| Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture | Organisation mondiale de la santé |
Remerciements Les membres de l'équipe souhaitent exprimer leurs remerciements à tous ceux qui, dans les gouvernements et la communauté internationale, ont apporté une aide précieuse et qui ont bien voulu fournir des informations et faire part de leurs réflexions sur le Codex et autres aspects des activités de normes alimentaires dans les questionnaires et au cours des visites de pays et autres réunions. Nos remerciements vont également aux fonctionnaires de rang supérieur et aux personnels techniques de la FAO et de l'OMS, aux sièges, dans les bureaux régionaux et les bureaux de pays ou locaux qui n'ont pas hésité à mettre à la disposition des évaluateurs tout le temps nécessaire pour répondre à nos nombreuses questions. Des remerciements tout particuliers vont à: Maria Gattone, Gemma Harper, Nadine Monnichon et Heather Young, à la FAO, Christine Perry et Mary Vallanjon à l'OMS et Seoung-Yong Lee du Secrétariat du Codex pour la patience infinie dont ils ont fait preuve, les efforts déployés pour régler les problèmes contractuel et logistique, et l'aide apportée au niveau des questionnaires et des autres analyses de soutien pour l'évaluation. |
Rapport de: |
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Équipe d'évaluation: 15 novembre 2002 |
Groupe d'experts indépendants: |
TABLE DES MATIÈRES
Liste des abréviations utilisées dans le texte
1. GÉNÉRALITÉS ET CONDUITE DE L'ÉVALUATION
3. LES RÔLES DES NORMES ALIMENTAIRES ET QUELQUES QUESTIONS POUR L'ÉVALUATION
4. ÉVALUATION ET RECOMMANDATIONS POUR LE CODEX
4.1 Portée actuelle des travaux du Codex et procédures de travail du Codex
5. CONTRIBUTION SCIENTIFIQUE DES EXPERTS INDEPENDANTS DE L'EVALUATION DES RISQUES AU CODEX
5.1 Arrangements existants concernant les avis d'experts
5.2 Efficacité des avis d'experts
5.4 Rapidité et efficacité des avis
6.1 Besoins des pays membres et priorités dans les programmes de la FAO et de l'OMS
6.2 Arrangements de politique et institutionnels au sein de la FAO et de l'OMS
6.3 Activités de la FAO relatives au renforcement des capacités
6.4 Activités de l'OMS relatives au renforcement des capacités
6.5 Ampleur de la collaboration OMS/FAO dans le domaine du renforcement des capacités
Annexe 1 : Membres de l'équipe d'évaluation et du groupe d'experts
Annexe 4 : Résumé de l'analyse des questionnaires
Annexe 5 : Pays et organisations internationales visités
Annexe 6: Bibliographie des principaux documents préparés et consultés pour l'évaluation
Liste des abréviations utilisées dans le texte
AFC |
Fédération arabe des consommateurs |
AIEA |
Agence internationale de l'énergie atomique |
BPA |
Bonnes pratiques agricoles |
BPF |
Bonnes pratiques de fabrication |
BPM |
Bonnes pratiques de manutention |
BPV |
Bonnes pratiques vétérinaires |
CCEXEC |
Comité exécutif de la Commission du Codex Alimentarius |
CCFAC |
Comité du Codex sur les additifs alimentaires et les contaminants |
CCFH |
Comité du Codex sur l'hygiène alimentaire |
CCFL |
Comité du Codex sur l'étiquetage des denrées alimentaires |
CCGP |
Comité du Codex sur les principes généraux |
CCPR |
Comité du Codex sur les résidus de pesticides |
CCRVDF |
Comité du Codex sur les résidus de médicaments vétérinaires dans les aliments |
CEMP |
CIPV/Comité d'experts des mesures phytosanitaires |
CIMP |
CIPV/Commission intérimaire des mesures phytosanitaires |
CIPV |
Convention internationale pour la protection des végétaux |
DANIDA |
Agence danoise de développement international |
DJA |
Dose journalière admissible |
ESB |
Encéphalite spongiforme bovine |
FAO |
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture |
FIL |
Fédération internationale de laiterie |
HACCP |
Système d'analyse des risques - Points critiques pour leur maîtrise |
IICA |
Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture |
ILSI |
Institut international des sciences de la vie |
INPPAZ |
Institut panaméricain pour la protection alimentaire et les zoonoses |
ISO |
Organisation internationale de normalisation |
JECFA |
Comité mixte FAO/OMS d'experts des additifs alimentaires |
JEMRA |
Réunions conjointes FAO/OMS sur l'évaluation des risques microbiologiques |
JMPR |
Réunion conjointe FAO/OMS sur les résidus de pesticides |
LMR |
Limite maximale de résidu |
MERCOSUR |
Marché commun austral |
NIMP |
Norme internationale pour les mesures phytosanitaires |
OCDE |
Organisation de coopération et de développement économiques |
OGM |
Organismes génétiquement modifiés |
OIE |
Office international des épizooties - Organisation mondiale de la santé animale |
OIG |
Organisation intergouvernementale |
OING |
Organisation internationale non gouvernementale |
OMC |
Organisation mondiale du commerce |
ONG |
Organisation non gouvernementale |
OMS |
Organisation mondiale de la santé |
ONU-CEE |
Commission économique pour l'Europe |
ONUDI |
Organisation des Nations Unies pour le développement industriel |
OPS |
Organisation panaméricaine de la santé |
OTC |
Obstacles techniques au commerce/OMC |
PAM |
Programme alimentaire mondial |
PCT |
Programme de coopération technique/FAO |
PFR |
Pays à faible revenu |
QUADS |
Réunion quadrilatérale sur les normes alimentaires (Australie, Canada, Nouvelle Zélande, Etats Unis) |
SADC |
Communauté du développement de l'Afrique australe |
SPS |
Mesures sanitaires et phytosanitaires/OMC |
TFFBT |
Groupe spécial intergouvernemental sur les aliments dérivés des biotechnologies |
TRIPS |
Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce |
WHA |
Assemblée mondiale de la santé |
Objectifs et conduite de l'évaluation
1. La présente évaluation a été réalisée à la demande de la FAO et de l'OMS ainsi qu'à celle de la Commission du Codex Alimentarius. Conformément à son mandat, l'évaluation devait fournir des éléments pour la prise de décision concernant les orientations, les stratégies et la gestion futures, au niveau des organes directeurs de la FAO et de l'OMS et de leurs Secrétariats respectifs, et de la Commission mixte FAO/OMS du Codex Alimentarius. Elle devait élaborer des recommandations pour l'avenir concernant la pertinence des normes ou autres approches possibles aux fins de la réalisation des objectifs généraux de protection des consommateurs, notamment contre les risques pour la santé, et de promotion de pratiques loyales dans le commerce des denrées alimentaires. Elle devait être particulièrement attentive aux besoins des pays en développement. Bien que l'évaluation soit axée sur le Codex, elle couvre aussi tous les aspects des activités de la FAO et de l'OMS sur les normes alimentaires, qui comprennent le renforcement des capacités et les avis d'experts scientifiques.
2. Les travaux de l'évaluation ont été réalisés par une équipe indépendante et ont bénéficié des orientations d'un groupe d'experts indépendants. L'équipe d'évaluation était composée de cinq personnes, dont trois, y compris le chef d'équipe, ne faisaient partie d'aucune des deux Organisations. Le groupe d'experts indépendants comportait 10 membres, représentatifs de différentes régions et parties prenantes. L'équipe d'évaluation et le groupe d'experts sont convenus au cours de leurs réunions des questions principales, des procédures et des recommandations. L'évaluation a bénéficié également des avis du Comité exécutif du Codex.
3. Les membres de l'équipe d'évaluation se sont rendus dans 24 pays appartenant à toutes les régions du monde et à tous les niveaux de développement, et ont aussi pris contact avec la Commission européenne. Au cours de ces visites, ils se sont entretenus avec des fonctionnaires chargés de la santé, de l'agriculture et de l'alimentation, de l'industrie, du commerce et de l'établissement des normes ainsi que des représentants des producteurs primaires, des consommateurs et d'autres sections de la société civile. Ils ont également eu des consultations avec d'autres organisations normatives internationales. Un questionnaire a été adressé à tous les membres du Codex et à tous les membres de la FAO et de l'OMS qui ne font pas partie du Codex (103 réponses sur 186 questionnaires envoyés). Un autre questionnaire a été envoyé aux OIG et OING1 ayant le statut d'observateur auprès du Codex et de l'OMS (40 réponses). Deux demandes d'observations ont été diffusées à travers l'Internet, la première totalement ouverte, et la seconde ciblant les ONG nationales. L'évaluation a également pris avis d'interlocuteurs bien informés du Codex, y compris le Président et les autres membres du Comité exécutif, les présidents de certains comités du Codex et les personnels du Codex et des secrétariats de la FAO et de l'OMS. Une bonne part du matériel d'appui utilisé a été préparée par les membres du groupe d'experts (voir Annexe 6).
Conclusions
4. L'évaluation a constaté que les normes alimentaires du Codex étaient de la plus haute importance pour les membres. Elles sont considérées comme une composante essentielle des systèmes de contrôle alimentaire conçus pour protéger la santé des consommateurs et pour le commerce international au regard des Accords SPS et OTC de l'OMC2. Les normes sont considérées comme fondamentales pour la protection des consommateurs mais doivent être examinées dans le contexte du système tout entier, notamment le système de sécurité sanitaire des aliments. Les normes internationales servent aussi de base aux pays de moindre taille et aux pays les moins avancés pour élaborer leurs propres normes. Le Codex a su établir des normes relatives à la santé reposant sur des bases scientifiques claires.
