![]() RAPPORT DE MISSION Renforcement des capacités d'intervention d'urgence contre la peste porcine africaine (PPA) en Afrique de l'Ouest 5 - 28 octobre 1998 P.-C. Lefèvre |
IV-3 Pays d'enzootie où l'éradication est possible
IV-4 Pays d'enzootie où l'éradication est envisageable au long terme
Annexe 2 : Déroulement de la mission
Annexe 3 : Personnes rencontrées
Les consultants tiennent à remercier Monsieur N. Dazogbo, Représentant de la fao au Cameroun et M. M. Gaieb, Représentant de la fao en Guinée pour l'aide précieuse qu'ils ont apportée à la mission dans l'organisation des rendez-vous et des tournées sur le terrain.
PPA Peste porcine africaine
INIA Instituto nacional de investigacion agro-pecuaria (Espagne)
Cameroun
IRAD Institut de recherche en agronomie pour le développement
LANAVET Laboratoire national vétérinaire
MINEPIA Ministère de l'élevage, de la Pêche et des Industries animales
Guinée
LCDV Laboratoire central de diagnostic vétérinaire
SPRA Service de promotion des ressources animales
Côte d'Ivoire
LANADA Laboratoire national de diagnostic des maladies animales
Ghana
LPIU Livestock planning and Information Unit
The consultants, Professor A. Verhulst and Dr. P.-C. Lefèvre, visited Cameroon, Guinea and Ghana in order to i) assess the epidemiolgical situation of African swine fever (ASF) in these countries and ii) make recommandations to avoid the spread of the disease to the countries that are free.
In Cameroon, ASF is enzootic in the southern provinces and outbreaks occur regularly every year. In the northern provinces, it is officially said that ASF is not present but a recent serological survey showed that 3 sera out of 150 were positive (Mokolo and Garoua areas). Unfortunately, personnel, technical and financial means are lacking dramatically and the Veterinary services cannot implement any control programme. The laboratory for veterinary diagnostics is located in Garoua i.e. far from the enzootic area and no diagnostic has been performed for more than 10 years.
The main recommandations are : 1) check the situation of ASF in the northern provinces and take the reglementary measures to avoid movements of pigs to the north, 2) open two laboratory sections in the southern provinces (in Bafoussam and Yaoundé for instance) and train the technicians to modern diagnostic technics.
In Guinea and Ghana, ASF is not reported and the Veterinary services are well aware of the risks of introduction from Guinea-Bissau to Guinea and from Togo to Ghana respectively. The recommandations are to maintain the state of awareness of the veterinarians and technicians by training them in the fields of clinical diagnostic and samples technics.
During a meeting in Ghana with other consultants, Dr D. Nyakahuma and Dr. G. Edoukou, it was possible to make a review of the situation of ASF in West Africa at the end of October 1998.
Two epidemiological characteristics of ASF in West Africa are interesting but should be thoroughly investigated: a) the soft ticks involved in the cycle in Southern Africa or in Europe (Spain and Portugal) are not present, b) warthogs and other wild animals are not reservoir.
It is possible to classify the countries in 4 groups :
- Countries that are free from ASF : Mali, Burkina-Faso, Guinea, Liberia, Sierra-Leone, Côte d'Ivoire, Ghana
- Countries that have been recently infected and where control/eradication projects are under way : Benin, Togo, Cabo-Verde
- Countries where ASF is enzootic but where eradication is possible on the short or middle term : Senegal, Gambia, Guinea-Bissau
- Countries where ASF is enzootic and where only control is possible for the moment
The priority should be given to the non-infected countries so that they can protect themselves from an accidental introduction of the disease or react rapidly in case of an outbreak before the disease can spread.
In Benin and Togo, it seems that the systematic slaughtering of infected or suspected pigs is very difficult and all the measures should be taken to reinforce and complete the eradication programmes before these two countries are considered as enzootic areas.
In Senegal, Gambia and Guinea-Bissau, ASF virus is maintained only on domestic pigs due to the contacts they have when wandering around to feed. If such an assumption is confirmed, it is possible to eradicate ASF from these countries by implementing pig sector development projects aiming at changing the traditional breeding system (based on scavenging pigs) to small family-type piggeries. This could be easily done in countries where the political will is strong and the pig populations are rather small (not more than 300 000 heads in the whole area).
