FOOD AND AGRICULTURE ORGANISATION

Peste porcine africaine en Afrique
de l'Ouest Togo
Sénégal - Gambie - Guinée-Bissau du
1 au 16 juin 1998

RAPPORT DE MISSION

TCP RAF/7822 (E)

P.-C. Lefèvre

Juin 1998

 

Table of Contents

Introduction

I - L'atelier technique régional sur la Peste porcine africaine

II - Situation de la PPA en Afrique de l'Ouest

III - Propositions for a Technical Cooperation programme (TCP)

PROJECT IMPLEMENTATION PLAN

Annexe n-1

Annexe n-2 : Déroulement de la mission

Annexe n-3 : Personnes rencontrées


Introduction

La mission avait deux objectifs (Termes du mandat - Annexe n-1) : d'une part, participer à l'Atelier technique régional sur la peste porcine africaine (PPA) en Afrique de l'Ouest et d'autre part, étudier plus particulièrement la situation de la maladie dans trois pays, à savoir le Sénégal, la Gambie et la Guinée-Bissau afin d'établir les grandes lignes d'un projet de contrôle et/ou d'éradication de la PPA.

La visite en Guinée-Bissau n'a pas été possible en raison du coup d'état survenu le 10 juin dans le pays. Toutefois, des consultants de la FAO, les Docteurs Nyakahuma et Verhulst, s'étant rendus dans ce pays peu de temps auparavant, les informations qu'ils ont pu collectées ont servi à l'établissement du programme de coopération technique (PCT) présenté en 3ème partie.

Les propositions pour le PCT ont été rédigées en anglais à la demande d'AGAH.

I - L'atelier technique régional sur la Peste porcine africaine

L'atelier qui s'est tenu les 3 et 4 juin 1998 à Lomé (Togo) et organisé conjointement par le Ministère de l'Agriculture du Togo et la Représentation FAO avait pour titre :

Atelier technique régional sur la peste porcine africaine

Contrôle-éradication et préparation aux situations d'urgence

en Afrique de l'Ouest

Il a regroupé 27 participants de 13 pays : Bénin, Burkina-Faso, Cameroun, Cap-Vert, Côte-d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée, Guinée-Bissau, Libéria, Nigéria, Sénégal et Togo ainsi que les six consultants FAO.

Les débats animés par les consultants FAO vont être publiés dans un proche avenir en tant qu'Actes de l'Atelier de Lomé.

Des propositions (Encadré n-1) ont été rédigées qui traduisent le point de vue des participants quant aux mesures à mettre en oeuvre pour dans un premier temps contrôler puis éradiquer la PPA des pays d'Afrique de l'Ouest. Cette éradication est apparue à tous comme une nécessité permettant de répondre aux problèmes de sécurité alimentaire auxquels sont confrontés ces pays.

II - Situation de la PPA en Afrique de l'Ouest

II-1 Répartition géographique

La situation de la PPA telle qu'elle ressort des contributions des participants à l'Atelier régional et des missions des différents consultants est la suivante :

- les pays où la PPA est épizootique et en pleine évolution : Togo, Bénin

- les pays à faible population porcine où la PPA est enzootique : Sénégal, Gambie et

Guinée-Bissau

- les pays à forte population porcine la PPA est enzootique : Nigéria, Cameroun

- les pays indemnes

* à haut risque d'introduction : Burkina-Faso, Ghana

* à risque modéré d'introduction ou de ré-introduction : Guinée, Côte-d'Ivoire, Libéria

Encadré n-1 : Propositions pour la lutte contre la PPA en Afrique de l'Ouest

Après de longs échanges de vue sur les stratégies, les méthodes et les moyens à mettre en oeuvre pour prévenir et/ou éradiquer la peste porcine africaine en Afrique de l'Ouest,

les participants proposent aux autorités des pays concernés :

Au plan opérationnel :

1.1. que des systèmes nationaux de surveillance épidémiologique (SNSE) soient rapi-dement mis en place afin de collecter et analyser les informations obtenues auprès de tous les acteurs des filières de production animale;

1.2. que des systèmes d'information et de communication ainsi que des programmes de formation pour les éleveurs et les techniciens soient également instaurés afin d'obtenir leur adhésion, condition sine qua non de succès;

1.3. que toutes les mesures soient mises en place visant à l'émergence d'organisations professionnelles (éleveurs, bouchers, charcutiers, ...) dont l'efficacité a été prouvée tant en Côte-d'Ivoire qu'au Bénin;

