RAF/87/008/WP/44/89/F - Le Développement de la Pêche aux Crabes des Palétuviers et des Crustacés d'Eau Profonde a Madagascar













Table des matières


Novembre 1988

RAF/87/008/WP/44/89/F

J. ROULLOT

Spécialiste des Pêches

Projet régional pour le développement et l'aménagement des pêches dans l'océan indien sud occidental

Food & Agriculture Organization of the United Nations

Cette version numérique du document a été scannérisé en utilisant des logiciels de reconnaissance optique de texte (OCR) et en vérifiant manuellement et attentivement le texte. Bien que la digitalisation soit de haute qualité, la FAO décline toute responsabilité pour les éventuelles différences pouvant apparaître dans ce document par rapport à la version imprimée originale.


Table des matières


1. DESCRIPTION DU SECTEUR:

1.1 Description du secteur des pêches
1.2 Aide passée et présente dont bénéficie ce sous secteur
1.3 Cadre institutionnel

2. L'EXPLOITATION DES CRABES DES PALETUVIERS A MADAGASCAR.

2.1 La situation actuelle
2.2 Axes de développement
2.3 Bénéficiaires cible
2.4 Stratégie de développement
2.5 Raisons justifiant de l'aide du PNUD où de l'agence d'exécution
2.6 Remarques particulières
2.7 Commentaires sur le crabe de palétuvier

3. LES RESSOURCES EN CRUSTACES D'EAU PROFONDE

3.1 Problème envisagé, la situation actuelle
3.2 Situation escomptée à la fin d'un projet pilote
3.3 Commentaires

ANNEXE I: Itinéraire, Personnes Contactées, But de la Mission et Activités de la Mission

1. ITINERAIRE
2. PERSONNES CONTACTEES
3. BUT DE LA MISSION
4. ACTIVITES DE LA MISSION

ANNEXE II: Tableaux


1. DESCRIPTION DU SECTEUR:


1.1 Description du secteur des pêches
1.2 Aide passée et présente dont bénéficie ce sous secteur
1.3 Cadre institutionnel

1.1 Description du secteur des pêches

Madagascar dispose de 3.600 km2 de plan d'eau en zone continentale, 3.000 km2 de mangrove, 114.000 km2 de plateau continental et 1.000.000 km de ZEE.

Le secteur des pêches est composé de 3 sous-secteurs:

- la pêche artisanale et traditionnelle maritime, lagunaire et d'eau douce;
- la pêche industrielle, essentiellement crevettière;
- l'aquaculture d'eau douce et d'eau de mer.

1.1.1 La pêche traditionnelle et artisanale

Les pêches traditionnelles et les pêches artisanales comprennent d'une part les pirogues de 3 à 8 m et d'autre part les embarcations à moteur d'environ 25 CV ayant une autonomie à la mer de moins d'une semaine.

Ce sous-secteur représente la part la plus importante des pêches à Madagascar en moyens humains et en tonnage débarqué. Il y a en effet plus de 55.000 (1) pêcheurs artisans disposés tout au long des côtes malgaches opérant à pieds où à partir des 23.000 pirogues existantes. Il est raisonnable de penser que chaque pêcheur capture plus de 1.000 kg de poisson par an, ce qui entraîne une production annuelle globale de plus de 55.000t par les pêches artisanales - valeur très voisine des 60.000t de production totale du pays estimés pour l'année 1985. La majeure partie de ces captures sert à approvisionner la population en protéines animales, sous forme de produit frais, séché, salé, fumé, cuit, glacé où congelé. Malgré une ressource qualifiée d'abondante, estimée pour l'ensemble de Madagascar à 250.000t le secteur des pêches artisanales évolue actuellement encore peu.

(1 Bellemans, Projet MAG/85/014)

La contrainte majeure est celle de la faiblesse des axes et moyens de communication qui permet rarement au pêcheur de valoriser ses captures. L'absence de disponibilité des biens de consommation limite aussi les besoins des pêcheurs qui trouvent peu de possibilité d'utilisation des remunérations obtenues.

Un autre facteur limitant est le niveau de prix moyen du poisson au débarquement. Celui-ci fluctue entre 500 et 800 FMG/kg ce qui ne procure au pêcheur qu'un gain marginal. D'autre part la précarité des embarcations, ainsi que leur taille et leur courte durée de vie réduisent aussi le rayon d'action des pêcheurs. Le peu de disponibilité en matériel de pêche (fil, filets, hameçons...) le manque d'infrastructure (fabrique de glace, chambre froide) ainsi que les conditions naturelles (houle de la côte Est) sont d'autres facteurs limitants.

Malgré ces freins, la pêche traditionnelle et artisanale, bien que méconnue et sous estimée, est bien vivace et va se développer dans les années à venir.

Déjà, sa contribution au niveau de la balance commerciale est importante lorsque tous les apports sont totalisés. Celle-ci dépasse 5.500 millions de FMG et concerne essentiellement des produits de haute valeur à l'exportation: langoustes, crabes, crevettes, trépangs, bichiques, algues, coquillages, céphalopodes et ailerons de requin.

Cette place occupée dans le domaine de l'exportation doit se renforcer dans les années à venir et l'on peut prévoir que les pêches traditionnelles et artisanales obtiendront la crédibilité qu'elles méritent.

Les pêches traditionnelles et artisanales occupent 3 secteurs:

- la pêche dans les eaux intérieures, qui est le fait d'environ 12.000 pêcheurs;
- l'activité dans les embouchures et les pangalanes qui emploie environ 12.000 pêcheurs;
- la pêche maritime qui est l'occupation du reste des pêcheurs soit quelque 32.000 personnes.

D'autre part, les femmes participent activement à ce secteur et pratiquent des activités de cueillette, de pêche et de transformation des produits - séchage, fumage, salage....

1.1.1.1 La langouste côtière

L'exploitation commerciale de la langouste côtière remonte à la fin des années 1945. A cette date les captures avoisinaient 20t et étaient essentiellement destinées au marché intérieur, à partir de Toalanara. Durant les 20 dernières années, toujours pour la zone de Toalanara, les débarquements ont fluctué entre 75 et 135 tonnes. Cette activité connaît actuellement un développement considérable, puisque les captures sont passées de 145t en 1987 à 300t en 1988 (2)

(2 Gilbert com. pers. 200t sept. 88, CIRPA, Toalanara)

Deux explications peuvent être avancées, d'une part le nombre et la taille des acheteurs a augmenté suite à la fin du monopole attribué à la société d'état LANSU, d'autre part, la concurrence jouant quasi librement, les prix sont passés de 1983 à 1988 de 700 FMG à 7.000 FMG. La conséquence directe est un accroissement instantané de l'effort de pêche et une augmentation considérable de la production.

Les captures sont d'environ 40t pour le secteur de Toliara et d'environ 10t pour le reste de l'Ile. Les débarquements totaux de langouste en 1988 représenteront près de 350 tonnes, soit une valeur à l'exportation de près de 5.040 (3) millions FMG pour seulement 300t exporté, le solde étant considéré comme destiné au marché intérieur.

(3. 300t x 70FF/kg x 240 FMG = 5.040)

Cependant il s'agit d'une langouste très côtière: 5 espèces confondues dont les zones d'abondance connues ne dépassent pas 30 m et se situent plutôt entre 2 et 20 m. Les cinq espèces présent sont: Panulirus homarus, Panulirus longipes, Panulirus penicillatus, Panulirus versicolor, Panulirus ornatus.

Il est donc peu probable que ce stock côtier puisse supporter une accentuation de l'effort de pêche, et des réserves doivent être émises sur les perspectives de développement de ce secteur.

A ce titre un travail de mise en place d'un système de collecte de données devant permettre l'évaluation et le suivi de cette ressource, a fait l'objet d'une mission parallèle (SWIOP - Sanders/Bautil).

1.1.1.2 Le crabe côtier

Le crabe de palétuvier Scylla serrata est exploité de façon traditionnelle dans un habitat circonscrit aux forêts de mangroves. La production des années 1970 atteignaient 120t et a connu une progression importante en raison des exportation de ce produit sur La Réunion et sur Ile Maurice en frais et en congelé. Une dynamisation de cette pêcherie s'est produite avec la construction récente d'une usine de production de chair de crabe. La production nationale pour 1988 sera d'environ 1.000t de crabe frais soit près de 800t pour l'exportation et 200t pour le marché intérieur. La valeur à l'exportation est d'environ 1,440 million FMG (4) et le potentiel de 5.000t laisse présager un développement important de ce secteur. Trois sociétés importantes s'intéressent à ce produit: REFRIGEPECHE-OUEST, 500t, HASIKIN, 100t, DAUPHIN, 20t. Plusieurs petits entrepreneurs ont des autorisations de collecte SAFRIMER, SEALAB, NOSY KEL, TAVARATA EXPORT.....

(4. 800t= 120t chair x 50 FF/kg x 2.40 = 1,440 millions FMG

Le verrou du développement de cette activité reste le marché car l'offre de crabe en morceaux sature la demande Réunionnaise et Mauricienne, les autres marchés sont presque exclusivement consacrés à la chair de crabe.

1.1.2 La pêche industrielle

La pêche industrielle à Madagascar est essentiellement le fait de 46 chalutiers de LHT de 15 à 50m d'une moyenne de 20m de longueur hors tout. Les marées durent de 6 à 25 jours et les crevettes sont immédiatement congelées soit entières soit équeutées où mises en glace. Les débarquements en 1986 sont de 6.988 tonnes de crevette et 929 tonnes de poisson. La majorité du poisson capturé est rejeté, et les débarquements potentiels de poisson sont estimés à 18.000 tonnes pour cette pêcherie. Alors que le poisson est vendu sur le marché intérieur, la crevette est exportée sur l'Europe, le Japon, La Réunion et l'Ile Maurice. Les exportations de crevette représentent une valeur de près de 69.880 millions FMG (5) et elle constitue la première activité du secteur halieutique Malgache et le troisième produit en valeur au niveau des exportations.

(5.1 kg crevette = 10.000 FMG.)

L'autre volet d'activité du secteur de la pêche industrielle concerne l'utilisation du port de Antsiranana comme base d'opération de senneurs océaniques étrangers. Ceux-ci opèrent dans les eaux Malgaches, Comoriennes, Seychelloises et d'autres pays de la région et dans les eaux internationales.

Les débarquements s'effectuent à Antsiranana pour une faible part et aux Seychelles pour la partie la plus importante.