In Nigeria and Cameroon, the situation of ASF should be investigated (serological survey, active epidemiological surveillance and reporting) in order to assess its exact distribution in the two countries. The situation in these countries is rendered even more difficult due to the large pig populations : 7 millions in Nigeria and 1.2 in Cameroon.
La mission s'est déroulée du 5 au 28 octobre dans le cadre du tcp/raf/7822. L'équipe, composée de deux consultants, le Professeur Antoine Verhulst et le Docteur Pierre-Charles Lefèvre, a visité le Cameroun, la Guinée et le Ghana.
Le rapport du Professeur Verhulst, spécialiste des productions animales, traite plus spécifiquement de la filière porcine dans les pays visités tandis que ce rapport se concentre sur l'épidémiologie de la ppa.
Au cours de la mission, les consultants ont rencontré deux autres participants du tcp régional, les Docteurs D. Nyakahuma et G. Edoukou, ce qui a permis de dresser une synthèse de la distribution de la ppa en Afrique de l'Ouest.
De ce fait, le rapport ci-dessous comprend deux parties : La première partie (chapitres I, II et III) traite des problèmes spécifiques aux pays visités tandis que la deuxième (chapitre IV), après avoir regroupé les pays en fonction de leur situation épidémiologique, propose des stratégies à appliquer pour le contrôle et éventuellement l'éradication pour chaque groupe de pays.
Les chiffres concernant la population porcine au Cameroun sont très variables et parfois fantaisistes. Toutefois, il est raisonnable de penser qu'il existe entre 1 million et 1,2 million de porcs au Cameroun. La grande majorité est localisée dans les provinces méridionales du pays alors que les provinces du Nord et de l'Extrême-Nord n'en comptent que 200 000.
La population porcine est, actuellement, très inférieure à celle estimée avant l'épizootie. Les éleveurs ayant changé d'activité ou hésitant à investir dans des élevages de grandes dimensions du fait de la menace que fait planer la ppa.
Le Cameroun est infecté de manière enzootique depuis l'introduction de la maladie en 1982. Officiellement, elle n'existe que dans les provinces du sud essentiellement Centre, Ouest (Bafoussam), Nord-Ouest (Bamenda), Sud-Ouest et Littoral où elle provoquerait des foyers tous les ans. Il importe de signaler que les diagnostics ne sont portés que sur la base des donnnées cliniques et qu'aucun foyer récent n'a été confirmé par le laboratoire (la dernière confirmation remonte à trois ans par le Laboratoire de Pirbright). Il est donc vraisemblable que des erreurs sont commises (confusion avec les autres maladies rouges du porc, trypanosmose,...) mais il est tout aussi vraisemblable que nombre de foyers ne sont pas signalés. Il est donc difficile sinon impossible de juger de l'impact réel de la maladie.
La ppa serait absente des provinces du Nord et de l'Extrême-Nord. Toutefois, lors d'une étude réalisée par l'irad, 3 sérums se sont révélés positifs sur 150 : 2 dans la région de Mokolo et 1 dans la région de Garoua. Néanmoins, aucune mortalité particulière ni aucun symptôme évoquant la ppa n'ont été observés. Cette situation n'en est pas moins alarmante et des actions doivent être entreprises très rapidement pour i) confirmer ou infirmer la présence de la maladie et ii) éliminer les animaux positifs avant que la maladie ne s'installe définitivement dans la zone.
I-2-1 Diagnostic
Le laboratoire national vétérinaire (lanavet) est situé à Garoua dans des locaux bien conçus et en bon état. La section de diagnostic est équipée de matériel moderne et est en mesure d'effectuer la plupart des techniques de diagnostic. Le personnel est entraîné et deux cadres du laboratoire ont bénéficié d'une formation aux techniques de diagnostic de la ppa lors de l'épizootie de 1982-85.
Toutefois, il faut reconnaitre que le lanavet est loin de la zone d'enzootie (près de 1 000 km) ce qui rend difficile l'envoi de prélèvements ou le déplacement sur le terrain d'une équipe du laboratoire. Par ailleurs, le laboratoire n'ayant pas acquis de réactifs depuis 1986, aucun diagnostic de laboratoire n'a été réalisé depuis cette date et il est à craindre que la compétence des techniciens ne soit émoussée.
