DIVISION DES INDUSTRIES ET DU COMMERCE DES PRODUITS FORESTIERS, DÉPARTEMENT DES FORÊTS
Pour présenter un tableau de la situation mondiale des ressources en bois destinées à la construction d'habitations les auteurs du présent document doivent tout d'abord évaluer les ressources mondiales en bois ainsi que la part de ces ressources qui pourra être réservée au secteur du logement, puis mettre en lumière les causes et conditions qui facilitent ou compliquent l'approvisionnement en bois destiné au logement.
Une évaluation précise de la situation mondiale des ressources en bois est indispensable si on veut, dans le futur, prendre des mesures valables en faveur de l'utilisation du bois pour le bâtiment et la construction d'habitations. Il est évident qu'une pénurie dans l'avenir encouragera la construction d'habitations dans lesquelles l'emploi du bois sera réduit au minimum et où il ne sera employé que sous les formes les plus efficaces. A l'autre extrême, si les ressources en bois sont susceptibles d'être abondantes, ceci aura pour effet naturel d'encourager l'utilisation du bois dans la construction d'habitations.
La situation mondiale des ressources en bois peut empêcher de faire de telles généralisations, mais il est important de connaître au moins à quel point, entre ces deux extrêmes, se situent les perspectives de l'offre de bois pour le logement afin d'établir des programmes réalistes.
La fourniture de quantités suffisantes et bon marché de bois pourrait contribuer à atténuer les difficultés auxquelles risquent de se heurter les urbanistes, et la mise en valeur des ressources en bois non exploitées pourrait contribuer à activer la croissance des régions retardataires. Il serait possible de répartir d'une manière plus harmonieuse l'implantation des industries et autres activités si, grâce à l'utilisation du bois, le logement était amélioré et développé dans les vastes régions rurales du monde en voie de développement. Par ailleurs, la population mondiale, qui ne cesse de croître, pourrait connaître une nouvelle aggravation de la situation générale du logement s'il n'était pas possible d'accroître en proportion les ressources en bois par une meilleure utilisation des ressources forestières disponibles. La situation des approvisionnements en bois varie considérablement; alors que certains pays pourraient faire un large usage du bois, d'autres devraient se limiter à des usages techniques indispensables et justifiés du point de vue économique, cependant, les uns et les autres feraient un usage rationnel des ressources, qui leur permettrait d'atteindre leurs objectifs en matière de logement et de contribuer au développement économique mondial.
II faut tout d'abord faire une estimation approximative de la capacité probable de production des forêts du monde et de leur niveau de production, mais il est nécessaire aussi de connaître la structure actuelle et la structure future probable de l'utilisation du bois, car il n'est pas possible d'étudier isolément l'utilisation du bois dans la construction.
Un tableau d'ensemble de l'offre de bois ne présente pas beaucoup d'intérêt si on ne le place pas dans une perspective régionale, car la répartition des ressources mondiales est inégale, aussi bien quantitativement que qualitativement. Il en est de même des besoins en bois qui ne correspondent pas toujours aux ressources dans les diverses régions. Il est nécessaire de faire une évaluation dans l'espace pour faire apparaître tout déséquilibre entre l'offre et la demande régionales et mettre en évidence les répercussions sur les échanges internationaux, les prix du bois et l'évolution de l'industrie de transformation du bois dans les différentes régions. Pour leur part, ces facteurs ont une incidence sur les rapports entre les ressources interrégionales de bois et la possibilité de tirer parti du potentiel existant pour couvrir les besoins mondiaux en matière de construction d'habitations.
Les aspects économiques et institutionnels de l'offre de bois mettent en évidence la demande et l'offre présentes et futures probables, ainsi que les possibilités d'utilisation du bois pour la construction d'habitations et à d'autres fins. L'offre de bois et les tendances de la consommation sont étroitement liées aux caractéristiques démographiques et économiques à long terme des différents pays, ainsi qu'aux coûts actuels de la sylviculture, de la production et de la distribution de bois; elles dépendent aussi de leur aptitude à transformer les produits et à créer des ressources supplémentaires. Parmi les autres facteurs économiques importants, il convient de citer les ressources en main-d'uvre, les connaissances techniques, les capitaux, les devises et l'infrastructure, les prix respectifs des diverses sortes de bois, ainsi que des matériaux concurrents et complémentaires autres que le bois, l'emplacement des ressources, les industries et les centres de la demande, ainsi que la structure internationale des échanges. Tous ces facteurs doivent être pris en considération lors d'une analyse de la production effective et de l'offre de bois destiné à la construction de logements.
Les analyses contenues dans la présente étude et qui ne sont pas étayées par des documents de base seront conçues de manière à évaluer le volume de bois qui pourrait servir à la construction d'habitations dans les différentes parties du monde. Les disponibilités seront estimées en se fondant sur l'importance des ressources forestières, leur état de développement et leur capacité de production et en fonction de la possibilité, du point de vue économique, d'accroître et d'intensifier le rendement en bois convenant à la construction, compte tenu de la demande de ces produits.
Les forêts naturelles sont vastes, puisqu'elles occupent près du tiers de la superficie des terres du monde. Cependant, 40 pour cent environ sont improductives en raison de leur faible exploitation économique et de l'absence d'infrastructure industrielle. Dans bien des parties du monde, il existe des forêts qui pourraient être productives mais qui sont difficiles d'accès, ont une composition souvent très hétérogène et contiennent des arbres sans intérêt pour l'industrie: c'est le cas, notamment, sous les tropiques.
Les forêts artificielles ont une superficie insignifiante; elles représentent moins de un pour cent de la superficie totale des terres, mais elles sont importantes pour l'offre de bois en raison de leur productivité élevée. De plus, elles peuvent être créées sur des emplacements choisis pour faire face à la demande en produits finals déterminés.
Les forêts naturelles ont la plupart du temps une croissance plus lente et une productivité économique plus faible que les forêts artificielles, qui peuvent toujours être exploitées d'une manière intensive. Cependant, elles présentent pour la société des avantages qui ne sauraient être sous-estimés. Non seulement elles régularisent l'écoulement des eaux et servent de refuge à la faune et à la flore sauvages mais surtout elles contribuent à la qualité de l'environnement et constituent un terrain de choix pour les loisirs de plein air.
On s'intéresse ici à la production de bois et l'on étudiera seulement les forêts qui sont déjà ou qui sont susceptibles de devenir des sources de bois pour la construction d'habitations. Ces forêts représentent un peu plus de la moitié de la superficie totale des forêts du monde, qui est d'environ 3,7 milliards d'hectares.
FORÊTS NATURELLES
A l'heure actuelle, une partie seulement de la superficie forestière du monde est utilisée. Néanmoins, toute étude doit tenir compte de toutes les forêts susceptibles d'être productives. Le tableau 1 résume les ressources mondiales forestières. Il montre l'énorme richesse forestière de l'Amérique du Nord et de l'Amérique latine ainsi que de l'U.R.S.S. Ces trois régions sont celles qui possèdent le plus gros volume de bois sur pied. L'Afrique possède à peu près la même superficie forestière que l'Amérique du Nord mais guère plus de la moitié du volume sur pied nord-américain. Les types forestiers vont de la savane ouverte, faciès naturel des forêts dégradées d'Afrique, d'Asie et du Pacifique, aux peuplements vierges des grandes forêts de l'Amérique du Nord, de l'Amérique latine et de la Russie.
Un tiers environ des superficies boisées du monde est couvert de conifères, qui occupent surtout les zones tempérées, 45 pour cent des peuplements se situant en Russie et 35 pour cent en Amérique du Nord, tandis que l'Europe et le Pacifique en possèdent au total 7 pour cent. Quant aux forêts de feuillus, les trois quarts se situent sous les tropiques, principalement en Amérique latine, en Afrique occidentale et centrale et dans l'Asie du Sud-Est.
Alors que les conifères représentent moins du tiers de la superficie forestière mondiale, ils alimentent les trois quarts de la production industrielle de bois. L'aire des forêts de conifères coïncide en gros avec les régions où l'on produit et consomme le plus de bois, aussi bien dans l'ensemble que par habitant, surtout pour des usages industriels. En fait, leur proximité des zones fortement peuplées et économiquement avancées a façonné la structure et la nature de la production de bois. Ces zones comprennent l'Amérique du Nord, l'U.R.S.S., l'Europe et le Japon. La partie nord de ces régions est traversée par une large bande de forêt résineuse dense qui y couvre la majeure partie des terres.
Même dans leurs parties fortement peuplées, ces régions ont un boisement important. L'Europe continentale, la partie européenne de l'U.R.S.S., les Etats-Unis et le Japon ont au moins un quart de leur superficie à l'état forestier et leurs forêts mixtes comprennent un grand nombre de conifères.
