Chapitre
1 - Situation mondiale
Table
des matières -
Précédente - Suivante
I. Situation actuelle de l'agriculture - Faits
et chiffres
II. L'agriculture dans le contexte économique
mondial
III. Quelques constats qui s'imposent
I. Situation actuelle de l'agriculture -
Faits et chiffres
1. Production animale et végétale en 1994
2. Pénuries alimentaires et situations
d'urgence
3. Disponibilités, utilisations et stocks
actuels de céréales
4. Assistance extérieure à l'agriculture
5. Flux d'aide alimentaire en 1994/95
6. Cours internationaux des produits agricoles
7. Produits de la pêche: captures,
utilisations, échanges
8. Production et commerce des produits
forestiers
1. Production animale et végétale en 1994
- A l'échelle mondiale, la performance du secteur agricole
et alimentaire mondial est restée terne en 1994, la
production agricole, qui avait stagné en 1993, n'a
augmenté que de 1,8 pour cent.
- Dans les pays développés, la production végétale et
animale, qui avait baissé de 3,8 pour cent en 1993, n'a
remonté que de 0,3 pour cent. Dans l'ensemble des pays
en développement, on estime qu'elle a augmenté de 2,8
pour cent, soit un peu plus que l'année précédente.
- La croissance de la production agricole mondiale en 1994
résulte, au premier chef, du rétablissement
spectaculaire enregistré aux Etats-Unis où la récolte
avait été très mauvaise en 1993. Les conditions de
croissance ayant été presque idéales, les rendements
de la plupart des cultures ont été exceptionnellement
bons. Comme la production animale a elle aussi atteint un
niveau sans précédent, la production agricole a fait un
bond de 16 pour cent.
- En Europe centrale et orientale, ainsi que dans
l'ex-URSS, la production agricole s'est contractée de 16
pour cent en 1994, après plusieurs années de déclin.
L'essentiel de la réduction est imputable aux pays de
l'ex-URSS. En Europe centrale et orientale, on estime à
7 pour cent la baisse de la production; elle a pour cause
principale une sécheresse en Pologne que les progrès
réalisés par d'autres gros producteurs tels que la
Hongrie et la Roumanie n'ont pu compenser.
- La production agricole a aussi nettement baissé en
Australie et, dans une proportion moindre, dans la CE.
- L'augmentation de 2,8 pour cent de la production
végétale et animale des pays en développement
correspond à un accroissement de 0,9 pour cent de la
production par habitant. C'est peu, si l'on se souvient
que la croissance moyenne avait été de 3,3 pour cent
par an pendant les années 80 et de 3,2 pour cent de 1990
à 1993. De plus, les résultats de 1994 ont été très
différents selon les régions: la production agricole
n'a été supérieure à la croissance démographique que
dans la région Amérique latine et Caraïbes et en
Extrême-Orient.
- Le fort taux de croissance enregistré en Amérique
latine et Caraïbes représente un rétablissement par
rapport au net fléchissement de 1993, qui faisait suite
à plusieurs années médiocres. Il est principalement
imputable à l'Argentine et au Brésil, tandis que la
croissance a été modeste au Mexique et négative en
Colombie.
- En Extrême-Orient, le taux de croissance de la
production a diminué en 1994, tout en restant nettement
supérieur à celui de la population. La croissance est
restée dynamique en République populaire de Chine, mais
elle a été nettement inférieure à la moyenne des cinq
années précédentes en raison de conditions
météorologiques défavorables. En Inde, l'année a
été relativement bonne et la croissance, assez
léthargique en 1993, s'est accélérée.
- Au Proche-Orient et en Afrique du Nord, la production
animale et végétale a augmenté de 1,9 pour cent: c'est
mieux qu'en 1993, mais c'est encore insuffisant pour
empêcher une nouvelle baisse de la production par
habitant. La croissance est en grande partie imputable au
Maroc, où la production a fait un bond de quelque 35
pour cent après deux années de grave sécheresse. En
Egypte, on estime que la production a baissé de 2 à 3
pour cent, après cinq ans d'augmentation constante de la
production par habitant. La baisse de 1 pour cent
estimée pour la Turquie fait suite à trois années
consécutives de contraction de la production par
habitant.
