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Documents de la réunion

COMMISSION EUROPÉENNE CONSULTATIVE POUR
LES PÊCHES DANS LES EAUX INTÉRIEURES

RAPPORT du

SYMPOSIUM SUR LES PÊCHES ET LA SOCIÉTÉ

Perspectives sociales, économiques et culturelles pour les pêches
dans les eaux intérieures

organisé conjointement à la
vingt-et-unième session de la

COMMISSION EUROPÉENNE CONSULTATIVE
POUR LES PÊCHES DANS LES EAUX INTÉRIEURES

Budapest, Hongrie, 1-7 juin 2000

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L’ALIMENTATION ET L’AGRICULTURE
Rome, 2000

PRÉPARATION DU DOCUMENT

Le présent document est la version finale du rapport adopté le 3 juin 2000 par les participants au Symposium et soumis à la Commission européenne consultative pour les pêches dans les eaux intérieures à sa vingt-et-unième session.

Une sélection des communications du Symposium paraîtra dans une édition dediée du journal "Fisheries Management and Ecology".

Distribution:

Participants
Etats Membres de la CECPI
Communauté européenne
Liste de distribution de la CECPI
Département des pêches de la FAO
Fonctionnaires régionaux des pêches de la FAO

Commission européenne consultative pour les pêches dans les eaux intérieures.
Rapport du Symposium sur les pêches et la société. Perspectives sociales, économiques et culturelles pour les pêches dans les eaux intérieures organisé conjointement à la vingt-et-unième session de la Commission européenne consultative pour les pêches dans les eaux intérieures. Budapest, Hongrie, 1-7 juin 2000.
FAO Rapport sur les pêches. No. 625, Suppl. Rome, FAO. 2000. 49p.

RÉSUMÉ

Le Symposium sur les pêches et la société (Perspectives sociales, économiques et culturelles pour les pêches dans les eaux intérieures) s'est tenu à Budapest (Hongrie) du 1 au 3 juin 2000 conjointement à la vingt-et-unième session de la Commission européenne consultative pour les pêches dans les eaux intérieures (CECPI). Quatre-vingt-dix-neuf participants venus de 27 pays y assistainet; 35 exposés et 15 posters ont été présentés. Le Symposium a démontré que la valeur des ressources des pêches en eaux intérieures dans les pays membres de la CECPI dépasse largement les estimations antérieures. Tout porte à croire que dans les années à venir, il y aura un accroissement de la demande de produits de la pêche en eaux intérieures, surtout en ce qui concerne la pêche de loisir. Les ressources des pêches en eaux intérieures ne permettront pas de soutenir ces niveaux accrus de production et ces nouvelles utilisations sans aménagement attentif. Les membres de la CECPI devraient, de façon générale, soutenir les politiques visant à accroître la capacité des pêches en eaux intérieures à répondre de façon durable aux aspirations du public.

TABLE DES MATIÈRES

INTRODUCTION

SESSION 1: POLITIQUES D’AMÉNAGEMENT DES PÊCHES

SESSION 2: ÉVALUATION DES PÊCHES EN EAUX INTÉRIEURES

SESSION 3: PERSPECTIVES DES PÊCHES EN EAUX INTÉRIEURES

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

Annexe A - Participants

Annexe B - Résumé des contributions au Symposium

INTRODUCTION

1. Un Symposium sur les pêches et la société a été organisé en liaison avec la vingt et unième session de la Commission européenne consultative pour les pêches dans les eaux intérieures (CECPI) à Budapest (Hongrie) du 1 au 3 juin 2000. Ce symposium a été convoqué par M. Sipponen (Finlande) et présidé par M. K. Pinter (Hongrie) et a regroupé 99 participants de 27 pays.

SESSION 1: POLITIQUES D’AMÉNAGEMENT DES PÊCHES

Les problèmes

2. De plus en plus, dans la plupart des pays d’Europe et d’Amérique du Nord, l’aménagement des pêches en eaux intérieures privilégie les activités de loisir et de conservation et non plus comme autrefois la fonction de production alimentaire. Beaucoup de problèmes auxquels sont confrontés les gestionnaires résident dans la transition d’une pêche commerciale à une pêche récréative. On estime que la pêche récréative offre des avantages croissants à la société du point de vue socio-économique car elle assure un revenu supérieur et permet de développer le tourisme.

3. Le passage d’une utilisation commerciale à une utilisation récréative a créé des conflits entre pêcheurs commerciaux et pêcheurs amateurs, et entre pêcheurs amateurs et écologistes. Les malentendus qui sont à l’origine de ces différends viennent de difficultés de communication entre les diverses disciplines dues à l’absence de langage commun. Toutefois, l’absence de dialogue entre ces deux secteurs de la pêche dérive plus fréquemment du fait que le groupe le plus fort n’est pas disposé à discuter de la répartition des ressources avec le groupe minoritaire, en partant d’une perspective politique. La demande accrue des pêches récréatives exerce une pression sur les pêches dans des zones plus sauvages et reculées. Cela entraîne des conflits entre les habitants de ces zones et ceux qui n’y résident pas de façon permanente.

4. Le changement de climat politique en Europe de l’Est s’est accompagné du passage d’une économie dirigée à une économie de marché. Il a donc fallu mettre en place de nouveaux systèmes de gestion qui, pour les étendues d’eau partagées, peuvent concerner plusieurs pays. Des problèmes culturels persistent, en particulier en ce qui concerne les lois visant à sauvegarder les stocks de poissons qui sont mal acceptées. Les communautés intéressées ne les respectent qu’en fonction des coûts et avantages qu’elles pensent en retirer.

5. Le développement des pêches de loisir a entraîné un fort mouvement illicite de poissons aux niveaux national et international. Ces circuits commerciaux ont été créés pour répondre à la demande des pêcheurs à la ligne, qui est souvent satisfaite dans des pays autres que celui où ils résident. Les principales espèces concernées par ces mouvements sont la carpe (Cyprinus carpio), le silure glane (Siluris glanis) et, un petit nombre d’esturgeons. Ce mouvement illicite de poissons a entraîné l’établissement d’un certain nombre d’espèces non indigènes dans des pays où elles étaient autrefois absentes. Il a également eu un impact sur la santé des poissons, notamment avec l’introduction simultanée de nouveaux parasites (Ergasilids) qui ont provoqué la mort des poissons.

6. Bien que, dans de nombreux pays, la législation sur les pêches ait évolué au fil des siècles, elle reste dans une large mesure inadaptée aux conditions actuelles. Elle ne tient compte ni des nouvelles données sur les poissons et leurs habitats ni des changements qui se produisent sur le marché.

Les solutions

7. Les sciences halieutiques ont élargi leur champ d’activité en incluant l’étude des aspects socio-économiques de la pêche. Au lieu de s’intéresser uniquement aux poissons et à leur habitat, elles prennent maintenant aussi en compte la dimension humaine, c’est-à-dire les préférences, le comportement et les choix des pêcheurs.

8. La cogestion est l’un des mécanismes qui permet de garantir que l’élément humain est pris en compte. Il s’agit d’un système de gestion intégré, en ce sens qu’il associe tous les éléments de la communauté, en encourageant une prise en charge personnelle du processus et des ressources. Cette approche a plusieurs avantages:

9. L’inclusion de toutes les parties prenantes dans les systèmes de cogestion permet de garantir que les décisions reflètent bien les conditions sociales, économiques et environnementales locales. Le succès de la cogestion – comme l’enthousiasme pour ce système - repose essentiellement sur la satisfaction des aspirations économiques et sociales à court terme des parties prenantes. Il est possible d’accroître la responsabilisation et la transparence en incorporant ces éléments dans des Plans d’action sur les pêches.

10. Les initiatives de cogestion peuvent naître de pressions économiques. Lorsque les lacs s’eutrophisent et les stocks de poissons se détériorent, la pêche à la ligne, comme sport de loisir, prend plus d’importance pour maintenir le niveau des revenus. Ceci entraîne une intensification des pressions pour que les parties intéressées se consultent et pour qu’une attention plus grande soit accordée aux préférences et aux besoins des pêcheurs à la ligne.

11. Pour que les différents groupes d’utilisateurs engagent un dialogue constructif, la communication doit être établie entre eux par un langage technique commun. Cela est difficile, car les pêcheurs se basent surtout sur leur propre expérience et sur des informations anecdotiques, alors que les scientifiques se fondent surtout sur des études basées sur des informations quantitatives.

12. L’aménagement coopératif est un mécanisme par lequel deux ou plusieurs pays conviennent d’une approche pour l’aménagement d’une pièce d’eau transfrontières. Des représentants des administrations des pêches, des organisations de surveillance, des spécialistes des pêches et des pêcheurs se réunissent dans un cadre officiel pour parvenir à des décisions par consensus. Les fleuves et les lacs qui ont été aménagés en coopération se sont avérés écologiquement plus viables que ceux qui ont été gérés par des pays riverains, dans le cadre d’efforts individuels contradictoires et pouvant être à l’origine de litiges.

13. En offrant des possibilités de pêche à proximité des centres urbains qui regroupent une forte densité de population, on peut réduire la pression sur les pêcheries naturelles. Il est donc urgent d’améliorer les sites de pêche dans les zones proches des villes. Ces lieux de pêche en zone urbaine doivent être entretenus artificiellement pour assurer un niveau de captures supérieur à ce qui serait normalement viable. Des systèmes de cogestion sont indispensables pour que les pêcheries naturelles puissent être gérées de manière durable et attirer un tourisme de pêche à la ligne. Un dialogue est nécessaire entre les collectivités locales et le secteur du tourisme, de même qu’un engagement de la part des parties prenantes non résidentes.

14. La législation doit suivre l’évolution des aspects socio-économiques de la pêche, de permettre une compréhension du comportement des poissons et de leurs besoins, et de l’importance de la diversité biologique et de la durabilité. On y parviendra en établissant des groupes d’étude constitués de spécialistes ayant des expériences très diverses. Il est important que, dans toute étude, des groupes d’utilisateurs aient la possibilité de contribuer au processus.

SESSION 2: ÉVALUATION DES PÊCHES EN EAUX INTÉRIEURES

Les problèmes

15. Bien que le Symposium prétende refléter la situation de l’ensemble du secteur des pêches continentales, une seule contribution porte sur l’aquaculture et quelques-unes seulement ont trait aux pêches commerciales. La plupart se concentrent sur les problèmes associés à la pêche récréative. Ceci peut être considéré comme reflétant le degré de connaissance des trois secteurs. On possède une connaissance assez détaillée de l’aquaculture européenne, en ce qui concerne les entreprises, les techniques de production, les espèces élevées, la structure du marché et l’économie. On connaît moins bien en revanche la structure plus compliquée des pêches alimentaires dans les fleuves et les lacs où les frontières entre la pêche de subsistance et la pêche commerciale sont particulièrement mal définies. La pêche récréative regroupant un grand nombre de pêcheurs à la ligne, qui se répartissent en différentes sous cultures et ne sont généralement pas organisés officiellement, est encore plus difficile à étudier. On connaît généralement mal les motivations et les aspirations des pêcheurs à la ligne et les avantages que la société peut tirer de leurs activités. La méconnaissance de ce secteur est un handicap, compte tenu de l’importance croissante des pêches récréatives par rapport aux pêches commerciales dans presque toute l’Europe, depuis quelques années.

16. Deux grandes approches de l’aménagement des pêches récréatives sont communes en Europe:

a) la protection de l’environnement aquatique par l’utilisation de sa productivité naturelle, mais en limitant le nombre de pêcheurs à la ligne bénéficiant d’un appui;

b) l’accroissement du nombre de pêcheurs à la ligne par la reconstitution des stocks et la gestion intensive de l’écosystème.

17. Chacune de ces deux méthodes de gestion a des coûts et des avantages sociaux qui doivent correspondre aux objectifs de la société dans laquelle elles sont appliquées.

18. Les associations halieutiques et les services de garde-pêche peuvent jouer un rôle précieux dans la reconstitution et le maintien des stocks de poissons et la protection du milieu naturel, en particulier dans les endroits où la guerre et d’autres troubles sociaux et économiques ont endommagé la ressource.

19. Dans les eaux suisses, les captures de truites et de cyprinidés ont chuté au cours de la dernière décennie et des études sont en cours pour identifier les causes de ce déclin. Celles-ci comprendront des statistiques sur le nombre de pêcheurs à la ligne et leurs captures, une analyse des séries chronologiques sur la pêche à l’électricité, et une enquête sur les changements pertinents de comportement, d’équipement etc., des pêcheurs à la ligne

20. L’aménagement des pêches concerne de plus en plus la gestion des personnes plutôt que l’aménagement des stocks de poissons. Cela a amené à multiplier les études visant à déterminer les diverses dimensions humaines en jeu. Plusieurs techniques différentes ont été élaborées pour obtenir les informations nécessaires. Des études en provenance de bon nombre de pays membres sur la valeur socio-économique des pêches récréatives et commerciales ont été présentées, mais en dépit de ces efforts, on manque d’informations de base sur la pêche de loisir et sur les pêcheurs amateurs dans un certain nombre de pays d’Europe.

21. Des problèmes particuliers ont surgi lors de la préparation et de la réalisation d’une enquête unifiée sur l’aménagement et les aspects socio-économiques des pêches de loisir dans les cinq pays scandinaves, à savoir le Danemark, la Suède, la Finlande, la Norvège et l’Islande. Les différents systèmes institutionnels et les affiliations des partenaires concernés par l’enquête ont posé des problèmes, de même que leur aptitude à financer de façon continue leur participation au projet. Des difficultés sont aussi apparues à l’occasion de l’échantillonnage aléatoire des adresses des personnes à partir de registres officiels, et pour tenir compte des définitions différentes des pêches récréatives et des pêcheurs amateurs et du fait que les demandes des questionnaires ne correspondaient pas toujours à la situation dans les différents pays. La plupart de ces problèmes sont à présent résolus.

22. Les crédits alloués par le gouvernement du R.-U. à l’administration des pêches sont aujourd’hui si bas qu’il est impossible d’assurer les services requis pour l’aménagement et la protection des pêches. Ceci montre qu’il est indispensable que les gouvernements d’Europe prévoient des crédits suffisants pour la conservation de l’environnement aquatique continental et de ses pêcheries.

23. Dans le passé, les pêches dans les fleuves et les lacs de Finlande étaient organisées par des associations statutaires, qui se sont avérées inefficaces, surtout en ce qui concerne les pêches commerciales. De plus, les pêches récréatives et l’aquaculture ont pris de l’importance, alors que le secteur commercial est resté stationnaire ou a même décliné. On connaît encore mal le rôle socio-économique de l’ensemble du secteur des pêches maritimes et continentales en Finlande et son importance relative pour les régions.

24. Plusieurs méthodes ont été essayées pour approfondir la connaissance des pêches de loisir. En Suisse, une étude basée sur les réponses à un questionnaire imprimé, complétée par une enquête téléphonique, a permis d’obtenir des informations sur les pêcheurs à la ligne, leurs coins de pêche préférés, leurs dépenses, leur acceptation des règlements sur les pêches et leur conscience des problèmes environnementaux.

25. Une autre enquête a été réalisée dans l’état de Saxe-Anhalt en Allemagne. Cette enquête, qui se fondait à la fois sur les réponses écrites à un questionnaire à choix multiple et sur des réponses directes, a permis de mieux connaître la composition sociologique et les catégories professionnelles des pêcheurs à la ligne, leur nombre de jours d’activité, la durée de leur journée moyenne de travail, leurs motivations et un classement des espèces par préférence et par rendement. L’enquête a également fourni des renseignements sur les dépenses par rapport à la valeur des captures des pêcheurs à la ligne.

26. Au Royaume-Uni, la structure et le fonctionnement globaux du secteur des pêches en eaux intérieures ont été étudiés en vue d’une refonte de la législation pertinente. D’autres enquêtes pilotes sur l’économie du secteur ont été réalisées pour justifier une augmentation du financement des services d’administration des pêches. Une enquête complète sera effectuée sur la base de ces premières études de cas qui seront utilisées pour expliquer au public les avantages de la pêche de manière à le sensibiliser davantage.

27. Les biologistes de la pêche et les experts en sciences sociales doivent collaborer pour relier les critères biologiques et les données sur les captures et l’effort de pêche aux considérations socio-économiques sur les pêcheurs à la ligne. Des enquêtes conjointes de ce type ont été réalisées avec succès dans plusieurs lacs au Texas (E.-U.), alors qu’une enquête similaire visant à estimer la valeur socio-économique totale des pêches de loisir en Scandinavie, s’est heurtée à des difficultés.

28. Une analyse coûts-avantages de l’impact économique sur l’environnement d’un programme de chaulage, conduit sur des cours d’eau et des lacs acidifiés de Norvège, montre que les techniques d’évaluation d’impact écologique sont utiles pour élaborer des politiques qui se concrétisent dans des programmes de remise en état de l’environnement et permettent de reconstituer les stocks de poissons d’eau douce.

29. L’efficacité des pêches en eaux intérieures en Finlande a été améliorée par une réorganisation du système, basée sur l’établissement de régions de pêche et sur l’introduction de systèmes de cogestion. Des objectifs communs ont été définis en tenant compte des intérêts de toutes les parties concernées, notamment des titulaires de droits de pêche, des pêcheurs, des administrateurs et des chercheurs. Ces objectifs ont aidé à mettre en place une politique des pêches. La coexistence de la pêche récréative et de la pêche commerciale a été réglementée par une politique d’accès qui reposait sur les forces du marché mais permettait aussi la participation pour un coût raisonnable. Alors que dans les eaux privées, les pêches de loisir ont la priorité, dans les eaux publiques, on privilégie les pêches commerciales.

30. La contribution des pêches à l’économie régionale est analysée d’après des données de base extraites de l’annuaire statistique et des statistiques sur les pêches de la Finlande. De plus, un quotient de localisation est utilisé pour comparer l’importance relative du secteur des pêches avec le produit intérieur brut de la même région.

SESSION 3: PERSPECTIVES DES PÊCHES EN EAUX INTÉRIEURES

Les problèmes

31. La prochaine décennie sera décisive pour le développement durable des pêches en eaux intérieures et de l’aquaculture en Europe. La pression accrue de la demande de pêches de loisir et les dégâts de l’environnement obligent à recourir à toutes les méthodes applicables pour élaborer des plans d’aménagement de cette ressource et les mettre en œuvre. Il faut élaborer des modèles qui donnent une perspective macro-économique. La valeur socio-économique de la pêche et des activités connexes doit être établie et il faut tenir compte des différents besoins des utilisateurs des ressources, ainsi que de l’évolution des sciences et des techniques.

32. L’aquaculture européenne se concentre sur un petit nombre d’espèces de haute valeur. Environ 71 pour cent de la production aquacole provient des eaux marines, alors que les parts des eaux douces et saumâtres se montent respectivement à 22 pour cent et 7 pour cent. L’élevage de saumons d’eau de mer, a augmenté et l’Europe est devenu le premier producteur. Dans le secteur de l’aquaculture en eaux intérieures, la truite et la carpe commune représentent 85 pour cent de la production totale. La demande de carpes sur le marché est en baisse et une contraction de ce secteur semble probable. L’aquaculture a un impact socio-économique différent en Europe de l’Ouest et en Europe de l’Est.

Définition des catégories

a) L’aquaculture vise à satisfaire les besoins alimentaires, en général en améliorant les disponibilités, la qualité, les prix et la commercialisation des produits. Elle doit également respecter les prescriptions relatives aux disponibilités de poissons pour le repeuplement des plans d’eau utilisés pour la production, les loisirs et la préservation de la biodiversité. Compte tenu du débat qui a lieu actuellement en Europe à ce sujet, les membres de la CECPI devraient enfin arrêter une position commune, en ce qui concerne les organismes génétiquement modifiés.

b) La pêche de subsistance reste une activité importante sur le plan socio-économique dans quelques zones. Ce sous-secteur doit être suivi pour déterminer les changements qui interviennent et les ajustements à apporter aux politiques.

c) Les pêches artisanales doivent être examinées séparément des pêches commerciales, ne serait-ce que parce que le secteur artisanal repose plus sur des méthodes et des techniques traditionnelles généralement moins destructrices et plus adaptées aux objectifs de conservation des ressources. Ces pratiques doivent peut-être aussi être conservées comme patrimoine historique et culturel qui pourrait encore être utilisé pour définir de meilleures méthodes de gestion et d’exploitation.

d) La pêche commerciale est à priori le secteur le plus important, en valeur économique, tout au moins si l’on fait abstraction des valeurs non liées au marché. Ce secteur dépend directement des forces du marché. Il procure un rendement direct et des avantages du point de vue de l’emploi, qui peuvent être importants pour les économies locales. Accélérer le développement de ce secteur pourrait provoquer des conflits avec d’autres utilisateurs et entraîner une grave surexploitation des ressources.

e) La pêche récréative a gagné en importance dans toute l’Europe ces dernières années et a été au centre d’un plus grand nombre de recherches. Les chercheurs et les administrations des pêches ont surtout tenté d’évaluer la production et la valeur socio-économique de cette activité par rapport à d’autres usages plus commerciaux. Le rôle des pêches de loisir devrait être mieux reconnu et les pêcheurs amateurs devraient être associés plus systématiquement à la gestion des pêches.