Les arbres des forêts de conifères sont relativement faciles à exploiter, débarder et transformer, de sorte que la majeure partie des forêts tempérées sont maintenant plus ou moins exploitées, grâce aussi à une vaste infrastructure de routes, de chemins de fer et de canaux. Ces forêts ne sont nullement surexploitées. Elles sont beaucoup mieux pourvues en moyens de production que ne le sont celles de la plupart des autres parties du monde. Leur capacité de production n'a pas encore été épuisée. Il reste encore des zones de vieilles futaies, surtout dans le nord et l'est de l'U.R.S.S. et dans l'ouest de l'Amérique du Nord, qui continuent d'être les grandes réserves de conifères du monde.
En dehors de la zone tempérée de l'hémisphère nord, il y a prédominance de bois feuillus tropicaux qui se trouvent surtout dans les forêts vierges mais celles-ci n'ont guère été exploitées, car elles se trouvent concentrées dans des régions faiblement peuplées qui en sont au premier stade du développement comme par exemple le bassin de l'Amazone, l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique centrale et l'Asie insulaire du Sud-Est.
Les forêts tropicales vierges contiennent une grande diversité d'essences, souvent une centaine, réparties sur une superficie restreinte, qui vont depuis les espèces extrêmement dures, lourdes et à croissance lente, jusqu'aux essences très tendres, légères et à croissance rapide; seules quelques-unes conviennent pour la construction d'habitations. Cette diversité, associée à une grande difficulté d'accès, a entravé leur exploitation.
En dehors des forêts tropicales humides caducifoliées qui contiennent des feuillus de grande valeur, tels que le teck, et dont la superficie est relativement limitée sauf en Asie, la plupart des autres forêts tropicales et subtropicales sont sèches, peu denses, avec un faible volume de bois par hectare, comme dans les zones de savane. La majeure partie de leur bois est de petite dimension et un petit nombre seulement d'essences sont commercialement utilisables, par exemple pour la construction d'habitations en grand. Cependant, la superficie de ces forêts est trop vaste pour qu'on ne cherche pas à les améliorer à condition de disposer des ressources nécessaires en capitaux, en connaissances techniques et en institutions. En Afrique (en dehors de l'ouest), les trois quarts environ de la superficie forestière sont du type clairsemé à faible rendement, et en Amérique latine ainsi qu'en Asie du Sud de vastes régions sont couvertes par de la savane.
TABLEAU 1. - RESSOURCES FORESTIÈRES MONDIALES 1
Indépendamment de leur composition médiocre, une grande partie du monde ne possède que peu de forêts, voire aucune. Il en est ainsi dans la majeure partie de l'Afrique du Nord, de l'Asie de l'Ouest et du Sud et de la Chine. Ces régions qui possèdent le tiers environ de la population mondiale ont donc une production et une consommation de bois très restreintes et un grand besoin de forêts artificielles.
FORÊTS ARTIFICIELLES
La création de forêts artificielles pourrait atténuer la pénurie mondiale de bois, pourtant la majeure partie des plantations ont été faites en dehors des régions les plus dépourvues en ressources. Sur une superficie totale estimée à 80 millions d'hectares de forêts artificielles, 0,5 million d'hectares environ se trouvent en Afrique du Nord et en Asie de l'Ouest.
Le tableau 2 indique la superficie déclarée et la superficie réelle estimée des forêts artificielles. Sur une superficie totale déclarée de près de 34 millions d'hectares, plus de 26 millions se trouvent en Amérique du Nord, en Europe, en Océanie, au Japon et en Afrique méridionale. Nombre de ces plantations sont maintenant en pleine production et assurent par exemple plus de la moitié des besoins en bois de l'Afrique méridionale et de la Nouvelle-Zélande. Cependant, on estime que les superficies non déclarées d'U.R.S.S. et de Chine représentent plus de la moitié du total mondial réel.
TABLEAU 2. - LES PEUPLEMENTS ARTIFICIELS DANS LE MONDE, 1965
|
|
Superficie estimée |
Superficie déclarée |
|||
|
Total |
Conifères |
Autres |
|||
|
Millions d'hectares |
|||||
|
Amérique du Nord |
10,65 |
10,65 |
9,82 |
0,83 |
|
|
Europe |
10 |
7,34 |
4,97 |
2,37 |
|
|
U.R.S.S. |
11 |
- |
- |
- |
|
|
Japon |
7 |
7,09 |
6,38 |
0,71 |
|
|
Océanie (développée) |
0,80 |
0,76 |
0,72 |
0,04 |
|
|
Amérique latine |
1,60 |
1,47 |
0,49 |
0,98 |
|
|
Afrique |
2,4 |
1,76 |
0,68 |
1,08 |
|
|
Asie |
37 |
5,16 |
- |
- |
|
|
|
dont pays à économie centralement planifiée |
31 |
- |
- |
|
|
Monde |
80,4 |
34 |
(23) |
(6) |
|
Dans les régions tropicales, les forêts artificielles sont pour la plupart d'origine récente, mais les conditions y sont particulièrement favorables à une croissance rapide. L'accroissement annuel moyen des plantations de conifères varie de 15 à 30 mètres cubes par hectare, contre 2 à 5 mètres cubes seulement dans les zones tempérées. Il en est de même pour les essences feuillues.
Nombre de plantations consistent en bois à pâte, mais dans les pays en voie de développement elles peuvent représenter une source importante de bois destiné à tous usages, comme au Chili et au Kenya. Dans les plantations faites sous les tropiques, la préférence est maintenant donnée aux conifères, surtout aux pins, probablement en raison de leur utilité pour la construction ou pour la menuiserie aussi bien que pour la fabrication de pâte à papier.
Même si les forêts artificielles fournissent une grande partie de la production de bois à pâte, nombre d'entre elles peuvent être exploitées en rotations de plus longue durée, mais suffisamment rapides pour produire du bois bon marché. Sous les tropiques, où l'accroissement en volume est dix fois supérieur à celui des forêts naturelles non améliorées, ces forêts constituent un atout important car elles contribuent à augmenter les ressources des zones qui manquent de bois. Même si elles ne servent qu'à produire du bois à pâte ou du bois de feu, elles peuvent atténuer la pression exercée sur les forêts naturelles et leur permettre de fournir davantage de bois pour la construction d'habitations.
PRODUCTION DE BOIS
D'après les données statistiques fournies, les forêts du monde fournissent annuellement environ 1,2 milliard de mètres cubes de bois à usage industriel et 900 millions de mètres cubes de bois de feu (tableau 3). D'autres quantités ne figurant pas dans les statistiques sont enlevées des forêts, surtout pour servir de bois de feu, mais aussi pour d'autres usages y compris la construction, en Asie, Afrique et Amérique latine. Presque toute la production de bois d'uvre et d'industrie provient des régions tempérées, à prédominance de conifères, de l'Amérique du Nord, de l'Europe et de l'U.R.S.S.; plus des quatre cinquièmes sont utilisés dans ces régions. Les conifères y représentent 80 pour cent de la production, alors qu'ils comptent pour un peu plus de 30 pour cent seulement dans la production des pays en développement.
Dans les régions développées, 60 pour cent environ de la production de bois d'uvre et d'industrie consiste en grumes de sciage et de déroulage. La proportion atteint 65 pour cent dans les régions en développement.
Le tableau 4 indique l'évolution de la production mondiale de bois au cours des deux dernières décennies. Pendant cette période, la production a augmenté de près de 475 millions de mètres cubes, soit 28 pour cent. Sur cette augmentation, 190 millions de mètres cubes ont été produits dans les pays développés, et près de 290 millions dans les pays en voie de développement. Les deux tiers de l'accroissement en volume dans les régions en voie de développement paraissent être représentés par du bois de feu, mais en fait une grande partie de cette augmentation est due à l'amélioration des statistiques. L'augmentation apparemment modeste des quantités totales produites dans les régions développées s'explique par une diminution appréciable de la production de bois de feu. Ainsi, l'augmentation la production de bois d'uvre et d'industrie a été beaucoup plus forte dans les régions développées, où elle a représenté 300 millions de mètres cubes, soit près des quatre cinquièmes de l'accroissement total mondial, que dans les régions en voie de développement.
L'augmentation absolue de la production de grumes à usage industriel a atteint son maximum en U.R.S.S. Cependant, quantitativement, l'Amérique du Nord reste de loin la principale région puisqu'elle a assuré plus du tiers de la production mondiale.
