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TABLEAU 7A
Composition des exportations par grandes catégories de produits (pourcentage de la valeur totale des exportations)

Pays Produits alimentaires Matières premières agricoles
1970 1990 1970 1990
Cap-Vert 80,6 83,32 1,9 -
Gambie 99,8 87,36 0,2 1,66
Lesotho ... ... ... ...
Djibouti ... ... ... ...
Mozambique 57,2 65,77 23,1 4,07
Guinée-Bissau ... ... ... ...
Somalie 85,5 85,63 8,2 11,13
Comores 69,3 71,07 0,4 1,67
Sierra Leone 16,4 31,17 0,7 0,57
Ethiopie 85,9 77,26 10,7 16,86
Burkina Faso 67,9 24,56 27,6 43,26
Togo 67,2 22,17 2,2 16,27
Sénégal 64,8 45,67 4,1 2,67
Bénin 70,9 61,82 18,3 25,02
Rwanda 60,7 79,5 3,2 11,0
Mali 64,8 22,6 23,9 65,8
Mauritanie 8,3 64,35 2,5 0,2
Haïti 51,7 21,77 5,8 1,07
Nicaragua 56,8 73,44 23,8 13,84
République dominicaine 87,8 22,0 0,1 0,5
Samoa 94,4 89,17 1,0 3,47
Bangladesh 9,81 15,07 26,41 7,77
Cambodge ... ... ... ...
Afghanistan 36,1 23,96 35,8 16,06
Népal 28,61 22,17 39,81 11,67
Laos 5,5 30,92 27,6 38,62
Sri Lanka 72,6 34,0 25,3 8,6
Maldives ... ... ... ...
Egypte 21,3 8,97 46,3 11,47
Yémen 82,7 50,04 7,6 6,24
Soudan 24.6 38,7 74,6 58,4

1 Donnée enregistrée 1975
2 Donnée enregistrée 1980
3 Donnée enregistrée 1985
4 Donnée enregistrée 1986
5 Donnée enregistrée 1987
6 Donnée enregistrée 1988
7
Donnée enregistrée 1989

TABLEAU 7B
Composition des exportations par grandes catégories de produits (pourcentage de la valeur totale des exportations)

Pays Combustibles Minerais et métaux Articles manufacturés
1970 1990 1970 1990 1970 1990
Cap-Vert - - 11,0 2,86 6,5 11,16
Gambie - - - - - 10,26
Lesotho ... ... ... ... ... ...
Djibouti ... ... ... ... ... ...
Mozambique 8,1 0,17 2,1 12,17 9,5 17,57
Guinée-Bissau ... ... ... ... ... ...
Somalie - 0,23 0,1 0,23 4,9 1,93
Comores - - - 0,87 30,2 26,67
Sierra Leone 2,6 3,57 18,9 43,47 60,8 20,67
Ethiopie 1,2 3,06 0,6 0,26 1,6 2,76
Burkina Faso - - 0,1 0,26 4,4 7,36
Togo - - 24,9 53,47 5,7 7,17
Sénégal 2,9 18,67 9,3 7,07 18,8 25,97
Bénin 0,2 4,22 0,1 1,12 10,6 3,42
Rwanda - - 35,0 1,4 - 1,5
Mali 0,1 0,1 0,7 0,1 9,6 6,8
Mauritanie 0,1 3,95 88,3 31,21 0,8 0,45
Haïti - - 16,9 1,07 23,7 71,97
Nicaragua 0,1 1,0 3,2 1,34 16,0 7,34
République dominicaine - - 7,5 1,5 3,6 70,4
Samoa - - - - 1,3  
Bangladesh - 1,27 - - 63,61 75,27
Cambodge ... ... ... ... ... ...
Afghanistan 16,9 42,96 - - 10,9 17,16
Népal - - - - 37,71 65,87
Laos - - 36,1 22,52 30,8 7,62
Sri Lanka - 6,2 0,7 1,5 1,4 49,3
Maldives ... ... ... ... ... ...
Egypte 4,83 0,57 0,6 10,27 27,1 39,07
Yémen - 6,24 9,5 1,4 0,1 33,64
Soudan 0,4 0,4 0,4 0,3 0,1 1,3

