II. Stratégies de l'Organisation

 

 

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Les stratégies de l'Organisation comprennent à la fois les stratégies permettant de faire face aux besoins des Membres et celles qui se rapportent aux questions intersectorielles. Les premières concernent ce que la FAO fera pour aider les Membres à réaliser leurs objectifs, alors que les secondes traiteront de la manière dont elle s'acquittera de ses tâches.

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Les deux groupes de stratégies exigent d'examiner les moyens d'action dont dispose l'Organisation. On peut les regrouper approximativement en domaines "normatif" et "opérationnel", y compris les activités de coopération technique. Toutefois, il est souvent difficile de les différencier clairement en raison des synergies inhérentes à un programme multidisciplinaire exécuté dans le cadre d'une structure décentralisée.

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Le Programme ordinaire de la FAO sert de base et de point de départ à la formulation du Cadre stratégique. Les stratégies visant à répondre aux besoins des Membres sont avant tout de caractère normatif, complétées par des activités opérationnelles demandées par les États Membres, en maintenant un juste équilibre entre les deux.

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Le Programme ordinaire continuera de fournir des intrants pour des activités opérationnelles, notamment par l'intermédiaire du Programme spécial pour la sécurité alimentaire (PSSA) et du Programme de coopération technique (PCT). Néanmoins, l'essentiel du financement devra provenir comme par le passé de sources extrabudgétaires. Les mesures visant à accroître l'efficacité des activités de coopération technique de l'Organisation et à trouver les ressources nécessaires sont traitées dans le cadre des stratégies concernant les questions intersectorielles.

Stratégies visant à répondre aux besoins des Membres

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La méthode adoptée pour formuler les cinq stratégies traitées ci-dessous et leurs objectifs connexes s'inspire de deux principes de base:

  • interdisciplinarité pour résoudre les questions multisectorielles grâce à la mobilisation de contributions émanant de tous les secteurs pertinents de l'Organisation, et
  • partenariat, tant entre les diverses unités de la FAO - au siège et dans les bureaux décentralisés - qu'avec les gouvernements, les autres organisations (faisant ou non partie de l'ONU) et la société civile.
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L'objectif des stratégies de l'Organisation est de définir plus clairement l'importance et la direction des travaux de l'Organisation aux services de ses Membres, en se concentrant sur les domaines dans lesquels elle a des avantages comparatifs. Lors de la définition des objectifs stratégiques, on a pris pour hypothèse que leur réalisation dépendra de l'action des États Membres aussi bien que de celle de la FAO. Le Cadre stratégique n'a aucune incidence sur les ressources, mais il n'empêche que le volume et le type de ressources mises à disposition seront des facteurs déterminants du succès.

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L'orientation stratégique des travaux de l'Organisation entre les années 2000 et 2015 suppose des programmes interdisciplinaires, mais elle n'exclut pas la formulation de plans stratégiques sectoriels, comme le Plan stratégique forestier de la FAO. Les objectifs globaux mentionnés dans la Partie I du document seront accompagnés d'objectifs thématiques et souvent de plans ou programmes d'action spécifiques convenus par les pays. C'est notamment le cas de la Déclaration et du Plan d'action de Kyoto sur la contribution durable des pêches à la sécurité alimentaire, de la Déclaration de Leipzig et du Plan d'action mondial sur la conservation et l'utilisation durable des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture. Des objectifs et des plans thématiques intersectoriels, comme le Plan d'action de la FAO sur le rôle des femmes dans le développement, continueront d'orienter la démarche de l'Organisation.

 

A- Contribuer à l'éradication de l'insécurité alimentaire et de la pauvreté rurale

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La réalisation de l'objectif global défini par le Sommet mondial de l'alimentation exigera des efforts spéciaux de la part des pays où les problèmes sont les plus aigus, ainsi que des initiatives spéciales en leur faveur. En général, ces pays se caractérisent par une pauvreté généralisée, principalement dans les zones rurales; une faible croissance de la production alimentaire par habitant; une disponibilité d'aliments par habitant insuffisante et variable; et un accès inégal aux denrées alimentaires disponibles. Ce groupe inclut également les pays exposés aux catastrophes naturelles et aux crises humanitaires ou qui subissent déjà leurs conséquences, principale cause de l'insécurité alimentaire.

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Cette stratégie concerne les grands facteurs qui contribuent à certaines tendances préoccupantes de l'environnement extérieur: persistance de la pauvreté, élargissement du fossé entre riches et pauvres, inégalité d'accès aux avantages du progrès économique et technique, et risque permanent de crises complexes ou liées à des catastrophes. Les moyens d'action normatifs comporteront entre autres l'identification et la diffusion d'outils d'appui aux décisions et aux politiques générales, des directives et informations sur les pratiques optimales, et le renforcement des capacités pour les secteurs tant publics que non gouvernementaux. Dans le cadre de sa coopération technique avec les États Membres, la FAO se concentrera sur des activités qui sont à la fois urgentes et appropriées, compte tenu de son mandat et de ses avantages comparatifs. Dans les interventions d'urgence par exemple, l'appui à la coordination de l'aide et à la planification du relèvement de l'agriculture pourrait gagner en importance.

 

A.1 Moyens d'existence durables dans les zones rurales et accès plus équitable aux ressources

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La pauvreté est l'une des causes principales de l'insécurité alimentaire. Les efforts visant à augmenter l'offre de denrées et à accélérer la croissance économique auront globalement un effet positif pour les pays et la société mais, à moins d'être accompagnés de mesures ciblées complémentaires, ils ne permettront sans doute pas d'éliminer complètement la pauvreté et l'insécurité alimentaire en milieu rural. Ce sont les personnes vivant dans des zones marginalisées du point de vue économique et environnemental qui risquent le plus d'être laissées pour compte, mais la pauvreté et l'insécurité alimentaire frappent également les personnes démunies vivant dans des zones plus favorisées.

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Pour garantir à ces populations des moyens d'existence plus stables et la sécurité alimentaire, il faut absolument tenter d'accroître les opportunités et les choix qui s'offrent aux individus et d'améliorer la productivité des ressources, en vue d'augmenter les revenus ruraux et d'améliorer l'accès aux denrées alimentaires. Il est indispensable, dans cette optique, de faciliter un accès équitable aux ressources naturelles et économiques et aux services sociaux, et des mesures spécifiques pourraient donc être requises afin de traiter des inégalités entre hommes et femmes. Il s'agit en fait d'améliorer les moyens d'existence des populations rurales, les revenus agricoles et la sécurité alimentaire, à la fois dans les zones économiquement marginalisées et à déficit vivrier et parmi les populations démunies vivant dans des zones plus favorisées.

Composantes de la stratégie

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La stratégie repose sur les composantes suivantes:

  • améliorer les possibilités qui s'offrent aux populations rurales de renforcer, diversifier et maintenir leurs moyens d'existence en tirant parti des synergies potentielles entre agriculture, pêches, forêts et élevage, y compris grâce à des entreprises en amont et en aval de la production, génératrices de revenus (par exemple par l'intermédiaire du PCT et du PSSA);
  • soutenir les efforts visant à renforcer les institutions locales et à faire appliquer des politiques et législations qui permettront aux hommes et aux femmes d'avoir un accès équitable aux ressources naturelles (en particulier la terre, l'eau, les pêches et les forêts), et aux ressources économiques et sociales qui y sont liées;
  • améliorer l'efficience et l'efficacité avec lesquelles les secteurs public et privé font face aux besoins multiples et différents des populations rurales défavorisées, notamment les femmes et les jeunes;
  • promouvoir des stratégies et des méthodes sexospécifiques, participatives et durables sensibles aux différences homme-femme, fondées sur l'autoassistance, le renforcement des capacités et la responsabilisation, afin d'améliorer les compétences des ruraux pauvres et des populations locales, de la société civile et des associations rurales; et
  • aider à canaliser les investissements provenant de sources publique et privée, nationale et internationale, dans l'agriculture, les pêches et les forêts, de façon à contribuer à la sécurité alimentaire et à la lutte contre la pauvreté.

Avantages comparatifs et partenariats

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Dans le domaine du développement rural intégré, la FAO possède des compétences dans des domaines essentiels pour améliorer les revenus ruraux et les possibilités d'emplois (alimentation et nutrition, cultures, élevage, pêches et forêts). C'est la seule institution internationale qui s'occupe de tous les aspects relatifs au régime foncier en milieu rural. Elle a acquis des compétences spécifiques pour le renforcement des capacités et des institutions, en élaborant et en appliquant des processus et des méthodes participatives pour aider les ruraux pauvres à saisir les opportunités qui s'offrent et accéder aux ressources nécessaires. Des approches particulièrement novatrices ont notamment été conçues, dans le cadre du PSSA, pour identifier les problèmes et tester, démontrer et reproduire des stratégies d'amélioration des moyens d'existence dans les zones rurales. La FAO a également des compétences reconnues en matière de mobilisation des investissements dans le secteur de l'agriculture, des pêches et des forêts.

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Comme la lutte contre la pauvreté est l'un des principaux objectifs des Membres et intéresse aussi au plus haut point le système des Nations Unies, les contributions de la FAO au secteur rural ne sont pas fournies de façon isolée mais font partie intégrante d'un effort plus global. Les investissements visant à améliorer l'accès à l'eau potable et aux services d'assainissement, à l'énergie, aux services sanitaires et à l'éducation seront décisifs pour obtenir un meilleur niveau de vie dans les zones rurales. À cet égard, la FAO cherchera à intégrer davantage son action au sein du système des Nations Unies (notamment avec le PAM, le FIDA, l'OMS, le BIT, l'UNESCO, l'UNICEF, le PNUD, le FNUAP, le PNUE, le PNUCID et l'UNIFEM). Le réseau du développement rural et de la sécurité alimentaire du CAC constituera un important moyen de faciliter cette intégration tant au siège que sur le terrain. Les partenariats seront également renforcés avec les systèmes du Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale (GCRAI), les établissements universitaires et les instituts nationaux de recherche. On recherchera de nouvelles alliances, fondées sur des objectifs communs et la complémentarité des activités, avec des organisations non gouvernementales (ONG) s'occupant du développement rural et de la lutte contre la pauvreté, y compris des ONG spécialisées et des organismes communautaires (en particulier les associations regroupant agriculteurs, populations rurales, femmes et jeunes) et avec le secteur privé. Faisant fond sur la longue coopération avec la Banque mondiale, les banques de développement régionales et le FIDA, la FAO s'efforcera de stimuler une augmentation des contributions d'aide publique au développement (APD) à l'appui de la sécurité alimentaire.

 

A.2 Accès des groupes vulnérables et défavorisés à une alimentation suffisante, saine et nutritive

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La lutte contre la pauvreté devrait théoriquement conduire à la sécurité alimentaire pour tous, mais il y a de bonnes raisons de se concentrer directement et immédiatement sur les problèmes de sous-alimentation et de malnutrition. Un apport alimentaire insuffisant sur une période prolongée constitue une grave menace pour la santé, empêche une croissance et un développement normal chez l'enfant, réduit les capacités mentales et abaisse la productivité des adultes valides, autant de facteurs empêchant les individus de sortir de la misère. Pour atteindre l'objectif fixé lors du Sommet mondial de l'alimentation, il faut que les pays adoptent des mesures spécifiques visant à obtenir directement des améliorations durables de la nutrition chez les pauvres et les personnes socialement défavorisées, faute de quoi, de larges segments de la population passeront toute leur vie à souffrir de sous-alimentation et de malnutrition et ne seront en mesure ni de contribuer au processus de développement, ni d'en bénéficier pleinement.

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Le défi pour les pays touchés par une sous-alimentation généralisée et pour la FAO, qui tente de les aider, est de répondre à ces besoins dans un domaine d'où l'État se retire progressivement, et d'obtenir, allouer et gérer des ressources en faveur de "dispositifs de protection sociale" et de programmes connexes qui garantissent l'accès à une alimentation suffisante, saine et nutritive dans les zones urbaines et rurales. À cet égard, on tiendra pleinement compte des progrès réalisés en vue d'élaborer une approche fondée sur le droit à la sécurité alimentaire. Dans l'immédiat, il faut clairement identifier les victimes de l'insécurité alimentaire, les zones où elles habitent et les raisons de cette insécurité. Sur la base de ces informations, les programmes d'action pourront être ciblés plus efficacement.