33. Le développement de systèmes d’aquaculture continentale autonomes a réduit les causes de conflit entre les pêches et l’aquaculture en eaux intérieures. Des exemples démontrent que ces secteurs ont l’un comme l’autre intérêt à collaborer. Toutefois des conflits entre les utilisateurs persistent, à cause de la concurrence directe pour l’utilisation d’une même ressource halieutique ou de la dégradation des ressources ou du milieu naturel par une catégorie d’utilisateurs, qui est inacceptable pour les autres. Ces conflits sont parfois réglés en limitant l’accès à cette ressource ou en la répartissant dans l’espace et dans le temps pour la rendre accessible à un plus large éventail d’utilisateurs.

34. L’avenir de l’aquaculture dépendra de son aptitude à relever les nouveaux défis en utilisant des technologies améliorées, en créant de nouveaux marchés et en participant activement à l’aménagement intégré des ressources. Les principaux points qui posent actuellement problème en Europe dans ce secteur sont la mise au point de nouvelles technologies pour le traitement des effluents, la réalisation d’un meilleur équilibre entre les différentes régions et en particulier entre les pays de l’Est et de l’Ouest, et le renforcement de l’adhésion aux principes du Code de conduite pour une pêche responsable de la FAO.

35. Les aquaculteurs et les pêcheurs professionnels d’Europe sont en difficulté à cause des fluctuations rapides des prix de leurs produits. Il a été suggéré de chercher un moyen de stabiliser les prix du poisson et de ses dérivés sur les marchés.

36. Le déclin de la pêche à l’anguille suscite des préoccupations et l’attention de la Commission a été attirée sur le Plan d’action commun de l’UE, qui a identifié une méthode et des modèles pour enrayer la tendance à la baisse des captures. Les pêches à l’anguille sont extrêmement fragmentées, l’espèce se reproduit en dehors de l’Europe continentale et a un long cycle biologique, de sorte que l’aménagement de cette ressource n’est pas du ressort des autorités locales et que le développement de ce type de pêche relève nécessairement des autorités publiques et de la coopération internationale, dans le cas des principaux réseaux hydrographiques européens. Un plan d’aménagement international est nécessaire, pour les ressources en anguilles.

37. L’une des principales conclusions de cette session est la nécessité d’améliorer la compréhension technique et scientifique de tous les types de pêche. Il a été reconnu qu’un programme de formation professionnelle en Europe de l’Est, cofinancé par l’UE, y contribuerait.

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

38. Le Symposium a démontré que la valeur des ressources des pêches en eaux intérieures dans les pays membres de la CECPI dépasse largement les estimations antérieures, tout au moins sur la base d’études préliminaires. Tout porte à croire que dans les années à venir, il y aura un accroissement de la demande de produits de la pêche en eaux intérieures, surtout en ce qui concerne la pêche de loisir. Il y aura également une utilisation continue de l’eau et des milieux aquatiques pour d’autres fins que la pêche. À défaut d’un aménagement attentif des stocks de poissons, des environnements aquatiques et des dimensions humaines représentées par les différentes parties prenantes, les ressources des pêches en eaux intérieures ne permettront pas de soutenir ces niveaux accrus de production et ces nouvelles utilisations. Les membres de la CECPI devraient, de façon générale, soutenir les politiques visant à accroître la capacité des pêches en eaux intérieures pour leur permettre de répondre de façon durable aux aspirations du public.

Cogestion

39. La cogestion est un outil valable d’aménagement durable des pêches. Elle devrait également aider à résoudre les conflits potentiels entre les groupes d’utilisateurs. Les administrations des pêches devraient reconnaître plus ouvertement la nécessité d’une cogestion et soutenir l’utilisation de mécanismes institutionnels et organisationnels améliorés pour faciliter l’adoption de cette approche. Dans le cadre de la cogestion, un dialogue entre les collectivités locales et le secteur du tourisme est nécessaire, de même qu’un engagement de la part des parties prenantes non résidentes.

40. Il est évident que les pêches dans les fleuves et les lacs internationaux dont les eaux sont partagées sont mieux aménagés si des mécanismes de collaboration sont en place. Il faut donc établir des mécanismes d’aménagement coopératif pour les lacs et les fleuves transnationaux, là où il n’en existe pas.

41. Le degré élevé d’interactivité entre les divers utilisateurs des eaux intérieures et les effets éventuels des mauvaises méthodes de gestion dans un bassin versant obligent à instaurer des liens appropriés entre les administrations des pêches et les divers groupes d’utilisateurs. Ces liens serviront de mécanisme de négociation pour garantir l’établissement des critères minimums nécessaires au maintien de stocks de poissons sains.

42. L’importance croissante de la dimension humaine des pêches continentales oblige à associer plus étroitement les spécialistes des sciences sociales à la recherche et à l’aménagement des pêches. Leur rôle doit être d’élucider les liens complexes régissant la formulation des politiques des pêches pour garantir que toutes les parties participent au dialogue concernant les pêches et pour résoudre d’éventuels conflits.

Base de données, statistiques, sciences

43. Les informations de base sur la pêche récréative restent incomplètes dans de nombreuses régions d’Europe. Il faudrait s’efforcer d’améliorer cette situation. Il convient de revoir et d’encourager les techniques mises au point pour évaluer les ressources de l’environnement qui, jusqu’à présent, ont rarement été appliquées aux pêches en eaux intérieures en Europe.

44. Il faudrait définir des termes techniques lorsque l’on entreprend des projets conjoints, soit au niveau des différentes disciplines, soit entre pays voisins sur un même sujet.

45. Compte tenu de la nécessité de mieux comprendre les aspects socio-économiques, des enquêtes devraient être entreprises de façon plus systématique dans les États Membres de la CECPI. Il est recommandé que la CECPI organise un atelier ad hoc sur les méthodologies applicables aux enquêtes socio-économiques. L’expérience acquise relatée dans les documents présentés au Symposium servira de base pour examiner les concepts et les méthodologies et pour élaborer des approches harmonisées pour les études futures.

Aspects environnementaux

46. La communauté halieutique doit être préparée à répondre aux préoccupations croissantes du mouvement de défense des animaux, surtout en ce qui concerne les pêches de capture et les lâchers de poissons.

47. Il convient d’effectuer des évaluations prospectives et des projections à long terme pour faciliter et améliorer le processus d’aménagement. Une approche intégrée est nécessaire à ce stade et les évaluations doivent porter sur tous les facteurs essentiels (ressources, environnement, et variables socio-économiques telles que les tendances démographiques etc.) Cela est d’autant plus important que l’aménagement doit répondre à divers besoins socio-économiques et satisfaire les critères de protection des ressources et de l’environnement.

48. Le problème des mouvements internationaux illicites de poissons pourrait être traité au mieux à travers un mécanisme de la CECPI permettant aux contacts nationaux de travailler en liaison étroite. Des systèmes d’administration appropriés devraient permettre d’évaluer l’ampleur des vols et des mouvements illicites de poissons et d’identifier les responsables. La création d’un réseau national dans toute l’Europe et l’établissement de programmes de sensibilisation marqueraient un premier pas vers la résolution de ce problème.

Financement

49.Compte tenu de l’importance confirmée du secteur des pêches en eaux intérieures, du problème croissant de son aménagement durable et des dimensions internationales accrues du tourisme et des questions d’environnement le Symposium a jugé nécessaire de renforcer les efforts de collaboration et la coopération technique entre les membres. Il a exhorté la CECPI à intensifier les activités intersessions dans le cadre de programmes coopératifs portant sur les principaux aspects techniques et les problèmes essentiels d’aménagement. Il faudra rechercher un financement pour ces programmes.

50. Compte tenu de la contribution importante des pêches de loisir à la société, les gouvernements devraient allouer un financement approprié à ce secteur.

Formation et communication

51. Un système de formation des pêcheurs commerciaux serait une bonne base pour garantir l’avenir des pêches en eaux intérieures. Il faudrait aussi élaborer des programmes de formation des pêcheurs à la ligne lorsqu’il n’en existe pas encore. Il faudrait aussi promouvoir des projets de communication efficaces pour sensibiliser le public aux avantages de la pêche en eaux intérieures.

Politique d’aménagement

52. Tout doit être fait pour remettre en état et améliorer les cours d’eau, les lacs et les lagunes afin de préserver des activités halieutiques viables à l’avenir.

53. Pour respecter les préférences des consommateurs qui privilégient les sorties de pêche plus courtes et tenir compte de l’urbanisation croissante des sociétés européennes, il est urgent d’améliorer les lieux de pêche situés à proximité des villes.

54. Sous réserve des besoins de l’aménagement, il convient de maintenir un accès aux fonds de pêche pour les pêcheurs commerciaux lorsqu’ils ont des droits traditionnels ou lorsqu’il existe des justifications économiques ou sociales indéniables.

Annexe A
Participants

ADÁMEK, Zdenek
Institute of Fish Culture and Hydrobiology
University of South Bohemia
Laboratory Pohorelice
Videnska 717
691 23 Pohorelice,
Czech Republic/République Tchèque
Fax: (+420-626) 424372
E-mail: vurhjupo@iol.cz

ANICIC, Branca (Ms)
Faculty of Agriculture
University of Zagreb
Svetosimunska 25
HR-10000 Zagreb
Croatia/Croatie
Fax: (+385-1) 2315300
E-mail: treer@agr.hr

ANICIC, Ivica
Faculty of Agriculture
University of Zagreb
Svetosimunska 25
HR-10000 Zagreb
Croatia/Croatie
Fax: (+385-1) 2315300
E-mail: ianicic@agr.hr

APPELBLAD, Håkan
Department of Economic and Social Geography
Umeå University
902 87 Umeå
Sweden/Suède
Fax: (+46-90) 7866359
E-mail: hakan.appelblad@ geography.umu.se

APRAHAMIAN, Miran
Environment Agency North West Region
Richard Fairclough House
Knutsford Road
Warrington, WA4 1HG
United Kingdom/Royaume-Uni
Fax: (+44-1925) 415961
E-mail: miran.aprahamian@ environment-agency.gov.uk

ARNAL MONREAL, Manuel
Commission Européenne
Direction générale de la pêche
200, rue de la Loi
B-1049 Bruxelles
Belgium/Belgique
Fax: (+32-2) 2963033
E-mail: manuel.arnal-monreal@ cec.eu.int

AUVINEN, Heikki
Finnish Game and Fisheries Research Institute
Saimaa Fisheries Research and Aquaculture
Laasalantie 9
FIN-58175 Enonkoski
Finland/Finlande
Fax: (+358-205) 751609
E-mail: heikki.auvinen@rktl.fi

BENGTSSON, Bo
National Board of Fisheries
Dept. of Coastal and Freshwater Resources
P.O. Box 423
SE-40126 Göteborg
Sweden/Suède
Fax: (+46-31) 743044
E-mail: bo.bengtsson@fiskeriverket.se

BNINSKA, Maria (Ms)
Department of Fishery Bioeconomics
Inland Fisheries Institute
ul. Oczapowskiego 10
10-719 Olsztyn-Kortowo
Poland/Pologne
Fax: (+48-89) 5240505
E-mail: irs@uwm.edu.pl

BOCHECHAS, Jorge
Divisão de Pesca nas Águas Interiores
Direcção Geral das Florestas
Av. 5 Outubro 52-6ºD
1050-058 Lisboa
Portugal
Fax: (+351-21) 3156188
E-mail: jorge.bochechas@dgf.min-agricultura.pt

BOHN, Jørgen
The Danish Directorate of Fisheries
Stormgade 2
DK-1470 Copenhagen K.
Denmark/Danemark
Fax: (+45) 33963903
E-mail: jb@fd.dk

BOISNEAU, Philippe
Secrétaire général de la coordination nationale de la pêche professionnelle en eau douce
La Bardoire
F-37150 Chisseaux
France
Fax: (+33-2) 47238609
E-mail: boisneau@univ-tours.fr

BOLGANN, Birgit (Ms)
The Danish Directorate of Fisheries
Stormgade 2
DK-1470 Copenhagen K.
Denmark/Danemark
Fax: (+45) 33963903
E-mail: bbo@fd.dk

BRENNER, Tomás
Ministerium für Umwelt und Forsten
Kaiser-Friedrich-Strasse 1
D-55116 Mainz
Germany/Allemagne
Fax: (+49-6131) 165926
E-mail: tomas.brenner@wald-rlp.de

BUCK, Patrick
South Western Regional Fisheries Board
1 Nevilles Tce, Masseytown
Macroom, Co Cork
Ireland/Irlande
Fax: (+353-26) 41223
E-mail: buck@swrfb.ie

CASTELNAUD, Gérard
Cemagref Groupement de Bordeaux
50, av. de verdun, Gazinet
F-33612 Cestas CEDEX
France
Fax: (+33-5) 57890801
E-mail: gerard.castelnaud@cemagref.fr

CERNISENCU, Irina (Ms)
Danube Delta National Institute for Research and Development
Str. Babadag 165
RO-8800 Tulcea
Romania/Roumanie
Fax: (+40-40) 533547
E-mail: irina@indd.tim.ro

CHANGEUX, Thomas
Conseil supérieur de la pêche
Direction générale - Service technique
134, avenue de Malakoff
F-75116 Paris
France
Fax: (+33-1) 45012723
E-mail: thomas.changeux@ paris.environnement.gouv.fr

CHEBANOV, Michail S.
Krasnodar Research Institute of Fisheries
12, Oktybrskaya Str.
Krasnodar, 350063
Russia/Russie
Fax: (+7-8612) 622707
E-mail: chebanov@sturg.kuban.ru

CINI, Vladimir
Faculty of Economics
7 Gajev trg
HR-31000 Osijek
Croatia/Croatie
Fax: (+385-31) 211604
E-mail: vladimir.cini@os.tel.hr

COLLARES-PEREIRA, Maria João (Ms)
Centro de Biologia Ambiental
Dep. de Zoologia e Antropologia
Faculdade de Ciências de Lisboa
Campo Grande, C2
P-1749-016 Lisboa
Portugal
Fax: (+351-21) 7500028
E-mail: mcolares@fc.ul.pt

COURCOL, Christian
Ministère de l’agriculture et de la pêche
Direction des pêches maritimes et de l’aquaculture
Bureau de la pisciculture
3 Place de Fontenoy
F-75007 Paris
France
Fax: (+33-1) 49555984
E-mail: christian.courcol@ agriculture.gouv.fr

COWX, Ian G.
University of Hull
International Fisheries Institute
Hull HU6 7RX
United Kingdom/Royaume-Uni
Fax: (+44-1482) 470129
E-mail: i.g.cowx@biosci.hull.ac.uk

DITTON, Robert B.
Department of Wildlife and Fisheries Sciences
Texas A&M University
College Station, TX 77843-2258
Unites States of America/États-Unis d’Amérique
Fax: (+1-409) 8453786
E-mail: rditton@unix.tamu.edu

ECONOMIDIS, Panagiotis S.
Aristotle University of Thessaloniki
Department of Biology, Laboratory of Ichthyology
Box 134
GR-540 06 Thessaloniki
Greece/Grèce
Fax: (+30-31) 998279
E-mail: psecon@bio.auth.gr

FARAPONOVA, Olga A. (Ms)
Istituto Centrale per la Ricerca Scientifica e Tecnologica Applicata in Mare
300, Via Casalotti
00166 Rome
Italy/Italie
Fax: (+39) 0661570423
E-mail: mromanelli@tin.it

FITZMAURICE, Paddy
Central Fisheries Board
Mobhi Boreen
Glasnevin, Dublin 9
Ireland/Irlande
Fax: (+353-1) 8360060

FRANK, Vincent G.
Service de la pêche
Division nature et forêts
Région Wallone
av. Gouverneur Bovesse 100
B-5100 Jambes
Belgium/Belgique
Fax: (+32-81) 327470
E-mail: v.frank@mrw.wallonie.be

FRANZ, Martin
Amt für ländliche Räume Kiel
Abteilung Fischerei
Wischhofstraße 1-3
D-24148 Kiel
Germany/Allemagne
Fax: (+49-431) 7208026
E-mail: martin.franz@fischerei.alr-kiel.landsh.de

GABOR, Janos
Ministry of Agriculture and Rural Development
H-1055 Kossuth tér 11
Budapest
Hungary/Hongrie
Fax: (+36-1) 3014781
E-mail: karoly.pinter@fvm.hu

GEERTZ-HANSEN, Peter
Danish Institute for Fisheries Research
Department of Inland Fisheries
Vejlsoevej 39
DK-8600 Silkeborg
Denmark/Danemark
Fax: (+45) 89213150
E-mail: pgh@dfu.min.dk

GERARD, Pierre
Ministére de la Region Wallonne
Avenue Maréchal Juin, 23
B-5030-Gembloux
Belgium/Belgique
Fax: (+32-81) 615727
E-mail: p.gerard@mrw.wallonie.be

GERDEAUX, Daniel
Laboratoire d’hydrobiologie lacustre, INRA
BP 511
F-74203 Thonon Cedex
France
Fax: (+33-4) 50260760
E-mail: gerdeaux@thonon.inra.fr

GLEDHILL, Stephen
Environment Agency
Rio House, Waterside Drive
Bristol, BS32 4UD
United Kingdom/Royaume-Uni
Fax: (+44-1454) 624033
E-mail: stephen.gledhill@
environment-agency.gov.uk

GREBOVAL, Dominique
Development Planning Service
Fishery Policy and Planning Division
Food and Agriculture Organization of the United Nations
00100 Rome
Italy/Italie
Fax: (+39) 0657056500
E-mail: dominique.greboval@fao.org

GUERNALEC, Cyrille
Comité national des pêches maritimes et des élevages marins
51, rue Salvador Allende
F-92027 Nanterre
France
Fax: (+33-1) 49000602
E-mail: cguernalec@comite-peches.fr

HICKLEY, Phil
National Coarse Fish Centre
The Environment Agency
Hoo Farm Industrial Estate
Worcester Road
Kidderminster DY11 7RA
United Kingdom/Royaume-Uni
Fax: (+44-1562) 69477
E-mail: phil.hickley@environment-agency. gov.uk

HILGE, Volker
Bundesforschungsanstalt für Fischerei
Institut für Fischereiökologie
Wulfsdorfer Weg 204
D-22926 Ahrensburg
Germany/Allemagne
Fax: (+49-4102) 898207
E-mail: hilge_bfafi@compuserve.com

HYYTINEN, Lasse
Employment and Economic Development Centre
Fisheries Services, South Savo
P.O.Box 164
FIN-50101 Mikkeli
Finland/Finlande
Fax: (+358-15) 4664210
E-mail: lasse.hyytinen@te-keskus.fi

JANOUŠOVÁ, Magdaléna (Ms)
Slovak Anlers Union
Kmetá 20
010 55 Žilina
Slovakia/Slovaquie
Fax: (+421-89) 562906
E-mail: srz_rada@mail.pvt.sk

JENEY, Galina
Fish Culture Research Institute
P.O. Box 47
H-5541 Szarvas
Hungary/Hongrie
Fax: (+36-66) 312142
E-mail: jeneyg@haki.hu

JENEY, Zsigmond
Fish Culture Research Institute
P.O. Box 47
H-5541 Szarvas
Hungary/Hongrie
Fax: (+36-66) 312142
E-mail: jeneyz@haki.hu

KAINZ, Erich
Federal Agency for Water Management
Institute for Water Ecology, Fisheries and Lake Research
Scharfling 18
A-5310 Mondsee
Austria/Autriche
Fax: (+43-6232) 384733
E-mail: edv@igf.bmlf.gv.at

KARÁCSONYI, Zoltán
University of Debrecen
Egyetem tér 1
4032 Debrecen
Hungary/Hongrie
Fax: (+36-52) 512928
E-mail: karacsonyiz@tigris.klte.hu

KERESZTESSY, Katalin
MTA, Research Group of Animal Breeding
Pátér V. u.1
H-2103 Gödöllö
Hungary/Hongrie
Fax: (+36) 28410804
E-mail: keresztessy@fau.gau.hu

KOVÁCS, Norbert
Magyar Országos Horgász szóvetség
Korumpai u.17
H-1124 Budapest
Hungary/Hongrie
Fax: (+36-1) 31999794

KRIER, Ady
Administration des eaux et forêts
Service de la chasse et de la pêche
16, rue Eugène Ruppert
L-1025 Luxembourg
Fax: (+352) 402201-350
E-mail: ady.krier@ef.etat.lu

KRISTOFERSSON, Dadi
Agricultural University
P.O. Box 470
1432 As
Norway/Norvège
E-mail: iosak@ios.nlh.no

KÚTASY, Gabriella (Ms)
National Federation of Hungarian Fish Producers
Vöröszö u. 4/B
H-1126 Budapest
Hungary/Hongrie
Fax: (+36-1) 2142643

LEHTONEN, Hannu
Department of Limnology and Environmental Protection
P.O. Box 27
FIN-00014 Helsinki
Finland/Finlande
Fax: (+358-9) 708 5857
E-mail: Hannu.Lehtonen@helsinki.fi