TABLEAU 3. - PRODUCTION MONDIALE DE BOIS D'UVRE ET D'INDUSTRIE
|
|
Bois d'uvre et d'industrie |
dont: |
Grumes de sciage en pourcentage du total |
|||||
|
Total |
Conifères |
Autres |
Total |
Conifères |
Autres |
|||
|
Millions de m³ ® |
||||||||
|
Amérique du Nord |
412 |
336 |
76 |
266 |
226 |
40 |
65 |
|
|
Europe occidentale |
187 |
138 |
49 |
100 |
77 |
23 |
53 |
|
|
Europe orientale |
57 |
37 |
20 |
33 |
22 |
11 |
58 |
|
|
U.R.S.S. |
289 |
255 |
33 |
156 |
134 |
22 |
54 |
|
|
Japon |
49 |
31 |
18 |
32 |
25 |
7 |
65 |
|
|
Océanie (développée) |
18 |
9 |
9 |
14 |
7 |
7 |
78 |
|
|
TOTAL PAYS DÉVELOPPÉS |
1 012 |
807 |
205 |
601 |
491 |
110 |
59 |
|
|
Amérique latine |
44 |
20 |
24 |
34 |
16 |
18 |
77 |
|
|
|
Amérique centrale |
9,3 |
6,5 |
2,8 |
7,2 |
5,0 |
2,2 |
77 |
|
|
Amérique du Sud septentrionale |
5,3 |
- |
5,3 |
4,3 |
- |
4,3 |
81 |
|
|
Brésil |
21,1 |
10,6 |
10,5 |
17,8 |
9,5 |
8,3 |
84 |
|
|
Amérique du Sud méridionale |
8.4 |
3,4 |
5,0 |
5,0 |
1,5 |
3,5 |
60 |
|
Afrique |
34 |
5 |
29 |
16 |
3 |
13 |
47 |
|
|
|
Afrique du Nord |
0,5 |
0,2 |
0,3 |
0,1 |
0,1 |
- |
20 |
|
|
Afrique de l'Est |
7,4 |
0,6 |
6,8 |
2,3 |
0,6 |
1,7 |
31 |
|
|
Afrique méridionale |
8,8 |
4,2 |
4,6 |
2,5 |
2,1 |
0,4 |
28 |
|
|
Afrique de l'Ouest |
16,6 |
- |
16,6 |
10,8 |
- |
10,8 |
65 |
|
Asie |
107 |
32 |
75 |
72 |
19 |
53 |
67 |
|
|
|
Asie occidentale |
11,9 |
4,5 |
7,4 |
5,1 |
3,5 |
1,6 |
43 |
|
|
Asie du Sud |
10,8 |
1,1 |
9,7 |
5,7 |
0,8 |
4.9 |
53 |
|
|
Asie du Sud-Est et de l'Est |
45,0 |
2,7 |
42,3 |
39,7 |
1,8 |
37,9 |
88 |
|
|
Pays à économie centralement planifiée |
39,3 |
23,9 |
15,4 |
21,8 |
13,1 |
8,7 |
55 |
|
Océanie (en voie de développement) |
0,7 |
0,1 |
0,6 |
0,7 |
0,1 |
0,6 |
100 |
|
|
TOTAL PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT |
185 |
57 |
128 |
123 |
38 |
85 |
66 |
|
|
Monde moins pays à économie centralement planifiée d'Asie |
1 158 |
840 |
318 |
702 |
516 |
186 |
61 |
|
|
Total mondial |
1 197 |
864 |
333 |
724 |
529 |
195 |
60 |
|
En pourcentage, les augmentations les plus importantes de la production de bois d'uvre et d'industrie sont intervenues respectivement en U.R.S.S., en Afrique, en Asie et dans le Pacifique. L'Afrique a enregistré une augmentation de plus de 200 pour cent et elle est suivie de près par l'Asie et le Pacifique. En dépit du taux d'accroissement plus important de la production de bois d'uvre et d'industrie dans les pays en voie de développement, leur part continue à être modeste.
TABLEAU 4. - PRODUCTION MONDIALE DE BOIS - RÉPARTITION ET ÉVOLUTION 1950-52 ET 1967-69
Le tableau 5 indique les changements intervenus entre 1960-62 et 1967-69 dans la structure de la production de bois d'uvre et d'industrie qui, au total, a augmenté au rythme de moins de 2 pour cent par an. Le taux a été plus élevé dans les pays en voie de développement et il a atteint 5 pour cent environ par an. Mais la majeure partie de l'augmentation absolue est intervenue dans les pays développés, qui y ont contribué pour plus de 123 millions de mètres cubes, soit plus des deux tiers de l'augmentation totale. Si la tendance actuelle se poursuit, le monde continuera donc à faire largement appel aux ressources forestières de la zone tempérée pour le bois d'uvre et d'industrie.
Le taux d'accroissement de la production du bois de trituration et des autres bois d'uvre et d'industrie est plus rapide que pour les grumes de sciage. Néanmoins, ces grumes représentent de loin l'élément le plus important (trois cinquièmes du total), et, quantitativement, elles ont enregistré la plus forte augmentation - plus de 70 millions de mètres cubes - au cours de la dernière décennie, la contribution des pays en voie de développement étant appréciable. Dans ces pays, la production des grumes de sciage a marqué une augmentation plus de trois fois supérieure à celle du bois à pâte et des autres bois industriels, tandis que, dans les pays développés, les augmentations ont été à peu près les mêmes pour les grumes de sciage et le bois à pâte et les quantités de bois de mine ont diminué.
Le taux élevé de croissance pour le bois à pâte dans les pays développés signifie qu'une part plus importante des quantités produites consiste en bois de petite dimension. Cela est particulièrement important dans les régions comme l'Europe, où une grande partie de la production supplémentaire doit provenir d'une intensification de la production forestière. La part de plus en plus importante des essences feuillues dans les régions de forêt mixte est également importante à cet égard. Ce phénomène est particulièrement marqué en Europe et au Japon. L'Amérique du Nord et l'U.R.S.S. aussi produisent une plus grande quantité de bois à pâte de feuillus. Dans les pays en voie de développement, cette augmentation n'a pas été nécessairement le résultat d'une intensification de l'utilisation mais a été fondée en grande partie sur l'exportation de bois tropicaux de qualité supérieure, sous forme de grosses grumes. Ceci s'applique tout particulièrement à l'Afrique de l'Ouest et à l'Asie insulaire du Sud-Est où l'augmentation de la production de bois d'uvre et d'industrie a été élevée.
TABLEAU 5. - EVOLUTION DE LA PRODUCTION DU BOIS D'UVRE ET D'INDUSTRIE
ESSENCES PRIMAIRES ET SECONDAIRES
Dans le présent document, il est souvent question des essences dites secondaires. Dans les forêts tropicales, surtout dans les forêts tropicales humides, on trouve une très grande diversité d'essences dont une grande partie n'est pas considérée commercialisable, de sorte qu'on utilise une faible partie seulement de l'accroissement de la production, même dans les forêts relativement accessibles. Il est évident que si le nombre d'essences exploitées était plus important, les ressources en bois actuelles des forêts tropicales augmenteraient; il pourrait être utile d'étudier les causes possibles de ces problèmes et de leur trouver une solution.
Une des premières causes peut résider dans leurs propriétés, telles que la densité, la résistance naturelle (résistance aux insectes), le séchage et leur aptitude à être travaillées. On reproche à beaucoup d'essences leur forte teneur en silice et leur texture entrecroisée, mais ces difficultés sont atténuées par l'usage d'outils de coupe appropriés. La teneur moyenne en lignine des essences tropicales est plus élevée et elle a milité contre leur emploi pour la fabrication de pâte, mais l'utilisation d'essences feuillues de la zone tempérée s'est accrue considérablement grâce aux innovations techniques, et il semble que les essences tropicales pourraient aussi convenir, en mélanges appropriés, à la fabrication de pâte.
Après des essais appropriés, il a été constaté que plu sieurs essences secondaires pouvaient être utilisées par l'industrie. Cependant, elles n'ont guère été acceptées en raison des goûts des consommateurs. La classification des bois tropicaux en essences primaires et autres a une origine historique. Seules des essences telles que l'acajou véritable, l'acajou blanc, le bois de rose, le teck et le greenhart faisaient l'objet d'une demande en raison de leur résistance, de leur dureté, de leur couleur et de leur texture, et cette structure de l'exploitation continue à dominer dans les forêts tropicales. Cependant, les progrès techniques, combinés avec la pression de la demande et l'épuisement des ressources, ont élargi la gamme des essences utilisées. Les essences les plus utilisées actuellement sont le lauan, le méranti, le seraya, l'okoumé, l'obeche qui servent aussi à la fabrication de panneaux. Le lauan des Philippines et du sud-est de l'Asie représente plus de 60 pour cent des importations de feuillus des Etats-Unis, mais sur les marchés européens il est relativement plus difficile d'introduire de nouvelles essences, car la réputation joue un grand rôle et les acheteurs veulent être certains que ces essences conviennent du point de vue technique et assurés de la continuité des approvisionnements.
Cela ne veut pas dire que la présence de bois commercialisables et non commercialisables dans les forêts tropicales est un mythe. Cependant, une telle classification ne doit pas rester statique, et elle n'est pas non plus applicable dans le monde entier.
Nombre d'essences tropicales secondaires pourraient contribuer à accroître les ressources en bois de construction, à condition d'édifier des installations destinées à leur faire subir les traitements de conservation nécessaires. Les perspectives sont devenues prometteuses dans certaines parties de la Malaisie, qui possède une cinquantaine d'usines de traitement. Des essences feuillues naturellement résistantes, telles que le chengal (Balanocarpus heimii), le balau (Shorea), le resak (Vatica) sont moins utilisées maintenant dans ce pays, et une plus grande quantité de bois feuillus de poids moyen, tels que le kerium (Dipterocarpus) et le kempas (Koompassia malacensis) sont maintenant utilisés après traitement.