Source: CNUCED, Manuel de statistiques du commerce international et du développement, 1493

TABLEAU 8
Part des principales denrées d'exportation dans les exportations agricoles totales

Pays 1961 1970 1980 1992 Produits
Cap-Vert ... ... ... ... ...
Gambie 85,5 47,9 54,7 23,2 Arachides
Lesotho 50,5 63,8 35,1 26,9 Bovins, laine
Djibouti ... ... ... ... ...
Mozambique 28,7 20,3 34,8 ... Coton, noix de cajou
Guinée-Bissau 33,2 70,0 29,2 38,4 Arachides, noix de cajou
Somalie 49,2 29,2 27,8 20,4 Bananes, bovins, caprins
Comores 59,9 45,8 81,2 93,9 Vanille, clous de girofle
Sierra Leone 50,8 43,0 45,7 17,2 Palmistes, café
Ethiopie 58,6 64,4 69,6 55,2 Café
Burkina Faso 57,8 23,2 49,8 70,8 Coton, bovins
Togo 35,3 60,4 50,2 62,9 Fèves de cacao, coton
Sénégal 43,6 46,0 28,0 ... Huile d'arachide
Bénin 15,7 19,9 26,0 71,6 Huile de palme, cacao, coton
Rwanda 85,6 87,5 66,8 58,4 Café
Mali 28,5 44,3 41,6 60,0 Bovins, coton
Mauritanie 50,9 33,0 46,9 74,3 Bovins, crustacés (frais,
          congelés et séchés)
Haïti 52,7 63,9 80,5 37,7 Café
Nicaragua 32,7 24,1 44,1 23,6 Café, coton
République dominicaine 46,6 55,7 55,6 40,6 Sucre
Samoa ... ... ... ... ...
Bangladesh 84,5 73,1 58,7 33,3 Jute
Cambodge 32,6 16,8 97,6 69,0 Caoutchouc sec, grumes
          (de feuillus)
Afghanistan 24,1 18,2 41,7 41,9 Raisins secs, fourrures, peaux
Népal 18,1 ... 19,7 33,7 Cannes à sucre, jute, lentilles
Laos 32,7 84,6 66,6 41,0 Noix de muscade, sciage, café
Sri Lanka 67,4 58,2 54,9 50,9 Thé
Maldives 100,0 100,0 69,7 ... Copra, poisson
Egypte 81,4 66,3 62,5 12,8 Coton
Yémen 22,1 23,9 33,7 17,4 Café, coton, pastèques
Soudan 52,4 62,5 42,6 31,9 Coton
Total 49,3 49,9 50,5 44,3  

Source: FAO, tableaux par pays, diverses années, Département des politiques économiques et sociales, Rome.

Il importe de distinguer, parmi les produits agricoles d'exportation, ceux qui sont en concurrence avec les produits des pays développés et ceux qui ne le sont pas, car les politiques ne seront pas les mêmes dans un cas et dans l'autre. Selon qu'ils produisent tel ou tel type de produit, les PDV pourront soit chercher à se tailler une plus large part des marchés des pays développés en pratiquant des prix plus compétitifs soit au contraire se contenter de satisfaire la demande de leurs produits agricoles «sans concurrent». En d'autres termes, les pays qui se spécialisent dans des produits inexistants dans les pays développés entrent en compétition entre eux pour gagner des parts sur les marchés des pays développés déjà saturés ou dont les perspectives de croissance à long terme sont limitées. Au contraire, les marchés de plusieurs produits entrant en concurrence avec ceux des pays développés sont plus dynamiques et peuvent profiter de la levée des soutiens et des barrières consécutive au Cycle d'Uruguay.

La distinction entre ces deux types de produits est une tâche difficile, qui frôle parfois l'arbitraire. Nous adopterons ici la définition de J. Riedel qui dénomme «produits pratiquement sans concurrent» les denrées qui proviennent, à plus de 80 pour cent, des pays en développement. Ce sont le cacao, le café, le thé, les bananes, les épices, le copra, l'arachide, l'huile de palme, l'huile de coco, le jute, le caoutchouc naturel, le sisal et la soie.

