Économie du Développement Agricole
 

Relier petits fermiers au marché en entretenant l'environnement: LiSFaMe

Le projet de recherche portait sur les aspects entrées et sorties du marché de la pomme de terre. Le projet LiSFaMe a été mené en collaboration par l'Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, le International Potato Centre (Equateur), la Fundación PROINPA (Bolivie), la American University (Washington, D.C.) et l'université de Wageningen (Pays-Bas).

Au cours de la décennie écoulée, les systèmes agricoles et les modalités d’organisation de la production agricole ont subi de profonds changements dans de nombreux pays en développement. Ces changements ont débouché sur de nouvelles dispositions organisationnelles et institutionnelles au sein de la chaîne de commercialisation des denrées alimentaires, telles que de nouvelles formes de contrats (préétablis au lieu de marchés au comptant) et l’obligation de respecter des niveaux et des normes privés de qualité et de sécurité sanitaire des aliments.

Transformation agricole et intégration des marchés
L’effet net de la progression de la transformation agricole et de l’intégration des marchés sur le bien-être des populations pauvres est sujet à controverse, car il peut être double. D’un côté, le poids accru de la commercialisation éloigne les ménages agricoles de leurs objectifs traditionnels d’autosuffisance et les rapproche d’une prise de décision axée sur le profit et le revenu. De l’autre, le processus risque d’exacerber les niveaux de pauvreté du fait de la marginalisation des populations rurales pauvres.

Commercialisation des produits agricoles
La commercialisation accrue des produits agricoles pourrait également exercer divers effets négatifs sur l’environnement. En particulier, l’intensification de l’utilisation des ressources naturelles, la perte de biodiversité due à l’érosion génétique des espèces locales et le recours à davantage de produits chimiques dans la production agricole soulèvent des inquiétudes.

Les effets de cette commercialisation accrue sur l’environnement et le bien-être des petits producteurs de pommes de terre ont été analysés pour l’Équateur et la Bolivie. La région andine convient parfaitement à ce type d'étude, parce qu'elle est la source et le centre de la diversité génétique d'un grand nombre de cultures importantes, dont la pomme de terre. Par ailleurs, l’agriculture andine s’appuie sur une base de ressources fragile du fait de sa topographie. D’importantes populations autochtones vivent dans cette région où sévit la pauvreté, en particulier dans les zones rurales.

L’examen de l’impact de la transformation agroalimentaire sur le fonctionnement des marchés agricoles, le bien-être des ménages et l’environnement confère un caractère novateur à ce projet. Le rôle des marchés dans le maintien d’une utilisation durable des ressources génétiques agricoles (RGA) est également analysé dans le cas de la Bolivie.