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SITUATION MONDIALE

II. SITUATION ACTUELLE DE L'AGRICULTURE – FAITS ET CHIFFRES

1. PRODUCTION VÉGÉTALE ET ANIMALE

• On estime que la production végétale et animale n'a augmenté en 1997 que de 1,2 pour cent par rapport à l’année précédente, moins qu'aucune année depuis 1993. Mais ce ralentissement – qui a touché toutes les régions, tant développées qu'en développement – succède à une année de particulièrement bonnes récoltes: en 1996, la production mondiale avait augmenté de pas moins de 4,5 pour cent.
La production animale et végétale par habitant n'a pas augmenté dans le monde en développement en 1997.
• Après cinq ans de croissance vigoureuse et accélérée, la production végétale et animale du monde en développement a perdu son dynamisme en 1997: elle n'a augmenté que de 1,8 pour cent contre 5,3 pour cent en 1996. Ce taux de 1,8 pour cent est le plus bas qui ait été enregistré depuis 1979 et il est à peu près égal au taux de croissance démographique si bien que pour la première fois depuis 1987, la production animale et végétale par habitant n'a pas augmenté dans le monde en développement.

• Ce ralentissement a concerné toutes les régions en développement; toutefois, il a été particulièrement marqué dans la région Proche-Orient et Afrique du Nord où, après avoir fait un bond de 9 pour cent en 1996, la production agricole a baissé de 4 pour cent sous l'effet des intempéries. En particulier, la sécheresse a provoqué de fortes baisses de production dans certains pays d'Afrique du Nord, principalement les cultures de céréales, mais des reculs ont aussi été enregistrés en République islamique d’Iran, en Iraq et en République arabe syrienne.

• En Afrique subsaharienne, la production agricole totale a baissé de 1 pour cent en 1997. Cela représente une baisse de 4 pour cent de la production par habitant, qui augmentait depuis quatre ans. Ces taux moyens masquent de grandes différences entre les pays, qui résultent principalement des caprices du climat. Toutefois, la production par habitant a chuté dans la majorité des 36 pays de la région et la baisse a été particulièrement marquée en Afrique australe.
 


CARTE 2
ÉVOLUTION DE LA PRODUCTION VÉGÉTALE ET ANIMALE, 1994-1997

• En Extrême-Orient, le taux de croissance annuel de la production agricole, qui depuis 1990 n'avait été qu'une seule fois inférieur à 4 pour cent, est tombé à 2,6 pour cent. Cette décélération est imputable à un net ralentissement dans la plupart des grands pays de la région. En Chine en particulier, la croissance de la production, bien qu'encore assez forte, marque une nette décélération tandis qu'en Inde les récoltes ont souffert des intempéries dans une grande partie du pays. Plusieurs pays d'Asie du Sud-Est ont aussi souffert de sécheresses, en partie liées au phénomène El Niño, qui ont provoqué une chute de la production agricole en Indonésie et un ralentissement de sa croissance au Myanmar, aux Philippines et en Thaïlande. Il est à craindre que la crise financière n'influe dans certains pays sur les décisions des agriculteurs, mais ses effets sur la production n'étaient pas encore visibles en 1997.

Il est à craindre que la crise financière n'influe dans certains pays sur les décisions des agriculteurs, mais ses effets sur la production n'étaient pas encore visibles en 1997.
• Dans la région Amérique latine et Caraïbes, le ralentissement a été infime: on estime le taux de croissance à 2,9 pour cent pour 1997, soit un peu plus que la moyenne des cinq dernières années et environ 1 pour cent de plus que le taux de croissance démographique. Toutefois, l'expansion est limitée à un relativement petit nombre de pays (Argentine, Brésil et Pérou) alors que dans plusieurs pays d'Amérique centrale et des Caraïbes ainsi qu'en Colombie et au Paraguay, la production par habitant a baissé. Dans la région Amérique latine et Caraïbes, comme dans d'autres, les baisses de production sont dans bien des cas dues aux effets d'El Niño.

• Dans les pays développés, le taux de croissance de la production agricole totale, estimé à plus de 3 pour cent pour 1996, est tombé à 0,5 pour cent. C'est dans l'Union européenne (UE) que le recul est le plus marqué: la production y a chuté de près de 2 pour cent, après avoir augmenté de 4 à 5 pour cent l'année précédente. Cette contraction, qui touche aussi bien les cultures que l'élevage, concerne la plupart des pays membres de l'UE. La récolte de céréales, qui avait atteint un niveau record en 1996, a un peu diminué parce que dans plusieurs pays les retards provoqués par la pluie ont réduit les rendements de blé.

•  La production agricole nord-américaine a continué à augmenter en 1997 à un taux estimé à 2,6 pour cent. Le léger recul enregistré au Canada pour la première fois depuis 1992, a été compensé par une expansion de 3 pour cent aux Etats-Unis.

En Australie, la production agricole a baissé de 1 pour cent en 1997 par rapport au niveau record de 1996, tandis qu'en Nouvelle-Zélande, l'expansion a continué, atteignant un taux de 2 à 3 pour cent. Au Japon, après deux ans de déclin, la production agricole s'est maintenue pratiquement au niveau de 1996, inférieur d’environ 7 pour cent à ce qu'il était il y a une dizaine d'années.

Dans les pays en transition, en 1997, pour la première fois depuis le début de la période de transition, la production agricole globale a augmenté, encore qu'à un taux modeste de 1 pour cent.
• Les pays en transition font contraste avec le tableau morose qu'offrent les autres régions: en 1997, pour la première fois depuis le début de la période de transition, la production agricole globale y a augmenté, encore qu'à un taux modeste (1 pour cent). La production de céréales a beaucoup augmenté tandis que celle de produits animaux a continué à baisser. La progression a été notable en Ukraine, mais un peu moins forte en Fédération de Russie et au Kazakhstan. Dans les pays en transition d'Europe centrale et orientale, l'évolution a été contrastée; en particulier, on note une contraction due en grande partie aux intempéries en Pologne et une forte progression de la production céréalière en Roumanie.
 


2. PÉNURIES ALIMENTAIRES ET SITUATIONS D'URGENCE

• Le nombre de pays connaissant des situations de crise alimentaire est passé de 29 à la mi-1997 à 36 à la mi-1998, principalement à cause des effets du phénomène El Niño.

