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Mali

 

Le Mali fut sélectionné non seulement pour la préoccupation qu’il montre pour la sécurité alimentaire et la diversité des variétés de mil et de sorgho présentes mais aussi parce qu'un travail antérieur avait été mené dans la zone, sur lequel l'étude pouvait s'appuyer. En effet un projet réalisé par le Fonds International de Développement agricole et Biodiversity International en  collaboration avec l'Institut d'Economie Rurale du Mali concentra ses efforts sur le renforcement des savoirs locaux et l'utilisation de ressources génétiques de plantes locales, particulièrement les variétés de sorgho et de mil. Dans des foires de diversité, les participants furent invités à exposer, expliquer et promouvoir la diversité des variétés et cultivars locaux aux fermiers provenant des villages environnants. La notion de forum de terrain sur la diversité (diversity field fora) fut empruntée au concept des Ecoles de Terrain pour les Fermiers « Farmers Fields Schools » (FFS). Des expériences destinées à renforcer la connaissance des ressources génétiques  furent conçues et conduites par des villageois, avec le support technique du personnel du projet, sur des terres allouées dans ce but par les villageois. Les fermiers purent y étudier à la fois les variétés modernes et les cultivars locaux.

Malgré le processus de réforme du secteur des semences en cours au Mali, la libéralisation du commerce  des semences de sorgho et mil n'a pas progressé aussi rapidement que la libéralisation du commerce des céréales. (Diakité et al. 2008; Vitale et Bessler 2006). Le secteur formel des semences de sorgho et mil continue d'être largement régi par l'état, avec quelque participation de coopératives de fermiers enregistrées pour la multiplication des semences. Les faibles taux d'adoption constatés pour le sorgho et le mil sont ainsi mis sur le compte de la faible efficacité du système formel de semences.

Choix des plantes

Les fermiers maliens ont accumulé une connaissance de la culture du mil et du sorgho acquise au cours de millénaires. Le petit mil et le sorgho sont connus pour avoir été domestiqués dans de multiples endroits au Sahel – alors couvert par la savane et devenu les confins du Sahara (Harlan, 1992). Les restes archéologiques suggèrent qu'une économie fondée sur le bétail, les chèvres, le sorgho et le petit mil fut établie dans la région entre 5000 et 3000 BP (Smith, 1998). Le petit mil est l'une des cultures de savane les plus résistantes à la sècheresse et domine la lisière du désert.

Sorgho et petit mil sont encore les cultures dominantes au Mali, cultivées comme produit de subsistance dans un secteur agricole qui est presqu'entièrement sous pluie. Les rendements moyens nationaux pour les deux cultures sont moins de 1 tonne à l'hectare (Toure et al. 2006). Les faibles rendements sont souvent attribués à la faible adoption de semences améliorées. Le plus récent document provisoire sur le recensement agricole indique que la proportion de la production de céréales issues de semences améliorées n'excède pas 10%. Par contraste, 89% de la zone consacrée aux cultures industrielles est plantée en semences améliorées. (Bureau de recensement agricole, 2006). Les variétés  améliorées de sorgho ont été plus largement adoptées que les variétés  améliorées de mil.

Emplacement du projet

Des sites d'études furent sélectionnes par un projet antérieur mis en place par l’Institut d’Economie Rurale, avec le soutien de Biodiversity International et le Fonds International de Développement Agricole. Celui-ci avait pour objectif de promouvoir l'utilisation durable des ressources génétiques  disponibles au moyen de foires  et de forums de terrain consacrés à la diversité. Les critères de sélection des sites comprenaient les caractères agro-écologiques, tels que pluviométrie et cultures pratiquées, les signes d'une érosion génétique et l'infrastructure du marché.


Les deux emplacements choisis sont San et Douentza.

Le site de San est soumis à un climat tropical, semi-aride avec une pluviométrie annuelle de 450-600mm, qui le place dans la zone soudano-sahélienne. Les variations de couvert végétal sont liées à la variation des sols et le paysage est une mosaïque de savane arborée cultivée, fortement peuplée d'arbres à noix de karité.

Le site de Douentza se trouve dans la zone agro-climatique sahélienne, c'est-a-dire comprise entre les isohyètes 200mm et 400mm (Matlon, 1990). La région comprend une série de plateaux et d'affleurements rocheux alternant avec des plaines sableuses, des couverts forestiers, des zones cultivées et des pâturages. Les villages se trouvent aussi bien sur les plateaux rocheux que dans les plaines.

Actions

Environ 150 fermiers furent choisis au hasard et soumis à enquête sur les deux sites identifiés pour l'étude. Sur la base des réponses à l'enquête, six des marchés  les plus fréquemment cités furent retenus dans chaque site  et 100 marchands furent interrogés. La structure de l’échantillon pour l'enquête à la ferme fournit la base pour l'échantillonnage de l'enquête de marché. Les 150 fermiers sélectionnés sur chaque site furent répartis également entre villages tests et villages de contrôle. Sont considérés comme villages tests ceux qui sont directement ou indirectement affectés par les interventions du projet. Dans chaque site, villages tests et de contrôle furent choisis pour avoir été affectés par le projet précédent et les mêmes organisations non-gouvernementales.

Les données collectées au cours de l’ « enquête fermes » furent utilisées pour identifier 12 marchés hebdomadaires (foires) par site. Parmi ceux-ci, 6 furent retenus dans chacun des sites, dont trois fréquentés par des fermiers appartenant à des villages de contrôle et trois fréquentés par des fermiers appartenant à des villages-tests. Les données ont été recueillies au moyen d’entrevues avec des informateurs-clés, une enquête d’infrastructure du marché et une enquête sur les commerçants. Les enquêtes furent conduites en avril, le mois au cours duquel les premières pluies apparaissent habituellement. L’enquête d’infrastructure du marché comprit des entrevues avec des informateurs-clés, et des officiels de l’administration locale et renforcée par des observations directes. L’ensemble des caractéristiques des marchés, y compris l’éventail des produits, la taille et l’infrastructure physique, furent identifiés. L’enquête sur les commerçants se concentra sur les caractéristiques des commerçants, l’offre et les transactions.

Les entrevues avec les informateurs-clés et les observations directes révélèrent plusieurs traits communs aux marchés qui permirent de décider du protocole utilisé pour échantillonner les commerçants et leur offre. Grâce à quoi, l’équipe conduisit un rapide comptage visuel des types de sorgho et de mil mis en vente par les petits vendeurs et les commerçants échantillonnés.

Outputs