Deux projets de la FAO bénéficient du Fonds belge pour l’innovation

Deux projets de la FAO bénéficient du Fonds belge pour l’innovation

14/06/2018

La FAO travaille à développer un système de suivi, d'alerte précoce et de cartographie des risques visant à aider les agriculteurs à gérer les espèces invasives en Afrique, ainsi que plusieurs projets axés sur l'énergie solaire pour les agriculteurs vivant à Gaza. Il s'agit d'initiatives innovantes qui ont bénéficié d'un financement du gouvernement belge.

L'initiative parrainée par Alexander De Croo, Vice-premier ministre et Ministre de la coopération au développement, est conforme à la stratégie belge en matière d'aide humanitaire, dont l'un des objectifs principaux est également de promouvoir l'innovation. Dans ce cadre, la FAO a reçu deux millions d'euros en vue d'étendre son champ d'action contre la chenille légionnaire d'automne en Afrique et de restaurer les activités de production agricole à Gaza.

«Alors que les souffrances liées à la faim sont en hausse et qu'il est important de faciliter la collaboration entre aide humanitaire et aide au développement, l'innovation est cruciale, en particulier lorsque les menaces pesant sur la sécurité alimentaire sont complexes et multiformes», a déclaré M. Dominique Burgeon, Directeur de la Division des urgences et de la réhabilitation de la FAO et Chef du programme stratégique de la FAO sur la résilience.

«Dans ce sens, l'innovation doit être évolutive et doit pouvoir s'adapter à des contextes particuliers. Nous saluons la démarche de la Belgique qui encourage les innovations et qui nous donne ainsi l'opportunité de trouver des solutions viables», a ajouté M. Burgeon. L'UNICEF et le Programme alimentaire mondial ont également reçu un financement du gouvernement belge en vue de promouvoir le développement international.

La lutte antiparasitaire

La récente apparition de la chenille légionnaire d'automne (FAW) en Afrique subsaharienne menace les récoltes de maïs et surtout les petits exploitants agricoles. La FAO développe et coordonne la mise en œuvre de deux nouveaux outils, à savoir le système de suivi et d'alerte précoce de la chenille légionnaire d'automne (FAMEWS) et la carte sur les risques d'apparition de la chenille légionnaire d'automne.

La FAO a récemment déployé une application mobile pour les agriculteurs, les communautés et les agents de vulgarisation, lorsqu'ils vérifient leurs champs et leurs pièges à phéromone. Les données collectées aideront à surveiller les mouvements et les populations de chenilles légionnaires d'automne. La FAMEWS est une plateforme mondiale, qui rassemble les informations de l'application et des technologies innovantes telles que l'intelligence artificielle afin d'aider les agriculteurs à mieux identifier la chenille légionnaire d'automne.

En plus de la FAMEWS, la FAO travaille au développement d'un outil de cartographie des risques. Cet outil intégrera des données socio-économiques et agro-écologiques variées, de manière à ce que les usagers puissent repérer les endroits où le risque sous-jacent d'insécurité alimentaire des ménages dû à la chenille légionnaire d'automne est le plus élevé. L'outil permet aux usagers de visualiser les différents niveaux de risque, puis de les diviser entre ses diverses composantes. En soulignant les «points chauds» potentiels, l'outil a pour objectif d'aider les décideurs politiques à établir des priorités et à se préparer à agir dans des zones ciblées de manière anticipée.

Associer la FAMEWS aux différents niveaux de risque de l'outil de cartographie permettra aux gouvernements et à leurs partenaires humanitaires et de développement de mettre en œuvre différents types d'interventions dans des zones géographiques spécifiques, et ce, dans des délais optimaux. Le nouveau projet servira de stimulus au développement, à la mise à jour, à l'interconnexion et au déploiement de la FAMEWS, ainsi que de l'outil de cartographie des risques à travers l'Afrique.

Le projet vise à montrer combien il est pertinent d'associer deux outils innovants en vue de lutter contre un ravageur commun à l'échelle du continent africain. Cela pourrait servir de modèle pour lutter contre de nombreux ravageurs et maladies transfrontalières des plantes et des animaux, ouvrant ainsi la voie à de nouvelles approches qui permettront d'évaluer les risques liés à la sécurité alimentaire sur le continent et à les atténuer.

De l'énergie renouvelable à Gaza

A Gaza, le projet visera à mettre sur pied des centrales solaires afin d'atténuer les pénuries d'électricité. Actuellement, les agriculteurs de la bande de Gaza n'ont de courant électrique que quatre heures par jour, une situation appelée à se détériorer davantage et qui aurait pour effet de compromettre la production agricole et par conséquent la sécurité alimentaire et les moyens d'existence d'une population déjà vulnérable.

Les centrales solaires seront mises en place dans la bande de Gaza en vue d'améliorer la production agricole grâce à des systèmes d'irrigation efficaces, tandis que, dotés de groupes d'énergie solaire, les producteurs laitiers et les éleveurs de volaille y trouveront également leur compte car ces derniers les aideront à maintenir des niveaux de production normaux d'œufs, de viande et de lait, tout en renforçant la résilience des agriculteurs locaux.

Les capacités techniques des bénéficiaires seront renforcées et ils recevront également des formations sur la gestion de l'irrigation et des panneaux solaires, afin d'assurer la durabilité et la continuité du projet. L'initiative rentre dans le cadre de l'Initiative solaire pour la Palestine dont le but est de répondre aux 30 pour cent d'exigences énergétiques, en se basant sur les sources renouvelables, et ce, d'ici à 2020. Il s'agit également de réaliser l'Objectif de développement durable consistant à garantir à tous un accès à une énergie propre, abordable et fiable.