• En Afrique de l'Est, les récentes sécheresses, suivies dans la plupart des pays par des inondations et dont les effets se sont conjugués dans certains d'entre eux avec ceux de la guerre civile, ont provoqué des difficultés de ravitaillement. En Somalie, à la suite des inondations les plus graves depuis plusieurs décennies, qui ont ravagé la récolte de la campagne secondaire «Dyer» de 1997/98, les disponibilités resteront très justes jusqu'à la prochaine récolte, qui débutera en août 1998. Les inondations ont aussi décimé le cheptel et provoqué des épizooties. Au Kenya, une assistance alimentaire continue à être distribuée aux victimes des graves inondations qui ont frappé l'est du pays. En Ouganda, quelque 400 000 personnes déplacées dans le nord du pays, où les insurrections continuent de faire rage, ont encore besoin d'aide alimentaire. En République-Unie de Tanzanie, l'approvisionnement est difficile dans les zones où la récolte de la campagne secondaire «Vuli» de1997/98 a souffert des pluies torrentielles et des inondations. En Ethiopie, plus de 5 millions de personnes ont besoin d'aide alimentaire, en partie à cause de la mauvaise récolte de 1997. En Erythrée, où la récolte céréalière a baissé pendant deux campagnes successives, les approvisionnements sont tendus en 1998 et le prix des vivres a beaucoup augmenté. Au Soudan, malgré une récolte satisfaisante, la situation est critique pour 2,4 millions de victimes des troubles civils et de la sécheresse qui ont besoin d'une assistance alimentaire; malheureusement, l'insécurité et le mauvais état des routes entravent les distributions de vivres. Au Burundi, la production vivrière de la première campagne de 1998 s’est contractée et l'embargo économique des pays
voisins continue. Les approvisionnements sont aussi difficiles au Rwanda parce que la récolte de la première campagne de 1998 a été réduite et que l'insécurité règne dans l'ouest du pays.

• En Afrique de l'Ouest, on signale des difficultés d'approvisionnement dans plusieurs pays, malgré les récoltes supérieures à la moyenne engrangées en 1997 dans les pays côtiers. Le Libéria et la Sierra Leone restent très tributaires de l'aide alimentaire internationale, malgré le succès des programmes de remise en état du secteur agricole. En Sierra Leone, l'insécurité qui sévit dans l'est du pays provoque de vastes déplacements de population et perturbe toutes les activités agricoles. Au Sahel, les mauvaises récoltes de la fin de 1997 provoquent des difficultés localisées d'approvisionnement alimentaire, notamment dans le nord du Sénégal, en Mauritanie, en Gambie et dans certaines parties du Burkina Faso et du Niger.

• En Afrique centrale, la récolte s'annonce mauvaise en République démocratique du Congo à cause des inondations, de la pénurie d'intrants et des troubles civils.

• En Afrique australe, bien que l'impact d'El Niño sur la production végétale ait été limité, les approvisionnements risquent d'être plus difficiles pendant la campagne de commercialisation 1998/99 que l'année précédente. En Zambie, la production céréalière sera très inférieure à la moyenne à cause des pluies incessantes et des grandes inondations qui ont ravagé le nord du pays tandis que le sud souffrait d'une situation de quasi-sécheresse. En Angola et au Mozambique, la production vivrière devrait augmenter cette année, mais les personnes déplacées, les groupes vulnérables et les victimes de la sécheresse et des inondations auront besoin de secours alimentaires.

En Asie, les intempéries, la crise financière, les tremblements de terre et les hostilités ont entraîné des crises alimentaires dans plusieurs pays.
• En Asie, les approvisionnements restent très difficiles en République populaire démocratique de Corée, où une aide alimentaire reste nécessaire. En Indonésie, la grave sécheresse provoquée par El Niño, dont les effets se conjuguent avec ceux de la crise financière, a gravement compromis la sécurité alimentaire de la population, et une importante assistance internationale est nécessaire. En Afghanistan, on prévoit que les approvisionnements resteront difficiles en 1998 à cause de la poursuite des combats et du tremblement de terre qui a récemment ravagé les infrastructures d'irrigation dans les provinces du nord. En Iraq, bien que l'accord «pétrole contre nourriture» ait un peu amélioré la situation générale des approvisionnements, le problème de la malnutrition reste grave dans tout le pays. En République démocratique populaire lao, les cultures ont souffert des intempéries dans la plupart des zones rizicoles, ce qui a encore aggravé les problèmes d'approvisionnement. En Mongolie, l'alimentation des groupes vulnérables continue de souffrir du déclin de la production agricole et des problèmes liés à la transition économique. De graves difficultés de ravitaillement persistent en Papouasie-Nouvelle-Guinée du fait que la production vivrière a souffert de la sécheresse provoquée par El Niño.

CARTE 3
PAYS VICTIMES DE PÉNURIES ALIMENTAIRES AYANT BESOIN D'UNE AIDE EXCEPTIONNELLE
 

• En Amérique latine, le temps particulièrement sec lié à El Niño retarde les semis de la première campagne de 1998/99 dans les pays d'Amérique centrale. Le Nicaragua, le Honduras, El Salvador, le Guatemala et le Panama reçoivent actuellement une assistance alimentaire et en auront besoin jusqu'à la récolte de la première campagne de 1998. Dans les Caraïbes, les distributions de secours alimentaires se poursuivent en Haïti.

• Dans la Communauté des Etats indépendants (CEI), environ 16 pour cent de la population du Tadjikistan a besoin d'aide alimentaire ciblée à la suite des ravages provoqués par des inondations et des glissements de terrain. Les groupes vulnérables d'Arménie (soit quelque 13 pour cent de la population), d'Azerbaïdjan (11 pour cent) et de Géorgie (7 pour cent) ont encore besoin de secours alimentaires. En Bosnie-Herzégovine, les nécessiteux reçoivent une assistance alimentaire.
 