1.4. que les capacités de diagnostic des laboratoires centraux soient améliorées afin qu'ils soient en mesure de réaliser au minimum les techniques d'immunofluorescence directe et d'Elisa. De plus les échanges et collaborations entre les laboratoires africains doivent être renforcées;

1.5. que les contrôles aux frontières soient intensifiés en s'appuyant, plus spécialement, sur les groupements de défense sanitaire (GD) et les organisations professionnelles;

1.6. que des relations directes et régulières soient instaurées entre les services chargés de la santé animale des pays voisins pour favoriser les échanges rapides d'informations sur la situation de la PPA dans les pays;

1.7. qu'un système d'indemnisation des éleveurs lors d'abattage systématique soit envi-sagé; cette indemnisation constituant un facteur essentiel du succès des mesures de lutte;

1.8. que des recherches soient entreprises :

- en ce qui concerne le virus, il importe de réaliser une caractérisation moléculaire des souches ouest-africaines collectées au cours des dernières années et de mener une étude comparative pour établir les relations et déterminer l'origine.

- en ce qui concerne l'épidémiologie, de nombreux thèmes sont envisageables notamment l'étude de la distribution exacte des tiques Ornithodoros moubata et O. erraticus et le rôle de la faune sauvage (phacochère, potamochère,...);

1.9. que le repeuplement soit basé sur la mise en oeuvre de croisements d'absorption de truies locales améliorées à l'aide d'insémination artificielle avec du sperme liquide de verrats testés (Large White et Land Race). Des porcelets ayant différents niveaux d'absorption seront produits selon le niveau de technicité des porcheries à repeupler.

Au plan institutionnel

1.1. qu'une politique d'amélioration des systèmes d'élevage traditionnels (d'un système en divagation vers une production en claustration) soit mise en oeuvre avec possibilité de micro-crédits pour les éleveurs afin de réaliser les investissements nécessaires;

1.2. que soit favorisée la création d'organsiations professionnelles d'éleveurs et autres opérateurs afin de mettre en place des groupements de défense sanitaire (GDS);

1.3. que la création de fonds d'intervention d'urgence soit envisagée (fonds de lutte con-tre les calamités, fonds interprofessionnel,...);

1.4. que dans le secteur moderne, l'abattage se fasse dans des abattoirs spécialisés;

1.5. que soit instauré un comité interministériel de lutte contre les épizooties, notamment la PPA, ayant pour but de coordonner la mise en oeuvre des mesures;

1.6. que la procédure recommandée par la FAO (Prevention and control of Transboun-dary animal diseases - FAO, N-133, Rome, 1997) soit mise en place.

Pays où la PPA est épizootique

Le Bénin a été infecté en juillet 1997 mais ce n'est que quatre mois plus tard que les premières mesures ont été prises. Le pays comptait environ 623 000 porcs dont plus de la moitié ont disparu à cause de l'épizootie de PPA : près de 350 000 têtes auraient succombé et 42 000 autres ont été abattues. La PPA a surtout sévi dans le sud du pays (zone de grande densité en élevages porcins) et aurait été contenue à environ 150 km au nord de Cotonou.

La lutte a consisté en des campagnes d'information/sensilisation des éleveurs notamment par le biais des associations professionnelles (éleveurs, charcutiers) et l'abattage dans les foyers en évolution.

Trois éléments nouveaux sont favorable à une éradication totale dans un futur proche :

- la saison des pluies ayant débuté, les porcs sont maintenant élevés en claustration afin de ne pas nuire aux cultures,

- les autorités ont annoncé leur désir d'intensifier la lutte et d'éliminer les foyers résiduels à partir de fin juin,

- l'Union Européenne apportera son concours pour l'indemnisation des éleveurs.

La situation au Bénin s'annoncerait donc favorablement si ce n'était la situation particulièrement préoccupante du Togo.

Au Togo il semble que la PPA soit apparue en novembre 1997 à la frontière avec le Bénin qui débutait à cette date sa campagne de lutte. Le pays comptait, avant l'apparition de la PPA, environ 210 000 porcs. Les mortalités ont été rapportées dans le sud du pays, environ 4 à 5 000 têtes auxquelles il faut ajouter 2 500 animaux sacrifiés. Dans un premier temps, et en l'absence de dédommagement beaucoup d'éleveurs ont caché leurs animaux ce qui a conduit à une extension vers le nord. Depuis, le FIDA a proposé de participer à l'indemnisation des animaux abattus sur la base de 2 500 FCFA/tête.

Début juin, un foyer a été rapporté à Kara, ce qui constitue un danger réel pour le Bénin, le Ghana et le Burkina-Faso, cette ville étant un carrefour routier important. Heureusement, un autre foyer suspecté, encore plus au nord (presqu'à la frontière avec le Burkina-Faso), ne semble pas être de la PPA.