I-2-2 Contrôle
Le Cameroun s'est doté d'une législation particulièrement efficace si elle était appliquée. La ppa est inscrite sur la liste des maladies légalement réputées contagieuses et l'administration peut prendre des arrêtés d'infection avec si nécessaire possibilité d'abattage systématique.
Toutefois, il semble que les Services vétérinaires soient en sous-effectif (pas de recrutement depuis 10 ans) et que les moyens élémentaires de fonctionnement fassent défaut (moyens de locomotion, matériel de prélèvement, médicaments ou produits de désinfection, etc.). La conséquence de cet état de chose est une perte de confiance de la part des éleveurs qui ne font plus appel aux Services Vétérinaires qui, selon eux, ne peuvent rien faire pour les aider.
L'absence de moyens de fonctionnement pour les Services Vétérinaires est d'autant plus surprenante qu'il existe 3 caisses régionales de développement de l'élevage qui pourraient participer à la lutte contre les épizooties.
Un point positif est représenté par les retombées d'un projet de développementde l'élevage porcin de la Coopération belge. Même si ce projet est maintenant terminé, il semblerait que l'un des volets consistant à conseiller les éleveurs dans l'aménagement et la conduite des porcheries porte encore ses fruits, les éleveurs étant sensibilisés aux risques de la ppa. Malheureusement, sans l'appui ni la participation des autorités, aucune mesure de police sanitaire ne peut être appliquée.
I-3-1 Les points forts
Réglementation : la réglementation actuellement en vigueur permet aux Services Vétérinaires d'intervenir dans les foyers et d'imposer l'abattage des animaux malades ou infectés. Il s'agit là d'un outil utile qui devrait être appliqué.
Laboratoire : les potentialités du lanavet sont grandes. Il suffirait là aussi d'utiliser l'outil disponible. Il importe de signaler aux autorités que la fonction diagnostic est utile à la communauté des éleveurs dans son ensemble et qu'il convient de la financer sur fonds publics.
Sensibilisation des éleveurs : les éleveurs camerounais connaissent les risques de la ppa et savent comment se prémunir au niveau de leur exploitation contre son introduction. Toutefois, il est évident qu'un programme de contrôle mené par les autorités aurait pour conséquence de les conforter dans leur activité et de les inciter à augmenter la taille des exploitations.
I-3-2 Les points faibles
Le manque dramatique de moyens de fonctionnement des Services Vétérinaires interdit toute activité performante visant au contrôle de la ppa. Il convient de démontrer aux autorités l'intérêt qu'elles ont à renforcer les Services Vétérinaires pour qu'ils puissent assumer leur mission de contrôle et d'encadrement des éleveurs.
L'éloignement du laboratoire et son manque de moyens ne permet pas une utilisation efficace de cet outil dans le cadre de la lutte contre la ppa.
L'absence de coopération manifeste entre les différents intervenants - Services Vétérinaires, lanavet et centre de recherche (irad) - réduit leur efficacité.
L'absence d'associations d'éleveurs pouvant servir d'interlocuteurs et la perte de confiance des éleveurs dans les Services Vétérinaires limitent les possibilités d'intervention de ceux-ci.
I-3-3 Recommandations
Mener rapidement une enquête sérologique dans les provinces du nord pour infirmer ou confirmer la présence de la maladie dans ces régions.
Prendre d'urgence les mesures de police sanitaire pour interdire le transport de porcs des régions méridionales vers les provinces du nord.
Ouvrir d'urgence deux antennes du lanavet dans les provinces méridionales. On peut suggérer Yaoundé et Bafoussam.
Assurer une formation à Garoua des techniciens du lanavet. Cette formation pourrait être dispensée par le lanada (Côte d'Ivoire) à au moins 4 techniciens dont 2 searient amenés à travailler dans les antennes du sud. De plus, les relations ainsi créées serviront par la suite dans la confirmation par le lanada de tous les diagnostics portés au Cameroun garantissant la fiabilité des résultats.
Faire travailler ensemble les Services Vétérinaires, le lanavet et l'irad par la création d'un comité inter-ministériel responsable de la lutte contre la ppa.
Enfin, il conviendrait de reprendre toutes les recommandations inscrites dans le rapport final de 1986 suite au tcp.