Les produits sont exportés congelés vers des unités de transformation. Un accord vient d'être signé pour la construction d'une usine de mise en conserve de thon. Cette usine sera placée à Antsiranana ce qui fait, avec la reprise des activités du chantier de construction et de réparation navale, en raison de la présence des senneurs océaniques, que cette partie du Nord de Madagascar va devenir une zone économiquement importante.

L'ensemble des prises pour cette partie de l'Océan Indien est de 170.000 t en 1987 pour une valeur équivalente à 170 millions de dollars des E.U. Cette activité est essentiellement le fait de senneurs Français, Espagnols, Soviétiques et Mauriciens.

1.1.3 L'aquaculture d'eau douce et d'eau de mer

La production aquacole est surtout orientée sur l'élevage des carpes, tilapia,... et la production annuelle est destinée au marché intérieur. D'importants développements sont espérés en la matière à partir des 3.600 km2 de lacs, étangs, rivières et chenaux disponibles.

L'aquaculture d'eau de mer était inexistante jusqu'au démarrage d'un projet de culture de crevette marine financé par le PNUD et exécuté par la FAO.

Commencé en 1988 ce projet d'une valeur de 465.000 dollars des E.U. pour la contribution du PNUD est établi à Nosy Bé. Il s'agit en fait d'une opération menée pour les "pêcheries de Nosy Bé" connues comme étant l'un des plus importants armements crevettiers de Madagascar. L'objectif de développement est à moyen terme d'arriver à une production égale à trois fois le total actuel des captures de la pêche industrielle crevettière soit une valeur additionnelle de 90 millions de dollars des E.U. par an.

1.2 Aide passée et présente dont bénéficie ce sous secteur

Le secteur de pêche à Madagascar a bénéficié d'aide émanant de nombreuses sources:

- différents projets - PNUD - FAO - UNESCO - tant dans le domaine maritime que continental (chalutage exploratoire, aquaculture d'eau douce, d'eau de mer, planification des pêches, statistiques...) et formation d'ingénieur halieute;

- de multiples assistances Française du Fond d'Aide et de Coopération (FAC) au niveau enseignement maritime à l'Ecole Nationale d'Enseignement Maritime, expériences de chalutage exploratoire, et surtout l'assistance de l'ORSTOM qui, à partir de 1946, a travaillé à Nosy Bé dans le domaine de l'océanographie et des pêches;

- un projet financé par la RFA (GTZ) s'est consacré à des recherches sur les ressources de la région Nord Ouest de Madagascar;

- Le Japon par le biais de la JICA est intervenu en fournissant du matériel: embarcations, filets, fabriques de glace...;

- la CEE a signé des accords de pêche avec Madagascar autorisant contre paiement de licences l'exploitation de senneurs Européens dans la ZEE Malgache: d'autre part elle finance un projet thonier régional;

- l'Indonésie, l'URSS, la Norvège et même l'Italie interviennent dans des domaines bien spécifiques (matériel, campagne d'évaluation des ressources...)

En résumé ce secteur a jusqu'à présent reçus une aide substantielle qui dans la majorité des cas a été bien utilisée. Les échecs constatés proviennent essentiellement d'une mauvaise définition des besoins et donc d'une non adaptation de l'assistance au problème à résoudre.

1.3 Cadre institutionnel

La responsabilité du secteur des pêches à Madagascar est celle du Ministère de la Production Animale et des Eaux et Forêt - MPAEF à travers la Division des Pêches et de l'Aquaculture - DPA, organisé en Service Provinciaux des pêches et de l'Aquaculture - SPPA, subdivisé en Circonscription Régionale des Pêches et de l'Aquaculture (CIRPA).

La DPA s'occupe de la collecte des données de capture à plusieurs niveaux: débarquement, commercialisation interne, exportation. Un projet PNUD/FAO (MAG/85/014) renforce cette structure au niveau planification comme au niveau statistique.

Le contrôle des infractions quant aux méthodes de capture, où tailles marchandes, saisons de pêche est aussi du ressort de la DPA à travers les SPPA et les CIRPA.

Le contrôle de la qualité du poisson est un service en cours d'organisation sur la base d'un projet PNUD/FAO.

Il est prévu que la DPA dispose d'un effectif d'environ 400 personnes dont les cadres seront issus pour certains d'entre eux d'une formation halieute.

Le CNRO s'occupe des évaluations de stock des principales espèces concernées et participe au niveau scientifique à des travaux de développement des pêches. Le Ministère de l'enseignement supérieur (MINESUP) gère l'université de Toliara dont dépend l'unité de formation supérieure halieutique (UFSH) assistée par le projet PNUD/FAO MAG/84/002. Ce centre a déjà formé 8 ingénieurs en 1986-1987 et 8 autres sortiront en fin 1988. La première promotion a été placée à la DPA, à l'UFSH et dans le secteur privé.

Le Crédit Maritime n'existe pas, mais au niveau pêche industrielle, le secteur bancaire supporte pleinement les investissements engagés et le gouvernement lui consent des avantages fiscaux. La pêche artisanale ne bénéficie d'aucune facilité.

La formation des cadres navigants de la pêche est assurée par l'Ecole Nationale d'Enseignement Maritime - ENEM (élève officier et capitaine au cabotage, OM2 et OM3, Capitaine lieutenant et patron de pêche). La récente création du MPAEF en 1983 révèle la conscience gouvernementale en ce qui concerne le secteur des pêches qui est actuellement la troisième dans l'économie nationale après le café et la vanille.

En 1987 les exportations ont contribué pour environ 7.600 millions FMG à la balance du commerce extérieur.

La consommation de poisson représente environ 25 pour cent des protéines animales consommées à Madagascar et celles-ci qui sont de l'ordre de 20 kg/habitant/an, doivent passer à 25 kg/habitant/an.

En fonction du taux de croissance de la population qui est de l'ordre de 2,8%, la production estimée en 1985 de 60.000 t devrait passer à 200.000 t en l'an 2000 ce qui est un objectif très ambitieux.

Il est donc clair, pour des raisons d'emploi, nutritionnelles et d'entrée de devises, que le secteur halieutique Malgache est de première importance.

La volonté de développer ce domaine se fait clairement sentir et l'exploitation judicieuse des ressources halieutiques disponibles pourrait faire de ce secteur le premier de l'économie Malgache.


2. L'EXPLOITATION DES CRABES DES PALETUVIERS A MADAGASCAR.


2.1 La situation actuelle
2.2 Axes de développement
2.3 Bénéficiaires cible
2.4 Stratégie de développement
2.5 Raisons justifiant de l'aide du PNUD où de l'agence d'exécution
2.6 Remarques particulières
2.7 Commentaires sur le crabe de palétuvier

2.1 La situation actuelle

Les pêches artisanales à Madagascar concernent plus de 55.000 emplois directs et avec les emplois induits, cette activité concerne au moins 70.000 personnes. La production de ce secteur serait d'environ 55.000t de produits frais commercialisés séchés, salés, fumés, frais où congelés.

La contribution de ce secteur aux exportations est en pleine expansion. Cette progression est due à une hausse certaine de la production de langouste du sud (145t en 1987 contre plus de 300t en 1988), mais aussi en raison d'une augmentation des exportations de crabe de mangrove le Scylla serrata. Ce crabe est exporté congelé en morceaux et en pince mais se dessine un marché particulier sous forme de chair congelée. Déjà en 1988 seront exportés l'équivalent de 75t de chair soit près de 900 million FMG.

Le crabe de palétuvier existe sur toute la côte Malgache là où il y a de la mangrove, mais son abondance est importante surtout sur la côte ouest de Antsiranana à Toliara. Sa présence est liée essentiellement à l'existence de forêts de mangroves qui représentent son habitat de prédilection.

Sa pêche à toujours été une activité traditionnelle soit pour la consommation personnelle, soit pour le marché intérieur. Des exportations en frais se pratiquent depuis des décades, en particulier vers la Réunion, et les débuts de transformation du produit en congelé cru remontent aux années 1973 mais plus particulièrement à partir des années 1977.

La production de crabe vivant est passée de 120t en 1973 à 700t en 1987 et elle doit dépasser 1.000t en 1988 pour le pays, alors que le potentiel est supérieur à 5000t. Mis à part le marché intérieur qui absorbe environ 200t de crabe vivant, le premier marché économiquement intéressant est celui de La Réunion. Celui-ci est susceptible d'absorber 80 à 100t par an de crabes en morceaux et en pinces, soit 200t de crabes récoltés. Le marché de l'Ile Maurice se développe lentement mais ne présente pas le même pouvoir d'achat permettant de valoriser ce produit à un prix de vente intéressant.

Le marché Européen n'est que peu ouvert au crabe congelé en morceaux, où entier, en raison de l'existence de 2 crabes locaux, le dormeur où tourteau, Cancer pagurus et l'araignée, Maia squinada, largement disponibles à des prix difficilement concurrentiels à partir de Madagascar, principalement en raison du coût du fret.

Par contre, un créneau certain existe pour la chair de crabes, à condition que celle-ci réponde aux exigences du consommateur, mais aussi aux normes en vigueur extrêmement strictes dans le cas du marché Européen. Le marché Français à lui seul importé 6.000t de chair de crabe en 1986- c'est dire si les possibilités sont grandes.

La chair de crabe de palétuvier ne bénéficie pas des mêmes qualités organoleptiques que celle des crabes des mers froides, néanmoins la finesse de sa texture et son goût relevé lui permettent d'occuper une place dans ce marché.

C'est au développement de ce marché d'exportation susceptible de procurer des devises fortes que s'est attaché la société REFRIGEPECHE-OUEST dès mars 1987. Après divers études de rentabilité, la construction d'une unité de production de chair de crabe à été entreprise à Mahajanga. Ce projet a bénéficié d'un financement d'un montant de 10 millions FF de la Caisse Centrale de Coopération Economique, émanation du trésor Français. Le reste est constitué de fonds propres de la société (250 millions FMG).

Cette usine, il faut le préciser, est assez unique en son genre. Comme il n'existe aucune documentation concernant le traitement industriel de chair de crabe Scylla serrata, les concepteurs ont du utiliser les technologies existantes pour d'autres types de crabe, les adapter à l'espèce traitée et concevoir des systèmes nouveaux d'extraction de chair. D'autre part, le processus de conditionnement est un modèle du genre. Les crabes sont triés, lavés, anesthésiés, abattus, découpés, nettoyés, cuits, refroidis, décortiqués, vérifiés, congelés, emballés et stockés. Les normes d'hygiène, de salubrité et de température sont très strictement appliquées. Cette méthodologie de travail relativement lourde et contraignante est absolument nécessaire à la commercialisation d'un produit devant répondre aux critères de qualité du marché Européen tant en niveau organoleptique que bactériologique.

