Previous Page TOC Next Page

SITUATION MONDIALE

I. Situation actuelle de l’agriculture – faits et chiffres

1. PRODUCTION ANIMALE ET VÉGÉTALE EN 1996

• Les premiers chiffres de la production animale et végétale de 1996 font prévoir un taux de croissance mondiale de 2,6 pour cent, à peine plus que les 2,4 pour cent de 1995. Mais alors que le taux moyen de 1995 masquait une expansion très dynamique dans le monde en développement et une contraction dans les pays développés, la croissance de 1996 a été plus équilibrée entre les deux groupes de pays; elle a beaucoup ralenti dans le monde en développement, où elle s’est établie à 2,9 pour cent contre 5,2 pour cent en 1995, 5 pour cent en 1994 et 4 pour cent en 1993, tandis qu’elle a repris dans les pays développés, où elle a atteint un taux moyen de 2,4 pour cent, contre -1,9 pour cent en 1995.

• L’expansion dans les pays développés est due principalement à la reprise en Amérique du Nord, où les intempéries avaient fait beaucoup baisser la production en 1995. Aux Etats-Unis, on estime que la production animale et végétale, qui avait chuté de 6,1 pour cent en 1995, a remonté de 5,5 pour cent, rattrapant presque tout le terrain perdu. En particulier, la production végétale a fait un bond de 12,1 pour cent après la chute de 15,3 pour cent de 1995; elle est toutefois restée inférieure de quelque 5 pour cent au niveau record de 1994. Au Canada, la production animale et végétale, poursuivant sur sa lancée, a encore augmenté de 3,1 pour cent. Dans l’Union européenne (UE), le taux de croissance, négatif depuis trois ans, a atteint 3,1 pour cent. Des augmentations de 4,5 et 2,7 pour cent ont été observées en Australie et en Nouvelle-Zélande, respectivement, tandis que la production au Japon a chuté de 1,9 pour cent.

• Dans les pays en transition, la baisse de la production, qui avait marqué un palier en 1995, a repris en 1996, mais à un rythme plus modéré (-1,9 pour cent). La baisse est principalement imputable aux pays en transition d’Europe orientale (où, après avoir augmenté de 6,1 pour cent en 1995, la production agricole est tombée de 4,6 pour cent en 1996). Elle a été particulièrement forte en Bulgarie, en Roumanie, en République fédérale de Yougoslavie et en Pologne. Dans les pays de l’ex-URSS, la production agricole totale est restée pratiquement au même niveau qu’en 1995, mais les tendances divergent selon les républiques: on estime que la croissance de la production animale et végétale a repris pour la première fois depuis le début du processus de réforme en Fédération de Russie (+ 3,8 pour cent) et au Kazakhstan (+ 1,5 pour cent), tandis qu’en Ukraine, la baisse de la production a continué, mais à un rythme plus modéré (-1,1 pour cent). La production a légèrement augmenté en Arménie et au Kirghizistan, mais a continué à s’accroître à un rythme soutenu en Azerbaïdjan.

• Parmi les régions en développement, la performance de l’Afrique subsaharienne est particulièrement encourageante: la croissance de la production végétale et animale y est estimée à 4,2 pour cent, contre 3 pour cent en 1995 et 2,3 pour cent en 1994. La grande majorité des pays de la région y ont participé à des degrés divers, mais elle a été particulièrement vigoureuse en Angola (+9 pour cent), en Mauritanie (+9 pour cent), au Mozambique (+16 pour cent), au Soudan (+11 pour cent) et en Ethiopie (+7 pour cent) et plus encore dans plusieurs pays d’Afrique australe où, après la chute catastrophique de l’année précédente, des conditions météorologiques plus favorables ont permis un rétablissement spectaculaire: le taux de croissance a atteint 22 pour cent au Lesotho, 11 pour cent au Swaziland, 18 pour cent en Zambie, 16 pour cent au Botswana, 7 pour cent au Malawi et 42 pour cent au Zimbabwe.

• Dans la région Asie et Pacifique, le taux de croissance de la production, qui était proche de 6 pour cent depuis trois ans, est tombé en 1996 à 2,4 pour cent. Ce ralentissement est imputable en grande partie à la Chine, où la production végétale et animale n’a augmenté que de 3,4 pour cent, le taux le plus bas qui ait été enregistré depuis 1989. La croissance a également beaucoup ralenti en Inde: elle n’a pas dépassé 0,5 pour cent. L’année a aussi été mauvaise aux Philippines, où la production végétale et animale est restée pratiquement stationnaire et au Pakistan, où elle a diminué après plusieurs années de croissance soutenue. Les résultats ont été meilleurs en Indonésie, au Cambodge, en Malaisie, en Thaïlande, au Viet Nam et surtout au Myanmar, où la production a augmenté de plus de 9 pour cent. Dans l’ensemble des îles du Pacifique, la production s’est accrue légèrement du fait de niveaux modestes de production en Papouasie-Nouvelle-Guinée et dans les Iles Salomon et de ceux inchangés au Samoa.

• En Amérique latine et dans les Caraïbes, la croissance de la production agricole a un peu ralenti en 1996: elle n’a pas dépassé 3,2 pour cent, contre 4,4 pour cent en 1995 et 4,9 pour cent en 1994. Elle est toutefois restée plus rapide que la croissance de la population si bien que la production agricole par habitant, qui avait stagné pendant toutes les années 80 et le début des années 90, a augmenté pour la troisième année de suite: la reprise de l’agriculture dans la région se confirme donc. Les premiers chiffres de 1996 indiquent que la Colombie et le Venezuela sont les seuls grands pays de la région où la production a baissé; elle aurait au contraire augmenté, tant en volume absolu que par habitant, au Brésil, au Mexique, en Argentine, au Pérou, au Chili et en Equateur. Une légère augmentation a été enregistrée dans la sous-région des Caraïbes, notamment à Cuba, aux Bahamas et en Haïti – en ce qui concerne Haïti, elle ne représente qu’un relèvement de la chute de 1995 – tandis que Trinité-et-Tobago s’est heurtée, pour la deuxième année consécutive, à une chute de la production, bien que celle-ci soit moins prononcée qu’en 1995.