Les pays indemnes

- à haut risque d'introduction ou de ré-introduction

Au vu de la situation décrite au Togo (et à un moindre degré au Bénin), il est clair que la PPA fait peser une grande menace sur les pays limitrophes, Ghana, Burkina-Faso et dans une certaine mesure Bénin, surtout quand on connaît la difficulté d'assurer un contrôle sérieux des mouvements d'animaux. Les propositions faites par les participants à l'atelier régional prennent en compte cette réalité et la situation épidémiologique.

- à risque modéré d'introduction ou de ré-introduction

Pour les pays n'ayant pas de frontières communes avec le Togo ou le Bénin, la situation est moins préoccupante, les pays limitrophes servant de tampon. En effet, il est vraisemblable que la maladie est véhiculée sur de courtes distances (quelques dizaines ou une centaine de kilomètres à chaque fois) par des éleveurs ou des professionnels de la filière désireux de vendre ou d'acheter des animaux, et non sur de longues distances. Il n'en est pas moins nécessaire d'assurer une surveillance épidémiologique renforcée.

La situation est donc particulièrement préoccupante car les risques de diffusion, et éventuellement de pérennisation, de la maladie dans la région sont loin d'être négligeables. Non seulement, il convient de développer les capacités de diagnostic et d'alerte précoce dans les pays limitrophes où la PPA n'est pas encore signalée, mais il importe surtout de mettre en oeuvre toutes les mesures nécessaires pour son contrôle au Togo : Seuls un système d'indemnisation lors d'abattage sanitaire couplé à une adhésion sans faille des associations d'éleveurs et autres organisations professionnelles (commerçants, bouchers, etc.) peuvent permettre un contrôle efficace de la maladie.

En Guinée, la situation est certes moins dramatique, le risque d'introduction étant surtout lié à la situation en Côte-d'Ivoire, pays qui est arrivé à éradiquer la PPA de son territoire. Toutefois, la situation politique qui prévaut dans la sous-région n'est pas sans soulever des inquiétudes. En effet, si l'essentiel des 45 000 porcs de Guinée vivent en région forestière (à la frontière avec la Côte-d'Ivoire), il en existe quelques noyaux dans le nord. L'arrivée possible de réfugiés en provenance de Guinée-Bissau peut être à l'origine de l'introduction de la maladie.

Les pays à forte population porcine où la PPA est enzootique

Les pays comme le Cameroun avec un million de porcs et surtout le Nigéria dont la population porcine est estimée à 7 millions de têtes posent un problème particulièrement difficile à résoudre. Les deux pays ont été infectés depuis de nombreuses années : le Nigéria a signalé le premier foyer de PPA en 1973 et le Cameroun en 1982.

La répartition de la maladie au Nigéria n'est pas connue avec exactitude, les éleveurs ne signalant pas les mortalités de porcs aux services vétérinaires. Les consultants qui se sont rendus au Nigéria ont pu constater que la maladie a sévi récemment dans au moins deux états, État de Lagos et État d'Ogun. La confirmation par le laboratoire n'est pas encore possible et aucune mesure n'a été prise pour l'instant. Il est donc permis de penser que la PPA n'est pas d'une introduction récente dans le pays mais qu'elle évolue à l'état enzootique depuis longtemps.

Au Cameroun, la situation est mieux connue. L'épizootie de 1982 a réduit la population porcine de plus de la moitié et les mesures d'abattage dans les périmètres infectés ont coûté 2,7 milliards de FCFA en indemnisation. Les élevages semi-industriels ont été protégés mais de nombreux petits éleveurs ont préféré se reconvertir plutôt que de repeupler. Malgré les mesures prises, la PPA continue de sévir à l'état enzootique avec des réapparitions périodiques. Les autorités envisagent de mettre en oeuvre une politique de vulgarisation ainsi qu'une enquête sérologique pour pouvoir mieux apprécier l'impact de la maladie. Le choix de vivre avec la maladie est un pis-aller mais il ne semble pas possible d'envisager plus pour le moment.

Les pays à faible population porcine où la PPA est enzootique

Au Sénégal, en Gambie et en Guinée-Bissau1, la PPA est enzootique depuis de nombreuses années mais la situation semble plus favorable que dans les pays précédents dans la mesure où les populations porcines concernées sont relativement faibles :

Sénégal : 191 000 porcs, Gambie 60 à 65 000 porcs et Guinée-Bissau : environ 26 000 têtes

Dans ces pays, et dès que le calme sera revenu en Guinée-Bissau, il est possible d'envisager une politique de contrôle puis d'éradication de la PPA. Tant au Sénégal qu'en Gambie, la volonté politique de développer la filière porcine est réelle et des actions sont déjà menées (construction d'un abattoir spécialisé à Ziguinchor et projet d'une ONG en Gambie).