Composantes de la stratégie

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La stratégie repose sur les composantes suivantes:

  • favoriser la prise en compte d'objectifs et de facteurs nutritionnels dans les politiques et plans nationaux et sectoriels;
  • contribuer à établir des systèmes nationaux d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité qui facilitent la conception et l'application de programmes bien ciblés en vue d'atténuer l'insécurité alimentaire chronique et provisoire;
  • réaliser des travaux conceptuels et méthodologiques sur les politiques et programmes de protection sociale, pour que ceux-ci aident à satisfaire les besoins nutritionnels minimaux des groupes vulnérables et défavorisés;
  • encourager des actions directes visant à améliorer la sécurité alimentaire et la nutrition des ménages, y compris par des approches communautaires et alimentaires qui encouragent la participation de la population et l'utilisation d'aliments traditionnels ou sous-utilisés qui améliorent la valeur nutritionnelle du régime alimentaire; et
  • soutenir des programmes visant à améliorer les disponibilités alimentaires et à maximiser les avantages nutritionnels qui en résultent, grâce à une manutention (pour l'hygiène et l'innocuité), une préservation et une préparation adéquates des aliments au sein des ménages et des communautés ainsi que dans le secteur commercial informel (denrées vendues sur la voie publique).

Avantages comparatifs et partenariats

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La FAO possède une masse critique de compétences dans les domaines de planification et des politiques nutritionnelles nationales, de l'évaluation nutritionnelle, de l'élaboration de programmes axés sur les besoins des groupes vulnérables et des victimes de l'insécurité alimentaire et sur l'amélioration de la qualité et de l'innocuité des aliments au niveau des ménages, des communautés et des municipalités. En outre, la FAO est bien placée pour concevoir et adapter des méthodes et des concepts de protection sociale, en faisant appel à une démarche multidisciplinaire qui associe compétences sociales et économiques, techniques et juridiques. S'appuyant sur les systèmes d'information gérés par diverses unités, l'Organisation a également toutes les compétences nécessaires pour mesurer, surveiller et évaluer l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité aux niveaux mondial, régional et national. En plus de son action au niveau des systèmes d'information et des conseils de politique générale, la FAO a une longue expérience des activités d'amélioration de la nutrition fondées sur les apports alimentaires, aux niveaux des ménages et des communautés.

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Le Groupe de travail interinstitutions sur le Système d'information et de cartographie sur l'insécurité alimentaire et la vulnérabilité (SICIAV) regroupe des institutions du système des Nations Unies, des organismes bilatéraux et des ONG internationales qui s'occupent activement de diverses questions couvertes par le SICIAV. Le Sous-Comité de la nutrition du CAC, auquel la FAO participe, est le cadre naturel où peut être établi un réseau constructif de liens de coopération, notamment pour faciliter le suivi de la Conférence internationale sur la nutrition. Des arrangements de coopération existent avec le FIDA, en matière de lutte contre la pauvreté, et avec le PAM, sur des programmes d'aide alimentaire qui complètent les efforts de développement à long terme. Dans le cadre de cette stratégie, il est possible de renforcer davantage la coopération et les efforts conjoints entre les organisations basées à Rome qui s'occupent d'alimentation. La sous-alimentation étant souvent la conséquence de maladies, il est indispensable de poursuivre les partenariats avec l'OMS et l'UNICEF. La FAO s'efforcera d'encourager les institutions du système des Nations Unies ainsi que les institutions financières internationales, les établissements universitaires et les instituts de recherche, les associations parlementaires, les ONG et les groupes intéressés du secteur privé, à collaborer à des programmes ciblés.

 

A.3 Plans d'intervention et action efficace et durable en cas de crises alimentaires ou agricoles

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Le meilleur moyen de faire face à des situations d'urgence est la prévention, mais des crises alimentaires ou agricoles continueront de se produire à la suite de catastrophes naturelles telles que sécheresses, inondations, feux, infestations de ravageurs et maladies, ou de catastrophes provoquées par l'homme telles que guerres et conflits internes. Des bouleversements imprévus des systèmes financiers et économiques peuvent également conduire à des situations d'urgence qui ont, elles aussi, des retombées négatives sur les populations locales. Souvent, les populations les plus gravement touchées par les catastrophes vivent dans des zones rurales, mais la désorganisation des systèmes agricoles et alimentaires peut avoir des conséquences graves à la fois pour les ruraux et pour les citadins, et ce sont en général les personnes démunies qui sont les plus vulnérables.

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Il s'agit d'accroître la résistance et la capacité des pays et des populations à faire face aux effets des catastrophes, qui pèsent sur la sécurité alimentaire des pays et des ménages et, lorsque des catastrophes se produisent effectivement, de contribuer aux interventions d'urgence qui facilitent la transition entre l'aide et le relèvement des secteurs alimentaire et agricole.

Composantes de la stratégie

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La stratégie repose sur les composantes suivantes:

  • renforcer les plans d'intervention en cas de catastrophes et la capacité à atténuer l'impact des situations d'urgence qui affectent la sécurité alimentaire et la capacité de production de la population rurale;
  • prévoir les retombées négatives dans le secteur alimentaire et agricole et donner rapidement l'alerte en cas de crise alimentaire imminente, notamment en surveillant les ravageurs et les maladies des plantes et des animaux;
  • évaluer les besoins, formuler et appliquer des programmes d'aide et de relèvement agricoles et concevoir des politiques et des cadres d'investissements favorisant la transition entre l'aide d'urgence et le relèvement et développement des secteurs alimentaire et agricole; et
  • renforcer les capacités locales et les mécanismes d'adaptation en orientant le choix des pratiques et techniques agricoles et des services d'appui, afin de réduire la vulnérabilité et d'accroître la capacité de résistance.

Avantages comparatifs et partenariats

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L'avantage comparatif de la FAO en matière d'aide humanitaire provient directement du savoir-faire, des connaissances et de l'expérience qu'elle a accumulés en tant qu'institution spécialisée. Elle a démontré qu'elle a la capacité technique de surveiller les ressources naturelles et de favoriser avec d'autres les efforts internationaux de prévision, de prévention et d'atténuation des catastrophes naturelles. Au sein du système des Nations Unies, elle est sans conteste l'Organisation chef de file pour l'alerte rapide en cas de pénuries alimentaires, grâce à son Système mondial d'information et d'alerte rapide (SMIAR), ainsi qu'à son Système de prévention et de réponse rapide (EMPRES) contre les ravageurs et les maladies transfrontières des animaux et des plantes, notamment grâce à ses activités de lutte contre le criquet pèlerin ou les autres migrateurs nuisibles. Elle a les compétences requises pour évaluer les besoins d'aide et fournir une assistance permettant la reprise rapide des capacités productives dans les secteurs alimentaires et agricoles, qui sont vitales pour les pays sinistrés où l'agriculture est l'activité prédominante. Elle peut donc prendre l'initiative pour l'élaboration d'options ciblées de relèvement et de développement du secteur rural, ainsi que l'identification de projets d'investissement prioritaires. En s'attachant par ailleurs à la sécurité alimentaire des ménages et au bien-être nutritionnel des populations touchées, la FAO est en mesure d'offrir une approche globale en matière de redressement et de relèvement.

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La FAO réalise, conjointement avec le PAM, des évaluations des cultures et des approvisionnements alimentaires ainsi que des évaluations de la sécurité alimentaire et de l'état nutritionnel des ménages, et elle a établi des liens solides avec les institutions des Nations Unies s'occupant d'aide humanitaire, y compris l'OCHA, le PAM, l'OMS, l'UNICEF, le PNUE et le HCR, ainsi qu'avec des organismes régionaux, des gouvernements nationaux et des ONG internationales et nationales, notamment en ce qui concerne l'alerte rapide et les évaluations alimentaires et nutritionnelles. Les interventions en cas de situations d'urgence et l'aide rapide au relèvement à la suite de catastrophes sont fournies dans le cadre des mécanismes de coordination et de gestion de l'aide d'urgence créés au sein du système des Nations Unies (y compris le Conseil de sécurité), fondés sur le Comité permanent interorganisations et le Comité exécutif pour l'aide humanitaire et comprenant les principales institutions d'aide humanitaire (gouvernements, institutions des Nations Unies, Mouvement de la Croix Rouge, ONG et donateurs). Sur le terrain, les ONG sont également parmi les principaux partenaires d'exécution, notamment en cas de situations d'urgence complexes. Pour ce type d'activité, on continuera de rechercher des ressources auprès d'organismes de financement bilatéral et multilatéral ainsi qu'auprès d'institutions financières régionales et internationales qui ont à cœur de soutenir les efforts de reconstruction.

 

B- Promouvoir, élaborer et renforcer les politiques et cadres réglementaires pour l'alimentation, l'agriculture, les pêches et les forêts

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À l'échelle internationale comme à l'échelon national, les politiques et cadres réglementaires qui régissent les secteurs de l'alimentation, de l'agriculture, des pêches et des forêts jouent un rôle de plus en plus déterminant dans une économie mondiale dont l'interdépendance et le caractère intégré ne cessent de s'accentuer. La stratégie de l'Organisation s'appuie sur son rôle bien établi d'instance mondiale neutre, mais aussi de dépositaire d'un certain nombre d'instruments internationaux, qui oeuvre en coopération étroite avec d'autres organisations dans les domaines des ressources naturelles liées à l'alimentation et à l'agriculture, comme dans ceux de l'environnement et des échanges commerciaux. Par ailleurs, cette stratégie tient dûment compte du fait que les Membres réclament une assistance croissante pour le renforcement de leur capacité d'élaboration de politiques, de cadres réglementaires et de normes.

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Les moyens servant à mettre en oeuvre cette stratégie comprennent, notamment: la fourniture de services de secrétariat, y compris la coordination des activités; les conseils et les analyses d'ordre technique ainsi que l'appui aux négociations; l'échange d'informations et d'expérience par le biais d'études, de lignes directrices et autres publications; le renforcement des capacités, destiné à faciliter la participation des pays aux négociations internationales et aux mécanismes de suivi; enfin, les activités de mise en valeur des produits de base. On s'emploie en outre à faciliter l'application des instruments internationaux au niveau des pays en aidant ces derniers à mobiliser des ressources auprès des principaux donateurs d'aide multilatérale et bilatérale.

 

B.1 Instruments internationaux concernant l'alimentation, l'agriculture, les pêches et les forêts, ainsi que la production, l'utilisation sans danger et les échanges commerciaux équitables de produits agricoles, halieutiques et forestiers

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Il convient de poursuivre le renforcement des politiques internationales et cadres réglementaires concernant l'alimentation, l'agriculture, les pêches et les forêts, car il constitue un préalable important sur la voie de la sécurité alimentaire pour tous. Ce cadre doit contribuer à la conservation, à la bonne gestion et à l'utilisation durable des ressources naturelles; il doit également aider à garantir des approvisionnements adéquats en denrées alimentaires saines; et promouvoir le commerce des produits alimentaires et agricoles ainsi que l'adoption de politiques commerciales d'ensemble tendant à assurer la sécurité alimentaire grâce à un système mondial d'échanges commerciaux équitable et orienté vers le marché.

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Dans cette perspective, l'une des tâches principales consiste à faciliter la pleine participation, en parfaite connaissance de cause, de tous les membres de la FAO à la poursuite de l'élaboration d'un cadre réglementaire approprié dans les domaines relevant du mandat de l'Organisation, en accordant la place voulue aux préoccupations propres aux pays en développement et aux économies en transition.

Composantes de la stratégie

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La stratégie repose sur les composantes suivantes:

  • offrir, dans les domaines de compétence de la FAO, une tribune pour les débats généraux et les négociations concernant le cadre réglementaire international, aux niveaux mondial et régional et apporter, le cas échéant, l'appui nécessaire à l'application des instruments internationaux;
  • élaborer des normes internationales et autres mesures nécessaires à l'application du cadre réglementaire international dans les domaines de l'alimentation, de l'agriculture, des pêches et des forêts;
  • veiller à ce que les besoins et les préoccupations des secteurs de l'alimentation, de l'agriculture, des pêches et des forêts touchant aux ressources naturelles, à l'environnement et aux échanges commerciaux soient adéquatement reflétés dans les instruments internationaux, et que les instances pertinentes reçoivent des conseils appropriés en matière de politique sectorielle;
  • renforcer la contribution du commerce international des produits agricoles à la sécurité alimentaire, par le suivi et l'analyse des informations à caractère commercial et par l'examen des questions influant sur l'évolution des échanges et des marchés de produits alimentaires et agricoles;
  • renforcer les capacités des Membres, en s'attachant particulièrement à aider les pays en développement et les économies en transition, en vue d'une participation active aux négociations internationales sur les ressources naturelles, l'environnement et les échanges commerciaux.

