5. Système économique et développement potentiel


Les éléments économiques considérés sont liés et structurés entre-eux de façon systématique. Par conséquent ils constituent, non pas une économie mais un système économique.

La régénération naturelle des ressources est un facteur caractérisant ce système, et elle advient en même temps dans un même contexte territorial. Afin d'obtenir un capital biogénétique assurant, dans le temps et dans l'espace, une productivité maximale et continue, il est nécessaire d'effectuer les prélèvements directs (hommes) et indirects (animaux) sur une portion seulement de la production.

Un autre aspect particulier vise à intégrer les zones de production au marchés de consommateurs au sein des pays qui, pour des raisons climatiques, ne peuvent pas produire les ressources en question.

En comparant les données réelles et les données théorico-potentielles on met en évidence le développement potentiel.

Les ressources réelles considérées sont liées aux zones boisées actuellement existantes, mais elles ne sont pas immédiatement disponibles, puisque, comme on l'a déjà dit, l'efficacité de la production est subordonnée à une intervention de restauration des systèmes naturels, vu leur état actuel de dégradation.

Les ressources théorico-potentielles sont liées à l'aire potentielle de la forêt naturelle des territoires autrefois déboisés.

On doit cependant considérer quelques points particuliers sur le rapport qui existe entre la faune sauvage et le sylvo-pastoralisme: alors que toutes les autres ressources sont compatibles entre-elles, celles-ci s'alternent sur des territoires restreints et s'intègrent sur des étendues plus vastes.

Il est difficile d'évaluer sur le plan économique la productivité du milieu et du paysage; par conséquent on ne l'a pas considérée du point de vue quantitatif. Dans les pays étudiés, on estime la superficie des forêts naturelles à 30313100 ha, avec une possibilité d'expansion de l'ordre des 66527700 ha.

Afin d'obtenir un tableau précis du développement potentiel de certains des produits considérés, on en a indiqué ci-après la productivité annuelle totale réelle et potentielle.

PRODUITS

PROD. REELLE (en tonnes)

PROD. POTENTIELLE (en tonnes)

LIEGE

3750000

9135000

SYLVO-PASTORALISME

2021684

6458081

FAUNE SAUVAGE

1211527

3873632

HERBORISTERIE

4546965

14528120

MIEL DOUX

4546965

14528120

MIEL AMER

922377

323996

CHAMPIGNONS EPIGES

757827

2420967

En ce qui concerne les fruits sauvages, il n'a pas été possible d'en quantifier la production, du fait de l'absence de données suffisamment fiables (c'est un produit qui a en effet une "crypto-économie" de type informel).

En terme de rentabilité, si l'on considère dans leur ensemble tous les produits et tous les pays concernés par cette étude, on obtient une production réelle, soit un quota annuel utilisable, équivalent à 46029500 millions de lires italiennes. La production théorico-potentielle est estimée à 136838400 millions de lires italiennes (valeurs approximatives arrondies à la centaine de millions supérieure).

Dans un écosystème forestier en équilibre et au maximum de sa "fonctionnalité", un bon paramètre de mesure de la valeur économique des produits forestiers non ligneux est représenté par le revenu annuel réalisable par unité de surface; on obtient ainsi 2737500 lires/ha pour la faune sauvage, ou 2831000 lires/ha pour le sylvo-pastoralisme (comme on l'a dit précédemment la faune sauvage et le sylvo-pastoralisme sont interchangeables et s'excluent réciproquement sur de petites surfaces).

Toutes ces valeurs ont été calculées sur un prix fixé intentionnellement au dessous du prix réel du marché et elles se réfèrent aux productions primaires. La plus-value que l'on peut obtenir de la transformation industrielle autorise des valeurs de dix à quinze fois supérieures.