5. Le renforcement des capacités dans les pays en développement est considéré comme indispensable afin que ces pays puissent protéger leurs propres citoyens, tirer parti de la mondialisation du marché des produits alimentaires et représenter leurs intérêts de manière efficace au sein du Codex et dans les négociations de l'OMC. Le renforcement des capacités du Codex et de la FAO et de l'OMS revêt une importance considérable sur le plan international et dans les pays.
6. Pour ce qui est d'améliorer l'établissement des normes alimentaires internationales, il paraît important de renforcer la contribution des avis d'experts indépendants au Codex, en particulier pour l'évaluation des risques. Les avis scientifiques fournis actuellement sont jugés de grande qualité, mais des retards existent et les demandes devraient augmenter fortement dans le futur.
7. L'analyse des problèmes a permis de déterminer quatre grands domaines d'amélioration pour un impact renforcé. Les recommandations de l'évaluation ont été formulées pour y contribuer:
Mandat et priorités du Codex
8. Les pressions liées aux problèmes de santé exercées sur le Codex augmentent avec la sensibilisation accrue des consommateurs, l'apparition de nouvelles technologies, d'agents pathogènes et de problèmes d'ordre nutritionnel, y compris les aliments d'appoint, les aliments fonctionnels et les allégations relatives à la santé. Si le Codex doit couvrir tous les risques pour la santé présents dans les aliments, il doit aussi prendre en compte le conditionnement et les agents de transformation. Cela suppose, en l'absence de priorités, des ressources supplémentaires considérables pour le Codex et l'obtention d'avis d'experts scientifiques. L'établissement de priorités est donc primordial, et lorsqu'il détermine son programme de normes, le Codex devrait respecter les priorités suivantes:
9. Le Codex a besoin d'un mandat précis qui devrait être entériné par les organes directeurs de la FAO et de l'OMS. Nous suggérons le mandat suivant:
Codex, OIE et CIPV
10. L'Office international des épizooties (OIE) traite des zoonoses et autres maladies animales transmises par les aliments, tandis que la Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) couvre les aspects pertinents des ravageurs des plantes en relation avec les aliments. La sécurité sanitaire des aliments est un problème qui concerne l'ensemble de la chaîne alimentaire, nécessitant entière complémentarité entre le Codex, l'OIE et la CIPV. Le Codex et l'OIE, en particulier, devraient formaliser leurs relations et recourir le cas échéant à des équipes spéciales conjointes pour traiter les problèmes d'intérêt mutuel.
Structure de gestion du Codex
11. Au sein de la structure générale de la FAO et de l'OMS, le Codex devrait disposer d'une plus grande indépendance pour proposer son programme de travail et pour l'exécuter une fois celui-ci approuvé par les deux organisations de parrainage. La révision proposée de la structure organisationnelle vise à améliorer la gestion administrative et à renforcer la gestion centrale de l'élaboration des normes, afin d'accélérer le processus normatif.
12. La gestion du Codex devrait être confiée à un conseil d'administration se réunissant deux fois par an. Sa composition serait plus restreinte que celle du présent Comité exécutif, tout en assurant la présence d'observateurs pour les OING des consommateurs et de l'industrie.
13. Il est particulièrement important pour l'efficacité du Codex d'assurer une gestion beaucoup plus rigoureuse de l'élaboration des normes. Cette fonction pourrait relever du conseil d'administration, mais serait peut-être mieux remplie par un comité de gestion des normes. Ce comité se réunirait selon les besoins, mais au moins une fois par an. Il comprendrait les présidents des comités du Codex et les observateurs représentant les producteurs primaires, l'industrie et les consommateurs.
14. Le rôle exécutif du Secrétariat devrait être renforcé pour maintenir la plus grande indépendance du Codex et l'efficience et l'efficacité accrues de ses opérations. Cela suppose à la fois l'élargissement du Secrétariat et des grades plus élevés pour ses fonctionnaires. Des ressources financières considérablement plus élevées seront nécessaires pour que le Secrétariat puisse exercer ce rôle élargi (initialement 1,4 million de dollars E.-U. par exercice biennal).
Structure et procédures de travail des comités du Codex
15. Il faudrait rationaliser les méthodes de travail du Codex, tout en les rendant plus ouvertes. L'évaluation recommande un examen approfondi de la structure et de la répartition des responsabilités entre les comités du Codex, afin de renforcer la cohérence et le ciblage des priorités, y compris les problèmes émergeants. Les comités de produits devraient avoir une importance réduite et les travaux sur les produits (verticaux) devraient être réalisés par des groupes spéciaux de durée limitée, plutôt que par des comités. Aucun nouveau comité ne devrait être créé, même dans un domaine de travail horizontal, tant que des progrès tangibles et la nécessité d'un travail permanent n'auront pas été confirmés par un groupe spécial. Les groupes spéciaux devraient aussi être utilisés pour faciliter les activités impliquant plusieurs comités. Les structures et les mandats des comités régionaux devraient être davantage adaptés aux besoins régionaux. Toutes les activités des comités et groupes spéciaux devraient être limitées dans le temps.
16. Il faudrait établir au sein du Codex une plus grande distinction entre l'évaluation et la gestion des risques. Les comités du Codex devraient se concentrer sur la gestion des risques, qui ne doit pas être confondue avec l'évaluation. Les questions d'évaluation devraient être soumises aux comités d'experts scientifiques et/ou à des consultations ad hoc.
17. Contrairement aux pratiques en vigueur, les activités durant les intervalles entre sessions devraient être plus nombreuses, avec l'aide de facilitateurs pour consulter les membres et reformuler les projets pour examen ultérieur par les comités. Il faudrait mettre l'accent sur l'élaboration de normes non plus pendant les sessions des comités, comme c'est le cas à présent, mais entre les sessions à la suite d'un processus consultatif qui inclue les membres et tienne également compte des observations formulées par écrit. Le recours à des facilitateurs et à des groupes de travail électronique peut favoriser un processus de consultation ouvert pour les pays en développement alors que l'augmentation des réunions de groupes de travail entre les sessions pourrait avoir un effet contraire.
18. Dans le sens des initiatives pour le renforcement de la participation des pays en développement, et de celle d'autres pays, il faudrait encourager les groupements économiques régionaux et d'autres groupes de pays ayant des intérêts communs à développer des positions communes. Dans ce contexte, il faudrait également promouvoir la possibilité pour un pays de s'exprimer au nom de plusieurs pays ainsi que les coprésidences et la conduite de sessions de comité dans les pays en développement.
19. Davantage de travail entre sessions et les réunions tenues dans les pays en développement impliquent une augmentation des coûts pour les pays hôtes. Le concept de partage des coûts d'accueil peut être proposé lorsque la totalité de ces coûts ne peut être assumée par un seul pays (ce qui pourrait aussi faciliter la participation des pays en développement).
20. Les comités devraient achever le processus d'examen et approuver les projets de normes. Les normes ne devraient être soumises pour approbation à la Commission que si un consensus ou une décision claire paraissent possibles. Toutes les normes devraient être soumises pour approbation définitive à l'étape 5. La Commission pourra accepter la norme, ou la renvoyer au comité compétent pour modifications, ou annuler la norme et suspendre toute activité y relative. La Commission n'est pas un lieu approprié pour la rédaction d'une norme et elle ne devrait pas elle-même modifier la norme au stade final.
21. Les décisions au sein des comités et de la Commission devraient, dans la mesure du possible, continuer à être consensuelles. Il est nécessaire de trouver un accord sur la définition de consensus. L'évaluation propose "sans objection formelle par plus d'un membre présent à la réunion". En cas de vote, il devrait avoir lieu uniquement au sein de la Commission, et requérir une majorité des deux tiers des présents et votants.
Avis d'expert et évaluation scientifique des risques
22. Les avis d'experts fournis au Codex devraient avoir une identité propre et une coordination accrues, des ressources plus considérables, et leur indépendance et transparence devraient être renforcées au sein de la FAO/OMS. Il faudrait établir une distinction plus nette entre la fonction d'évaluation des risques exercée par les experts et celle de gestion des risques exercée par les comités du Codex. Parallèlement, le Codex devrait pouvoir, dans le cadre d'un budget convenu pour les avis d'experts, établir des priorités conformes à son programme de travail. Ce budget doit être suffisant, non seulement pour couvrir les contributions du JECFA, des JEMRA et de la JMPR3 au Codex, mais aussi en cas de priorités nécessitant des avis particuliers, y compris pour les nouvelles questions mentionnées au paragraphe 8 et pour les problèmes émergeants.
23. Il est recommandé que la FAO et l'OMS établissent un comité scientifique composé de spécialistes éminents qui fournirait des avis scientifiques généraux, y compris sur les problèmes nouveaux, au Codex et aux deux Organisations, et formulerait des orientations générales et assurerait un contrôle de qualité au JECFA, aux JEMRA, à la JMPR et aux comités ad hoc. Il faudrait nommer un co-secrétaire FAO/OMS du Comité scientifique et coordinateur pour l'évaluation des risques et les avis scientifiques en matière de sécurité sanitaire des aliments et de santé qui serait logé dans les bureaux de l'OMS. Les secrétariats du JECFA, des JEMRA et de la JMPR ne devraient pas être modifiés. Il est recommandé à l'OMS d'augmenter de manière importante sa contribution à l'évaluation des risques pour la santé. Outre ses activités sur l'évaluation de la sécurité sanitaire des aliments, la FAO devrait renforcer sa contribution dans le domaine des bonnes pratiques de fabrication et de manutention.
