Commercialisation des Produits Halieutiques dans la Zone Sud du Projet de Développement Intègre de la Pêche Traditionnelle sur la Côte Sud













Table des matières


par

Rahantalisoa HARILALA
Consultante

MINISTERE DE LA PECHE ET DES RESSOURCES HALIEUTIQUES

Programme Sectoriel Pêche

MAG/97/002-DO/16/98

Mai 1997

PROGRAMME DES NATIONS UNIES POUR LE DEVELOPPEMENT

ORGANISATION DES NATIONS UNIES POUR L'ALIMENTATION ET L'AGRICULTURE

Toliara, Mai 1997

Les conclusions et recommandations figurant dans ce document sont celles qui ont été jugées appropriées lors de sa rédaction.

Les désignations utilisées et la présentation des données qui figurent dans le présent document n'impliquent, de la part des Nations Unies ou de l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture, aucune prise de position quant au statut juridique des pays, territoires, villes ou zones, ou de leurs autorités, ni quant au tracé de leurs frontières ou limites.

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Table des matières


AVANT-PROPOS

PREPARATION DU DOCUMENT

PUBLICATIONS DU PROGRAMME SECTORIEL PECHE

PARTIE I

INTRODUCTION

I. ANALYSE DE LA STRUCTURE DE COMMERCIALISATION

1.1. Différents types de circuit de commercialisation

1.1.1. Circuits commerciaux des produits frais
1.1.2. Circuits commerciaux des produits transformés

1.2. Transport et conditionnement

1.2.1. Le transport des produits
1.2.2. Le conditionnement des produits

1.3. Formation des prix

1.3.1. Produits frais
1.3.2. Produits fumés
1.3.3. Produits séchés

II. DONNEES QUANTITATIVES SUR LA COMMERCIALISATION

III. DONNEES QUANTITATIVES SUR LA COMMERCIALISATION A TOLIARA VILLE

IV. CONTRAINTES LIEES A LA COMMERCIALISATION DES PRODUITS

4.1. Du point de vue circuit de commercialisation:
4.2. Du point de vue traitement des produits:
4.3. Du point de vue conditionnement:
4.4. Du point de vue transport:

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

PARTIE II

INTRODUCTION

I. ANALYSE DE LA SITUATION ACTUELLE CONCERNANT LA COMMERCIALISATION DES PRODUITS HALIEUTIQUES DANS LA ZONE NORD DE TOLIARA

1.1. Sur les lieux de production

1.1.1. Les principaux produits commercialisés
1.1.2. Les intervenants dans le système de commercialisation
1.1.3. Traitement des produits
1.1.4. Evacuation des produits - transport

1.2. Au niveau des opérateurs

1.2.1 Organisation de la collecte
1.2.2. Traitement des produits - conservation - destination
1.2.3. Circuit de commercialisation

1.3. Autres intervenants liés aux activités de commercialisation du poisson frais

1.3.1. Les fabricants de glace
1.3.2. Les fournisseurs en matériels et équipements de traitement/conditionnement

II. FAISABILITE TECHNIQUE ET FINANCIERE D'UNE STRUCTURE DE COLLECTE DU POISSON DANS LA ZONE NORD DE TOLIARA

2.1. Installation de débarcadères au niveau des villages
2.2. Mise à la disposition de caisses isothermes/glacières aux mareyeurs

2.2.1. Revenu d'une mareyeuse de Manombo collectant du poisson frais à vendre à Toliara
2.2.2. Etude de rentabilité de l'activité de collecte de poulpes par les mareyeurs qui utilisent une caisse isotherme

2.3. Installation d'une fabrique de glace à Manombo

2.3.1. Contexte et justification
2.3.2. Etude d'implantation d'une unité de fabrique de glace

III. POSSIBILITES TECHNIQUES ET ORGANISATION DE LA COMMERCIALISATION DU POISSON FRAIS

3.1. Amélioration des marchés existants
3.2. Mise en place de points de vente de poisson frais
3.3. Autres possibilités

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

LISTE DES PUBLICATIONS


AVANT-PROPOS

Suite aux efforts de planification sectorielle réalisés en 1990-1992 avec l'appui du PNUD et de la FAO, un plan directeur et un programme d'action (Programme Cadre Global de Développement de la Pêche et de l'Aquaculture) ont été élaborés dans le cadre du Projet MAG/85/014 "Assistance à l'administration des pêches et de l'aquaculture". Le programme d'actions se compose de trente-neuf (39) thèmes jugés prioritaires pour cinq ans et qui s'articulent autour d'objectifs précis. Plusieurs bailleurs de fonds ont apporté leur soutien à ce Programme Cadre, dont le PNUD en particulier par le biais du Programme Sectoriel Pêche MAG/92/004.

Ainsi, le Programme Sectoriel Pêche, initialement sous le sigle MAG/92/004 a démarré en Avril 1993 pour une période de quatre ans. Dans cette première phase, sur financement du PNUD, la FAO a contribué à la réalisation de ce programme en étroite collaboration avec l'Administration chargée des Ressources Halieutiques et plusieurs autres institutions nationales et internationales.

Actuellement, le Programme Sectoriel Pêche sous le sigle MAG/97/002 est en phase de transition vers la nouvelle Programmation du PNUD sur la Lutte Contre la Pauvreté. Il comprend huit produits:

- Cadre et opérationnalisation d'une approche de développement communautaire intégré du milieu pêcheur dans la région de Toliara;

- Cadre et opérationnalisation d'une approche participative pour la valorisation des produits halieutiques dans la région de Morondava;

- Mise en place d'un système statistique décentralisé pour la planification et la gestion du secteur et des pêcheries;

- Plan d'aménagement pour la pêche crevettière (collaboration avec Projet PNRC);

- Adaptation du cadre législatif aux besoins du secteur (aménagement gestion des pêcheries en priorité);

- Appui sélectif pour des programmes de formation spécifique;

- Appui à la coordination et à la programmation sectorielle;

- Mise en place effective et l'opérationnalisation de la Cellule de Coordination ainsi que des modalités d'utilisation du Fonds de Développement Halieutique et Aquicole".

Le Programme Sectoriel Pêche s'articule en fait autour de deux objectifs:

i) Amélioration des conditions de production et de valorisation dans ces communautés de pêcheurs traditionnels et contribution à la lutte contre la pauvreté;

ii) Renforcement des instruments et mécanismes de suivi et de gestion du secteur halieutique pour assurer le développement durable des pêcheries.

Compte tenu de l'importance du secteur halieutique dans l'effort global de développement du pays, il faut noter que le Plan directeur a été réaménagé avec l'appui du PSP/MAG/97/002(1997) de sorte à tenir compte des priorités et besoins du moment

PREPARATION DU DOCUMENT

Dans sa recherche de solution pour une meilleure exploitation des ressources et pour contribuer à augmenter les revenus des pêcheurs traditionnels, le Projet de "Développement communautaire intégré de la pêche traditionnelle sur la côte sud" a engagé une étude sur le mareyage et la commercialisation des produits de mer afin de mieux cibler les actions à mener dans ce domaine.

Dans la zone sud de Toliara (Phase I) et la zone nord (zone d'extension du projet, Phase II), le système de vente tel qu'il fonctionne actuellement a été décrit. La compréhension des différents circuits de commercialisation permet de dégager les éléments importants sur lesquels reposent les coûts de commercialisation et les marges bénéficiaires au profit des pêcheurs et mareyeurs), premiers maillons de la filière de vente.

L'étude a également indiqué les contraintes et les difficultés auxquelles sont confrontés les différents intervenants de la chaîne de production et de commercialisation.

Ces indicateurs étant identifiés et les produits halieutiques capturés par les pêcheurs mieux valorisés par les techniques améliorées apportées, l'écoulement des produits pourrait, grâce à un système approprié, profiter aux pêcheurs et mareyeurs (ses) de cette zone d'intervention.

Programme Sectoriel Pêche
B.P. 3971
Antananarivo 101
MADAGASCAR
Fax - Tél.: 22.408.94
E-Mail: psp@simicro.mg

PUBLICATIONS DU PROGRAMME SECTORIEL PECHE

Les publications du Programme Sectoriel Pêche sont regroupées en deux séries:

- Une série de documents techniques (MAG/97/002-DT) présentant les résultats d'études ou d'analyses approfondis, des rapports d'expertise, manuels de formation et d'autres documents techniques d'importance.

- Une série de documents occasionnels (MAG/97/002-DO) faisant rapport d'études ou de missions ponctuelles, de résultats préliminaires, et d'aide-mémoire.

Pour ces deux séries, il est également fait référence au numéro du document (15) et à l'année de publication (1998).

Le Programme Sectoriel Pêche publie également un bulletin d'information bimestriel: Info· Pêche Madagascar.

La référence bibliographique de ce document doit être donnée ainsi:

Harilala, R., Commercialisation des produits halieutiques dans la zone sud du projet de développement intégré de la pêche traditionnelle sur la côte sud. Programme Sectoriel Pêche. PNUD/FAO/MAG/97/002-DO/16/98.

INTRODUCTION

Contrairement à la zone Nord, la zone Sud du projet est caractérisée par un accès difficile. En effet, bien qu'il existe une piste reliant les villages, leur accès est coupé au niveau du fleuve Onilahy qui constitue une barrière naturelle; il faudrait faire plus de 300 km de route pour arriver au premier village des pêcheurs après le fleuve (Soalara) qui se situe à 30 km seulement de Toliara.

Par ailleurs, les moyens de transport sont très limités: soit par pirogue dont les déplacements sont toujours dépendants de l'état de la mer, soit par taxi-brousse dont le passage n'est pas régulier du tout. Aussi, les mareyeurs sont-ils contraints de transformer les produits sous forme salée-séchée, ou fumée pour les conserver avant de les évacuer sur les marchés avoisinants ou sur Toliara.

La zone de distribution varie suivant le type de produits: les poissons fumés pour les villages de l'intérieur, les salés-séchés transitent par Toliara pour être réexpédiés sur les hautes terres et d'autres localités (Fianarantsoa, Antsirabe, Antananarivo, Toamasina) ou pour l'exportation. La zone sud contribue essentiellement ainsi à l'approvisionnement en produits transformés des marchés tant locaux qu'extérieurs. Toutefois, on note qu'une partie des produits est évacuée frais sur Toliara par embarcation motorisée.

Cette étude se propose d'analyser le système de commercialisation des produits dans la zone Sud de Toliara afin d'identifier les différents problèmes à tous les niveaux pour permettre son amélioration. Elle se termine donc par quelques recommandations qui tiennent compte des interventions du projet dans la zone.

I. ANALYSE DE LA STRUCTURE DE COMMERCIALISATION


1.1. Différents types de circuit de commercialisation
1.2. Transport et conditionnement
1.3. Formation des prix


Au niveau de chaque communauté, il y a une structure bien établie selon laquelle les produits passent en général par un mareyeur (femme de pêcheur ou épicier du village ou autres), avant dêtre repris par un collecteur ou vendus sur les marchés. Ce sont ces mareyeurs qui assurent généralement la transformation des produits (fumage, salage ou séchage) dont la majeure partie est écoulée sur Toliara.

Le circuit direct "pêcheur-consommateur" se rencontre rarement. Les circuits commerciaux se caractérisent surtout par l'existence d'un ou de plusieurs intermédiaires, intervenant entre le producteur et le consommateur.