- En Afrique subsaharienne, la campagne agricole a de
nouveau été mauvaise: on estime que l'accroissement de
la production végétale et animale n'a pas dépassé 2
pour cent. Ainsi, la tendance à la baisse de la
production agricole par habitant, qui s'était amorcée
au début des années 70 et qui s'était temporairement
arrêtée en 1993, a repris. Si l'on détaille pour les
principaux pays producteurs, 1994 a été une année
plutôt bonne au Nigéria où la production par habitant
est en augmentation depuis 1988, ainsi qu'au Kenya, où
la progression de 7,5 pour cent ne représente toutefois
qu'un rétablissement partiel après les sécheresses
catastrophiques de 1992 et de 1993. On estime que la
production a baissé au Zaïre et a à peine augmenté en
République de Tanzanie.
PRODUCTION
ANIMALE ET VÉGÉTALE, 1991-1994 (variations en pourcentage par
rapport à l'année précédente)
2. Pénuries alimentaires et situations
d'urgence
- Les pénuries continuent à être concentrées en
Afrique, où 15 pays ont actuellement besoin d'une
assistance alimentaire exceptionnelle ou d'urgence.
- L'Afrique australe connaîtra en 1995/96 un gros déficit
céréalier car la récolte a souffert de la sécheresse
dans de nombreux pays. Les précipitations ont été
médiocres au Botswana, au Lesotho, en Namibie,
en Afrique du Sud et dans certaines parties du
Swaziland, de la Zambie et du Zimbabwe. Dans
tous ces pays la récolte sera très inférieure à la
moyenne. Le sud du Malawi et du Mozambique ont
aussi souffert de la sécheresse. Les besoins
d'importation de la sous-région augmenteront de façon
spectaculaire en 1995/96 et des interventions
d'urgence locales seront nécessaires pour secourir
les victimes de la sécheresse. L'Angola sera l'un des
pays tributaire de secours, malgré une certaine
amélioration de la sécurité et un léger accroissement
de la production en 1995.
- Même si les récoltes ont parfois été bonnes, une
assistance d'urgence considérable restera nécessaire en
Afrique de l'Est tout au long de l'année 1995. Au Burundi
et au Rwanda, la production vivrière n'a pas
été pleinement rétablie, en dépit de pluies
abondantes dans certaines zones pendant la première
campagne de 1995 et d'une distribution accrue d'intrants.
Au Rwanda, grâce aux conditions météorologiques
favorables et aux intrants fournis en temps opportun, la
récolte de la deuxième campagne de 1995 a été bien
meilleure que celle de 1994; elle est restée toutefois
nettement inférieure à la moyenne à cause de la
réduction des superficies ensemencées. Au Burundi, la
récolte risque d'être compromise par la reprise des
hostilités et par le climat d'insécurité qui persiste
en maints endroits. Dans les deux pays, de très
nombreuses populations déplacées et vulnérables ont
encore besoin d'une assistance alimentaire d'urgence.
Dans le sud du Soudan, les troubles civils
continuent d'entraver les secours. Après le départ de
l'Opération des Nations Unies en Somalie (ONUSOM),
la détérioration de la sécurité dans ce pays fait
craindre la réapparition des difficultés de
ravitaillement. En Ethiopie et en Ouganda, les
sécheresses localisées ont rendu nécessaires des
secours alimentaires d'urgence. Il faudra continuer à
distribuer de la nourriture en 1995 aux populations les
plus vulnérables d'Erythrée.
- Globalement, les approvisionnements alimentaires sont
satisfaisants en Afrique occidentale et centrale car la
plupart des pays ont engrangé des récoltes supérieures
à la moyenne, voire records. Toutefois, la production et
la distribution des denrées alimentaires continuent
d'être entravées par les troubles civils au Libéria
et en Sierra Leone. On craint également que
les criquets pèlerins, actuellement présents en Mauritanie,
ne se propagent dans le nord-ouest de
l'Afrique. En Afrique centrale, le ravitaillement reste
difficile dans les villes du Zaïre à cause de
l'instabilité économique, de la forte inflation
et des tensions politiques.