3. L'ÉCONOMIE CÉRÉALIÈRE MONDIALE: BILAN ET PERSPECTIVES4

En 1997, la production de blé a atteint le record absolu de 615 millions de tonnes.
• La production céréalière mondiale a atteint en 1997 le niveau record de 1 909 millions de tonnes (y compris le riz en équivalent riz usiné); l'accroissement par rapport à 1996 a pourtant été modeste, 1 pour cent ou 17 millions de tonnes. La production de blé, en hausse de 4 pour cent (soit 25 millions de tonnes) par rapport à la récolte déjà bonne de 1996, a atteint le record absolu de 615 millions de tonnes; elle a progressé dans presque toutes les régions, à l'exception de l'Afrique du Nord où elle a souffert de la sécheresse dans plusieurs pays. En revanche, la production de céréales secondaires a baissé d'environ 1 pour cent en 1997 (soit 8 millions de tonnes) pour s'établir à 911 millions de tonnes, ce qui reste toutefois supérieur au niveau tendanciel. Cette contraction est principalement due aux mauvaises récoltes de maïs en Chine, en Amérique du Nord et en Afrique; la production a au contraire beaucoup augmenté en Amérique du Sud, en Europe et dans la CEI. La production mondiale de paddy s'est maintenue en 1997 au niveau supérieur à la moyenne de 1996, soit 571 millions de tonnes, la légère augmentation enregistrée en Australie, en Chine, en Egypte, aux Etats-Unis, au Pakistan et au Nigéria ayant été presque entièrement compensée par une contraction au Brésil, en République populaire démocratique de Corée, en Indonésie et au Myanmar.

• A la clôture des campagnes s'achevant en 1998, les stocks céréaliers mondiaux devraient atteindre 321 millions de tonnes, soit 8 pour cent ou 25 millions de tonnes de plus qu'à l'ouverture. On prévoit en effet que grâce aux bonnes récoltes, les stocks de blé et de céréales secondaires augmenteront, d'autant plus que malgré la baisse des cours, la croissance de l'utilisation pour l'alimentation du bétail ralentira. Les stocks de riz, au contraire, diminueront, surtout au Brésil, en Indonésie et aux Philippines, où la production a souffert en 1997 des effets d'El Niño. Les stocks de report totaux des principaux exportateurs augmenteront pour la deuxième année de suite, et représenteront 39 pour cent du total mondial, contre 34 pour cent en début de campagne et 28 pour cent seulement en 1996. Ceux des autres pays, et en particulier des pays en développement, resteront probablement inchangés. Les stocks de fin de campagne représenteront globalement près de 16,9 pour cent de la consommation prévue pour 1998/99; c'est 1 point de plus qu’à la fin de la campagne précédente et à peine en dessous de la fourchette de 17 à 18 pour cent que la FAO estime nécessaire pour assurer la sécurité alimentaire mondiale.

• Pendant la campagne de commercialisation 1998/99, on prévoit que la situation des approvisionnements mondiaux s'améliorera encore. D'après l'état des cultures en mai 1998, on prévoit que si les conditions météorologiques sont normales pendant le reste des campagnes de 1998, la production céréalière mondiale, en légère progression sur 1997, pourra atteindre le niveau record de 1 911 millions de tonnes. L'accroissement sera entièrement dû aux céréales secondaires, dont la récolte, supérieure au niveau tendanciel pour la troisième année de suite, atteindra 925 millions de tonnes, soit 1,6 pour cent de plus qu'en 1997. Au contraire, la production de blé, en légère baisse, tombera à 606 millions de tonnes et celle de paddy, qui avait atteint des niveaux records les deux années précédentes, à 567 millions de tonnes.

Si les prévisions actuelles se confirment, les disponibilités céréalières suffiront pour satisfaire la demande de 1998/99 et relever encore le niveau des réserves mondiales.
• Si les prévisions actuelles se confirment, les disponibilités céréalières suffiront pour satisfaire la demande de 1998/99 et relever encore le niveau des réserves mondiales. D'après les premières prévisions, les stocks céréaliers de clôture pourraient augmenter pour la troisième année de suite et atteindre 328 millions de tonnes à la fin des campagnes s'achevant en 1999, soit 2 pour cent ou 6 millions de tonnes de plus que le niveau d'ouverture. Ainsi, pour la première fois depuis quatre ans, le ratio stocks/utilisations pourrait se rétablir dans la fourchette de 17 à 18 pour cent. Mais ces prévisions se réaliseront-elles? Cela dépendra non seulement du volume effectif de la production de 1998, mais aussi des quantités utilisées pendant la campagne 1998/99.
Selon les prévisions, dans les pays en développement, la consommation de céréales vivrières augmentera un peu plus que la population, d'où une petite progression de la consommation par habitant.
•  Il est actuellement prévu que l'utilisation mondiale de céréales augmentera de 1 pour cent en 1998/99, pour atteindre 1 904 millions de tonnes, soit un peu plus que le niveau tendanciel. L'accroissement sera pour l'essentiel imputable aux pays en développement et résultera notamment de l'accroissement de la consommation pour l’alimentation humaine dans les pays où la production augmentera le plus. Dans les pays en développement, la consommation de céréales vivrières augmentera un peu plus que la population, d'où une petite progression de la consommation par habitant. Au contraire, on s'attend à une décélération de l'utilisation de céréales pour l'alimentation du bétail, malgré la faiblesse des cours qui devrait persister sur les marchés céréaliers. L'expansion des stocks de céréales sera concentrée dans les pays développés, surtout les principaux pays exportateurs de céréales, où les bonnes récoltes prévues et la décélération de l'utilisation pour l'alimentation du bétail devraient entraîner une nouvelle augmentation des stocks.

FIGURE 4A
TENDANCES DES DISPONIBILITÉS/UTILISATIONS DE CÉRÉALES

FIGURE 4B
STOCKS CÉRÉALIERS DE REPORT
 
 


4. ASSISTANCE EXTÉRIEURE À L'AGRICULTURE

Selon les estimations, l'assistance multilatérale a légèrement baissé entre 1995 et 1996.
• Les engagements totaux d'Aide publique au développement (APD) des donateurs bilatéraux et multilatéraux en faveur de l'agriculture au sens large5 étaient estimés pour 1996 à 10 985 millions de dollars aux prix courants, soit 297 millions de moins qu'en 1995. Toutefois, les chiffres ne sont pas directement comparables parce que le montant indiqué pour 1996 ne comprend pas les engagements des Etats-Unis, qui ne sont pas encore connus. En 1995, les engagements des Etats-Unis s'étaient élevés à 400 millions de dollars; si on fait abstraction des Etats-Unis, les engagements totaux de 1996 sont d'environ 100 millions de dollars supérieurs à ceux de 1995.

