LES PECHERIES MARITIMES MALGACHES: LEURS PRINCIPAUX POTENTIELS ET LEURS BESOINS POUR LE DEVELOPPEMENT |
Decembre 1984
RAF/79/065/WP/17/84
M. Giudicelli
Les appellations employées dans cette publication et la présentation des données qui y figurent n'impliquent de la part de l'Organisation des Nations Unles pour l'alimentation et l'agriculture aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, nl quant au tracé de leurs frontières ou limites
| ALT | Alternative |
| B | Patte (Coupe des filets de pêche) |
| CEM | Ciment |
| CIF | Coût, assurance et fret |
| CNRO | Centre National de Recherche Océanographique |
| COMANIP | Compagnie Malgache Nippone de Pêcherie |
| COM | Filin mixte |
| CR | Crevette |
| CTP | Conseiller Technique Principal |
| CV | Cheval Vapeur |
| E | Coefficient d'armement en filets de pêche |
| EEV | Poids équivalent en entière vivante (langouste) |
| ECRV | Entière crue congelée (langouste) |
| ECUC | Entière cuite congelée (langouste) |
| EV | Entière vivante (langouste) |
| FAO | Organisation des Nations Unies pour |
| l'Alimentation et l'Agriculture | |
| FED | Fonds Européen de Développement |
| FF | Franc français (1 FF = 66,50 FMG) |
| FM | Filin mixte |
| FMG | Franc malgache |
| FOB | Franco à bord |
| G | Gramme |
| g/f | Force de flottaison en grammes |
| J | Jour |
| Kg | Kilogramme |
| KHz | Kilo hertz |
| Km | Kilomètre |
| Km2 | Kilomètre carré |
| L | Livre |
| LANSU | Entreprise Socialiste Langouste du Sud |
| M | Mètre |
| Mm | Millimètre |
| MANIVICO | Sté Malagasy Nippone de Viande Concentrée |
| Mat | Matériau (pour les engins de pêche) |
| MFMG | Million de francs malgaches |
| m/h | Mois/Homme |
| Multi | Multifilament (pour les engins de pêche) |
| N | Mailles de côté (coupe des filets de pêche) |
| ORSTOM | Office de la Recherche Scientifique et |
| Technique d'Outre-Mer | |
| PA | Pêcheries Artisanales |
| PA | Polyamide (pour les engins de pêche) |
| PAME | Production Annuelle Maximale Equilibrée |
| PE | Polyéthylène |
| PFR | Poisson frais |
| PFU | Poisson fumé |
| PI | Pêcheries Industrielles |
| PNUD | Programme des Nations Unies pour le |
| Développement | |
| PSS | Poisson salé séché |
| PTEF | Production totale en équivalent frais |
| PVA | Polyvinyl alcohol |
| QC | Queue congelée (langouste) |
| RUB | Caoutchouc |
| S | Sud |
| SMIG | Salaire minimum garanti |
| SOPICA | Société de Pêche Industrielle du Capricorne |
| Sp | Espèce |
| SWIOP | South West Indian Ocean Project |
| T | Tonne |
| T | Maille fendue (coupe des filets de pêche) |
| US$ | dollar USA (1 US$ = 607 FMG) |
| ZEE | Zone Economique Exclusive |
| Ø | Diamètre |
| °C | Degré centigrade |
1. Madagascar possède un important domaine maritime essentiellement constitué d'une Zone Economique Exclusive d'une surface estimée de 1.140.000 km2, soit presque deux fois les 590.000 km2 du territoire national, d'un littoral d'une longueur de 3.500 km, et d'un plateau continental d'une surface de l'ordre de 117.000 km2.
2. Les potentiels de production annuelle maximale équilibrée des ressources halieutiques de cet ensemble ne sont pas exactement connus. Des estimations prudentes les situent aux alentours de 200.000 tonnes, ce qui est appréciable. Un tiers de ces ressources serait constitué de poissons démersaux, le reste l'étant d'espèces pélagiques.
3. A ce jour, ce patrimoine ne participe que pour très peu à l'économie nationale. Seule la pêcherie crevettière industrielle, avec une production de 5.000 t/an, génère une rentrée de devises fortes estimée à $E.-U. 17 millions en valeur FOB Port Malgache. Quant à la pêcherie artisanale, dont la production est évaluée à environ 12.000 t/an, elle ne joue en réalité qu'un rôle minime dans l'alimentation protéique du pays.
4. Il ressort donc que, alors que Madagascar doit faire face à de pressants besoins économiques et alimentaires, les pêcheries maritimes, qui pourraient jouer un rôle prépondérant dans la solution de ces problèmes, n'extraient qu'à peine 12 pour cent des ressources halieutiques disponibles. Il faut noter à ce sujet que, si à Madagascar, en 1983, la consommation annuelle par habitant était de 15 kg pour la viande bovine, elle n'était que de 5,2 kg pour le poisson, dont seulement 1,3 kg était d'origine maritime (FAO, 1983).
5. L'étude générale de Madagascar enseigne que la principale raison de cette déficience ne réside pas dans les habitudes alimentaires de la population, qui est demandeuse de poisson, mais dans la géographie humaine et physique nationale.
6. Environ 75 pour cent de la population se concentrent au centre et à l'Est de l'île, plus particulièrement sur les hautes terres centrales, alors que les meilleures zones potentielles pour le développement des pêcheries maritimes se localisent à l'Ouest, à des distances de 400 à 800 km des régions à fortes densités de peuplement.
7. L'ampleur de cette contrainte est encore accrue par la faiblesse du réseau routier entre les provinces possédant les meilleurs potentiels halieutiques, à l'Ouest de l'île, et celles où se concentrent les importantes densités de peuplement, c'est-à-dire celles possédant les potentiels de consommation, au centre et à l'Est du pays.
8. Cette situation négative n'est pas compensée par un littoral oriental, certes plus proche des importants peuplements, mais aussi moins propice pour le développement des pêcheries maritimes du fait de l'étroitesse de son plateau continental et de ses conditions de mer assez dures.
9. Des obstacles fondamentaux précités découle toute une série de contraintes secondaires.
10. Malgré les bas prix payés aux pêcheurs, le coût du transport fait que le prix du poisson de mer n'est pas compétitif avec celui de la viande bovine dans la région des hautes terres. Le prix du poisson de mer frais ou congelé y oscille entre 900 et 1.500 FMG/kg, soit 1.500 à 2.500 FMG/kg en terme de poids net consommable, contre 1.000 FMG/kg pour la viande bovine désossée.
11. Les bas prix aux pêcheurs autorisent l'existence d'une pêcherie traditionnelle primitive mais ne peuvent assurer une rentabilité financière suffisante en cas de motorisation, ceci interdisant la modernisation de la pêcherie artisanale.
12. Si cette modernisation intervenait, elle provoquerait une augmentation de la production par unité d'effort de pêche. Il y aurait alors surproduction sur le littoral du fait des difficultés de l‚a commercialisation vers les hautes terres. Ceci entraînerait l'obligation de restreindre l'effort de pêche ce qui, à son tour, augmenterait la chute de productivité des capitaux initialement investis, et donc la faillite de l'effort de développement. Ce processus a d'ailleurs été déjà démontré par l'insuccès de plusieurs tentatives de modernisation réalisées à ce jour.
13. En d'autres termes, le développement d'une pêcherie maritime orientée vers l'approvisionnement des consommateurs à bas revenus du marché national, consommateurs dont la vaste majorité se trouve au centre et à l'Est du pays, à de grandes distances du littoral occidental, est certainement la première prrité du sous-secteur. Ce développement dépend cependant, et tout d'abord, de l'implantation d'un réseau routier qui aménagera efficacement le vaste espace du territoire.
14. La réalisation de cette implantation relève du long, et même du très long terme. Dans son attente il conviendrait donc, non pas de mener des actions au coup par coup dans le sous-secteur des pêches, pour tenter de résoudre des problèmes certainement aigus, mais aussi locaux et conjoncturels. Il conviendra, plutôt, d'envisager une stratégie globale qui permettra, dans le court et moyen terme, pour au moins une décennie encore, d'utiliser rationnellement les potentiels halieutiques maritimes disponibles, afin qu'ils puissent au plus vite jouer leur rôle dans l'économie nationale.
15. En conclusion, un développement important des pêcheries maritimes pour l'approvisionnement du marché national étant difficilement réalisable dans l'immédiat, et certains potentiels halieutiques disponibles possédant une haute valeur commerciale sur les marchés internationaux, il faudra, sans doute, envisager leur utilisation sous forme de denrées d'exportation. La production de ces denrées aidera à améliorer les termes dela balance du commerce extérieur et à générer de nombreux emplois dans les zones littorales qui, justement, sont parmi les plus déprimées au plan économique.
16. Madagascar possède des ressources halieutiques qui représentent de bons atouts pour développer de nouvelles pêcheries orientées vers l'exportation. Si ces atouts n'ont pas encore été utilisés, c'est essentiellement par manque de connaissance et d'expérience générales en matière de pêcheries maritimes. C'est aussi parce que les entrepreneurs nationaux ne peuvent se permettre de décider d'investissements importants sans posséder, au préalable, une information sûre quant à la rentabilité financière de l'exploitation des nouvelles ressources.
17. Selon leur valeur commerciale, leur abondance apparente, leur accessibilité, la facilité de leur commercialisation et la productivité économique et financière de leur exploitation, ces potentialités pour l'exportation sont essentiellement composées de quatre groupes de ressources. Le premier groupe est représenté par les langoustes du plateau continental et les crabes de mangrove. Le second comporte les requins et les poissons démersaux et pélagiques de la crète du talus continental, le troisième englobant les crustacés de la pente du talus continental et le quatrième, les thonidés océaniques.
18. L'étude du milieu et des connaissances acquises indique que le contexte maritime malgache est propice à la présence de ces ressources en quantités suffisantes pour qu'elles puissent supporter des pêcheries dont l'impact économique pourrait être globalement considérable. Tout le problème consiste donc à déterminer une stratégie et des tactiques qui leur permettent de jouer ce rôle.
19. Les conclusions précédentes indiquent que, à court et moyen terme, il sera sans doute difficile de développer une pêcherie maritime qui soit uniquement orientée vers l'approvisionnement du marché national et qui soit financièrement viable. Il est à prévoir que, quels que soient les efforts consentis pour développer la production et améliorer la commercialisation du poisson de mer, cette situation ne pourra devenir beaucoup meilleure tant qu'un réseau routier dense et fiable n'aura pas aménagé le vaste espace du territoire.
20. L'implantation de ce réseau relève du long terme. Pour le court et moyen terme, il importera donc de posséder tout d'abord une politique alimentaire qui, tenant compte de la contrainte majeure provoquée par la faiblesse des infrastructures routières et la distribution des densités de population, définira le rôle des pêcheries maritimes par rapport à celui de l'élevage, des pêcheries continentales et de l'aquaculture, dans l'approvisionnement protéique de la population. Il importera, en second lieu, de posséder une politique des pêcheries maritimes qui, d'une part, puisse assurer une rentabilité optimale aux capitaux et aux ressources humaines initialement investis dans leur développement et qui, d'autre part, puisse provoquer une utilisation optimale et rapide de leurs potentiels, afin qu'elles participent pleinement à l'économie nationale, plus particulièrement en l'aidant à améliorer sa balance du commerce extérieur.
21. En conséquence, les pêcheries maritimes ne devraient être considérées que pour l'approvisionnement des centres de consommation côtiers en poisson frais, et ceux des centres de l'intérieur, en poisson salé-séché et fumé. Leur développement dans le cadre de ces approvisionnements devrait être envisagé avec modération pour deux raisons principales. Tout d'abord, la population des centres urbains littoraux est peu importante et, avec environ 500.000 habitants, 5,6 pour cent de la population totale, ne constitue qu'un marché réduit. Ensuite, en ce qui concerne le poisson salé-séché ou fumé pour le marché de l'intérieur, le bas pouvoir d'achat du consommateur impose de très bas prix au producteur de poisson frais, du fait de déperditions de poids de l'ordre de 70 pour cent lors des transformations. La faiblesse obligatoire de ces prix interdit à son tour le développement d'une pêcherie modernisée, dont les coûts d'investissement et d'exploitation exigent une haute productivité financière, justement difficile à atteindre dans les conditions du marché national.
22. L'étude des atouts pour le développement des pêcheries maritimes (paragraphes 16 et 17), et celle des potentiels disponibles pour ce développement (section 4), indiquent par contre que ces pêcheries pourraient jouer un rôle prépondérant dans l'économie nationale à condition, toutefois, que leur développement soit orienté vers la production de denrées d'exportation génératrices de devises fortes.
23. La stratégie proposée ci-dessus est assez différente des orientations qui, jusqu'à présent, ont régi le sous-secteur. Ces orientations, en gros, ont été que seule la pêcherie crevettière industrielle pouvait générer d'importantes rentrées de devises, et que la pêcherie artisanale traditionnelle devait se développer pour l'approvisionnement du marché interne. C'était là abandonner l'idée que des ressources halieutiques autres que la crevette pouvaient participer à l'augmentation et à la diversification des exportations. C'était aussi ignorer que la pêcherie artisanale pouvait difficilement se développer du fait des contraintes géographiques et infrastructurelles maintes fois prêcitées et, aussi, du fait des pêcheurs artisanaux eux-mêmes. Leur mentalité, forgée au cours des temps, favorisera la pêche de subsistance et non la pêche de production, pour quelque temps encore. C'est là un obstacle majeur à la rentabilisation des investissements consentis pour développer leur profession.
24. L'idée maîtresse de la nouvelle stratégie et des nouvelles tactiques proposées pour le développement est d'éviter tous ces écueils par l'implantation de pêcheries artisanales de type avancé ou semi-undustriel, qui permettront enfin d'exploiter des ressources de haute valeur économique mais dont la dispersion, ou l'accès difficile, ne permettent pas de rentabiliser des activités de type purement industriel.
25. Les pêcheries proposées sont proches de la pêcherie artisanale traditionnelle par le fait que, par unité de production, elles requièrent des investissements bien moindres que ceux de la pêcherie industrielle. Elles sont également proches de la pêcherie artisanale traditionnelle parce que les technologies d'extraction de ces deux activités sont souvent du même type.
26. Les pêcheries artisanales de type avancé peuvent être par contre identiques aux pêcheries industrielles au plan de l'organisation logistique et administrative. Elles peuvent être menées et gérées selon des schémas semblables à ceux des armements crevettiers, et éviter ainsi l'une des principales contraintes du développement de la pêcherie artisanale traditionnelle: le manque d'esprit d'entreprise, de gestion et de coopération du pêcheur traditionnel. En un mot, tout en gardant une grande partie de la simplicité et de la flexibilité de la pêcherie artisanale classique, les pêcheries artisanales de type avancé peuvent atteindre l'efficacité commerciale et économique de la pêcherie industrielle, c'est-à-dire les qualités fondamentales d'une activité d'exportation.
27. Le développement de pêcheries artisanales avancées, du type préconisé, ne pourra se faire sans que des investisseurs et entrepreneurs s'y intéressent. Pour que ces derniers puissent prendre les décisions d'investissement nécessaires à ce développement, il faudra tout d'abord leur fournir une importante somme de données concrètes quant à la faisabilité des diverses pêcheries nouvelles. Faute d'information suffisante en ce qui concerne les ressources cibles, et la rentabilité financière de leur exploitation dans le contexte malgache, la détermination de cette faisabilité ne pourra être obtenue que par des projets pilotes.
28. Ces projets, menés selon les règles de la pêche commerciale, au cours des diverses phases de leur exécution, fourniront l'information nécessaire sur la localisation des ressources, sur leur abondance relative, sur les technologies et procédés les plus appropriés pour leur extraction, transformation et exportation, sur les marchés importateurs, sur la rentabilité financière et économique des nouvelles pêcheries ainsi que, finalement, sur l'importance des investissements nécessaires à leur développement et sur le type d'entreprise qui conviendra le mieux à leur mise en valeur.
29. Le choix définitif de ces investissements devrait normalement se faire dans le cadre d'une procédure globale, c'est-à-dire sur la base d'un ensemble de projets pilotes simultanés, englobant la totalité des potentiels halieutiques disponibles pour le développement, tels que décrits à la section 4. L'ampleur, de la tâche et la rareté des ressources financières interdisent malheureusement cette procédure idéale et exigent la hiérarchisation des projets pilotes.
30. Sur la base des données probables ou connues telles que l'importance apparente des ressources, leur accessibilité, leur vulnérabilité face aux engins de capture, leur valeur commerciale, l'importance et la tendance de leurs marchés d'exportation, etc., la hiérarchisation recommandée pour les projets pilotes proposés est la suivante:
31. Proposition no. 1: Développement de la production de langouste du plateau continental et des espèces associées
| - Type | : Prospection, démonstration commerciale, formation, | |||||||||||||
| investissement et aménagement. | ||||||||||||||
| - Objectifs | : Phase 1: prospection commerciale systématique des | |||||||||||||
| Immédiats | potentiels. | |||||||||||||
| Phase 2: mise au point de leur exploitation, du | ||||||||||||||
| niveau de l'extraction à celui de l'exportation, | ||||||||||||||
| formation sur le tas à tous ces niveaux, détermi- | ||||||||||||||
| nation de la rentabilité financière et &eace;conomique | ||||||||||||||
| de l'exploitation, détermination des besoins d'inves- | ||||||||||||||
| tissement, établissement des programmes d'inves- | ||||||||||||||
| tissement et d'aménagement pour le développement | ||||||||||||||
| optimal de la pêcherie. | ||||||||||||||
| - Durée | : 25 mois, dont 6 de préparation. | |||||||||||||
| - Localisation | : Port du littoral, à définir après la phase 1. | |||||||||||||
| - Zone d'action | : La totalité du plateau continental, entre l'iso- | |||||||||||||
| bathe des 3 m et l'accore du plateau continental. | ||||||||||||||
| - Estimation de la contribution: | $E.-U. 787.000 | |||||||||||||
| internationale | ||||||||||||||
| $E.-U. | % | |||||||||||||
| - Composition de: | - Expertise | 409.000 |
(52) |
|||||||||||
| la contribution | - Equipement | 128.000 |
(16) |
|||||||||||
| - Affrètement et coût d'exploitation | 194.000 |
(25) |
||||||||||||
| - Capital de travail | 20.000 |
( 3) |
||||||||||||
| - Fonctionnement | 36.000 |
( 4) |
||||||||||||
---------- |
------ |
|||||||||||||
787.000 |
(100) |
|||||||||||||
| - Organisme gouvernemental de | : Ministère de la Production Animale | |||||||||||||
| coopération | et des Eaux et Forêts. | |||||||||||||
32. Proposition no. 2: Développement de la production du crabe de mangrove
| - Type | : Prospection, démonstration commerciale, formation, | |||||||||||||||
| investissement et aménagement. | ||||||||||||||||
| - Objectifs | : Mise au point de l'exploitation, du niveau de | |||||||||||||||
| l'extraction à celui du conditionnement et de l'expor- | ||||||||||||||||
| tation, formation sur le tas à tous ces niveaux, | ||||||||||||||||
| détermination de la rentabilité financière et écono- | ||||||||||||||||
| mique de l'exploitation, détermination des besoins | ||||||||||||||||
| d'investissement, établissement des programmes | ||||||||||||||||
| d'investissement et d'aménagement pour le dévelop- | ||||||||||||||||
| pement optimal de la pêcherie | ||||||||||||||||
| - Durée | : 18 mois, dont 3 de préparation. | |||||||||||||||
| - Localisation | : Mahajanga | |||||||||||||||
| - Zone d'action | : Le mangrove dans les parages de Mahajanga. | |||||||||||||||
| - Estimation de la contribution: | $E.-U. 353.000 | |||||||||||||||
| internationale | ||||||||||||||||
$E.-U. |
% |
|||||||||||||||
| - Composition de: | - Expertise | 220.000 |
(62) |
|||||||||||||
| la contribution | - Equipement | 66.000 |
(19) |
|||||||||||||
| - Capital de travail | 20.000 |
( 6) |
||||||||||||||
| - Fonctionnement | 47.000 |
(13) |
||||||||||||||
---------- |
-------- |
|||||||||||||||
353.000 |
(100) |
|||||||||||||||
| > | ||||||||||||||||
| - Organisme gouvernemental de | : Ministère de la Production Animale | |||||||||||||||
| coopération | Et des Eaux et Forêts. | |||||||||||||||
33. Proposition no. 3: Développement de la production de requin
| - Type | : Prospection, démonstration commerciale, formation, | ||||||||||||||
| investissement et aménagement. | |||||||||||||||
| - Objectifs | : Phase 1: prospection commerciale systématique | ||||||||||||||
| immédiats | des potentiels. | ||||||||||||||
| Phase 2: mise au point de leur exploitation, du | |||||||||||||||
| niveau de l'extraction à celui du conditionnement | |||||||||||||||
| et de l'exportation, formation sur le tas à tous | |||||||||||||||
| ces niveaux, détermination de la rentabilité | |||||||||||||||
| financière et économique de l'exploitation, déter- | |||||||||||||||
| mination des besoins d'investissement, établisse- | |||||||||||||||
| ment des programmes d'investissement et d'aména- | |||||||||||||||
| gement pour le développement optimal de la pêcherie. | |||||||||||||||
| - Durée | : 21 mois, dont 6 pour la préparation. | ||||||||||||||
| - Localisation | : Ports du littoral, à définir après la phase 1. | ||||||||||||||
| - Zone d'action | : La totalité du plateau continental et la crète du | ||||||||||||||
| talus continental. | |||||||||||||||
| - Estimation de la contribution: | $E.-U. 462.000 | ||||||||||||||
| internationale | |||||||||||||||
$E.-U. |
% |
||||||||||||||
| - Composition de: | - Expertise | 215.000 |
(46) |
||||||||||||
| la contribution | - Equipement | 58.000 |
(12) |
||||||||||||
| - Affrètement et coûts d'exploitation | 152.000 |
(33) |
|||||||||||||
| - Capital de travail | 10.000 |
( 3) |
|||||||||||||
| - Fonctionnement | 27.000 |
( 6) |
|||||||||||||
----------- |
----- |
||||||||||||||
462.000 |
(100) |
||||||||||||||
| - Organisme gouvernemental de | : Ministère de la Production Animale | ||||||||||||||
| coopération | ét des Eaux et Forêts. | ||||||||||||||
34. Proposition no. 4: Développement de la production de poissons démersaux et pélagiques de la crète du talus continental
| - Type | : Prospection, démonstration commerciale, formation, | ||||||||||
| investissement et aménagement. | |||||||||||
| - Objectifs | : Phase 1: prospection commerciale systématique des | ||||||||||
| potentiels. | |||||||||||
| Phase 2: mise au point de leur exploitation, du | |||||||||||
| niveau de l'extraction à celui du conditionnement | |||||||||||
| et de l'exportation, formation sur le tas à tous | |||||||||||
| ces niveaux, détermination de la rentabilité | |||||||||||
| financière et économique de l'exploitation, déter- | |||||||||||
| mination des besoins d'investissement, établisse- | |||||||||||
| ment des programmes d'investissement et d'aména- | |||||||||||
| gement pour le développement optimal de la pêcherie. | |||||||||||
| - Durée | : 21 mois, dont 6 pour la préparation | ||||||||||
| - Localisation | : Port du littoral, à définir après la phase 1. | ||||||||||
| - Zone d'action | : La totalité de la crète du talus continental, | ||||||||||
| entre l'isobathe des 100 et 1.500 m. | |||||||||||
| - Estimation de la contribution | : $E.-U. 509.000 | ||||||||||
| internationale | |||||||||||
$E.-U. |
% |
||||||||||
| - Composition de: | - Expertise | 222.000 |
(43) |
||||||||
| la contribution | - Equipement | 98.000 |
(20) |
||||||||
| - Affrètement et coûts d'exploi- | 152.000 |
(30) |
|||||||||
| tation | |||||||||||
| - Capital de travail | 10.O00 |
( 2) |
|||||||||
| - Fonctionnement | 27.000 |
( 5) |
|||||||||
---------- |
---- |
||||||||||
509.000 |
(100) |
||||||||||
| - Organisme gouvernemental de | : Ministère de la Production Animale | ||||||||||
| coopération | et des Eaux et Forêts. | ||||||||||
35. Proposition no. 5: Développement de la production des langoustes et autres crustacés des fonds inchalutables du talus continental
| - Type | : Prospection, démonstration commerciale, formation, | |||||
| investissement et aménagement. | ||||||
| - Objectifs | : Phase 1: prospection commerciale systématique | |||||
| immédiats | des potentiels. | |||||
| Phase 2: mise au point de leur exploitation, du | ||||||
| niveau de l'extraction à celui de l'exportation, | ||||||
| formation sur le tas à tous les niveaux, détermi | ||||||
| nation de la rentabilité financière et economique | ||||||
| de l'exploitation, détermination des besoins | ||||||
| d'investissement, établissement des programmes | ||||||
| d'investissement et d'aménagement pour le développe- | ||||||
| ment optimal de la pêcherie. | ||||||
| - Durée | : 18 mois, dont 6 pour la préparation. | |||||
| - Localisation | : Ports du littoral, à définir après la phase 1. | |||||
| - Zone d'action | : La totalité du talus continental, entre l'iso- | |||||
| bathe de 100 et 1.000 m. | ||||||
| - Estimation de la contribution | : $E.-U. 376.000 | |||||
| internationale | ||||||
$E.-U. |
% |
|||||
| - Composition de: | - Expertise | 158.000 |
(42) |
|||
| la contribution | - Equipement | 68.000 |
(18) |
|||
| - Affrètement et coûts d'exploitation | 121.000 |
(32) |
||||
| - Fonctionnement | 29.000 |
( 8) |
||||
---------- |
------- |
|||||
376.000 |
(100) |
|||||
| - Organisme gouvernemental de | : Ministère de la Production Animale | |||||
| coopération | et des Eaux et Forêts | |||||
36. Proposition no. 6: Développement d'une pêcherie thonière semi-industrielle (canneurs)
| - Type | : Démonstration commerciale, formation, investisse- | |||||
| ment et aménagement. | ||||||
| - Objectifs | : Mise au point de l'extraction, du conditionnement | |||||
| immédiats | des et de leur commercialisation sur le | |||||
| marché interne et les marchés d'exportation, for- | ||||||
| mation sur le tas à tous les niveaux, détermina- | ||||||
| tion de la rentabilité financière et économique | ||||||
| de l'exploitation, détermination des besoins | ||||||
| d'investissement, établissement des besoins d'inves- | ||||||
| tissement et de leur programme pour le développe- | ||||||
| ment optimal de la pêcherie. | ||||||
| - Durée | : 24 mois dont 6 pour la préparation. | |||||
| - Localisation | : Antseranana. | |||||
| - Zone d'action | : La totalité de la ZEE. | |||||
| - Estimation de la contribution: | $E.-U. 768.000 | |||||
| internationale | ||||||
$E.-U. |
% |
|||||
| - Composition de: | - Expertise | 334.000 |
(43) |
|||
| la contribution | - Equipement | 53.000 |
( 7) |
|||
| - Affrètement et coûts d'exploitation | 324.000 |
(42) |
||||
| - Capital de travail | 20.000 |
( 3) |
||||
| - Fonctionnement | 37.000 |
( 5) |
||||
---------- |
------ |
|||||
768.000 |
(100) |
|||||
| - Organisme gouvernemental de | : Ministère de la Production Animale | |||||
| coopération | et des Eaux et Forêts. | |||||
37. A la demande faite à la FAO par le Ministère de la Production Animale (Elevage et Pêches) et des Eaux et Forêts en Juin 1984, la mission visita Madagascar du 18 Novembre au 11 Décembre 1984. Cette mission fut financée par le PNUD, par le canal du projet FAO/SWIOP/RAF/79/065. Son itinéraire, ainsi que la liste des personnes qu'elle a rencontrées, sont donnés en l'annexe 14.