MAHABIR, Gieta (Ms)
Fisheries Department
Ministry of Agriculture, Nature Management and Fisheries
Postbus 20401
2500 The Hague
Netherlands/Pays-Bas
Fax: (+31-70) 3786153
E-mail: g.mahabir@viss.agro.nl

MAIDMENT, Stephen
CEFAS
Weymouth Laboratory
Barrack Road
Weymouth, Dorset, DT4 8UB
United Kingdom/ Royaume-Uni
Fax: (+44-1305) 206602
E-mail: s.b.maidment@cefas.co.uk

MARINI, Raffaele
Commissariato Italiano
Commissione italo-svizzera per la pesca
Viale G. Modugno 42
I-16156 Genova
Italy/Italie
Fax: (+39) 0106967647
E-mail: marini@aleph.it

MARMULLA, Gerd
Inland Fisheries and Aquaculture Service
Fishery Resources Division
Food and Agriculture Organization of the United Nations
00100 Rome
Italy/Italie
Fax: (+39) 0657053020
E-mail: gerd.marmulla@fao.org

MARTA, Patricia Sobral (Ms)
Centro de Biologia Ambiental
Dep. de Zoologia e Antropologia
Faculdade de Ciências de Lisboa
Campo Grande, CZ
P-1749-016 Lisboa
Portugal
Fax: (+35-1) 17500028

 
MEYER, Kurt
European Anglers Alliance (EAA)
Wasserwerkgasse 33
CH-3000 Bern
Switzerland/Suisse
Fax: (+41-31) 3110901

MORIARTY, Christopher
University of Dublin
Zoology Department
Trinity College
Dublin 2
Ireland/Irlande
E-mail: cm@iol.ie

MUHONEN, Jukka
Employment and Economic Development Centre for Häme
Raatihuoneenkatu 11
FIN-13101 Hämeenlinna
Finland/Finlande
Fax: (+358-3) 8515759
E-mail: jukka.muhonen@te-keskus.fi

MUJE, Kari
Finnish Game and Fisheries Research Institute
Kauppakatu 4 B 49
FIN-40100 Jyväskylä
Finland/Finlande
Fax: (+358-20) 5751609
E-mail: mukail@aton.jyu.fi

MUJE, Petri
University of Kuopio
Center for Training and Development
P.O.Box 1627
FIN-70211 Kuopio
Finland/Finlande
Fax: (+358-17) 163903
E-mail: petri.muje@uku.fi

MÜLLER, Rudolf
EAWAG, Fisheries
CH-6047 Kastanienbaum
Switzerland/Suisse
Fax: (+41-41) 3492162
E-mail: rudolf.mueller@eawag.ch

MUYRES, Wiel J.M.
Organization for the Improvement of Inland Fisheries (OVB)
Buxtehudelaan 1
P.O. Box 433
NL-3430 AK Nieuwegein
Netherlands/Pays-Bas
Fax: (+31-30) 6039874
E-mail: muyres@ovb.nl

NAEVE, Heiner
Secretary EIFAC
Fishery Resources Division
Food and Agriculture Organization of the United Nations
00100 Rome
Italy/Italie
Fax: (+39) 0657053020
E-mail: heiner.naeve@fao.org

NÃVODARU, Ion
Danube Delta National Institute for Research and Development
Str. Babadag 165
RO-8800 Tulcea
Romania/Roumanie
Fax: (+40-40) 533547
E-mail: navodaru@indd.tim.ro

OPACAK, Andelko
Faculty of Agriculture
3 Trg Sv. Trojstva
HR-31000 Osijek
Croatia/Croatie
Fax: (+385-31) 224268
E-mail: vcini@oliver.efos.hr

OZOLINA, Gunta (Ms)
National Board of Fisheries
Ministry of Agiculture
2, Republikas laukums
LV-1010 Riga
Latvia/Lettonie
Fax: (+371) 7334892
E-mail: fish@com.latnet.lv

PEIRSON, Graeme
National Coarse Fish Centre
Environment Agency
Hoo Farm Industrial Estate
Worcester Road
Kidderminster, DY11 7RA
United Kingdom/Royaume-Uni
Fax: (+44-1562) 69477
E-mail: graeme.peirson@environment-agency.gov.uk

PERKOVIC, Anica (Ms)
Faculty of Agriculture
3 Trg Sv. Trojstva
HR-31000 Osijek
Croatia/Croatie
Fax: (+385-31) 224259
E-mail: vcini@oliver.efos.hr

PILKOVÁ, Zuzana (Ms)
Slovak Anlers Union
Kmetá 20
010 55 Žilina
Slovakia/Slovaquie
Fax: (+421-89) 562906
E-mail: srz_rada@mail.pvt.sk

PINTÉR, Károly
Ministry of Agriculture and Regional Development
Kossuth L. tér 11
H-1055 Budapest
Hungary/Hongrie
Fax: (+36-1) 3014781
E-mail: karoly.pinter@fvm.hu

PURSIAINEN, Juha
University of Kuopio
Center for Training and Development
P.O.Box 1627
FIN-70211 Kuopio
Finland/Finlande
Fax: (+358-17) 163900
E-mail: juha.pursiainen@uku.fi

RAAT, Lex (A.J.P.)
Organization for the Improvement of Inland Fisheries (OVB)
Buxtehudelaan 1
P.O. Box 433
NL-3430 AK Nieuwegein
Netherlands/Pays-Bas
Fax: (+31-30) 6058446
E-mail: raat@ovb.nl

 
RADONSKI, Gilbert C.
133 Sutton Drive,
Cape Carteret, NC 28254
United States of America/États-Unis d’Amérique
Fax: (+1-520) 3962092
E-mail: gcrgmr@mail.clis.com

RASMUSSEN, Gorm
Danish Institute for Fisheries Research
Department of Inland Fisheries
Vejlsoevej 39
DK 8600 Silkeborg
Denmark/Danemark
Fax: (+45) 89213150
E-mail: gr@dfu.min.dk

RIEKSTINS, Normunds
National Board of Fisheries
Ministry of Agriculture
2, Republikas laukums
LV-1010 Riga
Latvia/Lettonie
Fax: (+371) 7334892
E-mail: fish@com.latnet.lv

ROTH, Eva (Ms)
University of Southern Denmark
Nils Bohrs Vej 9
DK-6700 Esbjerg
Denmark/Danemark
Fax: (+45) 65501091
E-mail: er@sam.sdu.dk

SALMI, Juhani
Finnish Game and Fisheries Research Institute
Saimaa Fisheries Research and Aquaculture
Konttorikatu 1
FIN-28900 Pori
Finland/Finlande
Fax: (+358-205) 751895
E-mail: juhani.salmi@rktl.fi

SAVELYEVA, Emiliya A. (Ms)
Krasnodar Research Institute of Fisheries
12, Oktybrskaya Str.
Krasnodar, 350063
Russia/Russie
Fax: (+7-8612) 622707
E-mail: chebanov@sturg.kuban.ru

SIPPONEN, Matti
Employment and Economic Develop-ment Centre for Central Finland
P.O. Box 44
FIN-40101 Jyväskylä
Finland/Finlande
Fax: (+358-14) 4104747
E-mail: matti.sipponen@te-keskus.fi

STACHOWIAK, Piotr M.
Ministerstwo Rolnictwa I Rozwoju WSI
Department Rybolówstwa
Ul. Wspólna 30
00-930 Warszawa
Poland/Pologne
Fax: (+22) 6232204
E-mail: P.Stachowiak@minrol.gov.pl

STAUB, Erich
Office fédéral de  l'environnement, des forêts et du paysage
Division écologie et pêche
Hallwylstrasse 4
CH-3003 Berne
Switzerland/Suisse
Fax: (+41-31) 3230371
E-mail: erich.staub@buwal.admin.ch

STEFFENS, Werner
Deutscher Anglerverband e.V.
Eitelsdorfer Str. 32
D-12555 Berlin
Germany/Allemagne
Fax: (+49-30) 6561390
E-mail: dav.winkel@t-online.de

STIGZELIUS, Johanna (Ms)
Finnish Game and Fisheries Research Institute
P.O. Box 6
FIN-00721 Helsinki
Finland/Finlande
Fax: (+358-205) 751201
E-mail: johanna.stigzelius@rktl.fi

STÜNDL, László
University of Debrecen
Egyetem tér 1
4032 Debrecen
Hungary/Hongrie
Fax: (+36-52) 512928
E-mail: stundl@fs2.date.hu

SUCHMAN, Jaroslav
Subregional Representative for Central and Eastern Europe
Benczúr utca 34
1068 Budapest
Hungary/Hongrie
Fax: (+36-1) 3517029
E-mail: jaroslav.suchman@fao.org

TOIVONEN, Anna-Liisa (Ms)
Finnish Game and Fisheries Research Institute
P.O. Box 6
FIN-00721 Helsinki
Finland/Finlande
Fax: (+358-205) 751201
E-mail: anna-liisa.toivonen@rktl.fi

TONDER, Mika
Finnish Game and Fisheries Research Institute
Saimaa Fisheries Research and Aquaculture
Laasalantie 9
FIN-58175 Enonkoski
Finland/Finlande
Fax: (+358-205) 751609
E-mail: mtonder@cc.joensuu.fi

TUUNAINEN, Pekka
Finnish Game and Fisheries Research Institute
Pukinmäenaukio 4
P.O.Box 6
FIN-00721 Helsinki
Finland/Finlande
Fax: (+358-205) 751201
E-mail: pekka.tuunainen@rktl.fi

VAINO, Vaïno
University of Tartu
Institute of Zoology and Hydrobiology
Vanemuise St. 46
Tartu 51014
Estonia/Estonie
Fax: (+372) 7374

VAMVAKAS, Constantin
Commission Européenne
Direction générale de la pêche
200, rue de la Loi
B-1049 Bruxelles
Belgium/Belgique
Fax: (+32-2) 2951940
E-mail: constantin.vamvakas@ cec.eu.int

VÁRADI, Agnes (Ms)
Fish Culture Research Institute
P.O. Box 47
H-5541 Szarvas
Hungary/Hongrie
Fax: (+36-66) 312142
E-mail: varadia@haki.hu

VÁRADI, László
Fish Culture Research Institute
P.O. Box 47
H-5541 Szarvas
Hungary/Hongrie
Fax: (+36-66) 312142
E-mail: varadil@haki.hu

VETEMAA, Markus
University of Tartu
Institute of Zoology and Hydrobiology
Vanemuise St. 46
Tartu 51014
Estonia/Estonie
Fax: (+372-7) 375830
E-mail: mvetemaa@ut.ee

VIHERVUORI, Aune (Ms)
Finnish Game and Fisheries Research Institute
PO Box 6
FIN-00721 Helsinki
Finland/Finlande
Fax: (+358-205) 751201
E-mail: aune.vihervuori@rktl.fi

VILAINE, Louis
Comité national des pêches maritimes et des élevages marins
51 rue Salvador Allende
F-92027 Nanterre
France
Fax: (+33-1) 49000602
E-mail: lvilaine@comite-peches.fr

VIRTANEN, Jarno
Finnish Game and Fisheries Research Institute
P.O. Box 6
FIN-00721 Helsinki
Finland/Finlande
Fax: (+358-205) 751202
E-mail: jarno.virtanen@rktl.fi

WEDEKIND, Helmut
Institute for Inland Fisheries
Potsdam-Sacrow
Jägerhof
D-14476 Gross Glienicke
Germany/Allemagne
Fax: (+49-33201) 40640
E-mail: helmut.wedekind@
ifb-potsdam.de

WELCOMME, Robin
Renewable Resources Assessment Group, Room 403
T.H. Huxley School of Environment, Earth Sciences and Engineering
Imperial College of Science, Technology and Medicine
Royal School of Mines
Prince Consort Road
London SW7 2BP
United Kingdom
Fax: (44-171) 5895319
E-mail: r.welcomme@ic.ac.uk

WINKEL, Michael
Deutscher Anglerverband e.V.
Weissenseer Weg 110
D-10369 Berlin
Germany/Allemagne
Fax: (+49-30) 97104389
E-mail: dav.winkel@t-online.de

 

Annexe B
Résumé des contributions au Symposium
(E- Exposées; P – Posters)
Certains documents seront publiés dans "Fisheries Management and Ecology"

SESSION 1: POLITIQUES D'AMÉNAGEMENT DES PÊCHES

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 03

Quel avenir pour la pêche professionnelle continentale dans le contexte législatif et socio-politique français ?
Avancées pour sa reconnaissance et obstacles à son maintien

Philippe Boisneau

Secrétaire Général de la Coordination nationale de la pêche professionnelle en eau douce, La Bardoire 37150 Chisseaux, France

Les huit cents pêcheurs professionnels continentaux français sont regroupés dans onze associations agrées, réparties sur l'ensemble du territoire métropolitain, qui les représentent aux niveaux des départements, des régions et des bassins hydrographiques. La plupart de ces pêcheurs adhérent à la Coordination Nationale de la Pêche Professionnelle en Eau Douce (C.N.A.P.PE.D.), qui assure la cohésion de la profession, et permet sa représentation devant les instances nationales. A ce niveau, les discussions et la défense de la pêche professionnelle sont extrêmement difficiles : au conseil d'administration du Conseil Supérieur de la Pêche, établissement public placé auprès du Ministre chargé de l'environnement, devant lequel doivent être discutés pour approbation tous les textes réglementaires, ne siège qu'un professionnel au côté de 12 pêcheurs de loisirs. De même au niveau départemental, dans les commissions techniques de la pêche qui proposent les modalités de gestions réglementaires de la pêche aux préfets, la profession est représentée par deux membres dans les départements où nous sommes présents (et zéro dans les autres, d'où l'impossibilité d'implantations nouvelles), contre quatre pour la pêche de loisirs. Résultat : l'obligation d'utilisation d'outils du XIXème siècle avec les règles d'usages du XVIIème, rendant pour beaucoup impossibles la réalisation des résultats financiers nécessaires pour survivre dans une économie libérale mondialisée à l'aube du XXIième siècle. Pourtant, la profession a su intégrer les concepts de gestion durable des ressources halieutiques sauvages en mettant en place un suivi individuel des efforts de pêche et des captures au niveau national, en réalisant des opérations techniques d'envergure comme le pacage lacustre, en intégrant récemment les formations aquacoles du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, en publiant une revue de qualité qui permet la communication à l'intérieur de la profession et vers ses partenaires. Dans le domaine des pêches continentales françaises, une démocratie reste à inventer, avec une représentation dans des instances permettant enfin à la profession d'évoluer en même temps que la société, pour permettre une gestion harmonieuse et durable des ressources piscicoles en même temps qu'un développement raisonnable des pêcheries professionnelles.

Mots clés: Pêche professionnelle; gestion; France

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 04

Une approche globale du développement des pêches –
Résultats préliminaires de l’initiative pour la mise en valeur de la rivière Kerry Blackwater en Irlande

Patrick J. Buck

South Western Regional Fisheries Board,1 Nevilles Tce, Masseytown, Macroom, Co Cork, Irlande

En 1996, l’État a fait l’acquisition, dans une zone rurale du sud-ouest de l’Irlande, d’une petite rivière à fortes crues laissée à l’abandon, appelée Kerry Blackwater, où fraient les saumons. En 1997, la Commission régionale des pêches du sud-ouest, utilisant des fonds fournis par le ministère des Finances et l’Union européenne, a mis en œuvre un programme quinquennal de développement durable de cette rivière en vue de l’atteinte de deux objectifs : la création d’une pêcherie de saumon durable de haut de gamme et celle d’une pêcherie modèle de saumon pouvant servir d’exemple pour la mise en valeur d’autres cours d’eau irlandais. Le projet a été divisé en quatre unités de base : environnement, développement, retombées économiques et aspects sociaux. Les résultats préliminaires montrent l’importance d’envisager le bassin versant dans son ensemble et de tenir compte des relations mutuelles entre toutes ses composantes. La réussite du projet dépend manifestement de l’interaction entre la communauté et le développement. Il est essentiel de prendre en considération que les populations locales sont, chacune à leur façon, des parties prenantes à la ressource et qu’elles doivent être associées à la gestion du bassin versant. Pour que le projet jouisse d’un appui durable, sa conception doit être acceptée par la population, qui doit se sentir étroitement associée au projet. L’expérience montre qu’il faut mettre au point des méthodes de règlement des différends adaptées à chaque type de ressources et aux besoins des parties prenantes. L’amélioration des conditions économiques est un élément important pour assurer un appui à long terme. L’adhésion au projet est apparemment fragile si les aspirations sociales fondamentales ne sont pas satisfaites relativement rapidement, dans des délais variant selon les parties prenantes. De même, les saisons de pêche à la ligne étant relativement courtes, de nombreuses parties prenantes exigent d’autres modes d’utilisation du bassin versant, et la génération de revenus est alors souvent le seul élément moteur. Il faut bien se rendre compte que de nombreuses parties prenantes sont peu conscientes des besoins concernant la préservation de l’environnement et qu’au départ, l’intégrité de celui-ci joue un rôle secondaire par rapport aux considérations économiques et à l’accroissement des revenus. Les conflits qui surviennent constamment entre les parties prenantes doivent être réglés sur-le-champ afin d’éviter qu’ils n’occasionnent durablement des difficultés. On a constaté que les aspects sociaux étaient souvent considérablement plus complexes que ceux qui concernent l’environnement physique ou les méthodes de développement.

Mots clés : Parties prenantes; pêches de loisir; règlement des différends; Irlande

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 05

Gestion des pêches en eau douce et dans les eaux côtières au Danemark pendant la période 1987-1999

Peter Geertz-Hansen et Gorm Rasmussen

Department of Inland Fisheries, Vejlsoevej 39, DK 8600 Silkeborg, Danemark

Le Danemark a une superficie de 43 000 km²; ses eaux intérieures se composent d’environ 15 000 hectares de cours d’eau (d’une longueur totale de 30 000 km) et de quelque 45 000 hectares de lacs. Le pays a une population d’approximativement 5,2 millions d’habitants

Le Danemark occupe une formation morainique datant de l’avant-dernière et de la dernière périodes glaciaires. De façon générale, les cours d’eau et les lacs sont tous influencés par la culture humaine. De nombreux lacs sont fortement eutrophiques et les poissons qu’on y trouve appartiennent principalement à des espèces omnivores (cyprinidés). Moins de 2 % des cours d’eau n’ont jamais fait l’objet de travaux d’aménagement. Les autres (98 %) ont été plus ou moins régulés (création de canaux, rectification de leurs cours), mais beaucoup ont été rétablis dans leur état initial au cours des 10 dernières années.

Au XXe siècle, un grand nombre de centrales hydroélectriques et d’établissements piscicoles ont été installés, ce qui a occasionné des problèmes pour les salmonidés migrateurs à cause de la prédation par les brochets et les sandres et parce qu’un grand nombre d’échelles à poisson ne fonctionnaient pas très bien. Dans les fjords, la pêche commerciale de l’anguille et du hareng perturbait la migration des tacons. De nombreux cours d’eau ont été pollués par des matières organiques ainsi que par des effluents acides et ferreux dus au drainage et à l’exploitation de la lignite. L’ampleur de ces problèmes a toutefois diminué aujourd’hui.

La pêche est une activité de loisir très importante au Danemark non seulement pour la population locale, mais aussi pour les touristes étrangers. Elle est pratiquée aussi bien en zone côtière que dans les eaux intérieures. Les pêcheurs âgés de 18 à 67 ans doivent détenir un permis de pêche valide. Les droits acquittés pour l’obtention de permis permettent de financer le repeuplement, la restauration des cours d’eau et la recherche biologique sur les pêches. En vertu du droit danois, le repeuplement ne peut se faire que sur accord préalable des autorités.

Toute proposition de repeuplement en eau douce doit être accompagnée d’un plan de repeuplement basé sur la capacité de charge des habitats concernés. Le repeuplement est toujours effectué en utilisant des poissons d’élevage issus soit de poissons sauvages capturés à cette fin dans la nature ou de stocks de poissons plus ou moins domestiqués qui se sont déjà reproduits en captivités depuis plusieurs générations. Lorsque les poissons sont libérés, le risque d’une perturbation éventuelle de la structure génétique actuelle des stocks de poissons est inévitable. Le repeuplement est donc régi par des directives génétiques.

Cette communication fournit des renseignements généraux sur les eaux intérieures, les aspects juridiques et socioéconomiques des pêches dans les eaux intérieures, les projets de recherche, les principaux problèmes potentiels et les perspectives en matière de développement.

