Malgré des stocks alimentaires en hausse, la faim risque de persister au Sahel et au Proche-Orient

Malgré des stocks alimentaires en hausse, la faim risque de persister au Sahel et au Proche-Orient

13/06/2012

D'après le bulletin trimestriel de la FAO sur la production agricole et la sécurité alimentaire, les perspectives sont globalement bonnes pour la production céréalière mondiale, mais plusieurs régions devraient faire face aux conséquences des pluies insuffisantes, du climat rigoureux, des conflits armés et des déplacements de populations.

Le rapport Perspectives de récolte et situation alimentaire prévoit une augmentation record de 3,2 pour cent de la production céréalière mondiale en 2012, qui devrait s'élever à 2 419 millions de tonnes, due essentiellement à une récolte de maïs exceptionnelle aux Etats-Unis. Les bonnes perspectives de l'offre ont conduit à un assouplissement des prix du blé et des céréales secondaires en mai, en particulier durant la seconde moitié du mois.

En dépit des tendances positives à l'échelle mondiale, les pays du Sahel continuent à se heurter à de graves problèmes de sécurité alimentaire en raison des prix des denrées élevés au niveau local et des conflits civils, met en garde la FAO. La République arabe syrienne et le Yémen connaissent également des niveaux croissants d'insécurité alimentaire.

"La situation au Yémen et en Syrie nous rappelle le lien étroit entre sécurité alimentaire et paix. Ici, ce sont les conflits internes qui provoquent l'insécurité alimentaire, mais l'inverse est aussi vrai. De par le monde, nous sommes confrontés à des séries de crises dont la cause, partielle ou totale, est le manque de nourriture ou des conflits pour les ressources naturelles, en particulier la terre et l'eau", a expliqué le Directeur général de la FAO José Graziano da Silva.

Le rapport recense en outre 35 pays (dont 28 pays d'Afrique) ayant besoin d'une aide alimentaire externe, notamment l'Afghanistan, la République populaire démocratique de Corée, Haïti, l'Irak et le Mali. "Cela montre, encore une fois, que la faim aujourd'hui est essentiellement un problème d'accès: des millions de familles pauvres dans le monde n'ont pas les moyens de produire leur propre nourriture, ou n'ont pas d'emplois ou de revenus décents qui leur permettent d'acheter les aliments nécessaires", a ajouté M. Graziano da Silva.