• Au Proche-Orient et en Afrique du Nord, la production végétale et animale a progressé de 5,1 pour cent après plusieurs années de croissance paresseuse. Ce progrès est principalement dû aux pays du Maghreb, où les conditions météorologiques se sont beaucoup améliorées. En particulier, la production a fait un bond de près de 50 pour cent au Maroc et en Tunisie qui a fait plus que compenser la forte baisse provoquée par la sécheresse en 1995. Elle a aussi beaucoup progressé en Algérie (+12 pour cent), où elle avait déjà augmenté de 15 pour cent en 1995. La République arabe syrienne, poursuivant sur la lancée des deux années précédentes, a encore affiché un excellent taux de croissance (+8 pour cent) de même que la Jordanie (+9 pour cent). La croissance a été plus modeste en République islamique d’Iran (+1,9 pour cent) et en Turquie (+1,2 pour cent) et la production a plafonné en Egypte après le bond de 7,4 pour cent enregistré en 1995. En Iraq, où elle baissait depuis deux ans, elle a encore perdu quelque 3,6 pour cent en 1996.

Schéma 1

2. PÉNURIES ALIMENTAIRES ET SITUATIONS D’URGENCE

• A la mi-1997, non moins de 29 pays, dont plus de la moitié en Afrique, souffraient de pénuries aiguës nécessitant une aide alimentaire exceptionnelle ou d’urgence.

• En Afrique subsaharienne, bien que la production ait remonté dans plusieurs parties de la région en 1996, des millions de victimes de catastrophes naturelles ou provoquées par l’homme ont encore besoin d’un volume considérable de secours d’urgence.

• En Afrique de l’Est, bien que la récolte de la campagne principale ait été bonne en 1996, de vastes groupes de population ont souffert de la disette parce que la campagne secondaire a été catastrophique. Des secours alimentaires d’urgence on été nécessaires dans l’est et le nord-est du Kenya, dans les régions d’élevage nomade du sud de l’Ethiopie, dans le nord de la République-Unie de Tanzanie, dans l’est de l’Ouganda et en Somalie, ainsi qu’en Erythrée où la récolte céréalière de 1996 a été de 29 pour cent inférieure à la moyenne. Au Burundi, bien que l’embargo ait été récemment en partie levé, la plupart des produits alimentaires sont encore rares. Au Rwanda, le retour massif des réfugiés et la grave détérioration de la sécurité dans les zones limitrophes de la République démocratique du Congo (ex-Zaïre) ont encore aggravé la précarité des approvisionnements alimentaires. Au Soudan, où la situation d’ensemble est satisfaisante, il a fallu néanmoins surveiller de près plusieurs régions du Darfour et du Kordofan, où la récolte de céréales a baissé pour la deuxième année de suite, et préparer des plans d’intervention pour fournir des secours alimentaires. En outre, les Etats du sud du pays, déchirés par la longue guerre civile, ont eu eux aussi besoin d’aide alimentaire.

• En Afrique de l’Ouest, bien que la récolte de 1996 ait été égale ou supérieure à la moyenne dans les principaux pays producteurs, on a signalé des pénuries localisées au Tchad, en Mauritanie et au Niger dans des zones où la récolte a été mauvaise et où les revenus sont insuffisants. Les pluies de 1997 ont commencé à la date normale ou même un peu plus tôt dans l’ouest du Sahel. Au Libéria, les approvisionnements alimentaires sont restés précaires après plusieurs années de guerre civile et, en Sierra Leone, la situation s’est beaucoup dégradée après les soulèvements récents. Ces deux pays ont encore eu besoin d’aide alimentaire.

• En Afrique centrale, les approvisionnements alimentaires sont restés précaires dans l’est de la République démocratique du Congo où des dizaines de milliers de réfugiés rwandais en cours de rapatriement avec l’aide des organismes de secours se trouvaient dans une situation de famine. Au Congo, le ravitaillement de la population de Brazzaville et des réfugiés de la République démocratique du Congo a été compromis par les troubles civils.

• En Afrique australe, la récolte céréalière de 1997 devait être proche de la moyenne, mais bien inférieure à celle de l’an dernier. Toutefois, l’Angola et le Lesotho, où la production a beaucoup souffert des pluies inférieures à la moyenne et de la réduction des superficies ensemencées, auront besoin d’un volume considérable d’aide alimentaire. Au Mozambique, bien que la production de céréales secondaires ait augmenté de 11 pour cent, 172 000 personnes ont eu besoin d’une aide alimentaire immédiate, en particulier dans les régions centrales, où les cultures ont été détruites par des inondations.

• En Afghanistan, les activités agricoles étaient encore entravées dans tout le pays par le manque d’intrants, la dégradation des réseaux d’irrigation et l’insécurité. Les personnes déplacées et les indigents continueront d’avoir besoin d’aide alimentaire pendant encore un certain temps. En Iraq, la récolte de la campagne d’hiver 1996/97 a atteint son niveau le plus bas depuis 1991, du fait de la faible pluviométrie signalée partout dans le pays, du manque d’intrants et des infestations de ravageurs. L’application de l’accord «pétrole-contre-nourriture» devrait améliorer la situation, mais le pays a encore besoin d’assistance.