Mots clés : Pêches dans les intérieures; pêches de loisir; repeuplement; politique; Danemark

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 06

Les pêcheries des lacs alpins en France, interactions entre la pêche récréative et la pêche professionnelle

Daniel Gerdeaux

Laboratoire d’hydrobiologie lacustre, INRA, BP 511, F 74203 Thonon Cedex, France

L’évolution des pêcheries du lac Léman et du lac d’Annecy est analysée comparativement. La pêche de loisirs prend une ampleur telle sur le lac d’Annecy que la pêche professionnelle se retrouve marginalisée. L’évolution est liée à l’augmentation relative du poids économique de la pêche de loisirs, à l’arrivée de pêcheurs en rivière déçus par la dégradation de cette pêche et aux modifications des habitudes de pêche à la ligne. Le corégone était une ressource uniquement exploitée par les pêcheurs aux filets avant le développement de la pêche appelée sonde sur le lac d’Annecy. Elle reste uniquement exploitée par les pêcheurs professionnels sur le Léman et constitue une ressource importante pour laquelle ne se pose pas de question de partage sur ce lac. Les conflits de partage sont ainsi beaucoup plus forts sur le lac d’Annecy. L’accès à la pêche de loisirs en bateau est moins coûteux sur le lac d’Annecy que sur le Léman pour des raisons de sécurité de navigation principalement. L’augmentation de la pression de pêche est aussi très forte sur le lac d’Annecy. L’avenir de la pêche professionnelle au lac d’Annecy dépend également de la filière régionale du poisson de lac. Le développement de la pêche du corégone au Léman fait que l’offre locale dépasse la demande et que le poisson du Léman est envoyé sur le marché du lac d’Annecy. Toutes ces circonstances jouent en défaveur du maintien de la pêche professionnelle au lac d’Annecy qui ne pourra se maintenir que si l’administration affirme une politique claire de maintien de cette activité. Cette démarche est initiée dans le cadre d’un projet intégré de filière de production piscicole lacustre qu’il est difficile de mettre en place entre les lacs. Il paraît plus réaliste de réfléchir au cas par cas plutôt que de façon globale.

Mots clés: Pêche récréative; pêche professionnelle; France

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 07

Pêcheries locales et protection de la nature : étude de cas du lac Saimaa en Finlande

Mika Tonder et Juha Jurvelius

Finnish Game and Fisheries Research Institute, Saimaa Fisheries Research and Aquaculture, Laasalantie 9, FIN-58175 Enonkoski, Finlande

Les pêcheries des lacs et des cours d’eau ont joué un rôle important dans l’histoire du peuplement de la Finlande. À l’heure actuelle, les pêches continentales ont surtout une importance économique locale. La politique environnementale finlandaise prête une grande attention à l’écologie, et la population locale ne partage pas toujours le point de vue de l’administration en ce qui concerne les restrictions imposées en vue de la conservation des ressources naturelles. En Finlande, la conservation et la politique environnementale ne suscitent plus guère de conflits mais sont plutôt l’enjeu de certains rapports de force. Les différents groupes existant au niveau local ont des valeurs et des intérêts différents et s’opposent au sujet de la priorité à accorder à l’utilisation ou à la conservation des ressources. Au niveau local, les décisions concernant les pêcheries relèvent principalement des associations officielles de pêcheurs. La population manifeste traditionnellement une attitude négative envers les pêcheurs amateurs et commerciaux non locaux et, plus particulièrement, envers la conservation.

Le phoque annelé de Saimaa (Phoca hispida saimensis Nordq) est le seul mammifère indigène de la Finlande. C’est une forme du phoque annelé de la Baltique qui vit à l’intérieur des terres. Sa chasse était autorisée jusqu’au milieu des années 1970 parce qu’il mange le poisson et constitue lui-même une source de viande, de cuir, etc. Du fait de la chasse, des morts accidentelles dans les filets de pêche et de la réduction de son habitat, il ne restait plus qu’environ 120 phoques annelés au début des années 1980, mais ce nombre est ensuite passé à un peu plus de 200 suite à la mise en œuvre de mesures de conservation appliquées avec rigueur pour protéger cette espèce. L’application des restrictions concernant la pêche imposées pour favoriser la conservation de ce phoque ont nécessité un changement d’attitude de la part des pêcheurs locaux.

Nous présentons ici une étude de cas des interactions entre la pêcherie locale, le phoque annelé de Saimaa et les mesures de conservation appliquées dans le lac Pihlajavesi, dans le sud-est de la Finlande. Une cinquantaine de phoques vivent dans la zone étudiée, et environ 20 000 personnes pêchent annuellement dans le lac. Nous analysons d’abord les positions prises par les décideurs et les pêcheurs locaux au sujet de la conservation du phoque ainsi que les activités et le point de vue de l’administration de l’environnement et des pêches. Deuxièmement, nous étudions le rôle prédateur de ce phoque vis-à-vis des poissons et le comparons avec l’impact de la pêche dans cette zone et les points de vue des pêcheurs locaux. Nous discutons également les effets des mesures de conservation sur la pêche et les autres utilisations des ressources naturelles dans ce secteur. Cette étude repose principalement sur des entretiens thématiques individuels réalisés avec des décideurs, des pêcheurs et d’autres parties prenantes de cette région.

Mots clés : Conservation; règlement des conflits; faune; Finlande

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 09

Importations illégales de poisson d’eau douce vivants au Royaume-Uni

Stephen Maidment

CEFAS, Weymouth Laboratory, Barrack Road, Weymouth, Dorset, DT4 8UB, Royaume-Uni

Des mesures législatives ont été adoptées en Europe et au Royaume-Uni pour réduire l’incidence des maladies affectant les poissons et les empêcher de se répandre dans tout le continent. Les poissons provenant de zones et de sites officiellement « approuvés » peuvent maintenant être transportés et exportés librement sous réserve d’une notification appropriée et si un certificat attestant de la santé des animaux est délivré.

Il semble néanmoins que des poissons d’eau douce vivants continuent d’être importés illégalement au Royaume-Uni; non seulement la menace de maladies est-elle en augmentation, mais l’incidence en est également plus fréquente. Ces animaux – principalement des carpes, des silures glanes et, plus récemment, des esturgeons – sont souvent simplement volés ou achetés bon marché sur le continent et introduits en contrebande au Royaume-Uni. Ils proviennent principalement de la France, de la Belgique et des Pays-Bas, mais on sait que des poissons originaires d’autres pays, y compris l’Europe de l’Est, pénètrent aussi illégalement au Royaume-Uni.

Ces délits sont commis par des propriétaires de pêcheries du Royaume-Uni ou en leur nom pour attirer des pêcheurs à la ligne disposés à payer des sommes importantes pour pouvoir essayer de capturer des poissons plus grands que ceux qu’ils pourraient pêcher normalement ou appartenant à des espèces différentes. À titre d’exemple, on sait qu’une carpe de 20 kg a récemment été vendue 5 000 livres en Angleterre après avoir été achetée pour 100 livres en Europe de l’Est. On sait simplement que le poisson en question avait été importé illégalement. Les autorités britanniques et les personnes qui s’occupent du commerce du poisson et de la pêche pensent que nombre des cas récents de maladies constatés au Royaume-Uni sont dus à des poissons importés illégalement.

On sait également que de grandes quantités de poisson provenant du reste du continent sont importées illégalement non seulement au Royaume-Uni mais aussi en France pour couvrir les besoins du marché créés par le nombre croissant de lacs situés dans ce pays qui appartiennent à des Britanniques et où les pêcheurs du Royaume-Uni sont invités à venir pêcher. Il y a aussi de bonnes raisons de penser que des poissons sont volés dans des lacs appartenant à des ressortissants Français et introduits dans les eaux possédées, louées, exploitées ou utilisées pour la pêche par des Britanniques. Ces poissons sont nécessaires non seulement pour maintenir la densité de peuplement de ces eaux, mais aussi pour remplacer un grand nombre de poissons qui meurent par suite de ce type d’activités.

Les mesures prises par les autorités britanniques n’ont que peu d’effets sur ces importations illégales à cause de la facilité avec laquelle ces délits peuvent être commis et des ressources minimes disponibles pour lutter contre ce problème. Le Royaume-Uni désire donc vivement associer les autorités compétentes des pays européens à la lutte contre les activités illégales commises par des ressortissants britanniques et les autres personnes pouvant y participer.

Mots clés : Introductions; commerce; pêche récréative; Royaume-Uni

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 10

Participation des usagers à la gestion des pêches : Le rôle des pêcheurs de loisir comme cogestionnaires des ressources halieutiques des eaux intérieures, l’aspect socio-culturel de la question

Raffaele Marini

Viale G. Modugno 42, I-16156 Genova, Italie

La possibilité d’associer les pêcheurs de loisir à la cogestion des ressources halieutiques des eaux intérieures fait l’objet d’un débat entre les usagers et les organismes publics intéressés.

Vu le vieillissement progressif des pêcheurs de loisir italiens, il est essentiel d’essayer d’associer les jeunes non seulement à la pêche, mais aussi à la co-gestion des ressources halieutiques et à la protection du milieu aquatique.

Nous pensons qu’il sera ainsi possible de convaincre les futures générations de l’importance de la protection des ressources halieutiques des eaux intérieures afin de garantir la survie de la pêche de loisir grâce à l’amélioration du milieu écologique dans lequel les poissons naissent, croissent et se reproduisent.

Mots clés : Pêches de loisir; cogestion; Italie

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 12

Comment assurer l’utilisation durable des pêches du delta du Danube en Roumanie

Ion Nãvodaru, Mircea Staras et Irina Cernisencu

Danube Delta National Institute for Research & Development, Str. Babadag 165, Ro-8800 Tulcea, Roumanie

Les pêches du delta du Danube sont célèbres depuis l’antiquité. Au fil du temps, elles ont connu des modifications concernant les droits de propriété, l’administration, le volume de capture et les espèces qu’on y trouve. Elles couvrent plus de 580 000 hectares du delta et produisent entre 5 000 et 10 000 tonnes de poisson par an, dont la valeur atteint USD 6,3 millions, et restent l’une des plus importantes pêches continentales d’Europe.

Environ 15 000 habitants du delta et quelque 160 000 personnes habitant les zones adjacentes sont plus ou moins entièrement tributaires de cette ressource. Ces pêches sont très diversifiées et complexes et on peut les diviser dans les catégories suivantes : lacs, cours d’eau, zones marines et côtières et zones de migration. Le delta du Danube a été classé comme Réserve de la biosphère en 1990, mais la pêche y est encore autorisée. Assurer l’utilisation durable des ressources halieutiques est le problème que doit régler le triangle que composent les autorités administratives, les utilisateurs et les chercheurs.

Après l’écroulement de l’économie dirigiste, la période de transition du communisme au capitalisme a été marquée par l’abandon du contrôle économique total par l’État, remplacé par la liberté d’accès, puis la mise en place de plusieurs cadres législatifs successifs conçus pour assurer une utilisation durable des ressources. Pendant cette période, une réglementation a été établie pour empêcher que la liberté d’accès n’entraîne la disparition des pêches. Le processus n’est pas encore terminé, et la réussite ou l’échec des différents instruments utilisés pour assurer leur viabilité suscite divers débats. Les autorités ont adopté le principe empirique de la gestion adaptative. Les outils de conservation fondamentaux sont l’interdiction de la pêche pendant certaines périodes de l’année et dans certaines zones et l’imposition d’une taille minimale pour les captures. Le premier nouveau règlement, entré en vigueur après 1990, incluait des quotas de capture pour réguler la production. Depuis lors, la taille des mailles de tous les engins de pêche a été augmentée, passant de 28 à 32 mm dans le delta du Danube et de 40 à 50 mm dans la zone lacustre de Razim-Snoie. Avec le système des quotas, il peut être difficile d’évaluer le rendement durable maximal en utilisant l’analyse des populations virtuelles ou d’autres méthodes. Le marché noir florissant, l’absence de statistiques sur l’effort de pêche et les variations naturelles de la taille de la population de poisson peuvent occasionner des erreurs quant à l’estimation de la production maximale équilibrée et réduire l’efficacité de la gestion. Malgré les critiques de cette nature, l’administration des pêches du delta du Danube reste fondée sur cette stratégie.

Outre la gestion des quotas, on applique maintenant des mesures de régulation de la production limitant l’accès aux pêches, mais il est difficile de les faire respecter après près de 10 ans de liberté d’accès. Sous l’effet de fortes pressions sociales, des permis ont été accordés aux pêcheurs existants ainsi qu’à de nouveaux exploitants; ce qui entraîne le risque de voir le nombre de pêcheurs doubler par rapport à la période antérieure à 1990, et le nombre de demandes de permis était trois fois plus élevé qu’à cette époque. Pour atténuer l’effet de l’augmentation de l’effort de pêche, chaque pêcheur est seulement autorisé à pêcher avec un nombre limité d’engins. L’application de ces mesures aux pêches intérieures artisanales et commerciales complexes qui utilisent une variété d’engins pour pêcher un grand nombre d’espèces différentes ne permet d’obtenir que très lentement des résultats. La seule façon d’assurer la durabilité des pêches du delta du Danube est d’effectuer des recherches approfondies, d’assurer un meilleur suivi pour obtenir des données statistiques précises, de mettre en place une gestion adaptative et de faire respecter la réglementation, tout cela supposant l’existence d’un cadre institutionnel et législatif adéquat.

Mots clés : Pêches commerciales, pêches de rivière, pêches lacustres, delta du Danube; réglementation; Roumanie

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 13

Un processus d’examen pour actualiser la législation sur les pêches en Angleterre et au Pays de Galles

Anne Powell

Environment Agency Board, Birkby Hall, Cark in Cartmel, Grange over Sands, Cumbria, LA11 7NP, Royaume-Uni

Au Royaume-Uni, les dispositions législatives concernant les pêches dans les eaux intérieures ont évolué au fil des ans; les principales lois pertinentes sont la Salmon and Freshwater Fisheries Act de 1975 (amendée par la suite), la Salmon Act de 1986, la Water Resources Act de 1991 et l’Environment Act de 1995. Ces diverses lois ne sont pas adaptées aux conditions modernes et ne tiennent pas compte du renforcement des connaissances scientifiques concernant les poissons et leurs habitats.

Le manifeste du Parti travailliste a institué une charte des pêcheurs à la ligne qui proposait une refonte totale de la législation sur les pêches en Angleterre et au Pays de Gales.

Début 1998, le gouvernement a constitué un groupe d’experts, le Salmon & Freshwater Fisheries Legislative Review Group, composé de spécialistes de différents domaines tels que la pêche sportive et commerciale, le droit de l’environnement, la conservation de l’eau douce et l’administration. Le vaste mandat confié à ce groupe mettait notamment l’accent sur :

Ce groupe d’experts a reçu pour instruction d’examiner d’autres facteurs pouvant avoir une incidence sur la mise en valeur et la durabilité de ces pêches et devrait examiner les dispositions institutionnelles nécessaires pour la réglementation et la gestion de ces pêches. La communication explique comment le groupe a travaillé et fait état de ses principales recommandations.

Mots clés : Législation; conservation; pêches récréatives; pêches commerciales; Royaume-Uni

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 14

Évolution de la gestion des pêches récréatives et des questions politiques aux États-Unis entre 1955 et 1999

Gilbert C. Radonski

Fisheries Consultant, 133 Sutton Drive, Cape Carteret, NC 28254, États-Unis

D’après une enquête réalisée au niveau national (National Survey of Fishing Hunting and Wildlife-Associated Recreation), le nombre de pêcheurs à la ligne a approximativement doublé aux États-Unis entre 1955 et 1999. On explique cette croissance par divers facteurs : une augmentation des possibilités de pêche, l’accroissement du temps de loisir, l’augmentation de la population et la hausse du revenu disponible. Toutefois, cette croissance a surtout eu lieu entre 1955 et 1975, et la raison du ralentissement du taux de croissance après 1975 a soulevé certaines questions.

À la fin des années 1970, des chercheurs spécialisés en sciences sociales et en économie, disciplines auxquelles la gestion des pêches récréatives avait jusqu’alors relativement peu fait appel, ont commencé à examiner les données anciennes et à collecter de nouveaux renseignements pour déterminer ce qui incitait les gens à pratiquer la pêche afin d’établir une corrélation entre l’évolution de la situation sociale et économique et la pêche récréative. Les décisions prises par les pouvoirs publics ont une incidence directe sur la gestion et la réglementation des ressources halieutiques, considérées aux États-Unis comme un bien public. Avant les années 1980, les politiques concernant la pêche récréative étaient élaborées par des ichtyologistes, dont la formation et l’expérience en matière de sciences sociales ou économiques était très limitée. Nous examinons ici l’effet des mesures prises par les pouvoirs publics sur les possibilités de pêche et l’évolution du nombre de pêcheurs en portant une attention particulière à l’incorporation des disciplines sociales et économiques dans la gestion des pêches récréatives. La discussion porte également sur les outils de gestion et de communication utilisés respectivement pour accroître la participation à la pêche et à la gestion des ressources d’une part, et pour sensibiliser les pêcheurs et influencer leur comportement, d’autre part.

Mots clés : Pêches récréatives; enquêtes; États-Unis

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 15

La gestion des pêches lacustres par les propriétaires locaux en Finlande :
dimensions sociales et rapports de force

Pekka Salmi et Kari Muje

Finnish Game and Fisheries Research Institute, Saimaa Fisheries Research and Aquaculture, Laasalantie 9, FIN-58175 Enonkoski, Finlande

En Finlande, la plupart des étendues d’eau intérieures appartiennent traditionnellement à des propriétaires privés et constituent un prolongement de la propriété foncière. Les décisions concernant la plupart des lacs relèvent des associations officielles de pêcheurs. La pêche récréative est particulièrement populaire dans ces lacs, mais la pêche commerciale et la pêche de subsistance y jouent également un rôle important. Les dimensions sociales sont étroitement intégrées aux décisions prises par les associations locales. Propriétaires et usagers semblent nettement conscients des valeurs non commerciales, et la rente économique fournie par le capital qu’ils possèdent semble jouer un rôle secondaire par rapport à d’autres motivations.

La gestion locale des pêches finlandaises a connu une transformation fondamentale; autrefois caractérisé par une pêche de subsistance avec une forte participation de la population locale aux associations régissant les pêches, ce secteur fait maintenant face à toute une gamme de demandes récréatives non locales et à une réduction de la participation. Ces changements sont dus en grande partie à la modernisation et à l’urbanisation, les zones rurales étant considérées plus fréquemment comme des ressources récréatives pour les populations urbaines. Cela s’est manifesté en Finlande par la multiplication des résidences secondaires, si bien que les propriétaires des lacs sont maintenant souvent extérieurs à la région. Cette évolution a fait naître certaines contradictions entre les divers groupes de pêcheurs et de propriétaires ainsi qu’entre les différents paliers décisionnels.

Nous étudions ici la fonctionnalité de la gestion des ressources locales dans le contexte de la propriété privée des eaux utilisées pour la pêche telle qu’elle existe en Finlande. Nous mettons l’accent sur l’importance sociale de la prise de décision au niveau local et sur la représentation des groupes d’utilisateurs dans le processus décisionnel. La discussion porte également sur les questions d’échelle, les tâches de gestion et les options envisageables pour favoriser une gestion plus coopérative. La présente étude repose principalement sur des entretiens thématiques réalisés dans deux zones lacustres avec un vaste éventail de pêcheurs, de responsables et d’autres parties prenantes. Les résultats obtenus sont également comparés avec les résultats préliminaires d’une étude de cas de même nature réalisée sur les côtes finlandaises.

Mots clés : Pêches récréatives; enquête; Finlande

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 16

Gestion coopérative du lac Peipus, un lac transfrontalier

Markus Vetemaa1, Väino Vaino1 et Sergey Kuldin2

1 University of Tartu, Institute of Zoology and Hydrobiology, Vanemuise St. 46, Tartu 51014, Estonie
2 Volny University, Naberezhnaja rekij Velikoi 6, 18000 Pskov, Russie

La présente communication porte sur le régime de gestion du lac Peipus (nom estonien désignant l’ensemble formé par les lacs Peipsi, Pihkva et Lämmijärv) et les principes socioéconomiques présidant à la répartition de ces ressources halieutiques. Les ressources de ce lac international ont une grande importance économique aussi bien pour la Russie que pour l’Estonie. Le volume annuel de captures est supérieur à 8 000 tonnes. Les changements intervenus dans les économies de l’Estonie et de la Russie et l’établissement au cours de la dernière décennie d’une frontière divisant le lac ont eu d’importantes répercussions sur les questions complexes d’ordre environnemental, économique, social et juridique liées à la pêche. Ce lac étant maintenant une étendue d’eau internationale partagée entre la République d’Estonie et la Fédération de Russie, un programme de gestion conjoint est établi annuellement par la Commission intergouvernementale russo-estonienne des pêches depuis 1994. Cette commission bilatérale est chargée de toutes les décisions générales concernant les stratégies de gestion et les mesures techniques utilisées pour la gestion des ressources halieutiques ainsi que des décisions concernant les différents types de permis de pêche et les captures totales autorisées. Les ressources halieutiques du lac Peipus étant dans un état satisfaisant, la situation économique des pêcheurs est bonne. Les revenus qu’obtiennent les pêcheurs estoniens sont plus élevés que ceux des pêcheurs de la côte Baltique. La situation économique des pêcheurs étant également relativement bonne en Russie, la gestion coopérative de la pêche du lac Peipus constitue donc une réussite, ce qui est particulièrement important et encourageant étant donné l’absence générale de tensions politiques entre l’Estonie et la Russie.

