TCP/RAF/7822 (E)

PROGRAMME DE COOPERATION TECHNIQUE FAO

au

Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée,

Guinée Bissau, Liberia et Sénégal

RENFORCEMENT DES CAPACITES DE PREVENTION ET D'INTER-VENTION D'URGENCE CONTRE LA PESTE PORCINE AFRI-CAINE

Rapport de mission : 18 mai - 6 juin 1998

Antoine VERHULST, Consultant international - Production porcine

juin, 1998

 

Table of Contents

I. INTRODUCTION

II. RESULTATS - OBSERVATIONS

III. CONCLUSIONS

IV RECOMMANDATIONS

Annexe 1

Annexe 2

Annexe 3

TABLE DES MATIERES

LISTE DES ABREVIATIONS


I. INTRODUCTION

La présente mission s'inscrit dans le cadre du projet TCP/RAF/7822(E), intitulé "Renforcement des capacités de prévention et d'intervention d'urgence contre la peste porcine africaine (PPA)", et couvrant plusieurs pays de l'Afrique de l'Ouest : Burkina Faso, Cameroun, Côte d'Ivoire, Gambie, Ghana, Guinée Bissau, Liberia et Sénégal.

L'objectif principal de ce projet est d'aider les Gouvernements à mettre en place une capacité d'alerte et de réaction rapides à d'éventuelles épizooties de PPA dans les pays concernés, définir les stratégies nécessaires au contrôle et à l'éradica-tion de cette maladie tout en arrêtant les dispositions nécessaires de prévention à prendre en cas d'urgence.

Ce projet avait été initié à la suite de l'apparition brutale d'une série d'épizoo- t-ies de PPA en Afrique de l'Ouest. Après le Cameroun, une nouvelle épidémie de PPA s'est déclarée en 1996 en Côte d'Ivoire et a entraîné la mort de 20.000 porcs et provoqué l'abattage de plus de 80.000 porcs. Une nouvelle épizootie de PPA fut signalée au Bénin en août 1997, ayant déjà eu comme conséquence la mort et l'abat-tage de quelques 116.000 porcs. La maladie a déjà atteint le Togo et le Nigeria. Elle fait également des ravages au Cap-Vert depuis janvier 1998. On suspecte encore son apparition au Sénégal (février 1998) et son existence sous forme endémique dans certaines régions du Cameroun, de la Gambie et de la Guinée-Bissau.

Le consultant international en production porcine s'est rendu en Afrique de l'Ouest pour une première mission de 3 semaines à partir du 18 mai 1998. Il a visité en particulier la Côte d'Ivoire, le Sénégal, la Gambie, la Guinée Bissau et le Togo, où il a participé à l'animation de l'atelier sur la PPA du 3 au 4 juin 1998. Le programme détaillé de la mission se trouve à l'annexe 2. Une seconde mission est prévue pour la fin de l'année 1998. Les termes du mandat pour les deux missions conjointes figurent à l'annexe 1, et peuvent être résumés comme suit :

- étudier les systèmes de production et de commercialisation dans la sous-région ;

- évaluer l'impact de la PPA sur la production porcine dans la région ;

- étudier les facteurs nutritionnels et de gestion pouvant avoir une influence sur le succès du projet ;

- prendre en considération tout facteur démographique ou facteur de genre, particulier à la production porcine, dans la région ;

- évaluer l'impact de tous ces facteurs sur la sécurité alimentaire des pays de la sous-région ;

- participer à la préparation d'un plan d'action pour la lutte contre la PPA et le développement de la production porcine ;

- participer à l'atelier régional sur la PPA à Lomé, Togo.

II. RESULTATS - OBSERVATIONS

1. COTE D'IVOIRE

1.1 Généralités - Historique

Avant l'apparition de la peste porcine africaine, l'élevage porcin de la Côte d'Ivoire comptait 500.000 têtes, dont 130.000 en élevage moderne et 370.000 en éleva-ge traditionnel. La filière porcine générait un chiffre d'affaires annuel de plus de 10 milliards de FCFA. Mais à partir de mai 1996, la peste porcine africiane (PPA) a fortement affecté la production nationale de viande porcine.

La réaction rapide de l'Administration, l'expertise fournie par la FAO ainsi que la coopération des services de l'élevage, des éleveurs, de la vulgarisation et des forces de l'ordre, ont permis d'enrayer le fléau qui semble maîtrisé aujourd'hui. Pour juguler la maladie, des opérations d'abattage, de désinfection et de sentinellisation ont été réalisées avec succès grâce au concours financier de l'Etat. Lors de la phase d'abat-tage, 110.000 porcs ont été détruits aussi bien dans l'agglomération d'Abidjan que dans 47 villages de l'intérieur du pays avec l'appui des services techniques, des forces de l'ordre et des éleveurs organisés en groupements de défense sanitaire (GDS). La phase de désinfection a immédiatement suivi et fut réalisée par une entre-prise privée de désinfection placée sous le contrôle des services vétérinaires.

L'Etat, quant à lui, a consenti un important effort financier, notamment pour :

- indeminiser les éleveurs sinistrés du secteur moderne (1,3 millairds de FCFA),

- apporter un appui aux services vétérinaires (400 millions FCFA) pour réaliser les différentes phases de l'éradication,

- apporter une subvention d'équilibre à la SIVAC (49,5 millions) pour lui permettre de maintenir ses activités dans le secteur.

Par la suite, une sentenilisation a été réalisée avec succès à l'intérieur du pays et dans l'agglomération d'Abidjan par les services extérieurs du MINAGRA, les villa-geois, les éleveurs constitués en GDS et le laboratoire de pathologie animale du LANADA, sous la supervision de la Cellule Nationale d'Eradication de la Peste Porcine Africaine (CNEPPA). A l'issue des nombreuses analyses de laboratoire effectuées,

aucune trace de virus n'a plus été décelée. Les foyers de PPA semblent donc assai-nis aussi bien à l'intérieur du pays que dans l'agglomération d'Adbidjan.

Pour permettre à la Côte d'Ivoire de retrouver son statut indemne de PPA suivant les dispositions de l'Office International des Epizooties (OIE), un suivi épidémiologique des élevages porcins s'impose pour une durée de 3 ans. La plus grande vigilence est donc de mise pour empêcher toute réapparition de la maladie. Le Conseil des Ministres du 21 mai 1996 a pris la décision, non seulement de lutter contre l'epizootie, mais de reconstituer la filière porcine, secteur hautement porteur. Le coût global du programme a été estimé à 5 milliards de FCFA, dont 3,6 milliards pour la reconstitution de la filière porcine.

1.2 Systèmes de production porcine

D'une façon générale on observe quatre modèles d'élevages porcins en Côte d'Ivoire.

1 L'élevage villageois divagant : Il s'agit d'une exploitation d'animaux traditionnels (porc local noir) qui se nourissent en errant à travers le village à la recherche de déchets de cuisine et de récolte. On rencontre ce type de porc dans la quasi totalité du pays. Ces animaux sont prélevés au rythme des besoins en viande de la famille pour faire face à une dépense imprévue.

2. L'élevage villageois en enclos : Ce sont des exploitations de petites tailles qui utilisent le porc local ou ses croisements avec des races exotiques (porc de race Korhogo). Ces animaux sont nourris avec des déchets ménagers récoltés à tra-vers le village. Ces animaux bénéficient occasionnellement de soins élémentaires (déparasitage). Généralement, ils sont commercialisés sur place à l'occasion des fêtes de fin d'année.

3. L'élevage organisé en petites unités : Ces élevages ne dépassent guère 10 truies : cependant ils utilisent des porcs améliorés (exotiques). Les porcs sont nourris convenablement et font l'objet de soins réguliers. Les aliments sont produits à la

ferme à partir de mélange des sous-produits collectés dans les usines ou achetés dans le commerce. Une grande partie de ces éleveurs utilisaient encore les eaux grasses recueillies dans les restaurants ou dans les poubelles. Les bâtiments sont en général bien tenus même s'ils ne répondent pas toujours aux normes techni-ques. Ces petits élevages bénéficient de l'encadrement des techniciens des struc-tures de vulgarisation et totalisent plus de la moitié des porcs modernes.

4. L'Elévage organisé de type industriel : Ce sont des exploitations utilisant des porcs de race améliorées (Large-White, Landrace, Piétrain, Korhogo et leurs croisements) dans des bâtiments répondant aux normes techniques et une alimentation rationnel-le et équilibrée fournie par les unités industrelles spécia-lisées. Ces élevages font l'objet d'un suivi rigoureux grâce à la tenue de do-cuments de suivi technique, d'une comptabilité et la mise en place d'un plan de prophylaxie. Ces élevages ont des résultats techniques très satisfaisants.

L'existence d'un marché potentiel important pour la viande porcine à Abidjan et la grande disponibilité en sous-produits agro-industriels pour l'alimentation des porcs, a poussé la production porcine intensive vers un essor remarquable dans la zone d'Abidjan. Sur les 130.000 porcs d'élevage du secteur moderne, 100.000 se trouvai-ent dans les élevages à la périphérie et à l'intérieur de l'agglomération Abidjannaise. Dans cette zone, la production totalisant 80% des exploitations organi-sées du pays, on trouvait 15.000 truies pour 1.500 élevages. La taille des troupeaux variant de 2 à 200 truies et les élevages totalisant plus de 10 truies représentaient environ 40% de la totalité des exploitations. Comme l'indiquent ces chiffres, il existait une grande dispa-rité entre les élevages.

Tous les éleveurs cumulaient le naissage et l'engraissement. Si quelques exploitations avaient des performances de productivité très intéressantes (plus de 16 porcs produits par truie et par an), les autres avaient des performances faibles (moins de 12 porcs produits par truie/an). Dans la zone d'Abidjan, on a assisté à une vérita-ble exploision de la production porcine en très peu de temps : de 423 élevages en 1991 totalisant 50.000 porcs, il a été recensé en 1996 près de 1.500 élevages avec 100.000 porcs.