Avantages comparatifs et partenariats

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La FAO est idéalement placée pour fournir une tribune à la fois mondiale et neutre pour le renforcement des politiques internationales et des cadres réglementaires régissant l'alimentation, l'agriculture, les pêches et les forêts. En effet, lorsqu'elle s'emploie à élaborer et à faire adopter des accords, des codes de conduite, des engagements, des normes et autres instruments internationaux sur des questions relevant de son mandat, l'Organisation est à même de puiser dans son riche savoir-faire technique et juridique multisectoriel et dans sa vaste expérience. Grâce aux activités de la Commission des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture , la FAO jouit d'une compétence reconnue de promoteur de négociations intergouvernementales concernant des instruments internationaux qui traitent de certains aspects de la diversité biologique liés à l'alimentation et à l'agriculture. La Convention internationale pour la protection des végétaux (CIPV) offre, quant à elle, une plate-forme neutre à la coopération internationale en vue de la négociation et de l'harmonisation des politiques visant à protéger les plantes et les produits végétaux contre les ravageurs. Quant aux normes d'hygiène alimentaire adoptées par la Commission du Codex Alimentarius, ou à celles régissant la protection phytosanitaire adoptées sous l'égide de la CIPV, elles sont reconnues par l'OMC comme critères de référence applicables aux échanges internationaux. De plus, la FAO dispose d'une structure unique de groupes intergouvernementaux sur les produits, qui permet aux États de se concerter à propos des denrées agricoles de base.

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S'agissant des avantages comparatifs dont elle dispose, la FAO continuera de s'appuyer, dans l'accomplissement de sa mission, sur des partenariats avec les organisations internationales pertinentes et celles de la société civile - y compris les associations de producteurs et de consommateurs. Les exemples d'une telle coopération ne manquent pas: avec l'OMS pour les travaux du Programme mixte FAO/OMS sur les normes alimentaires et de la Commission du Codex Alimentarius; avec l'Institut international des ressources phytogénétiques (IPGRI) et le GCRAI dans le domaine des ressources génétiques pour l'alimentation et l'agriculture; dans d'autres domaines, la FAO coopérera avec les organismes compétents en matière de ressources naturelles, d'environnement et d'échanges commerciaux. Cette collaboration nécessite un soutien constant, dans la perspective de l'alimentation et de l'agriculture, aux secrétariats de conventions, telles que la Convention sur la diversité biologique, la Convention de lutte contre la désertification et la Convention relative aux zones humides d'importance internationale, particulièrement comme habitats de la sauvagine, connue également comme la Convention Ramsar. Cette coopération se poursuivra également avec les secrétariats de la Convention sur les changements climatiques et la Convention de l'ONU sur le droit de la mer, de même que sous la forme d'une participation aux négociations entreprises sous l'égide du PNUE sur les polluants organiques persistants (POPs). Enfin, la FAO continuera d'apporter son appui à l'idée de droits liés à l'alimentation, auprès du Comité des droits économiques et sociaux et du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme.

 

B.2 Politiques nationales, instruments juridiques et mécanismes d'appui conformes aux exigences nationales et compatibles avec les politiques internationales et cadres réglementaires

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On s'attend à ce que les gouvernements poursuivent leur désengagement progressif du secteur de la production, pour se tourner davantage vers la fourniture de biens et services d'ordre public et l'établissement d'un cadre propice à une croissance économique durable et à la lutte contre la pauvreté. Il faut également s'attendre à ce que la concurrence pour l'obtention des ressources naturelles, alliée à l'expansion des phénomènes de privatisation et de mondialisation, alourdisse la tâche des États en matière de réglementation. Il y aura donc un besoin croissant, à l'échelon national, de politiques et de cadres réglementaires destinés à répondre aux besoins intérieurs tout en restant compatibles avec les politiques et les cadres réglementaires adoptés au niveau international.

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Il faudra notamment, de manière impérative, répondre aux besoins des pays en développement ou des économies en transition, élaborer et mettre en oeuvre les politiques nationales qui s'imposent ainsi que les instruments juridiques et mécanismes d'accompagnement, tout en gardant à l'esprit le caractère limité des ressources dont disposent les gouvernements, de même que la nécessité d'appliquer les mécanismes réglementaires de la façon la plus efficiente possible. Dans cette perspective, les domaines à privilégier en matière de conseils juridiques et techniques spécialisés sont les suivants: ressources génétiques, protection des plantes, qualité et innocuité des produits alimentaires, pêche responsable, santé animale, régime foncier et institutions rurales, protection de l'environnement (forêts, faune, ressources hydriques et pédologiques et lutte contre la désertification), ainsi que les conséquences des accords commerciaux internationaux dans les secteurs de l'alimentation et de l'agriculture.

Composantes de la stratégie

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Les composantes visent entre autres à aider les pays à:

  • évaluer, adapter et mettre en oeuvre, à l'échelon international, les politiques et cadres réglementaires régissant les secteurs de l'alimentation, de l'agriculture, des pêches et des forêts, de même que les instruments internationaux pertinents en matière de ressources naturelles, d'environnement et d'échanges commerciaux;
  • appliquer les normes internationales à l'échelon national dans des domaines tels que la qualité et l'innocuité des aliments, la protection des plantes et la santé animale;
  • élaborer une législation nationale appropriée et adopter les mesures de soutien correspondantes dans les domaines de l'alimentation, de l'agriculture, des pêches, des forêts et domaines connexes, y compris la diversité biologique touchant à l'alimentation et à l'agriculture; et
  • renforcer les capacités nationales de manière à s'adapter à l'évolution du cadre des échanges commerciaux internationaux et à en tirer le meilleur parti.

Avantages comparatifs et partenariats

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La FAO dispose d'une capacité largement démontrée pour ce qui est de conseiller ses membres sur l'incidence des politiques internationales et des cadres réglementaires, notamment en ce qui concerne le commerce des produits alimentaires et agricoles, les politiques et la législation nationale connexe, et la fourniture d'une assistance technique pour leur formulation et leur mise en oeuvre. Cette capacité s'appuie sur les moyens dont dispose la FAO pour analyser les évolutions et prévoir les tendances en matière d'alimentation, d'agriculture, de pêches et de forêts, de même que sur sa connaissance approfondie des politiques internationales et cadres réglementaires, y compris de leur application à l'échelon national. La FAO profite de la synergie qui se crée entre ses activités normatives et ses programmes opérationnels.

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Pour l'élaboration des politiques nationales et des cadres réglementaires, les partenaires naturels de l'Organisation sont les gouvernements. Cela n'empêche pas la FAO de maintenir un dialogue, qu'elle entend poursuivre, avec la société civile et avec le secteur privé sur les mêmes questions. Ainsi, sa coopération avec l'Union interparlementaire (UIP) est destinée à se renforcer, et les partenariats seront maintenus avec les organisations à vocation technique et commerciale quant au contenu technique de l'assistance fournie, cette dernière pouvant aller des mécanismes permettant aux organisations concernées d'offrir un appui technique aux activités d'assistance de la FAO - comme l'OMS en matière d'innocuité des denrées alimentaires et d'autres aspects liés à la santé, ou le PNUE sur les questions d'ordre environnemental - aux dispositions prévoyant un soutien de la FAO aux activités conduites par d'autres organisations - par exemple, l'OMC pour la mise en oeuvre de l'Accord sur l'application de mesures sanitaires et phytosanitaires. Par ailleurs, la FAO s'efforcera de mobiliser des fonds auprès des donateurs à l'appui des initiatives prises par les États Membres dans ces domaines.

 

C- Augmenter durablement l'offre et la disponibilité d'aliments et d'autres produits des secteurs agricole, halieutique et forestier

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Si l'on veut satisfaire les besoins d'une population croissante et dont l'urbanisation s'intensifie, il conviendra, dans un avenir prévisible, d'améliorer de façon substantielle le volume et la qualité de l'offre intérieure ainsi que des disponibilités de produits agricoles. Dans les pays en développement tout particulièrement, il faudra de façon impérative améliorer la productivité des secteurs de l'agriculture, de l'élevage, des pêches et des forêts, où l'adoption de techniques plus modernes est de nature à redresser rapidement et sensiblement la production ainsi que le revenu des producteurs. Il faudra également veiller à renforcer les volets économiques et institutionnels de toutes les activités ayant un fondement agricole, y compris les systèmes de transformation et de commercialisation, afin d'en améliorer de manière générale l'adaptabilité.

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Les axes principaux d'une telle stratégie seront: améliorer l'environnement politique ainsi que les cadres institutionnels et se pencher sur les difficultés de gestion des systèmes, en tenant dûment compte de l'évolution du rôle de l'État et de l'importance de l'initiative privée; et appuyer le transfert et l'utilisation de technologies appropriées visant à obtenir une intensification durable des systèmes de production. La FAO, soucieuse d'offrir aux pays le choix entre une variété d'options applicables de façon concrète, entend élaborer et diffuser des instruments à caractère normatif (lignes directrices, recueils de "pratiques optimales", etc.), fournir des conseils et une assistance en matière de politiques et de mesures techniques, et promouvoir le renforcement des capacités. Elle s'attachera à diffuser, après en avoir effectué la synthèse, des informations concernant la technologie, les méthodes et les instruments d'appui à la décision, et préconisera l'adoption de solutions ayant fait leurs preuves.

 

C.1 Politiques et mesures institutionnelles propres à améliorer l'efficacité et l'adaptabilité des systèmes de production, de transformation et de commercialisation et à faire face à l'évolution des besoins des producteurs et des consommateurs

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Bien souvent, les imperfections du marché, la faiblesse des institutions de soutien ou celle des politiques adoptées constituent une entrave à l'efficacité des systèmes de production, de transformation et de commercialisation chargés de produire et d'amener aux consommateurs une offre quantitativement et qualitativement appropriée de produits agricoles, halieutiques et forestiers. Ces facteurs gênent la mobilisation des ressources devant servir au développement agricole et rural - ils nuisent notamment à l'investissement dans les moyens et les services productifs - et ralentissent l'adoption de technologies et de pratiques appropriées. En outre, ces imperfections tendent à freiner l'adaptation des systèmes à l'évolution des conditions, comme par exemple la nécessité d'approvisionner des populations urbaines en expansion constante.

67

Face à la commercialisation croissante de l'activité agricole, il devient de plus en plus nécessaire de donner la priorité à l'amélioration des services de soutien à la production, notamment à la fourniture d'intrants et au crédit rural. Par ailleurs, un secteur productif dynamique a besoin de s'appuyer sur des systèmes efficaces de commercialisation, de traitement après récolte et de transformation, mais aussi sur des informations concernant la demande qui aident les cultivateurs à prendre leurs décisions. Il faut donc des politiques et un cadre institutionnel qui encouragent la mobilisation des ressources, des institutions de soutien plus efficaces et capables de s'adapter à l'évolution des conditions tout en étant plus accessibles aux usagers, et une meilleure réactivité de la part des cultivateurs, des pêcheurs et des autres producteurs comme de la part de l'industrie agroalimentaire et des entreprises de commercialisation. Dans cette perspective, la FAO axera ses efforts sur la fourniture d'un éventail suffisant d'options aux pays intéressés et sur le renforcement de leur aptitude à les sélectionner et à les mettre en oeuvre. Il conviendra d'accorder une attention particulière au rôle des femmes dans les activités de production, de transformation et de commercialisation.