24. Il importe d'accélérer le processus d'élaboration des normes pour les pesticides afin que les nouveaux pesticides puissent être examinés dans les meilleurs délais et les recommandations en vigueur actualisées. En outre, les activités du JECFA et des JEMRA devraient être élargies. L'augmentation immédiate minimale des ressources fournies par la FAO et l'OMS est estimée à 2,5 millions de dollars E.-U. par exercice biennal.
25. Il est aussi recommandé de considérer comme une priorité immédiate la consultation demandée par la Commission du Codex Alimentarius sur le renforcement du soutien scientifique pour la prise de décision du Codex. Un nombre de points à considérer dans une analyse préliminaire, puis à traiter lors de la consultation, sont proposés dans le présent rapport.
Renforcement des capacités
26. Le renforcement des capacités relatives aux systèmes de sécurité sanitaire des aliments et ayant trait à la santé pour les consommateurs et le commerce est une priorité majeure des pays en développement. La surveillance et les contrôles de la sécurité sanitaire sont souvent très insuffisants dans un grand nombre de ces pays.
27. L'évaluation estime que l'interaction entre la FAO et l'OMS est insuffisante au niveau national pour l'élaboration des systèmes de sécurité sanitaire des aliments et des normes alimentaires. Le nouvel accord financier, dont le secrétariat est assuré par l'OMS et une partie du financement initial fournie par la Banque mondiale, est accueilli favorablement. Il s'agit d'une initiative précieuse pour favoriser la coopération entre la FAO, l'OMS, l'OIE et la CIPV pour le renforcement des capacités dans le domaine des normes et de l'Accord SPS. Le nouveau fonds fiduciaire accueilli par l'OMS (Fonds fiduciaire Codex) pour permettre la participation au Codex, y compris aux réunions, est aussi accueilli favorablement. La FAO et l'OMS devront s'efforcer conjointement de mobiliser des fonds extrabudgétaires et de promouvoir une assistance bilatérale coordonnée en matière de renforcement des capacités. La coordination entre la FAO et l'OMS en sera renforcée. En outre, la FAO et l'OMS devraient analyser de façon urgente la manière dont elles comptent améliorer la coordination et la répartition des tâches, en mettant à profit leurs avantages respectifs et synergies et en informer la Commission du Codex Alimentarius.
En conclusion
28. Nous recommandons de prendre des mesures rapides et soutenues pour mettre en uvre les recommandations approuvées, à savoir:
1. GÉNÉRALITÉS ET CONDUITE DE L'ÉVALUATION
1. Commissionnée par les Directeurs généraux de l'OMS et de la FAO et à la demande de la Commission du Codex Alimentarius, une équipe d'évaluation comprenant cinq personnes, dont trois extérieures aux deux Organisations, a effectué une étude approfondie des activités des deux Organisations sur les normes alimentaires. Tous les membres de l'équipe ont participé à titre personnel. L'équipe a bénéficié des conseils d'un groupe d'experts indépendants.
2. Comme l'établit le mandat ci-joint (Annexe 2), l'équipe d'évaluation devait examiner un certain nombre de points, et notamment les suivants:
3. L'évaluation entend par normes alimentaires tous les instruments juridiques possibles (normes, directives et codes de conduite) destinés à être utilisés dans les directives, réglementations et contrats. L'évaluation est axée sur le processus d'identification des besoins en matière de normes alimentaires, sur la façon dont celles-ci sont élaborées dans un cadre international et sur leur utilisation au niveau national. L'évaluation porte donc sur les travaux du Codex Alimentarius; la fourniture par la FAO et l'OMS d'avis d'experts scientifiques pour l'élaboration des normes, par le biais de comités formels (JECFA4, JMPR5) et de consultations ad hoc (par exemple, JEMRA6); et les activités de renforcement des capacités des deux organisations liées aux normes alimentaires. L'évaluation reconnaît clairement que la FAO et l'OMS ont d'autres activités en matière d'alimentation qui touchent à la production et aux politiques agricoles, l'accès des populations à l'alimentation et la nutrition, mais ces activités n'entrent pas dans le cadre spécifique de la présente évaluation. L'évaluation a retenu une approche intégrée où les normes alimentaires constituent un élément des systèmes de contrôle alimentaire (incluant également structures et capacités institutionnelles dans les pays, mise en application, communication et éducation).
4. L'évaluation a pris les points de départ suivants:
5. De très nombreuses consultations ont eu lieu au cours de l'évaluation: les membres de l'équipe d'évaluation se sont rendus dans 24 pays et auprès de la Commission européenne, où ils se sont entretenus avec des fonctionnaires chargés de la santé, de l'agriculture et de l'alimentation, de l'industrie, du commerce et de l'établissement des normes ainsi que des représentants des producteurs primaires, des consommateurs et d'autres sections de la société civile. Ils se sont également entretenus avec d'autres organisations normatives internationales. Un questionnaire a été adressé à tous les membres du Codex et à tous les membres de la FAO et de l'OMS qui ne font pas partie du Codex
(103 réponses sur 186 questionnaires envoyés). Un autre questionnaire a été envoyé aux observateurs auprès du Codex (OIG et OING) et de l'OMS (40 réponses reçues). Deux demandes d'observations ont été diffusées sur l'Internet, la première totalement ouverte, et la seconde ciblant les ONG nationales (les réponses reçues sont de 52 et 22 respectivement). L'équipe a également pris l'avis d'interlocuteurs bien informés du Codex, y compris le Président et les autres membres du Comité exécutif, les présidents de certains comités du Codex et le personnel du secrétariat du Codex de l'OMS. Elle a utilisé les documents de travail préparés aux fins de l'évaluation, y compris ceux du Groupe d'experts indépendants, qui était chargé d'alimenter le processus d'évaluation en idées novatrices et divergentes. Le groupe d'experts et l'équipe d'évaluation ont travaillé ensemble à différents stades de l'évaluation, notamment pour l'élaboration du questionnaire, la mise au point de la liste de questions à couvrir durant les visites de pays et la formulation des recommandations finales.
6. Dans leurs recommandations, les évaluateurs se sont efforcés de faire preuve de réalisme. Dans le même temps, il a semblé important d'avancer des idées qui pourront être approfondies et débattues, et de ne pas toujours se limiter à des recommandations visant à être appliquées immédiatement. C'est dans cet esprit que certaines des idées présentées s'écartent de l'état actuel des réflexions au sein du Codex, de la FAO et de l'OMS.
2. VUE D'ENSEMBLE SUR LE CODEX ET LES AUTRES ACTIVITES DE LA FAO ET DE L'OMS SUR LES NORMES ALIMENTAIRES
La Section 2 est destinée au lecteur non familier avec le Codex et résume succinctement la situation actuelle. Ceux qui ont une bonne connaissance du Codex et des autres travaux de la FAO et de l'OMS n'auront pas besoin de lire la présente section. |
7. La Commission du Codex Alimentarius a été établie en 1963 en tant qu'organe inter-gouvernemental par la FAO et l'OMS. Elle est ouverte à tous les États Membres de la FAO et de l'OMS, et compte actuellement 167 membres, 149 organisations internationales non gouvernementales (OING) ayant le statut d'observateur, représentant les producteurs, l'industrie et la société civile et 58 organisations intergouvernementales7. Les normes sont établies par 29 organes subsidiaires - comités régionaux, comités s'occupant de produits et comités s'occupant de questions générales - dont 24 sont aujourd'hui en activité.
8. Les travaux de la Commission du Codex Alimentarius, qui se réunit en séance plénière tous les deux ans, et ses organes subsidiaires sont appuyés sur les plans logistique, technique et administratif par un secrétariat restreint ("Secrétariat du Codex") basé au siège de la FAO et financé conjointement par la FAO et l'OMS. Les coûts afférents aux comités régionaux, aux comités s'occupant de produits et aux comités s'occupant de questions générales sont couverts en totalité ou en partie par les pays hôtes respectifs, mais le Secrétariat du Codex apporte aussi un soutien administratif. Les membres assument leurs propres frais de participation aux réunions.
9. Les avis d'experts scientifiques nécessaires à l'élaboration des normes sont fournis par deux comités d'experts permanents, financés et administrés conjointement par la FAO et l'OMS. Le JECFA est chargé des additifs alimentaires, des contaminants et des médicaments vétérinaires et la JMPR des résidus de pesticides. La JEMRA est un nouveau groupe, qualifié de `consultation mixte d'experts' plutôt que de comité formel, et chargé de l'évaluation des risques microbiologiques. D'autres consultations d'experts peuvent être établies le cas échéant. La gestion et le financement des comités et les consultations sont indépendantes du Codex et relèvent de la FAO et de l'OMS. Le JECFA et la JMPR ont chacun un co-secrétaire dans chaque organisation.
10. Les activités de renforcement des capacités de la FAO et de l'OMS sont distinctes. Le Secrétariat du Codex coopère aussi avec la FAO et l'OMS en matière de renforcement des capacités, sous la forme d'activités de formation, d'ateliers, etc.