1.3 Filière porcine - organisation - commercialisation

En amont de l'élevage amélioré, existent de gros producteurs d'aliments com-posés, tels SIVAC, IVOGRAIN et FACI. Ils produisent une gramme variée d'aliments com-plets fabriqués pour l'essentiel à partir de matières premières locales. Ce secteur réalise un chiffre d'affaire de l'ordre de 5 milliards de FCFA par an. Parallèlement, il existe un système de commercialisation de médicaments à usage vétérinaire, représenté par une demi douzaine de commerçants grossistes réalisant un chiffre d'affaire annuel de 400 millions de FCFA pour l'approvisionnement des élevages porcins.

La majorité des éleveurs de porcs sont organisés en petits groupements à vocation coopérative (GVC) par zones géographiques. Certains de ces GVC ont créé des unions dont l'UNEGABY. Par ailleurs il s'est constitué après l'avènement de la peste porcine africaine, une association de producteurs de porcs de Côte d'Ivoire (APPOR-CI). Des éleveurs de porcs sont aussi regroupés au sein du SYNEPORCI (Syndicat National des Eleveurs de Porcs en Côte d'Ivoire) pour la défense des intérêts de leur profession. Des groupements de Défense Sanitaire ont été constitués à la faveur de la PPA. Dans la région de Man, s'est constitué un groupement d'éleveurs de porcs (CEPOM).

La commercialisation de porcs de boucherie et de la viande était bien struc-turée en Côte-d'Ivoire et diversément organisée suivant le secteur.

Le secteur traditionnel est tenu par les vendeuses de viande à l'étale, les braiseurs aussi appelés < porc au four > et les maquis qui proposent les sauces et autres préparations à base de viande de porcs. Six grands marchés de viande porci-ne ont été construits à Abidjan dans les communes de Yopougon,Port-Bouet, Marco-ry, Trechville, Abobo et Koumassi. Ces points de vente sont tenus par une coopérative de 300 femmes "bouchers". Mais au total ce secteur occupe 600 fem-mes.

Le secteur moderne est représenté par trois unités de transformation de viande porcine : SICS (Société Ivoirienne de Charcuterie et de Salaison), GID (Groupe

Industriel de Distribution) et SAFAL (Société Africaine d'Alimentaion). A cela s'ajou-tent les chaînes de supermarchés et les restaurants (restaurant chinois). La SIVAC avait développé un réseau de 40 kiosques de vente de la viande de porc cuite au four et de produits de charcuterie à Abidjan et dans les communes environnantes de Bassam, Dabou et Bingerville. Ces points de vente étaient gérés par des jeunes gens désco-larisés sélectionnés après une formation préalable. Le succes de ce projet a été très limité avant même l'apparition de l'épizootie de peste porcine africaine.

La mise en marché des porcs se réalise selon un système complètement ouvert où l'éleveur peut traiter son marché directement avec les charcutiers ou les vendeuses de viande ; dans ce cas, la SIVAC n'intervient que comme prestataire de service pour l'abattage des porcs. Dans certains cas, la SIVAC achète des porcs aux éleveurs et

les revend après abattage sous forme de carcasse ou de morceaux de découpe.

L'abattage des porcs est confié à la SIVAC au niveau d'Abidjan. Elle gère l'abattoir frigorifique de porcs en zone industrielle de yopougon. Tous les porcs destinés au marché Abidjannais y sont abattus, inspectés et livrés chez des pro--priétaires (acheteurs) en camion isotherme pour un coût de 3600 FCFA pour les porcs charcutiers et 3000 FCFA pour les porcs destinés au marché traditionnel.

Le tableau ci-dessous montre l'évolution des abattages contrôlés sur les trois années avant la Peste Porcine Africaine, et après.

  Nbre têtes   Nbre (kg)

Pds Carc.(kg)

92/93 20 427   1 501 759   73,5
93/94 22 793 + 12 % 1 594 142 + 6 % 69,9
94/95 21 715 - 5 % 1 432 539 - 10 % 66,0
95/96 16 757 - 23 % 1 243 448 - 13 % 74,2
96/97 11 395 - 32 %      
* 98 3 986   206 630   51,8

* jusqu'en avril 1998

En 1994 la dévaluation du franc CFA a entraîné une augmentation vertigineu-se des prix de vente du porc, devenu très compétitive par rapport aux viandes im-portées et à la viande de boeuf.

Avec l'avènement de la Peste Porcine Africaine, toute cette filière a été lour-dement remise en cause car sur les 130.000 porcs du secteur moderne, seulement 25.000 porcs ont été épargnés par la maladie. Ce sont les porcs de l'intérieur du pays qui continuent d'approvisionner le marché d'Abidjan à raison de 800 porcs abattus par mois contre 2.500 porcs avant la PPA. Sur la base de ces porcs rescapés de l'intérieur du pays, la reconstitution du potentiel de production de la filière porcine sera ardue et longue.

1.4 Impact de la PPA en Côte d'Ivoire

1.4.1 Pertes économiques engendrées pas la PPA

Les pertes d'animaux enregistrées chez 1.500 éleveurs et dans 34 villages se chiffrent à 110.638 porcs dont 25.000 sont déclarés morts de PPA et 85.638 abattus par mesure de police sanitaire (105.000 en élevage moderne). La proportion des animaux par catégorie est évaluée comme suit : verrats 2%, truies 15%, porcs à engrais 58% et porcelets 24%.

Une évaluation par les Services spécifiques du Gouvernement, des pertes financières occasionnées par l'épizootie et basée sur la projection sur 1 an à partir des pertes enregistrées sur 5 mois se présentait comme suit en novembre 1997 :

1. Eleveurs

Considérant que l'indemnisation ne couvre que le tiers de la valeur marchande des animaux avant la maladie, les pertes financières enregistrées pour les élevages de type commercial s'élevait à 3,7 milliards de FCFA dont :

- 1,275 milliards en capital cheptel

- 1,425 milliards en production annuelle.

A ces pertes du secteur moderne, il conviendrait d'ajouter 120 millions de FCFA représentant la valeur des pertes enregistrées dans le secteur traditionnel. Ainsi, au total, l'en-sem-ble des éleveurs a enregistré une perte de 3,820 milliards de FCFA.

2. Sivac

- abattoir ................................................. 175.000.000 FCFA

* recettes d'abattage ............................ 120.000.000 FCFA

* déficit de l'abattoir ............................ 55.000.000 FCFA

- usines d'aliments ................................. 240.000.000 FCFA

- élevage d'absorption ........................... 120.000.000 FCFA

- matière première ................................ 84.000.000 FCFA

La SIVAC enregistre une perte annuelle évaluée à énviron 620.000.000 FCFA

3. Secteur traditionnel de distribution

Ce secteur, constitué de petites commerçantes et de petits braiseurs de viande de porcs, connaît une perte de 300.000.000 FCFA

4. Secteur moderne

Le secteur moderne de la transformation (4 charcutiers) et de la distribution (supermarchés) enregistrent une perte cumulée de 1.000.000.000 FCFA incluant les pertes nettes et la valeur de certains amortissements.

5. Producteurs d'aliments

Les paysans producteurs de matière première et les usines de transformation enregistrent une perte totale de 5.100.000.000 FCFA.

6. Ventes de médicaments

Le manque à gagner au niveau des ventes de médicaments, enregistré par les grossistes et détaillants peut être estimé à environ 400.000.000 FCFA.

7. Etat de Côte d'Ivoire

Le coût direct pour l'Etat, donc pour le contribuable ivoirien, s'élève à 5,7 milliards, incluant l'indemnisation des éleveurs, le renforcement des services techniques, le soutien à certains opérateurs de la filière et le coût estimé de la reconstitution de la filière.

Les pertes liées à l'absorption du déficit d'exploitation de la SIVAC, au gel de rem-boursement des prêts accordés aux bénéficiaires de fonds sociaux et à l'allégement des charges fiscales à certaines entreprises ne sont pas évaluées.

Au total, les pertes occasionnnées par l'épizootie de peste porcine africaine s'élèvent à 16.940.000.000 FCFA.

Au plan de l'économie nationale, il s'agit d'une production de 12.000 t de viande, soit l'équivalent de 12 milliards de FCFA, soit près du cinquième de la valeur des importations de produits alimentaires (65,6 milliards de FCFA pour l'année 1994).

Cette production pourrait facilement, et très rapidement, être doublée, tant la deman-de est importante et le marché porteur. En outre il ne s'agit pas d'un élevage dont le taux d'intégration est proche de 100%, le poste alimentation faisant appel pour une part infime (condiments minéraux vitaminés à introduire dans les aliments composés industriels) à l'importation. L'élevage porcin valorise, bien au contraire, un grand nombre de sous-produits de l'agriculture et de l'industrie agro-alimentaire.

1.4.2 Conséquences sociales de la PPA

La production porcine en Côte d'Ivoire revêt une importance particulière, non seulement par les quantités de viande qu'elle génère, mais surtout par son formidable potentiel de développement. C'est celle dont l'impact social est le plus important, notamment dans les zones forestières où nulle autre production animale ne peut la concurrencer. Dans la plupart des villages de cette zone, les porcs représentent la plus importante ressource de protéines animales.

Outre les villageois pour lesquels l'élevage de porcs constitue une réserve de viande sur pied et une épargne à portée de la main, un grand nombre de citadins, principalement à la périphérie des villes, se livrent à l'élevage porcin. Ces popula- tions, dans la plupart des cas, sont récemment urbanisées. Elles viennent de l'espa-ce rural ivoirien et le plus souvent des pays limitrophes et, dans la plupart des cas, sont très démunies. Le comportement social de ces populations est encore imprégné des modes de vie rural et villageois. La société villageoise est reconstitutée au niveau du quartier et l'élevage est ainsi introduit dans la ville par souci d'assurer la sécurité alimentaire familiale. A cela s'ajoute l'espoir de s'assurer un revenu à moin-dre coût en valorisant des résidus alimentaires ménagers ainsi que les eaux grasses des restau-rants et autres lieux de restauration collective. Sur environ 100.000 porcs améliorés élevés dans et autour d'Abidjan, près de 50% sont détenus par cette catégorie sociale. Il est important de noter qe ce sont les femmes qui dans ces familles sont chargées

de cet élevage, les hommes étant de petits travailleurs précai-res.

