CCP 01/10


COMITÉ DES PRODUITS

Soixante-troisième session

Rome, 6 - 9 mars 2001

ACTIVITÉS RELATIVES À DES PRODUITS NE RELEVANT PAS DU MANDAT DES GROUPES INTERGOUVERNEMENTAUX

I. CONTEXTE

1. La Division des produits et du commerce international (ESC) procède régulièrement à la collecte et à l'analyse de la plus grande partie des informations sur les marchés et le commerce des produits du fait qu'elle assure le secrétariat de divers groupes intergouvernementaux de produits. Elle a cependant aussi effectué des études sur d'autres produits pour lesquels l'évolution des marchés nécessite une analyse, en particulier lorsque ces produits ne sont pas du ressort d'organisations internationales, ou lorsque les compétences complémentaires de la FAO peuvent apporter une contribution importante dans les analyses entreprises conjointement avec d'autres organes. Parfois, les études ont été entreprises à la demande des États Membres, mais ce n'était pas toujours le cas. Les résultats de ces analyses, qui ont été présentés de façon très diverses, ont suscité un intérêt considérable et le Secrétariat souhaite donc informer le Comité de ces activités qui contribuent à la coopération internationale et à la transparence des marchés des produits non couverts par des activités intergouvernementales officielles. Les produits ne relevant pas des groupes intergouvernementaux qui ont fait l'objet d'études conjointes, de conférences ou d'autres activités depuis la soixante-deuxième session du Comité sont notamment les racines et tubercules, le sucre, le café, le coton, le tabac et les produits laitiers.

II. CONFÉRENCES ET CONSULTATIONS SUR DES PRODUITS NE RELEVANT PAS DU MANDAT DES GROUPES INTERGOUVERNEMENTAUX

2. L'organisation d'un certain nombre de réunions et conférences tient à la nécessité de mieux appréhender l'avenir des produits, en particulier, compte tenu de la libéralisation des marchés et d'autres changements de politique mis en oeuvre depuis la conclusion des Accords du Cycle d'Uruguay. Ces initiatives ont le plus souvent été prises en charge par des bailleurs de fonds, ou financées au moins en partie par le paiement de droits d'inscription et n'ont donc dans les cas les moins favorables, entraîné que des frais minimes pour la FAO. Les résultats des conférences ont été mis à disposition des Membres de l'Organisation.

3. La Conférence internationale de la Chine sur le coton de 1999 a été organisée par le Gouvernement chinois, qui a bénéficié, à sa demande, d'un appui technique de la Division des produits et du commerce international de la FAO, ainsi que du concours de la Banque mondiale, de l'Organisation mondiale du commerce, de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement, du Comité consultatif international du coton et du Département de l'agriculture des États-Unis. Elle était axée sur les défis à relever pour le marché mondial du coton et le secteur cotonnier chinois, en particulier compte tenu des Accords du Cycle d'Uruguay sur l'agriculture et sur les textiles et les vêtements, et de la mise en oeuvre d'une nouvelle série de mesures régissant la commercialisation du coton en Chine. Elle rassemblait plus de 100 experts de divers domaines des textiles, notamment les fibres synthétiques et le coton, issus de l'administration et du secteur cotonnier des principaux pays producteurs et consommateurs, ainsi que d'organisations internationales. Les documents présentés à la Conférence étaient consacrés à toute une série de questions importantes intéressant le secteur cotonnier, notamment l'évolution récente du marché, les effets de la crise financière asiatique et les nouvelles réformes de la commercialisation du secteur cotonnier chinois.

4. Afin de fournir une étude complète, en toute connaissance de cause, des résultats possibles du nouveau cycle de négociations de l'OMC, en particulier les perspectives de libéralisation ultérieure des échanges, un appui a été consenti à un symposium international sur les Perspectives internationales de l'industrie laitière pour le prochain Cycle de négociations de l'OMC, en juin 1999. Ce Symposium était accueilli par le Comité national argentin de la Fédération internationale de laiterie et par la Fédération argentine des industries laitières et bénéficiait de l'appui de la FAO, mais aussi de la Fédération panaméricaine de laiterie (FEPALE) et de la Fédération internationale de laiterie (FIL).