Cette politique de contrôle/éradication doit reposer sur deux axes :

- d'une part, les autorités doivent créer les conditions préalables nécessaires au succès : réforme de la réglementation sanitaire, constitution d'un comité inter-ministériel de lutte contre les épizooties, campagnes de vulgarisation auprès des éleveurs, formation de techniciens, etc.

- d'autre part, le secteur privé (association d'éleveurs, ONG,...) doit améliorer l'élevage de type familial et le faire passer du mode en "divagation" au mode en "claustration" (petites porcheries familiales) en permettant l'accès à des micro-crédits et en assurant l'encadrement technique des petits éleveurs.

Sénégal

L'élevage porcin au Sénégal est réparti en deux grands groupes : la Casamance qui comprend plus de la moitié de la population avec un élevage essentiellement de type familial (en claustration pour une moitié et en divagation pour l'autre) et la région du Siné-Saloum et des départements proches de Dakar qui regroupent surtout des élevages de type amélioré voire semi-industriel (Tableau n-1).

La filière porcine commence depuis quelques années à se structurer grâce notamment au PRODEC (projet de développement des espèces à cycle court financé par la Coopération française) et une association des éleveurs de porcs de la Région de Ziguinchor a été créée. La composante filière porcine du PRODEC a pour but la création d'un élevage familial en claustration qui correspond bien aux projets à mettre en oeuvre dans le cadre d'une éradication de la PPA. Des documents ont été publiés pour la vulgarisation qui peuvent servir de modèles. Malheureusement, le PRODEC devrait se terminer à la fin de l'année 1998. Par ailleurs, avec le soutien de la Direction de l'élevage, des Maisons des Éleveurs se sont créées dans tous les départements et constituent de bons relais pour la vulgarisation et l'accès aux crédits.

Tableau n-1 : Répartition de l'élevage porcin au Sénégal (d'après R. Coly et B. Faye : Rapport à l'atelier de Lomé)

Régions Population en 1997 %
Casamance

Ziguinchor

Kolda

Siné-Saloum et proximité Dakar

Fatick

Kaolack

Thiès

Reste du pays

43 470

61 730

54 310

11 750

17 230

2 510

22, 8

32, 3

----------

55,1

28,4

6,1

9

----------

43,5

1,4

La PPA, connue depuis longtemps au Sénégal, est enzootique en Casamance et le nombre de foyers rapportés est certainement très inférieur à la réalité. De plus, la PPA fait de constantes incursions dans les départements au nord de la Gambie comme cela a été le cas en 1997 à Kaolack et, en 1998, à Popanguine. Il est vraisemblable que ces foyers signalés, surtout lorsqu'ils touchent des élevages améliorés, ne sont que la pointe de l'iceberg.

À l'heure actuelle, les services vétérinaires ne peuvent que recommander l'abattage qui n'est pas obligatoire. Une modification des textes réglementaires est, du reste, prévue.

La capacité de diagnostic est bonne, le Laboratoire national de l'élevage et de recherches vétérinaires (LNERV) ayant les moyens de réaliser toutes les techniques de diagnostic, y compris les plus sophistiquées, et une technicienne ayant été envoyée en formation à l'INIA de Madrid sur le TCP régional.

Gambie

L'élevage porcin en Gambie est en grande majorité de type familial (back yard type) avec quelques fermes de type semi-intensif dans les zones péri-urbaines. Une association professionnelle existe, la Pig breeders Association, qui regroupe la presque totalité des éleveurs.

Une ONG irlandaise, Bochar qui gère un projet d'amélioration de l'élevage traditionnel, pourrait aisément servir de relais pour un projet de lutte, notamment pour ce qui concerne la vulgarisation et l'encadrement technique

La PPA est enzootique en Gambie en particulier le long de la frontière avec la Casamance dont le contrôle est impossible, les Diolas (ethnie à dominance chrétienne) étant installés de part et d'autre. Les foyers signalés, en juillet 1997 à Dasilami et en février 1998 à Kamboudie, l'ont été dans des fermes semi-industrielles dans la Province Ouest mais les autorités reconnaissent que les mortalités enregistrées dans le système traditionnel ne sont pas rapportées. Là aussi, les foyers signalés ne représentent qu'une très faible proportion des cas de PPA.