FIGURE 5
ENGAGEMENTS D'AIDE EXTÉRIEURE EN FAVEUR DE L'AGRICULTURE

• Aux prix constants de 1990, les engagements de 1996 (non compris ceux des Etats-Unis) se sont élevés à 10 363 millions de dollars contre 10 446 en 1995; ils sont donc restés pratiquement inchangés; peut-être même ont-ils un peu augmenté si l'on tient compte des engagements des Etats-Unis, mais pas suffisamment pour que l'on puisse parler d'un véritable renversement de la tendance à la baisse de l'assistance extérieure à l'agriculture observée tout au long des années 90 (aux prix de 1990, les engagements totaux sont tombés de 12,2 milliards de dollars en 1991 à 10,4 milliards en 1995).


FIGURE 6
ENGAGEMENTS PAR GRANDS DOMAINES

• La part de l'aide fournie à des conditions particulièrement favorables dans les engagements totaux fluctue autour de 70 pour cent depuis 1990; en 1996, elle a été de 72 pour cent, et celle des dons de 47 pour cent. Plus de 95 pour cent de l'assistance bilatérale est fournie sous forme de dons tandis que pour l'assistance multilatérale, la proportion des dons n'est que de 20 pour cent.


FIGURE 7
ENGAGEMENTS PAR PRINCIPALE RÉGION BÉNÉFICIAIRE
 

• Le Japon est le plus gros donateur bilatéral: en 1996, il a représenté à lui seul environ la moitié des engagements bilatéraux des pays du Comité d’aide au développement (CAD) en faveur de l'agriculture. Parmi les autres pays du CAD, l'Australie, le Canada et le Danemark ont beaucoup accru leurs contributions. En particulier l'Australie a promis 300 millions de dollars (aux prix courants) pour appuyer l’élaboration des politiques halieutiques dans les pays en développement.

• On estime que l'assistance multilatérale s'est un peu contractée (tombant de 10 446 millions de dollars en 1995 à 10 363 millions en 1996). Les engagements de la Banque mondiale ont baissé d’environ 1,2 milliard de dollars (soit 27 pour cent aux prix constants de 1990). Ceux du Fonds international de développement agricole (FIDA), qui étaient brutalement tombés à 276 millions de dollars en 1995, sont remontés à 405 millions en 1996 (soit une hausse de 50 pour cent en valeur réelle), remontant ainsi à un niveau proche de celui de 1994. Les engagements des banques régionales de développement, qui avaient baissé en 1995 aussi brutalement que ceux du FIDA, ont fait en 1996 un bond de 869 millions de dollars pour atteindre 1 987 millions de dollars, égalant presque en valeur réelle le niveau de 1994.

• En ce qui concerne le groupe de la Banque mondiale, les premières estimations indiquent qu'en 1997, les engagements de la Banque internationale pour la reconstruction et le développement (BIRD) devraient être d'environ 1 milliard de dollars supérieurs au niveau de 1996 tandis que ceux de l'Association internationale de développement (IDA) resteront inchangés.

• En ce qui concerne la répartition sectorielle, les engagements ciblés sur l'agriculture au sens étroit6 ont augmenté de 24 pour cent pour atteindre 8 121 millions de dollars aux prix de 1990; ils ne sont toutefois pas remontés au niveau record de 1992. Tous les sous-secteurs – agriculture proprement dite, pêche, foresterie et mise en valeur des terres et des eaux – ont profité de cet accroissement, mais c'est dans celui de la pêche qu'il a été le plus important. De tous les grands sous-secteurs, le seul pour lequel les engagements aient augmenté est celui des agro-industries tandis que les engagements en faveur de la protection de l'environnement, du développement rural et surtout du développement régional et de l'aménagement des bassins ont diminué.

• En ce qui concerne la répartition géographique, la part des pays en transition a continué à augmenter pour approcher 7 pour cent en 1996 contre 5 pour cent en 1995. Les parts respectives des pays en développement n'ont guère changé, si ce n'est que la part d'Asie a un peu augmenté tandis que celle de l'Amérique latine et des Caraïbes a légèrement diminué. L'Asie conserve la part du lion – un peu plus de 40 pour cent – suivie de l'Afrique, avec 23 à 24 pour cent; la part de l'Amérique latine et des Caraïbes est un peu inférieure à 20 pour cent. La part qui n'est pas attribuée à des pays spécifiques a augmenté, pour atteindre 16 pour cent en 1996.


5. FLUX D'AIDE ALIMENTAIRE7

On estime que les expéditions totales d'aide céréalière en 1997/98 ont augmenté de 3 pour cent par rapport à l'année précédente
• Les expéditions totales d'aide céréalière au titre de l'aide-programme, de l'aide-projet et de l'aide d'urgence sont estimées pour 1997/98 (juillet/juin) à au moins 5,5 millions de tonnes, soit quelque 3 pour cent de plus que l’année précédente; cette augmentation tient essentiellement à la multiplication des crises alimentaires dans les pays à faible revenu et à déficit vivrier (PFRDV) ainsi qu'aux besoins accrus résultant de la crise financière asiatique. On estime que les expéditions d'aide céréalière aux PFRDV ont augmenté de 3 pour cent pour atteindre 4,6 millions de tonnes en 1997/98. Les expéditions de blé ont atteint 3,5 millions de tonnes, celles de céréales secondaires 1,3 million de tonnes et celles de riz près de 700 000 tonnes.

FIGURE 8
BÉNÉFICIAIRES DE LIVRAISONS ALIMENTAIRES EN CÉRÉALES
 

• Quant à l'aide alimentaire non céréalière (principalement légumes secs et huiles végétales), on estime qu'elle a encore baissé de 30 pour cent en 1997 (janvier-décembre), tombant à quelque 646 000 tonnes contre un volume estimé à 948 000 tonnes en 19968. La réduction a touché la plupart des régions et n'a pas épargné les PFRDV. Ce sont les expéditions de légumes secs et d'huiles végétales qui ont le plus diminué mais celles des autres produits alimentaires ont aussi baissé.