Une classification appropriée et le fait que les pays ont de plus en plus tendance à transformer eux-mêmes leur bois contribueraient grandement à accroître l'utilisation de nombreuses essences qui diffèrent entre elles au point de vue propriétés convenant à divers usages dans la construction.
Quelques-unes des essences secondaires sont classées dans cette catégorie parce qu'elles existent surtout en petites dimensions qui ne conviennent pas aujourd'hui aux scieries et aux usines de panneaux. Là aussi, les difficultés pourraient être atténuées si les industries de transformation des régions tropicales pouvaient tirer parti des nouvelles techniques qui sont mieux adaptées aux conditions locales. Même sous forme de bois d'uvre, des produits stratifiés en bois de différentes essences peuvent être adaptés aux diverses exigences, mais cela nécessite un classement approprié par résistance et d'autres perfectionnements, dans le collage notamment. Ainsi, il est possible d'utiliser une plus grande partie des essences dites secondaires. L'expérimentation et l'innovation doivent mettre au point de nouvelles techniques et adapter celles qui existent dans les pays développés. Les pays en voie de développement se sont beaucoup moins intéressés à ces aspects qu'à l'accroissement de la proportion des essences commercialisables dans les peuplements forestiers. Dans certaines régions, il pourrait être plus indiqué de créer des forêts artificielles composées d'essences choisies et d'arbres d'une dimension appropriée, au lieu de compter sur le processus long et souvent coûteux de la régénération naturelle des essences dites primaires.
La structure de l'utilisation du bois dans le monde a subi des changements importants. Tout d'abord, il convient de noter la forte augmentation de la consommation de bois d'uvre et d'industrie qui est passée de 800 millions de mètres cubes en 1960 à 2,2 milliards en 1968. En second lieu, les produits non transformés ont régulièrement cédé la place aux produits transformés et les produits homogènes aux produits reconstitués, tels que les panneaux de particules et de fibres. A ce phénomène, on peut rattacher l'utilisation accrue des essences feuillues pour les sciages, ainsi que pour les produits reconstitués. En troisième lieu, les changements dans le mode d'utilisation du bois sont encore plus spectaculaires et la consommation supplémentaire est davantage concentrée dans les pays économiquement avancés qui enregistrent plus des deux tiers de l'accroissement de la consommation mondiale de bois entre 1960-62 et 1967-69.
La distinction entre les pays développés et les pays en voie de développement est tout aussi utile pour une étude sur les approvisionnements, la consommation et la transformation du bois que pour l'analyse de la croissance industrielle et économique. Les niveaux de revenus, la structure industrielle et les taux d'accroissement démographique (ainsi que, souvent, l'augmentation des revenus individuels) offrent de tels contrastes qu'ils expliquent en grande partie les différences entre l'intensité et les changements du mode d'utilisation du bois.
D'une manière générale, l'Amérique du Nord, l'Europe, L'U.R.S.S., le Japon, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, l'Afrique du Sud et Israël représentent les régions et pays développés. L'Afrique du Sud et Israël, tout en étant classés parmi les pays industriels, ont, pour les besoins de la présente étude, été inclus dans leurs propres régions géographiques. Le reste du monde, y compris les pays d'Amérique latine, d'Afrique et d'Asie, sont considérés comme en voie de développement.
La population des pays en voie de développement représente environ deux tiers de la population mondiale, mais la majeure partie du produit intérieur brut (PIB) mondial provient des pays développés où le pouvoir d'achat est très supérieur au PIB moyen par habitant qui est de l'ordre de 1500 dollars, alors qu'il est inférieur à 150 dollars dans les pays en voie de développement. La classification adoptée aux fins de la présente étude est la suivante:
|
|
Population en millions d'habitants |
% |
|
|
Pays développés |
1 063,6 |
30 |
|
|
CL EC I 1 |
721,7 |
20 |
Amérique du Nord, Europe occidentale, Japon, Océanie |
|
CL EC III |
341,9 |
10 |
Europe orientale, U.R.S.S. |
|
Pays en voie de développement |
2 544,0 |
70 |
|
|
CL EC II |
1 655,3 |
46 |
Amérique latine, Afrique, Asie |
|
CL EC III |
848,7 |
24 |
Asie (continentale) |
|
Monde |
3 567,6 |
100 |
|
1 CL EC I = Pays à économie de marché; CL EC II = Pays en voie de développement; CL EC III = Pays à économie centralement planifiée.
UTILISATION DU BOTS ET CONSTRUCTION D'HABITATIONS
Le tableau 6 montre la structure totale de la consommation mondiale des sciages et des panneaux à base de bois en 1968. Aux fins de comparaison, le tableau 7 donne des renseignements analogues sur l'utilisation des produits à base de bois pour la construction.
Les sciages restent quantitativement la forme de loin la plus importante pour les usages industriels. A l'heure actuelle, les sciages (e.r.) représentent 88 pour cent des produits a base de bois utilisés dans le monde, contre 9 pour cent pour le contre-plaqué (y compris les placages) et 3 pour cent pour les autres panneaux à base de bois, les panneaux de particules et de fibres. Une analyse par régions indique cependant clairement les tendances qui se font jour sous l'effet du développement économique, tendances dans lesquelles l'efficacité croissante des industries utilisatrices et l'augmentation des coûts de main-d'uvre et autres frais influencent le mode d'utilisation.
Dans les régions développées, les sciages représentent 87 pour cent de tous les usages du bois transformé, le contre-plaqué et les placages près de 10 pour cent et les autres panneaux à base de bois 3 pour cent. Cependant, on peut faire une distinction importante lorsqu'on isole l'U.R.S.S., où les sciages représentent 96 pour cent de toutes les utilisations de bois transformé. Ainsi, le mode d'utilisation des produits à base de bois sur les marchés des pays développés s'établit comme suit: 83 pour cent pour les sciages et 17 pour cent pour les panneaux à base de bois. Comme il fallait s'y attendre, l'utilisation des panneaux à base de bois est surtout développée en Amérique du Nord où ils représentent 20 pour cent: de la quantité totale des bois transformés utilisés. En Europe, surtout en raison du développement rapide des panneaux de particules, ils représentent déjà 15 pour cent. Au Japon et dans les pays développés de l'Océanie, les sciages occupent une place encore relativement plus importante et ils représentent 89 pour cent de la quantité totale de bois utilisée.
TABLEAU 6. - SCIAGES ET PANNEAUX - CONSOMMATION TOTALE, 1968
|
|
Sciages |
Contre-plaqués et placages |
Autres panneaux |
Total |
|
Millions de m³ mesure réelle |
||||
|
Amérique du Nord |
108,3 |
17,4 |
7,2 |
132,9 |
|
Europe |
84,1 |
6,2 |
12,6 |
102,9 |
|
U. R. S. S. |
103,1 |
2,1 |
1,9 |
107,1 |
|
Japon |
41,8 |
4,6 |
0,9 |
47,3 |
|
Océanie |
5,6 |
0,2 |
0,5 |
6,3 |
|
TOTAL PAYS DÉVELOPPÉS |
352,9 |
30,5 |
23,1 |
396,5 |
|
Amérique latine |
13,4 |
0,8 |
0,5 |
14,7 |
|
Afrique |
4,2 |
0,3 |
0,2 |
4,7 |
|
Asie (y compris la Chine) |
28,0 |
0,9 |
0,7 |
29,6 |
|
TOTAL PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT |
45,6 |
2,0 |
1,4 |
49,0 |
|
Total mondial |
388,5 |
32,5 |
24,5 |
445,5 |
|
|
Millions de m³ ® |
|||
|
Pays développés |
598,8 |
67,1 |
23,1 |
680,0 |
|
Pays en voie de développement |
86,6 |
4,4 |
2,8 |
93,8 |
|
Total mondial |
676,4 |
71,5 |
25,9 |
773,5 |
Dans les pays en voie de développement, l'utilisation des panneaux à base de bois reste peu importante en rai son des faibles salaires et du niveau peu élevé d'industrialisation. A l'heure actuelle, la consommation de ces panneaux ne représente que 8 pour cent. Les sciages représentent respectivement 88, 90 et 94 pour cent de tous les bois transformés utilisés en Afrique, en Amérique latine et en Asie (y compris la Chine). Cependant., l'insuffisance des données relatives à la consommation ne permet pas de dégager des conclusions utiles, sauf que l'utilisation des produits les plus élaborés à base de bois est plus faible dans cette région.
II est toutefois frappant de noter que 88 pour cent de tout le bois transformé sont consommés par les 30 pour cent de la population mondiale vivant dans les régions développées, même si presque 60 pour cent des forêts mondiales se trouvent dans des régions en voie de développement. Il est incontestable que la répartition des zones forestières est très inégale, surtout dans des pays en voie de développement, mais il n'en reste pas moins vrai que la structure de l'utilisation du bois est surtout déterminée par les possibilités économiques d'acheminer le bois de la forêt et de l'usine jusqu'au consommateur.