Les services vétérinaires n'ont que peu de moyens matériels et humains pour réaliser la détection et le suivi des foyers. La réglementation est aussi à réviser, l'abattage obligatoire n'étant prévu que dans les cas de peste bovine et de péripneumonie contagieuse.

Actuellement, le laboratoire n'est pas en mesure de confirmer les diagnostics cliniques de terrain. En plus de l'équipement spécifique tel que microscope à fluorescence et des réactifs, il serait souhaitable que les bâtiments fassent l'objet de travaux de réhabilitation.

En conclusion, il apparaît clairement que des atouts certains existent dans les pays de la sous-région permettant d'espérer une éradication de la PPA :

- population porcine de taille relativement modérée,

- volonté politique des autorités nationales,

- existence de projets de développement de la filière porcine, même si ces projets sont

ponctuels et limités dans le temps,

- et existence d'associations professionnelles sur lesquelles il est possible de s'appuyer.

II - 2 Caractéristiques épidémiologiques

Les informations disponibles, à l'heure actuelle, permettent de préciser quelques points d'épidémiologie de la PPA dans les pays d'Afrique de l'Ouest.

II-2-1 Absence vraisemblable de réservoir sauvage et de vecteurs

Classiquement, la PPA est réputée avoir un réservoir sauvage soit les phacochères, potamochères et autres suidés sauvages en Afrique australe ou en Afrique de l'est, soit le sanglier dans la péninsule ibérique. La PPA se maintient dans ces populations d'animaux sauvages par le biais de tiques du genre Ornithodoros : O. moubata en Afrique et O. erraticus en Europe.

Or, la tique africaine, O. moubata, n'existe pas dans cette partie de l'Afrique et O. erraticus ne descendrait pas au sud de Dakar.

Cela implique que la faune sauvage (notamment les phacochères) ne serait pas impliquée dans le cycle épidémiologique de la PPA. Toutefois, il paraît plus prudent de vérifier cette affirmation par la mise en place d'une enquête sérologique sur les Suidés sauvages.

II-2-2 Pérennisation de la PPA

Dès lors, il est clair que le cycle enzootique de la PPA dans les pays de la sous-région ne serait dû qu'au mode d'élevage traditionnel à savoir les porcs élevés en divagation sauf pendant la saison des pluies dans le souci de protéger les cultures. Là encore, des recherches complémentaires sont souhaitables pour préciser la durée de l'excrétion, la fréquence des contacts, etc.

III - Propositions for a Technical Cooperation programme (TCP)

Countries: Senegal, Gambia and Guinea-Bissau

Project title: Control/Eradication of African Swine fever (ASF) in Senegal,

Gambia and Guinea-Bissau

Project Symbol:

Starting Date: January 1999

Completion Date: January 2000

Government counterparts: Ministries of Agriculture and Animal Resources of the countries

concerned

Institutions responsible

for project execution: Veterinary services and NGOs

I. BACKGROUND AND JUSTIFICATION

African swine fever (ASF) is a highly contagious viral disease of pigs and the main sanitary constraint to the development of the pig sector in the African countries where the disease is enzootic.

When the greatest challenge for the twenty years to come for African countries is to provide enough food to the increasing populations of the big towns, it is clear that the short-cycle species (poultry and pigs) are of considerable importance for food security. Even in countries, such as Senegal and Gambia, where Islam is the main religion, the Authorities considered that the pig sector has to be developped to provide food for non-islamic communities and tourists.

The population of pigs in the region is not very high, probably less than 300 000 heads :

Senegal ................................... 191 000 pigs

Gambia ................................... 60 à 65 000 pigs

Guinea-Bissau ......................... estimated to 26 000 heads

This population could easily be increased once the threat of ASF has desappeared.

In Senegal and Gambia, breeder associations have already been created and could become efficient means for control and eradication of the diseases as the pig breeders are the first victims of ASF.

In the three countries concerned, Senegal, Gambia, Guinea-Bissau, it seems that the enzootic status is maintained only by the traditional breeding system i.e. backyard type and scavenging pigs. On the contrary of what happens in Southern Africa (and happened in Europe : Spain, Portugal), the wild suids are not involved and the soft ticks (Ornithodoros moubata and O. erraticus) which are responsible of the transmission from wild pigs to domestic ones, are not present in the area (O. erraticus is not found south of Dakar).

Therefore, upgrading the traditional breeding system, from free ranging pigs to small family piggeries, to improve the revenues of the farmers would also lead to the control and the eradication of ASF.