Composantes de la stratégie

68

La stratégie repose sur les composantes suivantes:

  • définir les questions prioritaires, les préoccupations naissantes et les perspectives découlant des tendances à l'échelle internationale et nationale, ainsi que les contraintes d'ordre économique et institutionnel qui risquent de gêner l'efficacité des systèmes de production, de transformation et de commercialisation;
  • donner des conseils sur les réponses à apporter aux problèmes ainsi identifiés, de manière à assurer des conditions rémunératrices de marché propres à renforcer la production et la disponibilité des produits, et à encourager l'épargne ainsi que la création de ressources intérieures pour l'investissement;
  • promouvoir la diversification et la spécialisation de la production de manière à tirer parti des occasions qui s'offrent ainsi que des avantages comparatifs découlant des variations de potentiel de ressources;
  • appuyer le renforcement des institutions de soutien au développement agricole et rural et faciliter leur adaptation à l'évolution des conditions, en consultation avec les usagers et en donnant toute l'importance voulue aux mesures requises pour éliminer les inégalités, notamment entre les hommes et les femmes, en matière d'accès aux services;
  • encourager les adaptations structurelles des systèmes de production, de transformation et de commercialisation, afin qu'ils répondent à l'évolution des tendances de la consommation (sans perdre de vue l'agriculture périurbaine) et s'appuyer sur les complémentarités de production entre les secteurs de l'agriculture, de l'élevage, des pêches et des forêts.

Avantages comparatifs et partenariats

69

La FAO, dont l'éventail de compétences couvre notamment l'agriculture, les forêts et les pêches, de la politique aux ressources et de la production à la transformation et à la commercialisation, est une source majeure de conseils indépendants sur les politiques à adopter dans ces secteurs. Elle joue un rôle pilote dans un nombre important d'initiatives internationales tournées vers la gestion durable des forêts et des pêches. La FAO a élaboré et expérimenté des méthodes d'appui à la formulation de politiques agricoles axées sur la participation et sur la problématique homme-femme, ainsi que des méthodes d'aide à l'amélioration des systèmes de vulgarisation. Elle est également reconnue pour le travail normatif accompli sur les systèmes de soutien à la production et à l'après-production, souvent en partenariat avec les organismes donateurs; de ce fait, elle est bien placée pour dispenser des conseils sur les politiques et les mesures institutionnelles les plus appropriées dans ce domaine. Sa réputation n'est plus à faire en ce qui concerne la mobilisation des ressources destinées à l'investissement agricole et rural, et son expérience est grande en matière d'aide à la préparation des plans et des projets d'investissement - par exemple, pour la mise en valeur et l'utilisation des terres et des eaux - dans la perspective d'une optimisation de l'allocation des ressources. Elle est également bien placée pour donner des avis sur les compromis et les synergies entre la fonction de production agricole et les autres utilisations des terres. Dans le cadre du système des Nations Unies, elle est maître d'oeuvre du Chapitre 14 du Programme Action 21 (Promotion d'un développement agricole et rural durable).

70

La FAO entend poursuivre sa collaboration avec les autres organismes des Nations Unies en matière d'analyse des politiques et d'aide aux activités sectorielles et sous-sectorielles, de même que pour la fourniture aux États Membres, sur demande, d'informations indépendantes et d'analyses sectorielles, qui complètent le travail de macropolitique accompli par les institutions de Bretton Woods. Tout en apportant une assistance à la formulation des politiques et à l'élaboration d'instruments décisionnels, la FAO continuera de renforcer ses liens avec le GCRAI, le monde universitaire et les organismes de recherche, les agences bilatérales de développement, les ONG et les associations de producteurs, de commerçants, de transformateurs et de consommateurs. Dans cette perspective, la coopération avec les organisations de la société civile et du secteur privé dans son ensemble est destinée à se développer, compte tenu de la nécessité d'aborder les questions proches des préoccupations des consommateurs et de renforcer le rôle du secteur privé dans la fourniture d'approvisionnements agricoles adéquats, y compris par le biais d'éventuelles initiatives conjointes de mise en valeur de l'infrastructure locale et du secteur agro-industriel.

 

C.2 Adoption de technologies appropriées pour intensifier durablement les systèmes de production et assurer une offre suffisante de produits alimentaires et agricoles, halieutiques et forestiers et de services

71

Si l'on veut répondre aux besoins croissants tout en préservant le patrimoine de ressources naturelles, il faut impérativement transformer la production, tout particulièrement au niveau des petits producteurs. Une telle entreprise nécessitera une intensification efficace des systèmes de production, ce qui implique un élargissement du choix de denrées à produire, de même que l'identification et l'adoption de pratiques culturales plus efficaces et plus durables. L'adoption de technologies améliorées est la condition requise pour de meilleures activités en amont et en aval de la production, mais également pour un développement rural durable dans un contexte élargi.

72

Dès que l'on dépasse les niveaux de subsistance, la production devient une activité concurrentielle; il est donc fondamental pour le producteur, mais aussi pour l'ensemble de l'économie et pour le caractère durable du développement, que l'on parvienne à affiner le système de production par des améliorations technologiques. Le défi consiste, de manière générale, non pas à optimiser la production d'une denrée prise isolément, mais à promouvoir des approches holistiques et à reconnaître les différentes dimensions économiques et sociales - au nombre desquelles la parité homme-femme - qui accompagnent le transfert et l'adoption de technologies appropriées. Parallèlement aux conseils portant sur les nouvelles techniques et la promotion de la recherche appliquée, on s'attachera à donner aux producteurs les moyens de porter leur productivité jusqu'à des niveaux communément obtenus dans les démonstrations de terrain au moyen de techniques existantes.

Composantes de la stratégie

73

La stratégie comprendra les composantes suivantes:

  • suivre l'évolution technologique, y compris les biotechnologies et analyser leur potentiel d'amélioration des systèmes de production dans les États Membres; à cette fin, on s'efforcera d'influencer les activités de recherche à l'échelle internationale pour que soient prises en compte les questions de sécurité alimentaire et de durabilité des approvisionnements;
  • aider à l'évaluation des techniques porteuses en vue de l'intensification et de la diversification des systèmes de production végétale et d'élevage, des pêches et des forêts, en tirant parti de la spécialisation sous-régionale. Parallèlement, on traitera de l'analyse d'évaluation du risque lié à l'application de nouvelles technologies dans le domaine biologique;
  • promouvoir la recherche appliquée particulièrement pour faciliter l'adoption de techniques améliorées, parmi lesquelles les systèmes intégrés de nutrition des plantes et de lutte contre les ravageurs, au moyen de démarches participatives s'appuyant sur les producteurs et sur la demande des cultivateurs;
  • encourager la synergie entre experts en matière de recherche et de développement, en y incorporant les organisations d'usagers à l'échelon régional et interrégional en vue de résoudre des problèmes mais aussi de profiter des occasions et de permettre aux producteurs - les femmes aussi bien que les hommes - de contribuer à la recherche appliquée et de profiter de ses résultats; et
  • renforcer la production durable et la transformation des produits de l'agriculture, de l'élevage et des pêches, ainsi que des produits ligneux et non ligneux provenant des forêts, en insistant sur l'atténuation des différences entre les résultats obtenus dans un cadre de recherche et la productivité réelle, grâce notamment à des initiatives pilotes dans le contexte du PSSA et des mécanismes connexes de suivi.

Avantages comparatifs et partenariats

74

En sa qualité d'organisme de coparrainage du système GCRAI et d'hôte de son Comité consultatif technique (CCT) ainsi que du secrétariat des Systèmes nationaux de recherche agricole (SNRA) du Forum mondial sur la recherche agronomique, la FAO joue un rôle déterminant d'aide à l'orientation de la recherche aux niveaux international et national en matière d'alimentation et d'agriculture. L'expérience technique accumulée au cours d'années de soutien aux efforts nationaux de recherche-développement garantit à la FAO le patrimoine d'expérience et de savoir-faire dont ont besoin les pays assistés pour saisir les occasions qui s'offrent à eux et pour s'affranchir des entraves, notamment d'ordre technologique, en vue d'une intensification durable et concurrentielle de leurs systèmes agricoles. De ce fait, la FAO peut aider à orienter et à axer la recherche sur les besoins des hommes et des femmes qui se consacrent à la production et à la transformation, tout en facilitant et en guidant la recherche-développement dans ce domaine.

75

La FAO poursuivra son étroite collaboration avec le monde universitaire, le GCRAI et les organismes nationaux de recherche, les autres centres d'excellence, ainsi que les autres organismes bilatéraux et multilatéraux de développement. La mise à l'épreuve et l'application de stratégies, de méthodes, de techniques appropriées et de normes en matière de développement nécessitent des alliances stratégiques avec les institutions nationales et régionales, de même qu'avec la société civile, y compris le secteur privé. À ce propos, la FAO continuera de solliciter l'appui de sources traditionnelles de financement tout en recherchant des modalités novatrices dans ce domaine, telles que la coopération Sud-Sud, dans le cadre du PSSA.

 

D- Appuyer la conservation, l'amélioration et l'utilisation durable des ressources naturelles pour l'alimentation et l'agriculture

76

Le bien-être des générations actuelles et futures est menacé, en particulier dans les pays en développement, par la dégradation des terres, la rareté, la pollution et la salinisation de l'eau, la destruction des forêts, la surexploitation des ressources marines mondiales, l'augmentation des émissions de gaz à effet de serre et l'appauvrissement des ressources génétiques et de la diversité biologique. Les écosystèmes fragiles sont les plus menacés. Le défi est de trouver un équilibre approprié entre la conservation et l'utilisation durable des ressources naturelles. Cela suppose d'adopter des politiques et des mesures qui soient favorables à une gestion efficace et socialement opportune des ressources en terres et en eaux, ainsi que des ressources halieutiques et forestières, et, considérant le caractère multifonctionnel de l'agriculture, qu'elles soient propres à renforcer les effets positifs et limiter les effets négatifs sur l'environnement et les ressources naturelles. Toutefois, certains Membres de la FAO ayant noté qu'il n'existait pas encore de consensus sur la définition du concept de caractère multifonctionnel de l'agriculture ni sur le rôle que pourrait jouer la FAO dans les activités y relatives, il a été convenu que l'Organisation devrait poursuivre et étoffer son action en matière de développement agricole et rural durable.

77

La FAO continuera de fournir une assistance à la communauté mondiale pour tout ce qui concerne la conservation et la gestion des ressources naturelles, en mettant en oeuvre le Programme Action 21 de la CNUED. Cette stratégie de l'Organisation, qui vise principalement à faciliter l'application pratique des mesures requises, impliquera l'évaluation des ressources naturelles et la fourniture d'avis de politique générale et de conseils techniques à tous les niveaux et dans toutes les disciplines, ainsi que des échanges d'informations et de connaissances. Une série d'outils normatifs seront mis au point et utilisés de façon à optimiser la prise de décisions, la programmation et la formulation des projets. Il s'agira notamment de pratiques optimales, de directives, de normes, d'avis sur des approches participatives sensibles à la problématique homme-femme, ainsi que de critères et d'indicateurs de la gestion des ressources naturelles, notamment pour les coûts économiques, sociaux et environnementaux et les avantages de la remise en état des milieux dégradés.

 

D.1 Gestion intégrée des terres, des eaux, des forêts, des pêches et des ressources génétiques

78

Les programmes et politiques orientés vers la conservation et la mise en valeur des ressources naturelles échouent souvent, au moins en partie, car les ressources sont rares et soumises à des demandes concurrentes, pour les besoins du développement. Plus la compétition pour les ressources s'intensifie, plus il devient nécessaire de mettre à profit les synergies positives entre les diverses fonctions de l'agriculture, ainsi que les utilisations multiples des ressources, notamment la conservation au bénéfice des générations futures. La gestion intégrée des ressources naturelles vise à atteindre les deux objectifs de conservation et de développement, dans le contexte de l'évolution actuelle de la population (croissance et urbanisation en particulier).

79

L'enjeu est d'identifier et de promouvoir des systèmes de gestion intégrée des ressources qui soient économiquement viables, écologiquement durables et socialement et culturellement appropriés. À cette fin, il faudra effectuer des évaluations intersectorielles pour déterminer les compromis à opérer et renforcer les mécanismes de règlement des différends au sujet de la conservation et de l'utilisation durable des terres, des eaux et des ressources génétiques pour l'agriculture, les pêches et les forêts.