TABLEAU 7. - PRODUCTION ET UTILISATION DE BOIS POUR LA CONSTRUCTION RÉSIDENTIELLE, 1968
|
|
Production |
Consommation |
Balance |
|
|
Millions de m³ ® |
||||
|
PAYS DÉVELOPPÉS |
||||
|
|
Sciages résineux |
204,5 |
202,2 |
+ 2,3 |
|
|
Sciages feuillus |
46,1 |
48,2 |
- 2,1 |
|
|
Contre-plaqués et placages |
25,2 |
27,5 |
- 2,3 |
|
|
Autres panneaux de bois |
11,0 |
11, |
-0 |
|
TOTAL |
286,8 |
288,9 |
- 2,1 |
|
|
PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT |
||||
|
Amérique latine |
||||
|
|
Sciages résineux |
6,5 |
6,3 |
+ 0,2 |
|
|
Sciages feuillus |
7,2 |
6,9 |
+ 0,3 |
|
|
Contre-plaqués et placages |
0,7 |
0,7 |
- |
|
|
Autres panneaux de bois |
0,2 |
0,2 |
- |
|
TOTAL |
14,6 |
14,1 |
+ 0,5 |
|
|
Afrique |
||||
|
|
Sciages résineux |
1,4 |
2,3 |
- 0,9 |
|
|
Sciages feuillus |
2,5 |
1,9 |
+ 0,6 |
|
|
Contre-plaqués et placages |
0,2 |
0,2 |
- |
|
|
Autres panneaux de bois |
0,1 |
0,1 |
- |
|
TOTAL |
4,2 |
4,5 |
- 0,3 |
|
|
Asie (y compris la Chine) |
|
|
|
|
|
|
Sciages résineux |
9,8 |
13,7 |
- 3,9 |
|
|
Sciages feuillus |
17,5 |
13,2 |
+ 4,3 |
|
|
Contre-plaqués et placages |
1,8 |
0,7 |
+ 1,1 |
|
|
Autres panneaux de bois |
0,3 |
0,3 |
- |
|
TOTAL |
29,4 |
27,9 |
+ 1,5 |
|
|
PAYS EN VOIE DE DÉVELOPPEMENT |
||||
|
|
Sciages résineux |
17,7 |
22,3 |
- 4,6 |
|
|
Sciages feuillus |
27,2 |
22,0 |
+ 5,2 |
|
|
Contre-plaqués et placages |
2,7 |
1,6 |
+ 1,1 |
|
|
Autres panneaux de bois |
0,6 |
0,6 |
- |
|
TOTAL |
48,2 |
46,5 |
+ 1,7 |
|
|
Monde |
||||
|
|
Sciages résineux |
222,2 |
224,5 |
- |
|
|
Sciages feuillus |
73,3 |
70,2 |
- |
|
|
Contre-plaqués et placages |
27,9 |
29,1 |
- |
|
|
Autres panneaux de bois |
11,6 |
11,6 |
- |
|
Total mondial |
335,0 |
335,4 |
- |
|
II est intéressant de noter, lorsqu'on examine l'utilisation du bois ventilée au tableau 7 (en équivalent de bois rond), que la structure suit de très près la structure générale de l'utilisation du bois, tout au moins dans les régions développées où les pourcentages respectifs de l'utilisation totale des sciages, du contre-plaqué et autres panneaux à base de bois sont de 87 pour cent, 9 pour cent et 4 pour cent. Pour les pays en voie de développement, la proportion des sciages utilisés pour la construction d'habitations est de 96 pour cent, contre 92 pour cent pour l'utilisation totale de bois transformés, mais comme il a déjà été indiqué, ce chiffre n'est peut-être pas très significatif.
Une comparaison des tableaux 6 et 7 permet aussi de conclure que sur la totalité des sciages utilisés, 52 pour cent servent à la construction d'habitations dans les régions développées du monde, contre 52 pour cent dans les pays en voie de développement. Les chiffres respectifs pour le contre-plaqué sont de 45 et 34 pour cent et de 43 et 18 pour cent pour les panneaux à base de bois. A l'échelle mondiale, on arrive aux chiffres suivants: 44 pour cent pour les sciages, 44 pour cent pour le contre-plaqué et 41 pour cent pour les autres panneaux à base de bois. En poussant cette généralisation encore plus loin, on peut dire que 44 pour cent de tous les bois transformés consommés dans le monde servent actuellement à la construction, c'est-à-dire respectivement 43 et 50 pour cent dans les pays développés et en voie de développement, ce qui a représenté en 1967-69 une quantité totale de 335 millions de mètres cubes (en équivalent de bois rond), dont 289 millions dans les pays en voie de développement.
Cette structure de la consommation correspond aux caractéristiques et quantités disponibles des divers produits. D'une manière générale, la consommation de sciages par habitant est liée au PIB par habitant mais le rapport diminue quand le revenu s'élève. Ceci peut être attribué en grande partie à l'influence des panneaux et des matériaux autres que le bois qui remplacent les sciages en raison d'avantages techniques et autres, y compris la facilité de manutention, facteur important étant donné la hausse des coûts de main-d'uvre dans les pays développés.
La demande de panneaux continue à croître rapidement et les avantages que présente leur installation peu coûteuse ne sont pas négligeables dans les pays où l'industrie est très développée, en raison de la faible quantité de main-d'uvre qu'exigent leur fabrication et leur utilisation. Même dans certains pays en voie de développement, les panneaux peuvent devenir populaires pour la construction en raison de la difficulté de trouver sur le marché des sciages et de leurs propriétés supérieures telles que l'homogénéité et la résistance aux parasites. On peut fabriquer, en outre, des panneaux de particules et de fibres avec du bois de qualité inférieure qui ne peut être ou est difficilement transformé en sciages Pour ces raisons, les panneaux épais - panneaux de particules, panneaux lattés et contre-plaqué de feuillus continueront à faire concurrence aux sciages.
BOIS ROND
Par bois rond on entend le bois non transformé, utilisé surtout pour la construction d'habitations rurales, et aussi comme poteaux de mines, perches et clôtures. A la différence des autres produits industriels tirés du bois, la part des pays en voie de développement dans la consommation mondiale est élevée. Comme la majorité de la population vit dans des régions rurales, cette part augmentera vraisemblablement encore pendant longtemps, bien qu'à un rythme plus lent.
Le faible taux d'augmentation de l'utilisation du bois rond pour la construction s'explique par le fait qu'avec l'augmentation des revenus il est progressivement remplacé comme principal matériau de construction par des matériaux transformés et son usage ne persiste que dans les constructions individuelles et traditionnelles. Pour ces utilisations, les poteaux continueront à être un important matériau de construction largement utilisé. Ainsi, la consommation dans les pays en voie de développement, difficile à évaluer en termes absolus, pourra continuer à augmenter pendant longtemps.
Un approvisionnement en produits à base de bois destinés à la construction d'habitations comporte toute une série d'activités qui commencent par la production du bois proprement dit et qui se terminent par sa consommation pour la construction et l'entretien. Entre ces deux extrêmes, il y a les activités telles que l'abattage des arbres et le tronçonnage, les transformations ultérieures, la commercialisation et la distribution. A ces activités participent les propriétaires et exploitants forestiers, les bûcherons, les transporteurs, les scieurs et autres transformateurs du bois, les financiers, les négociants et les entrepreneurs. Dans les pays d'économies de marché, ces activités sont entreprises en grande partie pour en tirer un bénéfice. Dans les pays à économie centralement planifiée, le but est d'obtenir des niveaux déterminés de production aux différents stades de la chaîne, afin que les objectifs fixés pour le produit final soient atteints, mais tout en s'efforçant de réduire au minimum les coûts.
La réduction au minimum des coûts et la maximisation des bénéfices peuvent être deux aspects du même objectif. En effet, l'approvisionnement en bois est justifié par des raisons semblables: le fait de porter au maximum le bien-être des hommes grâce à l'emploi des ressources disponibles revient à exploiter d'une manière efficace les ressources en bois.
RENOUVELLEMENT DES RESSOURCES EN BOIS
Les peuplements d'arbres sont une ressource naturelle renouvelable que l'on peut produire et utiliser indéfiniment. A condition d'être exploitées d'une manière judicieuse, ces ressources sont indéfiniment utilisables, à la différence d'un gisement de minerais et autres matières non renouvelables.
Des unités différentes de bois en tant que matières premières destinées au marché sont disponibles à différentes époques et, bien souvent, il n'y a guère de possibilité de substitution entre les périodes de temps. Autrement dit, les quantités qui n'ont pas été extraites de la forêt dans le passé ne seront pas disponibles dans l'avenir. Le fait que pendant de très longues périodes les forêts vierges ont été négligées n'a pas accru les ressources en bois car il se peut qu'il n'y ait aucune augmentation nette du fait que les vieux arbres ne poussent guère et que l'augmentation brute est annulée par la mortalité et autres pertes lorsque ces forêts atteignent leur équilibre écologique. En conséquence, ces forêts ne peuvent être rendues productives qu'en puisant dans ces ressources pour fournir les quantités de bois nécessaires à la construction d'habitations et à d'autres usages. Les forêts de l'Amazone et de la partie orientale de l'U.R.S.S. constituent plutôt un stock qu'une ressource renouvelable. Elles ne peuvent fournir du bois qu'après avoir été mises en production, mais si elles étaient exploitées comme une mine de charbon, elles ne pourraient pas, en définitive, jouer le rôle caractéristique de ressources renouvelables.