Eradication of ASF could easily be achieved in a two-step procedure : i) the public sector builds up the necessary conditions (legislation, diagnostic capacities, epidemiological surveillance, emergency funds for stamping out, communication and training, etc.) and ii) the private sector (NGO, professionnal organisations, etc.) implements projects in order to improve the breeding system (micro-credits, extension, organisation of the pig sector, ...).

In conclusion, eradication of ASF can be achieved in the three countries (Senegal, Gambia and Guinea-Bissau) due to some regional characteristics :

- relatively small pig populations in the three countries concerned,

- political will and concern for developing the pig sector,

- existence of professionnal organisations that could be involved,

- no wild reservoir and no vectors.

II. OBJECTIVE OF THE ASSISTANCE

The main objectives of the project is to assist the Governments in establishing the prerequisites for the eradication of ASF (reglementation, communication and training, garantee for emergency funds,...) and to promote development projects to be implemented by the private sector.

III. PROJECT OUTPUTS

The principal outputs of the project will be :

Output 1 : Revision of the reglementation in order to render compulsory the slaughtering of the animals (diseased and in-contact) in case of ASF

Output 2 : Organisation with the private sector especially the professionnal associations (pig breeders, butchers,...) of emergency funds for compensation

Output 3 : Increased epidemiological surveillance with laboratory confirmation and reliable reporting

Output 4 : Increased awareness of the pig breeders and increased skill of the field technicians in charge of extension

IV. WORKPLAN

Output 1 : Revision of the reglementation in order to render compulsory the slaughtering of the animals (diseased and in-contact) in case of ASF

Activity:

rewrite the reglementation extending the stamping out policy to ASF; it is recommended to extend this measure to all the OIE list A diseases

Output 2 : Organisation with the private sector especially the professionnal associations (pig breeders, butchers,...) of emergency funds for compensation when the stamping out policy is implemented

Activities:

check the possibilities for establishing a revolving fund system in order to compensate the slaughtering of infected pigs

assess the necessary annual amount of the fund in an enzootic situation

establish a contract between the public sector and the professionnal organisations so that garantees are given by the Governments and the management of the fund is done by the professionnal organisations or the NGOs

assist to write pig sector development projects to be implemented by NGOs and submitted to donors for funding

Output 3 : Increased epidemiological surveillance with laboratory confirmation and reliable reporting

Activities:

assist the Animal health services to design reporting and notification procedures from the field to the laboratory and the central services

organize a sub-regional workshop on the harmonisation of the epidemiological surveillance procedures and communication

provide when and where necessary the equipment and reagents for the two laboratory basic technics (Direct immunofluorescence and ELISA)

train the laboratory technicians (Gambia and Guinea-Bissau) in the diagnostic technics and establish a regional network associated with the reference laboratory for control

establish transboundary links between the veterinary services concerned

Output 4 : Increased awareness of the pig breeders and increased skill of the field technicians in charge of extension

Activities:

assist to organise training sessions for the field technicians in the diagnostic ASF (clinical and necropsy) and to prepare support documents

assist to develop communication campaigns for the pig breeders

V. CAPACITY BUILDING

The experts in i) legislation ii) rural economy, iii) laboratory and epidemiolology and iv) communication and extension, will only assist the National Veterinary services in building up their own capacity in epidemiological surveillance, training and communiction.

The extensionist will also act as an adviser when the project goes on through NGOs.

VI. INPUTS TO BE PROVIDED BY FAO

Personnel services (see TORs in Annex 1)

International consultant on legislation and reglementation

International consultant on rural economy and credit system

International consultant on epidemiological surveillance

International consultant on communication and extension

Support Personnel

AGAH/EMPRES, one technical mission at mid-term to assess the on-going activities

Official travels (US$ 10 000)

Travels for the consultants according to the necessities

General and direct Operating expenses (GOE) (25 000 US $)

support to field technician and extensionists training sessions

support to communication campaigns

support to the organisation of the sub-regional workshop

Material and Supplies (25 000 US$)

Purchase of diagnostic reagents and consumables

Editing of the support documents for the field technicians' training sessions and extension

Equipment (12 000 US$)

Equipment of the laboratory in Bissau

Training (20 000 US$)

In-country training by the consultants and the NVS to the field technicians (10 000US$)

Study tour : 2 weeks for the laboratory technologists of Banjul and Bissau in CISA-INIA, Madrid (10 000 US$)

VII. REPORTING

Each consultant will prepare a report at the end of each mission describing the work done, the major findings, conclusions and recommandations.

VIII. GOVERNMENT CONTRIBUTION AND SUPPORTING ARRANGEMENTS

The governments will provide all the necessary facilities and the logistics for the effective implementation of the project.

The Governments will appoint National Project coordinators and pay their salaries as well as those of their nationals also involved in the project activities.