Mots clés : Commission internationale des pêches; cogestion: lac Peipus; Estonie; Russie

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 17

La gestion intégrée des pêches commerciales et récréatives et son effet sur les écosystèmes lacustres dans des entreprises de pêche sélectionnées

Maria Bninska et Arkadiusz Wolos

Department of Fishery Bioeconomics, Inland Fisheries Institute, ul. Oczapowskiego 10, 10-719 Olsztyn-Kortowo, Pologne

La gestion intégrée des eaux intérieures polonaises, dont l’objectif principal est de répondre aux besoins des pêcheurs commerciaux comme à ceux des pêcheurs de loisir, n’a commencé à se développer qu’après la transformation du régime politique et constitue donc un phénomène relativement nouveau. Par conséquent, son efficacité (du point de vue économique autant qu’écologique) n’a jamais été étudiée.

Cela étant, six entreprises de pêche lacustre pratiquant un tel mode de gestion ont été sélectionnées, deux dans chacune des principales régions lacustres : la Mazurie, la Poméranie et la région de la Grande-Pologne. Les deux entreprises de Mazurie gèrent une superficie totale de 13 325 hectares de lacs, celles de Poméranie – 6 130 hectares et celles de la Grande-Pologne – 4 156 hectares. Toutes les données pertinentes concernant les pêches commerciales ont été collectées, et 550 questionnaires ont été remplis par des pêcheurs à la ligne fréquentant ces lacs. Deux méthodes d’analyse ont été adoptées :

- chaque entreprise de pêche a été traitée comme formant un tout et les éléments analysés ont été les débarquements et les pratiques de repeuplement en 1995-1998 pour la pêche commerciale ainsi que les captures réalisées par les pêcheurs à la ligne en 1998;

- sept lacs caractéristiques ont été sélectionnés : trois en Mazurie (Szelment, Laszmiady, Juno), deux en Poméranie (Lubie et Siecino) et deux en Grande Pologne (Goplo et Slawskie), et les données indiquées ci-dessus ont été soumises à une analyse plus approfondie.

On estime que, dans les lacs polonais, un pêcheur à la ligne moyen a capturé 59,2 kg de poisson en 1998, soit des débarquements totaux de 35 kg/ha pour ce type de pêche. En même temps, les débarquements commerciaux se montaient à 14,0 kg/ha. Le rendement total des lacs polonais était donc d’environ 50 kg/ha par an, compte non tenu des captures effectuées par les braconniers, alors que le braconnage est actuellement abondamment pratiqué.

Certains aspects écologiques et sociaux de la gestion intégrée des lacs sont discutés dans la présente communication ainsi que ss répercussions économiques éventuelles.

Mots clés : Pêches récréatives, pêches commerciales, lacs; enquête; Pologne

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 01

Interactions entre les pêches récréatives et d’autres formes d’utilisation
polyvalente du réservoir de Brno (République Tchèque)

Zdenek Adámek

Institute of Fish Culture and Hydrobiology, University of South Bohemia, Laboratory Pohorelice,
Videnska 717, 691 23 Pohorelice, République Tchèque

Le réservoir de Brno (220 ha) est situé sur la rivière Svratka à proximité de la ville de Brno. Diverses activités de loisir y sont pratiquées, notamment la pêche. Il constitue également une source importante d’eau potable. La qualité de son eau s’est considérablement détériorée récemment, et de fortes proliférations d’algues s’y produisent chaque année. Plusieurs facteurs sont considérés comme les causes fondamentales de cette détérioration de la qualité de l’eau – la pollution diffuse provenant du bassin versant, la pollution provenant des zones habitées situées en aval et la fréquentation du réservoir par des dizaines de milliers de personnes lors des week-ends les plus chauds de l’été. Les besoins particuliers des pêcheurs sportifs limitent les possibilités éventuelles de biomanipulation de la qualité de l’eau dans le cadre de la gestion des pêches. La politique actuelle de repeuplement est définie par deux facteurs décisifs : une nette préférence des pêcheurs pour la carpe commune par rapport aux autres poissons et l’insuffisance de la production de prédateurs (brochet, sandre et silure) par les écloseries pour le repeuplement. Le nombre de prédateurs peuplant régulièrement le réservoir est inférieur au chiffre fixé par les règlements, alors qu’il est presque toujours dépassé de plusieurs dizaines de pour cent en ce qui concerne les carpes communes qu’on y libère. Ainsi, d’après les captures réalisées par les pêcheurs, le nombre d’espèces de poissons non prédateurs est aujourd’hui 20 fois plus grand que celui des prédateurs contre 2,39 fois en 1980. En outre, la réussite récente du recrutement de cyprinidés (gardon, Rutilus rutilus, et brème d’eau douce, Abramis brama) et de petits percidés (perche, Perca fluviatilis, et grémille, Gymnocephalus cernua) a déséquilibré encore plus ce ratio.

Des enquêtes de terrain ont été réalisées pour évaluer la possibilité d’utiliser le filtrage du seston par la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix) et la carpe à grosse tête (Aristichthys nobilis) pour la biomanipulation. Des expériences visant à déterminer leur pression de pacage sur le phytoplankton ont été effectuées in situ au moyen de cages placés dans le réservoir pendant la période de prolifération des cyanobactéries. Les deux espèces ingéraient les cyanobactéries dans des proportions correspondant à l’abondance de celles-ci dans le phytoplankton ou manifestaient même une légère préférence pour elles. Leur taux de digestion des cyanobactéries était toutefois très faible, 60 à 70 % des colonies présentes dans leurs excréments étant encore vivantes ou seulement légèrement endommagées.

Mots clés : Utilisation polyvalente; biomanipulation; repeuplement; République Tchèque

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 02

Établissement piscicoles familiaux de sport et de loisir
dans le paysage naturel

Branca Anicic, Ivica Anicic, Tomislav Treer et Roman Safner

Faculty of Agriculture, University of Zagreb, Svetosimunska 25, 10000 Zagreb, Croatie

Les ruisseaux et rivières qui coulent à travers des terres humides inondées créent un biotope particulier nettement distinct des autres parties du paysage. La diversité des différents biotopes dépend de leur emplacement et inclut les cours d’eau à flux plus ou moins rapide, les étangs, les fosses et les zones couvertes d’une végétation plus ou moins abondante. Ces différences écologiques permettent la colonisation par diverses espèces végétales et animales.

Les espèces adaptées à des types particuliers d’habitat aquatique ne peuvent survivre que si l’écologie reste intacte. Les influences humaines entraînent la création d’étendues d’eau stagnantes comme des réservoirs ou de petits étangs. Ces biotopes secondaires ont une biodiversité plus faible et sont physiquement moins attrayants que les cours d’eau qui existaient à l’origine. Il convient toutefois également de les protéger et de les gérer correctement.

Les établissements piscicoles familiaux sont semblables à de petits lacs, mais leur emplacement et la végétation associée à eux doivent être choisis avec soin. On ne peut pas s’attendre à trouver des systèmes naturels intacts là où des éléments semi naturels sont en contact avec des paysages plus ou moins cultivés, mais la valeur esthétique doit être assurée par des méthodes respectant les phénomènes naturels. La protection de la nature est rarement compatible avec la pêche de loisir, mais les pressions subies par les petites étendues d’eau naturelles qui ne sont pas situées dans des zones protégées (parcs naturels, réserves, etc.) sont, en fait, atténuées par les établissements piscicoles familiaux de sport et de loisir.

Il convient donc d’évaluer les paysages culturels avant de dresser les plans d’un tel établissement. De telles analyses sont essentielles pour permettre une bonne insertion dans le paysage et assurer le respect des règles régissant la création des réservoirs, des talus et des rives. Dans le cadre de cette enquête, une telle procédure a été suivie pour deux installations familiales de pisciculture en eau douce (une pour les cyprinidés, l’autre pour les salmonidés). Le modèle de pisciculture que nous présentons est adapté au paysage et offre de multiples possibilités pour les activités de loisir.

Mots clés : Pêches récréatives; lâcher et capture; établissements piscicoles familiaux; aquaculture

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 03

Les structures de production de salmonidés de repeuplement
Evolution au cours des années 90, en France

Florent Guyonnet1 and Christian Courcol2

1Cemagref Groupement de Bordeaux, 50 av. de Verdun, Gazinet, 33612 Cestas Cedex, France
2Ministère de l’agriculture et de la pêche, Bureau de la pisciculture, 3 place de Fontenoy, 75 007 Paris, France

L’évolution des structures de production, des techniques et de quantités produites en France depuis les années 80 a été extrêmement rapide.

Deux enquêtes exhaustives réalisées, à la demande du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, par le Service central des enquêtes et des études statistiques (S.C.E.E.S.), en 1991 et 1997 permettent de chiffrer, avec précision, cette évolution et d’illustrer les changements intervenus.

L’étude comparative des résultats de ces travaux indique qu’au cours de ces 6 années le nombre total d’exploitations piscicoles a diminué de 12%, celui des sites en activité de 11%, alors que la production totale s’accroissait de 16%.

Les chiffres indiquent, également, une nette évolution des effectifs des types d’entreprises: baisse de 16% du nombre d’entreprises non commerciales se consacrant uniquement au repeuplement, baisse de 10% du nombre d’entreprises commerciales se consacrant principalement à la mise sur le marché de poissons destinés à la consommation.

L’analyse des résultats indique, par ailleurs, une évolution négative du volume de la production destinée au repeuplement, alors que celui destiné à la consommation est en nette augmentation.

Enfin, il convient de souligner une notable élévation des productions destinées à la pêche de loisir, sur parcours de pêche, chez les pisciculteurs.

Cette étude envisage de dégager les caractéristiques de la production destinée au repeuplement, ainsi que celles des entreprises qui s’y consacrent.

Une approche plus particulière de la part de la production orientée vers le repeuplement en provenance des entreprises commerciales affinera ce travail.

Enfin, l’analyse des entreprises fournissant des truites pour les parcours de pêche de loisir permettra de compléter le tableau de la production salmonicole française non directement consommable.

Mots clés: Salmonidés; repeuplements; France

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 04

Les perspectives pour la pisciculture dans les rizières

Olga A. Faraponova

Istituto Centrale per la Ricerca Scienficica e Tecnologica Applicata in Mare, Rome, Italie

Les rizières représentent un type particulier d’écosystèmes aquatiques caractérisé par une faible profondeur, une vaste superficie et une bonne capacité de réchauffement dans la totalité de la colonne d’eau. La forte teneur minérale et organique de l’eau fournit une riche base nutritive naturelle.

L’exploitation rationnelle des rizières, notamment la possibilité d’y pratiquer de nouveaux types d’activités, suscite un intérêt croissant depuis quelques années. La pisciculture est pratiquée dans les rizières du monde entier depuis l’antiquité. L’analyse de l’expérience acquise mondialement dans ce domaine montre que tous les éléments de l’écosystème du riz sont utilisés, notamment les champs inondés plantés de riz, les rizières en jachère inondées et le système de drainage. Les champs sont utilisés pour la ponte et la production d’alevins ainsi que pour le poisson élevé commercialement dans des conditions de polyculture et de monoculture.

La pisciculture en rizière offre les avantages suivants :

Mots clés : Aquaculture; pisciculture en rizière

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 05

Capture et remise à l’eau dans la pêche récréative en Finlande

Kalevi Leinonen, Jukka Mikkola et Rauno Yrjölä

Finnish Game and Fisheries Research Institute, P.O. Box 6, FIN-00721 Finlande

En pêche récréative, le système de capture et remise à l’eau n’est pas pratiqué aussi couramment en Finlande qu’en Amérique du Nord. La question de savoir s’il devrait être autorisé ou non fait de plus en plus l’objet d’un débat en Finlande depuis quelques années. De nombreux arguments différents ont été avancés, mais les pêcheurs défendent généralement leur point de vue en disant que cette pratique permet de conserver les stocks de poisson et constitue une forme attrayante de pêche. Les arguments opposés sont principalement fondés sur le souci de préserver le bien-être des poissons que la pêche blesse; en outre, le seul intérêt de cette pratique serait le plaisir qu’elle procure aux pêcheurs.

Diverses expériences et études de terrain ont été réalisées à ce sujet pendant les années 1990. L’affiche montre les résultats de deux enquêtes, au cours desquelles des pêcheurs de loisir ont été interrogés au sujet de divers aspects de cette pratique. La première enquête est une des composantes d’une étude sur le comportement pendant les loisirs de portée plus générale réalisée en étroite coopération avec plusieurs instituts de recherche. L’Institut finlandais de recherche sur la chasse et la pêche a réalisé l’autre enquête sur « le profil du pêcheur de loisir ». Dans ces enquêtes, on demandait aux pêcheurs s’ils utilisaient eux-mêmes la technique de capture et remise à l’eau et, dans l’affirmative, dans quel type de pêcherie, si cette pratique leur paraissait acceptable, etc.

Nous présentons ici les premiers résultats collectés au niveau national relativement à l’ampleur de l’utilisation de cette pratique en Finlande. Nous espérons que ces résultats encourageront une discussion sur les possibilités d’étendre son application. On pourra aussi se demander si l’État et les propriétaires privés devraient concevoir et gérer d’autres types de pêche récréative dans des conditions permettant de conserver d’importants stocks de poisson.

Mots clés : Capture et remise à l’eau; pêches récréatives; Finlande

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 10

La situation économique récente de l’aquaculture en Allemagne orientale et son évolution

Helmut Wedekind1, Jörg Hiller2 et Thorsten Wichmann2

1Institute for Inland Fisheries Potsdam-Sacrow, D-14476 Gross Glienicke, Allemagne
2LMS Landwirtschaftsberatung, D-17094 Tollenseheim, Allemagne

Après la réunification, les secteurs de l’aquaculture et des pêches ont subi de profonds changements. Une étude portant sur divers producteurs de truite et éleveurs de carpe a été réalisée dans les Länder de Brandenbourg, Mecklenbourg-Poméranie occidentale, Saxe et Thuringe. Les données ont été collectées au cours d’entretiens avec des dirigeants d’entreprises d’aquaculture. Les sujets étudiés étaient notamment les aspects technologiques, pratiques et économiques de la production de truites arc-en-ciel dans des nasses et des couloirs de montaison et celle de carpes dans des étangs.

Les données révèlent la situation problématique des entreprises en Allemagne orientale. Pour plusieurs raisons, dont le manque de capitaux et la législation environnementale, l’aquaculture est généralement pratiquée de façon peu intensive. Le coût élevé de la main-d'œuvre et la structure du marché limitent sa rentabilité dans certains secteurs. Du point de vue économique, la seule façon d’améliorer la situation est d’accroître la productivité, ce qui pourrait nécessiter parfois une intensification de la production et des investissements dans des technologies modernes et, dans d’autres cas, une amélioration du système de commercialisation du poisson. L’efficacité de ces mesures est toutefois limitée par certains facteurs qui sont discutés dans cette communication.

Mots clés : Enquête; aquaculture; viabilité économique; Allemagne

 

SESSION 2: ÉVALUTION DES PÊCHES EN EAUX INTÉRIEURES

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 02

Caractérisation spatiale et temporelle des concours de pêche sportive
dans le centre et le sud du Portugal

Jorge Bochechas1, Marco Jorge Dias2, Maria Teresa Ferreira2 et Francisco Nunes Godinho3

1Divisão de Pesca nas Águas Interiores. Direcção Geral das Florestas, Av. 5 Outubro 52-6ºD 1050 Lisboa, Portugal
2Departamento de Engenharia Florestal. Instituto Superior de Agronomia, Tapada da Ajuda. 1399 Lisboa, Portugal
3Departamento de Conservação dos Recursos Naturais. Posto Apícola. Estação Florestal Nacional, Tapada da Ajuda, 1300 Lisboa, Portugal

Les compétitions de pêche ayant lieu dans les eaux intérieures des bassins des rivières Guadiana, Sado et Mira et des Ribeiras do Alentejo ont été analysées en utilisant des données provenant d’enquêtes obligatoires collectées par l’Administration des forêts et de la faune.

Les sites et les périodes préférés par les pêcheurs ont été analysés pour chaque bassin, ainsi que l’effort de pêche à la ligne (capture par unité d’effort, cpue par poids et par nombre), la date de la compétition, les entités organisatrices et la composition des assemblages de poissons. La cpue a été évaluée pour chaque site quand des données suffisantes étaient disponibles.

Dans le bassin du Guadiana, le site le plus important était le fleuve lui-même; 117 compétitions réunissant plus de 7 000 participants y ont eu lieu en neuf ans. Dans les autres bassins, y compris celui de la rivière Sado, le principal site de pêche à la ligne était le réservoir de Vale do Gaio, où 101 compétitions ont eu lieu en 20 ans. Celles du bassin du Guadiana étaient principalement organisées par des clubs de pêche locaux, alors que, dans le bassin de la rivière Sado, les organisateurs étaient principalement des entreprises et des clubs non spécialisés dans la pêche. La plupart des compétitions avaient lieu en mai et juin, sauf dans les sites de pêche des rivières du bassin du Guadiana, où elles avaient généralement lieu plus tôt.

La faune ichtyque du bassin du Guadiana étaient composée de 13 espèces, sept espèces locales et six espèces exotiques. Dans le bassin de la rivière Sado, 11 espèces différentes ont été capturées pendant les compétitions, 6 espèces locales et cinq espèces exotiques. Dans les deux bassins, l’espèce capturée la plus fréquemment était la carpe (Cyprinus carpio).

Mots clés : Pêches de loisir; Portugal

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 18

La pêche commerciale dans les eaux intérieures françaises à l'aube du XXIème siècle:
bilan et perspectives

Gérard Castelnaud1, Claudine Loste2 et Loïc Champion3

1Cemagref Groupement de Bordeaux, 50 av.de Verdun, Gazinet, 33612 Cestas Cedex, France
2 CEPRALMAR, Montpellier, France
3 Faculté des Sciences économiques et de gestion, Nantes, France

Des bilans socio-économiques plus ou moins récents ont été effectués sur le territoire national français en prenant comme fil directeur certaines catégories de pêcheurs ou certaines espèces. Ces bilans sont donc partiels et il est apparu nécessaire de compiler et de synthétiser les informations disponibles provenant des publications, de la littérature grise et des suivis statistiques de captures réalisés dans certains bassins afin d'établir un état de la pêche commerciale aux filets et aux engins dans l'ensemble des eaux intérieures incluant, selon la définition de la CECPI, les estuaires, deltas et lagunes.

Les résultats concernant les effectifs de pêcheurs par catégorie, les productions par espèce, les calendriers et modes de pêche sont présentés par secteurs de pêche homogène.

Nous aboutissons à des effectifs totaux de 1500 marins-pêcheurs dont 900 à 1000 pratiquant dans les estuaires, 400 à 500 pratiquant dans les lagunes méditerranéennes et le bassin d'Arcachon, 500 professionnels fluviaux et lacustres, 1450 non-professionnels maritimes commerciaux, et 1250 non-professionnels fluviaux commerciaux. Ce sont les parties basses des fleuves Loire, Vilaine, Garonne, Dordogne, Adour, Rhône ainsi que les lacs alpins, qui concentrent le plus grand nombre de pêcheurs fluviaux, ainsi que les affluents du Rhône.

La production totale est constituée de 2100 tonnes d'espèces amphihalines, anguilles, aloses, lamproies, salmonidés, mulets, flets, capturées dans les fleuves, estuaires et lagunes, 2470 tonnes d'espèces marines, bar, sole, athérine, maigre, dorade, raie, crevette, 500 tonnes de mollusques, huître plate et palourde, 700 tonnes d'espèces d'eau douce, carnassiers, cyprinidés, salmonidés, corégonidés.

La valeur de cette production est évaluée à FRF 632 millions dont FRF 487,7 millions pour les espèces amphihalines, FRF 98,8 millions pour les espèces marines, FRF 24 millions pour les mollusques et FRF 21,5 millions pour les espèces d'eau douce.

La production d'anguille tous stades confondus est prépondérante, avec 410 tonnes de civelles et 1200 tonnes de subadultes. Mais c'est surtout le poids économique de cette espèce, lié au prix de vente de la civelle, qui démontre sa suprématie.

En 1981, la valeur corrigée de la civelle capturée essentiellement sur la façade atlantique, plaçait celle-ci au 4e rang des ressources du Golfe de Gascogne après le merlu, la langoustine et la sole ; en 1989, avec 520 tonnes et une valeur de FRF 208 millions, celle-ci montait à la 3e place, après le merlu et la sole. En 1997, avec une production estimée à 410 tonnes et une valeur associée de FRF 410 millions, la civelle pulvérise les records et passe en tête avec une valeur presque double de celle de la sole, en fait de 2/3 supérieure.

La composition des chiffres d'affaires des pêcheries professionnelles par espèce confirme ce poids économique de l'espèce anguille : dans les parties basses des fleuves, les estuaires et les lagunes méditerranéennes, elle compte pour plus de 50 %. Seuls les chiffres d'affaires des lacs alpins, du Rhin, de la Saône et du Doubs, de la Loire amont et de l'Allier reposent prioritairement sur d'autres espèces telles que cyprinidés, carnassiers, corégones. Cette situation induit une grande fragilité de nombreuses entreprises de pêche qui ont perdu pour une bonne part leur caractère artisanal.

Les principaux résultats et les caractéristiques de la pêche commerciale dans les eaux intérieures françaises sont discutés au regard de ceux de la pisciculture extensive en eau douce et de l'aquaculture en eau saumâtre dont ils ne peuvent être dissociés dans de nombreux pays d'Europe.