38. L'objectif de la mission était l'étude de l'exploitation des langoustes et crabes dans les zones peu exploitées actuellement.
39. Durant ses enquêtes et analyses, la mission détermina cependant que d'autres potentialités halieutiques étaient disponibles pour le développement de pêcheries malgaches plus particulièrement axées sur l'exportation. Avec l'accord des autorités concernées, elle étendit done ses études aux potentialités offertes par les requins, les poissons démersaux et pélagiques de la crète du talus continental, les crustacés du talus continental et les thonidés.
40. En résumé, les conclusions essentielles de la mission sont que, faute d'un aménagement de l'espace territorial national par un réseau routier suffisant, le développement, pour l'approvisionnement du marché interne, de pêcheries maritimes financièrement et économiquement viables, relève du long terme. Elles font aussi que, dans l'attente de cet aménagement, le pays devrait utiliser au plus vite certaines de ses potentialités halieutiques maritimes pour le développement d'exportations qui l'aideraient à améliorer sa balance du commerce extérieur, et aussi la situation économique de ses populations du littoral.
41. Ces potentialités, à condition d'être rationnellement exploitées et efficacement commercialisées sur les marchés externes, pourraient sans doute générer des rentrées de devises fortes égales, sinon supérieures, à celles qui sont produites par la pêcherie crevettière industrielle, seule activité exportatrice du sous-secteur à ce jour.
42. L'exploitation de ces potentialités pourrait se faire par des pêcheries artisanales avancées relevant des pêcheries artisanales traditionnelles par leur simplicité et flexibilité techniques, et de la pêcherie industrielle par leur capacité à s'intégrer dans le cadre de schémas logistiques et administratifs semblables à ceux des armements crevettiers.
43. La mission estime cependant que ces nouvelles pêcheries ne pourront intéresser les investisseurs et entrepreneurs potentiels, avant que ceux-ci puissent connaître concrètement leur faisabilité technico-financière. De la même façon, les instances gouvernementales ne pourront valablement décider de leur promotion, avant d'en connaître la rentabilité économique.
44. La mission recommande donc une série de projets pilotes dont les objectifs immédiats principaux seront de localiser exactement les potentialités considérées, de démontrer concrètement, par des opérations commerciales, la faisabilité technico-financière et économique de leur exploitation pour l'exportation, de former sur le tas le personnel national nécessaire à leur mise en valeur, d'établir les programmes d'investissement et les programmes d'aménagement requis pour leur utilisation optimale.
45. La mission remercie toutes les autorités nationales et internationales, ainsi que les professionnels du sous-secteur, qui l'ont aidée au cours de ses travaux.
46. Madagascar possède un important domaine maritime. Ce domaine comporte essentiellement un littoral d'une longueur de 3.500 km, un plateau continental d'une surface de l'ordre de 117.000 km2, et une Zone Economique Exclusive (ZEE) d'une étendue évaluée à 1.140.000 km2, soit presque deux fois les 590.000 km2 du territoire national (Annexe 1).
47. Les potentiels de production halieutique de cet ensemble ne sont pas exactement connus. Des estimations prudentes situent cependant leurs possibilités de production annuelle maximale équilibrée (PAME) aux alentours de 200.000 t, dont environ un tiers constitué d'espèces démersales et le reste de poissons pélagiques (Annexe 2).
48. Ce vaste patrimoine, qui pourrait jouer un rôle prépondérant dans l'économie nationale, reste néanmoins presque inexploité à ce jour. Seules les ressources en crevettes pénéides du secteur Nord occidental supportent une pêcherie industrielle notoire. Cette activité produit environ 5.000 t/an, d'une valeur FOB estimée de 10.329 MFMG 1/. Ses captures de poisson d'accompagnement, dont la grande majorité est rejetée à la mer, sont estimées à 7.000 t/an. La production des autres pêcheries, qui relèvent toutes du secteur aritanal, est quant à elle estimée à 12.400 t/an en équivalent frais, pour une valeur estimée de 4.200 MFMG au débarquement 2/.
49. Malgré la présence de langoustes sur tout le pourtour de l'île, la pêcherie langoustière est très peu développée et ne semblerait pas avoir produit plus de 76 t en équivalent de langouste vivante en 1983, d'une valeur FOB de l'ordre de 275 MFMG (Statistiques de la Direction des Pêches Maritimes).
50. De tout ceci il apparaît donc que, d'un côté, les pêcheries malgaches extraient à peine 12 pour cent des ressources halieutiques maritimes nationales disponibles alors que, de l'autre, le pays doit faire face à de pressants besoins économiques et alimentaires.
51. En effet, la balance commerciale, fortement dépendante des exportations de café, et donc des cours de cette denrée, enregistre un déficit qui, de 42.000 MFMG en 1980, s'est accru à 54.000 MFMG en 1982. Paralèllement, la dette extérieure nationale, de 262.000 MFMG en 1981, passait à 437.000 MFMG en 1982 (Miladi, 1984). Sur le plan nutritionnel enfin, malgré l'importance de l'élevage dans le pays, le déficit protéique apparaît comme le déséquilibre primordial dans l'alimentation. En 1983 la consommation annuelle par habitant était de l'ordre de 15 kg pour la viande bovine et de 5,2 pour le poisson (FAO, 1983).
52. Cette consommation de poisson était non seulement très inférieure à celle existant en de nombreux pays africains, mais encore, était assurée à environ 75 pour cent par les ressources halieutiques continentales. Avec un taux annuel d'accroissement de la population de 2,7 pour cent (Andrianarivelo et Randretsa, 1984), et si la production halieutique globale actuelle devait stagner, cette consommation tomberait à 3,3 kg/habitant/an à l'horizon 2000.
1/ (8.000 $E.-U.t/CIF x 607 FMG x 5.000 t x 55% pour la mise en queue) - (5.000 t x 55% x 110% pour le poids brut x 1,0 MFMG/t pour le fret): 10.329 MFMG
2/ Chiffre calculé sur la base de la production de 1983 selon les statistiques de la Direction des Pêches Maritimes, soit: poisson frais: 1.312 t + (poisson salé-séché et fumé: 1.982 t x 3,4 pour le coefficient d'équivalence) = 8.050 t x 1,50 pour l'auto-consommation = 12.076 t x 0,35 MFMG/t = 4.226 MFMG.
53. Face à cette dramatique situation íl convient de s'interroger sur ces raisons afin d'identifier une stratégie et des tactiques qui pourraient favoriser son redressement, et faire en sorte que Madagascar profite au mieux de son patrimoine halieutique maritime.
54. Le développement des pêcheries maritimes malgaches est confronté par des obstacles considérables. Le principal de ceux-ci est sans doute représenté par le fait que 75 pour cent de la population se concentrent à l'Est du pays, alors que la plupart des ressources halieutiques maritimes, ainsi que des terrains les plus propices pour leur exploitation, se trouvent le long du littoral occidental (Annexe 3).
55. La vaste étendue de Madagascar fait que les zones fortement peuplées des provinces d'Antananarivo, de Toamasina et de Fianarantso sont séparées des meilleures zones potentielles pour le développement des pêcheries par des distances de l'ordre de 400 à 800 kg.
56. Cette situation est d'autant plus grave que, mis à part l'axe routier Antananarivo-Mahajanga (580 km), qui lui-même n'est pas en parfait état, aucune route facilement et régulièrement carrossable ne relie l'Est et l'Ouest de l'île. Elle est encore empirée par le fait qu'aucune bonne route littorale ne réunit entre elles les agglomérations de la côte occidentale (Annexe 4).
57. De tout ceci il ressort que la contraine majeure faisant face au développement de pêcheries maritimes orientées vers l'approvisionnement du marché national est constituée d'un faisceau d'obstacles naturels et économiques dont, en particulier:
- La faible densité des populations dans les provinces occidentales de Toliara et Mahajanga les plus propices au développement des pêcheries maritimes: 2.300.000 habitants et 7,5 habitants/km2, contre 7.200.000 habitants et 28 habitants/km2 pour les provinces de l'Est, ceci se traduisant par l'absence d'un important marche consommateur dans les zones à fort potentiel de production.
- Le faible taux d'urbanisation dans ces deux provinces occidentales, 12 pour cent de la population contre 17 pour cent pour les provinces orientales, dont 26 pour cent pour celle d'Antananarivo, ceci accroissant la faiblesse du marché consommateur à l'Ouest de Madagascar.
- La faiblesse du réseau routier entre les provinces possédant les potentiels de production, à l'Ouest du pays, et celles où se concentrent les importantes densités de peuplement, c'est-à-dire celles possédant les potentiels de consommation, à l'Est de l'île, ceci entravant le développement de la consommation, et donc de la production.
- Le coût des transports dans un pays sans pétrole, ceci ne faisant qu'empirer les difficultés précitées.
- Un littoral oriental relativement proche des zones fortement peuplées mais beaucoup moins favorable pour le développement que la côte occidentale du fait de l'étroitesse de son plateau continental, de la rareté de ses abris, de la houle battant ses plages la plupart de l'année, et de la prédominance de vents alizés modérés mais assez frais pour gêner les embarcations traditionnelles (Annexe 1).
58. Des obstacles fondamentaux précités découle toute une série de contraintes secondaires. Les produits des pêcheries maritimes sont difficiles à commercialiser. Malgré les bas prix payés aux pêcheurs, de 200 à 400 FMG/kg, le coût du transport et les pertes de produits au cours de la commercialisation font que le prix du poisson au consommateur, dans les zones orientales fortement peuplées, ne sont pas compétitifs avec ceux de la viande: 900 à 1.500 FMG/kg pour le poisson frais ou congelé entier, soit 1.500 à 2.500 FMG/kg en termes de poids net consommable, contre 1.000 FMG/kg pour la viande bovine désossée.
59. De la même manière, les bas prix aux pêcheurs, imposés par les contraintes du marché, réduisent à l'extrême la rentabilité financière des opérations de production. Cette production est un obstacle majeur au développement des pêcheries artisanales, c'est-à-dire au passage de celles-ci du niveau de pêcheries traditionnelles de subsistance, où elles se trouvent actuellement, à celui de pêcheries modernes orientées vers la production commerciale.
60. Dans le premier cas, la pirogue non motorisée ne représente qu'un faible investissement. Son exploitation peut donc se poursuivre malgré les résultats financiers extrêmement bas et irréguliers provenant de la vente du surplus de poisson restant après l'auto-consommation de l'équipage. Pour que son équipage obtienne par exemple un gain d'environ 28.000 FMG/homme/mois, il lui faudra obtenir une production commercialisée de 3,6 t/an, les coûts d'investissement et d'exploitation ne représentant que la valeur de 139 kg de poisson par an (Annexe 5).
61. Dans le second cas, la motorisation impose un investissement considérable. Cet ínvestissement, qui s'accompagne d'obligations rigides au titre du service de la dette, du remplacement des équipements, de l'entretien, des coûts de production, etc. nécessite une rentabilité financière importante et stable. L'existence d'une telle rentabilité impose à son tour que, par rapport à la pirogue non motorisée, la production soit multipliée par un facteur de 7, pour atteindre 25 t/an (Annexe 5). C'est là un objectif difficilement réalisable compte tenu des difficultés d'approvisionnement en pièces de rechange, équipements, combustible, etc., ainsi que de celles liées à l'écoulement de la production. Cette rentabilité nécessitera donc également que les prix aux producteurs soient suffisamment élevés. Etant donné la faiblesse du pouvoir d'achat des consommateurs nationaux, ces prix ne pourront être obtenus que si la commercialisation est assez puissante et dynamique pour réduire ses coûts de revient et ses marges bénéficiaires unitaires, et pour compenser ses diminutions de gain unitaires par un accroissement des quantités vendues, autant d'actions qui restent pratiquement impossibles tant que les produits ne pourront être aisément transportés entre le littoral et les provinces à hautes densités de population.
62. Enfin, la plupart des autres facteurs généralement identifiés comme étant des obstacles au développement des pêcheries artisanales maritimes, ne sont finalement que les séquelles des contraintes fondamentales et secondaires citées ci-dessus.
63. Parce que des pêcheries uniquement préoccupées de l'approvisionnement du marché national ne peuvent être que difficilement rentables, celles-ci ne peuvent que difficilement assurer la rentabilisation de leur motorisation, d'où la concentration de l'effort de pêche dans les parages voisins des centres urbains du littoral, ceci provoquant la surexploitation de ces zones. Pour ces mêmes raisons, ces pêcheries doivent en rester au niveau le plus élémentaire de la subsistance. Elles ne constituent donc pas un important marché pour des équipements qui, tout naturellement, n'apparaissent pas sur ce marché.
64, Les défaillances de nombreuses tentatives de coopératives procèdent en grande partie des mêmes origines. Les capitaux initialement investis dans l'acquisition d'unités de pêche modernes ne peuvent générer un revenu suffisant non seulement pour assurer leur propre rentabilité, mais encore pour supporter le service de la dette, le renouvellement des équipements et, parfois même, les simples coûts d'exploitation. Il en résulte que ces coopératives ne peuvent survivre dans une assistance extérieure continue, ce qui est évidemment contraire à des intérêts économiques nationaux bien compris.
65. En d'autres termes, le développement de pêcheries maritimes orientées vers l'approvisionnement du marché national dépend tout d'abord de la solution des problèmes de commercialisation sur ce marché. La priorité en ce domaine réside dans un approvisionnement important, constant, de bonne qualité et à des prix acceptables pour les consommateurs à bas revenu.
66. La solution de ces problèmes est extrêmement ardue dans une situation dominée par les contraintes précitées (paragraphes 54 à 57). Elle ne pourra se trouver que dans le long terme, au fur et à mesure que l'implantation d'un réseau routier efficace aménagera l'espace du territoire. Dans cette attente, une politique d'actions au coup par coup ne pourra donc obtenir de résultats durables. L'important effort consenti par le Gouvernement depuis de nombreuses années pour moderniser les pêcheries artisanales, par le canal de divers types d'aide, de projets et de coopératives, risque fort de ne pouvoir améliorer rapidement et, efficacement les conditions de vie des pêcheurs et le régime alimentaire de la majorité des consommateurs.
67. L'effort de développement des pêcheries devrait donc s'intégrer au cadre d'une stratégie globale pour l'utilisation rationnelle de tous les potentiels alimentaires nationaux (section 5.1).
68. L'importance de sa ZEE, de son plateau continental, de son littoral et de ses potentiels halieutiques maritimes (paragraphes 46 et 47), assure à Madagascar une situation favorable pour le développement de ses pêcheries maritimes. Cet avantage est renforcé par l'existence d'une pêcherie traditionnelle dont l'effectif d'environ 11.000 hommes est suffisant pour servir de base au démarrage d'un développement approprié. La présence d'une pêcherie crevettière industrielle exploitant environ 42 unités, dont bon nombre est commandé par des Malgaches, est un autre atout. Il en va de même pour les équipements logistiques existant déjà en divers points du littoral, et, dans certains cas, peu ou pas utilisés à ce jour (Annexe 6). Enfin, des conditions météorologiques généralement clémentes, surtout sur la côte occidentale, une grande variété hydrologique autour de l'île, de nombreux abris naturels sur la côte occidentale, etc., sont autant d'avantages supplémentaires importants.
69. Tout le problème consiste donc maintenant à utiliser ces atouts au mieux des intérêts du sous-secteur des pêches et de ceux de l'économie nationale. Ceci, ainsi que souligné au paragraphe 67, nécessite une stratégie globale. Celle-ci, pour être rationnellement élaborée, avec des objectifs réalisables et hiérarchisés et des tactiques et moyens appropriés pour les atteindre, impose tour d'abord que soient identifiées les potentialités économiques des principales opportunités de développement, ainsi que la faisabilité de l'utilisation de ces opportunités.
70. L'analyse des contraintes (section 3.2) démontre que, tant que l'espace du territoire ne sera pas aménagé et organisé par un réseau routier capable de transporter efficacement la production existante, il sera sans doute aléatoire de vouloir développer la production du poisson de mer pour l'approvisionnement du marché national. Comme les pêcheries maritimes ne constituent pas une activité majeure pour l'alimentation du pays, il lui faudra attendre que d'autres secteurs ou sous-secteurs provoquent l'implantation de ce réseau.
71. En d'autres termes, pour que les pêcheries maritimes puissent rapidement jouer leur rôle potentiel, qui est important, dans l'économie nationale, il convient sans doute que, dans le court et le moyen terme, elles s'orientent vers deux objectifs principaux.
72. Ceux-ci sont, en premier lieu, l'exploitation de ressources disponibles exportables et génératrices de rentrées de devises fortes et, en second lieu, l'amélioration des approvisionnements en poisson frais pour les populations côtières et en poisson transformé (salé-séché, fumé, conserves) pour les consommateurs de l'arrière pays.
73. Les potentiels halieutiques disponibles pour ces développements sont nombreux. Ceux qui offrent les meilleures possibilités en termes de rentrées de devises et de faisabilité de l'exploitation sont essentiellement les langoustes du plateau continental, les crabes de mangrove, les espèces démersales associées aux langoustes, en particulier les poulpes, et les requins. Les poissons démersaux et les gros pélagiques de la crète du talus continental viennent en second lieu, puis les crustacés des pentes de ce talus. D'autres potentiels, les petits pélagiques côtiers et les thonidés offrent également d'intéressantes possibilités. La faisabilité de leur exploitation est cependant plus aléatoire, les premiers requérant d'importants intrants importés pour leur transformation et les seconds, pour leur production, d'énormes investissements et une forte dépendance sur le savoir-faire étranger.
74. Les potentiels de crevettes pénéides du plateau continental qui, selon Ralison (1980), pourraient offrir une disponibilité pour le développement de l'ordre de 2.000 t (potentiel: 7.000 t - captures: 5.000 t), ne sont pas considérés dans cette section, ni d'ailleurs ceux du poisson accompagnant les captures crevettières. La raison de cette mise à l'écart est qu'il est estimé que la pêcherie crevettière chalutière du plateau continental est une activité rodée et dynamique, ne nécessitant aucune aide technique pour se développer. Sa longue existence fournit par ailleurs toute l'information nécessaire quant à ses éventuels besoins en investissements pour son éventuelle expansion. Ceci n'est pas le cas des autres ressources étudiées ci-dessous'.
75. Le plateau continental de Madagascar possède un potentiel langoustier certain. Celui-ci est bien connu au plan de la systématique. Selon Pichon (1964), il se compose de six espèces, coutes du genre Panulirus: P. ornatus, P. versicolor, P. japonicus, P. penicillatus, P. dasypus et P. bürgeri. Selon ce même auteur et quelques autres, dont Monod et Petit (1929), ces espèces occupent les faciès rocheux et corailliens côtiers sur tout le pourtour de l'île, chacune possédant toutefois son aire de distribution particulière (Annexe 7).
76. La distribution bathymétrique connue de ces ressources serait approximativement la suivante (m):
| - | P. ornatus | 0 à 25 1/ | - P. penicillatus | 0 à 10 2/ |
| - | P. versicolor | 0 à 15 1/ | - P. dasypus | 2 à 30 2/ |
| - | P. japonicus | 2 à 18 1/ | - P. bürgeri | 0 à 10 2/ |
77. Ceslangoustes ont toujours été capturées par les pêcheurs artisanaux pour leur subsistance. Leur exploitation commerciale débuta vers l'année 1948. Elle ne prit cependant une certaine ampleur qu'en 1966, lors de la création de la Société de Pêche Industrielle du Capricorne, SOPICA (Ralison, 1980). La pêcherie, qui se dédia alors essentiellement à l'exportation de ces produits vers le marché français, se concentra à Taolanaro, au Sud du pays. Elle s'étendit ensuite progressivement entre Androka et Manantenina (Annexe 7) et, à ce jour, poursuit ses activités dans les mêmes parages. Selon Nambole (circa 1979), la SOPICA céda la place à une nouvelle société, la NY ORATSIMBA, en 1974, tandis que diverses entreprises concurrentes voyaient le jour dans la région. Toujours selon le même auteur, l'Etat, pour diverses raisons socio-économiques, décidait de céder le monopole de l'exportation à l'union de coopératives RENGY en 1978, ce même monopole étant transferé à l'entreprise Socialiste Langouste du Sud (LANSU) depuis 1979.
1/ Pichon (1964), 2/ Direction des Pêches, communication personnelle, Novembre 1984.78. Selon diverses sources, les productions annuelles de la pêcherie auraient oscillé entre 75 et 135 t, entre 1973 et 1978. De 1979 à 1983, selon les statistiques des Pêches Maritimes, les productions seraient les suivantes (t):
Année |
EV ou ECRC |
ECUC |
QC |
Total en |
|
|
|
|
EEV |
|
|
|
|
|
1979 |
41,2 |
1,3 |
5,5 |
58,5 |
1980 |
47,0 |
2,6 |
4,9 |
64,2 |
1981 |
57,0 |
23,4 |
12,3 |
121,4 |
1982 |
49,3 |
0,4 |
12,8 |
86,4 |
1983 |
58,9 |
0,1 |
6,1 |
76,4 |
79. Cette production est essentiellement composée de P. bürgeri et P. penicillatus. La mission a observé environ 800 kg de P. bürgeri lors de la pesée chez les pêcheurs de Ste Luce, à une cinquantaine de kilomètres au Nord-Est de Taolanaro. Elle a pu constater que cette espèce constitue un excellent produit d'exportation avec des tailles individuelles se situant entre 300 et 800 g pour environ 80 pour cent des cas.
80. Dans les parages de Taolanaro, les captures-se font surtout aux nasses appatées, par des profondeurs de 10 à 20 m. A ce sujet la mission a pu constater que la nasse traditionnelle en canne sauvage, avec entrée latérale de la même matière, est adéquate pour les espèces recherchées. Les pirogues utilisées, d'une longueur de 4 à 6 m, d'une largeur de 0,50 à 0,70 m et d'un creux approximativement similaire, sont par contre trop petites et instables pour pouvoir opérer un grand nombre de nasses ou pour pouvoir pêcher par mer même modérée. Les autres techniques de capture utilisées dans la pêcherie langoustière du reste de Madagascar sont la plongée, généralement sans bouteilles d'air, ou la pêche nocturne au flambeau, avec foëne ou harpon.
81. La description précédente de la pêcherie langoustière, ainsi que la revue des études et recherches réalisées à son sujet par le passé, amènent à faire quelques remarques.
82. Au plan des technologies d'extraction, la pêcherie en est resté à un stade primitif. La pirogue est trop instable pour travailler efficacement aux nasses, pour travailler par des mers même modérées, ou encore pour s'éloigner quelque peu des eaux strictement côtières.
83. La nasse traditionnelle, bien que parfaitement appropriée et très efficace pour certaines espèces, ne l'est pas pour toutes et n'est pas, par ailleurs, le seul engin susceptible d'exploiter la ressource. Des filets maillants, spécialement conçus pour les fonds corailliens, pourraient obtenir de meilleures rentabilités en certains cas, plus spécialement dans l'exploitation des espèces n'étant pas attirées par les nasses, il en va de même pour les pièges, les nasses avec barrière ou ailes, etc.
84. La pêcherie commerciale actuelle se localise dans le Sud du pays, sur une portion de côte qui ne représente qu'environ 12 pour cent du littoral malgache. Quelque soit la raison de cette concentration, il n'en reste pas moins que les ressources langoustières se distribuent tout autour de l'île, comme l'attestent les recherches passées et les pêcheries de subsistance (Annexe 7). Les densités de cette distribution sont certainement diverses, mais il existe une forte probabilité pour que la pêcherie puisse être rentable en d'autres régions.
85. Au plan de la recherche et dans les limites des informations et de la documentation fournies à la mission, il apparaît que, à ce jour, toutes les études se sont concentrées sur les populations des récifs de la frange côtière, sans s'intéresser à celles qui pourraient occuper les nombreux récifs immergés encombrant la totalité du plateau continental, entre le littoral et la crète du talus continental.
86. Ces études, par ailleurs, se sont uniquement intéressées aux aspects systématiques et écologiques des ressources, et non à ceux de leurs potentialités de production, de leur mise en exploitation et de leur aménagement.
87. Il apparaît aussi qu'aucune exploration systématique de type commercial, spécialisée dans la recherche de la langouste, n'a été menée afin de déterminer la distribution géographique et bathymétrique réelle des potentiels langoustiers, les technologies les plus adéquates pour leur exploitation et la rentabilité financière de cette exploitation. En d'autres termes, aucune recherche à but d'investissement pour le développement de la pêcherie ne semble avoir été faite.
88. L'idée générale qui ressort des diverses etudes existantes est finalement que l'équilibre du stock langoustier est extrêmement fragile, et donc peu propice au développement de son exploitation intensive. S'il est vrai que les stocks langoustiers sont vulnérables et fragiles, en particulier du fait de leur croissance lente (de 5 à 6 ans pour parvenir aux tailles commerciales), il n'en reste par moins que l'exploitation de ces produits de haute valeur financière peut et doit se développer dans l'intérêt de l'économie nationale. Tout le problème consiste à aménager rationnellement la pêcherie, comme cela s'est fait avec succès en Australie, en Afrique du Sud, à Bélize et à Cuba. Dans une île comme Madagascar, un tel aménagement ne présente pas de difficultés majeures, au contraire, il est facilité par le fait que les stocks adultes sont liés au plateau continental national, que les exportations sont facilement contrôlables, que la faiblesse du marché national diminue les risques de captures incontrôlées, etc.
89. La section précédente, en particulier ses paragraphes 82 à 87, enseigne que, en fin de compte, les potentiels langoustiers de Madagascar sont pratiquement inconnus en ce qui concerne leur PAME et leur valeur économique réelles. La question qui se pose donc est de savoir maintenant s'il existe quelque probabilité pour que cette PAME et cette valeur soient supérieures au niveau qui leur a été attribué par le passé. Cette probabilité ne pourra être contrôlée que par un effort du type exploratoire commercial proposé en l'annexe 8.
90. A ce stade il convient de préciser que cet effort exploratoire se justifie pour deux raisons principales. Tout d'abord, le plateau continental, en particulier dans sa partie occidentale, possède une écologie propice à l'existence de populations langoustières. Ensuite, ces caractéristiques écologiques sont très semblables à ceux d'autres parages tropicaux où des explorations du type préconisé ont permis de découvrir des stocks langoustiers d'une importance économique qui étaient totalement insoupçonnés avant leur réalisation.
