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II. MISE AU POINT DES PROPOSITIONS
DE RÉFORME

26. La réforme proposée a pour objectif global de stimuler l’efficacité de l’Organisation en vue de « contribuer à l'expansion de l'économie mondiale et de libérer l'humanité de la faim ». Cette réforme doit permettre à la FAO de répondre de façon plus efficace aux besoins et aux attentes de ses Membres, au sein d’un environnement international caractérisé par des mutations rapides, qui pose de nouveaux défis à l’Organisation et à ses Membres et ouvre de nouvelles possibilités. Le projet de stratégie présenté dans le document intitulé La FAO et le défi des Objectifs du Millénaire pour le développement: la voie à suivre a des conséquences majeures sur les activités de l’Organisation, en ce qui concerne non seulement la production de biens publics mondiaux, mais également les avis et l’assistance fournis aux Membres dans le contexte du processus en cours de réforme de l’Organisation des Nations Unies. Ce projet a constitué un élément clé lors de la définition des principes directeurs sous-tendant les propositions de réforme mises en avant dans le présent document.

Principes directeurs sous-tendant la réforme

27. Maintien des priorités définies par les Membres. Des mesures vigoureuses ont été prises afin de garantir que la réforme proposée tienne toujours compte des grandes priorités définies par les Membres concernant l'augmentation des ressources allouées aux programmes techniques et économiques de l’Organisation. Ainsi, le même degré d’importance continuerait d’être accordé notamment aux cadres réglementaires internationaux et à leur application, aux activités relatives aux ressources phytogénétiques et aux maladies animales et aux priorités spécifiques des programmes axés sur les forêts et sur les pêches. En outre, ces activités seraient renforcées grâce aux ajustements qui seront apportés à la structure de l’Organisation, dans l’optique de garantir une meilleure cohérence.

28. Renforcement du rôle de la FAO en tant qu’organisation détentrice de savoir. La réforme proposée comporte un élément omniprésent intégré à tous les niveaux: le renforcement du rôle de la FAO en tant qu’organisation détentrice de savoir. La production de connaissances et leur diffusion ont toujours figuré au cœur des activités de base de l’Organisation. Cependant, le rythme soutenu de l’évolution des technologies de la communication créent de nouvelles occasions à saisir pour la FAO, qui peut renforcer son efficacité dans ce domaine par divers moyens, notamment grâce à la mise en place d’un nouveau service interactif intitulé « La FAO vous répond » dans le cadre du système WAICENT. Ce service permettra de recueillir et de diffuser rapidement les informations sur les meilleures pratiques recueillies auprès d’experts et d’institutions grâce aux réseaux thématiques et compilées à la lumière des enseignements tirés des programmes de la FAO mis en oeuvre dans les États Membres.

29. Rôle central du renforcement des capacités. Les propositions de réforme visent non seulement à exploiter la puissance des systèmes modernes de communication, des nouveaux types de réseaux et des échanges d’information interactive, en vue de permettre aux décideurs et aux techniciens des États Membres d’avoir plus facilement accès à des informations pertinentes, mais elles s’attachent également à renforcer les activités de formation et de mise en valeur des capacités mises en œuvre par la FAO et à leur imprimer une nouvelle orientation.

30. Renforcement de l’interdisciplinarité et de l’assistance aux politiques. Un autre principe directeur sous-tend le processus de réforme: des mesures doivent être prises afin de renforcer la nature interdisciplinaire de l’aide technique et de l’assistance aux politiques, aussi bien au Siège que dans les bureaux décentralisés.

31. Collaboration avec les partenaires du système des Nations Unies. Les propositions de réforme tiennent également compte du fait que la FAO peut accroître son impact de manière considérable en harmonisant ses programmes, en particulier à l’échelle nationale, avec ceux d’autres institutions et programmes des Nations Unies, dont les objectifs sont similaires. En conséquence, l’accent sera mis sur l’établissement de partenariats, notamment grâce à des divisions et des programmes conjoints, en vue de constituer une base plus solide et plus durable pour la collaboration interinstitutions et d’éviter les doubles emplois, en améliorant ainsi le rapport coût-efficacité du système des Nations Unies.

32. Renforcement des alliances avec la société civile et les organisations populaires. Les mêmes principes expliquent l’importance accordée au soutien de l’Alliance internationale contre la faim et au renforcement de la collaboration avec la société civile et les acteurs non étatiques à l’échelle nationale et internationale, afin de permettre à l’Organisation d’aider, de façon plus efficace, ses Membres à concrétiser non seulement les Objectifs du Millénaire pour le développement, et en particulier celui visant à réduire de moitié le nombre de personnes souffrant de la faim et de la pauvreté en 2015. Les travaux d’intégration systématique des considérations de parité hommes-femmes, de nutrition des enfants, d’action en faveur des populations autochtones et de lutte contre le VIH/SIDA, le paludisme et d’autres maladies devraient également contribuer à l’adoption d’une approche commune du système des Nations Unies pour la réalisation d’autres OMD.