• En République populaire démocratique de Corée, la situation alimentaire a continué à se détériorer et les perspectives pour 1997 sont sombres. Après deux années consécutives de graves inondations, les disponibilités intérieures de riz et de maïs étaient insuffisantes et le pays a dû importer beaucoup de produits alimentaires, en partie sous forme d’assistance, pour prévenir des souffrances humaines. En Mongolie, la production de céréales (principalement de blé) a baissé en 1996 pour la cinquième année consécutive, les pluies ayant été insuffisantes et le secteur agricole continuant de souffrir de la transition économique et de la réforme des marchés. Les disponibilités céréalières intérieures ont diminué et la sécurité alimentaire s’est encore dégradée faute de moyens pour importer suffisamment de céréales.

• Au Laos, où la faiblesse et l’irrégularité des pluies en juin et juillet 1996 avaient retardé le repiquage du riz, le développement des plants a souffert; en outre, de vastes zones de rizières des plaines centrales et méridionales ont été inondées par les cyclones. Une aide alimentaire d’urgence a été nécessaire pour secourir 420 000 des victimes les plus vulnérables des inondations. Au Sri Lanka, les pluies de la campagne maha de 1996/97 ont été peu abondantes et capricieuses et les superficies ensemencées ont été aussi réduites que lors de la sécheresse de 1995. Dans le nord du pays, les activités agricoles normales ont été perturbées par la guerre civile et la sécheresse.

• En Haïti, les approvisionnements alimentaires se sont améliorés dans la majeure partie du pays, mais environ 120 000 personnes ont connu de graves problèmes dans le Département du Nord-Ouest, où près de 70 pour cent de la récolte a été détruite par une sécheresse prolongée. On estime qu’au total 350 000 Haïtiens auront besoin d’aide alimentaire.

• En Bosnie-Herzégovine, les approvisionnements se sont améliorés à la suite de la cessation des hostilités et de la normalisation progressive des activités économiques et commerciales, mais le manque de pouvoir d’achat continue de limiter l’accès aux vivres. Les besoins d’aide alimentaire pour 1997/98 ont été estimés à 119 000 tonnes. En Arménie et en Géorgie, la situation a continué à s’améliorer car les rendements agricoles ont augmenté grâce aux bonnes pluies de printemps, à l’utilisation accrue d’engrais et à un meilleur approvisionnement en carburant. Toutefois, les populations vulnérables ont encore eu besoin d’assistance alimentaire. En Azerbaïdjan, on prévoyait que la production alimentaire remonterait quelque peu en 1997, mais beaucoup de personnes vulnérables ont eu besoin d’une aide alimentaire ciblée. Au Tadjikistan, la situation alimentaire est restée précaire et plus de 600 000 personnes ont eu besoin de secours d’urgence.

Schéma 2

3. DISPONIBILITÉS CÉRÉALIÈRES MONDIALES: BILAN ET PERSPECTIVES

• La production céréalière mondiale de 1996, en hausse d’environ 8,5 pour cent, a été estimée à 1 873 millions de tonnes (y compris le paddy en équivalent riz usiné), ce qui est supérieur au niveau tendanciel. L’accroissement consiste principalement en céréales secondaires, dont la production a augmenté particulièrement aux Etats-Unis, mais la production de blé et de riz a aussi beaucoup progressé. Le bond de 8 pour cent de la production de blé est dû au volume record engrangé dans les principaux pays exportateurs, mais la récolte a aussi été bonne dans les pays en développement. La production de riz, en hausse d’environ 2 pour cent, a atteint en 1996 un niveau record.

• Les stocks de clôture, qui étaient réduits à l’ouverture des campagnes 1996-1997, devraient atteindre en fin de campagne 281 millions de tonnes, soit une progression de 9 pour cent. Le volume global des stocks de report détenus par les principaux pays exportateurs devrait augmenter pour la première fois depuis trois ans et s’approcher de 36 pour cent du total mondial, contre 28 pour cent en début de campagne. Globalement, les stocks de fin de campagne représentent un peu plus de 15 pour cent de la consommation prévue de 1997/98; c’est un point de mieux que l’an dernier, mais c’est toujours moins que les 17 à 18 pour cent que la FAO juge nécessaires pour garantir la sécurité alimentaire mondiale.

• Les premières estimations de la récolte céréalière de 1997 laissent espérer que la production continuera à dépasser le niveau tendanciel, atteignant 1 881 millions de tonnes (y compris le paddy en équivalent riz usiné). La production de blé, bien qu’en léger retrait par rapport à l’an dernier, devrait rester pour la deuxième année consécutive au-dessus du niveau tendanciel, s’établissant à 593 millions de tonnes. On prévoit que la production augmentera dans la plupart des pays d’Asie et d’Europe ainsi que dans la Communauté des Etats indépendants (CEI), qu’elle restera identique à celle de l’année dernière en Amérique du Nord, mais qu’elle se contractera en Amérique du Sud, en Afrique du Nord et surtout en Australie, où elle avait atteint l’an dernier un niveau record. Les prévisions concernant la production mondiale de céréales secondaires de 1997 sont semblables au niveau tendanciel d’environ 911 millions de 1996. L’essentiel de l’accroissement sera concentré en Amérique du Nord et du Sud, et la production remontera aussi dans la CEI après la baisse de l’an dernier. Si les conditions de croissance restent aussi bonnes que l’an dernier, la production de paddy pourrait rester pratiquement au même niveau – environ 562 millions de tonnes (équivalant à 377 millions de tonnes de riz usiné).

• Selon les prévisions actuelles, la production céréalière devrait suffire pour satisfaire les besoins de 1997/98 et permettre pour la deuxième année consécutive une modeste reconstitution des stocks sur lesquels on avait beaucoup tiré en 1995/96. Toutefois, le ratio stocks/utilisation ne dépassera sans doute pas 16 pour cent, ce qui est inférieur au niveau minimum de sécurité estimé par la FAO. Le marché mondial de céréales sera particulièrement tendu et les stocks de clôture seront encore bas à la fin des campagnes 1997/98. Pour les céréales secondaires, au contraire, les stocks devraient encore augmenter dans des proportions notables, surtout dans les principaux pays exportateurs; mais tout dépendra de l’évolution de leurs prix relatifs pendant la campagne à venir: s’ils baissent, les éleveurs pourraient utiliser davantage de céréales secondaires pour l’alimentation animale; la consommation augmenterait alors plus vite que prévu et il faudrait ajuster à la baisse les prévisions concernant les stocks.