Les conséquences de l'épizooties de PPA se mesurent encore mieux si l'on prend en compte les données suivantes :

- la porciculture est pratiquée par plus de 1.500 familles, dont environ 70% en font l'unique activité ou l'activité principale; pour les 30% restant, il s'agissait d'une activité d'appui permettant de percevoir des revenus extra-salariaux ;

- les emplois générés par la filière sont estimés à plus de 3.000 emplois salariés, dont environ 80% consacrés à la main-d'oeuvre agricole ;

- le secteur traditionnel officiel de distribution occupe environ 600 femmes (grossis-tes, détaillants, etc...) qui en tirent un bénéfice mensuel moyen de 40.000 FCFA, ce qui représente un appui substantiel au budget familial. Dans certains cas, les recettes issues de cette activité demeurent l'unique source financière du ménage ;

- comme indiqué plus haut, l'élevage des porcs est avant tout l'apanage des couches

sociales les plus fragiles ; pour implanter un élevage, certaines personnes, surtout les jeunes et les retraités, ont eu recours à des prêts consentis par l'Etat dans le

cadre des fonds sociaux ou par des ONG. Les chômeurs y ont investi la totalité de leur prime de licen-cie-ment tandis que, pour les aut-res, c'était le fruit d'un long et pa-tient travail de mise en place d'un noyau reproduc-teur.

- enfin, la viande de porcs étant relativement moins chère que la viande bovine ou de volaille, elle représente une importante source d'approvisionnement en protéine animale pour les ménages les plus modestes où elle occupe une seconde place après le poisson.

1.4.3 Effets de l'épizootie sur la sécurité alimentaire du pays

La production de viande porcine a été estimée à 8.000 t en 1994. Elle représente 15% de la production totale de la viande. Sur la base de 100.000 porcs améliorés et de 300.000 porcs de villages, on devait atteindre une production porcine de 12.000 t en 1996, réparie en 4.000 t pour les porcs de village et 8.000 t pour les porcs améliorés.

Elle figure parmi les plus importantes ressources en protéines animales pour les communautés rurale, et les populations à faibles revenus des villes et villages du sud du pays. Ceci est d'autant plus vrai que, sur les quelques 400.000 porcs de Côte

d'Ivoire, 75% (300.000) sont des porcs coureurs de races locales, élevés en système extensif, dans les villages et campements.

Nul doute que dans le cas d'une diffusion de la maladie à travers tout le pays, ce cheptel porcin du secteur traditionnel serait rapidement décimé et les ressources alimentaires d'un grand nombre de familles rurales en seraient affectées.

Les viandes et charcuteries de porc représentant une réserve de viande dont la perte affecte un grand nombre de familles rurales. Les 25% des porcs de race croisée Korhogo x large White, élevés principalement en systèmes intensif et semi- intensif, dans et autour de l'agglomération abidjanaise, ont été victimes de l'épizootie ; 20% sont morts et 80% ont été abattus. Ne subsiste dans le meilleurs des cas que près de 10% de la population porcine qui constituait le support de la filière porcine mise en place à grand frais avec l'aide de l'Etat.

L'abattage sanitaire d'urgence et les mortalités par PPA ont atteint plus de 100.000 têtes, dont près de 60% de porcs à l'engrais, soit une production mensuelle de 350 t de viande et charcuterie porcines soustraites à la consommation, 50% de cette pro-duction étaient, soit autoconsommées par les ménages, soit commercialisées sur les étals ou par les filières du commerce parallèle. Les autres 50% transitaient par l'abattoir de la SIVAC et les charcuteries.

La période de vide sanitaire devant s'étaler sur plusieurs mois, il était indis-pensable d'alimenter, aussi normalement que possible, le marché. Pour cela, la DSV a accordé, à partir de décembre 1996, des agréments à des opérateurs économiques pour l'approvisionnement du marché en produits d'importation, à partir de pays indem-nes de peste porcine, la charcuterie crue étant prohibée quelle que soit son origine. En dehors du recours à l'importation, des dispositions ont été prises pour aider les

producteurs situés en dehors des zones contaminées, afin qu'ils puissent commercia-liser les produits sur leur marché traditionnel et celui de la capitale.

1.4.4 Analyse des coûts directs de la PPA

Les coûts directs représentent l'ensemble des coûts nécessaires non seule-ment pour l'éradication de la PPA, mais aussi pour les investissements des-tinés à reconsti-tuer la filière porcine.

1- Coûts de l'éradication de la PPA

L'opération d'éradication financée sur les ressources nationales inclut les activités

techniques et les mesures d'accompagnement. Les coûts sont évalués comme suit :

* renforcement de la capacité des services techniques

- abattage, destruction, inspection,information,sentinel-lisa-tion

- assistance technique (fonds FAO)

Sous-total

* désinfection des porcheries.....................................................

* soutien aux autres opérateurs..................................................

* indemnisation des éleveurs.....................................................

Coût total de l'éradication

350.000.000 FCFA

150.000.000 FCFA

600.000.000 FCFA

100.000.000 FCFA

100.000.000 FCFA

1.300.000.000FCFA

2.000.000.000FCFA

2- Investissement pour la reconstitution de la filière

Pour reconstituer la filière porcine, un investissement de 3.600.000.000 FCFA est nécessaire. Cette somme est à rechercher auprès des bailleurs de fonds, dont la plupart ont manifesté leur intérêt.

Ainsi, l'épizootie coûtera directement la somme de 5.600.000.000 FCFA à l'Etat de Côte d'Ivoire.

L'effet de la peste porcine africaine, aussi bien sur l'épargne de l'éleveur que sur l'économie nationale, est lourd. La décision d'éradiquer la maladie plutôt que de vivre avec elle est une décision lourde de conséquences.

A long terme, il s'avèrera qu'elle était la seule envisageable car les pertes que cause une maladie animale enzootique sont de loin plus importantes que les coûts de l'éradiction.

Le déficit protéique qui en résulterait en permanence pour la population est cer-tainement plus important que les pertes dues à l'éradication.

C'est pour ces raisons que la Côte d'Ivoire a décidé d'éradiquer la peste porcine africaine, malgré un coût qui peut, à première vue, paraître élevé.

1.5 Repeuplement des élevages porcins

En Côte d'Ivoire, il a été décidé que le repeuplement proprement dit des éleva-ges décimés par la PPA soit précédé par ce que l'on appelle une"sentinellisa-tion".

1.5.1 Sentinellisation

Après la désinfection et un vide sanitaire d'au moins un mois, la sentinellisati-on consiste à placer, dans les porcheries contaminées et celle où un abattage sani-taire a eu lieu, deux porcs sains au minimum en vue de tester la présence ou non du virus de la Peste Porcine Africaine dans cette porcherie, les porcs devant demeurer sur le site pendant 45 jours. Cette opération qui permet de valider le programme "d'éradica-tion" ouvre en cas de succès la porte à la reprise de l'élevage de porcs. Elle consti-tue une condition préalable à l'autorisation administrative d'installation et de reprise d'acti-vités dans une porcherie. Les porcs acquis par l'éleveur comme sentinelles devaient faire l'objet d'une prise de sang pour une analyse sérologique au laboratoire de patho-logie animale de Binger-ville. En cas de séronégativité vis-à-vis de la PPA, les ani-maux sont identifiés et suivis au titre de la sentinellisation pendant 6 semaines, par les CREPPA ou par la CNEPPA. Les Groupements de Défense Sanitaire (GDS) de-vaient coordonner l'opération en procédant entre autres au rencensement des éle-veurs, à l'organisation d'achat et à la surveillance des porcs sentinelles placés dans les fermes. Les porcs sentinelles étaient placés sous la surveillance et responsabilité des chefs de village.

A la fin de la période de sentinellisation, les tests d'Elisa et d'immunofluores-cen-ces n'ont détecté ni Antigènes ni Anti-corps. Aucun porc sentinel n'a présenté de signes de maladies. Aucune mortalité n'a été enregistrée. Ces résultats de la senti-nellisati-on, aussi bien à l'intérieur que dans l'agglomération d'Abidjan, sont les indica-teurs de l'éradication de virus de la peste porcine sur ces fermes.

1.5.2 Repeuplement proprement dit

La mission estime que le repeuplement des élevages porcins décimés doit concerner aussi bien l'élevage villageois (essentiellement porcs de race(s)locale(s)) que l'élevage du type industriel ou semi-industriel (races de porcs améliorés

exoti-ques). D'aucuns, surtout éleveurs industriels, accusent l'élevage villageois d'être le principal facteur de diffusion et de persistance de la PPA. Ces allégations sont exces-sives. Dans la plupart des pays de l'Afrique de l'Est et du Centre, l'élevage villageois constitue pour plus de 75% aux productions porcines nationales. L'élevage familial est souvent pratiqué par une classe pauvre et par les femmes en particulier. Il con-tribue d'une manière notable à l'améioration du revenu de nombreux ménages modes-tes et à la couverture des besoins en protéines animales de la population. L'élevage villa-geois mérite donc une attention toute particulière, d'autant plus qu'une lutte effica-ce contre la PPA ne peut être réalisée que par la coopération des petits éleveurs villa-geois. Les avis des éleveurs et des responsables vétérinaires s'accor-dent pour affirmer que sans la coopération efficace des Groupements de Défense Sanitaire (G.D.S.), l'éradication de la PPA n'aurait pas été couronnée de succès. Lors des opérations de "ratissage", les GDS, constitués essentiellement d'éleveurs villa-geois, ont localisé plus de 2000 porcs cachés et soustraits aux opérations d'assainis-sement. Les représentants des groupements des éleveurs de porcs, surtout femmes, ont insisté auprès de la mission pour que les GDS soient renforcés et puissent bénéficier d'une formation complémentaire et que leurs activités soient réglementées par des arrêtés.