La ppa n'existe pas en Guinée. Les rumeurs faisant état de foyers au Libéria et en Guinée forestière ont été examinées à plusieurs reprises et il est permis d'affirmer qu'elles ne sont pas fondées. Les prélèvements effectués par le Dr. Edoukou en octobre au Libéria (10 sérums et 6 organes) se sont révélés négatifs ainsi que les 56 sérums collectés en Guinée forestière (à Yomou, Lola et N'zerekore). Au cours de la mission, les consultants ont pu constater que les réfugiés en provenance du Libéria et de Sierra Leone n'ont pas introduit de porcs. Les porcs rencontrés dans les camps de réfugiés ont été achetés en Guinée.
Toutefois, le risque le plus grand d'introduction de la maladie ne vient pas du Libéria ou de la Sierra Leone mais bien de Guinée-Bissau. En effet, la ppa est enzootique dans ce pays depuis de nombreuses années et les réfugiés pourraient arriver soit en traversant la frontière soit par bateaux. La région la plus menacée, à l'heure actuelle, est donc la région de Boké même si la population porcine n'y est pas particulièrement abondante (entre 5 et 10 000 têtes).
La Direction de l'élevage est bien organisée et les agents tant du Siège que du terrain sont motivés. Ils ont reçu une formation sur les symptômes de la maladie et sur les techniques de prélèvements délivrée en juillet dernier par le Dr. Edoukou. Lors de leur visite sur le terrain, les consultants ont pu constater que les éleveurs et les responsables d'associations étaient bien informés et sensibilisés aux risques d'introduction de la maladie depuis l'épizootie de Côte-d'Ivoire. Le coordinateur national, le Dr. A.R. Diallo, se rend périodiquement en Guinée forestière afin de maintenir l'état de vigilance. De plus, il existe en Guinée forestière un projet d'encadrement de l'élevage porcin qui participe à la sensibilisation des éleveurs.
Le lcdv est fonctionnel et le personnel est compétent. Le responsable de la section Virologie a été formé à l'inia (Madrid). Le seul obstacle à un fonctionnement de routine est l'absence de réactifs.
II-3-1 Les points forts
L'état d'alerte et de vigilance de la Direction nationale de l'élevage est remarquable.
Le laboratoire est opérationnel et pourrait rapidement porter un diagnostic de confirmation en cas de foyer.
Les éleveurs et les associations d'éleveurs entretiennent d'excellentes relations avec les agents vétérinaires à qui ils font confaince.
II-3-2 Les points faibles
Les sessions de formation ont été reportées en raison de manque de moyens financiers pour les organiser.
L'absence de réactifs au laboratoire interdit le recours à celui-ci pour la confirmation et oblige à envoyer les prélèvements à Abidjan ce qui constitue un retard important.
II-3-3 Recommandations
Mettre en place, le plus rapidement possible, un système de surveillance épidémiologique dans la région de Boké, tant le long de la frontière avec la Guinée-Bissau que le long de la côte jusqu'à Conakry. Ce système devra être calqué sur celui déjà existant en Guinée forestière avec notamment la participation active des techniciens de terrain et des éleveurs.
Continuer les enquêtes sérologiques dans les régions à risque.
Achat de réactifs pour le lcdv lui permettant d'effectuer les tests sérologiques sur les prélèvements ramenés lors des enquêtes.
Assurer les sessions de formations des techniciens.
La peste porcine n'est pas signalée au Ghana et les prélèvements de sang en provenance de la Volta Province, à la frontière avec le Togo, et envoyés au lanada de Bingerville (Côte-d'Ivoire) se sont révélés négatifs.
Mais, la situation est préoccupante en raison de la proximité du Togo où le problème semble loin d'être résolu. Heureusement, il semble que les échanges d'animaux ou de produits d'origine animale se fassent dans le sens du Ghana vers le Togo, ce qui réduit les risques d'introduction.
III-2-1 Diagnostic
Le laboratoire vétérinaire d'Accra est fonctionnel et à même d'effectuer les tests sérologiques (Elisa) requis par le suivi épidémiologique.
III-2-2 Contrôle
Les Services vétérinaires ont été alertés et une formation des techniciens est en cours (mois de novembre) par le Dr. Edoukou.
Par ailleurs, les Services Vétérinaires sont motivés et assurent un suivi périodique le long de la frontière.
III-3-1 Les points forts
Bonne organisation des Services vétérinaires conscients des risques pour leur production porcine nationale.