91. L'habitat des langoustes tropicalest est essentiellement circonscrit aux faciès rocheux et corailliens. Ces faciès abondent sur le plateau continental malgache. Les récifs côtiers rocheux et corailliens occupent une surface approximativement estimée à 5.000 km2. Par ailleurs, de nombreux récifs immergés de même nature sont dispersés sur toute l'étendue du plateau continental, par des profondeurs approximatives de 0 à 40 m, sous forme de multiples bancs de toutes tailles. La surface de ces récifs immergés est difficilement calculable mais peut être grossièrement évaluée à environ 15.000 km2. Enfin, dans le secteur Nord occidental du plateau continental, entre le Cap d'Ambre et le Cap St. Vincent, une importante chaîne de récifs corailliens immergés suit le rebord de l'accore du plateau sur une longueur d'environ 1.500 km, à une distance moyenne de 35 km des côtes, par des profondeurs de 0 à 30 m. La surface estimée de cette chaîne de récifs est de l'ordre de 6.000 km2.
92. En d'autres termes, Madagascar possède approximativement 26,000 km2 de fonds potentiellement adéquats pour la langouste, c'est-à-dire une surface plus ou moins similaire à celle dont disposent plusieurs pays gros producteurs de langoustes tropicales, en particulier dans la Mer Caraïbe.
93. Sur le plan écologique, en sus de ses nombreux fonds rocheux et corailliens, le secteur occidental du plateau continental malgache possède un système courantologique qui le rend encore plus propice pour la présence de populations langoustières. La courantologie générale de Madagascar se caractérise par deux régimes différents. Dans le secteur oriental de l'île, le flux constant du courant équatorial provenant de l'Est se heurte à sa masse terrestre et, à la hauteur de 18°00'S, se divise en deux branches la contournant par le Nord et le Sud. Ces courants, sous l'influence des alizés, sont stables et modérés à forts, avec des vitesses moyennes de l'ordre de 3 à 4 km/heure en Février et 1,5 à 2,0 km/heure en Février 1. Dans le secteur occidental le régime des courants est totalement différent. L'île agit comme un barage face au courant équatorial, barrage en aval duquel, du côté Ouest de l'île, s'institue une zone tourbillonnaire avec des courant de directions et de forces instables. Cette instabilité est encore accrue du fait de vents variables, du relief accidenté du plateau continental, de la configuration tourmentée du littoral, en particulier au Nord du Cap St. André, de la peacute;sence de nombreux récifs littoraux et de puissants courants de marée.
1 South Indian Ocean Pilot, Hydrographer of the British Navy, NP 39, 1971.94. Il est certain que ces conditions courantologiques du secteur occidental sont particulièrement propices à l'existence de populations langoustières. En effet, l'absence d'un courant général stable fait que la même masse d'eau séjourne longtemps dans la région. Ceci est évidemment un avantage pour le recrutement d'espèces qui, telles les langoustes, ont une vie larvaire planctonique pélagique d'une durée de six à neuf mois.
95. L'absence d'un courant général portant vers le large fait qu'une importante proportion des phyllosomes pélagiques bénéficie d'une forte probabilité de séjourner aux alentours des peuplements géniteurs, et donc de renforcer ceux-ci lors de leur métamorphose en juvéniles démersaux (Giudicelli, 1971).
96. La situation actuelle de la pêcherie langoustière malgache, en particulier le fait qu'elle se concentre surtout dans le voisinage des récifs côtiers, alors qu'une bonne partie du plateau continental semble favorable à son développement (paragraphes 91 à 95), est en fait très similaire à celle de pêcheries langoustières d'autres parages des mers intertropicales avant leur développement.
97. L'existence de nouveaux stocks dans les eaux du large, à des distances de 20 à 50 miles au large de populations langoustières côtières traditionnellement exploitées a été commercialement démontrée pour P. regius au Sénégal (Giudicelli, 1971).
98. Le même phénomène a été également démontré pour P. argus dans la Mer Caraïbe du Honduras et du Nicaragua (Yesaki et Giudicelli, 1971, Giudicelli, 1971). Jusqu'à l'année 1968 ces deux pays, qui exploitaient uniquement leurs langoustes des bancs et récifs côtiers aux nasses et surtout par plongeurs, avaient une production annuelle de 500 à 1.000 t de langouste entière. En 1969, le Projet Régional de Développement des Pêches en Amérique Centrale (FAO/PNUD) entreprenait une exploratiòn de type commercial spécialisée pour la langouste, du type préconisé au paragraphe 89, cette exploration couvrait la totalité du plateau continental de ces pays et découvrait de nouveaux stocks sur des récifs et bancs immergés, à des distances de 50 à 120 miles des concentrations côtières traditionnellement exploitées. Ces nouveaux stocks devaient assurer des productions annuelles de l'ordre de 5.000 t de langouste entière durant les années suivantes.
99. Il est enfin à noter que les parages où ces nouvelles ressources langoustières furent découvertes par la FAO avaient été déjà explorés, sans résultat, par de nombreux programmes menés par diverses autres institutions et orientés vers la recherche de nouveaux potentiels halieutiques. Le succès de la FAO provint du fait que sa technologie et sa méthode d'exploration possédaient un caractère essentiellement commercial et qu'elles étaient sp&cute;cialisées dans la recherche active et l'exploration intensive de la langouste, en un mot, qu'elles étaient du type préconisé pour Madagascar en l'annexe 8. A l'opposé, le manque de succès des travaux menés précédemment par les autres institutions était essentiellement dû au fait qu'ils étaient trop généraux et, surtout, qu'ils ne tenaient pas suffisamment compte des comportements particuliers aux langoustes.
100. En résumé donc, le stock langoustier du plateau continental de Madagascar n'est pas, ou n'est que très peu connu en dehors de l'étroite frange des récifs côtiers où il est traditionnellement exploité. Ce stock paraît plus important qu'il n'a pas été estimé à ce jour. Il existe sur tout le pourtour de l'île (3.500 km) et, à l'exception de la région de Taolanaro, n'est pas commercialement exploité. Cette situation constitue en elle-même une intéressante potentialité de développement. Cette potentialité est renforcée par le fait que, en sus de leur habitat côtier connu, d'une superficie d'environ 5.000 km2, les langoustes malgaches ont à leur disposition un habitat rocheux et coraillien immergé d'une surface approximative de 21.000 km2, dispersé sur toute la surface du plateau continental. A ce jour, cet habitat n'a pas été exploré comme il se doit, par un programme de pêche exploratoire systématique à caractère commercial, spécialisé dans la capture de la langouste. Le fait que des programmes de ce genre, dans des contextes écologiques similaires à ceux de Madagascar, au Sénégal et dans la Mer Caraïbe occidentale, ont permis de découvrir d'importants stocks langoustiers en dehors des concentrations côtières exploitées traditionnellement, est une raison supplémentaire pour assumer que les potentialités de développement de la pêcherie langoustière malgache sont plus importantes qu'il n'a été généralement estimé à ce jour, et pour entreprendre donc rapidement l'effort préconisé à l'annexe 8.
101. En considération de tous les facteurs naturels favorables précités, il ne semblerait pas excessif de prendre pour hypothèse qu'une pêcherie langoustière malgache bien organisée pourrait obtenir une production annuelle de l'ordre de 1.000 t. Aux prix actuels sur le marché français, qui est le plus gros importateur langoustier européen, cette production représenterait les valeurs suivantes FOB/littoral malgache en millions de FMG (1):
| Conditionnemént | Tonnage (t) | Valeur | Fret et | Valeur |
| CIF | Assurance | FOB | ||
| Vivante | 1.000 t x 0,95(2) : 950 t | 4.738 | 1.116(3) | 3.622 |
| Cuite fraîche | 1.000 t x 0,80(4) : 800 t | 5.150 | 893(5) | 4.257 |
| Cuite congelée | 1.000 t x 0,75(6) : 750 t | 3.117 | 990(7) | 2.127 |
| Queue congelée | 1.000 t x 0,32(8) : 320 t | 2.702 | 422(7) | 2.280 |
(1) 1 FF : 66,50 FMG
(2) Mortalité de 5%
(3) Fret aérien sur poids brut: poids net + 1)% x 1,015 MFMG/t
(4) Perte de poids de 20% à la cuisson
(5) Fret aérien sur poids brut: poids net + 1)% x 1,015 MFMG/t
(6) Perte de poids de 25% à la cuisson et à la congélation
(7) Fret maritime sur poids brut: poids ner + 10% x 1,200 MFMG/t
(8) Perte de poids de 68% pour étêtage et congélation
102. La valeur FOB de la tonne de langouste transformée en cuite fraîche est la plus avantageuse. Eile dépasse également celle de la queue de crevette de 13%, 4,25 MFMG contre 3,75 MFMG (paragraphe 48). Ce procédé de conditionnement, de loin le plus intéressant pour l'exportation sur le marché français, est d'autant plus faisable que trois Boeing 747, offrant chacun une disponibilité de fret de plusieurs tonnes, relient Antananarivo à Paris chaque semaine.
103. Les poulpes sont communs dans les eaux de Madagascar. A l'heure actuelle ils ne donnent lieu à aucune pêcherie spécialisée mais sont souvent capturés par les pêcheurs artisans sur tout le pourtour de l'île avec, semblerait-il, une fréquence accrue dans les parages de Toliara et Toamasina.
104. L'intérêt de cette espèce est que son habitat correspond approximativement à celui de la langouste et que les technologies nécessaires à son exploitation ne sont pas très différentes de celles utilisées par la pêcherie langoustière. Une pêcherie de poulpes serait donc complémentaire de l'exploitation langoustière et ne nécessiterait pas d'investissement spécifique si cette dernière devait se developper.
105. Pour cette espèce encore, le potentiel de production n'est pas connu. Aucune recherche n'a été menée à ce sujet. Cependant, si une campagne exploratoire de type commercial était réalisée pour la langouste, cet effort prendrait également le poulpe pour cible. Le chalut langoustier d'exploration le capturerait sur les fonds durs et, au cours des explorations aux nasses langoustières, des nasses, pièges et palangres à poulpe pourraient être également mis en action sans aucune complication.
106. Les probabilités sont bonnes en fait que les potentialités de cette ressource soient intéressantes dans les eaux malgaches. Ainsi que mentionné ci-dessus, les poulpes sont communs dans les prises des pêcheurs traditionnels. D'autre part, des contextes maritimes tropicaux approximativement similaires à ceux de Madagascar en particulier en ce qui concerne l'abondance des récifs immergés, et des fonds durs, supportent des pêcheries artisanales de poulpes produisant plusieurs milliers de tonnes à l'année. C'est le cas, par exemple, des parages de la péninsule du Yucatan, au Mexique, et des parages orientaux du Venezuela.
107. En termes économiques enfin, les marchés importateurs de poulpes sont actifs, en particulier le marché japonais qui offre les prix moyens suivants pour la tonne de poulpe congelé CIF/Japon: 1,03 MFMG pour les tailles inférieures à 1 kg, 1,38 MFMG pour les tailles comprises entre 1 et 2 kg, et 1,88 MFMG pour les tailles supérieures à 2 kg (Infofish, 1984).
108. Madagascar possède un important stock de crabes de mangrove (Scylla serrata). La PAME de cette ressource n'est pas connue mais, étant donné la surface du mangrove, environ 3.000 km2 (Annexe 1), est estimée se situer aux alentours de 7.500 t (Ralison, 1980).
109. Cette ressource est actuellement exploitée bien en-dessous de ce niveau par la pêcherie artisanale. La production annuelle, qui est d'environ 600 à 700 t, est consommée vivante sur le marché national, ou exportée congelée sur les marchés de Maurice et de la Réunion. Les contraintes freinant le développement de la production ne résident ni dans les capacités de capture ni dans celles du conditionnement. Les captures peuvent se faire par des moyens rudimentaires et le conditionnement grâce à diverses infrastructures frigorifiques déjà en place sur le littoral, en particulier celles des armements crevettiers. Ces contraintes sont celles déjà évoquées pour le marché national du poisson de mer (paragraphes 54 à 57) et, pour les marchés d'exportation actuels, la faiblesse des populations de la Réunion et de Maurice.
110. L'avenir du développement de la production de crabe dépend donc tout d'abord de l'ouverture de nouveaux marchés d'exportation, ainsi que de la diversification des méthodes de conditionnement du produit. Cet avenir est certainement intéressant si l'on considère que le crabe décortiqué atteint actuellement des prix CIF de l'ordre de 5,80 MFMG/tonne sur les marchés européens. Sur cette base, et en admettant que seulement 5.000 t de crabe vivant soient traitées en décortiqué, la valeur FOB de la ressource serait d'environ 4.300 à 4.500 MFMG 1.
111. Cette haute valeur commerciale fait que l'extension rapide de la production du crabe de mangrove représente l'une des premières priorités du sous-secteur des pêches. A ceci s'ajoutent d'autres avantages non moins importants: les faibles besoins d'investissement pour le développement de captures qui ne peuvent s'obtenir que par des technologies artisanales, la création de nombreux emplois, la facilité de manipulation des produits vivants entre la capture et le conditionnement, etc.
112. Les actions à entreprendre en ce domaine sont relativement simples et devront se réaliser dans le cadre d'un projet du type cité en l'annexe 9, projet dont les objectifs immédiats seront l'ouverture de nouveaux marchés, la diversification des méthodes de conditionnement, l'amélioration des techniques de capture, l'évaluation de la ressource pour son aménagement et pour déterminer les investissements nécessaires à son exploitation.
113. Si Madagascar possède un potentiel de requins certain, l'importance de celui-ci est totalement inconnue à ce jour. Plusieurs faits existent cependant qui suggèrent que sa taille pourrait être très appréciable. Tour d'abord, par sa localisation océanique, en plein travers du courant équatorial, Madagascar se trouve dans une situation favorable pour posséder une intéressante population de requins pélagiques océaniques: requins renards, taupes, peaux bleux, etc. Par ailleurs, par sa masse terrestre importante et sa bonne pluviométrie, l'île dispose de nombreux fleuves, lagunes et mangroves, plus particulièrement dans son secteur Nord occidental, c'est-à-dire d'un contexte généralement favorable à l'existence d'abondantes concentrations de requins côtiers tels que requins corail, tigres, marteaux, requins à pointes blanches, requins noirs, etc. Les innombrables récifs immergés du plateau continental ne font qu'améliorer la qualité du contexte écologique pour l'existence d'un potentiel de requin dont l'importance enfin, semble prouvée par la richesse et la diversité des trente espèces actuellement identifiées dans les eaux malgaches (Bauchot et Bianchi, ¿984).
1 Rendement en chair: 15% du poids vivant, fret: 1,20 MFMG/t.114. A ce jour, il n'existe aucune pêcherie de requin dans te pays et, à vrai dire, ses captures sont plutôt rares. Cette rareté des prises n'est cependant pas imputable à une éventuelle faiblesse du potentiel, elle l'est en fait, tout d'abord, à l'absence de technologies adéquates pour son extraction. Les gros requins, c'est-à-dire des poissons de 100 à 500 kg, ne sont que rarement capturés par des chaluts crevettiers qu'ils détruisent généralement s'ils y pénètrent. Par ailleurs, leur capture par la pêcherie artisanale traditionnelle n'est que très accidentelle car ils coupent les lignes, détruisent ou emportent les filets maillants et, de toute façon, ne peuvent être que très difficilement manipulés par des pirogues trop petites et instables.
115. L'exploitation de ces ressources nécessite en fait une pêcherie spécialisée, de type artisanal avancé, travaillant essentiellement aux palangres horizontales courtes ou aux palangres verticales, à partir d'embarcations de 12 à 15 m. La rentabilité d'une telle pêcherie pourrait être intéressante si l'on considère le fait que, d'une part, les requins sont hautement vulnérables aux types d'engins précités, c'est-à-dire que leurs captures par unité d'effort de pêche sont généralement élevées, et que, d'autre part, leurs prix sont appréciables sur le marché mondial (paragraphe 116).
116. Bien que l'importance du potentiel considéré ne soit pas connue à Madagascar, il peut être raisonnablement estimé, sur la base d'autres pêcheries de la ceinture intertropicale (Panama, Mexique, Mer Rouge, etc.), que les eaux malgaches pourraient produire quelques milliers de tonnes de requin à l'année. Une telle éventualité mérite d'être soigneusement prise en considération si l'on tient compte du fait que la valeur d'une tonne de requin débarquée sur la côte malgache pourrait posséder une valeur approximative de l'ordre de 0,67 MFGM 1.
117. L'implantation de la pêcherie nécessaire à l'exploitation du requin nécessitera cependant des investissements. Ceux-ci ne pourront être décidés sans une information concrète sur la rentabilité de l'activité et la magnitude du potentiel de production. Les actions à entreprendre pour obtenir ces données, et en même temps former du personnel sur le tas, pourront se réaliser par le canal d'un projet du type donné en l'annexe 10. Les principaux objectifs immédiats de ce projet seront de localiser la ressource, de déterminer sa magnitude et son abondance relative, de mettre au point les technologies nécessaires à son extraction et à son conditionnement, d'ouvrir desmarchés d'exportation, de former du personnel à tous les niveaux, de déterminer la rentabilité financière de la pêcherie et les besoins d'investissement pour son développement.
1 Calculée sur les bases suivantes:- Prix CIF marché d'Extrême-Orient, requin entier, étêté, éviscéré et congelé: US$/t 1.380 x 607 FMG: 837.660 FMG, aileron et queue séchés: US$/t 12.000 x 607 FMG: 7.284.000 FMG (Infofish, 1984).
- Valeur au débarquement du requin étêté éviscéré, 50% de la valeur CIF étant déduit pour l'étêtage, l'éviscération, le conditionnement, le fret et l'assurance, 70$ de la valeur CIF des ailerons et queues, étant admis qu'une tonne de requin entier produit 50 kg de ces produits, valeur d'une tonne débarquée port malgache:
| - Requin: | 1 t x 837.660 FMG x 50% | 0,418 MFMG |
| - Queue et aileron: | 0,05 t x 7,28 MFMG x 70% | 0,255 MGMG |
| 0,673 MFMG |
118. La crète du talus continental, dans l'intervalle des 60 à 250 m approximativement et dans toute la zone intertropicale du globe, recèle des ressources démersales essentiellement composées d'espèces de haute valeur commerciale fortement demandées sur le marché mondial: Lutjanidés (vivaneaux et colas), Serranidés (mérous et vieilles), et Sparidés (dentés, spares et pagres). Ces ressources supportent donc des pêcheries très actives dans de nombreux pays en voie de développement. Ces pêcheries, orientées vers l'exportation et générant d'importantes rentrées de devises chez les producteurs, sont particulièrement importantes en Indonésie, Indes, Thailande, Brésil, Mexique, etc.
119. Il n'existe en réalité aucune raison majeure interdisant que Madagascar, qui possède un contexte naturel aussi propice que les pays précités pour la présence des espèces considérées, ne devienne à son tour un exportateur de ces produits.
120. Ces espèces existent en effet sur tout le pourtour des accores du plateau continental malgache mais y sont peu ou pas exploitées pour trois raisons principales. Tout d'abord, elles n'intéressent pas la pêcherie crevettière chalutière car elles se concentrent sur des fonds rocheux ou corailliens difficilement chalutables sinon totalement inchalutables. Ensuite, elles n'intéressent pas une pêcherie artisanale traditionnelle dont les pirogues sont insuffisamment stables et autonomes pour exploiter intensivement les accores du plateau continental, à des distances de 15 à 30 miles (25 à 55 km) de terre et dans des conditions de mer ouverte. Enfin, cette pêcherie artisanale, de toute façon, ne possède pas de débouchés nationaux suffisamment intéressants pour des produits dont l'extraction est plus difficile que celle d'espèces côtières plus facilement accessibles.
121. La faiblesse de leur utilisation actuelle est donc principalement occasionnée par des déficiences techniques et commerciales, ou par un manque d'esprit d'entreprise ou encore de connaissances, et non par l'insuffisance des ressources ou l'absence de marchés importateurs. En ce qui concerne les ressources, il convient de noter que la surface totale de l'intervalle des 60 à 250 m autour de Madagascar peut être estimée à environ 30.000 km2. En admettant, conservativement, que la PAME des espèces considérées soit de seulement 0,35 t/km2, leurs disponibilités de production annuelle est de l'ordre de 10.500 t soit, aux prix actuel sur les marchés importateurs, une valeur débarquée exportable 3.119 MFMG 1.
1 Calculé sur les bases suivantes:- Production de mérous: 4.000 t en frais, soit 1.200 t en filet.
- Production de vivaneaux: 6.500 t en frais, soit 2.600 t en filet.
- Prix CIF/marchés d'Extrême-Orient (Infofish, 1984), filet de mérou: US$ 1.750 la tonne (1,06 MFMG), filet de vivaneau: US$ 2.600 la tonne (1,51 MFMG).
- Valeur au débarquement: 60% des valeurs CIF, 40% étant déduits pour le conditionnement, le fret et l'assurance.
- Valeur au débarquement port malgache:
| Mérou: | 1.200 t x 1,06 MFMG x 6)% | 763,2 MFMG |
| Vivaneau: | 2.600 t x 1,51 MFMG x 60% | 2.355,6 MFMG |
| 3.118,8 MFMG |
122. C'est là une opportunité de déveIoppement non négligeable et d'autant plus intéressante que tes ressources seraient exploitables par une pêcherie artisanale de type avancé, c'est-à-dire une activité à faible intensité de capital, une technologie d'extraction rapidement assimilable par les pêcheurs artisanaux traditionnels et une technologie de conditionnement des plus simples.
123. L'introduction d'une telle pêcherie réclamera cependant des investissements. Avant que de les entreprendre il conviendra donc de mener un projet pilote du type de celui donné en l'annexe 11, et dont les objectifs immédiats principaux seront similaires à ceux du projet pilote envisagé pour les requins (paragraphe 117).
124. L'île de Madagascar agît comme um barrage d'une longueur d'environ 1.560 km en travers du courant équatorial, dont l'origine se situe à 6.000 ou 7.000 km à l'Est du pays (annexe 1). Cette situation est particulièrement favorable à la présence de gros et moyens pélagiques océaniques le long de l'accore du plateau continental, plus spécialement le long de sa portion orientale. Des situations courantologiques approximativement similaires dans la ceinture maritime intertropicale sont à l'origine d'intéressantes pêcheries artisanales avancées pour les espèces considérées. Des pêcheries de ce genre, essentiellement orientées vers l'approvisionnement de marchés extérieurs existent à l'Est des Petites Antilles, au Nord de Cuba, au Sud de la Méditerranée centrale, etc.
125. Ces espèces fortement migratrices se composent principalement de Scombridés (thazards, bonites, listaos, albacores, thons obèses, etc.), d'Istiophoridés (marlins et voiliers) et de Xiphidés (espadons). Elles sont également représentées par des coryphènes et des requins océaniques (paragraphe 113). Toutes ces ressources océaniques suivent les abords de la crète du talus continental lorsqu'elles rencontrent le plateau continental, au-dessus duquel elles ne pénètrent que sporadiquement. Il s'en suit une concentratiou de ces espèces le long de la barrière représentée par l'accore du plateau, cet accore devenant donc une zone propice pour leur exploitation aux palangres, aux lignes, aux filets maillants, etc.
126. L'importance de ces ressources dans les eaux malgaches n'est pas connue. Il semblerait cependant que l'existence d'un contexte local propice à leur concentration (paragraphes 124 et 125), et aussi le fait qu'elles soient abondantes dans l'Océan Indien, peuvent laisser présager d'une intéressante probabilité pour que leur exploitation par une pêcherie de type artisanal avancé soit une entreprise rentable à Madagascar.
127. Les capacités de production de ces ressources exportables n'étant pas connues, il n'est pas actuellement possible d'estimer les valeurs que pourrait générer une telle pêcherie. Il convient simplement de noter que les prix actuels des produits considérés sur les marchés importateurs sont de l'ordre de US$ 1.500 à 4.000 la tonne (0,91 à 2,42 MFMG), selon les espèces et les marchés.
128. Ici encore, comme pour les pêcheries proposées dans les sections précédentes, il ne peut être espéré un démarrage de l'activité avant que sa rentabilité financière et son importance globale ne soient démontrées aux investisseurs et aux entrepreneurs potentiels. Ces données pourront être obtenues grâce à un projet pilote du type proposé en l'annexe 11.
129. Dans l'intervalle de 100 à 1.000 m, le talus continental malgache possède une longueur et une surface grossièrement évaluées à 3.800 km et 30.000 km2. Les explorations de l'ORSTOM (Crosnier et Jouannic, 1973) ont démontré que cette zone recèle des ressources de haute valeur commerciale sur les marchés extérieurs. Cette ressource se compose plus particulièrement des espèces suivantes:
Espèce |
Intervalle (m) | |
| - Hymenopenaeus sibogae | (crevette) | 425 à 475 |
| - Plesiopenaeus edwardsianus | (crevette) | 700 à 800 |
| - Aristaeomorpha foliacea | (crevette) | 700 à 800 |
| - Aristeus spp. | (crevette) | 700 à 800 |
| - Nephrops andamanicus | (langoustine) | 425 à 475 |
130. Ces travaux ont également démontré que les crevettes et langoustines précitées, exploitées dans les parages de Toliara avec un chalut d'exploration de 14 m de corde de dos, équipé d'une patte d'oie et non de bras, ce qui réduit en principe l'importance des captures par unité d'effort de pêche, pouvaient assurer des productions qui, dans 58% des stations efficaces réalisées entre 450 et 1.000 m, se situaient entre 10,3 et 27,8 kg/heure.
131. Il est évidemment difficile d'extrapoler ces rendements pour savoir quelles auraient été les captures d'un chalutier crevettier équipé d'un chalut commercial spécialisé. Les auteurs indiquent que les rendements précités étaient les mêmes que ceux qu'ils obtinrent dans les mêmes profondeurs et avec un chalut d'exploration, de 14 m également, au large du Congo, Ils précisent par ailleurs que les crevettiers espagnols exploitant les fonds congolais avec des chaluts crevettiers de 60 m de corde de dos, obtiennent des productions journalières moyennes supérieures à une tonne.
132. Sur la base des rendements du chalut de 14 m utilisé par l'ORSTOM, il semblerait tentativement possible d'estimer que les captures d'un chalutier identique à ces crevettiers espagnols 1/ pourraient être de 78 à 211 kg/heure, soit 1,2 à 3,2 tonnes/jour approximativement 2/.
1 Chalutiers d'une puissance moyenne de 800 cv remorquant un chalut à longues ailes de 60 m de corde de dos avec bras et entremises en filin mixte de č 40 à 60 mm, d'une longueur de 200 à mm. 2 Il est assumé que:- L'ouverture horizontale du chalut est égale à 50% de la longueur de la corde de dos, soit 14 m x 50%: 7 m et, 60 m x 50%: 30 m.
- La distance entre les panneaux est de 100 m dans le cas du chalut de 60 m et de 7 m dans celui du chalut de 7 m, qui ne possède ni bras ni entremise.