Mots clés: Pêche commerciale; production; France

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 19

Rentabilité sociale des plans de gestion

Thomas Changeux1, François Bonnieux2 et Caroline Armand1

1Conseil Supérieur de la pêche, Direction Générale, Service Technique 134, avenue de Malakoff, F-75116 Paris, France
2Institut National de la recherche agronomique, Unité économie et sociologie rurales, rue Adolphe Bobierre, CS 61103, F-35011 Rennes Cedex, France

En France, la gestion de la pêche en eaux douce est généralement confiée aux associations de pêcheurs. Regroupées en fédérations départementales, ces associations agissent sous le contrôle de l’Etat pour la protection du milieu aquatique et le développement de la pêche. Le Conseil Supérieur de la Pêche (CSP) a développé une méthode synthétique d’élaboration de plan de gestion piscicole. Depuis 1995, plus de la moitié des départements français s’est engagée dans ce programme avec l’aide technique et financière du CSP.

La démarche est centrée sur l’exploitation du potentiel de production naturel en poissons sauvages. On chiffre le montant des travaux à réaliser pour restaurer les fonctionnalités du milieu et mettre en place une gestion patrimoniale. Un calcul coût/bénéfice, prenant en compte la valeur particulière du poisson sauvage par rapport au poisson aleviné, permet d’évaluer la rentabilité sociale des plans de gestion dans l’Indre et l’Hérault, deux départements où les situations écologiques et halieutiques sont contrastées.

Mots clés: Rentabilité sociale; gestion; France

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 20

Aspects sociaux de la pêche récréative dans le bassin du Danube en Croatie

Vladimir Cini1; Andelko Opacak2 et Anica Perkovic2

1Faculty of Economics, 7 Gajev trg, 31000 Osijek, Croatie
2 Faculty of Agriculture, 3 Trg Sv. Trojstva, 31000 Osijek, Croatie

La partie croatienne du bassin du Danube avec ses grands cours d’eau – le Danube, la Drava et la Sava –, leurs plaines inondables et leurs marécages, y compris la réserve naturelle de Kopački rit, offre un habitat unique ŕ de nombreuses espèces animales, dont les poissons.

Cette vaste zone de pêche (environ 10 000 hectares) a préservé son statut d’espace naturel et conserve un grand nombre de biocénoses typiques des habitats de ce genre malgré diverses influences anthropogéniques, notamment la guerre de 1991-1997.

On trouve 54 espèces différentes de poissons d’eau douce dans cette région de pêche où les cyprinidés sont particulièrement abondants. Les pêcheurs à la ligne, au nombre de 14 500, sont regroupés dans 75 clubs de pêche sportive.

La croissance de la pêche récréative, due à l’augmentation du temps de loisir et à l’amélioration des conditions matérielles, s’accompagne de divers problèmes tels que la pollution de l’environnement, la dégradation des habitats, des captures excessives facilitées par l’efficacité du matériel de pêche moderne, le braconnage, etc.

La présente communication a pour objectif d’examiner les nouvelles interactions entre l’homme et la nature au moyen d’une analyse de la situation actuelle. Elle cherche également à déterminer les possibilités existant pour la coopération en matière de développement de la pêche récréative en tant qu’activité intégrée dans le domaine de la conservation et de l’exploitation durable des ressources.

Mots clés : Pèches sportives; développement intégré; cogestion; Croatie

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 21

Combiner les enquêtes directes auprès des pêcheurs et les techniques
de sondage postal pour comprendre les dimensions humaines
des pêches en eau douce locales

Robert B. Ditton

Department of Wildlife and Fisheries Sciences, Texas A&M University, College Station, TX 77843-2258, États-Unis

Les enquêtes existantes réalisées auprès des populations de pêcheurs par le gouvernement fédéral et l’État fournissent des estimations du nombre de pêcheurs qui utilisent les lacs et les réservoirs du Texas, mais elles ne fournissent aucune indication d’ordre social et économique sur les raisons pour lesquelles les pêcheurs fréquentent un de ces endroits en particulier. De même, les enquêtes réalisées directement auprès des pêcheurs ne permettent généralement pas de prendre le temps nécessaire pour aller au-delà des questions traditionnelles portant sur les captures par unité d’effort. Dans cinq réservoirs du Texas (lac Fork, lac Texoma, réservoir de Toledo Bend, lac Braunig et lac Calaveras), nous avons élargi la portée des enquêtes de ce type réalisées auprès d’un échantillonnage de pêcheurs par le Département des parcs et de la faune du Texas pour effectuer un sondage postal de suivi auprès d’un certain nombre de pêcheurs. Après avoir collecté les données directement auprès des pêcheurs à des dates choisies de façon aléatoire, nous remettons des brochures contenant des renseignements au sujet du sondage postal ultérieur à un échantillonnage aléatoire de pêcheurs, en leur indiquant qu’ils recevront un questionnaire par courrier de première classe dans les 90 jours, en les encourageant à y répondre et en leur signalant que leur nom et leur adresse seront traités de façon confidentielle. Cette méthode établit des liens entre les éléments étudiés qui relèvent de la biologie ou des sciences sociales et qui s’excluent souvent mutuellement au moyen d’un échantillonnage commun et fournit aux responsables un moyen peu coûteux de collecter une grande quantité de données sociales et économiques auprès des pêcheurs qui fréquentent certains lacs. L’utilisation d’une seule technique d’enquête, quelle qu’elle soit, ne pourrait pas permettre de collecter autant de données. Le sondage postal permet d’interroger de façon détaillée les pêcheurs interceptés à chaque lac (par exemple au sujet de leurs caractéristiques sociales et démographiques, leur niveau d’expérience et de pratique de la pêche, leur orientation en matière de consommation, leurs préférences relativement à la gestion, leurs attitudes, leur niveau de satisfaction), et fournit également des renseignements sur les caractéristiques de l’excursion de pêche au cours de laquelle ils ont été interrogés (durée de l’excursion, nombre de pêcheurs voyageant ensemble, composition du groupe et dépenses à chaque endroit visité) ou sur des questions concernant directement les lacs qui sont importantes pour les responsables de la gestion. Les sondages postaux sont effectués trimestriellement pour réduire l’influence de facteurs subjectifs et en conformité avec le protocole recommandé par Salant et Dillman (1994) pour améliorer le taux de réponse. Dans les deux études réalisées, le taux de réponse a été en moyenne de 75 %, soit supérieur de 12 % à celui obtenu lors de deux enquêtes réalisées auprès des pêcheurs dans l’ensemble de l’État. Cette méthode sera décrite de façon générale en portant une attention particulière aux considérations liées à la taille de l’échantillon, aux procédures suivies lors de l’interrogation directe des pêcheurs et pour le sondage postal, aux problèmes de subjectivité, aux taux de réponse, aux préoccupations de l’administration et aux considérations financières.

Mots clés : Pêches récréatives; enquêtes auprès des pêcheurs; sondages postaux; États-Unis

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 22

Statut actuel et importance socioéconomique des pêches dans les eaux intérieures en Allemagne
Une brève revue

Volker Hilge1 et Werner Steffens2

1BFA f. Fischerei, Institut für Fischereiökologie, Wulfsdorfer Weg 204, 22926 Ahrensburg, Allemagne
2 Deutscher Angler Verband, Weißenseer Weg 110, 10368 Berlin, Allemagne

La République fédérale d’Allemagne est située dans le centre de l’Europe et couvre une superficie de 358 000 km2. Son climat est maritime dans le nord et plus continental dans le sud; les précipitations varient entre 800 et 2 000 mm/an entre les basses terres et les régions alpines. La plupart des grands fleuves – le Rhin, la Weser, l’Elbe et l’Oder- coulent du sud au nord et se jettent dans les mers voisines du nord-est de l’Océan Atlantique. Le Danube coule vers la mer Noire. La longueur totale de ces cours d’eaux et de leurs affluents est de 7 467 km. Les lacs se trouvent surtout dans le nord et l’est du pays ainsi que dans les régions alpines et pré-alpines du sud. Les étangs de pacage de truites et de carpes présentent une distribution identique. En outre, un grand nombre d’étendues d’eaux naturelles et artificielles de petite taille sont réparties dans l’ensemble du pays. La surface totale des eaux intérieures, près de 780 000 hectares, correspond à 2,2 % de la superficie du pays. La population – 80 millions, soit une densité moyenne de 230 habitants/km2 – est concentrée dans plusieurs grandes agglomérations qui se sont développées au cours des 150 dernières années au voisinage des centres d’industrie lourde. L’industrialisation a nécessité l’utilisation intensive des sources d’eau existantes pour le drainage des eaux usées municipales et industrielles, le transport fluvial, le refroidissement, etc. La pollution qui en a résulté a porté fortement préjudice aux pêches dans les rivières et les lacs. Il ne restait au début des années 1990 que 587 entreprises de pêche, qui pratiquaient leurs activités de façon prédominante ou exclusive dans des cours d’eau ou des étendues d’eau tranquille d’une superficie totale de 230 000 hectares. Le faible nombre des pêches exclusivement fluviales (113) par rapport à celui des pêches lacustres (268) est indicatif de l’importance réduite de cette activité aujourd’hui. Les autres entreprises ont des droits de pêche aussi bien dans les rivières que les lacs. Les statistiques récentes sur les captures révèlent que le total atteint en 1997 était de 2 800 tonnes (12 kg/ha). Elles sont toutefois incomplètes et ne permettent pas d’en tirer raisonnablement des conclusions. La pêcherie du lac de Constance, qui est bien gérée, fait exception à la tendance générale et a produit 732 tonnes en 1997. La pêche commerciale fait face à une forte concurrence pour l’utilisation des ressources aquatiques, alors que la pêche récréative a acquis une importance croissante au cours des dernières décennies. Le repeuplement étant effectué avec des captures commerciales et du poisson d’élevage, des liens solides se sont constitués entre les deux types de pêche et l’aquaculture. Les efforts combinés de ces trois secteurs permettent de surmonter les conflits éventuels. Des pressions sont exercées sur la pêche par l’industrie et les mouvements écologistes. Les questions concernant les pêches suscitent peu d’attention au point de vue politique, ce qui est dû au moins en partie à l’organisation fédérale du régime politique et de l’administration. Toutefois, au niveau régional, des initiatives sont prises pour soutenir et développer les pêches suite à l’amélioration de la qualité de l’eau de nombreux cours d’eau et de celle de la chair du poisson. Certaines tentatives sont même entreprises pour relancer des pêcheries abandonnées. La coopération avec les écologistes permettra peut-être d’assurer la survie et le développement futur de la pêche.

Mots clés : Pêches fluviales; pêches lacustres; Allemagne

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 23

Évaluation préliminaire des pêches récréatives dans le bassin du fleuve
Guadiana au Portugal

Patricia Sobral Marta1, Jorge Bochechas2 et Maria João Collares-Pereira1

1 Centro de Biologia Ambiental/Dep. de Zoologia e Antropologia, Faculdade de Ciências de Lisboa, 1749-016 Lisboa, Portugal
2 Divisão de Pesca nas Águas Interiores, Direcção-Geral das Florestas, Av. João Crisóstomo, 26, 1000 Lisboa, Portugal

Au Portugal, la gestion des pêches continentales relève du Ministère de l’agriculture, du développement rural et des pêches et est effectuée par la Direction générale des forêts et des administrations régionales de l’agriculture.

La pêche récréative a connu une grande croissance au Portugal au cours des 20 dernières années. Les études consacrées à ce secteur sont encore insuffisantes pour administrer correctement cette ressource et, vu les nombreuses autres pressions exercées sur les eaux intérieures, il est urgent de mieux connaître la valeur du poisson et des pêches. En 1999, la faculté des sciences de l’Université de Lisbonne, avec l’aide de la Direction générale des forêts, a effectué une enquête régionale sur la pêche récréative en eau douce dans les différentes municipalités du bassin du fleuve Guadiana au moyen de questionnaires. Le Guadiana est un fleuve méditerranée typique qui coule sur 810 km entre sa source en Espagne et son embouchure dans le sud du Portugal. Cent cinquante kilomètres du fleuve lui-même et un grand nombre de ses affluents sont situés au Portugal, et il forme la frontière entre les deux pays sur 110 km. Ce bassin a été choisi pour réaliser cette étude pilote en vertu des pressions croissantes concernant l’exploitation des ressources aquatiques et l’importance de son ichtyofaune indigène.

Dans le bassin du Guadiana, la pêche récréative est pratiquée par au moins 43 000 personnes issues de toutes les classes sociales, qui considèrent la pêche principalement comme une activité sportive plutôt que comme une source de nourriture. L’enquête fournit des renseignements au sujet des préférences des pêcheurs en ce qui concerne les réservoirs et les cours d’eau, la fréquence de leurs excursions de pêche en 1998, leur motivation, leurs dépenses, les espèces capturées, l’estimation de leurs captures totales, leur destination, leurs préférences, la participation à des compétitions, les contrôles exercés et leurs opinions personnelles à propos de la pêche. Les résultats de cette enquête seront présentés et discutés pour contribuer à une meilleure gestion des pêches nationales.

Mots clés : Pêches récréatives, enquête, Portugal

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 24

La pêche à la ligne en Suisse –Étude socio-économique

Kurt Meyer

Président de la Fédération suisse des pêcheurs à la ligne
Wasserwerkgasse 33, CH-3000 Bern 13, Suisse

L'Alliance européenne des pêcheurs à la ligne a demandé à la Fédération suisse des pêcheurs à la ligne d'entreprendre une étude socio-économique pilote des habitudes des pêcheurs à la ligne en Suisse basée sur une enquête d'opinion. Cette étude, parrainée par l'Office fédéral suisse de l'environnement, des forêts et des paysages, a été menée par "Alpenburo jks Klosters". Elle consiste en une enquête d'opinion effectuée par écrit auprès de 2 737 pêcheurs à la ligne et une enquête par téléphone auprès de 1 000 personnes représentatives de l'ensemble de la population. L'enquête par téléphone s'est limitée à déterminer le nombre de pêcheurs à la ligne. Le questionnaire appelant des réponses écrites comprenait cinq pages de questions personnelles sur les habitudes de pêche, sur des sujets économiques, sur l'acceptation des politiques officielles du secteur et sur des problèmes d'environnement.

L'enquête par téléphone effectuée en 1997 a indiqué que 6 pour cent de la population suisse âgée de 15 à 74 ans avaient pratiqué la pêche durant l'année. Ceci implique qu’en Suisse quelques 240 000 personnes ont pêché au moins une fois au cours de cette année. Cependant, seuls quelques 80 000 pêcheurs possèdaient une licence valable un mois ou plus et cette enquête est basée uniquement sur ces pêcheurs.

La majorité des pêcheurs interrogés étaient les hommes (96 pour cent) âgés de 30 à 60 ans. Le revenu de ces pêcheurs qui dépasse EUR 31 400 est supérieur au revenu moyen suisse de EUR 26 400. Les pêcheurs ayant un permis mensuel ou annuel consacrent EUR 2 000 à leur passe-temps. Au total, les 80 000 pêcheurs à la ligne dépensent plus de EUR 170 millions. Les pêcheurs à la ligne sont tout à fait favorables aux politiques du secteur. Ils souhaiteraient toutefois, un accroissement des stocks de poisson. Les pêcheurs à la ligne sont sensibilisés aux questions d'environnement. Ils ont dans l'ensemble une attitude positive vis-à-vis de la gestion des ressources naturelles.

Mots clés: Pêche récréative; enquête; politiques d’aménagement; Suisse

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 25

Évaluation économique des pêches récréatives dans les eaux intérieures.
Études empiriques et leur utilisation pour l’action politique en Norvège

Ståle Navrud

Department of Economics and Social Sciences, Agricultural University of Norvège,
P.O.Box 5033, N-1432 As, Norvège

Les analyses coûts-bénéfices des programmes de chaulage réalisés dans les cours d’eau et les lacs acidifiés du sud de la Norvège montrent que la valeur récréative accrue (valeur d’utilisation) et les autres valeurs des stocks de poisson offrent des avantages sociaux de 1,2 à 4,4 fois supérieurs au coût du chaulage et du repeuplement. Le chaulage est donc très rentable. Diverses techniques d’évaluation environnementale comme l’estimation contingente ont été utilisées avec succès pour estimer les avantages sociaux apportés par une augmentation des stocks de poisson d’eau douce.

L’Association norvégienne de la pêche et de la chasse (NJFF) s’est appuyée sur les résultats de ces analyses pour insister sur la nécessité d’augmenter les fonds consacrés au chaulage par le gouvernement. Le budget gouvernemental annuel pour le chaulage des eaux douces a, de ce fait, augmenté de 300 %, passant de 35 millions de couronnes en 1993 à environ 105 millions en 1995 et est resté constant depuis lors. Ce montant est toutefois inférieur aux sommes nécessaires chaque année (340-130 millions de couronnes) pour neutraliser les dépôts totaux d’acide en Norvège (la quantité de chaux requise doit diminuer progressivement, la mise en œuvre du deuxième protocole sur le soufre devant entraîner une réduction des dépôts d’acide en 2010). Une enquête récemment effectuée auprès de 1 000 ménages dans l’ensemble du pays a révélé qu’ils étaient prêts à payer en moyenne 400 couronnes par an – soit un total de 800 millions – pour le chaulage des cours d’eau afin d’assurer la même augmentation des stocks de poisson que celle prévue dans le cadre du deuxième protocole sur le soufre. Ceci montre que les avantages d’un tel chaulage à grande échelle dépassent de loin le coût de ce programme. La solution optimale est donc apparemment d’augmenter le budget actuel du chaulage en Norvège.

Mots clés : Analyse coûts-bénéfices; estimation contingente; valeur récréative

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 26

Évaluation économique des pêches dans les eaux intérieures en
Angleterre et au Pays de Galles

Graeme Peirson1, Diana Tingley2, James Spurgeon3 et Alan Radford4

1 National Coarse Fisheries Centre, Environment Agency, Arthur Drive, Hoo Farm Industrial Estate, Worcester Road, Kidderminster, DY11 7RA, Royaume-Uni
2 McAllister Elliott & Partners, 56 High Street, Lymington, Hampshire, SO41 9AH, Royaume-Uni
3 GIBB Environmental, Gibb House, London Road, Reading, Berkshire, RG6 1BL, Royaume-Uni
4 Department of Economics, Glasgow Caledonian University, Glasgow, G4 0BA, Royaume-Uni

Il est établi que tous les types de pêches récréatives et commerciales dans les eaux intérieures présentent des avantages socioéconomiques considérables non seulement pour les personnes qui y participent directement, mais également pour les résidents locaux et ceux des localités plus éloignées.

En Amérique du Nord, on a pris conscience depuis de nombreuses années des problèmes que pose l’évaluation économique des pêches, et on se rend de plus en plus compte en Europe que l’importance des considérations socioéconomiques pour la gestion des pêches était négligée récemment encore.

La préservation, l’amélioration et le développement des pêches intérieures en Angleterre et au Pays de Galles incombent à l’Agence pour l’environnement. De nombreuses pêcheries semblent actuellement connaître de graves difficultés dues à divers facteurs, et le travail requis pour effectuer des recherches et gérer ces pêches est compromis depuis longtemps par le manque de fonds disponibles.

Il n’existe actuellement aucune évaluation économique récente couvrant tout l’éventail des pêches intérieures du Royaume-Uni auquel l’Agence pourrait se référer au moment de se prononcer sur la répartition des crédits. Il est nécessaire, en particulier, d’étudier les avantages que les pêcheries apportent à l’ensemble de la population pour pouvoir obtenir davantage de fonds en vue de leur gestion et de leur protection.

L’Agence de l’environnement délivre annuellement environ 600 permis de pêche au filet pour le saumon et 5 000 pour l’anguille, mais les principaux utilisateurs des pêches intérieures sont les pêcheurs de loisir, dont on estime le nombre à 2,3 millions. On connaît modérément bien la base économique du secteur des pêches commerciales dans les eaux intérieures, mais le secteur récréatif est beaucoup plus complexe, étant donné qu’il inclut diverses sous-cultures dont les valeurs sont très variées et qui perçoivent les ressources halieutiques de façon très différente.

Nous présentons les résultats d’une étude composée de plusieurs modules portant sur les valeurs économiques associées aux pêches récréatives en Angleterre et au Pays de Galles. Trois études pilotes de cas ont été utilisées pour préciser les résultats d’enquêtes nationales ultérieures de portée plus vaste réalisées auprès des pêcheurs et du grand public selon la méthode de l’estimation contingente. Une autre enquête a été réalisée en soumettant des questionnaires à des propriétaires et à des gestionnaires des droits de pêche. Les sujets examinés étaient notamment les prises excédentaires en pêche récréative, les valeurs non utilitaires des pêches pour le grand public, les retombées sociales politiques de la pêche récréative, les effets des pêcheries sur les communautés locales et la modélisation des facteurs déterminant les valeurs des droits de pêche.