The National Project Coordinators will report to FAO at the end of the project.

TERMS OF REFERENCE

International Consultant - Legislation and sanitary reglementation

Duty station: Subregion (Senegal, Gambia, Guinea-Bissau)

Duration: 3 weeks

Qualifications:

Veterinarian with specialisation in veterinary legislation and policy measures

Duties

Under the technical supervision of the Chief, Animal Health Service, FAO Headquarters,

collect all the informations on veterinary legislation in each country,

make propositions for changing the existing texts in order to install compulsory slaughtering of infected animals in case of list A disease outbreaks

assist the NVS to write new texts to be submitted to the Minister

make any other useful recommandations to improve the operational capacity of the NVS

prepare a concise consultancy report according to applied FAO standards and submit it for clearance in WPF 5.1 or Word 6.0 format (on diskette or as an attachment by e-mail).

TERMS OF REFERENCE

International Consultant - Rural economy and credits

Duty station: Subregion (Senegal, Gambia, Guinea-Bissau)

Duration: 2 missions : 3 weeks - 2 weeks

Qualifications:

Economist or zoo-economist with specialisation in rural economy, animal production and rural credits

Duties

Under the technical supervision of the Chief, Animal Health Service, FAO Headquarters,

collect the informations concerning the creation of emergency or inter-professional funds

and the procedures to be followed

assess the amount of the fund according to different level of intervention

contact and convince the professional organisations to participate in the creation of the fund

assist to write pig sector development projects to be implemented by NGOs and submitted to donors for funding

give all the relevant informations or advice on the topic

prepare a concise consultancy report according to applied FAO standards and submit it for clearance in WPF 5.1 or Word 6.0 format (on diskette or as an attachment by e-mail).

TERMS OF REFERENCE

International Consultant - Epidemiological surveillance

Duty station: Subregion (Senegal, Gambia, Guinea-Bissau)

Duration: 2 missions : 4 weeks - 2 weeks

Qualifications:

Veterinary epidemiologist experienced in ASF

Duties

Under the technical supervision of the Chief, Animal Health Service, FAO Headquarters,

assist the Animal health services to design reporting and notification procedures from the field to the laboaratory and the central services

assist in the training of the field technicians and extensionists in the recognition of the disease and the sampling procedures

assist in the organisation and participate at a sub-regional workshop on the "Harmonization of the epidemiological surveillance procedures in the three countries"

organize a laboratory network

assist to establish transboundary links between the veterinary services concerned

assess the results (second mission) and check that the prerequisites for control/eradication of ASF are achieved

TERMS OF REFERENCE

International Consultant - Communication and Extension

Duty station: Subregion (Senegal, Gambia, Guinea-Bissau)

Duration: 2 weeks

Qualifications:

Specialist in communication and extension

Duties

Under the technical supervision of the Chief, Animal Health Service, FAO Headquarters,

prepare support documents for training sessions to field extensionists on improved family type breeing systems

assist to develop communication campaigns for the pig breeders

participate at the sub-regional worshop

PROJECT IMPLEMENTATION PLAN

ACTIVITY 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12
revision of reglementation X X X                  
establishment of a revol-ving fund X X X X X X            
assess the annual amount of the fund X                      
establishment of a contract X X X                  
elaboration of pig sector development projects       X X X X          
design of reporting and notification procedures X X X                  
sub-regional workshop       X                
equipment and reagents   X               X    
train the laboratory technicians (Gambia and Guinea-Bissau) X X                    
transboundary links X X X X X X            
training sessions for the field technicians and support documents X X X       X   X   X  
communication campaigns for the pig breeders X X X X X X X X X X X X

Annexe n-1

TERMES DU MANDAT

Consultant international - Épidémiologie de la PPA

Mandat:

Sous la supervision du Chef du Bureau des Opérations Spéciales de Secours, TCOR, la supervision technique du Chef de Service de la Santé Animale, AGAH de la FAO, et en collaboration étroite avec le Bureau RAF, Accra, les consultants du projet, le Coordonnateur régional du projet et les Coordonnateurs et homologues nationaux, le consultant devra :

vérifier la situation épidémiologique dans certains pays de la sous-région;

évaluer les maladies infectieuses prioritaires des pays concernés en relation avec leur sécurité alimentaire;

collecter les prélèvements de PPA, pour examen de laboratoires et caractérisation des souches virales;

évaluer les mesures nationales de lutte et d'éradication;

évaluer les facteurs de risque en fonction de la possibilité d'une propagation incontrôlée de la maladie (PPA) hors du (des) pays;

assurer la liaison avec les autorités vétérinaires locales pour la préparation de cartes de l'épidémiologie de la PPA;

fournir, si nécessaire, une formation sur le tas;

préparer un rapport de consultation concis selon les standards de la FAO et le soumettre pour approbation, en format WPF 5.1 ou Word 6.0 (sur disquette ou attachement par e-mail);

aider au développement d'une capacité d'alerte précoce et de préparation aux situations d'urgence dans chacun des pays participant au projet (lors de la deuxième mission);

participer à l'Atelier régional sur la PPA à Lomé, Togo.