Schéma 3

4. ASSISTANCE EXTÉRIEURE À L’AGRICULTURE

• Les engagements des donateurs bilatéraux et multilatéraux en faveur de l’agriculture se sont élevés en 1995 à 10 312 millions de dollars, soit à peine moins que les 10 345 millions de 1994. Toutefois, en valeur réelle, ce chiffre représente une baisse de 8,6 pour cent, qui s’inscrit dans la tendance générale de réduction de l’aide extérieure au secteur agricole. Aux prix de 1990, l’assistance a baissé de 21,2 pour cent entre 1991 et 1995 (tombant de 12 113 millions de dollars à 9 549). Sa part dans le financement du développement n’est plus que de 10 pour cent ces dernières années contre 13 pour cent en 1990.

• Alors qu’en 1994, l’aide bilatérale avait diminué et l’aide multilatérale augmenté, c’est principalement l’aide multilatérale qui a diminué en 1995. En particulier, les engagements du Fonds international de développement agricole (FIDA) ont baissé de 36 pour cent et ceux des Banques africaine et asiatique de développement ont chuté de pas moins de 60 pour cent en valeur réelle. En revanche, la valeur réelle des engagements de la Banque mondiale est restée pratiquement inchangée. Ceux de la Banque internationale de reconstruction et de développement (BIRD) sont passés de 2 016 millions de dollars à 2 281 millions, soit une hausse de 4 pour cent en valeur réelle; ceux de l’Association internationale de développement (IDA) ont aussi un peu augmenté en valeur nominale, passant de 1 472 millions à 1 545 millions de dollars, mais ils ont baissé de près de 4 pour cent en valeur réelle. De même, la valeur réelle des engagements totaux du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), de la FAO et du Groupe consultatif de la recherche agricole internationale (GCRAI) a un peu baissé, malgré une hausse en valeur nominale (de 647 millions à 656 millions de dollars). L’assistance multilatérale de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), qui était tombée à 45 millions de dollars en 1994, est remontée à 161 millions de dollars en 1995.

• Les engagements bilatéraux totaux sont passés de 3 792 millions de dollars en 1994 à 4 515 millions en 1995, soit une hausse de 9,2 pour cent en valeur réelle; ils proviennent pour moitié du Japon, dont les engagements ont augmenté de 48 pour cent par rapport à l’an dernier et qui se classe, en 1995, au premier rang des donateurs du Comité d’aide au développement (CAD), suivi par l’Allemagne, puis les Pays-Bas, les Etats-Unis et la France.

• La part des engagements totaux en faveur de l’agriculture, qui étaient assortis de conditions de faveur, est restée proche de 73 pour cent, comme en 1994, mais celle des dons a un peu augmenté, passant de 4 461 millions à 5 044 millions de dollars. L’assistance bilatérale est presque entièrement (95 à 97 pour cent) fournie sous forme de dons. La part des dons dans les engagements multilatéraux a un peu augmenté, passant d’environ 10 pour cent en 1991 à 12 pour cent en 1995.

• Pour 1996, on ne connaît les montants des prêts au secteur agricole que pour la BIRD et l’IDA. Selon le Rapport annuel de la Banque mondiale 1996, les prêts au secteur agricole sont tombés à 2 577 millions de dollars en 1996, contre 2 752 millions en 1995. La réduction concerne aussi bien l’IDA que la BIRD.

• En ce qui concerne l’assistance affectée à des domaines spécifiques, on note une forte progression des engagements en faveur de l’environnement (passés de 139 millions de dollars en 1994 à 1 465 millions en 1995) ainsi que du développement rural (de 875 à 1 678 millions). Par contre, les engagements concernant les pêches, les fôrets et la mise en valeur des terres et des eaux ont chuté sensiblement entre 1994 et 1995.

• La répartition de l’assistance entre les régions a un peu changé: l’Afrique et l’Asie, tout en conservant la part du lion, ont perdu un peu de terrain par rapport à 1994, tandis que l’Amérique latine et les pays en transition ont reçu plus d’assistance en 1995. La part des pays en transition n’a cessé d’augmenter, passant de 1,4 pour cent du montant total de l’assistance à l’agriculture en 1991 à 5 pour cent en 1995. Toutefois, c’est l’Amérique latine qui a reçu le plus d’assistance par habitant et par rural, suivie de l’Afrique et de l’Asie.

Schéma 4

5. FLUX D’AIDE ALIMENTAIRE

• Selon les données disponibles en juillet 1997, les expéditions totales d’aide alimentaire céréalière – aide-programme, aide-projet et secours d’urgence – auraient atteint 7,5 millions de tonnes en 1996/97 (juillet/juin), soit à peu près autant qu’en 1995/96 et un niveau supérieur de 2 millions de tonnes au minimum de 5,35 millions de tonnes convenu dans le cadre de la Convention relative à l’aide alimentaire (CAA) de 1995. Les pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV) auraient dû recevoir quelque 5,9 millions de tonnes, soit à peu près autant qu’en 1995/96, dont quelque 2,5 millions de tonnes destinées aux pays d’Afrique subsaharienne.

• Quelque 1,2 million de tonnes d’aide alimentaire non céréalière ont été expédiées entre janvier et décembre 1995, soit environ 460 000 tonnes ou 28 pour cent de moins qu’en 1994. La réduction, qui porte principalement sur l’huile végétale et les légumes secs, a touché surtout l’Afrique et les pays d’Europe orientale et de la CEI.