11. Les composantes de ces programmes seront examinées, au moment voulu, dans le cadre de l'évaluation.
12. Il importe ici de définir clairement les termes utilisés dans le présent rapport, car la terminologie utilisée par le Codex en relation avec les activités de la Commission et des organes subsidiaires et les avis d'experts diffère parfois de celle utilisée ailleurs. Dans le cadre du Codex, l'analyse des risques comporte trois volets8, évaluation des risques, gestion des risques et communication sur les risques. Schématiquement, l'évaluation des risques est réalisée par les comités d'experts et les consultations qui donnent des avis scientifiques au Codex et elle est décrite comme « un processus à fondement scientifique comprenant les étapes suivantes: i) identification des dangers, ii) caractérisation des dangers, iii) évaluation de l'exposition et iv) caractérisation des risques.» C'est la fonction que remplit l'avis d'experts vis-à-vis du Codex. Ce que le Codex appelle l'évaluation des risques est souvent intitulé ailleurs analyse des risques. Dans la présente évaluation, nous utiliserons les termes tels que définis par le Codex. La gestion des risques est définie comme « le processus, distinct de l'évaluation des risques, consistant à mettre en balance les différentes politiques possibles en consultation avec toutes les parties intéressées, en tenant compte de l'évaluation des risques et d'autres facteurs ayant une importance pour la protection de la santé des consommateurs et la promotion de pratiques commerciales loyales et, au besoin, à choisir les mesures de prévention et de contrôle appropriées. » C'est là le travail de la Commission du Codex Alimentarius et de ses organes subsidiaires. Enfin, la communication sur les risques est définie comme « l'échange inter-actif, tout au long du processus d'analyse des risques, d'informations et d'opinions entre les responsables de l`évaluation des risques et ceux de leur gestion, les consommateurs, l'industrie, les milieux universitaires et les autres parties intéressées, et incluant notamment l'explication des résultats de l'évaluation des risques et des fondements des décisions prises en matière de gestion des risques. »
Le Codex perfectionne ces définitions, en particulier dans le cadre du Comité sur les principes généraux (CCGP) qui, à sa session de 2002, a fait des progrès notables sur les Principes de l'analyse des risques qui doivent être appliqués dans le cadre du Codex.
13. L'évaluation note la tendance à séparer l'évaluation scientifique des risques pour la santé de la fonction de gestion des risques (par exemple, l'Autorité européenne de sécurité sanitaire des aliments a été établie en tant qu'organe indépendant chargé de l'évaluation des risques qui est distincte de la gestion des risques effectuée par la Commission européenne). Ceci est conforme au principe du Codex de séparation des fonctions d'évaluation des risques et de gestion des risques.
3. LES RÔLES DES NORMES ALIMENTAIRES ET QUELQUES QUESTIONS POUR L'ÉVALUATION
3.1 Les rôles des normes alimentaires
14. Les gouvernements ont l'obligation de protéger la santé de leurs citoyens. Cela inclut la protection contre les maladies d'origine alimentaire et nécessite l'établissement de normes par des organismes publics. Cependant, les normes ne protègent les consommateurs que si elles sont appliquées à travers un système de contrôle alimentaire qui fonctionne de manière convenable. Ceci nécessite de nombreux éléments - législation exhaustive et actualisée, suivi des aliments et surveillance des maladies d'origine alimentaire, régime de licences et inspection (qui à son tour demande un personnel instruit et qualifié et de bonnes installations de laboratoire), sans mentionner le soutien et la stabilité politiques et institutionnels, l'absence de corruption, etc. À tous les égards, la responsabilité relève spécifiquement de chaque pays.
15. Le renforcement de la gouvernance et la formation du personnel ont cependant un coût et des investissements sont nécessaires dans les infrastructures des secteurs public et privé pour appliquer les normes.9 L'incidence sur les coûts de l'application des normes est particulièrement importante dans les pays en développement qui peuvent avoir besoin d'assistance financière et de formation. Par ailleurs, les principes et les procédures du Codex sont un avantage lorsqu'il s'agit d'obtenir la reconnaissance de l'équivalence des systèmes de contrôle alimentaire.
16. La sécurité sanitaire des aliments ne peut évidemment être isolée des autres risques qui, en particulier dans les pays en développement, incluent les risques liés à l'eau. L'eau insalubre est non seulement un risque en elle-même, mais l'eau étant utilisée pour irriguer, laver et transformer les aliments, elle peut être une source de contamination supplémentaire. Ainsi, lorsqu'il s'agit de la sécurité sanitaire des aliments, c'est la chaîne alimentaire toute entière qui doit être prise en compte, pas seulement le produit fini, et les normes doivent attirer l'attention de manière à la fois stratégique et pratique sur ces points où les risques sont plus grands. La surveillance des risques d'origine alimentaire est donc une condition indispensable, tout comme le sont les capacités en matière d'évaluation des risques et de gestion de la sécurité sanitaire des aliments grâce, notamment, à l'application ciblée de la réglementation en cas de risque accru. Les pays ou les régions ont besoin de données de meilleure qualité sur les maladies d'origine alimentaire dans la santé humaine, ce qui a des répercussions sur l'établissement des priorités pour le Codex et le renforcement des capacités pour la FAO et l'OMS.
17. La nature de la demande et du commerce alimentaires ayant évolué pour répondre aux exigences des pays en développement qui réclament des produits variés et un approvisionnement toute l'année de fruits et légumes frais, de poisson et produits de la pêche frais et de viande fraîche, la nature des relations a elle aussi changé entre les acteurs tout au long de la chaîne alimentaire. Il y a une plus grande coordination et intégration verticale avec des transactions commerciales moins ouvertes. En outre, on s'est orienté vers un contrôle de la qualité et de la sécurité sanitaire des aliments tout au long de la chaîne alimentaire, souvent à l'aide de normes concernant la transformation, plutôt que par des normes plus traditionnelles relatives au produit final. Les normes Codex, qui reposent davantage sur l'évaluation des risques, témoignent de cette évolution. L'approche de la chaîne de l'offre a une autre implication, à savoir l'intérêt qu'il y a à adopter une perspective « du producteur au consommateur » de la sécurité sanitaire des aliments, qui nécessite une coordination étroite entre les autorités réglementaires au niveau national (par exemple, entre les responsables des réglementations agricole et sanitaire) et au niveau international (par exemple, entre le Codex, l'OIE et la CIPV). Au cours des débats qui se sont tenus lors de la réunion des responsables de la sécurité sanitaire des aliments à Marrakech, la nécessité a été reconnue par tous de l'intervention tout au long de la chaîne de production et de la participation de toutes les parties prenantes dans le processus réglementaire. Les responsables de la sécurité sanitaire ont aussi affirmé que la réglementation dans ce domaine doit reposer sur la science et sur une évaluation des risques appropriée et que la mise en application doit s'appuyer sur le paradigme de l'analyse des risques.
18. La mondialisation a vu l'intensification des échanges internationaux de produits agricoles et alimentaires et la propagation rapide de nouvelles maladies d'origine alimentaire dans le monde. Les normes et les contrôles alimentaires en vigueur dans un autre pays peuvent être tout aussi importants que dans son propre pays, ce qui crée une demande des normes internationales similaires à celles élaborées par le Codex. Les nouveaux agents pathogènes (par exemple, Listeria monocytogenes, Campylobacter jejuni, Vibrio vulnificus et Salmonella spp. virulente) résistent à de nombreuses pratiques traditionnelles de conservation et de cuisson des aliments. Il s'agit maintenant de questions de sécurité sanitaire des aliments au niveau mondial nécessitant des solutions globales qui incluent des normes reposant sur l'évaluation des risques et la surveillance mondiale.10 Dans le même temps, de nouvelles technologies de transformation sont de plus en plus utilisées pour répondre à la préférence des consommateurs des pays développés pour des aliments davantage `naturels' (par exemple, moins de sel et d'additifs); il faut donc que l'évolution des besoins qui découlent des nouvelles technologies soit prise en compte dans l'établissement des normes alimentaires. L'un des problèmes à résoudre, c'est l'établissement de l'équivalence d'autres techniques de conservation possibles sur la base de l'évaluation scientifique des risques11. Les progrès de la science, y compris la précision accrue des méthodes de détection de laboratoire, signifient que les normes doivent être révisées et actualisées fréquemment.
19. Outre la protection de la santé des consommateurs, les normes alimentaires réduisent les coûts économiques (risques de fraude, recherche de partenaires commerciaux fiables). Pour être utiles, elles doivent être claires pour les consommateurs et dans ce cas, elles réduisent les risques (achat par inadvertance de produits de qualité inférieure ou peu sûrs). En étant bénéfiques tant aux producteurs qu'aux consommateurs, les normes favorisent le bien-être économique, et à ce titre sont considérées par de nombreux économistes comme une condition préalable au bon fonctionnement d'un marché12. Si les normes sont harmonisées (dans ou entre les pays), elles facilitent naturellement le commerce (national et international), qui est lui-même généralement considéré comme un promoteur du développement économique13.
20. A mesure que les pays s'enrichissent et que le niveau d'éducation s'élève, les consommateurs réclament des normes de qualité et de sécurité sanitaire plus rigoureuses, ce qui peut créer des difficultés pour l'harmonisation internationale des normes. En effet, les coûts augmentent pour les producteurs s'ils doivent se conformer à des normes plus rigoureuses et ces coûts sont répercutés sur les consommateurs qui, dans les pays pauvres, peuvent avoir d'autres priorités (eau potable, nourriture suffisante14). En tant qu'organe normatif international, l'une des difficultés que rencontre le Codex, c'est d'établir un juste équilibre entre les besoins des consommateurs qui sont différents dans les pays développés et dans les pays en développement. L'équilibre des coûts et des avantages des gains additionnels de sécurité sanitaire et de qualité des aliments fait partie du processus de gestion des risques.
21. Alors que dans le passé les États membres du Codex n'avaient pas l'obligation d'utiliser les normes Codex pour la protection ou la santé de leurs consommateurs, l'Accord SPS de l'OMS de 1994 a conféré un statut juridique au Codex. Si tous les pays ne sont pas obligés d'adopter toutes les normes Codex, ils doivent cependant pouvoir justifier leur non adoption en fonction de critères bien définis. La reconnaissance juridique du Codex a renforcé sa pertinence et son importance, mais a inévitablement rendu les compromis plus difficiles.