- Dans le cas du chalut de 60 m, la largeur de la zone de rabattage des bras et entremises est égale à la distance entre panneaux moins l'ouverture horizontale du chalut, soit 100 m - 30 m = 70 m.
- Les captures obtenues grâce à l'effet de rabattage des bras et entremises représentent 33% des ressources situées dans la zone de rabattage.
- Sur ces bases, les rendements du chalut de 60 m seraient les suivants:
133. De tels rendements, s'ils pouvaient être régulièrement obtenus, représenteraient évidemment une importante opportunité de développement. Selon Crosnier et Jouannic (1973), les terrains du talus continental propices au chalutage sont malheureusement peu importants, seule la région de Toliara paraissant offrir deux fonds chalutables d'une surface d'environ 900 km2. Cette surface pourrait être cependant suffisante à elle seule pour que 2 à 3 chalutiers puissent y opérer sans encombre. Sur la base des rendements cités au paragraphe précédent, cette flottille pourrait sans doute assurer une production annuelle exportable de l'ordre de 500 à 600 t de crevette entière d'une valeur de 1.030 à 1.240 MFMG, sur la base des prix établis au paragraphe 48.
134. Dans les parages non chalutables, qui occupent apparemment la majorité des surfaces disponibles, les ressources crevettières pourraient être exploitées aux hasses par une pêcherie artisanale de type avancé, comme c'est le cas aux îles Baléares, en Méditerranée. Cette technologie permettrait par ailleurs d'exploiter les espèces associées aux crevettes, en particulier les langoustines, les crabes profonds (Geryon quinquedens) et les diverses langoustes existant dans ces profondeurs, dont Panilurus guilchristi. Cette dernière espèce, commune dans le canal du Mozambique, supporte actuellement une pêcherie rentable au Mozambique. Bien que quelques tentatives exploratoires menées par le passé à Madagascar n'aient pas obtenu de résultats probants à son sujet, rien n'indique qu'une pêcherie commerciale exploitant intensivement le talus ne réussirait pas à localiser d'intéressantes concentrations de cette langouste.
135. Le lancement d'une telle pêcherie ne pourra cependant commencer avant que les investisseurs et entrepreneurs potentiels ne soient concrètement informés de sa rentabilité financière et de son importance globale. Cette information ne pourra être obtenue que par un projet pilote du type proposé en l'annexe 12.
136. Le stock de petits pélagiques côtiers des eaux malgaches est relativement important et se compose surtout de diverses espèces de sardines et chinchards. Selon Ralison (1980), sa PAME serait de l'ordre de 50.000 à 110.000 t (Annexe 2). Les travaux du projet. FAO/MAG/77/009 auraient démontré que cette capacité serait en fait encore plus grande et pourrait se situer aux alentours de 200.000 t.
137. Le problème du développement de l'exploitation de cette ressource est premièrement d'ordre commercial. Ces produits ne pourraient intéresser que le marché national, leur commercialisation se heurtant alors aux contraintes évoquées précédemment (paragraphes 54 à 57).
138. Un essai de mise en conserve de petits pélagiques, réalisé voici quelques années par la MANIVICO, une entreprise de conserve de viande d'Antsiranana, s'est soldé par un échec. Selon Ralison (1980), l'origine de ce manque de succès se serait trouvée dans un mauvais approvisionnement en poisson de cette usine.
139. Madagascar ayant été autrefois un importateur de sardine en boîte, il se pourrait que ce produit possède toujours un marché potentiel dans le pays. Le problème de l'approvisionnement de MANIVICO, ou de toute autre usine, pourrait être sans doute facilement résolu sur le plan technique. Cette assertion est renforcée par le fait que, dans les années 1973-1975, une pêcherie thonière réunissant des intérêts malgaches et japonais et exploitant des canneurs basés à Nosy Bé, captura environ 1.500 t de petits pélagiques pour leur appât, avec des filets soulevés.
140. Une pêcherie de type artisanal avancé ou industriel, principalement basée sur l'utilisation de filets maillants dérivants, encerclants ou non, et, surtout, sur la senne coulissante, pourrait sans doute assurer des apports massifs et réguliers pendant les saisons où la ressource est suffisamment abondante.
141. Le problème de ce développement réside sans doute, et une fois encore, dans la commercialisation des produits finis, en particulier leurs prix sur les marchés consommateurs de l'intérieur du pays.
142. Etant donné que la PAME de la ressource est approximativement connue, ainsi que sa localisation, ses saisons et les technologies nécessaires à sa production et à sa transformation, il apparaît que toute tentative de développement pour son utilisation devrait être tout d'abord précédée d'une étude de faisabilité technico-financière.
143. Les thonidés océaniques représentent un important potentiel des eaux malgaches. Leur PAME n'est pas connue et ne peut être que difficilement évaluée du fait qu'il s'agit de ressources partagées avec les autres pays riverains de l'Océan Indien. Selon Ralison (1980), sur la base des captures réalisées dans la ZEE nationale par le passé et celle d'informations régionales générales, elle pourrait se situer aux alentours de 51.600 t.
144. A ce sujet, il convient de citer ici les observations, conclusions et recommandations du rapport terminal du projet FAO/DP/MAG/80/008:
"Les ressources en albacore (Thunnus alalunga), en thon obèse (Thunnus obesus), en thon à nageoires jaunes (Thunnus albacares) et en bonites à ventre rayé (Katsuwonus pelamis) existent dans les eaux entourant Madagascar et sont accessibles à des bateaux basés dans les différents ports de ce pays. Par ailleurs les marlins, voiliers et autres espèces affines sont également présents.
En l'absence de toute pêche industrielle aux thonidés par des navires malgaches ou basés actuellement à Madagascar, on se réfère généralement aux données collectées en 1973-75 par la Compagnie Malgache Nippone de Pêcherie (COMANIP).
Cette compagnie exploitait à partir de Nosy-Be neuf navires canneurs de 38 m/200 gt. En 1974, les débarquements totaux s'élevèrent à 11.183 t soit une moyenne de 1.242 t par canneur avec une prise moyenne de 6 t par jour de pêche. En fait 90 pour cent des prises furent réalisées non loin des côtes malgaches et seulement 10 pour cent au nord du parallèle 10°S.
Les petits poissons pélagiques côtiers servant d'appât aux thons au cours des opérations de pêche furent trouvés en quantités suffisantes pour ravitailler l'ensemble des canneurs de la compagnie. La bonite à ventre rayé représentait 80 pour cent des apports de la flottille japonaise et l'albacore 20 pour cent.
Les statistiques disponibles indiquent par ailleurs que 1.600 t de thons majeurs furent capturés dans les eaux malgaches en 1977 par des palangriers asiatiques.
Le rappel de ces données a depuis lors incité les responsables halieutiques malgaches à s'intéresser à un développement de la pêche thonière. A l'appui de tes tendances il convient de noter que des facilités de construction et de réparation navales existent à Madagascar, que des facilités portuaires sont réparties le long des côtes et que des pépinières de marins, certes encore inexpérimentés pour ce qui est de la pêche aux thonidés, attendent d'être utilisées.
Il ne fait aucun doute qu'une reprise de l'expérience COMANIP contribuerait substantiellement au développement de la pêche malgache. D'une part, une telle reprise devrait permettre l'exploitation de ressources potentielles de haute valeur commerciale qui autrement demeurent inutilisées; d'aue part, une telle entreprise, même si elle nécessite des capitaux, des marchés et des techniques étrangères, ne peut que contribuer à améliorer la balance du commerce extérieur du pays, le revenu national et l'emploi.
Elle ne saurait toutefois constituer une solution définitive au problème du développement de la pêche thonière malgache conjointement à la reprise d'activités de pêche industrielle en participation avec des intérêts étrangers; il conviendrait qu'une pêche de type artisanal avancé plus accessible à la main-d'oeuvre locale et plus conforme aux infrastructures existantes dans le pays fasse l'objet de mesures de promotion.
L'attention est attirée par ailleurs sur la possibilité d'utiliser les ports d'Antsiranana, de Mahajunga, de Toliary et de Toamasina comme bases de pêche rentables pour des palangriers exploitant les thons majeurs dans les environs immédiats de ces ports, ainsi que sur l'existence de technologies simples accessibles à un pays comme Madagascar pour la pêche de la bonite à ventre rayé.
Les thonidés constituent avec les crevettes l'une des richesses halieutiques les plus importantes des eaux malgaches et l'une des ressources qui demeure encore pratiquement inexploitée par des nationaux. Cette situation entraîne pour l'économie du pays un manque à gagner éminemment dommageable.
Il est souhaitable en conséquence que les autorités malgaches entreprennent au plus tôt avec des compagnies thonières étrangères potentiellement intéressées à exploiter les ressources des eaux malgaches, des négociations en vue de l'établissement de compagnies mixtes de type industriel.
Parallèlement, tous efforts devraient être faits en vue de développer des techniques de type semi-artisanal susceptibles de permettre la relance de cette pêche sur une échelle accessible aux capitaux et à la main-d'oeuvre malgaches. Une telle relance nécessiterait dans l'immédiat une assistance technique internationale du type décrit à l'annexe 4, Fiche de projet No. 2."
145. La mission supporte totalement ces conclusions et recommandations. Elle estime par ailleurs que les débuts, en 1983, d'une pêcherie thonière industrielle internationale qui exploite actuellement une flotte d'environ 45 grands thoniers senneurs océaniques à partir des Seychelles, ne doivent pas faire perdre de vue aux pays de la région qu'il leur sera difficile, sinon hasardeux, de vouloir se lancer trop rapidement dans ce type de pêcherie.
146. Les principales raisons de cette recommandation sont les suivantes:
- les énormes investissements requis, de l'ordre de 3.000 MFMG pour un seul senneur;
- la complexité de la gestion d'un armement thonier océanique, qui doit se concevoir à l'échelle mondiale et sera donc difficilement contrôlable par un personnel national non expérimenté;
- la complexité technique des bateaux, dont les opérations devront donc dépendre pour de nombreuses années d'un savoir-faire étranger extrêmement onéreux;
- les fluctuations d'un marché consommateur s'approvisionnant à l'échelle mondiale, et qui est d'ailleurs de plus en plus saturé depuis quelques mois, ceci semblant prouver que les capacités mondiales de production sont déjà excessives.
147. Il apparaît au contraire qu'une pêcherie thonière artisanale avancée, à moindre intensité de capital, plus fiable et plus flexible, aussi plus accessible à la main-d'oeuvre et à toutes les capacités nationales, d'un type identique à celui qui fut recommandé par le rapport de la FAO précité, serait plus approprié pour que Madagascar profite pleinement des ressources thonières de sa ZEE.
148. L'implantation d'une telle pêcherie requérera cependant des investissements tels qu'il ne saurait être question de l'entreprendre sans un projet pilote du type préconisé par l'annexe 13, proposition qui est la forme légèrement révisée de la fiche de projet no. 2 du rapport terminal du projet FAO/DP/MAG/80/008.
149. L'étude des contraintes (section 3.2) indique que, à court et moyen termes, il sera difficile de développer une pêcherie maritime qui soit uniquement orientée vers l'approvisionnement du marché national et qui soit financièrement viable. L'éloignement géographique des régions fortement peuplées par rapport à celles qui sont les plus propices pour le développement de cette pêcherie, la longueur, les difficultés et le coût des transports entre ces deux régions font que, en terme de poids net consommable, le prix du poisson de mer est de 50 à 150% supérieur à celui de la viande bovine, dans la zone où se concentrent environ 75% de la population.
150. Il est à prévoir que, quelques soient les efforts consentis pour développer la production et améliorer la commercialisation du poisson de mer, cette situation ne pourra devenir beaucoup meilleure tant qu'un réseau routier dense et fiable n'aura pas aménagé le vaste espace du territoire.
151. L'implantation de ce réseau relève du long et même du très long terme. Pour le court et le moyen terme, il importera donc de posséder tout d'abord une politique alimentaire qui, tenant compte de la contrainte majeure provoquée par la faiblesse des infrastructures routières et de la distribution des densités de population, définira le rôle des pêcheries maritimes par rapport à celui de l'élevage, des pêcheries continentales et de l'aquaculture, dans l'approvisionnement protéique du pays. Il importera, en second lieu, de posséder une politique des pêcheries maritimes qui, d'une part, puisse assurer une rentabilité optimale aux capitaux et aux ressources humaines initialement investis dans leur développement et qui, d'autre part, puisse provoquer une utilisation optimale et rapide de leurs potentiels, afin qu'elles participent pleinement à l'économie nationale, plus particulièrement en l'aidant à améliorer sa balance du commerce extérieur.
152. En ce qui concerne la politique alimentaire globale pour l'approvisionnement national, les contraintes précitées indiquent clairement que, à court et moyen terme, il sera sans doute plus aisé et plus rentable d'améliorer l'approvisionnement protéique de la nation par le développement de l'élevage et de l'aquaculture continentale, ainsi que le développement et l'aménagement des pêcheries continentales, plutôt que par le développement des pêcheries maritimes. Les trois premières activités précitées offrent l'avantage, dans la plupart des cas, de pouvoir se réaliser à proche distance des centres de consommation importants ou même, dans le cas de l'élevage, de pouvoir fournir ces centres en bétail sur pied, évitant ainsi les complications et les coûts des transports de produits réfrigérés.
153. En conséquence, les pêcheries maritimes ne devraient être consirées que pour l'approvisionnement des centres de consommation côtiers en poisson frais, et ceux des centres de l'intérieur, en poisson salé-séché et fumé. Leur développement dans le cadre de ces approvisionnements devrait cependant être envisagé avec modération pour deux raisons principales. Tour d'abord, la population des centres urbains littoraux est peu importante et, avec environ 500.000 habitants, ne constitue qu'un marché réduit. Ensuite, en ce qui concerne le poisson salé-séché ou fumé pour le marché de l'intérieur, le bas pouvoir d'achat du consommateur impose de très bas prix au producteur de poisson frais du fait de déperditions de poids de l'ordre de 70% lors des transformations. La faiblesse obligatoire de ces prix interdit à son tour le développement d'une pêcherie modernisée dont les coûts d'investissement et d'exploitation exigent une haute productivité financière, justement difficile à atteindre dans les conditions du marché national.
154. L'étude des atouts pour le développement des pêcheries maritimes (section 3.3), et celle des potentiels disponibles pour ce développement (section 4), indiquent par contre que ces pêcheries pourraient jouer un rôle notoire dans l'économie nationale à condition, toutefois, que leur développement soit orienté vers la production de denrées d'exportation génératrices de devises fortes. Bien que la fixation de la valeur exacte des exportations potentielles du sous-secteur soit impossible à ce stade, il peut être très grossièrement estimé que cette valeur pourrait être environ le double de celle des exportations de l'actuelle pêcherie industrielle crevettière 1.
155. En conclusion donc, la stratégie du développement des pêcheries maritimes pour une ou deux décennies devrait avoir pour objectif principal de développer des activités d'exportation. Pour atteindre un tel objectif il faudra développer des moyens d'action et donc investir.
156. La stratégie proposée ci-dessus est assez différentedes orientations qui, jusqu'à présent, ont régi le sous-secteur. Ces orientations ont été essentiellement définies par le souci d'approvisionner le marché national à partir de la pêcherie artisanale traditionnelle. Elles ont également reposé sur le fait que la pêcherie crevettière industrielle était la seule capable de générer d'importantes rentrées de devises dans l'économie nationale, et qu'aucune autre activité halieutique ne pouvait offrir de semblables avantages. Enfin, seulement une tendance qui n'est pas particulière à Madagascar, le fait que des pêcheries artisanales de type avancé, organisées et gérées comme des armements industriels, puissent exploiter les ressources pour l'exportation, n'a sans doute pas été pris suffisamment en considération.
157. Au contraire, on a estimé que l'utilisation des ressources, en dehors de la pêcherie crevettière industrielle, ne pouvait être le fait que de la pêcherie artisanale traditionnelle. La mentalité du pêcheur traditionnel ne permettant pas une production importante et stable et, de ce fait, interdisant la rentabilité des investissements nécessaires à la modernisation de sa profession, il ne pouvait être question que sa production puisse augmenter, se stabiliser et s'adresser à des marchés d'exportation nécessitant tout d'abord une haute qualité et régularité des apports. D'un autre côté, les contraintes de la commercialisation sur le marché national, en particulier le considérable handicap d'un réseau routier déficient, faisaient que les prix de sa production ne pouvaient rivaliser avec ceux de la viande sur les marchés des provinces intérieures à hautes densités de population.
1/ Afin d'obtenir un ordre de grandeur très approximatif, l'hypothèse peut être admise qu'une première tranche de développement généralisé, étalée sur cinq ans, permettrait aux nouvelles pêcheries de produire les tonnages et valeurs FOB suivants à la fin de l'année 5:Ressources |
Tonnes |
MFMG | |||
| - Langoustes cuites fraiches | 1.000 |
4.257 |
|||
| - Crabes (2.000 t produisant 300 t de chair) | 300 |
1.760 |
|||
| - Poulpes | 500 |
940 |
|||
| - Démersaux de la crète du talus continental | 2.000 |
624 |
|||
| - Pélagiques de la crète du talus continental | 750 |
455 |
|||
| - Requins | 2.000 |
1.346 |
|||
| - Crustacés du talus continental (aux nasses) | 500 |
1.032 |
|||
------- |
--------- |
||||
7.050 |
10.414 |
||||
| - Valeur FOB estimée (paragraphe 48) de | |||||
| l'actuelle production de crevettes pénéides | 10.329 | ||||
158. Ceci, encore une fois, freinait la production et interdisait la rentabilisation des quelques investissements ou aides consentis pour tenter de moderniser la pêcherie et, d'une façon comme d'une autre, l'utilisation des ressources autres que les crevettes pénéides ne pouvait se développer.
159. L'idée maîtresse de la nouvelle strategie et des nouvelles tactiques proposées pour le développement est d'éviter tous tes écueils par l'implantation de pêcheries artisanales avancées, ou semi-industrielles, qui permettront enfin d'exploiter des ressources de haute valeur économique en général, mais qui sont trop dispersées ou d'accès trop difficile pour rentabiliser des activités de type purement industriel.
160. Les pêcheries proposées sont proches de 1a pêcherie artisanale traditionnelle par le fait que, par unité de production, elles requièrent des investissements bien moindres que ceux de la pêcherie industrielle. Ellessont également proches de la pêcherie artisanale traditionnelle parce que les technologies d'extraction de ces deux activités sont souvent du même type.
161. Les pêcheries artisanales de type avancé peuvent être par contre identiques aux pécheries industrielles au plan de l'organisation logistique et administrative. Elles peuvent être menées et gérées selon des schémas identiques à ceux des armements crevettiers et éviter ainsi l'une des principales contraintes du développement de la pêcherie artisanale classique: le manque d'esprit d'entreprise, de gestion et de coopération du pêcheur traditionnel. En un mot, tout en gardant une grande partie de la simplicité et de la flexibilité de la pêcherie artisanale classique, elles peuvent atteindre l'efficacite commerciale et économique de la pêcherie industrielle.
162. Le développement de pêcheries artisanales avancées du type preconisé ne pourra se faire sans que des investisseurs et entrepreneurs s'y intéressent. Pour ce, il faudra une importante somme de données concrètes quant à la faisabilité des diverses pêcheries nouvelles. Faute d'informations suffisantes en ce qui concerne les ressources cibles et la rentabilité de leur exploitation dans le contexte malgache, la détermination de ces faisabilités nécessitera des projets pilotes.
163. Ces projets, au cours des diverses phases de leur exécution, fourniront l'information nécessaire sur la localisation et l'importance des ressources, sur les technologies et procédés les plus appropriés pour leur extraction, transformation et exportation, sur les marchés importateurs, sur la rentabilité financière et économique des nouvelles pêcheries ainsi que, finalement, sur la magnitude des investissements nécessaires à leur développement et sur le type d'entreprise qui conviendra le mieux à leur mise en valeur.
164. Le choix définitif de ces investissements devrait normalement se faire dans le cadre d'une procédure globale, c'est-à-dire sur la base d'un ensemble de projets pilotes simultanés englobant la totalité des potentiels halieutiques disponibles pour le développement, tels que décrits à la section 4.
165. L'ampleur de la tâche et la rareté des ressources financières interdisent cependant une telle procédure et exigent la hiérarchisation et le groupement des projets pilotes.
166. Tout d'abord, trois potentiels halieutiques disponibles pour le développement sont déjà couverts par des projets ou des propositions de projet et ne sont donc pas considérés dans les propositions présentées par la mission, il s'agit:
167. Sur la base des données probables ou connues telles que l'importance apparente des ressources, leur accessibilité, leur vulnérabilité, leur valeur commerciale, l'importance et la stabilité de leurs marchés d'exportation, les projets pilotes proposés dans les annexe 8 à annexe 13 sont hiérarchisés dans l'ordre indiqué par le numéro de la proposition. Ces propositions sont résumées aux paragraphes 31 à 36.
Andrianarivelo, R.V., zt Randretsa, I., 1984 Population de Madagascar, situation actuelle et perspectives d'avenir, Min. Ens. Sup. et Rech. Sci. Univ. de Madagascar
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Coquet, G., Madagascar, 1969 travaux pratiques de géographie, Nathan-Madagascar
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Giudicelli, M., 1971 Les langoustes tropicales, leur biologie, pêche et commerlisation, th. d'Un., Université de Bordeaux-Talence
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Nédélec, C., 1975 Catalogue des Engins de Pêche Artisanale, Fishing News (Bookds) Ltd, West Byfleet, England
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Mesurée de pointe en pointe, la côte de Madagascar possède une longueur approximative de 3.500 km. Cette côte est bordée d'un plateau continental d'une superficie de l'ordre de 117.000 km2 dans l'intervalle de 0 à 100 m, cette dernière profondeur marquant généralement les abords de la crête du talus continental. Ce talus, d'une longueur d'environ 3.800 km, est généralement étroit et apparemment accidenté dans sa majeure partie.
Le plateau continental se caractérise tout d'abord par la distribution spatiale inégale de sa superficie, cette distribution étant approximativement la suivante:
| Pourcentage de la | Largeur moyenne du | ||
| Secteur 2/ | Superficie (km2) | surface générale | Plateau (km) |
| - Nord occidental | 54.000 |
46 |
43 |
| - Sud occidental | 4.000 |
4 |
10 |
| - Méridional | 17.000 |
15 |
51 |
| - Oriental | 42.000 |
35 |
25 |
---------- |
|||
| Total: | 117.000 |
Ce plateau se signale également par des terrains dont le relief et la nature sont particulièrement propices aux peuplements langoustiers, en particulier:
1/ Sources: cartes SHM, Paris, No. 1441, 1442, 4174 et 4177.
2/ Secteur Nord occidental: du Cap d'Ambre (11_57'S) au Cap Ankarana (20_29'S)
Secteur Sud occidental:; du Cap Ankarana au Cap Andriamano (25_00'S)
Secteur méridional:; du Cap Andriamano à Fort Dauphin (25_02'S)
Secteur oriental: ; de Fort Dauphin au Cap d'Ambre
En ce qui concerne la côte, il convient de noter par ailleurs la présence d'un important mangrove dans les secteurs occidentaux. Ce mangrove, qui longe le littoral sur environ 1.000 km et possède une surface de l'ordre de 3.000 à 5.000 km2, selon les estimations, constitue l'habitat du crabe Scylla serrata, objet d'une exploitation croissante depuis quelques années.
Il faut noter enfin que le talus continental, même s'il ne semble pas offrir de grandes possibilités pour des opérations chalutières de type industriel, du fait de son relief, n'en recèle pas moins des crustacés d'une grande valeur commerciale, et qui pourraient être éventuellement exploités aux nasses par une pêcherie artisanale de type avancé.
En toutes saisons le secteur oriental et le secteur méridional de la mer malgache sont dominés par des vents qui, pour 60 à 100% des observations, proviennent du secteur Est à Sud-Est. Ces vents alizés sont généralement faibles à modérés. En Août, la fréquence des vents atteignant 30 noeuds (55 km/heure) ne représente que 1 à 5% des observations dans les parages considérés, et moins de 1% de celles-ci, dans les secteurs Sud et Nord occidentaux. En Février la situation est quelque peu inversée, les vents de cette force représentant 1 à 5% des observations dans le secteur méridional, Sud occidental et une bonne partie du secteur Nord occidental, tandis qu'ils en constituent moins de 1% pour le reste de la mer malgache.
Dans les secteurs occidentaux les vents alizés, perturbés, par la masse terrestre de l'île, perdent leur régularité et sont remplacés par des brises de terre et de mer dont les vitesses ne dépassent pas 30 km/heure. Le secteur Nord occidental est également sujet à des vents de mousson modérés, du secteur Nord à Nord-Ouest aux alentours des mois de Novembre à Avril.
En d'autres termes, la mer malgache est généralement calme à modérée. Les secteurs oriental et méridional souffrent cependant d'une houle de Sud-Est. Cette houle s'intensifie au Sud de 20°00's et peut alors compliquer les opérations piroguières sur les plages. Cette situation est d'autant plus néfaste que, pour environ 90%, le front littoral oriental et méridional est rectiligne et sans bons abris pour les pêcheries. Par contre, les secteurs occidentaux, qui possèdent de noubreux abris et la moitié de la superficie du plateau continental, sont à l'abri de la houle et sont donc particulièrement favorables au développement des pêcheries.
La courantologie générale autour de Madagascar se caractérise par deux régimes différents. Dans le secteur oriental, le flux constant du courant équatorial provenant de l'Est se heurte à la masse terrestre de l'île et, à la hauteur de 18°00'S approximativement, se divise en deux branches la contournant par le Nord et le Sud. Ces courants, sous l'influence de l'alizé, sont stables et modérés à forts, avec des vitesses moyennes de l'ordre de 3 à 4 km/heure en Février, et de 1,5 à 2 km/heure en Août.
1/ Source: South Indian Ocean Pilot, Hydrographer of the British Navy, NP39, 1971.Dans les secteurs occidentaux le régime des courants est totalement différent. L'île agit comme un barrage face au courant équatorial, barrage en aval duquel, du côté occidental de l'île, s'institue une zone tourbillonnaire avec des courants de direction et de force instables. Cette instabilité est encore accrue du fait de vents variables, des fluxes de marée, du relief du plateau continental, de la configuration relativement tourmentée du littoral, etc.
Il est certain que ces conditions courantologiques des secteurs occidentaux sont particulièrement propices à l'existence de populations langoustières. En effet, l'absence d'un courant général bien établi fait que la même masse d'eau séjourne longtemps dans la région. Ceci est évidemment un avantage pour le recrutement d'espèces qui, telles les langoustes ont une vie larvaire planctonique pélagique d'une durée de 6 à 9 mois.
L'absence d'un courant général portant vers d'autres régions de l'Océan Indien fait qu'une importante proportion des phyllosomes pélagiques bénéficie d'une forte probabilité de séjourner aux alentours des peuplements géniteurs, et donc de renforcer ceux-ci, lors de leur métamorphose en juvéniles démersaux.