Composantes de la stratégie

80

La stratégie repose sur les composantes suivantes:

  • concevoir et promouvoir des systèmes de gestion intégrée des ressources, dans des domaines comme l'aménagement des bassins versants et des zones côtières, les ressources transfrontières, l'aménagement des ressources aquatiques et forestières, et les ressources génétiques utiles à l'alimentation et à l'agriculture;
  • promouvoir des politiques intersectorielles et sous-sectorielles, ainsi que des mécanismes de collaboration entre les institutions compétentes (ministères, institutions de recherche, organisations du secteur privé et de la société civile) et renforcer les capacités institutionnelles et le capital humain, pour la gestion intégrée des ressources;
  • servir de point de référence et de source de savoir pour des questions clés de la gestion des ressources naturelles, et faciliter l'échange d'expériences aux niveaux national, régional et mondial;
  • mettre en place et renforcer des activités de suivi et d'évaluation des ressources naturelles pour optimiser la prise de décision et assurer la gestion efficiente et l'utilisation durable de ces ressources.

Avantages comparatifs et partenariats

81

Les compétences techniques de la FAO et le grand nombre de disciplines qu'elle couvre garantissent l'incorporation de dimensions économiques, sociales, juridiques et institutionnelles dans les approches de gestion des ressources naturelles, et assurent notamment que le développement rural, l'équité entre les sexes, la population et les questions connexes auront la place qu'ils méritent. Son statut d'organisation internationale lui permet de soutenir des débats et des échanges de vue de niveau normatif et opérationnel, sur des problèmes débordant les frontières nationales et des questions intéressant de nombreux pays; la FAO est donc en mesure de promouvoir la coopération entre différentes parties prenantes pour résoudre les problèmes au fur et à mesure de leur apparition. Cette capacité est notamment attestée par le Plan d'action mondial de Leipzig pour la conservation et l'utilisation durable des ressources phytogénétiques pour l'alimentation et l'agriculture, la Stratégie mondiale pour la gestion des ressources génétiques des animaux d'élevage, le Fonds mondial pour la protection intégrée, l'Initiative pour la fertilité des sols et le Partenariat global pour l'eau. En outre, sa coopération avec des ministères de la planification, de l'agriculture, des forêts, des pêches, des ressources en eau et de l'environnement, et son expérience dans la mise au point et la promotion d'approches participatives pour la gestion communautaire des ressources naturelles, contribuent à renforcer les liens intersectoriels indispensables au succès de la mise en oeuvre des approches intégrées de la gestion des ressources naturelles. Au sein du système des Nations Unies, la FAO est le maître d'oeuvre pour la mise en oeuvre des Chapitres 10 (Planification et gestion intégrées des terres) et 11 (Lutte contre le déboisement), et un partenaire de premier plan pour d'autres chapitres pertinents.

82

Pour promouvoir les approches intersectorielles et les mécanismes de collaboration requis, la FAO doit établir des liens de coopération étroits avec diverses organisations appartenant ou non au système des Nations Unies, entre autres, avec des institutions financières internationales (Banque mondiale, FIDA, banques régionales), le Fonds pour l'environnement mondial et certaines organisations du système des Nations Unies (OMS, PNUD, PNUE, FNUAP). Elle doit également collaborer avec des institutions scientifiques, avec l'Institut international de la gestion des eaux, des centres du GCRAI et avec des ONG internationales (par exemple l'Alliance mondiale pour la nature, l'Institut international pour l'environnement et le développement, le International Institute for Economic Developement et l'Institut mondial pour les ressources), ainsi qu'avec des instituts de recherche nationaux, ce qui suppose, dans ce dernier cas, de renforcer leurs capacités. Pour résoudre les problèmes intéressant les ressources naturelles dans les communautés, elle s'efforcera d'obtenir la collaboration des diverses parties prenantes de la société civile, y compris des ONG. Pour les questions transfrontières en particulier, les partenariats avec des commissions et des institutions régionales et sous-régionales restent importants.

 

D.2 Conservation, remise en état et mise en valeur des environnements les plus menacés

83

Des mesures de soutien axées sur la conservation, la remise en état et la mise en valeur des environnements les plus menacés doivent être prises pour garantir un équilibre entre les besoins humains immédiats de nourriture et d'autres moyens de subsistance, et le besoin de prévenir une dégradation inutile et irréversible des ressources présentes dans ces environnements.

84

Les principales tâches sont de surveiller comme il convient les écosystèmes fragiles et d'identifier les tendances et les menaces qui pèsent sur ces systèmes. Dans les pays en développement en particulier, il faut également, dans les plus brefs délais, évaluer et prendre en considération les coûts économiques, sociaux et environnementaux de la gestion et de la mise en valeur de ces écosystèmes.

Composantes de la stratégie

85

La stratégie repose sur les composantes suivantes:

  • surveiller et évaluer l'état des écosystèmes fragiles, mettre au point des critères et indicateurs pour leur gestion durable et renforcer les capacités d'évaluation d'impact sur l'environnement et d'analyse des risques;
  • renforcer les capacités institutionnelles et de planification aux niveaux local, national, régional et international, et incorporer dans les politiques et programmes des considérations relatives aux coûts sociaux, économiques et environnementaux et aux avantages de l'utilisation des ressources naturelles, afin de limiter leur dégradation et la concurrence pour leur utilisation dans les écosystèmes fragiles;
  • promouvoir la mise en valeur durable, la conservation et la remise en état des écosystèmes et des zones fragiles (terres arides, zones montagneuses et écosystèmes côtiers et marins);
  • fournir une assistance pour l'application pratique des chapitres d'Action 21 et des conventions et accords internationaux intéressant les écosystèmes fragiles (par exemple désertification, mise en valeur des montagnes et pêche responsable).

Avantages comparatifs et partenariats

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La FAO est bien placée pour aborder les problèmes de conservation et de remise en état dans une perspective multidisciplinaire et aider, dans les États Membres, les institutions et les organisations des secteurs public et privé et de la société civile, à adopter des solutions pratiques pour préserver les écosystèmes fragiles. Forte de ses capacités institutionnelles et de ses compétences en matière de surveillance des ressources naturelles, la FAO est également en mesure de garantir la compatibilité des données concernant les ressources naturelles avec d'autres données connexes concernant l'alimentation et l'agriculture. Pour conseiller des solutions concrètes pour les environnements menacés, la FAO peut aussi s'appuyer sur la fonction qui lui a été dévolue, en tant qu'institution dépositaire d'un certain nombre de conventions internationales comme le Code de conduite pour une pêche responsable, et sur son rôle de maître d'oeuvre ou de partenaire de premier plan pour la mise en oeuvre des chapitres d'Action 21 ayant trait aux écosystèmes fragiles (par exemple déboisement, montagnes et terres arides). Au sein des Nations Unies, la FAO est l'organisation chef de file pour les critères et les indicateurs de la gestion durable des forêts.

87

L'accent sera mis sur les partenaires internationaux, régionaux, nationaux et locaux qui interviennent dans la mise en oeuvre des chapitres d'Action 21 sur les écosystèmes fragiles et des conventions internationales y afférentes. Des partenariats étroits devront être établis avec d'importantes institutions des Nations Unies comme le PNUE et l'UNESCO, et des institutions financières internationales comme le FIDA s'occupant de conservation et de remise en état des écosystèmes fragiles. La FAO collaborera aussi avec des institutions de recherche et des universités, pour mettre au point des méthodes de suivi et d'évaluation des écosystèmes fragiles. En tant qu'instance neutre, la FAO peut travailler en liaison étroite avec des ONG et avec les sociétés civiles pour trouver un équilibre entre les demandes concurrentes exercées sur les ressources et encourager la participation des communautés locales à la conservation et au développement.

 

E- Améliorer la prise de décisions par la fourniture d'informations et d'évaluations et encourager la gestion des connaissances en matière d'alimentation et d'agriculture

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La gestion des connaissances est cruciale pour faciliter la prise de décisions efficaces. Il faut, à cet effet, recueillir, synthétiser et partager des connaissances et des données d'expérience, et les combiner systématiquement avec des informations et des analyses statistiques précises. Cette stratégie de l'Organisation tire sa légitimité de l'Article I de l'Acte constitutif de la FAO, qui définit son mandat comme suit "L'Organisation réunit, analyse, interprète et diffuse tous renseignements relatifs à la nutrition, l'alimentation et l'agriculture". Le fait que le CSA de la FAO ait été chargé de surveiller la suite donnée au Sommet mondial de l'alimentation, confirme la responsabilité de l'Organisation pour ce qui est du suivi et de l'évaluation, à l'échelle mondiale, de tous les aspects de l'alimentation et de l'agriculture et des progrès accomplis sur la voie de la sécurité alimentaire pour tous.

89

L'avènement des nouvelles technologies, notamment d'Internet, a apporté de nouvelles possibilités mais aussi de nouveaux défis, pour la FAO, dans ce domaine. L'Organisation peut désormais mieux gérer les informations et les connaissances qu'elle produit, garantir leur diffusion en temps voulu à un large public, et aussi tirer profit des possibilités d'Internet pour faciliter des partenariats dans le domaine de la gestion de l'information. Toutefois, l'accès aux nouvelles technologies reste, d'une manière générale, limité dans les pays en développement. Le défi pour la FAO est donc de continuer à prendre les devants dans ce domaine et, dans le même temps, d'adapter ses outils au niveau technologique des infrastructures de communication des États Membres, de façon à ce que ceux qui ont des infrastructures insuffisantes reçoivent les informations le plus efficacement possible et pour un coût minime. Il est également essentiel de maintenir et de renforcer l'efficacité de l'Organisation en ce qui concerne la sensibilisation aux questions intéressant le développement rural et la sécurité alimentaire afin d'encourager la prise de décisions et l'action. On s'attachera en particulier à adapter les informations aux besoins des clients.

 

E.1 Une base de données intégrée, contenant des statistiques, des informations et des connaissances actuelles, pertinentes et fiables, accessibles à tous les clients de la FAO

90

Les clients de la FAO (ses Membres, la communauté internationale et le public au sens large) continueront à avoir besoin d'informations à jour et pertinentes, pour faciliter la prise de décisions et l'élaboration des politiques. Il est donc essentiel de maintenir et d'améliorer la portée, la quantité, l'utilité, la rapidité et l'accessibilité de l'information collectée et diffusée. En outre, avec la révolution des communications, l'environnement extérieur est de plus en plus exigeant sur le plan de la qualité; il faut donc accorder une attention plus grande à l'amélioration des produits d'information ou au maintien de leur qualité.

91

La qualité des informations de la FAO dépend étroitement de la capacité des États Membres à fournir des données fiables et complètes. Il est donc nécessaire de soutenir/ou d'améliorer les capacités de collecte et d'analyse des données, au niveau des pays. On cherchera aussi à améliorer la qualité des données en reliant les informations et les données intersectorielles provenant des différentes disciplines représentées à la FAO. Les travaux normatifs de ventilation des données en fonction de la problématique homme-femme et d'autres paramètres seront poursuivis. L'Organisation s'efforcera d'intensifier les échanges d'informations avec d'autres réseaux qui sont à présent en place et peuvent renforcer ses capacités internes.

Composantes de la stratégie

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La stratégie repose sur les composantes suivantes:

  • mettre au point des normes, définitions, méthodologies et outils pour améliorer la collecte et l'utilisation des données et informations, afin de mettre à disposition les meilleurs outils d'aide à l'analyse et à la prise de décisions. Dans ce contexte, on introduira notamment une plus grande variété de cadres de références technologiques (par exemple systèmes géoréférencés de gestion des informations géographiques);
  • évaluer les besoins actuels et nouveaux des clients en matière d'information (par exemple revenu et productivité agricoles, dynamique de la population et de la main-d'oeuvre agricoles, y compris ventilation par sexe et par âge, régimes fonciers et indicateurs environnementaux) et adapter les systèmes d'information en conséquence;
  • tenir à jour et compléter les séries de données de base de la FAO sur l'alimentation et l'agriculture, en particulier en améliorant leur qualité et en ajoutant des données dérivant de leur traitement (codification, analyse, synthèse, agrégation, etc.);
  • renforcer les capacités au niveau national, pour améliorer la collecte des données et la gestion de l'information et des connaissances, notamment aider les clients à utiliser au mieux les sources disponibles;
  • promouvoir l'échange d'informations entre les clients, notamment en ouvrant les systèmes d'informations techniques de la FAO et en les adaptant, le cas échéant, aux échanges de données interactifs; et
  • poursuivre la mise en place de WAICENT, important service international d'information qui offre un cadre pour l'harmonisation et la diffusion des données dans les domaines relevant du mandat de la FAO.