- Ailleurs, la poursuite des combats entre factions en Afghanistan
a provoqué de nouveaux déplacements de populations
qui, avec les indigents et les rapatriés, continueront
à avoir besoin d'une aide alimentaire internationale au
cours des prochains mois. En Iraq, la situation
alimentaire et nutritionnelle reste grave, principalement
du fait des difficultés de financement des importations.
Selon le Programme interinstitutions pour les ressources
humanitaires, lancé par les Nations Unies pour 1995/96,
les besoins de ce pays sont énormes et ne pourront être
satisfaits par les seuls programmes d'assistance
humanitaire.
- Au Cambodge, la faim met en danger un grand nombre
de personnes vulnérables dans les zones les plus gravement
frappées d'abord par la sécheresse, puis par les
inondations de 1994. En Mongolie, où la récolte
avait été mauvaise en 1994, les difficultés de
ravitaillement alimentaire risquent de s'aggraver
jusqu'à la soudure du mois de septembre. Au Népal, on
signale que le ravitaillement est très difficile dans
les zones frappées par la sécheresse en 1994.
- En Haïti, la situation alimentaire s'améliore,
mais une assistance économique est nécessaire pour
assurer l'approvisionnement en intrants agricoles,
notamment en semences de céréales secondaires et de
haricots pour la deuxième campagne.
- En Bosnie-Herzégovine, toute la population de la
zone de combat de Bihac souffre d'une très grave
pénurie alimentaire et des secours sont indispensables.
A Sarajevo, où la livraison de l'aide alimentaire est
extrêmement difficile, le prix des vivres sur le marché
est prohibitif pour une grande partie de la population.
- En Arménie, le ravitaillement et les conditions
de vie des citadins se sont améliorés en l'espace d'un
an mais restent difficiles. En Azerbaïdjan et en Géorgie,
le manque de devises et les bouleversements
commerciaux dus aux combats en Tchétchénie ont limité
les importations de denrées alimenta taires.
- En République de Moldova, les approvisionnements
en céréales, que la mauvaise récolte de l'an dernier
avait rendus difficiles, se sont améliorés, mais les
groupes vulnérables ont encore besoin d'une assistance
alimentaire.
- Au Tadjikistan, les disponibilités céréalières
sont précaires. La production intérieure est faible et
les importations sont très limitées par le manque de
devises et de marchandises à offrir en contrepartie. Au
Kirghizistan, faute de disponibilités budgétaires,
une quantité importante d'aide alimentaire sera
nécessaire.
PÉNURIES
ALIENTAIRES-EXIGEANT UNE ASSISTANCE EXCEPTIONNELLE
3. Disponibilités, utilisations et stocks
actuels de céréales
- On estime que la production céréalière mondiale, qui
avait baissé en 1993, a remonté de 3 pour cent en 1994,
dépassant les 1 953 millions de tonnes, soit plus que la
moyenne des cinq dernières années. Mais cette reprise
est en majeure partie imputable au redressement de la
production de céréales secondaires, notamment aux
Etats-Unis. Les récoltes de riz, elles aussi, ont
beaucoup remonté en 1994, en revanche la production de
blé a pour sa part nettement diminué, surtout du fait
des pays développés, en particulier de l'Australie et
de la Communautés des Etats indépendants (CEI).
- A la fin des campagnes agricoles qui s'achèveront en
1995, les stocks céréaliers mondiaux, en baisse pour la
deuxième année consécutive, devraient s'établir à
311 millions de tonnes. Ils ne représenteraient alors
que 17 pour cent de la consommation tendancielle, soit le
point le plus bas de la fourchette que le Secrétariat de
la FAO estime nécessaire pour assurer la sécurité
alimentaire mondiale. Ce sont les stocks de blé qui
diminueront le plus, surtout ceux des principaux pays
exportateurs. Les stocks de riz se contracteront aussi,
mais surtout dans les pays en développement, car la
croissance de la production mondiale n'a pas suivi les
besoins de la consommation. Pour les céréales
secondaires, les stocks, très bas en début de campagne,
remonteront grâce à l'accroissement de la production
aux Etats-Unis.