Les autres caractéristiques générales de la mer malgache confirment la clémence de ce milieu. Les températures de l'eau de surface varient entre 20° et 26° en Août, et entre 26°C et 28°C en Février. Les moyennes mensuelles minimales et maximales des températures atmosphériques sur le littoral sont de 19°C en Août et 26°C en Février à Fort Dauphin, et de 25°C en Juillet et 23°C en Avril, à Antseranana.
La pluviométrie littorale, de 350 mm dans le secteur Sud occidental, augmente progressivement vers le Nord pour s'établir à 2.500 mm à Nosy Bé et 3.500 mm dans la Baie d'Antongil.
Enfin, des cyclones se déplaçant vers le Sud peuvent apparaître de Décembre à Avril, Leur fréquence annuelle est de l'ordre de 4 cyclones pour toute la région Sud-Ouest de l'Océan Indien.
Selon Ralison (1980), la PAME des ressources halieutiques de la mer malgache pourrait être estimée comme suit (t):
Ressources |
PAME |
Observations |
|||||
| - | Crevettes pénéidés du plateau | 7.000 |
Production actuelle: | 5.000 | |||
| continental | Disponibilité: | 2.000 | |||||
| - | Crevettes profondes | 1.000 |
Voir section 4.7 | ||||
| - | Crabes de palétuvier (S. serrata) | 7.500 |
2,5 t/an/km2 | ||||
| - | Langoustes du plateau continental | 200 |
|||||
| - | Poissons démersaux, côte Ouest | 30.000 |
|||||
| - | Poissons démersaux, côte Est | 13.000 |
|||||
| - | Petits pélagiques côtiers et | ||||||
| nérithiques | 50.000 à 110.000 | ||||||
| - | Thons majeurs | 1.600 |
Capture de 1977 à l'inté- | ||||
| rieur de la ZEE malgache | |||||||
| par les palangriers japonais | |||||||
| et sud coréens | |||||||
| - | Thons mineurs | 50.000 |
|||||
| - | Algues rouges | 750 |
|||||
| - | Trépangs | 140 |
|||||
---------- |
|||||||
200.000 |
|||||||
Sur la base des statistiques de la direction des pêches maritimes, la production de ces dernières années aurait été la suivante, en équivalent entier frais (t):
| Année | PA 1/ | PI (3) | Total | ||||||||||||||||||||||
| PFR | PSS | PFU | PTEF 2/ | CR 4/ | PFR 5/ | PA + PI | |||||||||||||||||||
| 1979 | 1.911 | 1.006 | 525 |
10.903 |
4.330 |
7.000 |
22.233 | ||||||||||||||||||
| 1980 | 1.881 |
1.341 |
480 |
12.381 |
4.910 |
7.000 |
24.291 | ||||||||||||||||||
| 1981 | 1.525 |
913 |
- |
7.081 |
5.000 6/ |
7.000 |
19.081 | ||||||||||||||||||
| 1982 | 1.525 |
912 |
254 |
8.400 |
5.000 6/ |
7.000 |
20.400 | ||||||||||||||||||
| 1983 | 1.318 |
1.700 |
282 |
12.382 |
5.000 6/ |
7.000 |
24.383 | ||||||||||||||||||
Les données statistiques précédentes doivent être acceptées avec prudence, en particulier en ce qui concerne la pêcherie artisanale et les captures de poisson de la pêcherie crevettière.
Un ordre de grandeur des disponibilités actuelles peut être grossièrement obtenu en comparant les estimations de la PAME et celles des captures. Cette disponibilité se situe alors aux environs de 175.000 t. En d'autres termes, seulement 12% du potentiel de production seraient actuellement utilisés.
Il peut donc être assumé sans grand risque d'erreur que la ressource halieutique globale est largement sous-exploitée.
| Année | 1 |
2 |
3 |
4 |
5 |
|||||
| Emprunt | 105,0 |
|||||||||
| Vents | 1.080,0 |
1.080,0 |
||||||||
| Rentrées | 1.185,0 |
1.080,0 |
||||||||
---------- |
---------- |
|||||||||
| Investissement | 105,0 |
|||||||||
| Coûts d'expl. | 18,5 |
|||||||||
| Revenu des pêcheurs | 612,0 |
|||||||||
| Service de la dette | 59,8 |
56,2 |
||||||||
| Renouvellements | 20,0 |
|||||||||
---------- |
----------- |
|||||||||
| Sorties | 815,3 |
706,7 |
650,5 |
|||||||
| Soldes | 369,7 |
373,3 |
429,5 |
|||||||
| Taux d'actualisation: 7%, valeur actuelle nette: + 1.551, | ||||||||||
| taux de rentabilité interne: 355% | ||||||||||
FMG |
|
| - Combustible: 30 l x 182 j x 187 FMG | 1.021.020 |
| - Huile: 5% du combustible | 51.051 |
| - Entretien coque: 10% de la valeur | 243.000 |
| - Entretien moteur: 20% de la valeur | 400.000 |
| - Entretien filets: 40% de la valeur | 720.000 |
| - Assurance: 5% de l'investissement | 311.500 |
------------- |
|
2.746.571 |
| Année | 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | 7 | 8 |
|||||||||
| Emprunt | 6.200 |
||||||||||||||||
| Vente | 7.460 |
7.460 |
|||||||||||||||
-------- |
-------- |
||||||||||||||||
| Rentrées | 13.690 |
7.460 |
|||||||||||||||
| Investissement | 6.230 |
||||||||||||||||
| Coûts d'expl. | 2.746 |
||||||||||||||||
| Revenu des pêch. | 1.680 |
||||||||||||||||
| Serv. de la dette | 1.682 |
1.595 |
1.508 |
1.420 |
1.333 |
||||||||||||
| Renouvellement | 1.800 |
1.800 |
2.000 |
1.800 |
|||||||||||||
--------- |
-------- |
-------- |
-------- |
--------- |
-------- |
-------- |
------- |
||||||||||
| Sorties | 12.338 |
7.821 |
5.934 |
7.646 |
7.759 |
6.226 |
4.426 |
4.426 |
|||||||||
--------- |
-------- |
-------- |
--------- |
--------- |
-------- |
-------- |
------- |
||||||||||
| Soldes | 1.352 |
0,361) |
1.526 |
(0,186) |
(0,299) |
1.234 |
3.034 |
3.034 |
|||||||||
| Taux d'actualisation: 7%, valeur actuelle nette: + 0,086, | |||||||||||||||||
| taux de rentabilité interne: 7,26% | |||||||||||||||||
(Source: Ralison, A., 1980)
QUAIS |
|||
Port |
Longueur |
Tirant d'eau |
|
(m) |
(m) |
Observations |
|
à basse-mer |
|||
| 1. Antsiranana | 300,0 |
8,5 |
- projet d'installations spécifiques pour |
67,5 |
4,5 |
Les Salines sérieusement envisagé | |
| 2. Vohémar | 52,6 |
5,5 |
- projet d'extension en cours |
| 3. Tolagnaro | 75,0 |
2,0 |
|
60,0 |
0,0 à 2,0 |
||
| 4. Toliary | 140,0 |
8,5 |
|
90,0 |
2,5 |
||
| 5. Morondava | 50,0 |
2,0 |
- chenal impraticable à marée basse |
57,0 ) |
asséchés |
||
50,0 ) |
|||
| 6. Nosy-Be | 142,0 |
3,5 |
- la société des Pêcheries de Nosy-Be |
148,0 |
2,0 |
Installée dans ce lieu exploite ses | |
| Propres installations (jetées...) | |||
| 7. Mahajanga | |||
| Quai Orsini | 266,0 |
asséché |
|
| Quai Loste | 110,0 |
2,0 |
|
| Quai Willemin | 158,0 |
0, 2,0 |
|
| Quai Barriquand | 115,0 |
0,0 à 2,0 |
- utilisé par des chalutiers actuellement |
| 8. Toamasina | |||
| Môle B | 180,0 |
9,0 |
|
| Môle A Est | 100,0 |
8,5 |
|
| Tableau Môle A | 55,0 |
8,5 |
|
| Môle A Ouest | 204,0 |
5,5 |
|
| Retour Môle A | 192,0 |
3,5 |
|
| Quai de batelage | 480,0 |
2,0 |
|
Chambre |
Congélateurs | ||||
Propriétaire |
Froide |
Glace |
Observations |
||
(Localisation) |
Capacité |
Capacité |
Type |
||
(+ °) |
|||||
| I. Faritany | |||||
| d'Antsiranana | |||||
| 1. Manivico | 500 t |
24 t |
Tunnel | - | Installations fermées faute |
| (Namakia) | (16°C - | (16°C - | De bétail à abattre | ||
18°C) |
35°C) |
Dispose d'une chaîne de | |||
| Fabrication de sardines | |||||
| En boîte "1/4 club" | |||||
| 2. Summing | 228 m3 |
||||
| (Antsiranana- | |||||
| Ville) | |||||
| 3. Ministère | 28 m3 |
25 m3 |
Tunnel | 240 kg/ | Installations d'appui à la |
| Population | Jour | Pré-coopérative "Avotra" | |||
| (Hel-Ville/ | |||||
| Nosy-Be | |||||
| 4. Pêcheries de | 1.330 m3 |
30 T/j |
Plaque | 34 T/j | Installations destinées à |
| Nosy-Be | l'exploitation | ||||
| (Cratère/ | Industrielle des crevettes | ||||
| Nosy-Be) | Peneides | ||||
| 5. Section Pêche | 15 m3 |
- |
- | 2 T/j | Don JICA |
| Maritime | |||||
| (Hell/Ville/ | |||||
| Nosy-Be) | |||||
| 6. Verdavaine | ... | - | - | - | |
| (Belle-Vue/ | |||||
| Nosy-Be) | |||||
| 7. Division Pêche | 15 m3 |
- | - | 2 T/j | Don JICA |
| Maritime | |||||
| (Antsiranana/ | |||||
| Ville) | |||||
| 8. Sorex | 100 m3 |
- | - | - | |
| (Antsiranana/ | |||||
| Ville) | |||||
| II. Faritany de | |||||
| Hajanga | |||||
| 1. Mme Marie | 15 m3 |
- | - | - | ) |
| Hélène | (-7°C) | ) | |||
| (Mahajanga/ | ) | ||||
| Ville) | ) | ||||
| ) | |||||
| 2. Mme Rakotomandimby | 12 m3 |
- | - | - | ) |
| (Mahanjanga/ | (- 7°C) | ) Collecteurs de produits | |||
| Ville) | ) marins, à destination | ||||
| ) d'Antananarivo et de | |||||
| 3. Chan Ming | 43 m3 |
- | - | - | )Toamasina |
| (Mahajanga/ | (-18°C) | ||||
| Ville) | |||||
| 4. Martin | (-15°C) | - |
- | - | ) |
| (Mahajanga/ | ) | ||||
| Ville) | |||||
| 5. Michaud | 25 m3 |
- |
- | - | |
| (Mahajanga/ | (-18°C) | ||||
| Ville) | |||||
| 6. Famako | 210 T/j |
22 T/j |
Plaques | 4 T/j) | ) Installations destinées à |
| (Mahajanga/ | ) l'exploitation industrielle | ||||
| Ville) | ) des crevettes Peneides | ||||
| 7. Somapêche | 525 m3 |
105 T/j |
Tunnel | 30 T/j | ) |
| 8. Division Pêche | 35 m3 |
- |
- | 3 T/j | Don JICA |
| Maritime | 3 T/j | Don Britannique | |||
| (Mahajanga/ | |||||
| Ville) | |||||
| 9. A.F.N. | 400 T |
30 T |
- | - | Installations destinées à |
| (Mahajanga/ | (-20°C) | 30°C) | l'abattage et au traitement | ||
| Ville) | d'au-moins 75 boeufs/jour | ||||
| III. Faritany de | |||||
| De Toliary | |||||
| 1. Kaoperativambezo | 60 m3 |
1,5 t/j |
- | - | |
| (-15°C) | (-25°C) | ||||
| (Morondava) | |||||
| 2. Seciam | 1.000 T |
60 T |
- | - | 3 chambres froides en tout |
| (Morondava) | (-25°C) | (-45°C) | et 3 tunnels de congélation | ||
50 T |
Installations destinées à | ||||
| (-35°C) | l'abattage et au condition- | ||||
| Nement de 300 boeufs/jour | |||||
| Installations fermées faute | |||||
| De bétàil à abattre | |||||
| 3. Mme Gandjee | - |
1.100 |
- | - | |
Litres |
|||||
| (-15°C) | |||||
| 4. Centre Universi- | 105 m3 |
- |
- | - | Installations appartenant dans |
| Taire de | (-25°C) | le temps à une entreprise de | |||
| Toliary | Collecte de produits marins | ||||
| 5. Collectivité | 40 m3 |
21 m3 |
Tunnel | - | Installation ne fonctionnant |
| Décentralisée | (-20°C) | (-23°C) | Pas du tout | ||
| (Faux-Cap) | |||||
| 6. Lansu | 75 m3 |
4 T/j |
Plaque | - | Installations utilisées pour |
| (Tolagnaro) | le conditionnement des | ||||
| Langoustes | |||||
| IV. Faritany de | |||||
| Fianarantsoa | |||||
| 1. Division pêche | 48 m3 |
8 T/j |
Tunnel | - | ) |
| Maritime | ) | ||||
| (Manakara) | )Réseau en cours | ||||
| 2. Division pêche | 50 m3 |
14 T/j |
Tunnel | )d'installation destiné à | |
| Maritime | )l'approvisionnement en | ||||
| (Mananjary) | )poissons de la ville de | ||||
| )Fianarantsoa | |||||
| 3. Division pêche | ... |
... |
... | ... | ) |
| Maritime | ) | ||||
| (Fianarantsoa) | ) | ||||
| V. Faritany de | |||||
| Toamasina | |||||
| 1. Coopérative | 40 m3 |
- |
- | - | |
| Vatoara | |||||
| (Tiamasina/ | |||||
| Ville) | |||||
| 2. SICE | 770 m3 |
- |
- | - | Installations destinées au |
| S(Toamasina/ | (-28°C) | Stockage des denrées | |||
| Ville) | Périssables transitant | ||||
| Par le port de Toamasina | |||||
| 3. Auximad | 625 m3 |
- |
- | - | Même utilisation que ci- |
| (Toamasina / | (-20°C) | Dessus | |||
| Ville) | |||||
| 4. Collectivité | 70 m3 |
15 m3 |
Tunnel | - | Installation n'ayant jamais |
| Décentralisée | Fonctionné | ||||
| (Ste-Marie) | |||||
| 5. Municipalité | 30 m3 |
- |
- | - | |
| Toamasina | |||||
| (Toamasina/ | |||||
| Ville) | |||||
| VI. Faritany | |||||
| d'Antananarivo | |||||
Pour mémoire |
|||||
| Titre | Développement de la Production de Langouste du |
| Plateau Continental et des Espèces associées | |
| Durée du projet | 25 mois, dont 6 pour la préparation |
| Localisation | Port du littoral, à définir à la fin de la phase 1 |
| Coût estimé de la contribution | |
| Internationale | : US$ 787.000 |
| Organisme gouvernemental de | |
| Coopération : | Ministère de la Production Animale et des Eaux |
| et Forêts |
En dehors de l'étroite frange des récifs côtiers où il est légèrement exploité par une pêcherie artisanale primitive, le stock langoustier de Madagascar n'est pratiquement pas connu. Les seules iuformations disponibles à son sujet proviennent de quelques rares études assez restreintes et anciennes 1/
Ces études se sont uniquement iutéressées aux aspects biologiques et écologiques des populations des récifs côtiers. Elles n'ont pas considéré celles des innombrables récifs immergés parsemant la totalité du plateau continental. Elles n'ont pas, non plus, tenu compte des potentialités de production réelles de la ressource, ni de sa mise en exptoitation.
Leurs seuls résultats tangibles ont été de démontrer que cette ressource se compose de six espèces du genre Panulirus (2), et que celles-ci sont présentes tout au long des 3.500 km du littoral malgache. Leurs autres conclusions, par contre, ont été moins favorables pour encourager le dêveloppement d'une véritable pêcherie langoustière. Elles ont en particulier trop insisté sur la fragilité du stock langoustier, sans connaitre sa magnitude globale, et ceci, certainement, a favorisê un certain désintérêt de la part des investisseurs et entrepreneurs potentiels.
1/ Monod, Th., et Petit, G., Contribution à l'étude de la Faune de Madagascar, Deuxième partie, Crustacea II Palinuridae, Sté d'Ed. Géo. Mar. et Col., París, 1929, 269-291.
Pichon, M., Contribution à l'étude de l'écologie et des méthodes de pêche des Palinuridae dans la région de Nosy-Bé (Madagascar), Cah. Oc. Orstom, Vol. II, 3, 1964, 71-101.
2/ Panulirus ornatus, P. versicolor, P. japonicus, P. penicillatus, P. dasypus, P. burgeri.
S'il est vrai que ces stocks sont fragiles, en particulier du fait de leur croissance lente, il n'en reste pas moins que leur très haute valeur commerciale, de l'ordre de US$ 10.600 la tonne pour la langouste cuite fraiche sur le marché français, leur confère une extrême importance pour une économie en quête de devises fortes. Ces stocks exportables doivent donc participer pleinement à l'économie nationale et peuvent le faire sans danger d'épuisement, à condition que leur exploitation soit rationnellement aménagée, ainsi que cela s'est fait avec succès chez d'autres producteurs langoustiers tropicaux tels que l'Australie, Cuba, Bélize, etc.
La question qui se pose donc maintenant est de savoir s'il existe quelques probabilités pour que la ressource langoustière puisse jouer un rôle réellement important dans l'économie malgache et, si ceci était le cas, de connaître les moyens nécessaires pour sa mise en valeur.
Les possibilités d'existence d'un stock langoustier plus important que celui qui a été estimé à ce jour abondent:
1/ Proyecto Regional de Desarrollo Pesquero en Centro América, PNUD/FAO, 1967/1971.
1/ - Langouste vivante:((US$ 7.888 t (valeur CIF/Paris) x 1.000 t x 0,95 (moins 5% pour la mortalité)) - ((1.100 t (plus 10% pour l'embaltage) x US$ 1.671 /t (fret aérien)) = US$ 5,65 millions.
- Langouste entière cuite fraîche: ((US$ 10.600/t (valeur CIF/Paris) x 1.000 t x 0,80 (moins 20% pour déperdition cuisson)) - (880 t (plus 10% pour emballage) x US$ 1.671/t (fret aérien)) = US$ 7,01 mil.
- Queue de crevette congelée: US$ 6.540/t (valeur FOB/Madagascar) x 5.000 t (production annuelle crevette entière) x 0,55 (moins 45% pour étêtage et congélation) = US$ 17,99 millions.
Le lancement d'une pêcherie langoustière nécessitera tout d'abord un effort de pêche d'exploration spécialisée pour la langouste et à caractère commercial intensif. Cet effort, du type appliqué avec succès par la FAO en Amérique Centrale, en 1969 (paragraphe (3)), démontrera la faisabilité de la pêcherie aux investisseurs et entrepreneurs potentiels, tout en fournissant l'information nécessaire quant aux investissements et aménagements requis pour son développement rationnel.
Cet effort produira des résultats et informations similaires pour les espèces commerciales écologiquement associées aux langoustes, en particulier les poulpes. Ceux-ci sont communs dans les eaux malgaches. A l'heure actuelie ils ne donnent lieu à aucune pêcherie spécialisée mais sont souvent capturés par les pêcheurs artisanaux sur tout le pourtour de l'île.
L'intérêt de cétte espèce est que son habitar correspond approximativement à celui de la langouste, et que les technologies nécessaires à son exploitation ne sont pas très différentes de celles utilisées par la pêcherie langoustière. Une pêcherie de poulpes serait donc complementaire de l'exploitation langoustière et ne nécessiterait pas d'investissements spécifiques si cette dernière devait se développer.
Les probabilités sont bonnes en fait pour que les potentialités économiques de cette ressource soient intéressantes dans les eaux malgaches. Ainsi que mentionné ci-dessus, les poulpes sont communs dans les prises des pêcheurs traditionnels. D'autre part, des contextes maritimes tropicaux approximativement similaires à ceux de Madagascar, en particulier en ce qui concerne l'abondance des récifs immergés et des faciès durs sur le plateau continental, supportent des pêcheries artisanales de poulpes produisant plusieurs milliers de tonnes à l'année. C'est le cas, par exemple, des parages de la péninsule du Yucatan, au Mexique, et des parages orientaux du Vénézuéla.
En termes économiques enfin, les marchés importateurs de poulpes sont actifs, en particulier le marché japonais, qui offre des prix moyens de US$ 2.300 à 3.100 la tonne.
L'effort proposé ci-dessus pourra se réaliser dans le cadre du projet pilote suivant.
Développer l'exploitation du stock langoustier sur la totalité du plateau continental malgache, ainsi que celles des espèces exportables associées à ce stock, en particulier les poulpes, afin d'accroître fortement la production de ces ressources pour alimenter des circuits d'exportation et, ainsi, leur faire jouer leur plein rôle dans l'économie nationale par la génération de nouvelles rentrées de devises fortes et de nouveaux emplois, ainsi que par la diversification des termes créditeurs de la balance du commerce extérieur.
Ces objectifs de développement seront atteints par le canal des objectifs immédiats suivants:
Mener un effort intensif de pêche exploratoire de type commercial approprié aux ressources concernées, sur la totalité du plateau continental malgache, entre l'isobathe des 3 m approximativement et la crète du talus continental, afin de:
Mener un effort de pêche commerciale de production sur les concentrations offrant les meilleures apparences de rentabilité financière, cette action étant accompagnée d'un effort de conditionnement et d'exportation des captures afin de:
Le projet aura une durée totale de 25 mois, 13 pour la phase 1 dont 6 pour sa préparation, et 12 pour la phase 2. Sa zone d'action s'étendra à la totalité du plateau continental malgache, de l'isobathe des 3 m à la crète du talus continental c'est-à-dire, selon les parages, jusqu'à l'isobathe des 50 à 100 m approximativement. Etant donné la vaste étendue du plateau continental et la grande longueur du littoral, sa base administrative, durant la phase 1, sera établie à Antananarivo, tandis que sa base opérationnelle sera transférée dans les différents ports, au fur et à mesure du déplacement de l'effort d'exploration.
Durant la phase 2, la base administrative et opérationnelle seront toutes deux établies dans un port qui sera choisis selon trois critères: la fréquence des transports aériens en direction d'Antananarivo, pour l'exportation des produits, les infrastructures, pour le conditionnement des produits, et la proximité des terrains de pêche.
Cette phase débutera avec la signature du document de projet. Son exécution commencera par deux actions préparatoires qui dureront 6 mois.
D'une part, un expert, spécialiste du développement des pêcheries, recruté par l'agence d'exécution, rejoindra immédiatement le pays et y séjournera durant un mois. Il visitera les armements locaux afin de sélectionner l'embarcation, de 16 à 20 m environ, qui sera utilisée par le projet. Il établira le contrat d'affrètement de cette unité. Il visitera également tous les ports importants susceptibles de servir de base opérationnelle durant la phase 1, et fera les arrangements nécessaires pour que l'embarcation du projet puisse y faire escale et s'y avitailler.
D'autre part, l'agence d'exécution passera commande de tous les équipements nécessaires à l'exécution du projet, ceux-ci devant être délivrés dans le port servant de première base opérationnelle au projet. Cette agence effectuera également le recrutement des experts du projet, afín qu'ils puissent le rejoindre en temps voulu.
Pendant les six premiers mois de la préparation de la phase 1, l'entreprise désignée comme partenaire opérationnel du projet par le Gouvernement, sera responsable de la réception et de l'entreposage des équipements commandés par l'agence d'exécution. Les diverses modalités de coopération entre le projet et ce partenaire sont détaillées à l'appendice 2.
La poursuite de la phase 1 commencera au début du mois No. 7. Elle durera sept mois. Dès son début deux experts rejoindront le projet, un spécialiste du développement des pêcheries, agissant en qualité de chef de projet, et un capitaine de pêche, spécialiste des pêcheries langoustières tropicales, commandant l'embarcation du projet. Cette phase comportera deux actions.
Durant un mois (mois No. 7), ces deux experts, assistés par un équipage de six hommes, fourni par le partenaire opérationnel, et recevant de celui-ci tout l'appui logistique nécessaire, prépareront l'embarcation du projet pour la campagne d'exploration: installation d'une poulie hydraulique, d'un vivier de pont, de sondeurs, radar, etc., préparation et embarquement des engins de pêche.
Durant cette préparation les arrangements nécessaires seront également entrepris avec le Centre National de Recherche Océanographie (CNRO), pour l'organisation de la collecte des informations biologiques, et avec le partenaire opérationnel, pour l'avitaillement du bateau dans les divers ports du littoral.
L'exploration sera réalisée selon le modèle mis au point par la FAO, avec succès, en Amérique Centrale, en 1969 (section 1, paragraphe (3)). En conséquence, elle ne sera menée que sur les faciès susceptibles de recéler les ressources et uniquement avec des engins de type commercial (Appendice 3). Elle durera 6 mois dont 132 jours de mer, 20 de ces jours étant utilisés en route ou en cape et 112 en exploration. Chaque jour d'exploration une distance d'environ 50 miles sera parcourue, explorée aux sondeurs puis, sur les faciès durs localisés par écho-acoustique, explorée aux engins à raison de 12 stations de 0,3 heure chacune au chalut d'exploration langoustière et 6 stations aux engins passifs: nasses, filets maillants, palangres à poulpes, etc., ces engins restant de 6 à 12 heures sur le fond.
L'exploration écho-acoustique, ainsi que le virage et le filage des engins passifs, se feront de jour. L'activité essentiellement nocturne des ressources recherchées exigera que ces engins soient sur le fond durant la nuit. Elle exigera également que le chalutage d'exploration se fasse aux mêmes heures, directement sur les faciès durs ou dans leur voisinage immédiat, à 50/100 m de leurs limites, en cas d'inchalutabilité totale.
L'effort total de la campagne exploratoire se traduira par une exploration écho-acoustique d'environ 7.840 miles et par 2.016 stations au chalut et aux engins passifs. Le détail de cet effort, ainsi que sa distribution géographique, sont donnés à l'appendice 4.
Afin de simplifier l'exécution, les captures de la phase 1 seront préservées à bord, soit en glace réfrigérée soit en vivier, puis commercialisées sur le marché national par le partenaire opérationnel.
Enfin, toute l'information relative aux efforts et aux captures sera collectée sur des fiches et des cartes de pêche par l'expert commandant le navire du projet, l'information biologique l'étant par un spécialiste embarqué du CNRO.
Cette phase commencera au début d mois No. 14. Elle durera 12 mois. La base administrative et opérationnelle du projet sera choisie selon les modalités citées au début de cette section. Durant le mois No. 13 un expert en commercialisation rejoindra le projet pour une durée de treize mois. Ce sera un spécialiste dans la commercialisation des produits capturés par le projet: conditionnement, entreprosage, transport et commercialisation de la langouste sous toutes ses formes de conditionnement, ainsi que du poulpe.