Laboratoire opérationnel et proximité du lanada (Côte d'Ivoire).
III-3-2 Les points faibles
Manque de moyens financiers pour l'organisation des sessions de formation et de réactifs pour le laboratoire.
III-3-3 Recommandations
Continuer les enquêtes sérologiques le long de la frontière avec le Togo.
Achat de réactifs pour le laboratoire afin qu'il puisse effectuer les tests sérologiques sur les prélèvements ramenés lors des enquêtes.
Assurer les sessions de formations des techniciens
Cette synthèse est le résultat d'une réunion de travail des différents consultants du TCP, le Professeur A. Verhulst et les Docteurs G. Edoukou, D. Nyakahuma et P.-C. Lefèvre, et qui s'est tenue à Accra le 17 octobre. Au cours de cette réunion, les intervenants ont exposé les observations qu'ils ont faites dans les pays d'Afrique de l'Ouest.
Il est possible de classer les pays en 4 catégories :
- les pays indemnes de PPA
Mali, Burkina-Faso, Guinée, Sierra-Leone, Libéria, Côte d'Ivoire, Ghana
- les pays récemment infectés et où un projet d'éradication est en cours
Togo, Bénin, Îles du Cap Vert
- les pays infectés d'enzootie mais où l'éradication est possible
Sénégal, Gambie, Guinée-Bissau
- les pays d'enzootie où l'éradication n'est envisageable qu'au long terme
Cameroun, Nigéria
Ces pays représentent la plus grande priorité car il est absolument indispensable qu'ils puissent être protégés d'une éventuelle introduction de la maldie.
A cet égard, le TCP/RAF/7822 peut être considéré comme un succès dans la mesure où les Service Vétérinaires des pays concernés sont bien sensibilisés. Des sessions de formation des vétérinaires et des techniciens ont eu lieu ou sont en cours, des suivis épidémiologiques et des prélèvements sont réalisés dans les zones à risques aux fins de confirmation. En cas d'introduction de la PPA, la réaction sera rapide et le coût de l'éradication en sera d'autant plus réduit.
Il importe que la vigilance soit maintenue et que les moyens soient accordés tant que la situation de la PPA dans la région n'est pas stabilisée. Cette recommandation concerne essentiellement la Guinée (rsique en provenance de Guinée-Bissau) et le Ghana (risque en provenance du Togo).
Le Bénin et le Togo infectés depuis un an ont démarré des projets de contrôle et d'éradication. Toutefois, pour des raisons diverses, les processus n'ont pas été menés à leurs termes.
Ainsi, au Bénin, une enquête sérologique menée sur les quelques 12 000 porcs résiduels a démontré que nombre d'entre-eux étaient infectés et constituent une source d'infection importante.
Au Togo, les foyers signalés en Juin dernier dans la région de Kara n'ont fait l'objet ni d'une étude approfondie ni d'un abattage systématique (seulement 60 porcs auraient été abattus) et les risques sont considérables de voir la maladie devenir enzootique dans le pays.
Au Bénin, les abattages des porcs doivent êtrepoursuivis avant d'envisager un programme de repeuplement. Cette recommandation ne devrait pas soulever de difficultés si la volonté politique existe puisque l'Union européenne a accordé 100 millions de FCFA pour l'indemnisation des éleveurs.
Au Togo, il importe de mobiliser les Services Vétérinaires et de démontrer aux autorités les conséquences économiques catastrophiques de la pérenisation éventuelle de la ppa sur la production porcine afin qu'une réelle politique d'éradication soit menée jusqu'à son terme.
Hormis la Guinée-Bissau où toute intervention est, à l'heure actuelle, impossible, les pays d'enzootie de la partie occidentale d'Afrique de l'Ouest, le Sénégal et la Gambie, présentent un ensemble de conditions favorables à la mise en place de projets d'éradication :
- absence de vecteurs et de réservoir sauvage,
- volonté politique affirmée,
- existence d'associations d'éleveurs,
- populations porcines de taille modérée.
On peut concevoir des projets à deux niveaux :
- d'une part, sous l'égide de la FAO, la mise en place du cadre général d'intervention (modernisation de la réglementation si nécessaire, formation des techniciens aux techniques de dépistage et de prélèvements, développement des outils de laboratoire, campagnes de sensibilisation des éleveurs et des associations, ...). Ce volet est en partie réalisé par le TCP régional et ne demande qu'une extension de courte durée pour être complété.