• Les contributions de céréales à la Réserve alimentaire internationale d'urgence (RAIU) administrée par le Programme alimentaire mondial (PAM), en hausse de près de 12 pour cent, ont atteint 993 000 tonnes pour l'année 1997 (janvier-décembre) contre 887 000 en 1996. Ces contributions dépassent de loin l'objectif annuel minimum de 500 000 tonnes fixé par la Conférence mondiale de l'alimentation en 1974. Les contributions en aliments autres que les céréales ont au contraire diminué, tombant à 167 000 tonnes contre 225 000 tonnes en 1996. En outre, les contributions céréalières destinées aux Opérations d’intervention prolongée en faveur des réfugiés (IPR), également administrées par le PAM, ont un peu augmenté, pour atteindre 529 000 tonnes en 1997, tandis que les contributions autres qu'en céréales, en baisse de 20 000 tonnes, sont tombées à 70 000 tonnes.
 


6. COURS INTERNATIONAUX DES PRODUITS AGRICOLES9

• Pendant presque toute la campagne 1997/98, les cours des céréales sont restés très inférieurs au niveau de l'année précédente parce que les récoltes ont été excellentes et que les stocks ont continué à augmenter. Comme aucun élément fondamentalement nouveau n'est intervenu sur les marchés internationaux du blé et que la récolte s'annonçait bonne, les cours du blé ont continué à baisser pendant la deuxième moitié de la campagne sous l'effet saisonnier de la moisson et, à la fin de mai 1998, ils étaient de 20 à 25 pour cent inférieurs à ce qu'ils étaient un an auparavant. Les cours du maïs, de l'orge et du sorgho ont aussi continué à baisser: à la fin de mai, ils étaient de 10 à 15 pour cent inférieurs à ce qu'ils étaient à la même saison en 1997. La chute du cours des céréales secondaires s'explique en partie par l'accroissement de l'offre et le fléchissement de la demande d'importation, en particulier dans les pays d'Asie; comme la récolte s'annonçait bonne dans toutes les régions sauf l'Afrique australe, la pression sur les prix s'est encore accentuée depuis avril 1998. Les prix de presque toutes les céréales devraient rester déprimés au moins pendant la première moitié de la campagne de commercialisation 1998/99 parce que les prévisions de récolte sont bonnes et que la demande d'importation tend à baisser, surtout pour le blé. Pendant la deuxième moitié de la campagne 1998/99, l'évolution des prix dépendra comme d'habitude des emblavures et des perspectives de récolte pour 1999; en outre, la situation économique en Asie pourrait continuer à peser sur les cours internationaux des céréales jusqu'à la fin de la campagne 1998/99.

• L'évolution récente du marché du riz contraste avec celle des autres marchés céréaliers: en effet, le cours du riz de presque toutes les origines a continué à monter ces derniers mois, jusqu'en mai 1998. L'indice FAO des prix à l'exportation du riz, qui montait depuis décembre 1997, a atteint en moyenne 128 en mai, contre 125 en mars (base: 1982-1984=100). Cette hausse s'explique en partie par le renforcement du cours du baht thaïlandais par rapport au dollar des Etats-Unis et en partie par la crainte d'un épuisement des disponibilités exportables, surtout au Viet Nam et au Pakistan, du fait des gros achats de l'Indonésie et des Philippines.

• La baisse du cours international des huiles qui durait depuis la campagne 1994/95 s'est arrêtée en 1997/98. L'indice FAO du prix des matières grasses alimentaires et saponifiables a monté de près de 14 pour cent par rapport à la campagne précédente, passant de 135 à 154 (1990-1992=100). Le prix pondéré de tous les types de matières grasses a augmenté en moyenne de 2,5 pour cent environ par mois entre août 1997 et mai 1998 en raison de la tension du marché de ces produits, surtout des huiles fluides, dont le prix a augmenté encore plus.

• La hausse du cours international des farines d'oléagineux qui avait commencé pendant la campagne 1994/95 a aussi pris fin en 1997/98: l’offre pléthorique a fait chuter d'environ 7 pour cent l'indice FAO du prix des farines et tourteaux d'oléagineux.

Il semble que la culture des oléagineux reste plus rentable que la culture d'autres produits agricoles.
•  L'évolution divergente des prix (hausse du cours international des huiles et baisse de celui des tourteaux) et la nouvelle donne du marché ont entraîné une baisse de 2,5 pour cent du cours international des graines oléagineuses pendant la même période, comme le montre l'indice FAO des prix des oléagineux. Toutefois, il semble que la culture des oléagineux reste plus rentable par rapport à la cultures d’autres produits agricoles car d'après les premières indications, la production augmentera encore en 1998/99. Dans ces conditions, la tendance à la baisse du prix des oléagineux et des tourteaux et farines pourrait se poursuivre bien après la fin de la campagne en cours tandis que la montée du prix des matières grasses pourrait s'arrêter.

• Les cours mondiaux du cacao ont régulièrement augmenté en 1997: le prix moyen mensuel de l'Organisation internationale du cacao (ICCO) a atteint 78 cents des Etats-Unis la livre en décembre 1997, soit 11 cents de plus qu'un an auparavant. En janvier 1997, le cours moyen mensuel ICCO était tombé à 65 cents la livre, mais la tendance baissière qu'avaient provoquée en 1996 les grosses expéditions de Côte d'Ivoire (malgré la prévision d’un déficit mondial) a alors pris fin.  En mars 1997, le risque d'un déficit structurel sur le marché mondial du cacao a refait surface et l'on a commencé à craindre que les intempéries ne réduisent la récolte en Indonésie de sorte que les prix ont commencé à se raffermir. En septembre 1997, le cours moyen ICCO, gonflé par les achats massifs des spéculateurs et des broyeurs qui souhaitaient se prémunir contre les conséquences d'El Niño, a atteint le niveau record depuis 10 ans de 80 cents la livre. Pendant le dernier trimestre de 1997, une analyse de l'impact d'El Niño a été publiée et le marché s'est calmé; les prix ont commencé à se stabiliser. En décembre 1997, le cours ICCO de fin d'année s'établissait à 78 cents. Pendant le premier trimestre de 1998, les prix ont fluctué entre 75 et 80 cents la livre. Pour l'année 1997, la moyenne du cours mensuel ICCO s'est établie à 73 cents la livre contre 66 cents en 1996: cela correspond à une augmentation annuelle moyenne de 8 cents la livre, soit 12 pour cent.