A ce sujet, le décorticage se fait à la main pour certaines parties du crabe comme les pinces, et mécaniquement pour d'autres telles les corps. Pour cela l'usine est non seulement aseptisée et conditionnée, mais aussi toutes les deux heures une désinfection complète est assurée. Un laboratoire spécial s'occupe quotidiennement d'analyser les bottes, les gants, les outils et les récipients de façon à localiser immédiatement les sources potentielles de germes.

La production de cette usine sera de 500t de crabe lavé en fin 1988 alors que sa capacité de traitement est de 1.000t de crabe lavé soit 150t de chair, si elle traite tout en chair, où 100t de chair, 100t de morceaux et 100t entiers, si elle congèle aussi du crabe en morceau ou entier. Cette production est jugée insuffisante par les responsables, et elle se heurte à un approvisionnement trop faible et trop irrégulier.

Cette faiblesse des approvisionnements est liée à un éloignement et un enclavement des zones de production, ainsi qu'à un effort de pêche trop épisodique.

La zone couverte, qui va de la Baie de la Mahajambe au Cap St. André, représente environ 300 km de côte, soit près de 21% des mangroves de la Côte Ouest. Ces zones de palétuvier sont en fait peu peuplées, ce qui explique en partie le niveau relativement bas de l'effort de pêche consenti.

Le potentiel en crabe de mangrove est estimé selon les auteurs de 2,5 t/km2 à 3,4 t/km²/an et Madagascar dispose d'une surface de mangrove comprise entre 3.000 et 3.500 km2, Une estimation prudente, optant pour une surface exploitable de 2.000 km2 de mangrove, et pour une production annuelle de 2,5t de crabe par km2, permet une disponibilité de 5.000t de crabe par an.

Cette ressource est capturable uniquement par les pêches artisanales, du fait de sa localisation dans les zones de mangroves inaccessibles aux unités de la pêche industrielle. D'autre part les rendements moyens relativement bas par pêcheur et par jour ne peuvent intéresser les pêches industrielles.

Néanmoins, le taux de prise par pêcheur et par jour de pêche qui varie de 5 à 50 kg permet à celui-ci de substantiels revenus lorsqu'il peut écouler ses prises vivantes. Dans le cas de pêcheurs à pieds opérant aux mortes eaux, ces prises atteignent parfois 80 kg et le facteur limitant devient la possibilité de porter la capture, plutôt que la disponibilité de la ressource. Les méthodes de pêche sont la pêche à pied, à la main, au trou, au crochet, à la raquette, à l'hameçon, à la palangre, au barrage, au filet, au casier et à la balance.

L'usine de traitement a impérativement besoin de produits d'une fraîcheur parfaite, en l'occurrence les crabes doivent être traités vivants. Il lui faut aussi des approvisionnements réguliers indépendamment du régime des marées, des saisons et des activités parallèles des paysans-pêcheurs.

Un réseau de collecte original et extrêmement intéressant a été mis en place dans les principales baies à palétuvier tant au Nord qu'au Sud de Mahajanga. Ce réseau de plus de 170 milles nautiques, soit 100 km au Nord et 200 km au Sud, est opéré par 5 bateaux de transport, 20 collecteurs, 7 équipes de 10 pêcheurs et environ 500 ramasseurs. Les bateaux transporteurs passent dans chaque région au moins une fois par semaine. Ils sont chargés d'approvisionner les points de débarquement en produits de première nécessité (riz, huile, savon, allumettes,...) et en petit matériel de pêche (fil, hameçons...); à l'occasion ils transportent un où deux passagers à l'aller comme au retour. Ils embarquent les crabes collectés et les convoient à l'usine. Ces bateaux sont opérés par des capacitaires issus de l'école de formation de Mahajanga qui trouvent ainsi des opportunités d'emploi intéressantes. Le sérieux dans la navigation effectuée et la qualité des manoeuvres observées révèlent des capacités certaines chez ces jeunes brevetés qui sont des salariés de l'entreprise.

Les collecteurs ont été installés dans 20 différents sites. Ils sont chargés de l'achat et de l'entreposage des crabes capturés par les pêcheurs-paysans et par les équipes de pêcheurs. La maison qui leur a été construite sert aussi de boutique où d'épicerie et de point de contact. Il perçoivent 25 FMG par kg de crabe collecté.

Sept équipes de 10 pêcheurs ont été recrutées parmi les chômeurs de Mahajanga et installés dans différentes baies éloignées. L'objectif est de permettre la pêche en dehors des zones traditionnellement exploitées par les pêcheurs paysans, mais aussi et surtout en dehors de périodes classiques de capture, c'est-à-dire, les mortes eaux, ceci de façon à régulariser les pics et les creux de production.

Pour cela ces groupes de pêcheurs ont été équipés de matériel standard, chaque pêcheur dispose d'une pirogue, d'une raquette et de 10 balances. L'utilisation des balances permet la pêche sur les fonds de 2 à 4 m alors que traditionnellement c'est principalement la zone 0 m à 2 m qui fait l'objet d'un effort de pêche.

Les rendements varient de 5 à 50 kg en fonction de l'efficacité du pêcheur, de la saison et des phases lunaires. Chaque équipe de pêcheurs dispose d'un filet pour faire l'appât. Une maison a été construite à leur intention. Ils touchent 200 FMG par kg de crabe capturé et peuvent ainsi prétendre à des remunérations intéressantes pour Madagascar lorsque l'on sait que leur capture moyenne avoisine 30 kg par jour de pêche.

C'est en fait une véritable opération de développement intégré qui se réalise par le biais du secteur privé, car ces équipes de pêcheurs sont implantées dans les différentes mangroves avec pirogue, engin de pêche, habitation, provision de riz. outillage léger, etc.... Ceci présuppose une organisation extrêmement efficace pour coordonner l'installation, le support logistique, le suivi, la rémunération et l'assistance à un tel nombre d'opérateurs.

Malgré cet effort considérable, l'approvisionnement à l'usine est encore dépendant de trop d'aléas tels que les pluies, déclanchant des cycles de culture, le ramassage des noix de cajou, l'abondance soudaine de crevette, les fêtes particulières à certaines ethnies. Cette incertitude quant à la régularité des approvisionnements crée certaines contraintes pour le rendement optimum de l'outil de travail qu'est l'usine de décorticage.

Un autre problème est celui de la mortalité du crabe entre le moment de sa capture et le moment de son traitement. Le crabe doit être impérativement traité vivant sous peine de dévaluation totale du produit final. Or il s'écoule des délais importants avant sa livraison à l'usine, 2 à 7 jours, en raison de l'importance géographique de la zone couverte.

En dépit de la résistance naturelle de cet animal et des soins qui lui sont prodigués, persiste un préoccupant problème du mortalité qui pénalise les producteurs, les collecteurs et l'unité de traitement.

Les pertes après capture varient en fonction des techniques de pêche, des procédés de stockage, des moyens de transport, de la saison et du temps séparant l'heure de capture de l'heure de traitement. Ces pertes varient de 10 à 32% et cette valeur est considérée comme trop élevée. Ce pourcentage de pertes après capture peut être réduit au bénéfice de tous, et donc revenir au pays qui voit ainsi une ressource potentielle en devises amputée de près d'un quart de ses possibilités.

Le premier objectif à atteindre, toutefois, est celui d'une meilleure valorisation du produit élaboré, car la chair de crabe préparée à Madagascar est encore insuffisamment acceptée par le consommateur Européen. A cela plusieurs raisons d'une part une concurrence internationale redoutable, d'autre part une méconnaissance par le consommateur de l'existence de crabes des mer chaudes. La Thaïlande par exemple exporte en France plus de 3.000t de chair de crabe, pour la majeure partie du Scylla serrata, à moins de 26 FF le kg alors que la chair de crabe de Madagascar est commercialisée à près de 52 FF le kg. Pour éviter d'avoir à aligner les prix Malgaches sur les prix Asiatiques, ce qui serait économiquement insupportable par l'entreprise, les efforts doivent porter en premier lieu sur la qualité du produit proposé.

Trois terrains d'action se présentent et la priorité doit être accordée à l'éradication des cartilages présents dans la chair de crabe (débris de carapace, squelette interne) après traitement. Le deuxième point à améliorer concerne la couleur de la chair préparée. En effet les crabes des mers froides ont une chair rosée alors que les crabes de palétuvier permettent la préparation d'une chair blanchâtre, tirant parfois sur le marron, qui ne bénéficie pas de la préférence du consommateur. Le troisième point susceptible d'apporter un plus au produit est sa présentation sous forme de pince de crabe reconstitué où de carapace de crabe farcie de chair et présente au consommateur sous vide et congelée. D'autre part, le marché est actuellement fortement sollicité par un produit à base de poisson, aromatisé au crabe et présente sous forme de bâtonnets où de pinces de crabe (Surimi, Kamaboko).

La carte de qualité doit être celle qui doit permettre de prendre une part du marché; ceci suppose un produit parfait, naturel et attrayant.

Un autre aspect de développement concerne la transformation des déchets de traitement du crabe et éventuellement les têtes de crevettes de l'industrie crevettière en produits commercialisables.

Il s'agit d'extraire des carapaces des protéines nobles et des colorants naturels pour un marché actuellement porteur. Il s'agit aussi de produire de la provende permettant l'amélioration de nourriture pour bétail où même la préparation de granulés pour l'élevage des crevettes. A ce titre, il existe un important projet d'élevage de 1 à Nosy Bé représentant un marché potentiel.

Des usines de transformation des sous-produits issus des crustacés existent déjà aux Etats Unis et en Norvège. Cette technologie pourrait être adaptée à Madagascar de façon à valoriser un produit actuellement non utilisé.

La dernière question à résoudre est celle des potentialités réelles du stock de Scylla serrata et de l'état actuel des ressources. A ce sujet une mission parallèle SWIOP (Sanders/Bautil) a étudiée la question et a mis en place un protocole de recueil de données devant permettre l'évaluation de ce stock de crustacés. Déjà, depuis Mars 1988, les responsables de l'usine ont mis en place un technicien chargé de mesurer systématiquement une partie des crabes traités. Pour cela un échantillon de 40 kg est mesuré pour chaque centre de collecte une fois par semaine. Le contrôle, l'analyse, ainsi que la poursuite des mesures réalisées, doit permettre un suivi scientifique de cette ressource en crabe et donc son exploitation optimum. Cet aspect sera traité dans le document présente par Sanders et Bautil.