Mots clés : Enquête; pêches récréatives; évaluation; Royaume-Uni

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 27

Méthodologies, concepts et modes d’échantillonnage utilisés pour réaliser une enquête sur les pêches récréatives dans les pays scandinaves – Enseignements retirés d’une enquête d’évaluation

Eva Roth1, Anna-Liisa Toivonen2, Ståle Navrud3, Bo Bengtsson4, Gudni Gudbergsson5,
Pekka Tuunainen2, Håkan Appelblad6 et Gösta Weissglas6

1 Department of Environmental and Business Economics, University of Southern Danemark, Niels Bohrs Vej 9,
DK-6700 Esbjerg, Danemark
2 Finnish Game and Fisheries Research Institute, P.O.Box 6, FIN-00721 Helsinki, Finlande
3 Department of Economics and Social Sciences, Agricultural University of Norvège,
P.O. Box 5033, N-1432 As, Norvège
4 National Board of Fisheries, P.O.Box 423, S-401 26 Göteborg, Suède
5 Institute of Freshwater Fisheries, Vagnhofda 7, 112 Reykjavik, Islande
6 Department of Social and Economic Geography, University of Umeå, S-901 87 Umeå, Suède

Cette communication décrit la planification et la phase initiale d’un projet d’évaluation de la pêche récréative réalisé conjointement par les pays scandinaves. Elle inclut également une discussion des problèmes pratiques posés par la réalisation de l’enquête.

Ce projet a pour objectif d’estimer la valeur socioéconomique totale des pêches récréatives des cinq pays scandinaves en réalisant simultanément une enquête postale identique au Danemark, en Finlande, en Islande, en Norvège et en Suède. Pour effectuer une analyse coûts-bénéfices de l’aménagement d’un centre de pêche (remise en état ou amélioration environnementale pour assurer la durabilité de son exploitation), il est important de pouvoir avancer des arguments économiques en faveur de l’investissement requis. La valeur économique d’une pêcherie récréative inclut une valeur non marchande considérable en plus de sa valeur marchande traditionnelle. La décision a été prise de coopérer au niveau de l’ensemble de la Scandinavie parce que les différents pays partagent une culture commune pour ce qui est de leur attitude envers les pêches récréatives et de la valeur qu’ils accordent à la nature dans la vie quotidienne.

Du point de vue méthodologique, le questionnaire offre plusieurs options. Pour déterminer le surplus du consommateur, on demande d’abord aux répondants de révéler combien ils dépensent pour la pêche récréative, puis d’énoncer leurs préférences en estimant combien ils seraient prêts à payer au maximum pour le même produit. Des scénarios ont été créés sur la base d’une méthode orthodoxe d’estimation contingente. La disposition à payer est déterminée selon la méthode du choix discret à variables multiples limitées.

Les registres nationaux de la population ont été utilisés comme base de sondage. Les effets du type de base de sondage sur les résultats d’une enquête d’évaluation sont discutés dans la communication. L’accessibilité aux données figurant dans le registre de la population varie selon les pays, de même que les possibilités d’échantillonnage aléatoire. L’utilisation d’un système d’expédition centralisé a posé certains problèmes d’ordre juridique.

Le contenu de l’enquête doit être identique dans tous les pays pour faciliter les futures études comparatives. Il y avait toutefois déjà des différences quant à la définition des différentes catégories de pêcheurs récréatifs. D’autres données générales ont aussi dû être adaptées en fonction de la situation dans chaque pays. Les différences culturelles les plus problématiques ont déjà été incluses dans les scénarios au moment de leur élaboration.

Mots clés : Pêches récréatives; enquête; Scandinavie

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 28

L’évolution du système des pêches dans les eaux intérieures en Finlande

Matti Sipponen

Employment and Economic Development Centre for Central Finland, P.O. Box 44, FIN-40101 Jyväskylä, Finlande

Au cours des 15 dernières années, les modifications apportées aux dispositions législatives concernant les pêches ont amélioré l’efficacité de l’administration des pêches dans les eaux intérieures. La création d’unités régionales de gestion a notamment amélioré la pratique de la cogestion, ce qui a permis à de nombreuses parties prenantes de participer au processus décisionnel. La gestion des pêches a été structurée dans les régions de façon à assumer davantage de responsabilités administratives au niveau local à l’avenir. Le fonctionnement des institutions politiques et administratives a plus d’incidences que la productivité biologique sur les résultats fournis par les pêches, et l’amélioration du système est donc due en grande partie aux initiatives politiques. L’accès aux lieux de pêche a une importance essentielle pour les pêcheurs commerciaux et sportifs. À l’heure actuelle, le secteur public a commencé à délivrer des permis pour la pêche récréative. Les mécanismes de formation des prix ne fournissaient pas suffisamment de renseignements aux propriétaires pour leur indiquer comment procéder pour améliorer la gestion et l’approvisionnement des terrains de pêche. L’emplacement joue un rôle prédominant pour ce qui est de la pêche sportive. En ce qui concerne la pêche commerciale, la propriété publique des lieux de pêche est un facteur important pour le recrutement professionnel et contribue à l’efficacité de leur fonctionnement, contrairement à ce qui se passe avec la propriété privée. Le contexte social et les modes de comportement des pêcheurs commerciaux ont peu changé malgré l’évolution technologique rapide survenue dans cette industrie. La propriété privée a entraîné une répartition peu satisfaisante des ressources halieutiques, en particulier dans le secteur commercial. Toutefois, en accordant une priorité plus élevée aux objectifs sociaux qu’aux objectifs économiques, les associations officielles de pêche contribueront à préserver les valeurs sociales et communautaires importantes pour la population locale.

Mots clés : Gestion des pêches; cogestion; pêches dans les eaux intérieures; législation; régimes de gestion; Finlande

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 29

La forte réduction des captures réalisées par les pêcheurs sportifs en Suisse
est-elle due à une diminution de l’activité de pêche ?

Erich Staub

Office fédéral de l'environnement, des forêts et du paysage, Division écologie et pêche,
Hallwylstrasse 4, CH-3003 Berne, Suisse

Les captures réalisées dans les cours d’eau par les pêcheurs sportifs ont diminué d’environ 50 % au cours des 10 dernières années. Un groupe de travail national a commencé à étudier les causes de ce phénomène. Une douzaine d’hypothèses sont envisagées, dont la diminution de l’activité de pêche sportive. La présente communication montrera l’ampleur de cette diminution au moyen de séries chronologiques concernant la truite et d’autres espèces. La ventilation des pêcheurs par tranches d’âge, les causes probables des fluctuations notées à l’occasion de la délivrance des permis, etc. seront analysées pour vérifier l’hypothèse d’une influence éventuelle du comportement des pêcheurs.

Mots clés : Pêches récréatives, analyse de séries chronologiques; motivation des pêcheurs; Suisse

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 30

Importance socioéconomique régionale des pêches en Finlande

Jarno Virtanen, Anssi Ahvonen et Asmo Honkanen

Finnish Game and Fisheries Research Institute, P.O.Box 6, FIN-00721 Helsinki, Finlande

La valeur totale de la production de la pêche commerciale s’est montée à environ FIM 200 millions en Finlande en 1997, dont 40 millions approximativement pour la pêche dans les eaux intérieures. Le nombre de pêcheurs professionnels dépassait 4 000. Un millier d’entre eux pratiquaient la pêche dans les eaux intérieures, dont les deux tiers étaient des pêcheurs à temps partiel ou saisonniers. En 1997, la valeur totale de la production de l’aquaculture a atteint approximativement FIM 370 millions, dont un tiers dans les eaux intérieures, et le nombre d’emplois était de 650 EPT. Il y avait, en outre, quelque 250 entreprises de transformation et de vente en gros dont le chiffre d’affaires total atteignait près de FIM 1,2 milliard et qui fournissaient un volume de travail correspondant à 1 000 EPT. La valeur ajoutée attribuable aux pêches représente seulement 0,1 % du PIB, mais certaines régions restent tributaires de la pêche. Dans le présent exposé, nous examinons la structure des pêches en Finlande en ce qui concerne la valeur de la production et la main-d'œuvre, ainsi que les liens entre les pêches et la valeur ajoutée aux différentes étapes de la chaîne de production. Tout en mettant l’accent sur les tendances qui se sont manifestées dans ces secteurs au cours des années 1990, nous nous efforçons également d’examiner la situation des régions tributaires de la pêche. L’approche régionale nous permet d’examiner l’importance des pêches dans les eaux intérieures dans le contexte de l’ensemble du pays.

Mots clés : Production de poisson; valeur ajoutée; Finlande

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 31

Enquêtes sur les pêches récréatives dans le Land de Saxe-Anhalt en Allemagne

Helmut Wedekind

Institute for Inland Fisheries Potsdam-Sacrow, D-14476 Gross Glienicke, Allemagne

La pêche récréative est en rapide croissance en Allemagne. Environ 1,2 million de pêcheurs sont enregistrés. On ne dispose toutefois que de peu d’informations au sujet de leurs habitudes de pêche, de leur structure sociale, de l’importance économique de la pêche et de son impact sur l’écosystème aquatique.

Une enquête a été réalisée dans le Land de Saxe-Anhalt, où on considère qu’environ 2 % de la population pratique activement la pêche. Le questionnaire utilisé abordait notamment les sujets suivants :

1 200 questionnaires ont été distribués dans 22 districts; le taux de réponse a été de 35,6 %. Les données ont indiqué que l’âge moyen des pêcheurs était de 44 ans (8 – 80). Le comportement de pêche est caractérisé par une forte intensité et un niveau élevé de mobilité. Les espèces préférées sont tout d’abord la carpe, le brochet et l’anguille, puis la perche et la tanche. L’importance économique de la pêche récréative est soulignée par les données concernant le comportement des pêcheurs, par exemple les dépenses par journée de pêche (en moyenne DEM 48 par jour). Soixante-sept pour cent des pêcheurs dépensent entre DEM 500 et DEM 1 000 par an pour leur équipement.

Cette communication présente un profil des pêcheurs appartenant à des associations, de leurs pratiques et de leurs souhaits. On trouvera aussi une discussion de la nature des captures et de l’importance économique des pêches récréatives dans cette zone.

Mots clés : Enquête; pêches récréatives; Allemagne

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 11

La pêche récréative en Suède en 2000

Bo Bengtsson1, Håkan Appelblad2 et Gösta Weissglas2

1National Board of Fisheries, Department of Coastal and Freshwater Resources, Box 426, S-Göteborg, Suède
2 University of Umeå, Dept. of Social and Economic Geography, S- 901 87 Umeå, Suède

Notre affiche décrit la situation actuelle de la pêche récréative en Suède. Les résultats de trois enquêtes nationales de même type (1990, 1995 et 2000) sont discutés, et des comparaisons sont faites entre les différentes périodes.

Les données ont été analysées en fonction du nombre de pêcheurs, du nombre de journées de pêche, de la capture totale et des espèces cibles (morue, saumon, truite et omble chevalier). La distribution des pêcheurs par catégorie de zones de pêche (eaux côtières, lacs et eau courante) présente également un intérêt pour la répartition des ressources. Les critères de gestion tels que les raisons pour lesquelles les pêcheurs choisissent un lieu ou une zone de pêche spécifique (notamment l’accessibilité, la qualité de l’eau, la qualité du milieu environnant, les possibilités de capture, les règles régissant la pêche, etc.) sont importantes pour les administrateurs gouvernementaux et régionaux ainsi que pour les entreprises touristiques du secteur de la pêche.

L’utilisation de différents types d’engins est étudiée, et les différences entre les pêcheurs sportifs, les pêcheurs de subsistance et les « généralistes » sont discutées.

Nous présentons une estimation des dépenses totales consacrées à la pêche ainsi que du volume et de l’importance relative du secteur en pleine croissance de la pêche touristique nationale et internationale.

Nous établissons des parallèles avec les habitudes des pêcheurs et les modalités de la pêche récréative dans les autres pays scandinaves en ce qui concerne les préférences, l’accessibilité aux zones de pêche, la valeur économique totale de la pêche et la mesure dans laquelle les pêcheurs récréatifs sont prêts à payer pour disposer de stocks de poisson durables et de bonne qualité.

Mots clés : Pêches récréatives; enquête; Suède

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 12

La valeur des captures et les dépenses totales dans les pêches récréatives en Finlande

Kalevi Leinonen, Johanna Stigzelius et Rauno Yrjölä

Finnish Game and Fisheries Research Institute, P.O.Box 6, FIN-00721 Helsinki, Finlande

La pêche récréative est une des activités de loisir les plus populaires en Scandinavie et elle est particulièrement importante pour les Finlandais. Environ 2 millions d’entre eux, soit plus de 40 % de la population, vont pêcher au moins une fois par an. Les pêches récréatives peuvent jouer un rôle très important au niveau régional en ce qui concerne l’utilisation des ressources halieutiques et, dans certaines régions de la Finlande, les services liés aux pêches récréatives sont également essentiels pour l’économie locale.

Au début de l’année 1998, l’Institut finlandais de recherche sur la chasse et les pêches a mené une vaste enquête qui a fourni des données régionales détaillées. Les répondants étaient interrogés au sujet des zones où ils pratiquaient la pêche récréative, de leurs captures, de leurs méthodes de pêche et de leur avis à propos des problèmes habituels auxquels ils étaient confrontés. Le total des prises de 1997 a été calculé sur la base des données fournies par les réponses de plus de 25 000 pêcheurs finlandais.

Le volume total de capture des pêches récréatives en 1997 était de 54 millions de kilogrammes de poisson et près de 4 millions d’écrevisses. Les espèces pêchées en plus grande quantité étaient la perche (17 million kg), le brochet (12 million kg) et le gardon (6 million kg).

Ces captures représentaient une valeur totale de 340 millions de FIM pour le poisson et 34 millions de FIM pour les écrevisses. Les espèces de poisson dont la capture représentait la valeur la plus importante étaient la perche (FIM 80 millions), le brochet (FIM 80 millions) et le gardon (FIM 43 millions).

L’Institut établit aussi les statistiques officielles concernant les pêches récréatives. Elles sont compilées tous les deux ans. Celles de 1996 incluaient une estimation du total des dépenses des pêcheurs récréatifs finlandais (FIM 1,574 milliard). Les catégories de dépense les plus importantes étaient les frais de déplacement (FIM 395 millions), l’achat d’équipement de pêche (FIM 340 millions) ainsi que le logement et les repas pendant les excursions de pêche (FIM 287 millions). Le montant moyen des dépenses par pêcheur était de FIM 738.

Nous présenterons également les différences régionales en ce qui concerne la valeur des captures et les dépenses totales consacrées aux pêches récréatives en Finlande.

Mots clés : Pêches récréatives; enquête auprès des participants; Finlande

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 13

Présentation de données statistiques fournies par une enquête
sur les pêches récréatives d’eau douce en Italie

Raffaele Marini

Viale G. Modugno 42, I-16156 Genova, Italie

Une enquête statistique sur les pêches récréatives d’eau douce en Italie a été effectuée au cours d’une période de 12 mois, de juin 1997 à la fin mai 1998; elle couvrait la plus grande partie du pays. Trente milles questionnaires ont été distribués, et 18 000 ont été remplis correctement et renvoyés.

La distribution a été effectuée par des coordonnateurs régionaux, et des entretiens ont eu lieu directement sur les lieux de pêche. Une équipe composée de 800 personnes a collaboré à ce travail.

Les principales données obtenues sont les suivantes :

Mots clés : Pêches récréatives; enquête; Italie

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 14

L’utilisation d’un système d’information géographique (SIG)
dans la recherche sur les pêches récréatives en Finlande

Johanna Stigzelius, Rauno Yrjölä et Kalevi Leinonen

Finnish Game and Fisheries Research Institute, P.O. Box 6, FIN-00721 Helsinki, Finlande

L’Institut finlandais de recherche sur la chasse et la pêche a réalisé en 1998 une vaste enquête sur la pêche récréative qui a fourni des données régionales détaillées sur les zones de pêche, les captures et les méthodes de pêche. Un des instruments utilisés pour l’analyse des données était un système d’information géographique (SIG).

Les systèmes d’information géographique sont des systèmes informatiques qu’on utilise pour stocker et manipuler des données géographiques. Leur capacité à établir des liens entre des données spatiales et descriptives et à réaliser une analyse spatiale en fait des outils puissants. Ils peuvent servir à réaliser des tâches simples et purement descriptives comme créer des cartes ou effectuer des mesures comme la longueur, la distance et la superficie, ou réaliser les tâches plus complexes comme le tamponnage, la modélisation, l’analyse de réseau et l’analyse de recouvrement.

Le référencement géographique est de plus en plus utilisé de nos jours dans la recherche, et on peut ainsi compiler des données issues de sources différentes dans une même couche et les analyser ultérieurement.

Grâce au SIG, nous avons extrait des informations nouvelles des données de recherche concernant les pêches récréatives. Les cartes thématiques, qui nous ont également permis de résumer efficacement des tableaux complexes, nous ont été d’une aide précieuse pour l’évaluation des données. L’analyse de recouvrement et le tamponnage ont aussi été utilisés pour l’analyse des données. Une des études cherchait à déterminer l’existence éventuelle de différences de comportement entre les pêcheurs de loisir selon leur lieu d’habitation.

Mots clés : SIG; enquête; pêches récréatives; Finlande

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 15

Étude régionale des pêches commerciales en eau douce en Finlande

Pirkko Söderkultalahti et Anna-Liisa Tuunainen

Finnish Game and Fisheries Research Institute, PO Box 6, FIN-00721 Helsinki, Finlande

Il y a, en Finlande, 3 000 personnes qui pratiquent la pêche commerciale en mer et 1 000 dans les eaux intérieures. Pour la plupart d’entre elles, la pêche est une activité professionnelle secondaire. La pêche commerciale est concentrée dans les zones où les ressources halieutiques, la transformation du poisson et les marchés offrent des conditions propices à une bonne viabilité économique. Elle peut jouer un rôle important en tant que source d’emploi dans certaines régions.

On trouve une soixantaine d’espèces différentes de poissons dans les eaux finlandaises, mais seule une vingtaine d’entre elles sont capturées par les pêcheurs commerciaux. La salinité de la mer Baltique est particulièrement faible sur les côtes finlandaises, si bien que les stocks de poisson y sont principalement constitués d’espèces d’eau douce.

Les pêcheurs commerciaux finlandais capturent environ 120 millions de kg de poisson par an. L’espèce capturée en plus grande quantité (90 millions de kg) est le hareng de la Baltique (Clupea harengus ), et les espèces d’eau douce représentent 10 millions de kg. Les poissons d’eau douce ne fournissent donc pas plus d’un dixième du poids total des captures commerciales, mais environ la moitié de la valeur de celles-ci. Au cours des années 1980 et 1990, la valeur des captures de poisson d’eau douce a varié entre 14 et 26 millions d’euros. La valeur des captures de poisson de mer était d’autant plus élevée que le saumon y était plus largement représenté.

Le corégone (Coregonus albula), la principale espèce du point de vue du volume aussi bien que de la valeur, est pêché principalement dans les eaux intérieures. Les stocks de corégone se caractérisent par d’importantes fluctuations temporelles et régionales. Les captures commerciales se montaient en moyenne à 1,4 million de kg par an pendant les années 1980 et 1990.

La deuxième espèce par ordre d’importance pour la pêche commerciale est le lavaret (Coregonus lavaretus), dont les captures annuelles se montent à quelque 2 millions de kg. C’est la principale espèce d’eau douce dans les eaux marines. Les autres espèces d’eau douce pêchées commercialement sont principalement le saumon (Salmo salar), le sandre (Stizostedion lucioperca) et la perche (Perca fluviatilis).

Figure. Volumes et valeurs des captures de poisson d’eau douce dans la pêche commerciale en Finlande en 1990-1998.

Mots clés : Pêches commerciales; composition des captures; Finlande

 

SESSION 3 : PERSPECTIVES DES PÊCHES EN EAUX INTÉRIEURES

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 33

La pêche en ville, en France, ou la difficulté de la transmission d'un savoir
(les écoles de pêche)

Bernard Breton

Fédération du Val d’Oise pour la pêche et la protection du milieu aquatique
48 rue de Gisors, 95 300 Pontoise, France

Entre 1964 et 1998, le nombre de pêcheurs (acquittant une carte de pêche) a été divisé par 2 (de 2,8 à 1,4 million). La principale raison est une évolution de la société et en particulier 3 phénomènes : l'urbanisation (les ruraux ont migré ers les villes), la voiture qui permet des déplacements importants et la télévision qui fixe les gens chez eux.

Les autres phénomènes liés ou non à la qualité des eaux et des milieux (pollutions, accès aux berges, réglementation complexe, etc.) n'apparaissent que comme des facteurs aggravants de cette désaffectation.

Ajoutons à cela que la pêche n'est plus comme une cueillette pour la consommation du poisson mais comme un loisir puisque le plus souvent, le poisson est relâche (no-kill).

Les pêcheurs classiques (à l'année) du type rural sont venus s'ajouter ou ont été remplacés en partie par des consommateurs qui achètent la pêche comme un autre loisir. Les spécialistes de la carpe ou de la mouche sont les précurseurs de ces pêches.

La pêche s'apprend jeune (avant 16 ans) la transmission du savoir qui se faisait essentiellement à l'intérieur de la cellule familiale ne se fait plus. Il faut donc trouver d'autres moyens pour apprendre la pêche. Les livres et les revues n'ont qu'une diffusion restreinte et l'oral est un moyen fondamental dans cette transmission du savoir. Des écoles de pêche se sont donc installées, sur le modèle apprentissage d'autres loisirs ou sports.