Le pic du marché du café a culminé en mai 1997 lorsque le prix composite de l'Accord international sur le café est passé à 180 cents la livre, niveau jamais atteint depuis 1986.
• Le cours mondial du café a monté en flèche en 1997: le prix composite de l'Accord international sur le café est passé de 100 cents la livre en janvier 1997 à 130 cents la livre en décembre 1997, soit une hausse de 30 pour cent. Il a culminé en mai 1997 à 180 cents la livre, niveau jamais atteint depuis 1986. Alors que les flambées des prix de 1986 et 1995 avaient été provoquées par les gelées au Brésil, la hausse de 1997 s'explique par le dynamisme de la demande face à une offre tendue d’Arabica, en particulier colombien, et d'autres variétés de café doux. Sous l'effet de cette tension, le prix des variétés Arabica a plus que doublé entre janvier 1997 et mai 1997 alors que le cours des variétés Robusta ne progressait que de 39 pour cent. L'écart de prix entre les variétés Arabica et Robusta a ainsi plus que triplé pendant cette période. Après avoir culminé en mai 1997, le prix composite a commencé à baisser car la production et les exportations étaient suffisantes pour satisfaire les besoins. En décembre 1997, le cours était tombé à 130 cents la livre; il s'est maintenu à ce niveau pendant le premier trimestre de 1998 et a recommencé à baisser depuis lors parce que la récolte de 1998 s'annonce bonne, particulièrement au Brésil où elle devrait être excellente.
La morosité du marché du coton s'explique principalement par la crise financière asiatique et par la réduction des importations de plusieurs gros pays importateurs tels que la Chine.
• Les cours internationaux du coton, basés sur l'Indice Cotlook A, sont en baisse depuis juillet 1997: ils sont tombés de 81,3 cents la livre en juillet 1997 à 63,9 cents en mai 1998 (moyenne des trois premières semaines). La morosité du marché s'explique principalement par la crise financière asiatique et par la réduction des importations de plusieurs gros pays importateurs tels que la Chine. La production mondiale de la campagne de commercialisation allant du 1er août 1997 au 31 juillet 1998 devrait se situer au même niveau que l'année précédente, mais la consommation diminuera en raison d'une baisse notable dans plusieurs d'Asie du Sud-Est. Ainsi, à la fin de la campagne 1997/98, le niveau des stocks mondiaux devrait être un peu plus élevé qu'un an plus tôt. On prévoit une contraction d'environ 6 pour cent des échanges mondiaux en1997/98. Les importations de la Chine, de l'Asie du Sud-Est et de la République de Corée seront respectivement de 45, 20 et 21 pour cent inférieures aux niveaux de 1996/97. La plupart des pays exportateurs doivent donc s'attendre à voir leurs ventes diminuer un peu. Le cours du coton continuera probablement à subir une pression à la baisse dans l'avenir proche car la concurrence des fibres artificielles ne s'atténuera pas tandis que la demande d'importation fléchira à cause de la crise financière de l'Asie du Sud-Est.

FIGURE 9
INDICE DES PRIX À L’EXPORTATION DES DENRÉES ALIMENTAIRES
 

• Les cours mondiaux du sucre sont restés à peu près stables en 1997. Le cours moyen de l'Accord international sur le sucre (AIS)s’est établi à 11,37 cents la livre, contre 11,96 cents en 1996. Le cours AIS a augmenté lentement tout au long de 1997, pour atteindre 12,33 cents en fin d'année. La FAO a révisé ses prévisions de production: elle estime maintenant la production de 1997/98 à 123,6 millions de tonnes, soit à peine 100 000 tonnes de plus que l'année précédente. La part du sucre de canne est restée à peu près inchangée: 70 pour cent du total, soit 85,6 millions de tonnes contre 38 millions de tonnes de sucre de betterave

Les échanges mondiaux de sucre diminueront de près de 3 pour cent en 1997/98.
• Selon les estimations de la FAO, le taux de croissance de la consommation mondiale de sucre, qui oscillait ces dernières années autour d'une moyenne de 2,5 pour cent, tombera en 1998 à 1,6 pour cent, principalement à cause de la crise économique asiatique; la consommation s'établirait ainsi à 123,1 millions de tonnes (équivalent sucre brut). Les échanges mondiaux diminueront de près de 3 pour cent: la demande brute d'importation, qui avait atteint 34,5 millions de tonnes en 1996/97, tombera à 33,5 millions de tonnes en 1997/98. Les stocks resteront abondants: plus de 45 millions de tonnes, soit 36 pour cent de la consommation.

FIGURE10
PRIX À L'EXPORTATION DE CERTAINS PRODUITS ALIMENTAIRES, 1994-1998
 

• Les cours mondiaux du sucre ont recommencé à baisser pendant le premier trimestre de 1998; en avril, le prix moyen était de 9,77 cents des Etats-Unis la livre. Cette baisse s'explique en partie par le fléchissement de la demande d'importation, en particulier en Asie du Sud-Est à cause de la crise financière, en Fédération de Russie à cause de l'abondance des stocks de report en 1997, en Chine à cause de l'accroissement de la production nationale et en Inde à cause de l'accroissement de la production et de l'utilisation des stocks. Comme le sucre provenant de la nouvelle récolte dans l'hémisphère Sud sera bientôt mis sur le marché, on ne peut guère s'attendre dans le proche avenir à ce que le cours remonte sensiblement.

Les cours mondiaux du thé ont continué à monter en 1997, atteignant 25 pour cent de plus qu'en 1996.
• Les cours mondiaux du thé ont continué à monter en 1997: le cours moyen sur le marché de Londres s'est établi à 2 215 dollars la tonne, soit 25 pour cent de plus qu'en 1996, principalement grâce à une nouvelle augmentation de la demande en Fédération de Russie et dans les pays de la CEI, qui a coïncidé avec une baisse de production provoquée par la sécheresse au Kenya. Les prix sont restés fermes jusqu’au début de 1998, culminant à 3 118 dollars la tonne en janvier. Ils ont ensuite rapidement baissé, tombant à 2 049 dollars en avril et à 1 760 dollars en mai, parce que les premières prévisions de récolte pour 1998 indiquaient que la production dépasserait beaucoup le niveau de l'année précédente au Sri Lanka, au Kenya et en Inde. Tout porte à penser que la pression à la baisse continuera à se faire sentir jusqu'à la fin de 1998, compte tenu de la faible croissance de la demande et de l'offre abondante dans les pays exportateurs.
 