Une deuxième entreprise, relativement importante, HASIKIN, basée à Antsiranana collecte et conditionne les crabes en morceaux où en chair. Cette même entreprise "Joint Venture" avec un groupe Japonais traite aussi les crevettes, les langoustes, le poisson, les trépangs et les ailerons de requins.

Le volume de crabe traité en 1988, première année d'exploitation de cette société, sera d'environ 100t de crabe lavé. Le conditionnement se fait en morceaux congelé où en chair, et le marché est celui de La Réunion et de l'Ile Maurice.

Une troisième entreprise, LE DAUPHIN à Toalanaro traite environ 20t de crabes en morceaux et en chair.:

Selon les informations obtenues, la production de chair dans le cas de ces deux sociétés se heurte aussi à un problème de cartilage et de présentation. Il est donc clair qu'une amélioration de la technologie du traitement de la chair de crabe bénéficierait directement à ces sociétés et leur permettrait une meilleure commercialisation de ce produit.

2.2 Axes de développement

La pleine exploitation de la ressource en crabe de palétuvier Scylla serrata doit permette le développement de zones de pêche jusqu'à présent trop enclavées. Ceci doit entraîner une amélioration du sort des pêcheurs-paysans qui n'ont que très peu d'opportunité de commercialisé leurs produits frais. La vente de leur capture crée un flux monétaire permettant l'achat de produits de première nécessité mais aussi de produits de consommation jusqu'à présent peu accessibles.

La création d'équipes de pêcheurs implantées dans les zones de pêches isolées doit procurer du travail à un nombre important de jeunes chômeurs.

Le nombre d'emplois créé est de 120 employés d'usine, 25 marins et personnes à terre, 20 collecteurs et 70 pêcheurs, et cela concerne près de 500 pêcheurs-paysans selon la saison. Les emplois induits en amont comme en aval sont supérieurs au tiers de cette valeur, soit près de 1.000 personnes touchées pour une production de 500t de crabe.

L'exploitation des 5.000t de crabe disponible à Madagascar doit donc concerner 10.000 personnes et générer l'équivalent de 9.000 millions FMG en devises soit près de 6 millions de dollars des E.U.

Ceci ne prend pas en compte l'effort d'injection d'argent dans des zones dépourvues jusqu'à présent, créant une demande au niveau produit de consommation.

2.3 Bénéficiaires cible

Les premiers bénéficiaires seront les pêcheurs-paysans et leurs familles du fait qu'ils auront ainsi la possibilité d'écouler un produit qu'ils ne pêchaient, pas où peu, le désenclavement de leur région lié au passage régulier des bateaux transporteurs est aussi un gain appréciable.

Les seconds bénéficiaires seront les chômeurs des villes qui trouveront ainsi une activité qu'ils peuvent mener à leur rythme. Ce travail permet d'assurer un salaire supérieur à celui proposé par les usines existantes.

Les troisièmes bénéficiaires seront les employés des unités de conditionnement, les marins des bateaux transporteurs, le personnel à terre ainsi que les collecteurs.

Les quatrièmes bénéficiaires sont les promoteurs des différentes usines qui verront ainsi leur outil donner sa pleine mesure.

Enfin le dernier bénéficiaire sera le pays qui obtient ainsi des devises fortes susceptibles de profiter au développement de tous. Dans le cas de ce développement concernant les pêches artisanales, le gain en devises nettes est bien supérieur à celui du développement des pêches industrielles, elle même très grosses consommatrice en devises.

En effet, hormis l'investissement initial de l'usine, l'outil de production consiste principalement en pirogues construites sur place ainsi que en matériel de pêche, fabriqué à partir des matériaux locaux.

2.4 Stratégie de développement

2.4.1

Amélioration de la présentation du produit fini de façon à le valoriser (cartilages, couleur, aspect, contrôle de qualité)

2.4.2

Réduction des pertes après capture et renforcement du système de collecte (viviers, système de stockage, amélioration des bateaux transporteurs, organisation...)

2.4.3

Expérimentation et vulgarisation de méthodes de capture adaptées aux pêches artisanales (engin - bateau...)

2.4.4

Assistance et support à la mise en place d'une étude de l'état des stocks et des potentiels de cette nouvelle pêcherie

2.4.5

Utilisation des déchets pour extraction des protéines nobles (chitine), des colorants naturels (asthaxantine) et pour la production d'aliment par le bétail et pour l'élevage des crevettes Penaeides.

2.5 Raisons justifiant de l'aide du PNUD où de l'agence d'exécution

- La production de chair de crabe de palétuvier est l'une des meilleurs possibilités de valoriser un produit jusqu'à présent exportable en quantité limité. Le produit fini est susceptible de procurer des devises fortes nécessaires au développement du pays;

- la réussite de cette entreprise doit permettre le plein développement d'une pêche artisanale dans des zones enclavés de mangroves aux possibilités jusqu'à présent très limités;

- l'établissement de communications régulières doit permettre aux pêcheurs-paysans d'écouler d'autres produits actuellement peu valorisés (crevette, poisson, produits agricoles...);

- l'ampleur de cette opération, la situation exceptionnelle d'un développement intégré ayant de fortes chances de succès doit être suivi de très près. Cette forme de développement répond pleinement à la volonté du PNUD et de la FAO de privilégier l'assistance au secteur privé et du secteur artisanal;

- Le succès de cette opération est susceptible d'être extrapolé à d'autres régions du globe Mozambique, Tanzanie, Asie du Sud Est...

2.6 Remarques particulières

- Cette nouvelle pêcherie ne se développera pas au détriment d'une autre activité mais viendra en complément à des activités de subsistance;

- la pêche industrielle ne pourra pas entrer en compétition avec celle-ci car les terrains lui sont inaccessibles;

- un grand nombre de femmes sont impliquées dans cette activité que ce soit au niveau capture, où au niveau transformation. Elles jouent aussi un rôle important dans la confection des matériaux de transport (soubiques, casiers). Un nombre important d'hommes sont concernés par la fabrication des pirogues.

2.7 Commentaires sur le crabe de palétuvier

Les termes de référence de la mission étaient orientés sur la réduction des pertes après capture, ainsi que sur la mise au point de méthodes de transport y compris le développement d'un modèle de pirogue adapté à la collecte du crabe dans les mangroves.

Après discussions, visites sur le terrain et analyse, il est apparu que l'ordre des priorités était sérieusement modifié.

En effet, le taux de mortalité n'est pas, où n'est plus de 50% comme précédemment avancé, mais se situe près des 10%, atteignant 30% dans les périodes critiques.

En outre, la collecte est une opération relativement bien structurée par l'entreprise, à partir des 5 bateaux transporteurs effectuant des rotations hebdomadaires dans chaque centre de ramassage. De plus cette question est prise au sérieux puisque deux nouvelles unités de transport, plus performantes, sont prévues au niveau de cette compagnie.

Tant pour la mortalité que pour la collecte, des progrès peuvent être envisagés, et l'assistance du PNUD peut y contribuer. Mais avant tout, la priorité qui s'impose est celle de l'amélioration de la qualité du produit élaboré.

Cette question est traité en #6.1 a #6.6 et il apparaît, en excluant l'évaluation des ressources, point qui est traité a part, que les priorités sont les suivantes:

1> Amélioration du produit
2> Réduction des pertes après capture et renforcement du système de collecte
3> Amélioration des méthodes de capture
4> Utilisation des sous produits

Après de longues séances de travail avec l'équipe du projet régional SWIOP, décision a été prise de différer la préparation d'un document de projet pour les raisons suivantes

- L'amélioration du produit (cartilages, couleur, présentation) est du domaine d'un technologiste des produits alimentaires, et il est souhaitable de prévoir une consultation spécifique a ce sujet avant la préparation d'un document de projet.

- La réduction des pertes après capture et le renforcement du système de collecte est une activité pleinement abordée par l'entreprise, et il est probable qu'elle puisse solutionner elle même ses problèmes en bénéficiant éventuellement d'une série de consultations spécifiques.

L'augmentation des captures à travers l'amélioration des méthodes de pêche est du domaine du possible, néanmoins de nombreux essais sont déjà en cour par la société (balance, casiers, équipes de pêcheurs) et il est probable hormis une amélioration des prises en pêchant plus profond, que peu de succès spectaculaires soient envisageables.

En outre, l'augmentation de l'effort de pêche par unité entraînera presque nécessairement la motorisation. Or il est quasiment certain que la rentabilité d'une barque motorisée ne parviendra pas à supplanter celle d'une pirogue traditionnelle.

En effet une pirogue avec son matériel de pêche revient en 1988 à moins de 20 dollars des E.U. en zone de mangrove. Les prix se décomposent comme suit: pirogue 15.000 FMG, pagaie 1.000 FMG, balances 5.000 FMG Total 21.000 FMG soit 14 dollars des E.U..

Néanmoins une série de consultations peut la aussi être envisagée, éventuellement par un spécialiste en pêche d'un pays exploitant déjà le crabe Scylla serrata mais aussi pour prévoir la conception d'une pirogue permettant la pêche à l'aide de casiers.

L'utilisation des sous-produits est un domaine intéressant mais sa rentabilité n'est pas réellement évidente. Le consultant en technologie des produits devra étudier cette question sur la base des documents qui sont réunis à cet effet en particulier une proposition de projet faite par IFREMER.

Malgré les restrictions évoquées il faut encore une fois souligner l'importance de cette expérience au niveau du développement intégré d'une région côtière.

Les efforts consentis par l'entreprise REFRIGEPECHE sont considérables tant au niveau usine et technologie qu'au niveau collecte et organisation de la pêche. Il s'agit de la mise au point d'une technique de transformation d'un produit, de l'organisation d'une système de collecte et de pêche. Il s'agit surtout de la mise en valeur de régions négligées car isolées des circuits terrestres lors de la saison des pluies et enclavées, car constituées essentiellement de mangroves.


3. LES RESSOURCES EN CRUSTACES D'EAU PROFONDE


3.1 Problème envisagé, la situation actuelle
3.2 Situation escomptée à la fin d'un projet pilote
3.3 Commentaires

3.1 Problème envisagé, la situation actuelle

Les pêches Malgaches disposeraient d'un potentiel de production annuel de 250.000t (6) Une estimation prudente suggère que 91.000t (7) de matière vivante peuvent être extraites à courte terme, le reste relevant du moyen et long terme. La production actuelle déclarée est de 21.000t, mais une large sous-estimation des pêches artisanales exige une révision de cette déclaration. Il est vraisemblable que le total des captures se situe autour de 55.000t soit environ la moitié du potentiel actuellement pêchable de façon économiquement viable. L'extraction de ces ressources marines disponibles doit donc être l'objectif des années à venir. La réussite de cette entreprise passe par le développement du secteur des pêches traditionnelles et artisanales, comme du secteur des pêches industrielles.