1.1. Différents types de circuit de commercialisation


1.1.1. Circuits commerciaux des produits frais
1.1.2. Circuits commerciaux des produits transformés


1.1.1. Circuits commerciaux des produits frais

La commercialisation des produits frais est complexe du fait de l'accès très difficile aux zones de production: soit par pirogue, ce qui dépend de l'état de la mer, soit par taxi-brousse lequel n'est ni fréquent ni régulier. Les produits halieutiques étant très périssables, l'utilisation du froid pour la préservation de la qualité s'avère nécessaire, mais ce n'est pas toujours à la portée de tous les mareyeurs. Aussi, la commercialisation à l'état frais est-elle limitée principalement aux villages à proximité des grands centres de consommation (Toliara ou Ampanihy et Ejeda à moindre échelle).

On distingue trois types de circuit de commercialisation des produits frais:

Type 1: Ce type de circuit se rencontre le plus souvent au niveau des villages et se traduit par un échange du poisson contre des denrées agricoles entre les pêcheurs "Vezo", et les agriculteurs-éleveurs "Tanalana" (système de troc).

Type 2: C'est le type de circuit suivi par les communautés de pêche proches des centres commerciaux. Ce sont les mareyeurs qui amènent les produits aux marchés pour les vendre eux-mêmes, ou bien, ils les acheminent sur Toliara et les vendent aux détaillants.

Le tableau ci-après montre la destination des produits selon leur origine.

Tableau n° 1: Destination des produits (Type 2)

Village

Type de produit

Destination

Soalara, Anakao

Poisson, langouste

Toliara

Maromena

Poulpe, poisson

Toliara

Beheloka

Calmar

Toliara via Anakao

Itampolo

Poisson

Ejeda, Betioky

Androka

Poisson

Ampanihy

Type 3: Pour ce type de circuit, il y a des collecteurs qui viennent dans les villages pour prendre les produits, ou bien ce sont les mareyeurs eux-mêmes qui amènent les produits à Toliara pour les vendre à des opérateurs-collecteurs

Tableau n° 2: Destination des produits (Type 3)

Village

Type de produit

Destination

Soalara

Poisson, langouste

Opérateur Toliara

Anakao

Poulpe, poisson, calmar

Opérateur Toliara

Maromena

Poulpe

Opérateur de Toliara

Beheloka

Poulpe, calmar, poisson

Opérateur de Toliara

Itampolo

Langouste, poulpe, poisson

Opérateur de Toliara, Tolagnaro

Androka

Langouste

Opérateur de Tolagnaro

Les produits sont traités et conditionnés par les opérateurs eux-mêmes (filetage, étêtage, congélation....). Ils sont destinés à l'exportation (Maurice), ou sont expédiés hors de la localité (Fianarantsoa, Antsirabe, Antananarivo...).

Il y a aussi des sociétés basées à Tolagnaro qui collectent les langoustes d'Itampolo et d'Androka. En 1995, cinq sociétés ont opéré dans la zone:

- SUDEXPORT
- MARTIN PECHEUR
- SOMADEP
- SOIEXT
- LMSL et Fils

Le tableau ci-après fait apparaître l'évolution (en kg) de leur collecte au cours des trois dernières années.

Tableau n° 3: Collecte des Sociétés

SOCIETES

ANNEES

1994

1995

1996*

MARTIN PECHEUR

9.362

10.344

4.852

SUDEXPORT


2.195

1.400

SOMADEP


351


SOIEXT


2.805


L.M.S.L


51


Total

9.362

15.746

6.252

Source:

Circonscription de la Pêche et des Ressources Halieutiques de Tolagnaro.
* Données jusqu'au mois de novembre seulement

En 1995, les cinq sociétés ont collecté dans la zone Androka-Itampolo plus de 15 tonnes de langoustes dont environ 10 tonnes reviennent à la société Martin Pêcheur. En 1996, seules deux sociétés y sont intervenues et leur fréquence de passage a diminué. Aussi a-t-il été constaté une baisse de la quantité collectée.

A Toliara, neuf opérateurs sont concernés par ces activités de collecte sur place ou sur les lieux de production:

Tableau n°4: Activités de collecte effectuées par 9 opérateurs

OPERATEURS

TYPE DE PRODUIT

DESTINATION

COPEFRITO

Poulpe, calmar, poisson, langouste

Maurice

Murex

Poulpe, calmar, langouste

Maurice

SICOCEAN

Poisson, langouste

Antananarivo

Mlle Rose

Calmar, langouste

Maurice

Mlle Vololona

Langouste

Antananarivo, Toliara (restaurant)

Ets MIRARY

Langouste, poisson, calmar

Antananarivo

M. Solofo

Crevette, langouste

Antananarivo

AQUAMEN

Poulpe, calmar, poisson, crevette, langouste

Europe

Bira Import-Export

Poulpe, calmar, poisson, crevette, langouste

Europe via Antananarivo

La plupart de ces sociétés opèrent dans la zone Androka-Itampolo où les villages de pêcheurs sont facilement accessibles. En ce qui concerne la zone Sud, certains opérateurs y interviennent par l'intermédiaire de collecteurs qui utilisent des embarcations motorisées.

Pour aider les pêcheurs à trouver des débouchés pour leur capture et pour vérifier la faisabilité technico-économique d'un circuit régulier de collecte et d'expédition des produits frais des villages reculés tel que Itampolo vers Toliara, une convention a été établie entre le projet et une société privée (SICOCEAN).

Le projet intervient dans l'assistance technique et matérielle des pêcheurs/mareyeurs (formation, mise à disposition de petits matériels,...) tandis que la société devrait s'occuper de l'approvisionnement en glace et assurer la collecte régulière des produits. Au terme de l'essai qui a duré 3 mois, il a été constaté une nette augmentation de la production des pêcheurs: la production mensuelle a augmenté de 8 fois plus par rapport à l'estimation faite à partir des enquêtes de production menées par le projet qui a été évaluée à 1 t/mois (cf. tableau ci-dessous).

Tableau n° 5: Production de la SICOCEAN (kg) Oct. - Nov. - Déc. 1996

Produits

Mois

Total

Octobre

Novembre

Décembre

Langoustes entières

42,5

878,5

1.766,5

2.687,5

Poulpes

97,5

101

795,5

994

Poissons

365

2.526

5.497

8.388

Total

505

3.505,5

8.059


Par la suite, il a été constaté que d'autres opérateurs commencent à s'intéresser à ces zones dont entre autres, Aquamen, la Société Bira Import-Export....:

- AQUAMEN envisage d'installer à Itampolo une infrastructure comportant des systèmes de froid (chambre froide, fabrique de glace). Pour commencer, elle va d'abord utiliser un bateau usine pour le traitement et stockage des produits et des petites vedettes pour la collecte. Ces activités démarreront vers la deuxième quinzaine du mois de juin avec l'arrivée du bateau Aquamen 11 à Toliara.

- Un opérateur chinois va se lancer dans la collecte des produits de mer dont notamment la langouste en vue de l'exportation à l'état vivant en Chine. La construction d'une installation qui comprend des viviers pour la stabulation avant expédition est déjà en cours.

1.1.2. Circuits commerciaux des produits transformés

Les contraintes liées à une commercialisation sous forme de produits frais, obligent les mareyeurs à transformer les produits: (séchés, salés-séchés ou filmés). C'est une activité dévolue principalement aux femmes. Les techniques restent de type traditionnel, mais certains mareyeurs adoptent déjà les techniques les plus améliorées introduites par le projet (utilisation de four, salage amélioré...).

On distingue cinq types de circuit de commercialisation des produits transformés:

Type 1: Dans ce type de circuit, c'est la femme du pêcheur qui amène les produits sur les marchés pour les vendre directement aux consommateurs. Ces produits pêchés par le mari, sont les seuls vendus par la femme.

Type 2: A la différence du circuit du type 1, la femme du pêcheur vend à la fois les poissons pêchés par son mari et par d'autres pêcheurs. On la considère ainsi comme une mareyeuse, prenant alors en charge la transformation du produit, qu'elle vend directement au marché.

Type 3: L'activité de commerce est menée par la mareyeuse (citée en type 2), mais qui vend son produit à un détaillant, tout en prenant une marge bénéficiaire. Par la suite, ce sont les consommateurs qui achètent auprès du détaillant.

Type 4 et type 5: Dans ces deux cas, qui sont les plus fréquemment rencontrés, les produits transitent par Toliara au niveau des collecteurs: les mareyeurs, généralement épiciers du village les achètent auprès des pêcheurs, les transforment et les amènent à Toliara pour les vendre aux collecteurs ou sociétés. Ensuite, ces derniers vont, soit les exporter, soit les expédier hors de la localité (Fianarantsoa, Sud-est via Fianarantsoa, Antananarivo, Toamasina....).

Le tableau ci-après montre les opérateurs de Toliara concernés par l'exportation des produits transformés.

Tableau n°6: Exportation des produits

Quantité en kg

Opérateurs

Produits

Destination

Poissons

Algue

Poulpe

Crevette

Trépang

Aileron requin

Coquillage

Murex International

5.874


22.657

506



3.310

Maurice

Inayataly B.



7.365

4.844




Maurice

Biomad


282






France via Tana

A. Lakoubay





26.521

700

82.345

Singapour

Zaza Club





2.285

50


Hong Kong, Corée

Zanatany



4.772

1.437




Maurice

H. H. Tahora







9.100

Italie

Copefrito



3.234





Maurice

Source: SPPRH Toliara

Les opérateurs qui effectuent des expéditions hors localité sont:

- Mme RASOAZANANY
- Mme MARIE
- Mme MODESTINE
- Mme MARIETTE
- M. LANGAY Célestin
- M. DEZAH
- M. RANDRIANIRINA Jean De Dieu
- M. YVON
- M PEPIN Maurice
- Ets TANJONA et MIRINDRA
- M. ALIBAY Lakoubay

Souvent, des collecteurs-grossites de Fianarantsoa viennent jusqu'à Toliara pour acheter auprès de ces opérateurs. Les produits les plus concernés sont les poissons, mais il y en a qui expédient aussi des trépangs (Tanjona et Mirindra en vue de les exporter en passant par Antananarivo), et des poulpes.

Le schéma ci-dessous illustre les différents types de circuit de commercialisation que l'on peut rencontrer.

Ce schéma concerne les produits frais et les produits transformés: les produits passent en général par les mareyeurs auprès desquels les collecteurs les achètent. Ce sont les mareyeurs qui s'occupent de la préparation et de la transformation des produits. Ils constituent ainsi un maillon très important dans le circuit et influent beaucoup sur la qualité des produits, donc sur le prix des produits.

Remarques:

Ces derniers temps, l'exploitation du requin a pris un essor considérable dans la région en vue de la récupération des ailerons (produits de haute valeur marchande, destinés à l'exportation). Ce sont des produits très recherchés, et les collecteursentrent en concurrence pour les acheter même s'ils ne sont pas bien préparés (mauvais découpe, mauvais séchage...). La préparation est assurée par le pêcheur (découpe, séchage), et dans la plupart des cas, ce sont les collecteurs eux-mêmes qui passent dans les villages pour les acheter. D'habitude la chair, après y avoir découpé un morceau pour la consommation de la famille, est rejetée sur la plage en même temps que la peau. Actuellement, ces deux sous produits sont récupérés: la chair, transformée en salée/séchée, est vendue à Toliara; la peau salée et séchée à l'ombre fait l'objet d'essai en vue de son utilisation en maroquinerie.

En ce qui concerne l'exploitation du trépang, il a été constaté que d'une part, les espèces à haute valeur commerciale se font de plus en plus rares (Holothuria scabra....) et que d'autre part, la taille des espèces capturées diminue de plus en plus. Il est à noter que du fait de l'importance de la demande, les pêcheurs et mareyeurs se soucient peu de la préparation de ce produit.