Différentes modalités de repeuplement peuvent être envisagées pour les éleva-ges modernes décimés. Mais toutes ne sont pas également recommandables, que ce soit en termes de rentabilité technique/économique ou en termes de développement du pays. La SIVAC envisage l'installation d'une chaîne de production de porcs hybri-des selon un schéma à 3 mois faisant intervenir le Landrace Français, le Large White et le Piétrain. L'élevage porcin de Mr. BROU Philippe à Aboisso, situé à l'est d'Abid-jan, environ 100 km sur la route conduisant au Ghana, est l'unique élevage industriel important ayant échappé à la PPA et aux mesures sanitaires d'abattage. Il est très bien tenu. Les animaux sont en excellente condition et présentent une con-formation assez bonne. Il y aurait toutefois un problème de "faible diversité génétique" exacerbé par l'absence d'introduction de verrats nouveaux depuis deux ans à la suite de arrêtés restrictifs en relation avec la PPA. Cet élevage possède actuellement 125 truies en reproduction. Le projet est d'étendre les constructions et de porter la capa-cité de reproduction de l'exploitation à 350 truies en faisant appel aux services du groupe SELPA (France) et de ses porcs hybrides, variété GENA. Il s'agit d'un croi-sement à 3 voies faisant intervenir Duroc, Landrace et Large White. L'arrivée des géniteurs grand-parentaux est prévue pour fin juin - début août 1998. Par la suite, on envisa-gerait des croisements avec des porcs de Côte d'Ivoire en utilisant l'insémina- tion artificielle. On ne peut interdire les sociétés privées à opter pour ces systèmes de croisement hybride à 3 voies ; elles en assument les risques elles-mêmes.

Toutefois, la présente mission ne recommande pas ce modèle de repeuplement des élevages. L'élevage de ces porcs hybrides implique une série de mesures d'accom-pagnement pur réalistes pour l'éleveur moyen de la Côte d'Ivoire ou de la sous-région de l'Afrique de l'Ouest. Ces porcs sont très sensibles aux maladies, au stress ther-mique et problèmes de reproduction (libido, manifestations des chaleurs), boiteries, etc...).Les exigences de ces porcs hybrides sont élevées en matière d'alimentation, logement et gestion. Mais ils suscitent surtout des questions en matière de "dévelop-pement", car ils créent une nouvelle dépendance de l'éleveur qui devra toujours faire appel à son fournisseur/multiplicateur, qui à son tour dépendra indirectement du fournisseur des grand-parentaux d'Europe.

Par ailleurs, lors de la réunion des groupements d'éleveurs du 22 mai, les nombreux éleveurs présents ont demandé à la mission la remise en fonctionnement d'une ferme d'absorption pour l'approvisionnement des éleveurs en géniteurs adaptés à leur situation. La mission appuie entièrement cette demande, car elle sait d'expérience que les croisements d'absorption constituent la méthode la plus appro- priée. A cet effet, les meilleures truies parmi les 15.000 porcs améliorés ayant survécu à l'épidémie de PPA seraient inséminées avec du sperme en provenance de verrats testés d'Europe (Landrace et/ou Large White et/ou Duroc), Les élevages pourraient alors, en fonction de leur propre niveau de techni-cité, dispo-ser de geniteurs males et femelles ayant différents niveaux d'absorp-tion par les races eu-ropéennes plus performantes. Cette méthode de repeuplement a beau-coup d'avan-tages : procédure simple et peu coûteuse, maintien d'un certain pourcen-tage de gènes locaux dans la formule génétique, gage d'une bonne adaptation aux conditions clima-tiques et alimentaires locales, d'une bonne rusticité et résistance naturelle aux mala-dies. Les croisements d'absorption se réalisent de préférence à l'aide d'insémination avec du sperme liquide et après synchronisation de truies selon un protocole très simple.

Les élevages villageois de porcs locaux méritent également une attention particulière. Ils contribuent en général pour plus de 75% à la production nationale de viande et forment un maillon essentiel dans la lutte contre la PPA. Il importe de motiver cette catégorie nombreuse d'éleveurs en leur procurant un encadrement technique ainsi que la formation aux méthodes d'élevage en claustration, une gestion améliorée des troupeaux et une amélioration du potentiel génétique de leurs animaux par sélection ou par croisement, par exemple avec les races porcines chinoises dont l'intérêt a déjà été largement prouvé.

2. SENEGAL

2.1 Généralités - Historique

L'élevage du porc est relativement peu développé au Sénégal en raison de l'importance de la population musulmane, représentant près de 90% du total national. L'effectif porcin national est quand même de 191.000 têtes. Les porcs sont surtout élevés par les chrétiens et les animistes. Ceci explique la répartition très inégale des porcins à travers le pays tel que indiqué sur le tableau qui suit.

Evolution des effectifs porcins au Sénégal en fonction des régions et des années.

N- Régions Année

1994

Année

1995

Année

1996

Année

1997

% en 1997
1 Dakar 900 910 950 1060 0,55%
2 Ziguinchor 36640 37100 38920 43470 22,76%
3 Diourbel 370 370 380 430 0,23%
4 Saint-Louis 0 0 0 0 0,00%
5 Tambacounde 810 810 850 950 0,50%
6 Kaolack 9910 10030 10520 11750 6,15%
7 Thiès 14530 14710 15430 17230 9,02%
8 Louga 40 50 50 70 0,04%
9 Fatick 45770 46340 48630 54310 28,43%
10 Kolda 52030 52680 55270 61730 32,32%
  Total 161000 163000 171000 191000 100,00%

On connaît donc 4 zones importantes d'élevage du porc au Sénégal, en ordre d'impor-tance : 1) la Casamance avec les régions de Kolda et de Ziguinchor; 2) la région de Fatick; 3) la région de Thiès et 4) la région de Kaolack.

Le porc a fait l'objet de peu d'attention de la part des pouvoirs publics. Toute-fois, le régain de compétitivé de la filière porcine depuis la dévaluation du franc CFA a conduit à la mise en place des premières actions de développement en 1995. Ainsi, a été mis en place le projet PRODEC (Projet de Développement des Espèces à Cycles courts) qui, après s'être intéressé d'abord aux petits ruminants et volailles, s'intéresse également à l'élevage du porc, spécialement au niveau des fortes concentrations porcines dans la région de Ziguinchor. Le projet s'intéresse surtout à l'hygiène des porcs (déparasitages,...), à l'organisation des éleveurs, à la construction d'un abattoir spécialiisé pour porcs et à l'amélioration génétique. Actuellement, ils essayent surtout de procurer aux éleveurs des porcs améliorés de la race Large White, acquis diffici-lement ailleurs. Des discussions avec les cadres du projet à Dakar, il ressort qu'un centre de sélection (ferme d'absorption), même de dimension modeste, serait fort utile au développement de l'élevage amélioré en Casamance. La motivation des éleveurs y est réelle.

Il y a un regain d'intérêt pour la PPA à la suite des projets de contrôle/éradica-tion dans la sous-région de l'Afrique de l'Ouest. Ces 3 dernières années, on comptait un foyer de PPA officiellement enregistré par an. Mais il est probable que d'autres foyers ne soient pas réconnus ou pas déclarés. La dernière épizootie de PPA vient de se déclarer à Poponguine, au niveau de la "Petite côte" au nord de MBOUR. Les premiers cas s'étaient présentés à la mission Frères de NIANING (février-mars);

2 porcs survivants auraient été transférés chez les Religieuses de Poponguine, où l'épizootie a éclaté au mois d'avril.

2.2 Systèmes de production

2.2.1 Elevage traditionnel en divagation

La divagation est partielle et s'effectue pendant une partie de la journée ou pendant une période précise de l'année. Les enquêtes ont révélé que les animaux sont enfermés la nuit;le jour ils sont laissés en divagation à la recherche de nourritu-re. Toutefois, pendant l'hivernage, ils sont gardés en claustration complète à partir de début juillet à cause des cultures et ce jusqu'en décembre-janvier après les récoltes. Rencontré dans plus de 50% des exploitations, ce mode d'élevage concerne surtout la race locale qui, à travers la divagation, recherche sa nourriture dans les poubelles et les tas d'ordures et son eau d'abreuvement dans les égouts et flaques d'eau.

2.2.2 Elevage semi-amélioré en claustration

Dans le département de Ziguinchor, les éleveurs qui gardent les porcs enfermés pendant toute l'année dans les porcheries représentent 46%. Dans ce mode de condui-te, les animaux (principa-lemenrt des sujets métis) sont totalement dépen-dants de l'homme pour l'alimentation. Ce mode de conduite qui est un préala-ble à l'adhési-on à l'Asso-ciation des éleveurs pourrait se développer si l'em-prise de celle-ci sur les éleveurs venait de se raffermir.

Ce mode d'élevage était également très développé autour de Dakar où il béné-ficiait de nombreux déchêts culinaires autour des hopitaux, campus militaires, hôtels, résidents étrangers. Mais, avec la forte réduction des expatriés ces dernières années, l'élevage semi-amélioré a presque disparu autour de Dakar.

2.3 Filière porcine - Organisation - Commercialisation

La filière porcine est peu ou pas organisée. Le projet PRODEC essaye de mettre sur pied des organisations d'éleveurs de porcs dans la région de Ziguinchor. Un abattoir pour porcs y est créé et pourrait constituer une première initiative tendant à organiser la commercialisation. A l'abattoir de Dakar, il y a également une section séparée réservée à l'abattage de porcs.

2.4 Impact de la PPA

Les pertes engendrées par la PPA sont très mal connues. Le tableau qui suit donne les mortalités et les abattages sanitaires lors des trois dernières épizooties enregistrées.