Le tableau 9 montre que le degré de dépendance à l'égard des exportations de produits «sans concurrent» varie beaucoup selon les PDV. Ces produits représentent plus de 90 pour cent de l'ensemble des exportations agricoles pour certains de ces pays (par exemple le Rwanda, dont toute l'économie repose sur le café ou certains Etats insulaires comme les Comores et le Cap-Vert dont le patrimoine naturel est très limité) tandis que pour d'autres, cette part est négligeable (par exemple les pays exportateurs de coton, tels que l'Egypte, le Mali et le Soudan). Quoi qu'il en soit, la plupart de ces pays cherchent tous à accroître la proportion des exportations en concurrence avec les produits des pays développés. Cette tendance, ainsi qu'une certaine réduction de la dépendance à l'égard de quelques grands produits d'exportation, montre que même les pays les plus pauvres et les moins bien dotés en ressources naturelles commencent à exploiter les possibilités d'une diversification des exportations. Cette diversification devrait faciliter l'expansion et la stabilisation des recettes d'exportation agricole des PDV. Pourtant, ceci n'a pas été le cas car les exportations agricoles des PDV sont restées dans l'ensemble décevantes (tableau 10): cela tient aux conditions désastreuses dans lesquelles ces pays ont démarré leur diversification, à la conjoncture des marchés mondiaux et aux politiques régissant encore le commerce agricole (voir chapitre 3, page 199). Ces pays auront beau accroître leur efficience et diversifier leurs exportations, les gains concrets qu'ils pourront en retirer dépendront de manière décisive des progrès réalisés en matière de libéralisation des échanges et d'accès aux marchés des pays développés.

TABLEAU 9
Pourcentage des produits «sans concurrent» par rapport aux exportations agricoles totales

  1961 1991
Cap-Vert 80,1 95,3
Gambie 85,1 46,4
Lesotho 0,0 0,0
Djibouti ... ...
Mozambique 30,8 15,2
Guinée-Bissau 71,2 1,2
Somalie 50,8 8,7
Comores 100,0 100,0
Sierra Leone 25,5 87,5
Ethiopie 62,8 56,9
Burkina Faso 0,0 0,4
Togo 80,2 26,4
Sénégal 43,0 7,6
Bénin 67,5 2,6
Rwanda 85,9 92,7
Mali 30,3 0,1
Mauritanie 0,0 0,0
Haïti 72,3 49,8
Nicaragua 37,4 42,9
République dominicaine 32,1 24,1
Samoa 98,1 26,7
Bangladesh 72,2 87,5
Cambodge 2,9 0,0
Afghanistan 0,0 0,0
Népal 3,3 7,0
Laos 61,0 35,1
Maldives 100,0 0,0
Egypte 0,7 3,7
Yémen 28,0 22,8
Soudan 9,3 2,2

Source: FAO

TABLEAU 10
Indicateurs de l'évolution des exportations agricoles dans certains PDV

  Taux de croissance de l'échange annuel des exportations agricoles Termes nets d'achat des des produits agricoles Pouvoir exportations
  1971 - 1980 1981 -1990 1992 - 1993 1992 - 1993
Afghanistan 5,2 -11,6 107 20
Bangladesh 1,7 0,4 71 56
Sri Lanka 1,8 2,2 54 48
Egypte -4,8 -1,9 30 37
Ethiopie 0,8 1,0 87 31
Mauritanie -1,4 -3,6 125 78
Mozambique -5,4 -8,5 73 16
Sierra Leone -2,2 -2,9 31 12
Soudan 4,4 3,3 50 57
République dominicaine -1,7 -4,3 59 36
Nicaragua 5.6 -0.1 56 27

La dépendance d'importations alimentaires massives peut-elle durer?