- Les premières estimations pour 1995 indiquent un certain
rétablissement pour le blé et une réduction pour les
céréales secondaires. Selon les prévisions actuelles,
la production de blé, en hausse d'environ 4 pour cent,
devrait atteindre 550 millions de tonnes; l'accroissement
viendrait principalement de pays développés comme
l'Australie et la CE. La production totale de blé des
pays en développement devrait aussi augmenter,
particulièrement en Asie. Toutefois, elle diminuera en
Afrique à cause de la sécheresse qui a frappé le
Maroc. Pour les céréales secondaires, les premières
estimations indiquent que la production tombera à
environ 840 millions de tonnes, soit une baisse de 5 pour
cent. La réduction sera concentrée pour l'essentiel
dans les pays développés (surtout Etats-Unis, CEI et
Afrique du Sud), tandis que, dans les pays en
développement, la production devrait augmenter et
dépasser de peu le niveau supérieur à la moyenne de
l'an dernier.
- Pour 1995/96, on prévoit que même dans l'hypothèse
d'une autre bonne récolte de paddy, l'équilibre entre
l'offre et la demande mondiales de céréales sera encore
plus tendu et le ratio stocks/consommation pourrait même
tomber en dessous de la fourchette de sécurité. Les
stocks de blé aussi bien que de céréales secondaires
s'amenuiseront encore, même si, comme on le prévoit, la
consommation mondiale n'augmente pas par rapport à
1994/95 et reste inférieure au niveau tendanciel. La
situation risque d'être encore plus critique si les
stocks de report de blé, comme on le craint, tombent
autour du chiffre prévu de 106 millions de tonnes, un
niveau auquel ils ne sont pas descendus depuis le début
des années 80.
TENDANCES
DE L'OFFRE ET DE L'UTILISATION DE CÉRÉALES (riz converti en riz
usiné inclus)
STOCKS
CÉRÉALIERS DE REPORT, 1990-1995 (totalité des récoltes en fin
de campagne de l'année)
4. Assistance extérieure à l'agriculture
- L'assistance extérieure à l'agriculture tend depuis
quelques années à diminuer, tant en valeur absolue
qu'en pourcentage de l'aide publique au développement.
Aux prix constants de 1990, les engagements en faveur de
l'agriculture, qui atteignaient 12 700 millions de
dollars en 1990, sont tombés, en 1993, à 9 882 millions
(sans compter les engagements des Etats-Unis de 1993 qui,
en 1992, s'élevaient à 506 millions de dollars). La
baisse a été beaucoup moins marquée pour l'assistance
bilatérale que pour l'assistance multilatérale: cette
dernière est tombée (en prix constants) de 8071
millions de dollars en 1990 au niveau estimatif de 5 716
millions en 1993. Les engagements de l'Association
internationale de développement (AID), qui est le
guichet de la Banque mondiale accordant des prêts à des
conditions de faveur, ont été réduits de moitié,
tandis que ceux des banques de développement régionales
ont été coupés de près des deux tiers.
- Selon les premières estimations pour 1994, les
engagements multilatéraux auraient de nouveau diminué,
tombant à 5 716 millions de dollars (prix de 1990)
principalement à cause de la réduction des engagements
des banques régionales de développement. Ceux de la
Banque mondiale devraient augmenter un peu, grâce au
rétablissement partiel des engagements de l'AID qui
avaient été sérieusement amputés l'année
précédente.
- La tendance à la baisse de l'assistance extérieure au
secteur agricole est très préoccupante à un moment où
beaucoup de pays à bas revenu, dont l'économie repose
sur l'agriculture, ont de plus en plus de mal à
exploiter leur potentiel agricole pour soutenir leur
effort général de développement, lutter contre le
pauvreté et assurer la sécurité alimentaire.