De prime abord, il pourrait sembler que la production de bois doive suivre l'augmentation nette de volume, selon une politique visant à obtenir un rendement soutenu en bois, cependant, une production soutenue toujours identique sur de longues périodes ne convient pas, étant donné les changements incessants de la demande et la pression exercée sur les ressources. Le concept d'un rendement en bois soutenu reste utile en tant que point de départ, mais on pourra s'en écarter avec prudence en tenant compte de l'évolution à long terme des coûts et de la demande.
II ne sert à rien de fixer la production à un niveau qui perpétue l'équilibre physique si on ne le lie pas aux besoins humains. Il faut renforcer le taux de renouvellement en plantant des essences à croissance rapide, en remplaçant les forêts improductives, en régénérant les anciennes forêts par des coupes, et en réduisant des pertes de bois. En d'autres termes, la croissance nette peut être considérablement accrue par une utilisation complète du potentiel des ressources.
Comme il faut beaucoup de temps pour renouveler les ressources en bois, la situation des approvisionnements en bois dans l'avenir lointain semble très incertaine. Cependant, les perspectives de renouvellement permettent à la société d'éviter une pénurie et un épuise ment des ressources.
PRIX D'ACHAT ET RELATIONS DE PRIX
L'utilisation du bois pour la construction d'habitations ne dépend pas seulement du potentiel de ressources en bois. Le coût, ou l'effort, auquel le bois peut être acheté est un facteur de première importance. Si le bois est bon marché, la quantité utilisée sera plus importante. En conséquence, le coût de la production est un facteur essentiel de la situation de l'offre. Il deux éléments principaux dans cela - le coût de la matière première et le coût de la transformation. Le prix du bois - bon marché ou élevé - dépend des conditions dans lesquelles il est abattu et transporté jusqu'aux unités de transformation, ainsi que de l'efficience de la transformation et de la distribution.
Une grande partie des forêts du monde qui pourraient fournir des matières premières pour la construction d'habitations ne sont pas utilisées, en raison de leur accès difficile. Elles ne pourraient être exploitées que pour une dépense élevée. La rentabilité de la matière première dépend du revenu de l'investissement consacré à la mise en valeur des forêts par rapport aux autres secteurs de l'économie et il s'agit donc d'une question de répartition des ressources financières. Les forêts qui pourraient être productives, mais qui ne sont pas exploitées, n'ont pas de valeur intrinsèque. Elles ne peuvent être utilisées qu'avec le concours d'autres facteurs de production tels que la main-d'uvre qualifiée et le capital qui sont rares et leur emploi doit être justifié par le prix des produits obtenus.
Les forêts déjà exploitées sont de types très différents. Des investissements ont été consacrés à leur mise en valeur et les arbres sur pied représentent un capital qui pourrait être utilisé à des fins économiques. Aussi le bois sur pied de ces forêts présente-t-il une valeur, et chaque mètre cube débardé doit être évalué comme s'il s'agissait d'un arbre sur pied.
Outre le prix du bois sur pied, le coût comprend de nombreux autres éléments qui dépendent en grande partie de la composition et de l'organisation des peuplements d'arbres, de l'emplacement des forêts du terrain et des moyens de communication.
Les forêts composées d'un nombre réduit d'espèces ayant des caractéristiques similaires et une taille uniforme peuvent être exploitées d'une manière intensive. On peut abattre un volume plus important de bois par unité de surface en bénéficiant des économies d'échelle et des possibilités de mécanisation. Les forêts où un petit nombre seulement des essences sont commercialisables nécessitent un travail plus poussé, de sorte que les dépenses sont plus élevées et peut-être même prohibitives.
L'emplacement des forêts est un facteur important, le bois étant un matériau volumineux dont le transport, onéreux, n'est justifié que dans le cas d'un produit de valeur élevée. La proximité des centres industriels a pour effet de réduire les frais de transport, et de fournir des débouchés. L'emplacement agit aussi sur les frais de transport et de logement de la main-d'uvre, ses rations alimentaires et les outils nécessaires.
L'existence de bonnes voies de communication dans la forêt et autour de celle-ci entraîne une réduction des coûts. En terrain montagneux, la densité des routes forestières peut être plus faible étant donné qu'il est possible de faire rouler et glisser les grumes sur la neige ou de les faire flotter dans des chutes d'eau. Il est facile, en outre, d'utiliser des transporteurs aériens et des transporteurs par gravité. Dans certaines forêts tropicales, les coûts sont élevés en raison de la densité du sous-bois qu'il faut constamment couper, des fortes pluies et du sol détrempé.
Ces facteurs sont mis en évidence par la différence entre les quantités de bois travaillé provenant des forêts de conifères tempérées et des forêts de feuillus tropicales. Les premières sont beaucoup plus accessibles du point de vue économique, ce qui facilite une production commerciale intensive, malgré le volume modeste des arbres sur pied ou les taux de croissance. Il s'ensuit que si les forêts des zones tempérées apportent une contribution plus élevée aux ressources mondiales en bois, cela est dû au fait que leur potentiel est davantage utilisé grâce à des coûts de production plus faibles.
La facilité d'accès est cependant une notion relative et change en fonction du développement économique général. Une hausse du prix des produits forestiers ou une diminution des coûts d'abattage, de transport ou d'utilisation peuvent rendre exploitables les forêts qui, précédemment, ne l'étaient pas. Inversement, une baisse des prix ou une hausse des coûts peut réduire la rentabilité de l'exploitation. L'exode de la population rurale dans nombre de pays européens a réduit la main-d'uvre forestière, aggravant ainsi la pression à laquelle la hausse des salaires soumet l'exploitation forestière dans la plupart des pays à revenus élevés, et subordonnant les possibilités d'exploitation en grande partie à l'accroissement de la productivité.
Cependant, il reste des zones très étendues, même dans les régions tempérées, où la facilité d'accès est avant tout fonction de l'existence d'un réseau de transport. En U.R.S.S., des investissements importants sont actuellement faits pour mettre en exploitation d'immenses forêts situées dans le nord et dans l'est du pays; d'autre part, de vastes zones forestières situées dans l'ouest et dans le nord du Canada seront vraisemblablement mises en exploitation grâce au développement des communications.
En Afrique, en Asie et en Amérique latine, la nécessité de rendre les forêts plus accessibles joue un rôle encore plus important. La non-utilisation des immenses forêts d'Amérique latine est due en grande partie aux difficultés d'accès, mais les routes permanentes ont été maintenant prolongées et la situation s'améliore. En Afrique, il est nécessaire d'étendre le réseau de transport à mesure que les forêts sont mises en exploitation. La mise en valeur des riches ressources forestières du Gabon et du Cameroun sera vraisemblablement facilitée par la construction de la grande artère nord-sud. Dans le sud-est de l'Asie, plus d'un million d'hectares ont été rendus accessibles au cours de ces dix dernières années grâce à l'amélioration des transports. Ces projets, joints aux investissements qui ont été faits récemment en matière d'exploitation forestière et à la location à bail des forêts qui est largement pratiquée, contribueront à l'accroissement des quantités de bois fournies par ces forêts.
Le coût des transports représente jusqu'à 80 pour cent du coût total du bois commercialisé. Il faut ajouter que l'exploitation forestière nécessite une main-d'uvre abondante et, dans de nombreuses parties du monde, les prix de revient du bois augmentent en partie parce que la productivité de la main-d'uvre ne s'est pas accrue assez rapidement pour compenser la hausse des salaires, surtout dans les pays développés où l'on s'attache déjà aux techniques permettant d'économiser la main-d'uvre. Dans les pays en voie de développement, cependant, les possibilités de réduction des coûts grâce à un relèvement de la productivité sont encore immenses. Toutefois du point: de vue socio-économique, l'exploitation des forêts pourrait avantageusement rester axée sur la main-d'oeuvre, les coûts élevés de l'entreprise étant répercutés sur les consommateurs. L'atténuation de la difficulté physique d'accès grâce à une amélioration aussi poussée que possible de l'infrastructure constitue donc le meilleur moyen de réduire les coûts de production du bois en tant que matière première.
Cependant, l'extension de l'exploitation des forêts n'est pas liée seulement à la facilité d'accès proprement dite. Avec la hausse des prix, il devient rentable d'exploiter des ressources qui ne faisaient pas naguère l'objet d'une demande. Les récentes tendances qui se sont dessinées dans ce sens persisteront vraisemblablement car on prévoit un accroissement de la demande de bois et un développement des économies tropicales. La plupart des pays en voie de développement qui possèdent des richesses forestières reconnaissent de plus en plus que leurs ressources en bois peuvent contribuer à la création d'un capital productif, à leur procurer des devises, à diversifier l'économie et à fournir des emplois à la main-d'uvre rurale en excédent. Ceci devrait entraîner une exploitation plus rapide des ressources forestières tropicales. Il est vraisemblable aussi que les industries de transformation recevront des encouragements qui ont manqué aux pays en voie de développement pour disposer de produits transformés à base de bois. La création et la modernisation des installations de transformation réduiront le coût du bois et des produits dérivés. L'industrie de la scierie et celle des panneaux présentent une importance toute particulière pour la construction d'habitations.