Le fait que les PDV soient largement tributaires de leur agriculture et qu'ils financent très difficilement des importations aussi essentielles que leur nourriture, est l'indice de graves problèmes de développement. On a vu également que leur dépendance à l'égard des importations, continue à s'aggraver. Cela implique que les coûts budgétaires vont croissant, que cette dépendance croissante à l'égard de l'étranger se situe sur tous les plans, que toute occasion de développement leur est retirée puisqu'ils ne sont pas en mesure d'importer des biens d'équipement, que leur sécurité alimentaire repose sur une base précaire.

La FAO a récemment dirigé une étude pour chiffrer l'impact des facteurs qui influent sur les importations alimentaires de ces pays. Les résultats de cette étude sont révélateurs, tant par ce qu'ils montrent que par ce qu'ils laissent dans l'ombre: s'ils confirment que les variations des prix à l'importation, du pouvoir d'achat des exportations et surtout de la production intérieure sont des facteurs déterminants pour les importations alimentaires, ils démentent cependant parfois les prévisions ou du moins laissent une grande marge d'incertitude, malgré les techniques économétriques complexes utilisées. En outre, ils révèlent que des facteurs aussi cruciaux que l'évolution des revenus par habitant et des réserves en devises ne semble pas avoir d'effet sur les importations alimentaires. Ces résultats paradoxaux et douteux induisent qu'il existe d'autres facteurs, d'autres causes qu'il faudrait étudier au cas par cas; mais ils suggèrent aussi une remarque d'ordre général: on a observé que les importations alimentaires dans beaucoup de PDV dépassent de loin ce que peuvent financer les exportations; or, une grande part de ce déficit de la balance commerciale est couvert, comme nous l'avons vu plus haut, par l'aide financière ou alimentaire et par d'autres sources plus ou moins précaires comme, par exemple, les versements des émigrés. Il n'est donc pas étonnant que dans bien des cas, les importations soient indépendantes du niveau des exportations, du moins dans le court terme. Les apports considérables, mais irréguliers, de ressources ne provenant pas des exportations expliquent donc en partie pourquoi les importations alimentaires ne semblent guère réagir aux variations de paramètres aussi fondamentaux que les prix à l'importation, les revenus intérieurs ou les réserves de devises.

De telles situations présentent des risques évidents. On peut craindre qu'il ne soit pas possible, à long terme, d'assurer le financement des importations au moyen de ressources qui ne proviennent pas du commerce, car il est alors à la merci de facteurs aussi imprévisibles que les décisions arbitraires des donateurs. La combinaison d'une forte dépendance, sans cesse croissante, à l'égard des importations alimentaires et de modes de financement précaires ou instables risque de conduire à des situations explosives.

La variable qui semble avoir le plus d'effet sur les importations alimentaires des PDV est la production alimentaire intérieure. Cette constatation n'est pas surprenante, mais il faut en tirer les conséquences. Cela signifie, premièrement, que ces pays réussissent, essentiellement grâce aux diverses formes d'assistance extérieure sur lesquelles ils peuvent compter, à importer davantage de vivres quand leur production baisse, même si la conjoncture du marché international ou d'autres paramètres pertinents sont défavorables. Deuxièmement, quand l'offre intérieure augmente, les importations alimentaires diminuent d'autant, ce qui confirme que l'agriculture a un rôle fondamental à jouer pour réduire la dépendance à l'égard de l'assistance extérieure et des importations.

La spécialisation de l'agriculture n'a pas permis à ces pays de se doter d'un fort potentiel d'exportation agricole ni de développer suffisamment leur production vivrière. Pourtant, la plupart n'ont guère d'autre option qu'un développement tiré par l'agriculture, car il leur faudra beaucoup du temps pour diversifier de façon appréciable leur économie et devenir compétitifs dans d'autres secteurs. Quelques-uns toutefois ont un potentiel agricole qui, mis en valeur, doit pouvoir assurer un développement rentable et réduire leur dépendance à l'égard des importations ou accroître leurs recettes d'exportation. La tendance à la diversification des exportations agricoles observée dans un certain nombre de PDV est encourageante à cet égard. En effet le renforcement du potentiel de production de l'agriculture nationale est sans doute le meilleur moyen d'instaurer la sécurité alimentaire et l'autonomie financière en tirant le meilleur parti des possibilités de développement.


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