4. Répartition dans la région méditerranéenne


La répartition actuelle des ressources sur le territoire est déterminée par le résidu de la production par rapport à la répartition naturelle autrefois présente dans les systèmes, avant que ne surviennent les modifications ultérieures, et la dégradation qui s'ensuivit.

La répartition (ou aire) potentielle définit la possibilité théorique de restauration des capacités productives originelles qui, sur la base des considérations faites jusqu'ici, s'identifie à l'aire d'expansion potentielle des systèmes naturels.

Cette enquête a été menée dans la partie occidentale du Bassin méditerranéen, et précisément au Maroc, en Tunisie, en Algérie septentrionale, au Portugal, en Espagne, en Grèce et sur le territoire méditerranéen de la France et de l'Italie.

Ayant déjà examiné à propos du sylvo-pastoralisme, l'évolution de la dégradation des ressources naturelles au cours des siècles, on se limitera ici à illustrer les répartitions réelles et potentielles de chacun des produits.

- Les résines. En ce qui concerne la térébenthine, la zone actuelle coïncide essentiellement avec la zone des plantations artificielles de conifères, et à un moindre degré avec la zone forestière naturelle de la Corse, de l'Italie, de l'Espagne, de la Tunisie, du Maroc, de l'Algérie et de la Grèce. Les peuplements artificiels font de la ressource résine un produit alternatif par rapport aux autres produits; par conséquent, dans un écosystème visant la restauration forestière, il faudrait redonner à la résine la place qui lui revient. Pour la gomme-résine, la présence actuelle et potentielle est limitée aux zones où se vérifient des conditions écologiques favorables à la présence de Pistacia lentiscus (zone aride et chaude de la forêt méditerranéenne).

- Le liège. La carte des ressources correspond à l'aire de Quercus suber que l'on trouve dans la zone méditerranéenne occidentale, Grèce non comprise. Les suberaies existantes ne représentent que 22,3% de l'aire potentielle; celle-ci est évaluée à 30687800 ha environ (par défaut) et correspond ainsi aux surfaces théoriquement disponibles et naturellement indiquées pour l'implantation de suberaies mixtes.

- Les plantes médicinales. La réalité territoriale de cette ressource est estimée à environ 30313100 ha; elles sont irrégulièrement réparties sur le territoire méditerranéen occidental. Elles sont également présentes dans toutes les formes de la forêt naturelle méditerranéenne, des variantes les plus xérophiles aux plus mésophiles. Il faut d'ailleurs noter que 86,56% des superficies recouvertes se trouvent sur le continent européen.

Le capital actuel des plantes médicinales n'est pas immédiatement utilisable car la forêt naturelle, qui constitue le support écologique nécessaire à la production, a besoin d'interventions lui permettant de recouvrir son efficacité.

Le potentiel des plantes médicinales est estimé à 66527700 ha et se trouve, pour 63,28%, en Afrique du Nord.

- Le sylvo-pastoralisme. Etant lié à l'étendue de la forêt naturelle méditerranéenne, c'est une activité qui a des dimensions territoriales réelles et potentielles qui se rapprochent de celles des plantes médicinales.

- La faune sauvage. Elle a les mêmes dimensions territoriales que le sylvo-pastoralisme, et peut se développer de façon alternative ou intégrée.

- Le miel. Pour le miel à saveur douce (par opposition à la saveur amère), les données réelles et potentielles restent celles citées ci-dessus pour les plantes médicinales. Le miel amer dépend de l'aire de l'arbousier (Arbutus unedo) qui est estimée à environ 9093,9 ha dans sa valeur réelle, et à 26611800 ha dans sa valeur potentielle.

- Les champignons. Les champignons épigés, dans leurs diverses combinaisons botaniques, peuvent pousser sur toute l'étendue de la forêt naturelle. Pour les hypogés, l'analyse est plus complexe; on estime qu'ils couvriraient une superficie égale à 9684000 ha, considérant globalement aires réelle et potentielle.

- Milieu et paysage. Ils calquent tous les deux les surfaces de la forêt naturelle réelle et potentielle.

En examinant les histogrammes présentés sur les pages suivantes, on obtient une lecture sommaire et immédiate de la productivité aussi bien réelle que potentielle; ils mettent en évidence, par pays et par produit, la production réelle et théorico-potentielle 1/des produits annuels utilisables.

1/ Un quintal = 100 kilogrammes. (pluriel: quintaux = qux).

Par ces histogrammes, on arrive à la déduction que la production potentielle est constamment supérieure à la production réelle (exception faite du miel amer en Espagne), avec des données particulièrement évidentes et élevées, quantitativement parlant, pour l'Algérie, la Tunisie et le Maroc. Les potentialités sont également très positives pour l'Italie, la Grèce, le Portugal et la France. Les écarts sont moindres dans le cas de l'Espagne.

Les ressources ayant la production potentielle la plus élevée dans tous les pays (exception faite de l'Espagne) sont: le sylvo-pastoralisme, les plantes médicinales et le miel doux; à un moindre égard, on note de fortes augmentations pour la faune sauvage et les champignons épigés.

Dans l'ensemble, l'essor de la production réalisable est très élevé et ceci constitue un point de départ positif important pour évaluer le développement du secteur.

Il est cependant opportun de faire remarquer que la productivité liée au milieu et au paysage, bien que n'étant pas exprimée sur les graphiques, subit des augmentations potentielles considérables; en effet, la production potentielle de tous les PFNL est étroitement liée à l'amélioration qualitative et au développement extensif des écosystèmes forestiers qui constituent des éléments en mesure de déterminer de façon substantielle la qualité, la consistance et l'efficacité du milieu et du paysage.

Fig. 1 - Productivité annuelle réelle et potentielle, par produit, pour l'Algérie

Fig. 2 - Productivité annuelle réelle et potentielle, par produit, pour la Tunisie

Fig. 3 - Productivité annuelle réelle et potentielle, par produit, pour le Maroc

Fig. 4 - Productivité annuelle réelle et potentielle, par produit, pour l'Espagne

Fig. 5 - Productivité annuelle réelle et potentielle, par produit, pour le Portugal

Fig. 6 - Productivité annuelle réelle et potentielle, par produit, pour la Grèce

Fig. 7 - Productivité annuelle réelle et potentielle, par produit, pour la France méditerranéenne

Fig. 8 - Productivité annuelle réelle et potentielle, par produit, pour l'Italie méditerranéenne