- d'autre part, la mise en place de projets de développement des élevages familiaux par accès à des micro-crédits, encadrement par des techniciens, création de centrales d'achat pour les intarnts, etc. De tels projets existent ou ont existé (exemple : le prodec au Sénégal) et leur réalisation pourraient être confiée à des ONG.
Pour le Nigéria et le Cameroun, la situation exacte de la PPA est trop confuse et les conditions ne sont apparemment pas réunies (populations porcines très grandes, manque de moyens de fonctionnement des Services Vétérinaires et, corollaire, perte de confiance des éleveurs, etc.), pour définir des projets d'éradication.
Il convient pour ces pays de renforcer les Services Vétérinaires en leur donnant des moyens de fonctionnement et de développer les outils de diagnostic : formation des techniciens aux techniques de prélèvements, création d'antennes de laboratoire à proximité des zones d'enzootie, etc. Il comvient aussi de réaliser des études épidémiologiques afin de préciser la distribution exacte de la maladie et d'identifier les obstacles à son contrôle.
Pour l'ensemble des pays d'Afrique de l'Ouest, il convient de mener des recherches essentiellement épidémiologiques :
- Répartition des tiques du genre Ornithodoros pour confirmer leur absence dans
la région
- Enquêtes sérologiques sur les Suidés sauvages pour préciser leur rôle ou absence de rôle dans l'épidémiolgie de la PPA,
- épidémiologie moléculaire pour caractériser les "souches" et déterminer l'origine des foyers.
Consultant international - Épidémiologie de la PPA
Mandat:
Sous la supervision du Chef du Bureau des Opérations Spéciales de Secours, TCOR, la supervision technique du Chef de Service de la Santé Animale, AGAH de la FAO, et en collaboration étroite avec le Bureau RAF, Accra, les consultants du projet, le Coordonnateur régional du projet et les Coordonnateurs et homologues nationaux, le consultant devra :
vérifier la situation épidémiologique dans certains pays de la sous-région;
évaluer les maladies infectieuses prioritaires des pays concernés en relation avec leur sécurité alimentaire;
collecter les prélèvements de PPA, pour examen de laboratoires et caractérisation des souches virales;
évaluer les mesures nationales de lutte et d'éradication;
évaluer les facteurs de risque en fonction de la possibilité d'une propagation incontrôlée de la maladie (PPA) hors du (des) pays;
assurer la liaison avec les autorités vétérinaires locales pour la préparation de cartes de l'épidémiologie de la PPA;
fournir, si nécessaire, une formation sur le tas;
préparer un rapport de consultation concis selon les standards de la FAO et le soumettre pour approbation, en format WPF 5.1 ou Word 6.0 (sur disquette ou attachement par e-mail);
aider au développement d'une capacité d'alerte précoce et de préparation aux situations d'urgence dans chacun des pays participant au projet (lors de la deuxième mission);
Affectation: Cameroun, Guinée, Ghana
Durée: Mission du 5 au 28.10.98
| Lundi 5 octobre | Voyage Paris - Rome |
| Rencontre avec le Professeur A. Verhulst | |
| Réunion de travail avec AGAH et TCOR | |
| Mardi 6 | Voyage Rome - Yaoundé |
| Mercredi 7 | Rencontre avec le Représentant de la FAO au Cameroun |
Réunion au MINEPIA avec les directeurs des services vétérinaires |
|
| et de la production animale | |
| Visite au Secrétaire général du MINEPIA | |
| Réunion de travail aux services vétérinaires | |
| Organisation du voyage à Garoua | |
| Jeudi 8 | Voyage Yaoundé - Garoua |
| Rencontre avec le Directeurs et les cadres du LANAVET | |
| Vendredi 9 | Réunion avec les chercheurs de l'IRAD |
| Travail à la division diagnostic du LANAVET | |
| Samedi 10 | Visites d'élevages porcins dans la région de Garoua |