• Les contributions en céréales à la Réserve alimentaire internationale d’urgence (RAIU) du Programme alimentaire mondial (PAM) sont tombées à 849 000 tonnes en 1996 contre 908 000 en 1995; les contributions en denrées autres que les céréales ont elles aussi baissé, tombant de 238 000 tonnes en 1995 à 198 000. Les contributions destinées aux opérations d’intervention prolongées en faveur des réfugiés (IPR), elles aussi gérées par le PAM, se sont chiffrées à 495 000 tonnes de céréales et 85 000 tonnes d’autres produits, contre 535 000 tonnes et 58 000 tonnes respectivement en 1995. Au 31 décembre 1996, les promesses de contribution aux ressources ordinaires du PAM, qui représentent 98 pour cent de l’aide alimentaire multilatérale, s’élevaient à 840 millions de dollars (dont 576 millions sous forme de produits et 264 millions en espèces) pour l’exercice 1995-1996, soit 56 pour cent de l’objectif de 1,5 milliard de dollars.

• En ce qui concerne l’aide des Etats-Unis, premier donateur mondial, les propositions initiales relatives à l’exercice budgétaire 1998 (octobre 1997/septembre 1998), qui ont été publiées en février 1997, laissent prévoir une réduction de 117 millions de dollars des crédits ouverts au titre de la Loi 480 pour le programme «des aliments pour la paix», qui tomberaient ainsi à 990 millions de dollars. La réduction concernerait uniquement le Chapitre I – le programme de vente à des conditions de faveur – pour lequel un montant de 123 millions de dollars seulement est prévu, contre des ouvertures de crédit initiales de 240 millions de dollars pour l’exercice 1997.

Schéma 5

6. COURS INTERNATIONAUX DES PRODUITS AGRICOLES

• En juillet 1997, les cours internationaux du blé et du maïs ont baissé respectivement de 32 et 48 pour cent par rapport à leur moyenne de juillet 1996 parce que la production a remonté presque partout, particulièrement dans les principaux pays importateurs. Pendant la campagne de commercialisation 1997/98, en l’absence d’une augmentation notable de la demande d’importation, les cours du blé resteront déprimés et, de même qu’en 1996/97, ils tendront à devenir plus instables en fin de campagne à cause de l’exiguïté relative des stocks. Pour la prochaine campagne, il y aura également une tendance à la baisse sur les prix du maïs car la demande restera morose sur le marché international, tandis que les disponibilités resteront abondantes dans les principaux pays exportateurs, particulièrement aux Etats-Unis.

• Durant les six premiers mois de 1997, les cours mondiaux du riz étaient relativement faibles par rapport à ceux intéressant la même période en 1996, la chute étant due à la baisse générale de la demande mondiale d’importations après deux années d’échanges exceptionnels. Parmi les qualités supérieures, le prix du riz Thai 100 atteignait 336 dollars la tonne en juin 1997 contre 363 dollars en juin 1996, tandis que pour les riz de qualité inférieure tels que les brisures de riz (par exemple le riz Thai A1 super, il était de 17 dollars inférieur à ce qu’il était un an plus tôt.

• La baisse des prix des huiles et des matières grasses s’est accélérée pendant la campagne de commercialisation de 1995/96; le prix mensuel moyen FAO des matières grasses saponifiables a baissé de près de 10 pour cent par rapport à la campagne précédente. Les prix sont toutefois restés relativement élevés par rapport aux tendances passées. Leur baisse est due essentiellement à la reconstitution des stocks et à la bonne récolte de graines oléagineuses, dont les effets n’ont pas été compensés par la hausse du prix des huiles à acide laurique (huile de coco et de palmiste) qui a continué tout au long de la saison à cause d’une pénurie relative. La baisse a beaucoup ralenti depuis le début de la campagne 1996/97: les prix ne sont plus que de 4 pour cent inférieurs à ce qu’ils étaient il y a un an. De plus, depuis le début de 1997, les prix des huiles fluides se sont renforcés quelque peu, la demande ayant repris sur certains marchés. Cette tendance se maintiendra probablement jusqu’à la fin de la campagne, mais pas assez pour enregistrer une augmentation importante par rapport à 1995/96.

• Le phénomène totalement nouveau qui a été observé l’an dernier s’est reproduit cette année: les prix des tourteaux d’oléagineux et des farines d’oléagineux ayant évolué dans des directions opposées à ceux des huiles et des graisses. Ainsi, pendant la campagne 1995/96, la chute de la production mondiale qui a coïncidé avec une augmentation de la demande de tourteaux d’oléagineux et des farines d’oléagineux s’est traduite par une forte baisse des stocks qui a fait monter les prix d’environ 38 pour cent par rapport au niveau de 1994/95, mais il semble que la hausse du prix moyen mensuel des tourteaux ait beaucoup ralenti depuis le début de campagne parce que l’offre a réagi dans la plupart des pays produisant des graines d’oléagineux à forte teneur en tourteaux. Entre octobre 1996 et mai 1997, les prix des tourteaux étaient de 14 pour cent supérieurs à ceux d’un an auparavant. Bien que la demande de produits animaux ait des chances de continuer à augmenter dans les pays en développement rapide, la hausse des prix devrait ralentir, du moins jusqu’à la fin de la campagne, sous l’effet de la récolte de soja dans l’hémisphère austral. Mais il est peu probable que les prix moyens de la campagne 1996/97 s’établissent au-dessous du niveau de 1995/96.