(6. Politique en matière de production halieutique )

[7. Sanders et al. (Manuscrit)]

Les besoins du pays en devises sont considérables et c'est pour cette raison que l'effort doit s'orienter en premier lieu vers les activités susceptibles de fournir des produits exportables à des prix hautement rémunérateurs.

Les espèces marines répondant à ces critères sont essentiellement les crustacés dont la demande sur le marché international est en expansion constante. Ces crustacés sont les crevettes, les langoustes et les crabes.

Une partie de ces ressources sont déjà exploitées par des opérateurs Malgaches, à partir d'unités de pêches industrielle cas de la crevette côtière, où par les pêcheurs artisans à bord de leur pirogues, en plongée, où à pied, cas de la langouste côtière, du crabe de palétuvier et de la crevette côtière.

Les tableaux 1 et 2 en annexe montrent à la fois les surfaces exploitables et les ressources présentes. En excluant les crustacés côtiers, il y aurait donc un potentiel de crustacés profond de 2.000t de crevette, 325t de langouste et 7.000t de crabe.

3.1.1 Les crustacés côtiers

Les crustacés côtiers ne retiennent pas notre attention car malgré certains potentiels, leur exploitation est déjà en oeuvre.

En effet dans le cas des crevettes côtières, il s'agit d'une pêcherie fermée, opérée par des bateaux industriels principalement dans le Nord ouest de l'Ile.

Les crabes de palétuvier font l'objet d'une exploitation artisanale et d'un traitement industriel, ce cas particulier voué à un développement intéressant est traité ci-dessus.

La langouste côtière est essentiellement produite par les opérateurs de la pêche artisanale. En particulier la bande littorale St. LUCE-TOALANARO-CAP-SAINTE-MARIE-TOLIARA est exploitée activement par les pêcheurs artisans.

Le démarrage de cette pêcherie remonte aux années 1945 et l'effort était localisé aux alentours immédiats de Toalanaro La production est passée de 21t en 1959 à 145t en 1987, elle dépassera 300t en 1988.

Les raisons de cette foudroyante progression sont liées à l'entrée de nouveaux collecteurs/exportateurs dans le circuit. La concurrence jouant, les prix à l'achat au pêcheur sont passés de 700 FMG en 1985 à 7000 FMG en 1988.

Les pêcheurs de cette zone recherchent donc activement cette espèce, parfois au détriment du poisson. De très nombreuses nouvelles entrées sont notés dans cette pêcherie où un kg de langoustes par jour permet d'assurer un salaire de 210.000 FMG par mois (cas d'un plongeur ne nécessitant ni pirogue, ni casiers et appât).

Cette pêcherie est elle même suffisamment dynamisée, et il n'est pas nécessaire de promouvoir un développement, celui-ci étant assuré par les opérateurs privés. La mission a eu le plaisir d'apprécier le dynamisme et l'esprit d'entreprise de ceux-ci. Une campagne de prospection à partir d'une unité de pêche industrielle est même en cours d'exécution, c'est dire si l'exploitation de cette ressource est activement menée. Par contre une juste évaluation de la ressource et de son potentiel annuel est de première urgence. La mise en place d'un système de collecte de données biologiques devant permettre cette évaluation fait partie des propositions d'une mission parallèle (Sanders/Bautil Oct. 1988).

3.1.2 Les crustacés d'eau profonde

3.1.2.1 La langouste d'eau profonde

La langouste Palinurus delagoae (GILCHRISTI) est classifiée comme profonde en raison de sa propension à se situer dans la tranche d'eau comprise entre 100 m et 350 m alors que les langoustes côtières vivent entre les profondeurs 0 m à 36 m (Tableau 3).

Cette langouste d'eau profonde a déjà été capturée dans le sud de Madagascar lors de pêches exploratoires "La Barbade", SCET COOPERATION 1969 et "Nosy Bé 6", Pêcherie de Nosy Bé 1987. La même espèce est présente en Afrique du Sud qui en débarque 150t/an.

Le Mozambique en capture annuellement plus du 600t dont 300t au chalut et 300t aux casiers (1987). Il faut souligner à ce sujet que les 300t pêchées aux casiers sont produites par un seul bateau, ce qui lui procure de substantiels revenus pour des coûts d'exploitation inférieurs à ceux d'un chalutier.

La zone susceptible de révéler d'importantes concentrations de cette langouste d'eau profonde se situe au Sud de Madagascar. De la latitude 25° S aux accores du Banc de l'Etoile, entre les isobathes 100m et 1.000m, cette zone dispose de près de 5.000km2 exploitables. Les données concernant cette même espèce permettent dans le cas du Mozambique d'estimer à 0,065t/km2 le potentiel pouvant être récolté par an (Sanders 1988), ce qui présage d'une ressource de 325t capturable dans le cas du Sud de Madagascar.

Les précédents essais réalisés remontent à 1969 et à 1987. La première campagne était le fait de la SCET coopération à l'aide du bateau langoustier la "La Barbade" qui a opéré aux casiers, aux filets et au chalut en mars 1969. La deuxième opération est due à l'initiative des Pêcheries de Nosy Bé en 1987 avec un de leur bateaux le "Nosy Bé 6", chalutier de 27 m équipé spécialement pour ce travail.

Ces deux essais ont mis en évidence la présence de langouste d'eau profonde P. delagoae au Sud de 25° S, mais sans en localiser les zones de concentration. Une analyse des résultats obtenus montre en fait qu'un effort de pêche très insuffisant a été consenti lors de ces deux campagnes - 10 jours et 568 casiers et 33 langoustes pour la première, 4 jours et 393 casiers et 66 langoustes pour la seconde. En outre ces deux essais ont souffert de conditions météorologiques difficiles rendant le travail d'un bateau de petite taille malaisé.

En conclusion il est illusoire d'espérer localiser des concentrations de langoustes en un laps de temps si court et avec un effort si modeste quand on sait qu'un langoustier classique lève à lui seul environ 500 casiers par jour de pêche. Il s'agit donc sur une période de vingt ans d'un effort comparable à un langoustier ayant travaillé deux jours sur une zone de plus de 5.000 km2, ce qui est dérisoire au vu de la surface à prospecter.

A titre de comparaison, il est possible d'envisager des rendements comme ceux obtenus au Mozambique où un bateau opérant 400 casiers durant environ 300 jours capture 300 tonnes de langoustes par an, soit près de 280.000 langoustes.

Une campagne de localisation et de mise en valeur de cette ressource doit donc être envisagée. Pour éviter de retomber sur les incertitudes précédemment rencontrés cette prospection doit avoir une durée suffisante et sa réalisation doit se faire avec un bateau adapté.

3.1.2.2 Le crabe d'eau profonde

Le crabe profond Geryon quinquedens est présent à Madagascar tout autour de l'île entre les profondeurs 200 m- 1.300 m. Son existence a été démontrée lors de diverses campagnes ORSTOM, REFRIGEPECHE, utilisant essentiellement le chalut comme moyen de prospection.

Or ce crabe vivant dans des "terriers cuvette" (8) n'est que très peu vulnérable au chalut alors qu'il se capture très facilement aux casiers. Il est activement pêché sur les côtes de l'Afrique de l'Ouest (Angola, Côte d'Ivoire, Congo) et aux Etats Unis, (Côte Est, Nouvelle Angleterre/New Bedford) où il est conditionné en chair de crabe pour être vendu en particulier sur le marché Américain où le consommateur lui réserve un accueil plus que favorable.

(8. Wigley et al. 1975)

Les rendements varient entre de 2 à 30 kg par casier et par 24 h en fonction des saisons et des latitudes. En 1984 en caseyeur du Mozambique a débarqué 1.095 tonnes de ce crabe en une année, il a depuis concentré son activité essentiellement sur la langouste d'eau profonde, ressource qu'il a localisée en opérant sur les crabes profonds.

Ceci laisse présager d'importantes captures à Madagascar où le Geryon quinquedens a déjà été mis en évidence.

En adoptant une valeur conservatrice de 10.000 km2 de surface exploitable contre les 40.000 km2 existant réellement entre 200 et 1000m, et une production sous estimée de 0,7t/km²/an - il est raisonnable d'envisager une disponibilité minimum de 7.000 tonnes de crabe par an.

Le traitement des crabes geryons en mer consiste à les garder vivant en eau de mer refrigerée à +4° C (au bout de cinq jours la mortalité ne dépasse pas 5%), soit à les congeler entiers où débités après cuisson à bord.

Le décorticage utilisant des procédés industriels tels que la force centrifuge permettent une production de chair égale à 10% du poids total. Des centrifugeuses utilisés aux Etats Unis (New Bedford) peuvent traiter 250 kg de chair pour 8 heures de fonctionnement. Le décorticage à la main permet un rendement égal à 20-22% du poids total mais un bon ouvrier ne peut dépasser 2,5 kg de chair par heure, soit 10 fois moins que la machine. Cependant l'aspect et la qualité du produit extrait à la main restent bien supérieurs à ceux obtenus à la centrifugeuse. Le prix du crabe entier atteint sur certains marchés 12 FF/kg, le prix de la chair est sensiblement égal à celle du Marché Européen i.e. 50 FF/kg.

Un marché limité existe donc pour le crabe entier où en morceau, par contre il est certain que la demande en chair de crabe doit encore augmenter dans les années à venir. Bien que concurrencé par les succédanés de crabe tel le Surimi où le Kamaboko, ce produit reste fortement demandé sur le marché international.

La technologie de mise en chair existe spécifiquement pour ce crabe aux Etats Unis et il s'agit donc seulement de l'introduire à Madagascar. En outre, l'actuelle unité de décorticage de crabe de palétuvier Scylla serrata est déjà la preuve qu'une technologie, même sophistiquée, peut être introduite à Madagascar dans le domaine de la transformation des produits halieutiques.

3.1.2.3 Les crevettes d'eau profonde

Des ressources en crevettes d'eau profonde ont été mises en évidence à de nombreuses reprises lors de différents campagnes de chalutage.