Foyers de PPA enregistrés de 1996 à 1998

N- Année Nbre deFoyer Malades Morts Abat-tus Lieu
1 1996 1 190 120 - Ziguinchor
2 1997 1 195 174 21 Koalack
3 1998 1 95 66 13 Poponguine

Le nombre d'animaux morts et abattus officiellement "enregistrés" est donc très bas. Mais il est impossible de savoir si tous les animaux ont été enregistrés, de même que l'on ne sait si tous les foyers ont été reconnus et déclarés. Le tableau sus-mentionné indique en outre que certains animaux malades de la PPA survivent et qu'ils sont probablement à l'origine de l'endémicité de la PPA, comme cela semble surtout être le cas en Casamance.

Considérant qu'à peine 10% de la population se nourrit de viande porcine, l'effet de la PPA sur la sécurité alimentaire reste réduit. Toutefois, le porc pourrait jouer un rôle plus important à l'avenir. Sous les effets conjugués d'une démographie galopan-te et de la faible productivité du gros bétail affecté par les différents cycles de sècheresse, on assiste à une baisse constante du niveau de consommation de viande qui, de 21,5 kg/an/habitant en 1960 est passé à 13kg en 1974 et à 11kg en 1990

(MRA,1988). Face à ce constat, les espèces à cycle court ont été perçues comme des auteurs incontournables des politiques d'auto-suffisance en produits carnés. Ainsi, le porc par sa prolificité, la brièveté de son cycle de reproduction et de produc-tion et sa grande efficacité alimentaire peut contribuer à améliorer tant au plan nutri- ti-onnel que monétaire, le quotidien de l'éleveur dans les régions où les interdits reli-gieux ne s'opposent pas à son élevage

La production nationale de la viande porcine de 1994 à 1997 est donnée dans le tableau suivant.

Années 1994 1995 1996 1997
Quantité (ton-nes) 5544 5110 5320 5539

La production officielle de la viande porcine se maintient autour de 5.500 tonnes par an, malgré la PPA. Mais la PPA était déjà endémique auparavant égale-ment. De plus, la plus grande partie des abattages en milieu traditionnel échappe aux statisti-ques.

2.5 Repeuplement

On ne peut parler d'un repeuplement organisé, vu l'inexistence de la filière organisée et vu l'endémicité de la situation épizootique.

Lors d'une épizootie, les animaux du foyer meurent ou font l'objet d'abattage sanitaire ou survivent. Il arrive également que les animaux malades soient consommés. Autour du foyer, les mesures sont très élémentaires ou nulles. Au niveau du foyer, on procède à des désinfections à l'aide de crésyl ou d'eau de Javel, les animaux sont enfouis ou brûlés après être arrosés de carburant ou tout simple-ment laissés en décomposition. On ne peut donc guère parler d'un assainissement préparatoire à un repeuplement. La technique de la sentinellisation n'est pas appli-quée ou pas connue tout simplement.

Le repeuplement se fait donc d'une façon hasardeuse, parfois avec des porcs "naïfs" qui survivent si le milieu est assaini réellement.

Toutefois, avec l'organisation et la formation croissantes des éleveurs autour du projet PRODEC, il pourrait être envisagé une ferme d'absorption modeste (p.ex.50-40 truies en reproduction) pour la production de porcelets améliorés destinés aux éleveurs d'élite.

3. GAMBIE

3.1 L'élevage du porc en Gambie

L'élevage du porc a été longtemps négligé en Gambie,la population musulma-ne étant de 95%. Actuellement, la Gambie a un cheptel porcin estimé à 60.000 porcs, dont environ 90% de race locale et 10% de race exotique améliorée (Direction de l'Elevage,1998). Toutefois, la consommation de viande n'est que de l'ordre de 6,5kg/habitant/an. Le développement de l'élevage des ruminants est limité à cause de la réduction des précipitations et des pâturages. Ainsi, les Autorités du pays enten-dent stimuler le développement de l'élevage des espèces à cycle court, également le porc. La consommation de la viande porcine est par ailleurs en croissance continue, partiel-lement en relation avec le rapide développement du tourisme. La filière porcine gambienne est pratiquement inexistante et, ainsi, des quantités croissantes de viande de porc sont importées (statistiques manquent).

L'élevage du porc est pour 90% du type villageois extensif, consistant en de nombreux élevages familiaux de type "basse-cour" de 5 à 15 porcs de race locale primitive. En maints endroits, les animaux sont laissés en divagation autour des villages et reçoivent occasionnellement des déchets culinaires, des restants alimentai-res, du tourteau d'arachide, du tourteau de sésame, des sons de millet et de riz, des drèches de brasseries, des noix de palme, etc...

Au cours des dernières années, sont apparues des petites fermes porcines améliorées, surtout à proximité des villes, comme par exemple à Abuko et Marakisa dans le secteur Ouest du pays. L'habitat, la gestion et l'alimentation des ani-maux ont été considérablement améli-orés dans ce système. Ces animaux sont élevés en claust-ra-tion et nourris essentiellement à l'aide de sousproduits agro-industriels. Ces sousproduits sont disponibles au pays, mais il y a un gros problème de transport.

La filière porcine reste inorganisée. Il n'y a pas d'abattoir pour porc, ni endroit spécialement réservé aux porcs dans les abattoirs pour ruminants. Les animaux sont donc généralement abattus en dehors de tout contrôle et les statistiques sont prati-quement inexistantes.

l'Association des éleveurs de porcs a été créée récemment. Elle compte déjà 110 membres dont 80% de femmes. Elles sont très motivées pour améliorer leur élevage. Elles peuvent passer une bonne partie de la journée à la recherche d'ali-ments divers pour leurs porcs. La taille moyenne des élevages des affiliés est de 30 porcs. A travers une ONG, un don de 100 truies du groupe "BOHRA" d'Irlande leur sera fait. Parmi les mesures d'accompagnement, il est prévu des cycles de formation destinés aux éleveurs et encadreurs. Il est prévu encore la réhabilitation d'une an-cienne ferme porcine, située à proximité de Banjul et pouvant recevoir plus de 100 truies repro-ductrices. (ABUKO farm).

Les responsables du Service de l'Elevage sont également conscients du fait que les porcs améliorés hybrides ne constituent pas un matériel d'élevage idéal, avec suffisamment de rusticité et de résistance aux maladies et au stress thermique. Il serait préférable de prévoir également un programme d'absorption avec des races améliorées aux fins de production de géniteurs adaptés aux conditions locales.

3.2 Incidence de la PPA

La dernière épizootie de PPA en Gambie est apparue en juillet 1997 dans une exploitation semi-intensive de 353 porcs, située à 30km de Banjul. Dix porcs locaux en provenance de la région frontalière avec la Casamance avaient été introduits dans l'exploitation. Deux semaines plus tard, 100 porcs moururent. Les services vétérinai-res furent alors alertés, mais les autres porcs de l'exploitation sont également morts par la suite et l'infection s'est étendue à d'autres petites fermes autour. Au total, 400 mortalités ont été rapportées. Depuis 6 mois, il n'y a plus de nouveau cas signalé.

Le risque de contamination de la Gambie par la frontière, surtout la frontière sud avec la Casamance, est très élevé. La frontière est très perméable. La frontière sud

à elle seule est longue de plus de 500km et difficile à garder. Les mêmes grou-pes ethniques existent des 2 côtés de la frontière. La frontière peut diviser en 2 des villages et même des maisons. Les gens et aussi les porcs peuvent passer la fron-tière dans les deux sens, sans contrôle réel. Lors des récentes troubles en Casaman-ce, en un seul jour, plus de 5000 réfugiés sont arrivés en Gambie avec leurs ani-maux. En Casamance, les chrétiens sont plus nombreux et donc également les problèmes de PPA. Signalons encore que le trafic de porcs de la Casamance vers la Gambie s'est intensifié avec l'extension du nombre d'installations de "porcs au four" en Gam-bie.

Un autre facteur de risque est la présence de nombreux phacochères, dans toute la vallée du fleuve Gambie et donc dans tout le pays. Par endroits, les pha-cochères seraient aussi nombreux que les porcs. Il arrive que l'armée intervienne pour réduire le nombre de phacochères. Les contacts entre porcs sauvages et do-mestiques sont nombreux, l'élevage traditionnel se faisant par divagation et l'élevage semi-amélioré par claustration partielle (comme dans la ferme du dernier foyer de PPA, les porcs sont souvent lachés pendant quelques heures par jour).

4. GUINEE BISSAU

4.1 Généralités - Elevage de porcs

La Guinée Bissau a 1.048.000 habitants, dont 75% de ruraux. La production animale représente 17% du PIB et 32% de la production agricole. La production annuelle est estimée à 6.500 tonnes de viande et 5.000 tonnes de lait. La consom-mation humaine est estimée à 7,7kg de viande/homme/an, et à 6kg de lait/homme/an.

Il n'existe pas de données statistiques récentes fiables sur le cheptel. Les derniers relevés datent de 1991. La composition approximative du cheptel serait de 410.000 bovins,450.000 petits ruminants,30.000 porcins et quelque 360.000 volail-les.

Actuellement, il n'y a plus que des porcs de race locale, descendants du porc ibérique, et leurs descendants métissés avec des porcs importés de race Landrace, Large White, Yorkshire et Duroc. La totalité de l'élevage porcin est actuellement du

type familial traditionnel. Il se pratique selon 2 systèmes de production. Le système Fula représente 75% de la production et se pratique par les Peuls de l'Est du pays (régions de BAFATA et de CABO surtout). Les animaux divagent librement dans les villages à la recherche de nourriture et recoivent parfois des déchets culinaires ou restants alimentaires. Le système BALANTE est pratiqué par l'ethnie Balante dans les provinces du Nord. Les Balante sont des animistes chez qui le porc remplit un rôle socio-culturel important. Chaque famille possède des porcs enfermés dans un parc ou un petit box fermé. Si la claustration est permanente en ville (ex.Loanda), elle ne l'est générale-ment pas en milieu rural, où les porcs sont lachés journellement pour leur permettre de recher-cher de la nourri-ture.