7. PRODUITS DE LA PÊCHE: CAPTURES, UTILISATION ET ÉCHANGES

• En 1996, la production mondiale de poissons, mollusques, crustacés et autres animaux aquatiques a atteint le niveau record de 121 millions de tonnes, soit 3,2 pour cent de plus qu'en 1995. La production de la pêche de capture, en hausse de 1,7 pour cent, a atteint 94,6 millions de tonnes, soit 78 pour cent du volume total. Les 22 pour cent restants proviennent de l'aquaculture dont la production a augmenté de 8,2 pour cent pour atteindre 26,4 millions de tonnes. En outre, la production de végétaux aquatiques, provenant à près de 90 pour cent de l'aquaculture, a atteint 9 millions de tonnes (en poids humide).

• La production de la pêche continentale a progressé de 2,3 pour cent pour atteindre 7,6 millions de tonnes; cette augmentation est entièrement concentrée en Asie; la production a au contraire baissé en Afrique, en Amérique du Sud et en Europe.

• Le volume des captures en mer a augmenté de 1,7 pour cent et leur valeur a atteint quelque 80 milliards de dollars EU. Cette progression tient surtout aux pêcheries de du Pacifique du Nord-Ouest, qui représentent près de 30 pour cent de la pêche maritime de capture et, dans une moindre mesure, à celles de l'Atlantique du Centre-Est et de l'océan Indien. L'accroissement des captures dans ces eaux a plus que compensé la baisse des quantités débarquées dans les pêcheries de certaines autres mers telles que la Méditerranée et la mer Noire (où les quantités débarquées ont diminué de 11 pour cent), le Pacifique du Centre-Ouest (-2 pour cent) et du Nord-Est (-5 pour cent). Les petites espèces pélagiques, qui représentent 40 pour cent du volume des captures enregistrées par espèce, ont augmenté de près de 3 pour cent pour atteindre 39 millions de tonnes. Les captures d'espèces démersales sont restées au même niveau qu'en 1995 (18 millions de tonnes), tandis que celles de saumons ont baissé de 10 pour cent et celles de thonidés de 2 pour cent. Les captures de crevettes ont augmenté (+8 pour cent), de même que celles de crabes (+4 pour cent) et de céphalopodes (+6 pour cent), tandis que la production de mollusques a chuté de 13 pour cent.


FIGURE 11
DISPONIBILITÉS ET CAPTURES MONDIALES DE POISSON
 
 

FIGURE 12
ÉCHANGES DE PRODUITS HALIEUTIQUES
 
 
La production de l'aquaculture a continué à augmenter plus rapidement que celle de tous les autres secteurs de production alimentaire.
• La production de l'aquaculture a continué à augmenter plus rapidement que celle de tous les autres secteurs de production alimentaire. Entre 1986 et 1996, elle a progressé de 10 pour cent par an en moyenne tant en quantité qu'en valeur; en 1996, la valeur de la production aquacole mondiale (y compris les plantes aquatiques) a atteint 46,6 milliards de dollars. L'Asie (et en particulier la Chine), continue à dominer le secteur avec, en 1996, 91 pour cent du volume et 83,5 pour cent de la valeur de la production aquacole mondiale. L'Afrique, au contraire, est à la traîne: malgré un taux de croissance annuel de 5,4 pour cent depuis 1990, sa production aquacole n'a représenté que 0,3 pour cent en volume et 0,6 pour cent en valeur du total mondial.

• La valeur totale des exportations de produits de la pêche s'est élevée à 52,5 milliards de dollars en 1996, à peu près autant qu'en 1995. Les volumes ont augmenté, mais comme les prix des principaux produits de la pêche avaient baissé, la valeur est restée pratiquement inchangée. La part des pays en développement dans la valeur des exportations de produits de la pêche, qui avait atteint 51 pour cent en 1995, est tombée à un peu moins de la moitié en 1996, et celle des PFRDV a chuté de façon plus prononcée, puisqu'elle est tombée à 36 pour cent du total pour les pays en développement contre 39 pour cent l'année précédente. Les exportations de produits de la pêche sont pour beaucoup de pays en développement une source importante de devises: elles se sont élevées à 16,6 milliards de dollars en 1996, plus de trois fois autant que 10 ans auparavant.


PHOTO 3
L’aquaculture orientée vers l’exportation sur le Tonle Sap au Cambodge
L’aquaculture est le secteur qui connaît la croissance la plus rapide
 

• Soixante-quinze pour cent des exportations mondiales de produits de la pêche, en valeur, proviennent de 22 pays et pas moins de 51 pour cent des 11 premiers d'entre eux. La Thaïlande, avec des recettes d'exportation de 4,1 milliards de dollars en 1996 (9 pour cent du total mondial), a confirmé sa position au premier rang des exportateurs mondiaux de produits de la pêche, qu'elle détient depuis 1993, malgré une baisse de 7,5 pour cent de ses exportations par rapport à 1995. Les ventes de la Norvège, deuxième exportateur mondial, ont augmenté de 10 pour cent entre 1995 et 1996, pour atteindre 3,4 milliards de dollars; en revanche, les Etats-Unis, qui se classent au troisième rang, ont vu leurs exportations baisser de 7 pour cent: elles sont tombées à 3,1 milliards de dollars. Toutefois les Etats-Unis sont le deuxième importateur mondial de produits de la mer et leurs importations dépassent leurs exportations de 4 milliards de dollars. La valeur des exportations de la Chine continentale s'est maintenue au même niveau qu'en 1995 – 2,9 milliards de dollars; Taïwan Province de Chine a exporté pour 1,8 milliard de dollars de produits de la pêche, se classant ainsi après le Danemark (2,7 milliards) et le Canada (2,3 milliards).

Les pays industrialisés absorbent plus de 80 pour cent de la valeur des importations mondiales de produits de la pêche, et le Japon se classe en tête avec près de 30 pour cent du total mondial.
• Le gros des exportations de produits de la pêche est destiné aux pays développés. Les pays industrialisés absorbent plus de 80 pour cent de la valeur des importations mondiales. Le Japon se classe en tête, avec 17 milliards de dollars d'importations (près de 30 pour cent du total mondial) suivi des Etats-Unis (7 milliards), de la France (3 milliards) et de l'Espagne (3 milliards également). Toutefois, les importations des trois plus gros importateurs ont baissé en 1996. Au contraire, celles des pays en développement ont augmenté de 7,5 pour cent; elles ont dépassé les 9 milliards de dollars, soit 16 pour cent du total mondial; les pays à faible revenu et à déficit vivrier absorbent un quart du total mondial, mais une partie de leurs importations consiste en farine de poisson utilisée en aviculture ainsi qu’en aquaculture pour produire des espèces de valeur destinées à l'exportation.