Les deux experts recrutés pour la phase 1 poursuivront leurs activités jusqu'à la fin de la phase 2.
Durant le mois No. 20, deux consultants travailleront également dans le projet, chacun pour une durée d'un mois. L'un sera un spécialiste des investissements dans le secteur des pêcheries, l'autre un spécialiste en évaluation et aménagement des ressources.
Les principales activités menées durant la seconde phase du projet seront les suivantes:
L'embarcation du projet, commandée par le capitaine de pêche expert, mènera des campagnes de pêche commerciale de production sur les meilleures concentrations localisées durant la phase 1, avec l'unique souci d'obtenir la meilleure rentabilité financière possible de l'effort de pêche.
Environ 24 marées, d'une durée de 10 jours chacune, seront menées durant cette phase. Pour cette action, le navire sera équipé de 500 nasses langoustières, 10 km de filets maillants langoustiers, de 200 pièges à poulpe et de palangres à poulpe totalisant 5.000 hameçons. Environ le tiers de ce matériel proviendra du stock initial de la phase 1, le reste ayant été commandé vers le milieu de cette phase, après mise au point des techniques de capture.
Les produits seront préservés à bord, sous glace réfrigérée ou en vivier. Les fiches et cartes de pêche et l'information biologique seront collectées et mises à jour comme durant la phase 1.
Les produits seront débarqués au port servant de base au projet et, dès cet instant, seront sous la responsabilité de l'expert en commercialisation. Les langoustes vivantes seront stockées en viviers flottants ou immergés, dans l'attente de leur conditionnement et expédition sous forme de produits vivants ou entiers cuits frais, ou en queues congelées.
La cuisson des langoustes et toutes les opérations concernant le conditionnement et la congélation des queues de langouste et des poulpes, se feront dans des installations en existence et mises à la disposition du projet par son partenaire opérationnel ou toute autre entreprise, en accord avec le partenaire opérationnel.
Les exportations se feront par avion pour les langoustes vivantes ou entières cuites fraîches, et par mer pour les produits congelés.
Les arrangements commerciaux et financiers concernant les frais d'exportation et les paiements par les clients, se feront selon les procédés classiques du commerce international. Afin d'éviter les difficultés de trésorerie qui pourraient surgir dans les débuts de ces activités, le projet disposera d'un capital de travail. Les opérations financières relatives à l'exploitation commerciale du projet se feront selon les modalités données à l'appendice 2.
La formation du personnel malgache constituera un volet essentiel du projet. En mer, le capitaine de pêche formera des patrons et seconds sur le tas, dans toutes les activités de la pêcherie, y compris les aspects de sécurité et navigation. Afin de développer chez eux l'expérience de base nécessaire au commandement à la pêche, il leur cédera peu à peu, sous sa supervision constante et directe, la responsabilité des opérations en mer.
A terre, l'expert chef de projet et l'expert en commercialisation formeront sur le tas le personnel malgache à tous les niveaux de la gestion de l'armement et de la commercialisation des produits sur les marchés d'exportation.
Le consultant expert en investissements analysera les résultats financiers du projet afin de déterminer la rentabilité financière et économique possible pour des capitaux investis dans la nouvelle pêcherie.
Il sera aidé en cela par les autres experts et le personnel national du projet, afin d'identifier les besoins techniques de l'activité. Il sera également supporté par le personnel du CNRO et par l'expert en évaluation et aménagement des ressources, afin de connaître la magnitude des stocks, et donc de prévoir celle des investissements nécessaires à leur exploitation. Il produira un programme d'investissement à moyen et long terme.
Le consultant expert en évaluation et aménagement des ressources. en étroite collaboration avec le CNRO, analysera les données biologiques-produites par le projet afin de mettre sur pied un programme d'amenagement qui garantira la préservation des stocks.
Aux alentours du mois No. 22, après les évaluations relatives à la rentabilité de la nouvelle pêcherie et à ses potentialités de développement, une continuation du projet pourra être éventuellement envisagee afin qu'il puisse transférer son expérience à des entreprises autres que son partenaire opérationnel.
Ce projet permettra de localiser le stock langoustier sur la totalité du plateau continental malgache, en dehors de la frange des récifs côtiers où il est actuellement légèrement exploité par la pêcherie artisanale traditionnelle. Il permettra également d'évaluer l'importance de cette ressource. Enfin, et surtout, par ses opérations de pêche commerciale de démonstration et d'exportation des captures, il démontrera concrètement la faisabilité financière de la nouvelle pêcherie aux investisseurs et entrepreneurs potentiels.
Il est à prévoir que, en considération de l'importance et de la grande diversité du stock côtier déjà connu, de l'importante surface des fonds rocheux et corailliens potentiellement favorables pour la langouste, sur toute l'étendue du platean continental, et de la présence d'autres conditions écologiques propices à cette ressource, le projet parviendra rapidement à développer cette nouvelle pêcherie.
Etant donné, par ailleurs, la haute valeur commerciale du produit considéré, et sa forre demande sur les marchés européens, il peut être assumé que, dans des temps courts, cette pêcherie pourra participer activement à l'amélioration des termes de la balance du commerce extérieur. A ce stade il est difficile d'estimer quelle pourrait être exactement cette participation. Cependant, compte tenu des nombreux facteurs naturels favorables, ainsi que de l'existence d'une pêcherie traditionnelle côtière, il peut être assumé que le projet pourrait générer une exportation annuelle de langouste de l'ordre de 1.000 t. Une telle exportation, aux prix actuels du marché frangais, par exemple, et à condition d'être bien organisée, produirait de considérables rentrées de devises fortes dans l'économie nationale. Rentrées qui pourraient représenter approximativement 30 à 40% des valeurs actuellement générées par l'industrie crevettière.
Cette pêcherie, qui sera une activité artisanale de type avancé, aura-par ailleurs un caractère de faibles besoins en termes de capitaux et d'intrants importés. Par contre, elle nécessitera une forte intensité de main-d'oeuvre, tant au niveau de la production que du conditionnement. Elle créera donc de nombreux emplois dans des régions littorales qui, justement, sont les plus déprimées du pays sur le plan économique.
Le lancement de cette pêcherie sera d'autant plus rapide que le projet, non seulement démontrera concrètement sa faisabilité aux investisseurs et entrepreneurs potentiels, mais aussi, produira un programme d'investissement pour son développement, et un programme d'aménagement de la ressource, pour en assurer la saine et harmonieuse continuation.
Enfin, la formation qu'il mènera, sur le tas, au cours d'opérations techniques, commerciales et financières concrètes, produira un noyau d'experts nationaux qui pourront mener à bien les développements envisagés.
| Personnel international | M/h | US$ | ||||
| - CTP expert en développement | 19 |
133.000 |
||||
| - Capitaine de pêche | 19 |
133.000 |
||||
| - Expert en commercialisation | 13 |
91.000 |
||||
| - Consultants | 3 |
27.000 |
||||
---------- |
||||||
384.000 |
||||||
| - Voyages officiels | 25.000 |
409.000 |
||||
---------- |
||||||
| Equipements | ||||||
| - 1 véhicule 4/4 | 13.000 |
|||||
| - Equipement de pêche (1) | 50.000 |
|||||
| - Engins de pêche (2) | 50.000 |
|||||
| - Equipement de conditionnement | 15.000 |
128.000 |
||||
---------- |
||||||
| Fonctionnement (3) | 142.000 |
|||||
| Affrètement | 80.000 |
|||||
| Capital de travail | 20.000 |
|||||
| Divers | 8.000 |
|||||
---------- |
||||||
Total: |
787.000 |
|||||
Le Gouvernement choisira un partenaire opérationnel pour le projet, de préférence une entreprise déjà engagée dans les pêcheries. Cette entreprise devra se trouver dans le voisinage des zones d'action du projet et posséder tous les aménagements et équipements nécessaires au conditionnement des produits. Les viviers de stockage à terre seront installés par le projet dans le voisinage de cette entreprise.
Le CNRO mènera les tâches relatives à l'étude biologique de la ressource, ainsi qu'à la collection des informations sur l'effort et les captures et à l'analyse de celles-ci. Cette institution collaborera avec le consultant en évaluation et aménagement des ressources.
Le personnel national du projet se composera d'un directeur national, homologue du CTP, et de techniciens dans tous les domaines touchés par les activités du projet, y compris les activités commerciales et financières. Le nombre de ces techniciens sera d'une quinzaine environ.
Le Gouvernement s'engagera également à faciliter toutes les opérations d'importation et d'exportation du projet, et à exonérer ses équipements importés des droits de douanes.
Le projet sera habilité à faire les actes de comerce nécessaires à la commercialisation de sa production sur les marchés d'exportation. Son capital de travail, ainsi que toutes les recettes qu'il générera, seront versés au crédit d'un compte bancaire de recette.
Les sommes versées à ce compte serviront pour le paiement des coûts de commercialisation et, éventuellement, pour l'acquisition de nouveaux équipements. Toutes ces opérations bancaires nécessiteront la signature conjointe du chef de projet international et national. En fin de projet, le solde de ce compre sera remis à l'organisme gouvernemental de coopération.
Afin de simplifier les opérations commerciales du projet, la production de la phase 1, ainsi que les apports constitués d'espèces d'accompagnement non exportables durant la phase 2, seront vendus au partenaire opérationnel.
Ce partenaire sera désigné par l'organisme gouvernemental de coopération au début de la phase 1. Ce sera une entreprise, en principe un armement crevettier ou autre, possédant toutes les infrastructures nécessaires au projet: quai d'accostage, combustible, glace, équipements frigorifiques, atelier de réparation, magasins, bureaux, télex, etc.
La base du projet se trouvera dans cette entreprise qui, moyennant paiement, lui fournira tous les services et approvisionnements nécessaires à l'exploitation du bateau, au conditionnement des produits et à leur exportation. Ces paiements, dont le montant et la procédure seront définis entre le partenaire, l'organisme gouvernemental de coopération et l'agence d'exécution, lors de la préparation de la phase 1, seront supportés soit par le budget du projet (frais de fonctionnement), soit par le compte bancaire de recette.
Le projet tiendra à jour une comptabilité qui, à tout instant, permettra de determiner les ressources et emplois financiers provoqués par ses opérations, ainsi que la rentabilité financière de ces dernières.
Le secteur occidental des eaux malgaches est potentiellement le meilleur pour recéler des populations langoustières importantes. Cet avantage réside dans la présence de nombreux faciès rocheux et corailliens et dans l'absence d'un courant général stable (section 1, paragraphes 6 et 7 de la proposition).
Par contre, le secteur oriental de ces eaux, constamment balayé par le courant nord équatorial, offre des avantages moindres pour posséder de telles potentialités, une grande partie des larves planctonniques et pélagiques des langoustes de ce secteur étant emportée vers d'autres régions de l'Océan Indien.
Pour cette raison, il sera préférable d'augmenter la densité de l'exploration dans le secteur occidental. Celle-ci seront donc de 20% supérieure à celle de l'exploration dans le secteur oriental.
Par ailleurs, afin de ne pas gêner la pêcherie traditionnelle de Taolanaro (Fort Dauphin), qui opère approximativement jusqu'à l'isobathe des 20 m entre Androka et Manantenina, ce secteur, dont les potentialités sont déjà connues, ne sera ni exploré ni exploité par le projet.
Sur ces bases, et sur celle d'un effort total de 7.840 miles d'exploration écho-acoustique linéaire, de 1.344 stations au chalut d'exploration langoustière et de 672 stations aux engins passifs, la répartition de l'effort sera approximativement la suivante:
Secteur |
Secteur |
|||
Exploration |
occidental |
oriental |
||
| - | Echo-acoustique (miles) | 5.200 |
2.600 |
|
| - | Chalut d'exploration langoustière | 904 |
440 |
|
| - | Engins passifs | 450 |
222 |
|
| - | Nombre approximatif des engins passifs | 9.000 |
4.440 |
|
| mis en action | ||||
| Titre: | Développement de la Production du Crabe de |
| Mangrove | |
| Durée du projet: | 18 mois, dont 8 mois de préparation |
| Localisation: | Mahajanga |
| Coût estimé de la contribu- | US$ 353.000 |
| tion internationale: | |
| Organisme gouvernemental | Ministère de la Production Animale et des |
| de coopération: | Eaux et Forêts |
Madagascar possède un important stock de crabes de mangrove (Scylla serrata). La production annuelle maximale équilibrée de cette ressource n'est pas connue. Le mangrove propice à son existence posssède cependant une grande surface, de l'ordre de 3.000 km2, sur la côte occidentale de l'île, et il est couramment estimé que sa capacité de production annuelle serait de l'ordre de 7.500 t 1/.
Cette ressource est actuellement exploitée bien en-dessous de ce niveau par une pêcherie artisanale traditionnelle. La production annuelle, qui est évaluée à 600 ou 700 t, est consommée vivante sur le marché national, ou exportée congelée sur les marchés de Maurice et de la Réunion. Les contraintes freinant le développement de la production ne résident ni dans les capacités de capture ni dans les capacités de conditionnement. Les captures peuvent se faire par des moyens relativement rudimentaires, et le conditionnement, grâce à diverses infrastructures frigorifiques déjà en place le long du littoral, en particulier celles des armements crevettiers.
Ces contraintes résident plutôt dans l'exiguité des actuels marchés d'exportation de Maurice et de la Réunion, et dans un marché local très restreint du fait des difficultés de transport entre les zones productrices du Nord-Est de l'île et les régions orientales du pays, où se concentrent environ 75% de la population, et donc le marché consommateur. Les distances entre ces deux zones sont de l'ordre de 500 à 800 km et les routes si peu carrossables que la majorité de la production, commercialisée vivante, doit être acheminée par avion. Il en résulte des coûts tels que le produit n'est accessible qu'aux consommateurs financièrement aisés, ceci réduisant le marché à une minorité de la population.
1/ Ralison, A., Développement des pêches maritimes à Madagascar, plan directeur, projet FAO MAG/80/008.Il est donc à prévoir que quelques soient les efforts consentis pour développer la production et améliorer la commercialisation du crabe de mangrove sur le marché national, la situation actuelle ne pourra s'améliorer de beaucoup tant qu'un réseau routier dense et fiable n'aura pas aménagé le vaste espace du territoire malgache.
L'implantation de ce réseau relève du long, et même du très long terme. A court et moyen terme, l'avenir du développement de la production de ce crabe dépend donc tout d'abord de l'ouverture de nouveaux marchés d'exportation, ainsi que dans la diversification des méthodes de conditionnement du produit. Cet avenir est certainement intéressant si l'on considère que le crabe décortiqué atteint actuellement des prix CIF de l'ordre de US$ 9.500 la t sur les marchés européens.
Sur cette base, et en admettant que seulement 5.000 t de crabe soient traitées en décortiqué, la valeur CIF de la ressource serait d'environ US$ 7,12 millions 1/, soit environ 32% de la valeur CIF estimée d'une production crevettière industrielle qui, à ce jour, représente l'unique source de devises fortes générée par le sous-secteur des pêches 2/.
Cette haute valeur commerciale potentielle fait que l'extension rapide de la production du crabe de mangrove représente l'une des premières priorités des pêcheries malgaches. C'est là une potentialité de développement considérable qui, certainement, pourrait jouer un rôle essentiel dans l'amélioration de la balance du commerce extérieur du pays.
A ceci, l'exploitation de la ressource considérée ajoute des avantages non moins notoires. Il s'agit tout d'abord, comme toutes les ressources halieutiques naturelles, d'une richesse disponible et renouvelable ne nécessitant aucun investissement pour sa mise en existence et, de plus, pouvant générer des rentrées de devises fortes dans les quelques mois suivant sa mise en exploitation pour l'exportation. Les investissements requis par le développement de son exploitation resteront faibles au niveau de la production, celle-ci ne pouvant s'obtenir que par des technologies artisanales. Ils resteront également faibles au niveau du transport et de la manipulation des prises entre les lieux de capture et de conditionnement, le crabe de mangrove possédant une résistance considerable en respiration aérienne, ceci permettant son acheminement par pirogues.
Au plan économique, la faiblesse des investissements requis, les besoins très réduits en intrants importés, en particulier le combustible, une production artisanale et un conditionnement essentiellement manuel à forte intensité de main-d'oeuvre, sont autant d'atouts faisant que cette ressource pourrait sans doute atteindre l'un des plus hauts degrés de rentabilité économique de tout le sous-secteur des pêches.
1/ Sur la base d'un rendement en chair égal à 15% du poids vivant et d'une valeur de US$ 9.500/t.
2/ Sur la base d'une production annuelle de 5.000 t (statistiques de la Direction des Pêches), produisant un rendement en queue congelée égal à 55% du poids de la crevette entière, et d'une valeur de US$ 8.000/t.
Les actions à entreprendre pour le développement de cette pêcherie sont simples et pourraient se réaliser dans le cadre d'un projet pilote à caractère commercial, du type proposé ci-dessous.
Développer l'exploitation du crabe de mangrove afin d'en accroître fortement la production pour alimenter des circuits d'exportation, et ainsi faire jouer à cette ressource son plein rôle dans l'expansion et la diversification de l'économie nationale, par la génération de nouvelles rentrées de devises fortes et de nouveaux emplois.
Ces objectifs de développement seront atteints par le biais des objectifs immédiats suivants:
Le projet aura une durée de 18 mois. Il sera basé a Mahajunga, de préférence au siège d'une entreprise crevettière ou frigorifique qui lui servira de partenaire opérationnel. Sazone d'action s'étendra au mangrove voisin.
Les opérations débuteront avec la signature du document de projet. Durant ses trois premiers mois l'agence d'exécution sélectionnera et recrutera, pour une durée de 15 mois, un expert spécialiste de la commercialisation du crabe (conditionnement et exportation). Cet expert agita également en qualité de chef de projet.
Ce dernier opérera tout d'abord une étude des marchés au siège de l'agence d'exécution, pendant un mois, puis dans les pays importateurs, durant deux mois. Eh accord avec les procédures de l'agence d'exécution, il passera alors commande des équipements légers et d'un lot d'emballages appropriés pour les premiers conditionnements des produits. Ces articles seront adressés à Mahajunga et, afin d'éviter des ruptures d'activité, y seront transportés par avion.
Cet expert rejoindra ensuite Mahajunga, au début du mois no. 7. Avec le partenaire opérational, qui aura été choisi par l'organisme coopérateur du Gouvernement pendant les six premiers mois du projet, il lancera alors les activités correspondant aux objectifs immédiats, en particulier celles qui auront trait au transport, à la collecte et au conditionnement des produits, à l'ouverture des nouveaux circuits d'exportation et à la formation du personnel national.
L'agence d'exécution recrutera également un maître-pêcheur, spécialiste de la capture des crabes de mangrove, de leur préservation et de leur transport, pour une durée de 12 mois. Ce dernier rejoindra le projet au début du mois no. 7. Afin qu'il puisse entrer immédiatement en action, l'agence d'exécution, par le canal de ses services techniques spécialisés, aura commandé en temps voulu, et acheminé sur Mahajunga, le matériel de pêche et les équipements nécessaires à ses travaux.
Les travaux du maître-pêcheur consisteront essentiellement à diversifier les méthodes de capture, et à former des pêcheurs sur le tas afín qu'ils puissent eux-mêmes les mettre en oeuvre. Il organisera également les centres de collecte dans le mangrove, ainsi que les circuits pour le transport de la production.
L'agence d'exécution recrutera enfin deux consultants, l'un spécialiste de l'évaluation et de l'aménagement des ressources, et l'autre, spécialiste des investissements dans le secteur des pêches.
Le premier, recruté pour 1,5 mois, rejoindra le projet en deux fois. Tout d'abord, au cours du mois no. 7, il y séjournera un mois et, en étroite collaboration avec le CNRO, ainsi qu'avec les experts du projet, il établira un systéme d'étude du mangrove et de collecte de l'information nécessaire à l'évaluation et à l'aménagement de la ressource. Ces travaux seront ensuite réalisés par le CNRO. Il séjournera à nouveau dans le projet au cours de son mois no. 15 afin de produire, avec le CNRO, une évaluation préliminaire de la ressource et un programme d'aménagement, également préliminaire, pour son exploitation.
Le second, recruté pour une durée de 0,5 mois, rejoindra le projet au cours de son mois no. 15 et, en collaboration avec les autres experts du projet, ainsi qu'avec le CNRO et le partenaire opérationnel, analysera la rentabilité financière et économique des opérations commerciales du projet, déterminera les besoins techniques et financiers pour le développement de la pêcherie, et établira un programme d'investissement pour ce développement.
Le projet disposera de divers fonds pour les opérations concernant les activités du mître-pêcheur et du CNRO. Il disposera également d'un capital de travail. Les opérations financières relatives à l'exploitation commerciale du projet se feront selon les modalités données à l'appendice 1.
Aux alentours du mois no. 16, après les évaluations relatives à la rentabilité de la nouvelle pêcherie et à ses potentialités pour le développement, une continuation du projet pourra être éventuellemnt envisagée afin qu'il puisse renforcer l'action entreprise, et qu'il puisse également transférer son expérience à des entreprises autres que son partenaire opérationnel.
Ce projet sera le promoteur d'une nouvelle pêcherie qui mettra en valeur une importante ressource naturelle disponible et, à ce jour, très peu exploitée. Il réalisera un travail d'étude et d'ouverture des marchés extérieurs que les entreprises nationales ne peuvent actuellement mener par faute d'expérience, de contacts commerciaux et de capacités financières.
Il est à prévoir que, grâce à la solide demande internationale pour les crabes, décortiqués ou sous d'autres formes, le projet réussira à lancer rapidemt une pêcherie qui, en l'espace de quelques années, exploitera la totalité de la ressource. Ceci pourra se traduire par un considérable apport de devises fortes, apport qui pourrait représenter approximativement 32% des valeurs actuellement générées par l'industrie crevettière.
Cette pêcherie aura un caractère de faibles besoins en termes de capitaux et d'intrants importés. Par contre, elle nécessitera une très forte intensité de main-d'oeuvre, tant au niveau de la production qu'à celui du conditionnement. Elle créera donc de nombreux emplois dans des régions littorales qui, justement, sont les plus déprimées du pays sur le plan économique.
Le lancement de cette pêcherie sera d'autant plus rapide que le projet, non seulement démontrera concrètement sa faisabilité aux investisseurs et entrepreneurs potentiels, mais aussi, produira un programme d'investissement pour son développement et un programme d'aménagement pour assurer sa saine continuation.
Enfin, la formation qu'il mènera, sur le tas, au cours d'opérations techniques, commerciales et financières concrètes, produira un noyau d'experts nationaux qui pourront mener à bien les développements envisagés.
| Personnel international | M/h | US$ | ||||||
| - | Expert en commercialisation | 15 |
105.000 |
|||||
| - | Maitre-pêcheur | 12 |
72.000 |
|||||
| - | Consultants | 2 |
18.000 |
|||||
---- |
---------- |
|||||||
29 |
195.000 |
|||||||
| - | Voyages officiels | 25.000 |
220.000 |
|||||
---------- |
||||||||
| Equipements | ||||||||
| - | 1 véhicule 4/4 | 13.000 |
||||||
| - | 1 pirogue de pêche et transport | 18.000 |
||||||
| - | Engins de pêche 1/ | 15.000 |
||||||
| - | Equipement de conditionnement 2/ | 20.000 |
66.000 |
|||||
| Fonctionnement | 30.000 |
|||||||
| Capital de travail | 20.000 |
|||||||
| Divers | 17. 000 |
|||||||
| Total: | 353.000 |
|||||||
Le Gouvernement choisira un partenaire opérationnel pour le projet, de préférence une entreprise déjà engagée dans les pêcheries. Cette entreprise devra être localisée dans le voisinage de la zone d'action du projet et posséder tous les aménagements et équipements nécessaires au conditionnement, à la congélation et à l'entreposage des produits.
Le CNRO mènera les tâches relatives à l'étude du mangrove et de la ressource, ainsi qu'à la collection des informations sur l' effort et les captures et à l'analyse de celles-ci. Cette institution collaborera avec le consultant en évaluation et aménagement des ressources.
Le personnel national du projet se composera d'un directeur national, homologue de l'expert en commercialisation, et de techniciens dans tous les domaines touchés par les activités du projet, y compris les activités commerciales et financières. Le nombre de ces techniciens sera d'une dizaine environ.
Le Gouvernement s'engagera également à faciliter toutes les opérations d'importation et d'exportation du projet, et à exonérer ses équipements des droits de douanes.
Le projet sera habilité à faire les actes de commerce nécessaires à la commercialisation de sa production sur les marchés d'exportation. Son capital de travail, ainsi que toutes les recettes qu'il générera, seront versés au crédit d'un compte bancaire de recette.
Les sommes versées à ce compte serviront pour le paiement des coûts de commercialisation et, éventuellement, pour l'acquisition de nouveaux équipements. Toutes ces opérations bancaires nécessiteront la signature conjointe du chef de projet international et national. En fin de projet, le solde de ce compte sera remis à l'organisme gouvernemental de coopération.
Le projet possédera un partenaire opérationnel qui sera désigné par l'organisme gouvernemental de coopération dès le début du projet. Ce sera une entreprise, en principe un armement crevettier ou autre, possédant toutes les infrastructures nécessaires au projet: équipements frigorifiques, ateliers, magasins, bureaux, télex, etc.
La base du projet se trouvera dans cette entreprise qui, moyennant paiement, lui fournira tous les services et approvisionnements nécessaires au conditionnement des produits et à leur exportation. Ces paiements, dont le montant et la procédure seront définis entre le partenaire, l'organisme gouvernemantal de coopération et l'agence d'exécution, seront supportés par le budget de fonctionnement du projet, ou par le compte bancaire de recette.
Le projet tiendra à jour une comptabilité qui, à tout instant, permettra de déterminer les ressources et emplois financiers provoqués par ses opérations, ainsi que la rentabilité financière de ces dernières.
| Titre | : | Développement de la Production de Requin |
| Durée du projet | : | 21 mois, dont 6 de préparation |
| Localisation | : | Port du littoral, à définir à la fin de la |
| phase 1 | ||
| Coût estimé de la contri- | : | US$ 462.000 |
| bution internationale | ||
| Organisme gouvernemental | Ministère de la Production Animale et des | |
| De coopération | : | Eaux et Forêts |
Madagascar possède un contexte écologique maritime particulièrement favorable à l'existence d'un appréciable stock de requins.
Tout d'abord, par sa localisation océanique, en plein travers du courant équatorial, cette île se trouve dans une situation avantageuse pour posséder une population de requins pélagiques migrateurs: requin renard, taupe, peau bleue, etc.
Par ailleurs, par sa masse terrestre importante et sa bonne pluviométrie, l'île dispose de nombreux fleuves, lagunes, mangroves, plus particulièrement dans son secteur Nord occidental, c'est-à-dire d'un contexte généralement favorable à l'existence d'abondantes concentrations de requins côtiers tels que le requin corail, le tigre, les marteaux, le requin àpointes blanches, le requin noir, etc. Les innombrables récifs immergés du plateau continental ne font qu'améliorer la qualite du contexte écologique pour l'existence d'un potentiel de requins dont l'importance, enfin, semble prouvée par la richesse et la diversité des trente espèces actuellement identifiées dans les eaux malgaches.