- ORSTOM, 1973 (CROSNIER et JOUANNIC, Vauban)
- FAO, 1974 (SCHMIDT et DUPONT Lemuru)
- REFRIGEPECHE, 1987 (CLEVA et col. Mascareigne III)

Les seules régions actuellement susceptibles d'être exploitées de façon commerciale au chalut se situent au Nord Ouest de Toliara, en face de Mahajunga, de Morombé et au sud de Maintirano. La zone au Nord-Ouest de Toliara, d'une surface de 900 km2 serait susceptible de produire à elle seule 500 tonnes de crevettes exportable (9). Un essai a été mené en 1986 par la Refrigepêche sur financement FAC sans résultats réellement probants en raison essentiellement des faibles performances du navire utilisé (pêche par le côté, treuil inadapté, sondeur déficient, moteur principal pas assez puissant).

(9. Giudicelli 1984)

Néanmoins cette même ressource existe sur les fond chalutables et non chalutables tout autour de l'Ile entre les isobathes 200 m et 1.000 m. Une part importante des espèces présentes est capturable aux casiers sur les fond chalutables où non chalutables. Cette technologie est utilisée dans de nombreux pays: Espagne, Hawaii, Seychelles, Ile Maurice, Fiji, Nouvelle Zélande... et son pouvoir de capture est certain.:

Sur les 40.000 km2 de surfaces exploitables entre 200 m et 1.000 m, en optant seulement pour 10.000 km2 et un potentiel exploitable sous estimé de 200 kg/km par an, il existe une ressource de 2.000 tonnes de crevette et langoustines.

L'exploitation de cette ressource se fera essentiellement aux casiers où aux nasses avec des rendements susceptibles d'être de l'ordre de 2 kg par casier par 24 h. comme ceux obtenus à l'Ile Maurice.

La faisabilité de cette exploitation pourra être démontrée par une campagne exploratoire permettant de prouver la rentabilité économique d'une telle opération.

Le travail de prospection à réaliser portera donc sur les 3 espèces précitées: langoustes (Palinurus delagoae), crabes (Geryon quinquedens), et crevettes d'eau profonde.

Le projet déterminera les engins et méthodes les plus efficaces, les zones et profondeurs de concentration des espèces cibles et produira les données économiques et financières devant servir à l'établissement d'une nouvelle pêcherie.

En parallèle avec le développement de ces nouvelles techniques de capture, un système de collecte des données biologiques sera mis en place. Il permettra le suivi scientifique de l'extraction de ces nouvelles ressources pour une exploitation optimum.

3.2 Situation escomptée à la fin d'un projet pilote

La démonstration de la rentabilité financière des ces nouvelles pêcheries est l'un des objectifs majeurs d'un projet pilote, la mise en oeuvre de technologies appropriées, ainsi qu'un état des stocks existants permettant le développement d'une exploitation lucrative des ressources profondes considérées.

La valeur des produits extraits doit procurer un apport de 27.875 millions de FMG en devise, soit l'équivalent de 1.942 millions de dollars des E.U...

La pleine exploitation de ces ressources se fera à l'aide de bateaux dont la taille sera déterminée par les résultats du projet. Il s'agira vraisemblablement d'unités de 20 à 40 m au nombre de 15 à 20.

Les emplois crées seront de l'ordre de 200, auxquels il faut ajouter le personnel des industries en amont comme en aval: chantiers, réparations, traitement des produits, commercialisation, etc.... Les emplois crées pour ces industries correspondent à environ la moitié des postes induits directement, non compris le personnel de traitement des produits qui, dans le cas du crabe, pourrait dépasser 700 personnes si les débarquements atteignent 7.000 t comme avancé.

Une analyse prévisionnelle (Tableau 4) montre une rentabilité certaine pour un bateau de taille conséquente opérant dans le Sud sur la ressource langoustière. Les hypothèses de captures adoptées sont inférieurs de moitié à celles obtenues au Mozambique, et les prix de vente du produit à 8.500 Dollars des E.U./t sont plus que raisonnables.

En ce qui concerne la crevette d'eau profonde (Tableau 4) la rentabilité demeure négative. Les hypothèses de capture sont réalistes, et les prix de vente du produit à 7.000 Dollars des E.U./t, sont basés sur les donnés Infofish 1988. Il est vraisemblable, avec un bateau de taille inférieure, travaillant sur la côte Ouest, que cette rentabilité soit plus importante (Tableau 5).

La capture des crabes dans la situation actuelle semble mener à une rentabilité négative (Tableau 4) le coût de l'investissement et le prix relativement bas du produit brut réduisent les possibilités de rentabilité. Les hypothèses de prix de vente du crabe entier à 700 Dollars des E.U./t, sont basses, de même le taux d'extraction de chair à 10% est pessimiste. Le projet aura à explorer cette voie et à vérifier ces hypothèses.

En cas d'insuccès au niveau de la pêcherie langoustière, le projet sera réorienté sur les ressources crevettes et crabes profond. Cette réorientation se fera alors dans la Phase II sur la côte Ouest de l'Ile avec un bateau de taille plus modeste.

Néanmoins si la rentabilité d'une telle opération s'améliore nettement avec un bateau plus petit sur la pêcherie de crevette d'eau profonde, elle reste encore très aléatoire en ce qui concerne le crabe Geryon (Tableau 5). L'élément le plus sensible reste le prix à la tonne du produit brut, qui ne permet pas de profit tant qu'il reste en dessous de 1.500 Dollars des E.U. Les conclusions de la Phase 1 du projet permettront de s'orienter sur la voie d'un bateau plus petit pour la côte ouest.

3.2.1 Bénéficiaires cible

- En considérant le haut degré d'investissement requis pour les bateaux de 20 à 40 m prévus, les pêcheurs artisans ne seront concernés par cette activité qu'au niveau des emplois crées à bord;

- la gestion et le commandement des bateaux à mettre en opération se fera sur la base des ressources humaines déjà présentes dans le secteur des pêches industrielles à Madagascar;

- l'existence d'une école de formation des cadres navigants a Mahajanga (ENEM), assure la disponibilité et la production de ressources humaines compétente;

- le secteur privé bénéficiera pleinement des opérations de création, construction, maintenance et sous traitance nécessités par cette nouvelle industrie;

- le traitement des produits débarqués, triage, calibrage, mise en boite, décorticage et conditionnement sera essentiellement le fait de la main d'oeuvre féminine.

3.2.2 Stratégie du projet et accords institutionnels

II est prévu de diviser le projet en 2 phases, chacune d'une durée de 1 an. La Phase 1 comprendra la préparation du projet, l'affrètement du bateau et l'exécution d'une campagne de prospection de six mois dans la zone Sud de Madagascar.

Les activités suivantes seront exécutés:

- Préparation du projet, commandes de matériel, sélection du bateau à utiliser, établissement du contrat d'affrètement (0-6 mois);

- prospection du banc de l'Etoile entre Toalagnaro et Nosimborona, c'est-à-dire au Sud de 25 S. Le travail consistera en une prospection systématique des isobathes 100m à 400 m. en vue de localiser les concentrations de langoustes d'eau profonde Palinurus delagoae,

- détermination des zones et des profondeurs intéressant l'exploitation du crabe. Geryon quinquedens. Terrain d'activité entre Morombé et Toalanaro des isobathes 200 m à 1000 m;

- exécution d'une campagne de pêche aux crevettes d'eau profonde à l'aide de casiers et de nasses. Sélection de l'engin le plus adapté et délimitation des zones les plus propices à cette exploitation. Terrain d'activité entre les isobathes 200 m à 1000 m de Morombé à Toalanaro.

- et introduction de la technique de transformation adaptée au conditionnement de ce produit en particulier sa mise en chair.

Selon les résultats de la Phase I, la Phase II sera alors exécutée.

Cette Phase II comprendra:

- la démonstration aux sociétés de pêche et autres investisseurs potentiels, ainsi qu'aux banques et bailleurs de fonds, de la rentabilité d'une pêche aux crustacés d'eau profonde;

- la formation de pêcheurs devant opérer les bateaux qui exploiteront ces ressources;

- la cartographie des zones de pêche et l'évaluation des stocks afin de produire des lignes directrices pour les investisseurs comme pour les gestionnaires des ressources nationales.

L'organisme de contrepartie pourra être le MRSTD.

Le bateau du projet sera basé dans un port susceptible d'offrir les facilités de ravitaillement (vivres, carburant, matériel), d'accostage, d'entreposage des captures et de réparations.

La zone Sud dispose de deux ports d'une certaine importance, Toalanaro et Toliara, mais ces deux sites sont actuellement quelque peu démunis pour servir efficacement de base opérationnelle. Les autres ports sont situés beaucoup plus au Nord: Toamasina, Mahajanga, Nosy Bé et Antsiranana.

Un choix devra être fait en fonction de la situation au moment du démarrage de la période d'affrètement: en effet, il est prévu une réfection et un aménagement du port de Toalanaro, ce qui simplifierait bien la question.

Il est aussi souhaitable que le suivi opérationnel du bateau affrété s'appuie sur l'un des armements crevettiers existants, c'est-à-dire, PNB, SOPEBO, SOMAPECHE, REFRIGEPECHE...

En cas d'utilisation du port de Toalanaro il est possible pour la commercialisation de passer par une où plusieurs des 5 compagnies langoustières en place LANSU, KALETA, SOMADEP, LE DAUPHIN, EMI...

3.2.3 Raisons justifiant de l'aide du PNUD où de l'agence d'exécution

- Malgré l'existence d'une pêche crevettière industrielle performante, disposant de bateaux puissants et adaptés, la technologie de capture des crustacés d'eau profonde n'est pas introduite à Madagascar;

- la limitation des fonds chalutables pour ces crustacés d'eau profonde oblige à l'utilisation de casiers et nasses;

- les conflits pêche artisanale et pêche industrielle existant dans le Nord de l'Ile au sujet de l'exploitation de la crevette côtière risquent fort de se reproduire au sujet de la langouste côtière si une alternative de développement n'est pas proposée aux bateaux de la pêche industrielle;

- il est primordial pour le pays d'obtenir les devises nécessaires à son commerce extérieur. Or les crustacés côtiers sont en voie de pleine exploitation et les opportunités de développement d'une pêcherie susceptible de produire des devises fortes se trouvent en premier lieu au niveau des crustacés d'eau profonde;

- en dépit de plusieurs campagnes scientifiques et commerciales de prospection, le Sud de Madagascar reste peu connu, surtout en dessous des Isobathes 200 m;

- diverses tentatives émanant du secteur privé ont été entreprises, sans succès notable. Les raisons majeurs résident dans l'inadaptation des bateaux et/où des hommes à ce type de travail et dans la brièveté des efforts consentis;

- les résultats obtenus au Sud seront transférables au Nord, surtout en ce qui concerne le crabe profond et ces crevettes d'eau profonde.