22. Les normes de qualité des aliments (par lesquelles nous entendons les normes concernant les caractéristiques non liées à la santé d'un produit) n'ont pas besoin d'être élaborées par les gouvernements, elles peuvent faire l'objet d'accords entre les partenaires commerciaux, et dans un système commercial mondial de plus en plus dominé par les multinationales alimentaires, la tendance est à l'établissement de normes sans intervention d'organismes publics. Néanmoins, les entreprises continuent à trouver utile l'harmonisation des normes de qualité par des organismes comme l'ISO (pour les épices par exemple) et par la CEE-ONU pour les fruits et légumes. Le Codex intervient aussi dans l'élaboration de normes de qualité, et un problème fondamental pour le Codex est de décider de leur degré de priorité, compte tenu notamment de ses ressources limitées et des besoins en matière de normes liées à la santé.
3.2 Thèmes fondamentaux de l'évaluation
23. Les travaux sur les normes alimentaires doivent continuer à bénéficier du ferme soutien des pays développés et des pays en développement ainsi que des grands groupes d'intérêt, faute de quoi ils seront progressivement marginalisés et transférés ailleurs.
24. Au cours des visites de pays et à l'examen des réponses aux questionnaires, il est devenu évident que les pays en développement estiment ne pas pouvoir participer de manière aussi efficace qu'ils le souhaiteraient au Codex, et les pays en développement et les pays à revenu intermédiaire reconnaissent aussi que la participation des pays en développement est un problème. Globalement, 78 pour cent des pays ayant répondu notent l'équilibre de la participation et de l'influence des pays pauvres au Codex en dessous du point médian. Quatre-vingt-seize pour cent des pays à faible revenu et 87 pour cent des pays à revenu intermédiaire ne participent pas au Codex dans la mesure qu'ils estiment souhaitable, la raison essentielle étant le manque de ressources financières.
25. Les visites de pays et les questionnaires montrent l'importance majeure que revêt le renforcement des capacités pour les pays en développement et certains pays à revenu intermédiaire. Ils souhaiteraient pouvoir mieux participer au Codex, mais leurs préoccupations sont plus vastes. En particulier, ils veulent pouvoir se conformer aux normes pour l'exportation, protéger la santé de leurs consommateurs et assurer des pratiques loyales dans le commerce. Pour cela, il faudra accroître considérablement l'aide en matière de renforcement des capacités et utiliser les ressources avec une plus grande efficacité. Il faut aussi être conscient que les pays peuvent tirer parti du Codex, non seulement par les normes qui y sont produites, mais aussi par leur participation au processus d'établissement de ces normes. Pour de nombreux pays en développement, il s'agit d'une forme de renforcement des capacités en soi, permettant à ceux qui participent aux réunions (qui se tiennent souvent en dehors de la session formelle) d'acquérir des informations précieuses sur la manière d'établir et de mettre en application les normes alimentaire appropriées. Les participants de pays développés eux-mêmes citent ce point comme un des avantages du Codex.
26. Les pays développés en particulier estiment que le programme de normes alimentaires est trop lent. Ainsi, 68 pour cent des pays à revenu élevé (selon la définition de la Banque mondiale) ayant répondu au questionnaire classent l'efficience globale du Codex en dessous du point médian sur une échelle de 7 points (où 1 correspond à très mauvais et 7 à très bon) contre 9 pour cent seulement pour les pays à faible revenu. En ce qui concerne la rapidité du processus, 90 pour cent des réponses des pays à revenu élevé indiquent un niveau de satisfaction inférieur au point médian par rapport à 24 pour cent pour les pays à faible revenu. Les observateurs auprès du Codex (voir Section 5.4) sont largement de l'avis des pays à revenu élevé. Pareillement, mais de manière moins prononcée, les pays développés regrettent la lenteur des avis d'experts scientifiques fournis au Codex.
27. Les pays en développement s'inquiètent de ce que les normes élaborées par le Codex ne prennent pas toujours en compte leurs priorités, ce qui en diminue leur utilité. Les pays développés, notamment, estiment que l'utilité des normes Codex serait renforcée si celles-ci étaient établies dans de meilleurs délais.
28. Enfin, nombreux sont ceux qui estiment qu'il faudrait renforcer les bases scientifiques lors de l'établissement des priorités des problèmes de santé ainsi que l'évaluation des risques dans l'élaboration des normes Codex.
29. Principales préoccupations: L'équipe d'évaluation a identifié quatre grandes préoccupations auxquelles ses recommandations entendent répondre, à savoir:
4. ÉVALUATION ET RECOMMANDATIONS POUR LE CODEX
4.1 Portée actuelle des travaux du Codex et procédures de travail du Codex
La section 4.1 est destinée au lecteur non familier avec le Codex et résume succinctement la situation actuelle. Ceux qui ont une bonne connaissance du Codex et des autres travaux de la FAO et de l'OMS n'auront pas besoin de lire la présente section. |
30. Le Codex Alimentarius est un ensemble de normes alimentaires internationales présentées de manière uniforme. Le Manuel de procédure de la Commission du Codex Alimentarius énonce (p. 28):
« Le Codex Alimentarius comprend des normes pour tous les principaux produits alimentaires, traités, semi-traités ou bruts, destinés à être livrés aux consommateurs ...Le Codex Alimentarius comporte des dispositions sur l'hygiène alimentaire, les additifs alimentaires, les résidus de pesticides, les contaminants, l'étiquetage et la présentation, les méthodes d'analyse et d'échantillonnage ... Les normes Codex comprennent les exigences auxquelles doivent répondre les aliments pour assurer au consommateur des produits alimentaires sains et de qualité loyale, présentés et étiquetés de façon correcte. »
31. Dans la pratique, cela signifie que le Codex établit présentement:
32. Il convient de noter que l'Accord SPS de l'OMC, qui concerne les deux premières catégories de normes susmentionnées, n'établit pas de différence entre les normes, directives et autres recommandations du Codex15.
33. La santé animale et la santé végétale sont couvertes respectivement par l'OIE et la CIPV. La CEE-ONU établit des normes régionales pour la description de qualité des fruits et légumes qui sont maintenant adoptées dans les normes Codex. En ce qui concerne l'ISO, 67 normes se rapportent à la technologie alimentaire, axées sur les méthodes d'analyse.
4.1.1 Structure des comités16
34. La Commission du Codex Alimentarius est ouverte à tous les États Membres et Membres associés de la FAO et de l'OMS. Elle comprend actuellement 167 membres. Le principal organe de décision est la Commission du Codex Alimentarius, qui se réunit tous les deux ans à Rome ou à Genève17. Dans l'intervalle des sessions, le Comité exécutif agit au nom de la Commission. Les tâches courantes de la Commission sont remplies par un Secrétariat permanent composé de six administrateurs et de sept personnes des services généraux, qui se situe dans les locaux de la FAO à Rome au sein de la Division de la nutrition.
35. La Commission élit un Président et trois vice-présidents parmi ses membres. Le Président ou, en son absence, l'un des vice-présidents, préside les sessions de la Commission et exerce toute autre fonction nécessaire à la bonne marche des travaux de celle-ci. Les membres du Bureau sont élus pour chaque session ordinaire de la Commission (deux ans) et peuvent occuper leurs fonctions pendant deux sessions consécutives au plus.
36. Dans l'intervalle des sessions de la Commission, un Comité exécutif agit au nom de celle-ci. Le Comité exécutif se compose du Président et des vice-présidents de la Commission ainsi que de sept autres membres élus par la Commission, chacun d'eux venant de l'une des zones géographiques suivantes: Afrique, Asie, Europe, Amérique latine et Caraïbes, Proche-Orient, Amérique du nord et Pacifique Sud-Ouest.
37. La Commission désigne un coordonnateur pour chacune des sept régions géographiques sur proposition de la majorité des membres de chaque région. Les coordonnateurs régionaux sont désignés pour trois sessions et ne peuvent occuper leurs fonctions pour plus de deux périodes consécutives. Ils sont chargés d'aider aux travaux des comités de coordination régionale du Codex en ce qui concerne la préparation de projets de normes, de lignes directrices et autres recommandations à soumettre à la Commission. Ils informent aussi le Comité exécutif et la Commission des vues des Membres et des organisations intergouvernementales et non gouvernementales régionales reconnues dans leurs régions respectives sur les questions qui sont à l'examen. Les coordonnateurs participent aux sessions du Comité exécutif en tant qu'observateurs.
38. L'élaboration des projets de normes et textes apparentés relève des organes subsidiaires. Les comités du Codex et les groupes spéciaux sont chargés de l'élaboration des projets de normes à soumettre à la Commission, qu'il s'agisse de normes mondiales ou pour des régions et groupes de pays donnés. Il y a deux grands types de comité. Les comités s'occupant de questions générales (`horizontaux') sont chargés d'établir des normes sur les principes généraux de sécurité sanitaire des aliments et de protection de la santé des consommateurs applicables à tous les produits alimentaires. Les comités de produits (`verticaux') sont chargés d'établir des normes pour des produits spécifiques. Il y a actuellement neuf comités s'occupant de questions générales et 11 comités s'occupant de produits. Quatre des comités de produits établis ont été ajournés.
39. Des comités de coordination pour les régions ou groupes de pays sont chargés de la coordination générale dans la préparation des projets de normes relatives à la région ou groupe de pays intéressé. Il y a actuellement six comités de coordination régionale.