ENGAGEMENTS
AU TITRE DE L'ASSISTANCE EXTÉRIEURE À L'AGRICULTURE. (prix
constants de 1990)
5.
Flux d'aide alimentaire en 1994/95
- On estime les expéditions d'aide céréalière à 9,8
millions de tonnes pour 1994/95 (juillet/juin), soit 20
pour cent de moins que les 12,6 millions de tonnes de
l'année précédente et 35 pour cent de moins que les
15,1 millions de tonnes de 1992/93; cette baisse est due
pour l'essentiel à la réduction des crédits
budgétaires affectés par les donateurs à l'aide
alimentaire. L'aide céréalière prévue dans la
nouvelle Convention relative à l'aide alimentaire, qui a
pris effet le 30 juin 1995, a été ramenée de 7,5 à
5,4 millions de tonnes. La réduction draconienne des
engagements minima donne à craindre que cette tendance
ne se maintienne.
- Bien que le groupe des pays à faible revenu et à
déficit vivrier (PFRDV) compte désormais 12 pays de
plus (tous situés en Europe centrale et orientale et en
ex-URSS), l'Afrique subsaharienne reste la principale
bénéficiaire de l'aide céréalière et elle absorbe
plus de 40 pour cent des expéditions totales à
destination des PFRDV.
- En plus des céréales, les donateurs fournissent des
quantités toujours croissantes d'autres produits plus
onéreux, notamment des huiles végétales, des légumes
secs, des produits laitiers, de la viande, ou du poisson.
En 1993,1,9 million de tonnes de ces produits ont été
expédiées, contre 1,6 million de tonnes en 1994.
- En mars 1995, les promesses de contribution à la
Réserve alimentaire internationale d'urgence (RAIU) pour
l'année en cours s'élevaient à 280 288 tonnes de
produits alimentaires. Pour 1994, les promesses de
contributions avaient atteint 1 185 733 tonnes, dont 927
639 tonnes de céréales et 258 094 tonnes d'autres
denrées.
- A côté des contributions à la RAIU, les engagements
reçus au premier trimestre de 1995 par le Programme
alimentaire mondial (PAM) au titre des ressources
ordinaires destinées aux interventions prolongées en
faveur de réfugiés et de personnes déplacées (IPR),
se chiffraient à 260 196 tonnes de denrées
céréalières ou autres. Or, en 1994, les contributions
aux IPR s'étaient élevées à691 976 tonnes pour les
céréales et à 89 142 tonnes pour les autres produits.
- Toujours en mars 1995, les annonces de contribution de 30
donateurs aux ressources ordinaires du PAM pour
l'exercice 1995-1996 se chiffraient à un total de 288,8
millions de dollars, soit 19 pour cent de l'objectif (qui
avait été évalué à1,5 milliard). Sur ce total, 181,7
millions devaient être fournis sous forme de produits et
107,1 millions en espèces. A titre de comparaison,
pendant l'exercice, 1993-1994, les contributions de 61
donateurs s'étaient élevé à un total de 988 millions
de dollars, soit près de 66 pour cent de l'objectif de
1,5 milliard. Les contributions en produits
représentaient 641,4 millions de dollars et les
contributions en espèces 346,6 millions.
AIDE
ALIMENTAIRE EN CÉRÉALES (équivalent grain)
6. Cours internationaux des produits
agricoles
- Les prix à l'exportation du blé ont beaucoup
augmenté en 1994/95, confirmant la contraction du
marché. Ceux du mais se sont aussi raffermis pendant les
premiers mois de 1995, principalement en raison de
conditions météorologiques défavorables à l'époque
des semailles en Amérique du Nord. Les cours mondiaux du
riz ont été relativement faibles pendant le deuxième
semestre de 1994, mais se sont relevés au début de 1995
à cause de la forte augmentation de la demande
d'importation du Bangladesh, de la Chine et de
l'Indonésie. C'est le prix des qualités inférieures
qui a augmenté le plus, en partie parce que la Chine,
habituellement exportatrice, a été absente du marché
international et que les offres du Pakistan et du Viet
Nam ont diminué.
