7. Stratégies politiques pour le développement du secteur


La définition d'un projet de développement de ce secteur implique un approfondissement et une coopération multidisciplinaire avec des experts et des spécialistes travaillant au sein d'organisations ou structures internationales (FAO), et nationales (Ministère de l'agriculture et des forêts, Services forestiers, Instituts pour la Recherche, Universités, etc.). Il est toutefois indispensable que la coordination soit assurée par une seule unité, choisie par exemple soit au sein de la FAO ou d'un organisme technique conçu exprès (par exemple "Silva Mediterranea").

Ce projet devra évidemment tenir compte des choix et directives politiques à plusieurs niveaux (la Commission Economique pour l'Europe (CEE), Gouvernements et Ministères au sein des états, Organisations des pays arabes, etc.). Un critère opérationnel fondamental visera à définir des priorités qui favorisent les produits présentant une garantie majeure pour l'augmentation des revenus ruraux et de l'emploi, et/ou qui permettent de satisfaire les besoins essentiels de la population (intégration alimentaire, sylvo-pastoralisme), et ce à partir des zones géographiques dans lesquelles le développement est possible et nécessaire.

De ce qui a été exposé dans les paragraphes précédents, on peut déduire que les produits forestiers non ligneux à l'étude ne se différencient pas au niveau de la phase de la production, dans la mesure où ils proviennent tous d'un système forestier complexe sur le plan écologique; les différences interviennent dans les phases allant du prélèvement à la vente du produit à l'état brut ou transformé. Cependant, on reconnaîtra à chaque territoire la vocation particulière de fournir tels produits et/ou services, et il faudra en même temps étudier les besoins des communautés locales. Grâce à ces critères, on pourra définir les filières à privilégier dans chaque contexte territorial donné et les régions où il faudra favoriser le développement en temps opportun.

Les actions requises, dans les diverses phases du développement d'un produit donné, sont multiples et nécessitent compétence et spécialisation dans divers domaines (botanique, statistique, sociologie, écologie, biochimie, chimie industrielle, économie et marketing, agronomie et sylviculture, zootechnie, etc.); de ce fait, même au sein de chaque filière, une action de coordination efficace s'avère nécessaire.

Le développement d'un système économique basé sur les produits forestiers non ligneux doit également passer par l'éducation des populations locales vers une meilleure connaissance de la valeur de leurs ressources naturelles, afin d'augmenter ainsi l'intérêt et la sensibilité des communautés.

Il est en outre nécessaire d'impliquer les institutions publiques de chaque état, afin qu'elles s'engagent à renforcer la capacité des services de formation et de recherche. Il faudrait par conséquent organiser des cours de formation professionnelle pour la main-d'oeuvre utile au projet de développement, et ce dans chaque domaine de compétence requis; il faudrait également fournir des supports techniques et/ou économiques aux instituts de recherche, afin qu'ils puissent mener à bien les études et enquêtes prévues au sein du projet de développement, sur un ou plusieurs produits forestiers non ligneux.

Il faudra aussi impliquer des instituts spécialisés en statistique pour l'organisation et la gestion d'un système de données sur les produits forestiers non ligneux, qui servira de support essentiel à la définition des orientations de planification et des objectifs que l'on peut réellement atteindre.

La création d'une banque de données des produits forestiers non ligneux de la région méditerranéenne implique nécessairement un travail de recherche approfondi sur les productions réelles et sur les filières de chacun des produits; on aurait ainsi un tableau actualisé et facile à mettre à jour qui constituerait un outil de consultation et d'élaboration précieux pour la définition des objectifs à atteindre. Cette banque de données devrait se pencher sur les aspects de la production de chacune des ressources et sur le marché de chaque produit. La FAO et/ou Silva Mediterranea pourraient être les organismes adaptés pour former cette banque de données.