40. Plus récemment, la Commission a cherché à créer des groupes spéciaux intergouvernementaux plutôt que des comités du Codex afin de rationaliser la structure organisationnelle de la Commission et de promouvoir l'efficience du fonctionnement des organes subsidiaires. Le mandat des groupes spéciaux intergouvernementaux est précisé dès le départ et limité à la tâche pour laquelle ils ont été créés. Leur durée est précisée au préalable et ne devrait pas excéder cinq ans. Trois groupes spéciaux ont été créés à ce jour.
41. A chaque session biennale, la Commission désigne un gouvernement responsable pour chaque comité et groupe spécial intergouvernemental du Codex. Le pays hôte est alors chargé de désigner un président. Les dépenses afférentes au fonctionnement d'un organe subsidiaire sont à la charge du pays ayant accepté la présidence dudit organe.

___________________________
* Manuel de procédure du Codex
42. La structure organisationnelle du Codex est supposée être en liaison avec les structures administratives correspondantes dans chacun des États membres. Le point de contact avec le Codex est le lien institutionnel essentiel entre le Codex et un État membre. Conformément au Manuel de procédure, les fonctions essentielles du point de contact avec le Codex18 consistent entre autres à servir de lien entre le Secrétariat du Codex et les pays membres et à coordonner toutes les activités relevant du Codex au niveau national. Il est souhaitable que le point de contact avec le Codex appuie un comité national, avec une structure conforme à la législation nationale, aux structures administratives et aux procédures et pratiques établies19.
4.1.2 Établissement et adoption des normes
43. Les normes sont élaborées et adoptées selon une procédure très structurée comprenant huit étapes. À l'étape 1, la Commission décide, compte tenu des `Critères concernant la détermination de l'ordre de priorité des activités', d'élaborer une norme et désigne l'organe subsidiaire ou autre organisme chargé d'entreprendre ce travail. À l'étape 2, le Secrétariat ou le comité fait établir un avant-projet de norme tenant compte de l'avis scientifique des comités d'experts (JECFA, JMPR, etc.) ou, dans le cas du lait et des produits laitiers, de la Fédération internationale de laiterie (FIL). À l'étape 3, l'avant-projet de norme est envoyé pour observations aux membres et observateurs et, à l'étape 4, le comité examine les observations formulées et peut décider de modifier l'avant-projet de norme. L'avant-projet de norme est soumis à la Commission ou au Comité exécutif, à l'étape 5, en vue de son adoption comme projet de norme, compte tenu des observations des membres au sujet des incidences que l'avant-projet de norme pourrait avoir sur leurs intérêts économiques. Les étapes 6 et 7 sont analogues aux étapes 3 et 4 dans un second tour de consultations et de modifications par le comité concerné. S'il est adopté par la Commission à l'étape 8, le projet devient une norme Codex.
44. Une procédure accélérée peut être utilisée, comportant essentiellement les étapes 1 à 5 au bout desquelles le texte est adopté en tant que norme Codex. Cette procédure est généralement employée lorsque l'on a identifié la nécessité d'établir une norme dans les meilleurs délais et/ou qu'il existe déjà un large consensus sur la question à l'examen. La Commission, le Comité exécutif, ou un organe subsidiaire (sous réserve de l'approbation consécutive de la Commission ou du Comité exécutif) peuvent invoquer la procédure accélérée par un vote à la majorité des deux tiers.
4.1.3 Prise de décision par consensus
45. Le Manuel de procédure énonce que « la Commission met tout en uvre pour parvenir à un accord sur l'adoption ou l'amendement des normes par consensus. Les décisions relatives à l'adoption des normes ne peuvent faire l'objet d'un vote que si les efforts déployés pour dégager un consensus ont échoué.» Le vote a lieu par simple majorité des votes exprimés par ceux qui assistent à la session. Il n'a pas été adopté de définition précise du consensus, la légitimité semble requérir que la Commission adopte un processus de `recherche active de consensus', y compris20 en faisant réaliser de nouvelles études afin de clarifier le fondement scientifique des questions litigieuses, en assurant des débats approfondis lors des sessions, en organisant des réunions informelles des parties concernées en cas de désaccord (avec la participation ouverte de l'ensemble des parties intéressées et des observateurs afin d'assurer la transparence), en redéfinissant la portée de la question examinée afin d'éliminer les points sur lesquels il n'est pas possible de parvenir à un consensus, en insistant sur le fait qu'aucun point ne doit être soumis à la Commission en l'absence de consensus. La liste des mesures susmentionnée à été établie par le Comité du Codex sur les principes généraux pour aider les présidents à trouver un consensus. Elles ont été entérinées par le Comité exécutif et transmises pour adoption à la Commission en 2003. Les présidents et les comités conservent cependant leur liberté de décision.
4.1.4 Observateurs
46. Les Organisations internationales non gouvernementales (OING) et les Organisations intergouvernementales (OIG) peuvent, avec l'approbation des Directeurs généraux de la FAO et de l'OMS, assister en qualité d'observateur aux sessions de tous les comités du Codex, hormis à celles du Comité exécutif.21 On considère que ces observateurs jouent un rôle important, en ce sens que des organisations qui représentent des secteurs importants de l'opinion publique et qui font autorité en matière professionnelle et technique dans les domaines de leur compétence peuvent exprimer les points de vue de leurs membres. Ces organisations jouent ainsi un rôle approprié en assurant l'harmonisation des intérêts intersectoriels entre les divers organismes sectoriels concernés dans un pays, une région ou à l'échelon mondial. Les OING ayant le statut d'observateur s'engagent à coopérer à la réalisation des objectifs du Codex, y compris à mieux faire connaître et comprendre ses objectifs.
47. Les observateurs:
Les observateurs n'ont pas le droit de vote.
48. En février 2002, sur les 151 OING ayant le statut d'observateur, 71 pour cent sont des organismes industriels, 22 pour cent des organismes professionnels et 8 pour cent représentent l'intérêt général et les consommateurs.
4.1.5 Établissement des priorités
49. Les critères régissant l'établissement des priorités sont décrits dans le Manuel de procédure.22 Les priorités fixées dans le Plan à moyen terme de la Commission pour réaliser ses objectifs stratégiques pour 2003-2007 doivent être examinées ainsi que la possibilité d'achever le travail dans un délai raisonnable. Un certain nombre de critères supplémentaires sont indiqués pour les questions générales et pour les produits, mais ces critères ne sont pas classés par ordre d'importance. Les critères applicables aux questions générales comprennent entre autres (a) protection des consommateurs contre les risques pour la santé et les pratiques frauduleuses et (b) diversité des législations nationales et obstacles au commerce international qui en résultent (apparents ou possibles). En ce qui concerne les produits, ils comprennent notamment (a) et (b) ci-dessus mais aussi le volume et la structure des échanges entre les pays ainsi que le potentiel commercial (et autres questions liées à l'aspect pratique et au besoin).
4.1.6 Rôle de la science et des `autres facteurs légitimes'
50. En 1995, la Commission a établi les principes concernant le rôle de la science dans la prise de décisions du Codex et le rôle des `autres facteurs légitimes' qui peuvent être pris en compte23. Ces principes soulignent que les normes, directives et autres recommandations du Codex doivent reposer sur des principes et des preuves scientifiques:
« Les normes alimentaires, directives et autres recommandations du Codex Alimentarius doivent reposer sur une analyse et sur des preuves scientifiques objectives, après un examen approfondi de toutes les données pertinentes, de façon que les normes garantissent la qualité et la sécurité des approvisionnements alimentaires. »
51. La Commission est aussi convenue que les `autres facteurs légitimes' peuvent être pris en compte s'ils concernent la protection de la santé des consommateurs et/ou la promotion de pratiques loyales dans le commerce:
« En élaborant des normes alimentaires et en prenant des décisions à leur sujet, le Codex Alimentarius doit tenir dûment compte, le cas échéant, d'autres facteurs légitimes ayant une importance pour la protection de la santé du consommateur et la promotion de pratiques loyales dans le commerce des denrées alimentaires. »
52. Dans la définition des critères pour la prise en considération des `autres facteurs légitimes', les dispositions des Accords SPS et OTC de l'OMC sont explicitement mentionnées. Les éléments essentiels de ces critères sont les suivants:
Il n'y a toujours pas d'accord précis sur ce que constitue un "autre facteur légitime".
53. La Commission a admis que la précaution est un élément de l'analyse des risques, mais n'a pas défini ni approuvé l'emploi du "principe de précaution" dans le cadre du Codex. La question reste très litigieuse et la Commission a adopté en 2001 la position ci-après: « Lorsqu'on a la preuve qu'un risque existe pour la santé humaine, mais que les données scientifiques sont insuffisantes ou incomplètes, la Commission ne devrait pas élaborer de norme, mais devrait envisager d'élaborer un texte apparenté, par exemple un code d'usages, à condition que ce texte s'appuie sur les preuves scientifiques disponibles. » 24 L'OMS admet l'équivalence des codes d'usages et des normes, juridiquement parlant, à moins que le texte énonce explicitement le contraire. Ce texte de compromis est controversé par un certain nombre de membres.
4.1.7 Ressources
54. On trouvera à l'Annexe 3 les ressources affectées au Codex et autres travaux sur les normes alimentaires de la FAO et de l'OMS, ainsi que les implications financières des modifications que nous proposons. Comme on peut le constater, le budget de base du Codex est à l'heure actuelle de quelque 5 millions de dollars E.-U. par exercice biennal, la FAO contribuant à hauteur de 80 pour cent et l'OMS de 20 pour cent. Le budget de base du Codex représente un peu plus du tiers des coûts directs totaux. La grande partie des deux tiers restants sont couverts par les pays hôtes des comités du Codex. Les coûts directs pour les pays sont de l'ordre de 3,5 millions de dollars E.-U. par exercice biennal.
