Gender, Equity and Rural Employment
 

Projet LinKS - Genre, diversité biologique et systèmes de connaissances locales pour la sécurité alimentaire

Administré par la FAO et financé par le gouvernement de la Norvège, le projet LinKS a duré de 1998 à 2005 ; cette initiative régionale, menée par une coalition de partenaires internationaux et d’institutions gouvernementales ou non gouvernementales locales du Mozambique, de Tanzanie, du Zimbabwe et du Swaziland, consistait à explorer les liens entre les systèmes de savoirs locaux, les rôles respectifs des hommes et des femmes, l’approvisionnement alimentaire et, enfin, la conservation et la gestion de la biodiversité.

 

Ce projet avait pour but d’aider les spécialistes du développement à reconnaître que les agriculteurs ont des connaissances, des pratiques et des compétences qui sont souvent très durables et respectueuses des écosystèmes naturels dont ils sont tributaires pour se nourrir et assurer leurs moyens d’existence, et que les connaissances des femmes rurales sont différentes de celles des hommes en matière d’utilisation et de gestion des ressources génétiques, ce qui tient à la différence de leurs responsabilités et rôles respectifs dans le système agricole.

 

Les partenaires internationaux qui ont contribué à ce projet LinKS comptaient l’Institut international des ressources phytogénétiques (IPGRI) à Rome (Italie), le Centre de recherche pour le développement international (CRDI) à Ottawa (Canada), le Programme Connaissances autochtones (CA) de la Banque mondiale, et le Bureau régional de l’Union internationale pour la conservation de la nature (IUCN) à Harare (Zimbabwe). Ensemble, l’IUCN et les responsables du projet ont également aidé le Réseau régional d’Afrique australe sur les systèmes de savoir local (SARNIKS) à mettre sur pied des mécanismes d’apprentissage, d’échange d’information et de promotion dans la région.

 

Ce projet portait surtout sur des recherches en collaboration avec le Centre for International Environment and Development Studies (Noragric) de l’Université d’agriculture de Norvège, ainsi que sur le renforcement des capacités et la formation, les communications et la promotion.

 

Au cours de la phase I, ce projet a accompli les activités suivantes : 

  • sensibilisation à l’importance des connaissances et de l’expérience des agriculteurs parmi plus de 650 agents de développement et décideurs en la matière dans les pays participant au projet ;
  • parrainer le débat sur les questions de politiques et appuyer les initiatives à l’échelle locale d’examen et d’élaboration de stratégies visant à faire mieux reconnaître et appliquer les connaissances locales au profit de la sécurité alimentaire et de l’exploitation durable de la biodiversité ;
  • alimenter les travaux de la FAO sur le savoir local et la gestion de la biodiversité à l’aide des données recueillies sur le terrain.

Quant à la phase II, elle a misé sur les activités de la phase I. Au cours de la phase II, le projet LinKS a continué de former des chercheurs et des agents de développement des organisations partenaires, pour qu’ils puissent mieux comprendre les questions de parité hommes‑femmes, le savoir local, la biodiversité et la sécurité alimentaire, et leur ont offert diverses occasions d’apprentissage sur les démarches participatives et sensibles à la dimension sexospécifique. Ces activités de formation étaient étroitement liées aux activités de recherche, et les équipes de recherche ont suivi un cours de formation LinKS avant de mener leurs activités de recherche sur le terrain.

 

Cette phase II insistait davantage sur les activités de recherche à moyen terme, qui portaient surtout sur la gestion des semences locales et sur les ressources génétiques animales. Chaque activité de recherche était suivie de la rédaction de rapports et d’études de cas qui étaient ensuite diffusés, pour faire mieux connaître auprès des agents de développement et des décideurs le savoir des femmes et hommes ruraux sur l’utilisation et la gestion de l’agro‑biodiversité.

 

La diffusion des résultats de la recherche a débouché sur la troisième activité importante de ce projet : aider les organisations partenaires, les décideurs et les populations rurales à créer des réseaux et à échanger de l’information et des expériences, et prendre des mesures pour promouvoir une plus grande reconnaissance du savoir, des besoins et des perspectives des populations rurales. Ce projet a apporté une aide à la fois financière et technique aux initiatives des partenaires, telles que séminaires, réunions, bulletins électroniques, brochures et visites entre collectivités pour renforcer les activités d’intégration et de promotion.

 

Ce projet a réussi sur plusieurs plans :

  • faire valoir les différences entre le savoir des femmes et des hommes ruraux sur l’utilisation et la gestion des ressources, qui s’expliquent par les différences entre leurs responsabilités et rôles respectifs dans le système d’exploitation agricole, et recourir davantage aux démarches participatives et sensibles à la parité ;
  • faire participer davantage les agriculteurs à la formulation des politiques de développement agricole ;
  • former un réseau de partenariats avec les organisations nationales et internationales ;
  • assurer une formation sur le rôle et l’importance du savoir local et sur le recours aux méthodes participatives et à l’analyse sexospécifique pour mener les recherches et les interventions ;
  • enrichir grandement les connaissances des organisations participantes sur les ressources génétiques végétales, et sur la conservation et la gestion de la biodiversité et des ressources naturelles.