1.2. Transport et conditionnement


1.2.1. Le transport des produits
1.2.2. Le conditionnement des produits


1.2.1. Le transport des produits

Le transport des produits, du village au lieu de vente, est en général assuré par les mareyeurs (femme de pêcheurs ou épicier du village) mais il y a quand même des collecteurs qui viennent par leurs propres moyens acheter les produits. Le transport est en général assure par pirogue à voile ou à moteur, par charrette ou par taxi-brousse.

De Soalara à Maromena, l'évacuation des produits sur Toliara se fait par pirogue qui reste le moyen le plus pratique. En effet, le transport sur route oblige le mareyeur à faire un grand détour en passant par Betioky. Par ailleurs, le taxi-brousse qui relie Toliara à Androka ne passe pas dans les différents villages de pêcheurs.

A partir des villages entre Beheloka et Androka, le transport par taxi-brousse pour aller à Toliara est possible, bien que son passage ne soit ni assez fréquent (une fois par semaine), ni régulier. Aussi, les mareyeurs préfèrent-ils utiliser la pirogue.

La charrette est la plus utilisée pour le transport des produits acheminés vers les marchés avoisinants (d'Androka à Ampanihy, de Beheloka à Tomboina, d'Itampolo à Edjeda...).

1.2.2. Le conditionnement des produits

En ce qui concerne le conditionnement des produits frais, certains mareyeurs utilisent des caisses isothermes fournies par les collecteurs qui achètent leurs produits. Ils s'approvisionnent en glace à Toliara. Sinon, les poissons sont mis dans une cuvette, ou tout simplement chargés dans la pirogue, recouverts d'algue fraîche (cas de l'évacuation du poisson frais à partir de Soalara). L'utilisation de la glace est encore très limitée, compte tenu de son prix et de sa disponibilité (3.000 Fmg/barre de 10 kg). Les mareyeurs qui acheminent du poisson frais sur Ampanihy ou Ejeda utilisent du sel pour la conservation: les poissons sont mis dans une cuvette, ensuite sont salés et recouverts d'algue fraîche. Ils les rinceront à l'eau avant de les vendre au marché.

Les langoustes d'Androka et d'Itampolo, à destination de Tolagnaro, sont stockées dans des viviers en attendant le passage des collecteurs; les langoustes vivantes sont recouvertes de sable pour le transport, tandis que les queues sont conservées sous glace.

Dans tous les cas, les poissons fumés sont conditionnés dans des soubiques tandis que les produits séchés ou salés-séchés sont mis dans des sacs en jute ou en propylène.

1.3. Formation des prix


1.3.1. Produits frais
1.3.2. Produits fumés
1.3.3. Produits séchés


1.3.1. Produits frais

Au niveau des villages, le prix des produits frais varie:

- selon la destination du produit: consommation directe, vente à l'état frais ou pour être traité. A Anakao par exemple, le prix est très fluctuant à cause de la concurrence (présence d'un restaurateur, proximité de Toliara facilitant l'évacuation, présence de plusieurs collecteurs-mareyeurs).

- selon la saison: en période d'abondance passagère des bancs de poissons, le prix est relativement bas (kabily, varilava, logy ou gros poissons); en fin de campagne, le prix de la langouste tend à augmenter (10.000 Fmg en début de campagne et 15.000 Fmg en fin de campagne).

- selon les espèces (gros pélagiques, petits pélagiques, poissons de roches...)

- selon le prix des autres denrées: le prix du poisson augmente quand celui des denrées agricoles augmente.

D'une manière générale, on assiste à une baisse considérable du prix du poisson frais en début d'année à cause, d'une part, de l'abondance des produits, et d'autre part, à cause de la difficulté d'acheminement hors localité.

Les variations de prix se situent dans les fourchettes ci-après:

Tableau n°7: Variation des prix

PRODUIT

PRIX (Fmg/kg)

Poisson

800 - 3000

Langouste entière

10.000 - 15.000

Queues de langouste

25.000 - 35.000

Calmar

3.500 - 6.500

Poulpe

1.000 - 2.000

1.3.2. Produits fumés

Les produits fumés sont destinés à être vendus dans:

- les localités environnantes (Ampanihy, Ejeda, Tomboina, Betioky);
- quelques villages situés le long de la RN7 (Sakaraha, Andranovory, Vineta).

Les poissons sont vendus par tas et le prix fixé sur la base des charges occasionnées par le transport: 1250 Fmg pour un poisson de 100 à 150 g. Il faut ainsi une quantité minimum de produits afin de compenser les charges.

Le tableau ci-dessous fait apparaître les frais de transport en fonction du moyen utilisé et de l'itinéraire.

Tableau n°8: Tarif de transport

Itinéraire

Moyen

Charrette

Pirogue

Taxi-brousse

Solara - Toliara


3.000 Fmg


Anakao - Toliara


4.000 Fmg


Maromena - Toliara


4.500-5.000 Fmg


Beheloka - Toliara


7.500 Fmg


Beheloka - Tomboina

25.000 Fmg



Itampolo - Edjeda

30.000 Fmg



Androka - Ampanihy

40.000 - 50.000 Fmg



Androka - Toliara



Marchandise: 300 Fmg/kg




Passager: 30.000 Fmg/kg

Location d'une pirogue: 25.000 à 100.000 Fmg par voyage selon les distances.

1.3.3. Produits séchés

Ce type de produit étant surtout écoulé sur Toliara auprès des opérateurs, le prix, d'une manière générale, est fixé par ces derniers. Ils le déterminent en fonction des prix avancés par les clients en aval.

Comme une partie du poisson salé est expédiée vers les zones productrices de café (Sud est), le prix aux producteurs suit en parallèle la fluctuation du prix du café. Par ailleurs, on assiste à une baisse considérable des prix pendant les quatre premiers mois de l'année, période qui correspond à la difficulté d'accès dans ces zones.

Le tableau ci-après montre les prix pratiqués à différents niveaux du circuit de commercialisation.

Tableau n°9: a) Prix pratiqués à différents niveaux de circuit de commercialisation

FRAIS

Produits

Prix aux villages (Fmg/kg)

Prix aux opérateurs ou au marché (Fmg/kg)

Prix à l'exportation FF/kg

Destination

Poisson

1.250 - 2.000

4.000 - 4.500

7 FF (scarsu)

Maurice

Calmar

3.000 - 4.500

6.000 - 8.000

10 - 13 FF

Maurice

18 FF

Espagne

Poulpe

1.250 - 1.500

2.500 - 4.000

6 - 9 FF

Maurice

13 FF

Espagne

Langouste entière

10.000 - 15.000


25 FF

Maurice

Queue de langoustes


40.000 - 50.000

40 FF

Maurice

Crevettes

1.500 - 2.000

7.000 - 10.000

8-15 FF

Maurice

Kabily

1.250 - 2.000

2.000 - 4.000


Tanà-Fianar

Varilava

1.750 - 2.500

2.000 - 4.000


Tanà-Fianar

Tableau n°10: b) Prix pratiqués à différents niveaux de circuit de commercialisation (Suite)

TRANSFORMES

Produits

Prix aux villages (Fmg/kg)

Prix aux opérateurs ou au marché (Fmg/kg)

Prix à l'exportation (FF/kg)

Destination

Poisson Séché

2.500 - 2.750

2.750 - 3.500


Tana - Fianar

Salé - séché

1.000 - 1.500

2.250 - 3.000

12,5 FF

Maurice

Fumé (1)


6.000 - 8.000



Poulpe


7.500 - 8.500

12 FF

Maurice

Trépang (3)
25 - 30 pièces/kg

150 - 500 (2)

20.000 - 30.000


Hong-Kong



150 - 170 FF

Singapour

Aileron de requin
20 - 40/pièce

180.000 - 200.000

200.000 - 250.000

400 - 600 FF

Singapour

Filet de requin

2.000 - 2.500

100.000 - 150.000


Tana - Fianar

Algue

300 - 400

500 - 700

2 - 25 FF

Le Havre

Coquillage

1.500 - 2.500 (Beja)

Casque rouge: 2.500 - 3.500

10.000 - 14.000

Italie

Burgal: 10.000

12 - 17

cuddy: 45.000

(1) Les poissons fumés sont vendus directement par les mareyeurs aux marchés
(2) Dans les villages, les holothuries se vendent par pièce
(3) Les trépangs, les ailersons de requin et les algues ne sont pas embarqués à Toliara

1. d'une manière générale, le prix des produits livrés aux opérateurs à Toliara est deux à trois fois plus que les prix d'achat dans les villages. Cette différence de prix tient compte des frais occasionnés par les transports et conditionnement d'une part, et des éventuelles pertes dues aux écarts de triage lors de la livraison ou aux écarts de poids consécutifs à la présentation des produits (cas de langoustes étêtées ou des poissons étêtés éviscérés...).

2. Compte tenu du prix de poisson frais, soit au village, soit aux marchés (Toliara), la transformation en salé-séché ne valorise guère ce produit. C'est uniquement une méthode de conservation. En effet, si on tient compte du rendement en salé séché (35 à 45%) et de la quantité de sel nécessaire pour le salage, le coût de production est supérieur à 3.000 Fmg, la main-d'oeuvre pour la préparation n'étant pas encore intégrée. Comme les pêcheurs ne considèrent pas toujours leurs efforts de pêche comme une charge, l'activité leur semble toujours rentable.

3. Certains produits d'exportation comme le trépang, les ailerons de requin et les algues ne sont pas embarqués à Toliara mais dans d'autres localités. Aussi, est-il difficile d'avoir leur prix à l'exportation.

II. DONNEES QUANTITATIVES SUR LA COMMERCIALISATION

Les données figurant dans le tableau ci-après ont été obtenues à partir d'un recensement des mareyeurs et à partir d'enquêtes menées auprès de ces derniers concernant leurs activités: type de produits, destination des produits, nombre de mareyeurs, quantités expédiées et rythme d'expédition.

Tableau n°10: Situation des activités de commercialisation dans la zone du projet

Village

Mareyeurs professionnels

Produits cibles

Destination des produits

SOALARA

08

Poissons fumés

Vineta, Sakaraha, Andranovory, Bezaha

Poissons salés

Collecteur de Toliara

Poissons frais

Société et collecte de Toliara

Langoustes

"-"

Poulpes

"-"

ANAKAO

09

Poissons fumés

Vineta, Sakaraha, Bezaha

Poisson s salés

Toliara

Poissons frais

Toliara

Calmars

Toliara

Poulpes

Toliara

BEHELOKA

14

Poulpes séchés

Toliara

Poissons fumés

Betioky, Tomboina

Poisson s salés

Toliara

Calmars

Toliara

Algues

Toliara

Trépangs

Toliara

MAROMENA

08

Poissons fumés

Tomboina

Poulpes séchés fumés

Toliara

Poisson s salés

Toliara

Trépangs

Toliara

ITAMPOLO

10

Poissons fumés

Edjeda, Itampolo

Poisson s salés

Toliara

Ailerons de requin

Collecteurs venant de Toliara

Langoustes

Collecteurs venant de Toliara et Tolagnaro

Poulpes, calmars

Collecteurs de Toliara

Poissons frais

Collecteurs de Toliara

ANDROKA VAO

8

Poulpes séchés, coquillages

Toliara, Antananarivo

Poissons fumés

Ampanihy

Poissons salés

Ampanihy

Langoustes

Collecteur de Toliara et de Tolagnaro

ANDROKA ELA

9

Poissons salés

Toliara

Poulpes

Ampanihy

Coquillages

Edjeda

Trépangs


Ailerons de requin

Collecteurs de Toliara

Chair de requin salé

Opercule

AMBOHIBOLA

06

Coquillages

Toliara, Antananarivo

Poissons fumés

Ampanihy

Poissons salés

Toliara, Antananarivo

Langoustes

Collecteurs de Tolagnaro

Poulpes séchés

Toliara

On a recensé environ 80 mareyeurs/collecteurs professionnels dans la zone d'intervention du projet. Cependant, ce chiffre peut-être multiplié par 2 ou par 3 dans chaque village si on tient compte des autres mareyeurs occasionnels. Généralement, les mareyeurs collectent un peu partout pour rentabiliser leur déplacement à Toliara ou à Antananarivo où ils amènent le maximum de produits.

