Soutien d’urgence aux éleveurs affectés par la crise régionale dans le Bassin du Lac Tchad

Soutien d’urgence aux éleveurs affectés par la crise régionale dans le Bassin du Lac Tchad

19/10/2017

Dans le Bassin du Lac Tchad, la crise sécuritaire exacerbe les défis auxquels sont confrontés les agriculteurs et éleveurs vulnérables, déjà exposés aux effets des aléas climatiques durant la dernière décennie. Les éleveurs payent un lourd tribut à la crise et voient leurs moyens d’existence fortement affectés, voire réduits à néant. Depuis le début des exactions, le bétail a été délibérément abattu ou volé par les insurgés, ou abandonné par les éleveurs fuyant les violences.

En 2017, le démarrage précoce de la période de soudure pastorale – lorsque les points d’eau et les pâturages s’assèchent – a détérioré la santé des animaux. Dans des régions où 70 à 80 pour cent de l’élevage est transhumant, la disponibilité en fourrage est essentielle. L’inaccessibilité de certaines zones de pâturage et les fermetures de frontières avaient déjà affaibli le bétail, et renforcé les tensions entre agriculteurs et éleveurs avant la saison sèche.

La capacité des éleveurs à poursuivre leur activité pastorale est fortement menacée, et la baisse de leurs revenus a un impact direct sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle. Face à ces besoins critiques, la FAO et la Belgique joignent leurs efforts pour préserver les moyens d’existence de plus de 17 000 personnes dépendantes de l’élevage au Cameroun et au Tchad, dans les régions de l’Extrême nord et du Lac respectivement.

Au Tchad, la FAO procède au déstockage du bétail affaibli afin d’améliorer les revenus des éleveurs, protéger leur cheptel et réduire la pression sur les ressources naturelles. La viande provenant du bétail déstocké est séchée puis distribuée aux familles les plus vulnérables à travers les programmes de prévention et de traitement de la malnutrition dans les centres de santé de la région du Lac. Cette opération permet d’améliorer les niveaux de nutrition des enfants et des femmes enceintes et allaitantes, et les distributions sont couplées à des séances d’éducation nutritionnelle.

Au Cameroun, les éleveurs les plus vulnérables, notamment les déplacés qui ont perdu leur bétail, peuvent reconstituer leur troupeau grâce à des transferts monétaires remis sous forme de coupons par la FAO. Lors de foires au bétail, les éleveurs les moins affectés sont incités à leur vendre des animaux à un prix intéressant par rapport au marché. Cette initiative présente l’avantage d’améliorer le seuil de viabilité pastorale des éleveurs affectés, de renforcer la solidarité intra-communautaire et de relancer le système de marché de bétail. Les femmes et les jeunes, qui sont particulièrement exposés aux violences, seront les cibles prioritaires.

«Ces activités sont essentielles et combinées à la mise en œuvre d’activités de réduction des vulnérabilités à plus long-terme, contribuant ainsi au renforcement de la résilience des éleveurs affectés par la crise », indique Coumba Sow, Coordinatrice de l’Equipe sous régionale de la FAO pour la résilience en Afrique de l’Ouest et au Sahel (REOWA). « Par exemple, des approches répondant aux défis associés à la gestion et à l’accès aux ressources naturelles, prenant en compte les questions spécifiques liées au pastoralisme et aux différents types de chocs climatiques et de conflits, sont également développées par la FAO avec ses partenaires.»

La contribution de la Belgique pour la mise en œuvre de ces activités de redressement d’urgence, qui s’élève à 600 000 dollars US à travers le Fonds spécial pour les activités d'urgence et de relèvement - Capacité de Réponse en intrants agricoles (SFERA-CRIA), s’inscrit dans le cadre de la Stratégie de réponse de la FAO à la crise du Bassin du Lac Tchad. Pour l’année 2017, la FAO requiert un total de 73,6 millions d’USD pour soutenir les personnes affectés. A ce jour, 26 millions de dollars US ont été reçus.

Dans les zones affectées du Niger et du Nigeria et en termes d’élevage, la FAO procède également à la distribution de petit bétail aux personnes déplacées internes et retournées et aux communautés hôtes, ainsi qu’à la fourniture d’aliments pour le bétail et à des campagnes de vaccination du bétail.