| Dimanche 11 | Voyage Garoua - Douala via Maroua-Ngaoundéré-Yaoundé |
| Lundi 12 | Séance de restitution avec les responsables vétérinaires à Douala |
| (Départ du Professeur Verhulst sur Conakry) | |
| Organisation du voyage sur Abidjan | |
| Mardi 13 | Voyage Douala - Abidjan |
| Organisation du voyage sur Conakry (achat du billet Ghana Airways | |
| et endossement par Air Afrique) | |
| Mercredi 14 | Visite au LANADA et réunion de travail avec le Directeur |
| Voyage Abidjan - Conakry | |
| Jeudi 15 | Réunion de travail avec le Directeur national de l'élevage |
| Visite du LCDV et réunion avec le Dierecteur et les cadres | |
| Rencontre avec le Représentant de la FAO en Guinée et organisation de la tournée sur le terrain | |
| Vendredi 16 | Départ par la route : Kindia - Mamou - Faranah - Kissidougou - Guéckédou |
| Samedi 17 | Rencontre avec les responsables vétérinaires et des associations d'éleveurs |
| Visite de villages et d'un camp de réfugiés à la frontière avec le Libéria | |
| Dimanche 18 | Retour sur Conakry |
| Lundi 19 | Réunion de restitution à la Direction de l'élevage et à la |
| Représentation de la FAO en Guinée | |
| Mardi 20 | Voyage Conakry - Accra via Abidjan et Lagos |
| Mercredi 21 | Rencontre avec le Dr Nyakahuma au bureau régional de la FAO |
| Dépot de prélèvements amenés de Guinée pour le LANADA | |
| Jeudi 22 | Rencontre avec le Représentant de la FAO au Ghana |
| Réunion de travail à la direction des services vétérinaires | |
| Visite de l'Animal Production Department et à la LPIU | |
| Vendredi 23 | Visite à la Nungua Pig station |
| Visite de l'abattoir moderne de l'Accra abattoir company Ltd | |
| Visite du marché au bétail d'Accra | |
| Samedi 24 | Visite de l'anacien abattoir d'Accra toujours en activité |
| Réunion de synthèse des consultants : Prof. A. Verhulst, Drs D. | |
| Nyakahuma, G. Edoukou et P.-C. Lefèvre | |
| Dimanche 25 | Visite de la zone côtière en direction de la Côte d'Ivoire |
| Départ vers Rome | |
| Lundi 26 | Arrivée à Rome via Milan |
| Réunion avec AGAH | |
| Mardi 27 | Réunion de restitution avec AGAH et rédaction du rapport |
| Mercredi 28 | Réunion avec TCOR |
| Rédaction du rapport | |
| Départ pour Paris et arrivée à 22 heures | |
| Fin de la mission |
Cameroun
M. Norbert Dazogbo, Représentant de la FAO au Cameroun
M. Maurice Bayémi, Secrétaire Général du MINEPIA
Dr. Ahmadou Saïdou, Directeur des Services vétérinaires
Dr. Nanda, Directeur par intérim du Département de Productions animales
Dr. Alexandre Ngatchou, Chef du Service de Protection sanitaire, Coordinateur national du TCP
Dr. Souley Abdulkadiri, Directeur Général adjoint du LANAVET
Dr. Zoyem, Chef du service de production des vaccins viraux
Dr. Norbert Ngangnou, Chef de la section disgnostic
M. Njoya, chercheur à l'IRAD
Dr. Awa, chercheur à l'IRAD
Dr. Antoine Tcoubia, Délégué provincial des Services vétérinaires, Province du Littoral
Côte d'Ivoire
Dr. Angba Assy Directeur Général du LANADA
Dr. Lise Guerre, Assistante technique Assurance Qualité au LANADA
Guinée
M. Mohammed Gaeib, Représentant de la FAO en Guinée
Dr. Mamadou Diallo, Directeur national de l'élevage
Dr. Seyni Mané, Directeur-Adjoint
Dr. Sory Keita, Directeur du LCDV
Dr. Abdul Rahimi Diallo, Coordinateur du TCP
Dr. Souleymane Timbi Diallo, Responsable de la section Virologie au LCDV
Dr. Douokoro Kalivogui, Chef de la SPRA et animateur régional de l'élevage pour la Guinée forestière
Ghana
M. Jacques-Paul Eckebil, Représentant de la FAO au Ghana et Représentant régional adjoint pour l'Afrique
Dr. David Nyakahuma, APO-EMPRES
Dr. Georges Edoukou, Consultant FAO
Dr. Kankoh, Directeur des Services Vétérinaires
Dr. Samuel Achaw Ofosu, Directeur-adjoint des Services Vétérinaires