4.2 Procédures d'autres organes normatifs internationaux
55. Les membres de l'équipe d'évaluation se sont rendus dans d'autres organisations normatives internationales afin de voir s'il était possible de tirer des enseignements de leurs procédures pour le Codex. On trouvera ci-après, sous forme de tableau, les principales caractéristiques des trois organisations qui sont les plus proches du Codex de par leurs fonctions, ISO, OIE et CIPV.
Figure 2 - Procédures en vigueur dans d'autres organes normatifs internationaux | |||
Convention internationale pour la protection des végétaux |
Organisation internationale de normalisation (ISO) |
Office international des épizooties (OIE) | |
Mandat/ |
- Mandat récent (1993). - La Convention stipule certains droits et obligations pour les parties contractantes, notamment en ce qui concerne l'utilisation de la certification phytosanitaire, et propose des modèles dans une annexe à la Convention. - Établit des normes phyto-sanitaires mondiales. - Les normes sont référencées dans l'accord SPS et sont utilisées dans les législations nationales. |
- L'Organisation internationale de normalisation (ISO) est une organisation non gouvernementale créée en 1947. Elle est constituée d'organes normatifs nationaux à raison d'un par pays. Elle a pour mandat d'élaborer des normes dans tous les domaines techniques (hormis l'électricité et l'électronique) - La plupart des normes ne sont pas utilisées dans les législations nationales, mais à des fins d'étiquetage et de contrat. |
- L'OIE est une organisation intergouvernementale créée en vertu d'un accord international en 1924. - Parmi ses diverses missions, l'OIE doit garantir la sécurité sanitaire des échanges commerciaux internationaux, en élaborant des règles sanitaires pour le commerce international des animaux et des produits dérivés. - L'OIE élabore des documents normatifs que les États membres peuvent utiliser pour se protéger des maladies, sans créer pour autant des obstacles sanitaires injustifiés au commerce international. - Les normes sont référencées dans l'accord SPS et sont utilisées dans les législations nationales. |
Structure des Comités |
- CIPV: 117 parties contractantes. - Le Comité d'experts des mesures phytosanitaires (CEMP) a été créé en 1993. Désormais remplacé par le Comité des normes composé de 20 experts (représentant dans leur grande majorité leur gouvernement). Sa structure est en cours de révision de manière à ce qu'il comporte désormais trois experts pour chacune des sept régions FAO. Il se réunit deux fois par an. - La Commission intérimaire des mesures phytosanitaires (CIMP) est un organe FAO ouvert à tous les membres de l'Organisation. Les membres de la Commission sont des gouvernements. La CIMP demeurera «un organe «provisoire» jusqu'à l'entrée en vigueur des amendements à la Convention et à la création d'une Commission permanente. |
- L'ISO a une assemblée générale, mais travaille sous la gouvernance du Conseil. (Bureau et 18 organes membres élus). Le Conseil désigne un trésorier, les membres du Conseil de direction technique (TMB) et les Présidents des trois Comités d'élaboration des politiques. - Le TMB donne des avis au Conseil. Il est composé de 14 membres, dont trois proviennent actuellement de pays en développement. Il joue un rôle clé dans l'organisation du travail technique. - Le travail technique est extrêmement décentralisé. Il est réparti entre divers Comités techniques (ou Comités de normes), sous-comités et Groupes de travail. Ces organes techniques sont au nombre de 2 885, dont 186 comités techniques et 2 699 groupes de travail. - Deux petits comités de gestion (composés de sept membres chacun) chargés des finances et de la stratégie font rapport au Conseil. |
- En mai 2002, l'OIE comptait 162 États membres - L'Office est placé sous l'autorité et le contrôle d'un Comité international composé de délégués désignés par les gouvernements des États membres, qui se réunit une fois par an. - L' OIE est appuyé par des Commissions élues: · Commission administrative · Cinq Commissions régionales · Commissions techniques spécialisées (TC). Composées de six membres (un par région, plus un président) élus pour un mandat de trois ans par le Comité international. Les Commissions techniques spécialisées sont au nombre de quatre: i) Commission du Code de santé animale international ; |
Secrétariat |
- Créé en 1992, le Secrétariat est assuré par la FAO et chargé de coordonner le programme de travail de la CIPV et en particulier l'élaboration des NIMP. |
- L'ISO est dotée d'un secrétariat central de 165 personnes employées à plein temps (en 2002) et d'un budget central de quelque 20 millions de dollars E.-U. par an. |
Les opérations au jour le jour sont gérées par un Bureau central situé à Paris et placé sous la responsabilité d'un Directeur général élu par le Comité international. |
Soutien scientifique |
- Le Secrétariat crée des groupes de travail ad hoc ou utilise des experts pour élaborer une norme. Le projet de norme est soumis au Comité des normes qui est lui-même composé d'experts. - Le budget, qui relève du Programme ordinaire de la FAO, couvre le coût de la participation des experts aux activités de la CIPV, en particulier des groupes de travail chargés de rédiger les normes internationales. Les experts des pays développés peuvent, toutefois, financer leurs propres déplacements, ce qui permet au Secrétariat de faire le meilleur usage possible de ses ressources limitées. |
- Le Comité technique crée un groupe de travail d'experts, dont le président est le directeur de projet, chargé de rédiger un projet de norme. Plusieurs projets peuvent être examinés jusqu'à ce que le groupe de travail soit convaincu d'avoir trouvé la meilleure solution technique au problème. À ce stade, le projet est communiqué au Comité dont dépend le groupe de travail pour la recherche de consensus. |
Les normes sont établies par des Commissions spécialisées et par des groupes de travail composés de scientifiques de réputation internationale, dont la plupart sont des experts faisant partie du réseau de 152 Centres et Laboratoires de référence, qui contribuent également à la réalisation d'autres objectifs scientifiques de l'OIE. |
Utilisation de données scientifiques et d'autres facteurs légitimes pour l'établissement de normes |
Les normes concernent en général les procédures d'évaluation et de gestion des risques (analyse des risques présentés par les organismes nuisibles), la fourniture de certains types d'informations, la surveillance et d'autres activités qui peuvent être menées par des organisations nationales de protection des végétaux. Les normes sont toujours fondées sur des données scientifiques. |
- La plupart des normes concernent la qualité et la performance. La science est un facteur secondaire. |
- Les normes de sécurité sanitaire des aliments visent à réduire les risques pour la santé humaine liés à des aliments d'origine animale. - L'élaboration des normes est fondée sur des critères essentiellement scientifiques. - Aucun autre facteur légitime n'est pris en compte, à l'exception du bien-être des animaux scientifiquement défini. |
Consensus et vote |
- La CIPV approuve les normes par consensus - En l'absence d'unanimité, le consensus est considéré comme atteint si les deux tiers des membres présents approuvent la norme. Il n'y a scrutin, toutefois, que lorsque une proposition a déjà été présentée à la CIPV à deux reprises. |
- Les critères d'acceptation stipulent l'approbation par les deux tiers des membres de l'ISO ayant activement participé à l'élaboration de la norme et l'approbation de celle-ci par 75 pour cent des membres votants. Le vote se fait par courrier postal. |
- Le Comité international approuve la norme par consensus à condition que les voix contre ne dépassent pas dix. Il n'existe pas de procédure de vote. |
Fixation des priorités |
- C'est la Commission des mesures phytosanitaires qui fixe les priorités en consultation avec le Secrétariat. |
- Elles sont fixées par le Conseil et par le Conseil de gestion technique. |
- Les priorités sont fixées par le Comité international. |
Ouverture et participation |
Le processus de fixation de normes est très ouvert: i) les propositions visant à l'élaboration d'une nouvelle norme peuvent émaner des gouvernements, de l'industrie, des ONG ou d'organisations régionales de protection des végétaux, ainsi que d'autres organisations internationales. ii) Il existe des observateurs auprès de CIPV. iii) Les pays en dévelop-pement participent à la formulation des normes et des fonds sont prévus pour faciliter cette participation. |
- Quelque 30 000 experts participent chaque année à des réunions. Ils représentent l'industrie, les instituts de recherche, les gouvernements, les organes de consommateurs et les organisations internationales. - L'ISO n'a pas d'observateurs en plus des délégations nationales, mais il n'est pas rare que celles-ci représentent différents groupes d'intérêt. - Les pays développés sont prédominants au sein de l'ISO. |
- L'OIE est un organisme relativement ouvert, grâce à son système de représentation régionale en vertu duquel des représentants de chaque région sont élus (cinq régions, plus un président au sein des Comités spécialisés), ce qui garantit la participation systématique de tous les membres. En outre, l'OIE finance la participation de nombreux pays en développement. - Les organisations observatrices sont toutes des organisations mondiales à forte participation du secteur. Aucune ONG extérieure au secteur n'est représentée. |
4.3 Conclusions et propositions concernant l'utilité, l'établissement des priorités, la portée des travaux et le mandat du Codex
4.3.1 Conclusions relatives à l'utilité du Codex
56. Dans le questionnaire, nous avons demandé aux gouvernements en quoi les normes Codex sont importantes pour leur pays; on trouvera au Tableau 1 les résultats selon le niveau de développement25. Selon les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, elles sont très importantes pour la protection de la santé de leurs consommateurs car elles garantissent la sécurité sanitaire des aliments produits localement ou importés, et facilitent le commerce aux niveaux national et international. Les pays à revenu élevé, qui sont dotés de législations et de systèmes de contrôle alimentaires plus perfectionnés, privilégient les aspects concernant la facilitation des exportations et la sécurité sanitaire des importations alimentaires. Les ONG de producteurs et de consommateurs estiment aussi que les normes Codex sont très importantes dans toutes leurs fonctions.