• Le cours mondial du sucre, qui a culminé au début de 1995 à 13,3 cents la livre (prix de l’Accord international sur le sucre – ISA), tend depuis lors à baisser parce que les récoltes ont été bonnes et que les stocks ont augmenté. En avril 1996, il est tombé au niveau le plus bas observé depuis deux ans – 10,5 cents; il s’est ensuite un peu raffermi en milieu d’année, pour retomber en octobre et novembre quand il est apparu que l’excédent serait plus grand que prévu. On pense toutefois que la baisse du prix du sucre sur le marché mondial en 1995-1996 a été freinée par deux facteurs: l’offre de sucre blanc de grande qualité, notamment l’offre de la CE, est restée limitée et l’Inde a utilisé une bonne partie de ses excédents pour reconstituer ses stocks au lieu de les exporter. La production mondiale de sucre, qui avait atteint en 1995/96 le niveau record de 122,9 millions de tonnes (équivalent sucre brut), ne devrait pas dépasser 122,5 millions de tonnes en 1996/97; cependant, comme la consommation ne devrait pas beaucoup augmenter, il y aura encore des excédents qui continueront de peser sur les prix en 1997. Le prix moyen ISA était de 11,08 cents la livre en juillet 1997, contre 12,81 cents la livre 12 mois auparavant.

• Les prix du café ont continué à baisser en 1996 malgré le programme de limitation des exportations auquel s’étaient astreints les producteurs pour maintenir des prix stables. Dans le dessein de faire remonter le cours à terme du café à la bourse de New York à 180 cents la livre, l’Association des pays producteurs de café a décidé en juillet 1995 de limiter les exportations de café vert à 3,6 millions de tonnes entre le milieu de 1995 et le milieu de 1996, ce qui est environ 8 pour cent de moins que le volume exporté pendant les 12 mois précédents. L’objectif n’a pas été atteint, mais ce programme a probablement freiné la baisse des prix. Les efforts que fait l’Association pour aligner l’offre sur la consommation devraient favoriser en 1997 un raffermissement des prix, que pourrait accélérer encore la chute probable de la production brésilienne, qui a souffert du gel. Bien que les prix aient quelque peu fléchi ultérieurement, les cours à la mi-1997 étaient encore de plus de 50 pour cent supérieurs à ceux de 1996.

• Le cours mondial du cacao est resté relativement ferme en 1996; à la fin du troisième trimestre, le prix journalier de l’ICCO, en hausse de 5 cents par rapport à la même période de l’année précédente, atteignait 68 cents la livre alors qu’au début des années 90 il ne dépassait pas 52 cents en moyenne. En juillet 1997, les prix ont atteint 77,10 cents la livre, soit une moyenne pour les sept premiers mois de 1997 de 70,34 cents la livre. Il n’a donc cessé de monter depuis la conclusion en 1993 du nouvel Accord international sur le cacao. La consommation mondiale de cacao (volume de fèves broyées), en hausse de 6 pour cent (ce qui est le taux le plus élevé qui ait été enregistré depuis 10 ans), a atteint 2,7 millions de tonnes en 1995/96. Tous les grands pays consommateurs ont participé à cette augmentation, mais elle a été particulièrement forte aux Pays-Bas et aux Etats-Unis. La croissance devrait ralentir en 1996/97 sous l’effet de la hausse des prix.

• Les cours mondiaux du thé se sont beaucoup raffermis en 1996, principalement à cause de l’accroissement de la demande en Fédération de Russie: le prix moyen de toutes les qualités de thé à Londres, en hausse de 8 pour cent, a atteint 1,76 dollar le kilogramme. Les cours ont continué à monter pendant les cinq premiers mois de 1997, s’établissant à 2 271 dollars la tonne en avril et 2 274 dollars en mai, ce qui reflète une baisse de la production, notamment au Kenya et au Sri Lanka. Certaines corrections se sont produites en juin et juillet 1997, les prix tombant à 2 080 dollars et 1 943 dollars la tonne respectivement. Les cours mondiaux devraient se maintenir à un niveau élevé pendant le reste de l’année, mais ils pourraient de nouveau tendre à la baisse après 1997 parce que la demande augmente lentement dans les pays importateurs et que l’offre potentielle des principaux pays exportateurs est considérable.

• D’après l’indice Cotlook «A» de juillet 1997, le cours mondial du coton n’était que de 1,5 cent la livre supérieur à la moyenne de 1996 qui était de 80,5 cents la livre, c’est-à-dire beaucoup moins que les niveaux records de plus de 110 cents la livre atteints au début de 1995. Le Comité consultatif international du coton (CCIC) prévoit que cette diminution des prix fera baisser de plus de 1 million de tonnes la production, qui ne devrait pas dépasser 19,1 millions de tonnes en 1996/97. La consommation devrait augmenter d’environ 500 000 tonnes et dépasser les 19 millions de tonnes. Etant donné que la production et la consommation mondiales sont pratiquement égales, les stocks de clôture pour la campagne 1996/97 (le 31 juillet 1997) devraient s’établir à 9 millions de tonnes, pratiquement sans changement par rapport à l’année dernière. Le fléchissement de la production devrait entraîner une contraction des échanges mondiaux, qui ne devraient pas dépasser 5,8 millions de tonnes en 1996/97 (contre 6 millions de tonnes en 1995/96). La Chine continue à jouer un rôle déterminant sur le marché mondial du coton. Le CCIC prévoit que, malgré une baisse sensible de la production et une légère augmentation de la consommation en 1996/97, la Chine réduira ses importations en tirant sur ses stocks. Ce fléchissement de la demande sur les marchés mondiaux est un des facteurs qui ont contribué à la baisse des prix en 1996/97. Pour 1997/98, on prévoit de nouvelles hausses de la production et de la consommation.

Schéma 6

7. PRODUITS DE LA PÊCHE: CAPTURES, UTILISATIONS ET ÉCHANGES

• L’offre de produits de la pêche a beaucoup augmenté ces dernières années; elle a atteint 110,5 millions de tonnes en 1994 et un niveau record, estimé à 112,9 millions de tonnes, en 1995, dernière année pour laquelle on dispose de données complètes. Cette progression est due principalement à la poursuite de l’expansion rapide de la production aquacole, particulièrement en Chine, et à la forte expansion des stocks exploitables, très fluctuants, d’espèces pélagiques au large de la côte occidentale de l’Amérique du Sud. La production de farine de poisson et l’offre de produits de la pêche pour la consommation humaine ont ainsi atteint des niveaux records.