Avantages comparatifs et partenariats

93

En tant qu'instance neutre, la FAO peut élaborer des normes et des méthodes internationalement reconnues pour garantir la compatibilité et l'excellence de l'information. Son réseau - soutenu par ses Membres conformément à leurs obligations statutaires envers l'Organisation - garantit la circulation des informations à destination et en provenance des pays et permet de poursuivre les activités de renforcement des capacités nationales pour la production d'informations utiles et fiables et la gestion des connaissances. Cette masse d'expériences et de connaissances, conjuguée à ses capacités multidisciplinaires et à ses compétences techniques, font de la FAO une source d'informations qui fait autorité.

94

Les partenariats externes actuels, dans le domaine de l'échange de données et d'informations, comprennent des institutions nationales, des institutions financières internationales, d'autres organisations des Nations Unies, des institutions du GCRAI, des ONG et des organismes régionaux. Le rôle de la FAO dans l'établissement de normes et de méthodologies en matière de données et de statistiques continuera à renforcer celui de la Division de la statistique des Nations Unies. Les récents progrès technologiques permettent de multiples partenariats, pour la tenue de bases de données uniques, comme le Système d'information mondial sur les plantes et les ravageurs, et surtout pour l'établissement et la tenue de bases de données partagées entre plusieurs partenaires, comme le Système mondial d'observation terrestre. De nouveaux partenariats seront établis pour garantir la diffusion efficace de l'information aux clients de la FAO. On cherchera à obtenir un soutien financier de donateurs potentiels pour améliorer les capacités nationales de collecte et de gestion de l'information.

 

E.2 Évaluations régulières, analyses et études prospectives dans le domaine de l'alimentation et de l'agriculture

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La FAO fournit des évaluations et des analyses mondiales à la communauté internationale. Le défi pour l'Organisation est de répondre à la demande croissante et de plus en plus diversifiée de ces services, tout en les adaptant à l'évolution des besoins de ses membres.

96

La FAO poursuivra la préparation des produits principaux, comme Agriculture: Horizon 2015, La situation de l'alimentation et de l'agriculture, La situation mondiale des pêches et de l'aquaculture, Situation des forêts du monde, et les Perspectives de l'alimentation; elle réalisera aussi des évaluations plus spécifiques, des analyses et études prospectives sur l'alimentation et l'agriculture, à partir de données précises et à jour. Ces études peuvent intéresser un ou plusieurs secteurs. Les sujets traités couvriront des domaines prioritaires comme l'alimentation et la nutrition, d'importants secteurs comme l'agriculture, les pêches et les forêts, ainsi que des questions intersectorielles d'intérêt majeur, comme la diversité biologique, les changements climatiques et la dégradation des ressources. D'importantes questions socioéconomiques, telles que l'équité entre les sexes et la pauvreté, seront également étudiées. On s'attachera avant tout à présenter les évaluations sous une forme permettant de maximiser l'impact sur les publics visés, afin de les sensibiliser aux problèmes et de les pousser à agir.

Composantes de la stratégie

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La stratégie repose sur les composantes suivantes:

  • analyser et évaluer la situation, les tendances et les perspectives de la nutrition, de l'alimentation, de l'agriculture, des pêches, des forêts et des ressources naturelles associées, si possible sur la base de sources de données diversifiées, et en collaboration avec des partenaires externes;
  • identifier et analyser les problèmes d'actualité et les porter à l'attention de la communauté internationale; cela inclura la mise au point d'indicateurs améliorés servant à évaluer les progrès accomplis en matière d'agriculture et de développement rural durables;
  • faciliter la participation des pays aux évaluations et aux études prospectives, notamment par l'intermédiaire de réseaux d'information régionaux et mondiaux, et fournir un soutien technique aux pays pour la conduite de leurs évaluations stratégiques.

Avantages comparatifs et partenariats

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L'avantage comparatif de la FAO tient en premier lieu à son interface directe et officielle avec les gouvernements nationaux et leurs données et informations sur l'alimentation et l'agriculture et, en second lieu, à son rôle d'instance neutre pour les évaluations et les analyses. Son mandat et sa gamme de compétences, étayée par une expérience tant normative que de terrain, facilitent grandement la préparation d'études exhaustives interdisciplinaires. Les évaluations de la FAO couvrent toutes les phases du cycle production-consommation et prennent en considération un large éventail de questions sociales, économiques et environnementales dans les domaines de l'agriculture et des ressources naturelles connexes. Tout cela contribue à faire de l'Organisation une source d'études qui font autorité, et sont internationalement reconnues pour leurs contributions aux politiques générales et aux questions techniques dans les secteurs concernés.

99

Les travaux analytiques de la FAO reposent sur des apports provenant de sources très diverses. Les partenariats externes sont donc fondamentaux pour l'obtention d'évaluations et d'analyses fiables et exhaustives. La FAO continuera à renforcer les liens et à former des alliances avec des partenaires nationaux et internationaux, notamment avec des institutions financières internationales, d'autres organisations des Nations Unies, le GCRAI et les systèmes de recherche nationaux, des universités, des instituts de recherche, d'autres centres d'excellence, des organismes de développement et des organisations de la société civile (OSC). Ces partenariats engloberont des examens par des homologues du secteur, des évaluations et analyses conjointes, la mise au point et l'application d'outils et de méthodes courants, notamment de modèles et d'analyses de scénarios, et la création de réseaux afin d'obtenir les meilleures données et informations disponibles pour valider les conclusions et constatations.

 

E.3 a sécurité alimentaire au centre des préoccupations internationales

100

Le Sommet mondial de l'alimentation a servi à rappeler que "la faim et l'insécurité alimentaire sont des problèmes aux dimensions planétaires qui risquent fort de persister, voire de s'aggraver de façon dramatique dans certaines régions, si des mesures énergiques et concertées ne sont pas prises de toute urgence, compte tenu de l'accroissement prévu de la population mondiale et de la pression exercée sur les ressources naturelles". En adoptant le Plan d'Action qui sera mis en oeuvre par les pays et la communauté internationale, le Sommet a également invité la FAO et d'autres organisations du système des Nations Unies à "élever la prise de conscience mondiale des questions de sécurité alimentaire par des activités de plaidoyer à l'échelle du système des Nations Unies, et à appuyer les engagements du Sommet mondial de l'alimentation en faveur de la sécurité alimentaire mondiale."

101

Les documents du Sommet couvrent toute une gamme d'"efforts coordonnés et de responsabilités partagées" indispensables pour atteindre ses objectifs et attribuent au CSA, la responsabilité du suivi de l'exécution du Plan d'action. La FAO est donc investie d'une responsabilité majeure, qui est de collecter et d'analyser les informations provenant de toutes les sources pour faciliter le suivi du Comité. En outre, la FAO a un important rôle à jouer dans le suivi des conférences et sommets mondiaux à l'échelle du système des Nations Unies. Le rôle principal de la FAO sera de promouvoir, avec ses partenaires, l'action à l'échelle nationale et internationale pour atteindre les objectifs du Sommet et faire en sorte que la question de la sécurité alimentaire reste au premier plan des préoccupations de la communauté internationale.

Composantes de la stratégie

102

La stratégie repose sur les composantes suivantes:

  • par l'intermédiaire du CSA, établir les rapports et assurer le suivi de l'exécution à l'échelle nationale, sous-régionale et régionale du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation, et élaborer des objectifs, des indicateurs vérifiables et des analyses pour faciliter le processus de suivi à l'échelle mondiale;
  • fournir des rapports réguliers sur la situation de l'insécurité alimentaire mondiale et coordonner la composante internationale du SICIAV;
  • oeuvrer, avec d'autres organisations du système des Nations Unies et avec la société civile, pour élever la prise de conscience mondiale des questions de sécurité alimentaire, et contribuer à faire en sorte que les résultats des évaluations et les décisions intergouvernementales encouragent à prendre les mesures de suivi qui s'imposent.

Avantages comparatifs et partenariats

103

Avec ses capacités d'information et de gestion des connaissances dans le domaine de l'alimentation et de l'agriculture, la FAO est particulièrement bien placée pour exercer les responsabilités mondiales qui lui incombent en matière de surveillance, d'analyse et de promotion des mesures du suivi du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation. Ces mêmes avantages comparatifs permettent à la FAO de jouer un rôle clé au sein du système des Nations Unies, mais aussi dans la société civile, en sensibilisant et en encourageant l'action au niveau international.

104

Outre le fait qu'il fait rapport au Conseil et à la Conférence de la FAO, le CSA fournit des rapports sur le suivi du Sommet mondial de l'alimentation par l'intermédiaire du Conseil de la FAO, au Conseil économique et social des Nations Unies, qui est chargé de coordonner le suivi des conférences et des sommets mondiaux. Le CAC est responsable de la coopération interinstitutions au sein du système des Nations Unies. La FAO continuera, en collaboration avec le PAM et le FIDA, à chercher à optimiser la synergie entre les partenaires des Nations Unies pour le suivi du Sommet mondial de l'alimentation, par l'intermédiaire du réseau CAC sur le développement rural et la sécurité alimentaire, dont la FAO assure le secrétariat. Le Système des Nations Unies a aussi demandé à la FAO d'assurer le secrétariat pour les travaux interinstitutions de développement du SICIAV. Les organisations de la société civile pourront collaborer à l'évaluation globale des progrès accomplis vers la réalisation des objectifs fixés par le SMA au CSA et dans d'autres instances. D'autres exemples importants "du rayon d'action" de la FAO sont la coopération avec l'UIP et avec des organisations intergouvernementales régionales et sous-régionales.

 

Stratégies pour aborder les questions intersectorielles dans toute l'Organisation

105

Outre l'élaboration de stratégies opérationnelles pour fournir des services aux Membres, plusieurs questions intersectorielles retiennent également l'attention. Cette partie du document présente une synthèse de ces questions et propose des stratégies pour les aborder. Ces stratégies s'appliqueront à la mise en oeuvre de tous les programmes de la FAO et aussi à la réalisation des objectifs stratégiques visés à la section précédente.

 

Garantir l'excellence

Problème

106

Les flux d'aide publique au développement ont diminué et les ressources mises à la disposition des organisations d'aide multilatérale ont été réduites, alors que le nombre des organisations s'intéressant à des domaines qui touchent aux secteurs de compétence de la FAO augmentait. La FAO se doit donc de maintenir et de renforcer son rôle en tant que source éminente d'informations, de conseils et d'assistance, faisant autorité dans ses domaines de compétence.

107

La FAO est dans une situation privilégiée pour tirer parti de ses atouts: mandat mondial, 50 années d'activités, rôle de chef de file reconnu dans divers domaines techniques, vaste gamme de disciplines réunies sous un même toit, présence dans de nombreux pays et neutralité et indépendance reconnues de tous. La FAO a toutefois un mandat d'une telle ampleur qu'elle ne peut pas assumer un rôle de premier plan dans tous les domaines, d'autant que les ressources mises à sa disposition sont limitées. Lorsque la FAO ne joue pas un rôle de premier plan, elle doit absolument planifier ses activités en fonction de celles réalisées par d'autres, pour réduire le chevauchement d'efforts et encourager les synergies, et elle doit renforcer ses partenariats et alliances, sur la base d'une répartition claire des tâches.

108

Il est néanmoins essentiel d'identifier les domaines dans lesquels la FAO devrait pouvoir conserver l'avantage technique et de prendre les mesures nécessaires pour renforcer encore ses capacités et son rôle de centre d'excellence dans ces domaines. Les critères ci-après sont proposés pour la sélection de ces domaines: la question doit avoir des répercussions transfrontières; elle doit offrir la possibilité d'accords pour soutenir l'action internationale; il doit y avoir une demande manifeste et croissante d'activités dans ce domaine; et la FAO doit posséder un avantage comparatif, compte tenu de ses caractéristiques et de ses atouts particuliers. Lors du renforcement des activités dans ces domaines, il faut également prévoir des partenariats, mais l'accent sera mis principalement sur le maintien et le renforcement du rôle de la FAO en tant que source reconnue d'information et d'avis faisant autorité auprès des Membres, de la communauté internationale et du grand public.

