Les pays réaffirment leur volonté politique vis-à-vis de l’éradication mondiale de la peste des petits ruminants

Les pays réaffirment leur volonté politique vis-à-vis de l’éradication mondiale de la peste des petits ruminants

10/09/2018

Plus de 45 pays ont aujourd'hui réitéré leur engagement en faveur de l'éradication mondiale de la peste des petits ruminants (PPR) d'ici 2030, une maladie hautement contagieuse responsable de la mort de millions d'ovins et de caprins chaque année. Au même moment, les pays ont appelé les partenaires ressources et la communauté du développement à combler le déficit financier de 340 millions de dollars du Programme mondial d'éradication de la PPR.

La décision de réaffirmer son engagement politique international et d'encourager les partenaires ressources à rejoindre la lutte contre la maladie prendra une dimension officielle lors de la Conférence mondiale «Collaborer et investir pour un monde sans PPR». La Conférence est organisée par l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) et l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE) et se déroulera dans les bureaux de la Commission européenne à Bruxelles.

Dans une déclaration ministérielle, les participants ont insisté sur le fait que la PPR «menaçait directement les moyens d'existence des personnes les plus pauvres dans leurs pays, provoquant également des pertes importantes au sein de leurs économies» et ont souligné que la maladie était à l'origine de plus de 2,1 milliards de dollars de pertes économiques chaque année.

S'exprimant lors de la conférence, M. Neven Mimica, Commissaire européen pour la coopération internationale et le développement a déclaré : «Notre engagement contre les maladies animales - telles que la PPR - représente également une réponse face à des défis de plus grande ampleur tels que la migration, de la sécurité alimentaire, de la réduction de la pauvreté, de la résilience et du commerce mondial. Afin de mener à bien nos efforts, il est donc essentiel de créer de meilleurs emplois et de meilleures perspectives, en particulier pour les femmes et les jeunes».

«Les ressources financières déployées afin d'éradiquer la PPR ne sont pas une dépense mais un investissement considérable qui permettra de réaliser de véritables progrès économiques et sociaux dans un futur proche. Les petits ruminants constituent la première ressource de près de 300 millions de pauvres familles rurales dans les pays émergents et en développement. Si nous ne luttons pas contre la propagation de la PPR, la maladie contribuera à aggraver la pauvreté, la faim et d'autres formes de malnutrition. Eradiquer la PPR est fondamental afin de bâtir un monde plus sûr et plus durable», a déclaré M. José Graziano da Silva, Directeur général de la FAO.

«Avec votre engagement, nous serons non seulement en mesure de bâtir un monde sans PPR mais aussi de préserver les moyens d'existence de millions de familles pauvres. Les connaissances et les moyens techniques sont disponibles. Les ressources et l'engagement de longue durée des pays seront fondamentaux afin de les rendre accessibles et de changer les vies des populations les plus défavorisées. Renforcer les services vétérinaires nationaux sera également essentiel afin de mener à bien cet objectif commun», a précisé le Dr. Monique Eloit, Directrice générale de l'OIE.

Les participants à la Conférence ont insisté sur le fait que la lutte contre la PPR et son éradication pourront être possible grâce à l'implication des autorités nationales et à des investissements à l'échelle nationale. Il sera également nécessaire que les partenaires ressources apportent leur soutien en vue de renforcer les capacités des institutions nationales, régionales et sous régionales et de mettre en place une approche harmonisée, coordonnée et durable, indispensable afin d'éradiquer la maladie.

Ces derniers ont également souligné le fait que lutter contre la PPR et l'éradiquer impliquait de lutter contre la pauvreté rurale, de garantir la sécurité alimentaire et la nutrition et de renforcer la résilience et les économies nationales, tout en contribuant à la réalisation des Objectifs de développement durable.

Près de 270 participants, dont des ministres issus de plus de 45 pays infectés ou menacés par la PPR, ainsi que des représentants de haut -niveau des partenaires ressources, de la société civile et d'organisations non gouvernementales, ont assisté à cette Conférence qui se déroulait sur une journée à Bruxelles. L'événement a été précédé par un Forum réunissant les principaux protagonistes de la lutte contre la PPR, permettant ainsi d'échanger leurs points de vue sur le sujet et de recueillir des témoignages directs sur l'impact de la PPR.

La Stratégie mondiale de lutte et d'éradication de la PPR a été adoptée en 2015, lors de la Conférence d'Abidjan organisée par la FAO et l'OIE. A travers le Programme mondial d'éradication de la PPR 2017-2021, les pays ont formulé des plans stratégiques nationaux qui détaillent les différentes étapes à suivre afin d'évaluer, de lutter contre le virus de la PPR et de l'éradiquer. Il s'agit également de donner une estimation des ressources financières que les autorités nationales devront investir afin de mettre en œuvre ces plans.

Plus d'informations sur la PPR

Après avoir été détectée pour la première fois en Côte d'Ivoire en 1942, la maladie s'est propagée à plus de 70 pays en Afrique, au Proche et au Moyen-Orient et en Asie et a atteint de nouvelles régions ces dernières années. En décembre 2016, la première épidémie signalée chez les ovins et caprins, avec notamment un débordement de la maladie chez les antilopes sauvages, a été observée en Mongolie avant d'atteindre l'Union européenne en juin 2018, avec le tout premier cas signalé en Bulgarie. Alors que la maladie est particulièrement fatale pour les petits ruminants - tuant jusqu'à 90 pour cent des animaux infectés - elle est facilement évitable grâce à l'aide de vaccins abordables qui peuvent être administrés à faible coût.