d'un programme de préservation et de valorisation de ses bois sacrés. Cela suppose l'intégration des bois sacrés dans le patrimoine national comme sites culturels sensibles de grande importance écologique pour leur biodiversité. Les gouvernements des pays africains doivent de plus en plus collaborer avec l'Unesco dans ce domaine. Un projet Unesco «Sites sacrés - intégrité culturelle et diversité biologique» a été mis en place dans le cadre du secteur des sciences de l'Unesco. Ce projet, initié au Ghana, est étendu à l'ensemble du monde (Unesco.,1999). De même, la Convention du Patrimoine Mondial, Culturel et Naturel coordonné par l'Unesco est une formidable opportunité pour les pays africains d'intégrer dans la liste du patrimoine mondial, les paysages naturels, culturels, et le patrimoine spirituel associatif. En 1999, seuls 30 des 45 pays africains représentés à l'Unesco avaient signé la Convention du Patrimoine Mondial. D'après les sources de l`Unesco (1999), le patrimoine africain est sous-représenté sur la Liste du patrimoine mondial. L'Afrique comptait en 1999, 16 biens culturels, 31 biens naturels et un seul bien mixte (Unesco.,1999). Les bois sacrés constituent de potentiels paysages culturels et naturels dont certains présentent une valeur universelle en matière d'authenticité et d'intégrité. De ce fait, ils peuvent bien être insérés dans la liste du patrimoine mondial contribuant ainsi à une meilleure représentativité de l'Afrique. La région des forêts des Kaya, dans la zone côtière proche de Mombasa au Kenya, qui constitue un ensemble remarquable de bois sacrés, sauvegardés et utilisés traditionnellement par neuf communautés autochtones (Unesco.,1999, Gezahegn Negussie.,1997, Nyamweru. C.,1996a, 1996b) est un exemple éminent de sauvegarde de la forêt par la valorisation des bois sacrés.

3.4 - Obliger des études d'impact qui tiennent compte des éléments ethnologiques

Les études d'impact sur l'environnement (EIE) sont considérés comme des outils d'aide à la décision dans la gestion durable de l'environnement. On constate cependant que dans ces études, l'on n'accorde pas une réelle importance aux aspects culturels. L'impact d'une action sur la culture n'est vraiment pas prise en compte. Il serait souhaitable d'obliger les EIE à tout projet qui a un impact direct ou indirect sur la forêt. De tels EIE devraient s'enrichir d'un chapitre particulier sur les conséquences du projet à réaliser sur l'ethnosystème concerné. De manière plus concrète, il s'agirait de dresser un inventaire des bois sacrés de la forêt concernée par le projet (si cet inventaire n'existe pas encore), d'identifier les bois sacrés abandonnés de cette forêt, de vérifier si la communauté autochtone n'envisage pas de créer un nouveau bois sacré dans cette forêt, de vérifier si certains îlots de cette forêt ne sont pas ou n'ont pas été des cimetières. La présence de l'un de ces éléments conduirait à ne pas accepter la destruction même partielle de cette forêt.

3.5 - Prendre en compte les aspects culturels et interculturels

La connaissance de l'autre, de sa culture, des valeurs auxquelles il s'identifie et croit, est le point de départ pour toute politique de gestion intégrée des forêts tropicales. Elle permet d'amorcer un dialogue, des échanges. Mais cela suppose un degré élevé de régulation et d'harmonisation car chaque forêt est une identité plurielle, une ouverture à l'altérité. Les différences culturelles, reconnues et respectées dans le cadre de la gestion forestière, permettent une redéfinition de frontières plus ou moins perméables, une évolution de comportements, de statuts et de représentations. Elles conduisent au respect des cadres socioculturels, des attitudes et des conduites pour établir une communication basée sur la confiance. Il est donc urgent d'intégrer systématiquement les fondements de l'approche interculturelle dans toute politique de gestion des forêts.

La prise en compte des éléments interculturels implique aussi, l'identification, la diffusion et la dissémination des exemples de bonnes pratiques existantes en Afrique et ailleurs dans le monde comme en Nouvelle Zélande (Sole. T, Woods. Kirsty.,1996) en matière de gestion durable des bois sacrés.

4 - Conclusion

Les bois sacrés permettent de découvrir les connaissances traditionnelles des communautés locales, de comprendre leurs modes de pensée et les valeurs de leurs modèles de référence. Intégrés dans la politique de gestion forestière, ils jouent un rôle décisif en matière de conservation de la biodiversité et d'expérimentation de nouveaux modèles de développement qui s'appuient sur les connaissances locales. Une gestion durable des forêts en Afrique noire, n'est donc possible sans une profonde connaissance de la culture des populations riveraines des forêts. Il est pour cela essentiel de tenir compte des éléments culturels dans toute politique de gestion forestière. Il faut aussi faire en sorte que toute participation allogène à la gestion d'une forêt autochtone puisse se faire selon une démarche interculturelle qui repose sur la reconnaissance des savoir-faire locaux et d'un échange de bonnes pratiques dans le domaine de la gestion forestière. Ceux qui font les lois, pilotent et dirigent des programmes nationaux et internationaux sur la gestion forestière en Afrique, doivent travailler aux côtés des communautés locales avec le soutien de spécialistes d'ethnologie et de problématiques interculturelles afin de mieux intégrer le culturel ans les stratégies qui seront mises en place.

Bibliographie

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1 Docteur en géographie (de l'Université Joseph Fourier de Grenoble)
Chercheur à l'Institut de Géographie Alpine de l'Université Joseph Fourier de Grenoble/France
et à la Fondation Universitaire Luxembourgeoise de Arlon/Belgique.
Champ de recherche: interface Interculturalité, environnement et développement durable.
E.mail: esoh_fr@yahoo.fr