STRUCTURE ET ÉCONOMIE DE L'INDUSTRIE DE TRANSFORMATION
L'industrie de la scierie utilise environ les deux tiers du bois brut traité par l'industrie et elle se développe lentement. L'industrie des panneaux croît très rapidement mais elle est encore peu importante par comparaison avec les autres. L'industrie des sciages donne un produit de valeur beaucoup plus faible par mètre cube de matière première, mais elle présente certains avantages qui rendent son implantation facile au cours des premiers stades du développement, surtout dans les régions forestières. Elle utilise moins de capitaux et de devises que les autres industries traitant les produits primaires fournis par les forêts. Elle ne nécessite pas beau coup d'aptitudes techniques et peut être concurrentielle même à une échelle relativement faible. En conséquence, presque tous les pays possèdent un certain nombre de scieries et il devrait être possible de disposer facilement de sciages dans les régions qui possèdent des ressources appropriées en matières premières.
La fourniture de quantités suffisantes de sciages destinés à la construction d'habitations est davantage fonction de l'approvisionnement que de la transformation. Cela est dû au fait que le coût des grumes livrées à la scierie peut représenter environ deux tiers des coûts de production.
Si l'on veut réduire au minimum le coût des sciages, il faut tenir compte de certains aspects propres à l'industrie de la scierie. Avant tout, il ne faut jamais perdre de vue l'emplacement des scieries, afin de tenir compte d'une part des variations dans les sources de matière première, et d'autre part, des centres de la demande pour empêcher une hausse des frais de transport. Par exemple, en U.R.S.S., on a constaté un écart croissant entre la concentration de la capacité de sciages dans l'ouest et le sud du pays et les réserves restantes de bois dans le nord et dans l'est, mais ce déséquilibre est rectifié par une très forte expansion de la capacité dans le nord et dans l'est. Il est relativement facile de modifier l'emplacement d'une scierie, les dépenses en capital étant généralement faibles. Dans de nombreuses régions, il est utile de construire des scieries mobiles qui pourront être transférées d'un chantier à l'autre. Une autre solution est celle du sciage manuel qui représente près de la moitié de la production de sciages dans certains pays d'Asie et d'Afrique et permet de traiter avec plus d'économie les maigres ressources, tout en utilisant de fortes quantités de main-d'uvre relativement abondante et bon marché.
La dimension des scieries n'est pas un facteur aussi capital que dans les autres industries de transformation du bois. Cependant, dans les pays avancés où les coûts de main-d'uvre sont élevés, les économies d'échelle revêtent une réelle importance, surtout lorsque de grandes scieries peuvent être intégrées à des usines utilisatrices des résidus de bois. Toutefois, beaucoup de grandes usines risquent de perdre l'avantage inhérent aux économies d'échelle en raison de l'augmentation des coûts d'achat.
Beaucoup d'usines sont trop petites pour que la mécanisation et l'automatisation soient rentables. Dans les régions où les coûts de main-d'uvre sont élevés, il est commode d'avoir des usines de grande dimension pourvues d'un équipement destiné à économiser la main-d'uvre mais dans les pays en voie de développement, des avantages comparatifs qu'offrent des unités plus petites et bien réparties faisant appel à une main-d'uvre nombreuse continueront vraisemblablement à se faire sentir. Les grosses usines pourvues d'un équipement de manutention mécanique présentent des avantages même dans les économies disposant d'un excédent de main-d'uvre à condition de pouvoir exploiter de vastes ressources fortement concentrées, surtout pour L'exportation.
Les frais de scierie sont en grande partie déterminés par les types de bois traités. Les conifères fournissent un approvisionnement massif et homogène de grumes uniformes de petites à moyennes dimensions qui peuvent être manipulées mécaniquement et sciées à des dimensions normalisées. A l'autre extrême, les peuplements vierges de feuillus tropicaux ont, à l'unité de surface, un faible rendement en bois commerciaux qui se présentent sous forme de grosses grumes de dimensions inégales qui doivent être manutentionnées et sciées individuellement. Ces différences influent sensiblement sur la structure des coûts aussi bien en ce qui concerne la matière première que la transformation.
Un moyen de réduire les coûts de transformation consisterait à transformer en pâte les résidus, mais ceci nécessiterait une intégration avec des usines de pâte qui ont besoin de capitaux importants. Néanmoins, on peut réduire les coûts des sciages en minimisant les pertes à la transformation, surtout dans les régions en voie de développement qui manquent de bois et dans lesquelles il y a aussi une demande pour les qualités inférieures de sciages.
Bien qu'il n'existe pas de chiffres exacts à ce sujet, le nombre des scieries est très important dans le monde; leurs dimensions sont extrêmement variables. Les usines de panneaux à base de bois varient également au point de vue dimensions et structure, mais pas dans les mêmes proportions. Elles nécessitent davantage de capitaux et leurs normes de production sont plus élevées. Elles sont concentrées dans les pays développés, dont six (Canada, France, République fédérale d'Allemagne, Japon, Etats-Unis, U.R.S.S.) possèdent plus des deux tiers de la capacité mondiale qui était de 46 millions de tonnes en 1969. On prévoit une augmentation globale de la capacité de 16 pour cent entre 1969 et 1971. Cette croissance vigoureuse contraste avec celle de l'industrie de la scierie.
Parmi les trois produits fabriqués sous forme de panneaux, le contre-plaqué représente plus de la moitié de la capacité totale. En Asie, y compris le Japon, sa part est de 87 pour cent mais en Europe et en Océanie, elle n'est que de 25 pour cent environ. Dans ces deux régions, les panneaux de particules et les panneaux de fibres respectivement occupent les premières places. C'est l'Amérique du Nord qui avec 40 pour cent environ de la capacité mondiale de production fabrique les plus fortes quantités de ces trois produits. La part de l'Europe se rapprochera vraisemblablement de celle de l'Amérique du Nord. L'Asie arrive en troisième position. Elle augmente régulièrement sa production. Il est peu vraisemblable que la part totale de l'U.R.S.S., de l'Amérique latine, de l'Afrique et de l'Océanie, qui à elles toutes produisent actuellement 12 pour cent environ, augmente sensiblement bien qu'une expansion soit possible, en U.R.S.S. notamment.
L'élément le plus important dans l'économie de l'industrie du contre-plaqué est également le coût de la matière première. C'est ce qu'indique la part plus importante occupée par les conifères. En Amérique du Nord où les usines ont une capacité moyenne de 47 000 mètres cubes par an, plus de 85 pour cent du contre-plaqué sont fabriqués avec des bois résineux. Même en Amérique latine, plus de la moitié de la production est constituée par du contre-plaqué de résineux, parce que les forêts, bien que constituées surtout de feuillus, sont en grande partie inaccessibles.
En Afrique, le contre-plaqué et les placages sont fabriqués surtout à partir de feuillus, bien qu'il existe dans certains pays, comme l'Ethiopie et le Maroc, des usines qui utilisent des conifères. En Asie, on fabrique à la fois du contre-plaqué de résineux et de feuillus. Au Japon, la capacité de production a augmenté de 40 pour cent entre 1967 et 1969 et elle est passée à 7 millions de mètres cubes.
En Europe, presque 98 pour cent de la production, qui est de 4 millions de mètres cubes, sont constitués par du contre-plaqué de feuillus fabriqué avec des essences appréciées qui poussent dans la zone tempérée telles que le chêne et le hêtre; on utilise aussi une quantité croissante de feuillus tropicaux importés.
Par tradition, l'industrie du contre-plaqué est la plus exigeante des industries utilisatrices de bois, mais ces dernières années, la gamme des essences utilisées s'est élargie et les exigences en matières premières sont moins rigoureuses pour beaucoup des contre-plaqués de qualité courante. Des perfectionnements techniques ont également permis d'utiliser des essences qui n'existent qu'en faibles diamètres. Elles donnent un rendement en pourcentage plus faible et nécessitent davantage d'heures de travail par production unitaire mais leur avantage réside dans leur faible coût. Néanmoins, la majeure partie de la production mondiale se fonde encore sur le petit nombre d'essences, telles que le sapin Douglas et certains feuillus, qui satisfont les besoins en grandes tailles et en qualités élevées.
Les grosses usines dépendent de plus en plus des grumes importées, et une grande partie des nouvelles installations ont été construites à proximité des ports. Ainsi, l'industrie du contre-plaqué est fortement tributaire des échanges de matières premières et de produits. En dehors de l'Amérique du Nord et de l'U.R.S.S., le quart environ de la production mondiale de contre-plaqué est exporté et une grande proportion est fabriquée à partir de grumes importées.