• La production globale du secteur de la pêche dans les pays en développement a continué à augmenter en 1995, mais à un rythme moins rapide (2,6 pour cent) que les années précédentes. Entre 1990 et 1995, la production des pays en développement a augmenté de 39 pour cent et celle des pays développés a baissé de 18 pour cent. La part des premiers dans la production halieutique totale est ainsi passée de 58 à 70 pour cent.

• La production de la pêche de capture (quantités débarquées) s’est maintenue en 1995 à peu près au même niveau qu’en 1994: environ 92 millions de tonnes. Selon des chiffres provisoires, la production aquacole totale (en mer et en eau douce) aurait atteint 20,9 millions de tonnes en 1995 contre 18,4 millions en 1994.

• La croissance rapide de la production aquacole tient à l’expansion accélérée de l’élevage de diverses espèces de carpes, particulièrement en Asie. Cinq pays d’Asie (Chine, Inde, Japon, République de Corée et Philippines) sont à l’origine de 80 pour cent du volume de la production aquacole de 1995. En 1994, près de la moitié des produits de l’aquaculture (plantes aquatiques exclues) étaient des carpes. Dans la plupart des pays, l’aquaculture, même lorsqu’elle fournit une part importante de la production halieutique nationale de poissons, mollusques et crustacés, est dominée par un petit nombre d’espèces.

• On estime que sur une production halieutique totale de 112,9 millions de tonnes (chiffre préliminaire) en 1995, 31,8 millions de tonnes ont été utilisées pour fabriquer de la farine de poisson. La quantité de produits de la pêche disponibles pour la consommation humaine directe en 1995 était estimée à 81,1 millions de tonnes, soit 5,3 millions de plus qu’en 1994. Cela représente un taux de croissance supérieur à celui de la population, de sorte que la disponibilité moyenne par habitant de produits de la pêche destinés à l’alimentation directe a augmenté, passant à 14,3 kg.

• La valeur des échanges mondiaux de produits de la pêche continue d’augmenter: elle est passée de 17 milliards de dollars en 1985 à 35,7 milliards en 1990 et 47,4 milliards en 1994. En 1994, la proportion des produits de faible valeur comme la farine de poisson dans le total avait augmenté: la valeur des exportations a donc moins progressé que leur volume. Selon les chiffres préliminaires de 1995, la valeur des échanges a atteint 51,7 milliards de dollars en 1995 grâce à la hausse des prix.

• Les pays développés ont absorbé environ 85 pour cent (en valeur) des importations mondiales de poisson en 1995. Le Japon reste le premier importateur, avec 30 pour cent du total mondial. En 1995, les importations des trois principaux pays importateurs (Japon, UE et Etats-Unis) ont augmenté.

• Pour beaucoup de pays en développement, les exportations de poisson sont une source importante de devises. Les recettes nettes des pays en développement (différence entre les recettes d’exportation et la facture d’importation) ont augmenté de façon spectaculaire, passant de 5,1 milliards de dollars en 1985 à 16 milliards en 1994 et 18,4 milliards en 1995.

Schéma 7

8. PRODUCTION ET COMMERCE DES PRODUITS FORESTIERS

• La croissance de la production mondiale de papier et carton, qui se poursuivait depuis plusieurs années sans interruption, a cessé en 1996. Au début de l’année, le fléchissement de la demande de papier et l’accroissement de la capacité industrielle ont fait apparaître sur les principaux marchés une pléthore de pâte et de papier. Pour réduire les stocks, qui avaient atteint des niveaux exceptionnellement élevés, beaucoup de fabriques de pâte et papier d’Amérique du Nord et de Scandinavie ont dû s’arrêter de produire pendant un certain temps. La production et les rendements de ce secteur ont donc diminué rapidement.

• C’est principalement dans les pays développés que la production de papier et carton a baissé en 1996, tandis que dans les pays en développement, au contraire, on estime qu’elle a augmenté d’environ 8 pour cent. Comme les années précédentes, c’est en Asie que la croissance a été la plus forte. On estime qu’en République de Corée, la production de papier et carton a augmenté de 9 pour cent entre 1995 et 1996. La capacité de production a augmenté de 30 pour cent en Indonésie et de 15 pour cent en Thaïlande.

• Les prix de la pâte et du papier, qui avaient atteint un niveau record en octobre 1995, ont beaucoup baissé en 1996, mais ils ont commencé à se stabiliser vers la fin de l’année, quand des signes de reprise sont apparus sur les principaux marchés. L’effondrement du cours de la pâte et du papier a fait chuter la valeur totale des échanges de produits forestiers d’environ 14 pour cent et celle des échanges de pâte, de papier et de carton de 22 pour cent. Ainsi, les importations scandinaves de rondins à pâte, qui progressaient vigoureusement depuis plusieurs années, auraient baissé d’environ 2,5 millions de mètres cubes à cause de la contraction de la demande de matières premières des industries de la pâte.

• Selon les estimations, la production mondiale de bois rond s’est maintenue en 1996 au niveau modeste de 1995: quelque 3,4 milliards de mètres cubes. On estime que la production de bois de feu, qui en constitue la plus grande partie et qui est la principale source d’énergie dans beaucoup de pays en développement, a augmenté de 2 pour cent, principalement à cause de l’accroissement des populations rurales des pays en développement. Par contre, la production de bois d’oeuvre et d’industrie a baissé de 2 pour cent. Dans les pays développés, les quantités enlevées de bois à pâte ont chuté de 6 pour cent du fait de la faiblesse de la demande du secteur européen de la pâte. On estime qu’en Finlande et en Suède, qui sont les principaux pays européens consommateurs de pâte de bois, la consommation de pâte a baissé de près de 15 pour cent. Le marché du bois à pâte a toutefois été plus dynamique en Amérique du Nord. La production de grumes de résineux a aussi baissé à l’échelle mondiale, mais dans une moindre mesure; elle a remonté en Amérique du Nord, où elle baissait depuis longtemps sous l’effet des restrictions de l’exploitation forestière, mais elle a chuté de 7 pour cent en Europe. Elle a cessé de baisser en Fédération de Russie.