A ce jour il n'existe entere aucune pêcherie de requin dans le pays et, à vrai dire, ses captures sont plutôt accidentelles. Cette rareté des prises n'est cependant pas imputable à une éventuelle faiblesse du potentiel. Elle l'est, en fait, tout d'abord à l'absence de technologies adéquates pour son extraction. Les gros requins, c'est-à-dire des poissons de 100 à 500 kg, ne sont que rarement capturés par des chaluts crevettiers qu'ils savent éviter, et qu'ils détruisent d'ailleurs s'ils y pénètrent. Par ailleurs, leur capture par la pêcherie artisanale traditionnelle ne peut être que très accidentelle car ils coupent les lignes, détruisent ou emportent les filets maillants et, de toute façon, ne peuvent être que très difficilement manipulés par des pirogues trop petites et instables.
L'exploitation de ces ressources nécessite en fait une pêcherie spécialisée, de type artisanal avancé, utilisant essentiellement des palangres horizontales courtes ou des palangres verticales, à partir d'embarcations pontées de 12 à 15 m. La rentabilité d'une telle pêcherie pourrait être intéressante si l'on considère le fait que, d'une part, les requins sont hautement vulnérables aux types d'engins précités, et donc faciles à capturer, et que, d'autre part, leurs prix sont appréciables sur le marché mondial.
Bien que l'importance du potentiel considéré ne soit pas connue à Madagascar, il peut être raisonnablement estimé que, sur la base d'autres pêcheries de requins de la ceinture maritime intertropicale (Panama, Mexique, Mer Rouge, etc.), les eaux malgaches pourraient produire quelques milliers de tonnes de requin à l'année.
Une telle éventualité mérite d'être soigneusement prise en considération si l'on tient compte du fait que, sur les marchés du moyen et de l'extrême-Orient, le requin entier éviscéré congelé atteint des valeurs CIF de l'ordre de US$ 1.400/t, la valeur CIF des ailerons et queues séchés se situant aux alentours de US$ 12.000/t.
Un autre intérêt de l'exploitation de cette ressource est qu'elle pourrait se faire par les mêmes embarcations que celles utilisées dans d'autres pêcheries à caractère artisanal avancé: pêcheries de langouste, poulpe, des poissons démersaux et pélagiques de la du talus continental, etc. En d'autres termes, une pêcherie de requins pourrait être complémentaire des activités précitées. Enfin, les palangres utilisées dans la capture de cette ressource, en sus de leur extrême simplicité d'emploi, sont d'un bas coût d'acquisition, ce qui ne fait qu'améliorer les capacités de rentabilité financière de cette pêcherie.
Sur le plan économique, les avantages d'une pêcherie de requin sont ceux des autres pêcheries artisanales avancées: utilisation d'une ressource naturelle renouvelable non exploitée et immédiatement disponible, sans investissement préalable pour sa mise en existence, génération de devises fortes quelques mois après le lancement de l'exploitation de la ressource, faible intensité de capital, fiabilité et flexibilité des unités de pêche, nécessité réduite d'intrants importés, en particulier de combustible, haute intensité de main-d'oeuvre au niveau de la production et du conditionnement, etc.
L'implantation de cette nouvelle pêcherie nécessitera cependant des investissements qui ne pourront être décidés sans une information concrète quant à sa rentabilité financière et à la magnitude du potentiel de production. Les armements et groupements de pêcheurs malgaches ne possèdent ni le savoir-faire technique et commercial, ni les moyens financiers requis pour proluire cette information.
Pour que ceux-ci soient intéressés à entreprendre le développement de cette nouvelle activité, il conviendra donc de leur en démontrer concrètement les avantages et les technologies. Les actions à entreprendre en ce domaine pourront se réaliser par le canal d'un projet pilote du type décrit ci-dessous.
Développer l'exploitation du requin afin d'en accroître fortement la production pour alimenter des circuits d'exportation, et ainsi faire jouer à cette ressource son plein rôle dans l'expansion et la diversification de l'économie nationale, par la génération de nouvelles rentrées de devises fortes et de nouveaux emplois.
Ces objectifs de développement seront atteints par le canal des objectifs immédiats suivants:
Le projet aura une durée totale de 21 mois dont 6 pour sa préparation, 7 pour la prospection (phase 1), et 8 pour la pêche commerciale de démonstration (phase 2). Sa zone d'action s'étendra à la totalité du plateau continental et de la crète du talus continental. Durant la phase 1, sa base opérationnelle sera transférée de port en port, au fur et à mesure du déplacement de l'effort d'exploration, sa base administrative étant alors établie à Antananarivo. Durant la phase 2, les deux phases seront transférées dans le port qui se révélera le plus proche des meilleures zones de pêche découvertes durant la phase 1.
La préparation des opérations débutera dès la signature du document de projet. L'agence d'exécution enverra alors sur le terrain, pour une durée d'un mois, un consultant spécialiste du développement des pêcheries. Celui-ci visitera les armements locaux afin de sélectionner l'embarcation, de 16 à 20 m environ, qui sera utilisée par le projet. Il établira le contrat d'affrètement de cette unité. Il visitera également tous les ports importants susceptibles de servir de base opérationnelle durant la phase 1, et fera les arrangements nécessaires pour que l'embarcation du projet puisse y faire escale et s'y avitailler.
D'autre part, l'agence d'exécution passera commande de tous les équipements nécessaires à l'exécution du projet, ceux-ci devant être délivrés dans le port servant de première base opérationnelle au projet. Cette agence effectuera également le recrutement des experts du projet, afin qu'ils puissent le rejoindre en temps voulu.
Pendant les six premiers mois de la préparation de la phase 1, l'entreprise désignée comme partenaire opérationnel du projet par le Gouvernement, sera responsable de la réception et de l'entreposage des équipements commandés par l'agence d'exécution. Les diverses modalités de coopération entre le projet et ce partenaire sont détaillées à l'appendice 1.
Lors de la préparation, l'agence d'exécution recrutera un capitaine de pêche, qui agita en qualité de chef de projet, pour une durée de 15 mois, et un expert en conditionnement et commercialisation du requin, pour 10 mois. Le premier de ces experts rejoindra le projet au début de son mois 7 et le second au début de son mois 12.
Le capitaine, dès son arrivée au projet, prendra le commandement du bateau affrété. Durant le mois 7 il préparera cette embarcation et le matériel de pêche, avec l'assistance d'un équipement de six hommes et le support logistique du partenaire opérationnel.
Durant les 6 mois suivants il effectuera 132 jours de mer, 20 de ces jours étant utilisés en route ou en cape et 112 en exploration. Chaque jour d'exploration, une ou plusieurs radiales approximativement perpendiculaires à la ligne générale du littoral, d'une longueur totale d'environ 50 miles, seront explorées avec des palangres verticales er/ou horizontes de type commercial, à raison de 10 stations par jour. Ces palangres séjourneront dans l'eau à raison d'une moyenne unitaire de 10 heures.
Les radiales, ou groupes de radiales, seront espacés d'environ 20 miles en sorte que, au bout de 112 jours d'exploration, la totalité du plateau continental aura été couverte. L'effort total de la campagne exploratoire se traduira donc par une exploration acoustique d'environ 7.840 miles, et par 1120 stations représentant approximativement 56.000 hameçons/heure.
Afin de simplifier l'exécution, seules les captures des derniers jours de chaque marée seront préservées à bord, sous glace réfrigérée, puis commercialisées sur le marché national par le partenaire opérationnel.
Enfin, toute l'information relative aux efforts et aux captures sera collectée sur des fiches et des cartes de pêche par l'expert commandant le navire du projet, l'information biologique l'étant par un spécialiste embarqué du CNRO.
A terre, l'expert en commercialisation formera sur le tas le personnel malgache à tous les niveaux de la gestion de l'armement et de la commercialisation des produits sur les marchés d'exportation.
L'agence d'exécution recrutera un consultant, expert en investissement pour une durée d'un mois. Celui-ci rejoindra le projet vers son mois 19 et analysera ses résultats financiers.
Il sera aidé en cela par les autres experts et le personnel national du projet, afin d'identifier les besoins techniques de l'activité. Il sera également supporté par le personnel du CNRO et par l'expert en évaluation et aménagement des ressources, afin de connaître la magnitude des stocks, et donc de prévoir celle des investissements nécessaires à leur exploitation. Il produira un programme d'investissement à moyen et long terme.
L'agence d'exécution recrutera un consultant, expert en évaluation des ressources et aménagement des pêcheries, pour une durée d'un mois. Celui-ci rejoindra le projet vers son mois 19. Cet expert, en étroite collaboration avec le CNRO, analysera les données biologiques produites par le projet afin de mettre sur pied un programme d'aménagement qui garantira la préservation des stocks.
Ce projet permettra de localiser le stock de requins sur la totalité du plateau continental malgache. Il permettra également d'évaluer l'importance de cette ressource. Enfin, et surtout, par ses opérations de pêche commerciale de démonstration, de conditionnement et d'exportation des captures, il démontrera cancrétement la faisabilité financière de la nouvelle pêcherie aux investisseurs et entrepreneurs potentiels.
Il est à prévoir que, en considération de la grande diversité du stock considéré, et aussi de contextes maritimes propices à sa présence, le projet parviendra rapidement à développer cette nouvelle pêcherie.
Cette pêcherie, qui sera une activité artisanale de type avancé, aura par ailleurs un caractère de faibles besoins en termes de capitaux et d'intrants importés. Par contre, elle nécessitera une forte intensité de main-d'oeuvre, tant au niveau de la production que du conditionnement. Elle créera donc de nombreux emplois dans des régions littorales qui, justement, sont les plus déprimées du pays sur le plan économique.
Le lancement de cette pêcherie sera d'autant plus rapide que le projet, non seulement démontrera concrètement sa faisabilité aux investisseurs et entrepreneurs potentiels, mais aussi, produira un programme d'investissement pour son développement, et un programme d'aménagement de la ressource, pour en assurer la saine et harmonieuse continuation.
Enfin, la formation qu'il mènera, sur le tas, au cours d'opérations techniques, commerciales et financières concrètes, produira un noyau d'experts nationaux qui pourront mener à bien les développements envisagés.
| Personnel international | m/h |
US$ |
||||
| - | Capitaine de pêche | 15 |
105.000 |
|||
| - | Expert en conditionnement et commercialisation | 10 |
70.000 |
|||
| - | Consultants | 3 |
27.000 |
|||
---------- |
||||||
202.000 |
||||||
| - | Voyages officiels | 13.000 |
215.000 |
|||
---------- |
||||||
| Equipement | ||||||
| - | 1 break 4/4 | 13.000 |
||||
| - | Equipement de pêche 1/ | 20.000 |
||||
| - | Engins de pêche 2/ | 25.000 |
58.000 |
|||
---------- |
||||||
| Fonctionnement 3/ | 112.000 |
|||||
| Affrètement | 62.000 |
|||||
| Capital de travail | 10.000 |
|||||
| Divers | 5.000 |
|||||
----------- |
||||||
| Total: | 462.000 |
|||||
| ------- | ======= |
|||||
Le Gouvernement choisira un partenaire opérationnel pour le projet, de préférence une entreprise déjà engagée dans les pêcheries. Cette entreprise devra se trouver dans le voisinage de la zone d'action du projet et posséder tous les équipements et aménagements nécessaires au conditionnement des produits.
Le CNRO mènera les tâches relatives à l'étude biologique de la ressource, ainsi qu'à la collection des informations sur l'effort et les captures et à l'analyse de celles-ci. Cette institution collaborera avec le consultant en évaluation et aménagement des ressources.
Le personnel national du projet se composera d'un directeur national, homologue du CTP, et de techniciens dans tous les domaines touchés par les activités du projet, y compris les activités commerciales et financières. Le nombre de ces techniciens sera d'une quinzaine environ.
Le Gouvernement s'engagera également à faciliter toutes les opérations d'importation et d'exportation du projet, et à exonérer ses équipements importés des droits de douanes.
Le projet sera habilité à faire les actes de commerce nécessaires à la commercialisation de sa production sur les marchés d'exportation. Son capital de travail, ainsi que toutes les recettes qu'il générera, seront versés au crédit d'un compte bancaire de recette.
Les sommes versées à ce compte serviront pour le paiement des coûts de commercialisation et, éventuellement, pour l'acquisition de nouveaux équipements. Toutes ces opérations bancaires nécessiteront la signature conjointe du chef de projet international et national. En fin de projet, le solde de ce compte sera remis à l'organisme gouvernmental de coopération.
Le projet possédera un partenaire opérationnel qui sera désigné par l'organisme gouvernemental de coopération dès le début du projet. Ce sera une entreprise, en principe un armement crevettier ou autre, possédant toutes les infrastructures nécessaires au projet: équipements frigorifiques, ateliers, magasins, bureaux, télex, etc.
La base du projet se trouvera dans cette entreprise qui, moyennant paiement, lui fournira tous les services et approvisionnements nécessaires au conditionnement des produits et à leur exportation. Ces paiements, dont le montant et la procédure seront définis entre le partenaire, l'organisme gouvernemental de coopération et l'agence d'exécution, seront supportés par le budget de fonctionnement du projet, ou par le compte bancaire de recette.
Le projet tiendra à jour une comptabilité qui, à tout instant, permettra de déterminer les ressources et emplois financiers provoqués par ses opérations, ainsi que la rentabilité financière de ces dernières.
| Titre | : | Développement de la Production de Poissons |
| Démersaux et Pélagiques de la Crète du | ||
| Talus Continental | ||
| Durée du projet | : | 21 mois, dont 6 de préparation |
| Localisation | : | Port du littoral à déterminer après la |
| phase 1 | ||
| Coût estimé de la contri- | ||
| bution internationale | : | US$ 509.000 |
| Organisme gouvernemental | : | Ministère de la Production Animale et des |
| de coopération | Eaux et Forêts |
La crète du talus continental, dans toute la ceinture maritime intertropicale du globe, recèle des ressources importantes en poissons démersaux et pélagiques.
La première de ces ressources, essentiellement sédentaire, séjourne sur les fonds, par des profondeurs de 60 à 250 m approximativement. Elle se compose d'espèces de haute valeur commerciale fortement demandées sur le marché mondial et dont les principales sont des Lutjanidés (vivaneaux et colas), des Serranidés (mérous et vieilles), et des Sparidés (dentés, spares et pagres).
Ces espèces supportent donc des pêcheries très actives dans de nombreux pays tropicaux. Ces pêcheries, essentiellement orientées vers l'exportation et générant d'importantes rentrées de devises fortes dans les pays producteurs, sont particulièrement importantes en Indonésie, aux Indes, en Thaïlande, au Brésil, au Mexique, etc.
Il n'existe en réalité aucune raison majeure interdisant que Madagascar, qui possède un contexte naturel aussi propice que les pays précités pour la présence des espèces considérées, ne devienne à son tour un exportateur de ces produits.
Ces espèces existent en effet sur tout le pourtour des accores du plateau continental malgache mais y sont peu ou pas exploitées pour trois raisons principales. Tout d'abord, elles n'intéressent pas la pêcherie crevettière chalucière car elles se concentrent sur des fonds rocheux ou corailliens difficilement chalutables sinon totalement inchalutables. Ensuite, elles n'intéressent paz une pêcherie artisanale traditionnelle dont les pirogues sont insuffisamment stables et autonomes pour exploiter intensivement les accores du plateau continental, à des distances de 15 à 30 miles (25 à 55 km) de terre et dans des conditions de mer ouverte. Enfin, cette pêcherie artisanale, de toute façon, ne possède pas de débouchés nationaux suffisamment intéressants pour des produits dont l'extraction est plus difficile que celle d'espèces côtières plus facilement accessibles.
La faiblesse de leur utilisation actuelle est donc principalement occasionnée par des déficiences techniques et commerciales, ou par un manque d'esprit d'entreprise ou encore de connaissances, et non par l'insuffisance des ressources ou l'absence de marchés importateurs. En ce qui concerne les ressources, il convient de noter que la surface totale de l'intervalle des 60 à 250 m autour de Madagascar peut être estîmée à environ 30.000 km2. En admettant, conservativement, que la PAME des espèces considérées soit de seulement 0,35 tonne/km2, leurs disponibilités de production annuelle est de l'ordre de 10.500 tonnes soit, au prix actuel sur les marchés importateurs, une valeur débarquée exportable d'environ 3.1 119 MFMG.
C'est là une opportunité de développement non négligeable et d'autant plus intéressante que ces ressources seraient exploitables par une pêcherie artisanale de type avancé, c'est-à-dire une activité à faible intensité de capital, une technologie d'extraction rapidement assimilable par les pêcheurs artisanaux traditionnels et une technologie de conditionnement des plus simples.
L'île de Madagascar agît comme un barrage d'une longueur d'environ 1.560 km en travers du courant équatorial, dont l'origine se situe à 6.000 ou 7.000 km à l'Est du pays. Cette situation est particulièrement favorable à la présence de gros et moyens pélagiques océaniques le long de l'accore du plateau continental, plus spécialement le long de sa portion orientale. Des situations courantologiques approximativement similaires dans la ceinture maritime intertropicale sont à l'origine d' intéressantes pêcheries artisanales ou artisanales avancées pour les espèces considérées. Des pêcheries de ce genre, essentiellement orientées vers l'approvisionnement de marchés importateurs, existent à l'Est des Petites Antilles, au Nord de Cuba, au Sud de la Méditerranée centrale, etc.
Ces espèces fortement migratrices se composent principalement de Scombridés (thazards, bonites, listaos, albacores, thons obèses, etc.), d'Istiophoridés (marlins et voiliers) et de Xiphidés (espadons). Elles sont également représentées par des coryphènes et des requins océaniques. Toutes ces ressources océaniques suivent les abords de la crète du talus continental lorsqu'elles rencontrent le plateau continental, au-dessus duquel elles ne pénètrent que sporadiqument. Il s'en suit une concentration de ces espèces le long de la barrière représentée par l'accore du plateau, cet accore devenant donc une zone popice pour leur exploitation aux palangres, aux lignes, aux filets maillants, etc.
Ces espèces existent sur tout le pourtour des accores du plateau continental malgache mais y sont peu ou pas exploitées par manque de marché local et, surtout, par manque de technologies de captures appropriées. Leur importance n'est donc pas exactement connue.
Il semblerait cependant que l'existence d'un contexte local propice à leur concentration, et aussi le fait qu'elles soient abondantes dans l'Océan Indien, peuvent laisser présager d'une intéressante probabilité pour que leur exploitation par une pêcherie de type artisanal avancé soit une entreprise rentable à Madagascar.
Les capacités de production de ces ressources exportables n'étant pas connues, il n'est pas actuellment possible d'estimer les valeurs que pourrait générer une telle pêcherie. Il convient simplement de noter que les prix actuels des produits considérés sur les marchés importateurs sont de l'ordre de US$ 1.500 à 4.000 la tonne (0,91 à 2,42 MFMG), selon les espèces et les marchés.
Les observations précédentes indiquent que Madagascar se trouve dans une situation privilégiée pour posséder des ressources économiquement importantes le long de la crète de son talus continental. Leur exploitation simultanée pourrait être réalisée par une pêcherie dont la technicité simple n'interdit pas sa rapide assimilation par les pêcheurs artisanaux nationaux.
L'introduction de cette pêcherie réclamera cependant des investissements. Son démarrage ne peut donc être espéré avant que sa rentabilité financière ne soit concrètement démontrée aux investisseurs et entrepreneurs potentiels. Ces données pourront être obtenues grâce à un projet pilote du type proposé ci-dessous.
Développer l'exploitation des espèces démersales et pélagiques de la crète du talus continental afin d'en accroitre fortement la production pour alimenter des circuits d'exportation, et ainsi de faire jouer à ces ressources leur plein rôle dans l'expansion et la diversification de l'économie nationale, par la génération de nouvelles rentrées de devises fortes et de nouveaux emplois.
Ces objectifs de développement seront atteints par le canal des objectifs immédiats suivants:
Le projet aura une durée totale de 21 mois dont 6 pour sa préparation, 6 pour sa phase exploratoire (phase 1), et 9 pour sa phase de production commerciale (phase 2). Sa zone d'action s'étendra à la totalité du talus continental malgache, entre l'isobathe des 100 et 1.000 m approximativement. Etant donné la vaste étendue du talus continental et la grande longueur du littoral, sa base administrative, durant la phase 1, sera établie à Antananarivo, tandis que sa base opérationnelle sera transférée dans différents ports, au fur et à mesure du déplacement de l'effort d'exploration.
Durant la phase 2, la base administrative et opérationnelle seront toutes deux établies dans un port qui sera le mieux situé par rapport à la position des meilleures concentrations localisées pendant la phase 1, et aussi par rapport au lieu d'embarquement pour l'exportation des produits.
La préparation des opérations débutera dès la signature du document de projet. L'agence d'exécution enverra alors sur le terrain, pour une durée d'un mois, un consultant spécialiste du développement des pêcheries. Celui-ci visitera les armements locaux afin de sélectionner l'embarcation, de 16 à 20 m environ, qui sera utilisée par le projet. Il établira le contrat d'affrètement de cette unité. Il visitera également tous les ports importants susceptibles de servir de base opérationnelle durant la phase 1, et fera les arrangements nécessaires pour que l'embarcation du projet puisse y faire escale et s'y avitailler.
D'autre part, l'agence d'exécution passera commande de tous les équipements nécessaires à l'exécution du projet, ceux-ci devant être délivrés dans le port servant de première base opérationnelle au projet. Cette agence effectuera également le recrutement des experts du projet, afin qu'ils puissent le rejoindre en temps voulu.
Pendant les six premiers mois de la préparation de la phase 1, l'entreprise désignée comme partenaire opérationnel du projet par le Gouvernement, sera responsable de la réception et de l'entreposage des équipements commandés par l'agence d'exécution. Les diverses modalités de coopération entre le projet et ce partenaire sont détaillées à l'appendice 1.
Lors de la préparation, l'agence d'exécution recrutera un capitaine de pêche, qui agira en qualité de chef de projet, pour une durée de 15 mois, et un expert en conditionnement et commercialisation, pour 10 mois. Le premier de ces experts rejoindra le projet au début de son mois 7 et le second au début de son mois 12.
Le capitaine, dès son arrivée au projet, prendra le commandement du bateau affrété. Durant le mois 7 il préparera cette embarcation et le matériel de pêche, avec l'assistance d'un équipage de six hommes et le support logistique du partenaire opérationnel.
Durant les 6 mois suivants il effectuera 132 jours de mer, 20 de ces jours étant utilisés en route ou en cape et 112 en exploration. Chaque jour d'exploration, une radiale d'environ 25 miles sera exécutée. Cette radiale suivra la crète de l'accore en zig-zag et sera explorée avec des engins et selon des méthodes de pêche commerciale aux lignes, palangres horizontales et verticales, nasses, filets maillants, lignes de traîne, etc., à raison de 25 stations par radiale. La totalité de la crète du talus continental sera couverte de cette façon, l'effort total de la campagne d'exploration se traduisant pas une investigation écho-acoustique d'environ 3.000 miles et par 2.800 stations.
Afin de simplifier l'exécution, seules les captures des derniers jours de chaque marée seront préservées à bord, sous glace réfrigérée, puis commercialisées sur le marché national par le partenaire opérationnel.
Enfin, toute l'information relative aux efforts et aux captures sera collectée sur des fiches et des cartes de pêche par l'expert commandant le navire du projet, l'information biologique l'étant par un spécialiste embarqué du CNRO.
Cette phase commencera au début du mois 14. Elle durera 8 mois. L'expert en conditionnement et commercialisation, durant les deux premiers mois de son affectation, effectuera une étude des marchés importateurs au siège de l'agence d'exécution, puis dans les principaux pays importateurs. Il rejoindra le projet à Madagascar au dêbut de son mois 14, c'est-à-dire à la fin de la campagne exploratoire.
Les principales activités menées durant la seconde phase du projet seront les suivantes:
L'embarcation du projet., commandée par le capitaine de pêche expert, mènera des campagnes de pêche commerciale de production sur les meilleures concentrations localisées durant la phase 1, avec l'unique souci d'obtenir la meilleure rentabilité financière possible de l'effort de pêche.
Environ 32 marées, d'une durée moyenne de 5 jours chacune, seront produites durant les huit mois de cette phase. Pour cette action le navire sera équipé du matériel de pêche dont le détail est donné à la section 6. A bord, les captures seront éviscérées et préservées sous glace réfigérée.
Les fiches et cartes de pêche et l'information biologique seront collectées et mises à jour comme durant la phase 1.
Les produits seront débarqués au port servant de base au projet et seront alors de la responsabilité de l'expert en commercialisation. Leur transformation et conditionnement se feront dans les facilités mises à la disposition du projet par le partenaire opérationnel.
Les exportations se feront par avion, pour les échantillons, et par mer, pour les expéditions commerciales.
Les arrangements commerciaux et financiers concernant les frais d'exportation et les paiements par les clients, se feront selon les procédés classiques du commerce international. Afin d'éviter les difficultés de trésorerie qui pourraient surgir dans les débuts de ces activités, le projet disposera d'un capital de travail. Les opérations financières relatives à l'exploitation commerciale du projet se feront selon les modalités données à l'appendice 1.
La formation du personnel malgache constituera un volet essentiel du projet. En mer, le capitaine de pêche formera des patrons et seconds sur le tas, dans toutes les activités de la pêcherie, y compris les aspects de sécurité et navigation. Afin de développer en eux l'expérience de base nécessaire au commandement à la pêche, il leur cédera peu à peu, sous sa supervision constante et directe, la responsabilité des opérations en mer.
A terre, l'expert en commercialisation formera sur le tas le personnel malgache à tous les niveaux de la gestion de l'armement et de la commercialisation des produits sur les marchés d'exportation.
L'agence d'exécution recrutera un consultant, expert en investissement pour une durée d'un mois. Celui-ci rejoindra le projet vers son mois 19 et analysera ses résultats financiers.
Il sera aidé en cela par les autres experts et le personnel national du projet, afin d'identifier les besoins techniques de l'activité. Il sera également supporté par le personnel du CNRO et par l'expert en évaluation et aménagement des ressources, afin de connaître la magnitude des stocks, et donc de prevoir celle des investissements nécessaires à leur exploitation. Il produira un programme d'investissement à moyen et long terme.
L'agence d'exécution recrutera un consultant, expert en évaluation des ressources et aménagement des pêcheries, pour une durée d'un mois. Celui-ci rejoindra le projet vers son mois 19. Cet expert, en étroite collaboration avec le CNRO, analysera les données biologiques produites par le projet afin de mettre sur pied un programme d'aménagement qui garantira la préservation des stocks.
Ce projet permettra de localiser les stocks de poissons démersaux etpélagiques le long de la totalité du talus continental malgache. Il permettra également d'évaluer l'importance de ces ressources. Enfin, et surtout, par ses opérations de pêche commerciale de démonstration, de condítionnement et d'exportation des captures, il démontrera concrètement la faisabilité financière de la nouvelle pècherie aux investisseurs et entrepreneurs potentiels.