II est vraisemblable que les petites usines de contre-plaqué continueront à occuper une place importante dans les pays riches en bois où les salaires sont faibles, mais des difficultés se présentent à cause du coût élevé de la colle et de la qualité variable des produits qui ne répondent pas toujours aux normes élevées exigées pour l'exportation. Le rendement en contre-plaqué est relativement faible et les pertes en cours de transformation s'élèvent jusqu'à 50 et 70 pour cent, et si on ne trouve pas de débouchés rentables pour les résidus, les distances plus longues de transport des grumes peuvent rapidement accroître les coûts de production. Les problèmes d'approvisionnement prennent une plus grande acuité également dans les pays tropicaux qui fournissent des grumes de déroulage au marché mondial et les coûts d'importation en Europe ont augmenté assez fortement.
Les industries de panneaux de fibres et de panneaux de particules possèdent un avantage énorme du fait qu'elles peuvent fabriquer produits de qualité uniforme à partir de matières premières de faible qualité, y compris les résidus de bois et le bois rond de faible diamètre. Ainsi, elles font une utilisation plus efficace, au total, de la matière première. Malgré cela, dans de nombreux pays, elles se heurtent de la part de l'industrie des pâtes et papiers à une concurrence accrue pour les matières premières de sorte que les coûts augmentent. Il faut donc s'efforcer de limiter les autres coûts et, à cet effet, les économies d'échelle constituent un moyen efficace.
L'industrie des panneaux de fibres enregistre des économies d'échelle nettement plus élevées et est plus fortement capitalisée que l'industrie des panneaux de particules. La capacité moyenne d'une usine varie de 33 000 tonnes en Europe à 54 000 tonnes en Amérique du Nord, 22 000 tonnes en Amérique latine et 11 000 tonnes en Asie (non compris le Japon). La capacité correspondante moyenne des usine; de panneaux de particules est inférieure de 40 pour cent, ou davantage, dans ces régions. Cependant, on note une tendance à l'expansion des unités dans les deux cas. Dans certains pays en voie de développement, comme la Côte-d'Ivoire, l'Inde, la République de Somalie, la Tanzanie, le Zaïre et l'Ouganda, on trouve des usines moins importantes, surtout parmi celles qui fabriquent des panneaux de particules. Ces usines bénéficient d'une protection tarifaire contre les produits étrangers, ou bien elles sont orientées vers des marchés nationaux moins importants où la concurrence est faible pour le bois en tant que matière première et les panneaux à baie d'autres produits que le bois. La pression de la concurrence est donc plus faible que dans les pays qui possèdent des usines beaucoup plus importantes, ou qui sont tournés vers l'exportation comme Taïwan et la République de Corée.
COMMERCIALISATION ET DISTRIBUTION
Le bois destiné à la construction d'habitations provient généralement de régions éloignées des agglomérations peuplées. En conséquence, les deux caractéristiques de la commercialisation des produits à base de bois sont l'acheminement de la matière première aux usines de transformation, et leur transport jusqu'au consommateur final. La première de ces opérations consiste à grouper les bois provenant de régions forestières très vastes. Ce problème est immense dans les pays en voie de développement ayant des forêts tropicales, où l'infrastructure est souvent insuffisante.
Une fois que la matière première a été sciée ou transformée en panneaux, le problème de la distribution peut être relativement simple, car les grossistes et détaillants sont en contact assez étroit avec les consommateurs et ont la possibilité d'approvisionner le marché au moyen de stocks correspondant à la demande.
La commercialisation en tant que mécanisme d'échange et de communication de l'information peut avoir des répercussions appréciables sur les ressources en produits à base de bois destinés à la construction d'habitations. En dehors de la publicité en faveur de ces produits dans les régions possédant de riches ressources forestières, elle peut contribuer à augmenter les approvisionnements des régions déficitaires. L'une de ces fonctions consiste à ajuster les arrivages de bois grâce à la constitution de stocks afin d'équilibrer l'offre et la demande quand une période de faible demande coïncide avec, une forte production. Ce point est important car la production des forêts a un caractère saisonnier, posant des problèmes de stockage, de contrôle des stocks, de détérioration, d'emplacement et de rotation. Toutes les opérations accroissent les coûts, en particulier lorsque le bois est volumineux et difficile à conserver pendant de longues périodes sans détérioration, surtout sous les tropiques.
Une autre question importante est celle de l'exactitude et de la rapidité avec laquelle les organismes de commercialisation répondent aux besoins des consommateurs, afin que les producteurs puissent modifier l'orientation de leur production. En outre, les producteurs et transformateurs de bois doivent classer et calibrer leurs produits. A cet égard, l'emplacement des sources par rapport aux marchés joue un rôle important lorsqu'il s'agit de déterminer dans quelle mesure les espèces, la forme, la dimension et la qualité des arbres sur pied et des grumes conviendront à la construction d'habitations. Des grumes et des produits de qualité inférieure à la normale sont acceptés pour le sciage s'ils proviennent de forêts situées près des marchés et, dans nombre de pays en voie de développement, même les refus et les essences secondaires moins connues seront nécessaires pour la construction d'habitations. Les organismes de commercialisation pourraient ainsi accroître les ressources effectives destinées à l'usage intérieur, d'une part, et à l'exportation (qualités supérieures), d'autre part. Pour arriver à ce résultat, il faut améliorer considérablement le classement des bois et aligner les prix pour tenir compte des goûts et revenus des consommateurs dans le pays et à l'étranger.
Avec un meilleur classement, on disposerait d'assortiments plus homogènes pour les divers usages. Les prix en seraient accrus, mais cela permettrait d'utiliser plus complètement les ressources forestières accessibles. Grâce aux différences de prix, l'utilisation des matériaux de haute qualité serait réduite lorsque les produits de qualité inférieure donnent satisfaction. Il est important pour assurer le développement de l'utilisation rationnelle du bois et des produits à base de bois de disposer d'un approvisionnement sûr en bois de qualité uniforme.
Ces problèmes commerciaux et d'autres encore ont une profonde influence sur les perspectives futures de l'utilisation du bois dans la construction d'habitations. La popularité dont jouissent certains matériaux de remplacement est due aux techniques de vente dynamiques appliquées par les industries intéressées. Il est difficile que les producteurs de bois eux-mêmes influencent directement la demande du consommateur, mais ils ont néanmoins un rôle à jouer et la solution peut résider dans L'intégration de la production, de l'abattage et de la transformation en produits finals.
L'acheminement du bois et des produits à base de bois depuis la forêt jusqu'au consommateur final, surtout dans leur forme traditionnelle et dans le commerce international, a toujours été compliqué par la multiplicité des agents économiques, représentant souvent des intérêts distincts, tels que les exploitants forestiers, les scieurs, les exportateurs, les représentants, les importateurs, les détaillants et les entrepreneurs de construction qui prétendent chacun leur propre bénéfice, qui, joint aux coûts des différentes opérations (transport, manutention, stockage, triage et parfois traitement plus poussé) ainsi qu'au financement, accrois le prix final de vente à l'utilisateur.
Certains efforts remarquables, cependant, ont été faits ces dernières années en Europe et en Amérique du Nord pour réaliser des économies globales par l'intégration des différentes fonctions et par la réunion des intérêts, tout en adoptant de nouvelles techniques telles que l'emballage l'emploi de containers et autres méthodes améliorées de manutention, l'utilisation de cargos et d'installations portuaires modernes, sans oublier l'accélération du transport pour réduire les coûts de stockage.
La structure générale de la commercialisation et de la distribution finira par se dégager de ces entreprises; il est incontestable aussi que des systèmes divers destinés à répondre à des besoins différents continueront à subsister, mais il est important de maintenir et d'améliorer le pouvoir concurrentiel des produits à base de bois dans leurs divers secteurs de commercialisation grâce à l'utilisation judicieuse de meilleures techniques de fabrication, de commercialisation et de transport. Ceci oblige à faire des comparaisons constantes avec la structure et la situation des industries concurrentes afin de déceler rapidement toutes imperfections.
ECHANGES INTERNATIONAUX
La position prédominante des sciages dans les échanges internationaux de produits à base de bois, et ceci malgré leur taux d'expansion relativement lent, est mise en évidence par les chiffres du tableau 8.
TABLEAU 8. - EXPORTATIONS MONDIALES, 1968, AUGMENTATION PAR RAPPORT A 1960
|
|
Quantité |
Augmentation par rapport à 1960 |
Valeur |
Augmentation par rapport à 1960 |
|
Millions de m³ ® |
% |
Millions de dollars |
% |
|
|
Bois rond |
70,9 |
99 |
1 445 |
132 |
|
Sciages |
92,2 |
34 |
2 251 |
40 |
|
Panneaux |
16,7 |
174 |
930 |
133 |
L'augmentation des valeurs unitaires relatives au bois rond et, dans une moindre mesure, aux sciages traduit l'accroissement de la demande, ainsi qu'une hausse des coûts des quantités supplémentaires de grumes provenant de ressources moins accessibles en même temps que l'augmentation des coûts de main-d'uvre. L'amélioration de la qualité moyenne des exportations peut aussi être responsable de cet état de choses. L'abattage des arbres nécessite une main-d'uvre importante et les augmentations de productivité, aussi bien pour l'abattage q