3.2.4 Remarques particulières

- L'existence à Mahajanga d'une industrie de conditionnement de la chair de crabe côtier, permet d'envisager un transfert Nord/Sud de cette technologie en l'adaptant au crabe profond;

- les résultats obtenus au Mozambique tant sur le crabe Geryon que sur la langouste P. delagoae sont prometteurs pour le futur développement de cette pêcherie à Madagascar;

- l'existence de Geryon jusqu'aux Seychelles conforte la présence de ce crabe sur toute la ceinture continentale de l'Ile;

- une part importante des emplois crées au niveau des industries de transformation releveront de la main d'oeuvre féminine;

- à la fin du projet est prévu l'édition de cartes de pêche précisant les localisations de concentration des crustacés précités. Les éléments de topographie marine susceptibles d'intéresser les futures exploitants seront aussi signifiés;

- un tracé de cette bathymétrie sera dessiné à l'échelle requise par un consultant sur la base des données disponibles et non encore utilisés à ce jour (EPSHOM, NOAA, Hydrographie UK, Japan Oceanographie Data Center...).

3.2.5 Accords de coordination

- La conception du plan d'échantillonnage et l'assistance dans le traitement et l'analyse des données recueillies sera fournie par le SWIOP. Cette évaluation du stock des ressources profonds en crustacés se fera en étroite collaboration avec le personnel du CNRO (MRSTD) et en liaison avec le DPA (MPAEF);

- un consultant spécialiste en économie des pêches produira une étude de rentabilité et un plan d'investissement pour le développement de cette nouvelle pêcherie;

- l'embarquement d'élèves de l'ENEM est prévu à la fois pour leur formation générale, mais aussi pour assurer la prise en charge des opérations futures lors du développement de cette pêcherie.

3.2.6 Capacité de soutien de la contrepartie

Le MRSTD pourra agir comme contrepartie de ce projet de recherche et développement.

3.3 Commentaires

L'exploitation des ressources en crustacés d'eau profonde retient l'attention des intervenants privés comme des responsables du secteur public. Au niveau des sociétés de pêche, les armements crevettiers: PECHERIES DE NOSY BE, SOMAPECHE, SOPEBO, REFRIGEPECHE, comme les sociétés langoustières LANSU, KALETA, SOMAPEM, EMI, HASIKIN se sont déclarés interessés où ont déjà entrepris des travaux de prospection sur les crustacés d'eau profonde.

La plupart d'entre eux ont manifesté leur désir de voir une telle campagne de prospection réalisée par un organisme neutre tel que la FAO.

En ce qui concerne le secteur public le MPAEF a appuyé pleinement ce projet. D'autre part il est important de signaler que l'étude des stocks des crustacés d'eau profonde fait partie des cinq principaux axes de recherche du CNRO.

La Banque Mondiale, qui a été sollicitée par le MRSTD/CNRO pour assister la recherche halieutique, est disposée à appuyer un programme de travail conjoint sur les crustacés d'eau profonde.


ANNEXE I: Itinéraire, Personnes Contactées, But de la Mission et Activités de la Mission


1. ITINERAIRE
2. PERSONNES CONTACTEES
3. BUT DE LA MISSION
4. ACTIVITES DE LA MISSION

1. ITINERAIRE



Arrivée

Départ

Maurice


29 09.1988

Antananarivo

29.09.1988

01.10.1988

Toliara

01.10.1988

03.10.1988

Toalanaro

05.10.1988

09.10.1988

Antananarivo

09.10.1988

10.10.1988

Mahajunga

10.10.1988

17.10.1988

Antsiranana

17.10.1988

8.10.1988

Nosy bé

8.10.1988

0.10.1988

Antananarivo

20.10.1988

24.10.1988

Maurice

24.10.1988

30.10.1988

Seychelles

30.10.1988

09.11.1988

Maurice

09.11.1988


2. PERSONNES CONTACTEES

PNUD

P. ANDRE DE LA PORTE

Représentant résident adjoint

C. BABACAR

Officier de programme

FAO

J. LEPISSIER

Représentant résident

D. MATTRAVERS

Représentant résident adjoint

M. MAES

Chargée de programme

O. MIKOLASEK

Expert en formation supérieure halieutique MAG/84/002)

Z. KASPRZYK

Conseiller technique principal (MAG/85/014)

M. BELLEMANS

Statisticien (MAG/85/014)

BANQUE MONDIALE

C. WARD

Chargé des projets agricoles principal

Ministère de la production animale des eaux et forets

C. ANDRIANANAIVOJOANA

Directeur des pêches et de l'aquaculture

F. RAHARIMANANA

Chef de la Division des pêches maritimes (Artisanal)

E. RAZAFIMBELO

Chef de la Division des pêches maritimes (Industriel)

B. ANTRIAMIARANTSOA

Chef, Division pour la Promotion des pêches Industrielles

F. GILBERT

Chef du service Provincial des pêches et de 1 aquaculture (Toliara)

S. RAFARAMAMDIMBY

Chef du District des pêches et de l'aquaculture (Toalagnaro)

C. ANDRIAMIZARA

Chef du service Provincial des pêches et de l'aquaculture(Mahajanga)

M. EDALY

Chef du service Provincial des pêches et de l'aquaculture(Antsiranana)

M. BIKINI

Chef, circonscription régionale des pêches et de l'aquaculture (Nosy bé)

M. HARENG

Coopérant Francais conseiller technique (Antsiranana)

Université régionale de Toliara (Station Marine)

M. RABENEVANANA

Directeur pédagogique

Centre National de Recherche Oceanographique (CNRO)

G. RABARISON ANDRIAMIRADO

Directeur du Centre

H. RANDRIANASOLONJANAHARY

Scientifique

Y. BERTHIN

Technicien biologiste

Complexe Frigorifique de Toliara COFRITO (poisson langouste)

F. MAMODALY

Directeur gérant

Societe Langouste Sud (LANSU)

D. ANDREAS

Directeur gérant

Groupe Kaleta (langouste)


J. SOJA

Président Directeur Général

Mme ALON

Directeur gérant

Société Malgache de Développement des Pêcheries SOMADEP (langouste)

A. RANAIVO

Président Directeur Général

L. MING

Gérant

EMI (langouste)

Cdt. EMI

Directeur gérant

REFRIGIPECHE OUEST (crevette crabe)

G. BESNARDEAU

Directeur Général SMEF

M. DUR

Directeur gérant

G DEFOSSET

Coopérant Francais conseiller technique et enseignant ENEM.

Société Malgache de Pêcherie SOMAPECHE (crevette)

A. RALISON

Directeur des relations extérieures

Japan International Cooperation Agency

M. TADASUI

Expert JICA SPPA TOLIARA

ASSOCIATION THONNIERE

X. DE REVIER

Directeur exécutif

SAFARIMER (poisson crabe)

M. VERDAVAINE

Directeur gérant

HASIKIN MADAGASCAR (crabe crevette poisson)

M. EMILIEN

Directeur général adjoint

LES PECHERIES DE NOSY BE (crevette poisson)

P. BLANCHARD

Directeur

3. BUT DE LA MISSION

3.1 Crabes de palétuvier

Une entreprise du secteur privé REFRIGEPECHE OUEST située a MAHAJANGA a établi une industrie de transformation de la chair de crabe de palétuvier. Cette exploitation se heurte à des problèmes de mortalité des crabes récoltés, avant leur traitement à l'usine. En outre, la régularité des apports est insuffisante et une augmentation du volume des prises est souhaitable.

L'objectif principal est d'assister l'entreprise REFRIGEPECHE OUEST, à développer des méthodes de collecte, de conservation et de transport des crabes, en assurant une survie acceptable.;

Le deuxième objectif est de développer un modèle de pirogue adaptée à la collecte des crabes dans les mangroves.

3.2 Langouste d'eau profonde

Une ressource en langouste profonde Palinurus delagoae existe au Sud de MADAGASCAR, de plus, une autre ressource en crabe profond le Geryon quinquedens est vraisemblablement présente.

Le but est de mettre en évidence l'existence de ces ressources et de prévoir les moyens permettant leur exploitation.

4. ACTIVITES DE LA MISSION

La mission a tout d'abord rencontré les organisations concernées et les services responsables à ANTANARIVO: FAO (Représentant résident adjoint, MAG/84/002, MAG/85/014), MPAEF (Directeur des pêches et de l'aquaculture)

Ensuite, une série de visites a eu lieu sur le terrain de façon à contacter les administrations, les sociétés de pêche et les responsables du secteur à TOLIARA, TOALANARO, MAHAJANGA, ANTSIRANANA, NOSY BE. Les points de débarquement ont été visités par voie de terre et par voie de mer. Un support efficace et un dialogue positif ont été rencontrés à chacune des étapes, tant par les interlocuteurs du secteur privé que du secteur public.

De retour à ANTANANARIVO, la mission a rencontré les responsables de la FAO (Représentant résident, chargé de programme), du PNUD (Adjoint au représentant résident, chargé des programmes), de la BANQUE MONDIALE (Chargé des projets), et du MPAEF (Chefs des différentes divisions).

Les parties rencontrées se sont déclarées prêtes à supporter un projet de développement du secteur des pêches tant pour le crabe de palétuvier, que pour les crustacés d'eau profonde. Le PNUD s'est montré disposé à financer les deux projets, la Banque Mondiale à affirmé être intéressé par un <Cost sharing> en ce qui concerne le projet de mise en valeur des crustacés d'eau profonde.

La mission s'est ensuite rendue aux SEYCHELLES, où avec l'équipe du projet régional SWIOP, une proposition de projet a été finalisée, pour les ressources profondes et un rapport de mission a été préparé pour le crabe de palétuvier.


ANNEXE II: Tableaux

Tableau 1: SURFACES EXPLOITABLES ENTRE LES ISOBATHES 200m - 1000m

ZONE GEOGRAPHIQUE


Surface km2

24°S côte est

ISANDRA

8.593

Sud 26°S

CAP ST MARIE


24°S côte ouest

ANKILIBORY


24°S côte ouest

ANKILIBORY

6.718

18°S côte ouest

MAINTIRANO


24°S côte est

ANKILIBORY

5.312

18°S côte est

TOAMASINA


18°S côte ouest

MAINTIRANO

6.520

14°S côte ouest

NOSY BERAFIA


18°S côte est

TOAMASINA

3.125

14°S côte est

N. SAMBAVA


14°S côte ouest

NOSY BERAFIA

9.531

Nord 12°S

CAP D'AMBRE


14°S côte est

N. SAMBAVA



TOTAL km2

40.799

Tableau 2: RESSOURCES EN CRUSTACES A MADAGASCAR

ESPECE

SURFACE EXPLOITABLE (Km2)

PRODUCTION T/KM2

PAME (Auteur)

EXPLOITATION ACTUELLE

POTENTIEL

CREVETTE COTIERE

16909

0.473 (Sanders)

7000 (Ralison)

6988 (1986)




8000 (Sanders)

? (1988)

1000?