- Les prix des matières grasses avaient atteint des
niveaux records à la fin de 1994 car l'offre était
alors limitée. Ils sont restés élevés jusqu'en mars
1995 où une baisse s'est amorcée. Elle pourrait se
poursuivre jusqu'à la fin de la campagne parce que la
récolte a été abondante et que les stocks mondiaux ont
été en grande partie reconstitués. L'offre de farine
et de tourteaux d'oléagineux dépasse de loin
la demande et leur prix a beaucoup baissé depuis octobre
1994. L'indice FAO du cours international de ces
produits, d'octobre 1994 à mai 1995, était inférieur
de 7 pour cent au niveau moyen de 1990-1994.
- La contraction de l'offre de sucre en 1994, qui n'avait
jamais été aussi basse depuis six ans, a provoqué
une forte hausse des prix pendant l'année (cours journalier
de l'Organisation internationale du sucre). Au
premier trimestre de 1995, les prix ont atteint un niveau
sans précédent depuis cinq ans. Ils se sont ensuite
affaiblis car la production a remonté dans plusieurs
pays producteurs importants et on prévoit des récoltes
beaucoup plus abondantes pour la campagne 1995/96.
- En 1994, les cours mondiaux du café ont fluctué sous le
triple effet du resserrement de l'offre, des gelées qui
ont ravagé la récolte au Brésil et de la spéculation.
Les prix ont flambé en septembre 1994, atteignant trois
fois le niveau moyen de 1993, pour retomber à quelque 3
000 dollars la tonne en fin d'année. Pendant les
premiers mois de 1995, le marché s'est stabilisé et les
prix ont tourné aux environs de 3 200 à 3 500 dollars
la tonne.
- Le prix du cacao, qui avait beaucoup augmenté en 1994,
est resté pendant les quatre premiers mois de 1995 à un
niveau sans précédent depuis cinq ans. En effet, une
consommation supérieure à la production depuis 1992/ 93
a tendu le marché. Les prix ont toutefois baissé en
1995 lorsqu'on a appris en fin de campagne que le
déficit de l'offre pour 1994/95 était inférieur aux
prévisions, grâce à l'augmentation de la production en
Côte d'lvoire et au Ghana.
- Les cours mondiaux du thé, déprimés en 1993, ont
encore baissé en 1994 et cette tendance s'est poursuivie
pendant les quatre premiers mois de 1995. Ce marasme
tient au déséquilibre du marché mondial: l'offre à
l'exportation est en effet supérieure à la demande
d'importation.
- Le cours mondial du coton a atteint un niveau record au
début de 1995. Le raffermissement de la demande, joint
à une baisse de production dans de nombreux pays, a
entraîné une nette réduction des stocks en 1994 et au
début de 1995. En conséquence, en avril 1995, les prix
étaient remontés de 20 pour cent par rapport au début
de l'année et de 35 pour cent par rapport à avril 1994.
PRIX
À L'EXPORTATION DE CERTAINS PRODUITS. 1991-1994 (dollars/tonne)
7. Produits de la pêche: captures,
utilisations, échanges
- En 1993, la capture et l'aquaculture mondiales de poissons,
de crustacés et de mollusques ont atteint quelque
101,4 millions de tonnes, contre 98,8 millions en 1992.
Ces dernières années, la production des pêches
maritimes et continentales a un peu diminué tandis que
celle de l'aquaculture a augmenté pour atteindre 15,9
millions de tonnes en 1993 (production végétale
exclue).
- Parmi les principaux producteurs, la production de la
Chine et du Pérou a beaucoup augmenté en 1993 tandis
que celle du Chili et de la Fédération de Russie a
baissé.
- Depuis 1993, les captures de poissons de
mer augmentent notamment grâce à quatre espèces
pélagiques vivant en bancs, et du lieu de l'Alaska. En
revanche, les captures de morue, de merlu et d'églefin
baissent réqulièrement, sauf dans l'Atlantique Nord-Est
où les captures de ce dernier continuent d'augmenter
depuis 1991.