• La majeure partie de la production mondiale de poissons, mollusques et crustacés(75 pour cent en 1996) est destinée à la consommation humaine directe; les produits parviennent aux consommateurs sous diverses formes, principalement frais ou réfrigérés. Ces dernières années, parallèlement à la montée de la production aquacole, la part des produits de la pêche frais sur le marché a augmenté tant absolument que relativement. En 1996, les produits commercialisés à l'état frais ou réfrigéré représentaient le tiers de la production mondiale et leur volume avait augmenté de près de 70 pour cent en 10 ans. La production halieutique mondiale ayant progressé plus vite que la production de farine de poisson, les disponibilités mondiales de produits de la pêche pour l'alimentation humaine sont passées de 15,2 kg par personne et par an en 1995 à 15,7 kg en 1996.

• D'après les premières estimations pour 1997, la production halieutique a baissé, principalement à cause de la réduction des captures de petites espèces pélagiques en Amérique du Sud provoquée par El Niño. Comme ces espèces sont principalement utilisées pour produire des aliments du bétail, les disponibilités de poissons pour la consommation humaine directe n'ont probablement pas changé.
 


8. PRODUCTION ET COMMERCE DES PRODUITS FORESTIERS

En 1997, il y a eu un accroissement général de tous les produits forestiers.
• En 1997, la production mondiale de bois rond a augmenté de 1,6 pour cent pour atteindre 3 410 millions de mètres cubes. Dans les pays en développement, qui représentent près des deux tiers du total (64 pour cent en 1997), la progression a été de 2,3 pour cent et, dans les pays développés, de 0,5 pour cent seulement. La production de bois d'œuvre et d'industrie (soit 45 pour cent du total, le reste étant constitué par du bois de feu), en hausse de 1,9 pour cent, a atteint 1 520 millions de mètres cubes, dont 70 pour cent, soit 1 060 millions de mètres cubes dans les pays développés, où la production a augmenté de 2,2 pour cent, contre 460 millions pour les pays en développement (+1,5 pour cent seulement).

• La production mondiale de produits en bois non défibré (sciages, traverses et panneaux) a augmenté: la hausse est estimée à 2,3 pour cent pour les sciages et traverses (la production a ainsi atteint 439 millions de mètres cubes en 1997) et de 2 à 3 pour cent pour les panneaux (153 millions de mètres cubes). Là encore, l'expansion concerne essentiellement les pays développés, qui représentent plus des deux tiers de la production totale tant de sciages et traverses que de panneaux.

Une chute prévue de la consommation asiatique en 1998 devrait déprimer la demande mondiale de pâte et de papier et faire baisser les cours.
• La production mondiale de pâte et de papier, qui avait un peu baissé en 1996, a beaucoup remonté en 1997. La production de papiers et cartons a progressé de 6,3 pour cent. C'est dans les pays développés que la croissance a été plus forte (+6,8 pour cent), surtout en Europe occidentale (+8,5 pour cent); viennent ensuite les Etats-Unis (+5,2 pour cent), le Japon (+3,3 pour cent) et le Canada (+3 pour cent). Ces pays représentent ensemble quelque 75 pour cent de la production mondiale de papier. Le tableau est moins brillant dans les pays en développement: la croissance a beaucoup ralenti dans certains pays gros producteurs d'Asie où elle était jusqu'ici très dynamique. Parallèlement à la production de papiers, la production de pâte a connu une forte expansion: elle a augmenté de 5,7 pour cent; les cours internationaux se sont lentement raffermis après la brusque chute de 1996. Les stocks de pâte de bois, qui avaient atteint en 1996 le niveau très élevé de 2,5 millions de tonnes, sont retombés à 1,6 million de tonnes, ce qui est considéré comme un niveau plus raisonnable pour assurer l'équilibre du marché. Les observateurs prévoient que la crise financière entraînera une chute de la consommation asiatique en 1998, ce qui devrait déprimer la demande mondiale de pâte et de papier et faire baisser les cours.

•  Les marchés des autres produits forestiers ont été particulièrement dynamiques en Europe: la demande s'est raffermie et la consommation de presque tous les produits forestiers a augmenté. Mais en raison de la forte concurrence, les cours européens des produits du bois n'ont pas augmenté en 1997. En Amérique du Nord, la demande a été soutenue pendant la majeure partie de 1997. Au Canada, le nombre d'habitations mises en chantier – qui est le principal indicateur économique pour les industries mécaniques du bois – a augmenté de quelque 20 pour cent. Au contraire aux Etats-Unis, le prix intérieur des sciages a beaucoup baissé pendant le second semestre parce que la contraction de la demande sur les marchés asiatiques a fait chuter le cours des grumes. Au Japon, le nombre d'habitations en bois mises en chantier a baissé d'environ 20 pour cent, sous l'effet du marasme économique, d'où une forte réduction des importations japonaises de produits transformés tant des bois tropicaux que des bois tempérés, qui augmentaient régulièrement depuis plusieurs années.

• Le cours de la plupart des produits ligneux tropicaux – grumes, sciages, contre-plaqués – a beaucoup baissé en 1997 à cause de l'affaiblissement de la demande des gros importateurs asiatiques. Pour les gros exportateurs de grumes que sont la Papouasie-Nouvelle-Guinée et les Iles Salomon, le marché n'avait jamais été aussi mauvais depuis 10 ans. En revanche, les cours internationaux des pâtes et papiers, qui étaient déprimés en 1996, ont un peu remonté.
 


FIGURE 13
PRINCIPAUX PRODUITS FORESTIERS
 

• Grâce à la hausse du cours des pâtes et papiers, on estime que la valeur totale des exportations de produits forestiers a augmenté de 2,2 pour cent en 1997. Cette progression est limitée aux pays développés où est concentré l'essentiel de la production et des échanges de pâtes et papiers. Au contraire, la faiblesse des cours des produits ligneux tropicaux s'est traduit par une chute de 5 pour cent des exportations de produits forestiers des pays en développement et par une réduction de leur part dans la valeur totale des échanges de produits de la filière bois, qui est tombée de 18 pour cent en 1996 à quelque 16,5 pour cent en 1997.
 

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