CREVETTE PROFONDE

10000 1>

0.200 (mission)

1000 (Giudicelli)





2000 (mission)


2000

LANGOUSTE COTIERE

26000 (Giudicelli)

-

1000 (Giudicelli)

400

600?


-

-

-


LANGOUSTE PROFOND

5000 (sud 25°S)

0.065 (Sanders)

325 (mission)

-

325

CRABE COTIER

3000 (Ralison)

2.5 (Ralison)

7500 (Ralison)

1000(mission)

4000

2000 (mission)

3.4 (Piatek)

5000 (mission)



CRABE PROFOND

10000 (mission) (1)

0.7 - 2.5 (2) 7000

- 25000 (mission)

-

7000

(1) 40.000 km2 disponibles entre 200 m et 1.000 m
(2) Le Loeuf et col. 790 a 5.640 kg/km/an

Tableau 3a: CREVETTES D'EAU PROFONDE ET LANGOUSTINES PRESENTES A MADAGASCAR (ESPECES COMMERCIALEMENT INTERESSANTES)

CREVETTES PROFONDES

ESPECE NOM COMMUN

maxi

PROFONDEUR preferentiel

NATURE DU FOND

TAILLE cm (maxi)

ENGIN DE CAPTURE

Haliporoides triarthrus

290-650

500-550

Fonds doux vaseux

(15-17)

Chalut

(=Hymenopenaeus triarthrus)


350-650

sableux 173 kg/km2


Casier?

SALICOQUE NAVAJA






Haliporoides sibogae

300-700

425-475


15 (17-19)

Chalut 43.7 kg/h

(=Hymenopenaeus sibogae)


400-450


27-38/kg

Casier

Plesiopenaeus edwardsianus

400-800

700-800


(21-33)

Chalut 42 kg/h

(Rouge royale)

1000

600-650


11-16/kg

Casier?

Aristomorpha foliacea

250-800

700-800


24/kg (16-23)

Chalut 42-62 kg/h


500-600



Casier?


650-700




Aristeus virilis

300-650

400-450


20-37/kg (15-23)

Chalut 23 kg/h

Aristeus antennatus

300-900

500-550


20/kg (23)

Casier

Heterocarpus woodmasoni

220-640

300-400

Fond doux

(13-14)

Chalut 11,5 kg/h


400-450

sable vase


Casier?

(CREVETTE NYLON INDIENNE)






Heterocarpus laevigatus

400-950

600-800

Fond doux ou durs

26/kg (10.5-20)

Chalut 2,7 kg/h


590-790

200 kg/km2


Casier


350-700




Heterocarpus ensifer

300-550

250-450


(12)

Chalut 3,9 kg/h Casier

Heterocarpus dorsalis

590-850



55-78/kg (16)

Casier, Chalut

Parahepomadus vaubani

700-1000

750-900


(21.27)

Chalut

(ROUGE IMPERIALE)




15/kg

Casier

LANGOUSTINES ET LANGOUSTE

Metanephrops andamanicus

200-750

400-475

Terrier vase dure

17 (20)

Chalut 13 kg/h

(LANGOUSTINE ANDAMANE)

350-500

425-475


10-19/kg

Casier

Acantharis spp.

600-1000

600-790

Fond de vase

(26-57)

Chalut

(SUPER LANGOUSTINE)

850-1670



2/kg(1,6 kg)

Casier

Justitia japonicus

30-200

100-200

Fond dur

20

Chalut

J. mauritiana




16

Casier

Puerulus angulatus


455m

Fond dur/vaseux


Chalut

Puerulus carinatus






Nephropsis stewardi

350-1000

400-750

Fond dur/vaseux

10 (15)

Chalut


300-750



Casier

Tableau 3b: CARACTERISTIQUES DES LANGOUSTES COTIERES PRESENTES A MADAGASCAR

ESPECE NOM COMMUN

PROFONDEUR

NATURE DU FOND CARACTERISTIQUES

UNITES/POIDS

ENGIN DE CAPTURES

maxi

preferentiel

maxi

moyenne

Panulirus ornatus (LANGOUSTE ORNEE)

-

1-8

Recif corallien, embouchure rivieres, vase sable, roche soutaire peu abondante

50

30-35
5>3 kg

Plongeur
filet casier

Panulirus pennicillatus (LANGOUSTE FOURCHETTE)

1-10

1-4

Exterieur lagon, fond dur a courant. Importante au sud

40

30
0.5-1 kg

Plongeur
filet casier

Panulirus versicolor (LANGOUSTE BARIOLEE)

-

0-15

Recif corallien, eau claire, vague. Peu importante

40

30
=1 kg
0.5>3 kg

Plongeur
filet casier

Panulirus longipes (japonicus) (LANGOUSTE DIABLOTIN)

1-18

2-17

Zones profondes ou proteges pattes faibles, solitaire, peu abondante

30

20-25
0.5-1 kg

Plongeur
filet casier

Panulirus homarus (burgerii/dasypus) (LANGOUSTE FESTONNEE)

0-90

1-36

Recif, pattes puissantes abondante

30

20-25
0.5 - 1 kg

Plongeur
filet (casier)

LANGOUSTE PROFONDE

Palinurus delagoae (gilchristii) (LANGOUSTE DU NATAL)

0-400

100-350

Fonds vaseux, sableux, rocheux. Espece gregaire parfois prise en quantite tres importante

35

0.5-2.5

Chalut -casier

Tableau 4: MODELE ECONOMIQUE D'UN BATEAU DE LHT 40m PECHANT AUX CASIERS


LANGOUSTE

CREVETTE

CRABE

Période d'investissement

10

10

10

Taux d'intérêt

6.5%

6.5%

6.5%

Taux d'assurance

3.5%

3.5%

3.5%

Puissance moteur

1.300

1.300

1.300

Puissance auxiliaire

250

250

250

Prix gas oil

0.25

0.25

0.25

Capacité de la cale

25

25

80

Coût de la coque

1.250.000

1.250.000

1.250.000

Coût machine

1.250.000

1.250.000

1.250.000

Coût des engins de pêches

30.500

30.500

30.500

Coût de l'appât/jour

100

100

100

Entretien de la coque %

5%

5%

5%

Entretien machine %

10%

10%

10%

Entretien engin de pêche %

50%

50%

50%

Valeur résiduelle

1.000.000

1.000.000

1.000.000

Nb d'heures pêche/jour

10

10

10

Nb jour route/voyage

6

6

6

Nb jour de rotation/voyage

6

6

5

Prises/heures

65

65

250

Prix du poisson/t

8.500

7.000

700

Durée de la saison de pêche

365

365

365

Nb de jours inactif

50

50

50

Puissance en pêche

30%

30%

30%

Puissance en arrêt

30%

30%

30%

Entretient/an

202.750

202.750

202.750

Gas oil/an

212.103

211.103

142.119

Lubrifiants/an

10.605

10.605

7.106

Equipage/an

325.000

325.000

325.000

Assurance/an

88.568

88.568

88.568

Coût de l'appât/an

24.009

24.009

23.442

Divers/an

43.152

43.107

39.449

COUTS D'OPERATION

906.186

906.186

828.434

Coût du navire + engins

2.530.500

2.503.500

2.503.500

Nb de jours en mer

278

278

278

Nb de jours au port

87

87

87

Nb de jours de rotation

37

37

37

Nb de jours en pêche

240

240

234

Nb de voyages

6

6

7

Prise/j de pêche/t

0.7

0.7

2.5

Prise totale/an/t

156

156

586

VALEUR TOTALE DES PRISES

1.326.505

1.092.416

410.233

Taux de revenu interne TRI

13.4%

Négatif


RESULTAT BRUT

420.318

186.229

(418.201)

SERVICE DE LA DETTE

352.004

352.004

352.004

CASH FLOW ANNUEL

68.314

(165.774)

(770.205)

CASH FLOW TOTAL

1.683.144

(657.747)

(6.702.056)

Tableau 5: MODELE ECONOMIQUE D'UN BATEAU DE LHT 20m PECHANT AUX CASIERS


CREVETTE

CRABE

Période d'investissement

10

10

Taux d'intérêt

6.5%

6.5%

Taux d'assurance

3.5%

3.5%

Puissance moteur

400

400

Puissance auxiliaire

75

75

Prix gas oil

0.25

0.25

Capacité de la cale

10

30

Coût de la coque

2500.000

500.000

Coût machine

500.000

500.000

Coût des engins de pêches

30.500

30.500

Coût de l'appât/jour

100

100

Entretien de la coque %

5%

5%

Entretien machine %

10%

10%

Entretien engin de pêche %

50%

50%

Valeur résiduelle

200.000

200.000

Nb d'heures pêche/jour

10

10

Nb jour route/voyage

2

2

Nb jour de rotation/voyage

3

3

Prises/heures

65

200

Prix du poisson/t

7.000

700

Durée de la saison de pêche

365

365

Nb de jours inactif

50

50

Puissance en pêche

30%

30%

Puissance en arrêt

30%

30%

Entretient/an

90.250

90.250

Gas oil/an

64.296

64.071

Lubrifiants/an

3.215

3.204

Equipage/an

325.000

325.000

Assurance/an

36.067

36.067

Coût de l'appât/an

23.774

23.625

Divers/an

27.130

27.111

COUTS D'OPERATION

569.732

569.328

Coût du navire + engins

1.030.500

1.030.500

Nb de jours en mer

269

268

Nb de jours au port

96

97

Nb de jours de rotation

46

47

Nb de jours en pêche

238

236

Nb de voyages

15

16

Prise/j de pêche/t

0.7

2.0

Prise totale/an/t

155

472

VALEUR TOTALE DES PRISES

1.081.698

330.750

Taux de revenu interne TRI

48.9%

Négatif

RESULTAT BRUT

511.966

(238.577)

SERVICE DE LA DETTE

143.347

143.347

CASH FLOW ANNUEL

368.619

(381.925)

CASH FLOW TOTAL

3.886.191

(2.819.252)


Table des matièresDébut de page