Jusqu'en 1985 on connaissait des élevages semi-industriels de porcs améliorés de races Landrace, Large White et Duroc, ou de leurs croisements. Les infrastructu-res vides de 3 fermes publiques existent encore : ferme de Bissora (- 20 truies en reproduction), ferme de Bula (- 50 truies reprod.) et ferme de Cantchungu dans le Nord (plus de 100 truies reprod.) A proximité de la capitale (15km), existent les installations de la Société SUINAVE, qui a été privatisée. Elle est occupée à relancer l'élevage de la volaille et projette la relance du porc dans une seconde phase. La base existe donc dans le pays pour relancer l'élevage amélioré et organisé.

Toutefois, on se pose des questions sur l'opportunité de la relance du porc amélioré. Le marché pour un porc amélioré est très limité (peu d'expatriés, peu de tourisme, faible pouvoir d'achat). L'élevage industriel ou semi-industriel ne peut concurrencer l'élevage traditionnel en termes du coût de production du kg de viande porcine. Il n'est donc pas étonnant que tous les élevages organisés à porcs améliorés

aient cessé leurs activités depuis plusieurs années. Les propriétaires privés de la SUINAVE sont également très hésitants pour reprendre la production maintenant. Pourtant les porcheries SUINAVE représentent un investissement considérable (150 truies en reproduction, systèmes hypermoderne) et elles sont conçues pour éviter de façon absolue l'entrée de la PPA : double enceinte clôturée, rotaluve , sas de décon-tamination du personnel, etc...).

Il n'existe pas encore de filière porcine organisée. La plupart des abattages sont domestiques ou se font dans des petits ateliers primitifs. Suivant la tradition musulmane, les porcs ne sont pas admis dans un abattoir destiné à d'autres animaux. Mais la C.E. (8eme.FED) a accepté la construction de nouveaux abattoirs, dont l'appel d'offre est en cours : 1 abattoir à 3 lignes à Bissau (bovins, petits ruminants, porcs),

1 abattoir à 2 lignes à BAFATA (bovins et petits ruminants), 1 abattoir à 2 lignes à GABO (bovins et petits ruminants). La commercialisation des porcs sur pied se fait au niveau des villages et sur le marché local hebdomadaire dans la plupart des villes. Au port de Bissau, il y a aussi un endroit où les porcs font l'objet de transaction, souvent avec les îles. Il existe également de nombreuses transactions non-contrôlées avec la Ca-saman-ce. Les troubles en Casamance entraînent également un afflux de refu-giés avec leurs animaux, en particulier des porcs.

4.2 Incidence de la PPA

La PPA avait été confirmée avant l'indépendance du pays. Il suffit d'ailleurs de voir les précautions jadis prises par les concepteurs des porcheries SUINAVE pour se convaincre de la réalité de la menace par la PPA.

Les responsables du Service de l'Elevage affirment que la PPA n'existe pas "officiellement", voulant dire par là qu'il n'y a plus de confirmation par le laboratoire. Mais en même temps, ils affirment suspecter la présence de la PPA, compte tenu de la perméabilité des frontières et du passage incontrôlé des animaux. Mais, il y a de nombreux autres facteurs de risque. Les récentes troubles en Casamance font affluer des réfugiés avec leurs animaux également vers la Guinée Bissau. Il existe un trafic maritime intense avec les îles guinéennes, la côte sénégalaise et les Iles du Cap Vert. Spécialement du Cap Vert, on craint la fraude de viande porcine contaminée. L'élevage porcin est actuellement du type traditionnel à 100%, impliquant presque toujours la divagation. Il y a aussi de nombreuses transactions d'animaux et de viande sur les marchés hebdomadaires dans les villes et au port de Bissau. Ceci est singulièrement dangereux si l'on sait que les porcs avec symptômes de la PPA sont généralement tués et consommés. Les phacochères sont également très nombreux. Les témoignages récoltés par le consultant au cours de différents voyages en Guinée

Bissau ne laissent aucun doute sur l'existence de la PPA à l'état endémique (à l'ex-clusion de la peste porcine classique).

Le Laboratoire Vétérinaire de Bissau est en voie de réhabilitation par un projet de 8eFED, Projet PARC, Phase 2 : Projet d'Appui au Développement du Secteur de l'Elevage (PADSE). Le personnel technique et scientifique est en voie de formation. Mais, le laboratoire ne sera pas équipé pour faire les diagnostics virologiques, du moins dans la phase actuelle.

III. CONCLUSIONS

La Côte d'Ivoire semble débarassée de l'infection, tous les porcs sentinelles restant indemnes dans tous les anciens foyers. Tous les contrôles de laboratoire sont également négatifs jusqu'à ce jour. Mais, pour permettre à la Côte d'Ivoire de retrou-ver son statut indemne de PPA, suivant les dispositions de l'Office International des Epizooties, un suivi épidémiologique des élevages porcins s'impose pour une durée de trois ans. La plus grande vigilence est donc de mise pour empêcher toute réappa-rition de la maladie. Le danger de réinvasion par la PPA persiste. Toutefois, les différentes mesures de police sanitaire sont en place pour préserver la Côte d'Ivoire à l'avenir. Le laboratoire de Bingerville est fonctionnel pour réaliser un diagnostique précoce pour le pays mais aussi pour les pays voisins. L'épizootie a coûté directe-ment la somme de 5.600.000.000 FCFA à l'Etat de la Côte d'Ivoire. Les différentes opérations pour l'éradication de la PPA ont coûté 2.000.000.000 FCFA; les investis-sements directs pour la reconstitution de la filière sont estimés à 3,600.000 FCFA Mais si on prend en compte également les pertes occasionnées par l'épizootie en amont et en aval de l'élevage porcin proprement dit, les pertes totales s'élèvent à 16.940.000.000 de FCFA.

Il importe de reconstituer le plus rapidement possible le cheptel porcin de la ôte d'Ivoire qui a été décimé, surtout dans le sud du pays,. Il existe encore suffisamment de truies améliorées dans le pays pour pouvoir reconstruire le cheptel à partir de croi-sements d'absorption réalisés à l'aide de verrats testés de race pure.

Il ne fait aucun doute que la PPA est devenue endémique au Sénégal, en Gambie et en Guinée Bissau. Dans ces trois pays, des foyers de peste porcine africaine réapparaissent régulièrement, sans qu'ils soient nécessairement déclarés et/ou reconnus dans tous les cas. La maladie n'y prend pas des allures épidémiques, les pertes restant souvent limitées à quelques centaines de porcs, semble-t-il. Les pertes se font donc essentiellement parmi des porcs de race locale. Au Sénégal et en Bissau nous n'identifions pas de besoins urgents pour l'installation de fermes de production de géniteurs de race améliorée. Toutefois, avec l'organisation et la forma-tion croissante des éleveurs autour du projet PRODEC au Sénégal, il pourrait être envi-sagé, à plus longue échéance, une ferme d'absorption modeste (p.ex.50-40 truies en reproduction) pour la production de porcelets améliorés destinés aux éleveurs d'élite. Le but serait de stimuler d'avantage l'amélioration de l'élevage au niveau villageois. Toutefois, la question persiste de savoir s'il y a un marché pour la viande de porcs de race améliorée et si l'élevage de porcs moderne est compétitif avec l'élevage tradition-nel de porcs de race locale. En Guinée Bissau, il est peu probable qu'au stade actuel l'éleva-ge industriel de porcs de race améliorée soit économique-ment faisable et compétitif avec l'élevage traditionnel de porcs de race locale. En Gambie, par contre, les impor-tations et le marché local de viande de porcs de race améliorée semblent se développer rapidement, partiellement en rapport avec l'extensi-on rapide du tourisme. Les éleveurs de porcs se sont regroupés en associations des éleveurs de porcs dont les membres sont pour 80% des femmes. Elles font preuve de beaucoup de motivation pour améliorer leur élevage. Le contexte économique et social est tel que l'amélioration des races existantes par le croisement avec des races importées pour-rait stimuler le développement et l'amélioration technique de ces élevages. Il serait intéressant de faire une étude pour vérifier s'il ne serait pas plus intéressant que la

ferme ABUKO se lance dans un programme de croisement d'absorption aux fins de produire des géniteurs améliorés plutôt que de se limiter à l'importation de truies pour la production de lignées hybrides.

Dans les trois pays précités et où la PPA est devenue endémique, il serait par ailleurs hautement souhaitable d'installer des projets d'encadrement de l'élevage villageois traditionnel afin de l'améliorer et de s'assurer la coopération de ces acteurs dans la lutte préventive contre la PPA.

La situation de la PPA au Sénégal, en Gambie et Bissau n'est donc pas du tout comparable à celle observée dans les autres pays de l'Afrique de l'Ouest. Une approche et un projet spécifique nous paraît nécessaires pour ces pays. N'ayant pas visité les îles du Cap Vert, la mission pense qu'il y aurait probablement intérêt à y associer également le Cap Vert, étant donné que la PPA y semble également cyclique depuis de nombreuses années et que de nombreux échanges d'animaux ou de produits d'origine animale circulent entre ces différents pays et spécialement par voie maritime.

La situation épidémiologique se présente tout à fait différemment au Bénin, Togo et Nigéria. Nous y assistons à une flambée très violente de la PPA, avec ex-tension très rapide et de mortalités très nombreuses, aussi bien parmi les porcs de race améliorée que parmi les porcs de races locales. Au Togo, l'épizootie vient de faire un bond vers le Nord jusqu'au nord de Kara, menaçant directement le Burkina Faso, le nord du Ghana et le nord du Bénin. Le système d'alerte précoce entre pays voisins semble boiteux ou en tous cas trop lent. Le Bénin n'était pas encore informé de l'évolu-tion rapide de la maladie chez ses voisins et pensait que l'épidémie s'était stabilisée à environ 150km au nord de Cotonou, après la perte de 60% de la popula-tion porcine nationale localisée surtout dans les provinces du Sud. Il est possible que l'épizootie décrive un by-pass à travers le Togo pour infecter la Province de l'Ata-cora au Nord du Bénin, peu protégée contre l'extension de la PPA. Egalement au Nigéria, le risque est très grand de voir l'épidémie s'étendre rapidement et faire des victimes en nombre très important, considérant surtout la densité de la population porcine dans ce pays (population porcine du Nigeria = 7.000.000).