5. Une consultation sur les politiques et le commerce du sucre des pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifique) s'est tenue à Mbabane (Swaziland) en septembre 1999, avant la sixième Conférence ministérielle ACP. Étaient présents soixante-dix-neuf représentants des pays ACP signataires du Protocole sur le sucre et de l'Accord préférentiel spécial sur le sucre. La Consultation a analysé les questions complexes relatives aux politiques et au commerce du sucre et a formulé des stratégies visant à améliorer le bien-être économique et social de ces pays. Des propositions tendant à limiter le plus possible les effets négatifs de la libéralisation des échanges sur les pays ACP et à améliorer l'efficacité et la productivité des secteurs sucriers ont été élaborées. Elles ont été adoptées intégralement par les Ministres des pays ACP.

6. La Conférence FAO/Cuba sur le sucre, tenue à La Havane en décembre 1999, avec la coopération de l'Organisation internationale du sucre (OIS) et du Groupe de pays d'Amérique latine et des Caraïbes exportateurs de sucre (GEPLACEA), a examiné les questions qui auront probablement des incidences sur la durabilité de l'économie mondiale du sucre au XXIe siècle. La Conférence, à laquelle étaient bien représentés le secteur public et le secteur privé, a examiné l'évolution récente des politiques du sucre dans certains pays de toutes les régions du monde. Des exposés ont également été présentés sur les Perspectives FAO/OIS à moyen terme à l'horizon 2005, sur les effets de la libéralisation des échanges sur le marché mondial du sucre, et sur les incidences du fléchissement record des cours dans les régions productrices. De premières dispositions sont prises pour organiser une troisième Conférence internationale de la FAO sur le sucre, axée sur la diversification et l'amélioration, de la plantation à la sucrerie, qui se tiendra au Mozambique en août 2001.

7. Dans de nombreux pays, ces dernières années, on a reconnu que la distribution de lait aux écoliers a baissé et que ce lait représente une contribution importante à une bonne nutrition et une possibilité d'expansion du marché de ce produit. Des conférences sur le thème du lait distribué aux écoliers ont été tenues en Afrique du Sud, au Royaume-Uni, en Australie, en Thaïlande, en Autriche, en République tchèque et en Colombie entre 1998 et 2000, et étaient organisées par diverses ONG avec l'appui de la FAO. Chacune de ces conférences a été financée par des bailleurs de fonds et par versement de droits d'inscription. Alors que la première conférence, tenue en Afrique du Sud en 1998, avait une vocation internationale, les conférences suivantes ont été axées sur les questions régionales. Ces conférences ont favorisé l'échange d'idées et de données d'expérience entre les décideurs et autres agents travaillant dans le secteur du lait distribué aux écoliers. D'autres conférences de cette série sont prévues au Canada en juin 2001, en Chine en novembre 2001 et au Liban en 2002.

8. Les racines et tubercules sont essentiels à la sécurité alimentaire des populations de nombreux pays en développement. Ils sont le principal aliment de base et constituent une source de revenu pour plus de 1,5 milliard de personnes dans les pays en développement, dont bon nombre sont des pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV). L'importance accrue accordée à la sécurité alimentaire, en particulier après le Sommet mondial de l'alimentation, a entraîné un intérêt grandissant pour ces cultures et on met actuellement l'accent sur l'élaboration d'un plan d'action stratégique pour la promotion et la durabilité à long terme de ces cultures. Le Forum de validation de la stratégie mondiale de valorisation du manioc a été organisé conjointement par la FAO (Division de la production végétale et de la protection des plantes (AGO) et ESC)) et par le FIDA, en avril 2000. Il a appuyé une stratégie mondiale de valorisation du manioc auprès des principales parties prenantes, les informant des possibilités actuelles et futures et sollicitant des engagements à venir en la matière.