- Beaucoup de stocks très exploités doivent être
reconstitués d'urgence et il faudra pour cela réduire
l'effort de pêche. Plusieurs Etats se sont déjà
attaqués au problème de la surcapacité des flottilles
de pêche en lançant des programmes de mise au rebut ou
de retrait de navires. Pour reconstituer efficacement les
stocks et accroître la productivité à long terme, la
réduction de l'effort de pêche implique la réduction
à court terme des quantités de produits débarqués.
- La production des pêches continentales a
régulièrement augmenté jusqu'en 1990, où elle a
atteint le chiffre record d'environ 6,5 millions de
tonnes, pour se stabiliser ensuite à un niveau
légèrement inférieur. En 1992, l'Asie assurait 54 pour
cent des captures de la pêche continentale et l'Afrique,
25 pour cent. Presque toutes les eaux intérieures
présentent des symptômes de surexploitation.
- La production de l'aquaculture en eaux
intérieures (9 millions de tonnes en 1992) dépasse
celle de l'aquaculture marine (4,9 millions de tonnes
pour la même année) mais toutes deux augmentent
d'environ 2 millions de tonnes par an. La production est
concentrée dans les pays en développement et
principalement en Asie qui tenait de loin la tête en
1992 avec 84 pour cent de la production aquacole
mondiale.
- En ce qui concerne l'utilisation des captures mondiales,
on estime qu'en 1993 le volume de produits de la pêche
destinés à la consommation humaine directe a augmenté
de 1,7 pour cent pour atteindre 72,4 millions de tonnes.
- Le commerce international de produits de la pêche a
augmenté de 1,8 pour cent entre 1992 et 1993; la valeur
totale des exportations dépasse 41 milliards de dollars
EU. La part des pays en développement dans les
exportations mondiales des produits de la pêche a
augmenté de 8,4 pour cent pour atteindre 21 milliards de
dollars.
- En 1993, les pays en développement n'exportaient que
32,6 pour cent de leurs captures (contre 55,6 pour cent
pour les pays développés), mais leur balance
commerciale, dans le secteur de la pêche, est de plus en
plus positive puisqu'elle accusait, cette année-là, un
excédent de 13,4 milliards de dollars.
- La Thaïlande est devenue le premier exportateur mondial
de produits de la pêche, devant les Etats-Unis. Les
exportations totales de ce pays s'élevaient à 3,4
milliards de dollars en 1993, soit 11 pour cent de plus
qu'en 1992. Le Japon est resté le premier importateur
mondial. En 1993, il a importé pour 14,2 milliards de
produits de la pêche, soit 32 pour cent (en valeur) des
importations mondiales.
PÊCHE:
CAPTURES, UTILISATION, ÉCHANGES
ÉCHANGES
8. Production et commerce des produits
forestiers
- La production mondiale de bois rond a beaucoup
augmenté en 1994, pour atteindre 3 460 millions de m³.
Elle n'est toutefois pas remontée au niveau record de
1990 parce que la production est restée déprimée dans
les pays d'Europe centrale et orientale et de l'ex-URSS.
La production de bois d'oeuvre et d'industrie a bien
remonté dans les pays de l'Organisation de coopération
et de développement économiques (OCDE) et a continué
de progresser dans les pays en développement. La
production mondiale de bois d'oeuvre et d'industrie de
1994 est estimée à 1 555 millions de m³, soit 6 pour
cent de moins que celle de 1990. Dans les pays en
développement, où la pression démographique s'accroît
et où les communautés rurales continuent d'utiliser le
bois comme principale source d'énergie, la production de
bois de feu, qui représente 80 pour cent des quantités
enlevées dans ces pays n'a cessé d'augmenter.