D'autres conclusions devraient être tirées, notamment des pays non visités par la présente mission mais ayant été abordés lors des discussions de l'atelier du 3 et 4 juin à Lomé. Le lecteur pourra se rapporter aux rapports (F et N) qui seront rédigés sur les activités de cette rencontre.

IV RECOMMANDATIONS

En ce qui concerne plus spécialement les productions porcines et le repeuple-ment des élevages décimés par la PPA, il est recommandé :

1. la mise en oeuvre de croisements d'absorption (de substitution) de truies locales améliorées à l'aide d'insémination artificielle avec du sperme de verrats testés de races améliorées (Large White et Landrace). Ces croisements permettront la mul-tiplication exponentielle de géniteurs performants et adaptés aux conditions d'élevage locales. Des porcelets ayant différents niveaux d'absorption seront produits selon le niveau de technicité des porcheries à repeupler. La méthode d'insémination artificielle recommandée est celle utilisant le sperme liquide, dans un dilueur à double phase, saturé en CO2. Les truies à inséminer seront syn-chronisées par voie hormonale et/ou de préference par la méthode des sevrages groupés, qui a fait ses preuves en Afrique.

Ces opérations de production de géniteurs devront être réalisées ou dans les Centres d'Etat (Centres de sélection ou fermes d'absorption) ou dans des exploi-tations privées souhaitant cette collaboration à intérêts mutuels. En Côte d'Ivoire, ces croisements d'absorption pourraient être lancés à la ferme de Mr.BROU Philippe à Aboisso ou à la "Ferme d'absorption". Les représentants des associa-tions d'éleveurs de porcs de la Côte d'Ivoire souhaitent vivement la relance d'une "Ferme d'absorption" ; cette solution est excellente, mais plus coûteuse à l'Etat. Au Bénin, où les repeuplements seront également considérables, on pourrait utiliser la ferme de Kpinou, restée préservée jusqu'à présent. Au Nigeria, il est trop tôt pour des propositions concrètes.

Dans les pays endémiques, les repeuplements à opérer sertont beaucoup moins importants, mais la production de géniteurs restera quand même une composante importante de tous les projets d'organisation et d'amélioration de l'élevage porcin et donc indirectement de la lutte contre la PPA. Ainsi, on peut suggérer la Station de Sélection porcine de KOUNDEN au Cameroun, la ferme ABUKO en Gambie, ainsi qu'une ferme porcine encadrée par le PRODEC au Sénégal.

2. pour les porcs de race(s) locale(s), la sélection et la multiplication chez l'éleveur même; à cet effet, il est recommandé de mettre sur pied des projets d'encadre-ment de l'élevage traditionnel villageois, ayant comme objectifs (i) l'amélioration technique de ces élevages (hygiène, élevage en claustration, alimentation, amé- lioration génétique), (ii) l'étude des systèmes traditionnels + races porcines loca-les, et (iii) la constitution des groupements de défense sanitaire (GDS).

3. l'élaboration d'une stratégie de lutte collective contre la PPA endémique au Sénégal - Gambie - Guinée Bissau (et les Iles du Cap Vert ?).

4. La prise en compte de différentes recommandations formulées lors de l'atelier PPA du 3 et 4 juin 1998 à Lomé : annexe 3 du présent rapport.

Annexe 1

TERMES DU MANDAT

Consultant international - Production Porcine

Mandat :

Sous la supervision du Chef du Bureau des Opérations Spéciales de Secours, TCOR, la supervision technique des Chefs de Service de production animale et de la santé animale de la FAO, et en collaboration étroite avec le Coordonnateur régional du projet et les autres consultants, le consultant devra :

- étudier les systèmes de production et de commercialisation porcines dans la sous-région ;

- évaluer l'impact de la PPA sur la production porcine dans la région ;

- étudier les facteurs nutritionnels et de gestion pouvant avoir une influence

sur le succès du projet ;

- prendre en considération tout facteur démographique ou facteur de genre, particulier à la production porcine, dans la région ;

- évaluer l'impact de tous ces facteurs sur la sécurité alimentaire des pays de la sous-région ;

- participer à la préparation d'un plan d'action pour la lutte contre la PPA et le développement de la production porcine ;

- préparer un rapport de consultation concis selon les standards de la FAO et le soumettre pour approbation, en forme WPF 5.1 ou Word 6.0 (sur disquette ou attachement e-mail) ;

- participer à l'atelier régional sur la PPA à Lomé, Togo.

Affectation : Côte d'Ivoire, Sénégal, Gambie, Guiinée-Bissau et Togo

Durée : Mission 1 : 18.5.98-6.6.98

Annexe 2

PROGRAMME DE LA MISSION

lundi 18 mai : Voyage de Bruxelles à Rome.

FAO(Rome) : briefing par le Dr.K.WojIechowski, ren-con-tre avec le Dr.Y.Chenieau,Chef(AGAH), le Dr.R.Branckaert (A-GAP) et le Dr.H. Wagner(AGAP).

- Formalités administatives.

mardi 19 mai : Voyage de Rome à Abidjan via Lisbonne et Sao Tomé.

mercredi 20 mai :

Matinée: FAO : programmation des activités de la mission avec

Mme Antoinette Ziehi, chargée de programme. Recontre avec le Dr.David Nya-kahuma, Associate Professional Officer, EMPRES, bureau régional de la FAO à Accra, rejoignant la présente mis- si-on à partir d'Abidjan.

- Visite à la Direction Générale des Services

Vétérinaires(DSV):Séance de travail avec le Dr.Abo Soh,

Directeur National des Services Vétérinaires et le Dr.A.Douati

, s/Directeur de la Santé Animale, coordi-nateur CNEPA, ainsi que

le Dr.N'Guessou Moni-que, Chef de Service Santé et de l'Elevage

à Cycle Court.

- Visite à la Direction des Productions de l'Elevage: séance de travail avec le Dr.Henri Bosse Boazou, Direc-teur des Productions d'Eleva-ge et avec son col-laborateur le Dr.Taclé

Après-midi : Visite à la Société Ivoirienne d'Abattage et de Char-- cuterie (SIVAC) et au projet de développement des Elevages à Cycles Courts (PE2C). Séance de travail avec Mr.Yedoh Lath Honoré, Directeur Général de SIVAC et le Dr.Denis Kouakou, coordinateur du PE2C.

jeudi 21 mai : Jour de l'Ascension. Fermeture générale des Ministères et des entreprises privées.

Bureau de la Représentation de la FAO à Abidjan : Séance de travail des consultants avec Mr.F.Rinville, Représentant résident de la FAO et avec Mme A.Ziehl, chargée de Programme. Résumé des activités d'éradication de la PPA en C.I. Importance de l'élevage villageois et de l'implication des "chefs de village". Intérêt des porcs de race(s) locale(s) et éventuellement des races chinoises à importer. Importance de la "sentinellisation" et de la rapidité d'intervention.

Après-midi : dépouillement de la documentation.

vendredi 22 mai :

Matinée :

- Visite de l'élevage porcin de Mr.Brou Phillippe à Aboisso.

Unique élevage moderne du grand périmètre d'Abidjan ayant échappé à la PPA. Projet d'extension de 150 à 350 truies en reproduction.

Programme d'introduction du porc hybride de va-riété GENA du

groupe SEPA (France). Arrivée des premiers géniteurs prévue pour fin juin 1998.

- Visite du laboratoire de Bingerville : Direction et Dr.Félicité

Beudié. Préparation du matériel de prélèvements pathologiques aux fins de typage des souches virales de la PPA.

Après-midi :

- Visite du cabinet de Ministre de l'Agriculture et des Ressources animales. Séance de travail avec le Dr.Eric Mallet, conseiller du Ministre.

- Réunion avec les groupements d'éleveurs : longue séance de travail avec un groupe important d'éleveurs, femmes éleveurs, représen-tants des groupements d'éleveurs, en particulier Mr.Bechio Auguste (Président d'APPOR-CI), Thiemele Aka (CINEPORCI), Mr.Beugié Joseph(Pres.d'UNE-GABI). Princi-pale conclusion : les éleveurs sont impatients pour redémarrer l'élevage et de-mandent le dédommagement rapide de tous les éleveurs et le déstockage des fonds de relance - les éleveurs souhaitent le renforcement des GDS-les éleveurs souhaitent la remise sur pied d'une ferme d'absorption pour l'approvisionne-ment des éleveurs en géniteurs.

samedi 23 mai :Réunion de synthèse de la mission avec le Dr.Abo Soh, Direc--

teur National des Services Vétérinaires et le Dr. N'Guessou Mo-nique, Chef du Service Santé de l'Elevage à Cycles Courts.

dimanche 24 mai :

Voyage d'Abidjan à Dakar. Rédaction du Rapport.

lundi 25 mai : Visite à la Représentation de la FAO à Dakar. Programmation des activités avec Mr.Mahawa Mbodj, Chargé de Programme.

Visite du laboratoire National d'Elevage (LNERV): Rencontre avec le Dr.Arona Guye, Directeur. Séance de travail avec le Dr.Yaya Thiongane, Dr.Vét.Virologiste et le Dr.Magette Ndiyae, Dr.Vét. Epidémiologiste.

mardi 26 mai : -Visite à la Direction de l'Elevage (DIREL). Séance de travail avec le Dr.Mbargo Lo, Dr.vét.Epidémiologiste et le Dr.Bakery Bathily,Directeur adj.