III. ANALYSES DE PRODUITS NE RELEVANT PAS DU MANDAT DES GROUPES INTERGOUVERNEMENTAUX

9. La FAO coopère de longue date avec d'autres organes pour la réalisation et la publication d'études sur la production et le commerce des produits. En particulier, nombre d'analyses ont été entreprises en coopération avec les diverses organisations internationales de produits. Ces études alliaient les compétences multidisciplinaires et ressources de la FAO et les connaissances et données relatives à ces produits dont disposent les organisations internationales de produits spécialisées. Parmi les études récentes, il faut citer l'établissement, en collaboration avec l'Organisation internationale du café (OIC) de projections du café à l'horizon 2010. À la demande du Conseil international du café, ESC a élaboré un modèle quantitatif et a projeté les volumes de la production et du commerce mondiaux, ainsi que des projections spécifiques pour les pays membres de l'Organisation internationale du café. La FAO et l'OIC ont coopéré pour la production de projections analogues du marché à l'horizon 2005, qui ont été présentées à la soixante-dix-huitième session du Conseil international du café en juillet 1999.

10. Le commerce du sucre est très fortement tributaire des politiques des divers pays, et l'avenir de ce produit dépend en très grande partie de l'évolution des politiques, ainsi que des changements découlant des Accords du Cycle d'Uruguay. Compte tenu de ces Accords, la Division des produits et du commerce international a entrepris une étude des Effets de la libéralisation du commerce sur le marché mondial du sucre et, en coopération avec l'Organisation internationale du sucre, elle a préparé les Projections à moyen terme à l'horizon 2005. En coopération avec le Comité consultatif international du coton (CCIC), une série de projections du marché du coton à l'horizon 2005 ont été produites en 1999. Elles sont accompagnées d'une analyse de l'impact sur le marché mondial du coton de la mise en oeuvre de l'Accord du Cycle d'Uruguay sur les textiles et les vêtements.

11. Plusieurs études ont été entreprises sur les racines et tubercules, compte tenu de leur importance pour la sécurité alimentaire. L'une d'entre elles, L'économie du manioc dans le monde: faits, tendances et perspectives, a été réalisée conjointement par la FAO et le FIDA au début de 2000. La FAO a également coopéré avec le Comité des recherches intercentres sur les racines et tubercules cultivés (CICRTCR), avec le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) et avec le Natural Resources Institute (NRI) sur d'autres analyses de l'économie des racines et tubercules.

12. À l 'appui de l'important effort déployé par l'Organisation mondiale de la santé pour mettre en place une Convention-cadre pour la lutte antitabac, une étude sur le tabac est actuellement menée avec l'appui financier de l'Agence suédoise ASDI, et en coopération avec l'OMS, la Banque mondiale, l'OIT et l'USDA. Cette étude, qui vise à la fois à estimer les incidences que des fléchissements de la demande de tabac auraient sur l'économie de certains pays en développement et à fournir des projections de la production, de la consommation et du commerce du tabac à l'horizon 2010, devrait être achevée à la fin de 2001.

13. Une Étude des politiques du sous-secteur sucrier au Mozambique effectuée pour le compte du Gouvernement mozambicain et financée par le Programme d'assistance technique du PNUD a été achevée en juillet 2000. Elle examinait les politiques du gouvernement concernant la production, la consommation et le commerce international du sucre et contenait des recommandations générales appropriées pour une approche intégrée du relèvement et du développement de ce sous-secteur, compte tenu des objectifs généraux du gouvernement en matière de sécurité alimentaire et de lutte contre la pauvreté.

IV. TRIBUNES ÉLECTRONIQUES

14. Outre les systèmes électroniques d'échange d'informations mis au point pour certains des produits relevant du mandat des groupes intergouvernementaux, ESC a organisé des tribunes par courrier électronique pour les produits laitiers et les légumineuses1. Ces systèmes permettent aux participants de diverses régions du monde d'échanger des informations et leurs vues sur des questions relatives aux marchés nationaux et internationaux des produits en question. La liste sur les perspectives laitières regroupe quelque 800 participants, ce qui en fait la deuxième tribune électronique de la FAO par ordre d'importance.

15. Une innovation récente qui a été utilisée une fois seulement par la Division des produits et du commerce international, mais qui pourrait connaître un essor considérable, a été la Conférence par internet sur les perspectives internationales de la laiterie dans le cadre du prochain Cycle de négociations de l'OMC, qui s'est tenue de septembre à décembre 1999. Cette Conférence a examiné les réorientations possibles des politiques intérieures et commerciales intéressant le secteur laitier qui pourraient être apportées pendant le prochain Cycle de négociations commerciales. La Conférence par internet a permis la diffusion d'études et l'insertion de questions, réponses et débats sur le site web.