Par contre, ceux qui écoulent leurs produits sur les marchés environnants sont contraints de limiter leur quantité compte tenu du délai de conservation réduit et des conditions de transport (par charrette).

Tableau n°11: Quantité moyenne collectée par mareyeur par voyage

Produit

Quantité (kg/mois)

Destination

Poisson fumé

100 - 150

Ampanihy

Poisson "frais"

50 à 100

Ejeda

Poisson séché

200 à 600

Ejeda

Poulpe

50 - 100

Toliara - Antananarivo

Langouste

100 - 250

Toliara - Tolagnaro

Trépangs

50 - 100

Antananarivo - Toliara

Algue

200 - 400

Toliara

La collecte des calmars n'a été développée que depuis 1995 avec l'arrivée des collecteurs de Toliara dans les villages.

III. DONNEES QUANTITATIVES SUR LA COMMERCIALISATION A TOLIARA VILLE

- La majeure partie des produits en provenance de la zone Nord et de la zone Sud est acheminée sur Toliara ville. Par la suite, ils sont, soit écoulés sur place (marchés locaux), soit expédiés en dehors de Toliara (expéditions intérieures ou exportations). Ces quantités commercialisées peuvent être connues à partir de l'exploitation des données obtenues:

- par les agents de l'Administration qui font des contrôles journaliers sur les trois principaux marchés de Toliara (Sanfily, Bazar be, Betania) pour l'estimation de la consommation locale.

- à partir de l'exploitation des certificats d'origine et de salubrité délivrés par l'administration à chaque expédition effectuée par les collecteurs, les opérateurs et les particuliers. Les destinations des produits sont connues également.

Cependant, les produits qui ne transitent pas par Toliara échappent au contrôle de l'Administration: il en est ainsi des quantités vendues par les mareyeurs eux-mêmes (produits vendus aux marchés de Tomboina, Ejeda, Betioky, Ampanihy, Sakaraha...).

Tableau n°12: Commercialisation à partir de Toliara

Tableau n°12: Commercialisation à partir de Toliara (suite)

Source: SPPRH Toliara

Le tableau qui concerne les produits commercialisés, contrôlés par l'Administration des pêches, fait apparaître que:

- les poissons frais ne sont ni expédiés hors localité, ni exportés, mais sont seulement consommés localement;

- les poissons séchés - salés séchés sont les produits transformés les plus expédiés hors localité par les opérateurs et les particuliers;

- les céphalopodes (poulpe et calmar) sont aussi expédiés hors Toliara en quantité importante à destination d'Antananarivo;

- les produits qui intéressent les opérateurs pour l'exportation sont, par ordre décroissant:

- l'algue
- le coquillage
- le trépang
- les poulpes séchés
- poulpes congelés
- les poissons salés séchés.

Il est à noter qu'à Toliara, une seule société fait la collecte et l'exploitation d'algues alors que les opérateurs autorisés sont assez nombreux.

Le tableau montre la tendance à la baisse de la production, surtout pour les produits d'exportation (coquillage, trépang, algue) alors que jusqu'ici, on peut affirmer que le problème de débouchés ne se pose pas encore pour tous les produits commercialisés.

En effet, les marchés surtout à l'intérieur du pays sont encore non saturés et les produits sont facilement écoulés.

IV. CONTRAINTES LIEES A LA COMMERCIALISATION DES PRODUITS


4.1. Du point de vue circuit de commercialisation:
4.2. Du point de vue traitement des produits:
4.3. Du point de vue conditionnement:
4.4. Du point de vue transport:


A travers l'analyse du système de commercialisation dans la zone du projet, les contraintes ci-après ont pu être identifiées.

4.1. Du point de vue circuit de commercialisation:

Pour certains produits, le circuit de commercialisation est trop long en raison du nombre important d'intermédiaires (cas de la commercialisation du thon frais), ce qui entraîne, d'une part, un risque d'altération du produit, et d'autre part, l'augmentation du prix aux consommateurs.

4.2. Du point de vue traitement des produits:

- carence à l'hygiène: la plupart des mareyeurs et des collecteurs se soucient peu de l'hygiène lors de la manipulation des produits (préparation à même le sol, utilisation de petits matériels qui ne sont pas propres...).

- amélioration non maîtrisée des méthodes de transformation des produits, voire, non adoptée par certains mareyeurs: les produits ne se conservent pas longtemps.

4.3. Du point de vue conditionnement:

- utilisation de matériel de conditionnement inapproprié pour les produits frais (soubique, cuvette, polystyrène de récupération, glacière déjà usée...)

- mauvaise utilisation de la glace:

- mélange "glace-copeaux", ce qui soumet les produits à un risque de contamination,

- non-respect du rapport "glace/produits" en vue d'une meilleure conservation

- difficulté d'approvisionnement en glace: il n'y a qu'un seul fabricant de glace à Toliara (Igloo 2000) chez qui se ravitaillent tous les utilisateurs de la ville et des environs.

4.4. Du point de vue transport:

- commercialisation des produits frais limitée à proximité de Toliara.

- voies de desserte non pratiques pour l'évacuation des produits frais sans utilisation de moyens appropriés (caisse isotherme, glace...).

- évacuation des produits difficile à programmer à cause des moyens de transport peu fiables (taxi-brousse non réguliers, pirogues dépendant de l'état de la mer).

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

La présente étude a permis de dégager l'importance de la commercialisation dans l'exploitation des produits marins dans la zone sud du projet. En effet, il apparaît que la rentabilisation de toute exploitation nécessite une meilleure application de la technologie du poisson aux opérations de manutention, de transformation et de distribution des produits, depuis la capture jusqu'à la consommation finale:

- la qualité, notamment, la salubrité restera une préoccupation importante au stade de la manipulation (préparation, transformation) des produits;

- les pertes après capture pourraient être réduites en mettant en place des systèmes de réfrigération lors des manipulations (préservation de la fraîcheur des produits) et des systèmes de distribution rapide des produits (meilleure organisation de la collecte et de la commercialisation).

Aussi, les recommandations ci-après sont-elles avancées pour une meilleure utilisation des produits. Elles concernent les principaux intervenants dans le système de collecte et de commercialisation des produits marins.

Au niveau des pêcheurs/mareyeurs

- Il faudrait poursuivre et multiplier les séances de formation des mareyeurs et pêcheurs pour la préservation de la fraîcheur des produits (règle d'hygiène élémentaire, utilisation de la glace). En effet, les produits halieutiques sont très périssables et devraient être bien traités depuis les pêcheurs et les mareyeurs mêmes afin de diminuer les pertes après capture.

- Il s'avérerait nécessaire d'organiser des séances de formation des pêcheurs/mareyeurs sur le traitement des holothuries en vue de l'amélioration de la qualité.

- Il conviendrait de faciliter l'approvisionnement des pêcheurs et mareyeurs en petits matériels de traitement et de conditionnement convenables (petit outillage, caisse isotherme) ainsi que leur approvisionnement en glace. Ceci va les inciter à se lancer beaucoup plus dans la commercialisation des produits frais, qui, d'une part, les épargne d'un travail supplémentaire (transformation des produits) et d'autre part est plus rémunératrice.

- Il faudrait inciter les mareyeurs à s'organiser en groupements pour faciliter leur assistance tant technique que financière. Il en est de même pour les recherches de débouchés et la formation des prix.

Au niveau des opérateurs/collecteurs

- Soutenir les initiatives des opérateurs dans l'établissement d'accords de travail avec les mareyeurs et/ou les pêcheurs des villages afin de faciliter l'évacuation des produits par l'amélioration du circuit de commercialisation, notamment, par la limitation du nombre d'intermédiaires;

- Inciter les opérateurs à prendre en considération la qualité des produits dans la formation des prix afin d'encourager les pêcheurs/mareyeurs à faire des traitements convenables.

Au niveau des autorités locales

- Attirer l'attention des autorités locales sur la nécessité de disposer des marchés couverts avec des étales, là ou les produits sont écoulés (Vineta, Tomboina, Edjeda, Ampanihy) pour la préservation de leur qualité.

- Inciter les autorités locales à installer des débarcadères dans les villages (villages touchés par le projet et villages de pêcheurs de Toliara) pour faciliter le suivi des activités de pêche: assistance technique, recueil de données statistiques....

Au niveau de l'administration des pèches

- Renforcer les collaborations avec les autorités locales dans le suivi des activités de pêche.

- Etre stricte vis-à-vis des opérateurs dans le contrôle de qualité et de salubrité des produits pour que les normes soient respectées par tous les intervenants (depuis les pêcheurs/mareyeurs jusqu'aux opérateurs).

- Orienter des privés à investir:

· dans la fabrication de glace pour satisfaire les besoins des opérateurs qui sont toujours croissants;

· dans la fabrication des caisses isothermes.

INTRODUCTION

La zone Nord occupe une place importante dans l'approvisionnement en produits halieutiques de la ville de Toliara, notamment les marchés locaux et les sociétés de collecte. En effet, la zone est riche en produits très prisés sur les marchés extérieurs, tels que le poulpe et le calmar. Aussi, ces derniers temps, les opérateurs s'intéressent-ils de plus en plus aux activités de collecte dans la zone. Ceci aide beaucoup les pêcheurs et les mareyeurs dans l'évacuation de leurs produits, d'autant plus que les prix aux producteurs ne cessent d'augmenter à cause de leur concurrence.

Cependant, il a été constaté que les différents exploitants, chacun à leur niveau, ne sont pas encore bien organisés dans leurs activités. Ceci expose les produits à des perpétuels risques de détérioration pouvant porter atteinte au label de Madagascar. Par ailleurs, même les consommateurs sur place ne profitent pas toujours d'un produit de bonne qualité.

Cette étude se propose d'identifier un système de collecte et commercialisation des produits frais issus de la zone Nord permettant d'une part, l'évacuation régulière des produits dans des meilleures conditions pour la préservation de leur fraîcheur, et d'autre part, la professionnalisation du métier à tous les niveaux (pêcheurs, mareyeurs, collecteurs) afin de mieux valoriser les produits.

Aussi, l'étude commence-t-elle par une analyse du système de commercialisation actuel afin d'identifier les principaux problèmes auxquels se heurtent les intervenants. La deuxième partie montre la faisabilité technique et financière d'une structure de collecte des produits frais pour une meilleure organisation de toutes les activités, l'objectif étant toujours d'offrir aux consommateurs des produits de meilleure qualité malgré les différentes étapes par lesquelles passent ces produits.

L'étude se termine par des propositions d'organisation de la collecte.

I. ANALYSE DE LA SITUATION ACTUELLE CONCERNANT LA COMMERCIALISATION DES PRODUITS HALIEUTIQUES DANS LA ZONE NORD DE TOLIARA


1.1. Sur les lieux de production
1.2. Au niveau des opérateurs
1.3. Autres intervenants liés aux activités de commercialisation du poisson frais


1.1. Sur les lieux de production


1.1.1. Les principaux produits commercialisés
1.1.2. Les intervenants dans le système de commercialisation
1.1.3. Traitement des produits
1.1.4. Evacuation des produits - transport


1.1.1. Les principaux produits commercialisés

Plusieurs types de produits font l'objet d'exploitation dans la zone Nord de Toliara: le poisson, le poulpe, le calmar, le trépang, l'algue, le coquillage, le requin (les différentes espèces figurent en annexe). Ils sont commercialisés sous forme:

- frais (poisson, poulpe, calmar, crevette)
- séché (poulpe, trépang)
- salé-séché (poisson)
- fumé (poisson)

Les opérateurs sont surtout intéressés par la collecte de céphalopodes dont le poulpe et le calmar qui font l'objet d'une rude concurrence ces derniers temps, le poisson étant considéré comme un produit accessoire.