Affectation: Togo, Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau

Durée: Mission du 1 au 20.6.98

Annexe n-2 : Déroulement de la mission

1 juin Voyage Paris-Rome

Séance de travail avec Dr. K. Wojciechowski et TCOR

2 juin Départ de Rome pour Lomé (via Bruxelles et Abidjan)

Arrivée Lomé à 17 h. 30

3 et 4 juin Atelier technique régional sur la peste porcine africaine

Contrôle/éradication et préparation aux situations d'urgence en Afrique de l'Ouest

5 juin Travail à la Représentation FAO au Togo (rédaction des propositions faites par

les participants de l'atelier régional)

Départ pour Dakar (via Abidjan et Accra)

6 juin Arrivée à Dakar (03 h. 30)

Séance de travail à la Direction de l'Élevage du Sénégal (Dr. A. Niang)

8 juin Visite à la représentation FAO au Sénégal (M. Mbodj)

Séance de travail à la Direction de l'Élevage (Dr. R. Coly : Santé animale/Dr.

Diouf : Prodec)

Séance de travail à la Mission française de coopération (Dr. Ph. Chartier)

9 juin Réunion au Laboratoire national de l'élevage et de recherches vétérinaires

(LNERV - Drs A. Gueye, Y. Thiongane, Magatte Ndaye, Konte)

Départ pour Banjul (Gambie) - Arrivée à 18 h. 30)

10 juin Visite à la Représentation FAO en Gambie (M. C. Camara)

Séance de travail avec la Direction des services vétérinaires (Drs. Badara Loum,

S. Sanko et E.M. Touray) puis avec le directeur de la Division de Gestion des

Parcs et de la faune sauvage (Dr. Camara)

11 juin Départ pour Dakar : Attente de 7 h. à l'aéroport et arrivée à Dakar à 18 h.

12 juin Rendez-vous de travail à la Délégation de l'Union Européenne (J.L. Boly)

Séance de travail au Prodec (Drs S. Diouf et Pradères)

Visite à la Représentation FAO pour changement d'itinéraire suite au coup d'état

de Guinée-Bissau

13 juin Travail à la cellule d'épidémiologie du LNERV (Drs M. Ndaye, R. Lancelot)

Départ pour Rome à 23 h. 50

14 juin Arrivée à Rome à 7 h.

Travail au rapport de mission

15 juin Séance de travail à AGAH (Drs K. Wojciechowski, M. Rweyemamu, K. Le

Hicheri,...)

16 juin Départ pour Paris et arrivée à 15 h. 15

Annexe n-3 : Personnes rencontrées

Togo

M. Keita, Représentant de la FAO au Togo

Participants à l'atelier régional

Madame M.L. Penrith et les Docteurs A. Veruhst, Edoukou, K. El Hicheri et Nyakahuma,

consultants FAO

Sénégal

M. Mobdj, Responsable des programmes, Représentation de la FAO au Sénégal

Dr. Abdulaye B. Niang, Directeur de l'Élevage

M. Jean-Louis Boly, conseiller Développement rural à la Délégation de l'UE

Dr. Raphaél Coly, Chef du service de santé animale

Dr. Souley Diouf, responsable national du PRODEC

Dr. Bouna Diop, coordinateur national du projet PARC

Dr. Jean-Paul Pradère, conseiller technique du Directeur de l'élevage

Dr. Arouna Gueye, Directeur du LNERV

Dr. Magatte Ndiaye, épidémiologiste au LNERV

Dr. Yaya Thiongane, service de virologie

Dr. Renaud Lancelot, épidémiologiste au LNERV

Gambie

M. Charles Camara, Responsable des programmes, Représentation FAO en Gambie

Dr. Badara Loum, Directeur des Services vétérinaires

Dr. Sulayman Sanko, Adjoint au Directeur

Dr. E.M. Touray, services vétérinaires

Dr. A. Camara, Directeur du Parks and Wildlife management Department

1 La situation politique en Guinée-Bissau, surtout si elle devait durer, constitue un risque non négligeable de diffusion par des réfugiés quittant le pays en emmenant leurs animaux.