16. Si l'utilisation de ces moyens de communications électroniques permet une mise en commun très large des informations et des vues à un coût direct tout à fait minime, elle ne présente pas les avantages des contacts directs avec des personnes de divers pays. En outre, si le courrier électronique et Internet connaissent une grande diffusion, cette diffusion n'est pas universelle, en particulier dans les pays en développement. Ces formes de communications complètent donc les réunions et conférences classiques, mais ne sauraient s'y substituer.

V. ANALYSE RÉGULIÈRE DES PRODUITS

17. Outre les activités spécifiques consacrées aux questions et aux préoccupations qui se font jour, les produits visés par le présent document (auxquels il faut ajouter l'hévéa et le cacao) sont régulièrement pris en compte dans les évaluations des situations et des perspectives publiées chaque année dans le Rapport sur les marchés des produits, dans les Projections pour les produits établies périodiquement et dans les renseignements de plus en plus complets sur les produits disponibles sur le site web2. On trouvera également des informations sur les produits laitiers, le sucre et les racines et tubercules dans les Perspectives de l'alimentation.

VI. INCIDENCES AU POINT DE VUE DES RESSOURCES

18. Dans la plupart des activités susmentionnées, les frais sont répartis ou, souvent, pris en charge intégralement par d'autres organisations. Ces arrangements permettent la réalisation d'analyses des questions essentielles et la diffusion des résultats avec des incidences limitées, voire nulles, sur le Programme ordinaire. En effet, ces activités renforcent le Programme de la FAO, en particulier les Sous-Programme 224P4 "Coopération internationale concernant les produits de base et les échanges commerciaux" et 224P5 "Mesures visant à promouvoir le développement des produits de base et des échanges commerciaux".

19. Des conférences consacrées à ces produits ont été généralement organisées par des organes autres que la FAO qui prennent à leur charge une bonne partie des frais, notamment les frais de voyage de personnel de la FAO, grâce au parrainage ou au paiement de droits d'inscription. Alors que le personnel a consacré un temps considérable à ces travaux, les incidences budgétaires pour la Division ont été des frais minimes, voire un excédent.

20. En effet, si ces activités ont été planifiées pour couvrir les coûts, elles ont parfois permis de dégager un certain excédent qui a été utilisé à l'appui des activités d'ESC sur les produits en question. Des dispositions ont récemment été prises pour qu'une société privée finance les activités du Programme ordinaire concernant le lait distribué aux écoliers.

VII. CONCLUSIONS

21. La Division des produits et du commerce international a entrepris diverses activités liées aux produits autres que ceux qui relèvent du mandat des groupes intergouvernementaux. Ces activités permettent généralement à l'Organisation de contribuer au fonctionnement du commerce international des produits, en particulier en faveur des pays en développement intéressés par ces produits. Souvent, elles ont aussi permis de mobiliser des ressources extrabudgétaires, renforçant ainsi le Programme ordinaire de l'Organisation en ce qui concerne les activités d'analyse et de perspectives du marché des produits et des politiques commerciales. Le Comité souhaitera peut-être prendre note des activités dont il est fait état dans ce document et formuler des recommandations concernant les approches à adopter pour les activités ultérieures dans ce domaine, et la teneur de celles-ci.


1 Pour s'inscrire à une tribune électronique, envoyer un message électronique à mailserv@mailserv.fao.org, sans remplir la rubrique objet et envoyer un message d'une ligne comme suit:

Pour s'inscrire à la liste pour les Perspectives laitières, taper le message suivant: subscribe Dairy-Outlook-L

Pour s'inscrire à la liste sur le Lait distribué aux écoliers, taper le message suivant: subscribe School-Milk-L

Pour s'inscrire au réseau sur le Marché des légumineuses, taper le message suivant: subscribe Pulses-L

(La FAO a organisé plus de 100 conférences par courrier électronique sur toutes sortes de thèmes. On trouvera des informations complètes sur celles-ci sur le site web à l'adresse suivante: http://www.fao.org/Mailnews/Mailserv.htm)

2 Site web de la Division des produits et du commerce international: http://www.fao.org/waicent/faoinfo/economic/ESC/comtradf.htm