- Les prix ont flambé en 1993 sur le marché
nord-américain des grumes car les coupes ont été
limitées dans le nord-ouest des Etats-Unis. Ils sont
retombés à des niveaux plus normaux après qu'un
tribunal fédéral eut, à la mi-1994, levé
provisoirement cette interdiction dans les forêts
protégées du Nord-Ouest appartenant au patrimoine
fédéral. L'offre de grumes de bois tropicaux a diminué
parce que plusieurs gros producteurs d'Asie ont introduit
des restrictions en matière de protection de
l'environnement et d'aménagement durable. Ces mesures
continuent d'exercer une pression à la hausse sur les
prix de tous les produits issus des bois tropicaux.
Plusieurs pays consommateurs ont commencé àremplacer
ces derniers par des bois des forêts tempérées, ce qui
a favorisé les exportations de pays tels que le Chili et
la Nouvelle-Zélande aux dépens du vaste marché
asiatique.
- La production de pâte de bois s'est nettement
rétablie en 1994 car la demande de l'industrie
papetière a été stimulée par les marchés florissants
de l'Union européenne et de l'Amérique du Nord. Pour ce
qui est du bois à pâte et des copeaux, les échanges et
les prix, déprimés en 1993, ont très sensiblement
remonté.
- La production mondiale de sciages, déprimée en 1993, a
un peu repris en 1994, surtout en Amérique du Nord, dans
l'Union européenne et surtout dans les pays scandinaves.
Les prix de sciages de résineux se sont un peu tassés
en dessous du niveau record en 1993, mais restent
élevés. La production a encore beaucoup baissé dans
les pays d'Europe centrale et orientale et dans
l'ex-URSS, sauf dans les Etats baltes. Dans la
Fédération de Russie, la production de sciages de
résineux est tombée à 9 millions de m³, soit 35 pour
cent de moins que le niveau déjà bas de 1993.
- La production de sciages tropicaux a continué
d'augmenter lentement en 1994; une part accrue a été
utilisée sur place, car les pays producteurs s'efforcent
de transformer eux-mêmes une plus grande partie de leur
production.
- La production mondiale de panneaux dérivés du bois a
encore augmenté de 4 pour cent en 1994. La croissance a
été particulièrement forte dans les pays tropicaux en
développement où la production de contreplaqués
augmente très vite depuis 10 ans grâce au
développement d'industries dynamiques tournées vers
l'exportation dans les pays de l'Asie du Sud-Est tels que
l'Indonésie et la Malaisie.
- La production mondiale de papier et carton, en
hausse depuis 10 ans, a encore augmenté de 5 pour cent
en 1994. Une progression notable a été enregistrée
dans l'Union européenne (+ 8,5 pour cent) en Amérique
du Nord (+ 4,5 pour cent) et dans les pays d'Asie du
Sud-Est, tandis que la production a continué de baisser
dans les pays de l'ex-URSS et dans certains pays d'Europe
orientale. La demande de certaines qualités de papier a
été si soutenue que les prix, après avoir beaucoup
baissé en 1993, ont dépassé les anciens niveaux
records.
- Après cinq ans de stagnation, la production mondiale de
pâte de bois a bien repris en 1994 (+ 5 pour
cent). En effet, l'offre de vieux papiers s'est
contractée et leur prix a quintuplé en 1994. Les
considérations d'environnement ont beaucoup freiné
l'expansion du potentiel de production de pâte de bois
dans les pays développés: les cours mondiaux de la
pâte de bois ont commencé à monter en flèche vers la
fin de 1994 et ont retrouvé leur niveau record de 1990,
tandis que les stocks internationaux s'effondraient.
- · La valeur des échanges mondiaux de produits
forestiers, qui avait fléchi en 1993, a augmenté
globalement de quelque 5 pour cent en 1994 parce que les
prix à l'exportation de la pâte et du papier ont
beaucoup remonté et que les volumes exportés ont
augmenté partout. En outre, les prix à l'exportation
des grumes, des sciages et des panneaux sont restés
élevés. D'une manière générale, le volume des
échanges est en augmentation pour tous les produits
forestiers, sauf pour les grumes et les sciages
tropicaux.
PRINCIPAUX
PRODUITS FORESTIERS (production en millions de m³)
VALEUR
DES EXPORTATIONS DES PRINCIPAUX PRODUITS FORESTIERS (en milliards
de dollars EU)
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