Stratégie

109

La stratégie est la suivante:

a) établir des critères opérationnels pour identifier et sélectionner les domaines d'excellence et, sur cette base, choisir un nombre donné de domaines clés dans lesquels la FAO a de bonnes possibilités de parvenir à l'excellence, ou de conserver ce statut;

b) aborder la question sous tous ses aspects (base d'information et "mémoire institutionnelle", aspects normatifs et politiques générales, action concrète);

c) mettre en place les mesures nécessaires pour valoriser les ressources humaines (y compris des programmes accélérés de formation professionnelle du personnel technique) et pour assurer le contrôle de la qualité des réalisations;

d) assurer le suivi des progrès accomplis et, en fonction des ressources, créer une composante "Apprentissage organisationnel" pour assurer un examen et des ajustements continus à la lumière des résultats obtenus.

 

Promouvoir l'approche interdisciplinaire

Problème

110

Les approches interdisciplinaires sont une condition indispensable à la réussite et à la durabilité du développement rural. Dans les activités de la FAO, les approches interdisciplinaires et les programmes intersectoriels reposent sur les compétences disciplinaires de l'Organisation et permettent de produire des résultats qui n'auraient pas pu être obtenus par une seule division ou un seul département agissant isolément. En outre, ces approches sont essentielles pour garantir qu'une attention voulue soit accordée, dans tous les programmes et activités, à des priorités générales de l'Organisation telles que les questions de parité et la promotion de méthodes participatives de développement.

111

L'enjeu fondamental pour l'Organisation est de compléter le nouveau processus de planification du programme par des arrangements souples, de façon à:

  • encourager une approche plus interdisciplinaire, tout en préservant les avantages de la structure administrative par discipline, qui est essentielle au maintien de l'excellence dans les principaux domaines de compétence de l'Organisation;
  • renforcer et, le cas échéant, officialiser des relations de travail fondées sur la collaboration dans toute la structure de l'Organisation - y compris entre des services du siège et des bureaux décentralisés - pour la planification et la mise en oeuvre des programmes.
112

Cette stratégie envisage les mesures à prendre pour renforcer la capacité interdisciplinaire au sein de la FAO. Il faut néanmoins que cette question soit replacée dans le contexte plus large des partenariats et alliances, notamment dans le cadre du système des Nations Unies, car la FAO, en tant qu'institution spécialisée, doit veiller à ce que ses activités contribuent aux efforts intersectoriels de l'ensemble du système des Nations Unies. Cette question est couverte par la stratégie sur l'Élargissement des partenariats et des alliances.

Stratégie

113

La stratégie proposée consiste à:

a) renforcer la capacité d'identification des problèmes interdisciplinaires et intersectoriels, de formulation des objectifs, de définition des priorités, de planification, de suivi et d'évaluation, tant pour les stratégies de l'Organisation que pour les thèmes prioritaires (par exemple intégration des questions de parité, processus participatif);

b) élaborer en détail et appliquer le nouveau modèle de programmation fondé sur une planification intersectorielle et, le cas échéant, sur la formulation de programmes interdisciplinaires dans le Plan à moyen terme;

c) renforcer les mécanismes infra- et interdépartementaux pour faciliter la coopération et le partenariat dans les divisions et les départements et entre ceux-ci pour les aspects intersectoriels liés à la mise en oeuvre du programme;

d) examiner et améliorer les procédures d'allocation des ressources, de suivi et d'évaluation afin d'encourager davantage le travail interdisciplinaire;

e) introduire des indicateurs de performance et reconnaître, à cet égard, les avantages dérivant des approches interdisciplinaires.

 

Élargir les partenariats et les alliances

Problème

114

La FAO est avant tout un membre de la famille des Nations Unies et les partenariats qui découlent de ce statut et qui constituent un avantage comparatif important doivent être élargis et renforcés compte tenu du processus de réforme des Nations Unies actuellement en cours. Il faudra également accorder une attention particulière au renforcement des liens et aux possibilités de synergie entre les organisations basées à Rome - FAO, PAM, FIDA et IPGRI. Ce renforcement de la coopération pourrait aboutir à la conclusion, d'un commun accord, d'une alliance pour le développement agricole.

115

L'évolution du contexte mondial exige également de nouveaux partenariats avec des acteurs importants - étatiques ou non étatiques - œuvrant en dehors du système des Nations Unies, afin de garantir la complémentarité, de réduire la fragmentation de l'action, d'exercer une influence accrue sur les questions de politique et de réduire les coûts. L'apparition et/ou le renforcement d'organisations intergouvernementales qui encouragent la coopération régionale et sous-régionale pourrait ouvrir la voie à de nouvelles possibilités d'activités conjointes ou de travaux en coopération. Tout en maintenant son indépendance et sa neutralité, la FAO doit instaurer des relations et des partenariats constructifs et efficaces avec des acteurs non étatiques, sur la base des avantages comparatifs de chacun. Elle pourra ainsi centrer davantage son action sur les problèmes socioéconomiques et intersectoriaux, y compris sur les questions de population et de parité.

Stratégie

116

Des considérations générales concernant la nature des partenariats avec différents types d'organisations figurent dans la Partie III ci-après. La stratégie d'élargissement des partenariats et des alliances comprend trois volets principaux.

117

La stratégie de renforcement des partenariats au sein du système des Nations Unies et avec d'autres organisations intergouvernementales sera la suivante:

a) rester un partenaire actif de l'action interinstitutions au niveau international et poursuivre la coopération avec les autres organisations des Nations Unies au niveau national, dans le cadre du système des coordonnateurs résidents des Nations Unies;

b) continuer, en coopération avec le FIDA et le PAM, à guider le réseau du CAC sur le développement rural et la sécurité alimentaire, à l'appui de la mise en oeuvre du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation, et continuer à participer à l'action interinstitutions et intergouvernementale de suivi des autres conférences et sommets importants;

c) rester un partenaire actif des programmes de financement comme le PNUD et le FNUAP, pour répondre aux demandes des pays bénéficiaires et participer, en tant que partenaire à part entière, à des initiatives comme les évaluations communes par pays et les cadres d'assistance au développement des Nations Unies;

d) renforcer encore la collaboration avec les instituts de financement internationaux, en misant sur leur volonté de collaboration élargie avec la FAO; renforcer la collaboration avec le GCRAI par les liens institutionnels établis (Banque mondiale, PNUD, PNUE) et les activités conjointes avec les centres eux-mêmes;

e) renforcer davantage la coopération "bilatérale" et les activités conjointes entreprises avec des organisations (par exemple des organisations du système des Nations Unies comme l'OMS et le FNUAP) et avec des organismes régionaux et sous-régionaux œuvrant dans des domaines relevant du mandat de la FAO, ou dans des secteurs complémentaires.

118

La stratégie de renforcement des partenariats avec les OSC et les ONG sera la suivante:

a) améliorer la mise en commun des informations et la collaboration avec les réseaux d'ONG techniques et régionales;

b) encourager le dialogue aux niveaux national, régional et mondial et améliorer l'accès aux réunions techniques de la FAO;

c) promouvoir les comités nationaux chargés de la campagne "La nourriture pour tous";

d) faciliter les programmes de coopération spécifique, par exemple en améliorant la participation des OSC à la planification, la formulation et l'exécution de programmes et de projets spécifiques, avec une attention particulière au PSSA; en encourageant le renforcement des capacités des OSC, et en participant à leur côté aux efforts de redressement agricole;

e) rendre les programmes de la FAO plus attirants pour les donateurs d'aide bilatérale et multilatérale qui attachent de l'importance à la participation des OSC;

f) renforcer le dialogue avec les OSC/ONG sur l'utilisation des ressources qu'elles investissent elles-mêmes dans les programmes de développement agricole et de sécurité alimentaire.

119

La stratégie de renforcement des partenariats avec le secteur privé consistera à:

a) engager un dialogue pour balayer tout malentendu qui pourrait exister concernant une institution comme la FAO et pour mieux comprendre quels seraient les intérêts agro-industriels éventuellement compatibles avec les objectifs de l'Organisation;

b) instaurer une politique et des pratiques communes au sein de la FAO concernant les partenaires du secteur privé, pour renforcer la collaboration sans compromettre l'indépendance de l'Organisation;

c) rechercher avec le secteur privé le moyen d'orienter les investissements dans les technologies nouvelles pour le meilleur profit des pays en développement;

d) mobiliser les ressources du secteur privé en faveur des programmes de la FAO, grâce à un appui financier, aux recettes tirées des service rendus au secteur privé, à des ententes et à des projets bilatéraux avec le secteur privé;

e) promouvoir le rôle d'"honnête courtier" de la FAO pour accroître les investissements du secteur privé dans l'agriculture;

f) s'attacher à renforcer les capacités du secteur privé dans les pays en développement, principalement en ce qui concerne la fourniture de services efficaces d'approvisionnement en intrants, de commercialisation et de transformation, ainsi que de services financiers.

 

Continuer à améliorer le processus de gestion

Problème

120

Il s'agit fondamentalement de disposer d'un processus de gestion qui réponde aux besoins de l'Organisation, compte tenu de l'évolution de l'environnement extérieur et, plus précisément, du nouveau Cadre stratégique qui privilégie les approches interdisciplinaires et l'élargissement des partenariats. De ces changements découlent divers impératifs au niveau de la gestion:

  • nécessité de remanier la délégation de pouvoir, les responsabilités et l'obligation redditionnelle;
  • nécessité de devenir plus rentable et plus souple dans un contexte compétitif;
  • nécessité de fournir, au niveau de la gestion et du développement, l'appui nécessaire pour appliquer la stratégie de promotion de l'approche interdisciplinaire;
  • nécessité de disposer de systèmes d'information administrative et d'information de gestion pour appuyer l'ensemble du processus;
  • nécessité d'accroître la souplesse pour mieux répondre aux demandes de nouvelles compétences émanant des programmes, notamment dans les domaines d'excellence de la FAO.
121

Il convient également de reconnaître le statut particulier de la FAO en tant qu'organisation publique de services et membre du système des Nations Unies, ainsi que la nature particulière de ses effectifs et du contexte international dans lequel elle opère:

  • en tant qu'organisme public, l'importance d'assurer la bonne garde des fonds publics est primordiale;
  • en tant que membre du régime commun des traitements et indemnités des Nations Unies, elle a accepté de respecter certaines normes fixées pour l'ensemble du système;
  • en tant que membre de la fonction publique internationale, elle doit prêter l'attention voulue aux avantages qui découlent d'une grande diversité de nations et de cultures, du multilinguisme et de la parité homme-femme, aussi bien dans ses effectifs que lors de la planification de ses programmes;
  • en tant qu'employeur, elle doit encourager le dévouement et la motivation du personnel.
122

Les ressources humaines sont au cœur de tout organisme fournissant des services. Dans le cas de la FAO, elles représentent 84,5 pour cent du budget ordinaire, dont 68,4 pour cent pour le personnel et 16,1 pour cent pour les autres ressources humaines. Le problème essentiel est d'optimiser la planification, le recrutement, la gestion et la mise en valeur de ces ressources afin d'attirer et de retenir des fonctionnaires ayant les compétences requises. Dans les 15 prochaines années, on prévoit un renouvellement de 70 pour cent des effectifs. Cela représente, certes, un risque de perte de capacité et de mémoire institutionnelle, auquel il faudra remédier par des mesures appropriées, mais cela permettra aussi à l'Organisation d'acquérir ou de renforcer les compétences et les qualifications nécessaires pour relever les défis à venir.

Stratégie

123

La stratégie susmentionnée s'inscrit dans le droit fil des efforts déployés pour améliorer le processus de gestion et la majeure partie de ses éléments est déjà en cours d'exécution; il faut néanmoins reconnaître que l'application complète de cette stratégie pourrait prendre plusieurs exercices biennaux. La stratégie comprend deux éléments.