Animés par des bénévoles des associations de pêche, elles se professionnalisent et, animateur d'une école de pêche est devenu un véritable métier.

Mots clés: Education; pêche sportive; France

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 34

Estimation des demandes exercées à l’encontre des ressources aquatiques pour assurer la durabilité des pêches dans les eaux intérieures en Russie méridionale

Michail S. Chebanov1, Valentina G. Dubinina2 et Emiliya A. Savelyeva1

1Krasnodar Research Institute of Fisheries, 12, Oktybrskaya Str., Krasnodar, 350063, Russie
2 Interdepartmental Ichthyological Commission, 27, Tverskaya Str., Moscow, 103009, Russie

À l’état naturel, les cours d’eau du sud de la Russie jouaient un rôle important comme habitat du poisson. Ils fournissaient des lieux de frai aux espèces anadromes et semi-anadromes les plus précieuses, en particulier l’esturgeon, et on trouvait des pêches très productives dans les mers dans lesquels ils se déversent (mer d’Azov, mer Noire et mer Caspienne).

Les vastes projets de gestion des eaux réalisés dans les zones sèches des bassins de ces fleuves ont réduit le volume d’eau acheminé jusque dans les mers et eu des conséquences négatives sur le régime saisonnier des eaux à leur embouchure et dans les lacs des deltas.

La présente communication examine les tendances qui continuent à se manifester en ce qui concerne les modifications anthropogéniques du débit du Don, du Kuban et de la Volga. La discussion portera sur les problèmes posés par la diminution de la productivité de la pêche dans le contexte des divers niveaux de développement économique des régions concernées.

L’analyse de systèmes et des modèles de simulation et de régression ont été utilisés pour déterminer la base écologique en vue de l’optimisation de la propagation naturelle du poisson. Des politiques économiques ont été formulées en conséquence pour accroître la durabilité des pêches dans les eaux intérieures de la Russie. Elles incluent une régulation plus poussée du ruissellement, des stratégies de contrôle des ressources aquatiques fondées sur l’utilisation de la planification prospective, et la création de réserves.

Mots clés : Débit; conservation des espèces anadromes; prélèvement d’eau; Russie

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 35

Un programme de développement pour les pêches urbaines en Angleterre et au Pays de Galles

Mark Diamond, Miran Aprahamian et Mark Atherton

Environment Agency, Richard Fairclough House, Knutsford Road, Warrington, WA4 1HG, Royaume-Uni

La pêche récréative est traditionnellement pratiquée principalement dans les zones rurales et dans les cours d’eau. Toutefois, depuis quelques années, les pêcheurs ont tendance à préférer les eaux tranquilles et à moins s’éloigner de leur lieu de résidence. L’offre de possibilités de pêche à proximité des zones urbaines est donc une composante très importante de la gestion de l’ensemble des ressources halieutiques de l’Angleterre et du Pays de Galles. Un programme de développement des pêches urbaines a donc été mis en œuvre dans des étendues d’eau et des cours d’eau urbains réhabilités.

Le programme est basé sur une analyse scientifique de la distribution de la population, des eaux et des pêcheurs et est relié à la stratégie sur la pêche des poissons communs élaborée par l’Agence pour l’environnement. Dans le cadre d’une campagne de commercialisation des permis de pêche, les ventes ont été analysées en fonction du code postal, ce qui a permis d’isoler des zones à forte densité de population où les ventes de permis de pêche étaient faibles. Des groupes de discussion mis sur pied dans le cadre de cette campagne ont également révélé que l’absence de lieux où pratiquer la pêche dans de bonnes conditions à proximité des villes constituait un obstacle à la pratique de ce sport, en particulier pour les jeunes.

Diverses initiatives ont alors été prises : diffusion d’informations pour indiquer aux pêcheurs où pêcher, campagnes de promotion du type « emmenez un ami pêcher avec vous » et création de lieux de pêche dans les zones urbaines. Les facteurs qui contribuent à la réussite de ce programme sont une liaison étroite avec les autorités responsables de la planification et du développement, l’appui des clubs de pêche locaux et la publicité générée par le programme. On constate qu’il accroît la valeur socioéconomique des pêches et améliore la qualité de vie d’un nombre maximum de personnes.

Mots clés : Pêches récréatives; Royaume-Uni

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 36

Élaboration d’un programme de formation complet sur l’aquaculture et les pêches (du secondaire au troisième cycle) en Hongrie grâce à la coopération pan-européenne

Zoltán Karácsonyi 1 et László Stündl 2

1Kossuth Lajos University Debrecen, Hongrie
2 Debrecen Agricultural University, Debrecen, Hongrie

Les structures et programmes d’enseignement concernant l’aquaculture et les pêches sont en cours de création ou de renouvellement en Hongrie pour répondre aux changements intervenus dans le domaine de la production de poisson dans les eaux intérieures après la réorganisation de l’économie. Ces programmes doivent répondre aux attentes des différentes niveaux professionnels, avoir une orientation pratique, être harmonisés avec les programmes équivalents de l’UE et avoir un niveau scientifique satisfaisant au niveau du troisième cycle.

Les établissements d’enseignement et de recherche des niveaux secondaire et supérieur, les entreprises de production et la Chambre régionale de l’agriculture ont joint leurs efforts pour mettre sur pied une structure complète de formation dans l’est de la Hongrie, où la production de poisson est la plus importante.

Nous présentons ici la structure de cette formation et le système unifié reposant sur une intégration verticale des différents niveaux (secondaire, premier et deuxième cycles universitaires, doctorat). Des entreprises de production fournissent les installations techniques nécessaires en consacrant une partie de leur capacité de production à la formation. Au deuxième cycle universitaire, les modules permettent une intégration avec l’Europe de l’Ouest grâce à l’élaboration en commun de matériel pédagogique, à des échanges de personnel et d’étudiants et à un enseignement conjoint. La formation dispensée au troisième cycle est harmonisée avec le niveau général européen tant par sa structure que par ses objectifs scientifiques. Le consortium s’appuie sur la coopération avec des institutions d’Europe de l’Ouest, notamment l’Université Kuopio (Finlande), l’Université d’Udine (Italie) et l’Université agricole de Wageningen (Pays-Bas).

Mots clés : Enseignement; Hongrie

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 37

Les pêcheries d’anguille : aspects économiques et sociaux

Christopher Moriarty

Marine Institute, Fisheries Research Centre, Abbotstown, Dublin 15, Irlande

En s’appuyant sur les résultats de l’action concertée de l’UE pour l’amélioration de l’anguille européenne et la conservation de l’espèce, la présente communication examine la distribution et l’intensité des pêches d’anguille dans l’ensemble de l’Europe. Vu l’activité saisonnière et le comportement migrateur de cette espèce, la plupart des pêches ne fonctionnent que pendant des périodes limitées et sont très dispersées. Elles contribuent donc peu à l’économie au niveau national ou régional.

L’anguille est cependant une des espèces de poisson les plus rentables pour ce qui est de son prix au kilo. Sa transformation exige une main-d'œuvre importante, si bien que le produit obtenu est vendu à un prix élevé. La pêche elle-même nécessite aussi beaucoup de main-d'œuvre, le volume de capture par pêcheur étant compris entre 1 et 4 tonnes par an. Les investissements requis sont faibles, et cette pêche peut donc être pratiquée par les membres de groupes défavorisés. Bien que sa valeur soit limitée au niveau régional, elle a une grande importance locale.

La pêche de l’anguille est actuellement en diminution dans la plupart des régions, suite à une chute brutale du recrutement. La propagation artificielle étant impossible, la capture d’alevins d’anguille est la seule source de stock pour la pisciculture intensive, qui donne d’excellents résultats. Des études sont en cours au niveau international pour déterminer s’il est souhaitable de réduire les captures d’alevins pour accroître le nombre de géniteurs potentiels. Une gestion appropriée du pacage pourrait aussi entraîner une augmentation à la fois des captures et des géniteurs.

Mots clés : Anguille; pêches commerciales; pisciculture; Europe

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 38

Examen des tendances concernant le développement de l’aquaculture
en Europe relativement à ses liens avec les pêches

László Váradi

Fish Culture Research Institute, 5541 Szarvas, P.O.B. 47, Hongrie

La production de l’aquaculture européenne (à l’exclusion des États de l’ex-Union soviétique) représentait en 1997 4,6 % de la production quantitative de l’aquaculture mondiale totale et 7,5 % de sa valeur. Les pays qui ont le volume de production le plus élevé sont la Norvège (23 %) la France (17 %), l’Espagne (14 %) et l’Italie (13 %) soit, à eux seuls, 67 % de la production européenne totale. La majorité de cette production (72,5 %) provient des eaux marines, alors que la production en eau douce et en eau saumâtre ne représentait que 20,4 % et 7,1 % respectivement en 1997. Dans les pays de l’ex-URSS (surtout la Fédération de Russie et l’Ukraine), la production totale de l’aquaculture était de 161 millions de tonnes en 1995, et sa valeur atteignait 395 millions de dollars É.-U. La contribution de cette région à la production mondiale totale était de 0,6 % en volume et 0,9 % en valeur en 1995. La production totale de l’aquaculture dans la région a diminué depuis 1984, année où elle avait atteint 271 millions de tonnes. Cette production provient principalement de l’aquaculture pratiquée en eau douce.

Les pays européens qui viennent en tête pour les pêches de capture sont la Fédération e Russie, la Norvège et l’Islande, dont la part de la production mondiale était respectivement de 5, 3 et 2 % en 1996. Dans la communauté des États indépendants (CEI), la production des pêches est passée de 9,6 millions de tonnes en 1988 à 5,2 millions de tonnes en 1996, soit une diminution de 46 % en huit ans. Les pêches marines représentent 94 % de ce total. Dans les pays de l’Union européenne (UE), la production totale des pêches a été de 6,4 millions de tonnes en 1996, soit environ 6,8 % de la production mondiale. Les pêches de capture marines représentent environ 98 % de ce total dans ces pays. La production des pêches manifeste également une tendance à la baisse dans les pays de l’UE, mais elle n’a diminué que de 10 % entre 1988 et 1996.

La présente communication analyse les tendances concernant la production de l’aquaculture et des pêches en Europe en examinant l’interdépendance entre ces deux secteurs de production et leur rôle dans le développement des sociétés européennes. La discussion porte également sur les perspectives concernant le développement futur de l’aquaculture et des pêches en Europe.

Mots clés : Aquaculture; pêches de capture; production; Europe

EIFAC/XXI/2000/Symp. E 39

Aspects socioéconomiques des pêches en Finlande :
Les pêcheurs commerciaux n’ont-ils aucune influence sur la fixation des prix?

Kari Vesala1, Asmo Honkanen2, Pekka Salmi2, Juhani Salmi2 et Juha Jurvelius2

1University of Helsinki, Finlande
2 Finnish Game and Fisheries Research Institute, Saimaa Fisheries Research and Aquaculture,
Laasalantie 9, FIN-58175 Enonkoski, Finlande

Dans de nombreuses études sur leur motivation, les pêcheurs sont dépeints comme manquant d’esprit d’entreprise et cherchant principalement à gagner de quoi vivre pour eux-mêmes et leur famille. On dit qu’ils apprécient davantage les valeurs communautaires traditionnelles que les valeurs économiques du système de marché. L’adoption d’un système de gestion des pêches plus axé sur le marché est un problème auquel les pêcheurs sont confrontés qu’ils le veuillent ou non. Leur sort dépend directement des prix qu’ils obtiennent pour leurs produits.

Dans le présent article, nous étudions la satisfaction des pêcheurs commerciaux relativement au prix dans les zones lacustres et côtières de la Finlande. Nous mettons l’accent sur les différentes façons d’exprimer leur satisfaction ou insatisfaction, qui sont étroitement reliées à la division entre les deux domaines stratégiques de la production et du marché. Nous montrerons également comment le rôle stratégique clé du marché pour les pêcheurs peut être révélé par une analyse quantitative de données collectées auprès des pêcheurs commerciaux lors d’entretiens non structurés.

L’insatisfaction semble dominer en ce qui concerne la production, alors que la satisfaction est une option réaliste pour ce qui est du marché. Pour un pêcheur, la production joue toujours un rôle important. Nos données montrent, par exemple, que les variations stratégiques de la production ne déterminent pas le degré de satisfaction vis-à-vis des prix. Il est apparemment justifié de ne pas négliger le domaine du marché quand on étudie les questions concernant la production.

Mots clés : Pêche commerciale; structures des prix; Finlande

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 16

Changements structurels dans la culture de l’esturgeon dans la mer d’Azov :
aspects écologiques, économiques et sociaux

Michail C. Chebanov et Emuliya A. Savelyeva

Krasnodar Research Institute of Fisheries, 12, Oktyabrskaya Str., Krasnodar, 350063, Russie

Les captures d’esturgeon dans le bassin de la mer d’Azov ont fortement baissé, passant de 1 200 tonnes en 1993 à 280 tonnes en 1998. La pêche commerciale sera interdite dans la mer d’Azov à partir de janvier 2000. La pêche sera toutefois encore autorisée pour la recherche scientifique et pour obtenir des géniteurs en vue du repeuplement. On attribue la chute brutale des rendements à divers facteurs, notamment la régulation du débit des cours d’eau, qui aurait nuit à la reproduction naturelle des esturgeons, l’utilisation de pratiques de pêche irrationnelles et le braconnage.

L’esturgeon était la dernière espèce importante pour la pêche. Cette interdiction aura donc de lourdes conséquences économiques et sociales pour les riverains.

Nous discutons les perspectives concernant l’avenir de la production commerciale de chair d’esturgeon et de caviar compte tenu des conditions existant dans le sud de la Russie. Il y a actuellement de nombreux établissements de pisciculture en étang et en eau tempérée qui étaient utilisés autrefois pour la carpiculture. Des expériences ont montré que les lacs de delta et les lagons d’eau saumâtre pourraient être très rentables et produire jusqu’à 300 tonnes d’esturgeon par an.

La Banque génétique fédérale du Sud (Krasnodar) est l’élément fondamental d’une nouvelle structure utilisée pour l’élevage de l’esturgeon dans le bassin. Elle possède des stocks de géniteurs de huit espèces d’esturgeon et de divers hybrides à croissance rapide. Elle a déjà été mise à contribution pour préserver la biodiversité et pour le repeuplement dans des établissement piscicoles de divers types pratiquant l’élevage de l’esturgeon.

Mots clés : Élevage de l’esturgeon; mer d’Azov; banque génétique; Russie

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 17

Nouvelles tendances de la pêche sportive en Wallonie, Belgique

Vincent C. Frank1 et Xavier Rollin2

1 Service de la pêche, Direction Générale des ressources naturelles et de l’environnement,
Ministère de la Région wallonne, avenue Gouverneur Bovesse, 100, 5100 Jambes, Belgique
2 Laboratoire de pisciculture Marcel Huet, Faculté des Sciences agronomiques, Université catholique de Louvain,
route de Blocry, 2 B, 1348 Louvain-la-Neuve, Belgique

Nous observons depuis plusieurs années une diminution constante du nombre des pêcheurs sportifs dans la Région wallonne. Après avoir culminé à 114 484 en 1986, le nombre de permis de pêche délivrés est tombé à seulement 77 709 en 1998. Il convient de signaler que les eaux publiques de la Wallonie ne bénéficient d’aucune subvention et qu’on n’y pratique pas la pêche commerciale.

Grâce à la dépollution de plusieurs affluents importants de la Meuse, comme la Vesdre et l’Amblève, et au repeuplement en truite fario, vairon, goujon, etc., les pêcheurs auront accès à d’excellentes zones de pêche d’ici quelques années. Nous avons également observé de nouvelles tendances quant aux techniques utilisées par les pêcheurs – comme la pêche à la nymphe dans les Ardennes ou la pêche nocturne de la carpe, qui est autorisée dans certaines eaux publiques.

La Région soutient de nouvelles méthodes d’éducation et assure la promotion de la pêche en présentant une école mobile, en préparant un nouveau module d’enseignement, en accordant une nouvelle aide financière importante aux fédérations de pêche et en proposant un nouveau système pour les permis de pêche régionaux, qui seront délivrés sous forme de cartes semblables aux cartes bancaires.

Les autorités responsables de la pêche participent très activement aux nouveaux «contrats de rivière» établis dans toute la Région, et un nouveau système de cartographie numérique utilisé pour les eaux wallonnes à l’initiative de la Division de l’eau contribuera à la constitution d’un nouveau réseau permanent des espèces de poissons.

Pour soutenir le projet international « Saumon de la Meuse 2000 », la Région wallonne a entrepris la construction d’un nouvel établissement piscicole sur la rivière Aisnes à Erezée, qui produira chaque année 250 000 tacons à partir d’œufs de géniteurs anadromes sauvages provenant de la Meuse en Hollande.

Les nouvelles tendances en matière de législation concernent principalement les limitation des captures et les autorisation de la pêche nocturne de la carpe. Suite à l’entrée en vigueur des mesures européennes, une réglementation sanitaire stricte s’applique depuis quelques mois au repeuplement en salmonidés.

Mots clés : Nouvelles tendances, pêcheurs; Région wallonne; Belgique

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 18

Les subventions de l’UE pour les investisements dans les pêches dans la région
du Sud-Savo en Finlade : Une étude de cas sur les pêches intérieures

Petri Muje1 Juha Pursiainen1 Lasse Hyytinen2 et Hannu Mölsä3

1University of Kuopio, Center for Training and Development, P.O.Box 1627, FIN-70211 Kuopio, Finlande
2 Employment and Economic Development Centre for South Savo, Fisheries Services,
P.O.Box 164, FIN-50101 Mikkeli, Finlande
3 University of Kuopio, Institute of Applied Biotechnology, P.O.Box 1627, FIN-70211 Kuopio, Finlande

Le fonds structurel pour les pêches de l’UE a été conçu initialement pour les pêches marines. En Finlande, toutefois, les pêches commerciales intérieures de petite échelle, la transformation du poisson et l’aquaculture ont une importance régionale considérable, et ces fonds ont donc aussi été utilisés pour ce secteur.

Les subventions de l’UE pour les investissements dans les pêches sont utilisées en Finlande depuis 1995. Dans le Sud-Savo, 54 projets financés conjointement par ces subventions et des fonds publics et privés finlandais ont été finalisés en juillet 1999. Le montant total de ces investissements était de EUR 440 000. Ces projets étaient de taille relativement petite, et le montant moyen des subventions était de EUR 8 000 par projet. La plupart de ces subventions ont été consacrées au développement de l’infrastructure de ports de de pêche et à l’aide à de petites entreprises de transformation du poisson.

Les sujets discutés sont les problèmes liés à l’utilisation des fonds structurels de l’UE, leur utilité pour les pêches commerciales intérieures et la valeur économique résultant de ces subventions à l’investissement dans la région du Sud-Savo.

Mots clés : Pêches commerciales, subventions; UE; Finlande

EIFAC/XXI/2000/Symp. P 19

La transformation du poisson d’eau douce en Finlande

Aune Vihervuori et Eija Nylander

Finnish Game and Fisheries Research Institute, PO Box 6, FIN-00721 Helsinki, Finlande

Quelque 200 entreprises pratiquent la transformation du poisson en Finlande. Ce sont, pour la plupart, de petites entreprises familiales diversifiées. L’industrie de la transformation du poisson est principalement implantée dans les zones côtières, et la matière première provient surtout des pêches marines et de la pisciculture. Les espèces d’eau douce indigènes sont pêchées dans les eaux saumâtres de la côte aussi bien que dans les lacs et cours d’eau de l’intérieur des terres.

En 1997, le volume total de poisson transformé en Finlande était de 39 millions de kg, dont 33 millions correspondant aux espèces locales, parmi lesquelles le hareng de la Baltique (Clupea harengus) et la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) étaient de loin les plus importantes. Avec environ 3 millions de kg, les espèces d’eau douce autres que la truite arc-en-ciel représentaient seulement 8 % du volume total. Il s’agissait principalement du lavaret (Coregonus lavaretus), de la perche (Perca fluviatilis), du sandre américain (Stizostedion lucioperca) et du corégone (Coregonus albula).

Les espèces d’eau douce sont importantes pour les entreprises de transformation du poisson situées dans le nord et l’est de la Finlande. Elles représentent, par exemple, plus de la moitié du poisson transformé dans la province de Finlande orientale. Le degré de transformation est relativement limité dans l’ensemble, mais néanmoins nettement supérieur à ce qui se fait généralement pour le poisson d’origine locale. Les méthodes les plus couramment utilisées sont le filetage et le fumage. La plupart des petites conserveries sont installées à l’intérieur des terres. Elles utilisent principalement le corégone, le lavaret et le gardon (Rutilus rutilus). Le corégone et le sandre sont aussi utilisés dans la préparation du plat traditionnel finlandais «kalakukko»; les œufs de corégone, de lavaret et de lotte de rivière (Lota lota) sont également traités en vue de leur conservation. La plupart des produits de l’industrie finlandaise de transformation du poisson sont vendus dans le pays même.

Figure. Ventilation de la transformation de poisson d’eau douce en 1997 par espèces

Mots clés : Eaux intérieures; transformation; Finlande