• Selon les estimations, la production de grumes de bois tropicaux se serait maintenue au même niveau que l’an dernier. Beaucoup de pays tropicaux ont adopté des mesures de restriction de l’exploitation et d’interdiction des exportations de grumes pour protéger les forêts naturelles qui leur restent. La Côte d’Ivoire, principal exportateur de grumes tropicales jusqu’au milieu des années 80, a rétabli en 1996 l’interdiction d’exporter 35 essences. Le Ghana a introduit en 1996 une législation analogue. L’Etat de Sabah en Malaisie fait exception à cette tendance générale: il a annoncé à la fin de 1996 la levée de l’interdiction d’exporter des grumes et fait savoir qu’il pourrait offrir à l’exportation jusqu’à 2 millions de mètres cubes de grumes en 1997.

• La production mondiale de sciages a continué en 1996 à diminuer lentement. A l’exception de l’Amérique du Nord et en particulier des Etats-Unis, où le secteur de la construction de logements était dynamique, la production de sciages de résineux est restée partout relativement faible. En Fédération de Russie, on estime qu’elle a encore baissé de 10 pour cent, principalement parce que les scieries manquaient de capital et que le coût du transport du bois sibérien a augmenté. Des symptômes de reprise sont apparus vers la fin de 1996 en Europe et au Japon, où le secteur de la construction a connu une forte croissance.

• On estime que les échanges de sciages de résineux, qui représentent 85 pour cent des échanges totaux de sciages, ont diminué de 2 pour cent en raison des stocks considérables et de la concurrence d’autres produits, et aussi parce que la demande a été morose en Europe pendant une bonne partie de 1996. Le nouvel accord commercial conclu entre le Canada et les Etats-Unis, en vertu duquel les exportations en franchise de grumes de résineux canadiennes vers les Etats-Unis sont limitées, à moins qu’un prix de déclenchement ne soit atteint, a créé vers la fin de l’année une grande incertitude parmi les acheteurs et les exportateurs et fait monter les prix. Les exportations canadiennes de sciages de résineux à destination des Etats-Unis ont augmenté de 3 pour cent en 1996 et les exportations vers d’autres continents de 1 pour cent.

• La production de sciages tropicaux a un peu augmenté en 1996. Parmi les principaux pays producteurs, seul le Brésil a signalé une augmentation importante. Les échanges de sciages tropicaux ont continué à se contracter parce que les principaux pays exportateurs privilégient l’exportation de produits à plus forte valeur ajoutée tels que le contreplaqué, les plaquages, les meubles et parties de meubles. Par exemple, on estime que les exportations de la Malaisie, premier exportateur mondial, ont baissé d’environ 10 pour cent, tandis que ses exportations de meubles en bois ont augmenté de 30 pour cent. Le Ghana fait exception à cette tendance: ses exportations de sciages tropicaux auraient augmenté de 15 pour cent.

• La production mondiale de panneaux dérivés du bois aurait augmenté de plus de 3 pour cent. La demande de produits nouveaux, tels que les panneaux à strates orientées (OSB) et les panneaux de fibres de densité moyenne (MDF), est restée vigoureuse sur les principaux marchés et les pays développés ainsi que certains pays en développement d’Asie annoncent de nouveaux accroissements de leur capacité de production. La demande de contreplaqués tropicaux a été dynamique en Asie. La production et les exportations de l’Indonésie, qui se classe au premier rang mondial, ont été freinées par la difficulté d’approvisionnement en grumes tandis qu’en Malaisie la production et les exportations ont monté en flèche.

• On estime que la production mondiale de papier et carton, qui n’avait pas cessé d’augmenter depuis 1982, a baissé de 1 pour cent en 1996. La baisse est entièrement imputable aux pays développés, où la chute de la production est estimée à 3 pour cent. Sauf au Japon et aux Etats-Unis, où l’on a enregistré une augmentation marginale, la production a baissé dans tous les principaux pays producteurs. La production scandinave a particulièrement souffert de la faiblesse de la demande sur les principaux marchés européens. Beaucoup d’usines scandinaves et nord-américaines ont dû tourner au ralenti pour réduire les stocks considérables de papier. Vers la fin de l’année, des symptômes de reprise ont toutefois commencé à apparaître. Dans les pays en développement, au contraire, on estime que la production a augmenté de 6 pour cent. Comme les années précédentes, c’est en Extrême-Orient que la croissance a été la plus rapide; la capacité de production y a beaucoup augmenté.

• On estime que la production mondiale de pâte de bois a baissé de 5 pour cent. Les marchés étaient déprimés par une offre pléthorique, une demande morose et des prix en chute libre. Le recul est particulièrement marqué dans les pays développés dont la production a chuté de quelque 8 pour cent. Vers la fin de l’année, le marché a un peu repris et la production a commencé à se rétablir lentement. Dans les pays en développement, la production a augmenté de 18 pour cent grâce à la nouvelle capacité installée en 1996. Les échanges ont diminué et les prix se sont effondrés.

Schéma 8A

Schéma 8B

1 FAO. La sixième enquête mondiale sur l’alimentation, Rome, 1996.

2 Les méthodes d’évaluation de l’insuffisance des disponibilités alimentaires sont décrites dans La sixième enquête mondiale sur l’alimentation (Annexe 3). Ces méthodes remplacent l’indice global de sécurité alimentaire des ménages précédemment mis au point pour les évaluations du Comité de la sécurité alimentaire.

Previous Page TOC Next Page