124

Au titre de la création d'un contexte de gestion facilitant l'application des stratégies de l'Organisation et la réalisation de ses objectifs stratégiques:

a) concevoir tous les projets de terrain et les activités du Programme ordinaire en fonction d'objectifs clairement définis et, si possible, limités dans le temps, avec indication de points de repère sous la forme de réalisations attendues et identification d'indicateurs spécifiques de performance;

b) introduire un régime d'évaluation plus complet, y compris des procédures officielles d'autoévaluation;

c) remanier les délégations de pouvoir, les responsabilités et les obligations redditionnelles de façon à mieux refléter le nouvel environnement, y compris attribution aux gestionnaires des programmes de la responsabilité de la gestion budgétaire;

d) mettre au point et appliquer des systèmes intégrés d'appui dans les domaines suivants: comptabilité et gestion financière; valorisation des ressources humaines; planification des programmes; préparation des budgets; planification des activités et suivi de la mise en application; cela suppose la création d'une grande base de données pour toute l'organisation comportant des données validées, qui seront la principale source d'informations de gestion;

e) fournir des outils analytiques appropriés pour que les utilisateurs utilisent au mieux les données disponibles.

125

Pour encourager le dévouement et la motivation du personnel, la FAO prendra des mesures spécifiques:

a) pour le renouvellement des effectifs, agir au niveau du recrutement initial du plan de carrière et de la valorisation des ressources humaines de façon à mieux répondre à l'évolution des besoins en fonction des priorités de programme, et à favoriser la diversité linguistique;

b) mettre au point des arrangements souples et efficients pour mobiliser et déployer les ressources humaines nécessaires afin de répondre avec souplesse aux besoins et aux priorités des programmes;

c) continuer à développer un type de gestion qui favorise la parité homme-femme, encourage l'esprit d'initiative et le travail d'équipe, et définit clairement les responsabilités pour la gestion des ressources humaines; à cet effet, les systèmes de contrôle des performances seront liés aux objectifs stratégiques de l'Organisation au moyen des systèmes de planification des programmes;

d) se conformer aux politiques de gestion des ressources humaines du régime commun des Nations Unies, y compris: traitements et indemnités, parité et répartition géographique, politiques applicables aux conditions de travail et à la vie de famille et transferts interinstitutions;

e) continuer à favoriser une collaboration fructueuse entre le personnel et la direction par des consultations avec les fonctionnaires, notamment avec les associations du personnel, sur les conditions d'emploi.

 

Assurer un effet multiplicateur des ressources pour la FAO et ses Membres

Problème

126

La FAO est entravée dans l'accomplissement de sa mission par la diminution des ressources mises à sa disposition au titre du Programme ordinaire et par le déclin des contributions extrabudgétaires destinées à la coopération technique. Il n'est pas réaliste de s'attendre à une augmentation du niveau de l'APD multilatérale au cours des prochaines années, étant donné les tendances actuelles dans les pays donateurs. En outre, l'augmentation des besoins d'aide d'urgence et des besoins prévus de reconstruction et de redressement se traduira probablement par une diminution correspondante des ressources disponibles pour le développement à long terme. Les ressources limitées qui seront probablement mises à la disposition de la FAO pour le développement agricole devront être utilisées en fonction de priorités soigneusement établies. L'objectif sera d'accroître les synergies entre travaux normatifs et activités opérationnelles et de renforcer la fonction bivalente du programme de terrain: d'un côté, mettre en oeuvre les concepts et réalisations élaborés dans le cadre des travaux normatifs et, de l'autre, assurer un retour d'information à partir du terrain pour permettre d'affiner ces mêmes travaux normatifs.

127

Il faut s'attacher à accroître les ressources totales appliquées aux principaux programmes adoptés par l'Organisation et pas nécessairement les ressources gérées directement par la FAO. À cet égard, il faudra absolument mobiliser les ressources intérieures et extérieures, publiques et privées en faveur du secteur agricole et rural, y compris des forêts et des pêches. La FAO peut contribuer à la réalisation de cet objectif essentiel en aidant les gouvernements à formuler des stratégies nationales de développement créant un environnement propice à l'investissement et à la participation du secteur privé. De même, elle peut aider les membres à préparer des programmes et projets d'investissement afin d'optimiser les allocations de ressources en fonction des objectifs prioritaires, compte dûment tenu des capacités nationales d'absorption. À cet effet, la FAO doit mobiliser toutes les parties prenantes, aux niveaux national et international, pour assurer leur identification aux objectifs, leur engagement et un suivi adéquat, sous la forme du financement des activités hautement prioritaires par les institutions de financement internationales et les principaux donateurs d'aide multilatérale.

Stratégie

128

La stratégie proposée consiste à assurer un effet multiplicateur des ressources pour aider la FAO à exécuter les activités prescrites dans son mandat, en gérant le programme avec efficience et efficacité; il faudra également cibler les activités en fonction des domaines prioritaires et consolider, diversifier et accroître les sources de financement. La FAO profitera de ses bureaux décentralisés pour maintenir des liens appropriés avec les structures décentralisées de prise de décisions de beaucoup de donateurs.

Conception, efficience et efficacité du Programme

129

En ce qui concerne le Programme de travail ordinaire, l'approche consiste à améliorer la gestion du programme pour que les membres soient assurés de la pertinence et de la validité des activités et des priorités de la FAO.

130

Pour ce qui est des programmes d'investissement et d'assistance technique, l'accent sera mis sur la justesse de la formulation, l'efficacité et la rapidité, selon les modalités suivantes:

a) renforcer le système actuel axé sur les pays, en étroite collaboration avec les États Membres, grâce aux apports des représentants de la FAO (FAOR) et des services décentralisés;

b) garantir des ressources adéquates pour la formulation de programmes et de projets bien conçus;

c) élargir l'application de systèmes efficaces pour permettre de contrôler le coût du soutien fourni aux différents types de projet, identifier systématiquement les lacunes dans la mise en oeuvre et présenter des rapports aux donateurs dans les meilleurs délais;

d) poursuivre la politique des gains d'efficience en vue de réduire le coût de l'appui aux programmes de terrain et de placer la FAO dans une meilleure position pour obtenir des ressources;

e) analyser en permanence les politiques ainsi que les priorités sectorielles et géographiques des donateurs d'aide publique au développement afin d'identifier les nouvelles possibilités de renforcement de la coopération, qui peut prendre la forme d'une assistance technique et de services de formation dans les secteurs présentant un intérêt mutuel.

Ciblage des programmes

131

En ce qui concerne les programmes normatifs de l'Organisation, il est essentiel de mobiliser des ressources extrabudgétaires pour:

a) appuyer les projets pilotes de la FAO destinés à expérimenter et mettre à l'épreuve les hypothèses normatives formulées en réponse à des questions d'actualité;

b) appuyer directement les activités du Programme ordinaire afin d'accroître les ressources totales mises à la disposition de l'Organisation pour ses fonctions normatives en veillant bien à ce que l'indépendance de la FAO ne soit pas compromise (par exemple pour la fixation de normes); et

c) maximiser l'impact de ses programmes ciblés et encourager les synergies entre travaux normatifs et activités de terrain, en utilisant le cas échéant ses propres ressources humaines et financières et en encourageant des activités conjointes avec les donateurs.

132

Pour le programme de terrain, les priorités seront les suivantes:

a) garantir une approche intégrée, les projets étant fondés sur des stratégies à long terme et de grande ampleur favorisant l'obtention de résultats durables;

b) assurer une action interdisciplinaire pour mettre en valeur les avantages comparatifs de la FAO et rendre ses projets plus attrayants pour les donateurs comme pour les bénéficiaires;

c) accorder la priorité aux activités du programme de terrain ayant un effet catalyseur sur la mobilisation de ressources techniques et financières supplémentaires en faveur du développement agricole;

d) concentrer les activités sur des domaines où il existe une demande tangible pour les services de la FAO, notamment pour le relèvement de l'agriculture après les catastrophes et l'identification et la préparation de projets d'investissement.

Regroupement, diversification et expansion des sources de financement

133

Outre les différents moyens utilisés actuellement pour atteindre les donateurs traditionnels, la FAO devra:

a) renforcer le dialogue avec les pays en développement émergents, comme ceux d'Asie et d'Amérique latine, ainsi qu'avec les pays en transition, qui souhaitent soutenir la coopération pour le développement et utiliser la FAO comme intermédiaire, en particulier pour des pays des mêmes régions;

b) encourager les gouvernements des pays en développement à utiliser la FAO comme moyen de transfert de technologies et de connaissances spécialisées qui seront financées par leurs propres ressources ou par le produit des prêts engagés au titre des fonds fiduciaires unilatéraux;

c) renforcer encore les programmes de partenariat qu'elle a mis en place depuis 1994 et créer de nouveaux partenariats avec le secteur privé et les fondations privées ainsi qu'avec la société civile dans son ensemble pour accroître l'effet multiplicateur des ressources de la FAO;

d) servir de catalyseur pour la coopération émergente entre les municipalités et les autres entités régionales dans les pays développés et les pays en développement;

e) mobiliser les dons des particuliers, pour des interventions de faible ampleur dans les pays en développement.

134

La FAO sera mieux à même de réaliser avec succès les activités susmentionnées si elle réussit à projeter une image positive et dynamique comme décrit ci-après.

 

Diffusion des messages de la FAO

Problème

135

La communication doit être considérée comme une partie intégrante des programmes de fond de la FAO. L'efficacité et la crédibilité de l'Organisation en tant que tribune où s'établissent les politiques, centre d'excellence multilingue, et source de connaissances et de compétences techniques dépendent dans une large mesure de son aptitude à communiquer. La FAO ne peut pas compter sur l'influence de quelques personnes bien informées pour "vendre" à l'extérieur la valeur ajoutée de l'Organisation. L'aptitude de la FAO à s'entourer du soutien nécessaire pour s'acquitter de son mandat dépend de la qualité et de l'efficacité de ses activités de communication pour maintenir une image crédible et cohérente auprès du public, consolider la compréhension et le soutien dont elle bénéficie, corriger les erreurs d'appréciation et informer les sphères compétentes des services qu'elle offre à la communauté internationale.

136

La FAO doit diffuser des messages généraux liés à son mandat au sens large, ainsi que des messages spécifiques destinés à certaines sphères ou liés aux priorités de l'Organisation. La diffusion efficace de ces messages suppose un dialogue et un échange véritable d'informations et d'opinions au sein du secrétariat et avec les membres de la FAO et les interlocuteurs clés tels que les médias, les partenaires du système des Nations Unies, la société civile, le secteur privé et la communauté technique et scientifique. Une communication efficace suppose l'allocation adéquate de ressources humaines et financières dans toute l'Organisation. Même en période d'austérité budgétaire, il faut continuer à investir dans ce processus de partage de l'information et de persuasion de l'opinion publique.

Stratégie

137

La politique et la stratégie de communication de l'Organisation, introduites en 1998, sont l'instrument servant à gérer les divers besoins et ressources de communication de la FAO. Ses éléments fondamentaux - planification participative, lignes de force de l'organisation et exécution décentralisée - constituent un cadre de coordination et de coopération pour toutes les unités de l'Organisation. La stratégie comprend les éléments suivants:

a) identifier et cibler les sphères externes stratégiques et se concentrer sur les questions prioritaires et les opportunités, en utilisant de façon planifiée et coordonnée une série de moyens pour atteindre des groupes cibles bien définis et interagir avec ceux-ci;

b) communiquer directement avec la société civile et le grand public pour les sensibiliser aux problèmes relevant du mandat de la FAO, y compris utiliser de façon stratégique tous les moyens d'information disponibles pour communiquer des messages essentiels sur le thème de la sécurité alimentaire et promouvoir le rôle important de la FAO, qui aide les pays à réaliser les objectifs du Sommet mondial de l'alimentation;

c) organiser la Journée mondiale de l'alimentation, des manifestations spéciales apparentées et des campagnes "La nourriture pour tous" pour mieux sensibiliser le public et collecter des fonds destinés aux activités de promotion de la sécurité alimentaire et de développement agricole et rural;

d) examiner, coordonner et suivre l'application des politiques, stratégies et programmes de communication, notamment la publication de produits d'information de grande qualité, qui projettent de façon cohérente une image appropriée de l'Organisation;

e) assurer une approche dynamique et systématique de la planification et de la budgétisation des communications pour faire en sorte que la campagne d'information du public soit bien planifiée et bien financée et qu'elle appuie le programme de travail technique de l'Organisation en restant fidèle à son esprit;

f) mettre en place une "culture de la communication" sur la base de connaissances partagées, où le personnel de la FAO devient un partenaire informé et convaincu collaborant aux efforts de communication.