En résumé, les objectifs et instruments nécessaires à la bonne exécution du projet de développement sont les suivants:

- Nécessité de définir des choix ou orientations politiques sectorielles. Tout d'abord au niveau des organismes politiques et économiques internationaux concernés pour les pays à l'étude (CEE, Organisations des pays arabes), et en deuxième lieu au niveau des organismes nationaux (Gouvernements, Ministères ou autres organes concernés au sein de chaque état), en tenant compte évidemment des objectifs recherchés au niveau international.

- Nécessité d'une collaboration pluridisciplinaire pour définir un projet de développement, avec la contribution de spécialistes opérant au sein d'organismes internationaux ou nationaux. La recherche, l'étude et l'organisation du projet devront être à la charge principale d'un organisme international (FAO) qui pourra se servir des structures déjà existantes au sein des états (Instituts pour la Recherche, Universités, Ministères et organes gouvernementaux concernés).

- Définition de priorités en choisissant les zones d'intervention et les produits et filières à développer. Ceci sera la conséquence du travail de recherche qui aura été effectué et devra advenir au sein d'organismes politiques et économiques internationaux (CEE, Organisations des pays arabes). Le critère de base portera sur le choix des produits qui garantissent une augmentation des revenus ruraux et de l'emploi, et/ou qui permettent de satisfaire les besoins fondamentaux des populations locales (alimentaires, protection du sol, etc.), et devra privilégier les zones et les pays où les problèmes alimentaires, d'emploi et sociaux sont les plus marqués et où une intervention opportune s'avère nécessaire.

- La contribution de techniciens spécialisés en plusieurs disciplines (sociologie, statistique, économie, botanique, chimie industrielle, agronomie, foresterie, etc.) est également nécessaire pour chaque produit du projet de développement, aussi bien dans la phase d'élaboration que dans la phase d'exécution. Ce projet devra s'adapter aux réalités socio-économiques du territoire où il sera mis en place. On pourra ainsi avoir des projets appliqués, différents entre-eux, mais conformes à un projet unitaire de développement de la filière de chaque produit.

- Nécessité de coordination, aussi bien au niveau du projet dans son ensemble qu'au niveau du développement des filières spécifiques, et dans la phase d'exécution du projet, dans les diverses zones territoriales. Comme nous l'avons déjà précisé, la coordination devra être la compétence d'un organisme interne à la FAO ou d'un organisme créé exprès (Silva Mediterranea).

- Nécessité d'augmenter l'intérêt et la sensibilité des populations locales aux ressources naturelles de leur terroir, à travers des activités d'éducation et de formation professionnelle. Une fois que l'on aura défini les objectifs et les finalités générales de l'unité coordonnatrice du projet, la tâche sera de la compétence des organismes nationaux (Ministères concernés, Instituts de formation professionnelle, etc.).

En résumé, on peut organiser les instituts ou organisations concernés avec leurs fonctions et compétences comme suit:

- Les instituts politiques et économiques internationaux (CEE, Organisations de pays arabes) chargés de définir des choix politiques, des orientations de programmes globaux et des objectifs, et qui dans un deuxième temps devront préciser les priorités d'intervention relatives aux ressources et au territoire.

- L'organe technique (au sein de la FAO ou Silva Mediterranea) qui aura pour fonction de coordonner et d'élaborer le projet de développement. Il s'occupera de l'organisation de la banque de données, de l'intégration pluridisciplinaire par secteur et par filière, dans les phases de la recherche, la définition et l'application du projet de développement. Ceci grâce à l'utilisation des sources et ressources existantes dans les pays et avec la collaboration d'organismes nationaux (Instituts pour la Recherche, Universités, Ministères concernés). Le produit technique final permettra aux organisations internationales de définir les objectifs et interventions prioritaires.

- Les ministères, instituts et organisations au niveau national, qui outre la contribution énoncée dans le paragraphe précédent, seront principalement responsables de la réalisation du projet, avec le support technique et la coordination de l'organisme coordonnateur du projet dans son ensemble. Ils seront également presque entièrement responsables des activités éducatives, de sensibilisation et de formation professionnelle des populations aux produits forestiers non ligneux.