- Visite à la Direction de PRODEC : entretien avec le Dr.Bousso Guèye, Directeur adj. de PRODEC.

mercredi 27 mai :

- Voyage de Dakar à Banjul.

- Réunion à la représentation de la FAO à Banjul avec

Mr.H.Miko-la, Rep.res.à la FAO et avec Mr.Charles CAMARA,

Chargé de Programmes.

jeudi 28 mai : - Réunion au secrétariat permanent du Ministre de l'Agrticulture : Mr.Antony Taylor, Deputy Permanent Secretary; Mr.Momodou S.Njie, Principal Assistant Secretary and Charles Camara, Pro-gramme Asst.FAO.

- Réunion avec la Direction de l'Elevage et les représentants d'Association des éleveurs de porcs: Dr.Badara Loum, Directeur de l'Elevage Dr.Sulay-man Sono, Directeur adjoint de l'Ele-vage,

Dr E.Msc.Touray, Dept.of Lives-tock Ser-vices, Mr.Wally Tamba,

President Pig Farmers Association, Mr.Joe H.Gomez, Pigs bree- dings, Dept.Livestock Services.

- Soir à l'hôtel : En compagnie de ses collaborateurs, visite et séance de travail avec le Dr.Omar Touray, Permanent Secretary, Department of State for Agriculture.

vendredi 29 mai :

- Documents, rapport

- Voyage de Banjul à Dakar

samedi 30 mai :

- Voyage de Dakar à Bissau

- Réunion de travail avec Mr.Amadu Baba Camara, FAO Bissau, le Dr.Apia Nunes Correia, Resp.du laboratoire vétérinaire et l'Ig.Martimno Morei-ra, chef de la Division des petites espèces

- visite d'élevages porcs traditionnels dans le périmètre de la ville de Bissau : système Balante en claustration et système Fula en divagation.

dimanche 31 mai :

- Documents - rapport

lundi 1 juin : - Réunion avec Mr.Anatolio Ndong Mba, Représentant de la FAO.

- Direction de l'Elevage : Séance de travail avec l'Ig. Manuel Pinto Batista, Dir.Gén.de l'Elevage et le Dr.Hipolito Djassi, Direc-teur de la Santé animale.

- Laboratoire Vétérinaire : Visite des installations avec le Dr.Apia Nunes Correia, Dir.Labo., le Dr.Nina Horta Rodriguez, responsa-ble de la Division Epidémiologie et le Dr.L.Benico, Resp.Bactéri-ologie. Le laboratoire est en voie de réhabitation PARC, phase 2.

- Visite au Projet d'Appui au Développement du Secteur de l'E-levage, Projet PARC. Séance de travail avec le Dr.Batica, Di-recteur du Projet, le Dr.France Vernaillen, Assistante Technique Principale et l'Ing.Patrick Levaux, Production animale.

- Visite de la société privatisée SUINAVE à Empresa Rosa e Rosa.

mardi 2 juin : Voyage Bissau-Conakry-Abidjan-Lomé.

Rencontre avec Mr.J.D.Keita, Représentant FAO au Togo.

mercredi 3 juin et jeudi 4 juin :

Assistance et animation de l'atelier sur la PPA.

vendredi 5 juin :

- Rapport sur l'atelier, stratégie de lutte contre la PPA

- Départ pour Abidjan et Bruxelles

samedi 6 juin : Arrivée à Bruxelles

lundi 8 juin et jours suivants :

Rapport de la mission à l'Institut de Médecine Tropicale, Anvers, Belgique.

Annexe 3

RECOMMANDATIONS FORMULEES PAR LES PARTICIPANTS A L'ATELIER PPA DU 3-4 JUIN 1998 A LOME

Au plan opérationnel :

1.1 que des systèmes nationaux de surveillance épidémiologique (SNSE) soient rapidement mis en place afin de collecter et analyser les informations obte-nues auprès de tous les acteurs des filières de production animale ;

1.2 que des système d'information et de communication ainsi que des program-mes de formation pour les éleveurs et les techniques soient également instaurés afin d'obtenir leur adhésion, condition sine qua non de succès ;

1.3 que toutes les mesures soient mises en place visant à l'émergence d'orga-nisations professionnelles (éleveurs, bouchers, charcutiers,...) dont l'efficacité a été prouvée tant en Côte d'Ivoire qu'au Bénin ;

1.4 que les capacités de diagnostic des laboratoires centraux soient améliorées afin qu'ils soient en mesure de réaliser au minimum les techniques d'immu-nofluorescence directe et d'Elisa.

De plus, les échanges et collaboration entre les laboratoires africains doivent être renforcés.

1.5 que les contrôles aux frontières soient intensifiés en s'appuyant, plus spécia-lement, sur les groupements de défense sanitaire (GDS) et les organisations professionnelles ;

1.6 que des relations directes et régulières soient instaurées entre les services chargés de la santé animale des pays voisins pour favoriser les échanges rapides d'information sur la situation de la PPA dans les pays ;

1.7 qu'un système d'indemnisation des éleveurs lors d'abattage systématique soit envisagé, cette indemnisation constituant un facteur essentiel du succès des mesures de lutte ;

1.8 que des recherches soient entreprises :

- en ce qui concerne le virus, il importe de réaliser une caractérisation moléculaire des souches ouest-africaines collectées au cours des dernières années et de mener une étude comparative pour établir les relations et en déter-miner l'origine.

- en ce qui concerne l'épidémiologie, de nombreux thèmes sont envisagea-bles, notamment l'étude de la distribution exacte de la tique Ornithodorus erroticus et Ornithodorus moubata et le rôle de la faune sauvage (phacochère, potamochère, ...) ;

1.9 que le repeuplement soit basé sur la mise en oeuvre de croisements d'ab-sorption de truies locales améliorées à l'aide d'insémination artificielle avec du sperme liquide de verrats testés (Large White et Landrace). Des porce-lets ayant différents niveaux d'absorption seront produits selon le niveau de technicité des porcheries à repeupler.

Au plan institutionnel :

1.1 qu'une politique d'amélioration des systèmes d'élevage traditionnels (en divagation) soit mise en oeuvre avec possibilité de micro-crédits pour les éleveurs afin de réaliser les investissements nécessaires ;

1.2 que soit favorisée la création d'organisations professionnelles d'éleveurs et autres opérateurs afin de mettre en place des groupements de défense sanitaire (GDS) ;

1.3 que la création de fonds d'intervention d'urgence soit envisagée (fonds de lutte contre les calamités, fonds interprofessionnel, ...)

1.4 que dans le secteur moderne, l'abattage se fasse dans des abattoirs spécia-lisés ;

1.5 que soit instauré un comité interministériel de lutte contre les épizooties, notamment la PPA, ayant pour but de coordonner la mise en oeuvre des mesures ;

1.6 que la procédure recommandée par la FAO (Prevention and control of transboundary animal diseases - FAO N-133, Rome 1997)soit mise en place.

Enfin, les participants considérant la situation épidémiologique de la PPA en pleine évolution dans les pays d'Afrique de l'Ouest, suggèrent qu'un Atelier soit orga-nisé au début de l'année 1999 afin de faire le bilan des TCP nationaux et régi-onaux mis en place par la FAO.

i

TABLE DES MATIERES

Pages

I INTRODUCTION 1

II RESULTATS - OBSERVATIONS 2

1. Côte d'Ivoire 2

1.1 Généralités - Historique 2

1.2 Systèmes de production porcine 3

1.3 Filière porcine - organisation - commercialisation 4

1.4 Impact de la PPA en Côte d'Ivoire 5

1.4.1 Pertes économiques engendrées par la PPA 5

1.4.2 Conséquences sociales de la PPA 7

1.4.3 Effets de l'épizootie sur la sécurité alimentaire du pays 8

1.4.4 Analyse des coûts directs de la PPA 9

1.5 Repeuplement des élevages porcins 9

1.5.1 Sentinellisation 10

1.5.2 Repeuplement proprement dit 10

2. Sénégal 12

2.1 Généralités - Historique 12

2.2 Systèmes de production 13

2.2.1 Elevage traditionnel en divagation 13

2.2.2 Elevage semi-amélioré en claustration 13

2.3 Filière porcine - Organisation - Commercialisation 14

2.4 Impact de la PPA 14

2.5 Repeuplement 15

3. Gambie 15

3.1 L'élevage du porc en Gambie 15

3.2 Incidence de la PPA 16

4. Guinée Bissau 17

4.1 Généralités - Elevage de porcs 17

4.2 Incidence de la PPA 18

III CONCLUSIONS 19

IV RECOMMENDATONS 21

Annexe I Termes du Mandat

Annexe II Programme de la Mission

Annexe III Recommandations de l'Atelier PPA-Lomé 3-4 juin 1998

ii

LISTE DES ABREVIATIONS

ANADER Agence Nationale d'Appui au Développement Rural

APPOR-CI Association de Producteurs de Porcs de Côte d'Ivoire

CNEPPA Cellule Nationale d'Eradication de la Peste Porcine Africaine

CREPPA Cellule Régionale d'Eradication de la Peste Porcine Africaine

DGRA Direction Générale des Ressources Animales

DPE Direction des Productions d'Elevage

DSV Direction des Services Vétérinaires

FED Fonds Européen de Développement

GDS Groupement de Défense Sanitaire

GID Groupe Industriel de Distribution

GVC Groupements à Vocation Coopérative

LANADA Laboratoire National d'Appui au Développement Agricole

MINAGRA Ministère de l'Agriculture et des Ressources Animales

OIE Office International des Epizooties

ONG Organisations Non Gouvernementales

PADSE Projet d'Appui au Développement du Secteur de l'Elevage

P.P.A. Peste Porcine Africaine

PRODEC Projet de Développement des Espèces à Cycles Courts

SAFAL Société Africaine d'Alimentation

SICS Société Ivoirienne de Charcuterie et de Salaisons

SIVAC Société Ivoirienne d'Abattage et de Charcuterie

SYNEPORCI Syndicat National des Eleveurs de Porcs en Côte d'Ivoire