33. Mobilisation des ressources à l’appui des Membres. Les réformes proposées tiennent dûment compte du fait que l’Organisation doit considérer ses fonctions de mobilisation de ressources d’un point de vue global. L’objectif premier n’est pas de mobiliser des ressources exclusivement à l’appui de programmes mis en oeuvre par la FAO, mais il s’agit plutôt pour l’Organisation de jouer un rôle de mobilisateur et de catalyseur en vue de mobiliser les ressources nécessaires aux Membres pour s’engager dans des programmes à grande échelle, en particulier concernant la concrétisation des Objectifs du Millénaire pour le développement. Les activités de mobilisation des ressources à l’appui des programmes mis en œuvre par la FAO seront abordées sous l’angle des partenariats stratégiques conclus avec les bailleurs de fonds, en vue de renforcer l’impact et la diffusion des travaux découlant des activités principales de l’Organisation, mis en œuvre dans le cadre de programmes gérés par les pays.

34. Renforcement de la coopération avec les organisations dont font partie les Membres de la FAO. Les réformes proposées tiennent compte de l’importance croissante des Organisations d'intégration économique régionale, qui jouent un rôle de premier plan dans le domaine de l’agriculture et de la sécurité alimentaire au bénéfice de leurs États Membres. D’où la nécessité de renforcer la coopération avec ces organisations, en tirant parti des activités déjà en cours et en définissant, autant que faire se peut, de nouvelles façons de mettre en valeur les synergies potentielles.

35. Renforcement du centrage sur les pays. En vertu du principe de subsidiarité, les activités doivent être localisées, selon les ressources disponibles, au niveau où leur mise en œuvre est optimale (Siège, région, sous-région et pays). Il s’agit donc de mettre l’accent, notamment grâce à des cadres établis de priorités à moyen terme, sur une cohérence renforcée de l’aide fournie par la FAO à l’échelle des pays, appuyée par des capacités pluridisciplinaires améliorées à l’échelle sous-régionale, afin d’améliorer, d’un point de vue qualitatif et quantitatif, la gamme de services de la FAO auxquels les pays en développement Membres peuvent avoir accès facilement.

36. Caractère universel des services fournis aux Membres, Allocation sélective des ressources. Le principe d’universalité, qui est l’un des piliers du système des Nations Unies, doit être respecté en garantissant l’accès de tous les Membres aux activités mises en oeuvre par la FAO. Toutefois, les propositions partent du principe que, selon leur stade de développement, les pays ont des besoins différents en ce qui concerne les services, et donc qu’il convient d’accorder une attention particulière aux groupes de pays qui, selon la communauté internationale, ont les besoins les plus pressants. Conformément aux priorités définies par les Nations Unies et aux responsabilités spécifiques de la FAO, un accent particulier serait mis sur la satisfaction des besoins des pays les moins avancés, des pays enclavés en développement, des petits États insulaires en développement et des pays à faible revenu et à déficit vivrier.

37. Corrélation entre réformes structurelles et perfectionnement des méthodes de gestion. Les réformes appliquées aux programmes et à la structure de l’Organisation doivent être directement associées à une amélioration des méthodes et des procédures de gestion, dans l’objectif d’augmenter le plus possible les gains en matière d’exécution, d’efficience et de rentabilité, notamment en tirant mieux parti des compétences des ressources humaines de l’Organisation, en n’hésitant pas à déléguer les pouvoirs tout en assurant un contrôle adéquat et en mettant plus souvent à profit les capacités techniques des États Membres en développement.

38. Assouplissement des moyens d’intervention. Ces propositions sont nées de la conclusion selon laquelle pour une exécution plus efficace des services au bénéfice des Membres, il faut augmenter la part des ressources hors personnel par rapport aux ressources liées au personnel dans le budget ordinaire global et accroître les crédits alloués aux ressources humaines hors personnel par rapport à ceux accordés aux postes permanents.

39. Abordée sous l’angle des principes ainsi énoncés, la réforme se doit de prévoir des ajustements qui seront effectués parallèlement à plusieurs niveaux: a) structure et contenu des programmes, b) structure organisationnelle et structure de gestion au Siège et dans le réseau des bureaux décentralisés et c) processus internes. La section ci-après présente les propositions de réforme pour chacune de ces trois catégories.

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