1.1.2. Les intervenants dans le système de commercialisation

Au niveau des villages, les différents intervenants dans le système de commercialisation sont:

- les pêcheurs qui sont à la base du système. Ils vendent les produits soit auprès des mareyeurs, soit auprès des sous-collecteurs du village. La relation directe pêcheurs/collecteurs ne se rencontre que rarement;

- les mareyeuses qui sont souvent les femmes des pêcheurs vendent les poissons soit sous forme frais, au marché de Manombo, soit sous forme fumé aux marchés des villages intérieurs (Ankililoaka,...). Souvent, il y a aussi des mareyeurs venant des villages avoisinants qui achètent les produits auprès des pêcheurs et les amènent chez eux pour les vendre;

- les collecteurs du village qui sont la plupart du temps des épiciers et opèrent comme des intermédiaires entre les pêcheurs et les collecteurs des opérateurs de Toliara. Ils achètent les produits frais auprès des pêcheurs. Quand les collecteurs de Toliara ne passent pas, ils transforment les produits sous forme séchée ou salée-séchée et les amènent à Toliara. Parfois, ils les vendent à un commerçant collecteur de Manombo. Il faut noter aussi l'existence des collecteurs saisonniers qui s'intéressent uniquement à quelques espèces apparaissant pendant une certaine période de l'année: c'est le cas des collecteurs venus des hauts-plateaux qui achètent les petits pélagiques à l'état frais, les préparent (séchage) et les amènent sur les marchés de l'intérieur.

- les collecteurs de Toliara qui passent quotidiennement dans les villages pour prendre les produits auprès des sous collecteurs.

1.1.3. Traitement des produits

D'une manière générale, le traitement des produits commence au niveau des mareyeurs. En effet, les pêcheurs livrent les produits entiers aux mareyeurs sauf pour les requins qui sont éviscérés et pour les poulpes dont le foie est parfois prélevé au préalable pour servir d'appât.

En ce qui concerne la préparation des produits (lavage, éviscération....) tout se fait avec des moyens de fortune, il est constaté que les mareyeurs se soucient peu de l'hygiène des produits. L'utilisation de l'eau reste limitée, soit parce que la source d'eau n'est pas à proximité, soit à cause de leur habitude de laver sommairement les produits.

Par ailleurs, les techniques de transformation restent de type traditionnel:

- le fumage qui utilise le "kitsaoka" 1 donne un produit plutôt grillé à durée de conservation très limitée;

- le salage-séchage, effectué surtout dans les villages reculés du nord où l'accès est difficile;

- le séchage des petits pélagiques qui s'effectue à même le sol;

- par manque de glace, une pratique assez courante dans les zones reculées est l'utilisation du sel pour conserver le poisson frais destiné pour les marchés des villages de l'intérieur. Cette méthode permet la conservation du poisson pendant 24 à 48 heures et le produit se présente à l'état salé humide.

1. Le "kitsaoka" consiste à enfiler les poissons sur les tiges de bois et à les disposer autour d'un foyer constitué par un feu de bois mort.

1.1.4. Evacuation des produits - transport

Quoique de mauvais état, la route reliant Manombo-Tuléar est praticable toute l'année et le passage des taxi-brousses régulier. Aussi, l'évacuation des produits ne pose pas trop de problème pour les mareyeurs qui veulent vendre à Toliara ou dans les villages intérieurs avoisinants (Ankililoaka, Ankilimalinike...).

L'accès par route dans les villages au Nord de Manombo est par contre très difficile et les taxi-brousses n'y passent pas. Aussi, la pirogue est-elle le moyen de transport le plus couramment utilisé par les mareyeurs pour l'évacuation de leurs produits vers Manombo ou vers Toliara; les produits à vendre dans les villages intérieurs sont amenés à pied ou par charrette. Le tableau ci-après montre les moyens de transport courants dans les villages selon la destination des produits.

Tableau n°1: Les moyens de transport utilisés

Villages

Type de produit

Destination

Moyen de transport

Frais de transport

Manombo

Poisson fiais

Toliara

Taxi-brousse

2.000 fmg la soubique

Poisson fumé



5.000 Fmg/passager

Fitsitike

Poisson frais

Ankilimalinike

Charrette

10.000 Fmg/charrette

Poisson fumé

Ankililoaka

Taxi-brousse

4.500 Fmg/passager

Fitsitike

Poisson frais

Tsihake, Antandroka



Poisson fumé

Antanimena, Androtse

A pied



Ankatobarika, Antsanisia



Fitsitike

Poisson fumé

Toliara

Camion

1.000 à 1.500 Fmg/panier

Poulpe séché

Toliara

Taxi-brousse

3.000-5.000 Fmg/sac

Poulpe séché

Manombo

Charrette

2.500-5.000 Fmg

Fiherenamasy

Poulpe séché

Manombo

Charrette

20.000 Fmg

Poisson frais - fumé

Beroroha




Antsanisiha

A pied


Tsifota

Poisson fumé

Ankililoaka

A pied (6 heures)



Antsanisia

A pied


Poisson salé, poulpe séché

Antsanisia

Charrette


Poisson salé

Manombo

Pirogue

25.000 Fmg

Tsiandamba

Poisson salé

Manombo

Pirogue


Poulpe séché - poisson salé, filmé

Ankililoaka

Charrette

15.000 Fmg/sac

Salary

Poulpe séché

Manombo

Pirogue

100 Fmg/kg de produit

Poisson séché

"-"

"-"


Aileron séché

"-"

"-"


Poisson frais, fumé

Ampasikibo

A pied



Antseva - Belitsake



1.2. Au niveau des opérateurs


1.2.1 Organisation de la collecte
1.2.2. Traitement des produits - conservation - destination
1.2.3. Circuit de commercialisation


A Toliara, il y a 4 opérateurs qui interviennent dans la zone Nord pour la collecte des produits de mer: la COPEFRITO, la SICOCEAN, le CODEX et le MUREX International. Leurs zones de collecte s'étendent jusqu'à Ambatomilo.

1.2.1 Organisation de la collecte

D'une manière générale, les opérateurs passent régulièrement dans les villages pour collecter les produits auprès de leurs sous-collecteurs. C'est surtout pendant les périodes de vives eaux, périodes favorables à la pêche aux poulpes qu'ils organisent leur descente sur terrain. En effet, le poulpe et le calmar sont les produits les plus visés dans le Nord.

Les collecteurs négocient rarement avec les pêcheurs en direct. Ce sont les sous-collecteurs qui achètent auprès des pêcheurs et prennent par la suite une marge bénéficiaire de 500 Fmg par kg en vendant aux collecteurs. La plupart du temps, ces sous-collecteurs sont les épiciers du village et ils conservent les produits dans des glacières mises à leur disposition par les opérateurs qui leur approvisionnent en glace. D'une manière générale, ces derniers utilisent des voitures 4x4 pour la collecte. Seule la COPEFRITO possède un camion isotherme, mais lequel ne peut accéder au-delà de Manombo: de Manombo à Tsiandamba ou à Ambatomilo, la collecte se fait à l'aide d'un tracteur ou par pirogue motorisée. Les produits sont toujours conservés sous glace dans des caisses isothermes. Les opérateurs produisent eux-mêmes la glace dans leur chambre de congélation mais la majeure partie est achetée chez un fabricant sur place (igloo 2000). La quantité de glace par chaque opérateur lors d'un voyage est de 1.000 à 1.200 kg. Il est à noter que les opérateurs collectent essentiellement les produits frais.

1.2.2. Traitement des produits - conservation - destination

Le traitement des produits se fait à Toliara où se trouvent les installations des opérateurs:

- le traitement des produits à congeler consiste en leur lavage, éviscération, étêtage, filetage, congélation;

- certains opérateurs commercialisent les produits collectés à l'état séché (poulpe, trépang, coquillage....).

La plupart des opérateurs exportent ces produits à l'île Maurice sous forme congelée et leur présentation est indiquée dans le tableau ci-après.

Tableau n°2: Présentation des produits

Produits

Présentation

Poisson

Entier éviscéré

Filet

Poulpe

Entier éviscéré

Calmar

Filet

Entier éviscéré

Tête

Crevettes

Entières

Etêtées

Langouste

Queues

1.2.3. Circuit de commercialisation

Le type de circuit de commercialisation est à peu près le même que ce soit pour les produits frais ou les produits transformés. En fait, dans le Nord, du fait de la facilité d'accès dans les villages de pêcheurs, les produits sont commercialisés en majeure partie à l'état frais.

On distingue quatre types de circuit selon l'importance du nombre d'intervenants dans le système de commercialisation:

Type 1: Dans ce type de circuit, les mareyeuses du village achètent les produits aux pêcheurs et les vendent aux marchés avoisinants (Manombo, Ankilimalinike, Ankililoaka...). Les pêcheurs ne sont payés qu'après écoulement des produits. Par ailleurs, il y a aussi les mareyeuses provenant des villages avoisinants qui viennent acheter les poissons auprès des pêcheurs pour les revendre chez elles par la suite. Les produits concernés pour ces activités ne sont pas en grande quantité (1 à 3 paniers par mareyeuse).

Type 2: Ce type de circuit concerne la commercialisation des ailerons de requins en particulier, produits qui sont préparés par les pêcheurs eux-mêmes (découpe, séchage) et achetés directement par les opérateurs en vue de l'exportation.

Type 3: C'est le type de circuit rencontré dans la commercialisation des produits frais ou transformés passant par l'intermédiaire de sous-collecteurs (en général, les épiciers du village) avant d'être pris par les opérateurs qui passent dans les villages. Le traitement et le conditionnement des produits frais sont assurés par les opérateurs avant leur expédition hors de la localité de Toliara ou avant leur exportation vers l'Ile Maurice surtout (la majeure partie de la production).

En ce qui concerne les produits transformés, le traitement (préparation, séchage....) se fait au niveau des sous-collecteurs qui les amènent par la suite à Toliara pour les vendre auprès des opérateurs.

Type 4: Ce circuit de commercialisation se rencontre surtout avec les produits transformés dont: poulpe séché, poisson-salé; coquillage.... Ces produits sont préparés par les collecteurs épiciers du village et vendus à un collecteur indien de Manombo qui les achemine sur Toliara. En effet, la plupart des collecteurs des villages, surtout ceux en provenance du Nord de Manombo, ne montent pas jusqu'à Toliara.

Schéma du circuit

1.3. Autres intervenants liés aux activités de commercialisation du poisson frais


1.3.1. Les fabricants de glace
1.3.2. Les fournisseurs en matériels et équipements de traitement/conditionnement


La commercialisation du poisson frais est une activité très délicate étant donné que c'est un produit très périssable. En effet, la préservation de la qualité nécessite toujours une manipulation convenable depuis la pêche jusqu'à la consommation. Les pertes après capture pourraient être réduites en mettant en place des systèmes de conditionnement éprouvés de réfrigération et de distribution rapide des produits. D'où l'importance de certains facteurs primordiaux tels que:

- disponibilité en équipements et matériels adéquats;
- approvisionnement en quantité suffisante en glace;
- conditions d'évacuation régulières et permanentes.

1.3.1. Les fabricants de glace

A Toliara, il n'existe que deux fabricants de glace: IGLOO 2000 et GLACE VEZO. Ce dernier n'a commencé que depuis 3 mois et ce dans le but d'approvisionner sa boulangerie en glace. Par contre, l'IGLOO 2000 possède 8 points de vente éparpillés dans la ville de Toliara auprès desquels les utilisateurs achètent de la glace, notamment: les mareyeurs et les collecteurs de produits halieutiques, les boulangers, les vendeurs de citronnade.