Il est à prévoir que, en considération de la grande diversité du stock considéré, et aussi de contextes maritimes propices à sa présence, le projet parviendra rapidement à développer cette nouvelle pêcherie.
Cette pêcherie, qui sera une activité artisanale de type avancé, aura par ailleurs un caractère de faibles besoins en termes de capitaux et d'intrants importés. Par contre, elle nécessitera une forte intensité de main-d'oeuvre, tant au niveau de la production que du conditionnement. Elle créera donc de nombreux emplois dans des régions littorales qui, justement, sont les plus déprimées du pays sur le plan économique.
Le lancement de cette pêcherie sera d'autant plus rapide que le projet, non seulement démontrera concrètement sa faisabilité aux investisseurs et entrepreneurs potentiels, mais aussi, produira un programme d'investissement pour son développement, et un programme d'aménagement de la ressource, pour en assurer la saine et harmonieuse continuation.
Enfin, la formation qu'il mènera, sur le tas, au cours d'opérations techniques, commerciales et financières ooncrètes, produira un noyau d'experts nationaux qui pourront mener à bien les développpements envisagés.
| Personnel international | m/h | US$ | ||||
| - | Capitaine de pêche | 15 |
105.000 |
|||
| - | Expert en commercialisation | 10 |
70.000 |
|||
| - | Consultants | 3 |
27.000 |
|||
---------- |
||||||
202.000 |
||||||
| - | Voyages officiels | 20.000 |
222.000 |
|||
--------- |
||||||
| Equipement | ||||||
| - | 1 break 4/4 | 13.000 |
||||
| - | Equipement de pêche 1/ | 25.000 |
||||
| - | Engins de pêche 2/ | 60.000 |
98.000 |
|||
---------- |
||||||
| Fonctionnement 3/ | 112.000 |
|||||
| Affrètement | 62.000 |
|||||
| Capital de travail | 10.000 |
|||||
| Divers | 5.000 |
|||||
---------- |
||||||
| Total: | 509.000 |
|||||
---------- |
||||||
Le Gouvernement choisira un partenaire opérationnel pour le projet, de préférence une entreprise déjà engagée dans les pêcheries. Cette entreprise devra se trouver dans le voisinage de la zone d'action du projet et posséder tous les équipements et aménagements nécessaires au conditionnement des produits.
Le CNRO mènera les tâches relatives à l'étude biologique des ressources, ainsi qu'à la collection des informations sur l'effort et les captures et à l'analyse de celle-ci. Cette institution collaborera avec le consultant en évaluation et aménagement des ressources.
Le personnel national du projet se composera d'un directeur national, homologue du chef de projet, et de techniciens dans tous les domaines touchés par les activités du projet, y compris les activités commerciales et financières. Le nombre de ces techniciens sera d'une quinzaine environ.
Le Gouvernement s'engagera également à faciliter toutes les opérations d'importation et d'exportation du projet, et à exonérer ses équipements importés des droits de douanes.
Le projet sera habilité à faire les actes de commerce nécessaires à la commercialisation de sa production sur les marchés d'exportation. Son capital de travail, ainsi que toutes les recettes qu'il générera, seront versés au crédit d'un compte bancaire de recette.
Les sommes versées à ce compte serviront pour le paiement des coûts de commercialisation et, éventuellement, pour l'acquisition de nouveaux équipements. Toutes ces opérations bancaires nécessiteront la signature conjointe du chef de projet international et national. En fin de projet, le solde de ce compte sera remis à l'organisme gouvernemental de coopération.
Le projet possédera un partenaire opérationnel qui sera désigné par l'organisme gouvernemental de coopération dès le début du projet. Ce sera une entreprise, en principe un armement crevettier ou autre, possédant toutes les infrastructures nécessaires au projet: équipements frigorifiques, ateliers, magasins, bureaux, télex, etc.
La base du projet se trouvera dans cette entreprise qui, moyennant paiement, lui fournira tous les services et approvisionnements nécessaires au conditionnement des produits et à leur exportation. Ces paiements, dont le paiement et la procédure seront définis entre le partenaire, l'organisme gouvernemental de coopération et l'agence d'exécution, seront supportés par le budget de fonctionnement du projet, ou par le compte bancaire de recette.
Le projet tiendra à jour une comptabilité qui, à tout instant, permettra de déterminer les ressources et emplois financiers provoqués par ses opérations, ainsi que la rentabilité financière de ces dernières.
| Titre | : | Développement de la Production des Langoustes |
| et Autres Crustacés des Fonds Inchalutables | ||
| du Talus Continental | ||
| Durée du Projet | : | 18 mois, dont 6 pour la préparation |
| Localisation | : | Port du littoral, à déterminer après la phase 1 |
| Coût estimé de la contri- | ||
| Bution internationale | : | US$ 376.000 |
| Organisme gouvernemental | : | Ministère de la Production Animale et des |
| de coopération | Eaux et Forêts |
Dans l'intervalle de 100 à 1.000 m, le talus continental malgache possède une longueur et une surface approximativement estimées à 3.800 km et 30.000 km2 respectivement. Les explorations de l'ORSTOM 1 ont démontré que cette zone recèle des ressources de haute valeur commerciale potentielle sur les marchés importateurs. Ces ressources se composent plus particulièrement de crevettes (Hymenopenaeus sibogae, Plesiopenaeus edwardsianus, Aristaeomorpha foliacea), de langoustines (Nephrops andamanicus), de crabes (Geryon quinquedens) et de diverses langoustes: Palinurus gilchristi, Justitia sp., Palinurelus sp. et Linuparus sp.
Les travaux de l'ORSTOM ont égalemant démontré que les crevettes et langoustes précitées, exploitées dans les parages de Toliara avec un chalut d'exploration de 14 m de corde de dos, pouvaient assurer des productions qui, dans 58% des stations efficaces réalisées entre 450 et 1.000 m, se situaient entre 10,3 et 27,8 kg/heure.
De tels rendements indiquent que les potentiels considérés sont certainement interessants. Ils sont comparables, par exemple, à ceux qui furent obtenus vers la même époque par l'ORSTOM, avec le même chalut, dans les eaux congolaises. Eaux qui, par la suite, devaient supporter une pêcherie chalutière commerciale dont les captures journalières par bateau se situaient, et se situent encore aujourd'hui, aux alentours d'une moyenne de 1.000 kg.
Les travaux de l'ORSTOM devaient également découvrir que, malheureusement, mis à part un terrain d'une surface d'environ 900 km2 au large de Toliara, la majeure partie du talus continental malgache n'était pas chalutable.
1 CROSNIER, A., et JOUANNIC, C., Note préliminaire sur les explorations de la pente continentale malgache effectuées par le N/O VAUBAN, ORSTOM NOISY-BE, Doc. No. 42, Déc. 1973.Cette inchalutabilité, cependant, ne devrait pas gêner l'exploitation de crustacés dont l'un des comportements les mieux connus est leur tendance à rentrer dans des nasses appâtées. Ce comportement est à l'origine de diverses pêcheries de type artisanal avancé dans le monde. C'est le cas, par exemple, de P. quilchristi au large du Mozambique, et des crevettes d'eaux profondes en Méditerranée, espèces qui sont toutes exploitées aux nasses par des bateaux de 12 à 20 m environ.
La haute valeur des potentiels considérés, valeur se situant approximativement aux environs de US$ 8.000/CIF/pays importateurs, est une autre raison d'entreprendre leur exploitation. Le lancement d'une telle pêcherie ne pourra cependant commencer avant que les investisseurs et entrepreneurs potentiels ne soient concrètement informés de sa rentabilité financière et de son importance globale. Cette information pourra être obtenue par un projet pilote du type proposé ci-dessous.
Développer l'exploitation des crustacés du talus continental par des moyens artisanaux avancés afin d'en accroître fortement la production pour alimenter des circuits d'exportation, èt aussi de faire jouer à ces ressources leur plein rôle dans l'expansion et la diversification de l'économie nationale, par la génération de nouvelles rentrées de devises fortes et de nouveaux emplois.
Ces objectifs de développement seront atteints par le canal des objectifs imméiats suivants:
Le projet aura une durée totale de 18 mois dont 6 pour sa préparation, 6 pour la prospection (phase 1), et 6 pour la pêche commerciale de démonstration (phase 2). Sa zone d'action s'étendra à la totalité du talus continental. Durant la phase 1 sa base opérationnelle sera transférée de port en port, au fur et à mesure du déplacement de l'effort d'exploration, sa base administrative étant alors établie à Antananarivo. Durant la phase 2, les deux bases seront transférées dans le port qui se révélera le plus proche des meilleures zones de pêche découvertes durant la phase 1.
La préparation des opérations débutera dès la signature du document de projet. L'agence d'exécution enverra alors sur le terrain, pour une durée d'un mois, un consultant spécialiste du développement des pêcheries. Celui-ci visitera les armements locaux afin de sélectionner l'embarcation, de 16 à 20 m environ, qui sera utilisée par le projet. Il établara le contrat d'affrètement de cette unité. Il visitera également tous les ports importants susceptibles de servir de base opérationnelle durant la phase 1, et fera les arrangements nécessaires pour que l'embarcation du projet puisse y faire escale et s'y avitailler.
D'autre part, l'agence d'exécution passera commande de tous les équipements nécessaires à l'exécution du projet, ceux-ci devant être délivrés dans le port servant de première base opérationnelle au projet. Cette agence effectuera également le recrutement des experts du projet, afin qu'ils puissent le rejoindre en temps voulu.
Pendant les six premiers mois de la préparation de la phase 1, l'entreprise désignée come partenaire opérationnel du projet par le Gouvernement, sera responsable de la réception et de l'entreposage des équipements ccmmandés par l'agence d'exécution. Les diverses modalités de coopération entre le projet et ce partenaire sont détaillées à l'appendice 1.
Lors de la préparatian, l'agence d'exécution recrutera un capitaine de pêche, qui agira en qualité de chef de projet, pour une durée de 12 mois, et un expert en conditionnement et oommmercialisation, pour 3 mois. Le premier de ces experts rejoindra le projet au début de son mois 7 et le second au début de son mois 13.
Le capitaine dès son arrivée au projet, prendra le commandement du bateau affrété. Durant le mois 7 il préparera cette embarcation et le matériel de pêche, avec l'assistance d'un équipage de six hommes et le support logistique du partenaire opérationnel.
Durant les 5 mois suivants il effectuera 110 jours de mer, 20 de ces jours étant utilisés en route ou en cape et 90 en exploration. Chaque jour d'exploration, une ou plusieurs radiales d'une longueur totale d'environ 50 miles et approximativement perpendiculaires à la ligne d'orientation générale du talus, seront explorées aux nasses, à raison d'une moyenne de 5 stations par jour, chacune mettant une dizaine de nasses en action. Ces nasses séjourneront dans l'eau à raison d'une moyenne unitaire de 10 heures.
Les radiales, ou groupes de radiales, seront espacés d'environ 40 miles en sorte que, au bout de 90 jours d'exploration, la totalité du talus continental aura été couverte. L'effort total de la campagne d'exploration se traduira donc par une exploration acoustique d'environ 6.000 miles, et par 450 stations représentant approximativement 4.500 nasses immergées.
Afin de simplifier l'exécution, les captures seront traitées au bisulfite, préservées à bord sous glace réfrigérée, puis commercialisées sur le marché national par le partenaire opérationnel.
Enfin, toute l'information relative aux efforts et aux captures sera collectée sur des fiches et des cartes de pêche par l'expert commandant le navire du projet, l'information biologique l'étant par un spécialiste embarqué du CNR0.
Cette phase commencera au début du mois 13. Elle durera 6 mois. L'expert en conditionnement et commercialisation rejoindra le projet à Madagascar au début du mois 13. Les:principales activités menées durant la seconde phase du projet seront les suivantes:
L'embarcation du projet, commandée par le capitaine de pêche exper mènera des campagnes de pêche commerciale de production sur les meilleures concentrations localisées durant la phase 1, avec l'unique souci d'obtenir la meilleure rentabilité financière possible de l'effort de pèche.
Environ 24 marées, d'une durée moyenne de 5 jours chacune, seront produites durant les six mois de cette phase. Pour cette action le navire sera équipé de 400 nasses de types divers. Les captures seront traitées au bisulfite et conservées sous glace réfrigérée. Les fiches et cartes de pêche et l'information biologique seront collectées et mises à jour comme durant la phase 1.
Les produits seront débarqués au port servant de base au projet et seront alors de la responsabilité de l'expert en commercialisation. Leur transformation et conditionnement se feront dans les facilités mises à la disposition du projet par le partenaire opérationnel.
Les exportations se feront par avion, pour les échantillons, et par roer pour les expéditions commerciales.
Les arrangements commerciaux et financiers concernant les frais d'exportation et les paiements par les clients, se feront selon les procédés classiques du commerce international. Afin d'éviter les difficultés de trésorerie qui pourraient surgir dans les débuts de ces activités, le projet disposera d'un capital de travail. Les opérations financières relatives à l'exploitation commerciale du projet se feront selon les modalités données à l'appendice 1.
La formation du personnel malgache constituera un volet essentiel du projet. En mer, le capitaine de pêche formera des patrons et seconds sur le tas, dans toutes les activités de la pêcherie, y compris les aspects de sécurité et navigation. Afin de développer en eux l'expérience de base nécessaire au commandment à la pêche, il leur cédera peu à peu, sous sa supervision constante et directe, la responsabilité des opérations en mar.
A terre, l'expert en commercialisation formera sur le tas le personnel malgache à tous les niveaux de la gestion de l'armement et de la commercialisation des produits sur les marchés d'exportation.
L'agence d'exécution recrutera un consultant, expert en investissement pour une durée d'un mois. Celui-ci rejoindra le projet vers son mois 16 et analysera ses résultats financiers.
Il sera aidé en cela par les autres experts et le personnel national du projet, afin d'identifier les besoins techniques de l'activité. Il sera également supporté par le personnel du CNRO et par l'expert en évaluation et aménagement des ressources, afin de connaître la magnitude des stocks, et donc de prévoir celle des investissements nécessaires à leur exploitation. Il produira un programme d'investissement à moyen et long terme.
L'agence d'exécution recrutera un consultant, expert en évaluation des ressources et aménagement des pêcheries, pour une durée de un mois. Celui-ci rejoindra le projet vers son mois 16. Cet expert, en étroite collaboration avec le CNRO, analysera les données biologiques produites par le projet afin de mettre sur pied un programme d'aménagement qui garantira la préservation des stocks.
Ce projet permettra de localiser le stock de crustacés sur toute la longueur du talus continental. Il permettra également d'évaluer l'importance de cette resource. Enfin, et surtout, par ses opérations de pêche commerciale de démonstration, de conditionnement et d'exportation des captures, il démontrera concrètement la faisabilité financière de la nouvelle pêcherie aux investisseurs et entrepreneurs potentiels.
Il est à prévoir que, en considération de la grande diversité des stocks considérés, et aussi de contextes maritimes propices à leur présence, le projet parviendra rapidement à développer cette nouvelle pêcherie.
Cette pêcherie, qui sera une activité artisanale de type avancé, aura par ailleurs un caractère de faibles besoins en termes de capitaux et d'intrants importés. Par contre, elle nécessitera une forte intensité de main-d'oeuvre, tant au niveau de la production que du conditionnement. Elle créera donc de nombreux emplois dans des régions littorales qui, justement, sont les plus déprimées du pays sur le plan économique.
Le lancement de cette pêcherie sera d'autant plus rapide que le projet, non seulement démontrera concrètement sa faisabilité aux investisseurs et entrepreneurs potentiels, mais aussi, produira un programme d'investissement pour son développement, et un programme d' aménagement de la ressource, pour en assurer la saine et harmonieuse continuation.
Enfin, la formation qu'il mènera, sur le tas, au. cours d'opérations techniques, commerciales et financières concrètes, produira un noyau d'experts nationaux qui pourront mener à bien les développements envisagés.
| Personnel international | m/h |
US$ |
|||||
| - | Capitaine de pêche | 12 |
84.000 |
||||
| - | Expert en commercialisation | 3 |
27.000 |
||||
| - | Consultants | 3 |
27.000 |
||||
----------- |
|||||||
138.000 |
|||||||
| - | Voyages officiels | 20.000 |
158.000 |
||||
----------- |
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| Equipement | |||||||
| - | 1 break 4/4 | 13.000 |
|||||
| - | Equipement de pêche 1/ | 25.000 |
|||||
| - | Matériel de pêche 2/ | 30.000 |
68.000 |
||||
---------- |
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| Fonctionnement 3/ | 85.000 |
||||||
| Affrètement | 50.000 |
||||||
| Capital de travail | 10.000 |
||||||
| Divers | 5.000 |
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---------- |
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| Total: | 376.000 |
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| ------- | ---------- |
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Le Gouvernement choisira un partenaire opérationnel pour le projet, de préférence une entreprise déjà engagée dans les pêcheries. Cette entreprise devra se trouver dans le voisinage de la zone d'action du projet et posséder tous les équipements et aménagements nécessaires au conditionnement des produits.
Le CNRO mènera les tâches relatives à l'étude biologique de la ressource, ainsi qu'à la collection des informations sur l'effort et les captures et à l'analyse de celles-ci. Cette institution collaborera avec le consultant en évaluation et aménagement des ressources.
Le personnel national du projet se composera d'un directeur national, homologue du chef de projet et de techniciens dans tous les domaines touchés par les activites du projet, y compris les activités commerciales et financières. Le nombre de ces techniciens sera d'une quinzaine environ.
Le Gouvernement s'engagera également à faciliter toutes les opérations d'importation et d'exportation du projet, et à exonérer ses équipements importés des droits de douanes.
Le projet sera habilité à faire les actes de commerce nécessaires à la commercialisation de sa production sur les marchés d'exportation. Son capital de travail, ainsi que toutes les recettes qu'il générera, seront versés au crédit d'un compte bancaire de recette.
Les sommes versées à ce compte serviront pour le paiement des coûts de commercialisation et, éventuellement, pour l'acquisition de nouveaux équipements. Toutes ces opérations bancaires nécessiteront la signature conjointe du chef de projet international et national. En fin de projet, le solde de ce compte sera remis à l'organisme gouvernemental de coopération.
Le projet possédera un partenaire opérationnel qui sera désigné par l'organisme gouvernemental de coopération dés le début du projet. Ce sera une entreprise, en principe un armement crevettier ou autre, possédant toutes les infrastructures nécessaires au projet: équipements frigorifiques, ateliers, magasins, bureaux, télex, etc.
La base du projet se trouvera dans cette entreprise qui, moyennant paiement, lui fournira tousles services et approvisionnements nécessaires au conditionnement des produits et à leur exportation. Ces paiements, dont le montant et la procédure seront définis entre le partenaire, l'organisme gouvernemental de coopération et l'agence d'exécution, seront supportés par le budget de fonctionnement du projet, ou par le compte bancaire de recette.
Le projet tiendra à jour une comptabilité qui, à tout instant, permettra de déterminer les ressources et emplois financiers provoqués par ses opérations, ainsi que la rentabilité financière de ces dernières.
| Titre | : | Développement d'une pêcherie thonière |
| semi-industrielle (canneurs) | ||
| Durée du projet | : | 24 mois, dont 6 pour la préparation |
| Localisation | : | Antseranana |
| Coût estimé de la contribution | : | US$ 768.000 |
| internationale | ||
| Organisme gouvernemental de | : | Ministère de la Production Animale et |
| coopération | des Eaux et Forêts |
Les statistiques de capture par les flottes thonières étrangères travaillant dans l'Océan Indien indiquent que Madagascar se trouve clans une zone d'abondance relative de bonites à ventre rayé et albacore.
Ces données ont été confirmées par les excellents résultats obtenus entre 1973 et 1975 par la COMANIP, une société mixte avec des intérêts japonais qui a utilisé à partir de Nosy-Be des canneurs de type industriel. Les résultats obtenus ont également confirmé la presence au Nord-Ouest de Madagascar de petits poissons pélagiques en quantités suffisantes pour servir d'appât à une pêche industrielle de ce type.
Les expériences réalisées autour des années 1970 par des palangriers japonais, sud-coréens et taiwanais basés à Thanajanga ont démontré par ailleurs la possibilité de développer une pêcherie palangrière à partir des ports malgaches.
Faute de capitaux, de techniques et de main-d'oeuvre spécialisée qui permettraient à Madagascar d'entreprendre immédiatement l'exploitation sur une échelle commerciale de ses ressources en thonidés, la creation de compagnies mixtes avec des sociétés industrielles de pêche étrangères est recommandable.
Une telle création ne saurait toutefois constituer une solution définitive et elle devrait être considérée parallèlement au développement d'unités de pêche semi-industrielle pouvant être exploitées directement par des pêcheurs et spécialistes malgaches.
La mise en service de telles unités devrait constituer une étape essentielle vers la promotion de la pêche artisanale et la création d'un armement thonier spécifiquement malgache. Etant donné toutefois le caractère encore primitif et de subsistance de la pêche traditionnelle, une telle étape ne saurait se réaliser sans assistance technique et financière extérieure.
Développer l'exploitation des thonidés afin d'en accroître fortement la production et ainsi faire jouer à cette ressource son plein rôle dans l'expansion et la diversification de l'économie nationale, par l'accroissement des approvisionnements alimentaires sur le marché national, par la génération d'exportations et la création de nouveaux emplois.
Ces objectifs de développement seront atteints par le canal des objectifs immédiats suivants:
Le projet aura une durée totale de 24 mois, dont 6 pour la préparation et 18 pour les operations de pêche commerciale. Sa zone d'action s'étendra à la totalité de la ZEE malgache et aux eaux internationales adjacentes. Sa base opérationnelle et administrative seront établies à Antseranana.
La préparation des opérations débutera dès la signature du document de projet. L'agence d'exécution recherchera alors un thonier à l'appât vivant de 22 à 26 m approximativement, et l'affrétera pour une durée de 18 mois. Ce navire embarquera le matériel de pêche nécessaire au projet, matériel dont l'acquisition sera de la responsabilité de l'agence d'exécution, et rejoindra le projet au début de son mois 7.
L'agence d'exécution recrutera par ailleurs un capitaine et un lieutenant de pêche pour une durée de 18 mois. Ces deux experts rejoindront le projet au début de son mois 7. Le capitaine de pêche prendra alors le commandement du thonier et agira en qualité de chef de groupe, le lieutenant agira en qualité de second.
Un expert en conditionnement et commercialisation des thonidés sera également recruté pour une durée de 12 mois à partir du mois 8 du projet. Enfin, un consultant, expert en développement des pêcheries, rejoindra la base du projet au cours de son mois 6. Ce dernier, en cooperation avec l'organisme désigné comme partenaire opérationnel du projet par le Gouvernement, organisera la base opérationnelle du projet avant l'arrivée du tonier. Sa mission durera un mois.
Le thonier du projet opérera sur des bases strictement commerciales. Durant 18 mois il effectuera donc environ 40 sorties d'une durée moyenne de 10 jours, avec l'unique souci d'obtenir la meilleure rentabilité financière possible de l'effort de pêche.
Le thonier embarquera un équipage de 15 malgaches, en majorité des patrons de pêche diplômés ou capacitaires, et les formera sur le tas à toutes les activités de la pêcherie. Cette formation durera neuf mois, le projet formant ainsi deux équipages, soit une trentaine d'hommes.
Afin de développer chez ces hommes l'expérience de base nécessaire au commandement à la pêche, le capitaine expert leur cédera peu à peu, sous sa supervision constante et directe, la responsabilité des opérations en mer.
A terre, l'expert en commercialisation formera sur le tas le personnel malgache à tous les niveaux de la gestion de l'armement, du conditionnement et de la commercialisation des produits sur le marché interne et celui de l'exportation.
L'agence d'exécution recrutera un consultant, expert en investissement, pour une durée d'un mois. Celui-ci rejoindra le projet vers son mois 20 et analysera ses résultats financiers.
Il sera aidé en cela par les autres experts et le personnel national du projet, afin d'identifier les besoins techniques de l'activité. Il produira un programme d'investissement à moyen et long terme.
L'agence d'exécution recrutera un consultant, expert en évaluation des ressources et aménagement de pêcheries, pour une durée l'un mois. Celui-ci rejoindra le projet vers son mois 20. Cet expert analysera les données biologiques produites par le projet afin de mettre sur pied un programme d'aménagement de la pêcherie.
| Personnel international | m/h | US$ |
|||
| - | Capitaine de pêche | 18 | 126.000 |
||
| - | Lieutenant de pêche (second) | 18 | 72.000 |
||
| Expert en commercialisation | 12 | 84.000 |
|||
| - | Consultants | 3 | 27.000 |
||
309.000 |
|||||
| - | Voyages officiels | 25.000 |
334.000 |
||
| Equipement | |||||
| - | 1 véhicule 4/4 | 13.000 |
|||
| - | Equipement et engins de pêche | 40.000 |
53.000 |
||
| Fonctionnement 1/ | 171.000 |
||||
| Affrètement | 180.000 |
||||
| Capital de travail | 20.000 |
||||
| Divers | 10.000 |
||||
Total: |
768.000 |
||||
======= |
|||||
| Alderighi, S. | - | Représentant Résident de la FAO |
| Alhaume, M. | - | Lansu, Taolagnaro |
| Andrianaivo, O.T. | - | Secrétaire-Général du Ministère de la |
| Production Animale (élevage et pêche) | ||
| et des Eaux et Forêts | ||
| Andrianaivojaona, Ch. | - | Chef de Service des Pêches Maritimes |
| Ardill, J.D. | - | Directeur du Projet OISO RAF/79/065 |
| Cuenod, J.D. | - | Junior Professional Officer, UNDP |
| Hertier, Georges | - | Vice-Président du Fivoudronana de Morondava |
| Hupin, A. | - | Chargé du Programme, FAO |
| Joda, Vincent E. | - | Chef de la Circonscription Maritime de |
| Morondava | ||
| Johary, Jacquelin | - | Directeur, Société des Pêcheries de Morondava |
| Macqueron, F. | - | Conseiller Technique auprès du Chef de Service |
| des Pêches Maritimes | ||
| Maignan, Louis | - | Directeur Refrigepeche, Toamasina |
| Nambole, Alimosa | - | Chef de la Circonscription Maritime de |
| Toalagnaro | ||
| Raharimanana, Florent | - | Chef de la Division des Pêches Artisanales |
| Ralison, A. | - | Directeur du Centre National de Recherche |
| Océanographique à Nosy-Be | ||
| Razafimbelo, H. | - | Chef de Division des Pêches Industrielles |
| Sachithananthan, K. | - | Expert, Projet OISO RAF/79/065 |
| Itinéraire | ||||
| Arrivée | Départ | |||
| Antananarivo | 18.11.84 | 24.11.84 | ||
| Toamasina | 24.11." | 26.11." | ||
| Antananarivo | 26.11." | 27.11." | ||
| Taolagnaro | 27.11." | 30.11." | ||
| Antananarivo | 30.11." | 02.12." | ||
| Morondava | 02.12." | 04.12." | ||
| Antananarivo | 04.12." | 11.12." |