57. La majorité des pays, à tous les niveaux de développement, affirment avoir adopté dans leurs législations nationales plus de 60 pour cent de tous les types de normes Codex, à l'exception de celles liées aux méthodes d'analyse, encore que sur le plan de la législation interne, les normes Codex soient plus importantes pour les pays en développement et les petits pays développés qui n'ont pas les ressources suffisantes pour élaborer leurs propres normes. Les visites de pays ont confirmé l'utilisation des normes Codex dans les pays développés et dans les pays en développement.
58. Au cours des visites de pays, les exportateurs et les importateurs, y compris les grands pays développés, ont déclaré que les normes Codex fournissent une base pour les négociations commerciales sur ce qui touche à la qualité et à la sécurité sanitaire, point de vue partagé par l'industrie. L'harmonisation des normes permet aussi de réduire les prescriptions différentes en matière de formulation et d'étiquetage. Les nouveaux blocs commerciaux comme le Marché commun austral (MERCOSUR ) et la Communauté du développement de l'Afrique australe (SADC) trouvent dans les normes Codex une base précieuse pour l'élaboration des normes. Le Programme alimentaire mondial (PAM) utilise aussi les normes Codex comme référence dans ses contrats d'aide alimentaire. Pour être vraiment utiles, les normes doivent être établies en temps voulu et l'industrie, certains pays à revenu intermédiaire et les pays développés estiment que les retards au sein du Codex et dans les avis fournis au Codex par les comités d'experts, en ce qui concerne les pesticides, et à un degré moindre les additifs peuvent réduire l'intérêt général du système. Dans le cas des médicaments vétérinaires, très souvent les entreprises ne soumettent plus, pour des raisons diverses, de nouveaux produits pour examen.
59. En ce qui concerne les types de normes appréciées par les parties prenantes, les pays à tous les niveaux de développement estiment que tous les types de normes Codex sont importants (plus de 50 pour cent des réponses leur attribuent une valeur supérieure au point médian d'une échelle de cotation de 7), à l'exception des pays à revenu élevé qui attachent moins d'importance aux normes de produits, aux descripteurs de qualité et aux processus et procédures. Deux pays à revenu élevé, dans lesquels se sont rendus les membres de l'équipe d'évaluation, considèrent toutefois que les normes de produits sont importantes. Plus de 70 pour cent des pays indiquent que les normes sur les limites de résidus, les additifs, l'hygiène et l'étiquetage sont `très importantes' (cote 6 ou 7 sur une échelle de 7). Les observateurs sont très largement du même avis, accordant même une importance plus haute à ces mêmes normes.
60. Le Codex est directement référencé dans l'Accord SPS de l'OMC pour les normes liées à la santé et indirectement pour les autres normes dans l'accord OTC. Ce dernier énonce que les pays doivent adopter des normes internationales lorsqu'elles existent, mais ne mentionne pas le Codex de manière spécifique. La plupart des représentants de l'industrie que l'équipe a rencontrés estiment que le Codex devrait concentrer ses ressources limitées sur les normes ayant un fondement scientifique, point de vue que partagent, en général, les gouvernements des pays développés.
Tableau 1: En quoi les normes Codex sont importantes pour votre pays? | ||||
Niveau de revenu |
Pas importantes* (pour cent des pays ayant répondu) |
Moyennement importantes* (pour cent des pays ayant répondu) |
Très importantes* (pour cent des pays ayant répondu) | |
Protéger la santé des consommateurs intérieurs |
Ensemble des pays |
2.0 |
22.0 |
76.0 |
Faible |
2.9 |
11.1 |
86.0 | |
Intermédiaire |
0 |
17.3 |
82.7 | |
Élevé |
5.3 |
52.7 |
42.1 | |
Faciliter le commerce intérieur |
Ensemble des pays |
8.6 |
40.5 |
51.0 |
Faible |
8.6 |
20.0 |
71.5 | |
Intermédiaire |
2.2 |
44.4 |
53.3 | |
Élevé |
21.1 |
68.4 |
10.6 | |
Faciliter les exportations de denrées alimentaires |
Ensemble des pays |
0 |
23.0 |
77.0 |
Faible |
0 |
8.6 |
91.4 | |
Intermédiaire |
0 |
29.6 |
70.5 | |
Élevé |
0 |
33.3 |
66.7 | |
Garantir la sécurité sanitaire des importations de denrées alimentaires |
Ensemble des pays |
1 |
16.7 |
82.3 |
Faible |
0 |
11.4 |
88.6 | |
Intermédiaire |
0 |
21.7 |
78.3 | |
Élevé |
4.8 |
14.4 |
80.9 | |
*Sur une échelle de cotation de 7, Pas important = notes de 1 ou 2, Moyennement important = 3, 4 ou 5 et Très important = 6 ou 7 | ||||
4.3.2 Portée et établissement des priorités des travaux du Codex
61. Le questionnaire demandait s'il fallait élargir la portée des travaux du Codex. De l'avis presque unanime, le Codex devrait traiter des aspects du conditionnement des aliments qui sont en rapport avec la santé (93 pour cent des pays ayant répondu, et ce point de vue a le soutien des consommateurs. Les OING autres que les organisations de consommateurs - principalement de l'industrie - sont le seul groupe qui se soit opposé à une telle extension des travaux du Codex, deux tiers d'entre elles). Les visites de pays et la documentation ont attiré l'attention sur d'autres domaines d'activité non mentionnés dans le questionnaire mais pouvant avoir une importance pour la santé humaine, notamment les agents de transformation industriels et les agents biologiques dans les denrées alimentaires.
62. Le rôle que jouent le régime alimentaire et la nutrition dans la prévention des maladies chroniques non transmissibles est reconnu chaque jour davantage; il sera demandé au Codex dans le futur de traiter ces nouveaux problèmes pour protéger les consommateurs en faisant appel à l'évaluation scientifique des risques pour la santé et en garantissant l'information des consommateurs et l'étiquetage des produits dans une perspective de santé et de nutrition. De même, il lui faudra accorder une place grandissante aux nouvelles catégories d'aliments diététiques et de régime, aux allégations relatives à la santé et aux ajouts d'éléments nutritifs. Ces activités ainsi que celles relatives à l'emballage et à la transformation mentionnées plus haut nécessiteront les contributions importantes des avis d'experts.
Recommandation 1: La portée du Codex devrait couvrir tous les aspects liés à la santé des normes alimentaires. Il lui faudra donc (sous réserve de la disponibilité des ressources pour le Codex et les avis scientifiques d'experts et de l'établissement des priorités sur la base des avis d'experts relatifs à l'importance des autres risques possibles) :
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63. Selon certains, le Codex a aussi un rôle à jouer dans l'orientation des pays pour construire des systèmes nationaux de contrôle alimentaire reposant sur les critères de la protection de la santé des consommateurs et de la loyauté des pratiques commerciales. Dans le présent rapport, cette fonction est traitée dans le cadre du renforcement des capacités, bien que le rôle du Codex dans la formulation de recommandations relatives aux priorités des activités de renforcement des capacités de la FAO et l'OMS ait besoin d'être défini plus clairement.
64. Nos interrogations sur l'élargissement de la portée du Codex à d'autres domaines ont suscité des réponses partagées, les pays développés étant contre, en général fermement, et les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire fermement pour. Les OING de l'industrie se sont très fortement élevées contre toute extension des travaux du Codex dans de nouveaux domaines. Ces nouveaux domaines incluaient les questions d'environnement non couvertes par d'autres conventions ou organisations, les notifications sur le bio-terrorisme, la gestion des arrangements entre États pour l'assistance technique, un mécanisme relatif aux différends sur des questions techniques détaillées dans le commerce et l'élaboration de procédures de notification et la mise à jour d'une base de données pour les nouvelles procédures, méthodes d'analyse, etc., mises en place par les pays (la base de données est très importante pour les pays en développement et on reviendra sur cette question à la section 4.5 Communication).
65. Malgré la majorité qui se dégage en faveur de chacune de ces extensions des travaux du Codex (sauf le mécanisme relatif aux différents commerciaux), sans injection majeure de nouveaux fonds et compte tenu des opinions très divergentes et de la charge de travail déjà très lourde du Codex et de son Secrétariat, il n'est pas recommandé que le Codex s'engage dans de nouveaux travaux à l'heure actuelle, mais il devrait réexaminer la portée de ses activités de temps à autre.
Recommandation 2: Il est recommandé que le Codex n'entreprenne pas de nouveaux travaux dans des domaines qui ne sont pas liés à la santé. |
66. Les gouvernements des pays en développement considèrent que les normes reposant sur des bases scientifiques sont importantes, mais continuent d'attacher une grande valeur aux normes de produits et souhaiteraient que la liste des normes soit élargie aux produits présentant un intérêt pour leurs pays (cette préoccupation a été relevée lors des visites de pays aussi en ce qui concerne les LMR de pesticides prises en compte dans les comités horizontaux). Les groupements de consommateurs en particulier s'attachent aux informations présentées dans l'étiquetage.
67. A la demande du questionnaire d'évaluer les priorités futures des travaux du Codex, 81 pour cent des gouvernements et 87 pour cent des observateurs ayant répondu ont accordé la plus haute priorité au renforcement des bases scientifiques de l'analyse des risques pour la santé dans l'établissement des normes. L'élargissement de la couverture des normes de produit obtient toujours le soutien des pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, mais suscite peu d'enthousiasme parmi les pays d&e