Le tableau ci-dessous fait apparaître quelques données sur ces deux fabricants de glace.

Tableau n°3: Données sur la vente de glace


IGLOO 2000

Glace VEZO

Nombre de machine

4

1

Présentation

Barre de 10 - 12 kg

Barre de 10 - 12 kg

Capacité réelle de production

4 tonnes/jour

900 kg/jour

Production moyenne par jour

1-2 tonnes

400 kg

Quantité vendue par jour

1-1,5 tonne

400 kg

Prix de vente aux consommateurs (en 1997)



GM 1 barre

5.250

5.250

GM ½ barre

2.650

-

GM ¼ barre

1.350


PM 1 barre

3.500


PM ½ barre

1.750


PM ¾ barre

900


Prix de vente aux grossistes (barre GM)

4.500

4.000

D'après ce tableau; la capacité de production de ces fabricants pourrait aisément satisfaire les besoins des opérateurs de Toliara en glace étant donné que les quantités produites journalièrement ne sont même pas écoulées: les opérateurs en produisent déjà une partie. Cependant, les pêcheurs/mareyeurs des villages trouvent des difficultés pour s'en procurer.

1.3.2. Les fournisseurs en matériels et équipements de traitement/conditionnement

A Toliara, il y a des artisans locaux qui fabriquent des caisses isothermes selon la forme et les dimensions voulues par les clients. Cependant, ces artisans n'ont pas toujours de fonds disponibles pour l'achat de matériaux et il revient à ceux qui font la commande d'en fournir. C'est seulement la main-d'oeuvre qui est payée.

En ce qui concerne les installations de froid (chambre ou tunnel de congélation, chambre froide), les opérateurs utilisent parfois des containers (munis de moteur à compression). Tous les équipements de froid sont importés, il en est de même pour les pièces détachées des matériels.

II. FAISABILITE TECHNIQUE ET FINANCIERE D'UNE STRUCTURE DE COLLECTE DU POISSON DANS LA ZONE NORD DE TOLIARA


2.1. Installation de débarcadères au niveau des villages
2.2. Mise à la disposition de caisses isothermes/glacières aux mareyeurs
2.3. Installation d'une fabrique de glace à Manombo


L'objectif principal de l'opération est de fournir aux consommateurs des produits de bonne qualité. Pour ce faire, il faudrait qu'une structure de collecte et de distribution soit mise en place de façon à ce que les produits soient écoulés régulièrement dans de bonnes conditions. Tous les intervenants du système de commercialisation auront des efforts à faire pour la réussite des actions à entreprendre c'est-à-dire les pêcheurs, les mareyeurs et les collecteurs (opérateurs) d'une part, et d'autre part les services techniques et les autorités locales.

2.1. Installation de débarcadères au niveau des villages

Une des conditions nécessaires pour l'amélioration de la qualité des produits est la mise à la disposition des pêcheurs/mareyeurs et des collecteurs, d'un endroit approprié pour la réception, la préparation et la vente des produits.

La mise en place de débarcadères ou hangar de réception des produits dès leur mise à terre permet de prévenir la détérioration rapide des produits qui peut être accélérée par:

- l'action de la chaleur;
- la contamination extérieure apportée par l'environnement, les matériels de préparation utilisés, le manipulateur...

Par ailleurs, elle permet aussi d'améliorer les conditions de travail des mareyeurs et des collecteurs.

La construction de débarcadères dans les villages doit ainsi répondre à certains critères, notamment:

- la proximité d'un point d'eau (puits, eau courante ou bord de mer)
- l'accès facile
- l'existence d'espace de travail

Elle doit être couverte et comportera des étals.

2.2. Mise à la disposition de caisses isothermes/glacières aux mareyeurs


2.2.1. Revenu d'une mareyeuse de Manombo collectant du poisson frais à vendre à Toliara
2.2.2. Etude de rentabilité de l'activité de collecte de poulpes par les mareyeurs qui utilisent une caisse isotherme


Il faudrait faciliter l'acquisition de caisses isothermes par les mareyeurs. En effet, c'est un équipement très important pour la conservation des produits frais sous glace car la chaleur est l'un des facteurs pouvant accélérer la putréfaction du poisson. Comme il a été vu auparavant, rares sont les mareyeurs qui en disposent à titre personnel, les glacières rencontrées dans les villages appartiennent en général aux opérateurs qui les confient à leurs sous-collecteurs. Les mareyeurs sont parfois obligés de vendre leurs produits à un prix qui ne correspond pas à leur attente étant donné qu'ils n'ont pas les équipements adéquats pour le conditionnement et la conservation de ces produits écoulés à l'état frais hors zone d'activité.

Le système de vente location adopté jusqu'alors par le projet est idéal pour permettre aux mareyeurs d'acquérir ces matériels, sinon il faudrait leur donner les possibilités d'accès au petit crédit, et pour l'achat de caisse isotherme, et pour l'achat de pirogue.

C'est dans ce sens que le projet a déjà lancé dans le Sud la sensibilisation sur les intérêts de l'utilisation des caisses isothermes. Quatre modèles ont été construits par un artisan de Toliara.

- modèle pirogue en V qui peut se tenir dans une embarcation
- modèle PM de 200 l
- modèle MM de 400 l
- modèle GM de 600 l

Ces modèles ont été construits avec des matériaux trouvés sur place:

- modèle en planche de bois de pin
- modèle en planche "arofy"
- modèle en contre-plaqué

Le tableau ci-après montre quelques données sur ces modèles

Tableau n°4: Prix pratiqué par le projet jusqu'en 1997 pour les caisses isothermes


 

Planche arofy ou en bois de pin

Contre-plaqué

Type pirogue

PM 200 l

MM 400 l

PM 200 l

MM 400 l

Coût (FMG)

175.000

250.000

350.000

450.000

650.000

Durée de vie moyenne (mois)

24

24

24

24

24

Amortissement mensuel

7.290

10.450

14.580

18.750

27.080

capacité poisson/glace (kg)

99

132

264

132

264

2.2.1. Revenu d'une mareyeuse de Manombo collectant du poisson frais à vendre à Toliara

La mareyeuse peut ravitailler le marché de Toliara ou bien vendre ses poissons à une société de collecte de Toliara. Elle utilise deux glacières PM de 2001 dont l'une est pour le stockage du poisson dans le village, l'autre pour le transport sur Toliara.

Le transport s'effectue par taxi-brousse car il y en a deux qui desservent le village tous les jours.

Données techniques

Frais de transport: 5.000 Fmg par caisse + 5.000 frais d'une personne (aller).

Supposons qu'elle effectue 10 voyages par mois et qu'elle achète la glace à Toliara à raison de 500 Fmg le kilo.

Quantité de poisson livrée par voyage: 70 kg
Prix d'achat du poisson aux pêcheurs: 2.500 Fmg/kg
Prix de vente du poisson à Toliara: 4.000 Fmg/kg
Quantité de glace nécessaire par voyage: 70 kg

Calcul de revenu mensuel

Investissement


2 glacières

500.000 Fmg/kg

Durée de vie de la glacière

24 mois

Amortissement mensuel (10.450 Fmg x 2)

20.900 Fmg

Charges mensuelles


Achat de poisson 70 kg x 10 x 2.500

1.750.000 Fmg

Achat de glace 70 kg x 10 x 500

3 50.000 Fmg

Frais de transport (aller et retour 10.000 x 2 x 10)

200.000 Fmg

Frais de manutention

50.000 Fmg

Amortissement

20.900 Fmg

Divers

10.000 Fmg

TOTAL DES CHARGES

2.3 80.900 Fmg

Recettes mensuelles


Vente de poisson 4.000 x 70 x 10

2.800.000 Fmg

Revenu mensuel

419.100 Fmg

Soit un taux de rentabilité mensuel de: 17,6 %


L'étude a été faite à partir de la collecte du poisson pour montrer sa faisabilité technique et financière. En effet, la commercialisation du poisson frais ne fait jusqu'ici que l'objet d'une activité accessoire (complémentaire): les opérateurs s'intéressent essentiellement à la collecte de céphalopodes (poulpe et calmar) et le poisson constitue un produit d'accompagnement. Le mareyeur pourrait alors faire des expéditions régulières, indépendamment de la fréquence des collecteurs qui ne passent pas en général que lors des périodes de vives eaux.

2.2.2. Etude de rentabilité de l'activité de collecte de poulpes par les mareyeurs qui utilisent une caisse isotherme

1er cas: les opérateurs viennent sur place pour prendre les produits

Pendant les périodes de vives eaux (une semaine à 10 jours), les collecteurs passent journalièrement dans les villages pour collecter le poulpe. Les produits sont donc écoulés tous les jours. Aussi, une caisse isotherme de 2001 suffira-t-elle pour leur conditionnement.

Données techniques sur l'activité du mareyeur

Quantité moyenne collectée par jour: 50 kg

Nombre de jours d'activité pleine par mois: 16 jours (deux périodes de vives eaux par mois)

Prix d'achat moyen auprès des pêcheurs: 2.250 Fmg/kg
Prix de vente moyen aux collecteurs: 3.000 Fmg/kg

Calcul de revenu du mareyeur

Investissement


1 glacière de 200 l

250.000 Fmg

durée de vie

24 mois

amortissement mensuel

10.450 Fmg

Charges mensuelles


Achat de poulpes: 50 x 2.250 x 16

1.800.000

Achat de glace: 50 x 500 x 16

400.000

Amortissement:

10.450

Divers

10.000

TOTAL DES CHARGES

2.220.450

Recettes mensuelles


Vente de poulpes: 3.000 x 50 x 16 =

2.400.000

Revenu mensuel: 2.400.000 - 2.220.450 =

179.500

Soit un taux de rentabilité mensuel d'environ 8%


2ème cas: les mareyeurs amènent les produits à Toliara pour les vendre auprès des opérateurs

Données techniques sur l'activité du mareyeur

Quantité moyenne collectée par jour: 50 kg
Nombre de jours d'activité pleine par mois: 16 jours
Prix d'achat moyen auprès des pêcheurs: 2.250 Fmg/kg
Prix de vente aux collecteurs: 3.500 Fmg/kg

Calcul de revenu du mareyeur

Investissement


1 glacière de 2001

250.000 Fmg

durée de vie

24 mois

amortissement mensuel

10.450

Charges mensuelles


Achat de poulpes: 50 x 2.250 x 16

1.800.0000

Achat de glace: 50 x 500 x 16

400.000

Frais de transport: 10.000 x 2 x 16

320.000

Frais de manutention

50.000

Amortissement

10.450

Divers

10.000

TOTAL DES CHARGES

2.590.450

Recettes mensuelles


Vente de poulpes: 3.500 x 50 x 16

2.800.000

Revenu mensuel

209.550

Soit un taux de rentabilité mensuel d'environ 8%


Avec un tel revenu mensuel, le mareyeur pourrait liquider facilement en 5 mois le prêt pour l'achat de la caisse isotherme de la caisse avec un remboursement de 50.000 Fmg par mois.

Tableau n°5: Récapitulatif des taux de rentabilité mensuels

Activités

Total des charges mensuelles (Fmg)

Revenu mensuel (Fmg)

Taux de rentabilité mensuel (%)

Expédition de poisson frais sur Toliara

2.380.900

419.100

17.6

Expédition de poulpe frais sur Toliara

2.590.450

209.550

8

Vente de poulpe frais sur place (Manombo)

2.220.450

179.550

8

Pour le poulpe, il apparaît, d'après l'étude, qu'il n'y a pas beaucoup de différence entre le revenu obtenu par le mareyeur qui attend les collecteurs au village et celui qui amène le produit à Toliara.

