L’UE fait un don de 5,9 millions d’euros afin d’améliorer la surveillance des facteurs d’insécurité alimentaire et de faim au Yémen

L’UE fait un don de 5,9 millions d’euros afin d’améliorer la surveillance des facteurs d’insécurité alimentaire et de faim au Yémen

04/02/2019

Face au fragile processus de paix au Yémen et aux graves problèmes d'insécurité alimentaire qui persistent, l'Union européenne (UE) et la FAO ont annoncé un nouveau financement en provenance de l'Union Européenne de 5,9 millions d'euros (US$6,7 millions) afin de soutenir le travail de l'agence onusienne destiné à surveiller les menaces pesant sur la sécurité alimentaire et à collecter des données clés sur la faim et la malnutrition.

Des données/informations précises et complètes sur les menaces qui pèsent sur les moyens de subsistance et sur l'état de la sécurité alimentaire des ménages sont essentielles afin de cibler efficacement l'assistance humanitaire là où et quand elle est la plus nécessaire.

Les efforts de la FAO visent également à améliorer la capacité du Yémen à surveiller les menaces émergentes pesant sur la sécurité alimentaire et les moyens de subsistance, tels que les mauvaises conditions climatiques ou encore les maladies et les parasites dans les cultures agricoles afin d'apporter une aide appropriée aux moyens de subsistance - services d'irrigation ou aliments pour le bétail, par exemple - avant que les impacts ne se fassent sentir.

« La disponibilité de données fiables et actuelles ne signifie pas seulement que nous serons à même de mieux réagir lorsque les crises impacteront sur la sécurité alimentaire, comme c'est le cas actuellement - il s'agit également de la base sur laquelle le gouvernement et les agences humanitaires ainsi que celles de développement s'appuieront en vue de renforcer la résilience des populations pour faire face aux futures situations d''insécurité alimentaire », a déclaré M. Salah El Hajj Hassan, Représentant de la FAO au Yémen.

« Malheureusement, les tendances indiquent que les risques et les chocs récurrents continueront de menacer le Yémen. Si nous aidons les personnes à renforcer leur résilience, elles seront cependant mieux armées pour faire face à ces difficultés, et pourront donc éviter les menaces liées à la faim et des crises humanitaires », a-t-il ajouté.

 « La gravité et l'ampleur de l'insécurité alimentaire au Yémen exercent une énorme pression sur la majorité de la population qui a cruellement besoin d'aide (humanitaire). La disponibilité d'informations portant sur la nutrition et le maintien de la sécurité alimentaire permettront à la communauté internationale de réagir de manière appropriée et efficace face à la crise et d'éviter une aggravation de la situation. L'UE est donc convaincue que cette collaboration renouvelée avec la FAO profitera à la population yéménite, et ce, à grande échelle, » a indiqué Mme Antonia Calvo Puerta, Ambassadrice de l'Union européenne pour le Yémen.

La FAO apportera son soutien à différentes institutions gouvernementales, notamment aux Unités Focales du Gouvernorat, au Secrétariat Technique à la Sécurité Alimentaire du Ministère de la Planification et de la Coopération Internationale, l'agence principale du Yémen pour la collecte et la diffusion d'informations sur la sécurité alimentaire et à d'autres institutions gouvernementales, partenaires de développement, donateurs et communautés.

Il s'agira notamment de les former à la sécurité alimentaire, au soutien des moyens de subsistance, à bien se nourrir, leur donner accès aux informations sur les marchés, au système d'information géographique et à la télédétection. Cela permettra l'examen des politiques et stratégies du secteur agricole et de la sécurité alimentaire, la gestion de la base de données et l'analyse statistique ainsi que l'analyse du Cadre Intégré de Classification (IPC) et la collecte de données pour une alerte précoce.

Le projet visera à combler les lacunes signalées au niveau des capacités techniques et institutionnelles en fournissant du matériel informatique et d'autres équipements ainsi qu'une formation afin d'améliorer les compétences du personnel. Une grande partie de ce travail se fera au niveau des gouvernorats et des districts, où des équipes locales seront constituées pour collecter des données et des informations sur l'agriculture, l'élevage, les cultures, les données météorologiques, la nutrition, les épidémies, les marchés et d'autres données sur la sécurité alimentaire dans les zones rurales et urbaines.

Ces efforts s'appuieront sur l'expérience de l'UE et de la FAO en matière de renforcement des capacités des unités locales de collecte de données sur la sécurité alimentaire dans 13 gouvernorats au cours de la période 2013-2018. Le nouveau financement de l'UE permettra désormais d'étendre l'aide aux neuf gouvernorats restants, en assurant la mise en place des Unités Focales du Gouvernorat et du Système d'Information sur la Sécurité Alimentaire dans l'ensemble du Yémen. Pour cette prochaine phase de travail, l'accord entre la FAO et l'UE a été officiellement finalisé et signé le 31 janvier 2019.

Une nouvelle approche axée sur les données afin de soutenir le travail humanitaire et en faveur du développement

Si aujourd'hui, le principal risque au Yémen est le conflit, les agriculteurs doivent également faire face à des menaces récurrentes telles que les prix élevés des intrants, les pénuries d'eau, les épidémies de maladies animales dans les cultures et les invasions de sauterelles.

De solides systèmes de données sur la sécurité alimentaire permettront aux interventions en faveur du développement d'être efficaces bien après les crises, en renforçant la résilience locale afin que les futurs chocs n'entraînent pas, à leur tour, des crises alimentaires.

C'est la raison pour laquelle l'UE s'est engagée aux côtés de la FAO et d'autres partenaires pour promouvoir une nouvelle vision et une meilleure collaboration entre les partenaires humanitaires et ceux liés au développement, par le biais d'initiatives comme le Réseau mondial contre les crises alimentaires, qui vise à traiter et à prévenir les crises alimentaires en satisfaisant les besoins immédiats, tout en s'attaquant aux causes profondes de ces crises.