Aussi, le premier est-il recommandé mais il faudrait une bonne organisation du système de collecte des opérateurs.

En ce qui concerne le poisson frais, les expéditions sur Toliara par le mareyeur lui-même s'avère être rentable aussi et lui permettront un écoulement régulier indépendamment du passage des opérateurs.

2.3. Installation d'une fabrique de glace à Manombo


2.3.1. Contexte et justification
2.3.2. Etude d'implantation d'une unité de fabrique de glace


2.3.1. Contexte et justification

La difficulté d'approvisionnement en glace reste une contrainte majeure pour les mareyeurs des villages limitant ainsi leurs activités de commercialisation de produits frais. Comme il a été vu auparavant, la glace est amenée par les opérateurs à partir de Toliara et souvent en quantité insuffisante à cause de la faible capacité de leur véhicule (voiture 4 x 4 ou tracteur).

L'installation d'une petite unité de fabrique de glace dont l'accès est facile encouragerait les pêcheurs, les mareyeurs et les collecteurs à adopter le système de conservation sous glace pour l'amélioration de la qualité des produits.

Manombo, un chef lieu de commune qui se trouve à mi-chemin entre les villages de pêcheurs du Nord (Fiherenamasay, Tsifota, Tsiandamba, Salary Avaratra, Ambatomilo) et ceux du sud (Fitsitika, Andrevo bas, Ambolomailaka) est le plus indiqué comme site d'implantation.

2.3.2. Etude d'implantation d'une unité de fabrique de glace

Une unité ayant une capacité de production de 400-500 kg/jour conviendra pour l'approvisionnement en glace des pêcheurs et des mareyeurs opérant dans la zone Nord. En effet, la production des fabricants de Toliara est suffisante pour les besoins de la ville (opérateurs, boulangers, mareyeurs de Toliara, vendeurs de citronnade...).

Cette unité comprend:

- une machine à glace en écailles
- deux congélateurs de 4001 pour les stockage des glaces invendues
- deux caisses isothermes de 7001 pour les stockage des glaces lors de la vente
- un générateur de 5 kva.

Le tableau ci-dessous montre le coût total des investissements.

Tableau n°6: Coût des investissements pour une fabrique de glace

Equipement matériel

Montant (Fmg)

Durée de vie

Amortissement

Machine à glace

120.000.000

10 ans

12.000.000

Deux congélateurs

8.000.000

4 ans

2.000.000

Deux caisses isothermes

1.350.000

5 ans

270.000

Générateur

20.000.000

10 ans

2.000.000

TOTAL

149.350.000


16.270.000

Le montant des investissements s'élève donc à 149.350.000 Fmg, financé soit à partir d'un projet à soumettre au FDHA, soit à partir d'un organisme de financement (Banque, FID...). Dans ce deuxième cas, la gestion sera assurée par un privé.

Charges de fonctionnement

a. Eau

Le besoin en eau, la matière première nécessaire, est évaluée à 1 m3/jour, soit une quantité de 240m3/an. Le coût de l'eau est estimé à 5.000 Fmg/m3.

b. carburant-lubrifiant

Le coût du carburant-lubrifiant nécessaire au fonctionnement du générateur est estimé à 500.000 Fmg par mois soit 6.000.000 Fmg par an.

c. Personnel

Un ouvrier spécialisé et un gardien assurent respectivement la production de glace ainsi que la vente et le gardiennage:

- le gardien est payé à 150.000 Fmg/mois
- l'ouvrier spécialisé est payé à 200.000 Fmg/mois.

d. Charge sociale

La charge sociale est estimée à 15% du montant du coût du personnel, soit à 630.000 Fmg.

e. Frais de manutention et d'entretien

Le frais de manutention et d'entretien est évalué à 200.000 Fmg/mois soit à 2.400.000 Fmg/an.

Recette

La recette est constituée par la vente de la glace avec une production de 450 kg/jour pendant 20 jours par mois. La glace est vendue à 500 Fmg/kg.

Compte d'exploitation prévisionnelle annuelle

Charges

Fmg

Matières premières

1.200.000

Carburant-lubrifiant

6.000.000

Salaire du personnel

4.200.000

Charge sociale

630.000

Loyer (50.000 Fmg/mois)

600.000

Frais de maintenance et d'entretien

2.400.000

Amortissement

16.270.000

Imprévus

6.000.000

Total des charges

37.300.000

Recettes

Fmg

Vente de glace

54 000 000

Bénéfice brut

16.700.000

IBS (35%)

5.845.000

Bénéfice net

10.855.000

Aussi, c'est une activité qui pourrait bien être rentable étant donné que l'écoulement de la glace ne devrait pas poser de problème compte-tenu de son importance pour les produits de mer.

L'intensification des actions de sensibilisation auprès des pêcheurs, des mareyeurs et des collecteurs est recommandée pour les persuader de l'intérêt de l'utilisation de la glace pour la préservation de la qualité des produits.

III. POSSIBILITES TECHNIQUES ET ORGANISATION DE LA COMMERCIALISATION DU POISSON FRAIS


3.1. Amélioration des marchés existants
3.2. Mise en place de points de vente de poisson frais
3.3. Autres possibilités


La plupart des opérateurs de Toliara s'intéressent surtout à l'exportation des produits et ils font rarement des ventes locales. Comme il n'y a pas de poissonnerie à Toliara, les besoins de la population en poisson frais sont principalement assurés par les trois marchés de la ville (Bazar be, Bazar Sanfily et Bazar Sakama).

Ces marchés sont approvisionnés en produits halieutiques frais provenant essentiellement des villages de pêcheurs avoisinants la ville dont Ambohitsabo, Ankiambe, Mahavatse I et II, Ankilibe, Belalanda. A moindre importance, il y a aussi des produits en provenance du Nord (Ifaty jusqu'à Andrevo) et du Sud de Toliara (Saint-Augustin, Soalara, Anakao).

Il a été constaté que:

- d'une part, le conditionnement de ces produits lors du transport jusqu'au marché, ainsi que lors de la vente ne permet pas souvent la conservation de la fraîcheur du produit (transport dans des seaux ou soubiques, non utilisation de glace...) et que,

- d'autre part, les marchés ne remplissent pas du tout les critères requis pour des conditions de vente adéquates, protégeant les produits de la chaleur et de toute contamination (lieux insalubres, sans évacuation des eaux usées, lieux à découvert même s'il existe des étals de vente...).

Ces conditions de travail conduisent plutôt à une détérioration rapide des produits.

Aussi, pour fournir aux consommateurs des produits de meilleure qualité, les propositions suivantes sont-elles avancées.

3.1. Amélioration des marchés existants

La réhabilitation des marchés existants est une nécessité sinon, une condition sine qua non pour la fourniture en produits de qualité aux consommateurs:

- un marché couvert et fermé est proposé pour la vente des produits de mer. Cette proposition tient compte des conditions climatiques de Toliara (vent du Sud important amenant des agents contaminants).

- le marché sera pourvu d'étals facilement lavables

- l'évacuation des eaux usées ne sera pas à négliger dans cette réhabilitation.

Par ailleurs, l'utilisation d'une caisse isotherme est aussi à conseiller pour pouvoir conserver plus longtemps les produits, donc, sans risque de détérioration au cas où ils ne seraient pas écoulés pendant la journée (notons qu'actuellement, les mareyeurs n'utilisent la glace qu'en fin de journée pour stocker le reste de poissons invendus de la journée).

La mairie et les services techniques ont des rôles importants dans la réalisation de ces améliorations. Ces institutions sont appelées aussi à collaborer pour qu'il y ait complémentarité dans leurs actions.

L'utilisation des équipements adéquats pour les mareyeurs et colporteurs, vendeurs doivent être exigés et leur acquisition doit être l'objet d'un appui ou d'une facilitation.

3.2. Mise en place de points de vente de poisson frais

En plus des consommateurs qui ont l'habitude d'acheter du poisson aux marchés, d'autres pourraient être ciblés selon leurs pouvoirs d'achat, par des vendeurs plus professionnels. Comme l'utilisation d'équipements/matériels sophistiqués tels que réfrigérateur, congélateur... nécessite des investissements et des charges très importants, un point de vente très simplifié suffira amplement pour la vente locale. Les équipements peuvent être fabriqués sur place.

Investissement

Le point de vente doit comporter au minimum:

- une caisse isotherme de 200 l pour le stockage des produits
- une table de vente isotherme pour l'étalage des produits
- des petits matériels (table pour la préparation, cuvettes, couteaux, balances...).

La table de vente isotherme

Il s'agit d'une sorte de caisse dont le fond est pourvu d'une plaque de polystyrène et d'une tôle plane galvanisée (TGP). Le dessus est recouvert d'un film de cellophane ou d'un cadre vitré. Les produits à vendre sont éviscérés et conservés sous glace dans la caisse isotherme, quelques spécimens seulement seront placés sur la table avec de la glace aussi.

Dimension de la table

Hauteur: 70 cm
Longueur: 100 cm
Largeur: 75 cm

Matériaux utilisés

- Bois en arofy
- polystyrène
- tôle plane galvanisée
- vitre + cadre

Schéma de la table isotherme

Tableau n°7: Total des coûts des investissements

Equipement matériel

Montant (Fmg)

Durée de vie

Amortissement (Fmg)

Caisse isotherme

250.000

3 ans

83.000

Table isotherme

150.000

2 ans

75.000

Petits matériels

50.000

1 an

50.000

TOTAL

450.000


208.000

* Les caisses isothermes peuvent durer jusqu'à 3 ans étant donné qu'on ne les déplace pas en brousse.

Charges de fonctionnement

a - Achat de poissons

L'achat de produits se fait auprès des mareyeurs qui les amènent à Toliara à raison de 3.500 Fmg/kg (produits sous glace). Le vendeur achète 50 kg tous les 2 jours, soit une quantité totale de 650 kg par mois (il ne travaille pas le dimanche).

b - Achat de glace

En pratiquant le ratio 1/1 c'est à dire 1 kg de glace pour conserver 1 kg de poisson, la quantité de glace nécessaire sera de 750 kg/mois environ, y compris la quantité de glace à mettre sur la table, le prix de la glace est de 500 Fmg/kg.

c - Charges diverses

Pour les diverses charges (patente, taxe...), il est réservé un montant de 600.000 Fmg/an.

Recette

Le poisson est vendu à 5.000 Fmg le kilo au minimum.

Calcul du revenu annuel du vendeur de poisson

Charges

Fmg

Achat de poisson

27.300.000

Achat de glace

4.500.000

Charges diverses

600.000

Loyer

480.000

Amortissement

208.000

TOTAL CHARGES

33.088.000

Recettes


Vente de poissons

39.000.000

Revenu annuel

5.912.000

Il pourrait ainsi obtenir un revenu mensuel de 493.000 Fmg environ.

3.3. Autres possibilités

a) l'utilisation de cette table isotherme avec une caisse isotherme peut-être aussi recommandée dans l'amélioration des conditions de vente de poissons aux marchés. En effet, l'investissement à faire n'est pas trop énorme

b) la vente du poisson frais pourrait être associée à d'autres produits frais (crevette, poulpe, calmar), à valeur marchande plus élevée. La capacité de la caisse isotherme permet d'en ajouter encore. Il faudrait dans ce cas séparer chaque espèce dans des bacs avant de les placer dans la caisse (toujours sous glace).

c) En plus des produits frais, la poissonnerie a la possibilité de vendre du poisson congelé en ajoutant à ses investissements, l'achat d'un congélateur. Il aura à augmenter aussi la quantité des produits à vendre. Ce serait un avantage de posséder un congélateur pour pouvoir diversifier les produits mis à la disposition des consommateurs.

CONCLUSIONS ET RECOMMANDATIONS

Les analyses du système de commercialisation actuel ont permis de dégager les principales contraintes liées à l'écoulement des produits frais de la zone Nord de Toliara. En effet, la plupart des intervenants dans le système dont les pêcheurs et mareyeurs en particulier, sont confrontés à certains problèmes, surtout dans les villages où le projet n'est pas encore intervenu:

- la méconnaissance de la notion d'hygiène et de salubrité des produits lors des manipulations (préparation, traitement des produits);

- la difficulté pour l'acquisition de matériels de conditionnement convenables permettant de maintenir la fraîcheur et la qualité des produits;

- la difficulté pour l'évacuation des produits dans certains villages (villages au Nord de Manombo) où les taxi-brousses ne passent pas: le transport des produits se fait par pirogue dont les sorties sont dépendantes de l'état de la mer;

- la difficulté d'approvisionnement en glace des pêcheurs/mareyeurs;

Au niveau des vendeurs, certaines constatations ont été faites aussi:

- l'insouciance des règles d'hygiène élémentaire;
- la méconnaissance du processus de détérioration des produits de mer;
- l'inexistence d'infrastructures adéquates pour la vente.

Par ailleurs, le comportement de certains consommateurs qui n'apprécient pas les poissons vidés n'incite pas les vendeurs à améliorer la présentation des produits.

Aussi, des actions s'avérent-elles nécessaires à mener pour une meilleure organisation de la commercialisation du poisson frais afin de fournir aux consommateurs des produits de meilleure qualité:

i. Formation des différents intervenants de la filière à axer sur:

- l'hygiène générale du personnel, du lieu de préparation, des matériels utilisés;
- le processus de dégradation des produits halieutiques;
- les techniques de conservation par le froid (utilisation de la glace).

ii. Facilitation de l'acquisition de matériels et équipements de traitement, de conservation et de conditionnement des produits par les pêcheurs/mareyeurs;

iii. Amélioration des conditions de vente des produits: l'intervention de la mairie, des agents de l'administration responsables en matière de contrôle de qualité et de salubrité s'avère primordiale. En effet, l'amélioration des conditions de vente de poisson doit d'abord passer par la mise à la disposition des vendeurs d'un endroit répondant aux règles et normes requises pour la salubrité du lieu: les marchés actuels doivent être réhabilités pour permettre l'évacuation des eaux usées, la protection contre le soleil et contre les agents contaminants (marchés couverts avec des étals adaptés pour l'utilisation de la glace). Il en est de même pour les colporteurs, qui doivent utiliser des équipements adaptés aux conditionnements des produits de mer (caisses ou calèches isothermes).

Compte tenu de toutes ces actions, l'étude a montré la faisabilité technique et financière de l'utilisation du froid pour la conservation des produits frais.

En effet, la rentabilité de la commercialisation du poisson frais sur le marché local a été démontrée:

- expéditions de poissons frais par les mareyeurs qui utilisent des caisses isothermes;
- vente de produits frais aux marchés ou poissonnerie en utilisant la glace.

En ce qui concerne l'utilisation de la glace pour la préservation de la qualité des produits frais, la production actuelle des fabricants de Toliara est suffisante pour satisfaire les besoins des opérateurs qui en produisent d'ailleurs une partie. Le problème se situe dans l'acheminement de la glace sur les lieux de production qui sont approvisionnés jusqu'ici par les opérateurs. Le déroulement des activités dépend ainsi du programme des opérateurs.

Aussi, la mise en place d'une unité de fabrique de glace installée à proximité des pêcheurs/mareyeurs faciliterait-elle leur approvisionnement d'une manière régulière et en quantité suffisante. A ce propos, la production et la vente de glace à Manombo s'est avérée être rentable d'après cette étude.

Par ailleurs, une meilleure organisation des activités de tous les intervenants du système de commercialisation est recommandée afin d'assurer l'évacuation régulière des produits. Les mareyeurs, les collecteurs et les vendeurs de poissons devraient travailler de concert pour cela. L'organisation ci-après est proposée en ce sens:

Dans les villages faciles d'accès (de Toliara à Manombo)

- les mareyeurs ont la possibilité d'amener leurs produits frais sous glace à Toliara pour approvisionner les marchés locaux et/ou les points de vente de poissons frais/congelés. De même, les produits à écouler sur les marchés avoisinants (Ankilimalinike, Ankililoaka...) doivent être aussi conditionnés sous glace.

- les sous-collecteurs par contre attendent le passage des collecteurs/opérateurs dans les villages. Ils conservent aussi les produits dans des caisses isothermes. Ils peuvent acheter directement auprès des pêcheurs.

Dans les villages situés au-delà de Manombo

- les mareyeurs peuvent amener les produits à Manombo par pirogue pour livrer aux sous-collecteurs. S'ils se déplacent jusqu'à Toliara, il y aura un frais supplémentaire occasionné par le transport alors que le prix du produit à Toliara est le même quelle que soit son origine.

Les opérateurs assureront la collecte au niveau de ces villages auprès de leurs sous-collecteurs.

A tous les niveaux donc, l'utilisation de la glace est fortement recommandée pour la conservation du poisson, du poulpe et du calmar. La sensibilisation soutenue de tous les intervenants du système de commercialisation est à renforcer pour des possibilités d'expédition de produits frais dans de meilleures conditions. Ceci permettrait ainsi d'assurer des débouchés autres que le marché local.

LISTE DES PUBLICATIONS

Programme Sectoriel Pêche (FAO-MAG/92/004 et MAG/97/002)

DOCUMENTS TECHNIQUES

Rakotomanantsoa, S. et J. Janssen, Manuel sur les diaporamas rizipisciculture et pisciculture. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004 - DT/1/94: 24 p.

Troadec,. P., La Recherche Halieutique à Madagascar: Organisation et Programmes Prioritaires. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004 - DT/2/94: 68 p.

Van den Berg, F. et. Janssen, Manuel pour le Développement de la Pisciculture à Madagascar. Volume 2: Marketing et Gestion financière d'une micro-entreprise de production d'alevins en milieu rural. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004 - DT/3/94: 77 p.

Dasylva, G., Ranarivelo, V. et. Razanoelisoa, Enquête Socio-Economique sur les communautés des pêcheurs traditionnels dans la région de Toliara. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004 - DT/4/94: 57 p.

Rapport du projet: Aménagement et exploitation rationnelle des lacs malgaches (MAG/92/TO2). Volume III A. Document Technique réalisé et publié avec l'appui du Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004 - DT/5/95: 165 p.

Rapport du projet: Aménagement et exploitation rationnelle des lacs malgaches (MAG/92/TO2). Volume III B. Document Technique réalisé et publié avec l'appui du Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004 - DT/5/95: 179 p.

Gréboval, D. et E. Ranaivoson (éds.), Aménagement de la Pêche Crevettière Malgache. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004 - DT/6/96: 186 p.

Andrianaivojaona, Ch., La pêche artisanale à Toamasina. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004 - DT/7/96: 90 p.

Andrianaivojaona, Ch., Etude de faisabilité du développement de la pêche artisanale sur la côte Est. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004 - DT/8/96: 90 p.

Dasylva, G. et M. Rakotondrasoa, Projet de développement communautaire intégré de la pêche traditionnelle sur la côte Sud. Programme Sectoriel Pêche. PNUD/FAO. MAG/92/004 - DT/9/97: 37 p.

Randriambololona, C., Aperçu sur les zones de pêche traditionnelle maritime dans la région de Toliara. Programme Sectoriel Pêche. PNUD/FAO. MAG/97/002 - DT/10/98: 28 p.

Randriambololona, C., Harilala R., Dasylva G. et M. Rakotondrasoa, Guide pour l'exploitation du poisson. Programme Sectoriel Pêche. PNUD/FAO. MAG/97/002 - DT/11/98: 51 p.

DOCUMENTS OCCASIONNELS

Pajot, G., Développement de la pêche artisanale sur la côte Est: Mission d'appui technique. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/1/94: 31 p.

Canal-Forgues, E., Législation des pêches à Madagascar. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/2/94: 36 p.

Kasprzyk, Z., Situation actuelle d'écoulement des produits halieutiques de la Côte Centre-Est de Madagascar et possibilités de commercialisation des poissons provenant des poissons de la pêche artisanale. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/3/94: 93 p.

Ranaivoson, E., Observations sur le traitement des produits frais et congelés de la pêche artisanale à Toamasina: Mission d'appui technique. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/4/94: 23 p.

Andriantsoa, M. et H. Razafimbelo, Nouvelle enquête-cadre du secteur pêche dans la région de Morondava (entre Belo-sur-Tsiribihina et Belo-sur-mer). Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/5/94: 17 p.

Pajot, G., Développement de la pêche artisanale sur la Côte Est: deuxième mission d'appui technique. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/6/94: 77 p.

Canal-Forgues, E., Législation des pêches à Madagascar. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/7/94: 41 p.

Kasprzyk, Z., Projet de démonstration de la commercialisation à Antananarivo du poisson frais de Toamasina. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/8/95: 30 p.

Canal-Forgues, E., Législation des pêches à Madagascar. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/9/95: 34 p.

Andrianaivojaona Ch. et B. Andriamiarantsoa, Développement de la pêche artisanale sur la côte Est. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/10/95: 50 p.

Gréboval, D. et N. Rakotozanany, Note sur l'aménagement de la pêche crevettière. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/11/96: 41 p.

Kourkouliotis, K. et T. Rafalimanana, Aperçu sur le secteur halieutique de la région de Morondava. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/12/96: 31 p.

Rajaonson, C., Gestion et fonctionnement du site de débarquement de l'Association "TAZARA" à Toamasina. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/92/004-DO/13/96: 20 p.

Kourkouliotis, K., Rapport intérimaire sur le Fonds de Développement Halieutique et Aquicole. Programme Sectoriel Pêche PNUD/FAO. MAG/97/002-DO/14/97: 28 p.

Dasylva, G., Rakotondrasoa M., Randriambololona C. et R. Harilala, Approvisionnement en matériels de pêche et de transformation (FDHA). Programme Sectoriel Pêche. PNUD/FAO. MAG/97/002-DO/15/98: 24 p.

Harilala, R., Commercialisation des produits halieutiques dans la zone sud du projet de développement intégré de la pêche traditionnelle sur la côte sud. Programme Sectoriel Pêche. PNUD/FAO. MAG/97/002-DO/16/97.

AUTRES

Kasprzyk, Z., Andrianaivojaona, Ch. et G. Dasylva, Pêches et Aquaculture à Madagascar. Plan Directeur. 1993: 98 p.

Avalle, O. et R. Randriatomponiony, Rapport Technique d'Elevage (ferme pilote d'aquaculture de crevettes, Nosy-Be). 1994: 21 p.

Avalle, O., Dépliant sur l'aquaculture de crevettes. 1994: 4 p.

Kasprzyk, Z. et Ch. Andrianaivojaona, Situation et prespectives de développement de la pêche et de l'aquaculture à Madagascar. Volume 1: Bilan de la pêche et de l'aquaculture pour la période 1990 - 1996. 1997: 77 p.

Kasprzyk, Z. et Ch. Andrianaivojaona, Situation et prespectives de développement de la pêche et de l'aquaculture à Madagascar. Volume 2: Plan directeur et programme cadre de développement de la pêche et de l'aquaculture pour la période 1997 - 2001. 1997: 48 p.

Kasprzyk, Z. et Ch. Andrianaivojaona, Situation et prespectives de développement de la pêche et de l'aquaculture à Madagascar. Synthèse. 1997: 21 p.